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[bris de verre]
UN AMOUR FRATERNEL
Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu'elles soient dans l'abondance. (Jean 10:10)
[vomissements]
Très classe, princesse.
Tu es mon meilleur ami, Tim.
Au lieu de te moquer, ne devrais-tu pas me tenir les cheveux ?
Non Vito, les meilleurs amis sont là pour glaner les ragots
et raconter à tout le monde au déjeuner
dans quel état tu étais.
Mon Dieu, et dire que j'ai vomi devant un si bel établissement.
Veux-tu y entrer ?
- Oh, allez, ça va être amusant. - Pas question que j'entre là-dedans !
Arrête de faire ta mijaurée.
Quoi que tu fasses, ne me fais pas rire,
car ils sont vraiment hardcore là-dedans.
Je ne préfère pas entrer. Je ne me sens pas bien.
Si je vomis encore, je ne veux pas que ce soit sur une poupée gonflable.
- Penses-tu que ça va aller ? - Je m'inquiète plutôt pour toi.
Tu pourrais en sortir avec des morpions.
Mon Dieu, cela fait longtemps que tu n'as pas couché.
Ça fait très 1992 les morpions.
Et si pendant que j'y suis, si Jésus revient,
viens me chercher, je ne veux pas assister à l'ascension
assis à côté d'un gode de 35 cm nommé Evan.
Salut.
Salut.
Que fais-tu ?
J'allais rentrer.
Et toi ?
Je prends un peu l'air.
Tu veux monter ?
Je ne peux pas.
Quoi, es-tu marié ?
En quelque sorte.
Moi aussi.
Je ne le dirai à personne.
J'ai envie.
Tu es très sexy.
Oui, je pense que toi aussi.
[fermeture éclair]
Je parie que ta bouche irait vraiment bien là-dessus.
Je ne peux pas.
Allez mec, ce sera notre petit secret.
Écoute mec, c'est juste entre nous.
Hé, la ballerine, es-tu prêt ?
Euh, oui, euh, oui.
Je parlais juste avec un ami.
Oh, d'où sors-tu ce beau gosse ? Tu devrais me le présenter.
Il est marié.
Et alors, je ne cherche pas à me fiancer à 4 h du mat.
Je ne me sens vraiment pas bien.
J'ai encore des nausées. Peut-on rentrer ?
Certainement pas. Il est canon.
En plus, il y a une ambiance de merde à l'intérieur.
Là-dedans, ces types font passer Steve Buscemi pour un chippendale.
Ramène-moi à la maison, trésor.
Tu sais que je ne peux jamais dire non quand tu parles de Steel Magnolias.
Oh, allez mon p'tit-tout.
[musique solennelle]
[coups sur la porte]
C'est la femme de ménage.
[coups sur la porte]
Vito, es-tu réveillé ?
Euh, oui.
Viens-tu avec nous à la messe
ou dois-je dire à Dieu que tu prends une journée de congé ?
Euh, un instant !
Es-tu en train de fabriquer tes vêtements ?
Va attendre dans la voiture, j'arrive tout de suite.
Il arrive.
Bonjour, mon rayon de soleil !
Oh, hé, désolé les gars. J'ai oublié de mettre mon réveil.
Et tu dormais.
J'ai dû frapper à la porte pour que tu me répondes.
Nuit difficile, Frère Vito ?
J'étais avec Tim. Rien de bien palpitant.
[démarrage de la voiture]
Salut, Vito.
As-tu une minute ?
Bien sûr, je n'ai rien foutu de tout le week-end, qu'est-ce qu'une minute de plus ?
À présent, Vito...
tu vas m'écouter en tant que directeur, mais aussi, Frère et ami.
Je m'inquiète pour toi et tes heures tardives.
Mes heures tardives, Mike ?
Je me suis couché à 23 h au plus tard.
- Tu parles d'hier soir ? - Non, il ne s'agit pas seulement d'hier.
Il semble qu'à chaque fois que tu sors avec tes amis,
tu titubes devant la porte quand certains d'entre-nous se lèvent.
Que penseraient nos paroissiens
s'il te voyait rentrer à l'aube ?
Ils devraient se demander pourquoi ils n'ont rien de mieux à faire
que de regarder chez nous à 4 h du mat.
Écoute Mike, les endroits où nous allons n'ouvrent pas avant minuit.
De plus, entre les études, le bénévolat et l'enseignement,
je ne le vois au mieux que 2 fois par mois.
Tout au long de la formation,
les noviciats nous préconisent de préserver nos relations extérieures, te souviens-tu ?
Oui, pour ceux en bonne santé.
[soupir]
Rappelle-toi de ta formation.
Nous devons être dans ce monde, mais pas de ce monde.
Oui, plus facile à dire qu'à faire.
Ce n'est pas censé être facile, Vito.
Je sais bien, mais ce n'est pas parce que mes amis et moi sommes gays, n'est-ce pas ?
Je croyais que cela ne posait pas de problème.
- Pas du tout. - O. K., je voulais juste m'en assurer.
J'apprécie vraiment cela. Je sais que ce n'est pas comme ça partout ailleurs.
Je ne veux pas que tu penses que je le prenne pour acquis.
Pas de souci.
En plus, ce n'est pas comme si nous couchions ensemble.
Sois honnête avec moi.
Sortir dans ces bars, gay ou hétéro jusqu'à 4 h du matin
ne peut pas être très enrichissant pour ta vocation.
Sortir des sentiers n'est pas enrichissant non plus.
Nous avons tous besoin de lâcher-prise et de nous amuser un peu.
Je ne t'interdis pas de t'amuser.
Je te demande de faire de meilleurs choix.
Écoute, Mike, c'est différent maintenant. Brian, Steve et moi, avions un carte de crédit,
un appartement, un compte bancaire et des relations sexuelles.
Nous étions dans ce monde, puis nous nous sommes rencontrés.
Tu nous as rejoint dès la fin du lycée.
[on frappe à la porte] [Steve] Vito, la pizza est là.
Quelque part, je te soutiens, toi et ta formation,
même si je n'ai pas eu les mêmes expériences que toi.
Et malgré ce que tu penses,
j'ai toujours tes intérêts à cœur.
Réfléchis à ce que j'ai dit.
[Steve] Hé, j'en ai déjà mangé un morceau. Dépêche-toi avant qu'il n'y en ait plus.
Je ferais mieux d'y aller. Tu sais comment il est quand il a faim, un vrai aspirateur. [Vito aspire]
Vito !
Je sais.
Merci, Mike.
Je prierai pour cela.
Repose-toi.
Tu es vraiment affreux.
Tu veux juste être aussi beau même sans avoir dormi.
[rire]
Tu voudras peut-être en commander une autre. Mais sans anchois la prochaine fois.
[soupir]
Que vais-je mettre pour mon rencard de demain ?
Mmm.
- Trop salope ? - Tout ne fait-il pas salope avec toi ?
Hum, non.
Je crois que je vais le garder pour la soirée blanche.
Euh, je ne pense pas aller à la soirée blanche cette année.
Quoi, pourquoi ? Tu dois y aller, j'ai déjà acheté ton entrée et tout !
Je sais, je sais, je suis désolé.
Mais, nous y allons tous les ans !
Si tu n'y vas pas, qui donc vais-je laisser en plan pour me taper
le premier venu que j'aurais oublié le lendemain ?
Mon dieu, tu sais t'y prendre avec les filles.
[soupir de rage]
D'ailleurs, la seule chose blanche que j'ai, ce sont mes sous-vêtements.
Oh, ces vieilles loques.
Oh, chéri, ces trucs ont plus de traces de pneus que les 24 heures du Mans.
Je vais t'en acheter une paire et ça sera parfait.
Je ne vais pas dans un club en sous-vêtements.
Tu n'y vas pas en sous-vêtements.
Tu quitteras ton pantalon à l'entrée.
O. K... O. K.
J'en ai quelque-uns.
Ils sont beaucoup trop grands pour moi. Je suis sûr qu'ils t'iront comme un gant.
Un peu serré à la taille.
Trouvons maintenant une chemise.
Ah... D & G, Armani, Versace.
Fruit of the Loom.
Tu vas bien sûr choisir la moins chère.
Non, chéri, c'est toi la moins chère ici.
O. K. Je n'entre pas dans le bar comme si je sortais de Lidl
pour aller à un concours de pâtisserie. Donne-moi ça.
Je garde ça !
Donne-la moi !
Sérieusement ?
Je n'y crois pas.
Euh, voyons ce que je peux faire avec.
Je ne peux pas croire que tu m'aies entraîné là-dedans.
Comme si j'allais annoncer la naissance de Jésus.
Ferme-la.
Je ne la fermerais pas.
Tout le monde me dévisage, Tim.
- Ils te mâtent parce que tu es sexy. - Un sexy de merde.
Un sexy de merde, à plumes, à strass et paillettes.
Écoute-moi, demoiselle. Sais-tu combien j'ai dû faire de magasins
pour trouver des paillettes de la bonne couleur ?
Un magasin de plus et ils m'offraient le jeans du meilleur client.
Et dois-je te rappeler que j'ai dû aussi aller dans l'un de tes magasins 1ᵉʳ prix
et fouiller dans leurs caisses, harassé par un péquenot à dents de lapin nommé Cletus,
juste pour acheter un tee-shirt moulé afin que nous soyons assortis ce soir.
- Tu devrais être reconnaissant ! - Reconnaissant ?
Je me demande ce que je fous là. C'est toi qui m'as fait venir.
Je devrais être chez moi en train de corriger des copies.
- Vito ? - Salut, Brent !
J'adore tes ailes.
Merci, c'est Tim qui les a faites.
Tim sait tout faire.
D'habitude, il attend d'être à l'intérieur pour me laisser pour une bombasse.
C'est un nouveau record.
Je vais appeler le Guinness. On se voit à l'intérieur.
Bye, chéri.
Hé, Barbie pétasse !
Peux-tu au moins m'accompagner pour entrer ?
Si j'avais su que tu allais freiner mes ardeurs, je serais venu tout seul.
N'oublie pas que je ne voulais pas venir. C'est toi qui l'a voulu !
Une coupe gratuite aux chaudasses.
Merci, mon pote.
Qui a dit que les américains n'étaient pas sympas ?
Oh, mon Dieu.
- Êtes-vous australiens ? - Ouais, mec.
Je suis Jack, voici Eli.
Oui, nous sommes ici en vacances.
Eh bien...
c'est votre jour de chance, Jack et Eli, car je m'appelle Tim et il se trouve que
je suis celui qui accueille les touristes étrangers.
Et je suis censé vous accueillir par un baiser.
Je suis Canadien.
[rire]
- Revenons à notre baiser. - Oh, mon Dieu.
Hé, ce n'est qu'un baiser.
Si nous étions à Hawaï, ils baiseraient déjà.
Ce n'est pas une mauvaise chose en soi.
Laissez-moi à présent vous souhaiter la bienvenue en Amérique.
Et ton petit-ami ?
Hum, ce n'est pas mon petit-ami.
Oh.
Dans ce cas...
[Tim] Regarde-le.
Oh, putain, quel con.
[coups sur la porte]
[exclamation de joie]
[ouverture de la porte]
Vito.
[gifle] Où étais-tu ?
Tu n'es pas passé depuis des mois.
Je sais, je suis désolé.
Peu importe, tu es maintenant là.
Entre, assieds-toi.
As-tu faim, chéri ?
Oh, mon dieu, non, ça va.
Merci quand même.
J'ai du chocolat, des chips et des cookies.
Oh, j'ai tes trucs aux fruits préférés.
Ça va, merci.
Veux-tu boire quelque chose ? J'ai fait du thé sucré, ton préféré.
Oh, tu me connais si bien.
Je viens déjà de boire 2 verres au déjeuner.
Oh, bien alors, je te coupe.
Tout le monde sait que tu as la plus petite
vessie du monde et je ne peux m'empêcher de parler à mon frère préféré.
Merci de m'avoir rendu visite aussi vite, Sœur Peggy.
Hein ?
Désolé, Peggy.
O. K., ce n'est pas la peine d'être aussi formel.
Je suis ta directrice spirituelle, pas le pape. [rire]
Alors, comment se passe ta formation ?
Les enfants sont-ils impatients de partir en vacances ?
Que dit la Bible sur le fait de remplacer vos bouteilles l'eau par de la vodka ?
Eh bien, mes cours de théologie ont été difficiles.
Nous avons commencé par demander au Frère Vito la journée du vendredi et ça se passe bien.
Ils mettent juste des questions dans une boîte, je les prends au hasard et j'y réponds.
C'est merveilleux, Vito.
C'est tellement bien pour les enfants.
Tu es un très bon exemple.
Je ne le vois pas comme ça. J'ai l'impression d'être un hypocrite.
Hypocrite ? Pourquoi donc ?
Ils pensent que nous sommes de malheureux asexués refoulés.
Et j'essaie de leur dire que nous menons une vie heureuse.
Mais j'ai l'impression que Dieu veut que j'abandonne cette vie.
J'aime aller danser dans les bars
avec des mecs et sortir tard avec mes amis.
Mais je dois à présent abandonner tout ça parce que je vais devenir Frère.
N'est-ce pas ?
Vito...
Dieu n'a pas envoyé Jésus mourir
pour que tu te morfondes ici toute la journée.
Il veut que tu profites de la vie.
Quand Jésus a demandé aux disciples
de renoncer à eux-mêmes, il ne leur demandait pas d'être misérables.
As-tu pensé à prendre des vacances ?
[rire] Oui, bien sûr.
Avec mon salaire de Frère, je peux à peine me payer un Mc Donald's.
Eh bien, je pense que ce serait une bonne idée
de partir durant un moment.
Accorde-toi une chance de te changer les idées.
Ton esprit a sans doute besoin de repos.
Tu crois ?
C'est soit ça, soit tu remplaces des bouteilles d'eau par de la vodka.
Tu sais, j'ai un ami, Frère Edmond, qui dirige une maison d'accueil
pour les personnes atteintes du sida à Austin.
Il m'a dit qu'il avait besoin d'aide cet été
parce que l'un des Frères là-bas part en congé sabbatique.
Si tu veux, je peux lui passer un coup de fil.
Tu pourrais passer l'été à Austin,
te vider la tête et aider des gens en même temps.
Crois-tu vraiment qu'il prendrait en charge mon vol pour Austin ?
Oh, bien sûr.
L'église est riche.
Ils mégotent tellement sur les salaires.
Mon cousin Eddie vit à Bastrop,
en périphérie d'Austin
et il est en visite ici.
Il devrait revenir en voiture au même moment où tu devrais partir.
Tu pourrais faire le trajet avec lui et Edmond pourrait envoyer quelqu'un venir te chercher.
Tu pourrais passer l'été à Austin et te changer les idées.
Quelle bonne idée.
Mais pourquoi fait-il tout ce trajet ?
Oh, Eddie fait tout le temps des allers-retours.
Il a une peur bleue des palpations.
Je ne comprends pas.
C'est peut-être parce que je suis nonne.
Je crois que c'est ma seule excitation. [rire]
Mmm.
Un dîner servi par un bel italien ?
Que demander de plus à une fille pour son anniversaire ?
Un repas digne d'une reine.
Et laisse un peu de place, Cléopâtre.
J'ai embauché deux gogo boys canons pour t'apporter des fraises au lit.
Ne mens pas, la seule chose que nous pouvons nous permettre, c'est Tito Jackson.
Mmm, ça a l'air délicieux.
Alors, Frère Vito.
Qu'as-tu fait depuis la soirée blanche ?
Oh, tu savais que j'y étais ?
Je suis choqué. Tu semblais bien épris de ces baraqués.
Mollo, Nancy Drew.
Ils sont quand même venus d'Australie.
C'était juste pour donner une bonne impression de l'Amérique.
Une approche très personnelle de ta langue, en fait.
Mmm, une très bonne.
Excellentes pâtes, soit dit en passant.
Merci.
Alors ?
Qu'as-tu fait ?
Je viens de terminer mon année de formation. J'ai vu Sœur Peggy hier.
- Oh, comment va cette broute-minou ? - Tim ! Elle n'est pas lesbienne.
Oh, s'il te plaît, c'en est une vraie.
Elle a certainement baisé Zaffo.
Peu importe.
Non, nous avons juste bien discuté.
Je lui ai dit que ce n'était pas facile ces derniers temps.
Hum, et ?
Et elle m'a dit que Dieu voulait que je profite de la vie.
Eh bien, elle a raison.
Dieu essaie de te dire quelque chose, Vito.
Il essaie de te dire que cette vie n'est pas pour toi.
Écoute, tu as essayé et ça n'a pas marché.
Comme la carrière commerciale de Cher.
Alors, profite pendant que tu es encore jeune et suffisamment mignon pour plaire.
Écoute...
Je ne te dis pas ça que parce que je t'aime.
- Mais le temps n'est pas ton allié. - Ce n'est pas si facile, Tim.
En plus, il y a beaucoup de choses que j'aime en tant que Frère.
Comme quoi ?
- Eh bien, j'aime enseigner. - Tu pourras toujours enseigner si tu pars.
Quoi d'autre ?
J'ai juste l'impression que Dieu m'appelle pour cette vie, O. K. ?
O. K., explique-moi cet appel.
Je n'ai jamais compris ça.
As-tu fait un rêve bizarre ou peut-être inhalé du gaz ?
Non. Tu sais que nous vivons dans une société
valorisant l'argent, le sexe et le pouvoir.
Ainsi, par mes vœux de pauvreté, de chasteté et d'allégeance,
je vis de façon contre-culturelle, tu vois ce que je veux dire ?
Je démontre simplement que tu n'as pas besoin de tout ça pour être heureux.
Je n'ai pas choisi de vivre de cette façon.
Tu me traites de superficiel ?
O. K., mauvaise pioche.
Tout ce que j'ai vécu à présent depuis mon coming-out me donne envie de plus.
Je ne me vois pas écumer les bars à 40 ans.
Je ne veux pas être fashion.
C'est clair.
Écoute, je veux faire quelque chose d'important dans ma vie.
Être frère en fait partie.
Donc, tu es en train de me dire que je ne fais rien d'important dans ma vie.
Que je devrais clapser maintenant, ce en quoi, je ferais un beau cadavre ?
Je n'ai jamais dit cela.
Écoute, tout sacrifier ce que tu aimes pour une religion qui ressemble à une secte.
Ce n'est pas une secte.
Je ne vis pas en communauté dans le désert
suivant un barbu avec une chemise à fleurs, nommé Narcisse.
Tu viens en fait de décrire la moitié de la population de Palm Springs.
Te souviens-tu du film qu'on a loué, « Ticket to Heaven » ?
Comment l'oublier ?
Tu l'avais mis en pause croyant que tu pouvais voir la bite
de Nick Mancuso sortir de son boxer.
Mancuso interprétait un enseignant subissant un lavage de cerveau par une secte.
Ils lui ont fait tout abandonner pour leur cause,
se coupant du monde, de son ancienne vie,
y compris ses amis.
Comme lui, on est en train de te laver le cerveau !
Un lavage de cerveau ? Mais pas du tout.
Personne ne m'oblige à faire quoi que ce soit. Je suis libre de mes propres décisions.
Je crois qu'il est ironique de dire que l'argent et le sexe ne font pas le bonheur.
Depuis que tu as rejoint les Frères, tu n'as jamais été aussi chiant.
À croire que Shelley Long choisi mieux sa carrière que toi.
Le seul endroit où je te vois heureux, c'est quand nous dansons dans les bars.
Ça ne dit pas quelque chose ?
[Tim soupire]
Bref, je t'aime, Vito.
Et je veux que tu sois heureux.
Je déteste te voir tremper dans toute cette merde.
Ça n'en vaut tout simplement pas la peine.
Écoute, je suis désolé d'avoir évoqué cela.
C'est ton anniversaire. Cette journée devrait t'être consacrée.
Alors, changeons de sujet, O. K. ?
Ça marche.
As-tu vu le nouveau mec sexy de Tony ?
Mmm, un corps magnifique.
Mais j'ai entendu dire qu'il n'était pas circoncis.
Désolé. Les cols roulés ont leur place ici, pas là.
Tu n'es pas circoncis.
Oui. J'ai aussi un chat.
Ça ne veut pas dire que je veux coucher avec.
Miaou, miaou.
Miaou, miaou, miaou ! [rires]
[musique électronique dynamique]
[fermeture de la porte du vestiaire]
[fermeture de la porte]
Je vous salue Marie, voici des cadeaux en or, de l'encens et du porno !
Mon Dieu, peux-tu parler moins fort ?
Es-tu bourré ?
Ça ne compte pas si c'est avant 14 h.
C'est ça, avant 14 h.
C'est ce qu'on appelle être alcoolique.
Si j'avais voulu abuser, j'aurais pu rendre visite à ma mère.
Pardon.
Bref, je suis allé déjeuner aujourd'hui avec Tony et son nouveau copain.
Tu sais, celui avec le...
En rentrant chez moi, je me suis arrêté au kiosque à journaux.
Et voici le nouveau magazine Stud.
Il y a de nouvelles photos de Dean Morehouse en train de sucer.
Il avait juré de ne jamais le faire parce qu'il est hétéro, tu te souviens ?
Ce que je peux dire, c'est qu'il a une gorge profonde digne d'un champion.
Pas mal pour un reproducteur, n'est-ce pas ?
Eh bien, ne me demande pas. Personne ne...
Oh !
Qui c'est ?
Oh, oui.
C'est Doug Fallon.
Belle bête, hein ?
Je pourrais plaquer ma tête sur cette poitrine pendant des heures.
Est-ce que ça va ?
On dirait que tu as vu un fantôme,
les jumeaux Olsen ou je ne sais quoi.
Oui, oui, ça va.
Je l'ai juste vu au vestiaire l'autre jour
lorsque je suis allé à la gym.
Oh, mon dieu, tu as vu Doug Fallon en personne ? Nu ? Il était nu, c'est ça.
- Dis-moi qu'il était nu. - Oui, il était nu.
Oh, mon dieu, tu as vu Doug Fallon nu. Est-il bien foutu ?
Oui, il est bien foutu.
Alors, pourquoi cette tête ?
Ce n'est pas comme si tu avais fricoté avec lui.
Oh, mon Dieu.
Tu l'as fait, qu'as-tu fait ?
Je veux tout savoir car, le meilleur,
c'est que j'ai couché avec une star du porno
qui s'évanouissait devant la maison de la bonne de Jeff Sharko.
Il ne s'est rien passé.
C'était juste...
- Tu l'as branlé. - Non.
- Il t'a branlé. - Non.
Vous vous êtes branlés.
C'est ça ?
C'est tout ce que tu as fait ?
Mon Dieu, je pensais à une vraie histoire ou un truc comme ça.
Tim, je me suis formé durant 3 ans pour être frère.
J'y suis presque.
Alors, va te confesser, dit que tu es désolé et ça sera réglé.
[soupir] Je me demande combien de Notre Père faut-il dire
pour s'être branlé devant une star du porno ?
As-tu besoin de quelque chose ?
J'ai beaucoup à faire avant d'aller à Austin.
O. K., Marie-Madeleine.
Oh, veux-tu garder ça ?
Oh oui, c'est vrai.
Tu as déjà vu l'émission en direct.
Eh bien, je vais le glisser sous la porte de Brian ou Steve en sortant.
Tu ne va pas oser !
Oh, s'il te plaît.
Tu sais, ce sont de vieilles reines qui crèvent d'envie de faire leur coming-out.
J'ai aussi un magazine de ragots.
J'ai adoré le titre.
Barbra Streisand folle de rage, son fils est gay.
Ha ! Comme si c'était nouveau.
Ce qui serait vraiment choquant, ce serait :
Barbra Streisand folle de rage, son fils unique est hétéro.
Donc, de ce fait, pas fan.
[rire]
Oh.
Amuse-toi bien à Austin, beauté.
Bye, trésor.
[moteur bruyant de pick-up]
Es-tu Frère Vito ?
Euh...
Oui, oui.
Vous devez être Eddie, le cousin de Peggy.
- [Eddie] C'est cela. - Enchanté de faire votre connaissance.
Merci encore de m'emmener au Texas. J'apprécie vraiment.
J'en suis heureux.
Ils vont tous s'astiquer devant un joli garçon comme toi.
Établissement sérieux, mon cul.
Ce sont des pervers au centre, tu m'entends ?
Euh... oui.
Eh bien, monte. Nous avons de la route, allez.
Au fait, je vais devoir m'excuser.
J'ai vidé un grand pot de haricots avant de partir.
Un truc qui fait faire des bulles dans le bain, tu vois ?
[démarrage de la voiture]
[Vito respire profondément]
Voilà, nous y sommes, bien chez soi.
Je pense que c'était le meilleur trajet de ma vie.
Seulement deux chats et un tatou sous les roues.
Tu pourrais être mon porte-bonheur, Frère Vito.
Content d'y avoir contribué.
À présent, si ça ne te dérange pas,
je vais me dépêcher de vider tout le jus de popaul.
Quand tu auras besoin de rentrer, fais-moi signe.
Oui, je t'appellerai.
Salut, comment vas-tu ?
Es-tu Frère Vito ?
En chair et en os.
À moins que tu ne te sois déjà renseigné.
Dans ce cas, je suis Belinda Carlisle.
Et tu es ?
Pardon, je suis Gabe Rimes.
Eh bien, ravi de te rencontrer, « Pardon, je suis Gabe Brimes. ».
Non, c'est juste que...
je ne m'attendais pas à quelqu'un comme toi.
À qui t'attendais-tu, curieux ?
Allez, dis-moi-le !
Non, je ne m'attendais pas non plus à John Travolta.
Hum, je ne sais pas trop comment le prendre.
Non.
Heu... c'est un compliment.
As-tu vu Travolta récemment ?
Je veux dire, quand il était plus jeune, comme dans Grease.
Bien joué.
Si tu avais dit « Terre, champ de bataille », il aurait été difficile de te rattraper.
[musique rock en fond]
- Es-tu fan de Cat Stevens ? - Oui. Tu aimes aussi ?
Je ne peux pas dire, je n'ai pas beaucoup écouté ses trucs.
Oh mec, je ne peux pas croire que tu n'aies jamais écouté Cat Stevens.
Tu devrais écouter.
Je ne sais pas, ce n'est pas trop mon style.
Tu sais quoi, écoutons-le.
Je me suis dit qu'en venant à Austin j'allais découvrir de nouvelles choses.
Et écouter Cat Stevens serait la première chose.
- Super ! - Depuis combien de temps es-tu profès ?
Je ne suis pas un Frère.
J'aime cependant passer pour.
Oh, désolé. Je croyais.
Ressemblais-je à un frère ?
Non, tu ressembles à Keith Richards.
Oh non, non, quand il était sexy.
Vito !
Bonjour, content de mettre un visage sur ta voix.
Désolé, je n'ai pas pu venir te récupérer aujourd'hui.
C'est devenu dingue ici avec le congé du Frère Sal.
Merci Gabe d'avoir récupéré Vito.
Cela m'a permis une pause dans l'aménagement du jardin.
En parlant de ça, j'ai encore beaucoup
de mauvaises herbes à arracher. C'était un plaisir de te rencontrer, Frère.
Oh, s'il te plaît, appelle-moi Vito.
D'accord, Vito.
Par chance, Gabe travaille au magasin de jardinerie d'ici
où il a pu récupérer la plupart des plantes.
Allez, allons visiter la maison où tu vas séjourner les prochains mois.
Parfait, allons-y.
Qui a joué Avigdor au côté de Barbra Streisand
dans le film Yentl en 1983 ?
Oh, vous ne le connaissez pas.
Vous perdez votre carte de gay.
Je la connais, mais je ne m'en souviens pas, O. K. ?
Avigdor est un mec, andouille.
Hé, pas d'indices.
O. K., O. K., je vois qui c'est.
Il ressemble à notre jardinier.
As-tu pris tes médicaments avec un Martini ?
[bip du minuteur]
Oh, le temps est écoulé.
Mandy Patinkin !
Comment oublier ce beau cul poilu ?
Je vous interromps avant que ce soit classé X.
Je voudrais vous présenter Frère Vito Fortunato.
Il passera l'été avec nous durant le congé du Frère Sal.
Je m'appelle Gregg, avec 2 G.
Alex, avec un X.
Un X, vraiment ?
Ne sais-tu pas que c'est pécher de mentir à un Frère ?
Bonjour, je suis Lenny.
Joseph.
Mais tu peux l'appeler Mary Carson.
Tu nous verras toujours ici. Nous sommes comme un chewing-gum collé à une chaussure.
Tu es juteux comme un fruit.
Et je suis une sucette à l'anis, idéal pour sucer.
Eh bien, je suis Bazooka.
Oh, mon Dieu.
Du calme, Mary.
[sonnerie du téléphone]
Veux-tu m'excuser, Vito ?
Je vais aller prendre un peu l'air. C'était un plaisir de faire connaissance.
Désolé d'interrompre votre discussion sur les culs poilus.
Attachez vos ceintures.
Je sens que ça va être un été mouvementé.
Mmm, mmm.
Je ne comprends pas.
Ah bon ? Eve, Bette Davis, allo ?
Mandy Patinkin et maintenant ça
Es-tu sûr d'être gay ?
Alex pense que tu ressembles à Mandy Patinkin.
- Ce doit être une fille moche. - Non, c'est un mec.
- Personne ici n'a-t-il vu Yentl ? - Un film pour gonzesses.
- Dans quoi d'autre a-t-il joué ? - As-tu déjà vu Princess Bride ?
Un pirate espagnol.
Ce type était génial.
Je m'appelle Inigo Montoya.
Tu as tué mon père, prépare-toi à mourir.
Doucement, Inigo.
Tu sais ce qui serait bien ici ? Une fontaine.
Peut-on en installer une ?
Mon Dieu, non. Je sais à peine installer un tuyau d'arrosage.
Tu es là depuis 20 minutes
et tu veux déjà me donner plus de boulot ?
Bien vu. Je ferais mieux de rentrer avant que je ne te fasse creuser des canaux pour gondoles.
Merci encore d'être venu me chercher.
Merci encore pour tout. C'est tout simplement délicieux.
De rien.
J'hésitais à préparer des pâtes pour un italien.
Je ne suis pas Mama Celeste, c'est sûr.
Mon Dieu, c'est parfait.
Tant qu'il n'y a pas de haricots dedans. [rire]
Qu'est-ce donc ?
Oh, Gabe travaille dans le jardin.
Non, encore ?
- Il est tard. Je vais lui dire de rentrer. - Mmm, non, reste assis.
Je vais y aller. Je suis là pour t'aider, n'est-ce pas ?
Je reviens, ne t'inquiètes pas.
[ouverture de la porte]
J'ai reçu l'ordre de te dire que tu pouvais rentrer.
Le Frère sait s'y prendre pour qu'il se sente le bienvenu.
Nous avons peut-être fait vœu de pauvreté, chasteté et d'allégeance,
mais on peut toujours s'amuser le samedi soir.
Alors, file.
Je n'ai peut-être pas fait ces vœux, mais ils semblent m'avoir rattrapé.
Qu'est-ce qu'un vœu d'allégeance ?
Cela signifie que tu dois faire tout ce que je te dis.
Alors, rentre chez toi, sors dîner avec ton copain ou quiconque.
Je n'ai pas de petit ami.
La seule chose qui m'attend à la maison
est un dîner froid et « Les craquantes ».
Hé, cette belle Bea Arthur. [rire]
Dis-moi...
je pensais louer le film de Yentl demain soir.
Voudrais-tu qu'on le regarde ensemble ?
Tu plaisantes ? J'adore ce film.
Super.
Je viens te chercher à 19 h.
Si tu veux bien m'excuser, j'ai rendez-vous avec Bea Arthur.
Bienvenue dans mon palais.
Laisse-moi t'emmener faire un grand voyage.
C'est un voyage statique.
Il suffit de tourner pour tout voir.
Oh, je me sens comme Wonder Woman. [rire]
[Vito interprète le thème de « Wonder woman »]
- ♪ Wonder Woman ♪ - Doucement, Princesse Diana.
Je ne suis pas sûr de pouvoir te voir en combinaison et collants pour l'instant.
Donc, ce futon me sert de canapé le jour et de lit la nuit.
Le pouf fait office de table pour manger.
Tout ici a une double utilisation.
Et toi aussi ?
Absolument.
Je travaille au magasin le jour, fainéant la nuit.
Nous n'avons malheureusement plus de biscuits ce soir,
mais nous avons de la chance.
Un China Wok pas très loin
qui fait un super poulet « Lo Mein ».
Cela te convient-il ?
Ça m'a l'air succulent.
- Si tu veux mettre le film, j'appelle le resto. - Bien sûr, où est-il ?
Il est sur le réfrigérateur, mais aussi planche à découper.
Bienvenue chez schizophrénie.
Mec, pour quelqu'un qui a fait vœu de pauvreté, tu es vraiment insolant.
Certes, j'ai renoncé à l'argent, au sexe et au pouvoir.
Laisse-moi au moins préserver mon ego.
[musique douce]
Alors, qu'en as-tu pensé ?
Pouvait-on vraiment s'attendre
à ce qu'elle interprète un jeune garçon ?
Je veux dire, la partie où elle en est un.
Mais jeune ?
- Comment était-elle, 50 ans qu'ils ont fait ça ? - Je sais.
Cet éclairage d'un autre temps.
Il y a tellement de lumière qui entre par la fenêtre,
qu'on dirait qu'il a une explosion nucléaire à l'extérieur.
J'aurai préféré. Au moins, il y aurait eu de l'action.
Tu n'as vraiment pas aimé, n'est-ce pas ?
Je te l'ai dit, un film pour gonzesses.
Toutefois, j'ai peut-être abusé sur la bière,
mais je peux tout à fait comprendre.
Le fait d'être attiré par quelqu'un,
mais ne sachant que faire.
As-tu déjà été amoureux ?
[rire]
Qui a-t-il de si drôle ?
Eh bien, mis à part le changement radical de sujet,
cela me rappelle ce vieux clip de Rush Rush avec Paula Abdul.
Tu sais, où elle était Keanu Reeves ?
Elle s'arrête au beau milieu de la chanson et dit : « Avez-vous déjà été amoureux ? ».
Il répond : « Non. ».
Et elle répond à son tour : « Oh, n'est-ce pas triste ? ».
C'est tellement ringard.
Tu n'as pas répondu à ma question.
J'ai pas mal fréquenté avant de devenir Frère,
mais je ne pense pas avoir été amoureux.
J'ai trempé dans la luxure,
mais non, je ne pense pas avoir été amoureux.
- Et toi ? - Oh, j'ai été marié durant 2 ans.
C'est toi à présent qui n'a pas répondu.
Oh, j'étais vraiment amoureux, mais pas dans la luxure.
Je le savais avant qu'on se marie.
Je pensais juste que peut-être...
Peut-être quoi ?
Je pouvais me convaincre d'être hétéro.
Es-tu triste de ne plus être marié ?
Un peu.
Quand j'étais marié, j'avais au moins quelqu'un qui m'aimait.
Maintenant, j'ai une ex qui me déteste,
une mère qui pleure à chaque fois que je lui parle
et un père qui m'a viré de l'entreprise familiale.
Waouh, Gabe.
J'en suis vraiment navré.
Merci, mais c'est en fait une bonne chose.
Je me sens à présent plus libre que je ne l'étais.
Maintenant, il s'agit juste de trouver celui
qui sera la dernière pièce du puzzle, tu vois.
Eh bien, tu es dans la ville idéale. Les cow-boys sont sexy.
Tu dois sortir pour trouver un cow-boy, je n'ai donc pas beaucoup de chance.
Pourquoi ne sors-tu pas ?
Je ne me retrouve pas dans ces stéréotypes gays.
Les croisières, les vêtements, la musique.
Je ne me sens pas aussi gay que ces gens-là.
Je ne dirais pas ça si j'étais toi.
Tu aimes « Les craquantes ».
C'est un bon début, non ?
C'est une grande ville. Il doit bien y avoir quelque chose qui t'intéresse.
Il y a un bar country où j'aimerais bien aller.
Un truc comme cela me conviendrait mieux.
Ça te dit d'y faire un tour le week-end prochain ?
Tu vas être seul sur ce coup-là, partenaire.
J'ai laissé mes santiags et ma cravate criarde à la maison.
Mais tu es un cow-boy urbain, n'est-ce pas, Barbarino ?
Ou les santiags sont-elles contraires à tes vœux ?
Non, mais je ne les trouve pas à mon goût.
Je croyais que tu voulais essayer de nouvelles choses.
Enfoiré.
O. K., O. K., j'irai.
En parlant d'y aller.
Cette bière a envie de sortir.
En parlant de sortir, je vais y aller.
Cool, laisse-moi une minute et je te ramène.
Oh, j'ai la vessie comme une citerne.
Désolé, c'était pas très classe.
Pas de souci. Ne t'inquiète pas pour moi.
Oui, je sais, j'ai juste...
O. K., oui, un instant.
Bonjour, Mary.
Où sont tes complices ?
Oh, ils ne m'ont rien dit.
Demain, c'est mon anniversaire,
je pense donc qu'ils me prépare une surprise.
Oh, un anniversaire ! Combien de bougies ?
Oh, une vraie dame ne révèle jamais son âge.
Surtout si elle pourrait être ta mère.
Eh bien, je hâte de voir cette surprise.
J'aurais peur si j'étais toi.
Lenny retire le « homo » de homosexuel.
Il y aura donc peut-être un peu de débauche demain.
Apporte ton chapelet.
Merci pour le conseil.
Je voulais te demander une chose.
Pourquoi t'appellent-ils Mary Carson ?
Oh, Seigneur.
D'accord.
Te souviens-tu de « Les oiseaux se cachent pour mourir » ?
Probablement pas, tu avais sans doute 2 ans à l'époque.
Mary Carson était le personnage interprété par Barbara Stanwick.
Un vieux tout ridé qui court après un jeune prêtre beau gosse.
Ils ont commencé à m'appeler comme ceci
quand ils m'ont surpris en train de te dévisager lorsque tu es arrivé ici pour la première fois.
Ceci explique cela.
Je pensais que c'était ton nom de drag-queen.
Non, c'est Uma Goodness.
Quel est ton nom de drag-queen ?
- Oh, je n'en ai pas. - Tu n'as jamais été en drag-queen ?
Je ne pense pas faire une très jolie fille.
Oh, je n'en suis pas si sûr.
Tu as une belle stature.
En plus, il ne s'agit pas d'être jolie.
Il suffit d'être libre et sans complexes.
Et efféminé, c'est encore mieux.
Je te verrais bien comme le sosie de Chita Rivera.
Amène tes castagnettes et tu seras la star.
Bon, trouvons-moi un nom et je prendrais la suite, d'accord ?
Ça marche.
Alors, Uma, qu'as-tu fait dans la vie ?
J'écrivais pour la télé.
« La croisière s'amuse », « L'île fantastique », « Shaft ».
Et puis un jour, j'ai décroché cet incroyable pilote
pour une émission intitulée « Tony's Boys ».
C'était un plagiat de « Charlie's Angels ».
Ces trois beaux détectives
et Barbara étaient leur propre patron.
Mmm, le rêve du Frère gay.
Ces beaux détectives ou Barbara Stanwick ?
Barbara Stanwick, bien sûr.
Mon Dieu, l'on trouve des mecs n'importe où.
Barbara Stanwick est une authentique originale.
Bref, il n'a jamais été diffusé parce que les grands patrons
pensaient que cela ne plairait qu'aux homos.
C'était avant que nous soyons la vache à lait des publicitaires, n'est-ce pas ?
Exactement.
Aujourd'hui, les chaînes se battraient pour ça.
Qui crois-tu qui regardait toutes ces dénigrements
et crêpages de chignons sur Dallas ?
Certainement pas les joueurs des New York Jets.
Alors, qu'as-tu fait après que tout soit tombé à l'eau ?
J'ai été testé positif.
Enfin, pas tout de suite après.
J'ai décroché quelques contrats ici et là.
J'ai bien gagné ma vie.
Une belle maison, de superbes vêtements.
Mais quand j'ai été testé positif,
j'ai réalisé qu'il ne me restait plus beaucoup de temps.
J'ai commencé à voir ces métiers égocentriques
à la con à Los Angeles.
Et je me suis dit qu'il y avait mieux que ça dans la vie.
Quand on a tout fait, personne ne se soucie
que tu sois le cousin du meilleur ami de la tante
qui est allé au lycée avec la voisine
qui fait l'épilation du maillot de J-Lo.
J'ai donc pris ma retraite et je suis allé au Texas.
[ouverture de la porte] Hé, avez-vous fini votre réunion les filles ?
Vous pourriez filer un coup de main.
Hé ! As-tu déjà installé ma fontaine ?
As-tu au moins appris à l'installer ?
Ça serait bien une fontaine.
Mais dis-lui de se manier.
- Il ne me reste plus beaucoup de temps. - Oh, arrête.
Tu boiras des whiskys à la menthe là-bas, peu importe quand elle sera installée.
Peu importe, Cathy Lee.
Je ne sais pas si ce sont les médicaments qui font effet,
mais je pense que le jardinier t'aime bien.
- [rire] Tu devrais vérifier tes médicaments. - Sans rire.
Il ne dit jamais rien.
Mais dès que tu es ici, sa langue se délie.
As-tu des sentiments réciproques ?
Mais je suis un Frère, rappelle-toi du vœu de chasteté.
C'est juste amical.
[on frappe à la porte] [Gabe] Hé, Barbarino, viens.
Tu dois être nul au poker.
Pourquoi dis-tu cela ?
Parce que tu ne sais pas bluffer.
Allez, va aider M. « C'est juste amical ».
Peu importe, Mary Carson.
[musique country]
Waouh, un vrai bar country du Texas.
Est-ce à ça que tu t'attendais ?
Je ne sais pas, y a-t-il un taureau mécanique ?
Tu regardes trop la télé.
Tu peux faire toutes les blagues que tu veux. Je suis content de pouvoir porter ce débardeur.
Ouais, j'allais te demander.
Je ne comprends pas, que signifie-t-il ?
Je suis une fille qui ne sait pas dire non.
Sais-tu d'où ça vient ?
Non.
Oklahoma, Ado Annie ?
♪ Je suis une fille qui ne sait pas dire non ♪
♪ Je suis dans une mauvaise passe ♪
Je pense pas que tu aies eu le rôle principal.
Désolé, je n'ai pas réalisé que je parlais à Neil Patrick Harris.
Non, Ado Annie est une fille
qui a un petit ami, mais elle passe son temps à embrasser tous les garçons qu'elle voit.
C'est ce que fait Tim.
C'est un peu défraîchi, mais je pense que pour le bar country, les gays, l'Oklahoma...
Ça fait aussi country.
Donc, tu ne pouvais pas le porter avant ?
Cela fait un peu publicité mensongère, tu vois ?
La partie qui ne sait pas dire non ou que tu es une fille ?
O. K., si c'est pour entendre ça, je vais devoir boire un coup.
O. K., alors, allons chercher à boire, parce que j'ai encore plein de blagues sur ce débardeur.
[rire de femme]
Bonsoir, les gars.
- Qu'est-ce que je peux vous proposer ? - [Gabe] Une bière.
Quel vin blanc avez-vous ?
Du blanc.
Parfait.
Excellent choix.
Pour toi.
Voici.
Et voici pour toi.
Garde tes sous.
- C'est pour moi, ce soir. - Non, très bien, j'ai compris.
Merci. Très bien.
Écoute, si tu n'étais pas là,
je serais à la maison devant la télé à regarder Rose Nylund
à raconter encore des histoires de St. Olaf.
Ma préférée est celle où elle a faillit remporter
le concours de beauté St. Olaf.
C'était la première fois où ils acceptaient les humains.
Tu vois à quoi j'échappe ?
Tu es mon invité, ce soir, d'accord ?
On dirait que quelqu'un veut aussi être ton invité.
Il te mâte depuis que l'on est au bar.
Il n'est pas mon genre.
Tu es visiblement le sien.
Il se demande probablement pourquoi le mec le plus sexy ici
est assis en train de me parler.
Mais bien sûr.
On devrait se séparer.
Si les gens pensent que nous sommes ensemble, tu ne rencontreras jamais personne.
Non, je préfère être avec toi.
Pourquoi, penses-tu être plus attirant s'ils te voient avec quelqu'un ?
Les mecs veulent toujours ce qu'ils ne peuvent avoir, n'est-ce pas ?
Reste avec moi.
O. K., si c'est ce que tu veux.
[Gabe] Il est cool ton tatouage, c'est quoi ?
Oh, ça veut dire amour en chinois.
Es-tu sûr ou on te l'a dit ?
Cela veut peut-être dire que tu aimes les tétons.
Ha ha, très drôle. Non, je l'ai moi-même créé.
J'adore cette chanson. Allons danser.
Jamais de la vie. Je ne sais même pas aligner 2 pas.
Pas de souci, c'est un slow.
Tout va bien se passer, tu n'as qu'à me suivre.
Je vais être ridicule à ne pas savoir quoi faire.
Très bien. Alors, tu sauras ce que je ressens
à chaque fois que tu m'interromps dans mes citations de Steel Magnolia.
Je suis sympa, bon sang.
J'ai vu Drum manger ce matin au Piggly Wiggly
et j'ai souri à ce fils de pute
afin que je puisse me servir moi-même.
Ce n'est pas jurer si c'est une citation.
Écoute, danser du country est à la 45ᵉ place
dans la liste des choses que j'aimerais faire,
mais je ne sais pas vraiment si cela doit être un slow.
Tu n'y es pour rien. C'est le Frère qui dit ça.
Pas de problème.
Je peux comprendre.
Heu... veux-tu aller ailleurs ?
Bien sûr que non, parce que je ne veux pas danser ?
Demande à ce type, il va te dire oui.
Je te l'ai dit, il n'est pas mon genre.
Très bien, on peut juste rester et papoter.
Je sais, j'en ai juste marre d'être dehors.
Je n'y suis pas habitué.
Petit à petit, n'est-ce pas ?
On pourrait rester chez moi
et regarder « Les craquantes », si tu veux.
Bien sûr, si tu en as envie.
Laisse-moi d'abord finir mon blanc.
Ah, une autre nuit avec Dorothy Rose, Blanche et Sophia.
Tout ce qu'il nous faut à présent, c'est un cheesecake.
Tout à fait.
[rires à la TV]
Hé, cela te dérange si l'on arrête une minute ?
- Je veux juste te poser une question. - Oui, oui, bien sûr.
Je l'ai déjà vu un million de fois.
C'est celui où Rose croit qu'elle a le sida.
Elle est négative.
- Alors, ta question ? - Il s'agit de ta vie de Frère.
- Quoi donc ? - Quelque chose lié à l'intimité.
Après avoir divorcé, j'ai fréquenté quelques mecs, mais c'était juste sexuel,
il n'y avait pas de sentiments.
Et cela m'a laissé un sentiment de vide intérieur.
J'ai alors su que je désirais quelqu'un dans ma vie.
Je suis à présent prêt pour cette intimité.
Et toi, es-tu prêt à passer toute ta vie sans cela ?
Je ne sais pas, c'est quelque chose à laquelle je dois renoncer.
Cela fait partie d'être un Frère.
Oui, mais pourquoi ne pourrais-tu pas conjuguer les deux ?
Si j'étais avec quelqu'un, il retiendrait toute mon attention.
Étant célibataire, je peux me concentrer et conserver mon énergie pour aider les autres.
Oui, mais ne voudrais-tu pas être amoureux ?
Je veux dire, l'amour en général.
Musique, cinéma, art.
Tout est amour.
Je ne peux imaginer ma vie
sans jamais avoir cela.
L'amour est partout dans ma vie.
J'ai des amis, des élèves, une famille.
Ce n'est pas comme si j'étais amoureux,
mais je ne vis pas toutefois sans amour.
Mais ne pourrais-tu pas quand même tomber amoureux ?
C'est juste quelque chose que Dieu m'a demandé de sacrifier.
Dieu est un père aimant.
Je n'imagine pas qu'un parent
souhaite que son enfant souffre pour lui.
Chaque parent veut le meilleur pour son enfant.
Eh bien, tu es heureux. Regarde tes parents...
[soupir]
Ce n'est pas sympa.
Désolé.
Non, mon père souhaite que je sois heureux.
Il pense simplement qu'être gay ne me rendra pas heureux.
Il a une mauvaise image des gays.
Il pense que nous avons tous le sida
et sa seule vision des gays est qu'ils regardent les informations
et les défilés de la gay pride avec des drag-queens revêtues de peinture pailletée
en train de se faire fesser par des des types matures en cuir.
Il n'a pas vu l'autre facette.
Eh bien, moi non plus. Alors, fais-moi signe si tu trouves quelqu'un, O. K. ?
Ils sont plus proches que tu ne le penses.
Allez.
[sonnette d'entrée]
Bien, bien, bien.
N'est-ce pas l'homme qui vit dans la caravane ?
Randy et moi disions justement que l'on ne te voyait plus.
Et maintenant, je sais pourquoi.
Winston, voici Vito.
Vito, voici Winston, mon propriétaire.
J'ai décidé de vous inviter, Randy et toi,
à venir prendre un verre un soir.
- Ce n'est pas le moment ? - Non, non.
C'est toujours le bon moment
pour prendre un verre avec deux si beaux jeunes hommes.
En plus, nous regardions « Les craquantes ».
Cet épisode où Rose croit avoir le SIDA.
Elle est négative.
Randy, nous avons de la compagnie !
Ferme ta braguette !
Entrez. Allez, allez, allez.
Salut.
Content de te voir.
Et voici du Martini.
Qu'as-tu mis dedans ?
Le gin que ta mère a ramené du Pérou.
Je t'avais dit de ne pas y toucher.
Ferme ta grosse bouche.
Je n'ai pas à me taire.
Nous avons un invité de la banlieue.
Tu devrais bien te tenir afin qu'il se sente le bienvenu chez nous.
Rien n'est trop beau pour nos invités.
Bon appétit.
[Gabriel et Vito toussent]
C'est très bon.
Oui, merci.
Gin péruvien, n° 77 sur ma liste.
Alors, es-tu ici en vacances, Vito ?
Non, je suis ici en tant que bénévole pour l'été.
Bon sang, comment peux-tu avoir tout ce temps libre ?
Eh bien, j'enseigne.
Tu es toi-même étudiant.
Merci, mais vous êtes visiblement pompette.
[rire]
As-tu même déjà eu un professeur comme lui à l'école, hein ?
Non, mais si cela avait été le cas, je pense que j'aurais eu de bien meilleures notes.
Non, j'étais dans une école catholique
et tous mes profs étaient Frères.
Eh bien, certains peuvent être sexy.
Les amis, racontez à Vito comment vous êtes vous rencontrés.
Oh.
Oh Gabe, tu ne veux pas encore entendre cela.
Si, c'est tellement inspirant.
Vito et moi parlions justement du fait qu'il n'y avait pas d'exemples.
Oh, chéri, nous voilà maintenant des exemples, oh !
Cela signifie simplement que nous sommes vieux.
Oh, j'ai toujours voulu être mannequin, vous savez, comme Cheryl Tiegs.
Oh, que tu es jaloux.
Pourquoi, ne penses-tu pas que je pourrais être mannequin ?
Il n'y a pas assez de chirurgiens plasticiens sur la planète, chéri.
Bref, quand j'avais ton âge, j'étais enseignant.
C'était à l'époque de cette hystérique d'Anita Bryan
en Floride où ils voulaient se débarrasser
de tous les professeurs gays.
J'étais journaliste et j'ai eu pour mission
d'avoir le point de vue d'un enseignant.
Alors, le principal de Winston m'a dit qu'il pouvait m'accorder une entrevue.
Et quand j'ai vu ce beau jeune homme musclé
à ma porte, oh !
Mon cœur s'est mis à battre la chamade.
[Randy tousse]
C'était il y a très longtemps.
Mais, quand il m'a dit qu'il était là pour m'interviewer,
j'ai pensé : « Oh, oh, comment a-t-il su que j'étais gay ? ».
Alors, il m'a accordé une interview
mais il était tendu et ne répondait que par un seul mot.
Le lendemain, il m'appelle pour me dire
qu'il veut que l'on se retrouve pour un café
car il avait d'autres éléments pour l'article.
On se rencontre, il me dit alors qu'il est gay
et que je peux le mentionner dans le journal.
Waouh, alors tu l'as dit ?
Pourquoi l'as-tu fait ?
Oh, j'aurais fait n'importe quoi pour revoir ce beau mec, tu rigoles ?
Non, non, la véritable raison était ce Harvey Milk.
- Qui est-ce ? - Oh, chéri, raconte, c'est ton histoire.
C'est bon,
ton copain ne sait pas non plus qui il était.
Oh, non, Gabe et moi ne le savons pas.
Harvey Milk a été le 1ᵉʳ élu ouvertement homosexuel.
Alors, après le départ de Randy, j'ai feuilleté le journal
afin de savoir quel journaliste il était.
Et j'ai vu qu'il avait eu une interview avec Harvey Milk.
Harvey était tellement courageux, j'avais...
j'avais juste honte de me cacher.
L'article a reçu de bonnes critiques.
Oh oui, j'ai même reçu un appel de Harvey en personne pour me féliciter.
C'est génial.
Quand nous avons commencé à sortir ensemble,
c'est au moment où Winston emménageait avec moi
que nous avons appris que Harvey avait été assassiné.
Harvey Milk a donc une place très particulière dans notre cœur
pour de nombreuses raisons.
Bien, je dois refaire le plein.
Servez-vous, mesdames.
Je ne bois jamais plus que mes invités.
Gabe, bébé, veux-tu venir avec moi aller en chercher ?
Rappelle-toi une chose,
la seule raison pour laquelle tu puisses te révéler à ton âge,
c'est grâce à des hommes et des femmes comme Harvey Milk.
N'oublie pas que leur sacrifice n'a pas été vain.
Je ne l'oublierai pas.
Je sais que oui.
Toi et Gabe faites un joli couple.
Je ne l'ai jamais vu aussi heureux.
Gabe et moi ne sommes pas ensemble.
Et voilà !
Oh, je n'ai pas encore fini le mien.
Levons nos verres !
Tout est déjà levé.
Mais, tais-toi.
Comment as-tu fait aussi vite ?
J'avais préparé un pichet.
Avec le gin de ma mère ?
Oui, avec le gin de ta mère,
mais elle nous l'a donné.
Je voulais le garder.
Et moi le boire.
Cela fait 3 ans qu'il est dans ce placard maintenant.
Je t'en achèterai 5 bouteilles en ligne
si tu veux bien te taire.
Oh, j'ai une meilleure idée.
Renvoyons ta mère au Pérou, n'est-ce pas ?
Sois gentil. Il s'agit de ma mère.
Je suis gentil avec toi. Te souviens-tu de Noël ?
Rappelle-toi du magnifique bracelet en diamant que je lui ai acheté.
Et que m'a-t-elle offert ? Une essoreuse à salade.
Elle dit que j'étais gros ou que je servais des salades flétries.
Je ne sais pas ce qui est le pire !
Elle veut se rendre utile.
Eh bien, je vais lui offrir un livre
pour lui apprendre à ne pas trop cuire les dindes.
Où en est ton verre, trésor ?
Mon verre est vide.
Hein, hein.
Merci de m'avoir invité ce soir, Gabe.
Oui, je t'en prie.
J'aurai du mal à te remercier demain matin.
Ils m'ont un peu achevé.
Ah, moi aussi.
Je ne pense pas pouvoir te reconduire chez toi ce soir.
Oh, c'est bon, je vais appeler un Frère pour venir me chercher.
Non !
Heu, ils sont probablement déjà couchés pour aller à l'église demain.
Et tu as trop bu pour rentrer à pied.
Reste ici et je te ramènerai demain matin.
Ah, je ne devrais pas.
Je ne considère pas un non comme une réponse.
O. K.
- As-tu de l'aspirine ? - Oui, dans la salle de bain.
[soupir]
[bruit de pilules]
Waouh.
Tu as été rapide.
Préfères-tu ce côté ?
- Je peux me décaler. - De ce côté ?
Je vais m'installer par terre.
Je sais qu'ici, tout est à double usage,
mais le sol ne sert pas de lit.
Et si quelqu'un doit dormir par terre, c'est moi.
Non, non, vraiment, prends le lit.
Soit je dors par terre,
soit dans le lit avec toi.
Il n'y a que 2 solutions.
Ça m'est égal.
Eh bien, voilà encore une première.
Je n'ai encore jamais dormi dans un futon.
C'est bien plus confortable que tu ne le penses.
Alors, je...
je suppose que nous allons faire des compagnons de couche, n'est-ce pas ?
Je pense.
- Sais-tu d'où vient « compagnons de couche » ? - Non, mais tu vas me le dire.
Dans les années 1800, les amis garçons pouvaient
dormir dans le même lit. Il n'y avait rien de sexuel.
La société acceptaient que des amis puissent se montrer de l'affection.
Ce n'est qu'après les guerres mondiales que le machisme est arrivé.
Est-ce à ce moment-là que c'est devenu sexuel ?
Je crois que je vais dormir un peu.
Je me posais des questions sur les compagnons de couche.
Était-il acceptable pour eux
de se blottir lors les nuits froides ?
S'ils avaient besoin de se réchauffer, oui.
Ce serait bien quelque chose comme cela, non ?
Heu... oui.
Et en cuillère ?
Heu, s'il faisait vraiment froid, oui.
As-tu déjà entendu parler de cette étude sur cet orphelinat en Europe ?
Celui avec les bébés tenus dans les bras ?
Non.
Il y a quelques années, le directeur de cet orphelinat
avait obligé toutes les infirmières de tenir dans les bras les bébés
au moins 30 minutes par jour.
C'était génial.
Beaucoup de bébés très malades
ont guéri miraculeusement
et sont devenus beaucoup plus heureux.
Je peux imaginer.
J'ai beaucoup lu de choses sur le pouvoir du toucher.
Je me posais donc des questions
sur ton vœu de chasteté.
Te sens-tu vraiment de pouvoir passer
toute ta vie sans cela ?
C'est bon.
Quand Winston et moi sommes allés chercher à boire, il m'a parlé de toi.
Il croyait que nous étions ensemble.
Randy pensait la même chose.
L'as-tu rendu hétéro ?
Même Sofia Vergara en bikini ne pourrait le rendre hétéro.
Mais non, je n'en ai jamais eu l'occasion.
Et toi ?
As-tu dit à Winston que je n'étais pas ton petit ami ?
Non. Il avait l'air tellement heureux pour moi, j'ai donc joué le jeu.
Il nous a invités à aller à l'église avec lui demain.
Es-tu autorisé à y aller ?
Autorisé ?
Je dois y aller, cela fait partie de mon travail.
Mais ce n'est pas une église catholique.
Je vais à l'église protestante, mais je ne savais pas
si tu pouvais aller dans d'autres églises.
Pas de souci.
Dieu m'a dit que c'était bien de découvrir d'autres églises.
Waouh, on dirait que c'est la 80ᵉ chose
que tu as essayée depuis ton arrivée ici.
Je pense que c'est vraiment génial.
Je pense que tu es vraiment génial.
Toi, aussi.
Bonne nuit, Gabe.
Bonne nuit, Vito.
Nous allons lire la 1ʳᵉ lettre de Saint Paul aux Corinthiens.
J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges,
si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne,
une cymbale retentissante.
J’aurais beau être prophète,
avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu,
j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes,
s’il me manque l’amour, je ne suis rien.
J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,
j’aurais beau me faire brûler vif,
s’il me manque l’amour,
cela ne me sert à rien.
Je ne suis rien.
Mmm.
Imaginez, comprendre tous les mystères du monde,
avoir la foi pour déplacer des montagnes
et n'être rien.
Nous pourrions tout connaître,
avoir la foi la plus grande de tous les prophètes
et pourtant n'être rien.
Car les écrits nous font comprendre
que sans amour, nous ne sommes rien.
En grandissant, nombre d'entre-nous
se sentent rabaissés en raison de notre sexualité.
Nous essayons donc désespérément de devenir quelqu'un en vieillissant.
Certains le font en conservant des biens matériels.
D'autres travaillent dur pour avoir un corps parfait.
Et d'autres considèrent un bref plaisir sexuel
comme le seul moyen d'affirmer notre mérite.
Mais toutes ces choses ne sont qu'un pansement sur nos cœurs blessés.
Elles ne soignent pas le mal profond.
Notre communauté démontre que Paul dit ici la vérité.
Nous pouvons avoir les plus belles choses,
un corps parfait et des relations sexuelles avec quiconque
et pourtant, nous ne sommes rien car nous n'avons pas d'amour.
À présent, enlacez-vous afin de montrer
à chacun l'amour de Dieu.
Oh, oh, hé, hé, hé.
Je voudrais te présenter du monde, allez.
Gloria et Blaze, voici les deux jeunes hommes
dont je vous ai ai parlé. Gabe et Vito.
- Je suis Gloria. - Ravi de vous rencontrer.
- [Gloria] C'est un plaisir. - [Vito] Ravi de vous rencontrer.
[rire] Comment allez-vous ?
Lequel d'entre vous est de ma région ?
Oh, mon Dieu, son accent est encore pire que celui de Madonna.
Eh bien, je suis natif de Brooklyn.
Oh vraiment, moi aussi !
Devinez où.
Euh, je ne sais pas.
- Williamsburg ? - Non, je vais vous donner un indice.
Qui a-t-il en commun entre Brooklyn
et une fille en jean moulant ?
Flatbush ! [rire] (série TV à Brooklyn — poils pubiens aplatis)
C'est gracieux, n'est-ce pas ?
Alors, Vito, aimes-tu Austin ?
Oh, j'adore, c'est super, merci.
Bien sûr qu'il aime.
Ils disent tous que tout est plus grand au Texas. [rire]
Oh regarde, chéri, ils ont apporté des éclairs.
Oh, bon sang, allons voir ça.
Ils vont devoir demander du renfort.
Désolée.
Oh, non, non, elle est très sympa.
Merci.
Je dois vous dire que vous et Gabe formez un couple adorable.
Merci, mais vous savez, Gabe et moi ne sommes pas en couple.
Oh ?
Je vais bientôt prononcer mes vœux définitifs pour être Frère dans l'église catholique.
Oh, désolée, je ne savais pas.
Vous n'arrêtez pas de vous excuser.
Pas de problème, il n'y a pas de mal.
En fait, Vito, vous et moi avons beaucoup en commun.
J'étais Sœur de Saint Clément.
Vous étiez Sœur ?
C'était il y a longtemps.
J'ai exprimé mes vœux dès la sortie du lycée.
[Blaze rote] Bon sang, Gloria.
Ces enchiladas sont encore meilleurs réchauffés.
- Vous et Blaze n'étiez pas nonnes, n'est-ce pas ? - Oh, mon Dieu, non.
Elle était enseignante à l'école laïque où j'étais.
Nous avons tout de suite eu un flash.
Nous sommes très vite tombées amoureuses.
Le coup de foudre.
Mais vous étiez nonne.
Vous aviez fait vœu de chasteté. Pourquoi n'avez-vous pas refusé ?
Vito, j'étais particulièrement tourmentée par tout cela,
mais j'ai finalement décidé que ce serait mieux
pour ma santé et mon bien-être
de choisir d'être avec Blaze.
Oh, merde !
Regardez-ça.
Mademoiselle Piggy.
Oh, Blaze !
Parfois, je me sens encore tourmentée.
Je me suis battu avec ces sentiments,
mais j'ai ensuite lu la Bible et il est dit
que ceux qui donnent leur vie pour le Christ
finissent par trouver la vie, une vie plus épanouie,
donc, sans offense. Je ne comprends pas comment
vous avez pu ignorer l'appel de Dieu dans votre vie
simplement parce que vous avez rencontré quelqu'un.
Vito, ma vie avec Blaze a été plus épanouie
que celle avec le Christ.
Mon amour pour elle m'a rapproché de Dieu,
je ne me suis pas égarée.
Je continue toujours l'œuvre de Dieu.
Je le fais à présent en étant plus heureuse et en bonne santé.
Comment Dieu pourrait-il accepter que l'un de ses enfants
sacrifie son bonheur pour lui ?
Eh bien, il l'a demandé à Jésus.
Jésus aurait aimé fréquenter et tomber amoureux de quelqu'un.
Mais non, il a fait le travail que Dieu lui a demandé.
Jésus est venu au monde pour une toute autre raison.
Il est venu nous sauver.
C'est ce que Dieu a décidé et que nous devons considérer afin de profiter de notre vie.
Jean 10:10 : « Moi, je suis venu pour que les gens aient la vie
et pour que cette vie soit abondante. ».
Avez-vous déjà ressenti pleinement cette vie ?
Lorsque vous la vivrez pleinement,
vous n'aurez plus à choisir.
[Tous] Allez, allez, allez, allez, allez,
allez, allez, allez, allez, allez, allez !
Ouais !
Voyez-vous ce que je veux dire ?
Allez chérie, nous allons devoir y aller.
Oh oui, nous devrions y aller si l'on veut arriver à temps à la boulangerie
pour les fiançailles de Joan et Sharon.
- [Gloria] Apportons le gâteau. - Et crois-moi, ce n'est pas toi
qui va casser les couilles à une bande de gouines affamées. [rire]
- Ce fut un plaisir de vous rencontrer. - Mesdames et lesbiennes,
Elvis se casse d'ici !
Allez, Priscilla !
Wouuh !
Cette femme est complètement déjantée.
Tu aurais dû écouter ce qu'elle...
Ça va ?
Oh, oui.
Ai-je du chocolat sur mon visage ?
Non, non, du tout.
O. K., bien.
C'est pour ça que je t'ai sous la main, n'est-ce pas ?
Pour me dire si j'ai du chocolat sur mon visage
ou des épinards dans les dents.
Du gin péruvien sur ma chemise.
Je ne suis bon qu'en matière d'hygiène.
Tu es aussi un bon compagnon de couche.
Je devrais retourner au centre.
C'est ma dernière semaine ici et j'ai promis aux garçons
que l'on ferait un marathon des « Craquantes » avant mon départ, alors je...
Oui, il ne vaut pas mieux laisser de côté ces quatre vieilles greluches.
Allons-y.
[soupir]
[pluie battante]
Oh, mon Dieu.
Waouh.
- Je croyais que c'était la sécheresse. - Sois reconnaissant qu'il pleuve.
Je ne m'attendais pas à passer ma dernière nuit à Austin comme ça.
Vois-tu, mon sinistre plan se déroule comme prévu.
Déjà, je fais pleuvoir.
Ensuite, tu tombes malade.
Et tu vas devoir rester plus longtemps.
Ah, ah, ah, ah... (rire machiavélique)
Ne reste pas planté là.
Enlève tes vêtements mouillés et vas te réchauffer sous la douche.
Tu ne vas pas non plus rester là avec ces vêtements mouillés
pendant que je me douche, tu vas avoir froid.
Prenons la douche ensemble.
Ensemble ?
Oui, quoi, n'as-tu jamais été dans un vestiaire ?
Si, mais c'est trop étroit pour nous deux.
Oh, s'il te plaît, à l'université, je partageais une salle de bain
avec 30 mecs et tout allait bien.
Allez, dépêche-toi.
[grondement du tonnerre]
[écoulement de l'eau]
Pourquoi n'es-tu pas venu ?
Désolé, je n'ai pas pu.
Pourquoi donc ?
Te voir nu, être nu avec toi.
Ce n'est qu'une douche.
Je ne voulais pas que tu aies froid.
Je sais, je suis désolé.
Mais je pense que je serais plus à l'aise sous la douche tout seul.
Allez, habille-toi. Je t'ai préparé des vêtements afin de mettre les tiens au sèche-linge.
[grincement]
Quelque chose ne va pas ?
Pourquoi ne t'es-tu pas habillé ?
Tu n'aimes pas les vêtements que je t'ai choisis ?
Je, euh...
Oh, mon dieu...
Je dois te dire quelque chose, Gabe.
Je... lorsque tu n'es pas venu dans la douche,
je ne sais pas...
je me suis senti un peu abandonné.
- Vito. - Non, non, laisse-moi finir.
Je...
Je t'ai demandé pourquoi tu n'étais pas venu
et tu m'as dit que ça te mettait mal à l'aise
d'être nu devant moi.
Et... je ne sais pas, cela m'a fait de la peine.
Je me suis senti rejeté.
Mais...
Attends, c'est bon.
Cela m'a fait comprendre que je suis amoureux de toi, Gabe.
Amoureux ?
Oui.
Je pense que je le suis depuis un moment.
Je viens enfin de l'admettre.
Vito, je ne sais pas quoi dire.
Ne dis rien.
S'il te plaît...
ne me rejette plus.
Attends.
Es-tu sûr de ta décision ?
Je n'ai jamais été aussi sûr de ma vie.
Waouh.
En tant que Frère, je n'avais jamais embrassé un mec.
N° 92. [rire]
Allons au lit et voyons si nous pouvons arriver à 100.
[gémissements]
Je pense que nous n'en aurons plus besoin.
Oh.
[gémissement]
Est-ce que ça va ?
Désolé, je...
Nous ne sommes pas obligés si tu ne le souhaites pas. Nous pouvons arrêter.
Non, non.
Je le veux.
Dans ce cas, es-tu prêt à ajouter d'autres numéros ?
Oh, oh, oh !
Oh, oh.
Oui, vas-y doucement.
Cela faisait longtemps.
[Expiration profonde]
[gémissement]
- Ça va ? - Ouais, ça va, et toi ?
Oui.
[gémissements]
[Vito rit]
Je vais jouir.
Oh, moi aussi.
Vas-y.
[gémissements]
Waouh.
Ça va ?
Ouais, c'est... waouh. [rire]
Je culpabilise.
Je n'aurais pas dû.
Non, non.
C'était parfait.
En effet.
- Je vais aller chercher une serviette. - Non.
S'il te plaît, reste avec moi.
Volontiers.
Hé.
Que fais-tu ?
Je t'écris une lettre.
Une lettre ?
Ça ne peut pas attendre mon départ ?
Allez.
Il ne nous reste que quelques heures et je veux les passer avec toi.
Je dois l'écrire alors que mon esprit est disposé, O. K. ?
Tu as une journée très chargée demain
et je n'aurai peut-être pas l'occasion
de te dire tout ce que j'ai à dire.
Tu peux me le dire maintenant.
Je ne peux pas.
Je veux que cela soit bien formulé.
Laisse-moi la faire, O. K. ?
Ce ne sera pas long.
Tu me manques déjà.
À quoi penses-tu ?
Simplement...
de quitter cet endroit en ayant changé.
Cet endroit a fait de moi une personne différente.
C'est toi qui m'a changé.
Est-ce une bonne chose ?
Non.
Je plaisante.
C'est ce changement qui me fait peur.
Vois-tu ce que je veux dire ?
Oui mais, ne pas changer est encore plus effrayant.
Tu ne trouves pas ?
[sifflement au lointain]
C'est pour toi.
Es-tu prêt ?
Je suis prêt pour le gros plan, M. Deville.
Attends une seconde.
Ils n'ont pas engagé de strip-teaseur, au moins ?
Ils voulaient, mais j'ai mis le holà.
Il n'y a que moi qui peut se déshabiller devant toi.
♪ Baw chika arc wow ♪ [imitation de guitare]
Très bien, assez Bambi, je n'ai plus de billets.
[rires] [Gabe] Continue d'avancer.
Continue... et...
[Tous] Surprise !
Oh, mon Dieu.
Waouh.
Comment avez-vous réussi à faire ça ?
Justin l'a achetée et je l'ai installée hier
afin que ce soit fait avant ton départ.
Mary Carson attend son séduisant prêtre.
Allez, prends un whisky-menthe.
Vito, au nom de nous tous ici,
merci pour tout ce que tu as fait cet été.
Oui !
[applaudissements]
Mon Dieu, je n'ai rien préparé.
Sincèrement, je n'ai rien fait. C'est Gabriel qui a fait tout ce travail.
Et la fontaine est l'œuvre de Mary Carson.
Je suis surpris que tu n'aies pas mis un petit garçon en train de pisser.
Hé, estime-toi content que ce ne soit pas
la femme nue versant de l'eau.
O. K., alors, où est le strip-teaseur ?
Tu es un Frère à présent.
Tu ne peux pas regarder des hommes nus.
Ce n'est pas grave, car nous t'offrons quelque chose d'aussi magnifique.
Oh, ce n'était pas la peine, les gars.
[rire] Oh, mon dieu.
Où diable avez-vous trouvé ça ?
Eh bien, je le dirais bien, mais Gregg serait arrêté.
Quoi qu'il en soit, M. Hugh Jackman m'a collé une mesure de restriction.
Oh, sois gentil.
Tout le monde sait que Hugh Jackman n'a pas pris de mesure restrictive à son encontre.
- Merci. - Le garde du corps lui a dit que
s'il le revoyait, il lui en mettrait une.
Sois heureux, Vito.
Hé, je serai de retour l'été prochain.
Ce n'est pas la dernière fois, Mary Carson.
Malheureusement si, mon prince, probablement.
Vis pleinement ta vie, Vito, O. K. ?
Promis.
Et je te raconterai tout l'été prochain.
Tiens...
Sois le premier à faire un vœu avec cette fontaine.
Ah, la voici.
[applaudissements]
Un câlin, un câlin, un câlin !
Tous ensemble, les gars !
[Gabe] Es-tu sûr de vouloir rentrer avec Eddie ?
Oui, c'est bon. C'est sa route.
- Ça sera ça d'économisé pour le centre. - Je peux payer le vol.
Merci chéri, mais je vais survivre.
Je t'ai acheté un cadeau de départ.
Ah bon ? Tu n'étais pas obligé.
[rire]
Où as-tu trouvé ça ?
J'en ai une aussi.
C'est très gentil, merci.
Je suis confus maintenant, je ne t'ai rien apporté.
Hé, tu as fait vœu de pauvreté, te souviens-tu ?
En plus, tu m'as déjà donné quelque chose.
J'en parle dans la lettre.
Vraiment ?
Quand pourrais-je la lire ?
Je voulais que tu puisses la lire dès ton retour,
alors, je l'ai mise dans ta bible.
Non ?
Attends.
Ne la lis pas encore.
Attends d'être rentré, O. K. ?
- O. K. - Promis ?
Hé, j'ai fait vœu d'allégeance, te souviens-tu ? Je dois faire ce que tu me dis.
Eh bien, dans ce cas.
Hé. [rire]
J'ai déjà fait une entrave au vœu de chasteté.
N'en faisons pas d'autres, O. K. ?
Alors, il s'agit de ça, hein ?
Oui, je...
Je pense.
J'aimerais tant que tu restes.
[cognement sur la vitre]
Salut, mon mignon.
Veux-tu des haricots ?
J'en ai déjà mangé plus de la moitié mais il en reste.
Euh, merci Eddie, ça va aller.
J'ai déjà mangé.
Très bien, alors, allons-y.
Merci pour tout.
Non... non... merci.
Allez, mes choux.
La lumière du jour ne dure pas.
Je dois y aller.
Je sais.
Je sais.
Bye, Vito.
[musique mélancolique]
[claquement de porte]
[cognement sur la vitre]
Je, euh...
Je, euh...
J'espère que vous ne heurterez pas de tatous.
Moi aussi.
J'ai retrouvé la cervelle du dernier dans le moteur.
C'était une vrai merde à nettoyer.
Il devait être très intelligent.
[démarrage de la voiture]
[Vito jette ses clés]
[fermeture éclair]
- Salut, tu es de retour ! - Salut, oui, bonjour.
Désolé, tu m'as fait peur.
Oui, je rentre juste, ça va ?
Comme d'habitude.
- Et toi, comment s'est passé ton séjour ? - C'était super.
Tu n'as pas l'air très bien. Ça va ?
Oh, oui, ça va, la route a été longue.
Je devrais me reposer un peu.
Où diable as-tu eu cette photo ?
Oh, ça, je l'ai vue dans un magasin.
Ça ne coûtait que quelques dollars.
J'ai trouvé ça marrant.
Eh bien, je te laisse défaire tes bagages.
Ça me fait plaisir de te revoir.
Les choses n'étaient pas pareilles en ton absence.
Content d'être de retour.
VITO, VIENS DANS MA CHAMBRE T'AMUSER AVEC MA CHATTE... TIM
Oooohh...
Rosie, je suis rentré.
[inspiration] Riquita !
Tu t'es fait un mec, n'est-ce pas ? [miaulement de chat]
- Que racontes-tu ? - Oh, mylanta, tu l'as fait, petite salope.
Tu es allé au Texas et tu as monté un cow-boy.
O. K., mais comment le sais-tu ?
S'il te plaît, imagine le nombre de mecs
que je revois après un bon plan cul ?
Tu as tout l'air d'un client satisfait.
Eh bien, raconte-moi tout.
Je veux tous les détails.
Euh, je ne préfère pas.
Allez, je te le dirais si je me faisais baiser.
Tu le fais déjà.
Tu vois, tu as donc 500 aventures de retard à me raconter.
Et celle-ci a intérêt à être bien mieux que celle de ta branlette devant la star du porno.
Je veux une aventure avec du vrai sexe.
[sanglots]
Je me suis branlé devant une star du porno
et je veux devenir Frère. [sanglots]
- Tu veux l'entendre ou pas ? - Oui, j'arrête, allez.
O. K., donc, c'est un mec bénévole au centre.
- Quel est son prénom ? - Gabe.
- Sexy, et que fait Gabe ? - Il est paysagiste.
Oh, mon Dieu.
Tu as baisé le jardinier ?
Le paysagiste.
Alors, il t'a labouré avec sa binette, arrosé ta plante et ratissé tes feuilles ?
Pas du tout.
Nous nous sommes bien entendus et avons passé du bon temps ensemble.
Attends une minute. Ce n'était pas une coup d'un soir ?
Nous n'avons fait l'amour qu'une seule fois, mais non.
Je n'y crois pas. Tu as passé ton été au Texas
et tu es revenu avec un jardinier sexy...
paysagiste.
En moi, je suis célibataire depuis 7 ans !
Mais que se passe-t-il ici ?
Tim !
Oh, désolé Frère, comment est-ce possible ?
Tu l'aimes ?
Heu, j'y suis resté 2 mois.
- C'est un gars sympa, mais... - Quand vais-je le rencontrer ?
Oh, non.
Et pourquoi, il y a quelque chose qui cloche avec lui ?
A-t-il un... parce que je suis tout à fait à l'aise avec ça maintenant.
J'ai eu un plan à 3 torride avec un couple de Chicago ce week-end du 4 juillet
et l'un d'eux avait, enfin, tu vois.
Bref, je m'en suis vite remis.
Eh bien, je suis content pour toi que tu sois plus ouvert.
Je ne te dis pas s'il est circoncis
mais tu ne le verras certainement pas.
[surpris] Je ne peux pas rencontrer ton copain.
Ce n'est pas mon petit ami, Tim !
Écoute, je vais devenir Frère dans 3 mois.
Cela m'a permis de faire un écart dans mon sacerdoce.
Oh, si c'était seulement un écart, tu n'aurais pas un grand sourire
quand tu parles de lui.
Tu fais passer Richard Simmons pour un suicidaire.
Le dîner est-il déjà prêt ?
Bien.
Je vais te laisser tranquille pour l'instant.
Je veux quand même dire que,
ce regard dans tes yeux lorsque tu m'as parlé de lui,
ça fait du bien de retrouver le Vito d'avant.
Eh bien, je pense aussi que c'est bien de voir le Vito d'avant.
Il fera un Frère fantastique.
Hé !
Tu viens manger ou quoi ?
Mon garçon, l'été ne t'a pas réussi, n'est-ce pas ?
Hé, j'ai affronté le truc du col roulé, O. K. ?
Oh, et j'ai viré Esperanza la semaine dernière,
alors, ne t'attends pas à de la fantaisiste ce soir.
Tu as viré Esperanza ?
Oh, comment est-ce possible ?
C'est une longue histoire.
Tu as couché avec son cousin, n'est-ce pas ?
Et son meilleur ami.
En fait, ce n'est pas la raison pour laquelle je l'ai virée.
La raison est que, je l'ai gardée aussi longtemps que j'ai pu.
Eh bien, tout ce que tu cuisines sent très bon.
C'est pourquoi j'aime cuisiner pour toi.
Tout sent bon après cette merde pour SDF
que tu manges tous les jours.
Oh, et si tu cherches un peu d'argent de poche,
je recrute une femme de ménage.
Un courrier recommandé pour Frère Vito de Austin, au Texas.
Austin ?
Oui.
Il n'y a pas d'expéditeur, mais cela semble important.
Tu ne l'ouvres pas ?
Non, c'est sans doute des paperasses du centre.
O. K.
Te sens-tu bien, Vito ?
Oui, pourquoi ?
Parce que depuis ton retour d'Austin,
tu n'es plus le même. Comme si tu étais perturbé ou distrait.
Non, ça va.
[soupir] Vito, tu ne me regardes même pas.
Je suis désolé, Steve.
Cela m'a vraiment fatigué. Je n'ai pas beaucoup dormi depuis.
O. K., bien.
Je suis là si tu veux me parler.
Je vais te laisser te reposer.
Merci.
[Justin] Mon très cher Frère Vito.
De par mon âge, j'ai beaucoup appris.
En général, les gens n'aiment pas écouter les personnes âgées comme moi.
S'agissant d'une lettre, tu n'as pas le choix.
J'ai beaucoup appris dans la vie.
Celle-ci est trop courte pour passer son temps
à s'inquiéter de savoir si nous la vivons bien ou non.
Je souhaite seulement ne pas attendre la fin de ma vie pour comprendre cela.
Alors, je te transmets cette sagesse et cette magnifique photo
de mademoiselle Stanley, à toi, mon prince.
Je t'aime, Justin.
P.S. : au fait,
je t'ai choisi un nom de drag-queen.
Anita Live.
Porte-le bien, prince charmant.
Autre P.S. : j'allais te laisser ceci dans mon testament,
mais je suis plus heureux que tu l'apprécies maintenant.
Merci d'être un ami.
[Gabe] Cher Vito.
Lors de mon coming-out, je me suis senti comme les pièces d'un puzzle qui s'assemblaient,
mais il en manquait encore une.
Je savais que je la trouverais un jour,
mais je ne savais pas que ce serait toi.
Je ne veux pas te forcer à choisir entre moi et Dieu.
Comment pourrais-je rivaliser ?
Il est plus fortuné que moi.
Mais peut-être pourrais-tu avoir les deux.
Je veux que tu fasses ce qui est bon pour toi, Vito,
mais je te connais.
Tu désires quelqu'un.
Tu as tatoué l'amour sur ton bras, pour le crier à haute voix.
Tu t'es réveillé et tu as voulu que je revienne à tes côtés.
Il n'y a pas d'autre endroit où je préférerais être, je vais donc en rester là.
Si tu ne choisis pas d'être avec moi,
je veux simplement pouvoir passer le plus de temps possible dans tes bras
tant que je le pourrais.
C'est à toi de décider.
Dis-moi simplement quand tu auras fait ton choix.
Je t'aime et tu me manques déjà.
Gabriel.
[sanglots]
[on frappe à la porte]
Un instant.
- Salut, Vito. - Salut Mike, ça va ?
J'ai l'accord pour l'invitation au dernier sacrement.
Steve et Brian m'ont dit que tout était bon.
Je souhaite juste ton accord pour envoyer ça à l'imprimeur.
[soupir]
C'est fait.
[musique rock énergique]
Je t'ai apporté des haricots, mon mignon.
[dialogues non audibles]
[Vito frappe à la porte]
Que fais-tu ici ?
Je suis venu te voir.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Rien, c'est juste que...
je n'ai plus eu de tes nouvelles depuis ton départ.
Cela fait plus de 2 mois.
Je sais, je sais, je suis désolé.
J'avais juste besoin de me vider la tête et de faire du tri.
Mais, je suis là, à présent.
Heu... O. K.
Ce n'est pas tout à fait le bon moment.
[chasse d'eau]
Oh, salut.
Jim, voici le Frère Vito Fortunato.
Il était bénévole au centre cet été.
Oui, salut.
Salut, Frère Vito.
Ravi de te rencontrer.
Oh, c'est bon, je me suis lavé les mains.
[musique mélancolique]
[grincement de porte]
Tu ne m'as jamais appelé.
Je sais, je sais, je sais.
[soupir] Je suis désolé.
- Je pensais que tu avais choisi Dieu. - Non, ça va, ne t'en fais pas.
Il a l'air sympa, je suis content pour toi.
- Non, tu n'as pas à l'être. - O. K., je ne suis pas content !
Je me suis démené, avec tout ce merdier,
pour traverser tout le pays
juste pour être avec toi.
J'arrive ici et je découvre qu'il est trop tard.
Mon Dieu, le pire c'est que c'est moi qui t'ai dit de sortir avec ce type.
- Vito. - Non, ne t'inquiètes pas.
Embauchent-ils au magasin de jardinage ? Il paraît que je suis au chômage.
Attends.
Tu ne veux pas redevenir Frère ?
Non.
Quelle vie aurais-je si je n'avais pas d'amour ?
Mais, et ton... ?
Jim ?
Ne t'inquiète pas pour lui.
C'est notre 2ᵉ rencard.
Et puis, ce n'est pas mon genre, te souviens-tu ?
Je n'ai jamais perdu espoir.
[musique rock énergique]
Ces deux hommes ont fait un sacré parcours
pour cette célébration bénie.
Personne ne peut nier que c'est Dieu qui les a réunis.
Et ceux que Dieu rassemble,
nul ne peut les séparer.
J'ai l'honneur et le plaisir de vous présenter
pour la première fois en tant que partenaires dans la vie,
Brian Rogers et Steven Peterson.
Vous pouvez à présent vous embrasser.
[applaudissements]
[musique rock énergique]
Traduction : SpectraPhysics ©2022 - Tous droits réservés
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