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Quelle tenue ?

En noir, double boutonnage.

On a parlé des derniers examens,

de nos réflexions et recommandations.

Je veux m'assurer que vous n'ayez plus de questions.

Si j'étais votre frère, me diriez-vous de ne pas jouer ?

Oui.

J'ai joué ici pendant 15 ans…

ça a été intense.

Quel arrêt de Lundqvist !

Dieu du ciel ! Quel arrêt !

Tout ce qui s'est passé depuis un an et demi…

Je pense que ce soir, je…

je me réjouis à l'avance de dire "merci".

On va monter et faire le tour.

Combien de gens il y aura ? Regarde ça !

Vous entrerez par ici…

Vous marcherez par là.

- Je serai assis ici. - Oui, là.

Arrêt de Lundqvist !

Quelques sujets pour la conférence de presse.

Levons nos mains en l'air.

Un, deux, trois, l'équipe !

Pensons au fait qu'il y a risque de décès,

un risque non négligeable.

Henrik ! Henrik ! Henrik !

C'est bouleversant.

De retour sur la glace du Madison Square Garden…

une légende des Rangers.

Une icône new-yorkaise.

Le numéro 30.

Henrik Lundqvist!

Henrik ! Henrik ! Henrik !

J'ai grandi à Åre,

une petite ville du centre de la Suède.

Il fait nuit quand on part à l'école.

Puis, vers 14 h ou 15 h,

il fait nuit à nouveau.

Bien sûr, ça affecte les gens.

Ils sont peut-être plus réservés.

Ils parlent moins, un peu plus lentement.

Mais je pense qu'ils réfléchissent plus avant de parler.

Depuis toujours, j'ai cherché la performance.

Maintenant, je cherche la vie.

Et la quête de ce qui vient après

me ramène au début.

Grandir avec un frère jumeau,

on voulait toujours faire la même chose.

On était en compétition pour tout.

C'est de naissance…

la joie de la compétition.

Salut !

Perdre n'était pas une option.

MÈRE

Quand l'un gagnait et l'autre arrivait second,

celui qui gagnait n'était pas heureux parce que son frère était triste.

- Mon pouls grimpe. - Oui.

Mon rythme cardiaque s'est accéléré, car on s'approche de l'heure J.

Difficile de dire pourquoi.

Ce n'est pas que nos parents nous aient incités à vaincre.

Mais en même temps, dès le plus jeune âge,

l'enjeu était d'essayer de gagner.

C'est tout ce qui comptait.

Je me souviens de comment ça a commencé.

Et le parcours.

Différentes équipes et niveaux, l'équipe nationale,

la victoire au championnat de Suède,

et la chance de jouer ma première partie

au Madison Square Garden.

C'était un moment très excitant dans ma vie, à 23 ans.

Tout à coup, je traverse l'océan et entame une nouvelle vie.

Il s'élance. Le boulet.

Lundqvist, arrêt de la mitaine !

Gomez au filet.

Arrêt de la poitrine par Lundqvist.

Langerbrunner passe à McGillis.

Long lancer. Arrêt de Lundqvist.

John Madden au filet. Madden feinte, lance.

Arrêt de Lundqvist ! Il conserve la rondelle !

Henrik !

J'entendais la foule scander mon nom.

Ça m'avait époustouflé.

Henrik !

C'était assourdissant. Le toit du Garden a failli s'envoler.

Un effort incroyable.

Première victoire dans la LNH pour Henrik Lundqvist.

Henrik !

Je voulais toujours en faire plus à chaque match.

Parce que gagner était si important.

Dumont monte au filet !

Dumont !

Arrêt de Lundqvist ! Quel arrêt !

Les Rangers n'avaient pas fait les séries en 8 ans…

RANGERS DE NEW YORK

… et nous voilà, ce groupe de gars hétéroclites,

et tout à coup, Hank est devant le filet

démontrant qu'il est une super vedette.

Passe à Zubrus, et arrêt de la mitaine !

Quel arrêt de Henrik Lundqvist !

La foule est en délire.

RANGERS DE NEW YORK

Et le chant d'Henrik.

Belle passe dans l'enclave. Lundqvist a fait l'arrêt !

Oh, mais quel jeu !

Henrik ! Henrik ! Henrik !

On entend distinctement la foule.

Ça va loin.

Jusqu'au cœur, et ça réchauffe, ça excite.

Henrik !

Une vraie star.

La foule du Garden l'adore.

Je crois qu'il apprécie aussi.

C'est un rêve qui se réalise pour l'organisation de New York…

RANGERS DE NEW YORK

… où il nous faut cet ancrage

pour commencer à se rebâtir et avoir quelque chose de spécial.

Et tout à coup, ce garçon incarne tout ça.

Henrik !

Ma première année à New York,

c'était vraiment comme si je vivais un rêve.

J'ai joué dans la LNH.

Et j'ai aussi eu l'occasion de jouer pour mon pays, la Suède,

aux Jeux Olympiques.

JEUX OLYMPIQUES 2006 FINALE

Avec son attachement profond à la Suède,

c'était super qu'il y retourne, qu'il change de maillot.

"Je suis là pour gagner l'or."

Henrik Lundqvist doit jouer son meilleur hockey du tournoi.

SUÈDE CONTRE LA FINLANDE

On mène 3-2 au début de la troisième période.

Et la Finlande tente une remontée.

Il s'approche, un tir qui dévie sur l'épaule de Lundqvist !

Le fait d'être à deux doigts de gagner la médaille d'or.

Plus que 30 secondes et l'adrénaline est à son comble.

La rondelle est en jeu…

Selänne à la sortie du banc,

descend le long de la bande, conserve la rondelle.

S'élance de l'enclave. Arrêt, Lundqvist !

Et à ce moment,

un joueur finlandais est là devant un filet grand ouvert.

Arrêt, Lundqvist ! Mêlée devant le filet !

C'était un geste désespéré de s'élancer pour l'atteindre.

Oh ! Lancer de Jokinen !

Arrêt remarquable de Lundqvist !

Et puis, on a réussi à dégager la rondelle,

et les dernières secondes, les secondes qui s'écoulent, cinq…

Quatre secondes, trois, et l'or va à la Suède !

Et on sent son corps sur le point

d'exploser d'émotions.

Quand on gagne,

on sent cette montée qui…

C'est incroyable.

Vous avez joué une partie sensationnelle. Félicitations.

C'est ce qui l'a fait connaître, plus que :

"Quel bon jeune joueur pour New York."

C'est une super vedette dans la ligue.

Et l'arrêt de Lundqvist !

Les Rangers l'emportent.

Henrik Lundqvist remporte sa 29e victoire

et égale le record des Rangers pour une recrue.

De l'avoir là, à jouer comme il jouait,

a littéralement changé la franchise des Rangers.

CE N'EST PAS UNE COQUILLE : LES RANGERS EN FINALE

Ça a tout changé.

Le charisme, la dégaine, la confiance,

la foi, la technique, la compétitivité…

C'était une star, dès le départ.

Vous imaginez, être une star au Garden ?

Ça va ?

Tous les gardiens s'habillent aussi bien ?

EN DIRECT

Oui et non. Certains essaient.

Vous pouvez dire non.

Ils s'habillent moins bien.

Henrik Lundqvist !

La LNH revient samedi !

Il adore New York.

Il adore être new yorkais. Sa famille adore.

Il se fondait dans le décor comme une vedette de cinéma…

Il était chez lui ici. C'est un new yorkais pure laine.

PUR BLEU

Avec le temps, j'ai développé des affinités

et des sentiments pour New York.

C'est quelque chose que j'adorais.

Je me souviens que Larry Brooks a écrit,

"Le roi Henrik" dans le New York Post.

SUCCÈS ROYAL DU ROI HENRIK

Quelques passants m'ont hélé dans la rue un jour.

J'ai rigolé sans trop y accorder d'attention,

puis la semaine d'après, pareil.

Je me suis dit qu'ils finiraient par arrêter.

Mais non.

LE ROI DE NEW YORK

IL FAIT BON ÊTRE ROI

LE ROI HENRIK SOURIT AU FIL DES VICTOIRES

LE ROI HENRIK RÈGNE SUR LES RECORDS DES RANGERS

Est-ce qu'il couvre le filet, ou le ferme ?

Il lance, à nouveau dans l'enclave, un autre tir !

Henrik !

LA FOULE ACCLAME LUNDQVIST

Quel arrêt de Henrik Lundqvist !

LE ROI HENRIK INFLIGE UNE DOULEUR ROYALE

Quel arrêt de Lunqvist !

SPECTACLE DE CHOC SUR BROADWAY

SPORTS 2014 LE CHOIX DES ENFANTS

Quel arrêt de Henrik Lundqvist !

Hamhuis s'amène au centre, ça dévie. Une chance de retour !

Oh, quel arrêt magnifique !

Nouvel arrêt de Henrik Lundqvist !

ALLEZ HENRIK

JÉSUS SAUVE MAIS IL N'EST PAS LUNDQVIST

OK, les gars. Merci beaucoup.

Bonne chance, Henrik.

Durant les huit, neuf années suivantes,

l'équipe s'améliorait, on gagnait de plus en plus.

Gagner m'apportait tant de joie…

D'excitation.

Je voulais me rapprocher de cette grande victoire tant souhaitée.

Celle qu'on souhaitait tous, c'était la coupe Stanley.

Pour me sentir rassasié à 100 %,

il me fallait cette victoire.

SÉRIES 2014

Gustafsson pourchasse la rondelle, à la sortie du cachot !

Il lance ! Et marque !

Lundqvist a hésité.

QUARTS DE FINALE CONTRE PHILADELPHIE

En quarts contre les Flyers,

on avait l'occasion de gagner le sixième match

et de passer en demi-finales.

On a perdu.

Les Flyers l'emportent 5-2.

Et on s'en va au septième match.

Je ressentais la pression de rebondir

avec une bonne performance au septième match le lendemain.

Giroux en possession, il a tenté de se frayer un chemin.

Tir dévié dans l'enclave, saisi par la mitaine de Lundqvist !

La rondelle a rebondi pour Voráček, contourne le filet,

repoussée par Lundqvist qui fait l'arrêt !

Lundqvist en confiance.

Les Rangers remportent le septième match,

et affronteront les Penguins de Pittsburgh.

DEMI-FINALES CONTRE PITTSBURGH

Le tir du revers en direction du filet,

et l'arrêt. Remarquable !

Quand la partie est serrée,

et que tout est en jeu pour un championnat,

on sent que chaque arrêt est capital,

un sentiment incroyable pour un gardien.

Cette pression…

Lundqvist avec un arrêt remarquable !

La concentration est là et…

C'est tout ce que vous avez en tête,

arrêter le prochain tir.

Arrêter le prochain tir.

FINALE CONTRE MONTRÉAL

Lundqvist sauve la mise sur le tir de Vanek !

Quel arrêt !

Hank réalisait les arrêts les plus incroyables,

jouant de manière absolument insensée.

Dans le sixième match contre Montréal,

Hank a réalisé un arrêt miraculeux

alors que la rondelle a changé de trajectoire en vol.

Cet arrêt nous a menés en finale de la coupe Stanley.

FINALE DE LA COUPE STANLEY CONTRE LOS ANGELES

FINALE DE LA COUPE STANLEY

Nous étions confiants.

On croyait vraiment pouvoir l'emporter.

Notre temps était venu.

Willie Mitchell lance. Lundqvist fait l'arrêt.

Retour bondissant devant le filet.

La différence entre gagner et perdre

était infime.

Jarret Stroll devant le filet. Il tire. Le retour.

Williams la frappe dans les airs !

Le cinquième match est allé en prolongation.

Mais je me souviens de ce dernier jeu en prolongation.

Ça venait de l'aile…

La montée de Martinez, à trois contre deux.

Et ils ont lancé…

et ça a frappé notre défenseur,

dès que la rondelle a frappé notre défenseur,

je savais que c'était mal parti.

Dès qu'elle l'a touché et a changé de direction,

J'ai eu… ce pressentiment glacial…

Comme si mon corps s'arrêtait une fraction de seconde.

On a un peu froid, et on sait

qu'on va avoir des ennuis.

On sait que quelque chose de mauvais est sur le point d'arriver,

avant que ça n'arrive.

Martinez s'amène…

Il tire, il marque !

Alec Martinez !

Avec le but gagnant de la coupe Stanley !

On voulait vraiment l'emporter, et on y était presque.

Une partie de moi souffrira toujours.

Pendant quelques années, on était en position de l'emporter.

Mais tant de choses doivent se mettre en place

pour que ça se produise et…

Et puis…

Ça ne s'est pas produit.

J'ai détesté ce sentiment.

Ça faisait partie de ma vie.

Depuis l'enfance, j'étais dévasté chaque fois que je perdais.

Quand il gagnait, il se sentait bien.

Quand il perdait, il se sentait très mal, donc…

Il se mettait cette pression et vivait comme ça.

Quand Henrik accordait un but facile, ça lui faisait mal,

et ça me faisait mal aussi.

Karlsson le long de la bande. Belle passe.

But !

Si le but est marqué, on l'entend dans les gradins.

"Il aurait dû stopper celle-là," ou quelque chose du genre. Ça fait mal.

La frustration s'installe.

Je me souviens qu'à Frölunda, il avait enfoncé une porte de WC.

Lundqvist réclame l'arrêt du jeu, mais en vain,

alors il fait ça.

Je pensais aux pauvres distributeurs de savon dans la douche.

On l'entendait jurer en suédois depuis le fond du couloir.

Après une défaite, il valait mieux

rester à distance, le temps qu'il se remette.

Sa femme essayait de l'amuser pour le détendre.

RANGERS DE NEW YORK

Nous, on rigolait,

mais il nous fusillait du regard,

"Rigolez pas, on vient de perdre."

Ma femme le savait,

et ça pouvait durer jusqu'au petit déj, le lendemain matin.

Les gens disent,

"Hé, c'est juste un jeu."

Mais pour moi, ce n'était pas qu'un jeu.

Je le ressentais comme si c'était la vie.

L'année d'après, on était là de nouveau.

Et après ça, doucement,

on a senti que le créneau se refermait.

L'équipe a changé un peu.

Des joueurs s'en allaient.

Et on gagnait moins souvent.

Il jouait bien et ils perdaient. Il jouait divinement et perdait.

Et lentement mais sûrement,

ils ont décidé, bon,

il est temps de mettre fin à ça.

Le vétéran gardien Henrik Lundqvist,

qui a joué ses treize saisons dans la LNH avec les Rangers,

s'engage à rester pour le processus de reconstruction.

Il a dit, "Je ne veux pas être ailleurs."

"Je me sens bien, enthousiaste d'être de retour et de voir

jusqu'où on peut aller cette saison."

Je me suis engagé.

Je veux rester à New York, je veux travailler à ça,

et revenir sur le banc, en quelque sorte,

pour faire partie de cette équipe compétitive.

Et je sentais que ce n'était pas vraiment le plan.

Et ma dernière apparition au Garden était une troisième période.

Je suis venu en relève.

À l'époque, je ne savais pas que ce serait

ma dernière période au Garden.

Les Rangers voulaient clairement se passer de Hank

pour faire de la place à une nouvelle génération de joueurs,

ce qui n'a pas été facile pour lui, ni pour eux,

parce que c'était une icône de l'organisation des Rangers.

On voyait clairement les choses venir, mais c'était plutôt…

"Il est temps pour toi de passer à autre chose."

C'est un peu comme

être dans une voiture et…

il faut juste conduire.

On ne sait pas où on va et…

Je pense que toute ma vie,

j'allais toujours quelque part.

Salut, c'est Jimmy.

Salut, c'est Hank.

Salut. Tu vas bien ?

Les athlètes ont le même esprit que nous…

COACH DE VIE

… mais l'utilisent d'une façon différente,

et se concentrent davantage sur une chose.

Déterminés,

"c'est la chose qui m'importe le plus,"

et ils se concentrent là-dessus.

Plutôt que de faire plusieurs choses,

ils s'en tiennent aux plus importantes.

C'était drôle, j'ai commencé à parler avec Jimmy.

À notre première rencontre, il m'a dit : "Qu'est-ce que tu veux ?"

Tout de suite, j'ai dit : "Je veux être heureux."

"Eh bien, c'est un choix."

J'ai dit : "Pas pour moi."

C'est très rare d'avoir le genre de carrière que tu as eue,

de rester au même endroit si longtemps.

Oui.

Parfois, on oublie que,

"Je suis un homme et je suis ici pour vivre une expérience humaine."

"Et quel genre d'expérience aimerais-je vivre ?"

C'était dur pour moi de sentir

que le plan que j'avais n'allait pas…

Ça ne se passerait pas comme ça.

Ça peut sembler curieux, mais parfois, on a une image

de ce qu'on est censé être,

et savoir qu'on n'a pas accompli ce qu'on avait imaginé,

ça peut s'avérer très difficile.

C'est exactement ça.

J'ai compris que je devais changer

un peu ma façon de fonctionner.

Changer ma façon d'envisager le bonheur.

Je ne pouvais pas continuer

de compter sur le succès pour être vraiment heureux.

Je voulais être heureux sans raison.

J'ai pensé à gagner et à perdre.

La définition de la victoire

n'est-elle pas propre à chacun ?

Je pense que ça dépend de notre définition de la victoire.

Qu'en penses-tu ? Il s'agit de ta vision…

On peut se sentir gagnant sans gagner tout le temps.

Mais en fin de compte…

on sait clairement si on a gagné ou pas.

Tu as conquis le cœur de New York.

En tant qu'athlète, tu es très apprécié à New York.

Oui.

Alors tu as gagné.

LES RANGERS RACHÈTENT LE CONTRAT DU "ROI" LUNDQVIST

L'équipe a été restructurée

avec une nouvelle génération de joueurs,

et j'étais libre de partir.

Je pouvais jouer ailleurs,

ou ranger mes patins.

UNE AFFAIRE ROYALE

Je songeais sérieusement à la retraite.

J'étais déchiré, incapable de me décider.

"Devrais-je jouer ou pas ?"

Je ne me voyais pas jouer ailleurs.

On a discuté.

Il a dit : "Ce qui fait un athlète,

"c'est la raison pour laquelle il s'engage."

C'est l'amour du jeu.

La quête de l'excellence.

Et tu as travaillé toute ta vie.

Le muscle entre tes oreilles est plus fort que jamais.

Hank avait beaucoup accompli, mais il était un meilleur gardien.

Sa lecture du jeu, sa compréhension était meilleure.

Donc de renoncer à ça après toute une vie de travail,

c'était extrêmement difficile.

MERCI POUR LES SOUVENIRS

Ça s'entendait dans sa voix.

Je sentais que je devais aller à la patinoire, et essayer.

J'ai commencé à y aller, dans le New Jersey.

J'ai patiné tous les jours,

et compris à quel point j'aimais ce sport

et la compétition.

Alors je me suis dit : "Non, je veux jouer."

QU'EST-CE QUI ATTEND LE GARDIEN HENRIK LUNDQVIST ?

J'ai entendu des rumeurs

qui le voyaient signer avec les Capitals de Washington.

Jouer chez les Capitals semblait idéal.

Ils avaient un noyau de joueurs d'exception.

Ils sont de sérieux aspirants, en quête d'un gardien.

CAPITALS DE WASHINGTON

J'ai décidé de signer avec Washington.

C'était un nouveau chapitre.

Il m'appelait, et j'entendais dans sa voix

combien il était excité par ce changement de décor,

de rejoindre une équipe qui se battait pour la coupe.

On repère le nouvel environnement.

Papa !

Ça a l'air bien.

Et les filles font de la gymnastique.

Et là, on a…

la grande maison.

On se disait tous que ça allait être une cure de jouvence pour lui

de passer d'une équipe en reconstruction à une équipe en compétition.

LUNDQVIST SIGNE AVEC LES CAPITALS

Notre but était de gagner la coupe. Et il savait que cette équipe

pouvait y prétendre cette année-là.

Ils cherchaient une maison.

Ils logeaient chez moi.

Je logeais toute la famille, ils étaient contents.

Quand il a signé avec nous, il est venu patiner ici.

Tout le monde était enthousiasmé par la venue du roi.

On voyait comme il travaillait dur.

Les gars disaient :

"Ce gars-là, c'est du sérieux à l'entraînement."

Il était en super forme, et il avait l'air motivé.

Il laissait passer très peu de buts.

C'était une belle occasion de devenir gardien titulaire.

D.C. avait de grandes attentes.

"Oui, on est prêts."

Et là, on engage Lundqvist ?"

"À fond les manettes."

Je voulais prouver à moi et aux autres

que je pouvais encore y arriver.

La fin avait été chaotique

à New York, alors je sentais que j'avais encore beaucoup à donner.

LABORATOIRE DE SANG

Je viens pour le bilan sanguin. Lundqvist.

L-U-N-D-Q-V-I-S-T.

Quand on change d'équipe,

on fait un examen physique complet.

Et ils ont entendu quelque chose, alors j'ai dû passer un examen.

Et ils ont décelé

une fuite dans mon cœur.

Depuis longtemps, je savais que j'avais une pathologie.

Un petit problème.

Je m'en étais peu soucié.

Pas de symptômes.

Je me sentais bien sur la glace.

Cet automne-là, j'avais remarqué

qu'en montant les escaliers à la maison,

j'étais très… fatigué.

C'est le seul moment où je remarquais.

Sur la glace, habitué à la fatigue, je n'y pensais pas.

AIMANT PUISSANT

J'ai passé beaucoup d'examens.

Des scans et des entretiens avec différents médecins.

Ils devaient faire des examens.

Il n'a pas dit spécifiquement ce qui se passait,

mais il est arrivé à la maison un jour

et on voyait que ça n'allait pas.

Il parlait avec sa femme, Therese, tout bas.

Et je voyais qu'il y avait… Que quelque chose n'allait pas.

Et je me souviens…

Je suis descendu pour préparer mes affaires,

j'ai monté les grosses valises pour déménager

le surlendemain.

Et on a eu un long appel avec les docteurs,

et les résultats d'examens sont tombés.

La taille de l'aorte nous préoccupe,

surtout pour quelqu'un qui joue…

Vous êtes gardien, vous avez des protections,

mais il y a un risque de prendre un coup.

Je suis également préoccupé

par le rétrécissement de la valve aortique.

Il y a risque de dissection, de déchirement du vaisseau sanguin.

Il y a un risque de décès qui n'est pas négligeable.

Le rétrécissement de la valve

pose le risque que le cœur ne reçoive pas assez de sang

quand vous vous entraînez très intensément.

Et cela peut augmenter le risque d'arythmie et de mort subite.

Si…

Si j'étais votre frère…

me diriez-vous de ne pas jouer ?

Oui.

Oui.

Et est-ce que…

ça peut s'opérer ?

Est-ce qu'on peut intervenir maintenant, et…

Combien de temps de récupération après l'opération ?

Je crois que ce serait une opération conséquente.

Reprendre les matchs

n'est sans doute pas dans votre meilleur intérêt

après une telle opération.

C'est dur, j'étais si…

inspiré et motivé.

C'est bouleversant.

Si ne je joue pas au hockey…

qui suis-je ?

Que devient mon estime de moi ?

L'estime de soi.

Ce qu'on pense de soi-même.

L'idée qu'on se fait de nous-mêmes.

Si on a des pensées dominantes sur nous-mêmes,

qu'on pense mériter ce qu'on poursuit, qu'on a une haute opinion de soi…

alors il est plus probable qu'on choisira de…

s'estimer soi-même, bien sûr, mais aussi de prendre des décisions

qui nous feront aller dans ce sens.

C'était dur de croire

que ça puisse arriver à ce moment-là.

Parce que tout se mettait en place…

Mais c'était évidemment un sacré défi mental

de gérer ces émotions,

de ne pas se mettre en colère…

ni d'être déçu.

La prochaine étape

était de décider d'où et quand aurait lieu l'opération.

Et au fil de nos conversations

avec les médecins,

le Dr Roselli à Cleveland semblait la meilleure option.

J'ai contacté les autres docteurs impliqués…

CHIRURGIEN CARDIAQUE

… pour assurer une bonne communication.

Et j'ai pris contact avec Henrik et sa femme.

Votre valve doit être encore plus anormale

qu'une valve bicuspide traditionnelle.

Et le calcium s'est accumulé

dans cette valve.

Cela explique la défaillance de cette valve à un si jeune âge.

Trente-huit ans, c'est très jeune.

Je sais qu'ils vous disent qu'après 15 ans à New York,

vous êtes vieux pour un gardien.

Mais vous êtes un jeune homme.

- Très jeune, d'accord ? - Oui.

Et j'aimerais vous voir jouer au hockey à nouveau.

Mais si on laisse votre cœur se débattre avec cette valve

qui n'ouvre pas très bien pendant trop longtemps,

votre muscle cardiaque pourrait développer des changements

qui limiteraient votre longévité à long terme.

Votre cœur travaille comme quelqu'un

qui s'entraîne toute la journée,

même quand vous êtes au repos.

Parce qu'il se débat, avec cette valve qui n'ouvre pas.

Et le souci, en cas de gros effort, comme lors d'un match,

c'est que si votre cœur atteint un pic

et que trop peu de sang arrive au cœur

car il s'est épaissi à travailler si fort,

vous pourriez avoir un gros problème.

Vous pourriez en mourir.

Soit on intervient sur votre valve,

soit vous arrêtez de jouer.

Salut, les fans des Caps…

C'est un jour rempli d'émotions et difficile.

Depuis quelques semaines,

je passe des examens liés à un problème cardiaque.

Après beaucoup de discussions avec des médecins de par le pays,

et ayant finalement reçu les derniers résultats cette semaine,

je ne pourrai malheureusement pas me joindre à l'équipe cette année.

LA STAR DE LA LNH VA SUBIR UNE OPÉRATION À CŒUR OUVERT

Ça ne servait à rien de me projeter

ou d'essayer de prédire comment ça allait se passer.

Profitons au mieux de Noël et du jour de l'An,

puis préparons-nous pour Cleveland quand l'heure sera venue.

Quelle fête !

Quelle année, waouh !

Santé, bonne année !

C'est le réveillon !

- Prenez soin de vous. - Non, pas nous.

- Raccroche, elle ne filme pas… - Il est fou !

Personne ne regarde ça.

Fou !

Il est fou !

Réveillon du Nouvel An, 2020.

- Salut, Charlise. - Salut.

Juli ? Qu'est-ce qui s'est passé de bien en 2020 ?

Ce qui est bien, c'est qu'on va construire un nouvel appartement.

C'est génial !

Un nouveau chez-nous. Notre chez-nous.

Je devais me faire opérer. La question,

c'était quand.

On aurait pu attendre quelques mois,

mais je leur ai dit : "Faisons le plus vite possible

"pour que j'aie le temps de revenir."

- Amigos ! - Voici mon décor.

Salut !

Cleveland, nous voici !

Vous avez un visiteur désigné,

et ils veulent une seule personne,

donc ce serait votre femme.

Ouais.

Elle peut vous accompagner le jour venu,

rester à l'hôpital pendant l'opération,

voir le Dr Roselli

puis vous voir après l'opération.

OK, super.

Et puis

je suis rentré dans ma bulle.

J'avais eu beaucoup de blessures, mais jamais rien au cœur.

Et ça faisait beaucoup plus peur,

rien que le fait de parler de la procédure.

On le considère surhumain.

A-t-on déjà vu Superman se faire opérer ? Non.

Et Wonder Woman ? Non.

On voyait un film complètement différent.

Et pas un film, la réalité !

C'était une opération lourde.

Je le sais, je suis kiné. Je sais comment un cœur fonctionne.

Je savais ce qui n'allait pas chez lui.

Je savais que c'était une opération très risquée.

Une grosse opération.

- Salut. - Salut.

On a terminé. Tout s'est bien passé.

- OK, super. - Aucun problème.

- Merci. - Oui, sa valve était en mauvais état,

comme on s'y attendait. Je crois qu'il va vraiment

se sentir beaucoup mieux…

- Super. - … avec une valve neuve.

C'était indubitablement la meilleure option.

J'étais tellement stressée toute la journée.

Je respire enfin.

- Oui. - Un peu, en tout cas.

Oui.

La première chose que je vois en me réveillant, c'est Therese.

Je demande : "Ça va, ta journée ?"

Très différente de la mienne.

Elle a eu une journée plus difficile que moi.

Après l'opération ça a été relativement facile

de reprendre ma vie quotidienne.

Pourquoi, à ton avis ?

Avant, je ne pensais pas à l'avenir.

Tu étais juste heureux d'être en vie.

C'est ça.

Au début, il se sentait bien,

puis il y a eu une période où il ne pouvait pas manger.

Je lui ai dit : "Il faut que tu te lèves."

"Lève-toi et marche. Tu dois te remettre sur pied."

Tu ne peux pas rester au lit à dire : "J'y arrive pas."

"Je ne veux pas manger, je ne veux pas marcher."

"Debout !", j'ai dit.

"Il faut que tu marches."

Le voir en FaceTime, entendre comme il parlait

et comment il bougeait,

passer d'un athlète de haut niveau à ça…

C'était dur.

Je marchais avec un déambulateur,

pour faire travailler un peu le cœur.

Et après quelques jours, j'ai pu marcher

jusqu'à l'accueil.

Je suis sûr qu'on va bientôt vous libérer.

On sentait les progrès.

Même s'ils étaient minimes, ça ranimait la confiance.

Doucement.

C'était presque comme un match,

tant j'étais concentré sur ma convalescence.

C'était…

étrange.

Étrange d'être là et de traverser ça.

Mais d'une certaine façon,

j'ai intériorisé toutes les émotions,

jusqu'à ma sortie de l'hôpital.

BIENVENUE À LA MAISON PAPA

JE T'AIME PAPA

Elles étaient si mignonnes.

Elles étaient superbes.

Et là, toutes ces émotions,

le stress, la peur, et la tristesse, peut-être,

devaient ressortir.

J'ai joué trois minutes,

puis j'ai fait une pause de deux minutes.

Un pas à la fois.

Il fait beau à Cleveland.

Toute cette expérience a été bouleversante.

Je pleurais.

Je ne savais pas vraiment pourquoi.

Je pleurais…

plusieurs heures par jour.

Et quand on abat ce mur, c'est là qu'on…

on laisse tout sortir.

Les derniers neuf jours…

Tout un défi.

J'ai vécu des choses

que je n'aurais jamais pensé vivre de ma vie.

Mais là, c'est un bon défi

de voir

comment je vais revenir, à quel niveau.

On verra si je reprends le hockey ou pas, mais…

Ce sera un long processus, surtout les premières semaines.

Je ne sais pas

si c'est parce que je faisais un travail sur moi,

mais j'ai vite senti que j'avais de la chance.

Ça n'a pas été difficile du tout.

13e jour…

depuis l'opération.

L'examen d'hier à l'hôpital s'est très bien passé.

Tout avait l'air bien.

Il est temps de rentrer à New York pour la rééducation.

Et on verra combien de temps ça prend.

Ça été une expérience dingue, ça c'est sûr.

Parfois je regarde la cicatrice, et…

ce qui est arrivé est surréaliste, mais c'est arrivé.

Allons de l'avant.

T'en penses quoi ? Ça a été un bon voyage, non ?

De chouettes vacances en famille.

- Vraiment ? - Vraiment ?

D'accord.

Au revoir, Cleveland.

Ça a été bien.

Maintenant, le rétablissement.

Après l'opération, je vivais tellement dans le présent

que je n'ai pas trop pensé à ce qu'il y avait à faire,

ou à ce qui s'était passé.

J'étais juste là, et il y avait ce sentiment de calme…

Je veux recréer ça en permanence.

Ça fait bientôt deux semaines et demie.

C'est l'heure de mon entraînement quotidien.

Je marche dans l'appartement.

Ils m'ont dit qu'avant tout,

je devais revenir en tant qu'être humain,

pas en tant que joueur de hockey.

Je crois qu'une partie de moi disait :

"Ouais, d'accord.

"Mais je vais revenir en joueur de hockey."

Je ne peux pas trop utiliser mes bras.

Ma poitrine doit encore cicatriser pendant trois, quatre semaines.

J'aime les défis.

Mon but était d'essayer de revenir

et de voir si je pouvais jouer à un haut niveau.

J'essaie de rester positif et…

Oui. Je continue à marcher.

SCAN PRÉOPÉRATOIRE ANÉVRISME

La procédure consiste à ouvrir la poitrine

et à remplacer une partie de la valve.

Ils insèrent un tube qui remplace une partie de l'aorte.

SCAN POSTOPÉRATOIRE AORTE NEUVE - VALVE NEUVE

La préoccupation, évidemment,

quand on vous ouvre la poitrine, c'est le contact.

Il faut faire attention.

Interdiction de conduire,

et évidemment, d'être sur la glace,

après l'opération, à cause des contacts.

Je me suis renseigné à ce sujet,

et ils ont dit : "On va rajouter quelques plaques,

"donc ne vous inquiétez pas."

Il s'agissait de Henrik Lundqvist,

et il allait se retrouver avec des rondelles dans la poitrine.

Combien de plaques avez-vous mis ?

- Plusieurs ? - Trois.

- Ça m'a l'air bien. - Oui.

C'est solide.

Je ne crois pas que Therese était convaincue à 100 %

que je devrais reprendre le hockey.

Mais c'était mon but. Vraiment.

Après le choc initial,

ça fait du bien de sentir

que c'est à moi de faire le prochain pas.

Il n'en tient qu'à moi.

Chaque jour, je me sentais un peu mieux.

Les médecins disaient,

"Vous vous sentez comme ça ? Rajoutez ceci."

Après près de sept semaines,

j'ai senti que j'étais prêt à retourner sur la glace.

Ce fut une sensation incroyable.

D'enfiler mon équipement et d'être là…

Je n'arrivais pas à le croire.

Ce gars-là a subi une opération à cœur ouvert…

et 44 jours plus tard, il est de retour sur la glace,

comme si de rien n'était.

Qui est capable de ça ?

L'amour du hockey était tellement fort.

Je suis sur la glace, ici à New York.

J'ai patiné pendant un mois, je me sentais en forme.

Chaque jour, chaque semaine, je me sentais mieux et plus fort.

À ce moment, j'ai commencé à dire à Washington :

"Je vous rejoins, les gars, je reviens," et…

"Je vais le faire."

Et un jour,

j'ai ressenti une douleur intense à la poitrine,

à travers mon dos.

Comme si quelqu'un m'avait poignardé.

J'ai été malade pendant quatre ou cinq jours.

Peut-être un muscle froissé.

Comme ils m'avaient ouvert la poitrine,

j'ai cru que je m'étais étiré un muscle.

C'était la semaine même où je devais rejoindre Washington

pour revenir au jeu.

Et au même moment, j'avais un examen de suivi

de mon opération à Cleveland.

C'était le vendredi,

je partais à Cleveland pour mon examen.

Je suis rentré à New York faire mes bagages, et ce dimanche-là,

je partais à Washington.

Nous allons commencer l'embarquement.

Les passagers Comfort Plus sont invités à embarquer.

Je suis allé à Cleveland

pour faire des tests.

Et on m'a découvert une péricardite,

qui est une inflammation autour du cœur.

Je suis passé

d'aller à New York pour faire mes valises pour Washington

à être immobilisé pendant trois mois.

La péricardite est très symptomatique.

Le souci pour lui, c'est qu'en augmentant l'activité,

on peut irriter la région autour du cœur.

Cela déclenche la péricardite,

donc il fallait qu'il se détende et se calme.

On lui a conseillé de ralentir,

tout au plus d'accompagner les enfants à l'école…

CARDIOLOGUE

… pendant trois mois.

Ce n'est pas constant, c'est surtout quand je bouge,

je ressens parfois une pression ou…

Mais ce n'est pas constant, ça peut être léger, quand je bouge.

Puis, ça s'estompe, mais ça revient,

mais ce n'est pas tous les jours et ce n'est pas…

- Là, je ne ressens rien. - D'accord.

Pour les patients atteints de péricardite,

nous avons de nouvelles options.

Mais ce sont des molécules très sophistiquées

qui requièrent des injections.

Et c'est sur le long terme.

Les injections seraient hebdomadaires

pour au moins un an.

Et cela aurait, on l'espère, soigné sa pathologie,

tandis qu'il reprendrait son activité intense

pour lui permettre de rejouer une autre saison.

Mais vous devez accepter de vous injecter chaque semaine.

Et vous devez aussi accepter

que ça ne suffira peut-être pas à vous faire reprendre.

J'étais tellement en colère,

furieux,

déçu.

Je me sentais si mal.

Tant de choses

défilaient dans ma tête.

L'opération m'avait donné un plan.

Mais là, il n'y avait pas de plan.

J'étais…

un peu perdu.

J'ai décidé d'aller quelques jours au nord de New York

pour réfléchir à tout ça.

Une petite pause.

Le temps de me poser un peu.

Passer du temps ici sans être dérangé,

c'était essentiel pour…

pour mon cheminement.

Le plus difficile,

quand il faut prendre une décision,

c'est de savoir quelle est la bonne.

Au cours de ma carrière,

j'ai passé beaucoup de temps à analyser mon jeu.

Mais pas suffisamment à m'analyser moi-même.

Je sentais que je voulais changer

et ajuster ma vision des choses.

Quand je jouais, j'étais habitué à me concentrer,

à fixer un seul endroit.

Et au début, mes pensées s'éparpillaient,

il se passait des tas de choses.

Mais peu à peu,

tout s'est concentré en un point.

Et on ne réfléchit plus.

C'est un peu ce que je fais ici, je me recentre en…

en fixant un point,

ey tout le reste finit par s'estomper.

Le type qui a quitté Manhattan

était contrit,

déçu.

Et l'homme qui est revenu est

heureux, détendu, et en paix.

Il me fallait juste le temps de

refaire le plein d'énergie, je crois.

J'avais l'impression de me débarrasser de l'énergie négative.

Oui.

Et cette énergie négative

était liée aux attentes et à ce que tu avais imaginé,

et quand ça n'est pas arrivé, ça a fait beaucoup à gérer ?

Oui. Exactement.

C'est drôle la vie, parfois.

Vous savez, je me suis longtemps demandé

si je devais jouer ailleurs, si je devais…

porter un nouveau maillot,

et j'ai décidé de le faire et je me suis emballé, et puis…

le cœur a dit : "Non."

Deux fois.

M. HENRIK LUNDQVIST CLINIQUE DE CLEVELAND

J'ai vu les images et l'ampleur de l'inflammation.

Cette inflammation pouvait perdurer cinq mois

ou même des années.

C'est là que j'ai compris

que ça n'allait pas arriver.

OK, 17 août

2021.

L'heure de mon dernier entraînement.

J'ai décidé…

de ranger mes patins.

C'est trop… trop compliqué.

Avec l'inflammation et…

Oui, il est temps pour moi de faire autre chose.

On s'est bien amusés.

Un beau parcours.

Mais tournons la page.

J'ai donc pris la décision de prendre ma retraite.

C'est fini.

La rééducation ne s'est pas déroulée tel qu'on l'espérait,

donc on a tous dû se résoudre à ça.

Je le sentais en moi.

Il s'agit juste…

de l'intégrer et de se demander :

"Si ça arrivait à moi, comment je me sentirais ?"

"Quelles émotions ?"

Comme je l'ai dit, ça a été un parcours difficile.

Capitaine Erik.

Tout va bien ?

Pas mal. Ça va ?

Super.

L'été en Suède commence…

AMI

… quand Henrik et sa famille rentrent au bercail en Suède.

C'est un repère.

"OK, l'été est arrivé."

"Lundqvist est rentré."

Oui, je me sens déjà détendu.

Difficile de ne pas l'être, une journée comme ça.

On a beaucoup parlé de son corps.

Et en même temps, je lisais un livre,

quand tout ça s'est produit, écrit par un moine.

Il y a un passage

où il rendait hommage à son corps.

Et je me souviens qu'on en a parlé.

Le physique de Henrik lui a donné une carrière.

Au milieu de tout ça,

son corps lui a donné une petite tape sur l'épaule :

"Hé, j'ai besoin d'une pause."

"On a un problème dont tu dois

"t'occuper."

Il a dû changer d'objectif.

C'était nouveau.

Merci pour la balade.

Merci !

Tu veux du café ?

Avec plaisir.

Devoir abandonner quelque chose qu'on adore

pour le reste de sa vie…

Certains arrêtent par lassitude.

Ils en ont vraiment marre. Moi, j'adore toujours ça.

Donc il y a de la tristesse.

Quand je repense au Madison Square Garden

et à l'excitation que j'ai ressentie,

j'en suis très heureux,

mais quand je pense à ce qui m'attendait après ça…

Je pense que le but, c'est de

vivre une expérience différente,

mais ressentir de la joie.

Oh, les oiseaux sont déjà alignés sur un rocher.

En fait, la vie nous veut du bien.

Oui, et ça peut être difficile de s'en rendre compte.

T'es toujours là.

Toujours là, oui.

- Mais sans les patins. - Sans les patins.

Je pense que nos attentes, quand on a des attentes,

doivent être très spécifiques, et elles peuvent nous limiter.

Et c'est ce qui nous fait souffrir.

T'es pas d'accord ?

Oui. Je pense que c'est un problème…

Vers la fin, je pensais sans arrêt à la suite.

Plutôt que de vivre, j'ai essayé de…

tracer le chemin,

et ça a créé du stress

et des désillusions.

Je pense qu'on croit trop peu

au fait que nos pensées créent notre réalité.

Et on a beaucoup parlé,

par exemple, de choses comme : "Je veux mettre fin à ma carrière."

"Voilà ce que je veux…"

Mais quand la vie nous réserve autre chose,

alors c'est difficile d'accepter la réalité.

De par tout ce que j'ai traversé,

ce que j'ai appris…

J'ai vu la différence

entre un bon et un mauvais état d'esprit.

La différence de perspective…

Ça va me suivre pour le reste de mes jours.

C'est fou de penser que ce fut une bonne expérience,

mais ça l'a en quelque sorte été.

Il y a une voiture qui arrive ?

Oui, je peux appeler.

- Respiration profonde. - Respiration profonde.

Étire-toi.

Mon dos me fait mal. C'est parce que je prends ma retraite ?

SOIRÉE HENRIK LUNDQVIST

On s'apprête à retirer mon maillot au Garden.

UNE LÉGENDE DES RANGERS. UNE ICÔNE NEW YORKAISE.

Et c'était d'une vitesse…

ça venait vite.

Tant de choses qui m'arrivent.

C'est bon, les gars.

On y va !

C'est marrant, parfois quand le cirque est en ville,

ils gardent les animaux ici.

Il y a le cirque ici ?

Salut.

- Ça va ? - C'est le grand jour.

Joyeuse journée Henrik.

Oui, je vais me vanter de toute ta gloire.

Ça va aller, sur le tapis ?

Oui, on a répété.

Tu as répété, on t'a vu répéter.

Vous allez marcher main dans la main.

Vous saluerez les gens.

Peut-être saluer plus humblement.

Comme une reine, elles saluent comme ça.

Henrik ! Henrik ! Henrik !

C'est émouvant d'être dans les vestiaires

avec toute ma famille.

C'est la première fois qu'ils sont à New York ensemble

depuis longtemps.

Maman, papa, ma sœur, Joel.

S'ils t'acclament, tu sauras…

- Ils le feront. - Ça sera dur.

Ça sera dur, je sens déjà monter les larmes.

Garde des mouchoirs dans tes poches.

Et les légendes des Rangers sont là.

J'ai fait le tour juste pour visiter.

- Je me suis mis à pleurer ! - Oh, je sais.

Moi, ça fait des années.

Je n'ai pas pu en parler pendant dix ans sans m'émouvoir.

Dix ans, sérieusement.

Je veux ressentir quelque chose.

Tout à fait. C'est pour ça que tu as joué.

Y a-t-il un sentiment de fraternité entre ceux

dont le maillot a été retiré par l'organisation?

C'est comme le club des anciens présidents.

Hank, ce jeune Suédois qui débarque dans la LNH,

qui débarque en Amérique

pour être l'un des 11 joueurs dont on retire le maillot

dans un stade des plus célèbres.

Vous avez dit que ça vous semblait surréaliste,

mais le moment approchant,

comment vous sentez-vous ?

Je voulais être aussi présent que possible,

et aussi ouvert que possible quoi qu'il se produise.

Fans des Rangers !

C'est l'heure.

Ce soir, son numéro 30 sera hissé dans les gradins

et restera pour toujours

dans la plus célèbre arène du monde.

J'ai fermé les yeux,

inspiré profondément,

et j'ai pu tout entendre.

Je l'ai entendu présenter ma famille.

Ses parents, le père de Henrik, Peter et sa mère, Eva.

J'ai entendu la foule.

Henrik ! Henrik !

Dans un sens, ça m'a recentré.

Je vivais vraiment l'instant.

Je fermais les yeux.

Et j'écoutais.

Une légende des Rangers…

Une icône new yorkaise…

Le numéro 30 ! Henrik Lundqvist !

Au premier pas, mes genoux ont faibli.

Mon but ce soir-là était de tout absorber.

Je n'avais pas à jouer, juste à être moi-même

et à en profiter.

Vous m'avez manqué.

Vous m'avez manqué. Vraiment.

J'ai senti la connexion. Ils étaient…

Ils étaient là avec moi, et moi avec eux.

Ce fut une expérience incroyable

et ça m'a donné beaucoup de joie,

et ça a contribué à rendre mon aventure si unique.

Alors merci à tout le monde ici et partout à New York.

ROI

Et en repensant à mes années ici à New York,

à tout ce que j'ai vécu,

aux gens que j'ai rencontré et à ce que le hockey m'a apporté,

un sentiment me revient sans cesse,

la reconnaissance.

Je suis si reconnaissant

pour tout ce que cette organisation m'a apporté,

en me soutenant moi et ma famille.

LONGUE VIE AU ROI MERCI

Et Therese, je sais que ça été chaotique au fil des ans,

avec des hauts et des bas très difficiles,

mais j'ai retrouvé la parole à presque tous les petits déjeuners.

Vous savez, c'est…

C'est très excitant d'entamer un nouveau chapitre.

Et c'était…

C'était incroyable.

Cette expérience va rester avec moi pour le reste de mes jours.

Merci beaucoup.

Merci.

Ça me touche vraiment.

MERCI

Henrik ! Henrik ! Henrik !

MERCI Nº 30

RANGERS DE NEW YORK

C'était super de sentir ce soutien et cet amour

après tout ce qui est arrivé.

C'était bouleversant.

Comment décrire ça ?

Ça m'a apporté un tel

apaisement,

une telle chaleur.

Oui, je me sentais entier.

Félicitations, Henrik !

Et merci pour tout

ce que tu as donné à la ville de New York

et à l'organisation des Rangers !

Henrik ! Henrik ! Henrik !

De quoi demain sera-t-il fait ?

Demain…

On verra pour la journée, mais la fête, c'est ce soir.

On fête mon 40e anniversaire. Ça va être…

Ça va être amusant.

Une semaine entière de célébration.

Oui.

On peut le dire.

Si on repense à où tu étais il y a un an ou trois ans,

on se rend compte qu'il s'est passé beaucoup de choses.

Et les choses peuvent évoluer bien plus qu'on ne s'y attend.

Oui, je crois que c'est ça, la vie, non ?

À Therese, Charlise et Juli Lundqvist À mes parents Joel et Gabriella Lundqvist

Et à tous les fans qui m'ont soutenu pendant ma carrière.

- Henrik

Sous-titres : Martin Fournier

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