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Titre VO: Strangers and Brothers Titre VF: L'heure des adieux
Pardon.
Il y a plein de gens �tranges.
Ils ne sont pas �tranges, Zoe, simplement vieux.
Et pourquoi y a-t-il autant de nourriture ?
Maman dit que les gens mangent beaucoup quand quelqu'un meurt.
C'est comme un r�flexe.
J'en ai la naus�e.
La c�telette de veau, tous les jeudis.
Phil les faisait sp�cialement pour nous.
En dehors de la carte.
As-tu pleur� ?
Un peu...
j'ai eu des hauts-le-coeur.
Mais es-tu triste ?
Je suis triste.
Mais j'ignore � quel point.
Bonjour, les filles.
Bonjour.
Il va tant nous manquer !
Ca va, maman ?
Assez pour l'instant.
Oh, mon Dieu !
Regarde �a.
D'o� vient toute cette nourriture ?
Phil �tait un v�t�ran.
Il va nous manquer.
Je sais.
Comment va grand-m�re ?
Elle est rest�e �vasive.
Elle s'asseoit, les gens viennent � elle...
parfois, elle opine de la t�te.
Il faut que je lui parle.
Maman, peut-on monter ?
Bien s�r.
Oh, merci.
Bonjour.
Cet homme �tait un roi.
Oh, merci.
Un prince du monde de la restauration.
C'est tr�s gentil.
Je lui fournissais des fruits de mer, votre p�re s'y connaissait en poisson.
Merci.
"Mes filles sont mes fleurs", disait-il toujours.
Oh, c'est gentil de dire �a.
Maman, on voudrait te parler.
Dans la cuisine... seulement nous.
Ils sont pass�s � l'h�pital, pour papa.
Ils l'ont emmen� � la salle des fun�railles.
Je vais passer pour m'assurer que tout est en ordre.
Veux-tu venir ?
Regarde-moi.
Que dois-je regarder, maman ?
Je suis une de ces femmes maintenant, assise sur une chaise vide.
Il n'emp�che que nous devons prendre des d�cisions, pour les fun�railles.
Je devrais commencer � passer des coups de fil.
Lily peut s'en charger, elle sait qui appeler.
Maman, on peut s'en charger toutes les deux.
Je dois voir Aaron...
il faut le pr�parer � ceci.
Qu'y a-t-il � pr�parer ?
Papa �tait son p�re aussi, maman.
Veux-tu conna�tre mon avis ?
On devrait demander un discours aux gens, comme les Tannenbaum.
Non, pas les Tannenbaum !
Oncle Manny, alors, et les Farber ?
Les filles aussi, si elles veulent. Et de la musique.
Maman, il nous faut de la musique. Il aimait tant la musique !
Que souhaites-tu ? Des chansons de "Brigadoon" ?
Non, je veux quelque chose de digne...
pour une fois dans ma vie.
Ce que nous proposions l'�tait.
Dans ce cas, d�cidez vous-m�mes.
D'accord, je vais essayer de contacter le rabbin Rosen.
Il a pris sa retraite.
Ils ont une retraite ?
Il a quitt� sa femme et achet� une p�niche.
Il faut que j'aille prendre soin de mes invit�s.
Tu es en deuil, maman, pas � une r�ception.
D�cidez vous-m�mes.
Je vais me frapper la t�te contre les murs !
Je ne l'ai jamais vue dans cet �tat, �a m'effraie.
Il faut que je voie Aaron.
Veux-tu que je t'accompagne ?
Non, je crois que �a ferait trop d'�motion pour lui.
Judy ! Il nous faut un rabbin.
Pourquoi me jettes-tu ce regard ?
Pourquoi pas Bruce, ce rabbin avec lequel tu es sortie ?
Ca remonte � deux ans, purement sexuel.
- Tu plaisantes ? - Oh, piti�...
j'ignore ce qu'il est devenu. Bonjour.
Salut.
Je suis navr� pour ton p�re.
Merci.
Tu n'es pas venu les mains vides !
Comme tu avais dit qu'il y aurait du monde...
Ca va ?
On essaie.
Maman ne se porte pas tr�s bien, mais c'�tait � pr�voir.
Je connais un rabbin.
Toi ? As-tu des origines juives ?
Non, c'est un homme charmant qui vit dans mon immeuble.
Il pratique toujours, je pourrais l'appeler...
Maman, il y en a aussi en haut !
Quelqu'un a utilis� nos toilettes sans demander.
C'est tr�s �trange, non ?
Merci, approchez.
Est-ce normal que je n'aie pas encore pleur� ?
Oui, ch�rie.
Il y a de nombreuses fa�ons d'�tre triste.
Excusez-moi.
Servez-vous.
La c�telette de veau.
Tous les jeudis, en dehors de la carte.
Tr�s bien.
Salut, �a va ?
Bien, je...
Toutes mes condol�ances.
Ca va ?
- Pose-le ici. - Oh, merci.
- Je vais trouver une place. - Mets-le n'importe o�.
Excusez-moi.
Ca va ?
Bien, et toi ?
On fait aller.
J'aimais cet homme.
Il �tait comme mon propre p�re, tu sais ?
Il t'adorait.
Bonjour, Jake.
Bonjour, Marvin.
La c�telette de veau... rien ne va changer.
O� sont les enfants ?
Dans le salon.
Ca va ?
Ouais.
- Laisse-moi prendre �a. - Ah, d'accord.
Pose-le l�.
Compris.
Je dois y aller.
Non, piti� !
Tu es le chef de famille...
tu as des choses � faire.
Vas-y.
Appelle-moi.
Sans faute.
Maman, que fais-tu ?
Nous devons choisir ?
Choisir quoi ?
Sa tenue pour l'inhumation. Il ne va pas �tre inhum� en blouse d'h�pital !
Nous avons un tas de jolies chemises.
On s'en occupe, maman.
Je ne les ram�nerai pas en Floride.
Jake est plus grand que papa, au m�me titre que ton compagnon.
Aaron est de la m�me taille que papa.
Veux-tu qu'on parle d'Aaron ?
Il faut qu'on en parle.
Il est tr�s malade.
Il a des hauts et des bas, maman.
Je suis sa m�re. Tu crois que je l'ignore ?
Bien s�re que non, excuse-moi.
Je ne peux m�me pas imaginer ce que tu traverses en ce moment.
Effectivement, ma ch�re. Je ne crois pas qu'Aaron survivrait � des fun�railles.
Il a bien surv�cu � vingt ans dans un institut de sant� mentale.
Fais ce que tu veux, tu sais toujours mieux que les autres.
Je dois voir Aaron.
Es-tu s�re de ne pas vouloir que je t'accompagne ?
Ouais, merci.
Mon Dieu, Manny !
Comment vas-tu ?
Bien.
Le soir de ta naissance...
ton p�re m'a appel�, et a dit : "C'est une fille.
Que faire si, en grandissant, elle ressemble � Tante Esther ?"
Puis il a ajout� : "Je l'aimerais quand m�me...
parce que je ne savais pas qu'un tel amour pouvait exister."
Merci de me dire �a.
Seigneur, j'ai perdu la notion du temps.
Il faut que je descende.
Lily, je dois te parler.
En tant qu'ami de papa, ou en tant que son avocat ?
Les deux. Il y a plusieurs choses auxquelles tu dois penser.
Penser, ou m'inqui�ter ?
"Penser beaucoup, et s'inqui�ter un peu"...
comme disait ton p�re.
On s'est parl� deux fois par semaine pendant quarante-six ans.
Je suis au courant pour Jake.
Ton p�re l'appr�ciait, mais il ne lui faisait pas confiance...
et j'ai � te dire ce qu'il souhaitait que tu fasses.
Je ne suis pas rassur�e.
Ta m�re d�tient toujours 40% du restaurant.
Toi et Jake en poss�dez 60%...
ce qui veut dire que tu en contr�les personnellement la moiti� : 30%.
Exact.
Donc, si jamais tu n'es pas satisfaite...
de la fa�on dont Jake g�re les affaires...
toi et ta m�re pouvez voter pour le licencier.
Le licencier ?
C'est ce que ton p�re s'appr�tait � faire...
si jamais le divorce prenait une mauvaise tournure.
Licencier Jake ?
S'il s'agit de l'unique solution...
pour prot�ger l'h�ritage familial, alors oui.
Je ne sais pas ce qu'il ferait sans le restaurant.
Eh bien, il aurait d� y penser...
bien avant, ne penses-tu pas ?
Nous avions un r�ve, un "fantasme", pourrait-on dire.
Un jour, nous entrerions par effraction dans l'Institut Smithsonien...
d�roberions l'Esprit de St Louis...
nous envolerions vers Paris et sauterions � mi-chemin.
Ce serait difficile pour les filles, nous le savions bien...
mais nous mourrions ensemble.
On est l�, maman. Il faut que tu le saches.
Zoe, est-ce la robe que tu vas porter ?
Je crois. Maman ?
C'est sa plus belle robe, maman.
Et celle en velours bleu ?
Non, celle-l� convient.
Mais grand-p�re adorait cette robe.
Il disait toujours qu'elle ressemblait � un petit oiseau bleu dans cette robe.
Maman, elle est bien habill�e, d'accord ?
C'est parfait.
On prend une seule voiture ?
Merci, Jake.
Je vous apporte votre manteau.
Ma robe pose un probl�me ?
Pas du tout, ch�rie.
Elle est parfaite.
Excusez-moi, vous devez �tre Lily ?
Oui, c'est moi.
Bonjour, je suis le rabbin Ben Josephson.
J'ai re�u le message de Rick, tard hier soir.
Mes condol�ances pour votre p�re.
Merci beaucoup. Voici ma m�re.
Mme Brooks.
Je suis l� pour r�pondre � vos attentes. Il faut que nous parlions...
de ce que vous attendez de moi, et comment je peux vous aider.
Que diriez-vous de parler apr�s votre passage dans la chapelle ?
Tr�s bien.
Zoe est n�e pr�matur�ment, je ne trouvais pas Jake...
alors papa m'a accompagn�e � l'h�pital...
et il est rest� m�me apr�s l'arriv�e de Jake.
Phil fut le premier adulte de ma connaissance...
� ne pas avoir l'air effray� quand j'entrais dans la pi�ce.
Il m'aimait bien.
Maman ?
Oui, ma puce ?
Je ne me sens pas tr�s bien.
Je crois que je vais vomir.
Je m'occupe d'elle.
Tu ne vas pas vomir, ma puce.
Bonjour, Aaron.
J'ai beaucoup de chance d'avoir mes soeurs.
C'est vrai ? Ca nous fait tr�s plaisir d'entendre...
- Connais-tu Roger ? - De l'Institut ?
Roger a six soeurs, dont deux jumelles.
Elles ne le connaissent pas... probl�me d'hygi�ne. Il pue !
Moi, j'ai de la chance. Toi et Lily �tes ma chance.
"On forme une �quipe", comme disait papa, et Shelley aussi.
Shelley est une excellente directrice, l'une des meilleures.
C'est la Ferrari des directrices.
Elle serait ravie de l'entendre. A sa place, je le serais !
Roger parle tout le temps de J�sus, j'ai essay� de lui parler de papa aujourd'hui...
mais laissez tomber, il ne pense qu'� J�sus...
- c'est ennuyeux � la longue. - Je n'en doute pas.
J'ai essay� de lui dire que j'�tait nerveux aujourd'hui, mais le sujet est tomb� � l'eau.
Nous sommes l�, si �a peut aider.
Lily est l�.
Aaron est un peu nerveux, aujourd'hui.
Un petit peu.
C'est normal, je le suis aussi.
Mais je me sens mieux quand je te vois.
Merci d'�tre venu.
Papa serait si heureux.
Qu'ils �taient beaux ! On aurait dit...
une seule entit� "fr�re-soeur".
Maman ?
Bonjour, Aaron.
Comment va-t-il ?
On forme une �quipe ! Phil Brooks.
Oui.
Laissez-moi vous dire une chose sur Phil Brooks...
il serait tr�s attrist� de voir quelqu'un morne, aujourd'hui.
Comme il disait...
"Quand tu es au fond du trou, ne commande pas de poisson."
J'ignore ce qu'il voulait dire.
Ecoutez...
il s'agit de la chanson pr�f�r�e de Phil, jou�e � son mariage avec la belle Barbara.
"I Can't Get Started", de Bunny Berigan.
En tant que sa serveuse d�vou�e pendant trente ans...
je ne peux croire que Phil Brooks soit mort. Il est juste en retard sur sa r�servation.
Il m'appelait toujours "biscuit", "sucre d'orge"...
"cornet de frites", "tourte au potiron"...
"myrtille", "boulette"...
"Deux pr�tres et un rabbin marchaient sur un terrain de golf"...
ou bien "le Pape est en vacances aux Jama�ques."
Il �tait si dr�le...
que sa pr�sence...
vous rendait dr�le, comme des vases communicants.
Maman !
J'avais tellement l'habitude de me cacher de ton p�re.
Excuse-moi.
Je peux fumer o� je veux, � pr�sent.
Je peux rester �veill�e toute la nuit et boire du gin, si j'en ai envie.
Ce n'est pas juste.
Maman, ne reste pas toute seule dans le froid, d'accord ?
Judy s'appr�te � ramener Aaron, viens lui dire au revoir.
Allons-y.
Aaron veut dire bonsoir.
Tr�s bien, c'est gentil.
Il reviendra demain matin.
Papa est avec nous.
Judy... es-tu s�re qu'il comprenne tout ceci ?
Tu pourrais peut-�tre lui expliquer ce que tu ressens.
- Ca, il comprendra. - Qu'importe ce que je ressens !
Maman, essaie de lui parler.
Aaron...
je te souhaite une bonne nuit...
essaie de bien dormir.
On a tous besoin de sommeil, parce que...
Ne t'arr�te pas, c'est bien.
Aaron, je sais que c'est dur pour nous, sans papa.
C'est dur pour toi.
Je le sentais.
Tout va bien.
Je me sens tr�s nerveux, aujourd'hui.
Ce n'est rien, on l'est tous.
- Rentrons � la maison. - On forme une �quipe.
Bonne nuit, Aaron.
Bonne nuit.
Voulez-vous attendre ?
Non, j'ai entendu sa voiture.
Tr�s bien.
Sachez que, la derni�re fois que quelqu'un a lu un testament...
c'�tait � la page 11 de "David Copperfield".
Il va bien.
Il n'y a pas de surprise...
pas de millions attribu�s � une myst�rieuse inconnue...
mais certaines d�cisions ont �t� prises concernant le restaurant.
Pour commencer, Barbara et Phil ont g�n�reusement offert...
leurs 60% � Lily et Jake.
"Vendu".
Oh, pardon. Vendu...
avec paiement �chelonn� pour leur faciliter la t�che.
Et sans imp�t pour lui.
Absolument, Phil �tait un homme avis�.
Cet arrangement b�n�ficie � tous.
La semaine derni�re, Phil m'a inform�...
qu'il souhaitait que ses h�ritiers conservent leurs droits individuels...
sur le restaurant dans son ensemble.
Je ne comprends pas.
Votre p�re pressentait que des d�saccords puissent na�tre...
sur la meilleure attitude � tenir concernant le restaurant...
et il tenait � ce que ses enfants aient leur mot � dire � l'avenir.
Excusez-moi, mais je ne comprends toujours pas.
J'ai consacr� beaucoup d'ann�es � ce restaurant, Manny.
- Je n'arrive pas � croire ce que vous dites. - Ce n'est pas moi, c'est Phil.
Quoi, Phil ? De quoi parlez-vous ?
Il dit que je peux �tre licenci�.
Bien qu'�tant moi-m�me associ�, les autres peuvent voter mon licenciement.
Manny, jamais Phil n'aurait pris ce parti.
- C'est impossible. - D�sol�, Jake, c'est �crit.
Alors, vous savez quoi ?
Jake, Phil se fit � l'id�e, avec beaucoup de tristesse...
que les choses pourraient ne jamais redevenir comme avant.
Il voulait que ses enfants...
Donc, je ne fais plus partie de la famille ?
Apr�s dix-sept ans, je...
Il ne s'agit que d'�ventualit�s.
Dans ce cas, je vous laisse...
prendre les d�cisions, d'accord ?
Sinc�rement, je n'en ai plus rien � faire.
A vous de...
d�cider.
J'avais oubli� le bien que procuraient les journaux de Chicago.
Compar�s �...
la Floride.
Que veut dire "shiva" ?
Judy, tu lui expliques ?
Pourquoi moi ?
Je ne suis pas juive, je ne l'ai jamais �t�.
J'ai propos� de me convertir, mais votre p�re a toujours dit qu'il me pr�f�rait non-juive.
Zoe, "shiva" est...
un rituel � la maison...
au cours duquel les gens qui connaissent le d�funt...
La personne qui nous a quitt�s.
Ils viennent durant sept jours, s'assoient � tes c�t�s, parlent...
et marquent la transition du d�funt.
Ils envahissent la maison.
Pendant sept jours ?
Ne t'inqui�te pas, �a ne durera pas sept jours.
Voil� pour "shiva".
Maman, j'ai r�fl�chi...
je ne trouve pas l'id�e de retourner tout de suite en Floride tr�s bonne.
Tu peux rester ici aussi longtemps que tu en as envie.
C'est tr�s attentionn�, ch�rie, mais je dois faire des projets.
Comme disait sans cesse ton p�re...
Non, maman, ne fais pas de projets. Tu pourrais prendre ton temps...
il s'agit d'une transition importante dans ta vie.
Tu vas �tre submerg�e par toutes sortes de sentiments.
Judy, ne me parle pas de mes sentiments !
Maman, elle a raison.
Tu n'as pas �t� seule depuis... combien de temps ?
Quarante-trois ans, et j'en suis fi�re.
Je voulais dire que tu as v�cu � Chicago toute ta vie...
jusqu'� tr�s r�cemment.
Maman ?
Barbara ?
Mon Dieu, les Tannenbaum !
Un peu en avance, non ?
Il faudrait supprimer cette tradition de "shiva" !
Ceil ? Marvin ?
Je regrette d'avoir pos� la question, pour "shiva".
Ls filles, il faut qu'on s'habille.
Que la foire commence !
C'�tait un bel au revoir.
Il l'aurait voulu ainsi.
Il aurait ador� les chansons.
Ch�rie, o� sont les g�teaux ?
Phil �tait un grand amateur de musique.
Le lundi, c'�tait soir�es op�ra, de grosses rustaudes allant de table en table.
Je lui disais : "Phil, c'est ennuyant"...
il r�pondait : "Celeste, la musique est comme la nourriture".
Cette chanson le faisait toujours pleurer.
Voulez-vous m'excuser, une seconde ?
Moi aussi.
Adorables filles.
Je sais.
Oh, oncle Aaron !
Excuse-moi.
- De quoi ? - D'avoir cri�.
Je croyais qu'il n'y avait personne.
Tu veux que je te dise ?
Je crois que tous ces vieux ne sont l� que pour la nourriture.
As-tu d�jeun� ?
Je n'insinue pas que tu es... vieux.
"D�jeuner", on dirait un projet.
Quelque chose en particulier ?
Pas de rago�t. On ne mange que �a, l� o� je vis.
Je peux me forcer, mais j'en suis malade...
m�me si le rago�t, c'est bon.
Donc, pas de rago�t.
C'est Grace, oncle Aaron.
Je veux dire, tu peux m'appeler Grace.
J'esp�re ne pas avoir �t� impolie... � propos de mon pr�nom ?
J'ai juste pens� que tu pourrais avoir peur...
de le prononcer, tu comprends ?
Ce n'est qu'un pr�nom.
J'aime bien le tien.
Un gar�on de mon �cole s'appelle Aaron.
Tu l'appr�cies ?
Ca va.
C'est un musicien, il joue du trombone.
Ne jouais-tu pas d'un instrument ?
La trompette.
Vraiment ? J'aimerais bien t'entendre jouer.
Le probl�me...
c'est que mes doigts ne m'appartiennent plus vraiment.
Ca ne doit pas �tre facile � vivre.
Ca fait longtemps.
Parfois, j'ai l'impression...
que tous mes membres sont, � leur dr�le de mani�re...
partis en vacances.
Veux-tu que je m'en occupe ?
Je peux le faire, merci.
R�gale-toi.
J'aime bien les ailes.
Moi, je pr�f�re le blanc.
Dans ce cas, sers-toi.
Il fallait que je sorte.
Moi aussi.
Depuis combien de temps es-tu ici ?
Je ne sais plus trop.
Toute la journ�e, les vannes s'ouvrent.
Tiens.
Je sais.
Te rends-tu compte que maman a dit aux filles qu'elle �tait non-juive ?
- Je d�teste maman. - Ce n'est pas vrai.
Qui sait ?
Le pensais-tu vraiment, quand tu lui as propos� de rester tant qu'elle voudrait ?
C'est sorti tout seul...
comme une dent qui aurait l�ch�.
Il vaut mieux y retourner.
Je ne crois pas que "shiva" ait de sens si on reste enferm�e dans une voiture.
Pour tes doigts.
Merci.
Oncle Aaron...
as-tu des souvenirs ?
Je veux dire, du temps o� tu n'�tais pas malade ?
Beaucoup ! Lily, par exemple, elle �tait souvent angoiss�e.
Elle s'interrogeait sans cesse sur sa beaut�, sa gentillesse, ce qui la rendait encore plus jolie.
Je me souviens aussi de plages.
- Tu aimes la plage ? - Qui dirait non ?
D�sol�e, c'�tait une question idiote.
Un jour, j'aimerais pouvoir me souvenir... d'un travail.
Ma m�re vient d'en trouver un !
Mais elle n'est pas sous traitement.
C'est vrai.
Dis-moi, quel genre de travail ?
Utile, ce que je n'ai jamais �t�.
Je ne sers � rien.
J'ai besoin d'un projet, car papa disait...
un peu trop souvent � mon go�t...
"Aaron, tes projets sont ta route."
Alors, tu veux un projet pour �tre utile.
Ce sont de jolis voeux, Aaron.
Quand j'�tais enfant, je jouais � la trompette...
la chanson "I Can't Get Started".
Comme hier !
C'�tait magnifique.
C'est tr�s agr�able de parler avec toi, oncle Aaron.
Comment as-tu su exactement ce dont j'avais besoin ?
Je suis dans la restauration.
J'ai pens� � la Floride...
m�me l�-bas, Phil ne pensait...
qu'� ramener une dizaine de personnes � la maison tous les soirs.
Les gens "tombaient" sur Phil, par hasard.
Mais maintenant...
Oh, excuse-moi !
Non, vas-y.
Maintenant, c'est diff�rent.
Je pense � rentrer chez moi...
les soirs o� les filles ne sont pas l�.
Je comprends.
Il n'y a pas de comparaison.
Au contraire.
En fait, on ne sait jamais ce qui va se passer.
Je sais ce qui va se passer...
pour le restaurant, du moins.
Ecoute ce que j'ai � te dire...
on est l�.
Gr�ce � Phil et ce qu'il m'a enseign�...
�a marche, et �a marchera. Te rends-tu compte ?
Oui, je vois...
On est de nouveau ouvert, et on fait de l'argent.
- Tu veux dire, comme avant ? - Non, encore mieux !
Je vais pr�server le restaurant, le faire grandir...
pour Phil, pour toi...
pour les filles, pour nous tous.
Laisse-moi m'en occuper, maman, d'accord ?
C'est tout ce que je demande.
Tu sais ce que j'aimerais ?
Dis-moi.
Revenir en 1967...
�tre au restaurant de papa...
avec Aaron, son chapeau de scout sur la t�te...
tandis qu'ils �crivent mon nom avec des frites.
Rien que �a.
C'est Jake qui a construit ?
Ouais.
De la belle oeuvre, je suis impressionn�.
Regarde ce que Tante Judy a apport�, c'est g�nial !
Oh, grand-p�re dans l'Arm�e !
Et l�, avec un b�b�. Ca doit �tre toi, car voici maman.
Tu �tais si mignon !
C'est toi dans un camp ?
- Ouais. - Un rapport avec la trompette ?
Devine quoi ? Je fais un camp cet �t�.
- Es-tu all� dans le Wisconsin ? - Aaron ?
Salut, je tiens � te pr�senter Rick Sammler.
Voici mon fr�re, Aaron.
Bonjour, Aaron.
Bonjour, Rick.
Oncle Aaron, tu devrais te raser.
Ouais.
Oh, mon Dieu ! Jeanne Ford.
Tu �tais tr�s amoureux d'elle, Aaron. Tu te souviens ?
Zoe, tu �tais un b�b� empot� !
C'est faux ! Je n'�tais m�me pas grosse.
Maintenant, tu es toute maigrichonne.
Attendez une minute, les filles.
- D�sol�e, c'est de ma faute. - Grace !
Aaron, �coute, on va prendre l'air...
Arr�te ! Tu ne sais pas ce que tu fais !
Tu n'aides pas, va-t-en !
Je t'en prie, va-t-en.
Tr�s bien.
Je suis d�sol�.
Ce n'est rien.
Vous ne fumez pas, hein ?
J'ai arr�te il y a quinze ans.
Plus personne ne fume.
Avisez-vous de demander une cigarette, aujourd'hui...
et les gens vous prennent pour un criminel.
C'�tait un grand salopard, bruyant et agressif... Phil.
Mais je l'aimais bien.
C'est moi qui l'ai construite.
On s'est beaucoup inqui�t� de son stress...
mais je trouve que, vu les circonstances, Aaron s'en tire � merveille.
Il en a l'air. En fait, je suis �tonn�e qu'on n'ait pas tous craqu� !
Il n'a pas craqu� non plus, c'est ce qu'il faut vous dire.
Il a beaucoup de choses � g�rer...
nous tous � l'Institut, vous deux...
et votre p�re, qui ne l'a jamais laiss� tomber.
Contrairement � beaucoup de parents.
Tous les jeudis, votre p�re l'emmenait au restaurant.
Ils s'asseyaient aux meilleures places. Tu te souviens, Aaron ?
Que disait ton p�re ?
"Je vous pr�sente mon fils, Aaron."
Oh, je l'ignorais !
Jake ne travaillait pas, le jeudi soir.
Il va bien.
Tant mieux.
Il va bien, m�me si �a t'est �gal.
Que viens-tu de dire ?
Rien.
Aurais-tu insinu� que je traitais mal Aaron ?
Maman, c'est ton fils.
En effet !
Et tu n'as pas id�e des implications.
Tu n'as pas id�e des ann�es de ma vie que j'ai consacr�es � ce gar�on.
Maman, cette discussion peut attendre.
Tu ignores tout de moi. Toutes les deux !
Maman...
On veut savoir.
Vous �tes comme votre p�re.
Le nombre de fois que j'aie pu entrer dans une pi�ce...
et vous voir tous les trois rigoler !
A mon arriv�e, vous stoppiez.
Ce n'est pas vrai.
Si, vous me cachiez des choses.
Maman, on t'aime, tu le sais.
Maman, tu as toujours tout fait � la perfection...
on n'a jamais su ton secret.
On se prot�geait, c'est tout !
Je ne vous ai jamais punies ou �cart�es.
Je ne vous ai jamais donn� la moindre raison de vous prot�ger de moi.
Ne comprenez-vous pas...
qu'il y avait un �tre humain, qui ressentait des �motions ?
Maman, on est l� maintenant.
Maman !
On est l�, on te voit.
Aaron �tait mon fils...
et votre p�re �tait mon mari !
Tous deux sont partis.
Je suis veuve, et terrifi�e !
Maman, tu n'as pas � �tre terrifi�e.
On est l�, tu as ta famille.
Oui, maman.
Je devrais compter sur vous comme �a, subitement ?
J'ai besoin d'aide, et je ne peux que remercier Dieu de m'avoir envoy� Jake.
Que veux-tu dire ?
Jake me parle, et je peux compter sur lui.
Il travaillera sept jours sur sept dans ce restaurant...
sept jours sur sept !
Oh, mon Dieu...
Maman, il ne devrait pas aborder ce genre de sujets avec toi.
Lui s'inqui�te pour moi, et veut m'aider...
d'une mani�re que votre p�re approuverait.
Seulement, il n'a pas compris, et toi non plus...
une chose primordiale...
qu'il faut te mettre dans la t�te, maman...
je divorce de Jake. Il n'est plus mon mari...
il ne fait plus partie de ma vie.
Que vais-je devenir, Lily ?
Que vais-je devenir ?
Seigneur !
As-tu vu sa peau ?
Comme si on pouvait se refl�ter dessus, tout � coup...
comme si elle �tait constitu�e de glace.
Elle avait raison, hier soir.
Je ne sais pas.
On ne la connait pas.
On sait seulement ce qui nous est utile.
Maintenant que papa est parti...
Tu crois qu'on devrait ?
Ne me regarde pas comme �a, c'est toi la plus vieille.
Je me disais qu'elle pourrait habiter chez toi.
Je prendrais un colocataire, ainsi on fera des sorties en groupe.
Oh, mon Dieu...
Tiens.
Le voil� !
Je croyais l'avoir perdu. O� est-il ?
Ne raccroche pas, j'arrive.
All� ?
Tu r�ponds enfin !
Salut, c'est Rick.
Je suis dans la voiture avec Judy.
Allez-vous quelque part ?
En fait, on ne bouge pas physiquement...
si c'est ce que tu veux dire.
Je serai � l'int�rieur.
J'arrive dans une minute.
Je te rappelle, ou bien tu me rappelles.
Je voulais te dire une chose.
Je suis ravi que ce soit toi.
Lily, j'ai peut-�tre tort de t'en parler...
mais en partant, j'ai vu Jake dehors...
et on a discut�.
De quoi ?
Ce n'est pas ce qu'il a dit, mais je crois n'avoir...
jamais vu quelqu'un d'aussi triste de ma vie.
Pour la premi�re fois, il est devenu r�el � mes yeux...
lui et ce qu'il a perdu.
Lily ?
Je suis l�.
Maman ?
Que fais-tu ?
J'ai appel� l'a�roport, et chang� mon billet.
Je rentre en Floride demain matin.
Pourquoi ?
Ton p�re a d� s'y faire neuf mille amis...
je dois faire quelque chose.
Je ne veux pas d'une procession minable.
J'ai laiss� un chandail dans le placard.
Maman, j'�tais s�rieuse...
quand je disais que tu pouvais rester ici aussi longtemps que tu le souhaitais.
Moi ? Je suis un boulet.
Je t'emprunterais tes robes et chaussons en moins de deux.
Tu regretterais d'avoir propos�.
Je suis s�rieuse, maman.
Je sais, mais ne penses-tu pas que je doive rentrer chez moi ?
C'est ici, chez toi.
Lily, tu as ta propre vie � mener.
Tu as moi, Judy, Aaron, et les filles.
Deux filles � croquer.
En effet, et elles se fortifient chaque jour.
J'ai �lev� des filles tr�s fortes, maman.
Je l'ai appris de toi.
J'aurais pu faire bien mieux.
Je voulais faire bien mieux, Lily.
Maman, tu t'en es sortie � merveille !
Non, ton p�re...
Toi ! Papa n'�tait jamais l�...
il �tait occup� � se faire ses neuf mille amis.
Je l'ai aim� tendrement, maman, mais c'est toi qui nous a �lev�es.
Regarde tout ce qui m'est arriv� cette ann�e...
pourtant, je suis toujours l�.
J'en suis peut-�tre m�me sortie grandie.
Je sais que j'ai puis�...
une force int�rieure dont j'ignorais l'existence.
Je crois que tu fais confiance � Jake parce qu'il est un homme.
Je sais qu'il a de merveilleuses qualit�s...
Dieu m'en soit t�moin...
Jake s'inqui�te pour moi.
Maman, il s'inqui�te pour lui.
Moi, je m'inqui�te pour toi.
Tu dois me faire confiance.
Pourrais-tu m'aider ?
C'est coinc�.
Elle est plus remplie qu'on ne pourrait penser.
Et voil� !
Lily...
Bonjour, Jake.
Bonjour.
As-tu faim ? Je peux te faire un hamburger, ou autre chose.
On est ferm�, en m�moire de ton p�re.
Je n'ai pas faim, merci.
Alors, �a y est ?
Termin�, "shiva" ?
Au revoir, les Tannenbaum ?
Ouais, maman repart demain pour la Floride.
Est-ce une bonne chose, ou une mauvaise ?
Jake, j'ai parl� � maman.
Ouais...
�videmment.
Sache qu'elle m'a...
c�d� son vote.
Du coup, je peux te licencier, � tout moment.
Mais pas maintenant.
Ce qui veut dire ?
Que je veux que tu fasses tourner le restaurant.
Je veux que tu tiennes ta promesse...
et le fasse tourner pour toi et pour nous tous.
Autre chose : je veux qu'Aaron puisse venir ici...
comme avant, avec papa.
Je veux que les filles, Judy, Aaron et moi venions ici...
car cet endroit appartient � notre famille.
Elle appartenait � mon p�re...
je veux qu'elle te revienne.
Elle est superbe !
"R�gle toujours ta montre quinze minutes � l'avance...
"ainsi, quand les clients qui ont r�serv� arrivent en retard...
"ils sont en fait � l'heure...
et tu es content de les voir."
Quoi d'autre ?
C'est tout.
J'esp�re que �a va marcher.
Moi aussi, ch�rie.
Il va me falloir un gros bisou pour m'aider � faire d�coller l'avion !
Papa disait toujours �a.
C'�tait un homme intelligent, pas vrai ?
Salut.
Salut.
Il est pr�t, maman.
De quoi ai-je l'air ?
Tu es belle.
Au revoir.
Au revoir.
Elles auront fleuri au printemps.
Aaron ?
Je retourne en Floride.
J'ai des choses � faire, l�-bas.
Je vais organiser un m�morial en l'honneur de ton p�re.
Je veux venir.
N'aurais-je pas laiss� mon billet en haut ?
Non, maman, je crois que tu l'as.
- C'est vrai ? - Ouais.
Je veux venir.
Je n'en doute pas... pour ton p�re.
On verra.
On ferait mieux d'y aller, sinon je vais rater l'avion.
Maman...
Je sais, ch�ri.
Tu veux venir pour ton p�re.
Je veux venir pour toi.
Tu sais, Roger, qui vit dans mon immeuble...
on lui a offert une place de vice-pr�sident...
mais j'oublie toujours pour quel parti.
Le "Parti Ind�pendantiste", je crois.
Ou le "Parti D�mocratique". Ouais, c'est �a !
Le "Parti D�mocratique".
Ah oui ?
Ca n'a pas d'importance...
ce n'est pas un travail int�ressant.
Ouais.
Tu feras attention � toi ?
D'accord.
Ah, j'ai retrouv� mon billet.
Je suis pr�te, si tu l'es.
Je suis pr�t.
Adaptation : Ben
Contact : jcatalano@laposte.net
Web : http://onceandagain.free.fr
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