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Chant des grillons
Gémissements
Elle crache.
Respiration saccadée
Gémissements
- Arrêtez-vous !
Musique intrigante
Sonnerie de téléphone
- Issa ! Téléphone !- C'est qui ?
Oui ?
Oui, j'écoute.
Oui.
Discussions animées
- Votre attention !- Un toast !
- Je ne suis pas douée pour les discours.
Je vais simplement lever mon verre
pour une promotion bien méritée. C'est rare que ça arrive.
"Lieutenant-colonel."
Ca veut dire quoi ?
Il a 2 étoiles, mais c'est surtout un homme méritant.
Ca veut dire : à la santé d'un homme méritant.
Félicitations. Cul sec.
Fracas- Bordel de merde !
- Allez, santé.- Santé.
- A la vôtre.- Merci.
- Au lieutenant-colonel.- Santé.
- Santé.- Santé.
- T'as vu comment il roule vite, le train ?
Coup violent
Il soupire.
- Ils ont été arrêtés. T'as eu une promotion.
Tout le monde est là pour ça.
- Il y a une survivante. Une témoin.
Jusqu'à présent, on n'avait que des corps.
- Allez, venez nous rejoindre, vos verres sont servis.
- Oui, on arrive.
- Une seconde.
Et alors ? T'as commis une erreur.
Les choses commencent à rentrer dans l'ordre. Laisse tomber.
- Issa ! On t'attend pour porter un toast.
- On arrive.
- Dépêchez-vous !- Oui, oui.
- Tu vas aller la voir.
- Arrête, je ne vois personne.
Arrête avec ça. Et crois-moi, pour une fois.
Je n'ai pas le choix, je dois aller travailler.
- J'ai pas le choix non plus. Je vais demander le divorce.
- Je dois régler cette affaire.
Mais je vais revenir. Je te le promets.
On ira à la montagne.
Voir les beaux paysages, respirer l'air pur.
Tu verras le soleil,
il a l'air si près quand il se lève.
Il y a une cascade en bas.
Et surtout, on sera ensemble.
Mais pour l'instant, tu dois me laisser partir.
Laisse-moi partir.
Musique douce
- Elle faisait du stop.
Un homme dans une voiture s'est arrêté. Elle ignore la marque.
Le type avait l'air sympa.
Il parlait poliment.
Elle s'est endormie dans la voiture.
Elle s'est réveillée, dans une maison dans la forêt.
Elle s'est doutée que ça n'allait pas.
- Chef, ça veut dire qu'on a jugé la mauvaise personne ?
- Nous, on ne juge pas. C'est le boulot du tribunal.
Nous, on enquête. Et on a bien fait notre travail.
C'est vous, les journaleux,
qui avez fait emprisonner la mauvaise personne.
- Votre enquête a été bâclée, avouez-le !
- Silence !
- Il m'a frappée.
Il m'a traînée hors de la voiture
par les cheveux.
Il s'est mis au-dessus de moi...
et il m'a mis de la terre dans la bouche.
Et...
J'ai essayé de me défendre.
Je l'ai frappé au visage avec l'arrière de ma tête.
J'ai essayé de me lever.
Il m'a poignardée dans la jambe.
Je suis tombée. J'ai trouvé un truc froid.
Une pierre.
Je l'ai frappé. Avec cette pierre.
- Est-ce qu'il vous a suivie ?
- Je ne sais pas.
Je ne me suis pas retournée.
Je voulais continuer à vivre.
- Votre visage me dit quelque chose.
- On s'est vus à l'enterrement de ma soeur.
- Vous pourriez me le décrire ?
- Il est grand.
Et assez mince.
Ses yeux...
Il a des yeux...
qui ressemblent à du verre.
- On va entrer par ce côté.- Oui.
- Il sera complètement cerné par nos hommes à l'extérieur.
- Officiellement, il n'a pas de permis de port d'arme.
Cela dit, il peut avoir des armes illégales
ou simplement des couteaux.
Après son arrestation,
l'endroit sera examiné par la police scientifique.
On n'a pas trouvé de corps depuis 3 ans.
On en trouvera peut-être.
C'est tout pour moi.- Bien.
- Les gars, vous avez compris ?
D'accord. Au boulot.
- C'est parti.
- Ivan Savelyich.
- Oui ?
- On monte dans le fourgon ?- Pas encore.
J'ai de nouvelles instructions.
Je vais vous demander de laisser vos armes automatiques ici.
- Quoi ? On ne va pas faire ça.
- Ferme ta grande gueule !- Chef !
Est-ce que je peux vous parler ?
J'ai pas peur. Et je veux choper ce connard.
Mais on n'a pas de crocs.
Ce serait pas mal de se défendre, s'il essaie de nous poignarder.
- Montrez-moi votre arme de dissuasion, capitaine.
Vous avez toujours confiance avec ça ?
Mes ordres sont bien clairs : je le veux vivant.
Pas un seul d'entre vous ne presse la détente.
Choc
- Police !
Tu bouges plus.
Couche-toi !
Espèce d'enfoiré !
- Reste là !- Bouge pas !
- Prénom et nom de famille.
- Andrey Valita Stepanich.
- Lisez ce mandat d'arrêt.
- Je...
Je ne vois rien du tout.
- Enlève la merde que t'as dans les yeux !
Et lis-le !
- Bouge pas !
Arrêtez...
- Pas besoin de faire dans ton froc.
Il mordra pas tant que je lui dirai pas de le faire.
T'es une mauviette, hein ?
- Il fait moins le malin maintenant qu'on l'a chopé...
- C'est un scandale.
On condamne un innocent à la prison à vie,
et vous avez droit à un nouvel appartement et une promotion ?
- Vous vouliez des suspects, je vous en ai donné.
C'est le tribunal qui a prononcé la sentence.
- Le public demande des comptes au procureur. Il veut notre tête.
- Je vais faire l'interrogatoire ici.
Loin des oreilles curieuses.
Ils sont déjà prêts à le lyncher.
Il faut résoudre ça calmement.
J'en assumerai les conséquences.
- Je vais pas les assumer pour vous.
Je veux qu'il avoue ses meurtres.
Qu'on ne puisse plus nous pointer du doigt une nouvelle fois.
-Fouillez dans les moindres recoins.
Je m'occupe des tableaux au mur.
Relevez un maximum d'empreintes digitales.
Tout ce qui peut prouver sa culpabilité est précieux.
Quelqu'un peut inspecter le bureau, s'il vous plaît ?
- Il en a, du bordel, ce type...
- Savelich, Mikhail veut vous voir.
Toi, photographie tout. Il faut rien louper.
- T'as regardé le match, hier ?- Oui, j'ai regardé ça.
- Monsieur. Bonjour.
- Galina Brunovna.
- Notre invité venu de la capitale.
Envoyé pour nous aider à faire avancer l'enquête.
- On pouvait se débrouiller.
En haut lieu ils aiment accélérer les choses.
- Il a arrêté le "joueur d'échecs".- Oui, je sais bien.
- Il a plus de pouvoir que nous. Il a carte blanche.
- Oui, je sais. J'ai lu le rapport. On commence ?
- Avec plaisir. Commençons.
Les preuves sont sens dessus dessous.
Certains objets importants ont été jetés sans réfléchir.
Vos théories frôlent la fantaisie :
des satanistes impotents
qui mangent des utérus pour se soigner ?
Des chirurgiens qui prélèvent des organes ?
- Vous avez vu les corps ?
Des personnes saines d'esprit peuvent faire ça ?
- Une personne.
saine d'esprit pour ne pas se faire prendre.
- Mes hommes ont bossé jour et nuit sur cette affaire.
Et nous avons fait des avancées conséquentes.
Alors, avec tout mon respect, allez vous faire foutre !
- Vous êtes déjà foutu. Et vous savez pourquoi ?
3 années de meurtres qui ont eu lieu sous votre nez.
Vous n'avez pas fait le lien entre toutes ces affaires.
- Le pire, dans notre métier,
c'est de s'enfermer dans la routine.
A vous de jouer.
Retroussez-vous les manches.
Rires
- Vous croyez me faire chanter avec ça ?
- Non. Je vous filme au travail.
- Ah, des chroniques.
Entrez donc.
C'est à vous toutes ces bobines ?
Elles ne sont pas développées. Ce sont celles des scènes de crime.
- J'ai pas eu le budget pour les faire développer.
Les photos suffisaient.
- On va avoir le budget.
- Vous faites le ménage ?
- Je fais de la place pour cette affaire.
On remettra les portraits.
- Ca va prendre 3 jours.
- Apportez-les-moi demain.
- A vos ordres.
- Maintenant, on assiste à l'enterrement des victimes.
Pour nous rappeler que ce n'est pas juste une affaire,
c'est une personne.
Sur les fichiers, y a pas grand-chose à en tirer.
J'en ai deux autres, 1979 et 1980.
Ils n'ont pas encore été ajoutés au dossier.
- Shevchuk. Elle a été étranglée, pas poignardée.
- Sa bouche était remplie de terre,
et son bas-ventre a été ouvert.
Notre meurtrier n'était pas encore prêt, il a agi spontanément.
- Ah ! Le jeune Tarkovsky est arrivé.
Rires
- Il avait une bonne raison de piétiner toutes les preuves.
- Il s'est évanoui une fois en voyant un cadavre.
Au moins, il s'est pas pissé dessus.
- Le coupable de ce crime-ci a déjà été abattu.
J'étais stagiaire à l'époque, l'enquête a été bouclée très vite.
La victime a été retrouvée en début novembre 1978.
Zhurova Daria.
- En quoi elle est liée à notre affaire ?
- Sa bouche était pleine. On pensait à de la vase.
Un expert a dit que ça ressemblait
plutôt à de la terre.
C'est son dos qui nous intéresse. Quand notre homme tue, il charcute.
Et là, le dos de cette femme était rempli de trous.
On a retrouvé un couteau dans une plaie.
- L'impression personnelle
d'une scène de crime
est plus importante qu'un rapport d'autopsie.
Rires
- Il tire à blanc.- C'était son arme de service.
Levez la tête.
- Voilà ce qu'on va faire.
On va enregistrer ceux qui viennent pour une addiction au sexe.
Ivan, appelez les cliniques
et les hôpitaux.- OK
Baissez-vous.
Des témoins ont parlé d'une voiture Moskvich blanche.
Placez des patrouilles sur les autoroutes.
Habillez des policières en prostituées.
Patrouillez à tous les arrêts de bus.
Cette opération va s'appeler "Linceul".
9 coups de couteau dans l'abdomen,
provoquant des dégâts dans l'intestin grêle et dans le colon.
- T'as appris tout ça par coeur ?
- De la main gauche.
Poignardé de la main gauche.
Attaché de la main droite.
Deux de ces blessures sont le résultat
d'une pénétration répétée de la lame,
et d'une rotation du couteau,
à des angles différents.
- C'est un rituel.
Excitation et soulagement.
Ces coups de couteau reviennent de façon répétée.
Il aime faire ça.
- Un masturbateur ?
- C'est une imitation de l'acte sexuel.
Il est peut-être impotent.
Quand t'appelleras les hôpitaux,
faudra leur demander.
Il vomit.
Toux
Ivan !
On s'en va.
Il a un fantasme de puissance.
Le "joueur d'échecs" était pareil.
Il laissait les chaussures sur les cadavres d'enfants.
On se demandait tous pourquoi.
Un garçon retrouvé pendu dans la forêt,
sans aucun vêtement sur lui,
mais avec des chaussures.
En fait, c'était un de ses souvenirs d'enfance.
Il a vu une voiture écraser un Pionnier.
Ses vêtements se sont déchirés quand il a été percuté,
et qu'il est passé sous la voiture.
Mais ses chaussures sont restées. Ca a excité le "joueur d'échecs".
La rançon du succès, j'en ai peur.
Tout a un prix.
Choc
Coups
Musique intrigante
Bris de verre
Comment vous l'avez trouvé ?- J'ai bluffé.
J'ai écrit dans un journal local qu'on l'avait arrêté
et qu'il était fou.
Ca l'a mis en rogne.
Il a écrit un pamphlet cinglant au quartier général.
Le labo y a trouvé la présence d'un composé
chimique bien particulier
qui est utilisé dans les usines chimiques
qui produisent de l'acide.
Et le reste, c'est seulement...
Il tousse.
- Issa ?
Je vais voir la chambre quatre.- Pas de souci.
- Mon chéri. Il faut que tu manges.
Tu dois prendre des forces si tu veux sortir d'ici.
Allez, une cuillère. Je t'en prie.
- Non, je ne peux plus.
- Ta bouche dit une chose, mais tes yeux en disent une autre.
- J'ai faim de toi.- Ah ?
- Son mari est à l'hôpital et elle est contente.
- Ce que t'es bête.
Rires
Il frappe à la porte.
- Maman, câlin.
- C'est l'heure de la sieste,
revenez plus tard. Il a besoin de repos.
- Arrête, Nadya. T'es pire que les infirmières.
- Tu dois rester au lit !
Tu vas pas guérir, sinon.
- On y va. Allez, viens.
- Sois pas idiot.
Les cadavres seront encore là quand tu sortiras.
- Le corps a été retrouvé
dans la forêt, tout près de la gare. Démembré.
Ce serait l'un des nôtres.
Il était là depuis un mois environ.
Plutôt bien préservé, vu la météo.
Les collègues se sont cotisés. Bon anniversaire.
On a tous hâte de vous retrouver au bureau.
- Vous n'auriez pas dû. Merci beaucoup.
- Oui... L'opération "Linceul" va être arrêtée.
Pas assez de résultats.
J'ai à peine réussi à conserver deux officiers
et quelques gardes aux arrêts de bus.
- On ne peut pas arrêter l'opération maintenant.
Pas avant au moins six mois.
Et il y en a, des résultats !
Pas de nouveau cadavre, ça veut dire qu'il nous a remarqués.
Bordel.
- Je vais voir ce qui se passe.- Vous ne pouvez pas passer.
Restez là.
- Circulez, messieurs dames.
- On voit rien du tout.
C'est quelqu'un qu'on connaît ?
- Reculez, messieurs-dames, vous n'irez pas plus loin.
- N'avancez pas plus, madame, circulez.
- Elle est venue pour identifier...- Pas maintenant.
- Je vous demande la permission d'identifier le corps.
- C'est pas possible, madame, l'enquête est en cours.
- Vous êtes de la famille ?
- Oui, on peut dire ça. Je suis... sa mère.
- Alors, patientez.
- Salopard !
Ma fille est allongée là, morte,
et lui, il me dit "patientez" !- Lâchez-moi !
- Patienter pour quoi ? Vous croyez qu'elle va revenir ?
Vous êtes là comme des vautours.
A prendre des photos.
Au lieu d'arrêter cet enfoiré.
Vous devez arrêter cet enfoiré !
- Ne piétinez pas les preuves, s'il vous plaît.
Une portière s'ouvre
- Elle est folle.
- Pourquoi t'es dans la police ?
- J'ai toujours aimé les romans policiers.
Avec un ami, on avait décidé de passer le concours ensemble.
Puis, je suis resté.
Au début, je ne savais même pas pourquoi,
mais maintenant, je sais.
Et vous ?
- Hum...
Ma mère était chanteuse d'opéra.
Un jour, on s'est disputés.
Elle m'avait surpris avec une cigarette.
Elle a hurlé, que je n'étais pas un vrai homme, que j'étais faible.
Je me suis énervé,
j'ai fait un trou dans sa robe de concert avec une cigarette.
C'était une très jolie robe rouge.
Plus tard, j'ai volé le vélo d'un voisin.
Je voulais avoir un accident et mourir sur le coup,
pour qu'elle connaisse le deuil.
Et pendant que je roulais à toute vitesse,
j'ai vu un truc rouge dans l'eau.
J'ai tout de suite su que c'était grave.
Je me suis arrêté.
Je suis resté là, debout, au bord de l'eau.
C'était elle.
Dans sa robe rouge.
Sa robe de concert.
Il soupire.
Je ne me souviens pas qu'ils aient remonté le corps.
J'ai l'impression d'être resté là, debout sur la rive,
pendant des années.
Maintenant, je lui dois, à elle et à toutes les familles,
pour que personne n'ait à se retrouver dans cette situation.
- On a retrouvé le coupable ?
- Non.
Mais même si je le retrouvais aujourd'hui,
il y a prescription.
T'as entendu parler de l'exécution étrusque ?
- Non.
- L'assassin est attaché au corps de sa victime,
et on le laisse pourrir là jusqu'à ce qu'il meure.
On le détache uniquement quand
les deux corps sont devenus noirs,
et qu'ils ne font plus qu'un.
Comme ça, le criminel est puni par sa propre victime.
Ca, c'est ce que j'appelle la justice.
Il soupire.
Ouverture de porte métallique
- J'aimerais garder mes chaussures.
La mort doit être belle.
C'est le but.
- Je me disais que vous pourriez m'être utile.
Je suis sur une affaire.
Avec plusieurs victimes.
Ce meurtrier-là aussi est créatif.
Plus que vous, encore.
J'ai besoin de le comprendre.
- Arrêtez de rêver.
Vous n'êtes capable de comprendre personne.
Même pas vous-même.
Je ne vous aiderai pas.
- Oh, mais si.
Je sais parfaitement ce que vous voulez.
Il y a un médecin, le meilleur chirurgien du visage de l'U.R.S.S.
Il pourrait vous opérer.
- Pour quoi faire ?
J'attends le peloton d'exécution.
- Pas si tôt que ça. Peut-être dans un an.
Peut-être trois.
Je sais que vous vous aimez.
Au moins, comme ça, vous auriez l'air humain.
- Je lis les journaux.
Le...
"boucher".
C'est lui que vous cherchez ?
Vous faites fausse route.
Vous cherchez un monstre, mais c'est un homme ordinaire.
- Comment ça ?
- Il ne se cache pas.
Il ne cache pas ses traces.
Il ne se dit même pas qu'il devrait le faire.
Il a seulement de la chance.
Alors que vous, non.
- Laissez-nous seuls.
Avant de l'allumer, je voulais vous informer.
En psychologie,
on recense cinq étapes pour accepter l'inévitable.
Elles vont déterminer cet interrogatoire.
- L'inévitable. De quoi vous parlez ?
- D'une confession.
Au microphone se trouve Issa Davidov,
Inspecteur en chef pour le bureau du procureur de l'U.R.S.S.
Je procède à l'interrogatoire d'Andrey Stepanovitch Valita,
suspecté d'avoir commis
depuis 1978 et jusqu'à cette année 1991
36 meurtres prémédités de femmes
et de jeunes filles, ainsi que des viols,
et d'avoir perverti leurs corps,
en commettant des actes de torture et de sadisme.
Andrey Stepanovitch, pouvez-vous confirmer
votre présence ?
- Je ne suis pas du tout mêlé à cette affaire.
J'ai déjà été arrêté et relâché pour ça.
Je suis un citoyen modèle.
Ce qui m'arrive est complètement fou.
Et c'est inconvenant de la part de notre noble force policière.
- Andrey Stepanovitch.
Comme vous avez déjà été l'un de nos suspects auparavant,
nous avons déjà déblayé le terrain.
Je voudrais simplement confirmer quelques détails avec vous.
Concernant votre enfance, notamment.
- C'était une enfance difficile.
Anormale, à vrai dire.
- Votre mère était une femme difficile ?
- Elle était vétérinaire.
Mon père buvait.
Elle se tuait à la tâche.
Elle criait. Sur lui et sur moi.
Elle était très instable... Dans sa tête.
- Elle vous frappait ?
- Parfois, oui.
Un jour, j'ai reçu un vélo, par quelqu'un de la famille.
C'était un vieux vélo, tout rouillé et tout abîmé,
des tas de morceaux tombaient en pièces.
Mais c'était un luxe à l'époque.
Je l'ai complètement réparé.
J'ai voulu faire un tour avec pour le montrer dans le quartier.
Et je l'ai montré à une bande de voyous du coin.
Ils ont voulu me prendre mon vélo.
Je... J'étais très faible.
Mais je ne me suis pas laissé faire.
Non.
Ils m'ont botté les fesses. et poussé dans un ravin.
Il y avait un puits à côté.
En construction.
Ma mère m'a grondé pour le vélo.
Elle m'a fait m'agenouiller sur des pois dans un coin.
Je me suis mis à genoux.
Tout nu.
Je sens encore...
le goût de la terre du ravin
dans ma bouche
qui crisse.
J'arrive pas à le faire partir.
- Votre mère s'est retrouvée paralysée plus tard.
Crise cardiaque.
Pourquoi avoir caché son état ?
Vous vouliez vous venger ?
- Me venger ?
Bien sûr, oui.- Les meurtres suivent
le même mode opératoire.
De la terre fourrée dans la bouche des victimes.
C'est un détail personnel.
- Tout le monde a eu une enfance difficile.
C'est la Russie.
Mais, on n'est pas tous des meurtriers pour autant.
- Les victimes ont les mêmes caractéristiques.
Des femmes, petites, corpulentes,
de jeunes femmes aux cheveux courts.
La plupart d'entre elles sont comme ça, à quelques détails près.
Ca vous dit quelque chose ?
- Pour répondre à votre question précédente,
je lui ai fait des brûlures indiennes.
- A qui ?
- Ma mère.
Pendant deux semaines.
J'ai adoré lui faire ça. Des brûlures indiennes.
Vous ne connaissez pas ?
Vous avez peur, Issa.
Vous lisez tous vos livres intellectuels,
mais c'est que de la fiction psychologique.
Je ne pourrais même pas arracher la tête à un poulet.
Je suis quelqu'un de craintif,
et vous voulez me faire passer pour un assassin.
- Je ne vous permets pas de m'appeler par mon prénom, M. Valita.
Et c'est moi qui pose les questions.
Alors ressaisissez-vous.
- Arrêtez.
Ne faites pas ça, s'il vous plaît.
Le bruit, c'est désagréable.
- Vous avez une carrière intéressante. Vous êtes linguiste.
Vous avez commencé à enseigner à 30 ans. Pourquoi ?
- Je pensais que je m'entendrais bien avec les enfants.
Je n'ai jamais compris les adultes.
- Sauf que les étudiants vous avaient surnommé
le "batteur à viande".
- Oui, je sais. Je sais, oui. Les jeunes...
- Un rapport dit que vous
vous masturbiez dans les buissons.- C'est faux.
- Vous n'aviez pas de chance avec les femmes.
- J'ai de la chance avec les femmes.
- Votre ex-épouse dit que vous étiez
impotent.- Pour elle, oui, peut-être.
- Vous n'arriviez pas à être dur.
A bander, comme on dit.
Que vous étiez tout mou et incapable de la pénétrer.
- Ca n'a rien à voir avec le sujet.- Ca à tout à voir.
Vous allez m'obliger à clarifier les propos tenus par cette témoin ?
Donc, vous arriviez à bander pour les enfants,
mais pas pour les femmes.
Votre bite connaît votre vraie nature.
Elle est incapable de faire semblant
d'être un être humain décent.
Vous êtes ce qu'est votre bite.
Comment on vous appelait ? Une mauviette ?
Un faible ?
Un pervers sexuel ?
Un branleur incapable de bander ?
- Je pouvais. J'étais capable de bander quand je voulais.
Mais les femmes sont des sadiques !
Des sauvages, des salopes !
Tout ça, c'est leur faute.
Il pleure
- En voilà une colère...
moralisatrice.
- Regardez ça.
Votre collègue a fait un vrai carnage.
- Sacré Khamraev.
- Votre briquet. S'il vous plaît.
Merci.
- Mais maman...- Arrête de discuter.
- Et Papy Zaur, alors ?
- Papy Zaur est venu le récupérer plus tard.
- Maman. Allez, dis-moi.
- C'était dans un endroit spécial,
où vont les enfants qui n'ont pas de parents.
Quand la maman de ton père est morte,
c'est là qu'il est allé.
Moi aussi. Je n'avais plus de parents.
- Et après ? Mais maman !
- Après, ton père et moi sommes devenus des amis.
Comme si personne d'autre n'existait.
Quand son grand-père est venu le chercher,
on s'est fait une promesse de toujours rester ensemble.
- Papa dit que vous vous êtes coupé la paume de la main
avec un couteau.
- C'est l'heure du dodo.
- Maman. Papa a tenu sa promesse ?
- Toi, tu en penses quoi ?
- Est-ce que vous pouvez me dire ce que vous faites dans la vie ?
- Histoire de l'art.
J'ai étudié à Moscou.
Maintenant, je travaille ici. Au musée.
- Je ne savais pas qu'on avait un musée.
- Des portraits de dirigeants, de pionniers, de stakhanovistes,
- Quel altruisme de quitter Moscou pour venir vivre ici.
- On m'a accusée de parasitisme.
- Je vois que vous n'avez pas perdu
vos vieilles habitudes.
Vous n'avez pas les moyens de manger ici
avec un salaire d'employée de musée.
- On m'a invitée. Une soirée civilisée m'a-t'on dit.
- Un couteau dans le dos, c'est civilisé ?
- Je me suis montrée très polie.
- Que s'est-il passé ?
- Je ne supporte pas le mensonge.
Les hommes ne se maîtrisent pas quand ils entendent la vérité.
Votre collègue a pris ma défense.
Vous allez m'arrêter ?
- Ce n'est peut-être pas une si mauvaise idée.
Il y a toutes sortes de femmes en prison.
- Vous croyez que vous êtes un homme si différent
des autres ?- Comment ça ?
- On est tous prêts à se vendre pour survivre.
Vous n'avez pas encore eu à donner votre prix, c'est tout.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Va te changer.
Je vais réchauffer le dîner.
Qu'est-ce que... Mais tu...
Qu'est-ce qui t'arrive ? Issa...
Qu'est-ce que tu fais ? T'es pas bien...
Non... Mais arrête !
Il soupire.
- Ce n'est pas la 1re fois que je vous vois ici.
- Oui, j'avais envie de vous voir.
- Ca va mal se finir.
Ca finit toujours mal.
Vous aurez honte et je me sentirai vide.
Gémissements
- Il y a cinq étapes pour accepter l'inévitable.
Le déni.
La colère.
Le marchandage.
La dépression et l'acceptation.
On peut tourner en rond ou aller directement à l'acceptation.
Tu t'en souviens ?
Tenez-le !
- C'est toujours toi qui commandes.
Mais pas avec moi.
Cri de douleur
Gémissements
- Si je l'ai tué ? Oui !
Il m'a mis en colère. Et je l'ai frappé.
Il s'est fracassé la tête sur une pierre.
Alors, pourquoi ne pas faire croire
que c'est le boulot d'un tueur en série ?
- Abruti. Il ne s'en prend qu'à des femmes.
Pour faire croire à une victime de tueur en série,
il faut être un tueur en série.
C'est qui la fille sur la photo avec toi ?
Ta soeur ?
- Hum...
C'est la plus futée de nous deux.
Elle fait médecine.
Elle va devenir chirurgienne.
Elle va sauver des gens et avoir une belle vie.
Pas comme moi.
- On va avoir une belle vie, nous aussi.
Je vais l'arrêter.
Et tout laisser tomber.
On va s'en aller.
Mon grand-père à un chalet dans la montagne.
C'est joli, là-bas.
Le soleil est plus près et nous réchauffe.
Il y a... Il y a une cascade en bas.
Tu viendras ?
- J'en doute.
Tu ne réussiras pas à partir.
C'est une échelle.
Soit tu montes les échelons un par un jusqu'en haut,
soit tu descends.
- J'ai dit que j'allais tout laisser tomber et je vais le faire.
Alors, tu viendras ?
- Quelle journée.
C'est bon, les gars. On peut y aller.
- Beau travail.- Je suis crevé.
- Vivement mon lit.- J'ai envie de rentrer.
- M'aidez pas, surtout.
Aïe !
- Vous ouvrez une galerie ?
- Je fais une expertise préliminaire des résultats.
Je relie les couteaux aux cadavres.
Les couteaux sont à vous.
- Et alors ?
C'est des couteaux tout à fait ordinaires.
De qualité standard.
- Le tueur frappe les femmes à la tête.
Il les garde en vie,
pour qu'elles souffrent.
La victime tombe sur le ventre.
Puis, le tueur la poignarde dans le dos.
Il retourne le corps,
et il l'achève.
Il tourne le couteau dans la plaie.
Les femmes sur ces photos ont été tuées de cette manière.
Toutes, sauf une.
Une seule femme...
qu'il a démembrée.
Nina Gribanova.
Vous vous souvenez d'elle ?
Vous avez travaillé dans la même usine.
- J'en sais rien.
Peut-être.
J'e m'en souviens pas.
- Une de ses amies nous a dit
que Gribanova avait une aventure extraconjugale.
Je vous ai montré sa photographie.
Vous avez fréquenté Nina, pendant quelques mois.
en été 1981.
On a traité le sol de son appartement au luminol.
La luminescence a révélé des traces de sang.
Elle a été tuée et démembrée chez elle.
- Vous voulez négocier avec moi.
Ca veut dire que j'ai quelque chose à y gagner.
Mais vous essayez de me troubler,
en sortant ces couteaux,
en me parlant de mon ancienne amante.
Avez-vous une preuve concrète ?
- J'ai une empreinte de chaussure.
Pointure 43.
La pointe du talon coupée à angle droit.
On a retrouvé des chaussures comme ça ici.
- Vous aussi,
vous semblez faire du 43.
Ca veut dire que c'est vous ?
Nina avait un grand coeur.
On s'est séparés en toute amitié.
- Alors pourquoi avoir caché votre relation ?
- Il n'y avait pas de raison particulière.
Tout comme je n'ai pas de raison de négocier avec vous.
Je préfère chanter une chanson.
"Sembéla miabaïpaya !"
- Savelyich.
A toi de jouer.- Deux secondes.
- Vous jouez pour quoi ?
- 10 roubles.
J'ai une question à vous poser.
Notre "client"...
- Quoi, notre client ?
- Il a l'air minable. C'est un raté.
Il a pas l'air violent.
- Donne-moi ton couteau.
Et rangez-moi ces cartes.
- Ils disent des conneries. Ils s'ennuient.
On fait venir notre témoin ici ?
- Pas encore. C'est la parole de l'un contre l'autre.
Elle dira qu'il est un ignoble assassin,
et lui il va dire
qu'il a pris une fille en stop,
ça allait, jusqu'à ce qu'elle devienne hystérique. On n'a rien.
Aucune preuve solide contre lui.
- On fait quoi ?
- Allez chercher une pile de journaux.
Allez le voir. Et faites des avions en papier.
Passez bien vos ongles sur toutes les pliures.
- Pourquoi ?- Faites-le.
Froissements de journaux
- Pitié. Arrêtez.
Pitié. Je vous en supplie. C'est horrible.
Ne faites pas ça, c'est de la torture.
Je veux vous raconter mon histoire. Ecoutez-moi.
Que tout le monde connaisse
les humiliations que j'ai subies dans ma vie.
Les docteurs me disaient :
"Quand on te regarde, il y a plus de femme que d'homme en toi."
"Tu as les hanches d'une femme et tu as du lait dans la poitrine."
Personne ne me voyait comme un homme à l'armée.
Ils m'attrapaient par les tétons. Quelle humiliation.
Alors que j'ai du sang noble dans les veines.
Il pleure.
Frappez-moi, si vous voulez.
- Votre spectacle ne sert à rien.
Vous êtes sains d'esprit. Et vous êtes cruel.
J'ai du flair pour les types comme vous.
Hé !
Qu'est-ce que vous faites ?
Cri de douleur
Pourquoi vous avez fait ça ? Espèce de crétin.
Crétin.
Choc
- Salopard. Cannibale. Laissez-le-moi !
Ecartez-vous ! Vous ne servez à rien !
Je vais m'en occuper !
- Ca ne va pas la ramener.
- T'es un marrant, toi.
Hé ! Le cannibale.
Ca te fait rigoler ?
- Je suis de tout coeur avec vous.
Je sais ce que vous ressentez.
Je n'ai pas été déclaré coupable, je suis seulement un suspect.
Vous voyez le traitement inhumain qu'ils me font subir ?
- Je suis pas aveugle, les policiers.
En quoi vous êtes différents de lui, au fond ?
Vous êtes tous les mêmes !
Coup de feu
Elle crie.
Lâchez-moi !
Donnez-moi ce sale bâtard !
Donnez-le-moi !
- Quelle conne...- Assassin !
- Oh, non, non...
- Bonjour, madame.
- Bonjour.
- Vous pourriez nous ouvrir ? On vient voir Grigorieva.
- Je vous attendais. Mes chéris.
Résumons rapidement. Clic !
Les Soviétiques sont attardés et maladroits au lit.
La moindre perversion sexuelle est vue comme un tabou.
Des agressions pourraient être évitées en réglant les problèmes
sexuels. Les médecins du sexe pourraient régler
tous les problèmes d'agression du pays.
- Arrête avec ton baratin, chéri.
Cri
Rire
- Baratin ! Baratin !
Arrête ton baratin ! Baratin !
Arrête, chéri avec ton baratin ! Baratin !
Baratin, chéri. Baratin, chéri.
Baratin, chéri.
Arrête avec ton baratin, chéri.
- C'est tout à fait logique.
Les criminels reflètent la nouvelle réalité
dans laquelle nous vivons.
Une nouvelle réalité implique de nouveaux crimes.
- Qu'y a-t-il de nouveau
dans notre réalité ?- La dévaluation
de la vie humaine. Les tueurs en série.
-"En série." C'est un terme scientifique ?
- Ca pourrait le devenir.
Ils sont difficiles à relier à leurs victimes.
Ils ne semblent pas avoir de mobile autre que le désir de tuer.
Ils sont presque indétectables.- Presque.
- Cependant, il existe une méthode expérimentale
que j'ai créée.
Nous pouvons définir un portrait prospectif de l'assassin
basé sur ses meurtres,
et s'en servir pour faire le tri entre les suspects.
- On peut essayer. Montre-lui les documents.
- Oui, chef.
Il y a tout ça.
Docteur, j'ai une question concernant cette "nouvelle réalité".
Quel est le lien avec le patient qu'on a vu ?
- Miron.
Venez avec moi. On ne sait pas vraiment
qui il est, on ne connaît pas son nom,
mais il représente un cas fascinant.
Par ici, je vous prie.
Ce patient n'a pas d'identité propre.
Asseyez-vous. Et pour ainsi dire,
il recherche son identité.
Il trouve une victime,
et si elle l'intéresse, il se calque sur elle.
Il imite ses faits et gestes. Il devient une copie d'elle.
Nous l'avons récupéré à l'hôpital
où il travaillait comme ambulancier.
Bien qu'il ne soit pas médecin,
il ranimait les gens.
Il a tué son camarade de chambre et a pris son identité.
Pour renforcer cette identité,
il s'est entouré de ses affaires.
Il a lu des manuels de médecine.
On l'a trouvé aux côtés de la soeur
de sa victime. Elle s'est mise à frapper Miron,
et elle lui a cassé le bras.
La douleur l'a fait sortir de son personnage.
Il a travaillé comme ambulancier pendant 6 mois.
Aucun de ses collègues n'a vu la différence.
Voilà notre nouvelle réalité.
- Monsieur. Il y a eu tellement de gaffes avant que j'arrive.
C'est une affaire hors du commun, mais nous avons nos méthodes.
- Je connais bien vos méthodes, j'ai lu les rapports.
- L'U.R.S.S. n'a pas d'expérience dans la traque de tueurs en série.
Un service dédié à ça ne serait pas de trop.
- Et j'imagine qu'il vous faudra des spécialistes, aussi ?
Des véhicules, des équipements.- C'est à quoi je pensais.
Choc métallique
- Vous avez perdu la tête, espèce de cinglé.
Au point d'inventer un terme, "tueur en série."
- Je ne savais pas...
- Vous, fermez-la ! Connasse !
Quels résultats
vous m'apportez ?
Cette affaire fait maintenant la une des journaux.
Et vous, vous faites quoi ? Que dalle !
- Si vous n'aviez pas demandé l'arrêt de l'opération "Linceul",
nous aurions eu des résultats.
C'est un nouveau genre de criminels.
- Un assassin reste un assassin, C'est pas nouveau.
J'ai jeté un coup d'oeil à cette affaire.
Je crois que vous vous égarez et partez dans tous les sens.
Vous devez simplifier.- Jetez un nouveau coup d'oeil.
Mais un peu plus attentivement cette fois.
- Vous vous reposez sur vos lauriers, sur vos succès du passé.
Je vous donne 3 mois pour trouver une bonne piste.
Travaillez bien, et trouvez-moi un bouc émissaire.
- Les chances sont faibles.- Voilà la suite :
vous vous allez me trouver un gars qui travaillait trop,
il était surmené. Il a perdu la tête.
C'était un travailleur, un homme bon et sensé.
Et tout à coup, il s'est retrouvé dans un asile,
un légume en état de mort cérébrale.
Sa femme pleure toutes les larmes de son corps
et lui apporte des cadeaux.
Et plus personne ne parle d'un soi-disant "tueur en série".
Foutez le camp.
On frappe à la porte.
- Ivan, entre. Buvons un verre.
- On a un nouveau cadavre.
Près de la plantation forestière.
Je rassemble une équipe pour l'enquête.
- Allons-y.
Il tombe.
Rire
Dans ce pays,
la justice n'est rien d'autre qu'un détail technique.
Elle est soumise à la volonté politique.
- Que vise cette volonté politique ?
- Les homosexuels, les malades mentaux.
En fait, vous n'avez qu'à y aller sans moi. T'as déjà créé l'équipe.
Mettez-vous au travail.
- Mais l'impression personnelle
de la scène de crime ?
- J'en ai déjà bien assez vu, de cette foutue affaire.
- Personne dans le service ne comprenait pourquoi je vous suivais.
Je ne sais pas comment l'expliquer.
Mais vous m'avez montré...
une autre façon de travailler.
Une façon beaucoup plus intéressante.
J'ai trouvé un but : continuer à creuser
pour rester fidèle à nos principes.
- Le système n'en a rien à foutre.
Le système n'a pas besoin d'un meurtrier,
il veut seulement un coupable.
- Vous avez dit que vous le deviez à ces familles endeuillées.
Vous avez oublié ?
Bris de verre
- Va donc creuser, si ça te chante.
On n'a pas besoin d'un meurtrier.
On a seulement besoin d'un coupable.
Cri de rage
Moteur de véhicule
Soupir.
- Qu'est-ce que vous regardez ?
Je serai mort dans 3 jours.
Je vais vous manquer.
- Je vais faire la fête.
- On verra.
Vous m'avez fait venir pour m'insulter ? C'est pas gentil,
monsieur l'enquêteur.
- J'ai besoin que vous parliez avec un homme que j'ai arrêté.
- Je ne rends pas de services amicaux.
Surtout parce que vous êtes loin
d'être un ami.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
Coup violent
- Ordure ! Je vais te tuer !
- Je ne veux pas être enregistré.
Et cette conversation va rester privée.
- Tout le monde dehors.
Gardes, sortez.
- Je préfère jouer les blancs.
- Vous connaissez les règles ?
- J'en ai quelques notions.
- Alors comme ça, vous êtes
blanc ?
Et pur ?
- Puis-je vous demander qui vous êtes ?
- Un spécialiste de l'interrogatoire.
J'ai pendu des enfants.
Mais me punir pour ça,
c'est... C'est comme vouloir
punir un tigre, parce qu'il a mangé
de la viande.
- J'espère qu'on sera payé en horaires de nuit.
Discussion étouffée
Je suis pas policier bénévole, moi.
Rires
Elle rit.
- En fait, t'as pas vraiment le coeur sensible
contrairement à ce que tu dis.
Je te préviens, quand tu le mériteras,
je vais t'empoisonner.
Mettre du cyanure dans ton thermos de café.
Je suis pharmacienne. T'as oublié ?
Je sais très bien comment faire,
pour que tu souffres sans mourir.
Je ne sais pas pourquoi je t'épargne.
T'es en train de te noyer,
et tu nous tires vers le fond avec toi.
T'es un lâche.
Un lâche.
- Hum hum...
Oui, c'est mieux.
Réfléchis.
C'était un bon déplacement ?
Les échecs ne sont pas un jeu de hasard.
C'est un jeu de stratégie.
Il est exactement comme je l'imaginais.
Il ressemble à un assassin.- Il a avoué ?
- Vous avez envie d'entendre un "oui", mais non, désolé.
Quelque chose ne va pas chez lui.
Il m'a battu aux échecs.
Et ça, c'est impossible.
Comme si je jouais contre mon ombre.
Je crois qu'il a déjà tué.
- Je m'en fous. J'ai besoin de preuves.
Je sais qu'il a déjà tué.
- Vous avez changé.
Vous ne m'auriez jamais attrapé avec ce comportement.
Vous êtes désespéré.
Vous n'êtes plus un chasseur.
Vous êtes...
une bête.
- Et vous, un homme mort qui dit de la merde.
- Viens là !- Restez en retrait.
- Tu veux t'envoler ?
- Salaud...
- Tu voles.
- Oh, mon chéri...
- Viens là, ordure !
- Si vous voulez le faire parler,
proposez-lui de plaider la folie.
Promettez qu'il n'aura pas de peine de mort. C'est un lâche.
- Comment vous le savez ?
- On est tous pareils.
On est prêts à tout donner pour survivre.
- Je veux que tu me dises la vérité.
T'as déjà aimé quelqu'un pour de vrai ?
- Oui.
- Moi ?
Ne pars pas !- Nadya, qu'est-ce que tu fais.
Lâche-moi, enfin.- Tu es à moi !
- Tu me fais honte. Nadya, relève-toi.
- Ne pars pas.
- Pas devant les collègues.
Tu te donnes en spectacle. Calme-toi.
Calme-toi.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- Les menottes, elles sont trop serrées.
Fracas
- Arthur, qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Bordel de merde.
Pas un geste !
Reste où tu es, enfoiré !
Je t'ai dit de ne pas bouger !
Sors de cette bagnole !
Sors de là !
Sors de là ! Putain !
Arthur !
Coups de feu
- Arthur !- Allez le voir.
- Sors de là, fils de pute !
Tu croyais aller où comme ça ?- On le tient.
Tiens-le.- Oui.
Musique intrigante
- Faut fouiller la forêt.
- Le coup est parti de la forêt.
C'est un tir à longue distance.
- Pas un des nôtres.
Tout le monde était désarmé.
- Trouvez qui a fait ça.
Restez sur vos gardes et prévenez les autres.
- D'accord.
Il soupire.
- Issa. Ce n'est pas lui. C'est évident.
C'est un crétin fini, ça ne fait pas de doute.
- Il n'a pas été diagnostiqué. Il est sain d'esprit.
Comment pouvait-il savoir où étaient les blessures,
s'il ne les a pas tuées ?
- Je ne comprends pas.
Vous faites ça pour plaire à votre supérieur ?
- J'enquête sur l'affaire.
Je trouve des pistes.
- Excusez-moi, on vient de trouver un nouveau corps.
- Notre suspect est ici. Et on trouve un cadavre ?
Comment c'est possible ?- Ils sont deux !
Son frère jumeau est dans le coup ! Il me l'a dit !
L'un est gaucher et l'autre droitier !
C'est pour ça.
Il soupire.
On chantonne
Piaillement
- Hum...
N'aie pas peur.
T'es blessé, on dirait.
Du calme.
Petit prédateur.
Tout va bien.
On va soigner ta petite patte.
Installe-toi là.
Musique intrigante
-Ca ne m'arrive jamais d'habitude.
Je me sens idiot. *-C'est pas grave.
Peut-être que je devrais vous aider un peu.
-Je suis vraiment désolé.
Si on marchait un peu ? Je connais un chemin.
- Besoin d'un coup de main ?
- Vous tombez à pic, jeune homme. Je me suis embourbé,
J'ai promis à la demoiselle de l'emmener.
- Je vois. Mademoiselle.
Il faut d'abord alléger la voiture.
Vous pouvez sortir quelques minutes ?
- Tu m'expliques ?
- Tu devais intervenir avant que je monte avec lui.
- Il s'est passé quelque chose ?
- Non. Tu l'as vu, ce pauvre mec ?
C'est un timide maladroit.
- Allez-y !
Les roues patinent.
Elle est bien coincée.
Vous avez quelque chose dans le coffre ?
- Attendez un instant. Je vais l'ouvrir.
- Allez-y.
Je peux regarder ?
- Il s'enfuit.
- Restez où vous êtes !
Elle chantonne.
Il tousse.
- Alors ?
- Je t'avais dit de le relâcher !
- C'est notre homme. J'en suis sûr.
- Prends tes affaires et rentre chez toi. Dégage !
- Mais, attendez...
Il correspond au profil du docteur Grigorieva.
Il a les mêmes couteaux que l'assassin dans son coffre.
Ses chaussures font la bonne pointure.
Voici son passé.
Lisez son dossier.- Le sang ne correspond pas.
On a un suspect,
qui a avoué des meurtres. Et son sang correspond.
- A ce que veulent les gens d'en haut ?
Vous savez pourquoi cet abruti est passé aux aveux ?
Avec la foule, il regardait les scènes de crime !
- Mon suspect a commis les meurtres avec son frère
qui est à l'asile. Tu veux savoir pourquoi ?
Parce qu'il a éventré une femme avec ses ongles. Il fuyait
depuis plus de 6 ans ! T'as utilisé une pute comme appât,
tu lui fais passer un interrogatoire,
son sang n'est pas le bon !
- Le suspect.
Il s'est pendu ! Venez vite !- Merde.
- J'ai besoin de lui vivant ! Vivant !
Il doit nous aider à choper son frère pour classer l'affaire.
C'est notre seule chance !
Bordel de merde ! S'il meurt, je vous mets en taule
à sa place !
Coup violent
Il tousse.
- Tu m'as pas payée.- Ah, c'est vrai.
- Je t'ai servi d'appât, n'essaie pas de me la faire à l'envers.
- Il faut croire que je ne suis pas fiable.
- C'est pour ça que tu t'es fait virer.
- C'est moi qui ai fait une sortie...
fracassante.
- Mon chou, arrête de boire.
Ca te va pas du tout.
T'es encore jeune. Tu trouveras bien un autre boulot.
Il chante en russe.
Il claque la porte.
Il siffle.
- Sevastyanov. T'es là ?
- C'est qui ?
Ah...
Vous avez quelque chose à boire ?- Lève-toi.
On va prendre l'air.
Désolé. Sveta.
- Il faut pas vous inquiétez pour ça, chef.
Je sais déjà qui l'a tuée.
Je vais régler ça.
- Ton type a un alibi. Il était en voyage d'affaires.
Et toi, t'en as un, d'alibi ?
- Vous avez qu'à demander à vos jumeaux.
Ou bien à elle.
Elle vous dira tout.
Musique intrigante
- Vous pouvez nous laisser.
Vous m'avez demandé quelles autres preuves j'avais.
Il y a le cadavre de mon collègue.
Et votre tentative d'évasion.
Vous allez finir en prison quoi qu'il arrive.
- On dirait bien, oui.
- Pourquoi vous enfuir, si vous êtes innocent ?
- Parce que j'ai eu un accès de folie, vous comprenez ?
J'étais pourchassé.
- Parmi les preuves indirectes,
il y a les dates des différents voyages d'affaires
que vous avez faits. Elles coïncident
bien avec les dates des meurtres.
Une victime qui a survécu va pouvoir vous identifier.
Et aussi...
"Il fait une taille entre 170 et 181 centimètres.
"Agé d'environ 50 à 60 ans.
"Physiquement bien développé. A fait des études supérieures.
"Emplois potentiels :
"enseignant, gardien d'une pension de famille,
"employé d'une école, d'un lycée, ou d'un organisme de formation.
"Son comportement extérieur apparaît normal. Hétérosexuel.
"Manque de courage. Ses victimes deviennent
"des objets symboliques
"qui servent d'exutoire pour les affronts,
"dont il a souffert dans l'enfance et à l'âge adulte.
"Souffrant de dysfonctionnement sexuel.
"Compensé par les coups de couteau,
"et permettant une autre forme de pénétration de ses victimes.
"La lame du couteau
"fait office de pénis
"par procuration.
"Le fait de remplir la bouche des victimes avec de la terre
"est une forme de rituel.
"Capable de se retenir de tuer,
"s'il sent que ça peut le mettre en danger.
"Ca s'arrêtera quand il sera arrêté,
"ou s'il meurt.
"Le criminel est conscient de ses actes.
"Cependant, il faut le déclarer comme partiellement dérangé.
Il pleure.
"Cela rend possible la mise en place
"d'un traitement obligatoire."
Andrey Stepanovitch.
C'est très simple.
Si vous plaidez coupable devant le juge,
je peux vous aider à vous faire déclarer
partiellement dérangé et demander un traitement.
Dans le cas contraire,
je ferai appel...
à la victime qui a survécu.
Elle pourra vous identifier.
Elle a des traces du sang de son agresseur sur elle.
C'est le même groupe sanguin que le vôtre.
Ajoutez à ça mon collègue qui est mort dehors,
et vous aurez droit à la peine capitale
par peloton d'exécution.
- Non. Non...
Oh... Non...
- Regardez-moi. Dites-moi que vous avez tué ces femmes !
Vous les détestez !
- Les garces.- Oui ou non ?
Elles vous mettent en colère. Vous vouliez les faire souffrir !
Vous regrettez ?- Oui.
- Vous ne pouvez pas vous contrôler, c'est une maladie.
- Oui !
- Vous avez puni ces femmes !- Oui !
- Comment ? Comment ?
- Je les ai tuées.
- Ecrivez.
"Moi,
"Valita Andrey Stepanovitch, né le 3 septembre
"1936,
"résidant au..." Ecrivez votre adresse
- Je m'en rappelle plus.
- Laissez tomber. Continuez.
"Plaide, en tous points
"et sans contrainte, coupable
"d'avoir commis les crimes
"détaillés dans la déposition qui suit."
Dites que vous êtes désolé
et que vous souhaitez coopérer pleinement
avec les forces de l'ordre.
Signez.
Datez.
- Et après ça ?
- Vous identifiez les corps.
- Et après ça ?
- Ouverture du procès.
Reconstitution de ce qu'il s'est passé.
Et vous êtes jugé.
- Et je vais être soigné ?
- Oui. Oui.
Vous serez soigné.
- Restez pas comme ça.
Habillez-vous, en vitesse.
Il reste là, ce con...
- Vous êtes la seule témoin de ses actions
qui soit toujours en vie.
Il faut que vous soyez certaine.
Vous et votre corps êtes la preuve de sa culpabilité.
Prenez votre temps.
- Tu te souviens d'elle, sale bâtard ?
Tu l'as torturée à mort !
- Venez avec moi.- Sale chien !
- Calmez-vous.- C'était ma soeur, ordure !
- Vous allez vous calmer ?- Le souci,
c'est que...
ce n'est pas moi.
Je ne l'ai pas tuée, elle.
- Emmenez-la.
C'est pas vous ?
- Quelqu'un d'autre l'a tuée.
Je me rappelle des miennes. Celle-ci,
c'est pas mon type.- Gribanova non plus
n'était pas votre type.- Je n'ai pas tué celle-là.
- Elle était dans la forêt,
près de la voie de chemin de fer, en septembre 1988.
Frappée à la tête par-derrière.
Deux coups mortels.
La bouche remplie de terre.
Poignardée avec un couteau.
Un corps est un document, et celui-là porte vos marques
de fabrique.
- Les documents peuvent être falsifiés.
- Menteur !
- C'est quelqu'un de spécial pour vous ? C'est ça ?
- Vous allez tout assumer.
Répondre pour chacune d'elles.
Celle-ci compris.
C'est le but.
Tout ça, c'est pour elle, et personne d'autre.
Rien que pour elle.
Pour elle !
Coups violents
- Non !
Cris
Arrêtez !
Cris de douleur
Baratin ! Arrête ton baratin, chéri !
Arrête ton baratin !
Baratin. Baratin, chéri.
Arrête ton baratin, chéri !
Baratin ! Baratin, chéri...
Arrête, ton baratin, chéri. Baratin...
Baratin. Arrête, chéri...
Baratin !
Arrête ! Arrête ton...
- Ta gueule ! Tu vas fermer ta grande gueule ?
Ferme ta gueule.
Où se cache le vrai Valita ?
C'est toi qui l'as tué ?
- Je m'en rappelle pas.
Détonation
Voiture en approche
Musique intrigante
Gémissements
- L'enquête
va être menée à son terme.
Je vais vous interroger sur chaque cadavre.
- Mais pourquoi faire ça ?
- Pour la postérité.
- Je n'ai rien à dire à la postérité.
Cris de douleur
Il tousse.
- Des aveux sous la torture.
Gémissements
Il tousse.
Vous n'allez pas me tuer.
Vous n'avez pas les tripes.
J'ai eu une enfance difficile.
Ma mère était vétérinaire.
Mon père buvait.
Elle se tuait à la tâche.
Elle criait sur lui.
Et sur moi.
Elle était...
très instable...
psychologiquement.
Mon besoin de jouir était trop puissant.
Je tremblais.
Il fallait que je le fasse. J'étais vide à l'intérieur.
La terre, c'est...
Je l'enfonçais profondément
dans la gorge de ces femmes. C'était ma vengeance.
Je gardais les couteaux sous l'évier après les avoir tuées.
J'avais 3 costumes : un noir, un gris, et un marron.
J'ai mis un couteau dans chacun d'eux, pour ne pas chercher.
Le jour où ça a commencé, au travail,
on m'humiliait.
J'avais l'impression qu'ils encerclaient mon lit.
ces sales serpents.
Ils me traitaient de tous les noms possibles. J'ai craqué.
J'ai commencé
par la déshabiller.
Mais je n'arrivais pas à être dur.
Et elle...
elle s'est soudain mise à rigoler. Elle a rigolé.
Les médecins m'ont dit : "Il y a plus de femme
"que d'homme en vous.
"Vous avez les hanches larges, et du lait dans la poitrine."
Je n'arrêtais pas de trembler.
Je l'ai frappée et je l'ai jetée par terre.
Et puis je l'ai poignardée.
Je voulais la déchiqueter avec les dents.
Je l'ai mordue.
J'ai...
Comment dire ?
Je voulais "abattre les avions ennemis".
Je me souviens de chacune d'elles, oui.
Elles ont eu ce qu'elles méritaient pour m'avoir humilié.
Qu'est-ce qui va se passer,
maintenant que je vous ai tout dit ?
- A votre avis ?
- Vous allez me remettre aux autorités.
J'ai besoin d'un traitement. Pas de mourir.
Ce n'est pas ma faute, c'est une maladie.
- Vous n'êtes pas malade.
Vous aimez tuer.
Vous collectionnez vos trophées.
Mais je vous ai arrêté. Et je vais...
Cri de rage
Coup de feu
Bris de verre
Musique intrigante
Coup de feu
Il tousse.
Gémissements
- Apportez une trousse de secours.- Quoi ?
- Une trousse de secours ! Vite !
- Il a essayé de fuir.
Il a essayé de fuir.
Mais avant, il a avoué.
C'est bon, on l'a.
- Hé ! Viktor.
Musique à la radio
- Rends sa veste au chef. Il faut faire de la place ici.
Kolya, tu le tiens, bien ? C'est bon ?
Lève un peu plus haut.- Tenez, chef.
- C'est lourd, ce truc.
Il est tout petit, mais il pèse une tonne.
- Rentrons. Il n'y a plus personne à attraper,
c'est fini.
- Vous n'avez qu'à partir devant, Savelich.
Je vais rester, le temps de retrouver mes esprits.
- On est censés sceller la maison.
- Je ne vais pas vous en empêcher. Allez-y.
Doucement. Doucement.
Approche.
Cri de douleur
Il verse de l'essence.
Poignardée avec un couteau.
Un corps est un document.
Celui-là porte toutes vos marques de fabrique.
C'est quelqu'un de spécial pour vous ? C'est ça ?
Vous allez tout assumer. Répondre pour chacune d'elles.
Celle-ci compris.
Tout ça, c'est pour elle et personne d'autre.
Cris de douleur
-Arrêtez ! Arrête ton baratin ! Baratin !
Arrête ton baratin, chéri. Arrête ton baratin. Baratin !
-Ta gueule ! Tu vas fermer ta grande gueule ?
Où est Valita ?
C'est toi qui l'as tué ?
-Je m'en rappelle pas.
Il rembobine la cassette.
-Où se cache le vrai Valita ? *-Je m'en rappelle pas.
Je m'en rappelle pas.
Elle souffle.
- Bonjour. Je suis chargé de l'enquête pour votre soeur.
- Vera.
- Vous avez entendu parler des "bouchers" ?
On en a arrêté un. Nous recherchons l'autre.
- Libellule.
Votre soeur a été retrouvée dans la forêt. Mes condoléances.
A l'adresse de la victime, c'est là qu'on vous a trouvée.
- J'ai vu son cadavre dans la cuisine.
Elle était couverte de sang.
- Une bande, dans votre quartier, commet des vols.
- Je vous dis qu'elle était là.
- Regardez donc ceci.
Elle pleure.
Un jour, lors d'une arrestation,
j'ai pris un coup de crosse sur la tête.
J'ai cru voir ma mère morte. Ca arrive.
Quand avez-vous vu votre soeur pour la dernière fois ?
- C'était il y a environ un an. Elle est venue me rendre visite.
J'étais étudiante dans une autre ville.
- Votre soeur était une femme débauchée ?
- Comment vous pouvez dire une chose pareille ?
- Elle était enceinte, sans mari.
Vous ne le saviez pas.
Je suis désolée.
- Elle fréquentait quelqu'un, depuis des années.
- Comment il s'appelle ?
- Je ne sais pas.
Je l'ai jamais rencontré, et elle ne parlait pas de lui.
- Je vois.
C'était sa maîtresse.
Vous vous souvenez d'autre chose ?
- Non, je vous ai tout dit.
Laissez-moi seule.
- Très bien.
Mes plus sincères condoléances.
Cri de panique
Musique intrigante
Pluie
Musique intrigante
- Bonjour. Capitaine Tarasov.
On m'a envoyé vous poser des questions.
Il y a des incohérences dans l'affaire de votre soeur.
Mes condoléances.
Je l'ai croisée.
Une fois.
C'était une femme
très belle.
- On l'appelait "Libellule".
- Seulement, votre soeur...
l'histoire, comment dire ?
Elle ne colle pas.
D'habitude, ce sont des femmes de la rue, des débauchées.
- Elle n'était pas débauchée,
c'était que des rumeurs.
Elle fréquentait quelqu'un. C'était sérieux.
Elle préférait être discrète.
- Sérieux, vous dites. A quel point ?
- A ce point-là.
Je sais ce que j'ai vu.
Libellule a été tuée ici.
J'ai vu son corps.
Et j'ai vu son assassin.
Il m'a frappée à la tête !
Je l'ai reconnu à l'enterrement, avec ses mains brûlées.
Vous autres, vous ne voulez pas me croire.
Je vais m'en charger toute seule.
Je vais aller voir le procureur à Moscou. Je vais me venger.
- Pourquoi le procureur vous croirait ?
Ici personne ne vous croit.
Je connais ce système comme ma poche.
L'exécution
étrusque.
Ils avaient une forme d'exécution très poétique.
Le coupable était puni par sa propre victime.
- J'ai appelé la police, ils ne connaissent aucun Tarasov.
Vous êtes qui ?
- Sevastyanov. Ivan.
J'étais l'un des enquêteurs sur cette affaire pendant 8 ans.
Puis j'ai dû partir.
Je l'ai tué.
Le vrai tueur en série est déjà mort depuis longtemps.
Vera a été tuée par quelqu'un d'autre.
Je veux que cette personne soit punie.
Mais on a besoin de preuves.
C'est plus facile pour eux d'affirmer que c'est les jumeaux.
Ils préfèrent tous ça.
- Je ne suis pas médecin légiste.
Je suis chirurgienne.
J'ai même pas encore mon diplôme.
- Je vous aiderai. Je connais les méthodes du meurtrier.
On doit examiner le corps, pour trouver des preuves.
Pleurs
Il faut aller jusqu'au bout.
Ressaisissez-vous.- Je ne peux pas.
- Il le faut.
- Elle a été frappée deux fois.
Le premier coup a enfoncé son crâne, avec...
un objet aiguisé ou pointu.
- Valita faisait pas comme ça.
Il les frappait une fois pour les désorienter.
Mais il avait besoin que ses victimes soient vivantes,
et qu'elles souffrent.
Il était excité par leur agonie.
Ici, le deuxième coup était pour tuer.
- Je vais faire quoi, maintenant ?
Si j'étais morte à la place de Vera,
je suis sûre qu'elle me vengerait.
- Vous ne pouvez pas passer par les voies officielles.
Issa va retourner votre témoignage contre vous.
S'il a réussi à me réduire en bouillie,
il va vous désintégrer complètement.
Et le système n'en a rien à faire.
Un corps de plus ou de moins...
Les jumeaux iront en prison.
On va leur attribuer les meurtres. Affaire classée.
Issa a très bien joué.
Là.
Sur le banc.
Musique intrigante
- Nous sommes une institution sérieuse.
Je crains que vous ne soyez pas qualifiée pour ce poste.
- Laissez-moi une chance.
Je ferai n'importe quoi.
Je veux me tourner vers la psychiatrie.
Coups de marteau
Musique intrigante
-Mon enfance.
Oui. J'ai eu une enfance difficile.
Rude. Anormale, même.
Ma mère était vétérinaire.
Mon père buvait.
Mon enfance. Oui. J'ai eu une enfance difficile.
Rude. Anormale, même. Ma mère
était vétérinaire.
Cri de rage
J'ai reçu un vélo par quelqu'un de la famille.
Tout rouillé. Des tas de morceaux
tombaient en pièces, mais c'était un luxe à l'époque.
C'était un vrai luxe à l'époque.
Je gardais les couteaux sous l'évier
après les avoir tuées.
J'avais trois costumes.
Un noir, un gris, et un marron.
J'ai mis un couteau dans chacun d'eux
pour ne pas avoir à chercher.
Et d'autres dans le coffre de la voiture.
Je me souviens de chacune d'elles.
Elles ont eu ce qu'elles méritaient pour m'avoir humilié.
- J'aimerais que vous me parliez de votre enfance.
- J'ai eu une enfance difficile.
Frottements
Elle crie.
Cri de douleur
Gémissements
Elle tousse.
- Le moment est venu.
Vous êtes la témoin principale.
On va inventer une histoire sur votre évasion,
comment vous êtes arrivée ici.
Il faut le faire.
-"A l'intention du procureur général."
- Sinon, tous nos efforts auront été vains.
Cri de douleur
Musique intrigante
Elle soupire.
Votre histoire avec les jumeaux
a marché comme sur des roulettes, on dirait.
C'était bien pratique pour vous,
que le 2e frère porte le chapeau pour le corps de Vera.
- Le corps de Vera ?
- J'ai tout planifié.
Et quand nous avons enfin été prêts,
Kira vous a conduit jusqu'à Miron.
Kira avait une dernière tâche à accomplir.
Elle devait lui montrer la photo de sa soeur, pour l'ajouter
à la liste de ses crimes.
Sauf que Vera n'a jamais été victime du vrai tueur en série.
Je ne lui ai rien dit à propos d'elle.
C'est pour ça que Miron ne l'a pas reconnue.
- Et maintenant, quoi ?
- Vous avez tué Vera.
On veut que vous passiez aux aveux.
-Vous voulez la vérité.
La vérité, c'est que je ne l'ai pas tuée.
- Tu dois faire un choix.
- Ne dis pas de bêtise.
Le divorce, c'est...
Je vais trouver un moyen, tu vas voir, on va partir.
Je te l'ai promis. Et je tiens mes promesses.
C'est un accident tragique.
Tu fréquentes quelqu'un d'autre ?
T'as rencontré quelqu'un ?
Tu es à moi.
Je t'ai cherchée partout et je t'ai trouvée.
- Arrête de dire n'importe quoi. Tu me fais honte. Ecoute-moi...
- Elle avait décidé de tout raconter sur nous à ma femme.
Je ne pouvais pas abandonner mes enfants.
- Eh ben, voilà.
Tu dis enfin la vérité.
- T'essaies de me mettre en colère ?
Qu'est-ce que tu fais ?
C'est un jeu ? Ca t'excite ?
Allez...
- Repose-moi, je t'ai dit ! Arrête !
Choc
- Pourquoi est-ce que je devrais payer pour ça ?
J'ai envoyé des tas d'assassins en prison.
Mais je ne suis pas un assassin.
J'ai une famille.
Des enfants.
- Elle était enceinte.
-Dans la forêt elle a dit quelque chose à propos de ça.
- Dans la forêt ?
Elle était en vie ?- Je ne sentais pas son pouls.
Il y avait du sang partout sur le sol.
Mais elle s'est réveillée quand...
Je...
J'ai planté un couteau dans son dos.
Coup
- Lâche ton fusil,
plus vite que ça.
Lâche-le !
Coups violents
Debout. Debout !
Prends le bidon.
Vide-le, allez !
- Tu les as tués, elle et son futur bébé.
Tu t'en rends compte, au moins ?
Coup violent
Gémissement
- Levez-vous. Allez, courage. Levez-vous.
- Laissez-moi ici.
Allez-vous-en.
Laissez-moi.
Vous entendez ?
- Vous allez venir avec moi. La voiture est tout près.
- Allez-vous-en.
- Non.
Les enregistrements,
il faut qu'on les envoie au bureau du procureur.
C'est ce qu'on avait dit.
- C'est moi qui ai laissé sortir Miron de la maison.
Je voulais voir s'il était prêt ou pas.
Je suis resté là,
Et je l'ai... Je l'ai regardé essayer de vous tuer.
Barrez-vous !
Musique triste
Sous-titrage IMAGINE
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