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Sous-titrage ST' 501
...
...
...
...
...
Mais où est-ce que vous allez ?
Mais vous n'allez pas recommencer, non ?
De toute façon, moi je suis pour le petit avec la chemise verte.
On peut savoir pourquoi ?
Parce que l'autre vous ressemble. Vous n'avez pas remarqué ?
Pourquoi est-ce que vous êtes si méchante ?
En plus, vous avez tort ! C'est celui en blanc qui va gagner !
Tiens !
Une petite révision pour se changer les idées.
Filippi, ce livre, je le connais par cœur.
Vous me l'avez fait répéter 100 fois depuis Paris.
Oh non ! Vous savez bien que les reines ne fument pas !
Et puis la coiffure, hein ! Moi je surveille la coiffure !
Tenez !
Lisez ! Là !
C'est donc là ?
C'est pas possible ! On a dû se tromper !
C'est pas possible ! On a dû se tromper !
Ah ! C'est ça !
Monsieur !
Holà, Roven !
Est-ce que nous sommes bien chez l'écrivain Alexandre Ca... Ne vous fatiguez pas !
Il est sourd ! Ah ! Je suis.
.. Filippi !
Raoul Filippi ! Le producteur !
Avec Laure, l'actrice !
Nous venons pour le film !
Je sais !
On a reçu vos lettres !
Ah ! Il est là !
Monsieur Alexandre !
Monsieur Alexandre !
Philippi, de Paris, avec l'or !
J'aimerais vous accueillir, mais il y a un vent de mer qui me pousse vers l'ouest !
Ne vous inquiétez pas, on va se débrouiller !
Qu'est-ce que vous dites ? Je ne vous entends pas !
Je dis on va se débrouiller !
Je ne vous entends pas !
On va se débrouiller !
C'est ça, vous avez raison, on est mieux dans le ciel, tellement mieux !
À plus tard !
Les bagages !
Qu'est-ce que vous avez fichu là-dedans ?
Dites-moi !
Le cadeau !
Attendez !
Je vais vous aider !
Je vous en prie, ne riguez pas en plus !
Attendez !
Rien de drôle !
Non mais je vais vous aider !
C'est ça, trop bien ça !
Donnez-moi l'eau !
C'est beaucoup trop lourd pour vous !
Philippi, laissez-moi vous aider !
Détendez-vous Philippi, tout va bien !
Je suis si émue d'être ici !
Émue ?
Au fond, vous n'avez jamais vraiment dit comment...
Mais si ! Je vous l'ai dit cent fois !
Il est très content que ça soit vous !
Simplement, ce type vit exilé ici depuis dix ans hors-circuit !
Il ne sait plus qui est qui à Paris !
Dix ans ?
Déjà ?
J'ai l'impression que c'était hier...
Hier quoi ? Rien.
N'essayez pas de comprendre, c'est mon secret.
Concentrez-vous plutôt sur ce que vous allez devoir lui dire !
C'est ça, d'accord !
Et vous, concentrez-vous plutôt sur les faits que vous allez devoir lui faire !
Robe longue pour le déjeuner, et bikini jaune si on va à la plage !
Où est-ce que vous allez là ?
Carlo, mon chéri !
Oh, vous êtes là !
On ne m'a rien dit !
Ça n'a pas d'importance !
Ça nous permet de découvrir l'univers très secret d'un grand artiste !
Nous sommes tellement impressionnés !
On vous a montré vos chambres ?
Non, ça n'a aucune importance, on vient juste d'arriver !
Oui, on vient peut-être juste d'arriver, mais
ça fait trente heures qu'on a quitté Paris.
Je dois avouer que j'ai un peu soif.
Ça ne m'étonne pas.
Alexandrée comme ça, elle a toujours été comme ça.
Là par exemple, que croyez-vous qu'il se dit ? Monsieur.
..
Philippi ! Raoul Philippi !
Et vous êtes là, n'est-ce pas ? Oui, madame.
Aidez Monsieur Philippi à porter ses bagages.
Vous me permettez ? C'est cela.
Exactement cela.
N'ayez pas peur.
La jeune femme dont vous tiendrez le rôle n'avait jamais peur.
Qui est cette dame ? Madame Blanche.
Sonia Blanche.
Eh ben, elle a pour l'air très mexicaine.
Madame Blanche est américaine, mais elle a surtout vécu à Paris.
Maintenant, nous habitons la grande maison sur le Cap.
Et puis, en recevant visite d'un Monsieur Alexandre.
Et vous-même ?
Je suis la gouvernante de Madame Blanche.
Je sais qu'en nous venant, on mettra un peu d'or dans cette maison.
Je t'ai préparé une surprise pour le déjeuner.
Ne me dis pas que c'est encore un volcan au chocolat ?
Si, puisque tu n'aimes que les volcans.
Où en est la surprise ? Le popo.
Ah, va bien. Le popo va bien.
Mon arbre est de pasta de almendras.
Et la Ciudad de México va ser de nueces.
Pero la lava es de chocolate.
Débrouille-toi. Elle a dit que j'ai un popo en éruption.
Pour une fois qu'elle veut quelque chose.
Y todo parece, Carlos.
Vieron alguna vez alguna ama de casa que se preocupara tanto
por el postre de su amante en las narices de su marido ?
Realmente, esta es una casa de locos.
No hablen mal de Carlos.
Au moins, il est avec les mexicains.
Pense à ce que tu souhaites, mais c'est un putain de français.
Si, mais il a une mère mexicaine.
Et la mère est simplement une.
S'il te plaît.
Je ne peux pas.
...de la matinée. Ce sont quatre.
Cette fois, nous l'avons pris à Cristóbal.
Voilà, je ne vous ai pas fait trop attendre.
Vivons à ce pauvre et beau pays.
C'est magnifique. Quel dommage qu'on n'ait plus le droit de vous photographier.
Rassurez-vous, il va s'y remettre, bien obligé.
Non, je veux dire, le film, les paparazzis, les festivals, les magazines.
Je me suis tout de même permis de vous apporter ce petit cadeau de Paris.
On se souvient de vous à Paris. On se souvient de vos exploits.
Où est-elle ?
Oui, c'est vrai ça. Où est-ce qu'elle est encore passée ?
C'est toujours la même chose avec les actrices.
Elles ne pensent qu'à se montrer et au meilleur moment, elles se cachent.
Là ! C'est le moment !
Là ! Allez, tout le plus tassé !
Là ! Allez, venez maintenant !
Vous avez vu ? Elle marche comme dans le roman.
Mettez ça. Le soleil du Mexique est sans pitié.
C'est bien. J'aime le soleil, moi aussi.
Ça doit être amusant là-haut ! C'est étrange.
Je ne le reconnais pas vraiment, et pourtant c'est bien lu.
Ça doit être très amusant là-haut ! Très amusant.
Vous n'avez pas le vertige ? Chaque fois.
Comment tu trouves l'actrice ?
Moins bien que sur les photos.
T'as tort, moi je la trouve excitante.
Ariane, ma femme, et Carlo.
Un drôle de type, Carlo.
Mais un vrai savant.
Tremblement de terre, raz-de-marée.
Volcans, exactement le contraire de moi.
Plus je monte, plus il descend.
Drôle de métier.
Regarde comme il est essoufflé.
Ça fait combien de temps qu'il t'a plus baisé ? Tais-toi.
Si, dis-moi, un an, deux ans, trois ans ?
Je t'en supplie, Carlo, tais-toi.
Et puis maintenant, voilà l'ordure.
Il ne devrait pas sortir de chez lui en ce moment.
Il prend des risques.
Qu'est-ce que t'en sais ? Je sais.
Ça, c'est Cristobal ! Mon vieil ami Cristobal !
Il habite de l'autre côté de la baie, tout près.
Il est comme ça.
Trois coups de pistolet quand il arrive, trois coups quand il s'en va.
Il est Mexicain ? Espagnol.
Ancien communiste, le lendemain qu'il chante, clandestinité et tout le bazar.
Et puis ici, au Mexique, il a un peu changé.
Quoique...
Quoique quoi ?
Ah, vous savez, c'est drôle, la vie.
Il y a tellement de gens ici qui lui en veulent.
Et c'est chez moi qu'il se sent le plus à l'abri.
Et ça me fait plaisir.
Hola.
El español Acosta, vieja casa del escritor.
Hola.
Hola.
L'idéal, ne vous fâchez pas alors, c'était Ava Gardner.
Ava Gardner, c'est l'idéal pour tous les rôles.
Ah, je l'ai connu, Ava Gardner.
J'ai cru à même que j'ai voulu l'épouser.
Et alors ?
D'abord, elle n'aimait pas mon bateau.
Et puis, on en dit, lui.
J'ai demandé toujours en mariage les femmes avec qui elle n'avait pas couché.
À propos, elle ne veut pas se marier avec moi ?
C'est lui que vous devriez mettre dans un film.
Ah non, maestro.
Ce que je veux, c'est être dansant de tes romans.
Il me l'a promis.
Un roman de ce type-là, vous devenez un saint.
C'est mieux qu'un garde-corps, connard !
Je vais te dire, Alessandro.
Si tu fais de moi un personnage, c'est comme si on décidait mon cachet judiciaire.
Mais je ne peux pas attendre ça.
Qu'est-ce que c'est, petit ?
Les oreilles, elles te font mal ?
Oui.
Cristobal !
Tu as de la chance, petit.
Je ne vais pas arracher l'affaire du maestro.
D'ailleurs, je crois que Monsieur Filippi veut nous dire quelques mots.
Mais si, Raoul !
Ne soyez pas timide.
On a tous très envie de vous entendre.
On vous écoute, Filippi.
Merci, c'est très gentil.
Eh bien, si je suis ici parmi vous, si vous me voyez si ému,
c'est que cela fait plus de dix ans que j'ai une idée fixe.
Cette idée fixe, chacun vous le dira, en tout cas à Paris,
c'est le tout premier roman de notre ami.
Ce roman, comment dire, un peu sacré, mystérieux,
sur lequel ces biographes n'ont cessé de s'interroger,
et auquel le cinéma n'a jamais pu toucher.
On a tiré des tas de films, des autres livres d'Alexandre.
Et quels films !
Mais celui-là, l'histoire de cette Mathilde,
qui rejoint Anna Karenin et Andromaque au panthéon des créatures éternelles,
il en avait fait une sorte de sanctuaire d'où le septième art était banni.
Il y a ce roman qui a changé la vie de millions et de millions
de lecteurs, ce roman que nous avons tous lu, même moi.
Continuez, Filippi.
Ce roman m'a fait l'insigne honneur de me confier
pour que, modestement, je lui offre un nouveau destin.
Ce roman, je lui ai surtout donné l'or.
Car regardez-la, votre héroïne.
Regardez-la, votre Mathilde.
C'est vous qui l'avez créée.
C'est elle qui vous a fait souffrir.
Elle est vivante. Elle vous revient.
Taisez-vous maintenant, Filippi, ça suffit.
Je n'ai jamais réussi à savoir si cette femme a existé ou non.
Tout le monde se pose la question, Monsieur Cristobal.
Ils disent que l'expropriation a déjà commencé.
Que la police est à son côté.
Ce que je ne comprends pas, c'est comment
le patron peut aller avec un homme comme ça.
Non, le patron n'est pas comme ça.
Il est un artiste français.
Amis des pauvres.
Des fenêtres.
Des pluies.
Ils disent que l'espagnol aidait aussi les pauvres.
Ce n'est pas communiste.
Quel communiste ?
C'est un exploiteur.
C'est ce qu'il a toujours été.
La sorpresa, s'il vous plaît.
Vous êtes très fort, Filippi.
Venir voir un vieil écrivain en bout de course, que tout le monde a oublié.
Vous plaisantez, depuis que vous avez disparu, vous êtes devenu une légende.
Venir lui offrir de ressusciter les êtres qu'il a aimés,
et leur donner sous ses yeux...
un corps, un visage, des gestes.
Comme c'est habile.
Seulement...
Vous connaissez l'histoire de Fauche, n'est-ce pas ? Bien entendu.
Vous savez, je suppose qu'il s'agit de l'histoire d'un homme qui vend son âme.
Ça se vend cher, une âme ?
Ça n'a pas de prix.
Ça se vend contre des illusions.
L'illusion de la jeunesse, l'illusion d'une vie qui recommence.
Très exactement ce que vous me proposez, vous.
Vous croyez vraiment que le diable ressemble à Monsieur Philippi ?
Non.
Non, le diable, ce n'est pas lui, mais c'est ce qu'il y a autour de lui.
Les images, l'argent, la jouvence.
Et puis, même s'il n'est pas le diable,
ce roman, lui, c'est mon âme.
Et quelque chose me dit que, lorsqu'on me rate ça,
on finit par le payer... cher.
Alors, je suis tenté, bien sûr.
Et je croyais, lorsque je vous ai fait venir, que j'étais décidé.
Et puis là, soudain, je ne sais plus.
J'ai besoin de réfléchir encore.
Mais tout était réglé.
Allez, dépêchez-vous.
Il y a de l'ambiance, ici.
J'ai l'impression que Cristobal a eu de la visite.
Moi, j'ai trop chaud, je vais me changer.
Ce n'est pas grave, il faut du vinaigre.
Du vinaigre, apportez du vinaigre.
Laissez-moi voir ça.
Non, non, ce n'est rien, je vous assure.
C'est rien, c'est rien.
Norma, emmène-la dans mon bureau et fais-lui du café.
Dans ton bureau ?
Dans mon bureau.
Si j'avais su, je me serais laissée piquer.
Cette fille connaît vraiment tous les trucs pour se faire remarquer.
Est-ce que vous savez que, à part moi, personne n'entre jamais dans ce bureau ?
Alors, pourquoi m'y avoir envoyé ? Je ne sais pas.
Je fais une expérience, sans doute.
Mais je ne sais pas trop laquelle.
Vous me disiez bien qu'à un moment ou à un autre, il me faudrait passer un examen.
L'examen, il a commencé dès que je vous ai vu.
Dites-moi, cette femme, Mathilde, elle vous aimait, non ?
Disons qu'elle aimait le héros du livre.
Alors, pourquoi le héros à la fin du livre ? L'offre-t-il à un autre homme ?
Peut-être faisait-il déjà des expériences.
Je ne comprends pas.
Si. Il y a des gens qui se contentent d'être
aimés, d'autres qui veulent qu'on les préfère.
Je voulais que Mathilde me préfère. Elle ne l'a pas compris. Je l'ai perdue.
Et qu'est-elle devenue ?
Elle a épousé cet homme.
Et puis ?
Et puis, il a eu le bon goût de mourir vite, dans un
accident d'avion, et de lui laisser toute sa fortune.
Alors, vous vous êtes retrouvés ?
Non. Enfin, oui. En quelque sorte.
Encore du tremblement de terre.
Pour une fois, je ne suis pas tout seul. Regarde, c'est un expert américain.
Il écrit exactement la même chose que moi, à la virgule près.
On dirait que ça te fait plaisir.
Chacun a sa spécialité. Ton mari, c'est le livre qu'il n'écrit plus.
Non, c'est le tremblement de terre.
Tellement excitant. Le tremblement de terre qui balayait tout ça.
Je t'en prie.
Mon chéri, ce que je veux, c'est que tu m'emmènes
loin d'Alexandre et de toute sa dinguerie.
Tu recommences à zéro. Tout.
Je veux partir. Tu m'entends ?
Où est-elle ? Qui ? Pardon.
Arianne, votre femme.
Ah. En jardin. Avec Carlo. Ce sont de bons amis, vous savez.
Arianne est fragile. Elle a besoin de voir des
gens qui la rassurent, et Carlo vient... souvent.
J'ai même fini, avec le temps, par lui donner
une chambre dans l'hacienda. C'est mieux, aussi.
Il est séduisant, n'est-ce pas ?
Oui. Je sais pas.
Ah, si. Si, si. Très séduisant. Et puis, il est jeune.
Sans doute.
Il vous plaît ? Mais non.
Pas du tout.
Pourtant, vous lui plaisez.
Vous savez ce qu'il a dit tout à l'heure, quand la guêpe vous a piqué ?
Les guêpes connaissent tous les trucs.
Elles choisissent toujours ce qu'il y a de plus doux.
Bon. Dites-moi, plutôt.
Oui ?
Quand l'héroïne s'en va, vous avez envie de la tuer, n'est-ce pas ?
Oui, puisque dans le roman, elle reçoit une balle dans l'épaule.
L'épaule.
Décidément.
Longtemps, Mathilde se demanda par quel mystère
cet homme ne pouvait aimer, ni se laisser aimer,
sans s'égarer dans des machinations dont il serait avec elle, la victime.
... ... ... ... ... ... ...
?
?
?
?
?
?
?
Oui, c'est bien, je vous le dis, c'était Luis.
Et qu'est-ce qu'il veut ?
Les choses se sont déroulées à la maison de Los Sánchez, le type s'est résisté.
Et qu'est-ce ?
Seulement qu'ils l'ont donné à sa mère et alors... Dis-moi.
Il y a un enfant malade.
Appelle-le par téléphone, toi.
Et dis-lui que tu me quittes tous ces bousins.
Mais patron...
Et la prochaine fois, ce seront les œufs.
Et ma valise.
Tu devrais être plus prudent avec ma valise.
D'accord ?
Alors, Carlo, d'où tu viens ?
Ne fais pas cette tête-là, on croirait que... Quoi ?
Je ne sais pas, tu es chez moi, tu te reçois bien, tu es jeune.
Je ne sais pas.
Et tu tires une gueule d'enterrement.
Fais attention, tu vas finir par la ressembler à tes allées de la terre.
À propos, tu la prépares toujours, ta révolution ? A votre avis.
Bien.
Et tu penses toujours que les bons indiens vont faire du passé table rase ?
Vous voulez jouer à quoi, là ? Très bien.
Et Cristobal, c'est toujours l'abominable René Gare...
...qui vole la terre des paysans.
Ben, ça, c'est évident que rien qu'à la porte de...
Parfait ! Eh ben, mon vieux, continue ! Dites-moi.
..
Oui ?
L'actrice ?
Comment elle va ?
Ah, mieux !
Mieux !
Justement, on parlait de toi.
Hein ? Et alors ?
Ben oui, je comprends pas pourquoi, mais...
J'ai l'impression que tu lui plais.
Toi, faudra que tu m'expliques un jour ce que tu fous tout le temps au village.
Vous savez que vous prenez des risques en désirant ce rôle.
Des risques ?
Il s'est passé des choses si étranges autour de ce livre.
Moi, vous savez, je suis une actrice.
Oui ?
Et puis, quels risques pourrais-je prendre ?
Je n'ai rien à perdre.
Si ! Vous avez une vie, des amis, un homme à Paris qui vous attend.
Plusieurs, même !
Mais c'est l'avantage.
Ça vous rend complètement libre.
Un seul conseil.
N'entrez pas dans ce jeu.
En fait, je vais vous dire, ce n'est pas vrai.
Je n'aime qu'un homme.
Depuis 10 ans.
Mais en secret.
Putain, un peu d'air.
Je deviens fou.
Avec ce type qui ne sait même pas ce qu'il veut.
Voilà !
Réforma !
Oh, yes !
Vous avez vu ?
Ça a marché !
Je viens de croiser le prêtre du village.
Et il avait l'air si bizarre.
Et regardez Alexandre.
Il n'est pas beau, notre Alexandre.
Il n'est pas du tout un prêtre normal.
Je ne sais pas, on aurait dit une sorte de bandit.
Qu'est-ce que vous voulez que ça me foute ?
Allez, ça va être l'heure de la branade.
Et j'ai comme l'impression que c'est là que je vais emporter le morceau.
Le lecteur peut supposer que c'est à dessein que ce jour-là il ne tua pas Mathilde.
Il se contenta de la blessure à l'épaule.
Sans doute s'offrait-il ainsi l'illusion
qu'un jour ou l'autre, elle lui reviendrait.
J'ai l'impression qu'il serait plus convenable que tu montes avec ton mari.
Et depuis quand tu te préoccupes de ce qui est convenable et de ce qui ne l'est pas ?
On a eu une conversation bizarre tout à l'heure, je t'expliquerai.
C'est toi qui est bizarre aujourd'hui.
Où est Monsieur Philippi ? Monsieur Philippi !
J'arrive !
Pardon ?
Oui, plutôt confiant, t'es né en besoin d'argent.
Il ne peut pas refuser la proposition que nous lui faisons.
Entendu, je vous rappelle.
Sonia ! Vous êtes resplendissante !
Mais je vous abandonne, je dois rejoindre notre amie.
Nous avons à parler à faire.
Oh non non non, montez donc avec moi.
Et laissez Alexandre à ses femmes.
On dirait bien que l'orage n'est pas loin.
De toute façon, tu nous suis.
C'était bien ton histoire de fausse.
C'est ce Philippi qui est très bien.
C'est tellement gentil d'être venu jusqu'ici.
Dis-moi, Carlo.
Oui ?
Je te trouve bizarre ces temps-ci.
Ah oui, c'est vrai.
Je suis allé et venu au village.
Quoi ?
Oh, remarque, non ? Il a l'air heureux. Regarde-le.
Depuis quand êtes-vous son amant ?
Pardon ?
Vous êtes l'amant d'Ariane, alors je vous demande depuis quand ?
Eh bien, vous au moins, vous avez droit au but.
Et lui ? Est-ce qu'il n'est pas jaloux ?
Bon, lui, on ne peut jamais savoir.
Par contre, personnellement, rassurez-vous, je ne
suis pas le genre de type à se contenter d'une femme.
C'est vraiment un pays sublime.
Oui, mais enfin, ce ballon est idiot. Nous allons dans le sens inverse de nos invités.
Question de courant. Combien de fois devrais-je
te dire que tout le principe est là ? Je peux monter.
..
descendre...
Ces machines ne peuvent aller ni à gauche, ni à droite.
Mais enfin, on ne peut pas non plus laisser nos invités partir comme ça, n'importe où.
Ne fais pas ta mauvaise tête, regarde comme on est bien. On plane, on plane.
Bon, arrête, tout ça ne m'amuse pas du tout.
Et puis, j'en ai assez. Tu embêtes tout le
monde avec tes ballons. Rentrons maintenant.
Oh, Carlo, en tout cas. Il a l'air de beaucoup s'amuser.
Oh, mais tu ne me sens pas que l'orage est en train d'arriver.
Bon.
Et toi, Lucien, prépare les voitures.
J'ai l'impression qu'il va encore falloir aller repêcher ce con de Carlo.
En nom du Père, de l'Église et de l'Esprit-Saint, Amen.
Que tal, Padrecito ?
Parece que se está metiendo en los asuntos de Don Cristóbal.
Ah ! Bonne chance.
J'aime bien quand la terre bouge, mais quand c'est le ciel, j'aime beaucoup moins.
Moi, ça me plaît.
Je pense que Philippe, il doit être dans un état.
Allô, Paris ? Ici Raoul. Vérifiez d'urgence le contrat d'assurance.
Est-ce qu'on est couverts si l'actrice s'écrase en montgolfière ?
Hein ? Il n'y a pas de montgolfière dans le film, mais il y en a chez l'écrivain.
Ah, et puis, j'ai oublié. Envoyez des fleurs
aux six actrices les plus de côté de l'agence.
Mais débrouillez-vous, mon vieux. Des roses, blanches, beaucoup.
Avec un mot à chacune pour lui dire que j'ai le rôle de sa vie.
Oui, c'est ça, Philippe.
Nous devons monter les montagnes pour trouver le chemin.
Je n'ai pas envie de marcher. On va l'attendre ici.
Vous saviez qu'à Naples, autrefois, on utilisait des
vieilles laves pour fabriquer des filtres d'amour ?
Et bien sûr, ça marchait à tous les coups.
Il semble que oui.
Vous les aimez vraiment, hein, vos tremblements de terre ? C'est ma vie.
Et quand la terre ne tremble pas ?
Elle tremble tout le temps. Tout tremble tout le temps.
La terre, les peuples, les hommes, les sentiments.
Toi aussi, tu trembles un peu.
Tiens, lève-la. Ils sont en bas.
Mais qu'est-ce qu'ils font ?
Je ne vous plais pas ?
Oh, écoutez, je vous en prie. Il fait froid.
La nuit va tomber. On est perdus, loin de tout.
Tout ça est absurde.
Arrête, tu m'énerves.
Alexandre va te la remener, ton astuce.
C'est vrai, dans le tout, qu'Alejandro la va trahir ? Je l'ai.
Je sais d'où est tombé le globe.
A la plage des fusillés.
Comme toujours.
Allez, ne vous en faites pas.
Je ne dirai rien, allez.
Tu vas l'aider, tu la prends dans l'autre voiture.
La mienne est une vraie passoire.
Dépêchez-vous, c'est à ça de prendre un coup de foudre.
Tiens, ça te ferait bien.
J'ai toujours pensé à toi.
Je pensais que la fin du monde commencerait par un orage.
Ça, on n'a jamais eu la même idée de la fin du monde, vous et moi.
Quand j'ai débarqué ici, je me disais, c'est tellement loin
de tout que même l'apocalypse mettra du temps à arriver.
J'en suis plus si sûr.
Alors, la crise ?
Ouais, le classique, les concerts trouvés seuls, le grand jeu, les petites mines.
Je ne vais pas vous apprendre ça à vous.
Et alors ?
Alors, cette fille, c'est vraiment pas croyable.
Elle s'est jetée sur moi, carrément.
C'est juste le moment où vous êtes pointé.
Ça l'a un peu refroidi.
Vous, vous, vous, vous...
Ah, les voilà !
Je vous les ramène, sains et saufs.
Il pleut tant que ça, vraiment ?
Moi, j'ai peur qu'un jour, tu ne redescendes pas.
Plus tard, Philippi, plus tard.
Encore cinq minutes, et j'enverrai un fax à Paris.
Pour vous faire remplacer.
Parce que t'es comme vous.
J'en ai cinq cent cinquante à la porte du bureau.
Celui-là, il n'a pas encore compris qu'on n'avait même pas le téléphone.
Il dit que le pont s'est écrasé.
Toi, tu me dégoutes.
Qu'est-ce qui te prend ?
Elle s'est jetée sur lui, sous nos yeux.
La guêpe, maintenant l'orage.
Dites-moi, vous êtes gâtés.
Vous êtes restés un temps fou sur cette plage.
C'était comment ?
Toi, si je ne te méprisais pas, je te ferais chasser par mon mari.
J'imagine que vous savez tout sur les vieilles laves et les filtres d'amour.
Tenez, je vous rends ceci.
Ces vagues, ce vent, c'était en effet très impressionnant.
Mais je dois dire que Carlo était très courageux.
Elle s'envoyait en l'air avec Carlo, cette salope.
Viens.
Elle s'est jetée à son tour, dans une grotte.
Carlo m'a tout dit. Vous êtes quand même très extravagante.
Oh !
Je vous en prie, n'en parlons pas.
Si, si, au contraire. Moi, j'aime les femmes qui ont du tempérament.
Oui.
Mais là, c'était trop. J'aurais pu être plus mesurée.
C'est très ondacieux, au contraire.
Mathilde faisait des choses comme ça.
D'ailleurs, je vais vous faire une confidence.
C'est une scène qui a failli être dans le roman.
Je crois que ça commence à marcher.
Excusez-moi, vous dites n'importe quoi.
Eh bien, si cette mésaventure me rapproche de Mathilde,
voilà qui me console.
Ne parlez pas déjà de consolation. Je connais Carlo.
Ce soir, ce sera un autre homme.
Tant mieux.
Ça vous fait si plaisir que cela ?
Venez, on va vous faire couler un bain.
Vous avez besoin de vous réchauffer.
C'est moi qui avais raison. Elle s'est jetée à son cou.
Ce soir, elle sera dans son lit.
Eh bien, t'es contente. T'as enfin le sujet de ton roman.
Vente.
Sexe.
Petite fille.
Rien d'après vous, de quelle femme elle en vit ce soir ?
Alors, comme ça, vous allez coucher avec lui.
Qui, lui ? Ben, Carlo.
C'est vrai que j'ai pas compris.
Les filtres d'amour, les remames, le golfier, la plage, la pluie.
Mais c'est absurde.
Je vous interdis de rire.
Enfin, si je suis ici, c'est pour le film. Le reste, je me fiche du reste.
Moi, je me fiche de votre film.
Elle a assez gâché ma vie comme ça, votre Mathilde.
Maintenant, ce que je veux, c'est Carlo.
Et je vous préviens, si vous en approchez encore, je vous tue.
Mais c'est ridicule. Là, on est vraiment en plein malentendu.
Je sais très bien ce que vous avez dans la tête.
Prenez Alexandre. Il est seul, il est malheureux.
Mais laissez Carlo tranquille.
De toute façon, il peut pas aimer une fille comme vous.
Si vous saviez.
...
Vous avez raison.
Je veux un véritable criminel.
Cristobal a le droit, même si c'est un criminel.
...
Cher ami, est-ce que je vous ai dit pour votre rôle ?
C'est pas le moment, Filippi.
On cherche une tête nouvelle.
Une belle petite gueule.
Mais qui n'aurait pas encore servi.
Votre genre, quoi. Mais il y a 30 ans.
Je dis, c'est pas le moment, Filippi.
Et la presse ? Vous avez vu la presse ?
L'ancien révolutionnaire, l'ami personnel d'Hochimine.
J'ai dit, c'est pas le moment, Filippi !
Accepte de porter au cinéma.
Laisse tomber !
Franchement, je comprends rien à ce type.
Ça se gâte, là. Faites quelque chose.
En plus, la mer est hoquée contre nous.
Vos ruses, vos stratégies, vous êtes complètement à côté de la plaque.
Vous sentez pas l'atmosphère ?
Attendez, j'ai une idée. Remettez la robe du déjeuner.
Le bikini jaune ?
La robe du déjeuner ?
C'est grotesque, tout ça.
C'est écrit dans le livre.
Je suis désolé, il a flashé. Il était comme un fou.
Je vous signale que les Aztèques
pouvaient prévoir les éclipses, les tremblements de terre.
Le chagrin d'un homme.
C'était pas leur métier.
Je bois aux Aztèques.
Vous avez raison.
Tant que ce n'étaient pas des savants, c'étaient des poètes.
Je bois à la poésie.
Je crois que nos amis s'ennuient.
On devrait organiser quelque chose.
Je ne supporte pas que mes amis s'ennuient.
Je bois à l'amitié.
D'ailleurs, tout le monde s'ennuie pas ici.
Comment ?
Vous ne sentez pas ces vibrations ?
Ces émotions ?
Ces petits cœurs qui s'affolent ?
Ces sensations ?
Ces filtres d'amour ?
Je bois à l'amour.
Puis, puisque ça a l'air d'être le jour,
je vais faire une déclaration.
Marianne, venez ici.
T'es ma femme après tout.
Alors, il n'y a pas de raison.
Arrête.
Je bois à ma femme.
Arrête.
Arrête.
Je te laisse danser.
Mais dis-le-moi encore !
C'est de ma faute à moi si tu ne peux plus écrire.
C'est de ma faute !
C'est de ta faute.
C'est de ma faute !
T'as piqué ?
Ah !
...
????
Tu fais pas ça petit.
Tu pourrais te faire mal.
J'ai pas besoin de ça moi.
Moi je bonde.
Enora buena hombre.
Mais vous pleurez.
Mais je vous avais dis.
N'entrez pas dans son jeu.
...
Ce soir, je ne dormirai pas sur mon bateau.
Parce que ?
Parce que c'est la pleine lune.
Et que Cristobal, il ne dure jamais sur un bateau la nuit de pleine lune.
Ah...
Tu te crois déjà à la première du film ?
Ah la première, vous verrez !
C'est bon, Philippi, gagnons du temps.
J'allais vous le proposer.
Mais votre film, je n'en veux pas.
Quoi ?
Vous m'avez entendu, je ne signe pas.
Je ne comprends plus.
Vous disiez que vous hésitiez, mais de là... C'est pourtant simple.
Vous avez failli me convaincre.
Ce roman qu'il ne fallait pas souiller, cette petite
parcelle d'innocence que je voulais préserver.
Vous aviez raison, ça n'allait pas loin.
Surtout quand on a besoin d'argent.
Ah, alors ?
Alors, il s'est passé quelque chose cet après-midi.
Un truc tout bête.
Dis donc, c'est intéressant ton histoire de pleine lune ?
En effet, c'est très intéressant, mais j'aimerais quand même savoir moi...
Ce qui s'est passé cet après-midi ?
Oh, c'est tout simple.
Je suis allé récupérer sur une plage déserte une fille à un type.
Qui avait trente ans de moins que moi.
C'est tout bête, hein ?
Arrête avec ça !
Je me suis dit qu'elle n'a pas couché avec lui.
Pas vrai, Lucien ?
De toute façon, ce ne serait pas la première fois
qu'on aurait un petit condamné pâte pour nous emmerder.
Passe-moi les épaules, Lucien, j'ai fatigué.
Je vais vous dire ce qui me plaît dans votre affaire.
C'est que vous m'offriez de revivre ma jeunesse.
Et de faire comme si tout pouvait recommencer.
Tout.
L'amour, mes livres, l'argent, la gloire...
La vie, quoi.
Et ce que j'ai compris, c'est que ça ne marche pas comme ça.
Oh, mais si c'est ça, ça peut s'arranger.
L'or est possédé, vous m'entendez ?
Possédé par le personnage.
Donc par vous.
Et pourtant, ça ne me fait plaisir qu'à moitié.
J'agis pas de ça, Filippi.
J'ai juste compris.
Et ça, vous n'y pouvez rien.
On ne peut pas improviser sa propre résurrection.
C'est fini, c'est fini.
Il y a même un peu...
Même un peu d'obscénité.
Alors vous voulez faire un film sur l'histoire de ma vie ?
C'est pas la peine.
Ils le font, le film, là-bas, à l'histoire de pleine lune.
Ils ont des acteurs épatants.
Et il paraît que le scénario tient le coup.
La Cruse Roja sollicite à la...
Tu sais ce qui te ferait du bien ?
Rien ne me ferait du bien.
Pourquoi tu dis ça ?
Parce que je suis déjà mort.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu sais, Cristobal,
les écrivains ne meurent pas comme tout le monde.
Parfois ils meurent trop tôt, parfois ils meurent juste à l'heure.
Après cette traînée,
jusqu'à la dernière ligne,
de la dernière page,
de leur dernier bouquin.
Et puis ils crèvent, juste à l'instant, et n'ont plus rien à dire.
Ça c'est les grands titres.
Et puis il y a les autres.
Ça fait, semblant de vivre, cinq, dix ans de plus.
Ça écrit plus une ligne, ça tire sur ses
souvenirs, comme sur un vieux compte en banque.
...
Jusqu'à ce qu'ils s'aperçoivent que c'est la source qui t'arrive.
Complètement insèque.
Allez, bois en gros.
Pourquoi il est toujours là,
celui-là ?
Si je te dérange, tu peux t'en aller.
T'inquiète pas, petit.
Je m'en vais demain matin.
Demain matin ? Tu es sûr ? Eh oui.
Petit.
Vas-y, chérie.
Mais ce qui me fait réfléchir, tu vois,
ce serait quand même de te casser la gueule une fois,
avant de partir.
Tu veux bien ? Fais ta balle.
On va la jouer autrement.
Ça fait des mois que j'ai pu boxer, ça va me détendre.
Ça te dirait de faire un round ?
Juste pour rire, comme ça. Je ne taperai pas.
Dans l'état où vous êtes ?
Ça fait 30 ans que je m'entraîne.
Et toi, tu n'as jamais mis les gants.
Alors, tu vois, on est quittes.
Fais comme d'habitude,
et préviens tout le monde.
Ça vous excite ? Assez, assez.
Allez, allez.
Allez, allez.
Non, mais c'est trop...
Allons, cabrones,Classir les chevaux ! Elégro me decía.
.. Que sonne... ah oui !
Tout ça n'est plus de votre âge.
Je me souviens quand vous aviez cassé la gueule de ce type
qui avait écrit que vous aviez du style mais pas de couille.
Ça se passait où déjà ? Paris 1975.
Rue du Bac, oui.
Deux directs.
Du vrai travail de champion.
Il n'y a plus eu un critique pour oser dire un mot de travers sur vos états de service.
C'était le bon temps.
Comme il y a dix ans.
Juste avant notre départ, quand vous aviez démoli ce
merdeux qui vous avait lâché sur un plateau de télé,
que si vous changez tout le temps de femme, c'est que vous écriviez plus vos livres.
Il faut vous y faire.
Tout ça, c'est du passé.
Vous n'avez plus le souffle, ni les jambes.
Comme pour le reste, au fond.
De vous à moi, pourquoi est-ce qu'on est partis ?
Bon, je connais la version officielle.
Le grand écrivain se retire.
Il prend congé du monde.
Il part écrire son chef-d'oeuvre, les yeux fixés sur l'éternité.
Mais la vérité, c'est que, vous le sentiez bien, la saison était finie.
Fallait passer la main.
C'est déjà beau d'avoir tenu trente ans.
Et même quarante, si on compte votre première
période, quand vous faisiez correspondant de guerre.
Regardez-moi.
Je n'ai même pas eu de saison du tout.
Toujours dans votre ombre.
Est-ce que je m'en plains ?
Ce n'est pas mal, toi non plus. Tu avais des talents.
Peut-être.
Mais maintenant, voyez où j'en suis.
Secrétaire d'un écrivain qui n'écrit pas.
Condamné à classer des vieux papiers.
À trier le mieux de courrier qui n'arrive plus.
Encore un peu, et quand on n'aura plus d'argent pour
payer Pépé, c'est moi qui devrais repasser vos chemises.
Alors, tout ça pour dire que je n'ai qu'un conseil à vous donner.
Rideau. Extinction des feux.
On arrête de croire qu'on pourrait ressusciter.
Alors, maintenant, il y a cette histoire de film.
Qu'est-ce que vous allez faire dans cette galère à jouer avec vos souvenirs ?
Ou avec des actrices ?
Non, pas des fins, pas ton truc.
Cette fille, elle vous fait battre le cœur.
J'ai bien vu.
Mais elle est là pourquoi ?
Elle vient renifler l'animal, empocher sa part de légende,
parce que ça serait pas mal d'avoir été la
dernière femme qui ait fait bander Alexandre, et puis elle partira.
Parce qu'il ne faut pas trop en demander qu'il n'y a pas une femme au monde
qui viendrait s'enterrer ici entre vous et moi.
Vous avez déjà perdu Ariane.
J'ai tout fait pour, tu le sais bien.
Ouais.
Mais supposez que l'actrice se tire aussi quand elle aura compris qu'on pue la mort.
On se retrouvera tous les deux comme des cons
dans ce pays de sauvages où ça tremble de partout.
Tiens, je parle comme Carlo maintenant.
Mais là tu as remarqué, il n'a pas tort et on n'y peut rien.
C'est vrai Lucien, sauf que cette femme-là, tu vois,
c'est autre chose que toutes les petites qui vont
tourner autour pour que je les mette dans un roman.
Je l'ai compris tout de suite.
Dès que je l'ai vue, ça m'a fait peur.
Vous rêvez, mais si ça vous arrange.
Non, cette fille, c'est pas seulement l'actrice qui va jouer Mathilde.
C'est son modèle, tu comprends.
Son modèle.
Arrêtez avec votre Mathilde.
Depuis qu'on se connaît, vous me confiez avec cette salope.
Même toi, tu ne sais pas qui était la vraie Mathilde.
Son regard, tout à l'heure, après ce match
ridicule, sa façon de sortir de l'eau, ses mains,
c'est trop horrible quand après le déjeuner, devant tout le monde,
elle a inventé cette histoire de piqûre de guêpe.
T'es toujours là Lucien ?
Oui.
Donne-moi une cigarette.
As-tu été là toi aussi ?
Oui.
Oui.
Oui.
Oui.
Oui.
Oui.
Comme si cette nuit... La dernière fois... Que nous ne savions pas quoi faire.
Que nous ne savions pas quoi faire.
Que nous ne savions pas quoi faire.
Qu'est-ce que j'ai à faire ?
Qu'est-ce que j'ai à faire ?
Que vous buviez ma santé !
Nous dormons ici.
Attaïr, Attaïr, change.
Attaïr.
Ecoute, regarde là-bas.
Regarde bien.
Ne rigoles pas, putain ! Informations.
À 10h du matin, avec 19 minutes,
il y a eu un sifflet de 8 degrés, avec un hémisphère dans la région de Chamorro.
Le port a été dévasté.
Et c'est là-bas...
...tragé littéralement par la terre.
Toutes les routes de la région sont inavisibles à la circulation.
Et le seul... Attends, attends, attends.
Je réfléchis.
Tu t'en fais pas, mon chéri.
C'est Alexandre qui se met toujours dans des situations absurdes.
Laisse-moi.
C'est parce que tu crois que tu vas devoir
partir, c'est ça, que tu pourras plus revenir, et ça te fait souffrir.
Et je pars avec toi.
Fous-moi le cœur !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien !
J'en ai rien à foutre de ce match de boxe, j'en ai rien à
foutre de ce match de balle, je n'ai rien à
foutre de ma vie, il n'y a rien à foutre de moi.
Laisse-moi !
Laisse-moi ! Et moi.
..
Et moi...
Et moi, si je...
Tu vas jamais y aller ? Si, peut-être.
Au début.
..
Quand vous veniez d'arriver.
Et tu es si beau...
Rien !
Je sais même plus qui je suis, je sais même plus ce que je dois faire.
Vous avez fait de moi un révolutionnaire de salon,
un pantin grotesque, je crois qu'ils le savent pas.
ne l'appelent pas les autres ?
Mon chéri Ne m'appelle pas mon chéri !
Fais pitié Pitié avec tes.
..
Tes fringales à cons quand tu fais du ballon Tu fais pitié avec ça, dans le chouïa !
Tu fais pitié avec ton piscot !
Tais-toi !
Tu fais pitié !
Mais, gamin !
Tu sais ce que je fais maintenant, hein ?
Que tu crois que je vais faire ?
C'est ton problème.
C'est comme un rat !
Tu sais pourquoi j'ai choisi ce coin du Mexique ?
Parce qu'il y a ici une tribu d'Indiens qui croient
que chaque homme naît deux fois dans une même vie.
Et que sa vraie naissance, c'est la seconde.
J'aime cette idée.
Alors tu vois, Alain, tu es venue et puis...
Les vieux Indiens avaient raison.
Mais qu'est-ce de t'emmerder ? C'est ma faute.
J'aurais dû venir plus tôt.
J'en avais envie, tu sais.
C'est pas grave.
C'est pas grave puisque je vais les écrire maintenant, tous ces livres...
...qui m'échappent.
Ils sont tombés comme du sable entre les doigts.
C'est étrange, n'est-ce pas ?
J'étais venu pour faire revivre mon premier roman et...
Peut-être que tu as inspiré le dernier.
Quoi tu penses ?
Je pense à une jeune fille...
...qui vient tout juste d'avoir vingt ans.
Et qui a décroché son premier rôle au théâtre.
Et alors ?
Un soir après le spectacle, un écrivain célèbre vient dans les coulisses.
Il est entouré de sa cour, les photographes le mitraillent.
Il distribue ses compliments, chacun les reçoit comme une bénédiction.
Et quand il arrive près de la jeune actrice...
...il la regarde bizarrement.
Elle se trouble, elle rougit.
Il ne lui demande même pas son nom.
Et juste avant de s'en aller...
...il lui donne le stylo avec lequel il signe les autographes.
Tenez, lui dit-il.
C'est avec ça que j'écrivais sous les bombes à Hanoï.
Le lendemain, je lis dans le journal.
Tu en avais tout un stock et tu les distribuais dès qu'une fille te plaisait.
J'avais déjà vu.
Tu as changé ma dent.
Ce stylo que tu donnais à tout le monde.
Il ne m'a jamais quittée.
Comme s'il fallait qu'un jour je te rapporte, en effet, de quoi écrire.
Je n'ai jamais mon chien.
Je ne vois pas de tête.
Je ne vois pas de tête.
Et très tôt.
Cristobal, en ce moment, il fait des business très spécial.
Très hot.
La promenade l'a fatiguée, Monsieur Philippi.
Elle a besoin d'une bonne huile.
Et votre projet, qui sait?
Il y a beaucoup de choses qui peuvent se passer cette nuit.
Sonia a raison.
Elle me connaît bien.
Monsieur Philippi, je suis venu vous dire que nous allons faire ce film.
Je vois que Laure vous a convaincu.
C'est bien.
Et n'ayez crainte, je ne changerai plus d'avis.
Mais c'est mon ami Carlo qui nous quitte.
Viens, Carlo, viens.
Tu ne vas pas voir dire comme ça.
Tu vois?
Tu n'as commis qu'une erreur.
Non.
Non, ce n'est pas de m'avoir frappé tout à l'heure.
J'avais bu.
Ce n'est pas de jouer les révolutionnaires
en chambre avec tes guerrilleros de carnaval.
Les révolutions, mon beau vieux, je connais ça mieux que toi.
Et c'est plus compliqué que les machines à remonter le temps.
Ce n'est pas non plus de t'être incrusté ici depuis cinq ans et...
et d'avoir couché avec ma femme.
Je ne vous permets pas.
Tais-toi, imbécile!
Vous n'étiez pas des amants, vous étiez mes marionnettes.
Non.
Ce qui ne va pas, c'est ce que tu as essayé de
me faire croire tout à l'heure, dans la voiture.
Je ne savais pas... Je me fous de ce que tu savais!
Car cette saloperie-là, ce mensonge, cette façon de me faire croire que toi es l'or...
Hein?
Attair! Attair! Cambio!
Conteste, Attair!
Voilà un tremblement de terre que tu n'avais pas prévu, mon pote.
Et puis, il ne fallait pas me prendre pour un con, moi non plus.
Tu crois que je ne savais pas ce que tu complotais
au village avec tes pistoleros et ta copine?
Non.
Allez! Il part à six heures, son bateau!
À six heures!
Cours vite, leur dire! T'emmerdes en vie!
C'est bien? On a gagné, finalement.
Oui. Mais je vous demande pardon.
Mais non. De toute façon, je n'ai jamais cru
que vous puissiez aimer un type comme moi.
Mais... Oui. Je me suis un peu servie de vous.
Ce film, en fait, je m'en fichais.
D'habitude, c'est les producteurs qui servent les actrices.
Je vous aime beaucoup. Je n'oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi.
Non, jamais.
Même si vous ne l'avez pas vraiment fait pour moi.
Está cerrado! Oye, está cerrado! Te digo que está cerrado! Está cerrado! Ya llegaste.
Espero que tengas la cita.
Que tengas las ideas más claras y que nos traves la formación.
C'est grave. Ça arrive à tout le monde.
Écoute, Canalata! E côngé.
Encore un Pog Tu sais que Alexander n'aime pas que l'on vienne dans son bureau?
No.
C'est peut-être pas mon truc, les femmes,
mais je vois bien que la journée se présente mal pour vous.
Plus d'Alexandre, plus de Carlo.
Vous voulez un café ?
Ah non, ça n'a pas de sens.
Tu te souviens de ce type que je t'avais présenté à Paris ? Il disait.
..
Ça t'avait fait rien.
On se suicide toujours trop tard.
Qu'est-ce qu'il a bien pu te faire ?
Je pense qu'il est mort dans son lit, comme tout le monde.
Ne pleure pas, tu es pour rien.
Moi, je me suis trompé il y a dix ans en croyant
qu'il y a toujours un moment où un écrivain doit se retirer.
Un livre sur ses réserves,
et écrire enfin le livre qu'il sortirait que de lui.
Tout le malheur est venu de là.
Je me suis retrouvé comme un poisson sur le sable,
et c'est toi, ma pauvre chérie, qui ai tout fait à ma place.
Tu as fait ce que tu as pu.
Qu'est-ce qu'on peut faire quand on retrouve chaque matin
un type qui va passer sa journée à vous reprocher de sa déchéance ?
Ça n'a plus d'importance.
En tout cas, ne t'inquiète pas.
Laure va aller m'attendre quelques jours chez Cristobal.
C'est ce n'est à qui il a tenu.
La rigueur pour toi, tu la connais.
Mais je ne m'inquiète pas.
Et puis après, je crois que je vais retourner à Paris.
J'en ai besoin, tout à coup.
Cette fille, je l'expliquerai un jour.
... .... Oui.
Madame Sonia a toujours des idées ici?
Sí.
La señora Sonia siempre sabe lo que hace.
El español está en la lancha con la actriz.
Putain, foutues, arrêtez-moi.
Merde !
Tirez !
Tirez !
Que me paren a este desgraciado !
Andale !
N'oublie pas quand tu lèves l'encre, des trois coups de pistolet !
Et toi maestro, n'oublie pas de me repondre !
Aujourd'hui, c'est la fantasia d'enfer !
Je vais prendre la montgolfière et si les vents mèdent un peu, je vous suivrai.
Mathilde, c'était donc elle ?
Vous le saviez n'est-ce pas ?
Vous le saviez tous.
Pendejo, muévete, coño !
Monte, petite, monte.
Il va te dé.
Vous croyez qu'il nous verra de là-haut ?
T'as toute la vie pour le voir.
Gracias.
Tirez-la !
Et elle ? Où est-elle ? Tu l'as tuée.
Allez, allez !
Monsieur Filippi !
Le film !
Seigneur !
Seigneur !
Tiens, tu pars toi maintenant ?
Fuera ! Fuera !
Fuera ! Tu m'as tuée.
Tu m'as tuée.
Tu m'as tuée.
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