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LE MANOIR DE LA FOLIE MCMLXXIII
Il existe encore un plaisir à la portée de la mortalité déclinante
qui dépasse même ce que la musique est au sentiment de solitude.
Le bonheur d'expérimenter la contemplation d'un décor naturel.
En vérité, l'homme qui se réserve le droit de la gloire divine
sur terre doit dans la solitude se réserver cette gloire.
J'aime en effet regarder les vallées sombres, la pierre grise,
les eaux qui silencieusement sourient, les forêts qui soupirent
dans une inquiète somnolence. Les fières et vigilantes montagnes
qui ornent la campagne française.
Si chère à mon coeur car je suis né là-bas.
Je l'ai quitté très tôt quand mon tuteur m'a emmené
en Amérique du Nord après la mort étrange de mes parents.
Je n'ai jamais vraiment su ce qui leur était advenu.
J'ai l'impression que la famille de ma mère a accusé mon père de sa mort
et il fut ainsi enfermé dans un asile de fous.
J'appris bien plus tard qu'il mourut là-bas !
Mais ceci est une autre histoire.
Même si je ne fus pas encouragé à retourner sur le continent,
je n'ai jamais perdu le désir inhérent de revoir mon pays natal.
Après avoir terminé ma formation journalistique,
j'ai rencontré un éditeur et l'ai persuadé
de m'envoyer en France afin d'écrire un article sur un sanatorium
célèbre pour ses nouvelles méthodes de traitement de la folie.
Le reste fut facile. J'ai écrit à Julien Couvier,
un ancien camarade d'école et lui ai demandé de m'accompagner
dans ce qui promettait d'être un voyage intéressant.
Allez.
Henri, imbécile, qu'est-ce qui vous prend ?
Un arbre barre la route, Monsieur.
- Sa force est incroyable ! - Jamais vu quelqu'un de si fort.
Hourra !
Vous avez gagné un baril empli de vin !
Merci, Monsieur.
C'est l'entrée de l'hôpital du Dr Maillard ?
Oui, en effet.
Je voudrais visiter les lieux. Vous vous joignez à moi ?
Je ne crois pas. Les malades mentaux me terrifient !
Pour dire la vérité, je suis surpris
de savoir que vous avez d'étranges penchants.
Ne me jugez pas trop vite.
Mon journal a entendu parler des méthodes du Dr Maillard
et ils m'ont demandé d'écrire un article.
- McIntosh est toujours l'éditeur ? - Oui.
Ce vieux renard !
Vous êtes autorisé à entrer dans le domaine du docteur ?
Non mais je compte sur vous pour me présenter à lui.
Je le ferai avec plaisir. Le Dr Maillard est un ami.
Mais vous devez savoir qu'il refuse tous visiteurs.
Je comprends mais je ne suis pas un visiteur ordinaire.
Je suis un reporter qui cherche des infos pour son journal.
Ok, LeBlanc, vous savez ce que vous faites.
Puis-je savoir ce qui nous retient, Messieurs ?
Rien, en fait.
Ne vous inquiétez pas, nous repartons ?
Dépêchez-vous, Henri.
Allez.
Voici l'entrée du sanatorium.
Je me demande ce qui arrive à Maillard.
Il n'avait pas de gardes. Des gardes armés.
Je m'appelle Julien Couvier, le propriétaire d'à côté.
J'exige de voir le Dr Maillard.
Que décidez-vous ? Pouvons-nous entrer ou non ?
Il est évident qu'il est plus difficile d'entrer ici
que de s'échapper de l'île du Diable !
Mon ami, je vous assure que vous entrerez dans ce donjon.
Baissez votre arme, Timothé.
Bienvenue, Mr Couvier.
Imbéciles ! Laissez donc passer la diligence de Mr Couvier.
J'espère que vous fermerez les yeux yeux sur la rudesse de mes gardes.
Ils ne sont pas habitués aux personnes de votre rang.
Ne vous excusez pas, mon vieux. Pouvons-nous passer ?
Bien sûr. Timothé, accompagne ces messieurs !
C'est bon, je connais le chemin, je suis souvent venu.
Oui mais comprenez que ce sont les ordres du docteur.
Ma tante revient après demain, vous devriez la rencontrer.
J'en serai honoré.
C'est une authentique pièce de musée
digne de l'écrivain journaliste que vous êtes !
J'ai l'impression que votre cousine est malade.
- Ses nerfs, c'est tout. - Son teint m'inquiète !
Laissons-la se reposer, tout ira bien !
Bon sang, Julien.
Vade retro, Satanas. Lucifer, vade retro.
Astharoth, Asmodée, vade retro ! Baphomet, Belphegor, vade retro !
- Que hurlait-il ? - Les noms du Diable...
Attendez.
Julien, je t'en prie. Emmène-moi loin d'ici.
Je t'en prie, Julien.
Mon ami, veuillez m'excuser.
Dans ces circonstances, mon chemin s'arrête ici.
Ma carte vous suffira pour pouvoir être reçu.
Mes salutations au docteur. Bonne chance, Gaston.
Je comprends, ne t'inquiète pas,
je m'en sortirai.
Henri, dépêchez-vous, vite !
Allez.
Bienvenue dans ce château.
Dis au Maréchal que les buzzards sont là.
Je suis le Dr Maillard. Que puis-je pour vous ?
J'ai toujours voulu visiter votre sanatorium.
J'espère que ça ne vous dérange pas !
Les amis de Couvier sont aussi mes amis.
Docteur, c'est un honneur.
Mais j'ai un certain ressentiment à son égard.
Il a toujours refusé de visiter ce hâvre de paix.
- Il est si étourdi. - Oui. Venez avec moi.
Nous cédons à certains petits plaisirs ici, Mr LeBlanc.
- Vraiment ? - Certainement.
Afin d'éclairer notre esprit par la poursuite constante
de nos caprices et de nos envies.
Les délices gourmets, le son esthétique,
même la folie de l'amour devrait être encouragée.
Désolé d'interrompre une si belle musique, Melle !
Peu importe. Je ne jouais pas très bien.
Ma chère. Mr LeBlanc. Il vient visiter notre simple demeure.
Mr LeBlanc, je vous présente ma nièce, Eugenie.
Eugenie a trois incroyables qualités.
Une nature tranquille, un doigté excellent...
et une modestie à toute épreuve !
Et une beauté si fraîche !
Acceptez ma plus honnête admiration !
Ne me flattez pas,
je ne fais qu'aimer la musique. Une simple amatrice.
Briamas, apportez du vin !
Chargez, nigauds, chargez !
Henri, partons.
Crétins, laissez-le, laissez-le.
Bon sang.
- Blanche. - Oh, mon oncle.
Sauve-toi ! Je te protègerai !
Au secours, au secours !
Ce Modet est une bénédiction pour le palais.
Aimez-vous le vin, mon cher LeBlanc ?
Beaucoup. Plus que je ne le devrais.
Un intérêt de plus que nous avons en commun.
- Puis-je me retirer ? - Je vous en prie.
Tu as ma permission.
- Vous êtes comme tous ces jeunes. - Pardon ?
Vous aussi êtes sous le charme de ma nièce.
Comment vous blâmer ? C'est si facile !
Je vais vous montrer ma modeste demeure
que je préside humblement.
Priez, suivez-moi.
Nom de Dieu !
Oh, non.
Non, non !
Arrêtez.
Je vous en prie, non.
Non.
Non.
Ceci fait partie de mon Royaume, Mr LeBlanc.
Un paradis où tout le monde est employé dans son art.
Ici, nous appliquons avec succès mon apaisant système.
Il permet toutes sortes de manières de créer.
La malades travaillent sans arrêt sur diverses inventions.
Veuillez avancer.
Allez.
Je ne crois pas qu'il va pleuvoir aujourd'hui.
Cette machine est appelée Silts ex-machina. Une vraie merveille
qui génére trois tempêtes en 5 mns.
Ça ne marche jamais mais ça les tient occupés,
les pauvres diables !
Joli, n'est-ce pas ?
L'année dernière, une jument dorée est venue au monde.
Un répertoire d'instruments musicaux connus et inconnus.
J'en ai les larmes aux yeux chaque fois que je l'écoute.
♪ A Stone Age lady curling ♪
♪ Like a thing that never will be known ♪
♪ Her eyes are drowned ♪
♪ In the dotted danger of an injured angel ♪
A droite.
LeBlanc, je les considère tous comme mes enfants.
C'est leur foyer autant que mon royaume pour moi-même.
J'espère que la balade vous plaît.
Les chevaux ont été inspirés par la façon dont les Anglais
travaillent dans les mines de charbon.
Les gens habitant dans leurs tours
avaient tant de chaleur humaine et ils déversaient une telle
quantité d'énergie, de telles grandes quantités
que nous les utilisons pour le système de chauffage.
Ils sont à votre droite.
J'ai visité plusieurs pays pour pouvoir les choisir.
Les Latins étaient les plus gratifiants.
A cause du sang chaud, je suppose.
L'incroyable chaleur que nous emmagasinons
est traitée et cristalisée de ce côté
pour donner une drogue miraculeuse.
Cette drogue tue l'inactivité et change les hommes
jusqu'à un point où ils en oublient leur agressivité.
Une merveille. Une merveille, Mr LeBlanc.
Donc l'instinct animal est vaincu par l'intelligence.
Mais pas aussi magnifique que cet étrange appareil là-bas.
Mme Chrono-phobie connue sous le nom de Electruvia.
Une fantastique machine qui génère de la matière lumineuse.
Si tout va comme prévu,
cela fera bientôt partie intégrante du système nerveux humain.
Un utérus métallique unissant l'homme et l'univers.
Des serpents brûlants se lovant autour des piliers d'un nouveau mythe.
Une religion vient d'émerger
des entrailles d'un golem électrique.
Le dragon de l'alchimiste sera
couronné d'un crux et d'un satyre
crachant des pyramides lumineuses pour son temple éternel.
Et ces gens, qui maintenant idolâtrent ce crux
et qui bâtissent ces pyramides,
nourissent la larve-mère de cette religion.
La déesse de l'avenir vous fait face.
Osez-vous douter d'elle ? Les electro-éviers,
au regard furieux hynotique, ce sont ses enfants
qui cultivent l'énergie sur tout son domaine.
L'espace et le temps deviendront ses esclaves.
L'air sera rempli de chariots d'argent
où les prêtres et prêtresses chanteront leur hymne avec
une joie incroyable devant ces étonnantes créatures.
- Donne-moi la bouteille. - Voilà.
Docteur, vous recevez beaucoup de visiteurs ?
Non, la plupart des visiteurs sont des personnes injustifiées
qui, souvent éveillent mes malades vers une frénésie dangereuse.
Certains ont même subi des crises et de sévères rechutes.
Je vois.
Et ce nouveau système est de votre propre invention ?
Pas tout à fait.
Certaines portions viennent du Dr Goudron
dont vous avez évidemment entendu parler.
Et il y a quelques modifications dans mon plan.
Qui, je vous l'accorde, appartient au célèbre Professeur Plume.
Si je ne me trompe pas, que vous connaissez personnellement.
J'ai honte mais je n'ai jamais entendu parler de ce monsieur.
Mon Dieu, je vous entends mal.
Vous dites n'avoir jamais entendu
parler des célèbres Dr Goudron et du Professeur Plume ?
Je suis forcé de reconnaître mon ignorance.
Pour tout dire la vérité,
je ne connais pas les travaux de ces hommes extraordinaires.
Vous réaliserez plus tard
que nous utilisons ces méthodes avec loyauté et sincérité.
Nous essayons d'être en accord avec des arguments humanitaires.
Sans optimisme excessif ni pessimisme défaitiste.
Vous voyez, Monsieur LeBlanc,
on ne peut discuter même avec la simple raison du fou.
"Reductio ad absurdum". La preuve par l'absurde.
- Voilà la loi absolue. - Donnez-moi des exemples, Docteur.
Oh, parfaitement.
Mr Poulet.
Mr Poulet ?
Mr Poulet ? Venez, je vous prie.
Mr Poulet ?
Mr Poulet ?
Oui, Monsieur ?
Voilà, Mr Chicken.
Par ici.
Mon bon ami plumé, je viens vous apporter à manger.
Ils le prennent pour un poulet. Mais on néglige ses singeries.
Nous ne voyons que le côté positif du problème.
Si il rejette l'idée qu'il soit une volaille,
on lui donne du blé pendant des mois pour qu'il l'accepte.
Remarquable, Docteur.
Nous faisons des merveilles ici, LeBlanc. D'incroyables merveilles.
Allez, mangez, mangez ! Mangez, mangez !
Que pouvez-vous dire d'autre sur ce système apaisant ?
Nous mettons notre foi dans l'amusement simple.
Les malades font de la musique, de la danse, de la gymnastique,
ils jouent aux cartes, lisent certains livres,
etc... et ainsi de suite et... ainsi de suite !
Et pour leurs maladies...
Nous prétendons tuer des maladies ordinaires
et nous ne prononçons jamais le mot folie.
Espérons que ce n'est pas Mr Poulet !
File-moi un coup.
Bois pas tout.
- Tu veux boire un coup ? - Ouais.
- Non. Donne-moi ça. - Tu me laisses jamais boire un coup.
File-moi un coup. - Donne juste à boire.
Tu vas le finir.
Allez, donne, donne, allez.
Hé, j'ai eu qu'une gorgée.
Nous allons dans la cour.
- Avec joie. - Pas par l'escalier,
nous utiliserons l'échelle de corde.
J'avoue être maladroit dans ce style de sport.
Les émotions fortes empêchent la folie.
Cela vous immunise contre une telle maladie. Suivez-moi !
Bateau en vue !
Bateau en vue !
Agis comme un Lieutenant et lève la corde.
A vos ordres.
Cessez de jouer, Maréchal. Respectez mon invité.
Excusez le Maréchal Lavín.
L'abeille ne le harasse point quand il attrape la varicelle.
Laissons cela au système apaisant du Dr Maillard.
Cessons ces jeux, je ne suis pas aussi innocent que cet agneau.
Êtes-vous prêt à entrer dans un nouveau conflit de la nature
ou périr dans les mains d'un fantasme malade ?
Puisque je me fiche de périr, je vais devoir entrer votre monde
et essayer de comprendre votre système.
Bien sûr LeBlanc, vous vous êtes si bien comporté que
vous aurez même le droit de visiter les donjons.
Vous dites les donjons ? Vous châtiez ces pauvres diables ?
N'exagérons pas.
Vous allez confirmer l'efficacité de mon système.
Attendez.
Qu'en est-il de l'efficacité de votre système ?
C'est le meilleur et le plus efficace créé par l'homme.
Le système apaisant du Dr Maillard. Ma méthode, vous comprenez ?
Gaston !
Gaston !
Gaston !
Gaston !
Gaston !
Peu de gens connaissent les ramifications de ce labyrinthe.
Beaucoup se sont perdus à jamais en cherchant une sortie.
Je ne veux pas être un de ceux-là.
Bien sûr que non, LeBlanc,
vos missions et buts ne sont pas sous-terre,
ne me croyez pas superficiel.
Plus vous me parlez et moins je vous comprends.
Je m'amuse, je n'ai pas pu résister, mon vieux.
Ayez confiance, nous sortirons bientôt de ce trou à rats !
Intéressants, ces rats ! Mais parfois, ils attaquent l'homme.
Restez près de moi, LeBlanc !
Sales bêtes ! Reculez, reculez, vermines.
Bon sang, Dante, je l'avais complètement oublié, celui-là.
Restez proche, vous allez assister à une chose unique !
Abandonnez tout espoir, vous qui entrez ici.
Les mêmes mots qu'a lu Dante en entrant aux Enfers.
Je me dirige vers la déréliction
répare-moi, car je sens ma fin proche.
Je cours vers la mort et la mort vient à ma rencontre.
Tous mes plaisirs sont les mêmes que ceux d'hier.
Je n'ose bouger mes faibles yeux.
l'espoir est derrière.
Dante, vous m'entendez ? Voilà du pain !
Vous en aurez un autre demain.
Et la mort projette sa terreur,
et ma faible chair se délite, accompagnée du péché.
Dr Maillard, ceci dépasse tout concept de cruauté.
Blâmez-en la partie la moins apaisante
de mon système apaisant, mon ami, venez.
Je pense que vous allez beaucoup trop loin.
Ne désespérez pas, LeBlanc. Nous quitterons bientôt ce labyrinthe.
Venez, vous n'avez pas encore tout vu.
J'en ai vu assez pour toute une vie, Maillard.
Voici la sortie.
Venez, venez.
Eugenie.
- Excusez-moi. - Attendez !
Tu peux rester, je te donne ma permmission.
Eugenie a inventé diverses théories
qui proviennent d'un esprit lucide.
J'aimerais entendre certaines de ces théories.
J'espère qu'Eugénie est disposée...
Mes dispositions n'ont jamais été meilleures, mon oncle.
Nous apprécierions en effet que tu nous parles
de certaines habitudes sociales.
Te réfères-tu à certaines pratiques de gens vulgaires
qui préfèrent rester assis plutôt que de danser ?
Précisément. Sois claire dans tes dires
pour le bien de notre distingué invité.
- Commence donc. - Eugénie est délicate.
Eugénie est imaginative,
une jeune femme d'une beauté sans pareille.
Une modestie inhabituelle, qui pense qu'il est indécent de se reposer.
Les pieds nus sont les ailes de la danse.
L'inaction pourrit et grignote les noeuds des racines de l'arbre.
Elle aveugle le marin.
Le marin gagne les ailes.
Cette danse ne m'est point familière.
Elle a son origine dans la région reculée de Java,
que j'ai visité il y a des lustres.
A cet instant précis, après l'invitation d'Eugenie,
le marin et les 4 racines de baobab sont soudés.
Bientôt du baobab, tomberont les feuilles du oui et du non.
Eugénie cessera d'exister, et le monde s'arrêtera.
Le cycle redémarrera, la résurrection prendra effet
alors que le monde habitera les racines du baobab.
Dehors !
Dehors !
Faites-la sortir ! Dehors !
Merci, LeBlanc.
Dehors !
Docteur... Le "système apaisant" ...
Il est ... temps de se retirer.
Gaston ?
Gaston ?
Ce soir ... au jardin...
soyez présent.
Gaston.
Ce soir au jardin.
Je suis le Dr Maillard, que puis-je pour vous ?
Je suis le Dr Maillard, que puis-je pour vous ?
Je suis le Dr Maillard, que puis-je...
- Gaston. - Je suis Maillard, que puis-je...
Ce soir au jardin.
Soyez présent.
Gaston.
Gaston.
Espérons que ce n'est pas Mr Poulet.
Les profondeurs ... ont pourri ...
Seigneur, qu'il ne soit jamais ainsi...
ces choses gluantes ont rampé sur leurs jambes sur la mer visqueuse.
Ça et là en déroute, les feux de la mort ont dansé la nuit.
L'eau, telle des huiles de sorcière,
a brûlé vert, bleu et blanc.
Et certains rêves assurés venaient de l'esprit qui nous a tant affligé.
9M de profondeur, il nous avait suivi du pays de la brume et de la neige.
Quel regard diabolique avais-je sur les vieux et les jeunes !
En place de croix, l'albatros était pendu autour de mon cou.
Gaston.
Gaston.
Ce soir...
au jardin..
soyez présent.
Gaston.
Eugenie, ça ne sert à rien de pleurer !
Sors de là.
Eemmenez-la et préparez-la pour la cérémonie.
Et chaque langue, par une sécheresse extrême, était flétrie à la racine.
Impossible... de parler, comme si la suie nous étouffait.
Mr LeBlanc, venez donc vous asseoir.
Asseyez-vous, je n'ai pas l'habitude d'être désobéi.
Je comprends parfaitement, mon cher ami.
Vos nerfs sont trop faibles pour ce genre d'amusement.
Personne, moi d'autant plus, ne peut rester indifférent
envers une pauvre âme innocente
comme Eugenie ainsi traitée d'une telle cruauté.
Eugenie, vous dites.
En êtes-vous sûr ?
- Sans aucun doute. - Quand bien même,
personne ne doit déranger la discipline de cette maison.
Dr Maillard, gardez à l'esprit que c'est une femme.
Cette douce et inoffensive créature a droit à un traitement...
Précisément, Eugenie doit recevoir un traitement spécial.
Imaginez si elle s'échappait de cet endroit ?
La question vient de quelqu'un qui connait très bien le sujet.
Reconsidérez votre idiote conduite chevaleresque.
Vous devez savoir ce que je ...
Je sais que c'est dur à croire mais quand elle est enragée,
sa furie est bien plus sauvage que celle d'un sanglier.
Vous mentez ! Vous n'êtes qu'un imposteur.
Vous voulez dire, une imposture de Merlin. Et vous avez raison.
Maillard est un magicien ! Je vais vous le prouver.
Vous croyez en la sorcellerie ?
Non. J'insiste, vous êtes un imposteur.
De plus, je peux le prouver.
Regardez le mur et dites-moi le nombre d'ombres que vous avez.
Une ? Vous avez tort,
vous avez trois ombres et je vous défie de vous retourner !
Trois ombres même si vous refusez de me croire.
Vous les voyez, LeBlanc ? Trois, précisément trois !
Alors dites-moi, vous croyez en mon pouvoir ?
Il est temps d'aller au lit, LeBlanc.
Demain sera un jour difficile et inhabituel pour vous !
Vous allez visiter les donjons ! Faites de beaux rêves, mon ami.
Si vous entendez des bruits étranges, n'ayez pas peur.
Vos ombres vous protègeront !
Elles vous surveilleront pendant votre sommeil !
Eugenie.
Eugenie, réveillez-vous !
- Père ! - Eugenie, c'est Gaston.
Père, aide-moi ! Aide-moi !
- Non, c'est Gaston ! - Père.
- Eugenie. - Père, aide-moi.
- Réveillez-vous ! - Aide-moi !
- Ma chérie. - Au secours.
Au secours. - Ça va aller.
Ne vous inquiétez pas, mon amour.
Gaston, oh s'il te plaît.
C'est moi, oh s'il te plaît.
Gaston.
Gaston.
Bon sang ! Couvier !
Je cherche mon père depuis des mois.
On le trouvera ensemble, Eugenie,
je suis convaincu que Maillard le garde dans son donjon.
Ne profanez pas le nom de mon père en parlant de ce dingue !
Pardon, Eugenie.
Si je pouvais mettre la main sur ce porc !
Vous êtes fort, Gaston !
Mais croyez-moi, ses pouvoirs sont immenses !
Nous sommes impuissants devant ses malices.
Que doit-on faire ?
Ayez foi en moi. Il doit avoir une faiblesse.
Je me le demande. C'est lui, le célèbre brigand Raoul Fragonard.
Vous en avez entendu parler ?
Je pensais qu'il était enfermé à vie à l'île du Diable.
Il s'est enfui avec plusieurs criminels.
Il est venu voir mon père, le véritable Dr Maillard.
Il est venu chercher un remède.
Mon père pensait qu'il venait chercher un remède.
Comment a t-il pu tromper votre père ?
Fragonard est fou, il l'a trompé !
Quelques mois après son arrivée,
il a incité les autres malades à se révolter.
Il a organisé un coup d'état
et quelques mois après, il a remplacé mon père.
Nous sommes ensemble maintenant ! Ne vous inquiétez pas.
Second bataillon, en avant !
Vous deux, vers l'Est !
Les gardes de devant, vers l'Ouest ! Attaquez !
Vous là-haut, en cercles !
Vous, au Sud !
Jusque là, j'ai réussi à tromper Fragonard,
il me croit vraiment folle !
Si la situation ne varie pas, je vais perdre la tête !
Gaston, on ne peut plus rester ici.
Là, portez donc ceci. Il fait froid !
Gardes rouges, allez !
Attendez.
Gardes argentés, allez !
Gardes bleus, allez !
Ah, allez, descendez !
Pas par là ! Pas par là ! Suivez-le, suivez-le !
Premier bataillon, en avant.
Gardes dorés, à l'Ouest ! Allez !
Gardes argentés, attaquez, vers l'Est ! Allez !
Allez, allez.
Ok, attendez ici.
Couvier, bon sang, aidez-le !
Je l'ai Gaston, je l'ai, je...
Couvier, debout !
Bon Dieu, aidez-le !
Couvier.
Tiens bon, Gaston, me voilà !
Gaston.
Gaston.
- Viens. - Dépêchez-vous.
- On y va. - Vite !
Gaston, Gaston, Gaston.
Gaston.
Gaston.
Au secours !
Venez m'aider !
Au secours !
Aidez-moi.
Aidez-moi.
Aidez-moi.
Au secours !
Gaston.
Regardez ! Les murs du château.
On va bientôt sortir d'ici.
Je vise précisément le coeur avec mon arme,
un faux mouvement pourrait être fatal !
Gaston.
Gaston.
Gaston.
Gaston. - Aidez-nous.
Gaston.
Gaston.
Je vous en prie, j'ai faim.
Gaston.
Henri.
Dr Maillard.
Oh, mon ami... je ne pensais jamais vous revoir !
Oh, mon ami !
Henri.
Raoul Fragonard, cessons de faire semblant !
Dr Maillard, mon cher ami.
Quel que soit votre nom, que va t-il arriver à Eugénie ?
Elle aura exactement ce qu'elle mérite.
Ne lui faites pas de mal, Fragonard !
Je vous en prie...
Un des dictons de mon système est ...
"Les malades ne devraient trop jamais s'exciter"
- Je ne suis pas votre patient ! - Bien sûr que non !
Pour le moment, vous êtes un membre de la famille !
Vous vivez dans cette humble demeure.
Vous êtes fou.
Temporairement ou pour de bon, cela se décidera... plus tard.
Regardez bien, LeBlanc. Vous voyez ce type là-bas ?
Il prétend pécher quelque chose, je ne sais quoi !
Il est l'essence de l'impossible. Elle est le désespoir des damnés.
Bienvenue ! Bienvenue à la table de Maillard !
Que commence la musique.
Joignez-vous à moi en la compagnie de nos élégants invités.
Comportez-vous bien à table.
Il est impossible cependant d'en avoir plus pour entourer
ma majestique personne et c'est pourquoi certains
sont retenus prisonniers dans des prisons de cristal.
Longue vie à Fragonard. Avé, Fragonard,
oui, oui.
Votre Majesté, comment avez-vous bâti ce supposé...
avant-goût de votre futur empire ?
Oh, ce fut facile.
Un jour, des patients, inspirés par moi, se sont rebellés !
Ils ont enfermé leur tortionnaire. Et depuis ce jour,
les anciens patients de cette institution
sont devenus les missionnaires de mon système
qui partiront afin de prêcher mon évangile !
Bravo, les gardes et les malades changeront de rôles...
Les fous seront relâchés
et leurs gardiens enfermés dans les donjons !
Mais, votre Majesté,
il n'y a aucun signe de contre-révolution ?
Non, nous sommes bien trop intelligents !
Afin d'éviter tout ennui, nous refusons les visiteurs
sauf dans certains cas.
Certains ont payé leur imprudence dans les donjons !
Et les autres... sont à leur place.
Il y a eu certains cas comme celui d'Eugénie
mais ses vraies raisons de rester ne trompent personne.
Monsieur, mes réponses vous semblent-elles satisfaisantes ?
Reculez !
Reculez !
Asseyez-vous ! Asseyez-vous !
Observez, mes amis ! Oh, regardez-le !
Blasphème, blasphème !
Puis-je vous offrir un morceau de cet excellent veau
à la Sainte Menehould ?
- Non, merci. - Emportez-le !
Chers sujets bien-aimés. Préparez-vous...
pour le spectacle que je vous offre.
Mon cher, Mr LeBlanc,
si vous êtes aussi malin que vous le pensez,
répondez-moi, qu'est-ce qui se cache derrière le cèleri ?
Chut.
Un autre veau à Sainte Menehould ?
Oh non, imbécile !
N'est-il pas stupide, mes amis ?
Oui, stupide, stupide ...
Assez ! Je vais vous le montrer !
Montrez le secret derrière le céleri !
Femme ! Voilà ton père !
Vous n'avez pas besoin d'être si cruel ! Retirez son baillon !
Et pourquoi pas ? Enlevez le baillon.
Eugenie, mon enfant !
Laisse-moi te regarder.
Ah, mon enfant !
Oh, père ! Je t'ai enfin trouvé !
Si je dois mourir, je mourrais avec toi.
Suffit avec ces idioties mélodramatiques !
Des évènements vont avoir lieu ce jour.
En effet. Des évènements dignes de
la colère que Maillard a élévée en mon sein !
Suffit, emmenez-le !
Bravo, Fragonard. Avé !
L'expérience sera intéressante, Timothé.
Que voulez-vous dire exactement par "expérience intéressante" ?
Vous êtes né pour poser des questions stupides, LeBlanc.
Ne savez-vous pas qui je suis ?
Je l'ai découvert hier, Fragonard.
Toutes sortes de pays, de près ou de loin,
ceux où le soleil brûnit les peaux
et ceux où la glace ne fond jamais, seront bientôt miens.
Mon pouvoir est sans limites !
Je sais comment soumettre les hommes et les femmes
à ma volonté et vous voulez que je révèle ce secret ?
Mon système apaisant conviendra à tous.
Nations du monde ! Proclamez-moi votre empereur !
Longue vie à Fragonard !
Longue vie à Fragonard ! Longue vie à Fragonard !
Longue vie à Fragonard ! Longue vie à Fragonard ! ..
Oh, cher LeBlanc. Ma belle Eugenie !
Que pensais-tu gagner en faisant semblant de t'enfuir ?
Tu voulais me briser le coeur ?
Ne sais-tu pas que tu appartiens aux élus
avec lesquels je vais bâtir un nouveau monde ?
Mon peuple bien-aimé et fidèle !
Nous sommes à nouveau les témoins de l'ingratitude.
Ou plutôt d'un malentendu délibéré.
Ils n'ont pas compris les avantages de mon système.
Ils n'ont pas compris, Sire !
Ils n'ont pas compris !
Ils n'ont pas compris ! Ils n'ont pas compris !
Ils n'ont pas compris !
Peuple bien-aimé ! A vous de décider
au sujet de cette regrettable affaire !
Aux donjons ! Aux donjons !
Aux donjons ! Aux donjons !
Aux donjons ! Aux donjons !
Il n'y a pas d'autre moyen.
Après quelques années dans le monde des ombres,
ils sauront ce qu'est payer le prix pour avoir agi imprudemment !
Mais était-ce de la simple imprudence ?
Ou plutôt une rebellion criminelle ?
Vous m'entendez ? La rebellion.
Rebellion, rebellion ...
Rebellion, rebellion ...
Rebellion, rebellion ...
Rebellion, rebellion ...
Si c'est le cas, le donjon n'est-il pas un châtiment adéquat ?
Pour des actions imprudentes, oui ! Mais puisque Mr LeBlanc
et ma bien-aimée Eugénie sont des sujets rebelles,
nous les honorerions en les envoyant dans les donjons
et ils ne le méritent pas, PAS VRAI ?
Ils ne le méritent pas ...
Non !
Alors ?
Brûlez-les, brûlez-les ...
Brûlez-les, brûlez-les ...
Brûlez-les, brûlez-les ...
Oui.... Car le feu purifie tout !
De l'eau, de l'eau.
Du pain, du pain.
- On l'a. - On l'a, allons-y.
La clé ! Attrapez la clé !
Je l'ai !
N'est-il pas possible d'éviter la sentence ?
Faire appel, un nouveau procès ?
Pouvons-nous supplier d'être pardonnés ?
Y a peu de chances.
Tu seras soulagée de savoir que parfois nous sommes
en faveur d'infractions ! C'est plus amusant.
Que voulez-vous dire ?
Vous le saurez présentement !
Vous le saurez présentement ! Vous le saurez présentement !
Vous le saurez présentement !
Vous le saurez présentement !
Vous le saurez présentement !
Silence !
Du calme !
On ne s'échappera jamais de ce cauchemar.
Fais confiance à mon père.
Tu as vu, il est vivant ! Il est vivant !
Peuple bien-aimé ! Il est temps de nourrir notre volonté affamée !
Hourra, hourra.
Le spectacle va commencer !
Ensemble, laissons parler nos défauts.
Préparez-vous, attaquez !
Attaquez mes frères, attaquez !
Gardes, attaquez !
Vous n'avez pas encore gagné, misérables rebelles !
Vous n'avez pas vaincu votre empereur !
Je vous vaincrai, traîtres, un par un ou tous ensemble !
Non, je le prends.
Nous avons plusieurs comptes à régler.
En garde.
Non, d'homme à homme.
Oui, l'arbre !
Le baobab.
Les feuilles du oui et du non. Les racines.
C'est donc la fin... de Maillard ?
Les hommes peuvent me croire fou.
J'admets au moins l'existence de
deux éléments adverses luttant pour voler mon âme.
Un, guidé par la raison en rapport aux souvenirs
aux événements qui se sont déroulés dans ma précédente vie.
L'autre.... ce monde d'ombre et de doute
qui m'ont mené à ma condition actuelle.
Nés dans mes souvenirs d'épisodes violents
que j'ai expérimenté récemment.
Croyez ce que vous voulez !
Pour ce que j'ai dit concernant ma première rencontre,
vous pouvez l'accepter... Le croire ou le rejeter.
Quoi que j'ai pu dire au sujet du second.
Trad: Uncle Jack 2019 !
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