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C'est moi le plus fort.
C'est moi
qui gagne.
Mon coeur, sois sage.
Viens t'asseoir.
C'est bien.
Désolée.
Oui, je suis au bureau.
On s'appelle plus tard, mon amour.
Excusez-moi.
- Les urgences ? - C'est par là.
Merci.
Je peux ?
J'ai fini les visites.
J'y vais, mon train part dans une heure.
Ecoute.
Je comprends ta déception,
mais tu craignais avoir tué quelqu'un.
C'est moi qu'on a tué.
Si ta femme t'a trompé, il y a 15 ans, c'est pas si grave.
Tu plaisantes ?
C'est plus qu'une simple infidélité.
J'ai passé des années, après mon amnésie,
à essayer de trouver un sens à toute cette histoire,
et là, je découvre que tout est faux.
Pas tout.
Agnese m'a menti pendant des années.
Elle sait que la vérité est importante, pour moi.
Maintenant, tu peux tourner la page.
Je voudrais pouvoir tout effacer.
Ce qui est arrivé aujourd'hui et à l'époque.
Tu as raison.
Au moins, tu serais pas devenu un connard.
Ni aujourd'hui ni à l'époque.
Je ne voulais pas dire ça.
Tiens.
A en juger par ta tête, t'en as besoin.
Cette histoire d'Agnese m'a choqué aussi.
- C'est fou. - Y a pas que ça.
J'ai vu Diana Novelli.
La Diana d'aujourd'hui, ici.
- Ca veut dire quoi ? - Ca veut dire...
Ca veut dire que les urgences sont débordées. Maintenant,
ton hallucination est là.
Réveille-toi, Diana est ici.
Sa fille a une jambe gonflée. Elle est là
pour un monitoring.
Tu as sauvé sa santé mentale. Et la mienne.
Ma vie n'a plus de sens, mais je suis pas fou.
Tu exagères. Bien sûr qu'elle a du sens.
Je n'ai plus d'espoir de retrouver ma mémoire
et j'ai découvert qu'Agnese
n'est pas la personne que je croyais.
Donc, moi non plus.
Et je me suis disputé avec Giulia.
C'est sûr qu'Agnese...
Pourquoi elle lui a avoué ça, après tant d'années ?
Il vaut mieux mentir ?
Comme pour la visite chez Filippo ?
Filippo ?
Non, c'était Paolo.
Paolino, il habite à Bovisa.
J'avais dit Filippo ?
Paolino.
Salut, Diana.
Bonjour.
Je pensais pas te revoir si vite.
C'est lui ?
Oui.
Tu peux m'appeler "Doc".
Tu es...
Greta. "Suspicion d'une thrombose
"due à un hématome post-traumatique."
Quel trauma ?
Je me suis fait ça, en tombant du vélo.
Je croyais que c'était rien, mais après
j'ai vu que j'avais la jambe gonflée.
Aux urgences,
on m'a dit que c'était lié.
C'est possible. Un caillot a pu se former
et entraîner une thrombose veineuse profonde.
On nous a dit que l'héparine suffira.
Un examen n'est pas nécessaire.
Il faut valider le diagnostic.
Mon amour, t'es là ?
Je passe en coup de vent, je reviendrai.
Docteur. Salut, Diana.
- Alors, ça va ? - Oui.
J'ai glissé avec mon vélo,
sur les rails.
Devant la fac.
Ce n'est rien.
On doit me garder en observation jusqu'à ce soir.
Maman, tu peux rentrer chez toi.
Oui, rassure-toi. Je suis là.
D'accord.
- On s'appelle plus tard. - OK.
Au revoir.
On va faire une échographie.
Ecoute.
Tu es peut-être un bon médecin,
mais je n'ai pas confiance. Tu as eu des hallucinations.
Je n'étais pas moi-même,
à cause de mon traitement.
Je l'espère.
L'échographe va en salle de soins,
pour confirmer une thrombose veineuse profonde.
Nouvelle admission ?
Elle reste pas.
Trouve pas de complications, j'ai pas de lits.
J'en cherche un pour Elisabetta.
Son état s'est aggravé ?
Elle a appelé. D'après sa voix, j'ai compris que ça n'allait pas.
Elle arrive.
La voilà.
Salut.
Qu'est-ce qui se passe ?
Je sais pas. Depuis deux jours, j'ai des nausées.
J'ai même vomi. J'ai pensé
que c'était un truc que j'avais mangé,
mais après j'ai commencé à avoir mal au ventre.
Depuis deux jours ?
T'attendais quoi ?
On la met sous perf, dans le couloir. Teresa,
fais un miracle.
Envoie quelqu'un.
- Appelle, si t'as besoin. - Merci.
Toi, avec moi.
Désolée de t'avoir appelé.
T'aurais dû appeler plus tôt, je suis ton médecin.
On va te remettre sur pied.
Qui s'occupe de Pietro ?
Ma voisine.
Le voilà.
C'est l'invitée avec place côté couloir ?
Les places côté hublot étaient terminées.
Mais vous avez gagné
une de mes célèbres blagues.
Il lui faut une solution de réhydratation,
une numération plaquettaire et une NFS.
A vos ordres.
A plus tard.
On visualise la thrombose.
C'est un caillot qui obstrue la circulation.
C'est une thrombose veineuse profonde.
T'es tombée du vélo ?
Bien sûr. Pourquoi ?
J'ai la sensation que t'as menti à ta mère.
Tes sensations ne comptent pas.
Je sais ce qui t'est arrivé,
avec les hallucinations
et le reste.
Faites-lui les gaz du sang, vite.
- Oxygène, 4 litres. - Oui.
Tout de suite.
Il se passe quoi ?
Le caillot a peut-être
migré jusqu'aux poumons.
On doit vérifier et intervenir rapidement.
J'ai pas d'autres lits.
J'en ai juste un pour Elisabetta.
La thrombose a peut-être provoqué une embolie pulmonaire.
- T'es sûr ? - Les gaz du sang
sont limites. On doit faire un scan.
J'ai augmenté la dose d'héparine.
S'il te plaît, j'en suis sûr.
Une simple surveillance ne suffit pas.
Je dois comprendre ce qu'elle a.
Elisabetta a une thrombopénie.
Je dois lui faire une plasmaphérèse.
Alors... Elisabetta va dans la 11.
Greta, en salle de soins. Si ça suffit pas,
trouve quelqu'un à transférer. Les lits,
ça pousse pas sur les arbres.
Tu fais quoi là ?
Je veux voir maman.
Si son cas n'était pas grave, elle resterait pas.
Non ?
La maladie de ta mère est sérieuse.
Ca, tu le sais.
On doit faire attention, quand ça va pas.
- Même si elle vomit ? - Oui.
Ca l'a affaiblie.
Ca n'a pas l'air grave, mais on doit s'en assurer.
Elle est en train de mourir ?
Non, Pietro.
Tu me le dirais ?
Je te le jure.
Rassure-toi.
Regarde s'il y a quelqu'un sous le lit.
Teresa a fait n'importe quoi pour le dégoter.
Il y a le patient invisible, on peut pas le voir.
Guéris vite,
il me vole la vedette.
Alors...
On fait perf et plasmaphérèse.
- Demain, on refera les examens. - OK.
Cesconi passera plus tard.
Je reste là.
Tu rentres chez toi. Dans une heure,
je reviens te chercher.
Ne perds pas de temps à te pomponner.
Merci.
C'est sur ma route.
A plus tard.
A plus tard.
Et toi...
essaie d'être sage.
Je n'ai pas réussi à lui trouver un autre lit.
Elle dort là ?
Ca fait rien.
Demain, elle aura un vrai lit.
Elle ne sort pas demain ?
Je dois aller travailler...
T'inquiète pas, c'est pas grave.
Pourquoi elle reste ? C'est grave ?
Le scanner a confirmé l'embolie.
Le caillot doit se résorber
et on doit faire d'autres examens.
Si t'es d'accord...
j'appelle ta mère et je lui explique tout.
Je lui ai dit que ça allait.
Mais elle pensait que tu allais sortir...
L'urgence a été traitée.
Pas la peine de l'inquiéter.
T'as trouvé un lit ?
J'essaierai demain.
Cesconi a trouvé.
J'ai transféré une patiente en gériatrie.
Merci.
Sous cette carapace,
se cache un gentil garçon.
Pietro ?
Avec sa mère.
Elle pensait qu'il était avec toi.
Et que tu passerais la voir.
J'ai pas eu le temps. Tu l'as vu ?
Ta blague n'est pas drôle.
C'est pas une blague.
Et alors ?
Laisse-moi rester.
T'es de garde, non ?
- Je serai sage. - Pietro...
Demain, tu iras à l'école.
J'appelle la voisine.
Je m'en occupe.
Tu dis rien à Elisabetta ?
Elle doit se reposer.
Dis à Teresa qu'on l'a trouvé.
Tu vas me faire virer.
Merci.
Tu es sûr que je ne pourrai pas retrouver mes souvenirs ?
On a toujours cru que le baiser entre Agnese et Bramante
était un faux souvenir. Si leur relation était réelle,
mon souvenir pourrait être vrai
et je pourrais en avoir d'autres.
Si tu penses
stimuler de nouveau tes souvenirs, c'est exclu.
C'est pas comme ça que tu trouveras du sens.
Ce souvenir pourrait être faux,
ça pourrait être une empreinte
qui s'est déposée dans ton cerveau.
- Mais s'il est vrai... - Je pourrais pas t'aider.
Si tu veux t'ôter ce doute, c'est pas à moi qu'il faut demander.
Entrez.
Tu es encore au travail ?
- C'est urgent ? - Oui, mais ça concerne
le Dr Sandri.
D'accord, il est à toi.
Désolée.
J'ignorais qu'il était là.
Quand on arrêtera de se cacher ?
On est pas en train de se cacher. Il n'y a rien, entre nous.
Tu as peur de tes sentiments, je sais.
Non, je connais très bien mes sentiments.
Tu refuses de l'accepter,
mais je suis patient
et je te le répéterai mille fois.
Et moi, je t'écouterai mille et mille fois encore.
Entrez.
Je préférais quand tu ne frappais pas.
J'ai juste une question.
Comment j'ai compris ?
Je vous ai vus ensemble ?
- C'est vraiment nécessaire ? - Réponds, s'il te plaît.
J'ai avoué. Je n'arrivais plus à te mentir.
Comme maintenant.
Ca change quoi, maintenant que tu sais ?
Rien, tu as raison.
Encore un faux espoir.
Je craignais de l'avoir perdu.
Quelqu'un a appelé ?
- Genre Giulia ? - Genre personne.
Il fait quoi, Enrico ? Il est en retard.
Il était avec Barbara.
Elle voulait un truc. C'est quoi, cette tête ?
C'est Enrico.
C'était Agnese.
Il me cache quelque chose.
Ca doit être professionnel.
Demande-lui.
Vous êtes encore là ?
Pardon, j'ai attendu qu'elle s'endorme.
Merci. Au revoir.
Pardon.
- Je peux te poser une question ? - Oui.
Greta est tombée du vélo ?
Pardon ?
Elle a menti à sa mère.
La raison ne m'intéresse pas,
mais chaque détail est important, pour nous.
Elle a menti à propos de la fac.
Elle est tombée en allant au bureau.
- Ca me paraît pas important. - Non, c'est vrai.
Mais pourquoi mentir ?
Ca vous intéressait pas, non ?
J'ai menti.
Greta ne veut pas décevoir sa mère.
Diana n'est pas au courant.
Pour elle, le diplôme passe avant tout.
Et pour Greta ?
Nous voulons une famille.
Un enfant.
Diana ne serait pas d'accord.
Pour elle, il faut d'abord étudier.
C'est pas une mauvaise idée.
Oui, mais...
chacun est différent.
Ca, Diana ne l'accepte pas.
Moi, à la fac,
j'étais toujours super stressé.
Je volais des psychotropes à mon grand-père.
Puis, j'ai compris que j'avais pas besoin d'un diplôme.
J'ai trouvé un boulot, et depuis, je vais bien.
Tu volais des psychotropes à ton grand-père ?
C'était quoi exactement ?
Vous vous moquez ou quoi ?
Plus ou moins.
S'il te plaît, dis oui.
A quoi ?
J'étais sérieuse, l'autre jour.
J'en ai parlé à toute l'équipe.
Deviens notre médecin.
L'entraîneur va te faire une proposition officielle.
C'est pas facile, pour toi, de quitter la médecine interne,
mais réfléchis-y.
On travaillerait ensemble.
L'idée te plaît ?
Comme Laura t'a déjà dit, je voudrais te parler.
Je sais, vous avez honte quand je m'entraîne avec vous.
C'est rien, je comprends.
C'est dingue.
Fede ? J'ai essayé de t'appeler,
mais tu réponds pas.
Next,
éteins la musique.
Je sais, c'est pas sympa
de débarquer sans prévenir.
Voici Lin Wang, une collègue de médecine interne.
Lin, mon père.
- Enchantée. - De même.
Tu as déjà dîné ?
On a pris un tas de trucs.
Jambon, mozzarella...
Elle vient de Caserte.
Je vais me laver les mains.
Elle est jolie, la Chinoise.
Jolie.
Elle dort ici ?
J'ai vu des trucs de fille.
Elle dort ici, parce qu'elle a des problèmes.
Je lui ai donné la chambre d'amis.
D'accord. J'ai rien contre les Chinois,
tu le sais.
A ton âge, il faut s'amuser.
Puis, à un moment donné,
on tombe amoureux et on fonde une famille.
Puis on divorce et on en fonde une autre.
Alors ?
Comment ça va, cette expérience en médecine ?
C'est très prenant, mais ça se passe bien.
C'est dur, mais en sortant de là,
- on pourra tout faire. - C'est très bien.
- Merci. - Ecoute...
Demain, passe à la clinique.
On t'a pas vu, dernièrement.
Demain, tu dis ?
Non, ça va pas être possible.
Fais un effort.
Evidemment, Lin est invitée.
Elle connaîtra notre monde.
- Je voulais t'appeler. - J'ai vu.
Je sais que pour toi c'est difficile.
Je veux pas minimiser ce que tu ressens.
Quand tout ça est arrivé,
ça t'avait amené à te renfermer sur toi-même.
Mais aujourd'hui, tu peux en sortir grandi.
Pourquoi Agnese m'a menti, aujourd'hui ?
Pour te protéger ?
Me protéger de quoi ?
J'avais besoin de savoir.
Et puis, elle a fini par tout avouer.
Pardon.
Je suis sur les nerfs. On a admis
la fille de Diana.
Tu voulais appeler pour ça ?
Pour son petit ami.
Il m'a avoué avoir pris des benzodiazépines.
- C'était en 2010 ou 2011. - Je l'interrogerai, pour l'étude.
Ce qui est intéressant,
c'est qu'il volait ça à son grand-père,
qui était dans un centre de soins.
Apparemment, on en administrait des doses massives.
Dans un Ehpad ?
Oui, c'est ça qui est bizarre.
Malheureusement,
la dysenterie d'Elisabetta s'est intensifiée.
Il faut refaire les analyses
et une coproculture.
Elle en dit quoi, Elisabetta ?
Elle en dit quoi ?
L'infirmière dit qu'elle est sereine.
Tu lui as pas parlé ?
Je pouvais pas, j'étais avec Pietro.
Je reviens dès que possible.
T'as fait une garde de nuit.
Je récupérerai quand Giulia reviendra.
Tu as raison. Aujourd'hui, Martina n'est pas là non plus.
Allez, tu dois aller à l'école.
- Viens. - Et mon cartable ?
- Ton instit ne dira rien. - Tu lui parleras.
C'est promis.
- On y va. - OK.
L'embolie ne cadre pas avec une thrombose veineuse.
C'est pas un problème local. C'est plutôt
quelque chose de systémique.
Y a une thrombose à l'autre jambe.
C'est l'écho-doppler couleur.
Elle est sous héparine ?
- Oui. - Bien.
Qu'est-ce qui cause ces thromboses ?
- Des idées ? - Une coagulation
intravasculaire disséminée ?
Provoquée par ?
Un syndrome myélodysplasique.
Ou bien c'est une prédisposition génétique.
Elle prend une contraception orale ?
Il y a le facteur hormonal
qui peut jouer, en cas de thrombophilie.
Elle n'en prend pas.
Elle pourrait mentir.
Mais pourquoi ? Me demanderez-vous.
Elle paraît en avoir l'habitude.
Nous, on n'a rien demandé.
Je sais.
C'est le moment
de demander un myélogramme
pour vérifier si c'est un syndrome myélodysplasique.
On va faire ça.
Et pour la prédisposition génétique ?
Vérifiez le facteur V Leiden.
Mutation du gène de la prothrombine et dosage des protéines C et S.
Tu utilises une contraception orale ?
J'ai déjà répondu aux internes.
Tu aurais pu mentir à cause de Luca. Il dit que vous voulez un enfant.
Pourquoi je mentirais ?
Pour ne pas le décevoir, peut-être.
Comme avec ta mère.
Je fais ça pour la protéger.
Ecoute-moi bien.
Mentir, ce n'est pas protéger.
Mon ex-femme m'a caché quelque chose d'important,
pendant longtemps. J'en ai souffert encore plus.
Je sais, mais...
ma mère ne comprendrait pas.
Il faudra bien lui en parler, un jour ou l'autre.
On cache pas une grossesse.
Le moment venu, elle l'acceptera.
Comme elle l'a fait avec moi.
Elle était assistante à la fac, à l'époque.
Mon père s'est tiré.
Elle s'en sortait pas et a dû retourner chez ses parents,
à Magenta.
C'est pour ça qu'elle a disparu.
Elle en souffre encore.
C'est vrai.
Pour elle, je suis la cause de son échec.
Je pense pas que ta mère te voie ainsi.
Si t'as peur d'avoir un enfant, je le comprends.
Non...
je n'ai pas peur.
Il n'y a rien de mal.
Je ne dirai rien à Luca,
mais dis-moi si tu prends la pilule,
c'est très important.
Greta, s'il te plaît.
C'est pas ma faute, si j'y arrive pas.
Ecoute...
Lin ! Federico ! Aidez-moi !
Il me faut quelque chose pour éponger.
Vite.
Une poche. Il faut poser une perf
et lui faire un scan.
- Vite. - OK.
Appelle la chirurgie, on doit l'opérer.
D'accord.
Ca va, Doc ?
Le scan de Greta
montre un épanchement dans la cavité péritonéale.
Il faut l'opérer en urgence.
- Et ? - J'ai peut-être
surdosé l'héparine, alors...
il est possible que l'hémorragie soit de ma faute.
C'est forcément lié à ça ?
Et à quoi d'autre ?
J'arrive même plus à réfléchir.
Diana a raison de penser que je suis fou.
Je sais même pas poser un diagnostic.
C'est juste un incident de parcours.
Tu veux en parler à Giulia ?
Non, Giulia veut s'en aller.
Il faut s'habituer à se passer d'elle.
Agnese te fait souffrir et tu te disputes avec Giulia ?
Ce qui nous arrive peut avoir des conséquences
aussi imprévues que positives.
Même si ça nous fait souffrir.
Ma séparation m'a conduite à Enrico.
Et toi, à Giulia.
Tu lui as parlé de Barbara ?
J'ai toujours peur de paraître obsédée
et jalouse.
Mais ce soir, je lui parlerai.
Maintenant, appelle Giulia.
Je dois aussi appeler Diana.
Courage.
On doit juste identifier l'infection. Rassure-toi.
Je suis pas inquiète.
Vous faites tous de votre mieux.
Je voudrais te demander un petit service.
Bien sûr, dis-moi.
Apprends-moi une blague belge.
Je voudrais la ressortir à Pietro.
Je n'ai plus de blagues belges.
Mais j'ai des blagues croates.
Oui, j'ai osé.
Tu vois ? Il y a toujours du positif.
Si on m'avait pas hospitalisée, je t'aurais pas rencontré.
Ca a l'air d'un compliment.
C'en est un.
J'ai pas revu ta collègue. Elle s'appelle...
Martina. Elle est pas là, aujourd'hui.
Et moi qui espérais ne pas te la faire regretter.
Et Damiano, il a une bonne raison de ne pas être passé ?
Pas une seule fois.
Il se cherche des excuses ?
Salut.
Salut, Martina.
- Alors ? - Bon...
L'avocat a été clair, je risque
deux procès au pénal :
pour exercice illégal et usage de faux.
Usage de faux ?
J'ai écrit une déclaration disant que j'ai un diplôme
et je l'ai signée.
Tu vas pas avouer et finir au tribunal ?
Non.
Je peux essayer de passer mon examen,
avant de me faire pincer. Ensuite, je ferai une demande
de spécialisation.
Mais pas à l'Ambrosiano.
Je devrai changer d'hôpital et de ville.
Ca serait dommage.
Oui.
Mais j'ai pas le choix.
C'est faux. T'es déjà interne
et tu as raté ton examen cent fois.
Tu peux pas être sûre que tu vas l'avoir.
Non, bien sûr. Mais j'ai pas le choix.
Je dois essayer.
Voici les statistiques
sur l'usage des benzodiazépines dans les hôpitaux.
Mais si on parle des pharmacies, les ventes sont plus élevées.
Merci.
Je peux avoir aussi les données relatives aux Ehpad ?
- Oui. - Il me faudrait
les données de la période 2010-2011. Dans les hôpitaux
- et les Ehpad. - J'ai besoin de temps.
Bien sûr.
Je vais faire des photocopies et tout envoyer à Milan.
Attends.
Je viens de me rappeler que, en 2011,
ton chef avait demandé les mêmes infos sur les benzos
dans les Ehpad.
Tu voulais faire une recherche sur les benzos et les Ehpad.
Merci.
Et puis, tu as changé d'avis.
- Je sais pas pourquoi. - C'est évident.
J'avais d'autres soucis.
Surtout après mon retour de New York.
T'as jamais renoncé
à ton travail pour des questions personnelles.
Pour cette question,
j'avais renoncé à mon rapport avec les patients.
Et parfois, je me dis que c'était mieux.
T'es inquiète pour la fille de Diana ?
J'ai perdu trop de temps avec mes questions.
J'ai pas réussi à faire une synthèse.
Tu manques beaucoup au service.
Au service ?
Ecoute.
Je voulais pas dire
que notre histoire n'a pas été importante, mais...
Il est où ?
- Je vais te tuer ! - Arrête !
C'est quoi, ça ?
On est dans un hôpital !
Greta n'avait rien et a fini au bloc.
On savait qu'il pouvait y avoir des complications.
Allons prendre l'air, ça te calmera.
Excusez-moi.
Il a peur pour Greta.
Et moi aussi.
Je vais la ramener chez elle.
Si seulement je ne t'avais jamais croisé.
Ils ont raison.
Soit l'héparine a favorisé l'hémorragie,
soit la cause est une maladie systémique. Tu dois creuser.
L'opération s'est bien passée. On la ramène en réa.
Elle pourra pas être transférée.
On attend Federico et on reprogramme les examens
qu'on voulait faire.
Des mauvaises nouvelles ?
Il y a un souci ?
L'infection d'Elisabetta est une shigelle.
T'aurais dû le dire.
Je viens de le faire.
J'ai déjà lancé le traitement, je n'avais pas besoin
d'approbation.
OK, merci.
Par contre, ça serait bien
si tu parlais à Elisabetta.
Je ne veux pas savoir pourquoi tu l'évites, mais...
parle-lui.
Tu es venu ?
Tu as raison.
Je craignais que les choses soient pas claires, entre nous.
Qu'il y ait des malentendus.
Je savais pas comment te le dire.
Tu n'as pas à te justifier.
Je comprends pourquoi tu peux pas être amoureux de moi.
T'as vu mon état ?
Le problème c'est pas toi, c'est moi.
Je suis pas prêt à retomber amoureux.
On vous a brisé le coeur, docteur.
"Des soucis avec une fille", comme dirait l'autre.
Pour pas te donner de faux espoirs, j'ai pas été proche comme médecin.
Excuse-moi.
Je préférerais que tu sois proche de moi comme ami.
Je peux supporter l'idée
que tu sois pas amoureux,
mais pas celle de plus jamais te revoir.
Je tiens beaucoup à toi.
Pardon de t'avoir évitée.
On fait la paix ?
- Salut. - Salut, mon poussin.
Je voulais te dire une autre chose.
Je dois absolument te la dire.
Pietro a dormi ici...
T'es une balance !
Je dois demander à ta mère si tu peux dormir chez moi.
On se gavera de glaces
- et de jeux vidéo... - S'il te plaît.
- S'il te plaît. - Allez.
OK.
On peut tout faire.
On est à la pointe en tout : diagnostic, suivi...
- Bonsoir, professeur. - ... laser.
Et aussi greffe de cornée.
- Par ici. - Merci.
On fait aussi des formations.
Federico pourra se rafraîchir la mémoire,
en sortant de médecine interne.
Tu as des souvenirs d'ophtalmologie ?
J'ai obtenu les meilleures notes,
il y a 3 mois à peine.
Voyons un peu.
Une question facile.
Un jeune de 13 ans avec diminution de la vue. Voici ses examens.
Je devrais au moins l'examiner, faire son anamnèse, non ?
Lin, tu veux essayer ?
Federico est le meilleur, dans ce domaine.
Je l'espère bien.
Ca lui prend trop de temps.
On dirait un kératocône.
On dirait ?
C'en est un.
Désolé,
j'ai cru que c'était Diana.
Elle voudrait pas me voir ici.
La partie n'est pas terminée.
Je suis prête à parier sur tes intuitions.
Merci.
Tu as raison à propos d'Enrico.
Je ne dois pas m'inquiéter.
J'allais partir.
Désolée, j'ai fini très tard.
Tu peux prétexter une urgence, non ?
Je veux pas le faire.
T'as raison, question d'éthique.
- Je m'en charge. - Non...
Barbara, c'est...
C'est super beau,
ils vont tous adorer.
Tous ?
Je vois mes copains et je dors chez Roby.
Maman est triste,
elle a besoin de toi.
- Tu me raconteras. - OK.
Ne vous couchez pas tard.
T'es triste ?
Je ne pouvais pas lui expliquer.
Et à moi ?
J'ai inventé une histoire concernant Andrea et son passé.
Ca n'a pas été facile, sur le moment,
mais au moins, il est passé à autre chose.
Assieds-toi.
Je voulais pas en parler aujourd'hui,
mais Manuel n'est pas là. Alors, c'est le bon moment.
Après l'incident d'Andrea et l'enquête sur le covid...
j'ai vraiment cru qu'on y arriverait.
- Davide... - Attends.
Laisse-moi parler.
J'ai une liaison.
C'est sérieux.
Avec une collègue.
On s'est connus après le covid.
Ensuite, tu as choisi Manuel et moi.
Et c'était bien.
Mais finalement, j'ai compris que...
ton coeur est ailleurs.
Tu veux me quitter ?
Oui.
Et Manuel ?
J'ai renoncé à tout, pour nous.
T'aurais pas dû le faire.
On préservera Manuel, on fera de notre mieux.
Tu pourras enfin récupérer Andrea.
Le meilleur endroit, si on a pas envie de rentrer.
Ne dis pas que je ne te connais pas.
Ne dis pas : "C'est pas ce que tu crois."
C'est pas ce que tu crois.
C'est pire.
Barbara a une... maladie psychiatrique.
- Ca, c'est l'excuse... - C'est la vérité.
C'est le syndrome de Clérambault.
Elle est convaincue d'être l'objet de mon amour.
Barbara croit que je suis amoureux d'elle.
Et que tu es un obstacle.
- Tu l'as encouragée. - Non, je te jure.
Mais j'ai eu tort.
Parce qu'au début...
ça me flattait.
Et je n'ai pas compris que c'était une pathologie grave.
Tu aurais pu me le dire.
Je suis un crétin.
Je pensais pouvoir tout arranger et je voulais la protéger.
Je t'aime...
Maraldi.
Je veux te croire, Enrico Sandri.
Tu comptes faire quoi ?
Parce que t'es loin d'avoir réussi.
Ce syndrome a 3 phases.
Espoir, déception, rancune.
Il faut déconstruire l'espoir, en affirmant la réalité.
Même si elle verra dans chaque geste la confirmation de ce qu'elle croit.
Puis ça commencera à changer.
Si on détruit son espoir de façon trop brusque,
la déception pourrait la pousser au suicide.
- Mon Dieu ! - Oui.
Si elle dépasse cette phase, elle pourrait arriver à la rancune,
et pourrait essayer de me tuer.
Ou de te tuer.
Combien de temps ça prendra ?
Je ne sais pas.
Je sais seulement que...
maintenant que je te l'ai dit, je pense pouvoir y arriver.
T'es vraiment un crétin.
N'essaie plus jamais
de me mentir, ou c'est moi qui vais te tuer.
Appelle-moi "ourson".
Pas maintenant.
T'as raison.
Il faut trouver sa pathologie avant son transfert.
On fera comme Giulia, on la trouvera ici.
Venez.
- Heureux de te revoir. - Merci.
J'allais briefer Cesconi sur Elisabetta.
T'as résolu ton problème ?
C'est en cours de résolution.
Toi, ça va mieux ?
L'autre soir, t'étais triste.
Tu vois l'équipe de Laura ?
Ils voudraient m'embaucher comme leur médecin référent.
Vraiment ?
C'est bien.
Tu veux faire ça ?
Quitter la médecine interne ?
J'y réfléchis.
Ca te paraît impossible ?
Alors ?
Les plaquettes ne sont pas remontées.
Les résultats ne sont pas bons.
La shigelle a aggravé son purpura.
Elle doit sortir de cette spirale.
Il faut lui dire qu'elle reste là, pour l'instant.
Je m'en occupe.
Quel soulagement.
Je peux pas annoncer une mauvaise nouvelle.
Voilà pourquoi je réfléchis à cette offre.
Si tu ressens la nécessité de quitter le service,
tu dois le faire, même si c'est dur.
Tu es en train de me dire que le purpura s'est aggravé ?
Il n'y a plus rien à faire ?
Non, on élimine la shigelle et on se concentre sur le reste.
Tu sortiras d'ici quand tu seras remise sur pied.
Je vais m'occuper de Pietro. Il reste avec moi.
Non, merci. Je...
J'appelle ma soeur.
Elle travaille loin.
Mais on a fait un pacte,
quand on m'a diagnostiqué le purpura.
Ca me dérange pas de le garder, vraiment.
Je sais et je t'en remercie.
Sauf que...
Pietro s'est attaché à toi.
Je ne peux permettre qu'il y ait...
des malentendus.
Je ne veux pas qu'il te voie comme un père.
Désolée.
Tu as raison.
Je te laisse appeler.
J'ai plus d'idées.
On dirait que c'est pas une maladie auto-immune.
En effet.
Facteur V Leiden ?
Négatif.
Et la mutation du gène de la prothrombine aussi.
L'INR est à 2,5.
Vu la quantité d'anticoagulants administrés,
c'est normal.
La cause de l'hémorragie peut être une autre.
Ca, on dirait une ancienne fracture.
Oui.
Ca peut avoir favorisé une rétention entraînant l'hémorragie.
Le dosage était bon.
Il y avait une fragilité, à cet endroit-là.
Elle nous a parlé d'une fracture de la dernière côte ?
Moi, j'en vois une autre.
C'est pas ma faute,
j'y arrive pas.
Je vais te tuer !
Quand il a une idée, il part en courant.
T'as assuré.
Comme toujours, quand t'es pas bloqué.
Comme hier, avec ton père.
Mon père ?
Tu sens toujours son regard sur toi. C'est un truc inconscient.
Toi, tu es en train de me dire...
que j'ai un problème avec mon père ?
Heureusement, on l'oublie parfois.
Ca devrait aller mieux.
Merci, je m'en occupe.
Je suis pas infaillible,
mais j'ai des bonnes intuitions.
Celle que j'ai eue à ton sujet m'inquiète.
De quoi tu parles ?
Luca te fait du mal.
T'es pas tombée du vélo.
On a trouvé plusieurs traces de fractures.
C'est lui ?
Il n'était pas comme ça, avant.
Avant quoi ?
Je voulais aller au planning familial...
pour qu'on trouve le problème, avant qu'il se fâche encore.
Quand on aura un enfant, tout s'arrangera.
Il te bat, car tu tombes pas enceinte ?
Je tombe enceinte, mais...
j'ai eu trois fausses couches.
Trois ?
Avant dix semaines d'aménorrhée ?
Oui.
Luca dit que mon corps refuse,
que je l'aime pas autant qu'il m'aime.
Non, Greta. Luca ne t'aime pas.
C'est clair ?
C'est simple.
Ecoute-moi bien, personne peut te dire qu'il t'aime
s'il lève la main sur toi.
C'est très grave.
Mais là, on doit penser...
Ecoutez, j'ai trouvé.
C'est le syndrome des antiphospholipides.
Elle risque une nouvelle thrombose.
A tout moment.
C'est un infarctus.
Aspirine.
Nitrates.
Clopidogrel. Allez, vite.
Regarde-moi.
On est là, tranquille.
Tu peux t'en occuper, s'il te plaît ?
Rassure-toi.
Tout est sous contrôle.
Et le chirurgien s'apprête à opérer Greta.
On a trouvé la cause des thromboses.
Avec le bon traitement, il n'y aura plus de problème.
Merci.
Je suis désolée.
- Pour ce que j'ai dit. - T'inquiète pas.
C'est compréhensible.
C'est fou, la vie.
Tu voulais arrêter la médecine,
je t'ai convaincu de continuer.
Et 25 ans plus tard, tu sauves la vie de ma fille.
Oui.
C'est dingue.
Selon une de mes amies...
tout ce qui nous arrive dans la vie,
même ce qui nous fait souffrir,
peut avoir des conséquences positives.
On a sauvé la vie de Greta, grâce à une série
de situations négatives.
Son syndrome était latent.
Les fausses couches ont entraîné les violences de Luca,
qui ont déclenché la maladie.
Si tout ce bordel
n'était pas arrivé...
Greta aurait pu mourir d'un infarctus,
sans que tu saches pourquoi.
Luca Rivoli ?
- Oui. - Veuillez nous suivre.
Il y a une plainte contre vous.
T'es un sale lâche.
Réglons ça entre hommes.
Tu dois disparaître.
Greta a porté plainte.
Je ne veux plus jamais te voir.
Je n'arrive pas à y croire,
je n'avais rien remarqué.
Ce n'est pas facile.
Mais tu dois être heureuse.
Greta a risqué de mourir, mais elle se fera plus jamais avoir.
Elle a compris, en une journée,
ce que d'autres femmes comprennent en des années.
C'est bien.
Merci.
Des soucis
dans le service ?
Non, on s'en sort même sans toi.
Tu es là, même quand tu n'es pas là.
Mais moi, j'ai du mal.
Tu me manques.
Et je parle pas du travail.
Toi aussi, tu me manques.
Demain, je serai là.
J'ai hâte.
Bonne nuit.
...
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