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Original subtitles

-Fin de la fête.

La fille

légère.

Calme, tempête.

La musique s'arrête.

Mais moi, la fille légère s'en va. Que la passion me dévore.

Que la passion

me dévore.

Je m'endors.

...

-Arrête de culpabiliser.

Borel n'a jamais voulu se suicider. Il est juste tombé à l'eau.

Il va revenir.

Tu vas être gentille avec lui

et tout va s'oublier. - J'arrête ce stage.

Je ne sais pas tenir ma langue. Et tu ne me fais pas confiance.

- Je n'ai jamais dit ça. - Tu l'as pensé.

Tu as peur que je fasse

des conneries. - Non. Je veux juste que ton stage

soit complet. Quand tu te faufiles dans les enquêtes, tu me surprends.

Téléphone.

Ouais ?

OK. J'arrive.

Un cadavre. Viens. Ca te changera les idées.

Sirène.

Noir, c'est noir.

-On ne pourra pas saloper plus la scène de crime.

- Tout se perd. Sinon des infos ? - Oui.

Son assassin a dû s'accrocher à son cou

comme un malade. Ca n'a pas dû suffire

car elle a reçu

un autre coup non moins violent qui lui a perforé la tempe.

- Elle était jolie. - Impossible de savoir

combien de temps elle est restée là.

A vous de déterminer l'heure du crime.

-Elle a disparu

il y a une semaine. Jeanne Bora. Choriste dans l'orchestre Nevada.

Disparue après

un bal privé.

-Trouvez tout ce que vous pouvez sur cette soirée.

Vous, dépoussiérez la chanteuse. Moi, je vais danser.

-Borel a mal réagi.

C'est compliqué les histoires d'amour, mais bon.

Elles ne finissent pas toujours mal.

Musique en anglais.

Personne ne doit rentrer seul chez lui ce soir !

-Wohou !

Musique.

Hourras.

Merci !

-Putain ! Je le redoutais.

Après son départ, j'ai appelé partout.

Personne ne savait où elle était. Alors j'ai signalé sa disparition.

-Jeanne avait 27 ans elle aussi.

Le Forever 27 club.

Jim Morrison, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Kurt Cobain,

Amy Winehouse.

Tous morts à 27 ans. Une malédiction.

-Vous l'aimiez.

-Cet orchestre... C'était l'harmonie même.

Je l'ai créé il y a 5 ans.

J'ai engagé tout le monde. On a partagé tant de km dans ce bus.

- "Harmonie, harmonie".

Elle disparaît et vous,

vous continuez.

-Si on s'arrête dans ce métier, on meurt,

mais ça n'empêche pas les sentiments.

- "The show must go on". Ca n'empêche pas de mourir.

-On peut reconstituer le fil du bal

pour déterminer l'heure de sa mort.

-C'est après la 1re pause

qu'elle n'est pas revenue. 22, 23...

Non. 22h plutôt.

-Non. C'était 22h30, mais c'est normal.

C'est le moment des slows. C'est là où je suis seule sur scène.

On a pensé qu'elle était

partie.

- Pourquoi ? - Elle l'avait

déjà fait une fois. Elle était fantasque, indépendante.

Après le bal, sa couchette

était vide et il n'y avait plus

ses affaires.

-Soit vous avez raison. Elle s'est barrée

et elle s'est fait trucider en partant seule,

soit le meurtrier avait accès à ses affaires

et les a fait disparaître.

Quelqu'un qui a pu monter

dans le bus. Un proche.

-N'importe quoi ! A la pause, Gus était au téléphone.

Les autres se roulaient des pelles. Et Franck est allé boire un coup.

- Et vous ? - Un fan

voulait un selfie avec moi.

-Il ressemblait à quoi ?

-Je pourrais essayer de vous le dessiner, mais je dessine mal.

-Tu pourras toujours tout me demander,

tu sais.

-Stunia n'a trouvé aucune empreinte sur le cou de la victime,

mais des paillettes en forme d'écaille sous ses ongles.

-Je peux voir la robe que vous portiez ?

-Vous êtes déjà fan

ou vous voulez vous travestir ? - Ma lieutenante va regarder

votre penderie.

A vivre ici, la promiscuité... Tout le monde doit connaître

les secrets de tout le monde.

-Vous aimiez Jeanne.

Votre émotion crevait les yeux quand on vous a annoncé sa mort.

-Pourquoi vous n'osez pas parler ? Vous avez peur

de quelqu'un ?

-Tu ne m'écouteras donc jamais ? Je suis qui pour toi ?

De toute façon, je m'en moque. Je vais te quitter, maman.

Je vais me marier.

Il fallait bien que ça arrive un jour.

-Pas de robe, mais des paillettes au sol en forme d'écaille.

-C'est idiot d'avoir caché cette robe.

Vous êtes suspecte. Vous allez nous suivre.

Je vais devoir annuler

vos prochains bals. - Non. Samedi, c'est le dernier

de la saison. - Et alors ?

Déjà là ? Ca me fait plaisir de vous revoir. Ca va mieux ?

-Ce sont les spectateurs du concert le soir du meurtre.

- Borel. Dites-moi, ça va ? - Top.

Les gens sont heureux de collaborer. Ils me racontent tout.

J'y suis depuis 3h. Il m'en reste 150.

C'est top. Je suis fait pour les corvées.

-Ce n'est pas très chaleureux, ce genre d'endroit.

Pour notre 1er tête-à-tête, c'est moyen.

-Il va falloir vous habituer.

-Cette histoire de paillettes ne marchera pas.

Jeanne adorait ma robe. Elle a dû l'essayer

en douce. - Pour plaire à Franck ?

Il aimait Jeanne et vous étiez jalouse ?

C'était vous la chef.

-Vous ne pensez qu'à l'amour

comme moi. Le bal et les chansons d'amour, c'est tout ce qui compte

dans la vie.

-Pour en revenir à Franck.

-C'est avec moi qu'il couchait. Pas avec Jeanne.

-Il semble vous craindre.

-Il sait que je veux rompre. C'est un bon musicien, mais il boit.

Quant au rayon jalousie,

c'est plutôt lui qui avait des raisons d'être jaloux.

Je baisais Jeanne.

Désolée, mais vous vous plantez avec vos histoires de jalousie.

La porte s'ouvre.

Borel se racle la gorge.

-J'ai retrouvé le type avec qui Gloria a fait le selfie.

-Au moment du meurtre, enfin c'est l'heure que m'ont dit vos collègues

à la pause de 22h30, Gloria fumait devant la porte des coulisses.

-C'est tout ? C'était le témoignage qui me manquait.

M. Parondi. Vous allez faire avancer l'enquête.

Comment vous le savez ?

-Moi aussi, je fume.

A la pause, j'ai été lui demander une cigarette.

Je voulais un selfie avec elle. Elle a refusé. J'ai insisté

jusqu'à ce qu'elle cède et... Et voilà.

Je ne comprends pas votre mépris. Je sens du mépris dans vos yeux.

-Moi ? Pas du tout.

Si je sentais que vous me mentiez, mais ce n'est pas le cas. Alors ?

-Quand j'ai entendu Gloria chanter pour la 1re fois,

c'était comme si

elle ne chantait que pour moi.

J'ai eu la sensation de toujours l'avoir connue.

- Pourquoi vous me racontez ça ? - Car ça vous a fait

la même chose. Je lis dans vos pensées.

-Allez. Merci, M. Parondi.

-Je le trouve touchant, sincère, émouvant.

-C'est une caricature. Il veut faire ami-ami.

C'est suspect. - Non.

Les types qui aiment les gens de manière désintéressée, ça existe.

-Ce mec est dingue de Gloria. Il a inventé cette histoire de selfie

pour lui offrir un alibi. - Il dit que Gloria

l'a envoûté. On ne peut plus être amoureux sans être suspecté

maintenant ?

-Camille, exercice pratique de profilage.

-Je pense qu'il a un problème avec les femmes. Excuse-moi

de ne pas être d'accord. Je parle de l'enquête. Ses mots, sa manière

de s'exprimer, ça me fait penser à quelqu'un d'immature, de frustré.

Je dirais même mythomane. - N'importe quoi !

-Si tu veux qu'on se parle, il n'y a pas de... Problème.

-Oh !

-Bon ben... Je vais tenter d'en savoir plus sur sa vie,

s'il connaissait Gloria. - OK. Faites ça.

Au moins, on est 2 à garder la tête sur les épaules ici.

-Vu comment vous regardez Gloria, vous concernant, j'ai des doutes.

-C'est tout ce que j'ai trouvé.

-Cette expérience me plaît. La réalité nourrit mes émotions

quand je chante.

-Pourquoi tous les artistes aiment chanter le malheur ?

-Vous vous trompez. Moi, c'est le bonheur qui me va le mieux.

Et la liberté. C'est pour ça que j'aime le bal. Je peux choisir où,

pour qui je chante. Je peux décider

de ne rien faire ou d'avoir une histoire d'amour.

Donner du plaisir à quelqu'un s'il en a envie.

Vous en aviez envie, non ? Vous voyez ? C'est ça, ma liberté.

Voler des baisers, des moments interdits.

Vous êtes musicien ? Vous avez des mains de pianiste.

Vous avez envie de moi là, maintenant ?

Je vous choque ? - Non.

J'ai compris qu'entre nous, le challenge était de savoir

qui des 2 allait baiser l'autre. - Vous préférez quoi chez moi ?

Le haut, le bas, le visage, l'ensemble ?

Votre regard m'excite.

Il rit.

Piano.

-Mince ! Je t'ai dérangée ?

-Non. Je bossais mon rapport de stage.

C'est à toi ? - Oui.

A qui d'autre ?

-A Ben, mon demi-frère.

C'est comme ça qu'on dit, non ? Pourquoi tu n'en parles jamais ?

- Je me le suis acheté à 16 ans. - Car tu t'en veux ?

-De quoi ?

-Tu traitais ton fils comme ton pote, tu n'étais pas trop présent.

Tu l'as laissé partir.

-Tu te venges à cause de Borel ?

-Non. C'est parce que je pense souvent à Ben.

Mais si tu ne veux pas en parler... - Non.

C'est pas ça. C'est que quand vous avez déboulé Eva et toi,

ça a été comme un ouragan, alors faire face à Ben en même temps...

- Il ne sait pas que j'existe ? - Non.

- Il faudra peut-être lui dire. - Oui. Un jour. Peut-être.

-C'est quoi, ça ?

Tu écrivais des chansons ? - Ouais.

-C'est Gloria qui ravive tes passions. Elle est cool.

Enfin sauf si elle est coupable. - Regarde.

Celle-là. Tu es prête ? Piano.

Toi, qui est ton roi ?

Choisis ton camp avant qu'on... - TE COLLE LE MORS AUX DENTS.

CHOISIS TES ARMES, CHOISIS TON JOUR

AVANT QUE NE COULENT SUR TA JOUE TES LARMES, TES LARMES.

Piano. Il fredonne.

Pour un peu...

Il fredonne.

Sonnette.

-Je voulais voir comment vivait un type sans histoire. Prof de musique

apprécié au travail d'après nos rapports.

-Oh !

-Ah ! Mais vous êtes artiste. Vous écrivez une chanson pour Gloria ?

"De nous deux qui sera

"le premier ?"

Je n'ai pas la voix ensorcelante de Gloria.

-Vous assistez à tous ses bals ? Vous fantasmez sur elle ?

Vous jouez les paparazzis ?

-Déçus ? Vous pensiez trouver des photos d'elle partout ?

-Exactement.

On se demande jusqu'où peut aller un fan

pour protéger la vedette de son coeur. Votre faux témoignage,

c'est Gloria

qui vous a demandé de le faire ou vous l'avez fait spontanément ?

-Sur quelles bases, vous bafouez ma déposition ?

Vous avez le droit

d'être là ? - Non.

Et je m'en fous.

Alors ? Ma question.

-Je ne connais pas Gloria.

A moins que

vous m'apportiez des preuves d'un autre moi qui la fréquenterait.

-Où est votre mère ?

On sait que vous vivez

avec votre mère.

-Chez une amie dans le Sud.

-Hum...

-Puisque vous en rêvez, je vais vous présenter Gloria.

J'ai joué les agents.

Je vais lui dévoiler le compositeur de l'avenir. Cadeau de ma part.

D'accord ?

Vous reconnaissez ?

-C'est la cour du château,

la scène, l'entrée des coulisses. Mais où est Gloria ?

-Avant, j'ai besoin de vérifier quelques-uns de vos souvenirs.

Je dois faire mon job. Où fumait Gloria ? Là ou là ?

-Là.

-Ah ! Gloria a dit là.

Quelle chanson vous avez chantée

après la pause ?

-Euh...

Je ne sais plus.

-Je ne sais plus. Je suis allé me chercher une bière.

-Quelle a été la 1re phrase de Lucas ?

- "Vous êtes un ange."

- "Vous êtes un ange."

-Gloria portait une robe à paillettes

après ? - J'ai oublié.

-J'ai oublié.

-Tenez.

Il tousse. - Elles sont fortes celles-ci.

-Ouais.

Vous connaissiez Lucas le fan,

mais pas le parolier de talent.

Il rêve que vous chantiez une de ses chansons.

-Je suis flattée. Je lirai vos textes avec intérêt.

-Merci. Ca me touche.

-Mais est-ce un service à vous rendre ?

Chanter les chansons

d'un meurtrier. Je vous croyais de mèche, mais je me suis trompé.

Vous avez tué Jeanne

sans lui dire ?

- Pourquoi j'aurais fait ça ? - Pour lui plaire.

-En quoi ça m'aurait plu ?

-Il vous a débarrassé de celle qui vous faisait des crises.

- Comment j'aurais su ça ? - Je vous l'aurais dit

en vous donnant une cigarette.

-Non. Ca, c'était pour le remercier de l'avoir fait. Le selfie aussi.

-C'est le diable, cette femme.

-Ils se connaissent.

-Ah non ! Je suis bête. Le selfie,

c'est pas assez.

Vous lui avez donné quoi en échange de la mort de Jeanne ?

Elle a couché avec vous

ou elle vous a promis de chanter

une de vos chansons ? Elles sont si mauvaises

que vous avez dû tuer

pour qu'elle accepte. Vous n'avez aucun talent.

Il soupire.

Ah ! Notre chanteur de charme est une vraie cocotte-minute.

-Un type qui vit chez sa mère a forcément un vice caché, sinon...

Il implose.

- Ou il tue. - Oui,

mais on a zéro preuve.

-On doit les libérer.

-Je vais essayer autre chose pour les coincer.

Vous êtes suspect numéro 1 et comme je ne peux retenir

aucune charge contre vous, vous êtes libre. Vous pouvez partir.

Vous, je vous fais mes excuses. Je vous raccompagne ?

Après ce que je vous ai fait subir, je vous dois un moment de détente.

-Le lichen, la mousse.

Ton absence me pousse.

Elle chante. Les fougères me caressent,

alors j'erre en douce.

-C'est ma chanson préférée. Indispensable en toutes occasions.

-Mon coeur s'est ouvert

et là, je...

Tu vas encore m'apprendre le haut et le bas.

J'ai jamais su attendre

sauf là.

- Vous écrivez des chansons. - Ouais.

Il n'y a pas que Lucas qui se croit musicien.

-Et toi, qui est ton roi ?

Choisis ton camp avant qu'ils te collent le mors aux dents.

-Lucas est un usurpateur. Vous le savez.

-Arrêtez de parler de votre boulot 2 minutes. On est bien là.

Profitez-en.

-Il vous fait peur. Je l'ai vu dans votre regard.

Un type amoureux prêt à tuer pour vous séduire.

-J'ai envie de me baigner. Il y a une crique tranquille pas loin.

Vous voulez vraiment annuler mon prochain bal ?

Je ne crois pas que vous irez jusque-là.

-Je vais avoir besoin de votre aide si vous voulez que je me baigne

avec vous.

Et s'il nous espionnait, caché,

comme un félin guettant sa proie ? - Arrêtez avec ça. Vous délirez.

-Pas sûr. Vous avez vu comment il peut perdre ses nerfs ?

-Je n'ai rien fait qui pourrait l'énerver.

-Il vous veut à lui seul. Il fera tout pour ça.

Si vous ne m'aidez pas à l'arrêter, vous risquez gros.

-Vous me protégerez.

-Ah !

Oh ! Oh !

-On passe des moments très excitants ensemble,

plein de tensions.

-Touché !

- Coulé ! - Ah !

Elle rit.

Ils rient.

Ah !

...

-Je ne pensais pas que tu viendrais.

-Je vous ai suivis.

-Je sais.

J'ai couché avec Caïn pour le calmer. Je n'oublierai jamais

ce que tu as fait pour moi.

Je sais que tu n'es pas jaloux. Toi et moi, on est ailleurs.

Je n'ai jamais rencontré

quelqu'un d'aussi courageux et désintéressé que toi.

-Même pas Franck ?

-Non.

-Ni Jeanne ?

-Non.

-Tu ne regrettes pas qu'elle soit morte ?

-Non.

Elle fredonne.

De nous deux...

Qui sera le premier ?

-A se relever.

-A tout quitter.

Pour un peu,

je m'oublierai. - Pour pouvoir danser.

-Tes pas, pour pouvoir danser. Tes pas de côté. Pour pouvoir danser.

- A nous deux. - A nous 2,

on va casser la baraque !

-Ma femme m'a viré de chez moi. Ca vous ennuie

si je prends la place de Gloria ici ? Vu qu'elle est avec Lucas.

Vous saviez pour eux deux, non ?

C'est quoi, vos rapports tendus ? Vous connaissez Lucas aussi, non ?

Dites-moi ce que vous savez, sinon je vous colle

en cellule de dégrisement. - Mais j'ai pas bu.

-Personne ne s'en rendra compte. Vous êtes imbibé jusqu'à l'os.

Alors ?

-Ca fait 3 mois qu'il lui tourne autour.

-Donc il connaissait Jeanne.

Il savait que Gloria couchait avec elle.

-Jeanne ne couchait pas avec.

- Elle est mythomane ? - Non.

Jeanne a fait ça 1 ou 2 fois pour faire plaisir à Gloria.

Gloria, quand elle a l'impression qu'on ne l'aime pas,

elle devient folle.

Jeanne a eu peur. Et pitié.

-Je préfère t'en parler d'abord à toi, car je ne veux pas entendre

que la stagiaire déborde. - Mais non. T'inquiète.

Ca a un rapport avec Gloria ? - J'ai fouiné sur la mère de Lucas.

Un truc est louche.

Personne ne leur connaît ni de famille ni d'amis dans le Sud.

-Hors-sujet.

En épluchant les relevés EDF de Lucas, j'ai découvert qu'il avait

un 2e appart. A la même adresse. C'est un studio au rez-de-chaussée.

-Bien joué, Borel.

Lucas doit être en cours. Une porte à défoncer,

ça me branche. Allez.

...

Waouh !

-Pourquoi vous me faites venir là ?

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Cette broche, je pensais l'avoir perdue.

-Ce studio est la preuve que l'alibi du selfie ne tient plus.

Il a été inventé par Lucas. Pour vous protéger.

- Je n'ai tué personne. - OK,

mais il va falloir me dire ce que vous savez.

Ce mec est fou. S'il a tué une fois, il recommencera.

-Non. C'est juste un fan. Il m'aime démesurément, mais c'est tout.

-Ouvrez les yeux.

Il est malade. Pourquoi vous entêter à le défendre ?

Des fans, il y en a à la pelle. - Vous êtes jaloux. C'est ça.

Pourquoi tous les hommes sont comme ça ?

Je déteste ça.

-C'est bon.

Tu étais où ?

- Chez Lucas. - Quoi ? Tu as forcé la serrure ?

-J'ai un bon maître. Je voulais voir s'il avait menti pour sa mère.

-Et ? Tu as trouvé ?

-Vous le saviez ?

-Dans une lettre de Nice, la mère dit qu'elle est ravie d'y être.

Elle marchait à peine.

-Un bon fauteuil roulant

et tout roule.

-Les psychopathes s'en prennent

à la représentation de leur souffrance.

-Tu ne confonds pas avec tes propres fantasmes ?

-Il faut virer Gloria. - J'ai trouvé un truc sérieux.

-Tais-toi, Jeanne. -Non. Cette fille est malade.

Je vais prendre sa place. Tu sais que je la vaux.

-Ca va la détruire. -Elle doit disparaître.

- On a le mobile du meurtre. - Et 3 suspects.

Lucas qui a enregistré ça et aurait défendu Gloria.

Gloria qui a pu se défendre toute seule en se bagarrant avec Jeanne.

Et Franck qui voulait empêcher Jeanne de se bagarrer avec Gloria.

-Le mystère s'épaissit. On va mettre tout ça en musique

et les pousser

à la fausse note.

Venez. N'ayez pas peur.

N'ayez pas peur, Lucas. Vous vouliez faire partie

de l'orchestre. C'est l'occasion !

Caïn rit. Prenez ce clavier.

Commençons par la chanson préférée de Gloria. Et on en essaiera

une des vôtres.

3 ! 4 !

Musique.

-Le lichen, la mousse. Ton absence me pousse.

Les fougères me caressent...

Le micro siffle.

-Il faut virer Gloria.

-Merci. -Cette fille est malade.

Je prendrai sa place. Je la vaux.

-Ca va la détruire.

Je t'en empêcherai !

-On a trouvé ça

dans votre studio coquet.

-C'est toi qui l'as tuée ?

- Mais non ! - Tu parles !

-Qui nous dit que c'est pas toi ? Tu as voulu protéger Gloria.

-Essayons de raisonner calmement. Vu la détermination de Jeanne,

Franck s'est senti obligé d'aller parler à Gloria.

L'alcool aidant, il a pu perdre le contrôle de lui-même.

-Faux. Je n'ai pas pu la retenir. Jeanne est allée voir Gloria

à la pause. Elles se sont engueulées.

J'ai préféré partir.

-1re info. L'engueulade, c'était avant ou après le selfie ?

-J'avoue, on a eu des mots. Mais c'est arrivé plein de fois.

On s'est un peu agrippées, giflées, mais c'est tout.

-2e info.

Elle est morte d'une simple gifle. Elle était trop fragile pour vivre.

-Arrêtez de jouer. Je me sens assez coupable.

Ce soir-là, je lui ai dit que je ne voulais plus jamais la revoir.

Elle a dû partir et... Et après...

-Je l'ai vue descendre du bus avec sa valise.

Gloria est arrivée après.

Alors je l'ai réconfortée.

-Pourquoi ne pas l'avoir dit avant

plutôt que d'inventer cette histoire de selfie ?

-J'ai inventé ça bêtement par peur, mais qu'est-ce que ça prouve ?

-Vos mensonges de fan maladif.

Le juge comprendra

en visitant

votre garçonnière. - En voyant mes photos

de vous avec Gloria,

il dira quoi ? Caïn rit.

-Là, je suis battu. Belle défense.

Bon ben, je ne vois qu'une solution.

Terminez l'enquête à ma place, désignez le coupable entre vous

et rappelez-moi.

-Laissez tomber. Coucher avec les suspects, c'est le truc de Caïn.

Le procureur le sait, mais comme il coince toujours les méchants,

il ferme les yeux.

-Jeanne a 2 marques. La strangulation et le coup ici.

Les 2 auraient pu la tuer ? - Oui.

Les 2 ont été commis avec une extrême violence.

-Combien de personnes sont responsables ?

Quelle est la cause de la mort ?

L'étouffement ou le coup ? - On ne peut

hélas pas savoir. Mais si le 1er lui a été fatal,

ça veut dire que le 2e a été commis post-mortem.

-Ca vous amuse de m'embrouiller

comme ça ?

-Si vous restez, je pourrai affiner mon diagnostic.

-Comment ça ?

-Une autopsie, c'est comme un corps-à-corps.

Et vu la complexité de notre affaire,

une reconstitution pourrait marcher.

- Je ne suis pas la bonne personne. - Mais si.

Vous avez peur ? - Non.

-Que je me jette sur vous et que je fasse sauter

vos boutons avec mon scalpel. - Vous feriez ça ?

-Hum ! Et pourquoi pas ? J'en ai ma claque des morts.

Je croquerais bien quelques vivants. Hum !

-Elizabeth ! Non.

...

-Ca va ?

Méli-mélo de poulpe

à la farigoule. Ca s'imposait.

-Alléchant !

-Papa !

-Ca va.

-Pourquoi tu as fait ça ? Renverser un flic !

Une morte, ça ne suffit pas ?

-Mais ce n'est pas moi. Ca doit être Franck.

-Franck est trop lâche.

Désolée, mais je ne te crois pas.

Et tout ça, là. Comment tu as pu faire tout ça sans m'en parler ?

J'ai l'impression que tu me manipules depuis le début.

Jure-moi que tu n'as pas fait tout ça pour que je dépende de toi.

Pour que je sois ta prisonnière. - Non. Je fais tout ça pour toi.

-J'ai peur, Lucas.

Je ne veux pas être traitée comme une criminelle.

Il ne faut plus qu'on se voie. Au moins pendant un temps.

Les flics seront

toujours derrière nous.

Elle souffle.

Caïn, rappelez-moi vite. J'ai peur que Lucas s'en prenne à Franck.

Elle souffle.

Caïn crie.

-Oh !

Oh !

Ah !

Celui qui a essayé de me tuer a fait une belle connerie.

Il va me le payer. Mon fauteuil.

-Non ! Du repos !

-Pas question.

- Ah ben si ! - Je vais coffrer cette ordure.

Car celui qui a fait ça, c'est aussi l'assassin de Jeanne.

Vous avez retrouvé la voiture ? - On a perdu sa trace,

mais Camille a relevé

la plaque.

- Pas sûr qu'on puisse l'identifier. - Bref. On doit continuer l'enquête.

-Ben continuez. Au boulot.

Ah !

- Ca va ? - Oui.

-J'ai eu si peur.

- Oh ! - Je suis si heureuse de te voir.

-Allez.

-Je voudrais que tu me parles de Ben. Je voudrais savoir où il est.

Je ne veux pas être seule si tu m'abandonnes.

-Mais...

- Je dis toujours ce que je pense. - Ca, oui, mais je ne suis pas prêt.

Il m'en veut. Je n'ai pas pris

de ses nouvelles depuis un an.

-Tu essaies encore de gagner du temps.

Téléphone.

-J'étais inquiète.

Un fou du volant ? - Ou une folle.

Comment vous avez su ? - Vous ne répondiez pas, alors...

J'ai appelé le SRPJ. Vous avez eu mon message ?

J'espère que ni Lucas ni Franck ne sont responsables,

mais ils s'accusent mutuellement. - Pas de panique. Je m'en charge.

Au revoir. - Merci.

-C'était Gloria. Elle a décidé de faire du Caïn.

-Pour te manipuler, c'est ça ?

-Je fais ça ?

-Pire. Pourquoi elle fait ça maintenant ?

-Je vais le savoir.

La cerbère est partie. Amène le fauteuil.

Dispute. - Regarde-toi, alcoolo !

-Je ne suis pas alcoolo.

-Moi, je sais comment freiner.

Où en êtes-vous ?

-Vous me prenez pour votre chauffard.

-Moi, non. Mais Gloria...

-C'est lui votre assassin.

- Oh ! - Je sais me faire justice moi-même.

Montez. Hop !

-Tu vas voir.

Oh ! - Il faut ouvrir la portière.

Ah !

Oh là !

Vous allez conduire jusqu'au SRPJ.

J'ai mal. J'ai perdu de l'oeil droit. Evitons un accident.

Conduisez.

Ah !

La portière claque et reclaque.

-Oh !

-Je le savais. Vous êtes incapable de conduire.

Ce n'est pas vous, le chauffard.

-Gloria a voulu vous attendre.

-Vous croyez que c'est Franck qui a essayé de vous tuer ?

-Sinon qui ? Vous accuseriez Lucas ?

-J'avoue que vous m'avez convaincue.

Il me fait peur.

Depuis que vous avez découvert la vérité sur le selfie,

il a révélé son vrai visage.

- D'assassin ? - Il n'a pas avoué,

mais je suis sûre que c'est lui qui vous a renversé.

Et s'il est allé jusque-là, c'est...

-Oui. Il a pu tuer Jeanne.

-Aidez-moi.

-OK, mais je vais avoir besoin de votre aide pour l'arrêter.

Vous ne pourrez pas refuser. Je vais autoriser votre prochain bal.

-J'étais sûre que vous céderiez, mais je ne pensais pas vous servir

de traquenard.

Elle chuchote.

-Ah ! C'est ça !

Maman, elle est trop forte.

Le bébé gazouille. On l'appelle ?

Gazouillis. D'accord.

Allô, Ben ?

-Je me suis trompé sur vous depuis le début.

J'ai cru que vous aviez des problèmes

avec les femmes. Vous aviez tout du profil du tueur.

- Mais vous vous êtes trompé. - Oui.

Le véritable assassin a fait ses aveux. Vous aviez raison.

Franck a été arrêté.

- Et ? - Gloria a avoué que

l'idée du selfie venait d'elle. Elle en endosse la responsabilité.

Elle va être poursuivie pour entrave à la justice.

Elle sera interdite de bal.

-Mais j'ai dit que c'était moi.

-Elle a signé le PV. Je n'ai pas le droit de le déchirer.

Je sais ce que ça vous fait. Gloria, c'est votre muse.

-Elle allait enfin interpréter une de mes chansons.

-Elle va pouvoir le faire.

Ca sera son chant du cygne. Je n'ai pas pu lui refuser un dernier bal.

Musique.

Hourras.

-Je vais vous chanter une chanson

que quelqu'un de très cher m'a écrite.

Musique.

De nous deux qui sera le premier

à se relever,

à tout quitter ?

Pour un peu,

je m'oublierai pour pouvoir danser tes pas

de côté.

A nous deux,

refaire le monde en beauté.

Partir,

tout emporter.

Tout lâch...

-OH !

-Gloria ?

Elle pleure.

Hé !

-Je suis finie. Bientôt, je ne chanterai plus. On va m'oublier.

-C'est faux. Tu es la plus belle chanteuse que je connaisse.

Les gens t'aimeront toujours. - Non. C'est tout ce que je mérite.

Jeanne chantait mieux que moi. Elle avait raison.

Elle aurait dû prendre ma place. - Arrête. Elle voulait ta mort.

J'ai bien fait de la tuer !

-Allez.

...

-Bien content que l'affaire soit pliée.

On avait aucun indice pour la voiture.

-Mince ! Ca tombe mal.

On a peut-être arrêté l'assassin de Jeanne, mais peut-être que Gloria

m'a renversé.

-Vous disiez que c'était le même meurtrier.

-Gloria est peut-être aussi la meurtrière de Jeanne.

-Mais on a les aveux de Lucas.

-Oui, mais si c'est le 1er coup qui a tué. Le 2e était post-mortem.

Lequel il a donné, lui ? J'ai espéré qu'ils se trahiraient

tous les 2, mais non. On n'a plus

qu'à prouver la culpabilité de Gloria. On peut voir la voiture ?

Faisons-lui cracher

la vérité.

Une dernière danse ?

Un slow avec moi ? - Pour ça,

il faudrait vous lever.

-Vous en avez la force.

Merci.

Une fois debout, si vous me tenez collé contre vous,

mes jambes me porteront. Elles peuvent me servir de béquilles.

Musique.

Vous avez eu tort de vous voir en Lucas comme dans un miroir.

Vous l'avez poussé à la faute.

Vous avez trop besoin de l'amour des autres pour croire en vous.

Ca vous rend faible.

-Vous pensez que je n'ai pas de talent ?

-Si. Je pense que vous chantez merveilleusement.

Musique dans la voiture.

-Le lichen, la mousse.

Ton absence me pousse. Les fougères me caressent...

-"Votre chanson préférée indispensable en toutes occasions"

retrouvée dans la mémoire tampon de l'autoradio

de la voiture qui m'a renversé.

Ce n'est pas Lucas qui vous a trahie.

C'est votre goût immodéré pour chanter en toute circonstance.

-Je...

Je ne voulais pas tuer Jeanne.

Mais il fallait qu'elle arrête... De dire toutes ces méchancetés.

Alors... J'ai serré son cou

si fort... Qu'elle s'est arrêtée de respirer.

Quand j'ai vu son corps sans vie, j'ai compris que...

Que je ne pourrais plus rendre mon public heureux et ça...

Ca, ce n'est pas possible.

-Alors vous avez demandé à Lucas de vous sortir de là.

-Lucas a cru...

Qu'elle était encore vivante quand il l'a frappée.

Elle sanglote.

Elle pleure.

-Bonjour.

Mon... Frère ?

Tu es... Tu es comme sur les photos.

-Bonjour, ma soeur.

On s'embrasse ? - Oui.

Pardon.

Merci d'être venu.

-Skipper, ça me fait parfois transiter par Marseille.

Tu es tombée au bon moment. - Oui. Papa va être content.

-Comment il va ?

-Euh... C'est stationnaire.

Les médicaments font leur effet, mais c'est pas... Voilà.

- Les médecins en disent quoi ? - Ca peut durer ou s'aggraver,

donc heureusement que tu es venu.

Tu ne lui en parles pas. Promis ? - Oui.

-Bon. On va boire un verre pour faire connaissance ?

-Ben oui. Ils rient.

-Ca commence bien.

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