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Original subtitles

Au nom de Dieu

Quelle tronche !

Qu'est-ce que tu regardes, bon sang ?

On ne peut plus mater sa fiancée ?

Range ça, c'est la honte !

- Elle est bien celle-là... - Laquelle ?

Celle qu'on a prise sur votre toit.

La classe !

La classe !

C'était ton pied ?

Non, mon tchador.

Je t'ai dit cent fois

de tenir ton tchador. Je fais quoi, maintenant ?

Ça va...

Attention, tu vas le déchirer.

Il n'y a personne à cette heure-ci.

Tu te caches de qui ?

De toi !

Ne roule pas trop vite.

D'accord. Vas-y.

- Salut. - Salut, la mariée !

- Y a du monde en haut ? - Plein.

Faire du stop sur cette route, ça craint.

- Surtout pour une jeune. - Ils vont la retrouver.

La retrouver ? Tu rêves.

Je ne t'attendais pas.

Il n'a pas trop neigé.

Il en faut, des ronds, pour se marier.

Si on pouvait se marier avec ces paies,

je l'aurais déjà fait cent fois.

T'as déjà enterré trois maris !

- Je t'en ai piqué aucun. - Te gêne pas !

Bon, au revoir.

Fais vite, je dois rentrer tôt.

- Assieds-toi, je vais essayer. - Merci.

Je te l'ai apporté. Tu veux l'essayer ?

A quand notre tour ?

Alors, lequel des deux va partir ?

Trouve-nous un travail, à ma femme et moi.

- Salut, mamie. - Bonjour.

Ça va ?

Attends.

T'es où ?

Toutes mes félicitations.

C'est pour quand ?

Vendredi prochain.

Tu l'auras jeudi,

et tu paieras ce que tu veux.

Merci beaucoup.

- Tire au hasard. - Tu veux rire ?

Sans blague. Vas-y.

Celui-là.

Montre. C'est à Heravi.

C'est trop loin.

- Les autres sont pires. - Montre.

Vas-y.

Ne rentre pas tard.

- Entendu. Salut. - Au revoir.

Hedieh TEHRANI

Taraneh ALIDOUSTI

Hamid FAROKH-NEJAD

LA FÊTE DU FEU

Scénario : A. FARHADI et M. HAGHIGHI

Image : Hossein JAFARIAN

Produit par : Seyed Jamal SADATIAN

Un film de Asghar FARHADI

Qui est-ce ?

Pardon madame,

vos voisins ne répondent pas.

Ils ne sont pas là ?

Leur sonnette ne marche pas. Vous êtes ?

Je viens travailler chez eux... Vous m'ouvrez ?

Je vais les appeler, pour qu'ils vous ouvrent eux-mêmes.

- Donne-moi ce poisson. - Maman !

Soyez sages. Dépêche-toi.

Doucement. Vous allez tomber.

Vous allez où, comme ça ?

- Vous cherchez quelqu'un ? - L'appartement 17.

Sonnez, ils vous ouvriront.

C'est déjà ouvert.

Je ne sais pas ce que vous faites ici. Allez-y.

Sortez.

Un instant.

- Bonjour. - Bonjour, entrez.

J'ai mes billets, je te jure.

Depuis le temps que je voulais partir avec ma famille.

Tu parles... Laisse-moi tranquille !

Bon, d'accord...

Cinq minutes ? Ça va durer jusqu'à minuit, cette affaire.

D'accord. Au revoir.

Madame ?

Oui.

Commence par cette pièce.

Ma femme te dira quoi faire ensuite.

C'est le souk, ici.

Attends un instant.

Mets des pantoufles.

Il y a du verre, tu peux te blesser.

Pourquoi t'as mon portable ?

Pourquoi tu l'as pris ?

J'ai des trucs à faire. Je dois sortir.

Ça fait une heure que je le cherche.

- Tu rentres quand ? - Monsieur ?

Allô ? Oui ?

- Le balai et la pelle ? - Une seconde.

Là-bas.

Quoi ?

La femme de ménage. J'ai téléphoné.

Ce sont des agences spécialisées qui les envoient.

Alors, elles travailleront ensemble.

Elle s'est encore garée devant le parking.

Tu n'aurais pas dû appeler.

- Mon portable ? - La concierge allait m'aider.

C'est le bordel depuis 3 jours.

La concierge, la concierge...

Mon portable ?

Tu vas où ?

Donne, je dois partir.

Pour aller où ?

Au boulot. Tu crois quoi ?

Aujourd'hui ?

Mahmud m'a appelé. Ils ont des problèmes.

On était censés parler.

Je vais rentrer, je m'enfuis pas.

Tu avais dit qu'on réglerait tout aujourd'hui.

Je ne dis pas le contraire, mais ce pauvre Mahmud a besoin de moi.

T'inquiète pas, je rentre à 5h et on réglera tout.

Tu avais dit ce matin.

Oui, j'avais dit ça. C'est vrai.

Mais ils ont besoin de moi.

C'est ça ! Tu as toujours du temps pour Mahmud !

Profitons de l'absence d'Amir-Ali.

Et alors ?

Je ne veux pas parler devant lui.

En quoi c'est gênant de parler devant lui ?

Il faut qu'on prenne une décision.

Décide pour toi. Moi, je sais à quoi m'en tenir.

Dans ce cas, je ne viens pas demain.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Mojdeh ?

Ecoute. J'ai les billets. Je ne suis pas ta marionnette.

T'avais promis. Ne sois pas lâche.

J'avais rien promis, sauf le voyage à Dubaï.

J'ai tenu promesse, tu dis des conneries.

- Surveille ton langage. - C'est plutôt à toi de le faire.

Le gars me supplie d'aller l'aider.

C'est urgent, et tu me demandes de rester.

- J'ai rien dit. - T'en as assez dit, hier.

C'est toi qui en as trop dit.

Espèce de névrosée...

Idiote.

Attends.

Je te parle.

Si tu pars, je m'en vais avec Amir-Ali.

Arrête ton cirque, c'est la honte.

La honte ! Je bouge pas.

Attends !

Je te jure, je partirai avec lui. Pourquoi tu veux pas comprendre ?

Madame Sabri ?

- Sabri ? - Oui.

- Bonjour, madame. - Bonjour. Appelle ta femme.

Elle va pas tarder à rentrer.

Elle devait m'aider.

Elle est allée faire des courses pour les Razavi.

Qu'elle passe me voir à son retour.

La copropriété a interdit qu'elle travaille.

Ça ne les regarde pas.

Quand elle travaille, je m'occupe des enfants.

Ils pensent que je ne fais plus mon boulot.

Dis-lui de monter. Je verrai avec eux.

Salut.

- Ta maman est là ? - Oui, entrez.

Maman, c'est madame Samii.

Mojdeh chérie, entre.

Merci bien. Sabri est là ?

Non, pourquoi ?

Elle devait m'aider, aujourd'hui.

La copropriété veut plus qu'elle travaille.

Envoie-la-moi quand elle aura fini tes courses.

- Mais ça reste entre nous ? - D'accord.

Ils ont parlé d'elle à la réunion.

Et alors ? Du nouveau ?

Ils vont voir avec le proprio pour qu'il fasse le nécessaire.

Ne te fais pas de souci. On n'en sait rien. Entre.

- Je dois filer. Dis-lui de monter. - Salut.

Bonjour, madame.

Je cherche l'eau de Javel.

Viens ici.

Je n'en ai pas trouvé dans la cuisine.

Je vais faire la vaisselle dans la baignoire.

Je ferai de la place pour ranger les objets.

C'est bon. Merci beaucoup.

- Je te dois combien ? - Quoi ?

J'ai même pas commencé !

Je sais. Quelqu'un va passer m'aider.

Pourquoi vous avez appelé l'agence, alors ?

C'était mon mari.

Ça change rien, vous ou votre mari !

Je n'ai pas de comptes à te rendre.

- Pardon. - J'ai changé d'avis.

Je ne fouillais pas dans vos tiroirs.

Je rangeais la pièce et je ne sais pas comment ça s'est déboîté.

Cinq mille tomans, ça ira ?

Cinq mille ? Mais pourquoi ? J'ai fait tout ce chemin !

C'est pas assez ? Combien ?

Je ne peux pas accepter cet argent, je n'ai rien fait.

Prends-le.

Je m'étais arrangée avec quelqu'un.

Je vous ai contrariée ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Ce n'est pas ça. Tu le prends ou pas ?

Elle va en avoir pour 3 jours.

- Je ne veux pas. - Je vais l'aider.

Tu n'en veux pas ? Comme tu veux.

Ferme bien la porte en sortant.

Oui ?

Pourquoi vous ne répondez pas ?

La sonnette ne marche pas.

Réparez-la. Vous faites perdre leur temps aux gens.

- Oui ? - Un monsieur pour vous.

- C'est qui ? - Le vitrier.

Dis-lui que j'arrive.

Vous êtes encore garée devant le parking !

Comment ça ? C'est un camion, qu'ils veulent garer ?

Qui a crevé mon pneu ?

Je ne sais pas.

Comment veux-tu qu'elle le sache ? Donne-moi les clés.

Je m'en occupe. Je veux voir si c'est encore cette folle.

Je l'ai vu entrer.

Leur sonnette ne marche pas.

Laissez tomber. Vous cherchez les ennuis ?

Elle ne me fait pas peur.

N'oubliez pas les étrennes.

Madame Samii ?

Mademoiselle ?

- Mademoiselle ? - On vous appelle.

Qu'est-ce qui se passe ?

Personne n'a appelé, ce matin ?

Non, personne.

Quand mon mari était là ?

Quand je suis arrivée,

il était au téléphone.

Qui c'était ?

Comment ça ?

Il disait quoi ?

J'en sais rien, madame.

Désolée.

Ecoute !

Viens voir.

Viens, je te dis.

- Qui c'est ? - Bonjour, madame.

Bonjour. Vous désirez ?

Je voudrais un rendez-vous au salon.

- Votre nom ? - Ruhangiz Barati.

C'est la première fois ?

Oui.

Qui vous a recommandée ?

Madame Rahimi.

Je suis prise. Vous pouvez dans l'après-midi ?

A partir de quelle heure ?

17 heures.

Ou alors, faites un tour et repassez dans une demi-heure.

Et entre 14 et 17 heures ?

Je ne pourrai pas, je dois sortir.

Alors peut-être à dans une demi-heure.

- Merci. C'est gentil. - Je vous en prie.

Ça a été ?

Oui, merci.

Dieu merci.

L'autre aussi est dégonflé.

Pourquoi c'est si cher ?

Si vous saviez le trajet que j'ai fait dans ce froid.

T'as pas encore descendu les poubelles ?

Vous habitez loin.

J'étais prise, je vais le faire.

N'oubliez pas les étrennes des enfants.

- On attaque les rideaux ? - On pourra pas, toutes seules.

Tu veux pas appeler ton mari ?

Il ne m'arrive même pas à la taille !

- Qu'y a-t-il ? - Les étrennes des enfants ?

J'ai payé deux fois plus cher et tu veux des étrennes ?

Pourquoi ces robinets sont ouverts ?

- Le seau est encore sale. - Je le laverai.

Tu veux que la fille vienne t'aider ?

Laquelle ?

Au revoir.

- Quelle fille ? - Celle qui était là.

La femme de ménage ?

Qu'est-ce qu'elle fait là ?

Elle a rendez-vous chez le coiffeur.

Le coiffeur ?

Elle se marie bientôt.

Elle veut s'épiler les sourcils.

Il fait froid dehors, dis-lui de monter.

Tu ne sais pas combien elle va te payer ?

J'ai rien compris. Ce matin, elle m'a filé

cinq mille tomans et elle m'a dit de partir.

Ils sont bizarres. Ils sont fâchés ?

On n'en peut plus.

Hier soir, son mari, à bout de nerf a brisé une vitre.

J'ai vu les débris.

C'est pareil tous les jours.

T'as pas peur, avec ton mari ?

Non, il n'est pas du tout comme ça.

Ne le prends pas mal.

Ton mari, il est comme ça ?

Que Dieu me vienne en aide ! Je ne te dis pas !

Mon mari est fou de moi.

Mon cousin Nasser était aussi fou de moi.

- C'est pour quand ? - Encore un mois.

C'est pas trop cher ?

Quoi ?

Le salon de coiffure.

Simine est très honnête.

Dis-lui que t'as pas les moyens, elle comprendra.

Passe un coup de fil à maman...

Ça sonne. Allô, bonjour maman. Ça va ?

- C'est moi, Mahshid. - C'est pour moi ?

Ouvrez donc !

Qu'est-ce que t'attends ?

Tu savais que je ne monterais pas.

Reviens vite, on a à faire.

Tu dois te réconcilier avec elle, aujourd'hui.

D'accord. Fais gaffe en descendant.

Ce n'est pas encore terminé.

Pas la peine d'enlever tes chaussures.

- J'aurais pu venir te chercher. - Ahmad est en bas.

- C'est qui ? - Elle m'aide.

Ahmad est resté en bas, comme d'habitude.

- Si ça t'ennuie, va le chercher. - Moi ?

Il est temps. Ça fait un an !

Il s'est fâché tout seul. Il reviendra quand il en aura envie.

On dirait des enfants.

C'est quoi, tout ce bazar ?

T'as pas fini encore !

Réchauffe-le, on va le manger.

L'enfant, c'est toi, tu prends tout à la légère.

Et toi, la "sérieuse", t'en es où ?

T'as vu ta tête ? Il y a un salon juste à côté !

Excusez-moi.

Je peux appeler mon mari pour avoir son accord ?

Son accord ?

Pour le salon.

Pas la peine.

Elle va se marier. Elle veut s'épiler les sourcils.

Ne lui raconte pas tout.

Pas de thé pour moi.

Fais-lui la surprise...

Tu fais comme tu veux.

J'ai pas pu acheter de fruits.

T'es tellement occupée !

Tu seras prête pour Dubaï, avec ce bazar ?

Madame ?

Je l'appelle pas, alors ?

A toi de voir, c'est ton mari.

Vous auriez dû choisir un meilleur pays.

- Même Dubaï, il voulait pas. - Pourquoi Dubaï ?

Pense à Amir-Ali.

Amir-Ali, il grandira, comme tous les enfants.

De toute façon, on n'est pas sûrs de partir.

Comment ça, vous ne partez pas ?

Je sais pas, on verra. Emmène ça en partant.

Mademoiselle.

- Je te connais bien. Tu es obstinée. - Comment ça ?

T'as pas vu le petit dans son sommeil.

Mais pourquoi ?

Tu vas être en retard.

Il grinçait des dents.

Je lui ai demandé ce qu'il avait, il avait rêvé de l'enfer.

A l'école, ils leur ont fait un discours d'une heure sur l'enfer.

Dès qu'il sort jouer, il faut le surveiller de près.

Je l'accompagne à l'école.

J'éteins, la poignée de la bouilloire brûle.

Encore une vitre, et je m'en vais.

Tu vas rater ton rendez-vous.

L'insécurité est partout.

Même moi, je stresse à l'idée de sortir.

Récemment, une de mes collègues a disparu, tard dans la nuit.

Tu ne lui dis pas où t'étais.

Pourquoi ?

- Madame Rahimi t'a recommandée. - Ah, j'avais oublié.

T'en as pas besoin. C'est juste en face.

- Au revoir, madame. - Au revoir.

Pourquoi tu ne réponds pas ?

Ne mens pas. Où t'as la tête ?

Ah bon ?

Je te vois d'ici.

Ecoute.

Bonjour madame.

Monte une minute.

Y a pas de jour pour faire la paix ?

Ils s'en vont demain.

Qu'est-ce que tu fais ?

J'arrive.

Ok.

Qu'est-ce qui te prend ?

Qu'est-ce qu'il vous arrive encore ?

Tu me caches quelque chose ?

Regarde-moi, parle.

Morteza t'a appelée ?

Le pauvre, il était sur le point de craquer.

Pourquoi tu fais n'importe quoi ?

T'es en train de te pourrir la vie.

Madame Sabri ?

Oui.

Nettoie d'abord la vitre du salon.

Laisse.

Viens voir.

Mojdeh,

vous vous entendiez si bien dernièrement.

Il s'est passé quelque chose ?

Je ne voyais pas ce qu'il mijotait.

Qu'est-ce que tu racontes ? Le pauvre !

Il travaille dur jour et nuit, pour toi et Amir-Ali.

Il me prend pour une idiote.

Il n'est pas bête. Pourquoi te quitterait-il ?

Et surtout pour qui ?

Mojdeh, sa patience a des limites.

Un jour, il te laissera seule, avec l'enfant.

Qu'il s'en aille !

Allons. Viens faire la paix avec Ahmad.

Il te faut un toit, si tu te fâches avec lui.

Il ne te reste personne, à part nous.

T'es bête ! Un mari si doux, si calme.

Pourquoi tu le défends sans savoir ? Je connais mon mari.

Si seulement papa était encore là.

T'as remarqué quelque chose, récemment ?

- On m'a dit des choses. - Qui ?

Qu'est-ce que ça change ?

Tu veux gâcher ta vie à cause de racontars ?

C'est une des voisines.

Elle a entendu la voix de Morteza sur le répondeur de cette garce.

Peut-être qu'elle se trompe.

J'en suis sûre.

Comment ?

Il sent son parfum.

Il manquait plus que ça.

Et avec qui ! Derrière ces murs, sous mon nez.

Pense à ton voyage de demain.

On verra tout ça après le nouvel an.

Ma chérie, ne te mets pas dans ces états.

Je dois régler tout ça ce soir.

Mais tu veux faire quoi, ce soir ?

On n'arrête pas de klaxonner. C'est votre beau-frère.

- Vas-y, il t'attend. - Je ne peux pas te laisser.

Vas-y.

Ne te tourmente pas. Regarde-toi.

Ça va aller.

Fais-moi un bisou.

Bonne fête, quand même.

Merci.

Qu'est-ce que t'as ?

Ça fait une heure que j'attends.

T'as bon goût. Il a l'air espiègle. Ça se voit.

C'est pas vrai ?

Mon père a mis deux ans pour accepter le mariage.

Il a tellement insisté que papa a craqué.

Une coloration ?

Non. Ça ferait trop de surprises.

Il t'aime ?

Laisse-moi voir.

C'est bon ?

Merci beaucoup.

- Du thé ? - Je m'en occupe.

Depuis quand c'est la cliente qui sert ?

Madame ?

- Oui. - C'est quoi votre parfum ?

Je voudrais la même chose, mais pour homme.

C'est un cadeau. C'est la bouteille bleue, devant toi.

Ne tombe pas enceinte trop vite.

Il est si pressé que j'ai peur d'avoir des jumeaux, le jour du mariage.

Vous avez des enfants, vous ?

- Bonjour. Ça va ? - Bonjour, entrez.

Nous voulions visiter rapidement l'appartement.

Maintenant ?

Je vous expliquerai. Entrez, je vous prie.

Pardon pour le dérangement.

Voici la cuisine. Il y a une terrasse au fond.

Vous avez déjà trouvé quelque chose ?

Trouvé quoi ?

Vous allez vite partir,

ou vous cherchez encore ?

Je ne suis pas de la maison.

C'est assez lumineux, maman.

Vous voulez augmenter le loyer ?

- Il ne s'agit pas de ça. - Alors ?

J'ai des pépins. J'ai besoin d'argent.

Merci beaucoup, M. Razaghi.

On vous contactera.

Le temps de visiter le garage, et j'arrive.

Venez, les enfants.

Merci madame.

Au revoir.

- Vous ne vouliez pas le vendre. - Maintenant si.

Je vous l'ai dit, j'ai des soucis. J'ai besoin d'argent.

J'ai reçu tellement de plaintes contre vous. J'en ai marre.

Qui a porté plainte ?

Les voisins.

Pourquoi ils ne viennent pas m'en parler ?

- Ici c'est un appartement. - Alors ?

Vous avez ouvert un salon de coiffure.

J'arrive tout de suite.

Pardon pour le dérangement.

Mon salon vous a causé des problèmes ? Je ne dérange personne.

Où est le problème ?

Vos voisins se plaignent.

Trop d'inconnus. Des mariées...

Ils n'osent pas vous en parler. Ils viennent me voir.

Des autoradios ont été volés au parking.

Par mes clients ?

Vous ne connaissez pas tous vos clients.

Par exemple, cette demoiselle, vous la connaissez ?

C'est ma nièce.

Pardon. Je ne voulais pas vous offenser.

Je parlais en général.

- Du thé, tata ? - Oui, ma chérie.

J'ai oublié de vous offrir du thé.

- Merci, mais je suis attendu. - Un instant.

Dites-moi qui a porté plainte.

Dès qu'une femme vit seule,

c'est la calomnie. Il faut tirer ça au clair.

Je ne fais aucun bruit dans cet immeuble.

Pour ne rien vous cacher, j'avais une mariée, cette semaine.

Ils ont mis un peu de musique.

A peine dix minutes.

Quand mes voisins font la fête, je ne dis rien.

On verra ça demain.

Dès demain, tout le monde sera en vacances.

En haut, ils vont à Yazd. A côté, ils partent à 4h du mat.

Il n'y aura personne. Il faut vite en finir.

Ce briquet marche pas.

D'accord, je vous contacterai.

Comme si je manquais de problèmes.

Madame, le briquet ne marche pas.

Il est où ?

Si vous permettez, je dois m'en aller.

- Prends un thé d'abord. - Non, merci.

N'oublie pas tes photos.

C'est fait. Mais dites-moi,

combien je vous dois ?

Garde ton argent.

Je suis gênée.

On verra ça le jour de ton mariage.

Je n'oserai plus revenir.

T'as déjà vu une nièce payer sa tante ?

Ce n'est pas normal.

Et alors ? C'est mon cadeau de nouvel an.

Mais ça me gêne.

Merci, alors.

Madame ?

- T'as oublié quelque chose ? - Non.

Le monsieur, tout à l'heure, qui vous a demandé de partir...

Pardon, j'ai entendu malgré moi.

Je pense que votre voisine y est pour quelque chose.

- Laquelle ? - Celle d'en face.

- Tu les connais ? - Je travaillais chez eux, ce matin.

- C'est toi qui as sonné, ce matin ? - Oui.

- C'est elle qui t'a dit de venir ? - Non, c'est moi.

C'est pas madame Rahimi qui t'a recommandée ?

C'est bien elle.

Ce matin, je l'ai vue en train de changer ses pneus.

Elle était furieuse.

Je suis sûre que c'est elle.

Je ne les connais pas.

Ce n'est pas leur genre.

J'ai très peu vu la femme. J'ai croisé le mari. Il a l'air sérieux.

La femme est spéciale.

J'étais à peine arrivée chez eux qu'elle m'a renvoyée, en me payant.

Pourquoi ?

Elle est suspicieuse. Elle avait peur que je vole des objets.

Je ne connais personne, ici.

Mes rapports ne dépassent pas les salamalecs.

Cette femme est très susceptible.

En rentrant, essaie de ne pas la froisser.

Je ne cherche pas les embrouilles. Soyez tranquille.

Sabri, prends ton petit, il est à cran.

Descends-le.

Bonjour.

Te voilà enfin en vraie mariée.

- J'ai changé ? - Oh, oui, et t'as bien fait.

- Où est mon tchador ? - Là-bas.

Ça te change vraiment, félicitations.

Je pars faire à manger, je couche le petit et je reviens.

Ce n'est pas la peine. La jeune fille fera le reste.

Au revoir.

Il allait me rendre dingue, cet enfant. Passe-moi un verre.

Si je dois rester, autant attaquer.

T'as le temps, sinon tu passes demain. Je suis épuisée.

Mais vous serez plus là !

Tu passes avant qu'on parte.

Vous partez à 4h du mat.

Comment tu sais ça ?

Qui te l'a dit ?

Simine.

Elle était au courant ?

Comment je vais faire sans les crochets ?

Attends. Comment est-elle au courant ?

Viens voir.

Assieds-toi.

Elle savait qu'on partait à 4 heures ?

Il me semble.

Pourquoi elle en a parlé ?

Je ne sais plus.

Comment ça ?

On a parlé d'un tas de choses.

Pourquoi évoquer notre voyage ?

On a parlé de fêtes et de voyages.

Elle disait que beaucoup vont à Dubaï pour les fêtes.

Elle a dit que vous y alliez aussi, demain très tôt.

T'as dit à 4 heures.

- J'ai dit tôt. - T'as dit à 4 heures !

Je voulais dire tôt. Avant 4 heures, c'est encore la nuit, pour moi.

Et quoi d'autre ?

Elle voulait savoir votre âge et le métier de votre mari.

C'est tout ?

Elle n'est pas très bavarde.

Elle a fait du bon travail. Elle a du talent.

Elle a pas voulu que je la paie.

T'as pas dit que t'étais là ?

J'ai rien dit.

Je pose aussi les voilages ?

Reprends ton travail.

Ecoute,

jeune fille...

Je me sens mal. Je prends une douche et je m'allonge.

Tu dois faire une chose.

A 14 heures précises, longe la rue

et va jusqu'au boulevard, à l'école du martyr "Paknejad".

- Tu t'en souviendras ? - Paknejad.

Tu récupères mon fils à l'école. Tu as l'heure ici.

Tu dois y être à 14 heures.

La clé est au-dessus du range-chaussures.

Ne réponds plus au téléphone, et n'ouvre pas.

Comment s'appelle votre fils ?

Amir-Ali Samii, il est au CP.

Au retour, si je dormais,

préparez-vous un sandwich.

Laisse tomber ce coin.

Occupe-toi du balcon.

Range les affaires dans un coin et passe à la cuisine.

Si on sonne à la porte, ne me réveille pas.

Je voudrais parler à Abdol-Reza.

Je suis sa femme, sa cousine, je veux dire...

Il rentre quand ?

Alors dites-lui que Rouhi a appelé.

J'ai trop de travail. Je rentrerai toute seule.

Mojdeh !

Mojdeh chérie ?

Tu n'es pas là ? J'appelle pour l'appartement.

Madame ?

Madame ?

Madame Simine ?

Bonjour, madame Simine.

Vous n'auriez pas vu mon tchador ?

Tu avais un tchador ?

Je ne le retrouve plus.

Tu n'en avais pas sur toi.

Il n'est pas chez eux non plus.

C'est madame Samii qui te l'a piqué !

Elle n'est pas là. Elle voulait s'allonger, mais elle est sortie.

Elle doit être dans les parages. Attends un peu.

Je dois aller chercher son fils à l'école.

Je suis en retard. Au revoir.

Attends, je te dépose.

- Non, c'est bon. - C'est sur le chemin.

Je ne vois pas

comment ils seront prêts pour demain.

Pour un pèlerinage à Qom, on est prêts 2 jours à l'avance,

et on est pas sûrs d'avoir le bus.

Votre ceinture de sécurité, il y a un policier.

C'est très tôt, 4 heures du mat.

Un peu plus tard, ils auraient réussi.

- 4 heures ? - C'est vous qui le dites.

C'est un des voisins qui me l'a dit.

Je crois qu'on est arrivé, monsieur.

Déposez-la devant l'école.

Merci beaucoup, madame.

C'était loin.

Pourquoi il viennent pas chercher leur gosse comme tout le monde ?

Un jour c'est une tante ou une cousine,

ou ils oublient.

Sa mère était occupée.

Occupée ? Les autres parents sont pas au chômage !

Je ne vois pas pourquoi je dois vous confier ce gosse.

Tu connais cette dame ?

Appelle ta mère.

Il n'y a personne !

Ma mère est là.

- Elle n'est pas là. - Elle était là, ce matin.

On est plus le matin.

Trouvez son dossier administratif et téléphonez au père.

Dites-lui qu'une femme est venue chercher son fils.

Entendu.

Qu'est-ce que je vais faire de vous deux ?

J'avais pourtant dit que je ne voulais pas de ça à l'école.

Oui ou non ?

Ils ne sont pas à nous, ces pétards.

Ils étaient dans ton cartable !

Ce sont mes amis qui les ont mis.

Des pétards à 600 tomans ? Et pas qu'un peu !

Ils te les auraient donnés !

Ceux-là sont à 400 tomans !

Ceux à 600 sont différents.

Dégagez le plancher.

Je m'occuperai de vous plus tard.

Allez, ouste !

Passe-moi des allumettes, on va les tester.

Ces gosses, je te jure !

Alors, t'en es où ?

Je peux rien faire. On voit les cheveux.

Laisse tomber.

- T'as des allumettes ? - Non.

Ingénieur Nikbakht ?

- Ingénieur Nikbakht ? - Oui.

Achetez quelques paquets d'allumettes, c'est la dèche.

Mahmud, ça marche pas. Qu'est-ce qu'on fait ?

La fille n'a que 7 ans, mais ils veulent cacher ses cheveux.

J'étais super occupé. Dans quoi tu m'as embarqué ?

Ferme cette porte.

Il fallait le faire après les fêtes.

C'est Sadeghpour qui insiste.

Il me harcèle. Il veut le diffuser le jour du nouvel an.

Dis-lui qu'on peut rien. Il n'a qu'à voir le réalisateur.

Il retourne le spot et il remplace la fille par ma grand-mère.

Je n'arrive pas.

Tu le connais. Il va gâcher nos fêtes.

Sur Photoshop, on y arrivera peut-être.

C'est long. C'est leur responsabilité.

Il ne sait pas le faire.

Monsieur Morteza, téléphone.

Oui ?

C'est moi-même.

Ah, bonjour, comment allez-vous ?

C'est qui ?

C'est bon, mais passez-la-moi, je veux lui parler.

Elle m'a demandé de venir le chercher.

Elle est sortie.

Je ne sais pas. Elle est sortie sans rien dire.

Votre fils veut vous parler.

Bonjour papa.

Tu vas bien ?

Je vais bien. Ce soir, ça tient toujours ?

Oui, j'achèterai aussi des feux de Bengale.

Oui, j'en achèterai. Tu ne la quittes pas, hein ?

Tu me promets ?

Au revoir, mon garçon.

Encore un petit bout et le tour est joué.

Je suis passé deux fois et vous étiez toujours sur le trottoir.

Les hommes ne sont pas tous lâches.

Mais y en a qui deviennent fous.

Laisse-moi partir. Ça ne te regarde pas.

Sortez tous.

Tu ne peux pas l'enfermer. Elle sort quand elle veut.

Sortez, les gars.

- J'en veux pas. - Allez, ça te fera du bien.

C'est quoi, le problème ?

J'en ai ras la casquette !

Elle a foutu ma vie en l'air et c'est pas fini !

Elle est venue m'espionner dans cette folie de fin d'année, avec un tchador !

Et toi, tu la bats ?

Je ne m'attendais pas à ça de ta part.

C'est la honte pour moi, dans notre immeuble ou au boulot.

Tu aurais dû la ramener, sans faire de bruit.

Et laver votre linge sale chez vous.

Je ne sais plus.

Je deviens fou !

En plus, on part en vacances demain.

Laisse-moi partir !

Si tu rentres, ce sera pire.

Elle refile le gosse à la bonne ! T'imagines ?

- Que des conneries ! - T'as fait une gaffe ?

Mais non !

Je me souviens pas la dernière fois qu'elle a cuisiné.

Demande aux voisins s'il sentent des odeurs de cuisine.

T'as sûrement fait une gaffe.

Elle doit avoir des raisons, pour faire ça.

N'importe quoi ! Tu me connais depuis 11 ans.

Pourquoi elle te soupçonne ?

Je te jure que je ne sais pas.

Elle n'a pas cessé de m'emmerder pour qu'on parte en voyage.

C'était sans arrêt : "On part quand ?".

"Partons à Dubaï !"

Ça va nous changer les idées, je me suis dit.

Et ce matin, elle me sort qu'elle ne viendra pas.

Elle voulait refaire la peinture. J'ai dit Ok.

Le téléphone sonne : "Combien, votre appartement ?"

Elle avait passé une annonce, sans demander mon avis.

Si tu voyais comment elle me parle !

A mon avis...

J'ai pitié d'elle !

Ces gens qui l'accostaient dans la rue !

Elle doit pas se donner en spectacle !

Elle est sensible. Elle a besoin d'attention.

Tu parles.

Elle a aussi des problèmes avec sa famille !

"Je ne veux pas voir celui-là, je n'aime pas celui-ci !"

Occupe-toi de ta vie, bon sang ! Regarde un peu autour de toi !

Dix-huit...

Dix-neuf, j'arrive !

Bonjour, madame.

Maman est rentrée, Amir-Ali.

Sors, ta maman est là.

Donnez-moi ça, madame !

J'ai fouillé dans la chambre. Il va se manifester.

Amir-Ali, sors, ça suffit !

N'ayez pas peur, on jouait.

Sors, je te dis, je suis sérieuse.

Sors.

Pourquoi c'est toi qui es venue ? Qu'est-ce que t'as ?

Lâche-moi le bras.

Viens, arrête de râler, on sort.

Viens.

- Chausse-toi. - Où on va ?

Où on va ?

Je te le dirai après.

Je dois voir les feux d'artifice avec papa.

Mets tes chaussures et tais-toi !

Toi-même, espèce de folle !

Mets tes chaussures !

Calmez-vous, madame.

Je ne viens pas !

Tais-toi !

Qu'est-ce qui se passe ?

Bonjour. Qu'est-ce qui se passe ?

Prends tes affaires. On s'en va.

Apparemment, je tombe mal. Vous sortez ?

Mojdeh, je suis venu te dire pardon.

C'est fini. Oublions tout ça.

Mahshid est chez elle ?

Vous voulez passer chez nous ?

Une ou deux nuits.

Morteza est au courant ?

Je ne viens pas.

Je vais le prévenir.

Laisse-moi le calmer, sinon il ne viendra jamais.

Un homme ne pleure jamais !

- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Bonjour, tonton.

Madame ?

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Tu l'as prévenu ?

Moi ? Je vous jure que non.

C'est l'école. On refusait de me le donner.

Vous n'étiez pas là.

Voulez-vous un verre d'eau ?

Tu peux partir.

Merdeux.

- Bonjour, monsieur. - Qu'est-ce que tu fais là ?

Mon tchador est en haut. J'ose pas monter.

- Mojdeh est là ? - Qui ?

- Ma femme ? - Oui, mais ils s'en vont.

Je ne préfère pas monter.

Monte...

Maman dit qu'il y a un numéro inconnu affiché sur notre téléphone.

Elle ne sait pas à qui il appartient.

Hier soir, quand je dormais,

j'ai entendu une vitre brisée, j'ai cru que c'était un voleur.

J'ai vu papa et maman se disputer.

Mon papa avait cassé la vitre.

Il saignait, il est allé aux urgences.

Il est rentré très tard.

Tu sais pourquoi ils se disputaient ?

Maman dit qu'il y a quelqu'un d'autre.

C'est tout ce qu'elle m'a dit.

Va te laver le visage. On va chez nous.

Je devais aller voir le feu d'artifice avec papa.

Il faut être sage.

Il va être triste, papa, si je ne suis pas là.

C'est mon père !

Pourquoi tu pleures, mon cœur ?

- Comment ça va, Ahmad ? - Ça peut aller.

Qu'est-ce qu'elle a, ta femme ?

Elle veut aller où ?

Je ne sais pas, elle veut partir.

Chez nous, je crois.

Reste un peu avec tonton Ahmad, je discute avec maman,

et après on sort.

Ne pleure pas.

Morteza ?

Je ne vais rien lui faire.

Vas-y, s'il te plaît, occupe-toi de lui.

Ma chérie, écoute-moi un peu, après tu feras ce que tu veux.

Tu pourras partir avec le petit. J'ai à te parler.

Reste calme.

- Allons tous chez nous. - Tu vois bien la situation.

Pars pas !

- Je veux te parler. - Me touche pas, ordure !

- Mojdeh... - Te mêle pas, Ahmad !

Contrôle-toi, le pauvre est venu se réconcilier avec toi.

Sous la pression de sa femme !

Je suis vraiment désolé, Ahmad. Pardon.

Je te demande pardon.

Allez dans sa chambre.

Je voudrais un taxi, s'il vous plaît. Pour Samii.

Laisse tomber.

Je te demande pardon. Ecoute-moi une minute.

Jusqu'à aujourd'hui, je n'avais jamais frappé qui que ce soit !

Tu le sais bien. Mais tu m'as poussé...

- C'est de ma faute ? - Oui, c'est toi.

Ordure ! T'as pas honte d'avoir frappé ta femme dans la rue ?

- C'est de ta faute ! - Ma faute ?

- Sois pas lâche, dis la vérité ! - Quelle vérité ?

A qui appartient ce numéro ?

Qu'est-ce que j'en sais ?

Pourquoi elle appelle dès que je sors ?

Bon Dieu de bon sang !

- Dis la vérité. - Quelle vérité ?

T'as peur de quoi ?

Viens voir une minute, viens !

Amir-Ali, va dans ta chambre.

Viens, viens.

Dépêche-toi.

Je te demande une minute d'attention.

Ce matin, t'as sonné chez qui ?

Votre sonnette ne marchait pas. J'ai sonné chez votre voisine.

Elle a appelé chez vous pour qu'on m'ouvre.

Et avant-hier ?

Elle voulait savoir pourquoi j'avais dit du mal d'elle à la réunion.

J'ai dit que je n'avais pas dit de mal d'elle.

T'as même pris sa défense !

Ils voulaient que je dépose une plainte.

- J'ai dit non. - Il y avait ta voix sur son répondeur.

Qui a dit ça ? Dis-le pour qu'on tire tout ça au clair.

Tu sors avec elle. Tu devais la voir.

Il n'y avait personne. Je ne ferais pas l'erreur de l'emmener.

Quoi ?

Pourquoi t'es sorti ? On devait se parler.

Demande à l'enfoiré qui m'a obligé à bosser.

Elle a appelé pour annuler votre rancart. Tu me prends pour une conne ?

- On s'en va. - Non !

Tu devrais avoir honte, Mojdeh !

T'as mis son tchador pour m'espionner. C'est une honte !

Ouvre, je veux partir !

Tu as souillé mon honneur.

Va dans ta chambre, mon chéri.

C'est de ma faute ?

T'avais pas rancart avec elle, entre 2 et 5 heures ?

Bon, calme-toi, viens ici.

Va voir notre voisine et demande-lui son répondeur.

Tais-toi !

Il ne manque plus qu'elle ici !

Mais comment te prouver que t'es folle, que t'es malade !

Mon Dieu !

C'est moi qui suis folle ?

Je ne savais même pas qu'on partait à 4 heures.

Mais elle, elle le savait !

Comment ça, elle le savait ?

Mais dis-moi comment ?

C'est à moi que tu le demandes ?

Je te jure que je ne lui ai rien dit.

Ne la mêle pas à ça.

Il a peur.

C'est moi qui ai pris les billets.

- C'est moi, la folle ? - Il n'y a rien entre nous.

Ne jure pas, mais garde un peu de dignité.

T'as raison, laisse-moi partir.

C'est Simine qui m'a donné les billets.

Elle m'a demandé de vous les donner. Vous étiez sortie.

Pourquoi elle avait nos billets ?

Votre sonnette ne marche pas. Le coursier les a déposés chez elle.

Elle me les a donnés. Je les ai posés sur la table.

Elle y jetait un œil quand elle me les a donnés.

Calme-toi un peu, mon ange.

Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

Ça ne me regardait pas.

Je ne voulais pas vous embêter.

Va lui mettre sa veste.

Je suis un sale type.

J'ose pas te regarder.

Je n'avais aucun droit de te battre, aujourd'hui.

Tu n'imagines pas combien je me sens mal.

Pardon.

Ma douce...

Regarde-moi, je t'en prie.

Jure sur la tête de ton fils.

Je n'ai jamais juré sur la tête d'Amir-Ali, mais je te jure que je t'aime.

J'aime notre vie, je t'aime, j'aime notre fils.

Oublie tout ça, je t'en prie.

On est prêts, papa. On y va ?

Viens prendre l'air avec nous.

Non... Vas-y, tu lui as promis.

Allez, papa !

On y va.

- On y va ? - Oui.

C'est à vous, monsieur.

Viens, je te dépose.

Merci, je prendrai le bus.

Tu es en retard. On fera le reste.

J'habite très loin, monsieur.

Je te dépose devant une agence de taxis.

Viens voir le spectacle avec nous !

Désolée, je suis en retard.

Pardon, madame, je peux récupérer mon tchador ?

Je te le rembourserai.

Au revoir, madame.

Je vais voir des feux d'artifice !

Je vais voir des feux d'artifice !

Tu habites où ?

Près du mausolée de l'lmam Davoud.

Peux-tu attendre encore un peu ?

Je te déposerai chez toi, quand j'aurai fini.

C'est impossible. Mon fiancé m'attend.

Tu ne trouveras aucun véhicule.

Tu n'arriveras même pas à minuit.

Tu vas dépenser une fortune en taxi.

Je ne veux pas abuser.

C'est moi qui te le propose. C'est dangereux, la nuit.

Justement, une de mes collègues de travail

a terminé tard, et elle a disparu.

On la cherche encore.

Au bureau, on pense que c'est la "Chauve Souris".

Qui ?

La "Chauve Souris".

Il s'est fait arrêter.

Il n'est pas seul, il y en a plein dans son genre.

Amir-Ali, fais attention !

Tu peux jouer avec lui une demi-heure ? Je reviens vite.

Pas une demi-heure, une heure au moins.

Entendu.

Pas plus d'une heure, alors.

Je te dépose, pourquoi tu t'inquiètes ?

Je vais faire des courses.

Viens voir, fiston.

T'écoutes tout ce que te dit la jeune fille.

Attention au feu. Et les pétards, c'est...

Interdit !

Qui est l'amour de papa ?

C'est Amir-Ali. On y va ?

Ne vous éloignez pas trop. Restez dans les parages.

Donnez-moi une cartouche.

Un paquet de Marlboro rouges.

Tu fumes, toi ?

Bonjour, monsieur Samii.

Je ne suis pas fumeur, moi.

- De quoi t'as peur ? - Ma mère n'a pas le sens de l'humour.

Dégage, je veux plus te voir.

Laisse tomber, c'est qui ce ringard ?

Tu t'es assoupi ?

T'es en retard ?

- Je ne peux pas rester longtemps. - Pourquoi ?

J'ai des choses à faire.

Je croyais plus te revoir jusqu'à la fin des fêtes.

- Ça va être dur. - Mais non...

T'as bien fait de venir.

Qu'est-ce qui s'est passé chez vous ?

Rien.

- C'est bon, maintenant. - Vous vous disputiez.

C'est réglé, n'en parlons plus.

Alors pourquoi t'es si mal en point ?

Garde-le, en souvenir.

Alors, c'était quoi ?

Rien, je te dis, laisse tomber. Oublie.

Tu fais quoi pour les fêtes ?

Rien.

Mais toi, essaie de passer du bon temps.

Pense un peu à toi, t'as pas bonne mine.

Passer du bon temps. Tu parles !

Je deviens fou, quand je ne te vois pas un jour.

Comment passer du bon temps ?

Nous avions convenu un autre pacte.

Arrête, je suis sérieux.

Moi aussi, je suis sérieuse.

Comme si ce genre de chose tenait compte de nos promesses.

Ta femme se fait du mal. Je comprends ça très bien.

Je sais bien.

Mais que faire ?

Je suis complètement paumé.

Je me dégoûte.

Ça ne peut pas durer.

Je l'ai battue aujourd'hui, dans la rue.

Devant tout le monde.

Elle a des soupçons ?

Non.

Elle n'en a plus aucun, maintenant.

C'est le moment, alors.

Pour faire quoi ?

Pour qu'on en finisse, toi et moi.

Qu'on en finisse alors que tout s'est arrangé ?

Arrangé ?

Comme ça.

Ça ne peut pas durer.

C'est inutile.

Arrêtons d'en parler. Allons faire un tour.

J'ai des choses à faire.

Alors, cessons d'en parler, le peu que nous sommes ensemble.

Je suis venue te l'annoncer.

M'annoncer quoi ? Me dire que...

T'appelles tout le temps pour me voir,

et maintenant tu me dis que tu veux en finir.

Aussi simplement que ça ?

Merci, Simine.

Ça ne peut pas continuer ainsi.

Mais tu ne veux pas comprendre.

Tu bousilles ta vie, ta famille...

C'est une relation...

Morteza !

T'es en train de pleurer ? Fais voir, idiot.

C'est rien, c'est une allergie.

Qu'est-ce qui est arrivé à ta main ?

Tu restes à Téhéran ?

Laisse tomber tout ça.

Nous ne sommes plus des enfants.

Je ne sais plus quoi te dire.

Ta femme aurait préféré te voir avec une professionnelle

plutôt qu'avec une autre femme.

Je t'appellerai de là-bas.

Je ne répondrai pas à tes appels.

Tu ne comprends pas ? J'appellerai.

Tu t'y habitueras, chéri.

Mon mari aussi était amoureux de moi.

Puis un jour, il m'a quittée.

Arrête, je te dis.

Ça suffit.

Imagine que c'était un souvenir et que ça a pris fin.

Vous allez partir à Dubaï.

Peut-être même y vivre pour un bout de temps. Ça passera.

Oublie-moi, je ne le mérite pas.

Attends encore un peu.

Ne me touche pas.

Je ne peux pas. Je dois partir.

- J'ai un rendez-vous. - Avec qui ?

Je t'appellerai.

Ne le prends pas mal si je ne réponds pas.

Prends bien soin de toi.

Tout est fini entre nous.

Pardon, monsieur.

Vous êtes le voisin de Simine ?

Oui, je suis son voisin.

J'ai amené notre fille. Elle n'est pas là.

Comment allez-vous ?

Je vous remets.

Elle devait la voir avant les fêtes. Ça fait une semaine qu'elle la réclame.

Je suis Samii, son voisin. Je viens à peine d'arriver.

- Entrez. - Je ne veux pas vous embêter.

- Je vais vous ouvrir. - Non...

Vous êtes trop aimable.

Merci beaucoup. Montez, ne vous gênez pas.

La petite est dans la voiture. Bonne année.

A vous et à votre famille.

Pareillement.

Il dort. Tu peux descendre ?

Tu peux emporter ça, s'il te plaît ?

Dépêche-toi, avant que la porte se ferme.

Pose ça ici.

Pas la peine de monter. Attends-moi.

Je laisse le petit et je descends.

Appuie sur la touche 6.

Maman !

Bonjour, mon ange. Attention de ne pas tomber.

Qui t'a donné ça, ma belle ?

C'est papa.

Qu'est-ce qu'il est gentil, papa !

Tu portes le paquet de maman ?

- Ça va ? - Oui, et toi ?

Merci.

Vous aussi, vous avez acheté de la verdure ?

On va mettre un ruban rouge.

T'es encore là, toi ?

T'as avalé ton bonjour, mon ange.

Bonsoir.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.

Bonsoir.

Encore là ?

- Votre mari... - Il ne t'a pas déposée ?

Morteza, pourquoi tu ne lui as pas trouvé un taxi ?

Il couche Amir-Ali. Il arrive.

Madame...

Oui ?

Aujourd'hui, je...

- Quoi, aujourd'hui ? - Moins fort, il dort.

Rien.

Peux-tu te charger des valises ?

- Tu voulais me dire quoi ? - Rien, madame.

Si tu as besoin d'aide, demande au concierge.

Pourquoi t'es montée ? J'allais venir.

On y va.

Rentre vite.

Toute seule, tu ne serais toujours pas arrivée.

Tu as fait une bonne chose, aujourd'hui. Tu m'as bien aidé.

Je ne comprends pas pourquoi tu es montée.

Qu'est-ce que tu comptais lui dire ?

Rien.

Devant la porte, tu voulais lui dire quelque chose.

Tu voulais parler des billets ?

Non.

Tu as dis que Simine t'avait donné les billets. Tu as menti ?

Oui.

Pourquoi ?

Comme ça.

On ne ment pas comme ça.

Madame Simine a été très gentille avec moi, aujourd'hui.

Et alors ?

Tu n'aurais pas dû monter.

Elle a compris ?

Je descends.

Je vais te déposer, il se fait tard.

Merci beaucoup. Je descends ici.

Pourquoi ?

Abdolreza est là. J'y vais moi-même.

Il t'aime beaucoup, pour t'attendre si longtemps.

- Arrêtez-vous. - D'accord.

Au revoir.

Je peux faire demi-tour plus loin ?

T'en as mis du temps !

J'ai appelé pour te dire que j'aurais du retard.

Le gars était incapable de me répondre.

J'ai appelé vers 14h30 ou 15h.

Où est ton tchador ?

Allons-nous-en. Je te raconterai plus tard.

Viens.

Quoi ?

Qu'est-ce que t'as fait ? T'es plus belle.

Je suis allée chez le coiffeur.

C'est celui chez qui j'ai travaillé.

Il t'a ramenée jusqu'ici, le pauvre.

- Comment vous remercier ? - N'en parlons pas.

Ma femme a insisté pour que je la dépose.

Le tchador de votre femme est resté chez nous.

Gardez-le, ce n'est pas grave.

Je vous souhaite une bonne année.

Merci bien.

On se gèle.

Il fait froid.

- Tout va bien ? - Oui, merci.

Vous ne voulez vraiment pas monter ?

Je vous remercie.

Il fait froid, ne faites pas de manières.

Sincèrement, non.

Mojdeh ?

Chérie, pourquoi tu t'es endormie ici ?

Retourne dans ton lit.

Adaptation : Marjan SHARIFI & Nader T. HOMAYOUN

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