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Original subtitles

Il y a deux personnes en moi.

Je voudrais être Maria,

mais il y a La Callas dont il faut que je sois à la hauteur.

Je fais avec les deux autant que possible.

Et dans un moment crucial, qui l'emporte ? Maria ou Callas ?

J'aimerais penser que les deux vont de pair,

parce que Callas a été Maria,

dans mon chant et dans mon travail,

j'étais fidèle à moi-même à chaque instant.

Je n'ai rien fait en trichant, j'ai travaillé en toute honnêteté.

Donc Maria était...

Si quelqu'un tente de m'écouter, véritablement,

il y trouvera tout de moi.

Mes amies

Je suis venue

À l'appel de l'amour

Je suis venue

Au seuil de l'amour

Où se lie le destin

De qui vit et de qui meurt

Madame Callas, souligne un critique de musique,

a restauré l'ancien éclat du titre de Prima Donna.

Leonard Bernstein l'appelle "pure électricité".

- Bonsoir, Madame Callas. - Bonsoir, Monsieur Murrow.

- Et bienvenue chez vous. - Merci beaucoup.

Beaucoup de personnes ont l'impression que vous êtes italienne

et ignorent qu'en fait, vous avez grandi à New York. C'est juste ?

Oui, non seulement je suis née à New York,

et non à Brooklyn comme ils disent.

Non pas que Brooklyn soit un problème, mais juste dans un souci de vérité.

J'ai été élevée en Amérique, à New York,

et j'en suis assez fière.

Quels sont vos souvenirs les plus marquants du temps de l'école ?

Eh bien, des jours heureux, je dois dire, des jours d'insouciance.

Le directeur était très sévère et il ne cessait de répéter :

"Les enfants, maîtrisez-vous. Rappelez-vous-en toute votre vie."

J'essaye.

Même si c'est dur, parfois, de s'en rappeler.

Et aussi, je chantais à chaque fois aux spectacles de fin d'année.

Vous savez, j'étais la petite chanteuse de l'école.

Je chantais des opérettes,

et je jouais les princes chinois, les marins,

ce genre de choses, autant que je m'en souvienne.

Je n'ai jamais su prononcer votre nom. Voulez-vous le faire pour moi ?

- En grec ? - En grec.

- Prêt ? - Oui.

Kalogeropoulou.

Vous voyez, c'est un peu long.

C'est pour cela que votre père l'a changé en "Callas" ?

Oui, j'en ai bien peur.

C'était déjà fait avant que je ne sache faire la différence.

Ma mère était plutôt ambitieuse

et mon père tenait à ce que j'aie une éducation musicale.

J'ai commencé les cours de piano à 8 ans.

Je trouve ça cruel, en fait,

pardonnez-moi, mais il devrait y avoir une loi contre cela.

Les enfants ne devraient pas subir de telles responsabilités.

Ils ne tiennent pas longtemps.

Les enfants devraient avoir une enfance merveilleuse.

Je n'ai pas eu cette chance. J'aurais bien aimé.

Nous sommes partis pour la Grèce en 1937.

Je venais d'entrer au collège

et j'ai dû partir en Grèce, et je n'ai pas pu continuer l'école là-bas

car ma mère avait décidé que je serai chanteuse.

Vous avez aimé votre enfance ? Vous avez profité de votre jeunesse ?

Oui. Le peu que j'ai eu, j'en ai profité.

Puis vous êtes allée en Grèce et vous y avez été piégée pendant toute la guerre ?

Oui.

Quels souvenirs en gardez-vous ?

C'était dur.

Je dois avouer que c'était dur, mais...

ça ne fait pas de mal de traverser des épreuves.

Dès que je suis arrivée en Grèce, on m'a mise au conservatoire,

mais j'avais un problème d'âge.

Le problème, c'est que je n'avais que 13 ans,

et je ne pouvais pas entrer au conservatoire avant 17 ans.

Mais j'étais grande pour mon âge

et je pouvais facilement justifier ce mensonge.

C'était le premier mensonge de ma vie !

J'aurais préféré avoir une famille heureuse et des enfants.

Je pense que c'est la vocation principale d'une femme.

Mais le destin m'a emmenée dans cette carrière.

Je ne pouvais pas en sortir...

et j'y ai été forcée assez souvent

d'abord par ma mère, puis par mon mari.

Je l'aurais abandonnée avec plaisir.

Mais le destin est le destin et c'est sans issue.

Chaste déesse

Dont la lumière argentée illumine

Ces antiques plantes sacrées

Tourne vers nous

Ton beau visage

Tourne vers nous...

Ton beau visage

Sans nuage

Et sans voile

Tempère, ô Déesse

Tempère les cœurs ardents

Tempère encore

Leur zèle audacieux

Répands sur terre

Cette paix

Répands sur terre...

Cette paix que tu fais régner...

Au ciel

Vous avez la réputation d'être une bonne actrice.

Vous considérez que c'est nécessaire ?

Oh oui ! Et comment !

Je ne pense pas que vous voudriez d'une artiste, d'une vraie artiste

qui ne sache pas jouer.

Je suis certaine que non.

Vous n'iriez même plus à l'opéra.

L'opéra peut être une chose futile,

mais ça peut aussi être la plus belle chose au monde.

Vous avez aussi la réputation

d'être une des artistes les plus orageuses au monde.

Je ne vois pas ce que vous voulez dire par "orageuse".

Il y a eu beaucoup de bruit autour de ça

et je n'en ai pas vraiment compris le sens.

Pour cause de force majeure,

la représentation est annulée.

DEHORS LA CALLAS !

Adieu

Du passé

Les beaux rêves souriants

Les roses de mon visage

Déjà sont pâlies

L'amour d'Alfredo

Toujours me manque

Réconfort et soutien

De mon âme épuisée

Réconfort...

Et soutien...

Ah, souris au désir de la dévoyée

Pardonne-la

Accueille-la

Ô Dieu

Tout est fini

Maintenant tout est fini

Bienvenue à Chicago ! Comment allez-vous ?

Merci. Bien, merci.

Pourquoi ne parlez-vous pas à la presse ?

Vous avez mauvaise presse parce que vous ne nous parlez pas.

Peut-on parler de l'incident de Rome ?

Je n'en parle pas. Le sujet est clos pour moi.

Je suis ici pour Chicago.

Merci Messieurs.

Madame Callas, ces dernières années,

en particulier depuis que vous êtes associée au Met,

vous avez été la cible d'une somme considérable de mauvaise publicité.

Comment expliquez-vous ça ?

J'ai été entraînée dans des situations épuisantes.

Comme vous le savez bien.

Et pourtant, j'ai toujours fait preuve de calme et de patience.

Le temps guérit beaucoup de choses,

et je suis certaine que le temps prouvera ce que je suis vraiment.

Je suis arrivé au point où il a fallu décider si c'était Madame Callas

qui dirigeait le Met, ou moi.

Et à ce moment-là, c'était moi,

et je l'ai dit.

Et j'ai mis un terme à notre contrat.

Donc vous avez vraiment viré Maria Callas du Metropolitan ?

Si vous tenez à employer ce vilain mot, oui, c'est exact.

Mais je ne crois pas que Maria Callas soit virée,

elle est coupée de notre relation.

Pourquoi à Dallas et pas ici ? Voilà ce que j'aimerais lui demander.

Pourquoi il ne fait pas ces représentations au Met ?

J'y serais alors avec plaisir.

Avait-il besoin d'aller dire : "Ah, elle est insupportable !" ?

Je suis sûre qu'il a vu tant de gens plus insupportables.

Il s'est complètement... vengé sur moi

pour toutes les choses que les autres lui ont fait.

C'est un destin malheureux. Je n'ai pas eu de chance.

Mes autres collègues l'ont blessé bien plus que moi.

Au fond, j'en suis sûre, il me respecte et il m'aime.

Mais c'est un homme faible,

et je suppose que je paye pour tant d'autres...

Comme un vase qui se remplit, et j'étais la goutte d'eau de trop.

Oui, il y a eu une dispute, j'ai juste refusé le contrat de l'année suivante

parce qu'il me proposait l'ancien répertoire,

c'est-à-dire l'ancienne mise en scène de Norma,

que vous avez tous vue...

Que vous avez chanté tant de fois.

La Norma, Le Barbier de Séville, La Traviata, Lucia...

J'ai dit : "Non, désolée, je ne fais pas dans la routine.

"Je veux de nouvelles représentations, bien mises en scène."

Vous savez, comme ici.

Un peu de sang neuf, comme à Dallas, bon Dieu !

Je suppose que ça l'a énervé.

Je ne sais pas. Je ne l'explique pas autrement.

Hier, j'ai reçu un télégramme qui disait "Répondez ou bien..."

Hier vers 15 h 30, je crois...

avant mon départ pour le théâtre.

Il disait :

"Répondez d'ici demain, ou l'accord sera caduc et notre contrat terminé."

Je ne sais pas ce qui lui a pris.

Je suis désolée, mais je ne peux pas faire ces représentations minables

et je ne peux pas changer de partenaire à chaque représentation.

Chaque représentation, s'il y a 10 Macbeth,

il y a 10 ténors différents et 10 barytons.

Alors désolée, je ne peux pas faire ça. Ce n'est pas de l'art.

Autant tout se dire, maintenant qu'on est lancés.

Savez-vous que l'année dernière,

j'ai dû faire Traviata sans jamais voir les décors ?

Jamais vu les décors auparavant, jamais rencontré mes partenaires.

Vous trouvez ça normal ? Est-ce bien sérieux pour un théâtre ?

Et je n'ai jamais rien dit, seuls mes amis étaient au courant.

Quand vous n'êtes pas occupée à enregistrer ou écouter un opéra...

Je sais ce que vous allez demander. Qu'est-ce que je fais, n'est-ce pas ?

- Des loisirs ? - Rien. Rien.

Je vis juste une vie d'humaine.

Je prends beaucoup l'air frais.

Même s'il pleut, je sors, tant pis si je suis mouillée.

Je fais un peu de cuisine. J'adore cuisiner.

Mon mari vient d'acheter

une petite maison au bord d'un lac, et un petit bateau à moteur.

En Italie ?

Oui, et je meurs d'envie d'apprendre à conduire cette petite chose.

Juste y aller et m'amuser.

J'avoue que j'ai un hobby très ridicule et embarrassant.

Mon mari me fait toujours marcher à ce sujet.

C'est quelque chose... Une manie, si vous voulez.

J'adore les recettes !

Je ne pourrais jamais m'en servir,

mais quand je trouve une recette dans un journal ou un magazine,

je la déchire et la colle dans un cahier.

C'est le seul vrai hobby que j'ai, n'est-ce pas ridicule ?

Je sais que ça l'est. Voilà !

Je vais vous envoyer une recette que j'ai trouvée l'autre jour.

Oh merci, j'adorerais !

... car moi je ne cuisine pas si je peux l'éviter.

Il y a bien un autre hobby, que j'aimerais avoir, c'est le carillon.

Le seul problème, c'est que j'ai une trop bonne oreille.

Quand j'entends quelque chose que je n'aime pas, ça m'énerve,

mais j'adore les carillons.

J'ai bien peur d'être vieux jeu même avec ça.

Vieux jeu ou non, avez-vous déjà envisagé de faire des comédies musicales ?

Eh bien, on m'a proposé des comédies musicales, je peux l'avouer.

Mais ce serait aller un peu trop loin.

Vous m'imaginez, moi, la tragédienne, chantant une comédie musicale !

Même si j'admets que j'y prendrais un certain plaisir.

Oh, on embête le chien !

C'est mon petit... Le petit monstre de la maison !

- Comment il s'appelle ? - Toy.

Quel autre nom donner à une petite chose pareille ?

Oh que tu es mignon !

Mon trésor...

Ma joie...

C'est plus difficile pour une femme

de mener une extraordinaire vie de famille qu'une carrière.

- De concilier les deux ? - J'ai fait carrière... C'est impossible.

Je doute qu'on puisse à la fois être une bonne mère de famille,

et mener une carrière magnifique.

- Pas avec mon travail. Ça ne marche pas. - Vraiment ?

C'est un travail à plein temps, ma carrière.

Je meurs d'envie de vous poser une question,

mais je ne sais pas comment.

Monsieur Aristote Onassis est un ami mutuel, un très bon ami,

et je pense que c'est un homme délicieux.

Quelles sont pour vous ses grandes qualités ?

Oh, vous pouvez demander...

Nous sommes les meilleurs amis, je l'ai toujours dit.

Je suis certaine qu'il me considère comme sa meilleure amie.

Et c'est déjà beaucoup dans la vie.

Il est charmant.

Très sincère.

Spontané.

Toutes de très belles qualités.

Vous vous êtes rencontrés il y a longtemps ?

En 1957, je crois, à Venise.

On était sur la plage, on s'est rencontré et sommes devenus de bons amis.

Nous le sommes restés et le resterons.

Toute notre vie, on espère.

S'il vous plaît, pourquoi quittez-vous Dallas ?

- Désolée. Je ne peux pas parler. - Quand irez-vous en Italie ?

Je pars cet après-midi avec le jet.

Comment appréhendez-vous l'audience au tribunal qui arrive ?

Je ne donne pas d'interview, Messieurs.

Que pensez-vous de ce désaccord à Dallas ?

Je ne donne pas d'interview.

Avez-vous eu des problèmes à Dallas ?

Pas du tout. Je ne donne pas d'interview.

Ne me poussez pas, je vous prie.

- Allez-vous épouser Monsieur Onassis ? - Pas d'interview. Ça suffit maintenant !

Vous souriez maintenant.

Pourquoi pas ? Quand vous êtes agréable, je souris.

On essaiera d'être agréables.

- Si vous me bousculez, je n'aime pas ça. - Ce n'était pas voulu.

- Si vous restiez immobile... - Il faut bien que je marche.

Espérez-vous que ce voyage en Italie mettra fin à cette querelle romantique ?

Ce n'est pas une querelle romantique. C'est une séparation, c'est tout.

Avez-vous parlé à Monsieur Onassis ?

Je parle à tous mes amis.

Espérez-vous voir Monsieur Onassis en Europe ?

J'espère voir tous mes amis, y compris Monsieur Onassis, et pourquoi pas.

Je ne répondrai plus à aucune question.

C'est tout Messieurs.

MENEGHINI CONTRE CALLAS

Ce serait tellement agréable de rentrer chez soi

et d'avoir une épaule solide sur laquelle s'appuyer.

J'espérais ça de mon mari.

J'avais bien tort.

La gloire lui est montée à la tête.

La gloire monte à la tête des autres, pas à la mienne.

La gloire me terrifie parce qu'il ne fait pas bon vivre, là-haut.

Mais autour de vous, les gens s'enivrent, c'est un vin qui leur monte à la tête.

Je croyais que c'était quelqu'un de bien.

Avec ma mère on ne s'entendait pas, et j'étais seule,

et j'ai cru que lui m'aimait vraiment.

Mais je crains qu'il n'ait aimé que ce que je représentais.

Il voulait tellement que je sois La Divina !

Il était méprisant avec les autres

alors que lui n'était rien de spécial.

Vous dites avoir été persécutée. De quelle période parlez-vous ?

Oh, quand je me suis séparée de mon mari,

c'était très dur, et les deux années auparavant.

Je ne sais pas pourquoi, c'était devenu une mode de m'attaquer...

Et je ne suis pas du genre à me défendre car je trouve ça inutile.

D'abord, les journalistes ont toujours le dernier mot,

ça ne sert à rien de se battre.

Et puis... Je n'aime pas me défendre.

Je veux croire que le temps fera bien les choses.

De quelle façon on vous reprochait... ?

On me reprochait des choses, j'étais incomprise.

Ils ont dit que j'étais explosive, orageuse,

que j'annulais des représentations et ci, et ça... C'était sans fin.

Oui, j'ai annulé des représentations, mais moins que d'autres chanteurs.

J'étais très célèbre, je suppose c'est encore un compliment,

mais quand je n'étais pas en bonne santé, je ne pouvais pas chanter.

Alors on m'a reproché... et vous savez

ces choses vous blessent.

Alors à un moment, il faut savoir se reposer pour...

remettre les choses en perspective et...

Vous disiez vouloir divorcer dès que la loi passera en Italie...

Oui. J'ai été séparée depuis 11 ans.

C'est un long moment !

Je confirme ce qui se dit :

vous avez vraiment changé, vous êtes une nouvelle femme.

Êtes-vous heureuse ?

Je suis bien plus heureuse qu'avant,

mais aucun artiste ne saurait vraiment être heureux.

Il se dit même que votre voix a changé, dans sa qualité.

Un artiste se développe avec les années.

Disons que l'on devient un animal apprivoisé,

alors qu'avant, on faisait les choses par instinct.

Je le fais toujours...

D'ailleurs, si vous venez à deux de mes représentations,

vous ne verrez jamais la même chose,

car je crois que tout doit être donné sur le moment,

de façon instinctive.

Mais on apprend aussi, on souffre, on évolue, on gagne en maturité.

Alors forcément, d'année en année,

on change notre interprétation.

Mais j'ai besoin de ressentir ce que je fais.

J'ai besoin d'apprécier les gens pour être avec eux.

Je ne pourrais jamais apprendre l'art d'être hypocrite.

J'aurais bien aimé.

L'amour est un enfant rebelle

Que nul ne peut apprivoiser

Et c'est bien en vain qu'on l'appelle

S'il lui convient de refuser

Rien n'y fait, menace ou prière

L'un parle bien, l'autre se tait

Et c'est l'autre que je préfère

Il n'a rien dit, mais il me plaît

L'amour...

L'amour est enfant de Bohême

Il n'a jamais, jamais connu de loi

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime

Si je t'aime, prends garde à toi

Si tu ne m'aimes pas

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime

Mais si je t'aime

Si je t'aime

Prends garde à toi

Si tu ne m'aimes pas

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime

Mais si je t'aime

Si je t'aime, prends garde à toi

L'oiseau que tu croyais surprendre

Battit de l'aile et s'envola

L'amour est loin, tu peux l'attendre

Tu ne l'attends plus, il est là

Tout autour de toi, vite, vite

Il vient, s'en va, puis il revient

Et tu crois le tenir, il t'évite

Tu crois l'éviter, il te tient

L'amour...

L'amour est enfant de Bohême

Il n'a jamais, jamais connu de loi

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime

Si je t'aime, prends garde à toi

Si tu ne m'aimes pas

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime

Mais si je t'aime

Si je t'aime

Prends garde à toi

Si tu ne m'aimes pas

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime

Et si je t'aime

Si je t'aime

Prends garde à toi

Depuis 2 mois, je n'ouvre plus la bouche que pour rire,

Dieu soit loué !

Je n'ai pas répété quotidiennement depuis longtemps,

et je risque de trébucher un peu.

J'ai relu les paroles au dernier moment.

Alors je ferai de mon mieux.

J'ai vécu d'art

J'ai vécu d'amour

Jamais je n'ai fait de mal

À une âme vivante

D'une main furtive

Combien de misères n'ai-je pas secourues

Toujours avec une foi sincère

Ma prière

Vers les saints tabernacles s'élevait

Toujours avec une foi sincère

Je portais des fleurs à l'autel

À l'heure de la douleur

Pourquoi, pourquoi, Seigneur

Pourquoi me récompenser ainsi ?

J'ai donné mes bijoux

Au manteau de la Madone

Et j'ai offert mon chant

Aux astres, au ciel, qui en souriaient plus beaux

À l'heure de la douleur

Pourquoi, pourquoi, Seigneur

Pourquoi me récompenser...

Ainsi ?

Quand vous regardez votre parcours, aimeriez-vous changer certaines choses

ou garderiez-vous l'ensemble tel quel ?

Je garderais l'ensemble tel quel, mon Dieu !

Jamais je n'aurais rêvé atteindre une position aussi privilégiée,

avec tout ce qu'elle a de bon et de mauvais.

J'ai eu la chance d'avoir quelque chose en moi

que j'ai pu montrer aux gens,

que j'ai pu leur donner et être comprise.

Vous trouvez que c'est peu ?

D'un autre côté, je n'ai pas eu de famille comme je l'aurais voulu

et ceci ou cela, mais...

être ici est déjà un privilège.

Avoir la possibilité de parler,

même si je parle mal, est un privilège.

Madame Callas, qu'est-ce que ça fait de revenir à New York

et au Metropolitan après une absence de sept longues années ?

Avant tout, une immense joie d'être, disons, chez moi.

Et je dois dire que...

tous les New-Yorkais ont montré très clairement

que j'étais ici chez moi.

C'est la première pensée heureuse que j'ai eue.

Avant de revenir, je dois vous avouer que j'étais terrifiée.

Je ne voulais pas,

et je cherchais des excuses pour ne pas y aller.

Denis, qu'est-ce qui vous amène ici ?

Madame Callas ou juste l'amour de l'opéra ?

Maria Callas. C'est la plus grande.

Il n'y a qu'elle pour qui je ferais ça.

Et vous, Alex, que faites-vous dans cette file ?

Je viens spécialement pour voir Callas.

C'est dommage qu'elle n'ait plus été ici et maintenant qu'elle accepte de revenir,

la manquer serait vraiment un crime.

Cette femme est sans aucun doute la plus grande chanteuse du siècle.

Pourquoi est-elle aussi géniale ?

Déjà, elle a une technique sublime,

et en tant qu'actrice...

Il n'y a pas de mots pour la décrire.

Et avec son magnétisme... Elle pourrait chanter moins bien un soir,

même si ça n'est jamais arrivé,

mais elle pourrait, et être tout aussi magnétique.

Cette femme est juste incroyable.

La moindre phrase, le moindre temps dans la partition

a un sens pour Madame Callas.

Donc à vos yeux, c'est du pur et simple génie ?

Carrément !

Depuis quand êtes-vous dans la file ?

Je suis arrivé hier à 16 h.

Comment avez-vous passé le temps ?

Je suis juste resté assis... suis allé en face pour chercher à manger.

Que va-t-il se passer quand elle apparaîtra enfin après 7 ans ?

Le public lui fera une ovation d'au moins 30 minutes,

et probablement debout. Même si je dois être le seul debout.

J'en suis certain.

- Vous pensez avoir de la compagnie ? - Oh, j'en suis certain, oui.

Dès que je suis apparue, il y a eu un tonnerre d'applaudissements.

Et vous êtes restée là, immobile...

Oui, j'étais figée dans ma position sans savoir quoi faire,

surtout avec une telle émotion.

J'aurais aimé me contenir,

mais je pleurais vraiment alors qu'il fallait que je chante.

Et je n'ai pas cessé pendant les 10 minutes suivantes.

J'étais trop émue pour faire quoi que ce soit correctement.

C'était bouleversant.

- Vraiment incroyable. - Cet accueil chaleureux...

La chaleur du public américain est unique au monde.

Ils ont mis un point d'honneur à montrer combien ils m'aimaient.

Ils méritent tout ce que j'ai de mieux à offrir.

Je ne pourrais jamais remercier les gens pour leurs lettres,

leurs cadeaux, leurs fleurs, leur adoration...

Je n'aurais jamais imaginé ça.

C'était vraiment unique.

Ah, je ne croyais pas te voir

Si tôt éteinte, ô fleur

Tu t'es fanée

Comme s'est fané l'amour

Qui n'a duré qu'un jour

Un seul jour...

Fanée comme s'est fané l'amour

Qui n'a duré qu'un jour

Mon chagrin pourra peut-être

Nouvelle vigueur te redonner

Mais faire renaître l'amour

Mon chagrin ne le peut

Ah, je ne croyais pas

Tout comme l'amour

Qui n'a duré qu'un jour

Un seul jour...

Tout comme l'amour...

Vous avez renoncé à la nationalité américaine ?

Oui c'est exact.

- Vous reprenez la nationalité grecque ? - J'ai déjà repris ma nationalité grecque.

Quelle est la raison derrière tout cela, Madame Callas ?

Eh bien, la vraie raison, c'est que je suis une femme libre.

Parce que selon la loi grecque,

toute personne qui ne s'est pas mariée après 1946 à l'église

n'est pas mariée.

Alors vous comprenez ?

Tout à fait. Et avez-vous l'intention d'épouser Monsieur Onassis ?

Oh, ce ne sont pas des questions...

Pour le moment, je suis une femme libre et très heureuse.

C'est pourquoi j'ai dû renoncer à la nationalité américaine, hélas.

Vous comprenez...

Il y a une prière que je fais, c'est ma prière à moi.

- J'espère que vous ne rirez pas de moi. - Non. Quelle est-elle ?

De temps en temps, je dis : "Dieu, aidez-moi.

"Donnez-moi ce que vous voulez. Bon ou mauvais, je n'ai pas le choix.

"Mais donnez-moi la force aussi de surmonter cela."

JACKIE RADIEUSE S'ENVOLE POUR ÉPOUSER ONASSIS EN GRÈCE

Pendant 9 ans, j'ai vécu une vie cachée,

une vie humiliante pour quelqu'un comme moi.

Et on n'en guérit pas en deux mois.

Je n'ai pas autant de temps pour en guérir.

L'année prochaine, il faut que je chante à n'importe quel prix.

J'ai laissé tomber une sacrée carrière.

Et c'est trop facile de dire : "Oh, merci pour tout !"

Pendant 8 ans, 9 ans, on a fait de notre mieux pour être heureux.

"Si c'est pas mignon !" comme on dit vulgairement.

C'est trop facile de dire "sans rancune".

Bien sûr on dit "Il faut que tu pardonnes,"

"et il ne doit pas y avoir de rancœur."

Je n'ai pas de rancœur, mais j'ai de la souffrance,

et comment m'en débarrasser ?

Une dernière cigarette et tu me raccompagnes ?

L'énorme couverture médiatique qui entoure votre amitié avec Aristote Onassis...

Comment cela limite votre vie ?

Y a-t-il une barrière qui vous empêche de vous voir et de vous parler

parce que vous savez que les photographes sont toujours là ?

Bien sûr ce n'est pas agréable

parce qu'il n'y a jamais de repos.

C'est un homme marié. Avant, c'est moi qui étais mariée.

Je le suis toujours, mais je divorcerai quand la loi le permettra.

Et c'est vrai qu'ils ont créé des problèmes.

Il avait une famille, des enfants.

Maintenant, il a une femme que je n'ai jamais rencontrée.

Jamais, alors...

Le fait de ne pas l'avoir rencontrée pourrait créer des problèmes.

Je ne sais pas. J'espère que non,

car je ne suis pas du genre à créer des problèmes.

Chaque rencontre est rendue plus difficile par l'exposition médiatique ?

Je ne sais pas.

Tout dépend si cet homme... a besoin de vous.

Je suis sûre que souvent Onassis

a besoin de moi comme amie,

car je lui dirais la vérité.

Pas que vous les hommes aimiez la vérité...

- N'est-ce pas ? - Ah non ?

On adore ça. On est tellement reconnaissant pour ça.

- Vous mentez. - On aime tellement la vérité.

On n'en a jamais assez.

Je suis certaine que Monsieur Onassis

pourrait toujours venir me voir avec ses problèmes

en sachant que je ne répéterai rien,

et qu'il trouverait un esprit objectif en moi.

Mais je suis sûre que vous vous demandez

si moi aussi j'aurais besoin de son amitié ?

Je suppose que oui.

Vous irez le voir avec vos problèmes ?

Oui, mais j'ai aussi plusieurs amis qui ont joué ce rôle entre-temps.

Juste de bons amis.

Mais oui, je le ferais.

Tout est question de timing dans la vie.

Ce que nous essayons de faire,

c'est de trouver la part humaine de Médée.

Une femme.

Avec toutes les expériences d'une femme.

Et même plus. Tout est plus grand.

Les sacrifices sont plus grands.

Tout est plus grand. Le paysage est plus grand.

Mais la douleur est la même que celle de n'importe quelle femme.

Et même encore plus.

À quel point aimeriez-vous faire d'autres films ?

Je n'ai pas tant d'expérience que ça.

Je ne sais pas ce que cette expérience m'apportera.

Je pense que nous devrions en parler un peu plus tard,

quand j'aurai fini ce travail.

Mais je dois dire que ce rôle est le rôle...

En tout cas, comme nous l'avons conçu,

je ne sais pas si ça se voit et si le public le percevra,

mais je ne pense pas que vous puissiez trouver de rôle...

aussi dur et complexe que celui-là.

Je crois qu'on a commencé par la fin au lieu du début, en fait.

LA VÉRITÉ SUR ARI ET SON ANCIEN AMOUR

CE QUE MARIA LUI APPORTE DE PLUS QUE JACKIE

ARI N'ENVISAGE PAS D'ARRÊTER DE VOIR MARIA JUSTE PARCE QU'IL EST MARIÉ

ILS SE SONT AIMÉS PENDANT 10 ANS ET IL A ENCORE DES SENTIMENTS POUR ELLE

ARI DE RETOUR LEUR AMOUR N'EST PAS MORT

COMMENT JACKIE A APPRIS LA VÉRITÉ SUR L'AVENTURE DE SON MARI

Vous avez déclaré dans une interview :

"Au fond, je dois n'être qu'une petite fille américaine

"parce que je voulais un prince charmant qui vienne et m'emmène loin."

- Très vrai. - Vous pensez qu'il viendra ?

Jusqu'à présent, il n'est pas venu. Ou peut-être que si...

Vous savez de qui je parle, bien sûr. Il n'y en a eu qu'un...

Le deuxième homme et sans doute le seul, un non-mari,

Monsieur Onassis.

Et vous voyez,

on espère beaucoup, peut-être est-ce ma faute.

J'ai mis cet homme sur un piédestal.

J'avais de grands espoirs, et sans doute j'ai été déçue.

Et sans doute était-ce de ma faute.

- Vous espérez encore ? - Espérer quoi ?

Vous espérez toujours que le prince charmant viendra ?

Ce ne sera pas un prince charmant. À notre âge...

À mon âge, je ne l'attends plus.

J'attends un homme vrai qui m'accepte comme je suis.

- Vous arrêteriez de chanter alors ? - Naturellement.

- Vraiment ? - À mon âge, oui.

Il se dit que "Maria Callas a abandonné le chant pour Aristote Onassis."

Je pourrais ne pas répondre à cela,

mais c'est une question honnête.

Je pensais qu'à partir du moment où j'avais rencontré un homme que j'aimais,

je n'avais plus besoin de chanter.

Parce que je pense que pour une femme...

La chose la plus importante pour une femme

est d'avoir un homme à soi et de le rendre heureux, lui.

Et j'ai de l'intégrité, et c'est un prix cher à payer...

pour reprendre l'expression d'Onassis.

On paie très cher le prix de l'intégrité et l'honnêteté.

Mais je suis prête à en payer le prix.

Je dois dire que ce soir, je suis plus émue que d'habitude

car quand un public vous aime tellement, je dois lui donner d'autant plus.

Alors c'est sans fin...

Alors je vais essayer encore un peu et faire l'air habituel :

"O mio bambino caro", oh mon public chéri.

C'était très, très gratifiant.

Ils applaudissaient probablement ce qu'ils espéraient entendre.

Je ne sais pas si je méritais tout cela,

mais on ne contredit jamais le public.

Ils avaient l'air très heureux, mais aussi très reconnaissants,

tout comme je l'étais, moi aussi, d'avoir pu revenir.

Ils ne peuvent pas juste applaudir la légende...

Si vous ne leur donnez pas matière à...

Et après tout, qu'est-ce qu'une légende ? C'est le public qui m'a faite.

Qu'est-ce qu'une légende ?

Je me trouve très humaine.

Si je n'étais pas humaine, j'aurais probablement mieux chanté.

J'ai eu un moment de panique au début et...

Vous savez quand le public vous aime tant, vous voulez donner tellement plus.

Et ce que je veux donner de plus n'est jamais autant que je voudrais.

Pas même au bon vieux temps.

Et pourtant, tu continues à vivre

Je suis la vie

Dans mes yeux est ton ciel

Tu n'es pas seule

Tes larmes, je les recueille

Je marche à tes côtés et te soutiens

Souris et espère

Je suis l'amour

Je suis l'amour

L'amour

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