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Original subtitles

Un, deux, trois,

quatre, cinq, six, sept,

huit, neuf, dix.

Un, deux...

D'accord. C'est noté.

Parfait.

Un instant.

Il est huit heures, je suis au bureau

et j'ai un gâteau pour toi.

Merci.

Bonne journée, oui.

Le monde va s'effondrer, aujourd'hui.

Bonjour, Doc.

- Que s'est-il passé, cette nuit? - Pourquoi?

Tu devrais déjà être parti, mais tu es là.

Tu me dis: "Bonjour."

Et tu es tout pâle.

- Je dois te parler. - Assieds-toi.

Non, je préfère pas.

Je pense à arrêter la médecine interne.

Pas tout de suite, bien sûr.

Quand j'aurai fini ma spécialité.

Je continuerai à être médecin, mais...

je serai mieux en médecine du sport.

En médecine du sport.

Oui, en paralympique.

L'équipe nationale m'a offert un poste.

Eh bien, je...

Je crois que tu commettrais une erreur.

Tu es un interniste né.

Je l'ai été, peut-être, autrefois.

Mais je n'y arrive plus.

Quand je vois un patient, je sais qu'il peut mourir.

Je peux plus.

Ca t'arrive aussi?

Bien sûr.

Alors explique-moi.

Comment tu fais pour supporter ça?

On s'y habitue, peu à peu.

J'y arrive pas.

J'y vais.

A demain.

- Tu connais la nouvelle? - Bonjour à toi aussi.

Riccardo envisage de partir.

C'est quoi? Encore un burn-out?

Non, c'est pas le stress.

Cette fois,

ça a l'air profond.

Lin, le bon de sortie de la 12.

- J'y vais. - Déjà là? Tu as pris quel train?

Le premier avion pour reprendre le travail.

Toujours aussi dévouée.

J'ai hâte de te revoir.

- Café? - Chez toi ou chez moi?

J'arrive.

Tu es libre au déjeuner?

Tu as eu le Doc?

Moins de gardes de nuit

et pas d'heures sup. Tu en dis quoi?

Tu ne peux pas. On est en sous-effectif.

Et je pars pas à cause des heures sup.

Je descends.

Trop bon.

Daria, tu peux pas rester là.

Finis ça et vas-y.

- Bonjour. - Riccardo, c'est ça?

On se connaît?

C'est ma soeur. Elle partait.

Oui, on s'est déjà eus au téléphone.

Tu m'as dit: "Arrêtez

"de tout souffler au Dr Carelli."

Oui, je me suis tapé la honte, je me souviens.

Pardon, vous avez une blouse à me prêter?

T'as fait quoi?

C'est du faux sang.

Le mannequin de simulation.

Il a dû beaucoup souffrir.

Il fait exprès de mourir au bloc.

Je le hais, cet enfoiré d'homme en caoutchouc.

Prends la mienne, je partais.

Merci.

C'est juste pour une heure.

Je pars au ski avec mon père.

Au ski, en cette saison?

C'est ma soeur.

A Courmayeur.

C'est toujours enneigé.

Pourquoi j'ai pas fait ophtalmo?

Federico, viens faire une biopsie.

OK, quand?

Maintenant.

Bonjour.

Bonjour.

Ca va?

Oui, ça va bien.

On y est presque.

Allez-y, je vais prendre l'escalier.

On rentre tous.

D'accord.

Je descends au 3e.

Vous au 1er, en obstétrique?

Elle va accoucher.

Mon terme est dans 2 semaines.

Il a décidé d'arriver en avance.

Y a pas de mauvais jour pour naître.

Espérons-le.

Me voilà.

Va en salle de soins préparer la patiente.

Et tes recherches? Ca a été utile?

Très utile.

Et tu as pu voir tes futurs collègues romains.

Je vais déjà finir mon étude.

Pour le reste, on verra.

- Bonjour, Mme Michela. - Bonjour.

T'en es où ?

- J'ai fait l'anesthésie. - Très bien.

C'est la blouse de Bonvegna ?

Oui, j'ai sali la mienne.

Avec quoi ?

- De la confiture ? - Non.

Du sang. J'ai refait une trachéotomie

qui s'est mal terminée.

C'est vous qui opérez, Dr Cesconi ?

Le Dr Lentini est capable

de faire une biopsie.

Il va la faire.

Vous êtes sûr ?

Vous m'en direz des nouvelles. Hein, Lentini ?

Oui.

Oui, mais le Dr Cesconi restera là

- pour surveiller... - Vas-y.

... ce qui se passe.

Par chance, vous n'êtes pas là pour une trachéo.

Vas-y.

Au secours !

Un tremblement de terre.

Faites attention !

Plaquez-vous contre les murs.

- Venez avec moi. - Je m'occupe d'elle.

Oh, mon Dieu !

Que se passe-t-il ?

- On tombe ! - C'est un tremblement de terre.

- Aide-moi à bloquer le lit. - Attends !

Je veux descendre !

Je continue ?

Y a trop de sang.

On ne devrait pas évacuer ?

- Tiens-la. - Vous faites quoi ?

Ca va aller, Michela.

Tiens-la bien.

Doucement.

Martina, chambre 13.

- Ca va ? - Tout tremble.

C'est une secousse.

- Ca va s'arrêter. - J'ai cru refaire un AVC.

Ca va aller.

Doucement. Lin et Riccardo, chambre 12.

J'arrête pas d'appeler. J'ai cru que vous aviez fui.

- Qu'y a-t-il ? - C'est un tremblement de terre.

On n'abandonne pas

les patientes adorables.

Mme Agostina ? Agostina ?

Ne la réveille pas.

Ne l'effrayons pas.

Ca vous fait un patient de moins.

- C'est fini, tu crois ? - Je l'ignore.

- C'est coupé. - Le Doc ?

Il a disparu. Et Damiano aussi.

Il avait une biopsie de l'artère temporale.

Et voilà.

Je te raccourcis les pointes ?

Tu me coûterais moins cher que ma coiffeuse.

Tu vois, Federico ? Plutôt que médecine,

on aurait dû choisir la coiffure.

Ca papote ?

La terre a tremblé ?

Heureusement que vous aviez fini avant.

On était en plein dedans.

Cesconi a fini alors que tout tremblait.

- Il a un sang-froid incroyable. - Non.

Un jeu d'enfant, grâce à notre patiente.

Vous, ça va ?

On n'a pas trop de dégâts.

Je vais aux urgences ? Ca va être pris d'assaut.

Bonne idée, je t'appelle si besoin.

Merci.

J'apporte la biopsie au laboratoire.

Finis le pansement et ramène Michela.

D'accord.

Oui ?

Comment t'as fait ?

Quoi ?

Pour rester précis alors que tout tremblait.

Des années en ambulance.

On travaillait toujours en mouvement.

Tu connais le secret pour pas se tromper ?

Moi non plus.

Parfait.

Ca va ?

Oui. Mais le bébé ?

On va écouter, viens.

Il va bien. Il te dit bonjour.

Vous saignez.

- Comment ? - Vous saignez.

Les coups à la tête, je connais.

Les contractions sont plus fortes.

Vas-y, respire profondément.

Elle a le souffle court.

Le bébé doit compresser le diaphragme.

C'est possible.

- On va en salle d'accouchement. - Je veux bien.

- Ca ne répond pas ? - Non, ça marche pas.

On est bloqués ?

On va appeler.

Pas de réseau.

Essayons la ligne d'urgence.

Y a quelqu'un ? Vous m'entendez ?

Suis mon rythme.

Respire, voilà.

On est dans un ascenseur de l'hôpital Ambrosiano.

Système CO 5357, matricule 1398.

Le pire est passé.

C'est bien, voilà.

On a une femme qui va accoucher, le temps presse.

Chaque jour, en Italie, 100 personnes

restent bloquées dans un ascenseur.

C'est une chose prévisible.

Quelqu'un, là dehors, saura quoi faire.

Ils doivent essayer de nous débloquer.

Va voir la 13, il y a des patients fragiles.

- Vous cherchez qui ? - Mon beau-frère.

- Super. - Teresa, je vais t'aider.

Restez calmes.

Messieurs-dames, s'il vous plaît.

Votre attention. Venez.

Venez, approchez-vous.

Ecoutez bien, je ne me répéterai pas.

D'abord,

les patients ne sortent pas sans avoir reçu

l'ordre d'évacuer l'hôpital.

J'abandonne pas mon père.

S'il y a une réplique ?

L'hôpital est antisismique.

Votre père a besoin de soins.

Le faire sortir l'expose à plus de risques.

Ensuite, les parents vont aux points de rassemblement dehors.

Et c'est un hôpital. Les médecins commandent.

Surtout en cas d'urgence comme celui-ci.

Opposez-vous à nos directives et j'appelle la police.

Maintenant, les parents, sortez. Les visiteurs aussi.

Chaque patient rejoint sa chambre. Merci.

Allez.

Un discours de chef.

J'ai imaginé le Doc.

Tu sais où il est passé ?

Il descendait, il doit être dans l'escalier.

Les jeunes, venez.

S'il vous plaît.

Federico, viens.

C'est peut-être fini, mais il peut y avoir une réplique.

On doit rester ici.

Pas de fin de garde. C'est compris ?

Surveillez les patients et calmez-les.

Tenez-moi au courant.

Allez.

- Oui, Lin ? - Je peux pas rester.

- Pourquoi ? - J'ignore si ma famille va bien.

Comme nous tous.

En cas de besoin, il y a les secours.

S'il leur arrivait quelque chose, je me le pardonnerais pas.

Désolée.

Vas-y, merci.

Je dois réorganiser la liste des patients,

faire un état des lieux.

Attention, il y a des bouts de verre partout.

- Excusez-moi. - Oui ?

Vous avez vu une femme qui va accoucher ?

On n'est pas en obstétrique.

Ma femme était dans l'ascenseur pour aller accoucher.

Je vérifie tous les étages.

L'ascenseur !

Laissez passer, merci.

Merde.

Andrea ? T'es là-dedans ?

Oui, on est bloqués !

Une femme va accoucher.

Margherita ?

Je suis là !

Chéri ! Faites-nous sortir !

Vous êtes à quel étage ?

Peut-être deux au-dessus de vous.

- Vous pouvez ouvrir les portes ? - Non.

Elles sont bloquées.

On appelle les techniciens.

Vite, on veut sortir,

mais le bébé aussi ! Vite !

C'est un code rouge. Elle ne doit pas accoucher dedans.

- Quoi ? - Du calme.

On va trouver une solution.

Je suis là !

Les contractions se rapprochent.

On sort et on file en salle d'accouchement.

Tu resteras jusqu'au bout ?

Bien sûr.

Je veux le connaître, cet enfant.

Vous avez un prénom ?

Mattia, comme mon grand-père.

Très joli nom.

- C'est ton premier enfant ? - Oui. Comment on dit ?

Grossesse gériatrique.

Non, c'est courant.

On devient mère plus tard.

C'est dû à mon travail.

J'ai dû programmer mon enfant au bon moment.

Tu fais quoi ?

Je dirige une agence financière.

- En finance, le temps fait tout. - En médecine aussi.

Mais on en a de moins en moins.

J'organise tout

et j'envisage tout ce qui pourrait se passer.

Tu gagnes en efficacité, sans surprise.

Sauf un séisme.

L'hôpital est un bâtiment antisismique.

Concentre-toi bien sur ta respiration.

Nous, on se charge du reste.

Allez, respire.

- Teresa, ça va ? - Andrea est dans l'ascenseur

avec une femme qui va accoucher.

- Vous avez vu les techniciens ? - J'y allais.

J'y vais. Reste avec les patients.

Merci.

Agnese prévient la technique.

Elle nous obtiendra la priorité. Viens.

Ca va, ici ? - Avec une cigarette,

j'irais mieux.

Pour faire un AVC et rejoindre un monde meilleur.

Meilleur... J'irai pas au paradis.

- Pourquoi pas ? - Trop de mensonges.

Allez, vous avez encore toute la vie devant vous.

On est là pour ça.

Cette secousse nous a bien fait peur.

Oui, j'ai cru mourir. Espérons que c'était la seule.

Vous êtes nerveux. Votre tension est élevée.

- Il a pris quoi ? - Un bêtabloquant.

Il faut quelque chose de plus fort.

Un diurétique, du furosémide ?

Oui, exactement.

On en a plus. Il faut aller en chercher.

Je vais à la pharmacie ?

Ou à la cantine.

Je pensais faire les visites.

Va chercher le furosémide. C'est plus urgent.

Il est 8h26.

- Reviens dans moins de 15 minutes. - OK.

- Tu es encore là ? - J'ai peur, seule.

Va aux points de rassemblement, y aura du monde.

- Je veux rester avec toi. - Je travaille.

Où tu vas ?

A la pharmacie.

Là où bosse l'interne qui te connaît ?

On a besoin d'un médicament. Je dois y aller.

Tu viendras me voir.

Je vais t'ouvrir

un plan épargne pour tes économies.

Faut penser à ton avenir.

J'ai 28 ans.

J'ai vécu une crise économique, une pandémie

et une guerre en Europe. Plus d'une, en fait.

Ce que je gagne, je le dépense en voyages.

L'avenir, très peu pour moi.

Tu dis ça maintenant.

Mais un jour, tu voudras dormir tranquille.

Avec un enfant, finies, les nuits tranquilles.

Je suis habituée. Je fais de l'apnée du sommeil.

Ca a empiré avec la grossesse.

J'ai même suivi un traitement par C-PAP.

Tout en étant enceinte ?

Oui, avec le casque.

- Je peux t'examiner ? - Que se passe-t-il ?

J'ai un doute.

- Je préfère vérifier. - OK.

On bouge le lit.

Essaie de t'asseoir. Doucement.

Dis 33.

- 33. - Encore.

33.

Tu peux t'allonger.

Prends sa tension, s'il te plaît.

8/5.

C'est un peu bas,

mais mieux vaut une tension basse qu'élevée.

Qu'est-ce qui t'inquiète ?

On est bloqués ici. Autant me le dire.

Oui ?

Tes respirations sont courtes.

Et tes murmures vésiculaires présentent des anomalies.

Les murmures ?

Je crois que tu fais un pneumothorax sous tension.

Ca veut dire quoi ?

Tu as une poche d'air dans la cavité pleurale.

Chaque fois que tu respires,

la poche se gonfle sans pouvoir s'évacuer.

Plus ça va, plus elle comprime les organes.

La trachée, le coeur, les poumons.

Et...

on peut faire quoi ?

- Après l'accouchement... - Impossible d'accoucher.

Comment ça ?

On va devoir...

faire une décompression de la poche.

Mais tout de suite.

D'accord ?

- J'ai vu que tu avais des ciseaux. - Oui.

Prends un gant en latex et perce-le à un doigt.

- Tu ne penses pas... - Fais-le, vite.

Tu penses faire quoi ?

- Tiens. - Merci.

Ecoute-moi.

Il n'y a qu'un moyen de te sauver.

On doit percer cette poche

et la dégonfler, et maintenant,

je vais enfiler ce tube dans ton thorax.

Jusqu'à atteindre la poche.

L'air va traverser le tube

et sortira par le gant qui évitera qu'il rentre à nouveau.

- C'est clair ? - Non.

Absolument pas.

Je préférerais ne pas avoir à faire tout ça.

Mais quand tu étoufferas, Mattia mourra avec toi.

Je ne serai pas inquiété.

Personne n'aurait rien pu faire, bloqué dans un ascenseur.

En faisant ça, est-ce que je risque de te tuer ?

Oui, c'est possible.

Mais c'est notre seule chance.

Promets qu'on en sortira vivants.

Le bébé et moi. Promets-le-moi.

S'il te plaît.

Bien sûr.

Tout ira bien.

Désinfectant.

Allez.

Sur le côté.

Bravo.

Prends ça.

Mords dedans. Bien fort.

Tu fais une tête...

Ta tension est encore trop basse.

Je sors d'un pontage coronarien.

La nourriture est fade.

Si on rajoute la secousse, ma tension est basse.

Y a eu une secousse ?

- Oui. - Vous m'avez pas réveillée ?

Pour pas t'effrayer.

- Et si je mourais ? - Aucun risque.

On sait jamais.

J'ai failli mourir.

- T'as pas failli mourir. - Remercie-le.

Arrête de te plaindre.

- Je veux savoir si je meurs. - Personne n'allait mourir.

T'y gagnes quoi ?

Le temps de jeter un oeil au monde

et de prier.

Calmez-vous.

Personne n'allait mourir.

Ca m'angoisse d'y penser.

Je veux pas me réveiller morte.

On verra à la prochaine secousse.

La prochaine ?

Non, pas de secousse. J'ai parlé au tremblement de terre.

Allonge-toi.

- Ca va ? - Oui.

Oui, enfin, presque.

La tension de Cristina a baissé.

Mets-lui une perfusion et surveille-la.

La poche d'air semble bien se vider.

- Comment tu te sens ? - Mieux.

- Des signes d'eux ? - Rien.

Oui, on est là. On t'entend.

Ca va, là-dedans ?

On a géré une petite crise.

Ca va mieux.

Et vous ?

Des petites crises. Ca va mieux.

Margherita, ça va ?

- Chéri ! - Non, non.

Ne force pas.

Votre femme va bien, elle se repose.

Les techniciens travaillent. On vous sort vite de là.

J'avais rendez-vous avec une amie.

J'aimerais y être.

Ils vont s'en sortir ?

Ils sont avec le meilleur médecin.

Si on s'en sort,

je t'ouvre un fonds de retraite avec un super taux.

Un fonds de retraite ?

Je prendrai pas ma retraite.

Ils vont me virer avant.

Comment ça ?

Tu viens de sauver Margherita et le bébé.

Avec les patients, ça va. C'est les comptes, le problème.

Tu feras quoi,

si on te vire ?

Je sais pas.

Je vendrai des stylos bille.

J'aimerais prendre la vie comme toi.

A la légère, sans m'angoisser.

Vu la situation, tu t'en sors très bien.

Tu ne me connais pas.

Pour mon fils, j'ai déjà prévu

sa place en crèche,

j'ai trouvé une babysitteur

et je lui ai ouvert un compte en banque.

Il lui manque qu'une femme.

La fille de ma meilleure amie serait super.

Déformation professionnelle.

Tu l'as dit, en finance, le temps fait tout.

J'ai toujours été comme ça.

Je déteste l'imprévu.

Et regarde où j'en suis.

Je suis au-dessus du vide

avec un stylo dans le poumon.

Et un bébé à naître.

La vie aime improviser.

C'est vrai.

Je la déteste.

- On y est. - Quoi ?

Il est dans le canal de naissance.

Préparons-nous à l'accouchement.

- Trois boîtes de furosémide. - Merci.

Salut.

Tu travailles aussi ici ?

Oui, on dirait bien.

Martina Carelli.

Ca fait tellement longtemps.

On s'est vus où, la dernière fois ?

- A... - Je peux pas te dire.

Si, c'était à la fête...

Pour le diplôme de Maria.

Oui, c'est ça.

Vous deviez l'obtenir en même temps.

Tu as fini au rattrapage.

Et le covid nous a tous séparés.

Oui, c'est vrai.

Tu travailles où ?

En médecine interne.

Désolée, je suis pressée. J'y vais.

On se revoit ?

- Un de ces jours ? - Oui...

- Avant le prochain séisme. - Oui, on verra.

- J'y vais, salut. - Salut.

- Tu as mal ? - Non.

Tant mieux.

Tu as survécu au séisme et à mes soins.

C'était une blague pour détendre l'atmosphère.

En fait, ça me démange un peu.

- Où ? - Sur le visage.

Ca vient de l'anesthésie. Ca va passer rapidement.

En fait, ça empire.

Ca me gêne beaucoup.

C'est vrai que tu es un peu gonflée.

Qu'est-ce qui se passe ? C'est grave ?

Non, pas grave du tout, non.

J'arrive, hein ?

- Teresa ? - Oui ?

Où est Damiano ?

Aux urgences. Ils ont besoin de renforts.

- Giulia ! - Oui ?

Excuse-moi. Tu peux venir voir une patiente ?

Damiano lui a fait une biopsie.

Et ensuite...

J'ai le furosémide.

Moins de 15 minutes, bravo.

On y va.

Je suis là dans 2 mn. Ou appelle Damiano.

Mais Damiano ne...

- Comment ça va ? - Au secours.

- Michela ? - Au secours...

Merde, tu fais une allergie à l'anesthésiant ?

Je sais pas.

Y a pas d'autre explication.

L'air ne passe plus.

Des antihistaminiques ?

Pas le temps. Je dois faire arriver l'air à tes poumons.

Je dois inciser ta trachée. T'inquiète pas.

Je l'ai déjà fait.

Presque.

Tu vas la tuer.

Comme ton mannequin.

T'es pas capable.

Qu'y a-t-il ?

Ca fait 10 minutes que j'ai pris ta tension.

Malgré la perf, elle chute encore.

Et tu t'affaiblis de plus en plus.

Le chirurgien avait dit...

que je devais aller mieux.

Oui, c'est ça, tu vas aller mieux.

Voyons ce qui arrive à ta tension.

J'arrive pas à garder les yeux ouverts.

- Je vais me réveiller ? - Oui.

Me laisse pas mourir.

Me laisse pas...

Cristina ?

Cristina, ça va ?

Cristina, regarde-moi.

OK, calme-toi, respire.

Réfléchis, réfléchis.

Intervention chirurgicale.

Tension basse, en chute.

Pas de fièvre, tension basse. Opération du coeur...

Le coeur, le coeur, oui.

Il bat vite. Trop vite.

Tachycardie. La tension chute.

Opération chirurgicale.

Tachycardie, tension basse, opération.

Opération chirurgicale.

Merde ! Urgence ! Urgence, vite !

- Que se passe-t-il ? - Hémorragie cardiaque.

Faut l'opérer.

Tu peux pas aller en chirurgie sans ascenseur.

Je vais la porter.

Je vais la porter.

Je la porte, putain.

- M. Leonida, tenez. - Donne-lui.

Attends, je vais l'aider.

- Qu'est-ce qu'elle a ? - Préviens la chirurgie.

- C'est urgent ! - Oui.

Bravo, comme ça.

Voilà, encore.

Bravo, comme ça. Oui, c'est super.

Je vois la tête.

Ca va, ça va aller.

Voilà, respire bien.

- Nos portables. - Oui.

Respire.

Sauvez le bébé.

Je vous en prie, j'en peux plus.

Ca suffit.

Sauvez le bébé.

Non, tu vas y arriver. Pousse encore.

Allez, pousse encore.

Bien fort.

Allez, on y va.

Oui, oui...

Le voilà.

Bravo.

Le voilà. Il est là.

Aide-moi à le couvrir.

Salut.

Bienvenue, Mattia.

Il est très beau.

- On va te le donner. - Viens là.

- Il faut couper le cordon ? - Oui.

J'ai prêté ma pince.

Ma cheffe va me tuer.

On peut peut-être attendre.

Non, l'OMS recommande un délai de 60 secondes.

Ma cheffe aussi.

Prends-le.

Doucement.

Je dirai à ta cheffe de te donner une prime.

Le voilà.

Margherita, regarde.

- Pas de pouls. - Le coeur n'a pas tenu. Prends-le.

Ecoute-moi.

Un, deux, trois, quatre, cinq, six,

sept, huit, neuf, dix.

Michela est encore là ?

- Que s'est-il passé ? - Allergie à l'anesthésie.

Tu as fait la trachéo ?

Je l'ai réussie, celle-là.

Oui ?

Bien, génial, merci !

Bonne nouvelle. C'était Agnese au téléphone.

Les techniciens ont fini. L'ascenseur va repartir.

Super.

... sept, huit, neuf, dix.

Ca remarche.

Giulia, en réa !

Urgence ! On a besoin d'aide !

Poussez-vous, s'il vous plaît. Vite !

Vite !

Le bébé va bien.

- Je peux ? - Bien sûr.

Doucement, comme ça.

Il est beau, hein ?

Comment va Margherita ?

Suis-moi.

Quatre, cinq... Défibrillateur.

Allez, allez !

Charge-le à 150.

C'est bon, dégagez.

Je choque.

Au maximum.

Encore une fois.

Prêts.

Je choque.

Elle revient.

Bonjour.

Le bébé ?

Viens.

Stéthoscope.

Ma chérie.

Salut, Mattia.

Salut, Mattia.

Merci.

Elle est pas si détestable, la vie.

- Préviens la pneumo et la gynéco. - Oui.

Viens, Mattia.

On doit s'occuper de ta maman.

Viens là.

On doit faire des examens.

Journée mouvementée ?

- Papa ? - Ca va ?

Oui. Qu'est-ce que tu fais là ?

Un problème ?

Je devais passer te prendre pour aller à Courmayeur.

- On reporte, non ? - Oui.

C'est mieux.

Désolé, on a une grosse journée, ici.

Et ce sang ? Que s'est-il passé ?

J'ai fait une trachéotomie à une patiente.

Elle va bien.

Toi, tu restes un peu avec papa.

On va faire des examens. T'as été géniale.

On a encore du travail. Viens.

Lin, Cristina va bien.

Tant mieux.

Ton diagnostic lui a sauvé la vie.

- J'ai eu de la chance. - Non, t'as été doué.

Tu as fait la différence. Ne pars pas.

Non, Giulia.

Là, ça s'est bien passé. Mais la prochaine fois...

Je ne supporte plus cette situation.

Les techniciens ont fini.

Je les ai pas lâchés jusqu'au bout.

Alors, cette femme te doit la vie.

La patiente est encore en médecine interne.

D'accord, on vous attend. Merci.

- Salut. - Salut.

Que fais-tu là ?

Je voulais savoir comment tu allais. Tout va bien ?

Oui, tout va bien.

- Désolée, je... - Et j'avais une question.

Tout le monde croit que tu as ton diplôme ?

J'ai vérifié les archives de la fac.

Et je n'ai pas trouvé ta thèse.

Pathologie systémique 3. C'était cet examen ?

Il t'a valu le rattrapage.

Tu as du travail.

Je te retiens pas.

On en reparlera.

Bon courage.

Quelqu'un a senti une secousse ?

Certains disent qu'on s'habitue à la vie et à la mort.

Ils se trompent ou n'ont jamais vécu une secousse.

Allez, on y va.

La journée commence à peine. Au travail.

Tu es en retard. Je t'attends depuis une heure.

J'ai pris un coup à la tête. Qui es-tu ?

Quel enfoiré.

J'ai cru ne plus jamais te revoir.

Moi aussi.

Quel étage, mademoiselle ?

Je ne veux pas descendre.

...

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