All language subtitles for La Jument Verte 1959 1080p FR X264 AAC

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Original subtitles

...

- la jument verte!

- La jument verte! La jument verte...

- la jument verte! La jument verte!!

- H�, l�-dessous! - Quoi?

- Viens voir, la jument verte!

- C'est la jument verte!

- La jument verte! La jument verte!

Tous acclament la jument verte.

- Au village de Claquebue, au temps de Napol�on III,

- une jument verte naquit chez Jules Haudoin,

- cultivateur et maquignon.

Cette grande merveille avait fait la renomm�e...

- et la fortune du p�re Haudoin.

Et on venait la voir de partout, sa jument verte,

- de tout le pays, ce qui �tait bien naturel.

On venait m�me la voir de paris, c'est tout dire...

- h�, monsieur!

O� est la maison de la jument verte?

- Vous aussi? C'est pour lui donner un coup de peinture?

- Elle est moins verte? - Ah ca, non!

Pour �tre verte, elle est verte! Elle va crever, c'te b�te-l�...

eh ben, qu'elle cr�ve et son ma�tre avec!

Tenez, c'est l� qu'elle habite.

- Avec tous mes remerciements!

- Salope! T'aurais pas pu �tre bleue?!

- Bonne id�e! Ca lui fera plaisir d'avoir son portrait.

- Je voudrais la peindre dans un pr� vert!

- Vert sur vert, on la verra pas. - Si, je vais la peindre en rouge.

- Elle est verte, comment la reconna�tra-t-on?

- Bon, en vert, mais le pr� en rouge!

- Ca, on la verra mieux.

Aline! - Oui, ma�tre, tout de suite.

Aline! - Oui, ma�tre, tout de suite.

- Tu vas mener monsieur chez la jument, c'est un peintre.

L�, laisse-lui faire ce qu'il veut. - Par ici, monsieur.

- Honor�, que fous-tu l� � perdre ton temps?

- Ben, je perds mon temps. Justement, ca prend du temps.

- Elle est belle, hein? Il siffle d'admiration.

Le cheval hennit.

Le cheval hennit � nouveau.

- Vous ne faites pas des nus parfois?

- Je ne fais que ca en peignant des animaux!

- Vous ne voudriez pas faire le portrait d'une femme?

- Oh, si! Mais regarde, c'est ton portrait!

Voila ta bouche, tes yeux, ton cou. - On croirait qu'elle va parler!

- Alors elle parlerait comme toi et elle rirait comme toi.

- Et comment je ris? - Ecoute...

elle rit.

- Oh non... oh non! Non, laissez-moi...

elle continue de rire.

Elle rit toujours. - Tais-toi donc!

Tais-toi!

Elle cesse de rire et la jument se met � hennir.

La jument hennit toujours.

- Le cochon, c'est du propre! - Je m'accordais une l�g�re pause.

- Bougre de fain�ant, voulez-vous me foutre le camp... et vite!

- Quant � votre jeune servante... - les servantes, je m'en occupe!

Remballez-moi tout ca!

Non, je le garde! - Ben non!

- Pour payer la chambre... partez ou j'appelle les gendarmes!

Finalement, t'es une brave fille. Comme ca, je l'aurai eu pour rien!

- Mais la jument verte mourut � 10 ans,

- plongeant la famille Haudoin dans la consternation.

Il ne resta plus d'elle qu'un portrait,

- mais il continua � faire l'envie des voisins...

- car elle �tait entr�e dans la l�gende.

- Honor�... le marteau!

- Ah, pauvre b�te!

- Pas la peine d'�tre v�t�rinaire pour pas savoir la soigner!

- On ignore tout des juments vertes!

- Allez, allez!

- Et elle est morte subitement! - Allons...

- y'a des moments, on dirait qu'elle va parler.

Hennissement. - Oh...

- pourquoi tu ris? Nouvel hennissement.

- Rien... - te voila � la place d'honneur,

- ma belle, � cot� de l'empereur! Tache de faire mieux que lui...

- oh, Jules!

- Il parait qu'il va nous faire avoir la guerre, ce con!

- H�las...

Jules Haudoin ne se remit jamais de la disparition de sa jument.

Et il quitta ce bas monde quelques mois apr�s elle.

- Eh ben, voila...

t'es venu? - Ben... forcement.

- Nous t'en savons gr�.

- On y avait �t� pour sa m�re.

- On ne vous reproche rien. - Il manquerait plus que ca!

- Ca fait quand m�me quelque chose...

ah, c'�tait quelqu'un... il a eu de la chance.

Je vous souhaite la pareille.

- Merci, Z�phe.

Des cloches sonnent au loin.

- C'est pas tous les jours...

- qu'il vous tombe du ciel une jument verte!

- La chance vient � ceux qui la m�ritent.

- La chance vient � ceux qui l'ont, la chance.

Hennissement.

- Oh!

Dis donc, toi! Hein?!

- Tiens, c'�tait pour rire, va!

- Salaud! Voleur! - Garde-le, va!

- Et toi, garde ca et ca!

Elle rit aux �clats.

- Tu l'as vu? - Oh, maman, voyons!

- Pardon.

- Et voila! - Honor�, c'est bien, mon petit.

- Un Maloret, tu te rends compte?

Tu la voulais pour ton enseigne de v�t�rinaire?

- Oui, "a la jument verte". - Non, elle s'emmerderait trop.

- Merci! - A la place,

- prends ce joyeux drille, vous ferez la paire...

- il vaut ta r�publique! - Elle, elle a de belles fesses.

Presque comme toi! - Maman...

- c'est fini, les gar�ons?

- Les craintes de Jules s'�taient justifi�es:

La guerre �tait l�, l'empereur avait bien fait les choses.

Ordres en allemand.

- Je regrette, madame, mais la guerre, c'est la guerre.

Et nous avons besoin de chevaux.

Ordres en allemand.

- Si ton fr�re �tait l�... - il serait moins dangereux ici...

- que dans les bois. - Tais-toi!

- Franc-tireur, pas si franc... des tueurs qui tirent dans le dos!

Pour tuer des soldats, on s'habille en soldat!

- Honor� a le sang chaud. - Qu'il tire seulement une fois...

- et on y passe tous, fusill�s... - tais-toi, le voila!

- C'est votre fils, madame? - A votre service, m. L'officier.

- Bien, je le prends en otage.

- Toucheur, ca va? - Non...

on aurait pas d� venir! - On y est!

- C'est pas une raison pour rester. - C'est juste.

Musique militaire. - On entend leur musique...

donc, le vent vient de par l�...

donc, ils tentent de nous encercler...

donc, repli... donne ton fusil et foutons le camp!

Mais attends les ordres, bon dieu!

Attends-moi!

Attends-moi!

Mais attends-moi, nom de dieu!

Attends-moi!

Arr�te! Arr�te!

Mais pas par l�, pas par l�!

Pas chez moi... pas chez moi, bougre de saligaud!

T'as pas vu toucheur? - Si, il foutait le camp aussi.

Il vient de rentrer chez toi. - Nom de dieu!

- Il t'en faut deux?! Un vrai foudre de guerre!

- Prends-en un! - Eh, dis...

- et Honor�, tu en as fait quoi? - Il est l�!

Tu es fou, un franc-tireur ici!

- Et toi, tu ne l'es pas?! - Je me cache pas chez les autres.

On reviendra apr�s la guerre! Oh, les m�che-paille...

- mon dieu! - Que fait-on?

- Montez dans ma chambre, cachez-vous sous le lit, vite!

- Tenez, c'est l�! - Merci...

- oh! - Qu'est-ce qu'il y a?

- On est trahis. - C'est pas vrai?

- Le Z�phe nous a vendus. - Le fu... le fu...

- le fumier, tu peux le dire. Ne tremble pas, retiens-toi!

- Je peux pas m'en emp�cher...

- il y a des francs-tireurs ici!

- Mais pour quoi faire? - Je le sais!

Fouillez l'�curie, la cave, allez!

- Ils peuvent chercher! Y'en a pas, des francs-tireurs!

- O� est la chambre? - Mais il n'y a personne dedans.

- Alors, montons! - Mais il n'y a personne!

- Alors, nous montons quand m�me.

- Crever pour crever, je veux pas �tre pris l�-dessous.

...

- oh non... non, pas ca!

Oh non, tout de m�me!

Ah non, il ne s'agit pas de ca!

Bruit des ressorts du lit.

Musique militaire allemande.

Les ressorts du lit grincent.

- C'est pas moi qui tremble!

- On n'a rien trouv�, mon adjudant!

Musique militaire allemande.

Le lit grince toujours.

- Mon adjudant?

- Alors? - Rien.

La musique militaire s'arr�te.

- Ah, vous �tes vieille! - Ben...

- ca ne fait rien. Que voulez-vous, c'est la guerre.

...

ordres en allemand.

- Me regarde pas comme ca, qu'est-ce que je t'ai fait?

- Si jamais tu racontes... - raconter quoi?

- Une femme qui s'est sacrifi�e pour nous!

- Je ne sais pas de quoi tu veux parler.

Ils sont partis? - Oui... ils sont partis.

- Eh ben nous, nous voila, on �tait all�s au grenier.

- Ils n'y sont pas mont�s! - Non, ils sont pas mont�s.

Si tu nous faisais une omelette ou quelque chose...

on a un peu faim tous les deux... pas toi?

- Eh ben, moi aussi, ma foi!

- La m�re n'avait pas de remords.

Ce n'�tait pas sa faute, elle avait �t� forc�e.

Le malheur, c'est qu'elle se confessa.

"Y avez-vous pris du plaisir?" Demanda le cur�.

"Eh, ma foi..." dit-elle. Alors, le cur� dit:

"Ca change tout, si vous y avez pris du plaisir".

Alors, elle fut oblig�e de se repentir, am�rement,

- si bien qu'elle mourut en 6 mois.

A son enterrement, on vit le vieux p�re Maloret.

Le Z�phe �tait l�, lui aussi...

avec sa femme, Ana�s...

il �tait pourtant la cause de cette fin pr�matur�e, le Z�phe.

Mais il n'avait pas de remords.

Mais un an apr�s, chacun son tour,

- c'�tait le Z�phe Maloret qui enterrait son p�re.

Les fr�res Haudoin et toute leur famille...

- all�rent rendre la politesse.

Les deux familles n'�taient pas brouill�es,

- mais elles se ha�ssaient parfaitement.

Et puis, vingt ann�es pass�rent...

mais qu'est-ce que 20 ans dans une haine de famille?

...

- alors, la parisienne, on est venue se reposer?

- Retournez-vous, Honor�, excusez-moi!

- T'excuse pas, ca fait plaisir de recevoir une belle fille.

- Ce n'est pas une position pour des compliments...

- plut�t une position pour faire autre chose! Regardez-moi ca...

et si je te faisais payer un droit de passage!

- Je me d�fendrais! D'abord, vous pourriez �tre mon p�re.

- Si j'�tais ton p�re, tu te d�fendrais pas, � ce qu'on dit.

- Si vous croyez les gens...

- oui, je le crois, ils sont tous comme ca chez les Maloret,

- de p�re en fils...

de p�re en fille, je devrais plut�t dire!

...

- qu'est-ce que tu fais � r�curer la cuisine?

- Ton fr�re vient dimanche.

- On mangera pas par terre!

- Il aime trouver sa maison propre, le v�t�rinaire!

- "Sa maison"?

- Tu la lui as pas vendue, peut-�tre?

- Je lui ai pas vendue, il me l'a rachet�e...

- sous pr�texte que je lui devais de l'argent.

- Il sait faire ses affaires, lui.

Ca n'est pas comme un autre que je connais, moi,

- un nomm� Honor�, maquignon...

- comme son p�re et qui n'a pas su le rester.

- J'aime trop les b�tes pour les vendre.

- Et voila... en attendant,

- je r�cure le pav� pour les pieds du v�t�rinaire!

Je te croyais � l'autre bout et t'es d�j� l� � m'attraper.

- Oui, � t'attraper...

on frappe.

- Le bonjour vous va, Ad�la�de! Et � toi aussi, Honor�.

C'�tait pour vous dire que... vous n'avez pas de lettre.

- Ah, ah, ah... entre, entre quand m�me, D�odat.

- Si tu veux, je te donne le journal de Philibert.

Il le lira pas, il n'a plus la force.

Dommage, son abonnement allait encore pour 5 mois...

- dommage aussi pour la commune.

- Et quand il en faudra un autre � la mairie... pas vrai, Ad�la�de?

- Oh non! Conseiller, c'est d�j� trop!

Et autrement, D�odat?

- La fille au Z�phe est venue de paris voir la famille.

Je l'ai vue. - Moi aussi, tout � l'heure.

Putain, la belle fille!

- J'ai encore 8 lettres et un prospectus pour les Roselier.

Seulement, je n'y passerai pas d'abord...

parce que, suppose que je passe chez Roselier,

- avant d'aller chez Corrompu,

- tandis qu'avec le raccourci par chez les dur...

- pour �tre facteur, il faut en savoir des choses.

- Eh oui... et d'abord, savoir marcher!

Tout le monde ne sait pas... - et qui croit pourtant!

- Qui croit, mais qui ne sait pas... salut, Honor�!

- Salut, D�odat.

- Alors tu l'avais rencontr�e, la marguerite!

- Y'a pas de mal � ca.

- Qu'est-ce qui t'a pris tout � l'heure?

- Tout � l'heure?

- Moi, je vais te le dire... - j'ai pas le temps.

- Il te faudrait des femmes! - J'en ai une.

- Non, des grosses! - Faut faire avec ce qu'on a.

- Des marguerite Maloret! - Tu la trouves grosse, toi?

- Facile d'en avoir dans sa jupe quand on fait la putain!

- Il parait... - moi aussi, j'en veux des robes!

- C'est pas ca qui t'embellirait!

- Oh...

- c'est vrai aussi, quoi...

- Honor�!

T'avais oubli� ton chapeau, par ces chaleurs...

- comme on est, je l'avais oubli�...

- tu n'y pensais plus? - Non, on le pose et on l'oublie.

- Tout � l'heure, c'est parce qu'il faisait noir...

- dans la cuisine? - Oui, c'est ca.

- On voit pas bien quand il fait noir, c'est la raison de...

- bien s�r, c'est la raison... quand il fait noir...

- ben, mets-le! - Forcement...

meuglement. - Allons, allons!

- Allons, avance un peu!

- On t'en a amen� une bien belle, �tendard, comme tu les aimes!

Allons, �tendard!

- Allez, allez, bouge pas... bouge plus!

Meuglements.

- Allons, �tendard!

- Oh... oh!

Honor�! - Te v'la!

- Le Ferdinand, vous allez bien? - Oui, merci.

C'est honteux. - C'est pourtant votre m�tier!

- Mais j'invite pas toute ma famille!

Bonjour, Juliette. - Vous avez amen� Lucienne?

- Non, je ne l'ai pas amen�e, dieu merci, non!

- Je t'attendais dimanche. - Je passais par l�.

- Regarde s'il est beau, mon �tendard!

- Oh... - allez, c'est fini.

Allez...

c'est bien ca, mon p�re!

- Enfin, Honor�, devant tes enfants!

- T'es une vraie mouche � merde � emmerder tout ce que tu vois!

Laisse mes vaches tranquilles! - C'est mon m�tier...

- et je te fais rien payer. Regarde, la fid�le est chaude.

- Si le coeur t'en dit... - t'es r�pugnant!

- Savoir si elle voudrait!

A part ca, que me vaut l'honneur?

- Rien de particulier. Comment va Philibert?

- Il n'en a plus pour longtemps, c'est un vieux.

- Dommage, il tient bien sa place � la mairie.

- Eh oui. - A propos de la mairie...

- moi? Non. - Je sais, laisse-moi continuer...

il s'agirait justement d'avancer une autre candidature.

Le d�put� est venu d�ner l'autre soir � la maison...

Altier est un ami, il nous a rendu bien des services.

- Je m'en fous mais dis toujours! - Il m'a laiss� entendre...

- qu'il aurait quelqu'un � mettre � la mairie.

Je dois dire que moi-m�me, j'ai eu du mal � me faire � ce nom-l�.

- Vas-y, je me retiens. - Il s'agit de Z�phe Maloret.

- Un vieil ami de la famille! - Je sais ce que tu me diras.

- Un vieil ami de la famille! - Je sais ce que tu me diras.

- Non! - Si, l'histoire de francs-tireurs.

Le Z�phe t'aurait d�nonc�... - je l'ai vu, mais je m'en fous.

- Apr�s 20 ans, tu ne penses pas que pardonner...

- non! Moi, ce serait rien...

comment s'est pass�e mon histoire, personne ne le sait,

- sauf toucheur qui a �t� tu�. Heureusement!

Comme ca, il ne le r�p�tera pas. - Quoi?

- C'est qu'en me d�non�ant � la patrouille,

- le Z�phe a forc� notre m�re � se faire sauter par un prussien.

- Honor�! - Quand m�me!

- Respecte les morts! - Ils n'ont plus de honte.

Mais moi qui �tais sous le lit,

- je suis pas mort et le Z�phe qui a envoy� le prussien non plus!

- Tu es fou! - A l'arriv�e des prussiens,

- je me suis cach� sous le lit et quand le prussien est entr�,

- pour pas qu'on me trouve, la m�re s'est fait sauter au-dessus de moi.

Voila ce qu'il a fait, le Z�phe!

Musique militaire allemande.

- C'est quand m�me dr�le qu'un d�put� r�publicain, qu'il dit,

- pousse � la mairie un r�actionnaire comme Maloret.

- Ca t'�tonne? Il a une fille, le Z�phe!

- Oui... marguerite!

- Le d�put� la trouve � son go�t... tu n'es pas le seul!

- Arr�te... - mais lui, il couche avec!

- Ah bon! - Il peut lui faire des cadeaux!

Des cadeaux � la fille et en plus...

- la mairie, ce serait un cadeau qu'il ferait au papa de marguerite.

Vu comme ca...

- c'est pas toi qui la souffleras � un d�put�!

- J'ai plus 20 ans. - Ca, c'est bien vrai!

- Seulement, tiens, vois-tu,

- Ernest, quand il viendra en permission...

quand il fait l'amour � une belle fille,

- ca me fait autant de plaisir que si c'�tait moi.

Quelqu'un crie. - Ne gueule pas!

- Oh, nom de dieu! Qu'est-ce que vous foutez l�-dessous?!

- Gustave me tirait les poils. - Elle n'en a pas!

- Si j'en ai! - Fais voir!

T'en as pas! - Il a tout arrach�.

- Menteuse! - Pr�tentieuse comme son oncle!

Du poil sur les jambes...

ah, c'est bien le v�t�rinaire!

- Voila, c'est l'heure d'aller � la soupe...

- ben, oui. On se reverra demain? - C'est pas int�ressant.

Il y en a toujours apr�s toi. - Mais t'es toujours le dernier!

- Mais ca me met en retard.

- Alors, pourquoi tu restes? - C'est mon chemin.

- Non! - Enfin, presque.

Et puis comme ca, on marche un peu, ca repose.

Bon... ben alors, bonsoir. - Bonsoir.

Tu rentres chez toi tout de suite? - Ca d�pend. Et toi?

- C'est comme tu veux. - Tu dis toujours ca et tu rentres.

Je te retiens pas. - C'est pour ca que je rentre.

- C'est bien ca, tu ne veux pas rester avec moi.

Tu vois, tout de suite... - viens encore un peu avec moi.

- Pour tomber sur ton p�re, merci!

D'ailleurs, j'ai plus envie de marcher, bonsoir.

- Ben, bonsoir, No�l...

a demain? - Forcement...

- eh ben, la voila tout de m�me, ta Juliette!

- Pourquoi "ma" Juliette? - Tu lui passes tout!

Mais le jour o� elle en aura un dans le ventre...

- tu peux pas rentrer � l'heure? - Quelle heure il est?

- Je ne sais pas. - Y'a donc plus de gar�ons dehors!

- C'est moi qui leur ai dit de rentrer.

- Alors, il y en avait plusieurs?! - Trois!

- Quand il y a trois amoureux, on peut dormir tranquille.

Qui c'�tait?

- Ben...

il y avait L�on dur. - L�on dur, L�on dur...

- et Baptiste Rugnon... - Baptiste rugnon...

baptiste rugnon, baptiste rugnon...

- ben, tu m'avais dit trois!

- Et No�l... No�l...

No�l... No�l... No�l... No�l...

- et No�l Maloret!

- Le fils du Z�phe! T'as entendu? - Parle pas tout le temps, toi!

Et tu sais lequel sera le bon?

- Je ne peux pas vous le dire.

Tintement de clochettes.

- Il vient pas de chez Philibert? - Le bonjour te va.

Eh oui, de chez Philibert. - J'arrive trop tard!

- Ca se pourrait bien...

- le bonjour vous va, Philibert.

On me disait que vous �tiez malade, mais... vous avez bon air!

- Je suis sur la fin... - vous voulez rire, allons!

- L'�coutez pas, Honor�!

- Juste avant le plein de la moisson...

- vous serez debout pour les regains!

- Les regains... je les ferai pousser!

- Mais non, mais non, allons! - Toi, � la cuisine.

Ferme ta porte!

Elle claque la porte.

- Alors, il parait que les calotins redressent la t�te!

- Avec ce g�n�ral boulanger, y'a des cl�ricaux pour lui,

- mais y'a aussi des r�publicains. - Je te parle de plus press�!

Il parait qu'on manigance pour... pour la mairie!!

- Oui, oui... - pour la mairie!

Pour la mairie... - calmez-vous, Philibert.

- Le cur�...

l'esprit de concorde qu'il m'a dit...

invitez vos amis � la mod�ration...

si j'avais pas besoin de lui pour crever,

- je l'aurais fait foutre � la porte.

J'en veux pas, moi, de leur saint-esprit de concorde!

J'en veux pas, moi! - Allez, allez, moi non plus!

- Et tu sais qui ils veulent mettre � la mairie?

- Oui, le Z�phe, je sais. Il y est pas encore!

Il me faudra le temps de trouver quelqu'un autre.

Si vous pouviez durer encore un peu!

- Oh, �a!

- Juste un mois que je puisse me retourner.

- Un mois...

t'es pas raisonnable, Honor�! - Faites un effort!

- J'en peux plus.

- Pour la r�publique, contre la calotte!

- Je dis pas, mais je peux pas leur faire �a.

Un malade, �a co�te. - C'est pas ce que vous mangez...

- il y a les rem�des et puis, le temps qu'on perd avec moi.

- Ben, je paierai tout.

- Combien?

- 25 sous par jour!

- Et... les rem�des?

- Bon, ben, 25 sous et les rem�des.

- Bon... alors, �coute,

- je te donne 3 semaines.

- A compter de demain midi. - Bon!

Allez... va-t'en...

je m'�conomise.

Il g�mit.

- Eh, te fatigue pas, Philibert s'est arr�t� de mourir.

- Ah bon! - Et c'est pas demain...

- que le Z�phe sera � la mairie, je te le dis!

- Qu'est-ce que je vais donc faire de ce trou-l�, moi?

...

- en avant! - Allez, en avant!!

- Vous �tes r�publicain? - Je suis facteur de la r�publique,

- donc je suis r�publicain!

- Les r�publicains, ma truie en a fait 14!

- Tintin, tu exag�res! - R�publicain, gueule sans teint!

Trempe ton cul dans le purin pour laver ta peau de putain!

- Les cl�ricaux, la trogne, 36 pieds de charogne,

- la merde aux boyaux pour faire crever les cl�ricaux.

- Je dis: Vive la r�publique! - R�publicain, gueule sans teint!

- Les cl�ricaux, la trogne! - A bas, la calotte!

- Ah la la la...

nom de dieu, mes lettres...

eh ben, c'est du propre!

Donnez... mes lettres, mes lettres!

Oh, ouille, ouille!

Mais il en manque une! Il en manque une, j'en suis s�r.

Il en manque une, c'�tait pour ton p�re. Cherchez...

faites vite! - C'est tintin Maloret.

Je l'ai vu. - Qui?!

Tintin Maloret? - L�-bas, je l'ai vu.

- Tintin, tintin! - Attention, le v'la!

- Tintin! Tintin!

- Voyez vous-m�me, il l'a pas. - Ben oui...

- on peut pas le fouiller plus! - Non, mais que va dire Honor�?

- Honor�? - Oui, une lettre de son fr�re.

- Vous lui expliquerez! - Oui, mais perdre une lettre...

- donne-moi cette lettre!

- Z�phe! - Et plus vite que ca!

- Mais... mais, papa, je...

cris de joie.

- Vous �tes en retard!

- On a �t� retenus au passage � niveau.

- Et il y a trop de voitures! - Oui, si chacun restait chez soi.

- Merci! - Je dis pas ca pour vous.

Vous, ca fait quand m�me plaisir.

- Fr�d�ric, tu peux aller jouer avec tes cousins.

- Et puis tes cousines...

- bon, alors, dis-moi, Honor�, tu as re�u ma lettre?

- Il parait que tu m'as �crit. - "Il parait"?!

- Ta lettre, D�odat l'a perdue en se battant avec des gamins.

Ah, D�odat... - ah, nom de dieu!

- Quoi? - Ah, tu peux pas savoir.

Honor�... oh... - vas-y, dis-moi ce que c'est.

- Je t'�crivais � propos de la mairie.

Je reprenais tes arguments... - a propos du Z�phe?

- A propos de Maloret et de ce que tu m'avais dit.

- Tu ne parlais pas de...

- de la m�re? Si, forcement!

Parce que je reprenais au moment o� tu t'es cach� sous le lit.

- J'ai rien vu de plus con que ce v�t�rinaire de merde!

- Honor�! - Il fallait pas �crire!

- Laisse-moi t'expliquer... - gueule de faire-part!

- Je te demande... - cul d'oignon!

- Non, Honor�, pas cul d'oignon! - Et pourquoi pas?

- On me le disait il y a 30 ans. - On recommencera!

Cul d'oignon et encorn�!

Et toute la famille encorn�e par ta faute!

Que voulais-tu que je foute de ca? - Je t'�crivais des choses...

devant toi, je perds mes moyens tandis que tout seul,

- je trouve des arguments qui... qui...

- ils vont rigoler, les Maloret. Ta lettre, elle est chez le Z�phe!

Ta lettre, c'est son gamin qui l'a chip�e!

Ah, nom de dieu!

- Oh, H�l�ne qu'a plus rien dans son verre!

- Merci, pas trop pour moi!

- Il vous faut des forces avec un tel mari.

- 17! - Non, 36 divis�s par 2!

- C'est fini? - L'�coutez pas!

Engueulez-vous!

- Bon, j'ai plus rien � dire. - Surtout rien � boire!

Tiens! - Dis, Gustave,

- que fais-tu? - Il donne du vin au chien.

- C'est effrayant! - Oh, c'�tait pour voir.

- Attention! - Et voila!!

- Voila quoi? - Son verre de vin sur ma robe!

- Incident facile � pr�voir... - tu l'avais pr�vu?

- Sans me vanter... - dommage que t'aies pas eu...

- autant de flair pour ta lettre. - Naturellement!

- Ce ne sera rien! Vous n'avez pas du savon?

- Que croyez-vous, on se lave! - Ca ne doit pas trop tacher...

- il insinue qu'on met de l'eau dans le vin?!

- J'ai pas voulu dire ca... - si, tu l'as dit, j�suite!

- Honor�! - Cul d'oignon!

- Ca recommence... oh... oh, ma pauvre Ad�la�de!

- Je ne suis pas � plaindre! - Vraiment?

M�me quand monsieur va tra�ner, par exemple, rue des oiseaux?

- Ca vous regarde? - Nom de dieu!

Je te vais le foutre dehors par la peau du cul!

- Non, fais pas ca!

- Le bonjour vous va, � tout le monde.

- Tiens, D�odat...

assieds-toi! Juliette, donne un verre.

- Merci.

Oh, doucement, doucement!

- J'�tais en train de dire: On n'a pas encore vu le facteur...

- j'avais pas de lettres mais... - c'est plus s�r!

- C'est histoire de dire bonjour! - Voila!

Alors, vous voila en famille! - Eh oui...

quand on s'entend bien, c'est le plaisir de la vie.

- Ca rappelle le temps o� le p�re vivait.

- Ah... un bien bon homme, c'�tait ton p�re...

je me souviens, un jour...

je te parle d'il y a 20 ans, quand le train n'�tait pas...

- et que je ne pensais pas �tre facteur...

j'allais � Valbuisson, je ne sais plus pour quoi faire.

Attends, je me rappelle...

non, je me rappelle pas.

Je le vois venir, votre p�re, qui s'en revenait de la foire...

- et qui ne m'avait pas vu,

- toujours � penser � des choses. Allez savoir � quoi...

"vous vous en retournez, Jules", que je lui dis.

Alors, lui, il me dit... "le bonjour te va, D�odat.

"Figure-toi que j'ai oubli� mon parapluie."

Il avait oubli� son parapluie...

- son parapluie vert...

- il l'a eu pendant pr�s de 20 ans.

Et apr�s, D�odat? - Ah!

Savoir s'il l'avait oubli� chez lui ou � la foire, ca...

- a la maison, probablement...

- son parapluie vert...

on donnerait cher pour l'avoir encore... pas vrai, Ferdinand?

...

- sale b�te! - Qu'a-t-elle fait de mal?

- Tu as port� bonheur � son p�re, mais � nous?!

- Parce que tu trouves que t'es dans le malheur?

- Pas toi? Avec la lettre chez le Z�phe...

- le Z�phe, je suis content qu'il l'ait, ma lettre.

- Et quand il l'aura montr�e?

- Qu'il la montre seulement, le Z�phe...

et y'a plus de Z�phe, plus de Maloret!

- Tu fais rien depuis 20 ans.

- Cette fois, on verra! - On verra rien!

Et tu sais pas s'il l'a! - Son gamin l'aurait pas donn�e?

- L'a-t-il vraiment prise?

- Ah... qu'est-ce que tu racontes? Il l'aurait pas, ce cochon-l�?

Pas d'histoires, ce serait trop facile!

Je te dis qu'il l'a. - Bon... il l'a.

- Ah, tout de m�me... et dis plus de b�tises!

- Battre par des chaleurs pareilles!

- Je crache blanc tellement je l'ai sec! Regarde...

- et moi, tenez! Peut-�tre encore plus blanc que vous!

- Un vrai petit homme! - Et attendre qu'il fasse frais?

- Nous, on peut pas! - J'en connais pourtant...

ils font pas travailler leur fille. Je l'ai vue, leur effront�e,

- avec des robes et des bottines. - Une jolie robe!

- Elle l'enl�ve plus souvent que tu mets la tienne, cette roulure!

- Je me plains pas. - J'esp�re bien!

- Elle se plaint pas et moi non plus.

On travaille pour gagner sa vie et parce qu'on ne sait faire que ca.

Les Maloret sont des fumiers, ca... je t'ai pas dit non.

- Pourquoi des fumiers?

On n'insulte pas les gens pour une lettre perdue.

- Il s'agit pas de ca. - C'est pas une raison...

- pour en vouloir � la famille!

- Tous pareils! Prends-les l'un apr�s l'autre.

- Pas l'un apr�s l'autre, y'a les Maloret, tout d'un tas!

Tu m'as compris?

- J'ai compris... mais vous ne pouvez pas savoir!

Laissez-moi, le travail presse!

- Juliette...

Juliette...

- je voulais vous dire...

pour les Maloret... - ne me dis rien.

Dis rien, ma fille, dis rien... tais-toi.

- Tu vois, petit, je crois bien que j'ai le pied plus fort que toi.

- Ah...

- je vois au moins 3 pointures de diff�rence.

- Oui...

ca doit �tre pour ca que vous marchez comme un gendarme � pied.

- On me l'avait jamais dit!

Un gendarme � pied, il fait du chemin!

- Ca, il y va! Mais sa fa�on de marcher n'est gu�re plaisante.

- A ton id�e, comment il marche, le gendarme � pied?

- Il jette son pied en claquant la route.

Tandis que moi, tenez... regardez-moi marcher!

Je tombe sur la pointe, le talon pose apr�s.

Et je me pousse de la pointe pour aller en avant.

Le gendarme, lui, c'est toute la semelle qui porte � la fois.

Au r�giment, j'ai vu des auxiliaires aux pieds plats.

- Mais j'ai pas les pieds plats! - Il ne s'agit pas de ca.

- Ah bon!

- C'est pour vous dire qu'il y a pied et pied.

- On dit qu'au r�giment, beaucoup blessent des pieds.

- C'est vrai qu'il y en a plus d'un!

- Moi, j'ai jamais bless�.

Je sue juste ce qu'il faut, pas plus!

Et je n'ai pas le mal des pieds!

Le bonjour te va. - Bonjour.

- Bonjour, papa. - T'es content?

- L'Ernest en permission... - on a fait route depuis la gare.

La ville, ca l'a d�gourdi. - Oui, oh...

- j'y vais. - Vous �tes pas f�ch�?

- Non, mais j'ai un recommand�, la tourn�e se fait pas toute seule.

- Au revoir, D�odat. - Au revoir!

- Tiens... les Maloret ont refait leur toit?

- Crois-tu?

- Ces cochons-l�... - oui, ces cochons-l�!

Leur fille, la marguerite, est arriv�e pour 3 semaines.

- Ah...

- donne-lui � boire!

Des belles filles comme marguerite, t'en vois pas souvent...

- � Epinal! Tout malin que tu es, dis?

- Moi, je m'en fous de marguerite. - Tu te rends compte!

Moi, je te la montrerai pour que tu voies qu'elle est belle!

Si ca te fait pas chaud � la peau, tes 20 ans te servent � rien!

- Moi, la marguerite... c'est pas mon genre!

- Pas son genre... pas son genre!

Et c'est quoi, ton genre? - Laisse-le, il est en bois!

- Oh, ben, vous en faites pas pour le bois!

A ce soir!

- Il va chez Germaine Viard!

- Ah la la... - y'a rien � dire sur elle.

- On te dit pas le contraire.

- Nos grands-p�res se sont peut-�tre disput�s y'a 40 ans!

Ca peut emp�cher un mariage. - Fallait en choisir un autre!

- Qui? On me le dira avant les noces?

- No�l Maloret. - Oh!

- S'ils ont la lettre, je leur dirai...

- de la mettre dans la corbeille de mariage.

- Tu leur donnerais ta fille pour une lettre?!

- J'ai pas dit ca! - Pourquoi pas?

- Je vais la chercher, cette lettre!

- Allons, Ad�la�de...

Ad�la�de!

- Ils t'en veulent aussi?

- Mais non, ils n'en veulent � personne.

Ils sont ennuy�s � cause de la lettre. Moi aussi, je le suis.

Elle pleure. - Faut pas pleurer pour ca!

- Viens, je vais te montrer quelque chose.

...

- regarde, je te la donne...

c'est moi qui l'ai chip�e � D�odat.

Musique militaire allemande.

...

- y'a pas de quoi rire!

- Tu ris, toi! - Y'a pas de quoi!

- Tu diras pas que c'est moi. - Je ne dirai rien.

Elle est bien l� o� elle est. Surtout n'en parle � personne.

- Non, non.

- Ils croient que c'est le Z�phe qui l'a.

Et moi, ca m'arrange tr�s bien.

- Ta gueule, charogne! - Je vous en prie.

Que fais-tu l�?!

- Que fais-tu chez eux dans mon dos?

- Rien que de tr�s simple.

- Heureusement, j'ai vu ton cabriolet.

- Qu'imagines-tu? J'ai re�u une lettre de qui tu sais...

- de qui? - De Altier.

- Du d�put�! Dis-le, ton cheval le r�p�tera pas. Il voulait quoi?

- Il craint que la petite s'ennuie � la campagne...

- il compte sur toi pour la distraire?

- Imb�cile!

- Elle est plaisante, leur marguerite.

- Elle a de l'avenir.

- Je sais pas, mais elle a une embard�e du train...

- pas d�go�tante. - Tu es r�pugnant!

- Ne te f�che pas. Ram�ne-moi � la maison, tu verras mon soldat.

- Ernest! Comment est-il? - Bah...

- il vous donne satisfaction? - Pas comme je voudrais.

- Non, non, merci...

content de vous avoir vus mais j'ai d'autres b�tes � visiter.

Ad�la�de, merci! Succulentes, les cerises...

toi, militaire, garde-�-vous!

N'oublie pas, l'oeil tendu vers l'est.

- C'est par l�, l'est. - Non, par l�!

- A la caserne, on nous le montre avec ce bras-l�.

- L'est, c'est par l�.

- Peut-�tre qu'� l'instruction, on est tourn�s de l'autre sens.

Bon, j'y vais.

- Dis-moi, Honor�, tu pourrais me rendre un service?

- Oui...

- Altier vient voir marguerite apr�s-demain.

- Ca ne me g�ne pas.

- Chez les parents, ca lui serait difficile.

- C'est un d�licat.

- Tandis qu'ailleurs, par exemple chez vous...

- vous n'avez pas honte? - C'est pas un bordel!

- Mais non, il vient la voir pour...

pour lui parler, la voir...

puisque vous voyez le mal partout, n'en parlons plus.

- Mais... pourquoi ils viendraient pas?

- Vous voyez bien! - On ne te demande rien!

Qu'ils fassent ca dans les bois! - Et s'il pleut?

- On leur donnera une b�che!

- Ne les �coutez pas! Ils font les m�chants.

Il faut se rendre service!

- Allons, Juliette! - Marguerite �tait un peu mon amie.

- Elle viendrait voir Juliette en amie...

- et j'am�nerais Altier � 3 h.

- Ce qu'elle te fera pas faire! - Qu'elle vienne.

- Bravo! Merci!

- Y'a pas de quoi! - J'en ai assez des disputes.

- N'est-ce pas? Alors...

...

- je te disais: Si vous rendiez cette lettre � mon p�re...

- pour ca, il faudrait qu'on l'ait.

- Supposons que oui. - Je ne dis pas le contraire,

- mais je ne dis pas non plus qu'on l'a.

- Tu as confiance en moi. - Explique toujours, je t'�coute.

- Si tu allais le trouver, mon p�re,

- pour lui rapporter la lettre... - pourquoi je ferais ca?

- No�l, si tu fais ca, il t'en saura gr�!

- Je me fous de ton p�re, je n'ai rien � lui demander!

- Ah bon!

- Si on a la lettre, on se la garde!

Et si on ne l'a pas, c'est pas moi qui te le dirai!

S'il t'a envoy�e pour le savoir, dis-lui qu'on a fait autre chose!

- Ah!

L�che-moi!

...

- voila la pute!

- C'est toi qui as demand�... - mais c'est une pute.

- On la re�oit, il faut �tre convenable!

- Vous aimez bien les Malorettes? - Je ne m'en cache pas.

Va voir l�-bas, que ta m�re ne la prenne pas de travers.

- C'est bien pour vous faire plaisir!

- Bonjour, Ad�la�de. - Bonjour.

- Me voici pour l'affaire... - quelle affaire?

- Demain, je viens voir m. Altier.

- Il y a le canap� dans la salle � manger!

Sinon, on mettra de la paille dans l'�curie.

Gagne ta vie! Si tu veux mon lit...

- il est trop sale. - Moins que ton cul!

- J'arrive juste, vous alliez vous disputer...

vous f�chez pas, maman... - c'est un peu ma faute.

- Ne t'inqui�te pas, elle est jalouse.

Tu sais, mon p�re, il te trouve tr�s jolie fille.

- Ton p�re aussi n'est pas mal, il fait jeune!

Je n'�tais jamais venue ici. - Forcement, on est f�ch�s.

- Je ne demande qu'� nous raccommoder.

- Que regardes-tu? - Elle ne marche pas?

- Non, on ne la remonte jamais. - Dommage, j'aime savoir l'heure!

- M. Altier vient � 1 h, d'apr�s mon p�re.

- Non, 3 h! Dis, ca suffit!

- Non, mon p�re m'a dit 1 h.

- Puisque tu le sais. Tu ne me raconterais pas d'histoires...

y'a pas de raison...

tu viens me chercher demain? - Pourquoi?

- Ca me ferait plaisir, ca serait la premi�re fois...

petite, je voulais que tu viennes � la maison,

- mais on ne pouvait pas.

- Si tu crois... - viens un peu avant 1 h.

Comme ca, tu verras No�l...

tu l'aimes, No�l, hein? - Et ton d�put�, tu l'aimes?!

- Tu sais ce que je suis, ta m�re me l'a dit clairement.

Seulement, regarde... je ne me plains pas, tu peux me croire.

- J'en ai pas envie. - Tu en as autant envie que moi.

- Qu'en sais-tu? - Hum... toutes les filles!

Au revoir, Ad�la�de, et merci. - Oui...

- je t'attends demain. - Oui.

Le chien aboie.

- Ta gueule, toi!

- A 1 heure!

- C'est trop t�t, il vient � 3 h. - Je sais bien qu'il vient � 3...

...

- la Juliette veut que tu couches avec son p�re.

Z�phe, ta chemise! - Ah, oui...

- on va s'occuper d'elle d'abord, ca lui apprendra!

- Marguerite, regarde si elle vient pas.

- Non...

- elle dira pas que ca pique! - Attendez, vous serez moins fiers.

...

- la voila! D�p�chez-vous!

...

- hein?! - Marguerite est l�?

- Elle n'est pas pr�te mais entre!

- Reste pas au soleil! - J'en ai pas peur.

Mais comme vous �tes si beaux pour me recevoir...

- par ces chaleurs, on doit se garder au frais.

- Assieds-toi, ne reste pas debout!

- C'est pas la peine.

- C'est gentil de venir chercher la marguerite.

- Ca me fait plaisir. - C'est quand m�me gentil.

- C'est aussi gentil de bien la recevoir.

- Vous me recevez bien aussi.

- On voudrait te recevoir comme elle le sera.

- On la recevra comme une amie � moi.

- Nous, on te recevra comme une amie � elle.

- Vous avez une belle armoire! - Oui, elle conna�t pas chez nous.

- Forcement,

- c'est la premi�re fois qu'elle vient!

- On n'en a pas d'aussi belle... marguerite!

- C'est ca, appelle-la! - Marguerite!

Marguerite!

- Appelle-la donc! Petite garce!

- Laisse-toi faire, tu ne demandes que ca.

- Non, je ne veux pas... on frappe.

- Entrez! Entrez!

- Je ne peux pas! C'est ferm�.

Je suis en retard, le train avait du retard.

C'est une lettre pour la marguerite.

- Marguerite, tu peux venir cette fois! C'est le facteur!

- Ah... tu �tais l�?

- Marguerite... - merci, D�odat.

- Je suis contente de vous voir.

- C'est ce qu'on me dit toujours! Pas vrai, Z�phe?

- Vous �tes un bon facteur.

- C'est ce qu'on me dit aussi.

- M. Altier ne vient pas. - Oh! Ca...

- on y va, Juliette?

- S'il vient pas, c'est plus la peine de venir chez nous!

- Si, quand m�me, pour mon plaisir...

- merde, on s'est lav�s pour rien!

- Tu n'as pas eu de chance, le facteur est arriv� trop t�t!

- Je ne voulais pas.

- On ne veut jamais, apr�s, on est contente.

- Parle pour toi!

- Je suis toujours contente. Ton p�re m'attend toujours?

Elle pleure.

- Ah, ah... ah non!

Parce que moi, j'aime bien voir ce que je fais!

- Ah oui? Ha ha ha!

Elle est arr�t�e? J'aime savoir l'heure.

- Tu aimes plein de choses, hein?

Je te croyais pas si forte de l�... - ca vous pla�t pas?

Vous avez la clef? - Si, ca me pla�t. Elle est perdue.

- H�, attention!

Ou alors, dessous? - Tiens, tu vas voir...

- et voila le facteur... - laisse donc!

- Mais o� est cette clef? Je ne la trouve pas.

La voila!

Musique militaire allemande.

- Je la mets sur quelle heure? - Comme tu veux.

- Quelle heure il est? H�, je suis l�!

- Mais alors... - c'est quoi?

- Une vieille lettre qui tra�nait.

Non, tu permets...

le couillon, le couillon! Le couillon!

J'en veux moins � ton p�re. - Je vois pas le rapport.

- Si, il y en a un! Quand je te vois, je pense � lui.

- Je lui ressemble? - Non. Toi, t'es une belle fille!

Mais tu serais pas si belle si t'�tais pas la fille au Z�phe.

Tu vas voir, toi... dis donc...

le chien aboie.

- Qui c'est? - Oh, c'est mon fr�re.

- Je veux pas qu'il me voie!

- Tu es l�? - Quoi encore?

- Je te d�range? - Plut�t...

- j'apporte une triste nouvelle...

le pauvre Philibert... - il est mort?

- Ecoute...

une cloche sonne au loin.

- C'est pour lui.

- Qu'est-ce qui lui a pris?! - Il �tait malade.

- Il m'avait promis... - promis quoi?

- Fous-moi la paix!

- Mais le Z�phe est � la mairie. - Moi vivant, il y sera pas!

- R�fl�chis, il a cette lettre! - Ben... j'irai la reprendre.

- Apr�s tout, il l'a peut-�tre pas.

Faut pas s'emballer!

- J'irai reprendre ta lettre, m�me s'il l'avait pas...

- Philibert n'aura pas eu � se plaindre!

- Pour un bel enterrement, c'�tait un bel enterrement!

- Vraiment municipal! - Tu peux le dire!

- Entrez, m. Le maire. - Pas encore...

- dans pas longtemps!

Dans pas longtemps, pas longtemps!

- Un enterrement par cette chaleur!

- A l'�glise, il fait frais. - Mais jusqu'au cimeti�re...

- le noir tient chaud. - Moi, c'est les pieds.

- Il s'y croit d�j�, � la mairie! - Il y est pas...

- il y est, tu ne l'en emp�chera pas!

- Patience... - j'en ai plus, de patience!

J'ai le coeur gros pour ta fille. - Parle pas d'elle!

- Si! Et tu allais la donner aux Maloret?!

- Moi? - Oui, toi!

Mais ils s'amusent avec...

- et te la renvoient comme une tra�n�e!

- Parle pas de ca! - Il y a que de ca � parler!

- Ta gueule!! - Elle est grande ouverte...

- pour te dire ca: Le p�re et le fils, ils �taient dessus!!

- Tais-toi! - Et ta sale b�te!

Porte-bonheur! Mais regarde cette gueule de porte-bonheur.

Tiens, fous le camp! - Laisse-la tranquille!

- On touche � sa fille, il dit rien, mais � sa jument...

- je sais ce que j'ai � faire. - Rien du tout!

- Je n'ai pas d'ordres � recevoir!

Des hennissements couvrent sa voix.

...

- voila ce qu'il fallait dire!

Allez, hue, toi! Hue! Allez, hue!

- Honor�!

Mais qu'est-ce qu'il a?! - Je ne sais pas.

Quelqu'un entre.

- Le bonjour vous va, les Maloret.

- A�e!!!

Vous entrez sans frapper?! - Ne crois pas ca, bonhomme!

Tiens! Pour ton p�re, ma fille et le saint-esprit.

- Grand dieu...

- ainsi soit-il!

- Honor�! C'est toi qui fais tout ca?

...

- t'as de beaux bras, Ana�s...

regarde-le, ton Z�phe. Mon Z�phe, je pourrais dire.

Il �tait pas fait pour une belle femme comme toi, ce d�gouttant!

Mais va lui faire comprendre ca! C'est bien ton avis, hein?

- Je sais pas, tu me parles... - gentiment, non?

Je te dis gentiment: "Ouvre l'autre battant".

- Pourquoi? - Pour qu'il voie pas la suite.

- J'aurais jamais cru ca de toi... - eux non plus!

- Non, eux non plus! C'est quand m�me gu�re bien.

- Pas si mal, tu verras, pas si mal.

Regarde-le, ton petit, il dort encore.

Faut pas le r�veiller.

Quand il est n�, ton No�l, je me disais:

C'est pas moi qui lui ai fait � Ana�s!

Si on s'�tait parl�s plus t�t...

seulement voila, on n'a pas le temps...

et un jour, on a l'occasion.

Alors, on se parle gentiment.

- Que fais-tu?!

- Je vais le mettre sous le lit. - Pourquoi?

- Une vieille histoire...

oui, sous le lit! Une vieille histoire que je vais te raconter.

T'es encore plus belle que ta fille.

- Tu veux me faire peur, Honor�? - Je te fais pas peur, Ana�s.

Tu le sais bien. - Ben...

un petit peu tout de m�me.

Tu sais bien dire, toi...

musique militaire allemande.

...

- Honor�! Honor�!

Honor�!

- Eh bien... qu'est-ce qui vous arrive, hein?

- Si par malheur, tu as commis quelque violence...

- qui vous parle de violence?

C'est pas moi... c'est pas toi non plus, n'est-ce pas, Ana�s?

Mon pauvre ami, on obtient rien par la violence, c'est connu...

mais par la douceur...

par la douceur, Ferdinand. - Ma lettre!

- Tu leur as reprise?!

- Par la douceur...

n'est-ce pas, Ana�s?

Hennissement.

Tout le monde rit.

Sous-titrage MFP.

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