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Bombardements.
-La compote de calva, L�one ! Vite, les Prussiens approchent !
-Je voudrais un renseignement.
Le 4 de la rue des Moulins. -Voil�.
-Rue des Moulins, connais pas. -Bon.
-Hep !
C'est la 2e � droite. -Merci.
Bombardements lointains.
-Madame Fernande, s'il vous pla�t !
-Au salon. -Le monde � l'envers !
-Vous �tes pr�te, Mme Fernande ? -Oui, je m'occupe de la caisse.
Bombardements.
-Que fais-tu l� ? -Mme Fernande ?
-Oui. -Je m'appelle Babette.
Je viens de Conflans de la part de Simon, mar�chal des logis.
-Je n'ai pas le temps. -Je vous aide ?
-Oui, mon p'tit ! Allez, Gaby ! Ouvre les volets en grand !
Tu venais pour quoi ? -Travailler.
-Le pays est � feu et � sang. La civilisation est menac�e.
Et mademoiselle oserait batifoler ! -Batifoler ?
-On ne manque pas de souffle � Conflans !
-Les Allemands sont � 10 km ! -Et la mar�e, � 5 h 20.
Le capitaine va faire un raffut ! -L'appel au calme,
..c'est pour tous !
Que fais-tu l� ? Rentre chez toi. -Mais o� ?
-T'es seule ? T'as personne ? -Personne.
-Monte, on t'emm�ne !
Non, pas de v�lo ! -Merci, vous �tes gentille.
-Je ne laisserai pas une Fran�aise aux mains des vainqueurs !
Ils se croient tout permis !
Comme dit Monsieur, on nous passera peut-�tre dessus, pas sans payer !
-Mesdames, la mar�e est � 5 h 22 !
L'"Intr�pide" n'�tant pas amphibie, apr�s 8 min,
..je ne r�ponds plus de rien ! -Vite, il est � cran !
-Mais non !
Tiens, une nouvelle. Charmante personne.
Capitaine Gustave Fr�mont, retrait� de la marine marchande.
30 ans de naufrage, mais bon pied, bon oeil !
Vous �tes ravissante ! Bienvenue � bord.
-?a va comme �a ! Le temps presse !
-Tr�s juste. -Posez vos valises, d�p�chez-vous !
-Mesdemoiselles, asseyez-vous !
Alors M. Marcel, par� ? -Par�, capitaine !
-Mettez la machinerie en route. Larguez les amarres !
En avant toute !
Le moteur s'arr�te. -Alors, M. Marcel !
-Je ne sais pas ce qu'il a. -J'aurais d� prendre mon v�lo !
?a red�marre. -Bravo ! Merveilleux enfant !
Cap sur le vent et pavillon !
-Allez, M. Marcel, la gomme ! On vaut mieux que �a !
Du nerf, de l'audace ! -C'est pas prudent.
-Nous ne contr�lons plus les routes mais nous ma�trisons les mers.
Sur les grands flots bleus...
On admire les �toiles... Rire.
...
-On sera au Havre pour d�ner. -Cris de joie.
-Je connais personne ! -Dans le m�tier,
..les relations se font vite. -Comment t'es entr�e en maison ?
-J'y ai toujours �t�. -Si Monsieur t'entendait,
..tu lui plairais !
Qui t'a plac�e la premi�re fois ? -L'assistance. A 14 ans.
-Hein ? -Fra�che, l'administration !
-Chez un notaire � N�mes.
Rires.
-Pourquoi vous riez ?
Rires.
-Nous ne parlons pas des m�mes maisons. Il �tait gentil ?
-Trop. Le lendemain, je suis partie et j'ai �t� me placer � Conflans.
La brasserie du "Lion d'Or". Le patron a eu les oreillons.
-C'est emb�tant ! -Seuls les dominos..
..et la p�che l'int�ressaient. -Pourquoi t'es partie ?
-C'est eux. Ils avaient peur des Allemands.
-Ils auraient pu t'emmener ! -Pas de place.
C'�tait l'argenterie ou moi. Vous pensez... marqu�e � leur nom !
-?coute, Babette, t'es belle fille, t'as bon coeur...
?a ne va pas ensemble. Attention. -A quoi ?
D'abord... Le moteur �clate.
-Eh ben, M. Marcel !
-Fallait s'en douter !
-Le moteur est p�t�. -Simple avarie ! ?a se r�pare.
-Plus � cet �ge-l� ! -La panne !
-On va couler ! -Apprenez-moi � nager !
-Silence ! Tout le monde assis !
-Nous ma�trisons la situation ! R�actions.
-Hisse les signaux de d�tresse.
Maintenant, c'est une affaire entre la m�canique et l'esprit humain !
On parle anglais dans un haut-parleur.
-Au nom de Sa Majest� britannique,
..mettez votre b�timent � disposition des alli�s.
-Je ne mets rien du tout ! On est en panne, on nous a remorqu�s.
C'est gentil � la flotte de Sa Majest�,
..mais une fois r�par�, je retourne en France !
-Impossible.
Vous �tes r�quisitionn�.
-Merde ! R�actions.
-Ce qui flotte participe au sauvetage..
..de l'arm�e de Dunkerque.
Nous mettrons votre moteur en �tat.
Mesdames, suivez-moi.
R�actions.
-Monsieur, moi, je veux retourner � Conflans !
-Descendez, s'il vous pla�t !
Pas de femmes sur un navire de guerre.
-Un navire de guerre ? -Descendez.
-Excuse-moi ! Tu ne m'en veux pas ?
-On nous d�barque ? -La loi.
-Imb�cile ! -C'est un bateau de plaisance.
Et �a devient un navire de guerre. -La guerre, une histoire de fous !
-Au revoir, mon p'tit !
-Au revoir ! -Au revoir, les filles !
-?a va, vous !
D�p�chez-vous un peu !
Coups de feu.
-Stop ! Stop !
Stop !
-Come on !
Coups de feu.
Il parle anglais.
-Que se passe-t-il ?
-L'invasion ! -J'en ai peur.
-Hitler nous suit partout ! -Il devient collant ! Je vais voir.
-T'es folle ! -Une attraction !
- Regarde � l'int�rieur ! - Il est parti !
-Miss !
Miss !
Ne craignez rien !
-Vous �tes Fran�ais ?
-Vous aussi ?
-De Conflans ! On s'embrasse ! -Et comment !
-A moi !
-Haut les mains !
-Oh, celui-l� ! Tirez pas, ils sont Fran�ais !
-Fran�ais ? -Bien s�r !
-Votre avion n'est pas tr�s fran�ais, lui !
-On l'a fauch�. -?a alors !
-On �tait prisonniers sur un a�rodrome. Par ici la bonne soupe !
-Mais qu'�tes-vous venus faire ici ?
-Rejoindre de Gaulle. -Qui ?
-Il donne des billets de retour pour la France.
-Voil� celui que je cherche ! -Vous aussi ?
Elle parle anglais.
-Stand over there.
-Passe devant.
Si les militaires attaquent, d�fends-toi !
Je vais les embrouiller. Va !
-Mon bas a fil� ! -Please !
Nous sommes dans la route ! Twelve... Thirteen.
-Que cherchez-vous, l� ? -Oh !
-Comment �a va ? -Bonjour !
-Je viens voir le g�n�ral.
-C'est une id�e ! -Et vous ?
-Je suis � la rafle. -Et le lieutenant ?
-Lui, il reste. Il est l�-haut. -Bonne chance.
-Vous aussi.
-Qu'allez-vous faire de moi ? -J'aimerais vous garder ici.
-Aux renseignements ?!
Je viens pour me battre, pas pour �couter aux portes !
-Contre qui ? Nous n'avons ni armes, ni �quipements.
A moins de nous battre tous les 2.
Le g�n�ral a besoin de renseignements sur ce qui se passe en France.
-J'y connais rien. -Parfait, moi non plus.
-J'ai fait les Beaux-Arts. -Mata Hari �tait danseuse...
Sonnerie. Les arts m�nent � tout. All� !
Qui ? Le lieutenant.
-All� ! Oui, j'�coute.
Qui �tes-vous ? -Devinez !
C'est moi ! -Anonymat, myst�re et discr�tion.
Sans doute, un de vos agents. -All� !
Qui �tes-vous ?
-Babette, voyons !
Vous changez de voix, on dirait une vieille pantoufle !
Ha ha ha ! Je suis en bas, alors qu'est-ce que je fais ?
-Ce que vous voulez, je m'en fous !
-All� ! Mais qui demandez-vous ?
Non... �a par exemple ! C'est moi G�rard !
Notre petite Fran�aise ! All� ! Mais venez vite ! On vous attend.
-D'accord. Vous voyez bien qu'on m'attend !
O� c'est ? -Au-dessus.
-C'est ainsi que vous m'attendez ? -Je vais voir le g�n�ral.
-Dites-lui que je veux retourner en France avec vous autres.
Je vais lui dire. -Il est occup�.
-Jusqu'� quand ? -Notre d�part.
-Oh ! -Ce n'est pas pour tout de suite.
-Ah bon... Vous ne partirez pas sans moi, c'est promis ?
-C'est jur�. Lieutenant !
-Merci. Merci, monsieur !
-Afin d'�viter les malentendus, pas de "Monsieur", ni de Babette.
Il y a un g�n�ral, des officiers... Je suis le capitaine Darcy.
Soldat, bienvenue.
Une porte claque.
-Bonjour, capitaine ! -Bonjour !
-Bonjour, Babette ! -Tes cigarettes !
-Merci. -Les miennes ?
T'as du rab ? -Pas question.
Mes respects, mon lieutenant. -Mes hommages, militaire.
-Dis-moi, Babette.
-Mon lieutenant.
-Il y a chaque jour des fleurs sur mon bureau. D'o� �a vient ?
-Des fleurs ? Tiens... -Regarde-moi.
Braverais-tu un as du contre-espionnage ?
J'ai des antennes. -Et ?
-Ne d�pense pas toute ta solde. -Vos antennes sont d�r�gl�es.
Je les pique. -O� �a ?
-Chez le g�n�ral. -Et les cigarettes ?
-Planton !
Chefs de groupe !
Officiers ! -Mon capitaine.
-Ah, lieutenant !
Ordonnez une fouille. On a vol� mes cartouches.
-Vos cartouches ?
-Des cartouches de "Gauloises" bleues ramen�es de France !
-Vous avez droit � 2 cigarettes. -Je veux les miennes !
-Ce sont les v�tres. -Nous vivons en communaut�.
Pour les questions domestiques, nous d�pendons de Babette.
-Vous plaisantez ? -Bon...
-J'ai droit � ma ration ! -Ah...
-Puisque c'est �a ou rien...
Rires.
- La lumi�re !
?teignez la lumi�re !
- Oui, oui ! J'y vais !
-Le black out, qu'en faites-vous ? -Excusez-moi, mon lieutenant !
J'ai oubli� de fermer les rideaux. J'arrive, mon lieutenant !
Regardez pas le d�sordre.
Sir�ne.
-?a va �tre de ma faute.
Elle frappe. -Entrez !
-Vous n'avez pas entendu..
..l'alerte ?
-C'est si extraordinaire ! Je suis �quip�e pour descendre � la cave.
-Tu descends jusqu'o� ? Au p�le Sud ?
-Vous ne venez pas ? -Autre chose � faire.
-Je vais pas m'geler seule � la cave !
?a repr�sente quoi, vos punaises ?
-Des maisons, des familles. Le d�but de la R�sistance.
Encore un peu d'amateurisme et enfin, un espoir.
-C'est o� Conflans ?
-Hum...
Ce petit point.
-Dites donc, c'est pas grand !
Sans la guerre, j'en serais jamais sortie.
Je vous aurais jamais rencontr�.
-T'as envie d'y retourner ? -O� ?
-A Conflans ! -Hum.
Bombardements.
-Ils vont les emp�cher de passer ? -J'esp�re.
Tu n'as pas peur ? -?a non, alors !
-Tu es une dr�le de fille.
Tu es devenue indispensable, ici.
-Pour balayer et �plucher les pommes de terre.
Une petite femme de m�nage.
-Bien mieux que �a. Tu es notre sourire.
Pourquoi es-tu..
..si gentille ?
-Personne ne l'a �t� avec moi.
-M�me pas les gar�ons ?
-Si je les avais laiss�s faire... -Tu as bien aim� quelqu'un ?
Bombardements.
-Attention ! Oh, toi alors !
-Je suis le colonel Fitzpatrick, annoncez-moi au capitaine Darcy.
-Tout de suite.
-?a s'est allum�, l� ! Qu'est-ce que je fais ?
-L�, dans le trou. Tu vois ? Oui.
-All� !
Oui. Tout de suite.
-Ne quittez pas.
-Le colonel Fitzpatrick est en bas, capitaine.
-Que veux-tu que j'en fasse ?
-Oh, c'est toi Mimile ? Excuse-moi.
?a s'est rallum� ! -L�, c'est ici, dans le trou.
-N'importe o� ?
-Mademoiselle, Je vous demande l'amiraut�, pas l'�v�ch� !
-Ah, mon capitaine ! Vous tombez bien.
Y a Fitzpatrick qui vous demande en bas.
-Qu'il monte.
-D'accord.
Faites grimper le colonel.
All� !
-Vous me passez mon num�ro ! Vous �tes sourde ?
-Pas d'affolement.
Une petite fiche... et voil�.
Sonnerie de t�l�phone.
-Poupette !
J'ai la permission de minuit. On fait la d�nette chez toi ?
-Impossible. Voix du g�n�ral de Gaulle.
-T'�nerve pas. Pour un d�but, c'est pas si mal.
Tout s'apprend.
Quand tu comprendras que �a n'est pas un jeu de hasard...
-Ne vous moquez pas de moi ! -Je ne me moque pas.
Je te donne une mission. L�-haut, nous avons un Anglais important.
C'est toi qui lui serviras le th�.
-Calais. Renforcement des batteries c�ti�res.
Mouvement de troupe et � Dunkerque, concentration navale.
-Les nazis vont envahir notre vieille Angleterre.
On n'est pas pr�ts � les recevoir.
On est tous d'accord. -Ou et quand aura lieu la tentative ?
-Les avis diff�rent. Nous aimerions que ce soit cet hiver.
Le "foreign office" pr�f�rerait le printemps prochain.
Vous auriez une �pingle ? -Quel est votre avis ?
-Je souhaiterais, tant je trouve ce projet d�plaisant,
..qu'Hitler y renonce.
Il n'a aucune raison de le faire. -Quelle solution proposez-vous ?
-La solution, c'est d'interdire aux militaires...
-C'est moi qui m'excuse. N'�tes-vous pas militaire ?
-Oh non ! Si peu...
Dans le civil, je suis professeur de psychologie � Oxford.
Un canif ?
-Passionnant, non ?
-La psychologie ? Non.
-Peu de choses..
..vous int�ressent. -Le bricolage.
Principalement les briquets � mazout. Les th�i�res siffleuses.
Les verrous � combinaison.
Et alors... les explosifs. J'adore les explosifs !
La psychologie am�ne t�t ou tard aux explosifs.
Yes, yes ! Mais restons-en..
..� la psychologie. -Oui.
-Vous auriez un ciseau ?
L'ennui, c'est que j'oublie toujours la combinaison.
Merci.
Ici, sont r�unis les seuls Allemands connaissant..
..les pr�paratifs d'invasion.
L'un d'eux a s�rement un plan.
A nous de le d�couvrir. Proc�dons par ordre.
Hitler, rien � faire !
L'id�e est de lui. Vanit� d'auteur. Goering, mari� � une chanteuse.
Il lui a promis..
..de la faire chanter � Covent Garden. Rien ne les arr�tera.
Ni l'argent...
Il s'est servi. Les d�corations, il les a toutes.
-Voil� le th� ! -Amiral Walder...
35 ans de navigation, liqu�fi� par les mers de Chine.
Abruti par l'air du large.
-Celui-l�, c'est Von Arenberg. Strat�ge de valeur.
Homme du monde, mais officier incorruptible.
Trop aristocrate, le parti s'en m�fie. Mais...
Quoi ?
-Combien de sucres ? -Un et dans la tasse,
..si possible.
Hilda !
Hilda !
Hilda...
Voici Hilda et Von Arenberg au d�but de leurs amours � Berlin.
Les voici deux ans apr�s. C'est toujours le grand amour.
Toujours Hilda et Von Arenberg. Next, please.
3 ans plus tard.
Toujours Hilda.
Toujours le grand amour. Mais ce n'est plus Von Arenberg.
Il ne s'en est jamais consol�.
La ressemblance entre Hilda et Mlle Babette..
..ne vous �chappe s�rement pas.
Avouez que c'est �tonnant. -?videmment
-?a, je dois dire ! -La silhouette, surtout.
-Verriez-vous un inconv�nient � ce que le g�n�ral Von Arenberg...
Tombe amoureux de vous ? -Aucun, il a l'air gentil.
-Elle est tr�s agr�able. -C'est pas s�rieux ?
Il est affreux ! -Vous �tes difficile.
-?a serait pas mon type.
-Aucune importance. Vous n'�tes pas celui du g�n�ral.
La mission que j'entrevois pour Mlle Babette,
..que vous accompagnerez,
..est plus d�licate.
-Excusez-moi, mon colonel. -Je voudrais vous parler.
-Bien s�r.
-Si c'est une mission d�licate, Babette n'est pas qualifi�e.
C'est une petite t�te, une toute petite t�te, un petit pois.
-Un petit pois, elle ?
-Avant-guerre, elle �tait serveuse dans un petit caf� de province.
-Ce sont des d�tails. J'ai besoin de vous et d'elle.
-Confier la moindre responsabilit� � Babette, ce serait...
-Une folie ? Les gens raisonnables ne gagnent pas les guerres !
-Non, pas folle, inconsciente. -Oh, bravo ! Bravo !
Le ciel me l'envoie..
..et je ne devrais pas faire profiter mon pays de ce miracle ?
Ils chuchotent.
-Donc, le salut de l'Angleterre..
..repose entre ses mains ? -Oui, vous l'avez dit.
-Que Dieu prot�ge l'Angleterre.
-Qui va croire cela ? -Hitler, naturellement.
-J'appr�cie votre humour, mais les Fran�ais libres..
..ne sont pas assez nombreux pour tester vos travaux de psychologie.
La guerre n'est pas une farce.
-Vous avez fini vos messes basses ?
-Vos chefs pensent que vous n'accepteriez pas la mission..
..en France, avec le lieutenant G�rard.
-Mais si ! -Mais non !
-Y a qu'� m'expliquer !
-Avez-vous d�j� vu, par une belle nuit d'�t�,
..les papillons voletant autour d'un bec de gaz ?
-Heu... oui.
-Mlle Babette serait le bec de gaz. Et Von Arenberg, le papillon.
-Ah. -C'est facile pour un bec de gaz..
..d'enflammer un papillon.
Surtout s'il a une pr�dilection pour un type de bec de gaz.
C'est clair !
-Pas tr�s... -Pas du tout.
-C'est pas compliqu� !
Je rencontre le g�n�ral, je lui plais et hop !
-Et hop ! Les Allemands renoncent � envahir l'Angleterre..
..et se suicident ! -Il a pr�par� ce d�barquement..
..avec un �tat-major.
-On enl�ve Arenberg en faisant croire qu'il a d�sert�..
..avec les plans de l'invasion.
Les Allemands devront recommencer. -?a ne se fera pas en un jour.
Vraiment. -Un mois de gagn�.
?a suffit � l'Angleterre.
-Une vue de l'esprit bas�e sur des hypoth�ses.
-Vous tracassez pas, mon colonel, on vous le ram�nera.
C'est simple d'enlever un g�n�ral allemand � Paris.
?a me changera du m�nage.
-Ha ha ha ! Formidable ! Vous avez une belle �quipe !
Pour en faire une machine de guerre, reste � la sculpter.
L'entra�nement commence demain. -L'entra�nement ? C'est un d�tail.
-Et vous m'avez dit qu'elle �tait sotte !
-Vous avez dit �a, mon lieutenant ?
-Non non non non !
-Non !
Je veux pas "go" ! -Go on !
Babette crie.
Cri de joie.
-Oh l� l� l� l� l� l� !
Elle grimace.
Tirs.
-Formidable !
- Une, deux, une, deux Une, deux, une, deux !
Une, deux, une, deux !
Plus vite !
Grimpez ! Une, deux, une, deux !
Une, deux, une, deux...
On entend jouer du piano.
-Cette initiative est tr�s charmante, mais...
C'est un peu... superflu.
Ce n'est pas ce que j'ai demand�. -Mais pour s�duire un g�n�ral...
-Pas Von Arenberg.
-Vous savez, les hommes... Ouh ! C'est bien tous les m�mes !
-Von Arenberg n'est pas un homme, c'est un m�lomane.
Il vous faut, vis-�-vis de lui, des r�flexes conditionn�s.
Si l'on vous parle de Bach... Il joue.
-Vous devez dire le canto, �voquer les fugues...
Et la "Magnifica", si vous �tes en forme.
Bon. Mozart...
-Ah oui, Mozart. -Et alors ?
-Mozart est olympien. -Oh !!! Il est divin !
?a ne se discute plus.
C'est Beethoven qui est olympien. Il joue.
-Debussy, il est une source.
Et Wagner, un torrent ! -Eh bien non !
J'y arriverai jamais ! Ils sont trop nombreux.
-Mais non, ne pleurez pas.
Mozart peut � la rigueur �tre olympien, ce n'est pas grave.
Mais, dans la litt�rature, ne restez pas dans le vague.
Quand on vous parle de Shakespeare, r�pondez "Hamlet".
-Je vais l'enquiquiner. -Il adore �a.
Shakespeare, vous r�pondez...
-Vous d�rangez pas !
Merci quand m�me !
La vitre s'est bris�e.
-Quand on vous parle de Shakespeare, vous r�pondez ?
-G�rard... -Ohh...
-Jolie, l'entente cordiale ! La loyale Angleterre !
On peut s'y fier !
A Sainte-H�l�ne !
Et si on parlait de Jeanne d'Arc !
Et Fachaudin ! Pas mal non plus. -Chut ! Je m'entra�ne !
-Ils nous ont pris le Canada !
Vous g�nez plus, vous ! Vous voulez de l'aide ?
-Yes, sir. -Bon, on va rire !
J'en ai marre ! Marre ! Marre !
La vitre s'est bris�e.
On frappe. -Come in !
-Mon colonel, pour la mission, c'est elle ou moi !
-Qui ? -Babette.
-Au revoir, mon vieux. -Comment ?
-Partez, vous �tes un homme libre. Nous nous battons pour �a.
-Vous connaissez mes raisons ? -Je le sais.
-Ah, vous savez ?!
-Je vous paye une cigarette !
-Son attitude est correcte ? -Oh...
-Sa conduite vous para�t morale ?
Hein ? Qu'est-ce qui se passe ?
-Ha ha ha !
Vous fumez trop. C'est mauvais pour les nerfs.
C'est une dose de d�monstration.
Prenez une cigarette Fitzpatrick et vous sautez avec la maison !
S�rieusement, j'ai quelque part par l�, une note.
Il y a dedans les instructions pour l'enl�vement de Von Arenberg.
O� est-il ? Ah, le voil�.
Vous partez demain soir. -D�j� ?
-Le g�n�ral n'est plus � Paris que pour deux semaines.
-15 jours pour l'enlever et le ramener ?
-Vous �tes Fran�ais. Vous vous d�brouillerez.
Voil� votre mat�riel de travail.
Costume, argent, cigarettes...
Tout �a fran�ais, authentique. -Babette est au courant ?
-Non. Invitez-la � d�ner ce soir. Vous le lui direz en t�te � t�te.
Naturellement, champagne, caviar.
Les femmes sont sentimentales. -Vous ne d�nerez pas avec nous ?
-Non. J'ai horreur du caviar.
-Vous �tes pr�ts ? -Oui.
-On est bien tous les deux. On se croirait en voyage de noces.
Bombardement. -Ahh !
-Batterie c�ti�re. On arrive bient�t.
-Tu te souviens de tout ? -Hum.
-Si nous sommes s�par�s... -J'appelle S�gur 75 20.
-Pas de nom. Et le code ? -Il est l�, avec l'adresse.
-L'adresse en cas d'urgence. C'est chez mes parents.
-Oh, j'aimerais bien les conna�tre. -Mais oui...
-On dirait que �a vous ennuie... -Mais non !
C'est pas le moment.
-Pr�parez-vous � sauter. Excuse me !
-Devant eux, comment je vous appelle ?
-Les Allemands s'en foutent. -Vos parents !
-C'est le moment ! Bonne chance !
-A tout de suite !
-Jumping station !
-Non ! -Go !
-Vous avez qu'� y aller, vous ! -15 secondes, 1 km !
Vous vous retrouverez jamais ! Sautez ! Sautez !
Babette hurle.
-Vieux cochon !
Il fait 1 cri d'oiseau.
Les soldats parlent allemand.
-Ouh ouh ouh !
...
...
-Ouh ouh ouh !
La vache meugle.
...
Elle hurle.
Aboiements.
...
... Il frappe.
...
-M. G�rard ! -Chut !
Vous n'avez pas vu une fille ? -Non.
Chant des Allemands.
-Jolie mademoiselle ! Oh l� l� ! Donnez valise.
-Non non. -Donnez ! Vous, pas peur !
Nous, civilis�s avec mademoiselle !
Vous, Paris ? -Oui.
-Nous aussi, � Paris !
La "folie berg�re" !
Joli, tout �a...
- Halte !
Attention !
-Oh !
Ils chantent.
-Venez, n'ayez pas peur. Nous, civilis�s.
Vous allez au chemin de fer ? -Oui.
-Montez, je vous prie. nous vous accompagnons � la gare.
-Alors ? -Rien.
On n'a rien vu. -Et si son parachute..
..ne s'�tait pas ouvert ? -On l'aurait entendue.
-Comment va-t-elle regagner Paris ? Toute seule, elle n'arrivera pas.
Au fait, et moi ?
Je dois �tre � Paris avant 5 h. -Oh oh !
On ne circule plus comme �a !
Y aurait peut-�tre ben un moyen !
-?a se pourrait.
-Pourquoi pas !
-La carriole � l'Antoine ! -Y a de la place.
-Antoine ? Quel Antoine ? -Le Parisien.
Un r�solu. Venez voir !
-Il pourrait m'emmener ? -Ah, le transport...
Il est �quip� pour.
Quand y a de la place pour un, y en a pour deux.
- Vos papiers, s'il vous plait,
Qui c'est �a ? Mari ?
Fianc� ? -Non.
-Fr�re, peut-�tre ? -Oui... oui, c'est �a.
- Bien.
Il est mari� ? -Non, malheureusement.
-Joli.
Tr�s joli.
Prenez place, s'il vous pla�t. Oh, je vous prie.
Lourd ! Ravitaillement ?
-Heu... -Je ne veux pas savoir.
-Vous allez � Paris ? -Oui.
-Folies Berg�re ? -Bah ! Sale !
Comment s'appelle votre fr�re ? -G�rard.
-Ah... Joli petit nom fran�ais. G�rard. Ha ha ha !
Le rapprochement de nos 2 jeunesses..
..reste l'id�e ma�tresse du F�hrer
Notre F�hrer bien aim�, Adolf Hitler.
O� je peux rencontrer votre fr�re ? -Que lui voulez-vous � G�rard ?
-Faire camarade avec lui.
Je peux lui �tre utile, tr�s utile.
Je suis � l'�tat-major.
-Ahh...
Qu'y faites-vous ? -Je le surveille.
-Alors, vous �tes important.
-Ya. Le F�hrer m'a serr� la main 1 fois.
Je fr�quente nos grands chefs. Je suis leur petit Heinrich.
-Vraiment ? ?a, c'est quelque chose.
Dommage qu'on doive se quitter. -Mon automobile m'attend � la gare.
Je pourrais vous raccompagner. -Si mes parents m'attendaient !
-G�rard, peut-�tre ? -Non, s�rement pas.
Il a ses cours. -A quelle heure il finit ?
-?a ! -Vous revoir, j'aimerais beaucoup.
Prenez mon t�l�phone.
J'ai not�. H�tel Continental, poste 16.
Parlez � moi seul. Inutile de nommer G�rard.
Dites o� je peux vous voir. -D'accord.
-T�l�phonez, promis ? -Jur�.
-All� ?
S�gur 75 20 ? Je voudrais parler � la libellule.
-La quoi ?
Voulez-vous �peler ?
La libellule ?
-Il est pas encore l� ?
D�s qu'il arrivera, vous lui direz..
..que le l�opard marche � pas de g�ant.
Termin�. Alors, r�p�tez.
-?coutez, mademoiselle !
Je ne me ferai pas le complice de ces espi�gleries.
F�cheuse �poque !
Les gens deviennent fous. -Quoi ?
-Rien, un mauvais plaisantin !
Mon Dieu ! Dans quel temps vivons-nous ?
-En temps de guerre. -Ne me parlez plus de la guerre,
..des restrictions et du manque de tabac.
Quand vous ajouterez que notre fils est engag�..
..dans une formation rebelle, ce sera le comble !
-Le mot rebelle n'est pas tr�s heureux.
-Comment nommer un g�n�ral condamn� � mort par son gouvernement ?
-G�rard ne va pas pactiser avec l'ennemi !
-J'ai plus rien ! Plus rien � fumer, pour tout arranger !
Ah !
J'ai termin� l'eucalyptus et la camomille.
Qu'est devenue votre ravissante capeline en paille ?
-Vous l'avez fum�e !
Vous n'avez laiss� que le ruban. -Nom d'une pipe !
-Rendez-vous demain, ici. Tu trouveras des gars ?
Y en a qui attendent que �a. -Au revoir !
-Ma ch�re amie ! Voyons voyons.
-Monsieur le Duc ! C'est monsieur... G�rard.
-G�rard ! -Papa !
-Mon fils. -Je suis content.
-Mon enfant !
Tu n'as pas une cigarette ? -Bien s�r. O� est maman ?
-?vanouie Vous lui avez caus� une telle �motion.
-Oh ! -Non !
Maman ! -Mon petit !
-C'est une surprise ! Dites, papa, on m'a appel� ?
Libellule...
-Si un l�opard. A voix de gazelle ! Ha ha ha !
Le t�l�phone sonne.
Bip.
-All� ? Il parle en allemand.
-Que dites-vous ? C'est Babette. -La petite soeur !
-Mes parents sortent. On peut se voir si vous �tes sage.
-Vous �tes seule ? -Venez. 60 bd Saint-Michel.
C'est un caf�. -J'arrive.
Il siffle.
-Heinrich !
Il parle allemand.
-Je croyais que nous devions d�ner ensemble.
On abandonne le pauvre oncle Schultz.
Hum ? On pr�f�re peut-�tre la compagnie..
..de Mlle Babette !
Allez ! Ce soir, au lit ! Demain, en Pologne !
-Police allemande, personne bouge !
-Mlle Babette ?
Gestapo.
-Bonjour, monsieur.
-Suivez-moi, je vous prie.
-Oui, monsieur...
-La valise.
-Schnell !
O� est-il ce tra�tre ?
Aristocrates...
Francs-ma�ons..
Ah !
Parfait.
Tr�s bon...
Excellent !
Fantastique !
Fantastique !
Tout � fait �a.
Vous ne voulez pas �tre fusill�e ? -Non alors !
-Toutes les m�mes !
Alors...
?crivez !
"Je..
"..soussign�e..
"..reconnais..
"..avoir transport� dans ma valise..
"..des objets..
"..interdits,
"..sous peine de mort.
"Beurre.
"Saucisson.
"Camembert."
-Pas du tout ! -J'ouvre ?
-Inutile. -Alors. Datez.
Et signez.
Si vous �tes sage et ob�issante...
Le papier ne sort pas du coffre.
Si vous n'�tes pas sage...
Le papier revient.
Et vous serez fusill�e ! Pan ! Pan ! Pan !
Compris ?
-Je peux m'en aller ? -Oust !
Vous permettez ?
Oh ! Delicatessen !
Il parle allemand.
-Ha ha ha !
Mon petit doigt me dit tout !
Venez avec moi.
Vous, mignonne, gentille !
Vous int�ressez beaucoup papa Schultz.
Vous pouvez m'aider � d�masquer les ennemis de notre F�hrer.
-Il y en a qui ne l'aiment pas ? -Personne ne l'aime.
Il n'y a que la Gestapo. Tout le reste est marxiste !
Ils se sont trahis en m'enfermant 5 ans..
..dans une maison de sant�. Le F�hrer m'a fait sortir.
Je les d�truirai tous ! Pan !
Le monde est plein d'ennemis du Reich. Camoufl�s, clandestins...
T�tus !
Essaye de faire avouer � un Japonais qu'il est Juif.
Vous verrez si c'est facile ! Arh !
Ils sont partout ! -Ah oui ?
-Votre chambre. Asseyez-vous. -Oui.
- Les juifs !
Les plus dangereux sont � l'�tat-major. Un, surtout.
Tenez.
Celui-l�.
C'est un tra�tre.
Mais gr�ce � vous, Mlle Babette, je le tiens !
A vous, il parlera. -Pourquoi ?
-Ha ha ha ! Une id�e de moi. Colossale finesse !
Vous avez des cheveux brunes fausses, tout � fait Hilda.
Vous ne regretterez pas. -Que dois-je faire ?
-Papa Schultz s'occupe de tout. Tactique, costume, nourriture...
Ha ha ha ! Vous, mignonne, gentille !
Je permets. Vous pouvez embrasser le portrait de notre F�hrer.
-Je ne l'ai pas m�rit�.
-Oh oh oh ! Modeste, en plus !
Merveilleux !
-S�gur...
On parle allemand.
-Gunther ! Siegfried !
Heil Hitler ! -Heil Hitler !
Langage morse.
Langage morse.
Il r�p�te la m�me chose, en allemand.
Quelqu'un arrive.
-Je suis toute nue !
-Savez-vous monter � cheval ?
-Non.
On m'a pas appris.
-On a bien fait.
Ha ha ha ha !
Merveilleux !
-Ahhh ! Enfin !
-Je monte pas l�-dessus ! Trop haut !
-Non, il est tr�s gentil ! -Vous le connaissez depuis 5 min !
-Tr�s sympathique ! Je vais vous montrer !
Insultes en allemand.
-Ha ha ha !
Insulte en allemand.
-Saloperie !
Anglo-normande !
En Pologne !
Ha ha ha...
Vous voulez que papa Schultz sorte le petit papier du coffre ? Toi !
Tu oublies aussi ton petit papier !
Assassin ! -Assassin ? Bof...
2 ou 3 petits trucs...
-A cheval ! -Oh non !
Vous n'en avez pas un plus petit ? -Non, celui-l�, tr�s sympathique.
Allez ! Hue ! Schnell !
Schnell ! C'est pour le F�hrer !
Elle minaude.
-Vous �tes bless�e ? -Oui...
Oh...
Oh...
-J'esp�re que ce n'est rien.
Mademoiselle.
-Monsieur, monsieur !
Je peux pas marcher. Ma jambe est s�rement cass�e.
Peut-�tre les 2. -Vous souffrez ?
-Oh l� l�, si je souffre ! ?a craque ! Vous n'entendez pas ?
Je peux plus marcher. Que vais-je devenir ici toute seule ?
-Un moment.
Je vous accompagne.
Vous permettez ? -Je n'osais pas demander.
-O� habitez-vous ?
-42... heu... rue de Varenne.
-Voil�.
-Voil�.
-Voil� les outils.
On a tout. Paroles et musique. On peut ouvrir le bal.
-Il manque la danseuse, Babette. -J'y comprends rien.
Elle aurait pu donner signe de vie.
Qu'est-ce qui a pu lui arriver ? -Ne transformez pas notre h�tel..
..en camp retranch� ! -Pas maintenant. Plus tard.
-Vous m'obligeriez, messieurs, en renfermant vos instruments.
Pas de concert de chambre, aujourd'hui.
Je respecte vos id�es,
..mais en �change, respectez ma tranquillit�.
-Seriez-vous l�che ?
-Mes a eux r�pondent de moi.
-Mon fils fait de la R�sistance, moi aussi !
-Tenez ! L�... de...
-Que vous arrive-t-il ?
-Le...
-Babette !
-Mon G�rard !
Permettez-moi de vous pr�senter mon grand fr�re.
Le g�n�ral Von Arenberg ! -G�n�ral.
-La famille..
-Von Arenberg...
-G�rard, fais les pr�sentations ! -Bien s�r.
Ma m�re. -Bonjour, p'tite m�re !
-Mon p�re. -Bonjour, papa !
-Duc de Cr�cy-Loz�re. -Oui, papa est duc.
Je vous pr�sente de vieux amis de la famille. De tr�s vieux amis.
-Oh, musiciens ? -Oui... � nos moments perdus...
-Mon p�re organise un concert pour les familles des prisonniers.
Asseyez-vous, g�n�ral. -Qu'il nous demande pas de jouer...
-Merci. -P'tite m�re, votre tricot !
-Votre jambe a l'air d'aller mieux.
-Heu... -Tu as eu un accident ?
-J'ai relev� Mlle votre soeur dans une all�e cavali�re au bois.
-Tu faisais du cheval ? -Comme tous les jours !
Je montais Pomme d'Amour. J'ai fait un de ces vols plan�s, mon cher !
S'il n'avait pas �tait l�. -Je vous remercie.
-Vous prendrez bien du porto ? -Du porto ! Oh !
Elle veut dire imitation grenache.
Ou simili banyuls.
-Je ne bois pas. -Fumez-vous ?
-Non plus. -Cette guerre devient inhumaine !
-Edmond !
-Monsieur comprend s�rement les malheurs des civils.
Non, G�n�ral ? -C'est pas toujours..
..compatible..
..avec mon uniforme.
Souhaitons que ces choses aient une fin.
Que la victoire vienne vite ! -Laquelle ?
-H�l�ne. -Votre mari a raison.
La question n'est pas si simple. Je me la pose parfois.
-Tu es fier de moi, hein ? -Mais oui.
-Qu'attends-tu ? -Regarde. La 2e voiture.
S'il ne descend pas, ils montent.
Il faut que les Allemands se croient trahis.
Son enl�vement doit passer pour une d�sertion.
-Je garderai un charmant souvenir de votre accueil. Je prends cong�.
-Zut, il s'en va.
Vous partez ? -A mon grand regret.
Messieurs.
-Nous vous reverrons ? -Je quitte Paris demain.
-Ne nous faites pas �a ! -H�las...
Le lit du guerrier dont parle Shakespeare est fait..
..de rocailles et d'acier. -"Hamlet", acte I, sc�ne 3.
-Vous avez voulu dire Othello. -Non, j'ai dit "Hamlet".
Je vous parie m�me un d�ner.
-Alors, je serais heureux de perdre.
Mais je crains... Encore charm�.
-Au revoir !
-Pourrais-je prendre de vos nouvelles ?
-J'y compte bien.
Alors, rendez-vous � quelle heure ?
-Tu crois avoir gagn� ton pari ? Elle a la t�te comme �a !
Il conna�t Shakespeare par coeur ! -Et alors ?
-C'est perdu. -C'est gagn� !
Si je gagne, il invite, sinon, c'est moi.
Comme on le kidnappe, l'aubergiste payera.
-Pas b�te ! -Merci.
-D�blayez la table.
Les enfants, c'est pour ce soir !
-Messieurs, je sens que nous allons bifurquer dans le clandestin,
..je pr�f�re ne rien savoir. Personne n'a de cigarette ?
-On en avait avant de venir. -Naturellement !
-Au revoir, papa ! Pardon... -Au revoir, ma petite fille.
-Elle est formidable ta m�re ! -Oui...
L'avion se posera ici.
L'auberge est l�. -Tu lui as parl� de moi ?
-A qui ? -Ta m�re.
-C'est pas le moment !
Nous serons post�s vers 9 h. Tu nous l'am�nes.
Vous resterez pas ensemble 107 ans. -Oh, non ! Ha ha ha !
-Quoi ? -Rien.
-Quoi rien ?
-Je pr�viens Londres qu'on nous envoie l'avion � 10 h.
-O� est le poste de radio ? -Au Continental.
-Tu habites le Continental ? Comment y es-tu entr�e ?
-Par papa Schultz, le chef de la Gestapo.
-Tu plaisantes ? Tu fr�quentes pas la Gestapo ?
-Si, j'en fais partie !
-Quoi ?
Il parle allemand.
42 rue de Varenne.
Quelle sorte de gens habitent l�-bas ? Des Juifs ?
Juifs !
-Juifs !
Il parle allemand.
Bip.
-All� ! Mlle de Cr�cy-Loz�re, je vous prie.
Il parle allemand. -C'est moi, Babette.
-Je ne sais si je dois m'en r�jouir ou le d�plorer,
..mais j'avais raison. C'�tait d'"Othello" qu'il s'agissait.
-Les vers sont :
-J'ai perdu. Vous serez mon h�te, ce soir.
-J'en suis tr�s heureux.
J'ai beaucoup de choses � vous dire.
Des choses � peine croyables de la part d'un g�n�ral allemand.
Je vous les dirai ce soir !
-O� puis-je vous retrouver ? -Au Continental ?
-A tout de suite.
Frantz ! -Oui.
-Je suis folle de joie.
-Bravo, Babette !
Colossale petite f�e !
-Colossale !
-Elle va lui faire dire tout ! Tout ! Tout ! Ha !
Apr�s... plus tard...
Elle fera parler Titl, Rommel !
Goebbels !
Goering.
-Hitler !
-Hitler.
Idiots !
-Fantastique !
Vous �tes une colossale petite Mata Hari !
Qu'est-ce qu'il a dit ? -Rien, je d�ne avec lui.
-Oui, il a promis de parler.
Babette, enfin, je peux avoir confiance dans quelqu'un !
Toute la Gestapo est � votre disposition.
Ceux qui vous d�sob�issent seront impitoyablement fusill�s !
D'ailleurs avec �a... tenez !
Personne n'osera. -Occupez-vous plut�t d'Arenberg !
Je ne dois pas le voir en descendant.
-Pourquoi ? -Car il saura que j'habite ici !
-Ahhhhh !!! Colossale finesse !
Je vais le retenir en bas. Prenez votre temps.
Babette, petit ange, � nous deux, on en fera fusiller du monde !
Pan ! Pan ! Pan ! Ha ha !
Que vous �tes joli, que vous me semblez beau !
-Vous parlez fran�ais maintenant ? -Naturellement.
Un vrai titi parisien ! Nous nous connaissons trop peu.
Devenons des copains ! Nous avons le m�me id�al, non ?
-Pas de la m�me fa�on. Je n'�coute pas aux portes !
-Ah... ha ha ha !
G�n�ral ! G�n�ral, je vous offre un verre.
A notre camaraderie ! A pr�sent, on se dit "tu".
-Trop aimable, mais nous n'avons jamais gard� les prisons ensemble !
-Vous refusez de prendre un verre � la sant� du F�hrer ?
-Rien ne me fera plus plaisir.
On entend des pas.
Bruit de cl�s.
La porte s'ouvre.
Il ressort.
Langage morse.
Freins.
Il parle allemand.
-Tenez-vous vraiment � me rendre service ?
-Si je pouvais avoir ce bonheur. -Vous pouvez.
D�barrassez-moi de ces deux imb�ciles.
Je trouve cette surveillance offensante.
-On ne vous surveille pas.
On vous prot�ge mon cher general.
-Vous �tes trop aimable.
-Excusez-moi, pas de v�lo-taxi. -J'aurais d� envoyer mon chauffeur.
-J'aimerais bien �tre pr�sent�.
-F�hrer Schultz, Mlle de Cr�cy-Loz�re.
-Enchant�.
Excusez-moi de me retirer, vous avez des choses � vous dire.
Heil Hitler !
-Il est bruyant. Un de vos amis ? -Pas pr�cis�ment.
Je me r�jouis de passer la soir�e avec vous. O� voulez-vous d�ner ?
-Pas ici.
-Trop d'Allemands ? -Trop d'uniformes.
-Merci. -Voulez-vous me laisser faire ?
J'organise tout. Je voudrais que ce soit ma soir�e.
-Bon. -Vous venez ?
-Je vous en prie.
-Ha ha ha ! Une ma�tresse clandestine � l'h�tel Continental !
Vos appareils sont cass�s.
Il dit la m�me chose en allemand.
-Ah, le tra�tre !
Alarme !
Alarme !
Alarme !
Il est parti avec les plans !
Pour les vendre aux Juifs ou aux Anglais !
-F�hrer ! -Ya.
- Cigarette anglaise ?
- Quoi ?
-Le tra�tre ! Cette fois, je le tiens !
Il sera fusill� ! Pan ! Pan ! Pan !
Babette... Babette !
Il va me la tuer !
Mais je saurai o�, bient�t. On va le rattraper.
On va lui faire avouer ! ?a ! ?a !
Et �a ! Ha ha ha !
Colossale fusillade !
Il parle allemand.
-Vous comprenez le choc que j'ai eu en vous voyant ?
Excuserez-vous mon attitude ? -Bien s�r.
C'est pas juste. C'est ma faute si je ressemble � Hilda ?
Est-ce que je lui ressemble tant ? -Elle �tait ennuyeuse.
Vous �tes gaie.
Elle �tait suppos�e �tre cultiv�e, elle �tait vulgaire.
Vous �tes distingu�e. -Me feriez-vous la cour, g�n�ral ?
-Si vous le permettez.
Quelle bonne id�e d'�tre venus ici. -J'ose � peine vous le dire.
Vous allez me trouver sentimentale. J'y venais, enfant.
Pas ici ! Mes parents avaient une propri�t� aux environs.
Nous allions � la messe dans une adorable petite chapelle.
Pour la 1re fois j'ai entendu, les larmes aux yeux, l'Ave Verum.
-Vous aimez Mozart ? -Il est divin !
-Pour toute chose, vous trouvez le mot juste.
Comme nous sommes bien ! -Frantz !
Il fait chaud, non ? Vous permettez ?
Quelle merveilleuse nuit ! Allons faire un tour !
Vous voulez bien ? -Il fait froid !
-Mais non ! Venez courir avec moi dans les bois !
J'aime la nature, le vent, les saisons !
Si ma m�moire est bonne, il y a ici un �cho �tonnant.
Ouh ouh ouh !
Ouh ouh ouh !
Ouh ouh ouh !
-Ouh ouh ouh !
Il le fait mal.
-L'�cho d�forme la voix. -Oui...
Tout change quand vous �tes proche.
-Je suis tr�s �mu, Babette.
Vous avez peur de moi ? -C'est flatteur, non ?
-Je ne vous reverrai peut-�tre jamais.
Je pars demain. -Pourquoi ?
-La guerre... Ici, on l'oublie, mais ailleurs, elle continue.
-Vous ne l'aimiez pas, je croyais. -Je suis Allemand.
Mon pays est en guerre. -Vous reviendrez !
-Nous ne sommes pas en Angleterre. -Ouh !
Peut-�tre plus vite que vous ne le pensez !
-Venez. J'ai peur que vous ayez froid.
-Non, pas tout de suite !
-Il l'embrasse !
Regarde-moi �a !
Il l'embrasse ! -Faut bien !
-Je vais lui casser la gueule ! -G�rard, fais pas le zouave !
-Soyez s�rieux !
-Ne vous g�nez plus !
-Ah ! -G�rard, t'es fou !
C'est le moment d'�tre jaloux ! -Ne bougez pas !
Jaloux...
Alors, ce n'�tait pas le fr�re.
Vous n'�tes pas la soeur.
Ce n'�tait pas un rendez-vous, c'�tait un guet-apens.
Tr�s joli.
Je d�plore ce travail de policier, mais je vous prie de me suivre.
Allez, avancez ! Allez !
Allez ! Vite !
-Emmenez-le � la voiture. -Bringen sie ihn zum wagen.
-On est foutus.
-Demande-leur s'ils n'ont pas envie d'�tre fusill�s. Gestapo !
-Non, par l� !
Il parle allemand.
-Et voil� le travail !
-Beau jumel� ! -On a assez perdu de temps !
-Oh l� !
Il parle allemand.
-Bolcheviques !
-Sabotage ! -Sabotage !
Sabotage...
Mlle Babette, vous me le payerez cher.
...
...
-Prend le volant !
Une voiture ! On va se faire piquer !
-Vite !
-Haut les mains, tous !
Allez, allez ! Avancez !
Plus vite ou nous tirons !
Allons, d�p�chez-vous !
Ha ha ha !
Formidable !
Cigarettes anglaises ? Il r�pond en allemand.
-Ch�re petite Babette..
..qui a voulu peiner son vieux papa Schultz !
Nous allons lui arracher les ongles !
Feu ! Nous lui br�lerons la langue !
Nous lui casserons les dents !
Et ensuite, nous trouverons bien quelque chose de plus amusant !
Ha ha ha !
Plus vite !
...
-Vous avez pas l'air content. Je vous comprends !
Vous devriez me remercier. -Remercier...
Prisonnier de guerre, c'est bien ! -C'est pas le comble..
..de mon ambition. -Vous allez �tre planqu�.
-Oh, planqu�...
Et dire que j'ai pu vous prendre pour une duchesse de Cr�cy-Loz�re !
-Elle pourrait le devenir.
-Ne vous r�jouissez pas trop vite. Vous n'avez pas gagn� la guerre.
-Moi, si !
-Congratulations, colonel !
F�licitations, capitaine !
-?a alors !
-C'est un beau jour.
-Un jour solennel.
-Votre plan m'avait paru bizarre. Il fut g�nial.
-Vos subordonn�s �taient �tranges, mais ils furent incomparables.
-Bravo, colonel. -Bravo, capitaine.
Le gouvernement de Sa Majest� et celui de la R�publique fran�aise..
..vous remercient de ce que vous avez fait.
Quel auteur parlait si justement de l'abn�gation des obscurs,
..des sans-grade ? -Shakespeare dans "Hamlet" ?
-Jamais d�coration ne fut plus m�rit�e.
-Vous n'avez pas vol� ce petit cadeau, non plus.
-Vous �tes gentille.
Tr�s touch�, jeunes gens.
Explosion.
Rires.
-C'est formidable !
Rires.
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