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Pour l'instant, nous savons que 27 personnes ont disparu

depuis hier aux environs de 16h15.

Toujours rien de nouveau dans l'enlèvement de ce car scolaire de Chowchilla.

Vingt-six enfants et leur chauffeur de car ont disparu...

... disparu hier après-midi près de Chowchilla en Californie.

12 ENFANTS DISPARUS

Le Président Ford a ordonné au procureur

d'utiliser toutes les ressources.

La Garde nationale de Californie a rejoint la police d'État, locale et le FBI

dans la recherche des enfants et du chauffeur.

Comme si quelqu'un avait débarqué de Mars et les avait arrachés à cette planète.

TERRORISME OU L'ŒUVRE DU DIABLE ?

Était-ce un enlèvement, un psychopathe ou un pédophile ?

Le coupable a soigneusement planifié tout ça

et même dépensé beaucoup.

C'est le mystère le plus angoissant qui soit.

Cette histoire est une horreur absolue.

Finir enterré vivant, c'est la pire des craintes.

Les enfants de Chowchilla

sont l'illustration même d'un traumatisme d'enfance.

Mon enfance s'est terminée le 15 juillet 1976.

Je ne redeviendrai jamais l'enfant que j'étais. Il est resté sous terre.

C'est le cas de chacun d'entre nous.

BIENVENUE À CHOWCHILLA

Chowchilla se situe au centre de la Californie.

C'était une toute petite ville américaine.

Chowchilla est un endroit où le temps semble s'être arrêté,

mais où quelque chose a toujours besoin

d'être planté ou récolté, car le cycle de la vie se poursuit.

Quand je suis arrivé en 1970...

ED BATES EX-SHÉRIF DU COMTÉ DE MADERA

... il y avait des éleveurs et des fermiers.

Il y avait une foire et un rodéo.

Chaque année, il y avait la transhumance.

À travers le centre de la ville.

Mon père était champion du monde de terrassement de bouvillon.

On m'a appris à croire en Dieu et dans le mode de vie cow-boy.

MIKE MARSHALL 14 ANS

Très jeune, j'ai su que je voulais devenir cow-boy de rodéo

comme mon père et ses amis.

Grandir à Chowchilla était merveilleux.

On attrapait des grenouilles,

on descendait les collines en rollers...

JENNIFER BROWN HYDE 9 ANS

... on jouait dans la boue des fossés d'irrigation.

Il n'y avait pas de crime du tout dans cette ville.

Il n'y avait pas de meurtres ni d'affaires très graves.

Ce n'était pas rare de travailler toute la nuit...

PATRICIA CREWS RÉPARTITRICE

... sans recevoir un appel de secours.

À Chowchilla, les enfants développaient un sentiment de confiance.

DR LENORE C. TERR PÉDOPSYCHIATRE

Et c'est une base fondamentale pour un enfant.

Ce sentiment qu'on peut faire confiance au monde.

DIEU BÉNISSE L'AMÉRIQUE

Une des rares petites villes américaines qui possédait plus d'églises que de bars.

Enfant, Dieu était tangible pour moi.

LARRY PARK 9 ANS

Par le pouvoir du Seigneur...

On avait des anges, des démons.

J'imaginais bien l'armée de Satan.

Mon père disait qu'on a tous un ange gardien

qui éloigne ces démons.

Quand on imprime ça dans le cerveau d'un enfant de trois ans,

il n'en doute pas une seconde.

À l'époque, on avait l'école estivale.

On dessinait, on faisait de la céramique. On allait nager.

On avait même lancé une pétition

pour avoir deux semaines de plus d'école estivale.

On s'amusait vraiment, on voulait que ça dure.

LYNDA CARREJO 10 ANS

J'ai une grande famille.

Je suis la 3e plus jeune d'une famille de 11.

Et ce fameux jour, j'avais trois sœurs et deux cousines dans ce car.

On était des enfants innocents.

JEUDI

15 JUILLET 1976

- Montez. - On monte ?

- Oui. - On va où ?

On rentre, je vous ramène chez vous.

Ed Ray conduisait le car. C'était un fermier du coin.

On voyait bien qu'il travaillait la terre,

mais il était très gentil.

Il connaissait les noms de tous les enfants, leurs parents.

GLEN RAY FILS D'ED RAY

Chacun d'entre eux voulait l'enlacer en montant dans le car.

Maman venait me chercher tous les midis pendant l'été.

Et la veille de l'enlèvement, j'ai pris de la bière à ma mère

et j'ai essayé de faire du pop-corn, j'ai failli incendier la maison.

En rentrant, elle m'a puni.

Je devrai rentrer en car le lendemain.

Ce jour-là, j'étais dans le verger avec la fille de la professeure,

on faisait les andouilles.

Et les cars ont commencé à partir à 15h30.

ÉCOLE DE DAIRYLAND

Elle m'a dit : "Monte vite dans le car, il va partir."

J'ai filé en courant et j'ai fait signe au dernier car qui partait,

c'était celui d'Edward.

ÉCOLES ÉLÉMENTAIRES DE CHOWCHILLA

Quand on est montés dans le car, je suis allée tout au fond

pour pouvoir chahuter et parler avec mes amis.

J'étais une enfant très extravertie, avec son franc-parler.

Je m'attirais sans arrêt des ennuis, car je parlais trop dans le car.

Mon frère, Jeff, était aussi dans le bus.

JEFF BROWN, 11 ANS

Il avait un an de plus que moi,

c'était un bon élève, un petit Américain typique.

Jeff était devant moi, je le précise.

Il était adorable.

C'était mon petit ami à dix ans.

Enfant, j'étais hyperactif.

Je ne tenais pas du tout en place dans le car.

Et bien sûr, j'ai oublié de prendre mes médocs ce jour-là.

J'allais de siège en siège,

j'embêtais un enfant, j'en frappais un autre,

je tirais les cheveux d'une fille.

Ma sœur, Andrea, s'asseyait à côté de moi dans le car.

ANDREA PARK, 8 ANS

Elle m'aidait à me détendre. C'était ma meilleure amie.

Les filles en pinçaient pour le cow-boy de 14 ans, Mike Marshall.

C'était un beau garçon de 14 ans.

Je ne le connaissais pas. Je ne l'avais encore jamais vu.

C'était un jeune sorti de nulle part,

et seul Dieu savait le rôle qu'il jouerait dans ce qui allait arriver.

15H54

On rentrait à la maison.

Comme d'habitude, on s'arrêtait pour déposer des enfants.

On était au milieu des vergers et des champs.

Après un virage,

Ed Ray s'est arrêté.

INTERROGATOIRE DE JENNIFER BROWN

Dis-moi avec tes mots à toi,

quand vous étiez dans le car, raconte-moi ce dont tu te souviens.

Il y avait une fourgonnette blanche arrêtée sur la route, et puis

deux types armés en sont sortis.

L'un d'eux a dit d'ouvrir la porte.

Donc, il a obéi.

Puis le type est monté.

Il avait un collant sur la tête.

Il a dit à Edward d'aller à l'arrière du car.

Quand Edward a ouvert la porte,

un des enfants, Jeff Brown, s'est levé et a dit :

"On n'a rien fait." Et tout le monde a ri.

Il a cru que c'était une blague.

J'avais peur, je me suis cachée sous mon siège.

Ed Ray s'est levé et s'est rendu au fond du car.

Je suis allé près de ma sœur, Andrea. Je lui ai tenu la main.

Le type avec le fusil m'a fixé du regard avec son arme.

Ils ont dit aux trois premières rangées d'aller au fond du car...

VOIX DE MIKE MARSHALL

... moi, j'étais au 4e rang.

Tout le monde avait peur.

Ils ont continué à nous maintenir en joue,

leurs armes étaient braquées sur les enfants tout du long.

Le plus effrayant encore,

c'était les collants qu'ils portaient sur la tête.

Ils étaient serrés, ça leur écrasait le nez.

Ils avaient le regard vide.

Ça m'a fait penser aux démons.

Puis tout à coup, on avait repris la route.

J'essaie de comprendre ce qui se passe.

Si je peux comprendre pourquoi,

alors, je peux peut-être trouver un moyen

d'empêcher ce qui arrivera ensuite.

On a continué à rouler un peu,

et le type a fait une grosse embardée.

La pente était raide.

On était bringuebalés dans tous les sens.

On a fini par s'arrêter et on a vu une autre fourgonnette.

Il y en avait une blanche et une verte.

Elle a reculé jusqu'à l'arrière du car.

Puis ils ont ordonné à tous les enfants assis à droite

de monter dans la fourgonnette blanche.

Mon frère se trouvait dans ce premier groupe d'enfants.

Il s'est tourné en marchant et m'a regardée.

Il m'a jeté un regard qui disait : "Ne fais pas d'esclandre."

Je lui ai obéi.

Grâce aux séries télé que j'avais vues, je savais que c'était grave.

Je suis le premier à être monté dans la fourgonnette.

J'ai franchi la porte,

un autre type était posté là, comme une statue.

Il nous a braqués avec son arme tout du long.

On a dû passer devant lui.

L'intérieur était couvert de contreplaqué, on ne voyait pas l'extérieur.

Puis ils ont fait reculer la deuxième fourgonnette,

et les autres enfants ont été embarqués à leur tour.

J'avais peur, car aucun d'eux ne nous indiquait

où on allait ou ce qu'ils comptaient faire de nous.

Puis ils ont refermé les portes.

J'avais préparé des sandwichs au bacon et aux tomates pour Michael.

CAROL MARSHALL MÈRE DE MIKE

Et vers 16h30, j'ai attendu le car.

Il ne venait pas.

Vers 16h30, un parent m'a appelée

pour me dire que les enfants n'étaient pas rentrés.

PATRICIA CREWS RÉPARTITRICE

J'ai pensé qu'ils étaient à plat,

que le car était tombé en panne ou quelque chose comme ça.

Puis on a reçu d'autres appels.

DÉPARTEMENT DU SHÉRIF DU COMTÉ D'ALAMEDA

En 1976, le bureau du shérif de Chowchilla ne disposait que d'un seul agent.

Le bureau était riquiqui.

ED BATES EX-SHÉRIF DU COMTÉ DE MADERA

Il n'y avait qu'un téléphone.

Quand on a reçu l'appel au sujet du car disparu,

j'ai dit : "Comment ça, 'disparu' ?"

Comment un car scolaire tout jaune peut disparaître dans le coin ?

J'ai alerté toutes les patrouilles.

Comme c'était l'été,

le chauffeur du car empruntait un itinéraire différent

afin de déposer les enfants.

On a donc dû vérifier partout.

Je me suis rendue à l'école,

je suis revenue sur mes pas, j'ai fouillé toutes les rues.

J'ai fait chou blanc.

Je savais qu'un truc clochait.

Les parents se rassemblaient au poste de police,

car on était vraiment angoissés.

On cherche à localiser 26 enfants disparus ainsi que leur chauffeur.

Jamais au grand jamais

je n'aurais imaginé qu'une chose pareille puisse se produire à Chowchilla.

17H44 2 HEURES DEPUIS L'ENLÈVEMENT

On a eu l'impression de rouler pendant des heures.

Il faisait chaud dans la fourgonnette.

On étouffait.

Des enfants étaient malades à cause du voyage,

du manque de nourriture et d'eau.

J'avais l'impression d'être un animal qu'on mène à l'abattoir.

Qu'un enfant

puisse être jeté dans une fourgonnette sans aucun ménagement, ça signifie

qu'ils se fichaient de nous.

J'ai dit à certains de mes amis

d'être courageux, car tout allait s'arranger.

VOIX DE JENNIFER BROWN

VOIX DE MIKE MARSHALL

On pensait qu'ils tuaient les passagers du car,

car on ignorait ce qu'ils allaient leur faire.

J'ai été séparée de mes trois sœurs.

Étaient-elles en vie ? Les avaient-ils laissées dans le car ?

Andrea et moi étions ensemble.

J'ai pris sa main. Ça m'a réconforté.

On a prié.

On a chanté "Si tu as de la joie au cœur, tape des mains".

Personne n'a tapé des mains.

On était tous face à un mur et complètement submergés.

Ce mur est notre mécanisme de défense, l'humour.

Et une fois ce mur abattu...

DR LENORE C. TERR

... le traumatisme se révèle.

Ils refusaient qu'on fasse pipi.

Je me suis retenue toute la journée.

J'étais en larmes, car je souffrais physiquement.

Jeff ne voulait pas que j'aie honte, car il savait que j'avais honte,

donc, il s'est fait pipi dessus.

Il m'a pris la main et l'a placée sur son genou.

Il a dit : "J'ai fait pipi. Tu peux faire pareil."

Edward ne disait pas un mot.

Je crois qu'il comprenait la gravité de la situation.

Les enfants m'interrogeaient,

me demandaient s'ils reverraient leurs parents.

Je pense qu'ils croyaient que j'allais leur dire la vérité.

Je leur répondais : "Mais bien sûr."

Et je n'ai pas menti.

Je n'ai pas précisé si ce serait dans cette vie.

On les a cherchés partout.

Puis je me suis rappelé qu'un de mes sergents

connaissait quelqu'un qui avait un avion.

Je lui ai demandé de le faire décoller.

Mon père, Robert Gudgel, était un aviateur connu dans le coin.

DAN GUDGEL FILS DE ROBERT GUDGEL

Il a demandé à Dan de l'aider à étendre les recherches.

Je me souviens dans mon avion que je volais

au-dessus du marais d'Ash, à la recherche du car.

Papa a survolé le marais de Berenda en direction du sud,

et c'est là qu'il l'a repéré.

C'était difficile à voir à partir du sol,

car il y avait beaucoup d'arbres dans les marais.

Ils savaient qu'une chose très grave s'était produite

quand ils ont découvert le car vide.

Je n'arrivais pas à comprendre.

J'ai levé le nez au ciel.

C'était des ovnis ? Où sont les enfants ? Où est Michael ?

C'était une affaire grave.

J'ai appelé le gouverneur, le bureau de Jerry Brown.

J'ai demandé à voir toutes les agences de l'État dans mon bureau.

Il m'a dit : "Entendu."

Pendant ce temps, les comtés alentours ont proposé

de nous aider.

On a placé des barrages routiers.

21H15 6 HEURES DEPUIS L'ENLÈVEMENT

On a roulé pendant ce qui nous a semblé être des heures et des heures,

puis on a fini par s'arrêter.

On a commencé à entendre des bruits de scies et des coups de marteaux.

Et tout à coup, les portes se sont ouvertes à la volée.

Ils ont d'abord sorti Ed Ray...

Puis ils ont saisi un des enfants.

Les portes se sont refermées aussi sec.

Quelques minutes plus tard, ils sont venus prendre un autre enfant.

Je m'étais faufilée vers l'avant de la fourgonnette.

Je cherchais à survivre.

Je me sentais impuissant.

Pour moi, ça a été le plus effrayant,

car on allait enfin savoir ce qui allait se passer.

Quand ils ont ouvert les portes, qu'as-tu vu ?

J'ai vu...

INTERROGATOIRE DE JENNIFER BROWN

Ça ressemblait à une tente,

mais il n'y avait que trois côtés, avec un toit dessus.

Ils avaient érigé cette structure

qu'ils avaient recouverte d'une sorte de bâche.

Puis ils avaient reculé la fourgonnette sous la structure,

ce qui fait que c'était hermétique.

Je me rappelle que mes genoux flageolaient un peu,

car j'étais resté assis si longtemps.

Ils m'ont demandé mon nom.

J'arrivais pas à prononcer la lettre R, j'ai donc dit Larry "Pot".

C'est ce qu'ils ont noté.

LARRY DAVID POT - 6 ANS

Ils m'ont demandé mon nom et mon âge, puis ils ont pris mon t-shirt.

À ce moment, j'ai fini en maillot de bain rose.

JENIFER BROWN - 9 ANS

Ils ont pris mon petit sac en cuir blanc qui contenait un carnet d'adresses,

et j'ai pensé : "Est-ce que tu donnes, à ces types qui te braquent,

"ton adresse et ton numéro,

"pour qu'ils enlèvent ta famille ?"

LINDA CORREO 10 ANS

À la fin, il ne restait que Monica et moi.

Elle n'avait que quatre ans.

C'était un dilemme cornélien pour moi.

Soit je leur remettais Monica, soit je la laissais là,

mais je ne pouvais pas la leur remettre.

Ils m'ont escorté

jusqu'à un trou dans le sol dont une échelle ressortait.

J'ai regardé au fond et j'ai pu voir Ed Ray.

Les kidnappeurs lui ont donné une lampe torche.

Je ne voulais pas descendre là-dedans.

Je savais que si je descendais, je n'en ressortirais jamais.

Le temps s'est figé.

Alors, Ed Ray m'a saisi la cheville

et m'a dit : "Viens, fiston, ça va aller."

Alors, j'ai descendu l'échelle.

Dans ce trou, on était à nouveau dans le noir.

On n'arrivait pas à comprendre où on se trouvait.

J'ai trouvé mon frère, j'ai alors réalisé qu'il était en vie.

Mes sœurs étaient là.

Quand ils ont fait descendre Monica, ce fut un soulagement pour moi.

Les plus jeunes enfants gémissaient et pleuraient.

Je me rappelle que Jodi Heffington était une des plus âgées.

Elle essayait de calmer les plus jeunes, de les apaiser.

JODI HEFFINGTON, 10 ANS

Elle s'est comportée

comme une grande sœur qui aide les plus petits.

J'ai regardé autour de moi.

Il y avait des matelas et des couvertures.

Il y avait une table au fond et de l'eau tout autour.

Je me rappelle que j'étais complètement assoiffé.

Il y avait de la nourriture. Céréales, beurre de cacahouète, pain.

En guise de toilettes, ils avaient découpé des trous.

Mais on allait bien, jusqu'ici. On va bien.

On est tous vivants, on est tous ensemble.

Tout à coup, ils ont recouvert le trou avec une plaque.

C'est là qu'on a commencé à entendre la terre.

Vous voyez...

On nous recouvrait, on était enterrés vivants.

VENDREDI, 10H18 18 H APRÈS L'ENLÈVEMENT

J'étais un jeune chef de rédaction à KQED, une chaîne de télévision publique.

La nouvelle m'est parvenue par le téléscripteur.

JOURNALISTE

J'ai compris que c'était une grosse affaire.

L'affaire de la décennie, voire du siècle.

Les médias ont envahi les lieux.

Les lignes téléphoniques étaient saturées

par les reporters et les parents anxieux.

Une affaire géniale pour les reporters et effroyable pour les parents.

Bonsoir. Il s'agit peut-être du mystère le plus angoissant de tous.

Tous les médias en parlaient.

Le bus a été retrouvé. Il n'y a pas de traces de violence,

et on ne peut qu'imaginer les horreurs qui se sont produites.

À la télévision.

Toujours aucune piste dans l'enlèvement du bus de Chowchilla, en Californie.

Dans les journaux étrangers.

Mais il était trop tôt pour savoir quoi que ce soit.

Beaucoup de théories circulent sur le mobile.

Donnez-les-moi, j'en choisirai une. On n'a aucune théorie.

DIRECTEUR DE L'ÉCOLE

Selon vous, quel serait le mobile ?

- Avez-vous une théorie... - Aucune.

SHÉRIF DU COMTÉ DE MADERA

Sans arrêt, ABC, CBS, NBC,

ils venaient tous nous demander : "Du nouveau ?"

C'est une affaire totalement déroutante,

on n'a aucun mobile.

Ce matin, les autorités ont organisé de nouvelles battues,

mais n'ont toujours pas d'explication.

C'était un crime inimaginable,

et les reporters tentaient d'obtenir des infos par tous les moyens.

Sandy Zylstra a été la dernière enfant

à descendre du bus avant sa disparition.

As-tu vu des voitures qui suivaient le bus ?

Non.

As-tu une idée de qui a pu faire ça ?

Non.

As-tu vu quoi que ce soit après être descendue du bus ?

Non.

Le shérif dit que la seule hypothèse qu'il écarte à ce stade,

est celle d'une soucoupe volante.

Mais certains dans les environs n'écartent pas cette possibilité.

Des gens appelaient avec des théories du complot.

DES KIDNAPPEURS SATANISTES ?

L'un d'eux était persuadé que c'était le Fils de Sam.

FILS DE SAM : 'JE VOULAIS TUER'

J'ai eu au moins 1 000 appels de gens qui accusaient le tueur du Zodiac.

Ou la secte Moon dans l'Oregon.

Ces dernières années, nous nous sommes habitués

à des activités terroristes dans ce pays, malheureusement.

PATTY : COMPLICE OU VICTIME D'ENLÈVEMENT ?

Un acte politique ?

C'est de la spéculation.

AGENT DU FBI

Ni vous ni moi ne savons rien.

On entendait des ventilateurs,

et sur les côtés, on sentait l'air arriver,

pas de l'air conditionné, mais de l'air chaud.

Pour moi, il y avait très peu d'air, on respirait mal.

Au bout de tant d'heures, on devient désespéré.

Edward a crié : " Ouvrez la porte !"

VOIX DE MIKE MARSHALL

"Pitié. Laissez-nous sortir.

"J'ai un chéquier, si ça peut aider."

Et il a dit : "Tout le monde ici vous supplie",

alors on s'est tous mis à supplier.

Et personne n'a répondu.

Ed Ray et Mike Marshall ont pris la torche

et ont inspecté le lieu,

dans ses moindres recoins.

Ils ont examiné les murs,

les fissures dans le plafond.

Notre seule issue possible était par le plafond.

VOIX DE MIKE MARSHALL

Tous les enfants ont commencé à dire : "Essayez de la bouger."

Edward ne voulait pas

parce qu'il pensait qu'on nous ferait du mal si on essayait de s'enfuir.

On a supplié Edward : "S'il te plaît.

"Tu dois essayer, on va mourir ici. Tu dois nous faire sortir."

Ed Ray a levé les mains et a poussé.

C'est un homme costaud, mais la plaque n'a pas bougé.

On allait manquer d'eau.

Personne ne nous avait trouvés.

Et soudain, les ventilateurs se sont arrêtés.

Je me rappelle qu'Andrea était assise seule et priait.

Ed Ray nous a calmés.

Il nous a fait faire une sieste, à tous les 26.

J'ignore si c'était la chaleur,

mais je repensais sans cesse au camping en famille.

Je revoyais l'eau...

quand j'attendais cet énorme poisson.

Je...

nous voyais autour du feu.

Je sentais la fumée.

Avant, on attribuait les hallucinations aux virus, aux traumatismes crâniens,

mais ce qu'on ignorait avant Chowchilla,

c'est qu'une peur effroyable

peut vous faire halluciner.

Une petite fille a vu à travers le plafond,

à travers les cailloux et la terre entassés par-dessus.

Elle a eu la vision des kidnappeurs qui dormaient au-dessus d'eux.

C'était un mirage absolu qui lui venait de son traumatisme.

À mon réveil, quelque chose clochait.

De la terre et de la poussière entraient.

Ça faisait un peu comme ça...

Que se passait-il ?

La seule chose qui tenait le plafond, c'était des poutres,

une au plafond, et un poteau qui la soutenait.

On entendait le métal grincer.

Et le plafond... a lâché.

C'était terrifiant.

De la terre et de la poussière volaient partout.

On croyait qu'on allait mourir.

Qu'on allait être étouffés.

Puis ça s'est arrêté.

Mais dès qu'on touchait la poutre,

du sable tombait, il ne fallait donc plus bouger.

On devait rester figés là où on était.

On savait qu'on ne tiendrait plus longtemps.

VENDREDI 15H10 23 H APRÈS L'ENLÈVEMENT

Bonsoir. La Garde nationale californienne

a rejoint la police locale et la police d'État, ainsi que le FBI,

pour retrouver les 26 enfants californiens.

Il n'y a aucune piste sérieuse,

seul un silence étrange dans une affaire bizarre et effrayante.

Tout au long de la journée,

les parents et familles des enfants disparus

sont venus au poste de commandement installé à Chowchilla.

Une centaine de personnes attendaient des nouvelles, c'était terrifiant.

FILS DE ED RAY

Je tiens à vous faire part du soutien du gouverneur.

LIEUTENANT-GOUVERNEUR

La police routière et la police d'État,

et si nécessaire, la Garde nationale sont là pour aider aux recherches.

Quand quelqu'un disparaît aussi longtemps

et qu'on ignore totalement où il peut être,

on a très peur.

Avez-vous d'autres enfants ?

Oui, et j'en aurais eu deux dans le bus...

MÈRE D'UN ENFANT DISPARU

... si elle n'avait pas été malade hier matin.

Elle était si... Et c'est...

Mon mari, Bob, était au Canada, au rodéo de Calgary.

MÈRE DE MIKE

Il était presque en larmes, il faisait tout pour rentrer.

J'ai réussi à dormir un peu,

mais dès que j'ai rouvert les yeux, ça m'est revenu en pleine figure.

La seule chose qu'on puisse faire,

c'est soutenir les familles et les proches

et prier fort pour qu'ils soient sauvés.

On a supplié Edward : "S'il te plaît.

"Essaie, on va mourir ici.

"Tu dois nous sortir d'ici."

Je me souviens qu'Edward a dit

qu'on allait vraisemblablement rester coincés là et mourir.

Edward craignait que ses actions

nous mettent tous en danger.

Mais Mike n'était pas aussi désespéré.

Vous avez peur,

mais en même temps, ça vous rend plus puissant.

J'ai réfléchi et je me suis dit :

"Si on doit mourir, autant que ce soit en sortant d'ici.

"On aura au moins essayé."

Ils ont empilé des matelas pour atteindre le plafond.

Même les plus jeunes se sont succédés

pour aider comme ils le pouvaient.

"On ne mourra pas, on ne finira pas comme ça."

Jodi était chargée de tenir la torche, tandis que Michael montait

et qu'il poussait de toutes ses forces.

Tous les enfants faisaient : "Allez, Mike, tu vas y arriver."

Et je sentais que rien ne bougeait,

mais j'ai entendu les enfants dire : "Elle a bougé !"

Pour la première fois, j'avais de l'espoir.

Je me suis demandé s'il était mon ange gardien dont papa m'avait parlé.

À ce moment-là, on a dit : "Edward, tu dois l'aider.

"On doit sortir d'ici, on va tous mourir.

"On va mourir étouffés."

Edward craignait qu'il y ait quelqu'un embusqué au-dessus,

mais il a fini par monter aider.

Ed Ray s'est mis à pousser de toutes ses forces.

Ils savaient qu'il y avait quelque chose dessus, mais on ne savait pas quoi.

Alors, il a poussé

et il a soulevé la plaque d'à peu près ça.

Et Mike Marshall a passé son bras

pour tâter ce qu'il y avait sur cette plaque.

Mike a passé sa main et s'est mis à faire ça.

Et ensemble, ils ont bougé la plaque

assez loin pour apercevoir un angle de batterie.

Pas une batterie de voiture.

Ces batteries de bus pèsent entre 55 et 70 kg.

Si Ed Ray avait glissé et lâché la plaque,

Mike Marshall aurait perdu son bras.

Je les ai entendus dire : "Attention", et...

Les deux énormes batteries sont tombées sur la pile de matelas.

Là, Ed Ray a pu regarder.

Autour du trou, il y avait une boîte carrée,

d'environ un mètre de haut.

Ils avaient fait ça pour qu'en recouvrant le fourgon de terre,

ils ne recouvrent pas le trou.

VOIX DE MIKE MARSHALL

Edward m'a fait passer par la petite fente.

Je suis monté.

J'ai tapé sur la boîte.

VOIX DE JEFF BROWN, 11 ANS

Il y avait une boîte, et il essayait d'en sortir en tapant dessus,

mais ça marchait pas.

Alors, ils m'ont fait monter aussi.

On a essayé de pousser avec notre dos.

On n'y arrivait pas, alors Mike a essayé avec ses pieds, et moi, avec mon dos,

mais ça marchait toujours pas.

Toutes les arrêtes semblaient bien étanches.

Mike a dit : "Il nous faut un outil pour forcer."

J'ai cassé un matelas à ressorts et j'ai utilisé le bois.

Robert m'a rejoint en haut,

et on a essayé de frapper encore et encore.

Mike s'attaquait à l'angle

encore et encore.

Ça semblait impossible.

Je me suis mis à creuser sous le contreplaqué,

et j'ai compris au bout d'un moment,

que de la roche et de la terre tombaient

depuis l'extérieur de la boîte dans le trou que je creusais.

Je me suis dit que je pouvais enlever ce qui pesait sur la boîte,

et le faire passer par le trou.

Il nous jetait de la terre.

Il continuait de creuser.

J'ignore comment il a pu bouger dans cette boîte en bois.

Ni combien de temps il y est resté.

Plusieurs heures.

Notre perception du temps, quand on a peur,

est l'une des plus vulnérables qui soit.

La fille qui a tenu la torche savait que ça durait longtemps.

J'étais vidé.

Je n'avais plus d'énergie. J'étais épuisé.

Je n'avais plus d'équilibre et je perdais mes repères.

C'est là qu'Edward a commencé :

"Pitié, ne lui faites pas de mal."

Je l'entendais répéter en boucle :

"Pitié, ne lui faites pas de mal. Il ne sait pas ce qu'il fait."

Et je me suis dit qu'ils étaient au-dessus.

Et ça, c'était flippant.

J'ai essayé de voir si je pouvais enlever le poids sur la boîte.

Le plafond a bougé de ça, j'ai regardé par la fente,

et j'ai vu très clairement

qu'une porte s'ouvrait devant moi,

et que l'obscurité était totale derrière.

Et qu'il y avait quelqu'un tapi dans l'obscurité.

Je m'en souviens parfaitement.

C'était une hallucination. Il croyait déboucher sur rien,

qu'ils étaient toujours dans la même situation dramatique,

et qu'ils allaient mourir.

Alors il est redescendu et s'est assis.

Il s'est dit : "Pourquoi je creuse ? C'est horrible, je ne peux pas."

Et puis il a décidé de monter quand même.

On a fait une pause, et puis...

J'ai eu un déclic.

Je me suis dit : "Tu es un cow-boy.

"Tu vas monter sur ce cheval fou.

"Tu vas faire ce que tu as à faire."

Peu importe qu'ils soient là ou pas. Je n'abandonnerais pas.

À partir de cet instant, ça n'avait plus d'importance.

VOIX DE MIKE MARSHALL

Je me suis mis à frapper,

encore et encore.

J'ai réussi à arracher un bout de bois.

Puis j'ai entendu un grand craquement.

J'avais fendu le plafond.

J'ai presque réussi à l'ouvrir.

J'ai tiré, et il s'est fendu à nouveau.

C'était le rayon de soleil le plus beau

que j'avais jamais vu.

Je me souviens juste de la lumière et de l'air.

Tout cet air frais.

Ne sachant pas s'ils étaient là,

je me disais qu'on allait soit y passer soit être sauvés.

C'est pour ça que je n'ai pas hésité

à sortir la tête dès que j'ai pu.

En sortant du trou, j'ignorais où on était.

20H05 28 H APRÈS L'ENLÈVEMENT

J'ai vu des arbres.

On avait l'air d'être en montagne. Il n'y avait personne.

Je suis sorti et j'ai regardé autour.

Au loin, il y avait un grand bâtiment.

Il me faisait peur,

car les kidnappeurs y étaient peut-être.

Edward a rassemblé les enfants, les a fait taire.

Et on est ainsi partis comme des canetons à travers le sable.

On était 27,

et s'ils étaient dans les parages, on était faciles à repérer.

On a vu quelqu'un s'approcher de nous,

j'ignorais qui c'était ou ce qu'il voulait.

Et l'homme a fait :

"C'est pas vrai ! Je vous ai vus aux infos. Mais d'où vous sortez ?"

On était dans une carrière.

Tout de suite après, la sirène a retenti.

Ils avaient actionné leur alarme.

On a retrouvé les enfants.

Ils sont sains et saufs.

Le chauffeur du bus également.

Il n'y a aucune trace de violence.

L'inspecteur Bernie Serbie et moi sommes les premiers...

INSPECTEUR À LA RETRAITE

... à avoir rejoint le chauffeur et les enfants.

Les enfants étaient globalement calmes.

Ils étaient sales, bien entendu,

parce qu'ils avaient été sous terre.

On était dans un grand hangar.

Il y avait une fontaine à eau.

Je remplissais ma tasse et je me la versais sur la tête.

Et je recommençais

pour essayer de m'enlever la terre.

Ce soir-là, la télé était allumée,

et j'ai cru l'entendre dire : "On a retrouvé les enfants de Chowchilla."

J'ai couru, j'ai sauté par-dessus la table basse,

monté le son, et c'était vrai.

J'étais si rassurée.

Mon fils Michael a 14 ans, il est vivant, il rentre à la maison,

et j'ai tellement hâte de le voir.

Comment s'est passée cette journée ?

Pas très bien.

Je ne veux plus jamais revivre ça.

On a dû décider de la procédure pour les interviews.

On a préféré les emmener dans un endroit sûr.

On est allés à la prison la plus proche.

PRISON DE SANTA RITA

Ils nous ont assis à des petits bureaux,

ils nous ont donné des pommes et du lait.

On nous a donné des tenues de détenus, les combinaisons blanches.

On les a enfilées...

VOIX DE JENNIFER BROWN

... et on a dû rouler les bas de pantalons.

On agitait les bras.

On disait : "On vole" et on faisait semblant de voler.

Ensuite, la police est venue nous parler.

Comment vont les enfants ?

Je les trouve très en forme.

- Oui. - Ont-ils parlé à leurs parents ?

On leur a demandé qui voulait parler, ils ont tous levé la main.

Ils sont très joyeux.

Après ça, ils nous ont mis dans un bus

pour rentrer à Chowchilla.

4H10 36 H APRÈS L'ENLÈVEMENT

En arrivant à Chowchilla,

il y avait de la lumière partout, beaucoup de gens étaient là.

Une marée humaine.

Une foule attendait.

Éteignez les lumières.

Un gentil monsieur m'a porté pour descendre du bus...

C'est Larry ?

... et m'a mis dans les bras de ma mère.

J'ai posé ma tête sur son épaule.

C'est magnifique. On n'a pas les mots

pour décrire ce qu'on ressent. J'ai envie de pleurer de bonheur.

Viens, Mike.

Les reporters étaient là et me demandaient de raconter.

Je leur parlais, quand soudain,

le directeur Tatum est arrivé et a dit :

"Lâchez-le un peu, d'accord ?

"Laissez-le rentrer et dormir."

On est montés dans la voiture et on est partis.

J'avais l'occasion de raconter ce qui s'était passé,

comment on était sortis.

Je n'ai pas pu. Les adultes l'ont fait.

À 19 h, on est sortis.

J'ai passé les petits aux autres garçons et on est sortis.

Et on est tous rentrés sains et saufs.

Aussi miraculeusement qu'ils avaient disparu,

les enfants de Chowchilla ont retrouvé leurs parents

grâce aux efforts héroïques de leur chauffeur de bus, Ed Ray.

BON RETOUR CHEZ VOUS LES ENFANTS ET ED !

On était à la maison, mais les kidnappeurs étaient en liberté.

Ils étaient quelque part, mais on ne savait pas où.

C'était un mystère irrésolu.

Beaucoup d'agents

suivaient des pistes.

J'avais la police d'État, le FBI,

et mes agents, bien sûr.

Le lendemain matin...

ANCIEN ENQUÊTEUR CRIMINEL

On m'a demandé d'aller sur le site où ils avaient été enterrés.

J'avais toute un équipe qui s'occupait de chercher des preuves.

C'est l'endroit où ils ont fait un trou dans le toit

pour avoir une entrée et une sortie.

Le seules personnes qui sont descendues sont des agents de la police scientifique.

Le bureau du sheriff travaille soigneusement,

car ils espèrent trouver des indices qui les mèneront aux kidnappeurs.

La scène du crime...

ANCIEN ENQUÊTEUR EN CRIMINALISTIQUE

... était un mystérieux trou dans le sol.

Ça aurait pu être une grotte,

ou une salle souterraine.

On a mis du temps à comprendre qu'il s'agissait d'une camionnette.

Selon les normes actuelles, ce n'était pas une 12 m³,

mais plutôt une 8 m³.

Quand on y réfléchit,

avoir 26 enfants confinés dans un espace pareil,

c'est ahurissant.

La recherche de suspects est, bien entendu,

ce qui préoccupe les autorités.

On recherche trois hommes et deux camionnettes.

Leur couleur est inconnue.

Elles ont été achetées en Novembre à Alameda.

L'immatriculation a été falsifiée,

on ne sait pas qui on cherche dans l'immédiat.

À l'époque, toute information était bonne à prendre.

On a beaucoup discuté avec les forces de l'ordre.

L'homme que tu as vu... Il avait quelle couleur de cheveux ?

Un peu blond.

Mon frère et moi, on a aidé à identifier les kidnappeurs

avec les portraits-robots.

Voici le dernier portrait-robot.

Nous n'avons à l'heure actuelle aucun nom.

- Vous l'avez fait avec les enfants ? - Oui.

Et puis, les choses ont commencé à bouger du côté des camionnettes.

Les camionnettes ont été retrouvées

dans un immeuble commercial, au sud-est de San José.

Le rapport dit qu'un agent de location a prévenu la police

qu'un jeune homme a loué l'endroit il y a environ six mois.

Le chauffeur de bus, Ed Ray,

a été conduit à l'entrepôt par les autorités.

On suppose que M. Ray tentera d'identifier les camionnettes.

En retrouvant les véhicules,

ils ont aussi trouvé d'autres indices cruciaux.

Ils ont trouvé un fusil à pompe calibre 12,

qui est probablement celui qui a servi à arrêter le bus scolaire.

On a trouvé du bois.

Le même bois que les étais qui ont été retrouvés à la carrière.

Plusieurs matelas.

Les mêmes que ceux trouvés dans la remorque.

Ils ont aussi trouvé une cadillac,

qui avait été intégralement repeinte en noir,

même les enjoliveurs. C'était bizarre.

Vous les avez vus faire tout ça ?

Ils peignaient ? Ils faisaient quoi à l'intérieur ?

Je sais pas.

- Ils ont parlé... - Je vois pas à travers les murs.

Une sorte de journal a été retrouvé.

Il était crypté avec une écriture très inhabituelle.

J'ai jamais vu ça de ma vie.

J'avais peur.

Ces kidnappeurs me faisaient encore peur.

Où sont-ils ? Que font-ils ? Ils nous suivent ?

Ils savent où ont vit, ils ont nos adresses,

nos numéros de téléphone.

C'était très angoissant.

Les gens ont peur de laisser leurs enfants sortir.

Ma femme a une amie

qui dit qu'elle ne laisse plus ses enfants sortir.

Nous étions paniqués.

On ne dormait plus près des fenêtres.

Le moindre bruit nous faisait courir.

L'enquête a vraiment avancé quand un ancien employé de la carrière

a appelé pour dire qu'il avait pris des notes dans un livre

qu'ils mettaient à jour pendant leurs patrouilles,

qu'il avait vu des gens travailler avec un bulldozer.

Il a aussi noté qu'il y avait deux camionnettes stationnées sur le site.

Une fois, il a dit qu'il avait trouvé un jeune homme

en train de travailler dans la casse,

et quand il l'a interpellé,

il a vu que d'après sa carte d'identité, il s'appelait Frederick Woods

et qu'il était le fils du propriétaire.

Une des choses qu'on a apprises,

c'est que les Woods ne venaient pas de Central Valley.

JOURNALISTE

Ils venaient de la Bay Area,

des quartiers chics de Bay Area.

Il s'avère que Woods a un autre nom très connu,

Frederick Newhall Woods.

Quand la Ruée vers l'or a atteint la Californie,

Henry Newhall a amassé une fortune considérable.

PROCUREURE ASSISTANTE, COMTÉ D'ALAMEDA

56 600 hectares dans toute la Californie,

et des villes ferroviaires portaient son nom.

Ils possédaient Magic Mountain.

Pourquoi ces gens étaient impliqués ?

Pour l'excitation ?

Le lendemain, j'avais un mandat de perquisition pour le domaine des Woods.

ANCIEN INSPECTEUR DE POLICE

Quand on a ouvert les portes et qu'on est entrés dans le manoir,

on a découvert un intérieur très luxueux.

Très sophistiqué. Du cristal taillé, des statues.

L'endroit était rempli de vieux véhicules.

Il y avait d'antiques Rolls Royce et des Bentley,

toutes sortes de jeeps militaires.

C'était impressionnant.

Il y avait un autre bâtiment en face du manoir.

C'était une rangée de garages.

On nous avait dit que Fred habitait au-dessus des garages,

alors on est montés à l'étage.

L'endroit était un dépotoir.

On pouvait à peine marcher dans la pièce.

De vieilles caméras de cinéma.

Elles étaient partout.

Il y avait un bureau.

Dessus, on a trouvé une enveloppe en papier kraft.

Elle contenait le plan

pour le déroulement du kidnapping.

ARRÊTER

UN

BUS

Dedans, il y avait un sac Jack in the Box,

et à l'arrière,

la liste des enfants avec leurs noms et leur âge.

Mais l'indice le plus décisif

a été la demande de rançon trouvée dans l'enveloppe.

VOTRE BUS A ÉTÉ KIDNAPPÉ

UN TOTAL DE 5 MILLIONS

À ce moment-là, on a compris qui était le responsable de tout ça.

Fred Woods, le père du suspect, a été très coopératif.

Il m'a dit qu'il avait essayé d'intéresser son fils à l'entreprise familiale.

Son fils s'est intéressé à ces vieilles voitures.

Il a monté une entreprise de réparation et de vente de vieux modèles.

Il s'était associé

avec un ami du lycée, nommé James Schoenfeld.

Son frère, Rick Schoenfeld, était impliqué,

mais c'était plus un profiteur.

Le père des deux frères était podologue.

Ils étaient de la classe moyenne supérieure.

Ils étaient toujours très polis et affables.

VOISINE

Et si on les voyait dehors,

ils discutaient toujours avec nous, des garçons très sympathiques.

LES SUSPECTS SONT UN "SOLITAIRE" ET 2 "BONS GARÇONS"

On été très choqués de savoir que ces trois jeunes hommes

venaient de familles très aisées.

J'étais abasourdie.

Selon toi, pourquoi ils feraient une chose pareille ?

Je sais pas, peut-être qu'on les aimait pas assez.

Fred Woods est...

Pourquoi, l'argent ? Il en avait plus que toute la ville.

L'ATTRAIT DE L'AVENTURE ?

Maintenant, on savait qui c'était. Alors on a juste suivi notre flair.

Avec les indices trouvés dans la maison,

les autorités ont lancé un avis de recherche général.

Les suspects sont considérés comme armés et dangereux,

et doivent être arrêtés à vue.

Les enquêteurs ont travaillé 24 heures sur 24

et ont découvert que Fred et James Schoenfeld étaient partis.

Fred est allé à Vancouver.

Il a pris une chambre dans un hôtel avec de faux papiers.

Pendant que Woods est au Canada,

il écrit à ses amis depuis un bureau de poste pour demander de l'argent.

Jim Schoenfeld se rend à la frontière

et tente de passer.

Il avait des armes dans la voiture, mais il n'a pas été arrêté.

CANADA DOUANES

Ils lui ont acheté un soda.

On lui a rendu ses armes, et il a dû faire demi-tour.

Bonsoir. Le FBI cherche activement dans tout le pays

Frederick Woods et James Schoenfeld, deux des trois suspects

du kidnapping de 26 enfants en Californie la semaine dernière.

Le troisième homme, le frère cadet de Schoenfeld, s'est rendu à la police.

Hier soir, à Oakland, Californie, Richard Alan Schoenfeld s'est rendu aux autorités.

Il est entré dans le bureau du procureur du Comté d'Alameda

avec son père et un avocat.

L'avocat dit que Richard s'est rendu pour assurer sa protection.

Et James retente de passer la frontière canadienne.

CANADA IMMIGRATION - DOUANES

Il s'était débarrassé de la plupart des armes,

mais il en restait une dont il ignorait la présence,

que Fred avait cachée dans la voiture,

et il a été à nouveau débouté.

Il a fini par abandonner et reprendre le chemin de la maison.

James Schoenfeld a été arrêté ce matin.

Son avocat a dit qu'il en avait assez de courir,

et qu'il a appelé pour dire qu'il se rendrait à 8 heures ce matin.

La police l'a retrouvé une heure avant.

Le troisième suspect, Fred Woods,

a été arrêté au bureau de poste principal de Vancouver

après que la police canadienne a été prévenue par le FBI.

Il semblerait que le suspect de 24 ans n'était pas armé et n'a pas résisté.

Il semblait nerveux, un peu arrogant,

mais il n'avait surtout pas envie de parler aux journalistes.

Sans commentaire.

Que pensez-vous des accusations portées contre vous ?

J'ai dit sans commentaire.

Vous êtes préoccupé à l'idée d'aller en Californie ?

Et vous ?

LES FUGITIFS DU KIDNAPPING DE CHOWCHILLA ARRÊTÉS

Les ravisseurs avaient frappé cette ville au cœur...

RÉPARTITEUR DE POLICE

... en kidnappant ces enfants.

La communauté a pris ça personnellement.

Bouleversé est un euphémisme.

FILS DU PILOTE ROBERT GUDGEL

En ville, ça disait

qu'un bon vieux lynchage serait approprié.

Ça a été dit. Littéralement.

Ces trois hommes étaient vraiment détestés.

Il y avait un sniper posté sur le toit du commissariat.

Et aussi sur le toit de la mairie.

Tout ça pour les protéger.

Woods et James Schoenfeld parlaient fermement, sans aucune peur.

Leur caution s'élevait à 1 million de dollars chacun.

TRIBUNAL

La question centrale de cette étrange affaire est toujours sans réponse.

Les mobiles étaient-ils politiques ?

Psychologiques ? La vengeance ? Personne ne sait.

Quand j'ai interrogé Fred, il a dit que lui et son père ne s'entendaient pas.

Il ne faisait pas ce que son père attendait de lui,

et ils se disputaient souvent parce qu'il avait arrêté l'université.

Et il voulait son propre argent, pour ne pas avoir à dépendre de son père.

Tournez sur votre gauche.

James m'a dit qu'ils voulaient faire un film pour gagner de l'argent...

ILS VOULAIENT FAIRE UN FILM,

... et tout est parti de là.

TOUT EST PARTI DE LÀ.

C'est devenu le scénario d'un film appelé Chain Reaction,

et c'était un mélange entre l'affaire du kidnapping de Patty Hearst,

la French Connection et L'inspecteur Harry.

Tu dois te poser une question : "Est-ce que je me sens en veine ?"

C'est le cas, racaille ?

Le projet est tombé à l'eau.

À ce moment, ils ont aussi appris que l'État avait un excédent de fonds.

Ils ont réfléchi à comment obtenir une rançon de l'État.

Ce qui les a menés au kidnapping du bus,

puisque que c'est l'État qui gère le système scolaire.

Ils ont été évidemment influencés pas le premier Inspecteur Harry.

À la fin du film,

un type détourne un bus plein d'enfants,

et ils finissent dans une carrière.

Fred était le chef de la bande.

Mais il n'était pas capable de planifier un coup pareil tout seul

et il s'est dit que Jim Schoenfeld était un meilleur planificateur.

C'est lui qui a écrit le journal

qui a été retrouvé dans l'entrepôt.

En décodant le texte, il s'est avéré

que James Schoenfeld se demandait

quelles seraient les conséquences de ce crime.

DEVENIR RICHE OU ALLER EN PRISON

James devait prendre une décision.

QUELLE VOIE EMPRUNTER ? COMMENT ATTEINDRE MES OBJECTIFS ?

Il a décidé de faire de l'argent avec Fred Woods.

Pendant 18 mois, ils ont étudié différentes cibles.

Ils avaient des cartes qui mentionnaient toutes les écoles potentielles.

Ils ont réussi à obtenir des faux papiers

pour acheter ce dont ils avaient besoin.

Ils sont allés à la carrière de nuit

pour y enterrer une camionnette.

Ils ont acheté des armes. Beaucoup d'armes.

Pour collecter la rançon,

ils voulaient que le gouvernement vienne en avion

pour la larguer à un endroit.

Ils voulaient un largage aérien dans les montagnes de Santa Cruz.

La cadillac devait servir à récupérer la rançon

sans qu'elle soit reconnaissable.

Il fallait qu'elle se fonde dans le décor pour une opération de nuit.

Ils ont cru qu'ils avaient pensé à tout.

Mais la nuit du kidnapping,

ils n'ont pas pu demander la rançon

parce que les lignes étaient saturées.

Alors ils sont rentrés chez eux.

Fred Woods a dîné avec ses parents, comme tous les soirs.

Puis la nouvelle est tombée que les enfants avaient réussi à s'échapper.

Les enfants sont de retour.

Rick et James Schoenfeld sont venus au domaine

pour y planifier leur fuite.

26 ÉLÈVES DISPARUS RETROUVÉS VIVANTS

Quand les enfants se sont enfuis,

tout leur plan est tombé à l'eau.

CHOWCHILLA, CALIFORNIE

Avec les trois suspects sous les verrous,

les citoyens reconnaissants ont honoré leur héros.

Les élus locaux ont décidé

qu'il fallait célébrer les héros

de cet horrible événement.

La ville a inauguré le "Ed Ray Day".

Les 25 enfants et moi, on a quelque chose à donner à Edward.

VICTIME D'ENLÈVEMENT

Merci.

Edward était un homme très humble.

Il ne voulait pas de cette publicité,

ni de toute l'attention qui allait avec.

La presse est partie du principe qu'Edward nous a sauvés,

et à partir de là, c'était lui, le héros.

LE CHAUFFEUR DE BUS REVIENT EN HÉROS

Et c'est vrai.

Edward nous a donnés du courage, il nous a aidés à sortir,

mais ce n'est pas le seul héros.

Je disais aux gens que c'est Mike Marshall qui a creusé.

C'était Mike qui nous a déterrés, mais personne n'a écouté.

Ce jour-là, j'ai vu que Michael était vraiment triste.

Je me souviens m'être dit :

"Pourquoi je me sens comme ça ? Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?

"Mais au fond, quelle importance ? On s'en est tous sortis.

"C'est tout ce qui compte."

Je regrette de m'être senti mal.

Mike n'allait pas se vanter de ce qu'il avait fait.

Ce n'était pas dans son caractère.

Tous les enfants connaissent l'histoire.

On était en plein dedans.

On sait qui a fait quoi.

Mais je pense qu'aucun d'entre nous ne s'est exprimé.

On était juste des enfants.

On essayait encore de comprendre ce qui s'était passé.

Ce jour était censé nous honorer.

Ils ont mis une plaque avec tous nos noms.

Mais la plupart d'entre nous étaient encore au fond de ce trou.

En revenant à la maison, j'ai cru que tout irait bien.

Même si les ravisseurs avaient été arrêtés,

je n'arrêtais pas de penser

à tout ce qui s'était passé, et à ce qui aurait pu se passer.

Je me rappelle que j'ai eu des cauchemars immédiatement.

Ma mère m'a dit que je faisais du somnambulisme,

que j'entrais dans leur chambre, sous le choc,

en leur disant qu'ils me tuaient.

On est sur la route et dès qu'on croise une camionnette

d'une compagnie téléphonique, de la PG&E, ou même une voiture à l'arrêt,

je demande à ma mère de ne pas ralentir et de passer vite.

Mon estime de moi a commencé à toucher le fond.

Je détestais dormir.

Je détestais aller dormir,

parce que j'avais des cauchemars toutes les nuits.

Je pouvais entendre Andrea crier. Elle m'entendait crier.

Maman !

Ces démons ne nous quitteraient jamais.

Je savais que Michael était en difficulté.

Il criait dans son sommeil.

Je retournais là-dedans, en pensant à comment j'allais mourir.

Notre famille a été bouleversée, je ne savais pas comment y remédier.

Je ne savais pas à qui en parler.

On est partis en voyage.

On a essayé d'oublier, de dépasser tout ça.

L'école n'a offert aucune aide à ces enfants, rien.

ÉCOLE DAIRYLAND

Je ne vois aucun problème visible.

Après, pour ce qui est

des blessures psychologiques, je ne sais pas.

DIRECTEUR DE L'ÉCOLE

Mais à partir de la surface, je ne vois rien de particulier.

Rien du tout. Ces enfants ont été complètement oubliés.

Il n'y avait aucun précédent pour une chose pareille.

À l'époque, on disait : "Allez à Disneyland".

Allez à Disneyland.

Le groupe Lions Club de Los Angeles a payé un voyage à Disneyland

pour tenter de nous aider à surmonter le traumatisme.

Et pendant un temps, c'était le cas,

une chance de sortir de Chowchilla et de voir Mickey et Minnie.

Ils ont organisé un défilé pour nous.

Je pense que nos parents ont été convaincus

parce qu'on nous offrait une thérapie, d'une manière ou d'une autre.

Le voyage à Disneyland

a été une interruption du cauchemar, rien d'autre.

En 1976...

PÉDOPSYCHIATRE

... le mot "traumatisme infantile" était connu,

mais personne ne savait ce que c'était.

Quand quelqu'un est traumatisé, la capacité à faire confiance disparaît.

Pendant mes études de pédopsychiatrie,

je voulais savoir ce qui arrive aux enfants

qui meurent de peur mais restent en vie.

C'est comme ça que l'étude Chowchilla a commencé.

À part le Dr Terr, personne n'a essayé d'aider.

Elle nous a dit d'emblée

qu'elle écrivait un article pour l' American Medical Journal .

LES ENFANTS DE CHOWCHILLA UNE ÉTUDE DU TRAUMATISME

Elle interviewait les enfants.

Elle les a également écoutés.

Je me rappelle avoir vu un certain nombre de déclarations.

Les enfants n'allaient pas bien.

LES ENFANTS ONT VITE REBONDI

Quelqu'un a fait venir un psychiatre,

et il a fait une prédiction.

Il a dit qu'un des 26 enfants allait avoir un problème.

Mais ce qui s'est passé,

c'est qu'aucun parent ne voulait admettre que ça pouvait être son enfant.

Le temps que j'arrive, tous les enfants avaient des problèmes.

On a dit à mes parents de ne pas venir quand je faisais des cauchemars.

On leur a dit que s'ils venaient pendant nos cauchemars,

ils récompensaient notre comportement,

et que s'ils arrêtaient de récompenser, les cauchemars s'arrêteraient.

Andrea est devenue très introvertie.

Là où elle sortait auparavant, elle préférait se cacher dans sa chambre.

Certains d'entre eux ont eu peur de se rapprocher de quelqu'un.

Elle ne me serrerait pas dans ses bras.

Je lui disais que je l'aimais,

mais elle l'ignorait complètement, comme si je n'avais rien dit.

Les enfants Chowchilla pensaient ne pas avoir de futur.

Dans l'inconscient, nous sommes indestructibles,

nous allons vivre éternellement.

Après un traumatisme, ce n'est plus vrai.

On finit par croire qu'on va mourir.

Hier, en Californie,

trois jeunes hommes ont plaidé coupable pour l'enlèvement il y a un an

de 26 écoliers et de leur chauffeur de bus.

ILS PLAIDENT COUPABLE

Ils ont plaidé non coupable pour les charges

qui étaient passibles d'emprisonnement à perpétuité sans conditionnelle.

Le procureur David Minier essaye aussi de montrer

que les dégâts étaient bien plus que physiques chez les victimes.

Ils étaient dans l'obscurité totale...

PROCUREUR

... avec peu de nourriture ou d'eau, des chaleurs extrêmes.

Une panique généralisée parmi les enfants.

Cela devrait suffire à établir des dommages physiques

même sans os cassés.

Physiquement, les enfants avaient quelques bleus.

Quelques coupures.

Il y a eu quelques troubles urinaires, qui se sont résolus,

alors la défense a conclu à aucun dommage physique.

Comme nous le savons tous...

AVOCAT DE LA DÉFENSE

... il y a eu très peu de dommages physiques.

Très franchement, il n'y a rien du tout.

Qu'en est-il des dommages émotionnels dont ils ont parlé ?

Est-ce possible ?

Il n'y a aucune affaire en Californie que je connaisse

qui a considéré des dommages émotionnels comme étant physiques.

Je ne pouvais pas y croire.

L'esprit et le cerveau, ce n'est pas une blessure corporelle ?

Ce qui est fait à l'esprit d'une personne,

à l'esprit en plein développement d'un enfant ?

Ed Ray, le chauffeur, était parmi les premiers arrivants

au tribunal du Comté d'Alameda,

suivi de près par certains des enfants

qui avaient été enlevés avec lui en juillet dernier.

Il a fallu faire venir les enfants

pour témoigner des blessures subies.

Ils ont dû faire face aux ravisseurs dans la salle d'audience.

Je me souviens de ma mère qui m'a dit que les kidnappeurs allaient être là.

J'étais terrifiée.

Ed Ray a expliqué comment ils avaient été mis dans des camionnettes étanches,

comment les enfants pleuraient et qu'il craignait qu'ils asphyxient.

Jodi Heffington a fondu en larmes à la barre des témoins

pendant qu'elle essayait de raconter sa version de l'enlèvement

et d'avoir été enterrée vivante.

Quand ils m'ont emmenée dans la salle d'audience,

je me rappelle être assise dans la tribune des jurés

et j'avais l'impression de pouvoir à peine voir parce que j'étais si petite.

Je me souviens que j'ai pas regardé les ravisseurs.

Je voulais faire ce que j'avais à faire et m'en aller.

Je leur ai expliqué que le mal qu'ils nous ont causé

était dû aux conditions dans lesquelles ils nous ont mis.

Quand j'avais fini et que je suis sortie, j'ai commencé à pleurer.

C'était extrêmement courageux de leur part de prendre la parole.

Pensez-vous qu'ils devraient être libérés ?

- Non. - Pourquoi ?

Est-ce qu'ils seraient venus nous libérer si on n'était pas sortis ?

On était enterrés sous terre.

Après 16 jours de témoignages éprouvants,

le juge Deegan a déclaré les trois hommes coupables.

Deegan : "C'était une épreuve de terreur, et qui a engendré de la souffrance.

"La souffrance est un préjudice physique."

LES RAVISSEURS COUPABLES DE DOMMAGES CORPORELS

PEU DE SYMPATHIE POUR LES RAVISSEURS

Savoir que mes ravisseurs sont condamnés à perpétuité sans pouvoir être libérés

était exactement ce que nous espérions.

Mais quand les survivants pensaient pouvoir être en paix avec ça,

les ravisseurs ont fait appel.

En 1980, la cour d'appel a accepté et a annulé la condamnation.

UNE DÉCISION DE JUSTICE FAVORISE LE TRIO CHOWCHILL

Les ravisseurs avaient beaucoup d'argent et beaucoup de temps,

et un très bon avocat,

et ils ont dit qu'un préjudice mental n'est pas un préjudice corporel.

Ils pourraient être libérés après 25 ans.

On pensait qu'on était en sécurité.

C'était et c'est toujours comme une gifle.

COUR DE JUSTICE ET ARCHIVES

Qu'est-ce qui a été le plus dur pour vous ?

Je ne pensais pas qu'on pourrait sortir.

Mon frère l'a fait, mais j'y croyais plus.

J'ignorais ce qui allait nous arriver,

s'ils nous laisseraient sortir,

si on allait manquer de nourriture, mourir ou autre.

J'étais résignée.

Après la fin du procès, j'ai pas pu dépasser le kidnapping.

Mon estime de moi en a pris un coup dur.

Je ne voulais pas que quiconque sache tout ce que j'ai traversé,

mais tout le monde à Chowchilla était au courant de l'enlèvement,

donc j'attirais beaucoup les regards à ce moment-là.

Et puis, malheureusement pour nous,

cinq ans après l'enlèvement,

mon frère a eu un accident du travail avec mon père,

et mon frère est mort.

UNE VICTIME DU KIDNAPPING DU BUS DE CHOWCHILLA DÉCÉDÉE

Environ 300 personnes ont assisté aux funérailles de Jeff.

Beaucoup se tiennent dehors parce que la chapelle était pleine.

Je me sentais trahie par Dieu,

il m'avait aidée à survivre au kidnapping,

mais il m'a pris mon frère bien-aimé.

Les projecteurs étaient à nouveau braqués sur nous.

Des journalistes étaient devant chez nous en permanence.

Ma petite famille s'est alors effondrée. Mes parents ont divorcé.

Cette petite ville est devenue si étouffante pour moi

que je ne pouvais plus aller à l'école sans être dévisagée.

Quand j'allais à l'école, les gens parlaient dans mon dos.

À l'école, il y avait toujours quelqu'un qui disait : "Je suis vraiment désolé".

Et ma mère et moi avons décidé de quitter Chowchilla.

Je suis partie pendant ma première année de lycée.

J'étais déléguée de classe. J'étais pom-pom girl.

J'étais impliquée dans tout.

J'ai tout quitté pour qu'on puisse tout oublier

et que je puisse passer inaperçue.

Je voulais juste être personne.

Quand on devient adulte, les traumatismes de l'enfance ne disparaissent pas.

En fait, ça s'aggrave souvent.

J'avais environ 19 ou 20 ans,

je sortais et je picolais jusqu'à tomber ivre mort tous les soirs.

Je ne voulais pas me souvenir de l'enlèvement.

Je voulais que ça disparaisse.

Après quatre ou cinq ans, il avait du mal en tant que cavalier de rodéo.

C'était vraiment dommage. Il avait perdu cette fierté de lui-même.

Et une partie de cette fierté d'avoir été le héros des enfants

lui avait été volée par la réponse de la ville.

Il n'a jamais été reconnu.

Je ne savais plus qui j'étais.

Le cow-boy qui était en moi avait disparu.

Je suis encore en vie, je peux toujours marcher et parler,

mais avec tout ce que je ressens, ce qu'ils m'ont fait...

VICTIME D'ENLÈVEMENT

... ils ne pourront jamais ressentir ce qu'ils nous ont fait subir.

L'alcool aide beaucoup.

Au fil des années, tout le dépassait.

MÈRE DE MIKE

Il s'enfonçait de plus en plus dans le trou.

Je buvais, je me droguais et tout.

J'ai fait sept cures de désintoxication.

Je vivais dans la folie.

Avant l'enlèvement,

j'apercevais un avenir lumineux devant moi.

Mais après le kidnapping, je ne voyais plus rien.

Les ravisseurs ont des audiences de libération depuis les années 1980.

Beaucoup de survivants voulaient participer au processus.

Jodi Heffington a assisté à presque toutes les audiences.

Elle devait affronter les ravisseurs tous les cinq ans.

Ils nous ont fait subir de nombreux dégâts émotionnels...

SURVIVANTE

... et à nos familles aussi, à nos parents notamment.

Nos vies n'ont jamais été les mêmes après ça. Jamais.

Lors de l'enlèvement, Jodi était une des filles les plus âgées.

Elle était une sorte de grande sœur pour beaucoup d'enfants.

C'était elle qui a tenu la lampe de poche tout le temps.

Elle n'a pas bougé d'un poil.

Elle est devenue une de nos plus ferventes défenseures.

Elle et Lynda Carrejo ont pris leur voiture

et ont roulé jusqu'à Bay Area...

PRISON 800 M

... pour assister en personne aux audiences.

Vu ce qu'ils ont fait, ils ne devraient pas sortir.

C'était aux victimes de s'assurer qu'ils restent en prison.

Si elles n'avaient pas assisté aux audiences...

FILS DE JODI HEFFINGTON

... ils seraient sortis dans les années 1980.

Lors d'une audience, ils m'ont fait sortir parce que j'étais très en colère.

Un des gardes m'a escorté.

Qu'ils m'aient blessé était une chose,

mais ils ont complètement détruit ma famille.

Andrea s'était dissociée de la famille et a quitté Chowchilla.

Ma mère a perdu confiance en mon père comme protecteur.

Je survivais au jour le jour,

je détestais ma vie, moi-même et tous ceux qui m'entouraient.

Park a eu des démêlés avec la justice et passé un peu de temps en prison.

Il dit qu'il va mieux maintenant, mais il a encore du mal.

S'ils veulent que je croie qu'ils sont prêts à sortir,

il va falloir que je les voie pleurer.

Qu'ils pleurent pour ce qu'ils m'ont fait à moi, à ma sœur et à ma famille.

Quand ils allaient aux audiences de libération,

c'était aux victimes de raconter leur histoire.

Ma mère a expliqué qu'elle ne se sentait pas en sécurité avec les hommes,

elle a parlé de sa dépression, de sa lutte contre la dépendance.

Ce qu'ils ne disent pas,

c'est qu'on ne se contente pas de raconter ça une fois.

Ils n'ont jamais eu de repos.

Les demandes de libération des ravisseurs ont été refusées pendant plusieurs années.

Ce n'est qu'après 2010 qu'ils ont eu le soutien du public.

Un rassemblement a eu lieu à San Francisco...

25 JUIN 2010

... pour la libération conditionnelle des ravisseurs.

Plusieurs hommes politiques de premier plan et des familles influentes

se sont mis à défendre la libération conditionnelle.

Cela inclut le père de Gavin Newsom, qui était juge d'appel.

Personne n'a été blessé physiquement.

JUGE À LA RETRAITE

Un facteur énorme dans cette affaire.

Et Dale Fore,

qui faisait partie de l'équipe qui a enquêté à Madera County

quand l'enlèvement a eu lieu à Chowchilla.

Ce qui est juste est juste. Combien de temps encore ?

ANCIEN INSPECTEUR

Il faisait partie de ceux qui nous ont assuré

qu'aucun des ravisseurs ne sortirait.

Il a commencé à travailler pour l'équipe de Fred Woods.

Il connaissait beaucoup de survivants,

et parfois, il leur a proposé de l'argent

pour qu'ils changent d'avis et défendent la libération conditionnelle.

Il m'a proposé de m'offrir de l'argent, à un moment donné.

Il voulait que j'écrive des lettres en faveur de la libération des ravisseurs.

Je lui ai fait savoir que je n'étais pas le genre de fille qu'on pouvait acheter.

Au cours de l'audience suivante,

une des victimes du kidnapping était avec Dale pour les soutenir

avec des lettres en faveur de leur libération.

Ne me demandez rien !

C'était un acte de trahison envers tout le monde.

UN AVOCAT DE FREDERICK WOODS A DIT QU'AUCUNE SOMME N'A ÉTÉ VERSÉE

À AUCUNE VICTIME EN ÉCHANGE DE SON SOUTIEN

À LA LIBÉRATION DES RAVISSEURS

Au cours des années, une colère montait en moi

qui a contaminé absolument tous les aspects de ma vie.

Je revivais constamment le kidnapping.

Je voulais torturer ces hommes.

Je fantasmais sur les différentes manières de les punir.

J'étais enfermé dans une prison que j'avais moi-même fabriquée.

Et j'ai décidé de prier.

J'ai dit : " Dieu, pardonne-leur, parce que je n'y arrive pas.

"Dieu, bénis-les, parce que je peux pas."

Et j'ai réalisé que Dieu leur a pardonné, parce que je ne le ferai pas.

Et Dieu a dit :

"Je peux travailler avec la vérité.

"On peut aller de l'avant, désormais."

Larry Park a décidé de passer par le processus de justice réparatrice,

qui est un processus qui aide les survivants qui le désirent

à parler à leur agresseur pour tourner la page si ça les aide.

Alors, j'y suis allé.

J'ai dit : "J'ai été ta victime pendant 36 heures,

"mais depuis 38 ans, j'ai été ma propre victime."

Je leur ai dit que je leur avais pardonné,

mais leur pardonner n'était pas suffisant.

J'avais passé ma vie à les détester,

donc je leur ai demandé leur pardon.

Un homme condamné pour avoir kidnappé un bus rempli d'enfants

à Chowchilla il y a plus de 35 ans, est désormais libre.

16 JUIN 2012

Le Département des services correctionnels

a libéré Richard Schoenfeld hier soir d'une prison de San Luis Obispo.

En 1976, il a kidnappé 26 enfants,

un crime qui a angoissé la nation entière.

Quand le plus jeune ravisseur a été libéré,

j'ai commencé à faire des crises d'angoisse et à m'inquiéter.

Ces sentiments que j'avais pas ressentis depuis longtemps sont revenus.

J'avais la nausée, puis les larmes aux yeux,

parce que je pense d'abord aux autres enfants.

Je me suis préparée

parce que je savais que son frère sortirait peu après ça.

Après près de 40 ans passés derrière les barreaux,

James Schoenfeld sortira bientôt de prison, en liberté conditionnelle.

La nouvelle de sa libération n'a pas été bien reçue par les victimes.

Libérons tous les prisonniers qui ont blessé quelqu'un et sa famille.

Laissons-les tous sortir.

LE KIDNAPPEUR EST LIBÉRÉ

Jodi a fait une énorme dépression.

Elle disait : "C'est de ma faute, Lynda.

"C'est entièrement de ma faute s'ils sortent. C'est ma faute."

Je lui ai dit : "On partage cette même responsabilité

"de les garder à l'intérieur."

Elle ne quittait plus son lit,

et elle était très faible,

parce qu'elle buvait tellement

et elle ne voulait pas manger parce qu'elle était déprimée.

Elle ne pouvait pas gérer la vie comme elle était censée le faire.

Ma mère a fait de son mieux aussi longtemps qu'elle le pouvait.

JODI HEFFINGTON EST DÉCÉDÉE EN 2021 À L'ÂGE DE 55 ANS

Et c'était de leur putain de faute.

En prison, les Schoenfeld semblaient suivre les règles...

JOURNALISTE

... Woods était différent.

Il a été découvert qu'il gérait des affaires,

dont une ferme d'arbres de Noël, une mine d'or,

et qu'il a continué à acheter et à récupérer des voitures

alors qu'il était incarcéré.

Il a réussi à se procurer des téléphones portables de contrebande

et il les a utilisés pour diriger les affaires.

L'ampleur avec laquelle Fred Woods

était impliqué dans chaque détail est stupéfiant.

Il s'agit d'un appel prépayé de...

C'est Fred.

... un détenu à l'établissement correctionnel du comté.

Salut, Mike, c'est Fred.

C'est quoi cette histoire de générateur en panne ?

J'ai besoin de peinture verte pour ce camion international.

J'espère que vous pouvez toujours m'aider avec les plaques d'immatriculation.

... aussi le titre de ce camion...

Une des choses les plus étonnantes

c'est que Woods a les deux fourgons de kidnapping en sa possession,

celui dans lequel les enfants et le chauffeur ont été transportés.

Il pense que leur valeur va augmenter en raison de leur notoriété.

Ce n'est pas une valeur sentimentale,

c'est l'obsession continue de Fred, je dirais, pour l'argent.

C'est incroyable, car il n'avait même pas besoin d'argent.

La famille Woods a créé une fiducie.

FIDUCIE FREDERICK WOODS

Ils voulaient transmettre ce qu'ils pouvaient à leur fils.

DÉTENU WOODS :

SI LA FIDUCIE VA BIEN, MOI AUSSI. J'EN SUIS LE BÉNÉFICIAIRE.

Elle a été estimée dans un dossier à 100 millions de dollars.

De l'argent auquel Woods, même en tant que détenu, avait accès.

L'audience a eu lieu assez vite.

C'était vraiment difficile parce qu'on venait de perdre Jodi.

Mais la communauté s'est réunie et a dit :

"On ne le fait pas seulement pour nous-mêmes.

"On le fait aussi pour Jodi, Jeff et les autres."

C'est la 17e audience pour l'examen de mise en libération conditionnelle

pour Frederick Woods.

Seuls le détenu et son avocat étaient dans la prison.

Tous les autres étaient à distance.

Nous nous demandons si la réhabilitation a eu lieu.

La réhabilitation signifie-t-elle diriger des entreprises en prison,

faire de la contrebande de téléphones dans et à l'extérieur de la prison,

sans se soucier des règles, des réglementations et des autorités ?

Il ne devrait pas être libéré.

Son esprit est toujours mauvais,

et il veut obtenir ce qu'il veut sans se soucier de la sécurité des autres.

M. Woods n'a pas changé pour le mieux

au cours des 45 années et quelques de son emprisonnement.

Il doit guérir,

et ma mère n'a jamais eu cette chance

de 1976 jusqu'à sa mort, il y a deux ans.

La plus grande question posée venait du commissaire principal,

qui a demandé pourquoi Woods était tellement obsédé par l'argent.

J'ai toujours dit que j'avais besoin d'argent.

Je n'avais pas besoin d'argent, je voulais de l'argent.

J'ai appris ça ces dernières années, et c'était une erreur de ma part.

Cette façon de penser était totalement incorrecte.

J'ai changé ma manière de penser.

J'avais le sentiment qu'il n'était toujours pas honnête

et qu'il montrait encore certaines des caractéristiques

que celles qu'il avait au moment où il a planifié ça.

Je me demande s'il comprend que le traumatisme,

le traumatisme physique et émotionnel, change la vie.

LA COMMISSION A RECOMMANDÉ LA LIBÉRATION CONDITIONNELLE

POUR WOODS.

IL A ÉTÉ LIBÉRÉ DE PRISON LE 18 AOÛT 2022.

C'était vraiment très triste,

en pensant à tout le travail qu'on avait fait.

LE DERNIER KIDNAPPEUR DU BUS DE CHOWCHILLA A ÉTÉ LIBÉRÉ

J'avais l'impression d'avoir fait tout ce que je pouvais faire,

mais j'ai dû abandonner l'idée que j'avais un quelconque contrôle.

Si ça me contenait dans un endroit sombre encore longtemps,

ça finirait par me dévorer.

Ce qui rendait cette affaire si unique,

c'était l'impact continu du crime sur les enfants.

En 1976, on pensait qu'ils s'en remettraient,

mais ils étaient tous très touchés.

Le Dr Terr a appelé les enfants "les petits pionniers de la médecine",

parce qu'ils ont contribué à comprendre les traumatismes de l'enfance.

Ils nous ont permis de comprendre des choses plus contemporaines.

Que se passe-t-il quand on sépare les enfants des parents à la frontière ?

DOUANES ET PROTECTION DES FRONTIÈRES

Qu'arrive-t-il aux enfants

lors des horribles fusillades qui ont lieu dans les écoles ?

AU MOINS 17 TUÉS DANS UNE FUSILLADE AU LYCÉE

Suite à l'enlèvement de Chowchilla,

il y avait des psychologues à Columbine après la fusillade.

Il y a des psychologues dans les boîtes après des fusillades.

Les enfants Chowchilla sont des héros

et ils continuent de nous apprendre

ce qu'est le traumatisme infantile,

46, 47, 48, 50 ans après les faits.

Nous sommes dans une zone qui est sujette aux tornades.

Il est très courant d'avoir un abri anti-tempête.

Nous en avons donc acheté un.

Nous n'avons pas pu le mettre sous terre,

parce que c'est trop traumatisant pour moi.

Ma famille sait que c'est un combat pour moi.

Ils m'aident à travailler là-dessus.

Je suis reconnaissante envers mes parents,

qui m'ont encouragée à essayer de grandir et à donner en retour

pour montrer que cet événement ne m'a pas définie.

Je m'efforce de concentrer mon énergie sur les choses positives de ma vie.

J'ai choisi l'éducation, et je suis retournée à Chowchilla

et j'ai enseigné à Chowchilla et à Alview-Dairyland.

J'ai des responsabilités,

mes yeux sont toujours rivés sur les enfants,

pour m'assurer qu'ils sont en sécurité à chaque instant.

J'ai choisi de faire une différence de cette façon.

Pendant 34 ans...

PASTEUR

... je n'étais qu'un survivant.

PARCE QUE NINJA DESTRUCTEUR DU DIABLE N'EST PAS UN TITRE OFFICIEL

Aujourd'hui, je suis révérend,

un conseiller chrétien,

et je suis un ami.

Je me réveille le matin, je récite mon chapelet et j'avance dans la foi.

Je n'ai jamais abandonné, pas complètement.

Parce que quand j'avais six ans, j'ai appris,

d'un garçon de 14 ans, qu'on n'abandonne pas.

On continue à creuser.

- Comment ça va ? - Bien.

J'ai vu Mike Marshall pour la dernière fois en 1977.

Je suis aux côtés de mon héros.

J'arrive pas à croire ce qu'il a fait. Je n'arrive toujours pas à y croire.

Ça me touche beaucoup. Vraiment.

Merci beaucoup, Mike.

Je n'avais pas réalisé à quel point ça m'aiderait

de comprendre et d'entendre un des gamin me dire

que je leur ai sauvé la vie et qu'ils étaient reconnaissants.

Il n'y a pas beaucoup de monde qui peut comprendre ça.

Quand j'étais petit, je voulais devenir un cow-boy de rodéo comme mon père.

J'imaginais mon avenir à faire du rodéo pour gagner ma vie,

mais je me suis réveillé vers 48 ans

avec une violente gueule de bois.

Mais devenir sobre est incroyable.

C'est avoir une vie,

et être reconnaissant pour chaque jour.

Ça m'a pris du temps pour revenir et faire du rodéo,

mais quand on est cow-boy un jour, on l'est toujours.

On a ça dans le cœur.

Alors, je vais me lever en cow-boy demain et aller à Chowchilla

et choper quelques bœufs.

Dieu a tendance à boucler la boucle dans son timing.

Mike, c'est à toi.

Sous-titres : Mélody Riesterer

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