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Accueillons maintenant notre dipl�m� favori,
et le futur s�nateur de l'�tat de New York,
David Norris !
Merci. Merci.
Bonjour � tous.
Je m'appelle David Norris,
et j'aimerais devenir le s�nateur de l'�tat de New York.
Comment t'appelles-tu ?
Je ferai du porte � porte � Yonkers,
- et je gagnerai tous les votes. - On vous aime.
Le r�cent appui du syndicat des pompiers
sera b�n�fique � Norris,
qui poss�de d�j� six points d'avance sur son adversaire, Roger Linfield.
Chaque fois que je vous vois vous lever, sur la cha�ne C-Span,
j'ai l'impression que vous allez dire : "Trinquons !"
Mon cher d�put�, votre carri�re a d�but�
il y a huit ans d'une mani�re frappante.
UN NOUVEAU D�PUT� C�L�BRE SA VICTOIRE AVEC UNE BAGARRE DANS UN BAR
David Norris accus� de mauvaise conduite
Le d�put� mauvais gar�on de New York dans la course au S�nat
Depuis huit ans,
David Norris a repr�sent� Brooklyn, New York, ainsi que l'Am�rique.
Voici mon directeur de campagne, Charlie Traynor.
Voici les �lecteurs.
Tu as maintenant dix points d'avance.
Dix points ?
Y arriver ne sera pas facile.
La comp�tition est f�roce,
et on dit de moi que je suis trop jeune pour occuper ce poste.
- Rafle tout, mais ne prends rien pour acquis. - Compris.
Merci, Gary.
Mais �a ne fait rien, car ces m�mes gens disent
que les jeunes ne votent pas
et que les jeunes ne s'int�ressent pas � la politique.
Sachez une chose : vos choix d�termineront votre avenir. Pas les leurs.
J'avertis donc ces gens aujourd'hui,
car en novembre, ils sauront
que ce sont des jeunes comme vous qui leur ont bott� le derri�re.
Merci.
- Charlie. - Qu'est-ce qui se passe ?
La fin du d�put� au Congr�s de GQ ! LA V�RIT� TOUTE NUE SUR DAVID NORRIS
David Norris derri�re Une blague universitaire immortalis�e
- Oui ? - Tu as des suggestions ?
�a ne tardera pas.
Tiens-moi au courant.
Oui.
Jusqu'� tout r�cemment, David Norris �tait en avance dans les sondages.
Avec nous, Mary Matalin et James Carville. Mary, c'est toute une surprise.
SOIR�E DE L'�LECTION
Oui, en effet. Il �tait tr�s prometteur.
C'est une histoire poignante. Il a grandi � Brooklyn.
Il a surmont� la mort de sa famille. Il a perdu sa m�re et son fr�re � dix ans,
et son p�re avant d'entamer le secondaire. Il �tait vraiment tr�s prometteur.
Il est le plus jeune � avoir �t� �lu � la Chambre des repr�sentants.
En effet, il a �t� �lu � l'�ge de 24 ans,
mais il a �t� impliqu� dans une bagarre dans un bar le m�me jour.
J'ai trouv� �a plut�t original.
Puis, il y a cette photo du New York Post.
Je pense que tout �a �tait trop aux yeux des �lecteurs.
�a nous a permis de voir � quel point il est immature et impulsif.
Les gens veulent des adultes au Congr�s.
Messieurs, nous avons beaucoup de boulot.
Tout le monde est pr�t ?
Tu as l'air �puis�.
Quand tout sera termin�, tu devrais prendre des vacances.
Tu les as m�rit�es.
Je ne pense pas que des vacances peuvent vaincre ce type d'�puisement.
Tout le monde a besoin de vacances.
M�me nous.
Bon, remettons-le sur la bonne voie.
Mary, depuis la publication de cette photo il y a quelques semaines, ils ont pens� que...
Pourquoi regardes-tu encore CNN ?
Que ce n'�tait rien. Mais c'est tout le contraire.
Ce n'est pas encore fini. Allez.
Mets ta cravate et suis-moi.
On a les r�sultats pour le comt� de Suffolk.
Linfield, 415 120. Norris...
370 233.
Bon.
Je pensais qu'on allait rafler Suffolk.
On a aussi les r�sultats du comt� de Kings.
Eh bien...
Je n'ai pas gagn� dans Brooklyn.
�a va �tre un massacre.
NBC nous attend dans un instant.
- Je vais aller pr�parer mon discours. - David.
David. H� !
Je suis navr� de t'avoir fait perdre ton temps, Charlie.
NBC news pr�dit d�sormais la victoire de Roger Linfield.
Apr�s une tr�s faible participation dans le comt� de Suffolk
et dans celui de Kings o� il a grandi,
David Norris semble �tre en voie de perdre l'�lection de mani�re catastrophique.
All� ?
All� ?
J'ai grandi � Red Hook. Sans vouloir surprendre personne,
j'en suis quelquefois venu aux poings.
Ce qui compte, ce n'est pas perdre.
C'est ce qu'on fait en se relevant.
Mesdames et messieurs, je vous dis que je vais me relever.
Mais ce soir n'est pas mon soir.
Ce soir, nous sommes r�unis ici
pour souhaiter la bienvenue au nouveau s�nateur de l'�tat de New York,
Roger Linfield.
Merde !
Merde, merde, merde.
All� ?
- C'est la salle de bains des hommes. - Oui.
Je n'avais pas l'intention d'�couter en secret.
Je ne savais pas quoi faire.
J'ai entendu un : "All� ?"
J'aurais probablement d� r�pondre, mais �a aurait pu �tre �trange,
car c'est la salle de bains des hommes.
Puis, vous vous �tes mis � vous parler, et �a semblait �tre tr�s personnel.
Bref, je ne savais vraiment pas quoi faire,
et c'est devenu trop intense, alors je suis sortie.
Qu'est-ce que vous faites ici ?
Je...
Je me cache des gardiens de s�curit�.
Pourquoi ?
Je me suis pr�sent�e � un mariage ici sans invitation.
Les gens font encore �a ?
On m'a mise au d�fi de le faire.
Qui vous a dit de faire �a ?
Moi.
- J'ai d�j� fait la m�me chose. - Vraiment ?
Oui, quand j'�tais au secondaire.
J'ai d� passer la nuit en prison.
Il me semble que cela vous est arriv� � plus d'une reprise.
Vous �tes celui qui brigue le S�nat, n'est-ce pas ?
Oui, c'est bien moi.
� en croire votre discours, vous ne semblez pas gagner.
Non.
C'est dommage, car l'autre candidat est un idiot.
Il est effectivement un idiot.
J'aurais d� mettre l'accent sur cela pendant la campagne.
Je ne trouve pas que c'est grave de montrer son derri�re � ses amis.
The Post n'aurait pas d� publier la photo.
- Du moins, par sur une page compl�te. - Seigneur, non.
De toute votre campagne, ce moment-l� a �t� mon pr�f�r�.
Vraiment ? Vous auriez d� joindre mon �quipe il y a plusieurs mois.
J'aurais pu sonder l'opinion publique sur tout ce que vous vouliez dire.
Oh, vous aimez donc les politiciens ?
J'aime quand ils font des choses que je comprends.
- Comme baisser leur pantalon ? - J'adore �a.
Ce type de candidat ne se ferait m�me pas �lire � l'�cole.
Mon candidat saurait comment nouer une cravate.
Elle a une attache.
J'aurais tellement aim� �a.
�a aurait �t� mon second moment pr�f�r�.
Pouvez-vous encore gagner ?
Est-ce termin� ?
Il m'a massacr�.
Je suis navr�e.
La d�faite a ses avantages.
Comme quoi ?
En tant que politicien, on n'est jamais vraiment seul,
sauf quand on dort et quand on est � la salle de bains, habituellement.
C'est lassant.
Vraiment ?
Oui. Je pense que je devrais passer un peu de temps seul.
Je ne vous crois pas. Vous aimez tout cela.
Est-ce que je vous connais ?
J'aurais pu �tre plus convaincant, en effet.
D'accord.
Vous n'aurez pas � vous en inqui�ter jusqu'� la prochaine �lection.
�tes-vous sur la liste �lectorale ?
Vous trouvez que j'en ai l'air ?
Seigneur.
David.
D�sol�.
- D�sol�. - Il faut que j'y aille.
Pardon.
Attends.
- Pr�t pour ton discours ? - Attends.
H� !
H� !
Madame.
Je dois y aller.
- Madame ? - Voil�, c'est beaucoup mieux.
Elle tente de s'enfuir.
L'escalier sud-ouest.
Excusez-moi ? Madame.
C'�tait qui, elle ?
Aucune id�e.
Tu es pr�t ?
Oui, oui.
Bon, va faire ton discours. Allez.
Le d�put� au Congr�s David Norris.
J'ai grandi tout pr�s d'ici, � Red Hook.
- Brooklyn ! - Je t'aime, David !
Je t'aime plus !
Je vous aime, toutes les deux.
On avait un dicton dans mon quartier.
Si on se battait,
ce qui comptait n'�tait pas si on perdait,
mais ce qu'on faisait en se relevant.
Je suis ici devant vous ce soir pour vous dire que je vais me relever.
C'est des foutaises.
On n'avait pas ce dicton dans mon quartier.
C'est seulement une de ces phrases
qui s'est av�r�e accrocheuse au d�but,
alors on a continu� � l'utiliser, mais c'est n'importe quoi.
En 1998, GQ a publi� un article � mon sujet.
Il �tait intitul� : "Le plus jeune d�put� au Congr�s de l'histoire. "
Depuis, chaque article a tent� de savoir comment j'en suis arriv� ici si rapidement.
Un adjectif revenait toujours : "authentique".
Mais voici le probl�me.
Ceci n'est m�me pas ma cravate.
- Va chercher Jim. - Cette cravate a �t� choisie
par une �quipe de sp�cialistes � Tenafly, au New Jersey.
L'�quipe l'a choisie parmi plus de 56 autres cravates.
D'ailleurs, d'apr�s les donn�es, je devrais toujours porter
une cravate rouge ou bleue.
Une cravate jaune indiquerait que je prends la situation trop � la l�g�re
et que je peux baisser mon pantalon � tout instant.
Une cravate argent�e indiquerait que je veux renier mes origines.
Mes chaussures...
Vous savez, des chaussures bien astiqu�es
sont associ�es aux importants avocats et aux banquiers.
Pour obtenir le vote ouvrier, les chaussures doivent �tre un peu sales,
mais pas trop, sinon on perd le soutien des avocats et des banquiers.
Apr�s tout, c'est eux qui paient l'�quipe de sp�cialistes � Tenafly.
Quelle est donc la quantit� id�ale de salet� ?
On a en fait donn� 7 300 $ � un consultant...
C'�tait bien 7 300 $, Charlie ?
G�nial. Quel enfoir�.
Un consultant nous a dit, pour 7 300 $, que �a, c'est la quantit� id�ale de salet�.
Il doit renverser son caf� sur sa chemise avant 7 h 05.
Avant 7 h 05.
Je vais m'en assurer d�s qu'il entrera dans le parc.
Je n'en reviens pas que tu aies eu � t'occuper de lui pendant si longtemps.
... pour des technologies �conerg�tiques.
La RSR Capital Risque a annonc� hier
que l'ancien d�put� au Congr�s David Norris serait un associ� principal.
Le mois dernier, Norris a perdu la course au S�nat.
D'aucuns ont per�u dans son discours de concession l'�tincelle
qui ferait de lui le candidat � surveiller lors de la course au S�nat en 2010.
La RSR a �t� fond�e par le banquier d'affaires Charles Traynor.
La soci�t� de capital de risque est l'une des plus importantes au pays.
Traynor, l'ami d'enfance de Norris, a aussi �t� son directeur de campagne.
- H� ! - Salut.
Tom Frankel du Journal va t'appeler.
Je lui ai donn� ton num�ro.
Donne-lui le 3-2-2-7. Je ne suis pas encore habitu� � ce t�l�phone.
Impossible. Il va te parler de ton r�le chez RSR.
Les appels se font avec un BlackBerry de la soci�t�.
- Vraiment ? - Sarbanes-Oxley.
Tu as vot� pour cette loi, vieux. Tu l'as m�me commandit�e.
Oui, je m'en souviens.
Je viens de te voir � la t�l�.
- Vraiment ? - Oui.
Qu'est-ce qu'on dit sur moi ?
Que tu es chauve.
G�nial.
C'�tait bizarre, car c'est une �mission financi�re.
Ils �taient vraiment fascin�s par ta t�te d�garnie.
Je dois te laisser, petit emmerdeur.
Salut.
Monsieur le d�put�.
J'ai vraiment admir� ce que vous avez fait le mois dernier.
Merci du fond du c�ur.
Les politiciens devraient vous imiter.
Merci, mais j'ai pris ma retraite.
J'ai d� chercher un vrai emploi.
- Vous r�ussirez bien. - Merci.
H� !
Quelqu'un essaie de vous rattraper.
Il y a un autre M6 juste derri�re.
H� !
Incroyable.
D�sol�e.
Oh, mon Dieu.
On se conna�t ?
Vous me dites quelque chose.
- La salle de bains au Waldorf. - Bingo.
Regardiez-vous mes jambes pendant que je dormais ?
Je ne pouvais rien contre votre robe courte.
C'est une jupe.
C'est une ceinture.
Pourquoi portez-vous des losanges ?
Pourquoi portez-vous d'ennuyantes teintes de bleu ?
Mes v�tements sont agenc�s.
C'est une d�cision de votre �quipe ?
Non. Je n'ai plus d'�quipe.
Je choisis tout moi-m�me.
J'ai entendu votre discours.
Oui, le discours.
J'ai d� �tre inspir� par quelque chose.
G�nial, comme sonnerie.
C'est pour rendre l'instant plus intense.
Super sonnerie, connard.
All� ? All� ?
�a ne fonctionne m�me pas.
�a pourrait sonner plus fort ?
- C'est au maximum ? - C'est un nouveau t�l�phone.
Allez-vous vous pr�senter de nouveau ?
Je ne sais pas. Je commence un nouvel emploi aujourd'hui.
Vous devez absolument vous repr�senter.
Sinon, le pays sera men� par des idiots comme Linfield.
C'est d�j� un peu le cas.
Merde.
D�sol�. Je ne sais pas ce qui s'est pass�.
Est-ce que �a va ?
Je vais bien. Donnez-moi cela.
- Vous �tes s�r que �a va ? - Oui.
- Je vais payer pour le nettoyeur. - Non, �a va.
Je vous assure.
Sept dollars feront probablement l'affaire.
Gardez-les. Vous en aurez s�rement besoin.
� bien y penser, voil�.
Laissez-moi votre num�ro. Je viendrai chercher votre jupe.
Oh, regardez-moi �a.
C'est tr�s gentil.
Merde.
Si j'en reverse un peu sur vous, on sera quittes.
- Mauvaise id�e. - C'est une excellente id�e.
Un peu, pour �tre quittes.
En fait, vous �tes folle. Tout s'explique maintenant.
Bon, attendez. Seigneur.
Il n'est pas l�. Je sais, je suis navr�e.
- C'�tait qui ? - Peu importe.
- Ce sera... Pourriez-vous... - Non.
Bon, c'est comme au primaire. G�nial.
Il est persistant, ce petit emmerdeur.
Je suis d�sol�e. Je ne sais pas ce qui s'est pass�.
Bon.
- C'�tait un nouveau t�l�phone. - Essuyons-le.
En passant, je m'appelle Elise.
Je m'en souviendrai.
- Voil� mon num�ro. - G�nial. Merci.
Je vous appellerai.
Le matin apr�s l'�lection, j'ai pens� � vous en me r�veillant.
Salut, vieux. �a va ?
Devine qui je viens de voir par hasard.
- Qui ? - La fille de la soir�e de l'�lection.
- Celle du baiser ? - C'�tait son baiser.
Tu maintiens cette version ?
- C'est la v�rit�. - Peu importe.
Ils vous attendent dans la salle de r�union.
Qui l'aurait cru ? C'est incroyable.
C'est g�nial, mais n'�coute plus ses conseils de discours.
�a ne fonctionnerait pas une seconde fois.
Tu es jaloux, car c'�tait le meilleur discours de ma vie,
et que tu ne l'as pas �crit.
En passant, je risque de voter contre tes panneaux solaires.
Pourquoi ?
La technologie n'est pas au point,
et les co�ts sont trop �lev�s.
Oui, ils sont trop �lev�s.
Mais la soci�t� se doit de participer � ce genre de projets.
Convaincs-moi pendant la r�union.
Je le ferai. � plus tard, vieux.
Salut, Janet.
RSR CAPITAL RISQUE
Salut, Susan.
On a l'approbation pour un r��talonnage dans l'affaire Lasalle.
Deux minutes.
H� !
Qu'est-ce que vous faites ?
Attrapez-le.
Janet, appelez le 9-1-1 ! Le 9-1-1 !
Vous ne pouvez pas vous enfuir, David.
David, vous devriez m'�couter un peu.
Bon, je m'en occupe.
David,
vous compliquez les choses.
Allez-y doucement, les gars. Doucement.
Doucement.
Tout va bien, David.
Non. Non, monsieur.
C'est r�gl�.
Oui, monsieur. On s'en est occup�.
Oui, monsieur. Non, monsieur.
Non, monsieur. Oui, monsieur.
Je comprends. J'y veillerai.
C'est un vrai merdier.
- C'�tait Donaldson ? - Oui.
Qu'est-ce que tu veux faire ?
Le red�marrer. Il nous faut une mallette.
On aura besoin d'une autorisation �crite du grand patron.
- Appelle le service juridique. - On a la r�ponse.
Le grand patron a refus� la demande de red�marrage.
C'est ta faute. Tu n'auras pas de mallette.
H� !
- Que puis-je faire ? - H� !
Dis-lui des mensonges.
Des mensonges, � lui ?
H� ! Qu'est-ce qui se passe ici ?
Regarde �a.
Il va se poser des questions jusqu'� sa mort.
Il n'arr�tera pas de chercher des r�ponses. Il n'abandonnera jamais.
On devra le surveiller,
sans arr�t, pour s'assurer qu'il ne dise rien.
Un effet ondulatoire � l'infini.
Souviens-toi de l'affaire Torres, il y a 40 ans.
Ce n'est pas aussi grave, n'est-ce pas ?
Au bout du compte, ils lui ont tout dit.
Tout ?
Je ne pense pas que tu aies le choix.
Mais qui �tes-vous donc ?
Nous
sommes ceux qui font en sorte que tout se d�roule selon le plan.
Je m'appelle Richardson.
Vous croyiez me surprendre ?
Je peux lire vos pens�es.
Oh, vraiment ?
Choisissez une couleur.
Bleu.
Un chiffre. Dix-sept.
Pourquoi songez-vous encore � vous enfuir ?
Je ne sais pas ce qui se passe ici.
Vous avez vu quelque chose qui devait rester secret.
Ce doit �tre bouleversant.
Ce n'est pas votre faute.
Votre voie dans le monde �tait cens�e �tre ajust�e ce matin.
Vous �tiez cens� renverser votre caf� en entrant dans le parc.
Vous seriez rentr� vous changer. Vous auriez manqu� l'autobus.
Vous seriez arriv� au travail dix minutes plus tard,
et on aurait d�j� �t� partis.
J'�tais cens� renverser mon caf� ?
On appelle cela un ajustement.
Lorsque des gens renversent leur caf�, perdent leur connexion Internet
ou �garent leurs cl�s, ils pensent � une co�ncidence.
Parfois, c'est le cas.
Parfois, c'est nous.
On les remet doucement sur le droit chemin.
Dans les cas plus graves,
la direction autorise un r��talonnage.
L'�quipe d'intervention est alors d�ploy�e
et elle s'occupe de modifier l'esprit, comme elle l'a fait avec votre ami Charlie.
� ce propos, il va bien. Ne vous en faites pas pour lui.
Maintenant...
Pour que je puisse vous laisser partir, vous devez comprendre quelque chose.
D'accord.
Tr�s peu ont vu ce que vous venez de voir,
et nous voulons que �a reste ainsi.
Si vous r�v�lez notre existence � quiconque,
nous effacerons votre cerveau.
L'�quipe d'intervention vous red�marrera.
Elle supprimera vos �motions, vos souvenirs et votre personnalit�.
Vos amis et votre famille vous croiront fou.
Vous ne pourrez plus rien penser.
Vous comprenez ?
Pas un seul mot � notre sujet.
Bon.
Une derni�re chose. Vous avez rencontr� une femme dans le bus ce matin.
Elise ?
Qu'est-ce qu'elle vient faire dans tout �a ?
Vous �tiez cens� ne jamais la revoir.
Pourquoi donc ?
Parce que c'est important.
- Il est dans son portefeuille. - H� ! Mon Dieu ! H� !
C'est quoi, votre probl�me ? Seigneur !
Allez. Non ! Non !
Qu'est-ce qui vous prend ?
Vraiment ?
Qu'est-ce qui vous prend ?
Bon.
- C'est bon. - Raccompagnez-le.
- Je vous souhaite une bonne journ�e. - Je peux marcher. Je sais marcher.
Mais qu'est-ce que tu fais par terre ?
Je t'ai appel� plusieurs fois. Tu aurais pu r�pondre.
Je l'ai trouv�, Christine. Il est dans mon bureau.
Qu'est-ce que tu fous ?
Appelle tout le monde. On va commencer la r�union.
As-tu mal � la t�te ?
Qu'est-ce qui ne va pas ?
On est dans la salle de r�union au 17e. Allez.
Bonjour, monsieur le d�put�.
Tu es s�r que �a va ?
Oui. Et toi ?
Je vais bien. Pourquoi ?
Tu n'as vraiment pas mal � la t�te ?
Je me sens vraiment bien, vieux.
C'est vraiment une conversation �trange.
� propos des panneaux solaires de David, notre expert doute
de l'efficacit� qu'on nous vante.
La performance doit �tre vingt fois sup�rieure
� ce prix pour vraiment changer la donne.
Vous �tes contre de toute fa�on, Charlie. Avec ces donn�es...
Attendez un peu. Je sais que c'est risqu�,
mais notre soci�t� se doit de participer � ce genre de projets.
Je suis pr�t � investir dans quelque chose qui pourrait changer le monde.
De plus, �a pourrait �tre tr�s lucratif.
David ?
Oui, c'est pourquoi j'ai accept� ce poste.
Parfait.
Faisons-le, alors.
Viens dans mon bureau.
Quelque chose ne va pas.
Plus t�t, tu as revu par miracle la femme de tes r�ves.
Dis-moi pourquoi tu n'es pas en train de sauter de joie.
J'ai perdu son num�ro.
Quoi ?
La fille de l'autobus.
J'ai perdu son num�ro, et tout ce que j'ai, c'est son pr�nom,
alors je ne la reverrai plus jamais.
Je suis navr�.
Oh ! Je suis vraiment navr�.
Votre vie est compl�tement boulevers�e, et vous pensez � une femme.
M�me si vous vous souveniez du num�ro, vous ne la retrouveriez jamais.
Un t�l�phone perdu, un changement de num�ro.
Tout pour contenir les ondulations le plus possible.
Au fait, je m'appelle Harry.
Les ondulations ?
Vous figez les gens. Vous avez fig� mon ami.
On a besoin d'une autorisation sp�ciale.
Vous entrez dans le cerveau des gens.
- Ils pensent ce que vous voulez. - Calmez-vous, David.
- Qu'est-ce que je vous sers ? - De l'eau, s'il vous pla�t.
Votre ami se portera bien.
Un r��talonnage modifie tr�s peu la fa�on de raisonner des gens.
Il n'affecte pas les �motions ou la personnalit�.
Ce serait trop invasif.
Vous avez parl� d'autorisation. L'autorisation de qui ?
Du grand patron.
Le grand patron ?
Ce n'est qu'un qualificatif qu'on utilise.
Il y en a beaucoup d'autres.
On ne peut pas discuter ici.
Soyez sur le traversier de 16 h, et je r�pondrai � vos questions.
Si vous r�v�lez notre existence, m�me sans le savoir...
Je sais. Vous allez me frapper � la t�te.
Richardson a le pouvoir de vous red�marrer.
Vous voulez dire, me lobotomiser ?
Ne l'oubliez pas.
Sur le traversier, � 16 h.
Posez vos questions. Je r�pondrai � celles que je peux.
Qu'est-ce qu'ils ont fait � Charlie ?
Ils ont chang� sa fa�on de g�rer les risques d'investissement
afin de modifier subtilement la direction de l'entreprise pour satisfaire le patron.
Richardson pouvait lire mes pens�es ?
Richardson voulait vous intimider.
Non, il savait le chiffre et la couleur auxquels je pensais.
Parce qu'il a choisi la r�ponse.
"Choisissez une couleur et un chiffre."
On ne peut lire les esprits ou entendre les pens�es.
Lorsque vous prenez une d�cision, votre esprit p�se le pour et le contre.
On per�oit tout cela.
On sait si vous allez d�vier de la trajectoire du plan.
On peut ressentir quand cela se produira si nous sommes assez pr�s de vous.
Notre r�le est de vous faire suivre le plan. Nous ne pouvons rien faire d'autre.
�tes-vous autoris� � me dire tout cela ? Est-ce qu'on me suit en ce moment ?
Nous surveillons le monde entier,
mais nous n'avons pas les effectifs pour surveiller tout le monde constamment.
De plus, l'eau poss�de une �trange propri�t�.
Elle bloque notre capacit� � lire votre arbre de d�cision.
�tes-vous un ange ?
On nous a d�j� appel�s ainsi.
On est plut�t des officiers traitants
qui vivent beaucoup plus longtemps que les humains.
Pourquoi m'aidez-vous ?
J'ai mes raisons.
Pourquoi m'emp�chent-ils de voir Elise ?
Tout ce que je sais, c'est que les ressources consacr�es
� vous garder s�par�s sont plut�t impressionnantes.
Vous voulez la retrouver, n'est-ce pas ?
Vous ne r�ussirez pas.
Ils s'en assureront.
M�me s'ils n'essayaient pas de vous en emp�cher,
il y a neuf millions d'habitants dans cette ville.
Vous ne la retrouverez jamais.
Oubliez-la.
Allez faire votre vie.
TROIS ANS PLUS TARD
Arr�tez ! Arr�tez l'autobus !
Elise ? Bonjour, Elise.
David.
J'ai pris le M6 pendant trois ans pour me rendre au travail.
J'esp�rais vous revoir.
Est-ce qu'on pourrait aller discuter quelque part ?
Vous ne devez pas aller travailler ?
Je suis maintenant malade.
"Trois ans sans vous. Vous me rendez malade."
Il y a de meilleures fa�ons de m'aborder.
- Que regardez-vous ? - Je pensais qu'on nous �piait.
Salut, Charlie. Je vais devoir laisser tomber le d�jeuner
et repousser mon discours, car je suis avec Elise.
Vous venez de couper votre ami.
On est des amis d'enfance.
- Quel discours ? - Peu importe.
- Vous voulez marcher ? - Non.
On a plein de choses � se dire.
N'annulez pas votre discours.
Et si je ne vous appr�ciais pas ?
Je suis pr�t � courir le risque.
Mon num�ro est le m�me. Appelez-moi comme vous ne l'avez pas fait.
Si vous acceptez de marcher un peu, je vais tout vous expliquer.
Et si je m'�tais fait un petit ami, apr�s toutes ces ann�es ?
Avez-vous un petit ami ?
- �a changerait quelque chose ? - Oui.
Vous n'avez donc aucune conviction.
D'accord. �a ne changerait rien.
�a ne vous d�rangerait pas que je brise un m�nage.
Monsieur le d�put� !
�a va ? Je suis de Red Hook. Vous �tes g�nial.
Merci. Merci beaucoup.
Si vous �tiez mari�e, �a me d�rangerait.
Vous ne dites que ce que je veux entendre.
Je suis c�libataire.
Donnez-moi maintenant votre excuse minable.
Je n'avais pas votre num�ro.
Je vous l'ai donn�, dans l'autobus.
J'ai �t� victime d'un vol. On me l'a pris.
Je ne vous crois pas.
- On a pris mon portefeuille. - Sans blague.
Pourquoi me serais-je pris d'affection pour vous sans vous appeler ?
Je ne sais pas ! Vous aviez une petite amie et des remords.
Je vous jure que je n'avais pas votre num�ro.
D'accord.
Sur la tombe de mes parents.
- C'est fort. - Trop fort, je sais, mais c'est la v�rit�.
Je n'avais pas votre num�ro.
Je n'avais pas non plus votre nom de famille.
Si on tape "Elise" dans Google,
- on obtient 757 000 r�sultats. - Je n'y crois pas.
Aucun r�sultat ne vous correspond.
- Il y a un probl�me. - Lequel ?
David Norris a d�vi� du plan.
Merde. Comme l'a-t-il retrouv�e ?
Par hasard. Comme �a, dans la rue.
Ils n'auraient jamais d� se rencontrer du tout.
On a suivi les instructions � la lettre.
Il a pris le m�me autobus pendant trois ans.
Qui fait �a, vraiment ?
Trois ans plus tard, je nettoie toujours tes d�g�ts.
Coupons le courant de son studio de danse.
Je suis une danseuse.
Pas ce genre-l�, esp�ce de pervers. Je suis dans une troupe de ballet.
Je pense que tu te trompes � mon sujet.
Je pense que c'est ce qui t'es venu � l'esprit.
Tu devrais m'inviter � l'une de tes performances.
La troupe s'appelle Cedar Lake,
et il y aura une repr�sentation demain soir, si �a t'int�resse.
- C'est une invitation ? - C'est une information.
On s'occupe du directeur artistique de la fille ainsi que de Charlie Traynor.
Tout sera r�gl� dans une heure.
Bonjour. �a va ? C'est Paul, n'est-ce pas ?
- Comment le saviez-vous ? - Je suis politicien.
Son arbre de d�cision d�vie de notre mod�le.
- Ce sera pour vous deux ? - Oui.
Trente-six heures sans contact et elle ne voudra plus le voir.
Regarde son dossier.
Elle ne l'accepterait pas.
Quelque chose cloche. Je vois d�j� des points d'inflexion.
- Tu vas bien ? - Oui.
On essaie de faire changer l'endroit de sa r�p�tition.
Il faut avoir le bon corps.
Avoir des hanches et des �paules souples, et un long cou.
- Tu n'avais pas tout �a ? - Oui, j'ai �t� chanceuse.
Mais apr�s 15 ans de pr�cision et d'entra�nement...
Tout va bien ici ?
Oui. Merci.
C'est bon, merci.
J'ai donc voulu essayer quelque chose par moi-m�me.
Un style plus libre et plus humain.
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Jette un coup d'�il.
Qu'est-ce que c'est ?
S'ils s'embrassent.
Un baiser ? C'est tout ce que �a prend ?
Un vrai baiser.
S'il a lieu, tous les ajustements assez forts pour les s�parer
causeront des ondulations trop fortes pour toi.
Je pense que tout ce qu'on peut vivre
devrait se refl�ter dans notre fa�on de danser.
Ce n'est pas le cas de ma fa�on de danser.
C'est dommage.
D�sol� de t'interrompre, David.
- Salut. - Ravi de vous revoir, Elise.
- Comment m'as-tu retrouv� ? - Peu importe.
Beau boulot.
Des tas de gens attendent ton discours d'annonce
au pont de Brooklyn en ce moment.
Tu vas l'annoncer aujourd'hui ? Tu dois y aller.
Je t'ai dit que je n'allais pas te perdre de vue.
- De quoi parles-tu, David ? - Tu veux venir ?
- Tu veux venir me voir ? - Je ne peux pas. J'ai ma r�p�tition.
On vient de me dire que le lieu de r�p�tition
est maintenant au quai 17, � c�t� du pont.
Pourquoi ne pas le repousser ? On le fera une autre fois.
- David, tu ne peux pas faire �a. - Merci.
- Tu dois y aller. - L'addition.
David, elle va r�p�ter tout pr�s.
Tu y seras en trois minutes apr�s le discours.
- D'accord. - Viens quand tu auras termin�.
Gardez la monnaie. Merci.
Faites en sorte que l'assistant de Charlie l'appelle maintenant.
Tu ne veux pas que je te d�pose ?
Non. Je dois passer chez moi me changer.
En plus, tu es tellement en retard que ton ami va pleurer.
Oui, je suis avec lui. On arrive.
Oui, je sais.
Le quai 17 pour la r�p�tition �tait un coup de g�nie.
Il y a encore des risques.
Viens quand tu auras termin�.
La t�l� est l�. TU ES O� ?
- David. - D'accord.
D�sol�. L'�quipe de t�l�vision est l�. On doit y aller.
Tout va bien.
Peu importe ce qui arrivera, je ne te perdrai pas une deuxi�me fois.
D'accord.
On se voit bient�t.
Bonjour, comment �a va ?
Merci. Je vous en suis reconnaissant.
Comment allez-vous ?
Merci. C'est un plaisir de vous voir aussi.
Merci.
Je dois avouer que c'est bon d'�tre de retour � Brooklyn.
Vous vous �tes demand�...
La r�p�tition aura de nouveau lieu � Cedar Lake.
- ... si j'allais... - Parfait.
... briguer un si�ge au S�nat dans l'�tat de New York.
Je suis ici pour mettre un terme aux conjectures
et vous dire, sans �quivoque,
que j'entre dans la course au S�nat pour l'�tat de New York.
QUAI 17
R�p�tition de nouveau � Cedar Lake PAS au quai 17
Merde.
N'oublie pas les banques apr�s le Daily Show demain.
Est-ce que tu m'�coutes ?
David ?
Je n'y arriverai donc jamais.
D'accord. Je dois me rendre au quai 17.
Donne l'entrevue et tu feras ce que tu veux apr�s.
Occupe-toi-en. Je parlerai aux gens plus tard.
- Ce doit �tre aux nouvelles du soir. - Je dois aller voir Elise.
Chaque fois qu'on y est presque, tu fais tout �chouer.
Cette fois, c'est diff�rent.
- Ville, s'il vous pla�t. - Manhattan.
- Quel endroit ? - Cedar Lake. C'est une troupe de danse.
Gardez la ligne.
L'appel a �chou� Recherche de signal
Il va demander au pr�pos� s'il peut utiliser le t�l�phone.
J'ai d�j� coup� la ligne terrestre.
Pardon, puis-je utiliser votre t�l�phone ? C'est une urgence.
Il y a un restaurant l�-bas.
Tout est coup� dans un rayon de trois rues.
Ce gars est un emmerdeur.
Allons lui parler.
Il y a tant de femmes dans le monde.
On vous a dit que celle-l� �tait intouchable.
�a fait longtemps. J'ai d� oublier.
�a ne change rien.
On s'est crois�s trois fois.
Ce n'est pas � cause de nous. C'�tait des co�ncidences.
Pourquoi vouloir nous s�parer ?
C'est le plan qui le dit.
Dans ce cas, vous avez mal lu le plan.
Entre vous et Elise, le plan est parfaitement clair.
Le plan contient une erreur.
- Savez-vous qui l'a �crit ? - Non.
Vous devriez �tre plus respectueux envers son auteur.
Si on ne peut pas �tre ensemble, pourquoi je me sens comme �a ?
Peu importe comment vous vous sentez.
Ce qui compte, c'est ce qui est �crit.
Vous ne savez pas pourquoi on ne peut pas �tre ensemble.
C'est pour cela que vous ne me dites rien. Vous ne le savez pas.
Pour qui se prend-il ?
Votre attention, s'il vous pla�t.
Navr� de vous d�ranger. C'est une urgence.
Quelqu'un a-t-il d�j� vu une performance de la troupe de ballet Cedar Lake ?
La troupe de ballet Cedar Lake ?
Oui, moi.
O� se trouve-t-elle ?
L'enfoir�.
H� ! Taxi. H� !
Taxi ! H� !
Taxi !
Tu devrais peut-�tre prendre le m�tro.
Ces taxis que vous d�routez ont aussi leurs plans, non ?
Combien de temps tiendrez-vous ? Vingt minutes ? Une heure ?
Les ondulations sont s�rement d�cha�n�es.
Peu importe les obstacles, je n'abandonnerai pas.
H� ! H� ! H� !
Taxi !
H� !
Est-ce que �a va ?
- �a va ? - Qu'est-ce qui s'est pass� ?
Vous avez �t� frapp�. �a va ?
- Je pense bien. - Ne bougez pas.
�tes-vous bless� ?
Bonjour, j'ai �t� t�moin d'un accident
� l'intersection de Water et Dover Street.
Vous �tes malheureusement le seul t�moin.
- Je vous l'ai d�j� dit trois fois. - Il me faut plus de d�tails.
Je comprends.
Vous n'�tes pas policier. Vous �tes l'un d'eux.
- Calmez-vous. - D'accord.
Quelqu'un aurait pu y rester.
Monsieur, calmez-vous.
Bonjour, sergent.
Je sais que vous avez besoin de ma d�claration,
mais peut-on faire tout cela par t�l�phone ?
Oui monsieur. On sait o� vous joindre.
Merci. Est-ce que cet homme est sous votre commandement ?
Oubliez �a. Merci.
H� ! H� ! H� !
�a vous dirait, 100 $ vite gagn�s ?
Vous allez devoir br�ler quelques feux rouges.
� l'intersection de la 26e et de la 10e. La troupe de ballet Cedar Lake.
Continuez.
Attention !
Fais attention.
C'est ce qui va se produire. Ne vous arr�tez pas.
Le salaud !
- Cr�e un bouchon sur Broadway. - Les ondulations.
Il va �tre hors de port�e.
Je ne sais plus quoi faire. Tu vas atteindre ta limite.
H� !
Pardon.
Deux plus loin. Deux plus loin.
Oh, merde !
La prochaine.
Je d�teste le centre-ville.
D�sol�.
Je vois des points d'inflexion.
S'il la voit danser, tu auras atteint ta limite d'ondulations.
Quoi ? Bon, bloque la porte.
Il est d�j� � l'int�rieur.
Pas celle-l�, l'autre.
Pardon.
David Norris. Je suis venu voir Elise.
Je les bloque toutes.
Chapeau ! Ton chapeau !
- Elle est ici ? - Oui, dans le studio.
C'est trop tard. Il l'a d�j� vue.
Tu as atteint ta limite d'ondulations.
Vous pouvez c�l�brer, mais ce qui vous attend sera pire.
C'est Donaldson.
Il n'a aucune id�e � quoi il se mesure.
Allons nous promener.
L'intense chimie qui les lie ensemble,
les incessants points d'inflexion,
les impr�visibles d�nouements, vos efforts pour les s�parer.
Tout cela en vain, car le hasard les rapproche toujours.
Oui, il y a un peu trop de co�ncidences.
J'ai donc demand� � Burdensky de mener une enqu�te.
�tes-vous d�j� venu ici ?
Bien s�r que non.
David Norris et Elise Sellas semblent devoir �tre ensemble,
car ils devaient �tre ensemble.
Attendez. Quoi ?
Ils devaient �tre ensemble quand il est n�, dans les ann�es 70,
ainsi que dans les ann�es 80 et 90.
C'est en 2005 que le plan a chang�,
et qu'elle �tait cens�e rester avec Adrian.
Le probl�me, c'est qu'il reste des fragments de ces anciens plans,
qui les rapprochent constamment.
Ils sentent qu'ils doivent �tre ensemble m�me si ce n'est pas le cas,
et nous nous appr�tons � les s�parer de nouveau.
On peut passer une carri�re enti�re
� esp�rer qu'un jour, une affaire incroyable se pointera.
Une affaire en or qui peut vraiment rehausser une r�putation.
Puis, quand enfin elle se pr�sente,
elle contient un pi�ge.
Quoi ?
Je veux dire que ce n'�tait pas ta faute.
Ils devaient �tre ensemble.
Quoi ?
Devaient. Dans une version ant�rieure du plan.
En fait, dans une douzaine d'autres versions.
Je me suis toujours demand� d'o� venait notre malchance.
Pourquoi elle �tait dans cet autobus-l�, ce jour-l�.
Comment un plan peut-il changer ainsi ?
Je ne sais pas.
Je ne suis pas assez haut plac�.
On va donc s'en occuper nous-m�mes.
C'est excitant. Comme dans le temps.
On ne s'en occupera pas nous-m�mes.
Je n'ai pas atteint ce poste en prenant des risques stupides.
Que va-t-on faire, alors ?
On va porter l'affaire en haute instance
et la donner � quelqu'un qui peut nettoyer ce merdier
sans trop de difficult�s.
On va contacter Thompson.
Thompson ?
Quand il �tait sur le terrain, son surnom �tait...
"Le Marteau", en effet.
Il assommera cette romance d'un coup de poignet,
et ils les ram�nera dans le plan.
Je veux aller dans un club.
Pourquoi veux-tu g�cher une journ�e g�niale ?
- Allez. - Non, je ne sais pas danser.
Tout le monde peut danser. Tu n'as qu'� ressentir la musique.
On m'a dit que j'ai de la difficult� � ressentir les choses.
Qui t'a dit �a ?
Un nombre impressionnant de femmes.
C'est d�go�tant.
Je sais ce qu'on va faire.
Une course jusqu'au lampadaire.
Si tu gagnes, je danserai pour toi.
Si je gagne, tu danseras pour moi.
Sur le poteau ?
Oui, si tu veux.
C'est du s�rieux. Quelles sont les r�gles ?
Il n'y en a pas.
Petit salaud ! Oh, mon Dieu !
Tu pensais m'avoir avec ces souliers ?
Bon, �a va. Je ne peux pas.
Je ne peux pas courir avec �a sans me tordre une cheville.
Je pensais qu'il n'y avait pas de r�gles.
Tu as dit que tu ne ressentais pas les choses.
G�nial.
H� ! David.
- Tu es plus mignon en personne. - H� ! C'est David Norris.
Salut, �a va ?
Comment aimes-tu ta cravate ?
- H� ! David Norris ! - Salut.
Je devrais peut-�tre mettre mon smoking.
Vraiment pas. Tu es parfait comme �a.
Je n'aurais pas d� revenir sans mes danseurs.
- J'ai vot� pour toi. - Comment allez-vous ?
Norris, tu es une vedette !
Tu as grandi ici ?
Oui, un peu plus loin, sur Pioneer Street.
J'ai pass� mon enfance ici.
Quel genre d'enfant �tais-tu ?
Jusqu'en sixi�me ann�e, j'�tais toujours chez le directeur.
C'�tait quand ma m�re et mon fr�re sont morts,
� moins d'un mois d'intervalle.
- Je suis navr�e. - Non, �a va.
L'histoire que je raconte toujours, de l'inspiration de me lancer en politique
venant du fait que mon p�re m'a emmen� voir la tribune des s�nateurs, est vraie.
Mais ce que je ne raconte pas,
c'est qu'il a fait �a juste apr�s leur mort.
C'�tait le pire moment de ma vie.
Il voulait me faire changer d'air,
alors il a organis� une vir�e � D.C., car J.F.K. �tait son idole.
On s'est assis dans la tribune.
Je me souviens l'avoir regard� les regarder.
J'ai alors su qui je voulais devenir.
J'aimerais qu'ils puissent voir tout �a.
J'�tais...
Je n'avais pas pr�vu te dire tant de choses.
David ?
David ?
- All� ? - C'est Adrian.
Salut.
Que fais-tu ? Pourquoi m'appelles-tu ?
Salut.
Non, j'�tais...
Parce que je dormais.
Non.
Non, pas du tout.
Pourquoi m'appelles-tu ?
Bon, je dois te laisser.
Non, je dois te laisser. D'accord.
Adrian 11 h 03 - 10 h 17 - 9 h 23 - 8 h 38
Je suis vraiment d�sol�e.
- Aucun probl�me. Tout va bien ? - Oui.
C'�tait vraiment bizarre. � mon r�veil, tu n'�tais pas l�.
Puis, le t�l�phone sonne, et c'est mon ex.
C'est vraiment �trange.
On n'avait pas encore pens� � parler de �a.
En effet.
On a rompu il y a quelque temps.
Tout est fini, puis il m'appelle quatre fois le m�me matin.
Il t'a appel�e quatre fois ce matin ?
Vous n'�tes plus ensemble depuis longtemps ?
Trois mois.
C'�tait comme s'il savait que j'�tais avec quelqu'un.
- C'�tait s�rieux entre vous ? - On �tait fianc�s.
Pas tr�s s�rieux, alors.
Non.
Que s'est-il pass� ?
- Tu veux vraiment le savoir ? - Oui.
Il �tait quelqu'un de vraiment bien.
Un brillant chor�graphe et danseur.
On avait les m�mes amis.
On se connaissait depuis tr�s longtemps.
Il a l'air vraiment bien. Pourquoi ne l'as-tu pas �pous� ?
� cause de toi.
Je ne suis pas une romantique d�sesp�r�e. Je ne me suis jamais permis de l'�tre.
Puis, j'ai ressenti,
m�me pendant un bref instant, ce que j'ai ressenti avec toi.
Tu m'as corrompue. Je ne voulais rien de moins.
Je te comprends parfaitement.
�a m'effraie terriblement.
Je ne te ferai pas de mal.
Tu n'as pas besoin de me le dire.
Je ne te ferai pas de mal.
C'est la premi�re fois,
en 25 ans, que j'ai l'impression de ne pas �tre seul.
C'est tout un fardeau que tu me donnes.
Je ne sais pas si je suis � l'aise avec �a.
Eh bien, c'est trop tard.
Je suis cens� accorder une entrevue.
Que dirais-tu si je te disais que je ne peux pas te quitter des yeux ?
- �a me va. - Tu veux venir ?
- Oui. - Tr�s bien.
�tes-vous charmant,
ou est-ce plut�t parce que Washington regorge,
j'ai peur de le dire, d'affreuses anomalies...
Cette conversation devient �trange.
Mesdames et messieurs, David Norris.
- Pardon, madame. - Oui ?
J'ai un message de la part du d�put� Norris.
Il doit aller en r�union.
- C'est urgent. - D'accord.
Il vous appellera apr�s et vous verra ce soir � la repr�sentation.
D'accord. Je vous remercie.
SORTIE
Par ici, monsieur le d�put�.
Il y a quelqu'un ?
C'est frustrant, n'est-ce pas ?
Je m'appelle Thompson.
Qu'est-il advenu du libre arbitre ?
Nous avons d�j� essay� le libre arbitre.
Nous vous avons lib�r�s de la chasse et de la cueillette pour vous offrir Rome,
puis nous nous sommes retir�s pour vous voir � l'�uvre.
Vous avez caus� le Moyen-�ge pendant cinq si�cles,
jusqu'� ce que nous d�cidions de reprendre notre place.
Le grand patron pensait que nous devions simplement faire un meilleur travail
en vous apprenant � monter � v�lo avant d'enlever les guides � nouveau.
Nous vous avons donn� la Renaissance, les Lumi�res et la r�volution scientifique.
Nous vous avons enseign� � raisonner vos impulsions pendant 600 ans.
Puis, en 1910, nous vous avons encore c�d� la place.
En moins de 50 ans, vous avez caus� la Premi�re guerre mondiale,
la D�pression, le fascisme et l'Holocauste.
Pour couronner le tout, vous avez presque fait sauter la plan�te
lors de la crise des missiles de Cuba.
C'est � ce moment que nous avons d�cid� de reprendre le contr�le,
avant que vous ne fassiez quelque chose que nous-m�mes ne pourrions r�parer.
Vous n'avez pas de libre arbitre, David.
Vous n'avez que l'illusion du libre arbitre.
Je ne vous crois pas. Je prends des d�cisions chaque jour.
Vous d�cidez quel dentifrice utiliser et quelle boisson boire pendant votre d�ner.
Mais l'humanit� n'est pas assez mature pour contr�ler les choses importantes.
Vous contr�lez les choses importantes ?
Aux derni�res nouvelles, la Terre �tait plut�t minable.
Mais elle existe toujours.
Si nous vous avions laiss�s faire, elle ne serait plus l�.
Pourquoi ne puis-je pas �tre avec Elise ? L'autre gars ne le savait pas.
Votre rencontre avec elle au Waldorf il y a trois ans n'�tait pas fortuite.
Nous �tions les responsables.
Nous savions qu'elle vous inspirerait pour votre discours.
Le m�me discours qui vous a sauv� du gouffre,
et qui a fait de vous le favori de la prochaine �lection.
Vous voulez que je remporte cette �lection ?
Ainsi que les quatre autres qui suivront.
Je ne parle pas seulement des �lections au S�nat.
Vous pouvez faire toute une diff�rence, David.
C'est ce que votre p�re voulait en vous emmenant � la tribune, � dix ans.
C'est ce que votre fr�re voulait en vous faisant promettre, avant sa surdose,
de ne pas devenir comme lui.
D'o� pensez-vous que vient votre besoin d'�tre devant les gens ?
Ce vide terrible quand vous ne l'�tes pas ?
Ne me dites pas �a.
Vous pouvez changer le monde, David,
mais seulement si vous n'�tes pas avec elle.
Pourquoi ne puis-je pas aimer qui je veux ?
Ce n'est pas elle, le probl�me. C'est vous.
C'est votre attitude lorsque vous �tes avec elle.
Mon attitude ?
Je suis � mon meilleur avec elle !
C'est vous qui l'avez dit. Le discours.
En petites doses, Elise �tait parfaite.
Mais en doses plus importantes,
- son influence est n�gative. - Arr�tez.
Le Pr�sident ne peut pas �tre aussi instable, David.
Arr�tez de parler. �a ne marche pas.
Pourquoi refusez-vous de vous rendre � l'�vidence ?
Vous avez vu ce dont nous sommes capables.
Vous ne pouvez douter de qui nous sommes.
Je ne parle pas de vous, mais bien de moi.
On ne peut pas �chapper � son destin, David.
Je ne suis pas d'accord avec vous � propos de mon destin.
Je sais ce que je ressens pour elle, et �a ne changera pas.
Mes choix sont tout ce que je poss�de.
C'est elle que je choisis,
peu importe les cons�quences.
Il est 18 h 20.
Si vous partez maintenant, vous arriverez � temps.
Elle est une danseuse magnifique.
Je pensais avoir �t� clair.
Il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit.
Je n'avais tout simplement pas le courage.
Si vous restez avec elle, vous d�truirez vos r�ves et les siens.
Quoi ?
Elise deviendra l'une des plus grandes danseuses au pays,
puis l'une des meilleures chor�graphes au monde.
Si elle reste avec vous, elle enseignera la danse � des enfants de six ans.
Quand vous vous rappellerez tout �a, souvenez-vous
que nous vous aurons pr�venu.
J'entends constamment les gens dire
qu'on ne peut pas �tre tenu responsable de ce qui arrive aux autres.
Mais dans ce cas, vraiment, vous le pouvez.
C'est tout � fait vous, David.
C'est comme votre bagarre dans le bar le soir de votre �lection.
Ce pourquoi votre photo a �t� publi�e dans le New York Post.
Nous vous donnons des occasions pour lesquelles d'autres feraient tout,
et vous les gaspillez avec vos impulsions.
Il faut �tre born� pour ne pas voir qu'Elise nuit
� votre carri�re.
C'est une entorse, David,
mais si vous restez avec elle, vous d�truirez la seule chose qu'elle ait jamais aim�.
Vous avez le choix.
- C'est juste une entorse. - Oui.
Le m�decin a dit que ce sera gu�ri d'ici un mois.
C'est une bonne nouvelle.
Je suis vraiment soulag�e.
C'est g�nial.
Tu es vraiment une bonne danseuse.
Tu vas gu�rir et devenir encore meilleure.
- Je dois faire quelques appels. - D'accord.
Bon.
Je suis vraiment heureux pour toi.
C'est termin�. Thompson a tout r�gl�.
Je sais.
Tu ne peux pas te laisser affecter
comme tu l'as �t� par sa famille.
C'est notre travail.
Est-ce que tu te demandes parfois
si c'est la bonne chose ?
Je veux dire,
si c'est toujours la bonne chose ?
Pas autant qu'avant.
C'est le plan du grand patron.
On n'en voit qu'une partie.
ONZE MOIS PLUS TARD
Je parlais � des amis dans le comt� de Monroe ce matin,
et je leur ai dit quelque chose
que vous avez s�rement d�j� entendu, mais qui doit �tre r�p�t�.
David Norris, en campagne depuis deux jours dans la r�gion de Tri-Lakes,
a re�u de bonnes nouvelles hier avec le dernier sondage du New York Times
qui le place 16 points devant son adversaire,
moins d'un mois avant l'�lection.
Depuis son annonce il y a onze mois, Norris a conserv� une importante avance...
Bonjour. Merci. Merci beaucoup.
Oui, merci. J'en aurai besoin. Merci.
- � qui devrais-je la faire ? - � mon neveu, Miles.
- Voil�. - Merci infiniment.
Oui, oui, bien s�r.
- Merci. - Je vous en prie.
- On peut prendre une photo avec vous ? - Bien s�r.
- Merci. - Merci beaucoup.
Salut.
Je dois te montrer un truc avant que tu le voies toi-m�me.
Je voulais �tre l� � ce moment.
La danse fait un pas de g�ant
Elle va se marier avec son ancien fianc�.
�a va ?
Je pense que je vais...
Prendre cong� aujourd'hui.
Repose-toi quelques jours. On a 16 points d'avance.
Pas de risque que je bousille une telle avance.
FORMULAIRE DE PERMIS DE MARIAGE
Ravie de vous revoir, monsieur le d�put�.
Votre ami vous a laiss� ceci. Il a dit que vous passeriez.
Pourquoi vouliez-vous me voir ?
Thompson vous a menti lorsqu'il a dit
que vous ne pouviez �tre avec elle � cause de son effet sur vous.
Pourquoi cela leur importe-il tant ?
Parce qu'elle est suffisante, David.
Si vous �tes avec elle, vous n'aurez pas � combler ce vide
avec des applaudissements, des votes
et le r�ve d'entrer un jour � la Maison-Blanche.
Cela est important, mais ce n'est pas la seule chose qui importe.
Pourquoi �tes-vous si diff�rent d'eux ?
Votre p�re
�tait un homme brillant.
Il aurait pu �tre quelqu'un d'important. Il le voulait.
Votre fr�re aussi.
Mais ce n'�tait pas dans le plan.
Et ma m�re ?
Je n'�tais pas responsable.
Nous ne l'�tions pas.
C'�tait tout simplement le hasard ?
Je suis navr�.
Thompson disait vrai.
On me voit d�j� comme un candidat � la pr�sidentielle.
Je dis des foutaises, mais je suis en avance de 16 points.
Le public vous aime.
Avant de rencontrer Elise, c'est tout ce que je voulais.
Je ne m'en aper�ois m�me plus maintenant.
Je pense � elle constamment.
Savez-vous o� elle va se marier ?
Devant un juge, demain matin.
Est-elle heureuse ?
Thompson ne vous laissera pas l'approcher.
Ni ce soir, ni demain. Jamais.
Harry.
Est-elle heureuse ?
Je dois tenter de la ravoir.
Pouvez-vous m'aider � la retrouver ?
On vous d�tectera des kilom�tres � la ronde.
Et si je pouvais me d�placer aussi vite que vous ?
Enseignez-moi le fonctionnement des portes.
Il ne pleuvra plus dans une heure.
C'est la seule chose qui les emp�che de nous voir maintenant.
Pour r�ussir le coup, nous aurons besoin de toute la nuit,
et d'un endroit entour� d'eau.
Tournez toujours la poign�e dans le sens horaire.
Et si je la tourne dans l'autre sens ?
Ne faites jamais cela. Nous seuls pouvons le faire.
Gardez votre main sur mon �paule
jusqu'� ce que nous ayons franchi le seuil.
Elles sont verrouill�es ?
Pas lorsqu'on porte notre chapeau.
Ne vous arr�tez pas, David.
Est-ce que c'est...
C'est le Museum of Modern Art.
Oui.
Fermez la porte.
C'est la principale station de pompage pour le centre-ville de Manhattan.
L'h�tel de ville est � dix rues d'ici.
Attendez ici.
Salut. Est-ce que la salle est libre ?
Est-ce que �a va, ch�rie ?
Oui, je...
J'ai besoin de danser un peu.
Le Lower Manhattan a plusieurs couches de substrat.
C'est le nom que nous donnons aux portes qui ont �t� install�es.
Contrairement au nord de la ville, la navigation au centre-ville est difficile
et beaucoup plus lente.
Votre destination est le 60, Centre Street, salle 300.
En utilisant les portes, on peut atteindre l'h�tel de ville de plein de fa�ons.
Je veux que vous appreniez � rester dans le substrat
pour emp�cher Thompson de vous rep�rer.
Au sud du restaurant, il y a une porte rouge.
Je sors sur Broadway, pr�s de Leonard Street.
Bien. Continuez.
De Leonard, je vais un demi-p�t� de maisons plus loin.
Et si Thompson est l� ?
Je me dirige vers l'est jusqu'� Lafayette.
Non, c'est Crosby Street qui est l�.
Huit portes ? Je vais zigzaguer sans arr�t.
Ce sera trop long.
Quand vous franchirez une porte,
leurs livres perdront votre trace, alors c'est s�curitaire.
Vous devez comprendre que cela ne s'est jamais fait avant.
Lorsque vous franchirez la premi�re porte, tout le monde vous poursuivra.
Craignez tous les gens que vous verrez avec un chapeau.
Une casquette des Yankees, un chapeau melon ou m�me une kippa.
Dites-vous que ceux qui portent un chapeau sont avec Thompson.
Vous ne pouvez pas franchir les portes sans votre chapeau ?
Non.
Le grand patron limite nos pouvoirs de cette fa�on.
L'eau est une autre fa�on.
Et si je croise Thompson, comme vous le disiez plus t�t ?
Oui.
Pourrais-je lui enlever son chapeau
et le lui voler avant qu'il puisse le reprendre ?
Excellent. De l'improvisation. C'est difficile � contrer.
Ce serait plus rapide de franchir la porte bleue.
Oui, mais vous seriez alors � d�couvert.
C'est plus risqu� que de franchir plusieurs portes.
Mais si j'y arrive, je les prendrai par surprise.
Si vous y arrivez.
Il nous reste beaucoup de choses � voir.
Il faut faire le n�cessaire.
Votre p�re disait la m�me chose.
Je pr�sume que vous ne devez pas vous attacher � nous.
Ni ressentir des remords.
Nous ne sommes pas con�us pour �tre men�s par nos �motions,
mais cela ne veut pas dire que nous n'en poss�dons pas.
Certains en ont plus que d'autres.
Il a recommenc� � pleuvoir. Vous avez de la chance.
On doit partir. Le mariage est dans dix minutes.
Nous avons le temps. Arriver trop t�t serait d�sastreux.
Votre fianc�e est-elle ici ?
Elle sera l� dans un instant.
Salle 300.
- �a va ? - Oui.
- C'est l'heure. - D'accord.
- Je vais aller vers la porte bleue. - Bien s�r.
Voici votre laissez-passer. Ne le perdez pas.
- Merci, Harry. - Bonne chance.
Bon.
Il semble que M. Norris utilise la pluie comme couvert.
Appelez le c�l�brant du mariage.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? - Rien. Je suis un peu nerveuse.
Je vais aller � la salle de bains un moment.
�TAT DE NEW YORK SERVICE DES V�HICULES MOTORIS�S
Il a un chapeau, monsieur. Il est dans le substrat.
Il est maintenant dans le substrat.
- H� ! H� ! - Non, non, non.
C'est une urgence. Je suis d�sol�.
Plumitif num�ro 22, approchez s'il vous pla�t.
- On est les suivants. Tu peux aller la voir ? - Oui.
- David Norris ! - Oui. Je dois y aller.
- Il n'y a rien dans le chapeau. - Vous pouvez passer.
Elle n'est pas l�.
O� est-elle ? O� est-elle ?
Elise.
Tu ne peux pas l'�pouser.
Je suis vraiment d�sol�.
Je ne sais pas ce que tu penses de moi, mais tu ne peux pas l'�pouser.
Tu ne l'aimes pas. J'ai �t� affreux, je sais.
- Je vais me marier. - Non, tu ne peux pas.
Ne me touche pas ! Qu'est-ce que tu fais ?
Personne ne m'a bless�e autant que toi.
Je ne voulais pas te laisser de cette fa�on.
David, tu m'as laiss�e dans un foutu h�pital.
Qu'est-ce que tu fais ?
�a para�t lamentable, mais j'avais mes raisons.
Tu ne me connais pas. Tu n'as aucune id�e de ce qui me rend heureuse.
Je suis d�sol� de t'avoir bless�e.
Oh, mon Dieu.
Ne t'en fais pas pour lui. Il est avec eux.
- �coute-moi. - Mon Dieu. Qu'as-tu fait ?
- Oublie-le. - Qu'est-ce que tu fais ?
Regarde-moi. Je sais que tu m'aimes.
Ceci indique que tu m'aimes,
que je t'aime, et qu'on ne peut pas �tre ensemble.
Tout �a � cause de ce livre.
Mais je sais que je dois �tre avec toi � cause de ce que je ressens.
Je t'aime, et je me fous des cons�quences.
Je veux passer le reste de ma vie avec toi, m�me si c'est tr�s court.
Il nous a r�v�l�s.
Appelle l'�quipe d'intervention.
Dis-leur que c'est un red�marrage case d�part.
M. Thompson a d�ploy� l'�quipe d'intervention.
Il veut une autorisation urgente pour un red�marrage.
Je vais transmettre sa demande.
Pourquoi te poursuivent-ils ?
Ils veulent me red�marrer.
Mais de quoi parles-tu ?
Je ne t'ai jamais menti.
Par ici.
Il est ici.
Je t'aime, Elise.
Je vais te montrer quelque chose.
Tu as le droit de savoir.
Qu'est-ce qui se passe ?
On ne peut pas s'arr�ter. Il y a une autre porte ici.
Les voil�. Sixi�me avenue.
Arr�tez-les.
Oh, mon Dieu. Qu'est-ce qui m'arrive ?
On nous poursuit. C'est tout ce que tu dois savoir.
Tu dois me faire confiance.
Tu dois me faire confiance.
- D'accord. - Bien. Allez.
La porte, la porte !
Trouve une autre porte !
Mais qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce qui se passe, David ?
D'accord. Je suis d�sol�.
- Comment est-ce possible ? - Je suis d�sol�.
Ces portes appartiennent � ceux qui nous poursuivent.
- Qui sont ces gens ? - Je ne sais pas leur nom,
mais ils veulent nous s�parer.
Pourquoi se pr�occupent-ils de nous ?
Ils t'ont bless�e � la cheville, Elise.
Si tu restes avec moi, tout ce que tu cherches � accomplir n'arrivera pas.
- C'est pourquoi je t'ai laiss�e � l'h�pital. - Je ne comprends pas.
Je ne comprends pas.
�a ne peut pas �tre mal.
�a ne peut pas �tre mal.
Pourquoi pensent-ils que c'est mal ?
Le livre. Leur livre.
Et si je pouvais d�couvrir son auteur ?
Je peux franchir cette porte, seul,
et tu ne me reverras plus jamais, ni ces hommes-l�.
Tu peux aussi venir avec moi. J'ignore ce qui se trouve de l'autre c�t�,
mais tu seras aupr�s de moi.
C'est tout ce que j'ai toujours voulu.
Je te suis.
D'accord.
Prends l'autre.
Tourne-la vers la gauche.
Vers la gauche.
Seigneur.
H� ! Vous ne pouvez pas �tre ici.
Monsieur, arr�tez !
Retenez-les !
Allez.
Arr�tez-les !
Harry Mitchell. On vous attend dans le bureau du grand patron.
Imm�diatement.
Viens.
H� ! H� !
Comment �tes-vous entr�s ?
Fouillez la salle !
Merde !
Faisons demi-tour.
Non.
Oh, mon Dieu.
- Je t'aime. - Je t'aime.
Pensiez-vous vraiment pouvoir voir le grand patron ?
Changer votre destin ?
Cr�er celui que vous voulez ?
�a ne se passe pas ainsi, et je vous ai expliqu� pourquoi.
J'ai un message pour vous.
Je comprends.
M�me Thompson a un patron.
Harry ?
- Vous �tes le grand patron ? - Non.
Vous avez d�j� rencontr� le grand patron. Ou la patronne.
Comme tout le monde, d'ailleurs.
Le grand patron se montre aux gens sous bien des formes,
alors il est tr�s rare qu'on le reconnaisse.
Est-ce que c'est une �preuve ?
Tout cela est en quelque sorte une �preuve,
pour tout le monde, m�me pour les gens du Bureau de contr�le.
David, vous avez tout risqu� pour Elise.
Elise, en franchissant la porte au pied de la statue,
vous avez �galement tout risqu�.
Mais vous m'avez inspir�.
Et vous avez aussi inspir� le grand patron.
- �a parle de nous ? - Oui.
Qu'est-ce que �a dit ?
C'est �crit que votre situation
constitue une importante d�viation du plan.
Le grand patron l'a donc r��crit.
D'accord.
Que se passera-t-il maintenant ?
Maintenant...
Vous pouvez emprunter l'escalier.
La plupart des gens suivent le chemin qu'on leur a trac�.
Ils ont peur d'en explorer d'autres.
Mais de temps � autre, des gens comme vous se pr�sentent
et abattent tous les obstacles qu'on met sur leur route.
Ils voient que le libre arbitre est un cadeau dont on ne sait se servir
jusqu'� ce qu'on doive se battre pour lui.
Je pense que c'est le vrai plan du grand patron.
Peut-�tre, un jour,
n'�crirons-nous plus le plan.
C'est vous qui le ferez.
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