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Musique rythmée
- Elisabeth !
Elisabeth !
T'as pas ton short rouge. Reviens !
C'était juste pour rire.
- Elles sont toutes minces, tes jambes.
Il y a pas plus maigres ! Aïe !
Des vraies baguettes de tambour.
Martine, fais quelque chose.
- Je veux bien y aller. Vous êtes pas drôles.
- Elisabeth !
- Elle a des grosses cuisses et des jambes rouges.
- Peut-être, mais on se fait déjà chier au bahut.
Si le dimanche on doit s'engueuler.
- Elle veut sortir avec nous.
- On bouffe chez elle le dimanche.
Ce serait salaud de la laisser tomber après.
- Tu parles !
C'est pas pour ça qu'elle est pas collante.
- Allez, Elisabeth, c'est fini. Reviens.
Il ne dira plus que t'as de grosses jambes.
Avec tes conneries, je me goure.
- Oh, il y en a marre !
- Voilà, elle est vexée, maintenant.
- Allez, laisse tomber. Martine, tu viens ?
- Viens. - Continue, toi. Je m'en vais.
- Allez, quoi, vas-y !
- Pourquoi tu lui dis toujours des choses comme ça ?
- Cours-lui après. - Mais non !
- Allez, Martine. - Il faut y aller.
Il vaudrait mieux que ça vienne de toi.
- Bon, ben, allons-y. Perdons pas de temps.
- Allez, vas-y.
- Je m'excuse !
Je ne le ferai plus.
Je m'excuse !
- Ils sont fous, ils lancent des pierres.
- Aïe ! - Arrête !
- Mon oeil !
- Bah, voilà ! Ca devait arriver.
- J'ai reçu un caillou. - T'as mal ?
Elle pleure. - Oui.
Je peux plus l'ouvrir. C'est malin.
- T'es bien avancé. - Moi aussi, j'en ai reçu.
- T'avais pas besoin de faire ça. - Mon oeil !
- C'est lequel ? - Fais voir.
- Aïe, mon oeil ! J'ai mal !
- Fais voir. - Mais je peux pas l'ouvrir.
- Ca fait très mal ?
- Enlève ta main. C'est où ?
- J'ai mal. - Fais voir. Allez !
- Aïe ! Je peux pas l'ouvrir.
- Tu vois comme c'est intelligent, vraiment ?
- T'avais pas à faire ça. - C'est elle qui a commencé.
- T'y allais pour t'excuser. Pas pour jeter des pierres.
Elisabeth rit.
- Tu joues la comédie ? - Je vous ai bien eus.
- C'est drôle.
- Allez, faites la paix. On n'en parle plus.
- Si tu crois que j'ai marché. - Allez, embrasse-la !
- C'est bien toi le plus gentil.
- Ca, c'est bien vrai. - Ah ouais ?
- Bon, bah faut prendre le car. - D'accord.
- Non, par la route du haut, c'est plus court.
Musique rythmée
- Tu nous as bien eus, Elisabeth.
Ils chantent.
La cloche sonne.
- Bon, les résultats de vos compositions de français.
Inutile de vous dire que c'est pas brillant.
3 notes au-dessus de la moyenne, 3.
On se demande qui passera l'examen à la fin de l'année.
François ? 16. C'est très bien.
Comme toujours, un peu en dehors du sujet,
mais c'est plutôt brillant.
Lesaint, 13. C'est scolaire, mais c'est bien.
M. Paringaux, qui s'intéresse parfois à un autre commerce
que son troc habituel, 12.
Voilà. Le reste, c'est le marais.
Mais on touche le fond avec ce devoir-là.
Avec cette chose navrante. Absolument navrante, 5 lignes.
Pas une de plus, pas une de moins.
Et encore, y en a 3 qui paraphrasent l'énoncé du sujet.
Vous en êtes peut-être fier, de ces 5 lignes, Monsieur Duru ?
Vous en êtes fier ? - Non.
- Le romantisme, c'est tout ce que ça vous inspire ?
- J'ai rien trouvé à dire.
- Vous aviez peut-être mal à la main.
Je me doutais que c'était pas la crampe de l'écrivain.
Ils rient.
Si ça vous fait rire. Lesaint, distribuez-moi ces copies.
Paringaux, Lantourne, qu'est-ce que vous faites debout ?
- Bien, y a l'intendante.
- Et alors ? - Et puis, on a froid.
- Vous avez froid ?
Ouvrez-moi cette fenêtre !
- Pourquoi t'as pas tubé, toi ? - Ca m'intéresse pas.
- Je te filais tout.
Puis même, tu peux mettre n'importe quoi.
Il suffit que t'aies l'air sincère.
Il gobe tout, ce mec. - C'est du bidon.
- Quoi ? Qu'est-ce qui est du bidon ?
- Ca, les sentiments, les poèmes. Tout ça, c'est du baratin.
Si j'avais voulu, j'en aurais fait des bouquins.
- T'avais qu'à le faire. Avec 4 feuilles.
- On n'écrit pas des choses comme ça.
Le professeur tousse.
- Lesaint !
Brouhaha
Les filles crient.
- Salut ! - Salut !
- Salut, ça va ?
- Salut, ça va.
- Tu perds ta culotte ? Une petite culotte bleue.
- Je remets mon élastique.
- Attends, on va t'aider. - Non, attends, laisse.
- Non, mais ça va. - Oh, il est reparti !
- Tire dessus. Attends, on va t'aider un peu.
- Tu veux mettre ton doigt là ? - Où ça ?
- Là. - Là ?
- Fais pas l'idiot. Tiens, tu peux m'aider ?
- Bon allez, viens.
- Ouais. Débrouillez-vous.
- Au centre, allez-y.
On saute en cascade, les filles.
Allez. Oui.
- Pousse. Accélère ! Bon, c'est pas mal, ça.
C'est mieux.
Qu'est-ce que c'est que ces touristes qui arrivent ?
Bah, alors, c'est tout ce que t'as trouvé comme tenue ?
Mes compliments. C'est réussi. - Enchaînez.
- Lesaint, danseuse étoile. Voyons voir ça.
- Equilibrez-vous.
Attention, tu vas te faire mal.
- Gros cul ! Ils rient.
- Bon, les garçons, vous nous gênez. Allez plus loin.
- On n'a rien dit, oh !
- Elisabeth ?
- Ca va. Taisez-vous. Laissez-la sauter.
- Je t'ai déjà dit de ne pas sauter en survêtement.
Ca ne peut que te gêner.
Allez, monte, un peu.
- Vous voyez, on n'a rien dit.
- Allez, plus vite.
Brouahaha
- Tu fais encore la gueule ? - Tu crois que c'était drôle ?
- J'ai rien dit. Je les ai fait taire.
- Mais oui.
- Bon, ça suffit. On va faire un tour, François ?
- Fais pas la gueule, quoi.
- Oh, on va toujours au même endroit.
- Bah oui.
Merde !
Attends. Passe pas tout de suite.
- Attends.
- Tiens, reprends ça.
- Attends. Garde ça.
Martine rit.
- Tu sais, je serai seul, finalement, à Paris.
- Ah bon ?
- Tu pourras te libérer ? - Me libérer de quoi ?
- Je sais pas. Tu pourrais venir 4-5 jours.
- Bah, t'es fou. Où est-ce que je coucherai ?
- Bah, chez moi. Y a plusieurs pièces.
C'est pas ce que je voulais dire.
Qu'est-ce que tu crois ? - J'ai rien dit.
- T'as qu'à dire à tes parents que tu vas chez une copine.
- Je vois pas pourquoi je mentirais.
Tu devais venir camper près de chez nous.
C'était plus drôle.
- Oui. C'est compliqué, en fait.
Mes parents veulent que j'aille en Angleterre,
mais je préférerais rester à Paris avec toi.
- IL LA SAUTERA PAS !
IL LA SAUTERA PAS ! IL LA SAUTERA PAS !
- Je croyais que tes parents
te laissaient faire ce que tu voulais.
Tu vois, c'est toi qui veux pas.
- Dépêchons-nous. Rassemblement.
Ca fait un quart d'heure qu'on le dit.
On va être en retard. Dépêchons-nous.
Allons... Allons...
Allez, donne-moi ce ballon au lieu de chahuter.
Les garçons rient.
Et vous 3, on part pas ? Vous restez là, vous ?
Allez, en avant. Dépêchons-nous. Allez, allez, file.
Faut pas t'en faire, allons ! Rattrape les autres.
- Frédéric, à dimanche ! - François, alors ?
- Bonjour, Joseph. - Bonjour.
- Bonjour.
- Qu'est-ce que c'est que ce chahut, là-bas ?
- Sale temps... - Ce qu'il pleut.
- Bon, bonsoir.
- Salut.
- Vendredi, tu viens à la maison ? Mes parents sont pas là.
- Oui, oui, d'accord.
Le bus démarre.
Musique douce
- Plus un. - 2.
- Je continue ?
- Ouais, ouais, vas-y.
- Nous avons chapardé le bagage de Vénus.
Ils rient.
T'as pas un truc pour l'ouvrir ?
- Va pas lui esquinter son truc. Laisse. Je m'en occuperai.
- Un canif pour ouvrir la serrure.
- 2 plus une pour te voir.
- 3 rois.
- 3 dames.
- C'est bon.
- Et 2 as. - Oh, salaud !
- Fais voir cette valise, qu'on s'en occupe.
- T'as pas un fétiche ?
- Non, mais j'ai la clé, moi, les mecs.
- Dépêche-toi, alors.
- Allez, enfonce-la, ta clé.
- Putain, magne-toi. Tu pédales dans la semoule.
- Tu l'ouvres ?
- Magne-toi.
Magne-toi. T'es vraiment le manche, comme mec.
- On la bousille, cette valoche ?
- Allez.
Ah !
- Qu'est-ce qu'il a comme provisions, le Vénus.
- Oh putain, une autre pomme. Qui la veut ?
- J'en veux une, là.
Merci.
- Qui a un couteau ?
- Bouffez pas tout maintenant. Faut en garder.
- Oh la vache, regarde-moi ça ! A tomber, cette fille !
- Oh, les nichons qu'elle a ! Plus gros que l'intendante.
- Plus jeune, aussi.
- Plus jeune ? - Plus jeune.
- Vous m'avez piqué mes provisions !
- Et quand tu m'as piqué mon bouquin ?
- Je l'ai trouvé. - Ouais, mon oeil !
- Vous allez pas tout prendre ? - On va se gêner !
- Tiens !
- C'est Pearl Harbor. Ils rient.
- Bon allez ! - Je la connais.
- Tu la connais ? - Un peu, que je la connais.
- Raconte pas d'histoires.
- Je l'ai déjà baisée. Elle s'appelle Liliane.
- Liliane comment ?
- J'en sais rien, c'est une putain.
- Moi, les putes, ça me dégoûte.
- Elle s'appelait Liliane.
- Regardez-moi ce puceau. - Oh, ça va, hein !
- Incroyable, ce petit môme.
- J'en ai vu d'autres. J'en ai sauté une.
Et c'était pas une putain.
- Allez, arrête... - Alors raconte, vas-y !
- Eh, c'est pas du baratin. Eh, mon vieux...
- C'était pas une putain ?
- Non, c'était pas une putain. J'étais chez ma grand-mère.
Je me baladais. Y avait une bonne femme.
Elle me regarde avec un air bizarre.
Je la croise.
Alors après, elle se couche par terre
et elle gigotait les jambes.
- Elle faisait de la bicyclette.
- C'est ça. Elle faisait de la bicyclette.
- Allez, allez !
- Elle avait les pattes écartées. On y voyait même les poils.
On y voyait tout.
- Qu'est-ce que t'as fait ?
- Bah, j'ai été dessus, mon vieux.
- Et puis après ? Vas-y.
- Et Alors ?
- Et bah, après... - C'était une pute.
- Elle faisait : "Viens !" - C'était une pute.
- Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse, moi ?
- Elle est dégoûtante, cette fille !
- Et ta soeur ? - Ma soeur est très bien.
Propos entremêlés
- Elle était là à la rentrée.
Elle était coiffée à la flibustière.
Ils rient.
Propos indistincts
- Ah, le mec... Bon, on se le découpe, les mecs ?
- Ouais. - On va l'afficher.
- Tu me la donnes, celle-là ?
- On va faire la distribution.
- Tiens, moi, je veux celle-là.
- Il veut des nichons, les mecs.
- Moi, je veux de la cuisse.
- Des nichons pour Thomas.
- Eh, pas celle-là. Je veux pas être roulé.
- Regarde-le, lui.
Musique militaire au loin
- Des filles à poil à la ciragerie. C'est des idées, ça.
Je préférerais les avoir au pieu. Tu vois le bordel ?
- Moi, j'aime pas ce genre de nanas.
- Pourquoi ? C'est pas des chieuses. Tu balances le pognon. Ca y est.
- Tu vas pas me dire que Martine, c'est une chieuse ?
- Je te parle pas de Martine.
- Ils jouent encore, à la caserne.
- Moi, je finis mon canard au pieu.
- Je te suis.
- Regardez-moi ces cons qui vont se laver !
Avec cette flotte, ils vont se choper des microbes.
Même eux. C'est pas possible !
Alors, Vénus, toujours à la même place ?
- Tu me passes ton savon ?
- On fait quoi pour Pâques ?
- On part en Suède. Je m'arrangerai avec Martine.
- Moi, je préférerais camper près de chez Martine.
- Non, t'es fou.
Ton oncle est d'accord pour te laisser partir ?
Il te file toujours du fric ? - Je le vois dimanche.
Je sais pas s'il me donnera assez. - Y a pas de problème.
On dit qu'on prend le train et on y va en stop.
Je vais demander à la famille. Y aura assez de fric.
Dis bien que c'est pour perfectionner ton anglais.
- La Suède ? - Moi, c'est ce que je vais dire.
Ils parlent tous anglais, là-bas.
- Martine, elle va dire quoi ? - Je m'en fous.
Je sors avec elle, je vais pas continuer pendant les vacances.
Je veux baiser une autre fille.
- Ta Suédoise, tu sais pas si elle baise.
- Ca m'étonnerait qu'elle baise pas.
T'as bien vu sa dernière lettre. Elle signe "Love". Amour.
Et puis, je l'ai draguée par correspondance.
Tu vois, on arrive, comme des fleurs, la classe.
Les Suédoises, elles baisent toutes.
Il t'a bien raconté. Ca a marché, lui, l'année dernière.
- Mais c'est pas vrai. - Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est pas croyable. Bah, ce front, là.
Fais pas ça.
Faudra que je t'arrange ça, tout à l'heure.
C'est nettement mieux. Regarde.
- Faudra égaliser ça. Va falloir égaliser ça, un peu.
- Fais-lui des creux, là.
- Tiens.
- Je te fais quelque chose de bien, tu sais.
Ils rient.
Tu me passes le rasoir ? - Tiens.
- Je vais te faire une coupe à la Marlon Brando.
- C'est vrai ?
- C'est chouette, hein ?
Ca lui fait tout de suite une autre gueule.
- Ca, y a pas de problème.
- Et voilà ! Regarde-moi ça !
Murmures appréciatifs
Un vrai style d'intellectuel. On dirait Einstein.
La cloche sonne.
- Du sang ! Du sang ! Du sang ! Du sang ! Du sang !
- DU SANG ! DU SANG ! DU SANG !
Ils s'exclament.
DU SANG ! DU SANG ! DU SANG ! DU SANG !
- Par terre !
Par terre !
Cris d'encouragement
- Pourquoi vous battez-vous ? Mais qu'est-ce qui se passe ?
C'est pas une réunion électorale. Pourquoi vous battez-vous ? Hein ?
- Pour les accords d'Evian. - Voyez-vous ça.
- Il est contre, Monsieur. Et pour l'Algérie française.
- Et ça vous donne envie de vous battre ?
Battez-vous. Vous gênez pas ! Battez-vous donc !
Alors, ça vous intéresse, les accords d'Evian ?
Ca vous intéresse ? - Oui, Monsieur.
- 2 heures de colle, ça vous intéresse ?
- Oui. - 4 heures, toujours intéressé ?
- Oui, Monsieur.
- Et 8 heures, ça vous intéresse ? - Plus maintenant.
- Ah, bon, vous voyez.
La politique, faut laisser ça aux grandes personnes.
- On a le droit d'avoir des opinions.
- Vous avez le droit de quoi ? - D'opinions politiques.
- Oui. 2 heures.
Vous avez toujours le droit ? - Non, Monsieur.
- Je peux toujours 4 heures.
Pour tenir compagnie à votre petit camarade.
Allez. Faites la paix.
Allez.
Allez.
Hep. Hep ! Revenez.
Soufflez.
Vous avez fumé ? - Oui, Monsieur.
- Et vous me le dites ? - Bah, vous me le demandez.
- Alors, ça fera 8 heures.
- Ah bon ?
- Comme ça, y aura pas d'injustice.
- Monsieur.
- Qu'est-ce que vous faites là, vous ? Hein ?
Troadec.
Troadec. Gronoix.
Barthélemy. - Ouais.
- Govasque.
Gurre.
Ils se moquent de Gurre.
On continuera quand vous aurez fini.
Barthélemy. Non, pardon. De Montespan.
Espagnon.
Daguet. - Ouais.
Rosset.
Lesaint. - Merci.
- Johanet.
Johanet ? Alors...
Breton. - Oui.
- Grégory Besson. - Ouais.
- Paringaux. - Ici.
Duru.
Duru, Frédéric !
Lothe.
Alors, vous voulez pas sortir ? - Si, Monsieur, si.
- Il faudra couper ces cheveux. - Bien.
Pacouri.
- Et moi, Monsieur ?
- Alors... Vous êtes pas consigné, Thomas ?
- Si. Mais... - Et alors ?
- Comme y a le samedi, je croyais que c'était un autre dimanche.
Où y aurait pas de samedi.
- Qu'est-ce que c'est que ce charabia ?
Allez donc voir en étude si j'y suis.
Si vous trouvez la semaine des 4 jeudis, vous me l'apporterez.
- Allez, mon vieux ! Tu me tiens ça, s'il te plaît.
Quoi ? - Rien.
Ils seront là, les parents d'Elisabeth ?
- J'en sais rien.
- S'ils sont pas là, t'occupes Elisabeth.
Pour que je sois avec Martine. - Ouais.
- Allez !
- Ouais, lâche-moi.
- Allez, magne. - Ouais.
- Tu t'occupes d'Elisabeth. - Fais-moi pas chier.
Salut, les nénettes, ça va ? - Salut.
- Salut, Martine. - Ca va bien ?
- Et toi ? - Ca va.
- Salut. - Salut, toi.
- Eh, eh...
- Belle cravate. Chaussures du dimanche, en plus.
Elles sont belles.
- Bonjour. - Salut.
- Il est pas là, mon oncle ?
- Non. Il va revenir dans la soirée.
- Ah bon ? - Faut que tu l'attendes ici.
- Ouais.
Et ton père s'est occupé de la camionnette ?
- Je sais pas. - Il est pas là, ton père ?
- Non, il est monté à Paris avec ma mère.
- T'entends ça ? C'est chouette. - Ouais, ouais.
- Je vais me changer.
Et puis après, je te prends au ping-pong.
Ca te dérange pas ?
- Que tu joues avec elle ? Non, vas-y.
- Non, mais faut pas que ça te dérange.
- Non, vas-y. Va te changer, merde.
- Bon, allez.
- Il va pas, ce filet. - Retends-le.
- C'est de la triche de jouer comme ça.
C'est toi qui gagnes ?
- Non, c'est Elisabeth.
- T'es vraiment nulle. - Non.
De près. De près.
- Bah qu'est-ce que tu fais ?
- Je règle le filet. Ca va à peu près, là.
- C'est trop haut, ça.
- Comme ça, ils tricheront pas. Ici, y a des tricheurs.
- Non, mais François va rester pour faire l'arbitre.
- Ca va pas, la tête ?
- Bon, t'es prête ? - Ouais.
Martine, tu me passes la raquette ?
- Tu restes les 2 jours, Frédéric, avec ton oncle ?
- Oui, y a pas mal de boulot. T'y es allée ?
- Oui, avec mon grand-père.
Vous allez vous marrer pour la peinture.
Surtout si vous avez jamais tenu de pinceau.
- T'en sais quoi ? - Grand-père me l'a dit.
- Tu la fais, cette partie ? - Bouscule pas ! T'es prête ?
Eh, Martine, tu le retiens pas trop longtemps là-haut.
- Ah, ah, ah... Ca va, hein.
- Il est à 7h, notre train, alors.
- Elle était bonne.
- Non.
Non, François. Je veux pas.
Non.
Non, je veux pas.
Non !
- Qu'est-ce qu'ils font, là-bas ?
- J'en sais rien.
- Si tu viens à Paris, je pars pas.
- Non, j'ai pas envie.
- Pourquoi ?
- Parce que je te connais.
- Tu me connais mal.
Je trouve que c'est un peu bête,
après 8 mois avec une fille, de rien faire.
Mais je te jure que je te toucherai pas.
Tu me crois ?
Réponds.
Bah, réponds !
- Non, j'ai pas envie et puis c'est tout.
- Ca t'ennuie pas que je parte ?
Bon, bah, voilà ce que je te propose.
Ca fait 8 mois qu'on est ensemble.
Pour voir si on continue, on s'arrête un mois.
On fait chacun ce qu'on veut de son côté
et après un mois, on voit.
Avec les vacances, ce sera vite passé.
- Un mois ? - Un mois, ouais.
- Bon, si tu veux.
- Je croyais que ça t'aurait fait plus de peine.
- Moi aussi.
- Laisse-moi faire.
- Vous prenez du thé ?
- J'en veux bien, oui.
Tu veux une tartine avec ? - Ah oui, je veux bien.
- Avec du chocolat râpé, du beurre ?
- Si tu veux, oui.
- T'es drôlement active, toi.
- Oui, par contre, vous, vous êtes pas marrants.
- Tu crois que t'es marrante, toi ?
- Avec toi, j'ai pas tellement l'occasion d'être marrante.
- Tu choisis les gens avec qui t'es marrante ?
- Je choisis, non. Ca vient comme ça.
Qu'est-ce que tu veux ? Tu m'agaces. J'y peux rien.
- C'est nouveau, ça.
- Non, je suis pas la seule à penser ça.
Faut toujours que tu la ramènes. Il y a vraiment pas de quoi.
Ca vaut pas la peine.
- De quoi ? - De la ramener.
- Toi, t'es une vraie petite bêcheuse.
- Non, mais c'est fini, vos histoires ?
- C'est pas des histoires. - Oh...
- Tu veux beaucoup de chocolat ?
- Oh, si tu veux, oui.
- J'aime bien quand ça fait ça.
- Tant mieux si t'aimes.
- Tant mieux pour Frédéric, surtout.
Je vais m'asseoir là. - C'est charmant pour moi.
- Pousse-toi. Tiens, passe le thé.
- Il est pas prêt ce thé. Il est trop léger.
- Moi, je l'aime comme ça.
- Je sais bien comment il faut le boire.
- Je sais comment je l'aime. Tu en veux ?
- Oui, je veux bien.
- Tiens.
Les cloches sonnent.
- Merci. - Ca va ?
A quoi tu penses ? - Je te regarde. Je pense à rien.
- Alors, tu mens.
- Vous êtes pas drôles de vous disputer comme ça.
- On n'en parle plus, écoute.
Il est dans son train, maintenant.
T'aurais pu prendre le car avec moi.
- Je peux pas. Mon oncle vient ici.
- Bon, arrivez pas trop tard avec ton oncle
pour mes grands-parents, ce serait mieux.
- Et ta soeur, elle sera là ? - Oui, elle sera là. Pourquoi ?
Elle est pas mal, hein ? - Ouais, charrie pas.
- Ouais, ouais. Elle est bien, Nelly, hein ?
- Allez, prends ton car.
Allez, au revoir. A ce soir.
- Bon, tu viens, Frédéric ?
- Ouais.
- C'est pas marrant de prendre son car comme ça tous les soirs.
- Plus marrant que de rester enfermé au bahut.
- Ouais, bien sûr.
- Crévindiou, ça sent bon la merde !
- Ouais.
- Mets en plein tes poumons, mon gars.
Ah, Père Richard ! Comment ça va ?
- Bonsoir, Frédéric. Vous avez fait bonne route ?
- Ouais. - Très bonne route.
La mère Richard, elle va bien ?
- On est contents d'être là.
Propos inaudibles
La mère Richard ?
- Avec un sucre. Il y a encore celui-là.
- Je vais chercher des draps.
- On a oublié nos bottes. Vous n'auriez pas 2 paires ?
- Si, dans le cellier.
- Même vieilles.
- A votre bonne santé. - A la bonne vôtre.
A la tienne.
- Pas de bottes pour aller dans les marais...
- Ca fait du bien. Ca gratte.
- Ca va, Frédéric ? - Mais oui, ça va.
- Dis donc, ça...
- Ca réchauffe.
- Asseyez-vous. Vous êtes debout. - Oui. Les jambes me font mal.
- Je regrette... Merci.
- Je regrette de pas voir votre fils.
- Il est absent quelques jours.
- Je reviendrai souvent, j'espère. M'occuper de la maison.
A propos, elle va bien ? - Y a des réparations à faire.
- Vous l'avez bien ouvert, cet hiver ?
- Assez souvent.
- Il y a beaucoup de réparations ? - La toiture, les gouttières.
- Y a tout à refaire. - Non.
- C'est comme toutes les vieilles maisons.
- C'est une maison solide.
- On attaquera les peintures.
- Oui. Quelle couleur ? - Merci pour les bottes. Blanc.
Faut qu'on s'y mette de bonne heure sinon...
Bon, on y va ? Allez !
- Je vais vous aider à faire les lits ?
- Non, non, ça va encore nous retarder.
- Je leur apporterai le petit déjeuner.
- Ah oui, bonne idée. Avec des croissants.
Et du chocolat pour le gamin.
Allez, au revoir, Père Richard. - Bonsoir. Alors, bonne nuit.
- Respire. - Je respire.
- Oh, mon Dieu, c'est beau. Que c'est beau.
- On aurait dû les emmener avec nous.
- Les emmener qui ?
- Martine et Nelly.
- Bah... Martine, tu la vois souvent.
- Ouais, Martine, d'accord, mais Nelly...
- Nelly quoi ? - Nelly, c'est plus intéressant.
- Pourquoi plus intéressant ?
- Nelly, j'aimerais bien...
- Ah ouais ? T'aimerais bien la quoi ?
- J'aimerais bien la... - Je te comprends à demi-mot.
C'est pas bête, mais t'as tout le temps.
T'as 2 jours. Demain, on travaille.
Faut dormir. - Allez.
- Regarde-moi ça. Mais regarde ça.
- Ca pue !
- C'est bon. Ca sent bon.
Des chiens aboient.
- Y a des toiles d'araignées ici. - Ouais.
Ton père et moi, quand on allait au bal,
on avait une couverture sur le porte-bagages du vélo.
Remarque, ça marchait pas toujours. Je me rappelle une autre fille.
Je l'invite à danser, je me frotte, normalement.
Et là qu'elle se met à crier : "Ertins-toé !"
- Quoi ? -"Ertins-toé !"
Ah, ah, ah, retiens-toi ! Ouais...
- Et alors ?
- Et bah alors, on l'a surnommée Ertins-toé.
Encore maintenant, pour tout le monde,
c'est Ertins-toé.
Je te laisse finir ton lit.
- Tu veux pas que je t'aide ? - Oh, bien, trop tard !
- Bon allez ! Bonsoir. - Adieu, pépère. Dors bien.
Tu t'ennuieras pas. T'as des Nous Deux, là.
Amuse-toi bien.
- Si je t'attrape, toi, tu vas voir !
Elle rit. - Ouh ouh !
Dis donc, tu te lèves, paresseux ?
T'as pas honte ?
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Allez, hop !
Il soupire. - Déjà ?
On ne peut plus dormir à la campagne.
- Tiens, ton café.
Allez, mon pépé. Courage.
Tiens. Tiens.
Nelly rit.
Nelly tousse.
- Tu baves, cochon.
- Frédéric, dépêche-toi !
- Il nous embête.
- Je te le laisse. - A bientôt, hein ?
- Oui, à tout à l'heure.
- Ah, il pleut.
C'est signe d'eau.
Allez, fais pas cette tête-là. Tu la reverras, ta Nelly.
Momo est là - LA SALETE S'EN VA
- Oh, dis donc, tu vas faire pleuvoir, toi.
Une vache meugle.
Tu crois pas que l'Angleterre...
ça aurait été mieux pour ton anglais ?
- Mon copain dit que c'est pareil, là-bas, pour les langues.
- Ah ouais ? Ils parlent anglais, là-bas ?
- Ouais.
- De toute façon, pour ce que vous aurez à dire...
Les cloches sonnent.
- Y en a des gros, là.
Une femme parle au loin.
Qu'est-ce qu'elle dit ?
- Qu'un vieux est en train de mourir.
- Ah bon ? - Ouais.
- ON A CHANTE LES PARISIENNES
LEURS PETITS NEZ ET LEURS CHAPEAUX
ON A CHANTE LES MADRILENES QUI VONT AUX ARENES
VOIR LE TORERO
ON OUBLIE TOUT
SOUS LE SOLEIL DE MEXICO
ON DEVIENT FOU
AU SON DES RYTHMES TROPICAUX
MEXICO MEXICO
TES FILLES SONT ARDENTES
ET TU SERAS TOUJOURS
LE PARADIS DES FILLES ET DE L'AMOUR
MEXICO MEXICO
TES FILLES SONT ARDENTES
ET TU SERAS TOUJOURS LE PARADIS DES FILLES ET DE L'AMOUR
MEXICO
TES FILLES SONT ARDENTES
ET TU SERAS TOUJOURS
LE PARADIS DES FILLES ET DE L'AMOUR
MEXICO MEXICO
Il soupire.
Un coq chante.
Chants religieux
Air à l'orgue
Le prêtre chante.
Les fidèles chantent.
Le prêtre chante.
Les fidèles chantent.
- Père Scalia, on l'a renvoyé.
Les cloches sonnent.
- Ca va ? - Ca va bien ?
- La peinture avec ton oncle, ça s'est bien passé ?
- Oui, on a fini ça.
Dis donc, j'ai pas vu ta soeur Nelly, à la messe.
- Non. Elle est allée à Moncontour.
Ah bah, ça tombe bien. Justement, j'y allais.
- Alors, vous allez vous rencontrer. - Ouais.
- Qu'est-ce que tu fais, cet après-midi ?
- Oh, rien de spécial.
- Nous, enfin, ça dépend du temps, on va peut-être aller se baigner.
Tu veux venir ?
- Je verrai. Ca dépend. Peut-être, si je suis libre.
J'irai peut-être. - Bon, d'accord.
- Allez, au revoir.
Allez, je me dépêche.
Brouhaha
Le vent souffle.
Quel vent ! - C'est bon, hein ?
Sonnette de vélo
Tu vas à Moncontour ? - Ouais. Toi, t'en reviens ?
- Oh, qu'il est futé ! Qui est-ce qui t'a dit ça ?
- Mon petit doigt et ta petite soeur.
- On a chanté sous tes fenêtres, mais tu dormais déjà.
T'as pris des habitudes du pays. Tu te couches avec les poules.
- Fallait me réveiller.
- On y a pensé, mais on s'est dit que t'avais pas envie.
- C'est ton parfum qui sent si fort ?
- Je mets pas de parfum. C'est mon odeur.
- Alors, tu sens pas bon.
- Bon, bah, je m'en vais.
- Ouais.
Bon, bah, au revoir. Non, bien, j'arrive.
Aïe...
- Alors, Frédéric, tu viens avec nous ou pas ?
- Non, je vais à la baignade.
- Fais comme tu veux. Tu rentres pas trop tard.
Et sois sage avec les petites. - Il va pas leur faire mal.
- Bah, on sait pas. Parfois qu'il aurait des envies.
Tiens, Angelina sonne le glas.
- Les amours, le pauvre.
- Ah oui...
- C'est la vie. - J'allais le dire.
Vous aimez toujours le poisson ? - Toujours.
Les cloches sonnent le glas.
Un coucou chante.
Vrombissement de motocyclette
- Euh, Frédéric, Dédé.
- Bonjour. - Salut.
- Vous rentrez, là ?
- Il fait trop froid. On va pas se baigner.
Et puis y a personne. Je rentre.
- Ta soeur est pas avec vous ?
- Si, si, elle est dans le petit bois.
Elle est occupée. - Qu'est-ce qu'elle fait ?
- Tu verras. Vas-y toi-même.
- Arrête. Où c'est ?
- Là-bas. Dans le petit bois.
- Je vais aller voir.
- Dépêche-toi.
- Pauvre femme, elle ne va plus avoir de poitrine.
- Il est toujours en train de lui caresser les cuisses.
- Non, c'est pas les cuisses. C'est plus haut.
Ca commence à être intéressant.
Oh, le salaud !
- Attention.
- Puis voilà donc qu'il lui monte dessus.
- Elle va être bien aplatie, l'herbe.
Ils rient. - Oh, la vache !
- Ca a l'air de lui plaire.
- Oh, les enfants, allez ouste, là ! Du balai !
Le spectacle est fini pour aujourd'hui.
Nous, on va passer aux choses sérieuses.
Eh, le petit en rouge, là. Oh ! Tu vas rejoindre tes camarades.
Allez... Mais qu'est-ce que tu fous là ?
- Bah, j'étais venu voir Nelly.
Je savais pas que t'étais avec elle.
- T'es venu finalement ? - Ouais.
- Tu me raccompagnes ? - On s'en va ?
- Je rentre. - Pourquoi ?
- J'ai envie.
- Bon, je te mets sur le coup. - Non, non.
- Si, si, je l'ai vu, ce matin. Tu as une grosse cote.
Si, si, allez. Euh... Je vais te la déposer, là.
Moi, je m'en fous. Je suis sur une autre fille.
Mais dépêche-toi, hein. Je te la dépose.
Eh, magne-toi !
Oh ?
Alors, tu pousses ?
Vrombissement de la motocyclette
- Rapproche un peu.
Très bien.
- Hop ! - Attention.
- Faut avoir le pied marin, là-dessus.
Vous voulez que je vous aide ? - Non, c'est bon.
Frédéric ? - Oui ?
- Bah, arrête-toi quand je t'appelle.
T'as honte de ton mononcle ?
Tiens, regarde ça.
- Ah, c'est la pêche. Ah oui, c'est beau.
- Il y a de quoi être fier. Et toi, tes affaires ?
- Je m'en occupe sérieusement. - Euh... Tu vas aller par-là.
- Oui, merci.
- Voilà.
Il est brave, ce petit. - Il est gentil.
- Il est brave. Qu'est-ce que c'est que ça ?
Le voilà qui passe. Il va prendre les urnes, il a faim.
- C'est le croque-mort ?
- Bien triste voiture. - Ouais.
- Il en faut. - Oui, il en faut. C'est normal.
- Alors, qu'est-ce que tu fous ?
Magne-toi, mon vieux. Je viens de la laisser.
Allez, magne-toi !
- Oh, y a moins de vent, ici.
C'est beau, ici, hein ? - Ouais.
Tu connais l'histoire de Titine ? - Non.
- Tu veux que je te la raconte ? - Ouais.
- C'est un curé qui confesse.
Un type s'amène et il dit :
"J'ai fait ci, j'ai fait ça, j'ai couché avec Titine."
Un "Je vous salue, Marie", Un "Notre Père".
Deuxième type qui s'amène :
"J'ai fait ci, j'ai fait ça, j'ai couché avec Titine."
2 "Je vous salue", 2 "Notre Père".
3e type qui s'amène :
"J'ai fait ci, j'ai fait ça, j'ai couché avec Titine."
3 "Je vous salue", 3 "Notre Père".
Après, il y en a 4, 5, 6, 7 qui viennent comme ça.
Alors le curé est vraiment en pétard,
il rassemble les mecs du village
et dit : "Ceux qui ont couché avec Titine, à ma gauche.
"Ceux qui n'ont pas couché avec Titine, à ma droite."
Et tout le monde se met à sa gauche sauf un petit blond.
Il dit : "Prenez exemple, regardez celui-là.
"Il a pas couché avec Titine. Comment tu t'appelles ?
"Je m'appelle Titine."
Nelly, je voudrais t'embrasser.
- Non, pas maintenant.
- Pourquoi ? - Non, c'est trop tard.
- Qu'est-ce que ça fait ? C'est ta soeur.
- C'est pas le moment.
- Tu vas au bal, ce soir ?
- Non, je suis désolée. Je sors avec Raymond.
- Eh ben, ça va, vous 2.
- Je m'en vais.
- Tu t'en vas ? Tu restes pas ?
- Non, maman m'attend à la maison.
- Ah bon ? - Je te laisse. Salut.
- D'accord. Salut.
Chant des oiseaux
- Qu'est-ce qu'on est bien, ici. - Oui.
Au fait, tu viens au bal, ce soir ?
- Je n'ai plus envie. Et toi ?
- Je sais pas. Je vais peut-être y aller.
Il fait bon.
- C'était qui, le type avec qui tu étais tout à l'heure ?
- C'est un ami qui vient en week-end.
Il a une maison pas loin. Il est très gentil.
Il est sympa.
Qu'est-ce qu'il a décidé, François, pour les vacances ?
- Je sais pas.
- Tu sais qu'Elisabeth est amoureuse de lui ?
- Ca m'étonnerait.
- Bah, écoute, ça se voit vachement, non ?
- Ils sont toujours en train de s'engueuler.
- Ben oui, c'est justement.
- Elle sortirait pas avec le type de sa meilleure amie.
Moi, je me vois pas en train de te draguer.
- Pourquoi ?
- Parce que tu sors avec François.
- Je te plais pas ?
- Si... Enfin non... Si...
- T'y as jamais pensé ?
- Si, admettons que j'y ai pensé.
Mais puisque tu sors avec François, je n'y pense plus.
- Et moi, tu crois que j'y ai pensé ?
- Je sais pas. Tu y as pensé ?
- Oui.
- T'y penses encore ? - Oui.
- On peut pas lui faire ça.
- Non, bien sûr. On peut pas lui faire ça.
- Ce qu'on peut faire...
Enfin, si t'étais d'accord, on pourrait s'embrasser
juste une fois.
Puis ce sera tout.
- Voilà.
On y va ? - Ouais.
Les cloches sonnent.
Merde, mon vélo.
Musique classique
- Salut. - Salut.
- Ca va ? Fais pas cette gueule-là.
Je t'ai apporté des films.
Allez, tire-toi.
Salut, les mecs.
Qu'est-ce que vous foutez ?
Ah, ces cons de consignés.
Je vous ai apporté une petite nana pour vous consoler.
Tiens, tiens ça.
Regarde.
Eh, regarde pas ça comme ça, Vénus.
- Ca vous plaît, ça.
- Je vous ai apporté plein de trucs, les mecs.
Le troc continue.
- Plus qu'une semaine avant les vacances de Pâques.
- Tu vas foutre quoi de tes vacances ?
- Bah, je vais me marrer. - Tu parles.
- C'est pour Vénus.
- T'es équipé, toi.
- Arrêtez !
- Il a pas de poils ! - Allez !
- Arrêtez !
- Tu viens ? Il est bon, Vénus, ce soir.
On lui a fait bouffer 2 suppositoires.
On va lui passer une bite au cirage.
- Vous faites chier avec vos conneries.
- C'est toujours marrant, avec Vénus.
- Magne-toi, on se le fait ? - Ouais !
- Arrêtez !
- Passe-lui la brosse. - Le bras veut pas passer.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Faites pas semblant de dormir. Réveillez-vous.
Le petit Gilles pleure depuis 30 minutes.
Dépêchez-vous ! Il a fait dans ses draps.
Allez nettoyer cette saloperie.
Dépêchons-nous !
Et vous, ne restez pas là les bras ballants.
Qu'est-ce que c'est que ce foutoir ?
Qu'est-ce que c'est que ces 3 imbéciles ?
Ils rient.
Musique de fanfare
- Pleure pas, écoute.
C'est vraiment pas de ta faute. Allez, va !
T'as pas de petits camarades ?
- Non.
- Allez, ne pleure plus.
Tu vas voir ta mère samedi, ce sera fini.
Hein ?
Tu n'y penses plus ?
On va laver ton drap.
- Paringaux.
Lesaint.
- Tu ouvres pas ta lettre ? - C'est encore une nénette.
- Gurre. - GURRE !
- Rosset. - Tu me la files, Duru ?
- Paringaux. - Merci.
- Ca vient de Suède. - Et Paringaux.
- Ca doit être Marie-Louise.
- Fais voir ?
- Regarde, y a une photo.
- Elle est chouette. - C'est celle-là ?
- Y a une flèche. - Ouais, d'accord.
- Pour pas que je me goure.
C'est sa copine avec. - Fais voir un peu.
- Tu pourras te faire sa copine.
Elle est pas mal. C'est une blonde. La mienne, non.
- Tant pis. - Ouais.
- Je lui ai dit que les Suédoises étaient toutes blondes.
- Les Suédoises, y a pas de problème.
Elles baisent toutes.
- L'intendante, les mecs.
Ils fredonnent.
IL SE LA SAUTERA PAS ! IL SE LA SAUTERA PAS !
- Et alors ?
IL A PAS D'ORGANE ! IL A PAS D'ORGANE !
IL A PAS D'ORGANE !
- Il est trop petit. J'en ai un autre.
Tiens, essaye.
- Ca y est.
Fini.
- Dis donc, elle t'en met des tas.
- Ouais. Et en anglais. 6 pages. Faut ce qu'il faut.
Si je lui ai dit que je venais, Martine aux pelotes.
- T'es dégueulasse avec elle. - Pour les vacances.
- Elle fait pareil, c'est sûr.
- Alors, on y va toujours en stop ?
Ca vaut pas le coup. On va être 3 jours là-bas.
On va pas en profiter.
- Déconne pas, dis. Tu viens. Fais pas de connerie.
- Ouais, d'accord. Ca vaut pas le coup, 3 jours.
- Mais si. On a tout mis au point. Tu peux pas déconner maintenant.
Musique douce
Il crache. - Oh, le mollard !
- Oh, ça va pas, non ?
- Allez, tapez-vous dedans. Allez-y.
- Allez, oh ! Allez.
- Arrêtez le ballon, s'il vous plaît.
L'autre crache à son tour.
- Oh, t'es dégueulasse !
- C'est fini, oh !
- Plus qu'un jour à tirer, les mecs.
- Oh. - C'est sonné.
Qu'est-ce qu'il fout ? - Vénus !
- C'est Vénus.
- On va quand même à la boum d'Elisabeth, demain ?
- Non, on va mettre trop de temps.
- Si, on y passe. Et toi, t'y vas ?
- Oh, moi, tu sais, ces petites pisseuses, hein...
J'irai peut-être quand même pour voir.
- On y va et se barre vite.
- C'est quand même bête qu'ils s'en aillent.
On s'amuse bien quand on est ensemble.
Tu crois qu'ils vont venir ? - Oh oui, sûrement.
Ca m'étonnerait qu'ils viennent pas.
- Au fait, avec François, c'est fini ?
- Bah, oui. - Ca te fait rien ?
- Bof.
- Remarque, on se dispute souvent, mais il est gentil.
- Il est comme ça parce qu'il est vachement sentimental.
- Sentimental, tu trouves ? - Oh, bah oui.
Avant qu'on sorte ensemble,
il comprenait pas pourquoi c'était toujours les filles
qui attendaient avant que les garçons se décident.
Il disait ça parce qu'il trouve que les garçons savent jamais
si elles vont être d'accord pour sortir avec eux.
- Il voudrait que les filles commencent.
- Il disait ça pour ça.
Il voulait que je fasse le premier pas, lui, il osait pas.
- Qu'est-ce que t'as fait ?
- Rien, j'ai attendu que ce soit lui qui décide.
- Si j'ai un garçon qui me plaît vraiment,
je ferai le premier pas.
- Moi, je l'ai un peu fait déjà.
- Avec qui ? - Avec Frédéric.
- T'es sortie avec Frédéric ? - Non, pas vraiment.
C'était quand il voulait sortir avec ma soeur Nelly.
Au début, ça m'amusait,
alors j'avais un peu arrangé le truc, tu vois.
Et je me suis aperçu
que ça me faisait vachement de peine.
Alors je suis arrivée
et j'ai empêché qu'ils sortent ensemble.
Puis après, on a flirté avec Frédéric
et c'est lui qui ne voulait plus.
Mais si tu veux, tu peux sortir avec François.
- Tu sais, François...
- Tiens, bah, les voilà.
- Vous êtes chouettes.
- Ca va ? - Bonjour.
- T'as besoin d'un coup de main ? - Salut.
- Tiens, prends une bouteille.
Fracas
- Foutues gamelles !
Bonjour.
- Non, t'avais dit un mois. - Ca fait rien.
- Ah non, non, non, un mois.
- Je ferme la fenêtre. Ca fera plus intime.
- Fais chier.
A la boum, on va bien se marrer.
- On se tire vite. Il faut arriver en Suède.
- On n'est pas aux pièces, quand même.
The Platters, "Only You"
-Only you
Can make all this change in me
For it's true
You are
My destiny
When you hold my hand
I understand
The magic that you do
- Tu veux pas danser avec elle ?
You're my dream come true
- Tu viens danser ? Si, viens.
Only you
Allez, viens.
Only you
Can make all this change in me
For it's true
You are
My destiny
When you hold my hand
I understand
The magic that you do
You're my dream come true
My one
And only you
- Salaud ! - Fumier !
Ca réchauffe, de gueuler.
- On n'a pas fait 1 500 kilomètres pour pas baiser.
- On va y arriver, à Malmo. - On est complètement paumés.
- Encore une.
- Allez. C'est pas possible, ça.
Frédéric soupire.
François tousse.
- J'ai l'impression que j'ai chopé une otite.
C'est l'oreille. - Ca va être gai.
- J'ai mal.
Oh, la vache. Tu veux pas marcher, un peu ?
- Elle est dans l'autre sens. On la prend.
Arrêtez-vous. - C'est une blonde.
Oh, elle s'arrête ! - Ouais !
Fracas métalliques
- Do you speak english ? - Yes, where are you going ?
- Moi, je comprends pas tellement.
- Ah, vous êtes français ? - Oui.
- Alors, vous voulez...
- Bonjour, Madame. - Bonjour.
- Il fait pas très chaud. - Non, ce n'est pas très chaud.
Alors mets...
Un sac là, peut-être, et l'autre dans la voiture, non ?
Ce cadenas...
Ah bon.
- Elle est chouette. On la quitte pas.
- Tiens, mon vieux. Passe.
Tu l'appelles ? - T'es pas fou ?
- Appelle-la. Vas-y. - Ca sert à quoi ?
- Elle nous a pris en stop. On a bouffé là.
On est seuls dans la baraque. Faut y aller.
- Faut pas en profiter.
- S'il s'agit pas d'en profiter, on est là pour quoi, alors ?
- Bon bah, appelle-la, toi.
- Bah, vas-y toi. T'as la voix qui porte.
- Bon... Birgitta ! - Plus fort.
- Birgitta ! - Plus fort !
- Avec moi, alors.
BIRGITTA !
La porte s'ouvre.
- Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
- Et nos baisers ?
- Ah, un baiser. Non, mais un bonbon, non ?
- Ah oui ? Celle-là ?
- C'est pour toi. - Merci.
- Toi.
- Celle-là ?
Celle-là ? - Si.
- Merci.
- Alors, tu dors bien ?
- Oui. Ca ira mieux avec un baiser.
- Quel baiser ?
- Le baiser du soir, à l'internat avec le surveillant.
- Ah oui ? Un pour la mère, la soeur et moi.
- Puis un 4e. - Ah, oui. Alors...
- Et toi ? - Oui, aussi.
- Toi aussi ?
- Je vous ai bien eue. - Oh, je m'attendais.
- Vous vous attendez pas à une petite visite cette nuit ?
- Bah, pourquoi ?
- Vous nous croyez pas capables ?
- Bah... Vous êtes bébés, non ?
- Vous avez pas peur ? Vous allez fermer votre porte ?
- Non, je laisse ma porte ouverte toute la nuit.
Alors, dors bien. - Bonne nuit.
- A demain.
- Eh, Duru ?
Eh, Duru ! Tu dors ?
- Non.
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- Bah, on dort.
- Il faut faire quelque chose.
- Qu'est- ce que tu veux faire ?
- Faut qu'il y en ait un qui se décide.
Faut la rejoindre. - T'es pas fou ?
Si elle nous invitait seulement pour nous rendre service ?
Puis c'est la fille du pasteur.
- Elle a laissé la porte ouverte.
T'as pas vu le regard qu'elle m'a jeté ?
Faut y aller. On va pas la laisser seule.
- Bah, vas-y. - Tais-toi.
Tu peux y aller, toi.
- Non. Tu veux y aller. Vas-y.
- Tais-toi, tu vas la réveiller.
On tire à pile ou face pour décider.
- Tu nous enquiquines.
- File-moi une pièce. Allez.
Frédéric soupire.
- C'est pas possible, ça.
Tiens.
Et triche pas. - Tais-toi.
Face, je commence. Si ça marche pas, t'y vas.
- Face. Eh bah, vas-y.
Allez. - Je sais pas si j'y vais.
- Ah bah vas-y, mon vieux. C'est trop tard, maintenant.
La pièce tombe.
La pièce.
Alors, tu te magnes ? - Tais-toi.
- T'es qu'une andouille.
Ils rigolent.
- On est vraiment des cons.
On est chez une bonne femme, 30 ans, Suédoise,
vachement chouette, on la baise pas.
Mais on a bien bouffé.
- Tu trouves ?
- Ouais, on a bien bouffé.
- T'es pas difficile.
- On n'a pas baisé.
Tu sais ce qu'on peut faire ? On a qu'à dire qu'on l'a baisée.
- Si on dit qu'on l'a baisée tous les 2,
on nous croira pas.
- On a qu'à tirer à pile ou face.
- Pour quoi faire ? Ca avancera à rien.
- Pour savoir qui dit qu'il l'a baisée.
- Ouais. - Ouais ?
- Ouais.
Doucement. C'est pas toi qui le fais.
Tu l'as fait la dernière fois.
- Qu'est-ce que tu prends ? - Face.
Tiens. - Oh, salaud.
C'est toi qui l'a baisée. - Bah ouais.
- Ce mec, quel bol. - Y en faut un peu pour moi, non ?
- Je vais téléphoner, voir si Marie-Louise est chez elle.
Il chantonne.
Duru ! Eh, Duru !
Il a des haut-le-coeur.
Ca va pas ?
Ca va pas ? - Non, j'ai mal digéré.
- Ah, t'en as sur le nez. Essuie-toi.
Il tousse.
T'en as partout sur la gueule.
Bon, bah, magne-toi. On y va.
C'est fini ? Allez.
On a rencard tout de suite. Je l'ai eue.
Tu vas pas être malade maintenant.
C'est in the pocket maintenant.
In the pocket of the kangaroo. - J'ai mal digéré.
- Allez, viens. On peut pas foirer ce coup-là.
Elles sont 2. Y a sa copine. On y va, allez.
12A. C'est là.
Ils parlent suédois.
Sonnette
Hello. - Hello.
- Bonjour. - Hello.
- Y a des mecs.
- Hello. - Hello.
Hello. Marie-Louise ? - Yes.
- Hello.
- Hello. - Bonjour.
- Laisse-moi, m'asseoir à côté.
Sorry.
It's cold, here. - It's cold ? You think ?
- Yes. - You've been a long time ?
- No... We are coming today.
- You came today. - We came today.
- By car ? - Yes. Euh...
- Hitchhiking ? Hitchhiking ? - Hitchhiking.
- Yeah.
- Photo.
- Beautiful. Just beautiful.
Ils parlent en suédois.
- Qu'est-ce qu'elles disent ? - Je comprends rien.
- We don't understand.
- I can try one.
- What ? - What the matter with him ?
- He doesn't speak english ? Just french ?
- No, no, he speaks english. - You speak english ?
You're hungry ? - Moi, j'y vais pas.
- Pourquoi ?
- Je vais rentrer. Je suis malade.
- He wants to... Oh, yeah. Okay.
- Bon, on y va.
Me laisse pas seul.
- Je veux rentrer.
- C'est les mecs qui t'emmerdent ? - Ouais.
Look.
- Good ! It's good.
- Yes.
- The French occupation ? - Yeah.
Yes.
- Oh, it is ? - Marie-Louise.
- Tallrik.
- Tallrik ?
- Goodbye. Goodbye. - Bye.
- Goodbye. - Bye.
- Oh, thanks.
- François ?
- Yes.
Goodbye. - Bye.
- Tu m'y reprendras pas, avec la Suède.
- On s'est bien marré.
- On a dépensé tout notre fric, on a eu un temps de chien,
on n'a pas baisé et on a attrapé la crève.
Dis donc... - Ouais.
- Il s'est bien foutu de notre gueule.
Qu'est-ce que les mecs vont dire
quand on va leur raconter nos histoires de Suède ?
- Quels mecs ? Au lycée ? - Le lycée.
Ta Suédoise, elle t'a fait un sale coup avec les 2 mecs.
Tu parles, j'espère qu'il sera pas là, ce soir.
- Qu'est-ce qu'il y a ce soir ? - On va les voir, les nanas.
- T'y vas tout seul. J'y vais pas.
- Bah, viens !
- Non, je suis fatigué. Je suis encore malade.
- Je reste avec toi, alors.
- Tu vas pas te faire chier ici. Vas-y.
- Ouais... De toute façon, maintenant...
- La vache, ça me reprend ! - Encore ?
C'est pas possible. Pauvre mec. C'est con, ce qui lui arrive.
- No..
- Ouais...
We must go back to France now.
Ruissellement
Clapotis
Ecoulement de l'eau
- Yes.
Generally, it's very good.
But now... C'est pas normal, quoi.
Je sais pas.
- Le jour se lève.
- No.
- 3 heures, tu te rends compte ? 3 heures avant de bander.
- C'est pas possible. - Si, c'est possible.
3 heures. J'ai baisé à la fin, mais...
- T'es un incapable.
- Bah, non ! Je sais pas. C'est...
Enfin 3 heures, peut-être plus. 3-4 heures.
Je sais pas, j'ai pas regardé ma montre.
Je sais pas ce que c'est. - C'est peut-être la chiasse.
- Tu crois ? Non... - Bah si, ça te crispe.
- Tu crois que ça crispe, la chiasse ?
Ca me fait pas ça.
- Si t'avais pas envie de chier dans le lit.
- Non, non, j'avais chié avant.
Non, c'est parce que c'est une Suédoise.
Elle était à poil. Tu vois, pas mal.
Mais ça me faisait rien. Absolument rien.
Une Française, tu lui touches la main, ça y est, tu bandes.
- Ca c'est vrai, ouais.
- Mais là, rien.
Je sais pas si elle l'a dit à Marie-Louise.
- Tu devrais lui téléphoner. - Pour lui demander ?
- Ouais.
- Non, mais je lui téléphonerai avant de partir.
C'est plus sympa.
Peut-être que les Danoises sont mieux.
Il paraît qu'elles sont bien.
- On n'aura pas le temps, eh.
Corne de brume
- Au revoir. - Goodbye.
- Bye. - Goodbye.
- Bye.
- Marie-Louise ?
I must ask you something. - Okay, say.
- Ah, j'avais pas compris. I didn't understand.
- François, tu viens ?
Air de tango
- C'est la barbe de rentrer au lycée.
On est bien, là.
- On va pas passer toute notre vie ici.
- Mais c'est embêtant de rentrer.
Il pêche, on fait rien. On est bien.
Ca mord ?
- Non.
- J'ai froid aux pieds.
- On marche ?
- Non, je les frotte.
- Tu veux que je te les réchauffe ?
- Si tu veux.
Allez, frotte.
- Tiens, mets-les sous mon pull. Voilà.
- C'est con que Martine soit pas là.
Elle t'a rien dit ? - Non, non.
- Elle a fait exprès de pas venir ?
- Pourquoi pas ?
- Tu te fous de moi ? - Non.
Elle rit.
- Tu sais quelque chose ? - Non, je t'assure, je sais rien.
- T'es bien heureuse qu'elle soit pas là.
- Je vois pas pourquoi tu dis ça. - Comme ça. Ce que je dis...
T'as un beau petit ventre, toi. - Oh, écoute, hein.
- Duru, on va quand même faire un tour au bal ?
Tu danses le tango ? - Franchement, j'ai pas envie.
- Je vais t'apprendre. - Tu danseras avec une autre.
- Bon, si tu veux.
- C'était pas bien, la Suède ? - Si, c'était très bien.
Hein, Frédéric ? - Ouais, ouais.
- Viens, on va se foutre de leur gueule.
T'as vu le danseur, un peu ?
- Regarde.
Beau tango. Elle rit.
- Les gênez pas. Laissez passer.
- Ouille, aïe, mon pied !
Aïe, aïe, aïe ! Ouille, ouille, ouille !
Oh, là là !
- Non, merci. Je peux pas rester. - Restez encore.
- Non, je dois m'en aller. C'est pas possible.
- Bon, ben salut, alors.
- Au revoir.
- Bon, bah, continue, si tu veux.
- Elle est pas venue, Martine ? - Non.
- Ah bon...
- Salut. - Salut, vieux.
Ca va ? - Ouais.
Elisabeth s'est tirée. Viens !
- C'est râpé pour eux.
Propos indistincts - Nous, on s'en fout.
- Où elle est ? - J'en sais rien moi, où elle est.
Elle est là-bas.
- Elisabeth !
Par-là !
En haut.
Elisabeth !
C'est pas vrai. Elle est pas vraie, cette nana.
- C'est toi qui es pas vrai. - Moi ?
- C'est la fin des vacances et tu gâches tout.
- Je gâche rien. - Bah si. Mets-toi à sa place.
- Elle danse pas.
- T'as pas besoin de draguer sous ses yeux.
- On la rattrape. - Démerde-toi tout seul.
- Fais pas le salaud.
- Non, mais je vais pas rattraper tous les coups.
C'est trop compliqué. Allez, salut.
- On va pas se fâcher. - Je me fâche pas.
Faut que tu te démerdes. - Fais pas le con, Duru !
Duru ! Allez, viens !
Où tu vas ?
Tu vas pas chez Martine ?
Mar... Elisabeth ?
Elisabeth !
- Frédéric ?
- Ah, vous êtes là ?
Martine !
C'est le grand nettoyage de printemps.
- Te voilà. - Bonjour.
- La Suède, ça s'est bien passé ? - Bien. Mais content d'être rentré.
- C'est un beau pays.
- Il fait froid et on mange mal. - Ca vaut pas la France.
Y a pas de pays où on mange mieux. - Oui.
- Ah oui, c'est certain.
- Eh, ça pousse, là ! - Il faudrait de l'eau.
- Je vous laisse à vos occupations.
Bonjour. - Alors, déjà revenus ?
- Oui.
- Vous avez raccourci vos vacances ? - Non, le stop a bien marché.
- C'était bien ?
- Pas mal. Et toi, qu'est-ce que t'as fait ?
- Je suis restée là. J'ai pas bougé.
François est pas avec toi ? - Je l'ai laissé avec Elisabeth.
- Vous reprenez le car, ce soir ?
- Ouais. Et toi, qu'est-ce que tu fais ?
- Rien. Je finis d'étendre le linge.
On peut faire un tour après, si tu veux.
- On a qu'à aller au bal.
- Oh non, j'ai pas envie. Non, on va plutôt se promener.
Faire un tour. - Bon, d'accord.
- Grand-père, tu pourras dire à grand-mère
qu'on va faire un tour avec Frédéric, après ?
- On peut prendre votre vélo ? - Sans doute.
- Bonjour. Ca va ?
Qu'est-ce que t'as fait de François ?
- On s'est disputés.
- Ca m'étonne pas.
Tes vacances se sont bien passées ?
- Avec les parents, c'est jamais drôle.
Où est-ce que vous allez ? - On se balade.
- Je peux aller avec vous ? - Ouais, ça nous dérange pas.
- Je sais pas où je vais monter. - Mets-toi là.
- Je peux pas monter là. - Mais si, tu as de la place.
- Je vais tomber. - Mais non, viens.
- Fais attention, hein. - Bien sûr.
Où on va ? - Aux épiasses.
- C'est pas par là. - Si, par la route du bas.
- Ah bon, d'accord. - Allez, en voiture !
- Attention !
Cris et rires
Rires
- Allez, dépêchez-vous !
- Attends-nous, Frédéric !
Elles halètent.
- Aïe, ça pique !
- Allez !
- Je n'en peux plus.
- Allez !
- Aide-nous.
- Aïe !
Elles rient.
- Attends-nous un peu, Elisabeth.
- Ah, je n'en peux plus !
Ils halètent.
- Je n'en peux plus. - Moi non plus. Je suis morte.
Tu m'as pas beaucoup écrit, dis donc.
- Tu sais, j'aime pas tellement écrire.
- T'aurais pu m'envoyer une carte postale.
- Ouais, j'y ai pensé, mais...
- T'y penses encore ?
- Ouais, tout le temps.
- Tu racontes pas grand-chose. - Je sais pas quoi dire.
- C'est bien, quand même, quand on se revoit.
- C'est vrai. Surtout au même endroit.
- Au même endroit que quoi ? - Bah, au même endroit.
Musique festive au loin
- Tu veux qu'on se voie ? - On se voit, là.
- Je veux dire qu'on se voie plus souvent.
Pas avec elle.
- Oui, si tu veux. On peut se voir tous les 2.
Dimanche, tu veux que je vienne seul ?
- Oui, ce serait bien.
- Ce serait beaucoup mieux.
T'es contente qu'on sorte ensemble ?
Alors, d'accord ?
- D'accord.
- Allez !
Ils rient.
- Qu'est-ce qui vous fait rire ?
- Rien.
- Elisabeth ?
Elisabeth ?
Ils rient. Elisabeth ?
- Nous allons donc entamer ce dernier trimestre.
J'espère que vous êtes tous rentrés en pleine forme.
Et que vous êtes décidés à faire des efforts.
J'espère aussi que vous serez plus calmes que par le passé.
N'est-ce pas, Monsieur Paringaux ?
Bon, on y va.
- C'est en Roumanie qu'il faut aller !
C'est mieux que la Suède.
J'y suis allé avec mon copain Franklin.
Qu'est-ce qu'on s'est dragué ! Et ça baise.
Elles sont bien, les Roumaines.
Et vachement faciles.
- Pour la Suède, t'avais raison. Elles sont chaudes.
Tu les dragues rien qu'en les regardant.
Les mecs à lunettes ont pas de bol.
- C'est pas difficile, tous les soirs, on baisait.
- Tous les soirs ? - Et le matin aussi.
- On ne débandait plus. C'était impossible.
- Vous deviez avoir mal aux couilles.
- Tous les soirs, on pissait du sang.
Incroyable, hein ?
Fantastique.
- Les correspondantes, on a vu ce que c'était.
On les a exploitées, ce qu'il fallait.
- Moi, j'y retourne aux vacances, en Suède.
- C'est bizarre, pourquoi tu vas pas en Roumanie ?
- Histoire de retourner en Suède.
Vous avez pas des adresses ? - Toi, t'en as ?
- J'en ai, mais... - T'en avais plein.
- Une de plus, ça fait jamais de mal.
Et la fille du pasteur, qui l'a baisée ?
- C'est moi. - C'est lui.
- Martine, je la voyais un peu moins souvent.
Je la voyais pas longtemps. Je me tirais avec Nelly.
- Et elle était avec des mecs ?
- Non. Elle restait seule.
- Les mecs, vous avez pas des bulletins de sortie ?
- Pourquoi, tu veux sortir ? - Ben ouais.
- Il a encore 3 jours et il veut sortir.
- On va voir ça. J'espère sortir. - C'est tout vu.
- Bah tiens.
T'as des bulletins de sortie ?
De toute façon, t'as jamais rien. Ca change quoi.
Eh, t'as des bulletins de sortie ?
Il mime une flatulence.
Ils rient.
- Eh alors ! Ca va pas, non !
Thomas, qu'est-ce que vous faites debout ?
- Je demande des bulletins de sortie.
- Et pour quoi faire ? - Bah, pour sortir.
- Vous m'avez demandé l'autorisation de vous lever ?
Asseyez-vous.
Plus la peine de chercher, je vous colle dimanche.
Musique classique
- Dis donc, il nous fout le cafard, avec sa musique.
- Ouais, ouais.
- On se décide ou quoi ? - A quoi ?
- A aller au Canari bleu. Tu viens ?
- Les putes, j'aime pas ça.
Comme ça ? Comme ça, oui. Oui, mon vieux !
- On se dégonfle pas.
On va au cinoche et je vous présente Liliane et Rose.
- C'est un coup comme la Suède, ça !
- Vous vous êtes marrés ? - Ouais.
- Bah alors... - C'était bon, hein ?
- Alors, tu viens ?
- Moi, j'ai pas de pèze. - Je peux pas payer pour 4.
- J'irai la prochaine fois.
- De toute façon, on va se faire paner.
- On se fera pas paner.
- Pas d'oseille pour 4.
- Bon, je vous laisse avec vos pisseuses du dimanche.
Je me tire. - Alors t'y vas seul ?
- Un peu que j'y vais seul.
- Tu vas pas y aller seul. On va t'accompagner.
- Tu te dégonfles pas, hein ? - Non, non.
- Bon, alors, on y va.
Musique de fanfare
(-Allez.)
(-Bande de cons.) (-Viens. On va se faire paner.)
(-Magne-toi. Vite.) (-Allez, saute.)
- Les mecs, venez, on rentre. On s'amuse pas ici.
- Tu vas pas te dégonfler maintenant qu'on est arrivés !
Putain !
- La bagnole.
C'est fermé, là.
Ouvre de l'intérieur.
- Bah, vous gênez pas. Mais montez donc !
Allez, donc. Paringaux, évidemment.
Monsieur Rosset.
Allez, je vais m'occuper de ça. Allez. Allez, montez !
Allons !
Venez donc avec moi.
- Et si on y allait comme ça, ce serait pas mal ?
- Fais pas le con, eh ! Ils vont sortir.
- Ils sont pas prêts de sortir. Ils en ont pour 2 heures.
Musique douce au loin
- Alors, Paringaux, ça continue ?
Entrez. Cessez de rire, un peu.
- Vous êtes virés ? - Non.
On sort trop souvent.
Alors on est consignés jusqu'à la fin de l'année.
- Oh, les vaches. Pauvres vieux.
On tousse.
- Qu'est-ce que vous faites ici ? Allez, partez.
Vous avez rien à faire ici.
Nous avons eu raison de ne pas être trop sévères.
Au moins, ils sont vivants.
- La prochaine fois, tâchez d'être plus discret.
C'était Rose ou Liliane ?
- Liliane. - Ah, Liliane...
- Johanet.
- Gurre.
- GURRE ! - Oh, je vous en prie.
Pichon.
Darton.
Sacquet.
Barthélémy.
Spagnon.
- Venez voir la flibustière des Antilles.
- Fais pas chier.
- La frangine à Vénus est là.
Ah, voilà les pirates !
La pirate. - A l'abordage !
- Pourquoi tu l'avais cachée ?
- Ce qu'elle est chouette, cette nana.
- Alors, Vénus !
- Eh dis donc... - Vénus !
- Elle est vraiment pas mal, ta soeur.
- Ouais, hein. - Pas mal, ta soeur.
- Pourquoi tu nous l'as pas dit ?
- Elle a de ces lolos !
- Tu peux nous la présenter.
- Bon, laissez-le. - On veut pas être méchants.
Finalement, elle est pas mal, ta soeur.
- Et ta valoche. Récupère ta valoche.
- Allez.
- Il va tomber dans les pommes.
- Elle est bien, ta frangine.
On est quand même salauds, les mecs.
- Qu'est-ce qu'on va foutre, maintenant ?
- Il n'y a plus qu'à bosser jusqu'aux vacances.
Une cour vide. Merde.
- Et la fille du concierge qui joue ici, le dimanche.
Y a de la musique.
Les cartes qui passent. Le petit qui secoue son chiffon.
Y a petit Gilles qui sort jamais. On sait jamais à quoi il pense.
- Pendant ces 3 mois, je vais fignoler un coup.
- Quoi ?
- J'ai une correspondante. Une Guatémaltèque.
Je te filerai sa photo si tu veux.
- La photo... Elle a pas une copine ?
- Mieux, une soeur. On peut se mettre sur le coup.
Sous-titrage : BLEU OUEST
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