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Walter !
C'est l'heure ?
Croisons les doigts.
Walter !
Ça n'a pas duré longtemps.
Ne recommence pas.
Walter, ne t'en va pas.
Pas même un au revoir ?
Tu vas avoir mal au ventre.
Arrête.
- Et si tu tombes malade ? - Je ne tomberai pas malade.
On ne te trouvera jamais là. S'ils te cherchent.
Kurt l'a construite
- Je suis un soldat. - Pas si tu enlèves ce foutu uniforme.
On ne gagnera pas cette guerre. Tu l'as dit toi-même. Alors pourquoi ?
Pour la patrie ? Pour le Führer ?
- C'est mon devoir. - Ton devoir je l'emmerde.
Je n'abandonnerai pas mes camarades.
Tu as attelé le cheval ?
Tu peux t'en occuper ?
- Prêt à partir ? - Oui.
Walter !
J'ai un mauvais pressentiment.
C'est la dernière fois, promis.
Ne sois pas si dramatique.
Ça n'aide en rien.
Reviens-nous. Et en bonne santé !
Et écris-nous !
Je parie qu'elle en a caché d'autres au fond du sac.
D'après elle, je mange trop.
Tout ça ne durera plus bien longtemps.
Ça finira quand le Führer et sa bande seront morts, pas avant.
- Tu as aussi voté pour lui. - Une fois. Il y a onze ans.
Les Russes et les Américains vont s'en occuper.
Tant que tu rentres en un seul morceau.
Sinon ta sœur te fera la peau.
Prends bien soin d'elle, d'accord ?
- Elle ne craint rien par ici. - Et fais-lui enfin un enfant.
Quand la guerre sera terminée.
Tu peux parler. Tu n'as même pas de femme.
Quand la guerre sera terminée.
On s'arrête longtemps ?
On se ravitaille juste en eau.
C'est impossible pendant la journée.
Ils se cachent dans les arbres et vous tirent dessus sans crier gare.
- Encore combien de temps ? - Vous allez où ?
- Au front. - Le front se rapproche chaque jour.
- Est-ce que Grajewo est tombé ? - Pas que je sache.
C'est là-bas que je vais.
12 heures si tout se passe bien.
Hé ! Éloignez-vous du train. Restez où vous êtes.
- Officier... - Restez où vous êtes !
Officier, puis-je monter ?
Interdit aux civils. Partez.
J'ai de l'argent. Je ne vais pas loin, dans les marais.
Polonaise ?
- Oui. - Où est-ce qu'elle a appris l'allemand ?
C'est un convoi militaire, vous n'avez rien à faire ici.
Fichez-moi le camp.
Allez, du balai !
- On aurait pu la prendre avec nous. - C'est interdit.
- Qu'est-ce qu'une femme pourrait... ? - Elles sont dangereuses.
Elles ressemblent à la Sainte Vierge puis font sauter le train.
Allez, tout le monde à bord !
Je descendrai vite.
Hélas.
Votre camarade va être furieux.
Est-ce qu'il va me tirer dessus ?
Je vous protègerai.
Cigarette ?
Je ne fume pas.
Dans ce cas, j'arrête sur le champ.
Venez, allez.
C'est votre ami ?
Très drôle.
Et vous ? Vous êtes d'ici ?
Oui.
Je suis née ici.
- Et votre père, alors est... - Il était garde forestier.
- Un garde forestier. Formidable. - Ah oui ?
Il est mort.
Il est mort pendant la guerre ?
Il y a deux ans, un soldat a été tué dans notre village.
Un Allemand.
Ils sont venus le lendemain matin. Ils ont fouillé toutes les maisons.
Mon père s'était caché dans une armoire.
Ils étaient sur le point de partir.
Mais...
Mon père a toussé.
Ils ont tiré sur l'armoire.
Deux coups en haut, deux coups en bas.
Je suis navré.
Vous fatiguez pas. Je sais ce que c'est.
Combien en avez-vous tué ?
Tout ça sera bientôt terminé.
- Fermez les yeux. - Pardon ?
Fermez les yeux. C'est un ordre.
Oui, m'dame.
Fermez-les !
Qu'est-ce que vous faites ?
- Je vous lis les lignes du front. - Qu'est-ce que ça dit ?
Il est écrit...
Que tout finira bien.
Ou peut-être pas.
- Comment tu t'appelles ? - Wanda. Et toi ?
- Walter. - Walter ?
Walter et Wanda...
Si ton camarade ne me tire pas dessus, on se retrouvera un jour.
C'est écrit sur mon front ?
Où ça, alors ?
Je ne dirai rien.
Cette chaleur m'a donné sommeil.
Bonjour.
- Bonjour. - Petit écureuil.
Comment ?
Écureuil, j'ai dit.
C'est quoi, un écureuil ?
C'est comme toi.
Qu'y a-t-il dans ce pot ?
Mon frère.
On a fait sauter le train dans lequel il était.
Je le ramène à la maison, chez ma mère.
Ils vont fouiller le train.
Cache-toi derrière le talus.
Je te préviendrai quand ils seront partis. Quoi ?
Inspection !
Identifiez-vous.
- Ordre de mobilisation. - Oui, monsieur.
Reste près de moi. Au pied !
- Avance. - Ouvrez le wagon.
- Vous allez à Grajewo ? - Oui.
- Il est écrit "Kilian" ici. - C'est mon capitaine.
Votre capitaine est mort.
Des partisans.
C'est arrivé quand ?
Il y a quatre jours.
C'était un homme bien. Mes condoléances.
Wanda...
Vous pouvez y aller !
Wanda !
Repose en paix.
Merde, vous êtes vivant.
Vous avez eu une sacrée chance, l'ami.
- Vous êtes polonais ? - Polonais ?
Je suis pas un sale Polonais. Je suis Silésien.
Ils seront bientôt là. On doit vite se tirer d'ici. Prenez ma main.
Venez, vite.
Baissez la tête.
Ah... Ils pillent le train.
Arrêtez ! Vous voulez qu'ils nous réduisent en bouillie.
Allez... on fiche le camp. Venez.
Venez.
- Où allons-nous ? - À notre poste.
Mon unité défend la ligne de chemin de fer.
Six hommes.
Sans compter le sergent.
Vous alliez où, vous ?
À Grajewo.
C'est pas très loin d'ici.
- Stani ! - Quoi ?
Stani !
- Attendez ! - Stani !
T'es où ?
Stani !
C'est pas vrai, Stani !
Stani... Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
Accroche-toi.
Oh bon sang. Merde.
- C'est trop tard. - On doit le ramener !
- Attrapez-le. - Je crois qu'il est mort.
Il est vivant ! Il est pas mort.
Je l'ai entendu gémir. Attrapez-le, allez !
Allez, attrapez-le !
Monte.
Je croyais la poule plus bête que toi, mais j'avais tort.
Apprends-lui à parler. Elle pourra nous lire des histoires.
Alma ne parle pas allemand.
Mais tu crois qu'elle connaît l'histoire de Guillaume Tell ?
Non, pas Alma !
Venez vite !
Stani est gravement blessé.
- Mais, il est mort. - Tu rigoles ? Il a gémi.
Quand on gémit, on peut pas être mort.
Va faire un trou.
Il a gémi, je vous assure.
T'es aussi laid que tu es stupide.
Quelle idée de trimballer une vieille carcasse.
Prenez son carnet de paie, ses anneaux,
son portefeuille et ses plaques. Surtout, n'enterrez rien de tout ça.
C'est qui lui, planté là ?
Caporal-chef Proska, sixième bataillon, première compagnie.
- Qu'est-ce que tu fais là ? - Mon train est passé sur une mine.
Écoute-moi bien.
On a ni provision, ni cigarettes, ni schnaps, ni femmes et aucun espoir.
- Est-ce que c'est clair ? - Oui, m'sieur.
Alors attends au bord de la voie et monte dans le prochain train.
La voie est bloquée, aucun train ne passe.
Pour l'amour du ciel !
Et vous vous attendez quoi ? Qu'il ressuscite ?
- Et donne-leur un coup de main. - Mais, sergent, Stani a gémi.
Cet homme est mort. Rentre-le-toi dans la tête.
Non. Il est pas mort !
Ça va lui prendre un peu de temps.
Il a pas inventé l'eau chaude. Viens avec moi.
Enterrez-le, nom d'un chien !
Allô.
Allô ? Oui, ici le sergent Stehauf.
Poste de garde numéro 25, on a perdu un homme.
Stanislaw Paputka.
Et des partisans ont attaqué un train d'approvisionnement sur notre tronçon.
Un seul survivant. Son nom, c'est Prossa, je crois.
- Proska. - D'accord.
Oui. Il prendra sa place.
Il reste avec nous jusqu'à la fin. Très bien.
Tu as entendu ? Tu restes avec nous.
- Mon ordre est de... - Tais-toi et arrête de réfléchir.
C'est moi qui réfléchis ici, c'est clair ?
Oui, monsieur.
Arrête ton numéro, soldat de plomb. Rompez !
Tu as du feu ?
- Oui, m'sieur. - Alors tu as des cigarettes.
Elles appartiennent à l'armée. Confisquées.
Je les distribuerai équitablement. Bien, alors...
Tu te laves dans la tranchée, tu chies derrière les bouleaux.
Notre cuistot, c'est le type avec le poulet, Baffi.
Tu as déjà été au front ?
- Oui, sergent. - Depuis quand ?
Depuis le début.
Alors, tu as eu de la chance jusque là.
Espérons qu'elle ne te quitte pas. Qu'est-ce que c'est ?
Tu vois ? Ça peut arriver très vite.
On est en sécurité qu'à Waldesruh.
Oui, m'sieur.
Tu ne me crois pas ?
- Si, je vous crois, sergent. - Je vois bien que tu ne me crois pas.
On va procéder à un exercice de sécurité. Reste derrière la porte.
Derrière la porte, je t'ai dit.
Dis-moi, tu es dur d'oreille ?
Exercice de sécurité.
Allez voir s'il s'est chié dessus.
On dirait qu'il s'est évanoui.
Mais il s'est pas chié dessus.
Alors, couchez-le sur le pageot de Stani.
C'est celui du fond.
Vite, avant qu'il ne revienne.
Ah, exercice de sécurité.
Qui vous a dit de quitter votre poste ?
- On a entendu des tirs. - Mais c'est pas possible.
Où est Zwiczos ?
Toujours en vie.
J'étais un artiste.
Un acrobate.
Regarde.
Sans cette guerre, je serais célèbre dans le monde entier.
Arrête avec les contes de fées.
Va plutôt nous préparer à manger.
Oui, m'sieur !
Dans le monde entier.
Gueule d'ange, tu patrouilleras avec le nouveau demain.
Proska, ou un truc comme ça.
Et arrête de me regarder de haut.
Wolfgang Kürschner.
Walter Proska.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - On doit rester de ce côté-là.
- C'est pas sûr, par ici. - Pourquoi ça ?
On ne les voit pas, mais eux, si.
Ils sont partout tout le temps ?
Non... Mais ils peuvent être n'importe où.
Là-bas, c'est Grajewo.
Nos troupes sont de l'autre côté.
- De l'autre côté de la forêt. - C'est ma compagnie.
Si proche, mais impossible de communiquer.
C'est là que se cachent les partisans ?
La plupart sont dans la forêt.
On les estime à au moins une centaine.
Ils finiront par venir nous enfumer dans notre trou un jour ou l'autre.
-Et qu'est-ce qui les en empêche ? - Ton unité derrière Grajewo.
Alors qu'est-ce qu'on fait là ?
Notre devoir sacré pour la patrie, le peuple et notre cher Führer.
Regarde, Walter, là-bas.
Les pilleurs du train.
Pourquoi t'as pas voulu que je tire ?
Après ce que tu as dit tout à l'heure... À quoi bon ?
Ne tirez pas.
Vous êtes seul ?
Oui. Je suis seul.
Je suis un civil.
Je suis prêtre.
Il n'a pas d'armes.
Qu'est-ce qu'on fait ?
On le laisse s'en aller.
Vous pouvez partir.
- Allez. - Vous vous êtes perdus ou quoi ?
Stehauf est fou de rage.
Eh ben...
Vous l'avez trouvé où ?
C'est un prêtre. Il est pas armé.
- Qu'est-ce qu'il fait ici ? - Qu'est-ce que ça peut faire ?
On le ramène avec nous.
Allez.
Avancez.
- Qui c'est, ce comique ? - On est tombé dessus en chemin.
Il n'est pas armé.
Il les a peut-être jetées ?
Non. Laissez-moi partir, pitié, je suis prêtre.
Ferme ta gueule. Attachez-le.
- On s'occupera de lui ce soir. - Allez.
Sel !
Il est sûrement arrivé maintenant.
Tu parles de ton héritier ?
Oui.
J'ai les dots de mes trois filles à payer.
J'ai besoin d'aide à la ferme.
J'ai encore rêvé de sa naissance hier.
C'est pas vrai. Tu rêves jamais d'autre chose ?
J'ai rêvé que ma femme avait accouché d'un petit bout de chou.
On l'avait appelé Siegfried.
- Mais non, on l'appellera Lothar. - Bon, assez !
Allez me chercher le comique.
Non.
Pas toi.
Quelqu'un d'autre.
Pitié, laissez-moi m'en aller.
Je vous en prie. Laissez-moi partir.
Dites la vérité et vous pourrez partir.
Vous savez que ce n'est pas vrai.
Qu'y a-t-il ?
S'il dit la vérité, il pourra partir ?
Bien sûr.
Allez, dépêche-toi.
Tu vas nous raconter une histoire.
Mais pas tes contes de fées bibliques.
Baffi, sers-lui à boire.
- Ma flasque ? - Bien sûr.
Je ne bois pas.
Mais votre Jésus, il buvait lui.
À Canaan.
Allez, buvez ou vous allez vous faire...
Je te conseille de te la fermer.
Ne le touchez pas, ou vous aurez affaire à moi.
Quand ils t'ont amené ici...
est-ce que quelqu'un t'a fait du mal, t'a frappé, ou bien torturé ?
- Tu peux me le dire. - Ils ont été très corrects avec moi.
Cigarette ?
- Je ne bois pas et je ne fume pas. - Et tu as jeté ton arme.
Je n'ai jamais d'armes sur moi.
Bien sûr, la parole de Dieu te suffit.
Mis à part des bâtons de dynamite pour faire sauter un train.
Je ne comprends pas.
Très bien.
Comment parles-tu si bien allemand ?
J'ai vécu en Allemagne il y a 32 ans.
J'y ai étudié.
À Königsberg et Iéna.
Qu'est-ce qui te plaît le plus en Allemagne ? Et sois honnête.
Ça m'a beaucoup plu.
J'aime les boulettes de Königsberg.
Il y a été. S'il parle des boulettes...
Ferme ta gueule.
C'est tout ce que tu connais sur l'Allemagne ?
Tu sais au moins qu'on est en guerre ?
Que le monde entier tremble de peur devant nous ?
Que les partisans font sauter nos trains ?
Qu'on doit enterrer nos hommes dans votre misérable terre ?
- Où sont tes armes ? - Je n'en porte pas.
- Je vais le faire parler. - Pas touche.
C'est un homme honorable.
Cet homme nous dit la vérité.
Et tout homme qui dit la vérité...
n'a rien à craindre ici.
Va-t'en.
Quoi ? T'es cloué sur place comme ton seigneur ?
Fous-moi le camp, l'ami. Avant que je ne change d'avis.
J'allais pas le laisser partir avec la dynamite.
Il en avait sur lui ?
Vous devriez faire plus attention.
Le prochain curé pourrait nous faire sauter.
On l'avait fouillé.
T'as dit quoi ?
On l'a fouillé. Il n'avait rien sur lui.
Tu me traites de menteur ?
Tu veux passer devant la cour martiale, petit merdeux ?
Comment ? J'entends rien !
C'est moi qui l'ai fouillé. Si on n'a rien trouvé, c'est de ma faute.
Maintenant, écoute-moi bien.
Rosska ou Posska ou peu importe ton nom.
Vous patrouillerez jusqu'à ce que les rotules vous sortent du cul.
Est-ce que c'est compris ?
Double tour de garde. Et pour tous les deux.
Pourquoi on ne l'a pas laissé partir ?
Qu'est-ce que mange la vache ? Qu'est-ce que la vache chie ?
Du foin ! Du foin ! Du foin !
Allez, Baffi, fais pas ton timide.
Crache du feu, Baffi, ou je lui tranche la tête à ton Alma.
Je vais la séduire.
Laisse Alma tranquille !
- Arrête ! - Tiens, c'est toi l'étalon, ici.
Essaie avec Alma.
Touche encore à ma poule et je t'égorge.
Du calme.
Ils ne lui ont pas fait de mal.
Ils ne lui ont pas fait de mal.
Je vous l'ai dit, j'ai encore besoin de boire avant.
- Toute une bouteille ? - Vous voulez que je crache du feu ?
À qui écris-tu ?
À ma mère.
Ses mains.
C'est comme s'il essayait d'attraper quelque chose.
Il voulait peut-être sortir sa dynamite.
Il n'avait pas de dynamite.
T'as de la peine pour lui ?
Peut-être qu'il n'avait rien fait ?
Tu ferais mieux d'avoir de la peine pour ton garçon.
Son père est une fille. Ce type-là, il sent plus rien.
Gueule d'ange !
Je t'emmerde.
- Attends ! - Il n'avait pas de dynamite.
Je sais. Attends !
C'est ça, l'Allemagne dont il parle ?
L'Allemagne c'est pas que des gens comme lui.
C'est aussi à nous d'être meilleurs que ça.
Wolfgang...
Attends.
Qu'est-ce que tu fais ? Tu vas droit vers les partisans.
Et alors ?
Tu veux te faire tuer, parce que Stehauf est une ordure ?
Si on était nés ici, toi et moi... Maintenant, on serait des partisans.
Tu vois ? C'est le fruit du hasard.
Alors quoi, tu veux déserter ?
Ça changerait quoi ?
Tu passerais en cour martiale.
À moins qu'ils ne te pendent à un arbre avant.
On a du courrier.
C'est quoi ?
Zacharias.
Sa femme vient d'avoir un fils.
À la bonne heure.
Il nous emmerdera plus avec ses rêves.
Tenez.
Sel ?
Ne tirez pas.
Je t'avais dit qu'on se retrouverait.
Tu t'en souviens ?
- Petit écureuil. - Je t'ai surpris ?
Tu devrais savoir qu'il faut toujours être sur ses gardes, Walter.
Tu voulais faire sauter le train.
Je ne vois pas de quoi tu parles.
Tu vas me tirer dessus ?
Pourquoi tu n'es pas revenue ? Je t'ai attendue.
Quand je suis montée dans ce train,
je ne savais pas que tu serais à bord.
Enfin, j'ignorais... que tu serais toi.
Mais tu le savais quand tu t'es enfuie.
- Tu es seule ? - Non.
Qui d'autre est là ?
Toi.
Ça te fait plaisir de me revoir ?
Moi, ça me fait plaisir.
Je t'ai vu par ici, tu sais ?
Oui.
Là-bas, dans la forêt.
Comment est-ce que tu sais ça ?
Est-ce qu'on pourrait se revoir ?
Ce soir ?
Petit écureuil.
Je suis là, maintenant.
Viens.
Suis-moi.
- Où ça ? - Tu ne me fais pas confiance ?
Disons que tu m'as mal habitué.
Tu es belle, petit écureuil.
Tu me plais.
Il y a d'autres filles comme toi par ici ?
Je te suffis pas ?
Tu es déjà presque trop.
Tu as envie de mourir ?
Je m'en fous.
J'en ai marre d'empester.
Pas toi ?
Allez, viens !
Allez, qu'est-ce que t'attends ?
Poule mouillée.
Tu aurais fait quoi sans la guerre ?
Si elle n'avait jamais eu lieu ?
Je travaillerais sûrement dans un bureau,
à dessiner des plans de maisons ou bien d'usines.
Un architecte.
Le week-end, j'irais à la ferme de ma sœur.
Pour faire du cheval.
Et toi ?
Qu'est-ce que tu ferais ?
Alors ?
Je chanterais.
Tu chanterais ?
Chante-moi quelque chose.
D'accord, mais ne me regarde pas.
On doit faire attention.
Si on veut survivre à cette guerre...
tous les deux.
J'ai envie de voir tes maisons, quand tu seras architecte.
Je t'en prie, va-t'en.
Fous le camp.
Son fils venait à peine de naître.
Vous êtes sourds, ou quoi ?
Je vous ai dit de renforcer les patrouilles.
Prenez le maboul avec vous.
Quoi ? T'as besoin d'une invitation ?
Remue tes fesses de squelette et va patrouiller.
Mon Jésus...
est comme un gros poisson.
Un brochet avec de grandes dents, il est le roi.
Tais-toi et marche.
Il est roi et personne ne peut attraper le roi-brochet.
Il a des dents acérées, comme un brochet,
et il mord ceux qui ne le comprennent pas.
Mon Jésus... est le roi.
Bien sûr.
C'est un brochet.
Il est la vie... et la mort.
Reviens, salopard !
Ramenez-le ici.
J'en ai pas fini avec lui.
Hé ! Par ici !
Zwiczos a foutu le camp.
Rien à foutre de ce taré.
On rentre au camp prévenir les autres.
- Je vais le chercher. - Tu es fou ?
- Je refuse de l'abandonner. - Depuis quand es-tu si loyal ?
- T'es qu'une sale ordure. - Taisez-vous !
On te rejoindra quand on l'aura trouvé.
D'accord, bon courage.
Les Russes sont aux portes de Grajewo. C'est terminé, Walter.
C'est le moment de se rallier à une juste cause.
Il faut trouver Zwiczos.
Walter...
Walter !
Tu sais bien que tu ne le trouveras pas.
Je retournerai pas à Waldesruh.
Tu vas me mépriser ?
Walter, est-ce que tu me méprises ?
- Non. - Alors, viens avec moi.
Je ne peux pas.
Bonne chance, Walter.
- Te voilà, toi. - Il court droit vers les Russes.
Viens.
- Viens ! - Oui.
Hé ! Il faut qu'on se tire !
Les gars...
Oh bon sang.
Ton casque.
Qui parle polonais, ici ?
Lui.
Il aimerait savoir qui a tué le prêtre.
Qui ?
C'est lui.
Cet homme-là.
Et Pawel, il y a deux jours ?
Un jeune homme.
C'est moi.
C'était moi.
Walter.
Petit écureuil.
Comment s'appelle ta sœur ?
- Maria. - Maria...
Si Maria se faisait tuer...
Que ferais-tu ?
Je chercherais à me venger.
De quelle façon ?
- Où tu veux en venir ? Je ne... - Comment ?
Je tuerais le fautif.
Et si c'était moi, la fautive ?
Je te demanderais pourquoi tu l'as fait.
Alors, pourquoi tu l'as fait ?
Pawel.
Il y a deux jours.
Il ne t'avait rien fait.
Et il était encore si jeune. Pourquoi ?
J'ignorais que c'était ton frère.
Il est venu vers moi, qu'est-ce que je devais faire ?
- Qu'est-ce que je... - Silence.
- Tu ne comprends pas... - Silence !
Alors, tire.
Tire !
Va-t'en.
Va-t'en !
Debout.
Hé ! On se réveille.
Non ! Lâchez-moi !
Laissez-moi !
Non.
Non !
Non !
Walter.
Walter.
Tu es vivant !
Wolfgang !
Je le connais.
Je le connais.
Walter Proska, un camarade fidèle.
Je me porte garant pour lui.
D'accord.
- Tu as encore mal ? - Non, ça va.
Il dit que tu pourras bientôt marcher seul.
Dans peu de jours, on va traverser l'Oder.
On va rentrer chez nous en vie.
On le mérite, tu crois ?
Pourquoi ?
Les bons Allemands doivent mourir en prisonniers ?
J'ai bien réfléchi.
Je pense que les gens vont... nous détester.
Qui ça ?
Tout le monde. Même les Russes.
Personne ne te détestera, à part toi-même.
On a prêté serment.
Tu veux dire qu'on est des traîtres, des déserteurs ?
Oui.
Ces hommes sont comme nous.
Fermiers, charpentiers, étudiants, professeurs.
Ils rêvent de rentrer à la maison, tout comme nous.
Nous ne sommes pas des traîtres.
On a compris qui était le véritable ennemi.
Ce ne sont pas les Russes,
mais plutôt ceux qui envoient des professeurs et des fermiers s'entretuer.
L'ennemi c'est la clique de Berlin, Walter.
La place des pacifistes qui ne font rien pour éradiquer la guerre
se trouve dans un musée.
Ici on pratique le pacifisme actif.
De quoi d'autre as-tu besoin pour enfin ouvrir les yeux ?
Wolfgang.
Tu es sûr ?
Sûr de quoi ?
De la justesse de ton choix.
Oui, je le suis.
C'est d'accord. Compte sur moi.
Alors prouve que tu es digne de confiance.
Tu sais bien que c'est le cas.
Je le sais, mais les Russes, non.
- Alors ? C'est mieux ? - Oui.
- Vous êtes prêt ? - Prêt.
Alors, allons-y.
Prenez les enregistrements.
Celui que vous voulez.
Lequel est-ce ?
"Un ami, un véritable ami."
Très bien, allons-y.
Messieurs...
Messieurs !
C'est un de vos frères qui vous parle.
Quelqu'un qui connaît la guerre.
C'est terminé, cette guerre doit prendre fin !
Qui êtes-vous ?
Des fermiers, des tailleurs, des charpentiers, des enseignants ?
Et sur qui tirez-vous ?
Sur des fermiers, des tailleurs, des charpentiers
et des enseignants.
Regardez vers le ciel.
C'est la seule chose au-dessus de nous.
Et nous avons le même souhait.
Jetez vos armes et sortez de votre trou.
Sortez, maintenant !
Faites-moi confiance, aucun mal ne vous sera fait.
Wolfgang, je dois te parler.
- Maintenant ? - Oui, maintenant.
- Tu en es sûr ? - Yegorov me l'a dit.
- Il ne va pas dire le contraire. - Tu dois avoir confiance.
Ce sont des Russes, comment savoir ce qu'ils font à nos hommes ?
Nous aussi on est des Russes.
- On porte leur uniforme, c'est tout. - C'est pareil.
Tout ce que je veux c'est la fin de cette guerre.
Tu as confiance en moi ?
Tu as confiance en moi ?
- Tu sais bien que oui. - Parfait.
Alors sache que tu viens de sauver plus de cent hommes.
Des camarades ou anciens camarades, peu importe.
Ils seraient tous morts sans toi.
Tu devrais être fier d'un accomplissement pareil.
Tu as agi comme il fallait. Tu es un héros.
Sûrement pour la première fois dans cette guerre de merde.
Allez.
Proska.
La guerre nous fait tous douter parfois.
Je le conçois, mais...
Comment les choses pourraient-elles s'améliorer si l'on perd espoir ?
À vous, Proska.
Un homme bon !
- Wanda... - Tais-toi !
Wanda ?
Je me suis trompée cette fois-ci.
Je croyais ne plus jamais te revoir.
Est-ce que tu voulais me revoir ?
Oui.
Et je me suis haïe de le vouloir.
Tu as beaucoup changé.
Toi aussi.
Est-ce vraiment toi ?
Et toi ?
Je n'en sais rien.
Je ne sais plus qui je suis.
Moi je le sais.
J'ai eu très peur pour toi.
Wanda.
Tu existes toujours.
Quand reprenez-vous la route ?
Après-demain.
On a toute une journée devant nous.
Qu'est-ce que tu aimerais faire ?
Je sais.
On a qu'à imaginer que la guerre est finie
et on décide de ne rien faire.
Rien de spécial.
Rien de spécial ?
Te regarder est la chose la plus spéciale que j'ai jamais faite.
- Qu'est-ce que c'est ? - Rien.
Quand ils ont bu, ils font des concours de tir.
C'est fou de te battre contre les Allemands maintenant, non ?
Ce qui est fou c'est d'être un simple étudiant,
qu'on te donne un fusil,
et qu'on t'envoie dans un pays où tu n'es jamais allé
pour tirer sur les gens du coin.
Ça, c'est de la folie.
Tu as bien tiré sur mon frère.
Et j'ai essayé de faire exploser le train dans lequel tu étais.
Tu ne voulais pas faire sauter ce tain.
Et je ne voulais pas tuer ton frère.
Mais on ne peut plus faire ce qu'on veut.
Et les autres ?
Pas de chance.
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Ils les ont tous tués.
Les Allemands ont été capturés.
Nous, ils nous ont simplement alignés pour nous fusiller.
Les Russes devaient détester les partisans encore plus que les Allemands.
Et toi ?
J'ai chanté notre hymne national alors qu'ils s'apprêtaient à nous fusiller.
L'officier s'est interrompu, face à moi...
il m'a écoutée et...
me voilà.
Tout comme toi.
Je suis une traîtresse.
Mais je suis vivante.
Tu penses être du bon côté maintenant.
Mais il n'existe plus de bon côté.
Il y a ceux qui survivent et ceux qui ne survivent pas.
L'officier a dit que vous aviez été libérés.
Tu ne dois surtout pas les croire.
Il faut bien croire quelqu'un.
C'est souvent ce que disent les menteurs.
Je t'avais dit qu'on se retrouverait.
Dans le train.
Tu te souviens ?
Mais, ce soir, je ne sais pas pourquoi...
J'ai peur que ce soit notre dernière nuit.
Non.
Si.
Et si on fuyait ?
Aurais-tu assez de courage ?
Comment ?
Tôt demain. On trouve des clés de voiture.
Tu te caches à l'arrière et on prend la route.
Sans faire de vagues, personne ne se doutera de rien.
Et ensuite ?
On reste cachés, on attend la fin de la guerre
et ensuite on habitera à la ferme de ma sœur, tu vas l'adorer.
Tu parles comme un rêveur.
La guerre finira bien un jour.
Demain matin.
D'accord ?
D'accord.
Walter.
Où est-ce que tu vas ?
Je suis vraiment déçu.
- Il faut que je rentre, Wolfgang, pitié. - Tais-toi.
Casanova Proska.
Passez donc à l'arrière.
Walter.
Viens et regarde.
Tu es devenu fou. Tu allais t'enfuir.
Après tout ce que nous avons fait pour toi.
Wanda m'a dit qu'ils n'ont pas pris de prisonniers.
Les Allemands ont été fusillés.
C'est ce que dit Wanda.
Ils se sont rendus parce qu'ils m'ont fait confiance.
Il ne leur est rien arrivé.
Je me suis porté garant pour toi.
C'est ma peau qui est en jeu.
Proska !
Kürschner dit que vous connaissez la région ?
C'est vrai.
L'ennemi a détruit ce pont. Comment pouvons-nous continuer ?
Il y a un sentier ici qui n'est pas sur la carte.
- Il n'y a pas de sentier. - Je vous assure.
Mon beau-frère a une ferme dans le coin.
On ne passera pas loin. C'est un bon sentier.
Vous voulez le saluer ?
Maintenant ?
Quand sinon ?
Bien sûr qu'il le veut.
- Oui. - Dans ce cas, allons-y.
Quelque chose cloche.
- Baissez-vous ! - Sortez ! Sortez !
- Couvre-moi. - D'accord.
Ne tirez pas ! Ne tirez pas !
Sortez un par un, sans vos armes et on ne vous fera aucun mal.
Il n'y a personne d'autre ?
Répondez, il n'y en a pas d'autres ?
Les autres sont morts.
Allez vers le camion.
Allons-y.
Maria ? Kurt ?
Peut-être qu'ils ont déjà fui.
La voie est libre.
Je vais voir, couvre-moi.
C'est une égratignure, ça va aller.
Reste ici.
C'est...
...ton beau-frère ?
Maria !
Peut-être qu'elle est déjà partie.
- C'est moi ! - Partez ! Laissez-moi tranquille !
Laissez-moi tranquille !
Walter ?
Je croyais que tu t'étais fait tuer.
Je... J'étais convaincue que tu ne reviendrais jamais.
Tu as mauvaise mine.
Mais qu'est-ce qu'il y a ?
Dis-moi.
Pourquoi ils nous ont tirés dessus ?
N'ont-ils rien compris ? C'est terminé.
Où est Kurt ?
- Tu l'as vu ? - Vous n'êtes pas en sécurité ici.
Ici, c'est chez nous.
On vous conduira en sécurité.
Votre mari est parti devant.
Walter...
Walter, qui est-ce ?
Wolfgang, un bon camarade.
Venez avec moi.
Kurt !
Kurt !
- Lâchez-moi ! - Lâchez-la !
Qu'est-ce qu'on fait d'elle ?
Ils vous emmènent au village.
Votre mari s'y trouve déjà, n'est-ce pas, Walter ?
Je ne partirai pas sans Kurt.
Je vous l'ai dit, il est déjà là-bas.
Lâchez-moi !
Kurt !
Maria !
Qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce que tu fais avec les Russes ?
C'est terminé, Maria.
Kurt est parti devant.
C'est vrai ?
- Et toi ? - Je vous rejoindrai.
Allez.
Walter...
Désolée.
Chers camarades...
Établir une administration centrale pour les transports,
la poste, les télécommunications,
le pétrole et l'énergie, le commerce et la logistique,
l'industrie, la sylviculture, l'agriculture,
la finance, l'emploi, la sécurité sociale,
l'éducation et la justice
est une étape cruciale pour la Zone d'occupation soviétique
quelques mois à peine après la libération.
Nous remercions nos frères soviétiques du plus profond de notre cœur
de nous permettre d'apprendre d'eux.
Nous avançons dans le but de fonder un état socialiste.
Nous avons besoin d'hommes comme vous, qui avez combattu à nos côtés.
À présent le combat continue.
Nous avons de grands projets, camarades !
Proska.
Je sais ce que vous avez à l'esprit, le regard perdu vers l'horizon.
Kürschner m'a dit : "On doit retrouver la Polonaise,
"sans quoi Proska finira par mourir pour cause de..."
- Comment dit-on... fracture du cœur ? - Brisé. Le cœur brisé.
- Le cœur brisé. - A-t-il un chagrin d'amour ?
Nous la recherchons et nous la trouverons.
Haut les cœurs, Proska. Vous êtes un homme bien.
Merci.
Le colonel a l'air de vous tenir en haute estime.
"Proska, vous êtes un homme bien."
Vous vous êtes distingué, par votre courage.
Vous êtes vraiment un homme bien.
Que faites-vous à présent ?
Je m'occupe des laissez-passer.
Vous êtes au parfait endroit.
Les Allemands doivent faire payer ceux qui ont causé tant de misère.
Les industriels, les aristocrates... Ils font tout pour se cacher.
Nous avons tous fait des erreurs, non ?
Pouvez-vous jeter la pierre à un simple fermier, même s'il a rejoint le parti ?
Avait-il le choix ?
Nous devons nous débarrasser des brebis galeuses pour avancer.
Oui, une société socialiste ne doit jamais stagner.
C'est le tort de la bourgeoisie.
C'est pourquoi le bourgeois est en permanence constipé.
Fournissez vos laissez-passer.
Et gardez l'œil ouvert.
Toute société a besoin d'avant-postes,
de brise-lames, de paratonnerres et d'éclaireurs.
Vous êtes un paratonnerre pour la nouvelle Allemagne,
un éclaireur pour son futur.
Nous avons besoin de vous, Proska.
Et souvenez-vous...
que c'est réciproque.
Éclaireur, Brise-lames, paratonnerre...
Qu'est-ce qu'il attend de moi ? Je signe des laissez-passer.
Walter... 8 millions et demi d'adhérents au parti nazi,
ça fait dix pour cent des Allemands.
Et alors ?
Tu rejettes trois pour cent des demandes.
Tu devrais en rejeter dix.
Ils sont si importants ces dix pour cent ?
Tu peux consulter les passeports des gens, leur identité,
tu peux voir ce qu'ils ont fait.
Tu peux identifier les brebis galeuses.
Et qu'est-ce qui va arriver à ces brebis galeuses ?
Ça ne relève pas de tes fonctions.
- Bonjour, M. Proska. - Bonjour.
- Merci. - De rien.
Comment avez-vous fait ça ?
J'ai de la famille à la campagne. On leur échange souvent des produits.
Quand on veut quelque chose, il faut trouver un moyen.
Mon mari est dans un hôpital militaire américain.
Il lui reste très peu de temps. Voilà pourquoi...
Votre mari était-il membre du parti ?
Nous ferons au plus vite.
Viens, Edmund.
Merci.
Je suis persuadé qu'il était membre.
La lettre a deux semaines. Vous pensez qu'il est en vie ?
Suivant !
Asseyez-vous.
Vous venez pour un laissez-passer ?
Vous comprenez ? Avez-vous les formulaires ?
Asseyez-vous.
Votre nom ?
Wilhelm Stehauf.
Stehauf...
Un laissez-passer ? Où voulez-vous aller ?
À Cologne.
C'est de là que vous venez ?
- Vous y avez de la famille ? - Mon fils, j'espère.
Étiez-vous membre du parti ?
Oui.
Et que faisiez-vous ?
J'étais sur le front. À l'Est.
Puis j'ai été fait prisonnier. En camp.
Évadé, puis rattrapé, et de nouveau en camp.
Que faisiez-vous ?
Votre grade ?
J'étais sergent.
Satanés poumons.
Vous avez du feu ?
On sait tous ce que l'on a fait.
Chacun a fait ce qu'il a pu.
Les uns à leur façon...
et les autres à la leur.
On doit étudier votre dossier de plus près.
Nous gardons vos documents ici.
Revenez la semaine prochaine.
Vos papiers.
Vous connaissez cet homme ?
Je vais m'en occuper.
Désolée, je ne voulais pas vous déranger si tard, alors j'ai...
Aucun souci.
J'ai vu que le café vous avait plu et...
J'en ai plein.
Merci.
À demain.
Puis-je...
Puis-je vous offrir une tasse de votre café ?
D'accord.
Et vous ? Avez-vous encore quelqu'un ?
Oui.
J'ai une sœur.
Mais j'ignore où elle se trouve.
Impossible de la localiser.
Aucune façon de savoir ce qu'elle est devenue.
L'avez-vous cherchée ?
Oui.
Mais je ne sais pas quoi faire si je la trouve.
Vous n'imaginez pas les choses que j'ai faites.
En particulier à ma sœur.
Et elle ne le sait même pas.
Vous pouvez me le dire.
Je ne peux le dire à personne.
Cette robe...
Elle est à votre sœur ?
Non.
Ça ne fait rien.
Je dois y aller de toute façon.
Ne vous levez pas. Profitez du café et de la confiture.
Au revoir, Walter.
Au revoir.
Voilà le nombre total de demandes.
Et ici, celles qui ont été approuvées.
Ce n'est toujours pas suffisant.
- C'est ainsi. - Vous avez entendu Menzel ?
Ceux qui ont causé la ruine de l'Allemagne.
Ils étaient au moins dix pour cent.
Peut-être que ce travail n'est pas pour vous.
C'est si difficile ?
Je voudrais te parler seul.
Camarade Kunkel, si vous permettez.
Bien entendu.
Qu'y a-t-il ?
Nous voulons la même chose.
Un monde meilleur.
Une Allemagne meilleure.
Mais je ne suis pas policier, ni juge, ni procureur et toi non plus.
On voulait que les choses changent.
Que les cliques et la délation disparaissent.
Afin que le peuple soit heureux à nouveau.
C'est vrai.
Proska.
Je me souviens enfin de ton nom.
Fichez le camp.
J'ai besoin de ton aide.
Vous vous rappelez de Kowolski ?
De la dynamite qui n'a jamais existé ?
Et de tout le reste ?
Vous allez payer pour cela.
Tu t'enfuis et maintenant tu joues les gros bonnets ?
J'ai purgé ma peine. Dans le camp.
J'ai assumé ma responsabilité.
Mais surtout, j'ai tenu ma parole, mon serment d'officier.
Et toi ?
Tu te crois innocent ?
Tu as juste enfilé un nouvel uniforme
et tu te crois exonéré de toute responsabilité ?
Taisez-vous.
J'ai un fils.
Je veux savoir s'il est encore en vie.
Tu te crois innocent ?
Tu as juste enfilé un nouvel uniforme
et tu te crois exonéré de toute responsabilité ?
- Bonjour. - Bonjour.
Tu as entendu parler du café de Hilde ou tu es là pour autre chose ?
On avait parlé des chiffres, non ?
J'ai dit à Menzel : "Walter est un bon camarade.
"On peut lui faire confiance. Il sera à la hauteur.
"Je m'en porte garant."
- Demande à Kunkel. - Je l'ai déjà fait.
C'est dans le tiroir.
Qui est fermé à clé.
- On dirait que tu sais ce qu'il contient. - Ouvre ce fichu tiroir !
Kunkel...
Pourquoi Stehauf ? Parce que c'est un ancien camarade ?
Je devais y réfléchir.
Réfléchir à quoi ? Tu sais très bien ce qu'il a fait.
Moi aussi j'en ai fait des choses.
- Comment pourrais-je le juger ? - Nous bâtissons la nouvelle nation.
On ne va pas laisser une ordure comme Stehauf s'en tirer.
Où est-il recensé ? Il n'y a pas d'adresse.
Je sais.
Dans chaque pièce ici, on est deux.
Tu ne pensais pas que je le verrais ?
Pourquoi tu me fais surveiller par Kunkel ?
- Où habite-t-il ? - Qu'allez-vous lui faire ?
Tu veux savoir pourquoi je suis là aujourd'hui ?
Les faveurs ont un prix.
On ne peut pas demander quelque chose aux Russes...
sans contrepartie.
Pourquoi je rampe aux pieds de Menzel à ton avis ?
Et Menzel me rend service parce qu'il me fait confiance.
Il se renseigne.
Et il obtient les renseignements que je lui ai demandés.
Wanda ?
- Elle est vivante ? - Oui.
- Où est-elle ? - Où est Stehauf ?
Arrêtez-vous. Allez, venez avec nous.
Allez, dépêchez-vous.
Il ira à la prison de Hohenschönhausen.
Au moins il aura un toit.
Où est Wanda ?
Elle est en Pologne.
Ils réinstallent un demi-million de gens...
en Ukraine, en Lituanie, c'est formidable.
On l'a retrouvée. Grâce à Menzel.
Ça prendra encore du temps, mais ça va arriver.
Roulez, s'il vous plaît.
Merci.
- Bonjour. - Bonjour.
Vous devez lui dire et vous excuser.
- C'est sa faute. - Vous y avez participé.
- La révolution exige que l'on... - Assez avec la révolution !
Dites-lui.
Pour qui vous prenez-vous ?
Il n'y a eu aucun contact avec la femme que vous cherchez en Pologne.
Personne ne s'est renseigné et ils n'en ont pas l'intention.
Appelez-moi une voiture.
Pour aller où ?
À Hohenschönhausen.
Kürschner et Kunkel ont mal agi, mais cela ne vous mènera à rien.
Dans la vie, tout ne mène pas toujours à quelque chose.
Il s'est mis dans le pétrin tout seul et vous aussi d'ailleurs.
Passez-moi le camarade Kürschner.
- Je viens interroger un homme. - Nom ?
Stehauf, Wilhelm.
- Non, arrêtez ! - Calmez-vous.
- Je vous en prie ! - Calmez-vous.
- Assez. Par pitié. - Je vais vous sortir de là.
- Toi ? - Suivez-moi.
Allez.
Où m'emmènes-tu ? En nouvelle Allemagne ?
Taisez-vous.
Finalement, je suis innocent ?
Ressaisissez-vous et marchez normalement.
Dépêchez-vous !
Courez ! Courez !
Écarte-toi de mon chemin.
Que t'est-il arrivé ?
Je croyais qu'on avait déjà vécu ces horreurs. Et qu'on s'y était opposé.
Les singes ne progressent pas parce qu'ils ne pratiquent pas l'hygiène.
- Regarde vers l'avant, Walter. - Le passé ne se nettoie pas comme ça.
C'est se mentir à soi-même, pas de l'hygiène.
Tu ne saisis toujours pas.
- Mets-moi dans la cellule de Stehauf. - Tais-toi !
Tu es hors de contrôle.
Rentre chez toi !
Walter.
- Que faites-vous là ? - Ils vous recherchent.
Vous ne pouvez pas retourner au bureau ni chez vous.
Je les ai vus, ils vous attendent.
- Vous en êtes sûre ? - Absolument.
Ils en ont après vous Walter.
Et Kunkel m'a dit que je serai poursuivie pour activités contre-révolutionnaires.
Nous devons fuir.
Voilà tout ce dont vous aurez besoin.
On devrait se séparer au début, j'ai dessiné une carte.
On se retrouve là-bas.
Walter !
Par ici.
- Vous voulez que je porte votre sac ? - Ça va.
Ils ont toujours la même routine.
Ils vont se croiser et ensuite la voiture passera.
Voilà notre moment.
Maintenant.
Une fois de l'autre côté, on sera en sécurité.
Mais il n'y a pas de barrière.
- Ils seront à nos trousses. - Non.
On sera en zone britannique.
Ils n'auront pas le droit de nous toucher.
On attendra la tombée de la nuit et on traversera.
D'accord.
La femme que vous cherchez est polonaise, n'est-ce pas ?
Oui.
On m'a parlé d'un camp près de Hambourg
où il y a des Polonais. Mais si l'armée l'a attrapée...
Elle n'y est pas.
Je sais que vous l'aimez.
Et ce, peut-être pour toujours. Mais elle n'est pas ici.
Moi, je suis là, Walter.
- Je vais prendre votre sac. - Il n'est pas si lourd.
- Donnez... - Je hurle si vous le touchez.
Allons-y.
Klaus, Angelika, rentrez.
Mais on veut jouer encore un peu !
Et moi je veux que vous rentriez.
Numéro un, numéro deux.
Allez, vous jouerez demain.
Alors, avant d'aller au lit, vous allez dire bonsoir.
Ils vont être déçus si vous ne le faites pas.
Klaus...
Angelika...
Bonsoir, M. Lüdicke.
- Bonsoir. - Bonsoir, Klaus.
- Bonsoir. - Bonsoir, Mme Lüdicke.
Bonsoir, Angelika.
Très bien.
Maintenant, il est l'heure d'aller au lit.
Bonsoir, mesdames et messieurs, ici à Hambourg dans le studio,
ainsi qu'à tous les téléspectateurs.
- Walter, ça va commencer ! - J'arrive.
Le thème de ce soir est...
On meurt de soif, ici !
Qu'est-ce qu'on boit ?
Vous avez gagné au loto ou quoi ?
Parfois, il faut savoir se faire plaisir.
Tenez.
Merci.
On l'a mérité, alors trinquons.
- Santé. - Santé.
À cause du champagne, j'ai raté Freddy Quinn.
Rien ne peut rapprocher les gens autant que la musique.
En dépit des frontières,
rien ne nous unit plus vite et plus profondément.
Notre passé a creusé des fossés qui nous séparent de nos voisins.
Le passé a été assez dur comme cela, je ne vois pas l'intérêt de le ressasser.
Je n'en vois pas l'intérêt non plus.
Nous devons nous en libérer.
Et regarder vers l'avant.
Maintenant, ils chantent en polonais, sur nos chaînes de télévision.
Je vais baisser le son.
Walter ?
Excusez-moi.
Walter ?
Ne t'en va pas.
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