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Musique entraînante
Musique de suspense
-Coupez !
Mike…
Je ne veux pas voir ton visage !
Toi non plus, Jeanne !
Je ne veux pas vous voir.
On recommence. En place !
-Tout le monde en place ! -C'est pas vrai…
Colle-toi contre la façade.
C'est pas difficile… Moteur !
-Ca tourne, silence ! Annonce.
-"Regrets" 125, 7e.
-Partez !
Allez, allez !
Bon, les cascadeurs, ça suffit.
Passons aux choses sérieuses.
Johnny Halliday, Jane Birkin, c'est à vous.
On va tourner une petite scène romantique.
Voyons voir…
Sur cette corniche, au 6e étage,
vous montez.… Attention.
Doucement, attention.
-Ils ont dérangé un type de ma classe pour ça…
-Mais tu es bien payé !
-J'aime pas le gâchis.
-Silence !
-"Regrets" 126, 1re.
-Partez !
-Ils sont encore là, ces deux-là ? Fichez-moi le camp !
Je ne veux pas vous voir avant demain 10h !
-Comment ça, "10 h demain" ?
-Je ne suis pas au courant…
Hyacinthe, Jane aimerait comprendre
l'histoire de 10h demain matin…
-Mr. Fechner, on a besoin de nous demain ?
-Cascade voiture 10 h, prêt à tourner.
-Sûrement pas. -Qu'est-ce que ça veut dire ?
-À 10 h demain matin,
Miss Jane Gardner aura épousé Mr. Michel Gaucher.
-Ça peut pas attendre la fin du film ?
-Non. -Marcel ?
Prévois 2 remplaçants, demain 10 h.
-Vous excitez pas comme ça, discutons.
-Vous rigolez ?
-Y a sûrement un arrangement possible.
-Non, pas d'arrangement possible -Jane…
-Nous nous marions demain 10 h, un point c'est tout.
-On peut aussi bien se marier demain à 11 h.
-Peut-être à midi, ou jamais !
-Si on est virés, le voyage de noces à Venise, hop !
Ça va se terminer à l'Auberge à Lunéville !
-Et alors ?
(-J'vais essayer de négocier le coup.) (-Ouais.)
-Heureusement qu'Édouard n'ait rien à me refuser.
-Édouard ? -Le Maire du 18e.
Je le connais. Nous étions à la Communale, ensemble.
Je peux lui demander de retarder la cérémonie d'une heure…
-Non !
-Un p'tit Pastis !
Demain soir, les Gaucher offriront le champagne !
-C'est le grand jour demain, hein ?
-La lune de miel est prévue ? -C'est en discussion.
Venise ou Lunéville.
Elle t'a envoyé rebondir ?
-Elle est d'accord, à une condition.
Vous devez partir de la maison en costume de mariés.
-Tu me vois arriver sur le tournage en jaquette ?
-En jaquette ? -Ÿ restait plus qu'ça à louer.
Ou un costard d'académicien.
-Ah bon….
-C'est déjà lui ?
-C'est eux.
Hyacinthe part en voyage de noces avec vous ?
-Il oserait pas, quand même.
-Tu n'es pas prête ?
-La mairie est à 5 minutes.
-Mais…
-Quoi ?
-Le chapeau, c'est pas un peu trop ?
Tu veux bien m'aider ?
-Bien sûr, mon p'tit.
On va réparer ça en route.
-Tu ne complimentes pas ma robe ?
-Chouette, chouette. Viens !
-Si tu roulais moins vite, ça serait plus commode.
-Si t'attendais d'être au tournage, ça serait plus pratique.
-Stop ! Stop !
Stop ! -Qu'est-ce qui te prend ?
-Répète un peu.
-Je parlais couture avec Doris.
-Tu as dit le mot "tournage" !
Je ne vais quand même pas travailler aujourd'hui ?
-Ce qui est convenu est convenu.
-Je n'ai rien convenu !
C'est encore toi !
-10h cascade, 11h mariage.
Si de vaines querelles ne nous divisent pas,
demain, vous glisserez en gondole
devant le Palais des Doges.
-Quel salaud ! Donnez-moi un marteau…
-Mme Gaucher a raison.
-Mme Gaucher ? Quelle blague !
Pas encore ! Et du train ou ça va,
peut-être jamais !
-Vieille saloperie,
c'est au rebut que tu devrais être.
-Pourquoi pas au Cimetière des Chiens…
-Tu l'as eu celle-là.
-Vous faites bien la paire tous les deux.
Avoue que tu étais d'accord avec lui, salopard !
-"Regrets”" 52, 1re.
-Partez !
Coupez !
C'est pas vrai…
-D'où sortez-vous ?
On tourne Regrets éternels,
pas Le père de la mariée !
-Dommage.
-Allez vous changer. Juste le haut.
-"Regrets" 52, 22e.
-Partez.
-Quelle heure est-il ?
-On est dans les temps.
-On est prêts !
-Pas nous. Restez là !
-Dans 10 minutes, on fout le camp !
Je les aurai prévenus.
-"Regrets" 52, 23e.
-Partez !
-"Regrets" 52, 25e.
-Partez !
Parfait, coupez ! La suite.
*-Les doublures, en place !
-C'est à nous.
J'ai dit 10h30, j'ai tenu parole.
-Si ce n'est pas trop te demander,
réussis-la du 1er coup. OK ?
-C'est même pas une cascade.
J'ai l'impression de voler le pognon.
Mobiliser un type de ma classe pour ça…
-Mike ?
-Mike ? Tu m'entends ?
-5 sur 5.
*-Tu viens le plus près possible de la caméra.
-Enfantin.
-Moteur.
-"Regrets” 53, 1re.
-Mike, vas-y !
-Je t'ai dit tout près de la caméra !
C'est ça, pour toi ?
-Un type de ta classe, hein ?
-Je peux m'arrêter à 1 mm si on m'énerve pas.
Tu me gonfles avec tes conneries.
-Mes conneries ? C'est la meilleure !
Je commence à voir clair.
-Qu'est-ce que tu vois ?
-Que j'allais épouser un débile, un malade !
-Il est encore temps de reprendre votre parole !
Personne vous force à m'épouser, surtout pas moi !
Dommage, on était assortis. Un débile et une emmerdeuse.
-"Regrets" 53, 2e.
-Partez.
Mike, vas-y !
-N'oublie pas, au ras de la caméra,
pas dessus.
-Occupe-toi de ta mitraillette et moi du volant !
-Freine !
-Merde, les freins.
-Attention !
-C'est pas grave…
Question de virage.
-Il faut le faire.
Cet enfant d'salaud d'ringard donne des conseils !
-Retire ce que tu viens de dire.
-Quoi, salaud ?
-Ringard.
Ringard, Michel Gaucher,
Ah….
On aura tout vu.
Ça mérite une paire de baffe !
-Oh...
Oh !
-Ils doivent broyer du noir,
croire que Dieu les a abandonnés.
-Ça serait mal vous connaître.
-Ça va les tourtereaux ?
Je vous présente mon grand ami,
Monsieur le Maire du 18e.
Et que va-t-il faire ?
-Tire toi.
-Hein ?
-Tire-toi, ça va chier.
-Que va faire M. le Maire ?
Vous marier !
M. le Maire, c'est à vous.
-M. Gaucher Michel,
désirez-vous prendre…
-Michel Gaucher, c'est l'autre.
-M. Gaucher Michel,
désirez-vous prendre pour épouse
Mlle Gardner Jane, ici présente ?
-La question ne se pose même pas.
-Si, justement. Veuillez répondre par oui ou par non.
-Oui.
-Mlle Gardner Jane, acceptez-vous
de prendre pour époux M. Gaucher Michel, ici présent ?
-Non.
(-Elle est Américaine, répétez !)
-Mlle Gardner Jane, acceptez-vous de prendre pour époux
M. Gaucher Michel, ici présent ?
-Merde !
-Elle délire.
-Outrage à un officier municipal dans l'exercice de ses fonctions…
Ça va pas en rester là !
J'en connais qu'en ont pris pour 3 mois!
-Attendez monsieur…
On fera un don à la commune !
-3 mois, c'est rien.
J'espère qu'ils te saleront au maximum !
Tu finiras vieille fille dans le Middle Ouest.
Aïe….
Tu sais ce que c'est ?
Tu finiras sans dents, à cause de l'eau calcaire.
Et ta poitrine, dont tu fais tout un pendule.
Elle sera toute plate.
Tu m'écriras des lettres pornos
et je les lirai à Hyacinthe pour le faire marrer.
Moi, pendant ce temps-là, j'aurai épousé
la Reine du Cachemire.
Qu'est-ce que j'ai moi…
J'me sens tout drôlet…
Salope !
-Assassin !
-Docteur ! Elle veut me tuer !
Docteur, elle est folle !
Docteur !
Faites-vite…
Docteur… Mesdames, bougez !
-Mike !
Mike ! Il est fou…
-Et hop !
-Mais t'es en rééducation.
-Pas d'ankylose si on veut refaire du cinoche.
-J'ai peut-être
une meilleure idée… -AÏE !
-Arrête tes conneries… Bon, allez, vas-y.
-Aide-moi. -Ouais, ouais…
Tu mates les bonnes femmes ?
-Une autre façon d'éviter l'ankylose,
celle du cœur.
-Tu serais bien mieux chez toi, enfin…
Je demande à ton docteur ?
-Cet abruti
veut que je reste encore une semaine.
À propos d'abruti, des nouvelles de Mike ?
-Une lettre par jour ! -Ah oui ?
-Il te croit à la maison.
Il ne te manque pas, quand même ?
-Tu plaisantes ? -Salut Doris !
T'as des nouvelles de Jane ?
L'Américaine assez moche qu'était foille de moi.
-Fais comme si tu ne l'avais pas vu.
-Chère Doris,
La petite vieille, c'est ta maman ?
-Salaud !
-Si j'étais redevenu l'homme que j'étais avant,
je sautais le mur et je la violais !
Comme à Carpentras.
-C'est quoi cette histoire ?
-Mon jardin secret…
C'est là-bas que j'ai connu Jane.
Elle habitait au Lion d'or.
J'ai escaladé la façade,
la fenêtre était ouverte, je suis entré…
-Et tu l'as violée ! -3 fois !
Mais les 2 premières fois, je me suis trompé de chambre…
-On rigole, mais…
tu vois pas que je reste infirme. -Ce serait le rêve !
Sans aller jusque-là, une petite invalidité partielle,
dans les 50% avec quelques personnes à charge.
-En dehors de toi ? -Ÿ a 2 classes d'individus,
les épongés, et les épongeurs.
Ceux qui cotisent et ceux qui touchent.
-Salut ! -Salut Mike !
-SALUT MIKE !
-Ça va, Mike ?
-Salut, Camille !
-C'est l'âge d'or, hein ?
Et j'te passe tous les trucs que j'ai refusés :
homme-canon, homme-panthère…
-Et côté cinoche ?
-Rien. Ils tournent plus que des conneries psychologiques,
des histoires d'amour, des drames politiques.
Heureusement qu'on a pris nos distances.
Le tôlier m'a filé sa note.
250 balles.
C'est pas la déroute,
mais si t'étais pris d'un petit besoin pressant…
Musique espiègle
-Bonjour, messieurs !
Bonjour mon p'tit ange ! -Bonjour.
-J'peux donner un coup d'téléphone ? -Vas-y.
-C'est qui, lui ?
-Michel Gaucher, un cascadeur. -Et alors ?
-De la blanquette ? -Non, merci.
-Vraiment pas ? -Elle est bonne mais non, merci.
Bon, voilà…
-AIlô ?
Pourrais-je parler à Michel Gaucher ?
-Michel Gaucher ?
Il est aux toilettes.
*Mais y a l'autre, impresario.
-Passez-le moi.
-Hyacinthe, c'est pour vous.
Production de cinématographe.
-Quoi, encore ?
*-Pardon pour le dérangement.
-Soyez bref.
-Nous aurions aimé, si par chance,
M. Michel Gaucher était libre,
lui proposer un contrat de 3 semaines
au Nouveau Mexique.
*Un contrat de 20000 dollars.
-Combien ? -20000 dollars.
*-50000 deutsche Marks.
Ou s'il préfère, du franc suisse ?
*M. Paramount en personne
lui transmet son amitié.
Je compte sur vous ?
Merci beaucoup.
-Il est gonflé,
le coup du contrat à 20000 dollars pour une ardoise de 250 francs.
Ils doivent être raides comme des piquets.
Musique espiègle
T'as le souffle court, toi. -Penses-tu.
-Y a un producteur qui a téléphoné pour toi.
-20000 dollars ça t'intéresse ?
-Tu lui as pas dit oui, j'espère ?
Non, c'est 50000 pour lui,
on appelle pas aux heures de repas !
-Eh beh…
-Messieurs, bonjour.
-Salut.
-J'ai une affaire pour vous.
-Les affaires, on ne sait plus ou les mettre.
Annonce toujours.
-Je dois me faire remplacer au supermarché.
Une voltige.
Si Mike est pas trop déglingué…
-Il est mieux qu'avant, complètement retapé !
-Mais je ne fais plus n'importe quoi, je sélectionne.
-Ah bon ?
-Te vexe pas, Santos.
Parfois tu fais dans l'alimentaire.
-Bah, tiens… -Avec la côte que j'ai au cinoche,
j'peux pas me permettre.
Je regrette.
-Bon…
Eh bien, salut.
-Salut ! -Salut.
Pourquoi tu refuses du boulot ?
-Avec un contrat de 50000 dollars,
je vais pas aller faire le gus au supermarché !
-Réveille-toi, Mike !
Oh petit ! -T'as raison…
Santos !
-Panzani !
Tambours
-Aujourd'hui, grande vente réclame
des pâtes Panzani !
Notre gorille les adore,
il aime les pâtes Panzani !
Moi aussi, mais…
Pour le prix de 1 kilo,
vous emportez
2 kilos chez vous.
Que la vente commence !
-Vous êtes génial, je vous jure !
À côté de M. Santos, que je prenais pour un crack,
ouah !
-On tire pas dans la même catégorie.
Je me suis à peine chauffé.
Je suis pas entraîné.
Ça vous arrive d'aller au cinéma ?
-Quand on m'invite.
-Vous avez vu La savane en feu ? -Ouais !
C'est moi qui sautais du haut du "boabab".
-Ouais,
un bon de 15 mètres. -Arrête…
-Vous voulez revoir ça ?
-Oh, ouais !
-Je vais le refaire pour vous. Bougez pas.
-C'est chouette.
-C'est pas le moment, le singe !
-Tu m'oublies, mon grand.
Comme dans La savane en feu !
Regardez bien !
-Merde, mon stand…
-Ah…
J'ai compris, je passe à la caisse.
-Certainement pas.
Le tribunal appréciera.
Mais qui êtes-vous ?
-Vous n'avez pas vu La savane en feu ?
-C'est lui qui saute du baobab.
-Allez, ça va.
-Mme Mauffrois, de la Sécurité sociale.
-M. Barre, agent payeur. -Bonjour.
-Je voudrais voir Michel Gaucher. -Entrez, entrez.
Je vais le prévenir.
Je vais aller chercher M. Gaucher.
Mike, lève-toi, y a les gens de la Sécu !
Arrêtez les gosses !
Allez prévenir Mike au supermarché !
Y a les mecs de la Sécu, l'agent payeur !
Faut une femme enceinte !
Courez, cavalez, vite !
Il arrive dans une seconde…
Il s'habille….
-Bonjour.
-Les enfants, la maman.
-Messieurs-dames, bonjour.
-Il me semble que l'état
de votre mari… -Hélas !
-C'est une solution douloureuse, mais je me demande
s'il ne faudrait pas le faire hospitaliser.
-Pitié, madame de la Sécurité sociale.
Ne m'enlevez pas mon enfant,
mon chérubin.
Je vous en prie.
-Vous semblez avoir plus d'enfants que la dernière fois.
Combien en avez-vous ?
-Bah… 7.
Ah, non. 8.
Ah, non, non, non.
C'est bien 7.
Y en aura bientôt un de plus !
-Ça lui fait plaisir.
-Y a que ça qui le fait rigoler !
-Pour la pension,
j'ai signalé que le malade était intransportable.
Au revoir, madame.
-Des tulipes !
Et voilà.
-Voilà…
-T'es sortie de l'hôpital ?
Comment ça va ?
-Je n'avais pas à me plaindre, jusqu'à maintenant.
-Toujours aimable.
C'est ta copine que je suis venu voir.
-Fous le camp !
Musique romantique
-Pourquoi t'allumes ?
-C'est pas bon le noir, pour c'que t'as.
Tu évoques, tu cafardes.
J'cafarde pas, j'mélancolie. -C'est pareil.
-Non. C'est la même différence qu'entre l'ivresse et la cuite.
-C'est pas les voyous de la Sécu ?
-Avec un mandat ? On touche sur un chagrin d'amour ?
-Arrête tes conneries.
-Salut Santos !
-Salut Hyacinthe.
Salut Mike. -Salut Santos.
Tu sors ton fauve ?
J'ai un service à te demander.
J'ai un gala en province avec les 3 Duval.
Du vrai trapèze.
Je dois me barrer immédiatement.
Tu peux me remplacer au supermarché ?
-T'as eu des échos sur la dernière fois ?
-C'est toi qu'on a foutu à la porte,
pas le singe.
*-Mesdames, ne quittez pas, votre magasin vous donne rendez-vous
au podium Panzani où a lieu une vente exceptionnelle.
*-Mes amis, bonjour !
Dans la grande semaine commerciale Panzani,
des pâtes oui, mais des Panzani !
Tambours
-Et voilà.
Notre super gorille aime les pâtes Panzani.
Les pâtes Panzani, c'est la vie.
Cette semaine, super réclame…
de pâtes.
Pour 1 kilo, vous emportez 2 kilos !
2 kilos de pâtes Panzani.
Les pâtes Panzani, c'est la vie.
Vive les pâtes Panzani !
Il aime les pâtes, il le mange…
Très bien.
Les pâtes Panzani, c'est la vie.
Pour 1 kilo, vous emportez 2 kilos.
-Jane…
Jane !
Jane…
Jane.
Salut.
-Salut Mike.
-Bonjour.
-Un p'tit Pastis.
*-Ici Roissy, Concorde vient de se poser
nous attendons l'évènement important dans le monde du cinéma :
l'arrivée à Paris de Bruno Ferrari.
Vous le connaissez toutes, spécialement toutes.
L'irrésistible Sheik Noir, l'Aigle blanc
et aussi le fils de Patton dans La dernière attaque
*-Go !
*-Ca été un prodigieux Napoléon, vous vous en souvenez.
Tous ces noms, qui évoquent pour vous,
téléspectatrices spécialement, un homme qui arrive
par Concorde et qui est Bruno Ferrari.
Toujours le sourire aux lèvres.
Bonjour Bruno Ferrari.
Content de retrouver vos admiratrices ?
*-Oui, et content de retrouver Paris.
*-À Paris, un nouveau film, le titre ?
*-Oui, un film d'aventure, dur,
L'espion couvert de femmes.
*-Ce sera un film d'action, de danger, de cascades ?
*-Oui, j'aime le risque.
*-Vous allez les courir ces dangers ?
Certains disent que vous n'êtes pas toujours
l'homme des cascades que l'on vous prête.
*-Je ne répondrai que par le mépris, regardez-moi.
J'ai une tête à me faire doubler ?
-Met la 2, y a du foot.
-NON...
*-Quelles seront les cascades ?
*-Y en a beaucoup.
Je vais aller sur un avion, plonger dans l'air…
*-Sur un avion ?
*-Je vais faire une chute d'escalier immense,
je vais débouler moi-même…
Tout moi-même, voilà.
*-S'il vous plaît… *-Y en a qui pincent,
c'est désagréable.
-Madame Camille, si on mettait le foot.
-Ah oui…
-Touche pas à ça, Camille.
*-Vous aimez le danger ? *-Oui, oui.
*-Debout sur un avion ? *-Oui, debout.
-OH NON !
*-Là-haut, les samouraïs.
Placez-vous ! En place.
Aussi Mlle Priscilla Lobo.
Très bien.
Voilà.
Où est Bruno Ferrari ? -Dans sa caravane.
*-Cherche-le !
Vite, assistante !
Bruno Ferrari, à toi !
Tu vois, tout est simple.
Tu vois l'échelle ? -Oui.
*-À "Partez", tu montes. -Jusqu'où ?
-Si tu me dis jusqu'en haut, je vais jusqu'en haut.
Si tu me dis au milieu, je vais au milieu,
si tu me dis "Saute", je saute.
-Je ne veux pas d'accident !
-Oh, écoute. -Il est charmant.
*-Merci, Bruno. Jusqu'en haut.
-Il peut le faire !
*-Ne merdez pas, les enfants !
Bruno, monte là-dessus.
Vous êtes prêts, là-haut ?
Mettez votre masque.
Très bien !
Attention, moteur. Partez !
Musique asiatique
Bruno, t'es prêt ? Vas-y !
Vas-y, vas-y...
-Décrochez-moi !
*-Coupez !
Arrêtez, là-haut !
Aidez-le à descendre.
-Vite !
Ils ont fait exprès pour toucher l'assurance.
Vous n'avez pas honte ? L'échelle est même pas fixée !
-Je te préviens,
il y a des acrobaties dans ce film.
Tu comptes le tourner avec un type qui a le vertige ?
Ce sera lui ou moi, Sergio Campanez !
-Gros bouffeur de spaghetti.
Tes 3 derniers films ont été de telles merdes
que même les patronages
ont refusé de les programmer gratuitement.
Tu oses te comparer à ce type, dont 400 millions de spectatrices
prononcent le nom la nuit ?
Tu vas lui trouver une doublure immédiatement !
Pour toutes les cascades !
Dans ce film, il n'y a que des cascades…
Remettez celle d'avant.
C'est ça !
-Alors ?
-Bruno Ferrari.
Le Rudolph Valentino de l'Ère Atomique !
-Non ! Lui, c'est Bruno Ferrari.
Lui, c'est Michel Gaucher, cascadeur.
-Je le connais…
Vous comptez l'engager ? -Oui.
-Alors j'arrête le film. Combien ça me coûterait d'arrêter tout ?
-2,6 millions.
-Sacré Mike. Je le revois, oui.
Tête brûlée, mais bon cœur.
Je comprends pas votre différend.
-C'est vous qu'avez eu un différend avec lui…
-Faites vos excuses !
Aplatissez-vous, une sole.
Je le veux ici demain matin.
-Que prenez-vous ?
-Un plat du jour. -Deux.
-Et pour commencer ? -Si, moi je.…
-Non, rien. -Un petit…
-Rien.
J'ai peut-être quelque chose dans 15 jours.
À la Foire aux haricots, une cascade de voiture…
-La Foire aux haricots…
-J'fais c'que j'peux….
-De mieux en mieux.
-M. Michel Gaucher au téléphone.
-De la part de qui ? -Cinéma.
-C'est moi qui gère ses intérêts.
Allô ?
-M. Hyacinthe ?
*-Qu'est-ce qui t'arrive ?
-On a peut-être un boulot pour Gaucher.
*Il est rétabli ?
-Evidemment, mais si c'est pour me faire
une proposition de l'autre jour, non merci.
*-Ecoutez… -J'écouterai rien du tout.
Vous voulez le grand Mike Gaucher ?
Si oui, voici les conditions.
500000 balles par jour, une caravane chauffée, une habilleuse.
*-C'est tout ? -Non !
Son nom au générique. Carton seul.
-Et puis quoi, encore ?
-Un chauffeur, un coiffeur et une masseuse asiatique.
À prendre ou à laisser, ciao !
-Oublie pas les boissons chaudes !
-C'était pas toi ? -Non…
-AIlô ?
-M. Fechner ?
-Oui, quoi ?
-Ils sont fous. -Qui ?
-Gaucher et son impressario.
IIs veulent 500000 balles par jour,
une caravane chauffée, une habilleuse, un coiffeur,
un chauffeur, une masseuse et des boissons chaudes !
Je leur ai raccroché au nez.
-Vous avez déjà vu le long cortège des clochards
aux soupes populaires mon petit Stanislas ?
C'est là que vous finirez,
si vous ne rattrapez pas ce garçon !
Je veux qu'il soit traité comme un général ougandais.
Musique joviale
-M. GAUCHER ?
-Pardon.
-Merci.
Entrez, je vais vous le chercher.
Entrez.
Asseyez-vous.
Une petite seconde,
asseyez-vous.
Excusez-moi, il faut que je l'habille.
Il est un peu sourdingue.
Allez prévenir Mike !
-MIKE !
-Grouille !
-Bonjour, messieurs.
Je suis Mme Gaucher.
Mon mari arrive. -Bonjour monsieur !
-Nos enfants.
-Mon pauvre mari… -Laissez passer l'infirme !
Laissez passer l'infirme…
-Mais il est complètement foutu !
-Complètement, docteur. Il est naze !
-Nous sommes des criminels…
Oser proposer des cascades
à ce pauvre type.
-Des cascades ?
Qui a proposé des cascades ?
-Sergio Campanez,
Fechner, moi.
J'ai téléphoné ce matin, je suis le directeur de production.
-C'est vous qu'avez appelé ? -Oui.
-Oh.…. -Mais fallait le dire tout de suite !
Je suis en pleine forme.
Un petit saut de l'ange ? Un saut en arrière ?
J'pète la santé !
Regardez, vous vous rappelez ?
Et hop !
Hop-là ! Hop !
Hop, hop-là !
Et je reviens, hop-là !
Il est charmant… Pardon…
Et hop-là, et voilà !
-Vous m'avez fait peur !
-C'est de la mécanique d'avant-guerre,
une révision tous les 100 ans et ça repart !
-Parfait. Vous êtes en studio demain.
La production est d'accord sur tout.
Chauffeur, coiffeur, masseuse…
-Eh ! Et les boissons chaudes !
-J'ai dit "tout" !
-Vous foutez quoi, vous ?
-J'attends la suite du spectacle.
-Qui êtes-vous ?
-Le médecin inspecteur de la Sécurité sociale.
-Allez, vous partez ! Ça suffit !
-Arrête tes conneries… -Vous aggravez votre cas.
-C'est ça, on aggrave notre cas !
Musique joviale
-C'est formidable, il a retrouvé la pêche
-Vous attendez quoi pour embarquer ce dingue ?
-Vos papiers, vous !
-Salut Camille.
-Pastis ? -Non, un Vichy fraise.
-Ca repart bien, pour toi !
-T'avais des craintes ?
-Pas pour l'ardoise !
-AIlô, Jane ? C'est moi.
Moi, Mike !
Bon… ll faudrait que je te voie parce que…
-Mauvaise nouvelle ?
-Les femmes n'ont pas le sens des grandes destinées.
C'est aujourd'hui qu'il faut me mettre le grappin dessus,
après, je serai inaccessible.
Donne-moi plutôt un petit 51.
Ça fait du bien de se retrouver ici.
-Salut Mike ! -Salut Paulette !
-Pour le contrat, tu la boucles.
J'ai demandé la lune, et je la veux pour une fois.
-Attendez un instant.
Bruno, j'aimerais te présenter ta doublure.
Si je te dérange, je… -Pas du tout,
j'appartiens au film 24h/24.
-Je sais, tu es un exemple.
Peux-tu jeter un petit coup d'œil ?
-Je ne vois rien.
-Envoyer de la lumière !
-C'est lequel des deux ? -C'est lui.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Mon grand, c'est Mike Gaucher.
Le cascadeur. C'est un as.
-Un palmarès unique de référence internationale !
-Mais c'est une horreur !
-Mais on va l'arranger.
-Faut tout refaire !
Y en a pour des mois !
Allons…
Musique joviale
-Je te préviens, tu vas avoir un choc !
-J'adore qu'on me surprenne.
-Assieds-toi.
On t'as bien eu.
Tu as cru te voir dans une glace.
-C'est le même que toute à l'heure ?
Bravo, joli travail.
Il me plaît beaucoup.
Charmant !
-Appelle-moi les cascadeurs.
-Plie tes jambes ! -Mike !
Sergio t'appelles.
-Mike,
ça, c'est une chaise éjectable.
Tu vois là ?
Appuie sur le bouton et la chaise : paf !
La cascadeuse, dans le sable, et on voit tous les nuages.
T'as compris ? -Oui.
-Solange, la cascadeuse.
-Viens, chérie. Voici Mike,
ton partenaire? Vous vous connaissez ?
-Oui…
-Vous croyez que je vais tourner avec ce mec ?
-Oui… -Sûrement pas !
C'est un danger public !
Il m'a envoyée 10 fois à l'hosto.
-3.
-Mes enfants !
Chaque minute coûte une fortune !
Vous vous engueulerez plus tard.
-Il sera trop tard.
-Je veux une prime de risque. -Combien ?
-1000 balles. -500.
-D'accord. -Voilà. Changez-vous.
-Tu fais gaffe, hein.
-Tu me connais… -Ouais.
*-Moteur ! Vas-y, Mike.
Éjection !
-Appuie ! -Attends !
-Appuie pas !
-Trop tard !
-Merde ! Ça recommence !
-Elle est retombée dans l'eau…
-Oh !
Ça va pas, non ?
Eh !
Venez me chercher !
-Bravo, Mike. -C'est toi qui l'a voulu !
-Tu vas voir, maintenant.
-C'est la dernière fois que je travaille avec lui.
-On dirait une serpillère.
Elle aurait dû tomber dans les filets, pas dans la flotte !
Tu l'as fait exprès ?
-C'est une mauvaise ! -C'est toi le mauvais !
-Allons, allons !
Je suppose qu'on est virés.
-Maintenant on a plus de cascadeuse…
On fait quoi, petit malin ?
-Elle était censée doubler qui ?
-Moi !
-Vous avez pris cette raclure ?
-Salaud !
-Je ne vois qu'une personne
qui ait la classe pour la doubler. -Qui ?
-Jane Garner. -Je la connais.
Je l'ai demandée.
Elle a quitté le métier -À cause d'un problème.
-Quand elle entend ma voix, sa tension monte de 3 points.
Elle fera ce que je dirai, où et quand je voudrai.
-Tant mieux, on vous attend.
Allez, les enfants.
-Jane ?
-Jane.
-Eh bah !
-Je te dis qu'elle est pas là !
Elle en a marre de tes messages, tes fleurs,
et tes appels. -Et moi donc !
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je suis venu la sortir de sa médiocrité.
-Ha ! Toi ? -Si je veux !
Je dis bien, si je veux, elle gagnera 20 sacs par jour.
-Pendant combien de jours ? -3 ou 4.
-Et après ?
-Y a que toi qui peux me dire.
-Je vais me faire engueuler !
Si je dis rien, pareil.
Tu la trouveras en te promenant du côté de Pontoise.
Au château de Saint-Prix. Le Comte y donne un dîner.
Pas plus de 100 couverts.
-Elle fait des extras ?
-Oui, des extra.
Musique classique
-Monsieur ? Le parking des livreurs est derrière.
-Je voudrais parler à Jane Garner.
-Une invitée ? -Elle doit tenir le vestiaire.
Allez vous renseigner.
-Vous n'avez rien à faire là.
Dégagez !
Allez !
-C'est quoi cette bestiole ?
C'est collant !
Mais !
Ça suffit !
Lâche-moi !
Tout doux, pas bouger !
C'est inouï !
-M. le Comte est servi.
-Chers amis, à table, si vous le voulez.
Musique classique
-Qu'est-ce qui vous arrive ?
Vous faites bande à part ?
Allez, dépêchez-vous !
Eh bien ? Allez-y !
-Casse-toi !
(Jane, c'est moi !)
-Bonsoir, mon ami.
(-Moi, Mike !)
(Qu'est-ce que tu fous ici ?)
-Je pourrais te retourner la question.
(-1l faut qu'on parle, c'est sérieux.)
(De gros intérêts sont en jeu.)
(-Tes intérêts ne sont pas les miens.)
Mon assiette est pleine.
(-Tu ne mangeras que ça et des ortolans.)
(Je suis sur un gros coup, tu vas sauter de joie.)
-L'endroit est mal choisi.
Arrête, on se fait remarquer !
(Mike, attends, j'ai trouvé !)
(Dans 1min, je te rejoins au premier)
(-Salle des trophées.) -À vos ordres.
Je vais au ravitaillement.
-Je vous présenterai mes cousins.
Ils font le meilleur foie gras.
-Mais je déteste le foie gras.
Moi, ce que j'aime, c'est les truffes !
On les trouverait sous la terre, mais bizarrement,
je n'en trouve que dans le foie gras.
-Que faites-vous là ?
-Mon travail.
Michel Gaucher, dit Le Furet, SPA.
Ça va faire mal.
-Voulez-vous nous laisser ? -Bien sûr.
-Ta présence ici et dans cette tenue
-Mon costume te plaît pas ? Ta robe est ravissante.
-T'es rayonnante… -Non, je t'en prie, arrête.
Dis-moi ce que tu fais là.
Si je peux t'être utile…
-C'est très drôle.
Qu'est-ce que tu veux faire pour moi ?
Une quête ou tombola ? Non, Jane,
Je te propose la chance de ta vie. Retravailler avec moi.
-Avec toi ? Oh non !
J'ai trop de souvenirs !
-Pareil ! St Tropez, Monté Carlo, Cannes…
-Pour moi, vertèbres fracturées,
bras cassés,
luxation et fracture du crâne !
-Si tu dramatises… Écoute,
La FCF a mis le tapis rouge.
Ils sont à genoux. lls te proposent…
Dis un chiffre, au hasard !
-Je ne suis pas intéressée.
-20000 balles par jour.
-Je ne suis pas intéressée.
-Comment ? 20000 balles ?
Un pliant ? T'est pas intéressée ?
Qu'est-ce qui t'intéresse ?
Après ça, c'est l'Amérique !
-Si ça marche pas, je serai habillée en guenon au supermarché.
-Mon cousin vous réclame, c'est l'heure du toast.
-J'arrive.
Tu iras en Amérique sans moi.
-Sans vanité, je pense avoir ramené de mes 20 ans d'Afrique
la faune la plus belle qui soit.
Mais c'est à Paris
que j'ai été capturé, ensorcelé,
par une ravissante gazelle.
Je propose de lever votre verre
à notre invitée, qui sera bientôt votre hôtesse,
la future comtesse de Saint-Prix !
-Excusez-moi.
-Elle me quitte déjà !
Musique classique
-Pour quand est ce mariage ?
-Cette annonce était ridicule et prématurée.
Ne fais pas cette tête ! Je t'expliquerai.
-Ÿ a rien à expliquer, c'est clair !
Épouse le château !
Préviens-moi de la date du mariage, pour jouer de l'harmonium.
Ou tenir ta traîne. Pas de scandale,
je sais partir.
Musique classique
-C'est lui !
Attrapez-le !
Attrapez-le !
-Qu'est-ce que ça signifie ?
-Mike, par ici !
Arrête, c'est ma faute !
-Quand la fatalité… -Non !
Je promets de travailler avec toi demain.
-Merci. -Ni pour toi, pour moi ou l'argent.
Pour sauver un château de la destruction.
Cache-toi là-dedans.
J'amène un oreiller.
-Prends aussi le tien.
(-Bonne nuit !)
-C'est là que t'arrives ?
-Encore là, celui-là !
-C'est curieux !
-Je voulais pas partir sans te revoir.
Je viens faire mes adieux.
Je retourne au pays. J'ai mon caveau.
-Oui.
Il prend sa retraite en Corrèze.
-Navrée qu'il s'en aille.
-Je vous oublierai pas. Vous me manquerez.
-On s'écrira !
On se reverra à Noël ou Pâques !
(-À ce soir, chez Camille !) (-D'accord.)
La Corrèze en hiver, rude !
Beau, mais rude. Il va souffrir !
-C'est amusant, cette façon de vous foutre de moi.
-Oh !
Chère amie ! Votre place.
Alors là ! J'avoue que je n'y croyais pas !
-Quand je promets, je tiens, c'est tout.
-Tu as promis quoi ?
-Non, rien. -Pas possible !
-C'est le charme !
Je les regarde ! -Comment vous faites ?
-Comme ça.
-C'est malin !
-C'est vous, Jane Garde ? -Moi-même.
Levez-vous.
-Il dit quoi ? -Qu'il y a rien à jeter.
-Il fait l'inventaire ? -Il rigole.
-Pourquoi vous regardez votre montre ?
-Elle tourne, elle !
-Si M. Gaucher est prêt, moi aussi !
Tout le monde en place !
Mike, attention, aujourd'hui. T'as une dame à côté de toi.
Bellissima !
Attention ! Moteur numéro 1 !
-Prête, Jane ? -Bien sûr !
-Vas-y, Mike !
Musique d'action
Action !
-Cramponne-toi !
-Voilà ! Dans le filet.
Formidable !
Ah !
Vous êtes merveilleuse !
Épatante ! Une seule prise ! Ça change !
J'attends le divorce de l'Italie.
On pourrait dîner ensemble ? -Oui, bien sûr.
-Très bien. Je suis tout seul, ici.
Pauvre Italien, perdu dans cette grande ville !
*Et alors ? Ça va, là-haut ?
Ça y est, la toilette ?
Très bien ! Puisque M. Gaucher
nous fait la grâce d'être prêt, M. Ferrari nous fera celle de venir.
Vite !
Ça va ? Asseyez-vous près de moi.
Deux thés, s'il vous plaît !
-Non, je vous en prie. -Ça fait rien.
Bruno ! Ça va, chéri ? Viens?
Je t'explique la scène. C'est formidable,
pendant la cascade,
tu es caché là, derrière,
et l'autre, Mike,
se fait descendre et tombe juste ici.
-C'est Mike qui fait ça ?
L va se faire mal !
-Mais il est là pour te doubler !
Je vais pas prendre de doublure pour lui !
-C'est évident.
-Tu te relèves et donnes ta réplique.
En un seul plan.
Le public n'y verra que de fumée.
*Les samurais, mettez vos masques.
*Bien. T'es prêt, Mike ?
Tout le monde en place.
On demande le moteur.
Ensemble ! Moteur !
Partez !
Musique asiatique
-James ! Ils l'ont tué !
-Non !
Je n'avais pas fumé ma dernière cigarette !
*-Coupez !
Bravo, Bruno ! Bravissimo !
C'était formidable.
-Et moi, ça allait ?
-Non, toi, t'étais un peu mou.
J'ai pas aimé la suite.
N'est-ce pas ? -Oui, je trouve aussi.
-Je vais la refaire.
*-Bien sûr. Monte l'escalier.
Il arrive, le thé ?
Tu es prêt là-haut ? Attention, Mike !
Attention hein !
Bien.
Moteur ! Vas-y Mike !
-James ! Ils l'ont tué !
-Non !
Je dis quoi, déjà ?
*-Coupez ! Ça fait rien, Bruno.
-Désolé, j'ai eu un trou.
*-Ça fait rien, chéri.
C'est rien, on la refait encore une fois.
Vas-y Mike, vite, monte l'escalier.
-Excuse-moi.
Tu sais, à force de…
*-Ne t'inquiète pas.
Prêts, là-haut ? Attention, je demande le moteur.
Du sucre ? -Oui, un peu.
Tenez.
-Oui ?
*-Très bien, attention,
moteur !
Vas-y Mike !
-James ! Ils l'ont tué !
-Non, je n'avais pas allumé…
*-Coupez !
Mais, Bruno, tu as pas attendu Mike !
Enfin, c'est pas ta faute. -Excuse-moi.
*Tu descends très mollement !
Il faut la refaire.
-Je ne voudrais pas critiquer, mais,
je ne trouve pas que M. Gaucher soit en forme.
-Alors, M. Gaucher, s'il vous plaît, du punch !
*Prêts, là-haut ?
Je demande le moteur.
Moteur !
U u N
-James ! Ils l'ont tué !
-Non !
*-Coupez !
Accessoiriste ! C'est quoi ?
-Le briquet ! *-Le briquet ! Enfin !
J'en veux un qui fonctionne ! -C'était le cas !
C'était tout à l'heure ! C'est maintenant qu'il doit marcher.
Alors ? Ah, voilà !
Excusez-le.
-Pour me faire pardonner, un dîner aux chandelles ?
-Je crois que ce soir, je suis pas en état.
-Dommage.
*-On perd notre temps, quand même !
Prêt, là-haut ?
Partez !
-James ! Ils l'ont tué !
-Sergio !
T'as pas demandé le moteur ! *-Pardon, Bruno !
Mais ça arrive aux plus grands !
Excusez-moi. Mike, on la refait.
Monte. Prends ta place, et ne discute pas.
Allez, vite, prends ta place !
Ne me regarde pas comme ça, fais ton boulot.
Allez ! Vite ! Monte !
Un peu de punch ! Du punch !
On est en retard !
Oh là… Oh.….
On a d'autres choses à tourner !
Ça coûte cher, quand même ! Vas-y !
Dépêche-toi ! Tu veux jouer la vedette ?
-Ça va être la bonne.
-T'es pas Tarzan !
-Pas la peine de refaire la descente. Les deux premières sont bonnes.
-Tu crois ?
Et pour la réplique de Bruno ?
-On prendra la deuxième. Il parle faux comme une vache.
-T'as raison.
*Allez, on arrête tout.
On change de plateau, on a d'autres choses à faire.
Bruno, fais-toi démagquiller, mon chat.
Allez, les enfants, bougez-vous.
Jane, ce soir,
j'aimerais vous inviter à dîner.
-Peut-être. Mais excusez-moi une seconde.
-Oui, ce soir, hein ?
-Mike ?
Oh.….
Musique romantique
Mike ?
Tu vas bien ?
Que fais-tu là ?
-J'avais pas fumé ma dernière cigarette.
-Tu as mal ? -Un peu.
Un peu partout, oui. -Attends, attends.
-Aïe !
Aïe !
-Alors, ça va mieux ?
-Tu vas vraiment te marier ?
-Je ne sais pas.
Peut-être ! Y a qu'avec toi qu'il vaut mieux pas se marier.
-Tu vas pas me reprocher ça.
-Tu voulais qu'on parle mariage.
-Je parle de l'autre.
Tu veux mon avis sur le comte ?
Il est très fin de race.
Vos enfants auront une tête en supplément.
-Comment ça ?
-Ils auront deux têtes.
Deux têtes affreuses.
-Deux têtes ? -Affreuses comme leurs parents.
-Oh, Mike !
Musique romantique
Oh, pardon, pardon !
Oh !
Espèce de salaud ! Tu m'as encore eue !
-Mais, Jane !
-À la flotte ! Compte plus sur moi !
-Jane !
Je suis pas rancunier,
je t'invite à une graille chez Lulu.
-Salue-la pour moi, si tu veux.
Ce soir, pas de graille. Je dîne.
Je dîne en ville avec Sergio. Et pas chez Lulu.
Au Lido ! Alors va-t'en, tu veux ?
-Au Lido ?
Musique jazz
-Et, naturellement, du champagne !
Des flots de champagne !
Ma chère enfant, votre compagnie me réjouit.
Je me sens perdu dans Paris.
Pauvre Italien, tout seul.
-La journée, y a du monde autour de vous.
-Et les soirées, hein ?
Si vous saviez comme elles sont longues !
-Sans parler des nuits.
-Oh oui, les nuits aussi !
-Et le petit déjeuner tout seul.
-Comment avez-vous su ? Oh, hier, quand je vous ai vue,
je n'avais jamais osé espérer, pauvre Îtalien que je suis…
S'il vous plaît, le champagne, ça vient ?
-Vous ne m'aviez pas dit que vous attendiez Bruno.
-On fait la bringue en catimini ?
On se dévergonde en tapinois ?
-Bonsoir, Bruno. -Bonsoir, divine !
Alors, on s'encanaille ?
-Tu es toujours le bienvenu.
-Je sais.
-Bruno, voyons, tu me fais mal !
-Oh, mais je voulais pas !
-Un vrai Hercule ! Vous avez des muscles d'acier !
Votre regard est terrible.
-Regard d'acier dans un œil de velours.
Je fais ce que je veux de mon corps.
-Moi aussi.
-Je suis de trop ?
-NON ! -Mais non, voyons !
"Joyeux anniversaire” version jazz
-Qu'est-ce que c'est ?
-Je crois que c'est un gâteau d'anniversaire.
-L'anniversaire de qui ?
-Quelle attention charmante, je m'y attendais pas !
Vous êtes trop gentil !
-Embrassons-nous, comme deux copines.
-Soyons un peu sérieux.
Je vais faire un vœu.
Oh.….
Voulez-vous m'aider ?
-Ça alors !
Ça alors, non !
Où sont les toilettes ?
Excusez-moi.
Les toilettes ?
Où sont les toilettes ?
-Dites-moi, le téléphone ?
Excusez-moi.
Musique jazz
*-AIlô, Bruno ?
-Qui est à l'appareil ? *-C'est Mike.
-Que fais-tu ? Où es-tu ?
*-Au Lido. Je t'attends.
-Enfin, tu sais l'heure, mon grand ?
-Mets ton costume de tournage n°5, le vert avec la chemise rose.
Tu me plais dedans, mon grand.
Magne-toi, hein.
-Philémon !
Mon costume vert amande et ma chemise rose.
-Vous saviez pour mon anniversaire ?
-Question d'intuition.
Parlez-moi de vous.
-Oh, je suis une femme solitaire.
-Amoureuse ?
-Je l'ai été.
Si je dis de qui, vous ne me croirez pas.
Mike.
-Je comprends. -Dommage, il est trop primaire.
-Oh non, sous des allures rugueuses c'est un garçon fin et intelligent.
-Nous ne parlons pas du même.
-Si je vous enlevais, belle amazone ?
J'ai une voiture.
-Génial !
-Partons !
À la maison !
Allez, allons-y !
-Merci.
Je dis ça pour mon costume.
À Sergio, le metteur en scène !
Hein ? Merci ! Bruno, et autre chose,
Qu'est-ce que tu vas foutre d'une femme ?
Toi ? Qu'est-ce que tu vas foutre ? Laisse-moi !
-Oh, ce que c'est raffiné !
Quel goût admirable ! C'est la perfection.
Votre chambre doit être féerique.
-Où est-elle ?
-Qui ?
-La piaule.
-Tu ne sais plus ? -Allez-vous me montrer
votre chambre et le divan ?
-Si tu me guides pas, je te casse la tête.
Musique au violon
-C'est… C'est à la fois sobre et raffiné.
-Monsieur n'a besoin de rien? -Non, casse-toi.
-Ouh !
C'est vraiment merveilleux !
Auriez-vous juste une larme de champagne ?
-Champagne ? -Oui.
-Dis donc, où est le champagne ?
-Bah, comme d'habitude !
-Champagne !
Vous en voulez absolument ?
-Ça pose un problème ?
-Mais non, voyons !
Musique hawaïenne
Nous avons dit, du champagne !
Oh !
-Quoi donc ?
-C'est à vous, tout ça ?
-Je mets ça le matin, pour mes courses.
-Vraiment très pratique.
-Et pas commun.
-Je peux essayer ?
-Tout ce que vous voulez.
Du champagne ! J'ai trouvé le champagne !
-Une seconde !
-On vous a défénestré ?
-Chérie, dépêche-toi !
-J'arrive !
Toi !
Hmm !
Tu as décidé de me rendre folle !
-Sois sage, Bruno ! Ne bouge pas !
Musique de corrida
Gentil ! On ne bouge pas !
-Vous allez au bois de Boulogne ?
-À Montmartre ! -Chez Michou ?
-Mais non, chez moi !
-Oh, non, non, non, cruel !
Tu ne m'auras pas comme ça !
-Oh ! -Je t'en prie, ça suffit !
Je sais à quoi m'en tenir. Eniève la perruque,
et arrête ton numéro.
-Marcel, Philémon, au secours !
-Je t'en prie, arrête, ça a assez duré.
-Ne me touchez pas ! -Écoute, ça suffit.
-Vous nous avez appelés ?
-Oui, enlevez-moi cette créature !
Aïe ! Oh ! Mais !
-Bruno ? -Oui !
-Oh, excusez-moi !
-Vous allez à Montmartre ?
-Comment le savez-vous ?
-YŸ a des nuits comme ça.
-Mesdames et messieurs,
la vedette de notre film, que nous aimons,
le grand Bruno Ferrari,
exécutera une cascade unique dans l'histoire du cinéma.
Suspendu à un fil sous un hélicoptère,
il se posera sur un avion en feu
piloté par cette autre grande vedette, Priscilla Gomez !
-Gare-toi là, passe par derrière.
-Pourquoi ?
-Les journalistes doivent pas te voir.
-Mesdames et Messieurs, laissez M. Ferrari se concentrer.
Nous allons vivre un instant historique.
Suivez-moi !
-Ca va ? -Ça va, oui.
Pleine forme. -C'était bien avec l'italien ?
Il t'a emmenée dans une pizza ?
-T'es un très mauvais acteur.
-Pourquoi tu dis ça ?
-Je t'en prie, je savais que c'était toi.
-Sergio y a vu que du feu.
-Il te connaît à peine, j'ai vécu avec toi.
Même si tu as bien failli m'avoir.
-Quand on a dansé ?
-Non, là, aucun progrès.
Au lit, tu m'as épatée.
-Quoi ?
-Hmm hmm.
-Je me regroupe.
-Jamais nous n'avions passé une aussi fabuleuse nuit.
Tu es devenu un champion.
Je te reconnaissais pas.
Quelle imagination !
-Ça va, j'ai compris.
-Allez, sortez !
Dehors ! -Faites ce qu'il dit, sortez !
Allez !
Nous sommes très, très fâchés.
-Faux pédé !
Tu marches à tout !
-Oh !
-Alors-là, mon petit gars !
-Non, non !
-Ça suffit, Mike, c'est moi la coupable !
-Elle a raconté quoi ?
-Vous avez passé la nuit ensemble.
-Moi ? Avec ça ? Oh !
Elle chatonne.
Non, non ! Ne me touchez pas !
Ah, ça suffit !
-Je comprends plus rien.
-Tu vois ?
-Mais alors ? Qu'est-ce que vous faites ?
Ni habillés ni coiffés ! On tourne dans 10 min !
Changez-vous !
Ras-le-bol de ces histoires de fesse !
-Ah !
Je sais tout, cachottière !
On fait de l'acrobatie ? J'adore !
On ne va pas s'ennuyer !
-"On" ?
-Je vous épouse cet après-midi.
Je vous emmène.
-Je n'ai pas dit oui ! -Ah !
On me résiste pas, ni les animaux, ni les femmes.
Voilà votre robe !
Qu'en dites-vous, hein ?
Alors ?
-Des diamants ? -10000. Vous serez splendide.
-Oh oui. -Mettez-la devant vous.
Voilà. -Oh, vraiment ?
Oh !
-Une cérémonie merveilleuse.
-Qu'elle est belle !
Presque irrésistible !
-Oui. Qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce qu'elle a ? -Oh!
-Ne vous en faites pas, mon amour. J'en ai une autre au château.
À tout de suite.
À plus tard, à toujours.
-Tiens, ta vedette, elle a toujours le trac !
-Tais-toi, imbécile, y a du monde !
-À toi, Mike.
-Allez, assistant la radio !
Merci. Demande le moteur.
Vas-y, Mike !
-Bruno, connard. -Vas-y, Bruno connard.
-Imbécile ! Bruno Ferrari !
-Ah. Bruno Ferrari.
-Qu'est-ce qu'il fait ? Mais il est fou !
-Vas-y, vas-y !
*-Playback ! La chanson.
-Je m'envole dans le ciel
Avec le cœur brisé
Je m'enflamme sur une aile
Dans les nuages bleutés
Viens, je t'emmènerai
Vers l'infini
Viens mon amour
Là-bas nos cœurs seront unis
Très loin d'ici
-Allez, Bruno, faut changer maintenant.
-Ah !
Musique romantique
-Les jumelles !
-Accroche-toi !
Oh ! Mike, attention !
-C'était pas dans le scénario !
-Improvisation à l'italienne. -Et finances françaises !
-Bravo ! Tu as pas oublié notre vieux numéro !
-C'est toi qui avais le parachute.
-Tu avais confiance en moi.
-Plus maintenant !
-Attends, on a tout le temps ! On est pas pressés !
Ton futur mari peut attendre.
-Oh ! Non !
Arrête ! Non !
-Hier soir tu disais oui.
Si l'autre imbécile était pas arrivé…
-Aujourd'hui, c'est non !
-Moi, c'est oui.
Oui, parfaitement !
-C'était pas prévu ! -Ça non !
-Non !
-Nom de dieu ! Ils vont s'apercevoir que c'est pas lui !
-Laisse-moi !
Salaud !
-Mais c'est un cascadeur !
-C'est une idée à toi, ça. Connard, va !
-Ca se termine encore en catastrophe !
-Tu préfères épouser un châtelain ?
-Je crois que je vais l'épouser !
-Je t'en empêcherai ! -Arrête maintenant !
-Jane !
Jane !
Marche nuptiale à l'orgue
-Vous voyez, tout se passe bien.
-C'est ce qui me fait peur, justement.
-C'est drôle ! J'adore !
Musique de jungle
-Oui, t'es belle, oui !
Là, c'est bien !
Allez, viens, Jane se marie.
Lâche-moi ! On y va !
-Les époux assurent la direction morale et matérielle de la famille,
pourvoient à l'éducation des enfants pour leur avenir.
La femme
peut exercer une profession sans le consentement du mari.
Obligé seul ses biens en pleine propriété.
Monsieur
le comte de Saint-Prix
acceptez-vous de prendre pour épouse
mademoiselle Jane Garner ici présente ?
-Oui. -Mademoiselle Jane Garner,
acceptez-vous de prendre pour époux le comte de Saint-Prix ?
Mademoiselle Jane Garner,
acceptez-vous de prendre pour époux
monsieur le comte de Saint-Prix ?
-Non.
-Hein ?
Ne vous affolez pas !
Allez, fous-moi le camp !
Monsieur le Maire… -Non !
Musique romantique
-Où tu m'emmènes ? -À la mairie du 18ème.
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