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Original subtitles

Basé sur des faits réels

Depuis la mort de la princesse Diana, la Grande-Bretagne est en deuil.

C’est si beau, Inger. -Oui.

Il faudra le jouer à mon enterrement et celui de Maman.

Vous allez donc être enterrées ensemble ? -Non, on n’est pas encore mortes.

Je suis heureux de l’apprendre.

On est en retard. Il y avait beaucoup de trafic. On doit se dépêcher.

Oui. -D’accord ?

Inger est prête. La valise est faite.

Elle en a très envie.

Vous avez un instant ? -Oui.

T’as ta musique avec toi ? -Oui.

Ma musique préférée. -Super.

Il y a des nouveautés ? -Non.

C’est horrible, ce qu’ils font aujourd’hui. -T’as raison.

Inger a son médicament avec elle. Elle a besoin de peu, rien que du Nozinan.

On lui a fait une injection qui a de l’effet jusqu’à votre retour.

Voici du Valium, au cas où elle se sentirait mal.

Merci, Birgit. Inger est au courant ?

Elle en demande régulièrement.

C’est formidable, je trouve, que vous emmeniez Inger avec vous.

C’était l’idée de Vagn. Il veut qu’Inger revoie la France.

OK.

Birgit t’a donné du Valium au cas où je me sentirais pas bien ?

C’est réglé. -Parfait.

Faut emporter mon fauteuil roulant.

On en a discuté. Je pense pas...

Je veux mon fauteuil roulant. -Tu peux très bien marcher.

Ce sont de petites distances. -T’y arriveras, Inger. Viens.

Tu penses ? -J’en suis sûr.

Sinon, je te porterai. -Oui.

Bon voyage, Inger. À la semaine prochaine.

Vous êtes en retard. Tout le monde attend. -Salut, Gudrun.

Bonjour, Belle-maman. -Bonjour, Vagn.

T’as aussi le médicament d’Inger ? -Oui, elle a eu une injection dépôt, donc...

Elle prend du Nozinan avant les repas. -Oui.

Bonjour, ma chérie. -Bonjour, Maman.

Où est le fauteuil roulant ? -Le débat est clos.

Elle peut marcher plus qu’elle ne pense. -Mais je voulais l’emporter.

Pourquoi vous ne l’avez pas emporté ? -À cause de l’hôtel, et c’est bien de...

Je voulais l’emporter. -T’es plus forte que tu ne le penses.

Bonjour. Content de vous voir. Je commençais à m’inquiéter.

Je suis Ole, à la fois votre chauffeur et votre guide.

Salut, Ole. Je suis Ellen et voici ma sœur, Inger.

Bonjour, Inger.

Notre mère nous accompagne pas. Vagn, oui. -Bienvenue.

Je vous ai réservé des sièges. -Merci.

Au revoir, ma chérie. -Au revoir.

Tu vas me manquer. -Oui.

Au revoir, Maman. -Prends bien soin de toi.

Bien, Inger, je vous montre l’autocar.

Au revoir.

T’aurais dû emporter le fauteuil roulant. -Elle s’imagine qu’elle peut pas marcher.

On va jamais s’entendre là-dessus, je pense.

Je serai pas tranquille jusqu’à son retour.

Prends bien soin d’elle.

Salut. Voici votre siège, Inger.

Désolé pour le retard.

Vagn, tu dois pouvoir me retenir si je saute de l’autocar.

T’iras nulle part. Assieds-toi.

Salut. -Te voilà.

Je peux pas passer par la fenêtre, hein ? -Non, t’inquiète pas.

Je veux prendre un Valium. -Prenons d’abord la route.

Bonjour. Nous allons passer ensemble une semaine merveilleuse.

Très bien, mes amis. On va visiter le Musée d'Orsay, le Louvre, Versailles.

La tombe de Napoléon, le Dôme des Invalides et le jardin de Monet.

On aura une journée de libre à Paris...

et on visitera le musée D-day en Normandie.

Un point culminant pour beaucoup parmi vous.

On va voir aussi là où est morte Lady Di. -Ce que c’est morbide.

On va tous se présenter pour qu’on sache qui est qui.

Bonjour, je m’appelle Esben et voici ma femme, Ulla.

On n’est jamais allés au-delà de Randers, on en a donc très envie.

Je suis Christian. Et voici mon père, Andreas.

Mais tout le monde l’appelle Skelbaek, parce qu’il est directeur-adjoint.

Et voici ma mère, Margit. -Bonjour.

Et euh...

On parle pas un mot de français. -Bienvenue au club.

Mais bien l’allemand.

Je suis Inger et malade mentale.

C’est-à-dire que je suis schizophrène.

Vous deviez savoir ça, je pense.

Parfois je vais bien.

Mais souvent je me sens mal.

Et j’espère que ce sera un beau voyage.

Merci. -Bravo.

Je m’appelle Ellen et je dirige une crèche.

Voici mon mari, Vagn, qui est fermier.

On est venus pour s’occuper de ma sœur, Inger.

Je suis sûre que ce sera un beau voyage. Et on vient de se marier.

On l’était déjà, mais maintenant ensemble...

et on en est très heureux.

Auf Wiedersehen, Dänemark. Guten Tag, Deutschland. Sind Sie alle schön ?

Tu peux t’avancer un peu ? -Oui.

Je te mets une serviette. D’accord ? -Oui.

Tu veux me baiser ou quoi ? -Inger, je t’en prie.

Tu peux pas dire ça. -Désolée.

Qu’est-ce que vous dites ? Comment osez-vous en présence de ma femme et de mon enfant ?

Désolée, mais elle réagit souvent ainsi quand elle sent des ondes négatives.

J’ai pas émis d’ondes négatives.

C’est une réaction involontaire. Elle n’y peut rien.

On peut s’attendre à autre chose ? -Ne vous énervez pas. Personne n’est mort.

Pardon ? -Je peux avoir un Valium ?

Allez, attendons... Attendons encore 100 kilomètres.

Mais donne-lui du Valium.

Vagn dit que je peux en prendre un. -Oui, mais tu dois pas être ailleurs.

Prends seulement tes médicaments de tous les jours, ça suffit.

On veut que tu ressentes tout comme nous. -Oui.

Regarde, on a trouvé, Gudrun et moi, des photos de quand t’étais en France.

Regarde, c’est la Gare du Nord. -Pourquoi tu dis Gudrun ?

Maman, si tu veux.

Oui.

C’est la Gare du Nord quand Maman était avec toi à Paris.

Ici, t’étais en Normandie. -Oui.

Et celle-ci est du restaurant où t’as travaillé.

J’avais que 18 ans.

Juste après le lycée.

Vous en avez acheté des choses.

C’est quoi cette lettre, Inger ?

C’est d’une vieille amie.

Bon, j’ai acheté de bonnes choses. Regardez.

C’est bon. Des têtes-au-chocolat.

T’en veux un ? -Oui.

Oui. Guten Appetit. -Merci.

Très bien. -Vraiment.

Bitte Schön. Einmal die Speisekarte. -Vielen Dank.

Ils sont OK, les Allemands.

Des gens bien.

Vous enseignez l’allemand ? -La physique et la chimie.

Bingo. -J’ai l’air d’un Allemand ?

Pardon ?

J’ai l’air allemand ?

Il y a rien de mal à être allemand. -Non.

Ça vous irait très bien, je pense.

C’est moi le prof d’allemand. Heureusement, sinon je commanderais qu’un Schnitzel.

Faisons ça. J’en prends un, moi.

Vous avez besoin d’aide, Inger ?

Je pourrais vous étrangler. -Inger.

Ça peut attendre la fin du repas ?

Oui.

Viens, Christian.

De quoi t’as envie ?

Ils ont des hamburgers ?

Vous voulez en goûter un ?

Oui, merci. -Assieds-toi.

C’est gentil.

Elle étranglerait vraiment ma mère ? -Non, je ne pense pas.

Non.

C’est Gyldensol qui a dit ça.

Gyldensol ? -Oui.

C’est qui ?

Mon ami. -Ton ami invisible ?

Non, c’est plutôt...

C’est une sorte d’ange.

Il me parle.

Et il t’a dit d’étrangler ma mère ? -Oui.

Parfois j’ai peur d’étrangler Ellen.

Essaye toujours. Je suis plus forte que toi.

Ne pense plus à ces choses-là.

Et Vagn est ici, donc je peux même pas sauter de l’autocar quand il roule.

Inger a soudain une idée dans la tête et il faut qu’elle le dise ou le fasse.

Comme quand on a pas le droit de marcher sur les lignes du trottoir ?

Oui.

Un peu la même chose.

Oui.

Comment t’es devenue folle ? -Christian ?

Ne les ennuie pas. Viens. -Il nous ennuie pas. Au contraire.

On dit malade mental. -Comment c’est arrivé ?

Parce que j’étais amoureuse, je pense. -C’est dingue.

Il s’appelait Jacques.

Il était bien plus âgé que moi et il était marié.

Mais pas avec moi.

C’est pas juste. -Non.

Mais au lit il était génial. Il avait... -Christian.

Viens t’asseoir près de nous. Maintenant.

Ne l’écoute pas. C’est dangereux.

Prends un chocolat et regarde dehors.

Passons du bon temps. Prends un chocolat.

Qu’est-ce que tu fais ? Où tu vas ?

Qu’est-ce que tu fais, Inger ?

Regarde, Ellen.

C’est triste.

On doit retourner à l’autocar.

Viens, on doit retourner, avant que Vagn s’inquiète.

On peut pas s’en aller comme ça. -Il est mort.

On ne peut pas le laisser ici.

Qu’y a-t-il ? -Le hérisson.

On ne peut pas le laisser comme ça. -Il est mort.

Fais pas ça. C’est pas gentil.

On y va. -Ils attendent. On doit aller à Paris.

On peut pas s’en aller en le laissant ici.

Il a peut-être mal. -Il est mort. Il sent rien.

Qu’est-ce qu’il y a ?

On peut pas le laisser ici.

Tout le monde nous attend. Viens. -Non.

Qu’est-ce que t’as ?

Que se passe-t-il ?

Inger veut pas abandonner un animal mort. -Mon dieu.

Ce petit bonhomme ? -C’est ridicule.

On doit arriver tôt à Paris. -On va pas rester à regarder un hérisson.

On doit y aller, Inger. Il a plus mal, le hérisson.

Non.

Vous pouvez la raisonner ? -Son nom est Inger, elle est à côté de vous.

Je peux lui parler seule. -Je vous parlais à toi et ta femme.

Tu m’as pas entendu ? -Mais écoute-moi.

On peut peut-être rester polis ?

Inger, pourquoi tu peux pas l’abandonner ?

Ça ne se fait pas, je trouve.

C’est pas digne d’un hérisson de rester ici.

Mon dieu.

On peut pas rester ici toute la nuit. Christian, tu fais quoi ?

On peut l’enterrer.

J’ai enlevé les chocolats. -Bonne idée.

Ole, vous avez une pelle ? -Oui.

C’est ridicule. Il faut y aller.

Attendez. J’ai trouvé ça aussi.

Oui, c’est bien, Christian.

Bon.

Plus profond, sinon un renard va le prendre. -Oui.

Voilà.

On doit dire encore quelque chose ? -Oui.

C’est une bonne idée.

Notre Père qui es aux cieux.

C’est ridicule. -Que votre nom soit sanctifié.

Accueille ce petit hérisson innocent comme le vôtre.

Amen.

Merci. -Je vous en prie.

Où est la réception des funérailles ?

Si personne ne dit rien, je m’en charge.

C’est irresponsable d’emmener en voyage un malade comme elle.

On a tous payé pour ça. -Je comprends, mais il n’est rien arrivé.

Faut faire quelque chose.

Pas besoin de faire une scène. -On peut pas tout approuver.

N’écoute pas ça.

Je dois aller au W.-C.

Inger, reste ici. -J’en peux plus.

J’en peux plus. je veux aller sur la route.

Lâche-moi. Je veux me jeter sous une auto. J’en peux plus.

Arrête. -Non.

J’en ai marre. Je vais me jeter sur la voie.

Inger, merde.

Ça prouve à nouveau que j’ai raison.

Elle a entendu ce que vous disiez. -Ah, maintenant c’est de ma faute ?

Fermez-la. -Du calme. Il n’est rien arrivé.

Faut plus jamais faire ça, Inger.

C’est promis ?

Sinon on doit annuler le voyage et rentrer chez nous.

Vagn, tu peux rester près d’Inger ?

Merci.

Festin funèbre pour tout le monde.

J’ai vu plein de choses, mais un enterrement sur un parking allemand dépasse tout.

Ne sois pas triste.

Inger s’inquiétait pour toi. Elle voulait être près de toi.

Ça va déjà mieux. J’avais besoin d’un peu de temps. Viens t’asseoir.

C’était pas de ta faute. C’était parce que je t’ai fait peur.

Je voudrais un Valium.

À votre santé, à tous. -À votre santé.

À Paris.

C’est dingue, Inger.

Des petits déjeuners dans la rue de Rivoli.

Je vous retrouve à trois heures au Musée d'Orsay.

Quelle belle place, hein ?

Ici, ils ont décapité la famille royale.

Ça fait longtemps. -Oui.

Quelle grande ville, hein, Inger ? Tu reconnais ?

C’est formidable d’être ici, nous trois.

Qui l’aurait cru ?

J’en ai la tête qui tourne. -J’arrive plus à marcher.

Encore un tout petit peu. -J’y arrive plus.

Vraiment pas ? -Oui.

Inger, on doit seulement...

J’arrive plus à marcher. -Mais si. Allez.

Non, moi non plus j’arrive plus.

C’est épuisant, hein ? -Moi non plus.

C’est bête.

J’ai une crampe.

T’en vas pas. -Laisse-la.

Je suis sérieux. -Ça va ?

Inger, attends. La crampe est dans mes fesses. Mon dieu.

Là, il y a Notre-Dame. On doit la visiter.

On va tout visiter, n’est-ce pas, Inger ?

Ces peintres, les impressionnistes, ont essayé d’innover.

On voit plein de petits points qui forment un tout.

Ils voulaient nous montrer la réalité.

Dîner au restaurant, maintenant. -Oui, monsieur.

C’est l’heure de dîner.

J’y comprends rien. -Les menus sont malheureusement en français.

Et en plus c’est un nouveau menu.

Mais je vais faire de mon mieux. -Merci.

L’entrée est du lapin et du foie gras.

Donc du foie gras et...

du lapin. Ou on peut prendre une bisque de homard.

C’est une crème de homard accompagné...

De rondelles de poireau.

De poireau en effet. Et de la chaire de homard évidemment.

Et le plat principal, c’est...

du turbot aux raisins.

Et c’est...

Du filet de turbot avec des raisins.

Du filet de turbot avec des raisins. Merci.

Et c’est accompagné de persil et de pommes de terre.

Puis il y a un tournedos Rossini, c’est du bœuf avec des légumes et une sauce au vin.

Le dessert est une assiette de fromage.

Et pour finir un croquembouche...

Ça, je sais pas. Inger ?

Un assemblage de choux à la crème.

C’est aussi une femme qui couche avec beaucoup d’hommes.

C’est parfait. -Oui. C’est nouveau, ça, pour moi.

Qu’est-ce que t’as dit ?

Inger a commandé un apéritif pour tout le monde, un Crémant d'Alsace...

et un verre de vin pour le plat principal. C’est elle qui paye.

Vraiment ? -Oui, profitons-en pendant ce voyage.

J’ai emporté plein de cash. -C’est bon à savoir, Inger.

Si c’est de son assurance invalidité, c’est nous qui payons en fait.

Andreas.

Merci, Inger.

Bienvenue à Paris, la plus belle ville du monde.

Santé. Santé, Inger.

Santé. -À la vôtre.

Hé, regarde.

Regarde ça.

C’est beau, hein ?

N’est-ce pas, Inger ? -Oui.

Quatrième étage, côté cour, avec des lits pour toi...

et Vagn et moi. -Je peux pas dormir là.

Quel est le problème ?

Si je dors là, je vais peut-être sauter du balcon avant votre réveil.

Vagn, tu peux dormir dans ce lit ? Inger veut dormir avec moi.

Oui, bien sûr.

Mais tu vas peut-être pas te réveiller si je me lève.

Non, mais on prend ce lit, c’est tout...

Je dors devant. Tu iras nulle part.

Mais je peux sortir par la porte et ensuite aller dans la rue.

Ellen...

Comme si on avait quelque chose entre nous.

Elle a l’air si paisible quand elle dort.

Ça s’est très bien passé pendant le repas. -Oui.

On oublierait presque qu’elle est malade.

Bonjour.

Bonjour.

T’as bien dormi ?

Quand on va visiter Paris seuls ?

Après-demain.

T’aimerais voir un endroit particulier ?

J’ai eu un drôle de rêve.

Heureusement que tu t’es réveillé.

Et toi, t’as bien dormi ? -Oui.

C’est bien. -Oui.

Je m'appelle Christian.

Formidable, Christian. -Merci.

J'ai douze ans.

Oui, et vendredi t’auras 13 ans. -13 ans ? Tu seras alors un adulte.

T’es prêt ? C’est le plus grand palais du monde.

J’ai déjà mal aux pieds.

Mon dieu.

Il y a 450 bancs. Si tu t’assieds sur tous les bancs, on partira jamais d’ici.

Tu veux un peu te reposer ? -Oui.

Si ce lit pouvait parler...

C’est beau, hein Inger ?

Je vois Gyldensol.

Où ça ? -Là, dans le miroir.

Il dit que je peux pas être ici. -Inger, calme-toi.

Respire profondément.

Hé, Christian.

Toi aussi t’es dans un fauteuil roulant ?

Je l’ai cherché pour toi.

C’est vrai ?

On va à la galerie des Glaces. -Super.

Incroyable.

Fini, notre principe de marche seule.

Où t’étais ? On t’a cherché.

J’ai cherché un fauteuil roulant pour Inger. -T’as pas besoin de l’aider.

C’était mon idée à moi. -Il veut tout simplement l’aider.

Bon, maintenant tu la laisses à sa propre famille.

S’il veut rester avec nous, c’est parfait.

Il a peut-être besoin d’un moment sans nous. -Non, c’est pas bien pour Christian.

Je suis pas contagieuse.

Christian.

Ils doivent s’amuser, vos élèves à l’école. Bravo.

Mon père n’est pas toujours comme ça. Il était le meilleur de la classe.

Comment peut-on devenir un malade mental en tombant amoureux ?

Ton ami n’était pas gentil ? -Si, il était très romantique.

Il t’offrait des fleurs ? -Non.

Il chantait pour moi et me trouvait belle.

T’es devenue folle à cause de ça ? -Non.

Mais il me faisait faire n’importe quoi.

Un soir, on faisait l’amour dans la cuisine du restaurant.

Quelques casseroles sont tombées par terre.

Personne me raconte ce genre d’histoires.

Il aimait le sexe oral.

T’avais la tête entre ses jambes ? -Oui.

Ça a l’air dégueulasse.

Non.

Quand il est parti soudain...

j’étais plus seule qu’avant de le connaître.

Ça a peut-être commencé à ce moment-là, mais j’en suis pas sûre.

Il m’a envoyé une lettre...

dans laquelle...

il m’écrivait...

qu’il avait une femme...

et un enfant.

Quel idiot.

Il est vieux. D’avant ma naissance. -Effectivement.

Jacques Dubois.

Il habite encore là ?

Peut-être.

Moi aussi, j’ai eu un amour malheureux.

C’est con, l’amour.

D’après moi, mes parents ne s’aiment plus.

Non, peut-être pas.

Mais ils t’aiment tous les deux par contre.

C’est comme ça.

Les touristes et les habitants continuent d’affluer vers la place de l’Alma...

même si voilà six semaines déjà depuis la mort tragique de la princesse Diana.

Je veux pas. -Mais si. Nous aussi on a pris un bain.

À la maison je prends un bain qu’une seule fois par semaine. Quand j’ai envie.

On a pris l’autocar et on dort dans le même lit. Pas question.

T’as pas à me contrôler. -Non, je peux pas.

Tu dormiras alors dans un lit simple.

C’est dingue. Le monde entier en parle encore.

On doit quand même voir ça.

Sors-toi ça de la tête.

C’est pas très loin d’ici. On peut y aller à pied.

T’y arrives, Inger ?

Où est le shampoing ?

Mon dieu, Inger. -Je m’en occupe.

D’abord celui-ci, puis le conditionneur.

Tu sais ouvrir le robinet ?

Bien. Elle est bonne. Tu peux entrer. -OK.

Merci. -C’est qui ?

Allô ?

Bonjour, Maman. On peut vraiment pas t’échapper.

Tu m’avais pas donné le numéro de la chambre. On m’a passé une autre chambre.

Je devais encore le faire. Inger prend un bain.

Je veux parler à Maman.

Je veux parler à Maman.

Un instant. -J’aimerais parler à Maman.

Ne mêlons pas Maman à notre voyage. -Je veux lui parler.

Je te passe Inger.

Maman, j’aimerais rentrer à la maison.

Bien sûr. Tu te plais pas là où tu es ?

Tu peux venir me chercher ? J’ose pas rester.

Il est arrivé un truc à Ellen et Vagn ? -Non.

J’ai peur. Je veux rentrer.

Passe-la-moi. -N’aie pas peur.

Je vais te chercher. -Je peux lui parler ?

Elle vient me chercher. -Bonjour, Gudrun. Inger va très bien.

Mais Paris est écrasant. -Je t’avais avertie.

On va plus discuter de ça. -Si Inger veut...

Tu vas nulle part, à moins que je te le demande.

Mais je veux.

Je te rappelle. Je raccroche. -Écoute Inger.

Décroche, toi.

C’est pas bien, Inger.

Bonjour, Belle-maman. -Bon, maintenant tes cheveux.

Je me sens pas bien. -Lave-toi les cheveux puis tu te reposes.

Allez. Savonne-toi partout : les aisselles, les fesses... Allez.

Allez. -C’est trop chaud.

C’est trop froid. -Bouge pas.

Je veux pas. -Arrête de geindre. Allez.

Je veux pas. -Tu pues la transpiration.

Je pue pas.

Ellen, t’en va pas.

Vous m’avez fait peur.

Andreas sait pas que je fume. -Excusez-moi, j’avais besoin d’un peu d’air.

Asseyez-vous.

Tenez, vous en avez plus besoin que moi.

C’est moi qui devrais m’excuser.

À cause d’Andreas.

Il voulait...

rentrer à la maison avec Christian.

Pour Andreas les choses doivent se faire normalement. Il se sent...

pas sûr quand elles se passent autrement.

C’est très courageux de faire ce voyage. C’est une grande responsabilité.

On voulait qu’Inger voie encore une fois la France, mais... Ben...

Je prends encore une gorgée.

Inger est malade depuis longtemps ?

Depuis l’âge de dix-sept ans.

Merci.

Où t’étais ? Inger n’a pas arrêté de se plaindre.

Si tu peux pas t’occuper d’elle dix minutes, on n’aurait pas dû partir.

Je dois donc rester ici avec une Inger toute nue, pendant que tu baisses les bras ?

Quand est-ce que je baisse les bras ? J’avais besoin d’un peu d’air.

Pas de dispute. Je me lave toute seule. Je sais maintenant comment faire.

Merci, Ellen. -C’est bien, Inger.

Encore quelques pas.

Gardez les yeux fermés. -Pas de soucis. Personne ne triche.

Faites attention au tournant.

Et maintenant stop.

Vous pouvez regarder maintenant.

Merci, Inger. Quelle jolie façon de le découvrir.

C’est cool. Comment tu savais ça ?

C’était Jacques ?

Qu’est-ce que vous chuchotez ? -Je disais que c’est agréable, ici.

C’est peut-être un peu trop solennel.

Quelqu’un va dans l’eau. -Toi aussi ?

Et maintenant le point culminant du voyage.

Le Musée du Débarquement d’Arromanches.

On y est, Christian. Voici le musée.

Ils vont fermer ?

Pas de soucis. Ils sont ouverts le soir.

Bonjour.

Ils sont fermés ?

Qu’est-ce qu’il y a, Ole ?

Que se passe-t-il ? -Ole, qu’y a-t-il ?

Que se passe-t-il ? -Je suis vraiment désolé.

Non, c’est pas possible, Ole ?

On est trop tard. -Vous plaisantez.

Demain c’est un jour férié, donc ils sont fermés ce soir. Désolé.

En tant que guide, vous auriez dû vérifier. -C’est le point culminant du voyage.

C’est quand même pas possible, Ole ?

On est venus spécialement ici et on peut même pas entrer.

C’est pas professionnel.

Vraiment ridicule.

C’est un autocar plein de gens. -Arrangez-vous pour qu’ils ouvrent.

Ils peuvent pas fermer comme ça.

Elle essaie de l’étrangler ? Elle est folle.

Ole. -Punaise.

Qu’est-ce qu’elle a dit ? -Je sais pas.

Qu’est-ce que t’as dit, Inger ?

Que se passe-t-il ? -On peut entrer ?

Vraiment ? Non... -T’es formidable.

Inger, merci. Merci.

Ton père est encore à l’intérieur ? -Oui, il m’a complètement oublié.

Il habite encore là.

Comment tu sais ça ?

Je l’ai retrouvé dans le bottin.

C’est le seul Jacques Dubois dans la rue Malebranche.

On chante tous, on chante tous.

Maintenant je sais plus.

Formidable, Inger. On applaudit.

Merci pour cette journée formidable. -Sinon je dors nue.

Oui, mais tu dors entre nous deux, donc mets un pyjama.

Bonne nuit. -Bonne nuit, Ellen.

On a vraiment tout eu, hein ?

Demain Paris chacun de son côté.

Qu’y a-t-il, ma chérie ? -Rien. La journée était longue.

Mais tu pleures. -Non, pas du tout.

Tout ça c’est un peu écrasant.

Elle était fantastique aujourd’hui. -Oui, elle rayonnait.

Ça compense tout.

Je pleurerai plus. -C’est pas grave.

Inger ?

Respire plusieurs fois profondément.

Ça s’arrête jamais.

Bien des femmes schizophrènes vont mieux en vieillissant.

Quand elles sont dans la ménopause.

Ça ne m’arrivera pas.

Pourquoi tu penses ça ?

C’est ce que dit Gyldensol.

Qu’est-ce qu’il y a ?

Inger se sent pas très bien.

Ça va pas, Inger ?

Et hier ça allait si bien.

Aujourd’hui on va visiter seuls la ville.

On va manger de bonnes choses. T’as faim ?

Ça me dérange pas de rester ici. C’est mieux pour elle.

Ils ont un room-service.

Je vais lui donner du Valium. J’ignore combien de temps va durer cette crise.

Je dois mettre mes plus beaux vêtements.

OK.

Oui.

Christian, qu’est-ce qu’il y a ?

Qu’est-ce que t’as ?

Maman et Papa se disputent.

À cause d’un truc que j’ai dit.

Papa est sorti et Maman veut pas quitter la chambre.

Christian peut venir avec nous ?

OK. T’as envie de venir avec nous ? -Oui.

Demande à ta mère son accord. -Allez, vite.

On va visiter Paris de notre côté. Qu’en penses-tu ?

Une promenade de 15 km ? Je commence ?

Vagn fait le premier pas ? -Oui.

Bien sûr. Entendu.

Elle est pas formidable ? -Oui.

Quoi ?

Il veut nous montrer des endroits où les touristes vont jamais.

Il va peut-être nous escroquer, Inger.

Ça va nous coûter une fortune. -Rien que pour moi.

Détends-toi, Vagn.

Vous voulez voir où Lady Di est morte ?

Oui, oui. J’aimerais beaucoup.

Non, pas question.

Tout a déjà été enlevé.

Pourquoi on s’arrête ici ? -J’ai un truc à faire.

Quoi ça ?

Je veux voir quelqu’un.

Qui ça ?

Attends, Inger.

Chez qui elle va ? Attends-nous.

Vous l’avez rendue folle.

Vous faites mieux d’attendre dehors.

Inger, je t’accompagne ?

Pardon. -Que se passe-t-il ?

Aucune idée. Bonne question.

Ça va, Inger ?

Si t’as envie de parler, je t’écoute.

Regardez, Lady Di est morte ici. -Où ça ?

Ici. Regardez les dégâts de l’accident.

Mon dieu. Punaise.

Ça a dû être un terrible accident. On peut s’arrêter un instant ?

Oui, bien sûr. -Non.

Mais on y est.

On continue. -Juste un instant.

Viens, Christian. -C’est pas une bonne idée.

Je veux le montrer à Christian.

OK, on va regarder.

Pardon.

Excusez-moi.

Adieu, à jamais ma rose anglaise.

Vagn.

C’est pas bien pour Inger d’être ici. On doit y aller.

Stop. -Inger.

Tu m’entends ?

Tu m’entends ?

Je suis là.

Je suis là.

Je suis vraiment désolé. J’aurais pas dû m’arrêter.

Je suis vraiment désolé.

J’aurais dû surveiller Inger.

C’est terrible d’être si obsédé par les accidents et les guerres.

Mieux vaut rien dire pour le moment.

J’ai aidé Inger à retrouver Jacques.

Mes parents s’étaient pas disputés.

Ils savent pas où tu es ?

J’ai laissé un petit mot que j’étais parti avec vous.

Bonjour.

Désolée.

Désolée. -On est contents que c’est pas grave.

Désolée.

C’est de ma faute.

C’est quoi, ta faute ?

Qu’elle est morte.

J’ai tué Rose.

J’aurais pu l’éviter.

J’ai pas bien agi. C’est Gyldensol qui dit ça.

Je croyais que c’était à cause de Jacques.

C’est de ma faute.

Inger, regarde-moi.

Je comprends que t’aies un choc.

Nous aussi.

Mais ça sert à rien de t’attribuer la faute.

On va surmonter ça ensemble.

OK.

Je veux pas la laisser seule. -Moi non plus.

Ces cons n’ont pas voulu qu’on reste auprès d’elle.

Elle a vraiment voulu se suicider, tu crois ?

Non.

Je pense pas.

Je pense que c’était...

Inger veut échapper aux pressions dans sa tête.

Je pense pas qu’elle veuille mourir.

Allô ?

Bonjour, Maman. -Hé, bonjour. Comment ça va ?

Excuse-moi d’appeler si tard. -Pas grave.

Inger a eu un accident.

Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ? -Elle s’est retrouvée devant une auto.

Non.

Elle a un traumatisme crânien. Elle est en observation. Elle a des ecchymoses.

J’arrive. -Non, Maman.

Si, j’arrive.

Elle peut sortir demain.

Elle était très dépressive ? Tu lui as donné du Valium ?

Elle n’aurait pas eu ces pensées si tu lui avais donné plus de médicaments.

T’as raison. -Tu le sais, non ?

Je l’ai laissée tomber. C’est ça ce que tu veux dire ?

T’étais contre ce voyage parce que tu sais toujours tout mieux.

Je sais qu’elle a besoin de ses médicaments. -Mais pas qu’elle allait bien cette semaine.

Quelle différence ? Elle est maintenant à l’hosto. Non ?

Ce voyage était le choix d’Inger.

Pas le tien.

C’est trop pour elle, Ellen. On doit la protéger.

Je peux pas rester ici si elle est à l’hôpital.

Elle s’exprime mal, c’est tout.

Elle a peut-être raison sur un point. On aurait pu emporter le fauteuil roulant.

Pas maintenant.

J’ai besoin d’un peu de temps.

Vaut mieux que tu dormes là.

Le lit de ma sœur est vide. -Pardon ?

Ma sœur...

Inger Louise Pedersen.

Ma sœur...

Inger Louise Pedersen.

C’est d’Inger. -Montre voir.

Elle est avec le chauffeur de taxi. Il veut lui montrer encore Paris.

Cette église majestueuse, c’est le Dôme des Invalides.

Le Dôme des Invalides est la dernière demeure de Napoléon.

Il se trouve dans un sarcophage. -Ole.

Mais c’est quoi, ces gens ? Vous avez emmené Christian sans notre autorisation.

On l’a cherché. Il est traumatisé.

Ce n’était pas notre intention. Vous pouvez nous aider ? Inger a disparu.

Que s’est-il passé ? -Vous comprenez ce que ça fait à Christian ?

Votre sœur est complètement dérangée. Il faudrait l’enfermer.

Ferme-la. -On doit la chercher.

Vous auriez dû la surveiller. -La ferme.

Vous auriez dû rester avec cette folle en Allemagne.

Arrête, Papa. Inger est très gentille. -Chut. Ne me parle pas de cette façon.

Elle ne traiterait Maman jamais comme toi.

Tu t’en es tiré avec une amende ? -Tu nous as coûté une demi-journée.

Désolé, mais j’avais pas de temps pour aider.

On dit quoi à Gudrun ? -Elle a pas encore besoin de le savoir.

Je suis content que tu sois pas morte.

Moi aussi, Christian.

Heureux de te voir, Inger.

Bon anniversaire, mes vœux les plus sincères...

Souffle.

Il ne cachait pas ses petites amies.

J'ai 13 ans. -Bravo.

Bon anniversaire.

Ouah, t’es folle ? -Oui.

Santé.

Merci de l’avoir ramenée.

Je veux seulement dire que si j’étais morte à Paris...

ç’aurait quand même été un beau voyage.

Bienvenue, Inger. Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?

Une longue histoire.

Mon dieu...

Inger, ma chérie, qu’est-ce que t’as fait ?

Ma pauvre chérie.

Bon.

C’était pas de la faute de Vagn ou d’Ellen.

Tu voulais pas faire ça, hein ?

T’en avais pas l’intention.

Je pense... -Plus tard. C’était un long voyage.

Mais ça serait jamais arrivé si j’avais été là.

Je t’amène à ta chambre ? Je m’en occupe, Belle-maman.

Je viens dans un instant, Inger. -Oui.

Le mieux, je pense...

c’est que j’accompagne toujours Inger, afin de m’occuper d’elle.

Non.

Pas la peine.

C’est pas nécessaire.

Gyldensol veut plus que je dorme nue.

Ce sont pas ses affaires. -Non, en effet.

Absolument pas.

Il était très embêtant pendant le retour.

Parce que j’avais rencontré Nadir.

Oui, ça lui apprendra.

Vous vous êtes disputées, Maman et toi ? -Non. Pas du tout.

Vous revenez bientôt ? -Oui.

On sera là tout le temps.

N’est-ce pas, Ellen ?

Oui.

Bien sûr.

Exactement.

Je vais dire au revoir à Gudrun. -Oui.

Exactement. Au revoir, Inger. -Oui.

Je me suis habituée à vous voir tout le temps.

Tu peux aussi venir chez nous.

On va arranger ça. -Maman va organiser ça.

On doit faire ça ensemble, je pense.

Oui.

J’ai envie de t’étrangler.

Toi aussi, tu m’es très chère.

Pour Maren Elisabeth, Kirsten & Per

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