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- Pas beaucoup de monde pour un vendredi. - Vous savez, il est encore tôt.
- Servez-m'en un double, s'il vous plaît. - Bien sûr.
Vous êtes pressé ce soir ?
Et je vous en offre un. J'ai un coup de fil à donner.
Merci bien.
Thérèse ? Est-ce que c'est toi ?
Quelle surprise !
Je me disais : Il me semble que je connais cette fille.
- Jack. - Content de te voir, Thérèse.
Ça fait... des mois, c'est ça ?
Des mois...
Jack, je te présente Carol Aird.
- Enchanté. - Moi de même.
Eh bien, j'attends Ted Gray. On doit se rendre à une soirée chez Phil.
Y aura plein de monde. Tu vas venir, n'est-ce pas ?
Oui. Je comptais y faire un saut justement.
Allez-y, vous deux.
- Vous nous accompagnez ? - Non.
J'ai quelques appels à faire avant de passer à table.
Il faut que je me sauve.
Tu es certaine ?
Bien sûr.
Eh bien, dans ce cas, je pourrais y aller avec toi, si tu le veux bien.
Avec plaisir.
Je vous souhaite de passer une merveilleuse soirée.
- Ravie de vous avoir rencontré, Jack. - Moi également.
Eh bien, je vais aller voir...
si le retardataire est arrivé.
Je reviens tout de suite.
- T'as entendu la longueur de son tir ? - Oui ! Bien sûr !
- Ils disent que c'était à 500 pieds ! - Ouais !
- Je n'ai même pas écouté la radio. - J'aurais tellement voulu voir ça.
Même Babe Ruth n'a jamais frappé une balle aussi loin.
Je sais c'est incroyable.
Il me reste un peu d'argent.
Allez, viens avec nous. Tu veux ?
Dépêche-toi !
- On va tous y aller ! - Plus vite !
- Viens ! Suis-moi ! - Eh !
Ouh ! C'est frisquet !
On doit s'y attendre à ce temps-ci de l'année.
On n'est pas en été.
- Tu veux qu'on prenne un taxi ? - Oui.
J'adore tes gribouillages.
Oui.
J'ai travaillé fort.
- Je sais pas comment tu fais. - Quoi ?
Pour être tellement ravissante à une heure si matinale.
Je descends dans une minute.
J'ai reçu les horaires. Par la poste.
Est-ce que tu m'écoutes ?
Oui, je t'écoute. T'as reçu les horaires.
Il y a deux traversées pour la France en juin et une en juillet.
Qu'est-ce que t'en penses ?
Je pense...
qu'il fait trop froid pour avoir les idées claires.
Très bien, on va aller te réchauffer.
Avec tous nos vux, de la part de la direction.
Avec tous nos vux, de la part de la direction.
- Avec tous nos vux, de la part... - De toute façon, elle devient folle,
comme il n'y a pas d'autre fille qu'Esther dans la famille.
- Comment va Esther ? - Elle va s'en sortir.
Avec tous nos vux, de la part de la direction.
Avec tous nos vux, de la part de la direction...
- Je vais ouvrir l'étage. - À tout à l'heure.
Je me souviens qu'il était comme ça.
Oui, c'est ce que j'ai toujours dit.
Êtes-vous fait pour Frankenberg ?
Mademoiselle Belivet, on a besoin de vous à l'étage.
Vite, dépêchez-vous.
Vous pouvez apporter le chariot élévateur ?
Faites attention au fil. Un peu plus loin.
Nous souhaitons de joyeuses fêtes à tous les clients de Frankenberg.
Au rayon de la literie, au 2e étage, profitez de nos spéciaux
qui soulignent l'élection du président Eisenhower.
Félicitations au couple Ike et Mamie.
Et en vous y rendant, ne manquez surtout pas
notre tout nouveau poste de télévision General Electric
et notre gamme d'appareils stéréophoniques au rez-de-chaussée,
juste après le rayon de la mercerie.
C'est l'endroit parfait pour magasiner. Il y a de tout.
Maman, maman. S'il te plaît !
Maman, s'il te plaît !
Voulez-vous un ruban ? Vous en voulez un ?
Mademoiselle ? Excusez-moi. Où se trouvent les toilettes ?
C'est tout près des ascenseurs. Les toilettes sont sur la droite.
Merci.
Regarde le train électrique ! J'aimerais bien en recevoir un pour Noël.
Je me demandais si vous pourriez m'aider à trouver cette poupée pour ma fille.
Adorable Betsy. Oh, elle pleure...
et mouille sa culotte.
J'ai bien peur qu'on soit en rupture de stock.
Oh... J'ai trop attendu.
Nous avons beaucoup d'autres poupées.
De tous genres, en fait.
Oui. Quelle était votre poupée préférée quand vous aviez quatre ans ?
Moi ?
Jamais je n'ai eu...
Très peu pour tout dire.
Je suis désolée, c'est interdit de fumer dans le magasin.
Je ne savais pas !
Excusez-moi, mais faire des courses me rend nerveuse.
Eh bien, moi, c'est travailler ici qui me rend nerveuse.
Vous êtes très gentille.
C'est pour elle.
Elle vous ressemble.
- Elle a vos yeux. - Vous trouvez ?
Qu'est-ce que vous vouliez quand vous aviez son âge ?
Un train électrique.
Vraiment ?
Vous vous y connaissez en trains électriques ?
Oui, je m'y connais bien.
On a reçu un nouveau modèle il y a une semaine.
Il est entièrement fait à la main. Et c'est une édition limitée à 5 000.
Vous l'avez sûrement vu quand vous êtes sortie de l'ascenseur.
J'aimerais vous le montrer, mais je suis confinée à ce comptoir.
Vous livrez ?
Oui, par express. Vous l'auriez dans deux ou trois jours.
- On peut même le monter pour vous. - Bon.
Ce sera un train.
Marché conclu.
- Dois-je payer maintenant ? - Oh oui, bien sûr.
Il nous faut votre numéro de compte et l'endroit où livrer.
Bien sûr.
J'adore Noël.
Choisir les cadeaux, les emballer...
Et ensuite, pour une raison ou une autre, vous oubliez la dinde au four et...
vous ratez le repas. Hum...
Voilà.
Où en avez-vous tellement appris sur les trains ?
Oh, eh bien, j'ai lu. Probablement trop.
Rafraîchissant.
Merci beaucoup.
- Et Joyeux Noël. - Joyeux Noël.
Joli chapeau.
Il y a des cadeaux pour toutes les bourses
dans notre rayon des accessoires de mode.
Il y a là des trésors que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
Vous ne serez pas déçus.
Et dans les autres rayons, vous trouverez aussi des aubaines incroyables.
Alors n'oubliez pas. Pour vos emplettes de Noel,
il n'y a qu'un seul endroit où aller : le grand magasin à rayons Frankenberg.
Le seul à vous en offrir autant pour si peu.
Enlève-toi de là. T'empêches les autres de voir.
- Y a personne d'autre qui regarde. - Moi, je regarde.
- Je l'ai vu au moins six fois. - Ah oui ?
J'en suis à observer la corrélation entre ce que disent les personnages
et ce qu'ils ressentent vraiment.
Mon jeune frère. Abruti de cinéphile.
Je bois exclusivement de la bière. Tout le reste me donne envie de vomir.
Le vin me rend malicieuse, mais dans le bon sens du terme.
Je bois pour oublier que j'ai à me lever pour aller travailler.
C'est ça ton problème, Semco. Tu devrais plutôt boire
parce que tu te rappelles que t'as un emploi. Et c'est une malédiction.
- T'as un emploi, Phil. - J'ai un emploi ? Non, c'est une illusion.
On te paye. Est-ce que l'argent, c'est une illusion ?
Mon jeune frère. Abruti de philosophe.
Où tu travailles ?
Hum, tu le sais pas ?
Dannie travaille au New York Times.
- Oh ! - Sans blague ?
C'est un emploi.
Ce que je voudrais faire, c'est écrire. C'est pour ça que je regarde des films.
On est tous des écrivains.
Oh, Thérèse ! Tiens. Avant que je sois trop saoul pour m'en souvenir.
T'as réussi ? Il est réparé ?
C'était presque rien. Un jeu d'enfant.
Merci, Phil. Il me manquait.
- Alors, tu prends des photos ? - Eh bien...
Elle est plus excitée par un appareil-photo bas de gamme que de venir avec moi en Europe.
- Les femmes sont toutes pareilles. - Ça, c'est bien vrai.
- Non ! C'est pas vrai ! - Est-ce que le Comité
sur les activités anti-américaines sait qu'on a vous remis en liberté ?
Ça fait une éternité. Appelle-moi, tu veux ?
- Oui. Je te le promets. - Encore saoul ?
Tu me dois encore de l'argent de la dernière partie de poker.
- Richard, attention, tu vas... - Je m'en souviens.
Thérèse. Arrête me voir au journal quand tu veux.
On mangerait ensemble. Je travaille de nuit et...
j'ai un copain qui est assistant éditeur photo.
Il adore s'écouter parler. Je vais te le présenter.
Ah, oui ? Ce serait chouette.
Oui ?
- OK. - OK.
Merci. Ce ne sera pas très long.
Très bien, monsieur.
Soixante-quatre...
- Soixante-cinq. - Soixante-cinq
Soixante-six...
Soixante-sept...
- Soixante... - Bonjour, Florence.
C'est sûrement ton papa. Allez. Dépêchons-nous de finir.
Madame est à la maison ?
Oui, monsieur, elle est en haut avec votre fille.
- Maman, peux-tu venir patiner toi aussi ? - J'aimerais pouvoir y aller, ma belle.
Dis oui, dis oui, s'il te plaît !
Bonjour, ma puce.
Papa ! Je veux que maman vienne aussi.
Ah oui ? Tu voudrais ?
Tu rentres tôt.
On a du courrier.
- La femme de Cy Harrison... - Jeanette.
- Jeanette a pris de tes nouvelles. - Ah oui ?
Tu vas colorier le tronc, chérie ?
Je sais qu'elle aimerait que tu viennes.
Salue-la pour moi. J'ai toujours aimé Jeanette.
J'aimerais que tu m'accompagnes.
Désolée, Harge. J'ai d'autres projets.
Maman veut aller donner à tante Abby un beau cadeau.
Je pense que tu as vu souvent tante Abby dernièrement, n'est-ce pas, chérie ?
- Oui. - Avec ta maman.
- Je demanderai à Abby qu'on se voie plus tard. - Merci.
J'ai dit à la cliente que ce serait livré au plus tard la veille de Noël.
Selon ce qu'on nous a dit, trois jours étaient amplement suffisants...
Ça a dû être livré cet après-midi.
Alors, c'est fait ? Elle a signé ?
- Ça a été livré. - Parfait.
Merci beaucoup. Merci.
- Oui ? - Il y a un appel pour le 645-A.
Mlle Belivet.
Belivet ? Mademoiselle Belivet ?
Venez ici, je vous prie.
Je suis désolée. Excusez-moi.
- J'en ai pour un moment. - Je vous en prie.
- Oui. - Eh bien, j'hésitais entre les deux.
Celle aux yeux bleus et celle aux yeux bruns.
Je vois.
Allô ?
Êtes-vous l'employée 645-A, Thérèse Belivet ?
- Oui. - Je vous passe l'appel.
Allô ?
Ainsi, c'était donc vous.
Bonjour, madame Aird. Avez-vous reçu le train, tel que convenu ?
Je l'ai reçu, oui.
Et les gants, également.
Merci infiniment. Vous êtes un ange de me les avoir retournés.
Je vous appelais simplement... pour vous remercier.
Ce n'est rien.
Et ce que je voulais savoir,
c'est si vous avez une heure de pause, pour manger ?
Et dans ce cas, j'aimerais vous inviter. C'est le moins que je puisse faire.
Eh bien, oui, je...
Bien sûr, mais ce n'est pas nécessaire.
- Je suis libre demain. - Demain ?
- Connaissez-vous Scully's sur Madison ? - Non, je ne le connais pas. Un instant.
Je pourrais avoir un crayon et un bout de papier ?
Merci.
Très bien.
- Je vous en prie. - Merci.
Désolée de vous avoir fait attendre.
Je vais prendre les ufs pochés à la crème d'épinards. Et un...
dry martini avec une olive.
La même chose pour moi.
Le plat ou le cocktail ?
Les deux. Merci.
- Cigarette ? - Oui, s'il vous plaît.
Belivet, c'est un nom de quelle origine ?
C'est tchèque. Il a changé. À l'origine, c'était plutôt...
- C'est très original. - Oui.
- Et votre prénom ? - Thérèse.
Thérèse. Pas Thérèsa ?
Non.
Thérèse Belivet.
Adorable.
Et le vôtre ?
Carol.
Carol.
- Et deux dry martinis. - Merci.
- Santé. - Santé.
Je suis sûre que vous pensiez que c'était un homme
qui vous avait rendu vos gants.
C'est vrai.
Je croyais que c'était un homme du rayon du ski.
- Je suis désolée. - Non, je suis enchantée.
Je doute fort que je l'aurais invité.
- Votre parfum est très... - Oui ?
- Très doux. - Merci.
Harge me l'a offert il y a des années, avant qu'on soit mariés. Je le porte depuis.
- Harge est votre mari ? - Hum-hum.
Eh bien, il l'est encore. Mais nous sommes en instance de divorce.
- Désolée. - Non, voyons.
Et est-ce que vous vivez seule, Thérèse Belivet ?
Oui, je vis seule.
Eh bien, il y a Richard qui aimerait vivre avec moi.
Non, c'est pas ce que vous croyez. Il voudrait qu'on se marie.
Ah oui.
Et vous, savez-vous si vous en avez envie ?
Bien... y a pas grand-chose que je sais.
Même pas ce que je veux manger.
Et voilà vos plats.
- Merci. - Merci.
Bon appétit.
Je meurs de faim.
Bon appétit.
Que faites-vous le dimanche ?
Rien de particulier. Et vous ?
Rien, ces derniers temps.
Vous pouvez venir me rendre visite, si le cur vous en dit.
Vous êtes la bienvenue.
Vous verrez, la campagne est magnifique dans le coin de pays où je vis.
Voulez-vous venir chez moi dimanche ?
Oui.
Quelle étrange fille vous faites.
Pourquoi ?
Venue de l'espace.
J'imagine la tête de la mère de Harge quand elle me verra habillée comme ça.
- Je pourrais passer à la maison me changer. - Oh, arrête de dire des stupidités.
Peut-être que je ne devrais tout simplement pas y aller.
Et c'est moi qu'on blâmerait.
Alors je te conseille de prendre sur toi et d'arborer ton plus beau sourire.
Est-ce que tu vas me parler d'elle ?
Thérèse ?
Eh bien, elle m'a retourné mes gants.
Et ?
Et si tu n'arrives pas à nous sortir de cet embouteillage,
eh bien, je ne pourrai pas aller à cette satanée soirée.
Carol Aird.
Entrée sur la 7e avenue.
2 h de l'après-midi.
Mais où est... passé mon poudrier ?
- Bon sang ! - Tu es parfaite.
Tu viens avec moi ?
- Juste une minute. - Ne commence pas.
On devait se voir. C'est toi qui as décommandé, tu te souviens ?
Je sais, je sais. Bon, j'y vais.
Je suis désolée.
Téléphone-moi, d'accord ?
Tu es toujours la plus belle, peu importe où on se trouve.
Dis ça à ta mère.
Ouvre l'il, s'il te plaît. Cy hurlerait s'il m'attrapait avec ça.
Qu'est-ce qu'il ferait ? Couper ton allocation ?
Il déteste me voir fumer.
Et alors ? Tu aimes ça ?
Carol, je...
Ça ne me regarde pas du tout, mais...
si tu passes Noël toute seule, Cy et moi aimerions t'inviter.
Merci, Jeanette.
J'en sais rien.
Je vais peut-être partir toute seule.
Au moins quelques jours.
T'inquiète pas, tu risques pas d'en casser en les regardant.
Toi, tes photos ressemblent à quoi ?
J'en sais rien. Sans doute pas très bonnes.
Non, je voulais dire : qu'est-ce que tu photographies ?
Des oiseaux, des arbres. Des fenêtres. N'importe quoi.
Toi, t'écris sur quoi ?
Les gens.
Je me sens mal à l'aise lorsque...
lorsque je photographie des gens. C'est comme si...
... je...
- Violais leur intimité ? - Oui.
Eh bien...
nous avons tous, tu sais, certaines... affinités avec les gens.
Il y en a qu'on aime bien. Il y en a que t'aimes bien, pas vrai ?
- Parfois, oui. - Et d'autres pas du tout.
Et tu ignores pourquoi tu es attirée par certaines personnes et pas d'autres.
Et tout ce que tu sais, c'est que certaines d'entre elles t'attirent
et d'autres, non.
Science physique.
On s'entrechoque, comme les boules d'un billard.
Oui, mais tout n'est pas aussi simple
que des boules de billard qui se heurtent et interagissent.
Certaines choses ne réagissent pas. Même si toutes sont en vie.
Il se fait tard. Je dois partir.
Tu ne devrais pas.
Pourquoi ? Je t'ai froissée ?
Non.
Je dois m'en aller.
Tu veux revenir demain ?
- Je sais pas. - Ou mercredi ?
Peut-être. Je... je sais pas.
- Je l'ai. - Merci.
Et merci d'être resté sobre et de me ramener à la maison.
Bonne nuit, Harge.
Carol.
Viens passer Noël chez mes parents.
Ça a été agréable ce soir.
C'était seulement une seule soirée, Harge.
Je n'aime pas l'idée de te savoir seule.
Mais je ne le suis pas. J'ai Rindy et Ab...
Abby.
Il y a toujours Abby.
Abby et moi, on avait rompu
bien avant que nous deux, on décide de se séparer, Harge.
Tu pourras passer prendre Rindy la veille de Noël.
Ça ne devrait pas être ainsi.
Je sais.
Mon petit trésor.
Bonne nuit, Florence.
À quel endroit du New Jersey ?
À la campagne. Je... je ne sais pas où exactement.
Mon oncle Sal habite Union City. Il affirme que la nuit, c'est très dangereux.
C'est pas Union City.
- OK. - Oh ! La voilà.
- Bonjour. - Bonjour.
Carol Aird.
Richard Semco. Enchanté.
Moi de même. Thérèse ne me parle qu'en bien de vous.
C'est super.
Alors, vous la ramenez saine et sauve ?
Je t'aime.
On dit qu'il va neiger. Ce serait formidable !
J'adore la neige.
Quand il y en a, Noël ressemble vraiment à Noël.
Faudrait pas qu'il s'envole.
La voiture est à côté.
Merci de m'avoir aidée.
- Toujours là ? - Oui.
Maman !
Rindy, viens, on va aller chercher ta maman.
Maman est revenue ! Maman !
Bonjour, ma chérie !
- Tu sais ce que je t'ai apporté ? - Non.
- Non ? Tu devineras jamais. - Est-ce que c'est bleu ?
- Non, c'est vert. - Oh !
- Il est long, n'est-ce pas ? - Oui.
Tu veux que je le coupe ?
On devrait mettre l'étoile en premier. Qu'est-ce que t'en dis ?
- Oui ! - Où est l'étoile ?
- La dorée ou l'argent ? - Tu choisis.
D'accord.
Tu es une fille adorable !
Qu'est-ce que t'en dis ?
C'est bien.
On va mettre celle qui est brillante.
Et il en faudrait d'autres aussi.
C'est le plus bel arbre de Noël du monde entier.
- Oui. - Et on l'a fait ensemble.
C'est moi que tu photographiais quand j'ai acheté le sapin ?
- J'aurais dû vous le demander. - Ne t'excuse pas.
Et je t'en prie, dis-moi tu.
J'essayais de mettre en pratique...
J'ai un ami qui m'a dit que je devrais porter plus d'intérêt aux humains.
Et comment ça se présente ?
Assez bien, je dois dire.
J'en suis heureuse.
C'est très beau.
Et c'est ce que tu veux faire ?
Être photographe ?
Je crois oui. Si j'ai le talent pour y arriver.
N'est-ce pas quelque chose que les autres te disent que tu as ?
Tout ce que tu dois faire, c'est... travailler.
Suivre ton instinct. Ne pas te soucier du reste.
Oui, j'imagine.
Tu me montreras ce que t'as fait ?
Bien sûr.
Mais j'ai encore rien vendu, ni même...
montré une photo à quelqu'un qui pourrait en acheter.
En plus, je n'ai même pas un bon appareil.
Mais elles sont toutes chez moi, la plupart sous l'évier.
Invite-moi chez toi.
Harge, quelque chose ne va pas ?
Non, rien. Il faut que ça aille mal pour que je vienne voir ma femme ?
Ce n'est pas juste, Harge.
C'était entendu que Rindy reste avec moi jusqu'à la veille de Noël.
Qu'est-ce que tu me suggères de faire ? Tu crois que j'ai le goût de traîner dans
West Palm Beach pendant les vacances ? C'était l'idée de ma mère.
Elle n'est pas prête. Sa valise n'est pas faite.
Elle est dans sa chambre. Elle dort.
- Je devais la voir pendant les vacances de Noël. - Désolé, mais c'est comme ça.
Le vol est dans la matinée. Tu crois peut-être que j'ai fait ma valise ?
J'ai...
Bon sang ! Merde !
- Comment avez-vous connu ma femme ? - Harge, je t'en prie.
Je travaille chez Frankenberg, le magasin à rayons.
J'ai commandé un cadeau de son comptoir. J'ai oublié mes gants.
Elle me les a retournés. Je l'ai remerciée.
C'est assez culotté.
Puis-je faire quelque chose ?
Non. Ne t'en mêle pas.
Maintenant, choupinette, un gros câlin.
Tu vas passer le plus merveilleux des Noëls, je te le promets.
Il y a de la place dans la voiture, maman. Tu peux venir avec nous.
Chérie, j'aimerais pouvoir.
Mais il arrive parfois que les mamans et les papas...
décident qu'ils ne peuvent pas être tous les deux en même temps au même endroit.
Et en plus, maman doit rester ici pour s'assurer
que le lutin du Père Noel ne donne pas tes présents à une autre petite fille.
- Tu ne voudrais pas qu'il fasse ça ? - Non !
Non...
Je t'aime, choupinette.
Tu sens bon.
Tu es ivre.
Harge, j'ai froid.
Viens, je vais te faire un café.
Je suis pas ivre.
Il est encore temps de venir. Va te préparer.
- Je ne peux pas. - Oui, tu peux.
- On pourra te trouver un billet. - Harge.
Qu'est-ce que tu vas faire ?
Qu'est-ce que tu vas faire ? Rester ici avec Abby pendant Noël ?
- Ou rester avec ta petite vendeuse ? - Arrête, Harge.
Hein ? Qu'est-ce que tu vas faire, Carol ?
- Hein ? Qu'est-ce que tu manigances ? - Harge !
Arrête !
Bon sang ! Une femme comme toi est capable du pire.
Tu as épousé une femme comme moi.
Si tu ne montes pas immédiatement dans la voiture...
Alors quoi ? C'est terminé ?
Qu'est-ce qui te prend ?
Tu n'avais jamais été cruelle.
Harge.
- Merci, Helman. - Monsieur.
Comment va ma petite puce ?
Prête à aller voir grand-maman et grand-papa ?
Je devrais appeler un taxi, je pense.
Et lorsqu'on croit que les choses ne peuvent aller plus mal, on manque de cigarettes.
Dis-moi où aller, je vais aller t'en acheter.
Ça ne me dérange pas, tu sais.
Tu n'as pas à sortir m'acheter des cigarettes dans un coin perdu comme ici.
Ça ira.
Il y a un train à 8 h 30.
Je vais te conduire à la gare.
Allô ?
Est-ce que vous savez l'heure qu'il est, mademoiselle Belivet ?
Je suis désolée, il sonnait.
Allô ?
J'ai été horrible. Tantôt.
Vas-tu me pardonner ?
Oui, bien sûr.
Oui.
Alors... est-ce que tu me permets de passer te voir demain soir ?
D'accord.
Oui.
Je voudrais savoir, je pense...
Je veux dire, je veux te demander certaines choses, mais je...
je ne veux pas être indélicate.
Vas-y, pose tes questions, je t'en prie, Thérèse.
Non ! Non ! Non !
Non ! Non ! C'est pas vrai.
- Non ! C'est pas vrai ! - C'est la première fois que j'y allais.
- T'es un beau menteur. - Je pouvais pas savoir comment c'était.
Non. Non. Non.
Joyeux Noël, Katherine.
Merci, madame Aird.
Il est là. Maintenant, allez-vous me parler ?
Je ne voulais pas vous obliger à faire tout ce trajet.
Je vous en prie, allez droit au but, Fred.
De quoi n'ai-je pas à m'inquiéter avant la fin du congé ?
Jerry Rix nous a fait parvenir des documents ce matin qui m'ont vraiment surpris.
Mais asseyez-vous.
Pourquoi tout le monde pense qu'il vaut mieux être assis
quand on apprend une mauvaise nouvelle ?
Harge a obtenu une injonction qui vous interdit de...
- de voir Rindy jusqu'à l'audience. - Quoi ?
Et j'ai peur que Harge ait changé d'idée au sujet de la garde partagée.
Il veut la garde exclusive de Rindy.
Nous avons déjà conclu une entente au sujet de la garde.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Le 29 décembre, ils vont déposer des documents au Tribunal de la famille
pour une requête en vue d'un droit de garde permanent.
- Il peut faire une chose pareille ? - C'est assez immoral, mais c'est légal.
Et sur quelles bases ?
Écoutez, il vaut mieux qu'on attende après Noël.
Fred ! Sur quelle base ?
Ils demandent au juge de considérer une clause de moralité.
De moralité ?
Ça veut dire quoi exactement ?
Très bien. Je vais aller droit au but.
Abby Gerhard.
Ils laissent également entendre des associations semblables avec...
Eh bien, ils prétendent qu'il s'agit d'un comportement répétitif.
Un comportement répéti... ?
Abby est la marraine de Rindy.
Abby... Il...
S'il ne peut m'avoir...
il m'enlèvera Rindy. C'est pour ça.
Je suis désolé, mais ils semblent sérieux.
- Quand l'audience se tiendra-t-elle ? - Difficile à dire,
- avec les vacances et les remises... - Selon vous, Fred ?
Pas avant mars. Ou au milieu d'avril.
- Puis-je la voir ? - Pas...
Selon moi, ce ne serait pas très raisonnable...
À l'école ? Dans un bureau.
Il ne s'agit pas de l'endroit nécessairement.
- Ce ne serait qu'une visite supervisée. - Carol, il s'agit de sérieuses allégations.
Forcer une rencontre avant l'audience
vous ferait risquer qu'ils scrutent plus avant votre conduite.
Ma conduite ?
Seigneur Dieu !
Je suis sa mère, pour l'amour du ciel.
Une clause de moralité...
Je vois.
- Ah, oui ? - Oh, non.
Il n'y a rien au monde de plus immoral que de m'empêcher de la voir.
Taxi !
Encore ! Encore !
Encore !
Excusez-moi.
Excusez-moi ! Taxi !
- Oui, c'est ça. Merci. - OK.
T'as trouvé ce que tu voulais ?
Oui, un cadeau pour quelqu'un du magasin.
C'est gentil.
Tu devrais passer nous voir le jour de Noël.
- Ma mère semble y compter. - Noël ?
C'est une fête de famille. Je me sentirais...
Je sais pas.
T'es de la famille, Thérèse.
Je crois que ce serait une bonne idée de monter un portfolio...
de toutes mes photos.
Commencer à faire des portraits. Postuler pour un autre emploi.
Peut-être même dans un journal. Dannie dit qu'il a certains contacts.
T'as pensé à notre voyage en Europe ?
Thérèse ?
Quoi ?
Combien de fois es-tu tombé amoureux ?
Jamais.
Avant toi.
Ne mens pas. Tu m'as dit que t'avais connu deux autres filles.
Voyons, c'était...
J'ai couché avec elles. C'est pas du tout pareil.
Ça veut dire que je suis différente, parce qu'on n'est pas allés jusqu'au bout ?
Non.
Pourquoi est-ce que tu me dis ça ?
Toi, je t'aime. C'est ça qui est différent.
Ça t'est arrivé d'être amoureux d'un garçon ?
Non.
Mais t'en as entendu parler ?
Bien sûr.
Je sais qu'il y a des gens qui sont comme ça. C'est sûr.
Moi, je parle pas de gens, non, je parle...
de deux personnes qui tombent amoureuses l'une de l'autre.
Disons un gars et un gars. Simplement.
Je connais personne du genre.
Mais ce que je peux te dire,
c'est qu'il y a toujours une raison, une raison sous-jacente.
Alors tu crois pas que c'est une chose...
qui peut arriver simplement comme ça ?
Non, je crois pas ça.
- Veux-tu dire que t'es amoureuse d'une fille ? - Non.
Tu sais pas que je veux passer ma vie avec toi ?
Viens en France avec moi. Et marions-nous.
Richard, je suis pas prête pour ça ! Et je ne peux pas me forcer à être prête !
Quoi ? Parle-moi.
Désolée. Je dois y aller.
- Thérèse ! - Je suis désolée.
J'ai trouvé ce matin, sous mon oreiller, la brosse à cheveux de Rindy.
Pleine de ses cheveux.
Si elle fait ça, c'est pour me dire qu'en bonne fille,
elle les a brossés comme il faut.
En général, je les enlève, mais aujourd'hui, je ne l'ai pas fait.
Comment peut-il ?
Comment ose-t-il ?
Une clause de quoi ?
- De moralité. - Oh, Carol.
- Si je suis responsable, de quelque manière... - Ne dis pas ça.
Ne dis jamais ça.
Moi, de mon côté, je lorgne cette belle rousse
qui a un steak house tout près de Paramus.
Elle est aussi rousse que Rita Hayworth.
Et est-ce que tu crois pouvoir réussir à satisfaire une rousse ?
- Tu vas quelque part ? - Dans l'ouest, je crois.
Au moins quelques semaines. Jusqu'à l'audience.
Qu'est-ce que je peux faire d'autre ?
Comme je sais que tu n'aimes pas conduire seule, alors...
Elle est jeune.
Est-ce que tu sais vraiment ce que tu fais ?
Non.
Ce serait une première.
La propriétaire m'a ouvert.
Joyeux Noël.
Allez, ouvre.
Oh, Carol...
Ce n'est pas très bon. J'étais pressée.
Je peux faire mieux.
C'est parfait.
C'est toi ?
Y a-t-il autre chose que des produits chimiques pour la photo dans le frigo ?
- J'aurais... - Bien sûr.
Est-ce qu'il n'y a pas moyen de...
je sais pas... la contester ?
L'injonction ?
Non.
Je me sens inutile.
Je ne peux même pas t'aider ou te proposer quelque chose.
Ça n'a rien à voir avec toi.
Je vais partir pendant un certain temps.
Quand ?
Où ?
Où ma voiture me conduira.
L'ouest.
Bientôt.
Et j'ai pensé que tu aimerais peut-être venir avec moi.
Qu'en dis-tu ?
Oui.
Oui, je veux bien.
Tu ne la connais même pas !
Tu peux faire suivre mon courrier à Chicago, à la poste centrale.
J'ai payé le loyer jusqu'en février. J'avais réussi...
à économiser un peu d'argent.
Pour notre voyage.
Notre voyage, Thérèse. Et maintenant, tu...
J'arrive pas à y croire !
- Je peux pas t'expliquer. C'est juste... - Quoi ?
Je vois bien que tu t'es entichée de cette femme.
Tu te conduis comme une écolière !
Pas du tout. Je l'aime bien, c'est tout.
Elle me plaît comme n'importe qui avec qui je peux être moi-même.
Charmant.
Tu sais ce que je pense ?
Je pense que dans deux semaines, tu vas souhaiter que...
Elle va se fatiguer de toi et tu vas souhaiter ne l'avoir jamais...
- Tu ne comprends rien ! - Oui, je comprends !
- Tu es en transe ! - Je suis tout à fait consciente.
Je ne l'ai jamais été autant. Tu pourrais pas me laisser tranquille ?
C'est terminé ? C'est terminé entre nous ?
Non, j'ai pas dit ça. Mais pourquoi je voudrais rester avec toi
- si tout ce que tu fais, c'est parler de ça ? - Alors c'est ça ?
Si j'ai bien compris, t'es en train de me dire
que tu veux me quitter à cause d'un béguin insensé !
J'ai jamais dit ça ! C'est toi qui l'as dit.
Tu m'as fait acheter des billets pour la France.
Je t'ai obtenu un meilleur emploi.
Je t'ai demandée en mariage, pour l'amour du ciel !
Non, jamais. Je ne t'ai jamais rien demandé.
C'est peut-être ça, le problème.
Je peux te jurer que dans deux semaines,
tu vas me supplier d'oublier que toute cette histoire est arrivée.
Richard... Richard !
Bon voyage, Thérèse !
À Carol. De Thérèse.
- T'as pris le café ? - Oui.
On y va.
- Prête ? - Oui.
Je m'habituerais vite à avoir une ville pour moi toute seule.
- Pour toi. - Oh !
- Joyeux Noël. - Oh, non. C'est trop gentil.
Allez. Ouvre-le.
Je l'ai joué pour toi au piano. Chez toi.
Je me rappelle.
Merci.
Oh, non ! Non ! J'ai l'air affreuse.
Pas du tout. T'es splendide.
Attends. Ne bouge pas.
Est-ce que Richard te manque ?
Je n'ai pas pensé à lui de la journée.
Ni à chez moi.
Chez moi...
Le président élu des États-Unis est entouré de toute sa famille.
Ses petits-enfants et leurs jouets sont pour le moment sa seule préoccupation.
Il sait que cette joyeuse période des fêtes doit avant tout être consacrée aux enfants.
Je dois lui parler.
Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu devrais être en Floride.
Eh bien, je suis là parce que Rindy voulait absolument passer Noël avec sa mère.
Mais j'ai pas à te dire ça. Ça te regarde pas.
Va la chercher. Je sais qu'elle est là.
Tu ne manques pas de culot de venir ici et me parler comme ça.
Et non, elle n'est pas ici.
C'est impossible, parce qu'elle n'est pas à la maison et qu'elle n'est pas avec moi.
- Elle doit être avec toi. - Ouais...
T'as touché un point important.
Depuis 10 ans, tu as tout fait pour que son seul point de référence soit toi,
ton travail, tes amis, ta famille...
Dis-moi où elle est. Est-ce que t'as compris ?
Elle est encore ma femme, Abby. Et je suis responsable d'elle.
Belle façon de le montrer que de lui flanquer une injonction.
Je ferme la porte.
Je l'aime.
Je ne peux rien faire pour toi.
- Carol ? - C'est toi, Thérèse ?
Oui.
Tu serais gentille de m'apporter mon chandail bleu.
Il est dans la grande valise sur le lit.
D'accord.
- Mademoiselle lambine... - Je l'ai trouvé.
Merci. Dis-moi, ça va ?
Oui, mais je meurs de faim.
Très bien. Une minute.
T'as faim ?
Oui.
Merci.
Te sens-tu en sécurité ?
Avec moi, je veux dire ?
Tu es une fille surprenante.
Tu me le dirais si t'avais...
... peur de quelque chose et que je pouvais t'aider ?
Je n'ai pas peur, Thérèse.
Vous écoutez WHPC 14.80, Canton, Ohio.
Et maintenant Eddie Fisher et That's The Chance You Take.
Nos chambres standard sont équipées d'un meuble radio stéréophonique
ou nous avons la suite présidentielle
qui est offerte à un prix vraiment très intéressant.
Nous allons prendre deux chambres standard.
Pourquoi ne pas prendre la suite présidentielle ?
Si le prix est vraiment intéressant.
Je peux vous aider ?
Oui, merci.
Il fait si froid.
Si froid que mes lunettes étaient toutes embuées.
Ça y est.
C'est gentil.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Ne cligne pas des yeux.
Voilà.
Il me faut du rouge à lèvres.
Encore.
Regarde-toi.
Magnifique.
Très bien. Ensuite ?
Est-ce que mademoiselle aurait la gentillesse d'en mettre aux poignets
et derrière les oreilles ?
Moi aussi.
C'est divin.
Sens-moi ça.
Au président McKinley !
Bonjour.
- Alors, on n'a plus froid aujourd'hui ? - Vous non plus, on dirait.
J'ai peur que le café ne soit pas très bon.
Au moins, il est chaud.
Qu'y a-t-il dans la valise ?
Des articles de mercerie.
Disons que j'en vends. Ou que j'essaie.
- Horrible café. - Je suis désolé.
- Excusez-moi. - On bavardait tous les deux.
Je m'appelle Tucker. Tommy Tucker.
Thérèse Belivet. Carol Aird.
Enchanté.
Monsieur vend des articles de mercerie.
Je vois.
Je ne sais pas tout ce que ça comprend. Il y en a tellement.
Mais les articles que moi, je vends, s'adressent seulement aux femmes.
Vendez-vous du rouge à lèvres ?
Non, mais j'ai un nécessaire à couture.
Vous n'en avez pas besoin. Ça se voit.
Je pense qu'on pourrait être à Chicago avant cinq ou six heures, si on part assez tôt.
C'est aussi là que je vais. Il y a un raccourci qui court-circuite l'autoroute.
Ça fait gagner deux heures.
Deux heures ? Ce n'est pas rien.
- On pourrait arrêter acheter des magazines. - Hum-hum.
Eh bien, moi j'ai Field and Stream, National Geographic...
Popular Photography ?
Non. Bien sûr que non.
Pas de chance. Je n'aurais pas fait une seule vente.
- Tu le tiens ! - Oui !
- Merci, Thérèse. - Je le mets derrière.
- Tu y arrives ? - Oui.
- C'est mieux ? - C'est mieux comme ça.
T'as vu là-bas ?
- Est-ce que tout vous convient ? - Oui, je vous remercie.
Enfin...
Un vrai lit.
Le paradis.
Ah ! Ces tentures de tissu !
Ces fauteuils à oreilles...
Bonsoir.
Nous voudrions une table pour deux, je vous prie.
- Demeurez-vous à l'hôtel ? - Oui, c'est... la chambre...
- Où ai-je mis la clé ? - 623. Mme Aird.
Ce sera prêt dans un instant, madame.
Voilà. Suivant.
- Votre nom ? - Thérèse Belivet.
Hargess Aird. Allô ?
Tu es très populaire, on dirait.
Elles sont toutes de Richard. Tu ne prends pas ton courrier ?
Personne ne sait que je suis ici.
- Tu donnais un coup de fil ? - Quoi ?
Non. Je me repoudrais.
Alors que nous venons à peine d'entrer dans la nouvelle année,
la foule commence déjà à se disperser.
Il y a des enfants, des adolescents, des jeunes soldats en uniforme,
des jeunes filles des étoiles plein les yeux qui s'en vont par groupe de deux,
de quatre, de dix,
certains pour aller faire la fête, d'autres pour rentrer chez eux.
- Bonne année. - Bonne année.
"1953 va-t-elle marquer l'histoire de l'humanité ?"
Voilà le genre de slogan que nous pouvons voir ici, à Times Square,
où la foule est encore une fois venue nombreuse à ce rendez-vous...
Harge et moi, nous n'avons jamais passé la veille du jour de l'An ensemble.
Toujours pris par ses affaires.
Toujours des clients à divertir.
J'ai toujours passé le jour de l'An seule.
Au milieu de la foule.
Je ne suis pas seule cette année.
La neige commence à tomber sur Times Square
et nous pouvons distinguer à travers les quelques nuages,
cette pleine lune qui surplombe Manhattan.
Ce qui préoccupe tout le monde maintenant, ici, à Times Square,
c'est de voir ce qui va se passer pour la situation en Corée,
de voir comment Eisenhower et son administration vont gérer
la survie du communisme et la guerre froide.
Le peuple américain souhaite avoir un nouveau gouvernement...
Tu viens dans mon lit ?
Je n'ai jamais été aussi belle que toi.
Tu trembles.
Non. Je veux te voir.
Mon ange.
Venu de l'espace.
Dans quelle ville on est déjà ?
On est...
à Waterloo.
Que c'est affreux !
L'accident s'est produit juste à la sortie de la ville.
Vous êtes dans la 42 ?
Oui, nous partons.
Vous avez reçu un télégramme hier soir.
Mais c'est à ce moment que Williams aurait bifurqué pour se retrouver...
Quand est-il arrivé ?
Assez tôt. 7 h, 9 h.
Je suis pas une horloge, madame.
- Où est ma valise ? - Je l'ai mise dans le coffre.
- Je veux cette foutue valise ! - Carol, qu'est-ce qu'il y a ?
Carol !
Carol !
Carol ! Qu'est-ce que tu fais avec ça ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Carol, tu me fais peur.
Où est le ruban, espèce de petite merde ?
Combien Harge t'a payé pour ça ?
Je te donne le double, le triple, tout ce que tu veux.
Même si je le voulais, madame, le ruban a déjà été envoyé à votre mari.
Ça n'est pas vrai.
Ma réputation repose sur mon efficacité...
madame Aird.
Comment savoir si c'est la vérité ?
Aucun moyen.
Carol...
Comment t'as pu ?
Je suis un professionnel, mademoiselle Belivet.
Ça n'a rien de personnel.
Fichons le camp.
- Et alors ? - On a rien pu faire.
On est parties aussitôt qu'on a reçu ton télégramme.
Le mieux serait que tu rentres au plus vite.
Le prochain vol pour LaGuardia est demain après-midi.
Qu'est-ce que je peux faire ?
Oh, Abby. Je ne sais pas comment arranger ça.
Je n'ai pas la force.
Prends le prochain train. Je me charge de récupérer la voiture.
À quoi penses-tu ?
Sais-tu combien de fois par jour je te demande ça ?
Je suis désolée.
À quoi je pense ?
Je pense que je suis totalement égoïste et que...
Non, ne dis pas ça. Tu ne te doutais de rien.
Comment aurais-tu pu savoir ?
Et j'aurais dû te dire non. Mais jamais, je ne dis non.
Et c'est aussi égoïste parce que...
je prends tout ce qu'il y a autour de moi et je ne sais rien du tout. Et...
je ne sais pas ce que je veux.
Et comment je le saurais si depuis toujours, je dis oui à tout ?
J'ai pris de mon plein gré ce que tu m'offrais.
Ce n'est pas ta faute.
Thérèse.
D'accord ?
Merci, chérie.
Oh, tu sais, brisée, dégoûtée...
Je l'espère.
- As-tu besoin d'autre chose ? - Non. Non. À demain.
- Essaie de dormir. - Promis.
- Et ne t'en fais pas. - Merci.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Tu n'as pas à dormir là.
Elle est partie ?
Très tôt, ce matin.
Elle va revenir ?
Non.
Tout est de ma faute.
N'importe quoi !
Il faut s'en aller.
Mange quelque chose.
Fais comme tu veux.
Pourquoi me détestez-vous ?
Je ne vous ai rien fait à vous.
Est-ce que tu crois que j'ai traversé la moitié du continent en avion
pour te ramener dans l'est parce que je te déteste
et que je veux te voir souffrir ?
C'est pour Carol. Pas pour moi.
Ce n'est pas...
Entre vous et Carol...
qu'est-ce qui s'est passé ?
C'est tout à fait différent.
Je connais Carol depuis l'âge de 10 ans.
Il y a cinq ans, pendant l'été...
Eh bien...
Tard un soir, ma Ford est tombée en panne tout près de chez ma mère.
On ne voulait pas dormir,
mais on a fini par se retrouver toutes les deux dans mon ancien lit jumeau.
Et c'était parti.
Pour un certain temps.
Et ensuite, ça a changé.
Tout change.
Personne à blâmer.
- Alors... - Quoi ?
Tiens.
Ma chérie,
il n'y a pas de hasards
et il aurait fini par tout découvrir un jour ou l'autre.
La boucle est bouclée.
Je t'assure qu'il vaut mieux que ce soit arrivé plus tôt que plus tard.
Tu trouveras dur ce que je te dis,
mais aucune explication que je pourrais te donner ne te satisferait.
Ne m'en veux pas si je te dis que tu cherches des réponses
et des explications parce que tu es jeune.
Mais un jour, tu le comprendras.
Et lorsque ça arrivera, je veux que tu m'imagines t'accueillir,
nos vies s'étendant devant nous.
Un perpétuel lever de soleil.
Mais en attendant ce moment,
il ne doit y avoir aucun contact entre nous.
J'ai beaucoup à faire,
et toi, ma chérie, encore plus.
Ne doute jamais que je ne souhaite que ton bonheur.
C'est pourquoi je fais la seule chose que je puisse faire.
Je te rends ta liberté.
Allô ?
Carol ?
Tu me manques.
Tu me manques.
Thérèse ?
Tu sais, tes photos sont excellentes.
Je sais pas qui c'est, mais tu l'as bien saisie.
C'est juste des essais.
Tu devrais vraiment te monter un portfolio.
Si tu veux, je peux parler de toi à mon copain au Times.
Ils ont toujours besoin d'auxiliaires.
T'es partie avec elle, c'est ça ?
Oui.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Oh, rien qui...
C'est dur de vraiment...
C'est parce que j'ai essayé de t'embrasser, l'autre jour ?
Parce que si c'est ça, t'as vraiment pas à t'en faire et surtout pas à avoir peur.
J'ai pas peur.
Finissons pendant qu'il fait encore clair.
Je pense encore que tu devrais te monter un portfolio.
OK.
Nous avons maintenant dépassé la moitié du siècle,
un siècle marqué de continuels défis.
Encore de la purée de pommes de terre, Carol ?
Oui, merci. Elle est délicieuse.
- Et voilà. - Merci.
Merci, Cate.
J'avais...
... cru que peut-être Marge et Chester seraient rentrés avec Rindy.
Marge a dit de commencer, de ne pas l'attendre.
Je suis sûr qu'ils seront bientôt là.
Harge nous a dit que tu t'entendais très bien avec ton docteur, Carol.
Pourquoi en serait-il autrement ? Il est extrêmement cher, ce docteur.
Eh bien, en fait, ce...
ce n'est pas un docteur, c'est un psychothérapeute.
Mais il est très estimé de tous.
Il a fait Yale, comme ton oncle.
Oui, bien sûr, mais ça ne fait pas de lui un docteur.
De nouvelles nations sont apparues.
Mais je l'aime bien. Il m'a vraiment beaucoup aidée.
- Mon bébé ! - Maman !
Comme tu as grandi !
Fais-moi un gros câlin !
C'était un long voyage.
Tu dois sûrement avoir faim, chérie.
- Tu veux manger quelque chose ? - Oui.
Bouge pas. Bouge pas.
Non. Ne sois pas ridicule.
Je ne pense pas avoir la force de continuer, Abby.
Combien de repas avec aspics aux tomates devrais-je encore supporter ?
Puis je reviens à la maison, tous les soirs, sans elle.
Pour trouver quoi ? Ça !
Et Thérèse ?
Que veux-tu dire ?
Tu as eu de ses nouvelles ?
Non.
Non, non.
Ça fait plus d'un mois qu'elle a essayé d'appeler.
Puis plus rien.
J'aurais voulu que...
Et toi ? Tu as de ses nouvelles ?
De Thérèse ? Non.
Elle doit avoir commencé à travailler au Times sans doute.
J'aurais dû dire : "Thérèse...
"Ma chérie...
"attends."
Qui vient faire demi-tour chez moi ?
- Je devrais partir. - Non.
- Pas tout de suite. - Oui.
Étant donné la gravité des accusations
et l'incontestabilité de la preuve,
nous nous attendons à ce que la cour accorde la garde exclusive de l'enfant à mon client.
Pas si vite, Jerry.
Le psychothérapeute de ma cliente est entièrement satisfait
de la façon dont elle s'est remise des événements de cet hiver
et il affirme qu'elle est en mesure de s'occuper de son enfant.
Elle n'a plu eu aucun contact avec...
la fille en question.
Nous avons les dépositions sous serment de deux psychiatres de l'Institut Saddlebrook,
qui déclarent qu'à leur avis,
c'est une série d'événements dont le mari de ma cliente est responsable,
qui ont provoqué chez elle un désordre émotionnel,
- qui a par la suite entraîné cette déviance... - C'est absurde !
De plus...
Alors Fred, c'est donc ainsi que vous comptez défendre cette cause.
... nous sommes confiants qu'ils ne seront pas admissibles en cour.
Fred, je vous en prie,
Tout d'abord, Fred, j'aimerais voir ces dépositions.
- Et deuxièmement... - Est-ce que je pourrais parler ?
J'admets que ce qu'il y a sur ces rubans est vrai.
- N'écrivez pas cela. - Ça ne me dérange pas.
Harge...
je veux vraiment que tu trouves le bonheur.
Je n'ai pas su te l'apporter. Je t'ai déçu.
En fait, on aurait pu se donner tous les deux peut-être plus.
Mais on s'est donné Rindy.
Et ça, c'est le plus merveilleux,
le plus généreux de tous les cadeaux.
Alors, pourquoi passer autant de temps à essayer d'empêcher l'autre de la voir ?
Et ce qui est arrivé avec Thérèse,
je le voulais.
Et je ne vais pas le nier. Ou dire que je suis...
Mais ce que je regrette et qui me peine,
c'est que nous sommes en train de bouleverser la vie de notre fille.
Voulons-nous, Harge, en porter la responsabilité ?
Je pense qu'on devrait agir pour le mieux.
Et je pense que Harge devrait avoir la garde de Rindy.
Je crois que nous devrions prendre une pause.
Fred, laissez-moi parler, s'il vous plaît, parce que vous ne savez pas...
Je ne serai pas capable de m'en sortir.
Je ne suis pas une martyre.
Je n'ai pas la moindre idée de ce qui est mieux pour moi.
Mais par contre, je sais au fond de moi ce qui est le mieux pour ma fille.
Et je veux avoir des droits de visite, Harge.
Ça ne me dérange pas qu'elles soient supervisées,
mais je veux qu'elles soient régulières.
Il n'y a pas si longtemps, je me serais battue bec et ongles,
je me serais enfermée afin de garder Rindy avec moi.
Mais à quoi bon si je dois vivre à l'encontre de ma propre nature ?
C'est ce que je propose.
Et c'est... c'est non négociable.
À prendre ou à laisser.
Et si tu refuses, on va en cour.
Et si on va en cour, ce sera laid.
Et nous ne voulons pas que ça le soit, Harge.
Carol.
- Excusez-moi. - Carol !
C'est ici.
Non, je pense que ces clichés sont plus appropriés.
Celle-là est très bien, selon moi.
Non. Il nous faut autre chose.
- On peut trouver meilleur. Regarde. - On va voir si on peut l'insérer.
- C'est vrai qu'il est peut-être un peu long. - Y a autre chose ?
L'important, c'est que ça soit très bien documenté.
Jette un coup d'il à ça, tu veux ?
Belivet.
Remis en main propre. Eh bien !
Chère Thérèse, peux-tu venir prendre le thé, ce soir,
hôtel Ritz Tower, 6 h 30 ?
Je comprendrai si tu ne peux pas. Carol.
Bien sûr. Merci. Au revoir.
Je n'étais pas sûre que tu viendrais.
- C'est gentil d'accepter de me voir. - Ne dis pas ça.
Est-ce que tu me détestes, Thérèse ?
Pourquoi je te détesterais ?
Abby m'a dit que tu réussis.
Si tu savais à quel point je suis ravie pour toi.
Et tu es superbe. C'est vrai.
Comme une fleur qui vient d'éclore.
- Est-ce mon absence qui te fait cet effet ? - Non.
- Quoi ? - Rien.
Harge et moi vendons la maison.
- J'ai trouvé un appartement sur Madison Avenue. - Non.
Et un emploi. Crois-le ou non.
Je vais travailler pour un magasin de meubles de la 4e Avenue, comme acheteuse.
As-tu vu Rindy ?
Une ou deux fois.
Elle habite avec Harge. Pour l'instant, c'est...
le meilleur choix.
C'est comme ça.
Quant à mon appartement, il est beau et très grand.
Assez grand pour deux.
Eh bien, j'avais espéré que peut-être tu viendrais vivre avec moi,
mais c'est sans doute non.
Veux-tu ?
Non. Non, je ne crois pas.
Je rencontre des gens dans le salon bleu à 9 h.
Si tu veux manger...
Si tu changes d'avis, je crois qu'ils te plairaient.
Bon...
Et voilà.
Je t'aime, Thérèse.
Thérèse ? Est-ce que c'est toi ?
Quelle surprise !
Je me disais : il me semble que je connais cette fille.
- Jack. - Content de te voir, Thérèse.
- Ça fait des mois, c'est ça ? - Des mois.
Jack, je te présente Carol Aird.
- Enchanté. - Moi de même.
Eh bien, j'attends Ted Gray. On doit se rendre à une soirée chez Phil.
Y aura plein de monde.
Tu vas venir, n'est-ce pas ?
- Oui. Je comptais y faire un saut. - Allez-y, vous deux.
- Vous nous accompagnez ? - Non.
Non. J'ai des appels à faire avant de passer à table.
Il faut que je me sauve.
Tu es certaine ?
Bien sûr.
Eh bien, dans ce cas, je pourrais y aller avec toi si tu le veux bien.
Avec plaisir.
Je vous souhaite de passer une merveilleuse soirée.
- Ravie de vous avoir rencontré, Jack. - Moi également.
Eh bien, je vais voir si...
le retardataire est arrivé.
Je reviens tout de suite.
- On arrive, je crois. - Oui, c'est là. Juste à l'intersection.
Il était temps, Belivet.
Tu pourrais au moins nous saluer. Ça ne fait pas si longtemps.
Salut, Phil. Désolée.
La voilà ! Allez ! Monte !
- Quoi ? - Rien.
Il est mieux d'y avoir de la bière ou bien du vin.
J'en sais rien, moi. Je te la laisse.
C'est une de ces hypocrites de Greenwich Village, si tu veux savoir.
Je vais m'en souvenir, Charles.
Où est-ce que tu vas, Ted ? Reste encore un peu.
- T'es une amie de Phil, c'est ça ? - Oui. Et de Dannie.
Tu me demandes pas où j'ai appris ça ?
À peu près tout le monde ici est son ami.
Je vois pourquoi Phil parle tellement de toi en bien.
Ah oui ?
Désolée. J'en ai pour une minute.
Je suis arrêté parce que je me suis dit
que quelqu'un ici le connaissait sûrement.
Qu'est-ce qu'il devient ?
- Ça fait longtemps que t'as vu Ryan ? - Ryan ?
Oui, Ryan.
Oui, t'as raison.
Je crois que c'est une excellente idée.
Tu m'invites si je comprends bien ?
- Oui. - Ah, oui ? Tu m'invites ? Ouais !
On aurait dû s'en douter. Il n'y a personne.
- À chaque fois, il nous fait le coup. - Tu trouves ça drôle ?
Oui, il y en a beaucoup plus qu'on pourrait le croire.
- Vous avez une réservation ? - Désolée, je cherche quelqu'un.
Mais madame, nous ne pouvez pas entrer sans réservation.
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