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Il y a deux personnes en moi.
Je voudrais �tre Maria,
mais il y a La Callas dont il faut que je sois � la hauteur.
Je fais avec les deux autant que possible.
Et dans un moment crucial, qui l'emporte ? Maria ou Callas ?
J'aimerais penser que les deux vont de pair,
parce que Callas a �t� Maria,
dans mon chant et dans mon travail,
j'�tais fid�le � moi-m�me � chaque instant.
Je n'ai rien fait en trichant, j'ai travaill� en toute honn�tet�.
Donc Maria �tait...
Si quelqu'un tente de m'�couter, v�ritablement,
il y trouvera tout de moi.
Mes amies
Je suis venue
� l'appel de l'amour
Je suis venue
Au seuil de l'amour
O� se lie le destin
De qui vit et de qui meurt
Madame Callas, souligne un critique de musique,
a restaur� l'ancien �clat du titre de Prima Donna.
Leonard Bernstein l'appelle "pure �lectricit�".
- Bonsoir, Madame Callas. - Bonsoir, Monsieur Murrow.
- Et bienvenue chez vous. - Merci beaucoup.
Beaucoup de personnes ont l'impression que vous �tes italienne
et ignorent qu'en fait, vous avez grandi � New York. C'est juste ?
Oui, non seulement je suis n�e � New York,
et non � Brooklyn comme ils disent.
Non pas que Brooklyn soit un probl�me, mais juste dans un souci de v�rit�.
J'ai �t� �lev�e en Am�rique, � New York,
et j'en suis assez fi�re.
Quels sont vos souvenirs les plus marquants du temps de l'�cole ?
Eh bien, des jours heureux, je dois dire, des jours d'insouciance.
Le directeur �tait tr�s s�v�re et il ne cessait de r�p�ter :
"Les enfants, ma�trisez-vous. Rappelez-vous-en toute votre vie."
J'essaye.
M�me si c'est dur, parfois, de s'en rappeler.
Et aussi, je chantais � chaque fois aux spectacles de fin d'ann�e.
Vous savez, j'�tais la petite chanteuse de l'�cole.
Je chantais des op�rettes,
et je jouais les princes chinois, les marins,
ce genre de choses, autant que je m'en souvienne.
Je n'ai jamais su prononcer votre nom. Voulez-vous le faire pour moi ?
- En grec ? - En grec.
- Pr�t ? - Oui.
Kalogeropoulou.
Vous voyez, c'est un peu long.
C'est pour cela que votre p�re l'a chang� en "Callas" ?
Oui, j'en ai bien peur.
C'�tait d�j� fait avant que je ne sache faire la diff�rence.
Ma m�re �tait plut�t ambitieuse
et mon p�re tenait � ce que j'aie une �ducation musicale.
J'ai commenc� les cours de piano � 8 ans.
Je trouve �a cruel, en fait,
pardonnez-moi, mais il devrait y avoir une loi contre cela.
Les enfants ne devraient pas subir de telles responsabilit�s.
Ils ne tiennent pas longtemps.
Les enfants devraient avoir une enfance merveilleuse.
Je n'ai pas eu cette chance. J'aurais bien aim�.
Nous sommes partis pour la Gr�ce en 1937.
Je venais d'entrer au coll�ge
et j'ai d� partir en Gr�ce, et je n'ai pas pu continuer l'�cole l�-bas
car ma m�re avait d�cid� que je serai chanteuse.
Vous avez aim� votre enfance ? Vous avez profit� de votre jeunesse ?
Oui. Le peu que j'ai eu, j'en ai profit�.
Puis vous �tes all�e en Gr�ce et vous y avez �t� pi�g�e pendant toute la guerre ?
Oui.
Quels souvenirs en gardez-vous ?
C'�tait dur.
Je dois avouer que c'�tait dur, mais...
�a ne fait pas de mal de traverser des �preuves.
D�s que je suis arriv�e en Gr�ce, on m'a mise au conservatoire,
mais j'avais un probl�me d'�ge.
Le probl�me, c'est que je n'avais que 13 ans,
et je ne pouvais pas entrer au conservatoire avant 17 ans.
Mais j'�tais grande pour mon �ge
et je pouvais facilement justifier ce mensonge.
C'�tait le premier mensonge de ma vie !
J'aurais pr�f�r� avoir une famille heureuse et des enfants.
Je pense que c'est la vocation principale d'une femme.
Mais le destin m'a emmen�e dans cette carri�re.
Je ne pouvais pas en sortir...
et j'y ai �t� forc�e assez souvent
d'abord par ma m�re, puis par mon mari.
Je l'aurais abandonn�e avec plaisir.
Mais le destin est le destin et c'est sans issue.
Chaste d�esse
Dont la lumi�re argent�e illumine
Ces antiques plantes sacr�es
Tourne vers nous
Ton beau visage
Tourne vers nous...
Ton beau visage
Sans nuage
Et sans voile
Temp�re, � D�esse
Temp�re les c�urs ardents
Temp�re encore
Leur z�le audacieux
R�pands sur terre
Cette paix
R�pands sur terre...
Cette paix que tu fais r�gner...
Au ciel
Vous avez la r�putation d'�tre une bonne actrice.
Vous consid�rez que c'est n�cessaire ?
Oh oui ! Et comment !
Je ne pense pas que vous voudriez d'une artiste, d'une vraie artiste
qui ne sache pas jouer.
Je suis certaine que non.
Vous n'iriez m�me plus � l'op�ra.
L'op�ra peut �tre une chose futile,
mais �a peut aussi �tre la plus belle chose au monde.
Vous avez aussi la r�putation
d'�tre une des artistes les plus orageuses au monde.
Je ne vois pas ce que vous voulez dire par "orageuse".
Il y a eu beaucoup de bruit autour de �a
et je n'en ai pas vraiment compris le sens.
Pour cause de force majeure,
la repr�sentation est annul�e.
DEHORS LA CALLAS !
Adieu
Du pass�
Les beaux r�ves souriants
Les roses de mon visage
D�j� sont p�lies
L'amour d'Alfredo
Toujours me manque
R�confort et soutien
De mon �me �puis�e
R�confort...
Et soutien...
Ah, souris au d�sir de la d�voy�e
Pardonne-la
Accueille-la
� Dieu
Tout est fini
Maintenant tout est fini
Bienvenue � Chicago ! Comment allez-vous ?
Merci. Bien, merci.
Pourquoi ne parlez-vous pas � la presse ?
Vous avez mauvaise presse parce que vous ne nous parlez pas.
Peut-on parler de l'incident de Rome ?
Je n'en parle pas. Le sujet est clos pour moi.
Je suis ici pour Chicago.
Merci Messieurs.
Madame Callas, ces derni�res ann�es,
en particulier depuis que vous �tes associ�e au Met,
vous avez �t� la cible d'une somme consid�rable de mauvaise publicit�.
Comment expliquez-vous �a ?
J'ai �t� entra�n�e dans des situations �puisantes.
Comme vous le savez bien.
Et pourtant, j'ai toujours fait preuve de calme et de patience.
Le temps gu�rit beaucoup de choses,
et je suis certaine que le temps prouvera ce que je suis vraiment.
Je suis arriv� au point o� il a fallu d�cider si c'�tait Madame Callas
qui dirigeait le Met, ou moi.
Et � ce moment-l�, c'�tait moi,
et je l'ai dit.
Et j'ai mis un terme � notre contrat.
Donc vous avez vraiment vir� Maria Callas du Metropolitan ?
Si vous tenez � employer ce vilain mot, oui, c'est exact.
Mais je ne crois pas que Maria Callas soit vir�e,
elle est coup�e de notre relation.
Pourquoi � Dallas et pas ici ? Voil� ce que j'aimerais lui demander.
Pourquoi il ne fait pas ces repr�sentations au Met ?
J'y serais alors avec plaisir.
Avait-il besoin d'aller dire : "Ah, elle est insupportable !" ?
Je suis s�re qu'il a vu tant de gens plus insupportables.
Il s'est compl�tement... veng� sur moi
pour toutes les choses que les autres lui ont fait.
C'est un destin malheureux. Je n'ai pas eu de chance.
Mes autres coll�gues l'ont bless� bien plus que moi.
Au fond, j'en suis s�re, il me respecte et il m'aime.
Mais c'est un homme faible,
et je suppose que je paye pour tant d'autres...
Comme un vase qui se remplit, et j'�tais la goutte d'eau de trop.
Oui, il y a eu une dispute, j'ai juste refus� le contrat de l'ann�e suivante
parce qu'il me proposait l'ancien r�pertoire,
c'est-�-dire l'ancienne mise en sc�ne de Norma,
que vous avez tous vue...
Que vous avez chant� tant de fois.
La Norma, Le Barbier de S�ville, La Traviata, Lucia...
J'ai dit : "Non, d�sol�e, je ne fais pas dans la routine.
"Je veux de nouvelles repr�sentations, bien mises en sc�ne."
Vous savez, comme ici.
Un peu de sang neuf, comme � Dallas, bon Dieu !
Je suppose que �a l'a �nerv�.
Je ne sais pas. Je ne l'explique pas autrement.
Hier, j'ai re�u un t�l�gramme qui disait "R�pondez ou bien..."
Hier vers 15 h 30, je crois...
avant mon d�part pour le th��tre.
Il disait :
"R�pondez d'ici demain, ou l'accord sera caduc et notre contrat termin�."
Je ne sais pas ce qui lui a pris.
Je suis d�sol�e, mais je ne peux pas faire ces repr�sentations minables
et je ne peux pas changer de partenaire � chaque repr�sentation.
Chaque repr�sentation, s'il y a 10 Macbeth,
il y a 10 t�nors diff�rents et 10 barytons.
Alors d�sol�e, je ne peux pas faire �a. Ce n'est pas de l'art.
Autant tout se dire, maintenant qu'on est lanc�s.
Savez-vous que l'ann�e derni�re,
j'ai d� faire Traviata sans jamais voir les d�cors ?
Jamais vu les d�cors auparavant, jamais rencontr� mes partenaires.
Vous trouvez �a normal ? Est-ce bien s�rieux pour un th��tre ?
Et je n'ai jamais rien dit, seuls mes amis �taient au courant.
Quand vous n'�tes pas occup�e � enregistrer ou �couter un op�ra...
Je sais ce que vous allez demander. Qu'est-ce que je fais, n'est-ce pas ?
- Des loisirs ? - Rien. Rien.
Je vis juste une vie d'humaine.
Je prends beaucoup l'air frais.
M�me s'il pleut, je sors, tant pis si je suis mouill�e.
Je fais un peu de cuisine. J'adore cuisiner.
Mon mari vient d'acheter
une petite maison au bord d'un lac, et un petit bateau � moteur.
En Italie ?
Oui, et je meurs d'envie d'apprendre � conduire cette petite chose.
Juste y aller et m'amuser.
J'avoue que j'ai un hobby tr�s ridicule et embarrassant.
Mon mari me fait toujours marcher � ce sujet.
C'est quelque chose... Une manie, si vous voulez.
J'adore les recettes !
Je ne pourrais jamais m'en servir,
mais quand je trouve une recette dans un journal ou un magazine,
je la d�chire et la colle dans un cahier.
C'est le seul vrai hobby que j'ai, n'est-ce pas ridicule ?
Je sais que �a l'est. Voil� !
Je vais vous envoyer une recette que j'ai trouv�e l'autre jour.
Oh merci, j'adorerais !
... car moi je ne cuisine pas si je peux l'�viter.
Il y a bien un autre hobby, que j'aimerais avoir, c'est le carillon.
Le seul probl�me, c'est que j'ai une trop bonne oreille.
Quand j'entends quelque chose que je n'aime pas, �a m'�nerve,
mais j'adore les carillons.
J'ai bien peur d'�tre vieux jeu m�me avec �a.
Vieux jeu ou non, avez-vous d�j� envisag� de faire des com�dies musicales ?
Eh bien, on m'a propos� des com�dies musicales, je peux l'avouer.
Mais ce serait aller un peu trop loin.
Vous m'imaginez, moi, la trag�dienne, chantant une com�die musicale !
M�me si j'admets que j'y prendrais un certain plaisir.
Oh, on emb�te le chien !
C'est mon petit... Le petit monstre de la maison !
- Comment il s'appelle ? - Toy.
Quel autre nom donner � une petite chose pareille ?
Oh que tu es mignon !
Mon tr�sor...
Ma joie...
C'est plus difficile pour une femme
de mener une extraordinaire vie de famille qu'une carri�re.
- De concilier les deux ? - J'ai fait carri�re... C'est impossible.
Je doute qu'on puisse � la fois �tre une bonne m�re de famille,
et mener une carri�re magnifique.
- Pas avec mon travail. �a ne marche pas. - Vraiment ?
C'est un travail � plein temps, ma carri�re.
Je meurs d'envie de vous poser une question,
mais je ne sais pas comment.
Monsieur Aristote Onassis est un ami mutuel, un tr�s bon ami,
et je pense que c'est un homme d�licieux.
Quelles sont pour vous ses grandes qualit�s ?
Oh, vous pouvez demander...
Nous sommes les meilleurs amis, je l'ai toujours dit.
Je suis certaine qu'il me consid�re comme sa meilleure amie.
Et c'est d�j� beaucoup dans la vie.
Il est charmant.
Tr�s sinc�re.
Spontan�.
Toutes de tr�s belles qualit�s.
Vous vous �tes rencontr�s il y a longtemps ?
En 1957, je crois, � Venise.
On �tait sur la plage, on s'est rencontr� et sommes devenus de bons amis.
Nous le sommes rest�s et le resterons.
Toute notre vie, on esp�re.
S'il vous pla�t, pourquoi quittez-vous Dallas ?
- D�sol�e. Je ne peux pas parler. - Quand irez-vous en Italie ?
Je pars cet apr�s-midi avec le jet.
Comment appr�hendez-vous l'audience au tribunal qui arrive ?
Je ne donne pas d'interview, Messieurs.
Que pensez-vous de ce d�saccord � Dallas ?
Je ne donne pas d'interview.
Avez-vous eu des probl�mes � Dallas ?
Pas du tout. Je ne donne pas d'interview.
Ne me poussez pas, je vous prie.
- Allez-vous �pouser Monsieur Onassis ? - Pas d'interview. �a suffit maintenant !
Vous souriez maintenant.
Pourquoi pas ? Quand vous �tes agr�able, je souris.
On essaiera d'�tre agr�ables.
- Si vous me bousculez, je n'aime pas �a. - Ce n'�tait pas voulu.
- Si vous restiez immobile... - Il faut bien que je marche.
Esp�rez-vous que ce voyage en Italie mettra fin � cette querelle romantique ?
Ce n'est pas une querelle romantique. C'est une s�paration, c'est tout.
Avez-vous parl� � Monsieur Onassis ?
Je parle � tous mes amis.
Esp�rez-vous voir Monsieur Onassis en Europe ?
J'esp�re voir tous mes amis, y compris Monsieur Onassis, et pourquoi pas.
Je ne r�pondrai plus � aucune question.
C'est tout Messieurs.
MENEGHINI CONTRE CALLAS
Ce serait tellement agr�able de rentrer chez soi
et d'avoir une �paule solide sur laquelle s'appuyer.
J'esp�rais �a de mon mari.
J'avais bien tort.
La gloire lui est mont�e � la t�te.
La gloire monte � la t�te des autres, pas � la mienne.
La gloire me terrifie parce qu'il ne fait pas bon vivre, l�-haut.
Mais autour de vous, les gens s'enivrent, c'est un vin qui leur monte � la t�te.
Je croyais que c'�tait quelqu'un de bien.
Avec ma m�re on ne s'entendait pas, et j'�tais seule,
et j'ai cru que lui m'aimait vraiment.
Mais je crains qu'il n'ait aim� que ce que je repr�sentais.
Il voulait tellement que je sois La Divina !
Il �tait m�prisant avec les autres
alors que lui n'�tait rien de sp�cial.
Vous dites avoir �t� pers�cut�e. De quelle p�riode parlez-vous ?
Oh, quand je me suis s�par�e de mon mari,
c'�tait tr�s dur, et les deux ann�es auparavant.
Je ne sais pas pourquoi, c'�tait devenu une mode de m'attaquer...
Et je ne suis pas du genre � me d�fendre car je trouve �a inutile.
D'abord, les journalistes ont toujours le dernier mot,
�a ne sert � rien de se battre.
Et puis... Je n'aime pas me d�fendre.
Je veux croire que le temps fera bien les choses.
De quelle fa�on on vous reprochait... ?
On me reprochait des choses, j'�tais incomprise.
Ils ont dit que j'�tais explosive, orageuse,
que j'annulais des repr�sentations et ci, et �a... C'�tait sans fin.
Oui, j'ai annul� des repr�sentations, mais moins que d'autres chanteurs.
J'�tais tr�s c�l�bre, je suppose c'est encore un compliment,
mais quand je n'�tais pas en bonne sant�, je ne pouvais pas chanter.
Alors on m'a reproch�... et vous savez
ces choses vous blessent.
Alors � un moment, il faut savoir se reposer pour...
remettre les choses en perspective et...
Vous disiez vouloir divorcer d�s que la loi passera en Italie...
Oui. J'ai �t� s�par�e depuis 11 ans.
C'est un long moment !
Je confirme ce qui se dit :
vous avez vraiment chang�, vous �tes une nouvelle femme.
�tes-vous heureuse ?
Je suis bien plus heureuse qu'avant,
mais aucun artiste ne saurait vraiment �tre heureux.
Il se dit m�me que votre voix a chang�, dans sa qualit�.
Un artiste se d�veloppe avec les ann�es.
Disons que l'on devient un animal apprivois�,
alors qu'avant, on faisait les choses par instinct.
Je le fais toujours...
D'ailleurs, si vous venez � deux de mes repr�sentations,
vous ne verrez jamais la m�me chose,
car je crois que tout doit �tre donn� sur le moment,
de fa�on instinctive.
Mais on apprend aussi, on souffre, on �volue, on gagne en maturit�.
Alors forc�ment, d'ann�e en ann�e,
on change notre interpr�tation.
Mais j'ai besoin de ressentir ce que je fais.
J'ai besoin d'appr�cier les gens pour �tre avec eux.
Je ne pourrais jamais apprendre l'art d'�tre hypocrite.
J'aurais bien aim�.
L'amour est un enfant rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c'est bien en vain qu'on l'appelle
S'il lui convient de refuser
Rien n'y fait, menace ou pri�re
L'un parle bien, l'autre se tait
Et c'est l'autre que je pr�f�re
Il n'a rien dit, mais il me pla�t
L'amour...
L'amour est enfant de Boh�me
Il n'a jamais, jamais connu de loi
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Si je t'aime, prends garde � toi
Si tu ne m'aimes pas
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Mais si je t'aime
Si je t'aime
Prends garde � toi
Si tu ne m'aimes pas
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Mais si je t'aime
Si je t'aime, prends garde � toi
L'oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l'aile et s'envola
L'amour est loin, tu peux l'attendre
Tu ne l'attends plus, il est l�
Tout autour de toi, vite, vite
Il vient, s'en va, puis il revient
Et tu crois le tenir, il t'�vite
Tu crois l'�viter, il te tient
L'amour...
L'amour est enfant de Boh�me
Il n'a jamais, jamais connu de loi
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Si je t'aime, prends garde � toi
Si tu ne m'aimes pas
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Mais si je t'aime
Si je t'aime
Prends garde � toi
Si tu ne m'aimes pas
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Et si je t'aime
Si je t'aime
Prends garde � toi
Depuis 2 mois, je n'ouvre plus la bouche que pour rire,
Dieu soit lou� !
Je n'ai pas r�p�t� quotidiennement depuis longtemps,
et je risque de tr�bucher un peu.
J'ai relu les paroles au dernier moment.
Alors je ferai de mon mieux.
J'ai v�cu d'art
J'ai v�cu d'amour
Jamais je n'ai fait de mal
� une �me vivante
D'une main furtive
Combien de mis�res n'ai-je pas secourues
Toujours avec une foi sinc�re
Ma pri�re
Vers les saints tabernacles s'�levait
Toujours avec une foi sinc�re
Je portais des fleurs � l'autel
� l'heure de la douleur
Pourquoi, pourquoi, Seigneur
Pourquoi me r�compenser ainsi ?
J'ai donn� mes bijoux
Au manteau de la Madone
Et j'ai offert mon chant
Aux astres, au ciel, qui en souriaient plus beaux
� l'heure de la douleur
Pourquoi, pourquoi, Seigneur
Pourquoi me r�compenser...
Ainsi ?
Quand vous regardez votre parcours, aimeriez-vous changer certaines choses
ou garderiez-vous l'ensemble tel quel ?
Je garderais l'ensemble tel quel, mon Dieu !
Jamais je n'aurais r�v� atteindre une position aussi privil�gi�e,
avec tout ce qu'elle a de bon et de mauvais.
J'ai eu la chance d'avoir quelque chose en moi
que j'ai pu montrer aux gens,
que j'ai pu leur donner et �tre comprise.
Vous trouvez que c'est peu ?
D'un autre c�t�, je n'ai pas eu de famille comme je l'aurais voulu
et ceci ou cela, mais...
�tre ici est d�j� un privil�ge.
Avoir la possibilit� de parler,
m�me si je parle mal, est un privil�ge.
Madame Callas, qu'est-ce que �a fait de revenir � New York
et au Metropolitan apr�s une absence de sept longues ann�es ?
Avant tout, une immense joie d'�tre, disons, chez moi.
Et je dois dire que...
tous les New-Yorkais ont montr� tr�s clairement
que j'�tais ici chez moi.
C'est la premi�re pens�e heureuse que j'ai eue.
Avant de revenir, je dois vous avouer que j'�tais terrifi�e.
Je ne voulais pas,
et je cherchais des excuses pour ne pas y aller.
Denis, qu'est-ce qui vous am�ne ici ?
Madame Callas ou juste l'amour de l'op�ra ?
Maria Callas. C'est la plus grande.
Il n'y a qu'elle pour qui je ferais �a.
Et vous, Alex, que faites-vous dans cette file ?
Je viens sp�cialement pour voir Callas.
C'est dommage qu'elle n'ait plus �t� ici et maintenant qu'elle accepte de revenir,
la manquer serait vraiment un crime.
Cette femme est sans aucun doute la plus grande chanteuse du si�cle.
Pourquoi est-elle aussi g�niale ?
D�j�, elle a une technique sublime,
et en tant qu'actrice...
Il n'y a pas de mots pour la d�crire.
Et avec son magn�tisme... Elle pourrait chanter moins bien un soir,
m�me si �a n'est jamais arriv�,
mais elle pourrait, et �tre tout aussi magn�tique.
Cette femme est juste incroyable.
La moindre phrase, le moindre temps dans la partition
a un sens pour Madame Callas.
Donc � vos yeux, c'est du pur et simple g�nie ?
Carr�ment !
Depuis quand �tes-vous dans la file ?
Je suis arriv� hier � 16 h.
Comment avez-vous pass� le temps ?
Je suis juste rest� assis... suis all� en face pour chercher � manger.
Que va-t-il se passer quand elle appara�tra enfin apr�s 7 ans ?
Le public lui fera une ovation d'au moins 30 minutes,
et probablement debout. M�me si je dois �tre le seul debout.
J'en suis certain.
- Vous pensez avoir de la compagnie ? - Oh, j'en suis certain, oui.
D�s que je suis apparue, il y a eu un tonnerre d'applaudissements.
Et vous �tes rest�e l�, immobile...
Oui, j'�tais fig�e dans ma position sans savoir quoi faire,
surtout avec une telle �motion.
J'aurais aim� me contenir,
mais je pleurais vraiment alors qu'il fallait que je chante.
Et je n'ai pas cess� pendant les 10 minutes suivantes.
J'�tais trop �mue pour faire quoi que ce soit correctement.
C'�tait bouleversant.
- Vraiment incroyable. - Cet accueil chaleureux...
La chaleur du public am�ricain est unique au monde.
Ils ont mis un point d'honneur � montrer combien ils m'aimaient.
Ils m�ritent tout ce que j'ai de mieux � offrir.
Je ne pourrais jamais remercier les gens pour leurs lettres,
leurs cadeaux, leurs fleurs, leur adoration...
Je n'aurais jamais imagin� �a.
C'�tait vraiment unique.
Ah, je ne croyais pas te voir
Si t�t �teinte, � fleur
Tu t'es fan�e
Comme s'est fan� l'amour
Qui n'a dur� qu'un jour
Un seul jour...
Fan�e comme s'est fan� l'amour
Qui n'a dur� qu'un jour
Mon chagrin pourra peut-�tre
Nouvelle vigueur te redonner
Mais faire rena�tre l'amour
Mon chagrin ne le peut
Ah, je ne croyais pas
Tout comme l'amour
Qui n'a dur� qu'un jour
Un seul jour...
Tout comme l'amour...
Vous avez renonc� � la nationalit� am�ricaine ?
Oui c'est exact.
- Vous reprenez la nationalit� grecque ? - J'ai d�j� repris ma nationalit� grecque.
Quelle est la raison derri�re tout cela, Madame Callas ?
Eh bien, la vraie raison, c'est que je suis une femme libre.
Parce que selon la loi grecque,
toute personne qui ne s'est pas mari�e apr�s 1946 � l'�glise
n'est pas mari�e.
Alors vous comprenez ?
Tout � fait. Et avez-vous l'intention d'�pouser Monsieur Onassis ?
Oh, ce ne sont pas des questions...
Pour le moment, je suis une femme libre et tr�s heureuse.
C'est pourquoi j'ai d� renoncer � la nationalit� am�ricaine, h�las.
Vous comprenez...
Il y a une pri�re que je fais, c'est ma pri�re � moi.
- J'esp�re que vous ne rirez pas de moi. - Non. Quelle est-elle ?
De temps en temps, je dis : "Dieu, aidez-moi.
"Donnez-moi ce que vous voulez. Bon ou mauvais, je n'ai pas le choix.
"Mais donnez-moi la force aussi de surmonter cela."
JACKIE RADIEUSE S'ENVOLE POUR �POUSER ONASSIS EN GR�CE
Pendant 9 ans, j'ai v�cu une vie cach�e,
une vie humiliante pour quelqu'un comme moi.
Et on n'en gu�rit pas en deux mois.
Je n'ai pas autant de temps pour en gu�rir.
L'ann�e prochaine, il faut que je chante � n'importe quel prix.
J'ai laiss� tomber une sacr�e carri�re.
Et c'est trop facile de dire : "Oh, merci pour tout !"
Pendant 8 ans, 9 ans, on a fait de notre mieux pour �tre heureux.
"Si c'est pas mignon !" comme on dit vulgairement.
C'est trop facile de dire "sans rancune".
Bien s�r on dit "Il faut que tu pardonnes,"
"et il ne doit pas y avoir de ranc�ur."
Je n'ai pas de ranc�ur, mais j'ai de la souffrance,
et comment m'en d�barrasser ?
Une derni�re cigarette et tu me raccompagnes ?
L'�norme couverture m�diatique qui entoure votre amiti� avec Aristote Onassis...
Comment cela limite votre vie ?
Y a-t-il une barri�re qui vous emp�che de vous voir et de vous parler
parce que vous savez que les photographes sont toujours l� ?
Bien s�r ce n'est pas agr�able
parce qu'il n'y a jamais de repos.
C'est un homme mari�. Avant, c'est moi qui �tais mari�e.
Je le suis toujours, mais je divorcerai quand la loi le permettra.
Et c'est vrai qu'ils ont cr�� des probl�mes.
Il avait une famille, des enfants.
Maintenant, il a une femme que je n'ai jamais rencontr�e.
Jamais, alors...
Le fait de ne pas l'avoir rencontr�e pourrait cr�er des probl�mes.
Je ne sais pas. J'esp�re que non,
car je ne suis pas du genre � cr�er des probl�mes.
Chaque rencontre est rendue plus difficile par l'exposition m�diatique ?
Je ne sais pas.
Tout d�pend si cet homme... a besoin de vous.
Je suis s�re que souvent Onassis
a besoin de moi comme amie,
car je lui dirais la v�rit�.
Pas que vous les hommes aimiez la v�rit�...
- N'est-ce pas ? - Ah non ?
On adore �a. On est tellement reconnaissant pour �a.
- Vous mentez. - On aime tellement la v�rit�.
On n'en a jamais assez.
Je suis certaine que Monsieur Onassis
pourrait toujours venir me voir avec ses probl�mes
en sachant que je ne r�p�terai rien,
et qu'il trouverait un esprit objectif en moi.
Mais je suis s�re que vous vous demandez
si moi aussi j'aurais besoin de son amiti� ?
Je suppose que oui.
Vous irez le voir avec vos probl�mes ?
Oui, mais j'ai aussi plusieurs amis qui ont jou� ce r�le entre-temps.
Juste de bons amis.
Mais oui, je le ferais.
Tout est question de timing dans la vie.
Ce que nous essayons de faire,
c'est de trouver la part humaine de M�d�e.
Une femme.
Avec toutes les exp�riences d'une femme.
Et m�me plus. Tout est plus grand.
Les sacrifices sont plus grands.
Tout est plus grand. Le paysage est plus grand.
Mais la douleur est la m�me que celle de n'importe quelle femme.
Et m�me encore plus.
� quel point aimeriez-vous faire d'autres films ?
Je n'ai pas tant d'exp�rience que �a.
Je ne sais pas ce que cette exp�rience m'apportera.
Je pense que nous devrions en parler un peu plus tard,
quand j'aurai fini ce travail.
Mais je dois dire que ce r�le est le r�le...
En tout cas, comme nous l'avons con�u,
je ne sais pas si �a se voit et si le public le percevra,
mais je ne pense pas que vous puissiez trouver de r�le...
aussi dur et complexe que celui-l�.
Je crois qu'on a commenc� par la fin au lieu du d�but, en fait.
LA V�RIT� SUR ARI ET SON ANCIEN AMOUR
CE QUE MARIA LUI APPORTE DE PLUS QUE JACKIE
ARI N'ENVISAGE PAS D'ARR�TER DE VOIR MARIA JUSTE PARCE QU'IL EST MARI�
ILS SE SONT AIM�S PENDANT 10 ANS ET IL A ENCORE DES SENTIMENTS POUR ELLE
ARI DE RETOUR LEUR AMOUR N'EST PAS MORT
COMMENT JACKIE A APPRIS LA V�RIT� SUR L'AVENTURE DE SON MARI
Vous avez d�clar� dans une interview :
"Au fond, je dois n'�tre qu'une petite fille am�ricaine
"parce que je voulais un prince charmant qui vienne et m'emm�ne loin."
- Tr�s vrai. - Vous pensez qu'il viendra ?
Jusqu'� pr�sent, il n'est pas venu. Ou peut-�tre que si...
Vous savez de qui je parle, bien s�r. Il n'y en a eu qu'un...
Le deuxi�me homme et sans doute le seul, un non-mari,
Monsieur Onassis.
Et vous voyez,
on esp�re beaucoup, peut-�tre est-ce ma faute.
J'ai mis cet homme sur un pi�destal.
J'avais de grands espoirs, et sans doute j'ai �t� d��ue.
Et sans doute �tait-ce de ma faute.
- Vous esp�rez encore ? - Esp�rer quoi ?
Vous esp�rez toujours que le prince charmant viendra ?
Ce ne sera pas un prince charmant. � notre �ge...
� mon �ge, je ne l'attends plus.
J'attends un homme vrai qui m'accepte comme je suis.
- Vous arr�teriez de chanter alors ? - Naturellement.
- Vraiment ? - � mon �ge, oui.
Il se dit que "Maria Callas a abandonn� le chant pour Aristote Onassis."
Je pourrais ne pas r�pondre � cela,
mais c'est une question honn�te.
Je pensais qu'� partir du moment o� j'avais rencontr� un homme que j'aimais,
je n'avais plus besoin de chanter.
Parce que je pense que pour une femme...
La chose la plus importante pour une femme
est d'avoir un homme � soi et de le rendre heureux, lui.
Et j'ai de l'int�grit�, et c'est un prix cher � payer...
pour reprendre l'expression d'Onassis.
On paie tr�s cher le prix de l'int�grit� et l'honn�tet�.
Mais je suis pr�te � en payer le prix.
Je dois dire que ce soir, je suis plus �mue que d'habitude
car quand un public vous aime tellement, je dois lui donner d'autant plus.
Alors c'est sans fin...
Alors je vais essayer encore un peu et faire l'air habituel :
"O mio bambino caro", oh mon public ch�ri.
C'�tait tr�s, tr�s gratifiant.
Ils applaudissaient probablement ce qu'ils esp�raient entendre.
Je ne sais pas si je m�ritais tout cela,
mais on ne contredit jamais le public.
Ils avaient l'air tr�s heureux, mais aussi tr�s reconnaissants,
tout comme je l'�tais, moi aussi, d'avoir pu revenir.
Ils ne peuvent pas juste applaudir la l�gende...
Si vous ne leur donnez pas mati�re �...
Et apr�s tout, qu'est-ce qu'une l�gende ? C'est le public qui m'a faite.
Qu'est-ce qu'une l�gende ?
Je me trouve tr�s humaine.
Si je n'�tais pas humaine, j'aurais probablement mieux chant�.
J'ai eu un moment de panique au d�but et...
Vous savez quand le public vous aime tant, vous voulez donner tellement plus.
Et ce que je veux donner de plus n'est jamais autant que je voudrais.
Pas m�me au bon vieux temps.
Et pourtant, tu continues � vivre
Je suis la vie
Dans mes yeux est ton ciel
Tu n'es pas seule
Tes larmes, je les recueille
Je marche � tes c�t�s et te soutiens
Souris et esp�re
Je suis l'amour
Je suis l'amour
L'amour
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