All language subtitles for The.Sweet.Hereafter.(1997)

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Original subtitles

Acceptez-vous un P.C.V. de Zoe ?

- Oui, j'accepte. - Papa, c'est moi. Comment vas-tu ?

Très bien.

C'est bien.

C'est quoi, ce bruit ?

Je suis dans la station de lavage.

Je n'ai jamais parlé avec toi là-dedans. Les vitres sont fermées ?

Tu te rappelles quand je jouais avec la vitre dans la station ?

J'avais quel âge ? Cinq, six ans ? J'étais toute trempée, tu te souviens ?

- Pourquoi tu me téléphones ? - Pourquoi je te téléphone ?

Tu es mon père. Je n'ai pas le droit de te téléphoner ?

Quel mal je fais de te téléphoner ?

- Bien sûr que tu peux me téléphoner ! - Où est le problème alors ?

Le problème...

c'est que je ne sais pas avec qui je parle.

Parce que tu crois que je suis stoned ? Que j'ai une aiguille dans le bras ?

Que je me suis shootée et que je vais te taper ?

Ce n'est pas croyable, putain !

Tu m'écoutes, papa ?

Pourquoi tu ne peux pas me parler ?

Parce que je veux savoir comment tu vas

avant de savoir comment te parler.

Allez, viens.

Génial ! Tu es la meilleure.

- Tu es sérieux ? - Bien sûr.

Tu n'as pas l'air convaincu.

Je le suis. Vraiment.

Vraiment.

C'était génial !

Je suis très contente, papa.

On va manger une glace ?

- Central, vous m'entendez ? - Parlez, je vous prie.

Je suis dans une drôle de situation. Je téléphone de ma voiture.

- Je suis dans la station de lavage. - La station de lavage ?

Oui, dans une station de lavage.

Pourriez-vous parler plus fort ?

Je ne vous entends plus.

Ça y est. Tout le monde dehors !

Dépêchons-nous !

Rassemblez-vous !

Allez ! On n'a pas que ça à faire de la journée.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Dolores est toujours très occupée avec les enfants.

Sa vie tourne autour des enfants.

Heidi, c'est valable pour toi aussi. Shane, viens ici.

Ces bêtes ont l'air gentilles, mais elles ne se plaisent pas ici

malgré toutes leurs décorations.

Règle 2...

Règle 2 : interdit de frapper, de pousser et de mordre.

Règle 3 : les grands surveillent les petits.

Si vous perdez le groupe, vous entrez ici.

Règle 4 : amusez-vous bien.

Il pleut dehors ?

J'ai eu un petit accident. Vous avez une chambre ?

- Pour plus d'une nuit ? - Peut-être que je ferai affaire ici.

Vous êtes journaliste ?

Vous êtes venu pour l'accident ?

Je suis juriste.

Il est important que nous parlions.

Kyle Lamsdon est un poivrot. Personne ne l'aime. C'est un minable.

Comment ça ?

Il boit depuis l'école secondaire.

- Il est assez malin. - Il a un dossier judiciaire ?

Au moins cinq délits de la circulation.

On lui a retiré son permis. C'est pour ça qu'il ne travaille plus.

Il reste dans son antre puant.

Il boit tout son argent.

De quoi vit sa famille ?

Je ne sais pas.

De la charité, du chômage, de la soupe populaire... Ils en bavent.

- Et parlez-moi de Dora. - Doreen.

C'était une de mes amies.

Quand cela ?

À l'école.

Elle est tombée amoureuse de Kyle juste avant l'examen.

Elle est tombée enceinte.

Ils sont allés vivre dans une caravane sur le terrain du père de Kyle.

Kyle allait de plus en plus souvent au Spread Eagle.

Le bistrot de l'endroit ?

Il rentrait soûl le soir.

D'après moi, il se sentait coincé.

Il disait que c'était de sa faute à elle...

Et...

Et il la battait.

Il la battait ?

Pour faire ça bien

pour recevoir des dommages pour la mort de votre fils

on a besoin de gens comme vous. De parents aimants

sans dossier judiciaire et qui n'ont jamais créé de problèmes.

Qui parmi les gens que vous avez nommés et dont les enfants sont morts

considérez-vous comme de bons voisins ?

Des gens qui peuvent nous aider.

Les Hamilton. Joe et Shelly Hamilton.

Tu parles !

Tout le monde sait que Joey vole des antiquités dans les villas

et qu'il les revend à des receleurs. Il fait ça depuis des années.

C'est ce que j'ai besoin de savoir.

- Ça ne surgira pas à l'improviste. - Et les Prescott.

Tu sais à combien s'élève sa dette à la banque ?

Il va perdre sa maison et sa voiture.

- Mais Charlene... - Elle va au café tous les soirs.

Elle couche avec tout le monde.

Elle ouvre grand les jambes pour un compliment et un bac de cacahuètes.

Les Atwater et les Biladow, tous des consanguins.

Les Otto.

- Parlez-moi des Otto. - Wanda et Hartley.

Ils ont perdu Bear.

C'était leur fils adoptif.

Un beau gamin. Un Indien.

Les juges aiment ça. Que savez-vous d'autre sur les Otto ?

Ce sont des gens intelligents. Ils ont fait des études.

- Ils habitent ici depuis dix ans. - Qu'est-ce qu'ils font ?

De l'art.

Wanda fait des photos. Celle-ci est d'elle. Ici, au mur.

- Ils fument de l'herbe ? - Je ne sais pas.

Ils n'ont jamais été pris ?

Je ne sais pas.

Tu ne sais pas !

Excusez-moi.

- Acceptez-vous un P.C.V. de Zoe ? - Oui, j'accepte.

Vous permettez que je téléphone ?

Tu es où, ma chérie ?

Oui, j'écoute.

Je suis sérieux. Je comprends ce que tu dis.

Tu aimes bien le médecin. Alors la bataille est presque gagnée.

- De quoi je suis jaloux ? - Il est plus malin que toi.

Et les Otto aussi sont malins. Tu as entendu ce qu'il a dit :

C'est bien, Wendell.

- Monsieur ? - Les écouteurs ne marchent pas.

Je vais vous en chercher d'autres.

Prenez les miens.

Allison O'Donnel.

J'étais une amie de Zoe.

On allait à l'école ensemble.

On m'appelait Ally.

Oui, c'est vrai.

Comment allez-vous ?

- Bien, et toi ? - Bien.

Je travaille avec mon père.

Qu'est-ce qu'il faisait déjà ?

Il était votre partenaire.

- Comment va Mme Stevens ? - Bien. Mais nous sommes séparés.

Je sais. Mais elle va bien ?

Et comment va Zoe ?

Vous vous êtes déjà arrangés. Voici.

Bonjour, Wanda, Hartley.

Salut, Dolores.

- C'est de la belle neige, non ? - Plus loin, il fait plus clair.

- C'est bien. - Regarde.

- Qu'est-ce que c'est, Bear ? - À ton avis ?

- Intéressant. - Tu trouves ça horrible !

Je n'ai pas dit ça.

- Je peux aussi l'emballer. - Je le mettrai sur le toit.

- Bonne idée ! - C'est pour la kermesse de l'école.

C'est bizarre, non ? Viens, Bear. On y va.

- Allez, quitte ta folle de mère. - Au revoir, Wanda, Hartley.

Les Otto attendaient toujours le car avec Bear.

Ils étaient les seuls parents à faire ça.

Ensemble, comme ça.

Je pense qu'on pourrait

les appeler des hippies.

- Que voulez-vous dire, Mme Driscoll ? - Dolores.

Personne ne m'appelle Mme Driscoll.

- Que voulez-vous dire, Dolores ? - À propos des Otto ?

Que voulez-vous dire avec hippies ?

L'allure qu'ils ont.

Leurs cheveux et leurs vêtements...

Sont-ils connus comme des drogués ?

Non. Absolument pas.

Les Otto, je les appellerais plutôt

des citoyens modèles.

Ils vont aux réunions communales

ils donnent leur avis avec courtoisie

ils aident à l'occasion de divers

marchés aux puces, bien qu'ils

n'aillent pas à l'église.

Et ils aiment Bear ?

C'est leur petit chéri. C'est un très beau gamin.

Il y a une photo de lui au mur. À côté d'Abbott.

Elles ont été prises l'an dernier à la kermesse.

- Abbott et moi, on jugeait les bêtes. - Des lapins ?

Abbott en faisait l'élevage avant son attaque.

Bear a eu le premier prix.

Regardez comme il rit !

Avec lui, les gens se montraient sous leur meilleur jour.

Il serait devenu un homme formidable.

Billy Ansel s'est mis à nous klaxonner près d'Upperhat Creek.

Il klaxonnait toujours quand il était près du car.

Il faisait des signes à ses gosses. Jessica et Mason.

Ils s'asseyaient toujours à l'arrière.

Billy aimait voir ses gosses dans le car.

Il roulait derrière nous, jusqu'après le pont, en direction de l'école.

Billy roulait derrière le car au moment de l'accident ?

Ça

le consolait.

De quoi ?

De quoi ?

Je prends le plateau.

Croyez-vous qu'il avait des problèmes ?

- Des dettes, des délits ? - Non.

Absolument pas.

Lydia, la femme de Billy, que Dieu aie son âme

est morte du cancer il y a quelques années.

C'était une femme formidable et une bonne mère.

Chaude, tendre...

Elle avait une voix magnifique. Elle chantait à la chorale de l'église.

En tout cas

Billy s'est chargé de l'éducation.

Lydia lui manquait terriblement.

Tu peux parler ?

Tu es où ?

- Sur la route. - Tu vois les gosses ?

Je leur fais signe.

- C'est quoi, ce bruit ? - C'est Wendell.

Il croit réparer une fuite.

À mon avis, il en fait d'autres.

Nicole vient à 6 heures s'occuper des enfants.

- C'est trop tôt. - Elle doit être rentrée à 9 heures.

- Ce n'est pas possible plus tard ? - Si.

J'attendrai dans la chambre. Tu viendras quand tu pourras.

D'accord comme ça.

D'accord, ma belle !

Je suis contente que Zoe aille bien.

Vous êtes toujours en contact ?

Pas vraiment.

Je suis allée la voir au centre de désintoxication.

- Ça fait longtemps. - Lequel ?

Lequel ?

Quel centre ?

Je ne sais plus.

C'était près d'une plage.

Sunnyridge.

Oui, il y a longtemps de ça.

Il y en a donc eu plusieurs.

Plusieurs centres de désintoxication ? Sûrement !

Centres de désintoxication, centres d'accueil, cliniques...

Depuis quand va-t-elle mieux ?

Elle ne va pas mieux.

- Je croyais... - Je vais la voir maintenant.

Elle a des problèmes.

Tu ne trouves pas que la viande a un drôle de goût ?

Excusez-moi.

- Vous voulez du vin ? - La viande est trop cuite.

- Vous préférez du poisson ? - Quel poisson ?

Du saumon poché.

- Vous avez un plat froid ? - Oui.

Il y a des crevettes dessus ?

Pourriez-vous enlever les crevettes ?

- Il ne restera plus grand-chose. - Je verrai bien.

Excusez-moi un instant.

Mme Otto, je suis Mitchell Stevens.

D'après les Walker, vous voulez bien me parler.

Excusez-moi de passer à l'improviste.

Les Walker ont dit que vous comprendriez.

Je sais que ça tombe mal, mais il faut qu'on parle.

Qui êtes-vous ?

Je suis avocat.

- Vous ne pouvez pas entrer. - Je voudrais vous expliquer.

Je vous en prie.

On a un invité.

- Quel était votre nom déjà ? - Mitchell Stevens.

C'est les Walker qui l'ont envoyé.

Voulez-vous une tasse de thé ?

Volontiers.

Puis-je m'asseoir ? J'ai à vous parler.

Les Walker pensent beaucoup de bien de vous.

Ils vous ont engagé !

Parce que leur enfant est mort ?

Je les représente dans leur colère, non dans leur chagrin.

Et qui ont-ils engagés pour ça ?

Vous êtes en colère, Mme Otto.

C'est pourquoi je suis venu.

Pour donner une voix à votre colère.

Pour être votre arme contre la personne qui a provoqué l'accident.

Dolores faisait ce qu'elle faisait depuis des années.

L'assurance de Dolores était minimale. Au plus, quelques millions.

Les grosses sommes sont dans la ville ou l'entreprise qui a fabriqué le car.

L'accident a été causé par quelqu'un d'autre ?

Les accidents, ça n'existe pas.

Le mot ne me dit rien.

D'après moi, quelqu'un a décidé quelque part

de faire des économies.

Une entreprise ou un bureau corrompu a calculé la différence

entre un boulon à 10 centimes et un arrangement à un million de dollars.

Et ils ont décidé de sacrifier plusieurs vies.

C'est ce qui s'est passé.

Ça arrive si souvent.

D'après Dolores, elle a roulé sur une plaque de verglas

et elle a perdu le contrôle du car.

Depuis quand Dolores conduisait le car ? Combien de fois tout s'est bien passé ?

Que s'est-il passé ce matin-là ?

Quelqu'un a calculé le prix du sacrifice de la sécurité.

On ne peut pas imaginer un truc plus cynique, mais c'est comme ça.

Et maintenant

je dois veiller à ce que le responsable soit puni.

Vous êtes donc ce qu'il nous faut.

C'est bien ce que vous voulez nous faire croire, M. Stevens ?

Que vous savez ce qui est le mieux pour nous ?

Écoutez, Mme Otto.

Et écoutez bien.

Je sais vraiment ce qui est le mieux.

Pendant qu'on parle ici

la commune, la direction de l'école et le fabricant du car

réunissent

leurs avocats pour négocier avec les autres parents.

Et cela me met hors de moi.

C'est pourquoi je suis là.

Si tout le monde avait bien fait son travail

votre fils serait maintenant à l'école.

Je vous promets de chercher

qui n'a pas fait son travail.

Qui est responsable de ce

drame.

En votre nom, en celui des Walker et de tous ceux qui veulent participer

je les inculperai.

Je les inculperai pour négligence jusqu'à ce qu'ils casquent.

Je veux qu'il passe le reste de sa vie

en prison.

Je veux

qu'il meurt en prison.

Je n'ai pas besoin de son argent.

Il est probable que personne n'ira en prison.

Mais lui et son entreprise payeront d'une autre manière.

Il le faut. Non pas pour réparer la mort de votre fils.

Ça, c'est impossible.

Mais pour protéger d'autres enfants innocents.

Je ne suis pas ici que comme porte-parole de votre colère...

Mais aussi pour l'avenir.

Vous êtes cher ?

Si vous vous laissez représenter par moi

vous ne payerez que si nous gagnons.

Et j'encaisserai un tiers de la somme allouée.

Si vous ne recevez pas d'argent, vous ne me devrez rien.

- C'est un accord standard. - Vous avez apporté le contrat ?

Oui, il est dans ma voiture.

Je reviens tout de suite.

Mais discutez-en d'abord sans moi avant de prendre une décision.

J'ai fait ce que doit faire tout bon père d'une droguée.

Je l'ai envoyée dans les meilleures cliniques

mais quinze jours après, elle était dans la rue.

Elle me téléphonait pour de l'argent. Pour ses études, pour un thérapeute

pour un billet pour rentrer.

Laisse-moi rentrer à la maison, papa. Je veux te voir.

Mais elle ne venait jamais.

Je l'attendais, mais elle ne venait jamais.

Pendant dix ans. Dix ans de mensonges.

Qu'aurait-il arrivé si je n'avais pas envoyé d'argent ?

Si j'avais enfoncé les portes et si je l'avais tirée de ces apparts crados.

Alors que j'expliquais que ce n'était pas ma fille dans ce film porno.

Après tant de colère et d'impuissance, l'amour change.

En quoi ?

Ça devient de la colère impuissante.

Ils viennent de manger.

C'était bon ?

Bien sûr. Je serai revenu pour 9 heures.

Tu attends depuis longtemps ?

- Depuis un moment. - Il faut vraiment que tu fumes ?

Wendell sent quand on a fumé.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? - Wendell a réparé la baignoire.

- Je ne peux pas me doucher ? - Ça devrait être sec.

- Il revient quand ? - Après le match.

Le match.

Le charmeur de rats de Hamelen.

Hamelen est près de la ville d'Hanovre.

Un fleuve large et profond, le Weser, coule au sud de la ville.

C'est très beau. Mais quand commence ma rengaine ?

- C'est quoi déjà une rengaine ? - Une sorte de chanson.

Il y a 500 ans, la ville était la proie de la vermine.

C'est quoi la vermine ?

Des rats.

Ils tuaient les chiens et les chats et mordaient les bébés.

Ils mangeaient les fromages et léchaient la soupe dans la cuillère.

Ils mangeaient des sprats salés et nichaient dans les chapeaux des hommes.

Les femmes ne pouvaient plus s'entendre. Les rats poussaient des cris

dans 50 tons différents.

Je pourrai m'asseoir à côté de toi dans le car ?

Tu ne veux pas t'asseoir derrière et faire signe à papa ?

Demain, je veux être à côté de toi.

Le charmeur de rats a emmené les enfants parce que la ville ne voulait pas payer ?

Oui.

S'il était magicien, s'il pouvait emmener les enfants avec lui

pourquoi ne s'est-il pas servi de la flûte pour faire payer les gens ?

Parce que

il voulait qu'ils soient punis.

- Il était méchant ? - Non, pas méchant.

Il était seulement très

très en colère.

Je continue à lire ?

Tu penses à quoi ?

Demain, Sean ne veut pas prendre le car.

Il ne veut jamais.

Il va pleurer.

Il ne veut pas me lâcher.

Parce que tu lui manques.

- C'est normal. - Tes gosses ne pleurent jamais.

Peut-être parce que je suis le car.

Ils s'en réjouissent d'avance.

Comme nous, on se réjouit de ça.

Tu t'en vas ?

Oui, il faut que je rentre. Je te l'ai déjà dit, Nicole doit...

Au revoir, Billy.

Au revoir, Risa.

Vous en êtes sûr ?

Je trouve seulement que c'est très

bizarre.

- Pourquoi ? - Je ne sais pas.

Je donne ces affaires à l'église pour une bonne cause.

Ou bien ça t'embête de porter ces vêtements ?

Je me souviens quand Mme Ansel les portait.

Mais ça ne me dérange pas.

Je l'aimais beaucoup.

Elle t'aimait bien aussi.

Elle te les aurait sûrement donnés si elle n'avait pas grandi.

Que voulez-vous dire : grandi ?

Je n'en sais rien moi même.

J'avais encore des petites idées pour le numéro que vous préparez.

- Fais écouter ça aux gars. - Merci beaucoup.

Il y a eu un bruissement

comme un brouhaha

de gens qui s'affairent.

Des petits pieds trottinaient, des sabots cliquetaient

des petites mains claquaient et des langues papotaient.

Et tels des veaux à la ferme à qui l'on lance de l'orge

les enfants arrivaient en courant.

Tous ces gamins et ces gamines

aux joues roses et aux boucles blondes

aux yeux brillants et aux dents étincelantes.

Sautillant et gambadant

ils suivaient la merveilleuse musique dans les cris et les rires.

Et regarde

lorsqu'ils arrivèrent à la montagne

une porte s'ouvrit toute grande

comme si une grotte surgissait brusquement.

Le charmeur de rats marchait devant, suivi par les enfants.

Quand tout le monde fut entré

la porte de la montagne se referma.

J'ai dit tout le monde ? Non.

Il y avait un boiteux qui n'avait pas pu danser tout le long du chemin.

Et après ça, quand quelqu'un lui parlait de sa tristesse

il répondait toujours :

La ville est triste depuis que mes amis sont partis.

Je ne peux pas oublier que je suis privé de toutes les belles choses

que m'avait promises le charmeur de rats.

Il avait dit qu'il nous emmenait dans un pays joyeux.

Un pays qui est près d'ici.

Où coulait l'eau et où poussaient les arbres fruitiers.

Où les fleurs avaient de magnifiques couleurs

et où tout était étrange et nouveau.

Au bout de la Bartlett Hill Road

le car était à moitié plein.

Voyons. Il y avait 20

non, 22 gosses dans le car.

Ils marchaient vers les arrêts sur la route principale

depuis des chemins et des sentiers latéraux.

De petits groupes colorés de trois ou quatre gosses.

Comme des groseilles qui attendent d'être cueillies.

C'est ainsi que je les voyais.

Comme des groseilles ?

Que je mettais dans mon grand panier.

Je cueillais les enfants sur la colline.

L'arrêt suivant était près du Bide-A-While.

C'est géré par Risa et Wendell Walker.

Risa a traversé de l'autre côté avec Sean, comme d'habitude.

Sean a des problèmes d'apprentissage.

Il est en retard pour son âge.

Et il est trop nerveux pour participer aux sports.

C'est un gamin bizarre, mais tout le monde l'aimait bien.

Bonjour, Dolores.

Tu n'as pas froid aux pieds ?

Je crois que si.

Je veux rester avec toi.

Allons, mon chéri.

Viens t'asseoir à côté de moi, Sean.

- Il va bien ? - Je ne sais pas.

- Il a de la fièvre ? - Il n'est pas malade.

Il y a parfois des matins... Vous voyez ce que je veux dire.

Mais je n'avais jamais de ces matins !

Pas quand je conduisais le car.

Pas quand j'avais les enfants.

Ça va, Sean ?

Tu as envie d'aller à l'école ?

Du calme, derrière !

Je vous préviens :

Sinon, vous irez à l'école à pied.

Tu n'en as sûrement pas envie. Il fait froid, hein, Bear ?

Chaque fois que je sors pour sauver Zoe

je pense à l'été où elle a failli mourir.

Elle avait trois ans.

C'est arrivé dans la petite maison qu'on louait.

On dormait tous.

C'était une période heureuse.

On croyait avoir un avenir tous les trois.

- Tu es déjà allé dans cette maison ? - Je ne crois pas.

Je me souviens

m'être réveillé parce que Zoe respirait fort.

J'ai regardé et j'ai vu qu'elle transpirait

et qu'elle était toute gonflée.

Je l'ai soulevée et je lui ai mouillé le visage.

- Qu'était-il arrivé ? - Aucune idée.

J'étais paniqué. J'ai cru qu'elle avait été piquée par un insecte.

L'hôpital était à soixante kilomètres.

Elle continuait à gonfler.

Klara la tenait dans ses bras pendant que je téléphonais à l'hôpital.

Finalement, j'ai eu un docteur.

Il pensait qu'il devait y avoir un nid d'araignées dans le matelas.

Ça devait être des jeunes. Sinon, Zoe serait morte.

Il a fallu l'emmener à l'hôpital.

Il a pensé qu'on aurait le temps avant que sa gorge ne se bouche.

Veillez à ce qu'elle reste calme.

Il a demandé si elle serait plus calme avec l'un de nous. Oui, avec moi.

Et c'était vrai.

À ce moment-là, les yeux de Klara étaient remplis de peur.

Cette peur était contagieuse.

J'ai préféré jouer la comédie.

Et Zoe

nous aimait encore autant tous les deux.

Maintenant, elle nous déteste autant tous les deux.

Je devais la tenir sur mes genoux et Klara devait conduire.

Je devais emporter un petit couteau tranchant.

Il devait être propre. On n'avait pas le temps de le stériliser.

Il m'a expliqué comment faire une trachéotomie.

Je devais couper dans la gorge et dans la bronche.

Il y aurait beaucoup de sang. Je ne peux pas, ai-je dit.

Il a dit : M. Stevens

il le faudra bien quand elle ne pourra plus respirer.

Vous avez environ deux minutes, et elle aura perdu connaissance.

Veillez à ce qu'elle soit détendue

pour que son petit coeur ne batte pas trop vite

et que le poison se répande

et vous arriverez à temps.

Dépêchez-vous, a-t-il dit. Et il a raccroché.

Ça a été un trajet inoubliable.

J'étais partagé en deux.

D'un côté, le papa qui chantait des chansons pour sa petite fille.

De l'autre

un chirurgien prêt à lui couper dans la gorge.

Je devais faire l'incision au moment où Zoe arrêterait de respirer.

Et alors ?

Et alors ?

Rien.

On est arrivés à l'hôpital à temps.

Je n'ai pas eu besoin de faire ce à quoi je m'étais préparé.

Mais j'étais prêt à le faire.

Je savais que tu étais ici.

- Tu vas à l'enterrement ? - Je suis allé à la station-service.

J'ai regardé le car.

Je pouvais presque entendre les gosses.

Il y a un avocat qui a dit

- qu'il travaillait pour vous. - Il va rechercher la cause.

C'était un accident.

D'après lui, c'est à cause d'un mauvais boulon.

J'ai examiné le car. Il n'y a rien à redire.

Ou la glissière de sécurité n'était pas assez solide.

Tu crois ?

Il faut bien.

- Pourquoi ? - Parce que.

Moi pas.

Tu avais donné à Nicole un pull de Lydia ?

Elle le portait au moment de l'accident ?

- Pourquoi tu as fait ça ? - Tu crois que c'est la cause ?

Que ça a porté malheur ? Tu ferais mieux de chercher un guérisseur.

Ça revient peut-être au même.

Tu sais ce qui me manquera encore plus que le sexe ?

Les nuits où tu ne pouvais pas venir.

Je restais une heure sur cette chaise.

Je fumais une cigarette et je méditais sur ma vie.

La mémoire est douce.

Tu as beaucoup de chance !

Essaye de ne pas y penser.

Concentre-toi sur ta guérison.

Attends de voir ce qui t'attend à la maison !

Comment tu la trouves ?

- L'allée ? - Elle est belle, hein ?

- Très belle. - Tu aimes la couleur ?

- Ça va. - Je peux aussi en mettre une autre.

Pas de problème.

Je ne sais pas.

Elle ne me plaît pas trop.

J'ai élargi plusieurs portes.

On vient d'aller la chercher. Elle va bien.

Elle ne l'a pas encore vu.

On n'en a pas encore parlé.

- Alors ? - Je veux un verrou sur la porte.

D'accord.

Je vais le mettre tout de suite.

Je ne peux pas venir près de toi ?

Si, je t'en prie. Tu peux même dormir dans mon lit.

C'est trop haut. Je n'arriverai pas à l'attraper.

Je vais chercher de l'enduit.

Ta nouvelle chambre te plaît ?

C'est intéressant.

Ton père y a passé tout son temps libre.

Il fallait que ce soit parfait.

J'ai l'impression d'être une princesse.

C'est quoi ?

C'est

un cadeau.

De vous ?

Non, de M. Stevens.

Il vient de téléphoner pour demander comment tu allais.

Qui est M. Stevens ?

Un avocat. Notre avocat.

Toi et maman, vous avez un avocat ?

- C'est aussi ton avocat. - J'ai besoin d'un avocat ?

Il ne faut pas encore parler de ça.

- Tu veux manger ? - Pourquoi faire un avocat ?

C'est un homme gentil.

Il savait que tu avais besoin d'un ordinateur.

- Il y a même un truc dedans... - Un programme.

pour composer des chansons.

Des pères, des mères

des oncles, des cousins

des familles composées de dizaines de personnes

des frères, des soeurs

des hommes et des femmes

ont suivi le charmeur de rats pour la vie.

Ça fait longtemps que je voulais te rencontrer.

Pas seulement à cause de tout le bien qu'on m'a dit de toi.

Mais parce que je te représente, toi, ton père et ta mère

et d'autres gens.

On essaye d'obtenir une compensation

pour tes souffrances.

Et pour qu'un accident comme ça n'arrive plus jamais.

Je ne veux pas penser à l'accident.

Je ne me souviens de rien.

En plus

tout le monde a seulement pitié de moi...

- Et tu détestes ça. - Elle veut dire...

Ils n'y peuvent rien.

En te voyant dans un fauteuil roulant, ils ont pitié de toi.

Je ne te connaissais pas, et je ne savais rien de ta vie avant l'accident

mais j'ai aussi pitié de toi.

Que voulez-vous que je fasse pour vous, M. Stevens ?

Ils travaillent pour les gens qu'on tente d'inculper.

Ils veulent minimaliser les dommages. Nous, on veut les maximaliser.

Il faut les voir comme des gens qui font leur travail.

Ils ne sont pas mauvais, mais ils sont de l'autre côté.

- Je ne mentirai pas. - Moi non plus.

Quoi qu'on me demande, je dirai la vérité.

Bien sûr. C'est aussi ce que je veux.

Je suis là pour te conseiller.

Un sténographe note tout, et ça va au juge.

Tout le monde doit témoigner. Les Otto, Dolores, ton père, ta mère...

- Je ferai que tu passes la dernière. - Pourquoi ?

Pour que tu sois guérie. Pour que tu puisses supporter.

Ça ne sera pas facile. Tu comprends ?

Quand recevra-t-on l'argent ?

Ça dépend. Ça peut durer un moment.

Mais finalement on réussira.

Je suis ici pour vos gosses.

- Je m'appelle... - Je ne veux pas savoir.

Je comprends.

Ce n'est pas vrai. Barre-toi d'ici.

Je peux vous aider.

Seulement si vous pouvez ressusciter les morts.

Vous allez peut-être changer d'avis.

Mitchell Stevens, juriste. Tu m'inculperais si je te frappais ?

Si fort que tu pisserais le sang et tu ne pourrais plus marcher.

Je ne t'inculperais pas.

Laisse-nous tranquilles.

Laisse les gens d'ici tranquilles.

- Tu ne peux pas nous aider. - Vous pouvez vous aider entre vous.

Je représente plusieurs personnes dans une affaire de négligence.

Votre affaire a plus de chances si je vous représente comme groupe.

- Notre affaire ? - Les Walker participent, les Otto

et les parents de Nicole.

L'affaire doit commencer au plus vite.

Sinon, des choses seront tues.

Il faut commencer l'enquête avant que la preuve ne disparaisse.

Je connais Risa et Wendell Walker. Ils ne prendront pas d'avocat.

Et les Otto non plus.

Garde tes conneries pour toi.

Vous êtes en colère, M. Ansel. Et il le faut aussi.

Je vous demande seulement

de me laisser diriger votre colère.

C'est ma fille.

Ou la police pour me dire qu'elle est morte.

Elle se drogue.

Pourquoi vous me racontez ça ?

Pourquoi ?

Je...

Parce qu'on a tous perdu nos enfants.

Ils sont morts pour nous.

Ils se tuent entre eux dans la rue.

Ils traversent le centre commercial comme des somnambules.

Quelque chose de terrible a emporté nos enfants.

C'est trop tard.

Ils sont morts.

Acceptez-vous un P.C.V. de Zoe ?

Papa ?

J'ai une nouvelle pour toi.

- Une grande nouvelle. - Une nouvelle ?

Tu ne veux pas savoir ?

Si, raconte-moi ta nouvelle.

Tu crois déjà savoir ce que je vais dire, hein ?

Tu me devances toujours. L'avocat.

Raconte-moi ta nouvelle, Zoe.

Hier, je suis allée vendre mon sang.

Je suis dans cette putain de ville et je vends mon sang.

Ce n'est pas une nouvelle.

Non, mais ça si :

Ils n'ont pas voulu de mon sang.

Tu sais ce que ça veut dire ? Tu piges ?

Je suis séropositive.

Les temps vont être durs, papa.

Que veux-tu que je fasse ?

Je ferai tout ce que tu voudras.

- J'ai besoin d'argent. - Pour quoi faire ?

Tu ne peux pas demander ça. Tu devais faire ce que je voulais !

Je veux de l'argent.

Tu as fait faire un test ?

Tu ne me crois pas, putain ?

Bien sûr que si.

Je veux que tu refasses faire un test. Peut-être qu'il y a eu erreur.

Je préfère que tu fasses comme si tu ne me croyais pas.

Je t'entends respirer.

Je t'entends respirer, toi aussi.

J'ai une de ces frousses !

Je t'aime, Zoe.

Je vais venir bientôt.

Je m'occuperai de toi.

Quoi qu'il arrive, je m'occuperai de toi.

- J'ai une question à vous poser. - Dites.

Je vous ai dit

que je faisais du 80 quand le car a dérapé.

Je m'en souviens. Mais comment je peux le prouver ?

Billy Ansel dira que vous faisiez du 80, comme les 15 années passées.

Il sait ça ? Billy ?

Il a dit ça ? Vous lui avez parlé ?

Et il a dit qu'il...

Si Billy ne veut pas dire ça de son plein gré au tribunal

je l'assignerai pour l'obliger à témoigner.

Mais pour ça, il faut que je porte plainte en votre nom

pour souffrance émotionnelle.

Car ce qui est si clair pour moi et les autres

c'est l'ampleur de votre souffrance.

- Quels autres ? - Que dites-vous ?

Qui a dit quelque chose de ma souffrance ?

- Qui s'intéresse à ce que je ressens ? - Les autres doivent savoir.

Ils ne comprendront que quand j'aurai sauvé votre réputation.

Allez-vous me laisser faire ?

Allez-vous me laisser faire mon devoir ?

Vous avez entendu ce qu'a dit Abbott.

Il a dit qu'une personne ne peut être jugée que par les gens de sa ville.

Des gens qui la connaissent depuis toujours

peuvent décider si elle est coupable. Mais pas 12 étrangers.

Il a dit ça ?

Abbott comprend ces choses.

Je me souviens

avoir donné un coup de volant à gauche.

J'ai freiné à mort.

Je n'étais plus le chauffeur.

Le car était comme

une énorme vague

qui allait déferler sur nous.

Bear Otto

les enfants Lamsdon

les Hamilton

les Prescott

les jeunes de la Bartlett Hill Road

Pete

Suzie

Laurel

Rick

Sean Walker

Nicole Burnell

les jumeaux de Billy Ansel

Jessica et Mason...

Tous les enfants de ma ville.

Qu'est-il arrivé alors ?

Entre.

Enlève ta veste.

Tu veux une tasse de thé ? Une part de gâteau ?

Qu'est-ce qui t'amène ?

Il s'agit du procès dans lequel vous êtes impliqués.

Je veux que vous vous retiriez.

Ce n'est pas ton affaire.

Si, c'est mon affaire.

Je ne pige pas.

On n'est pas les seuls à être impliqués dans le procès.

Je comprends comment tu te sens.

Comment ?

C'est tellement déprimant.

Mais on ne peut pas s'arrêter parce que ce n'est pas une bonne idée.

- Pourquoi pas ? - C'est ce qu'on doit faire.

Je ne veux rien avoir à faire avec ça.

- Ne t'en mêle pas, alors. - J'ai essayé.

Mais ce n'est pas si facile.

- Parce que vous avez un avocat. - Et alors ?

- Beaucoup de gens ont un avocat. - Il m'oblige à témoigner.

Il est venu cet après-midi au garage

et il m'a donné ce formulaire. - Pourquoi ?

Tu n'as rien à voir avec l'accident.

Je roulais derrière le car.

J'ai vu l'accident arriver.

S'il m'assigne, s'il m'oblige à revivre ça

- les autres avocats en feront autant. - Ça n'arrivera pas.

Mitch Stevens conduit discrètement le procès.

Il m'a dit

qu'il suffit que tu dises ce que tu as vu ce jour-là.

Ça fait mal...

Les avocats s'accusent entre eux car les gens sont assez bêtes

pour avoir plusieurs avocats.

Les gens indiquent des coupables, concluent des accords

et chipotent sur les pourcentages.

Si vous renoncez au procès

les autres en feront autant. Vous êtes de bons parents.

Ils vous respectent.

On ne peut pas arrêter le procès.

On a besoin de l'argent.

Vous avez reçu de l'argent de l'assurance de Dolores.

Nous tous.

Ça ne suffit pas pour les factures de l'hôpital.

Je veux bien t'aider à les payer, si c'est le problème.

Je te donne l'argent que j'ai reçu pour mes gosses.

C'est ce qu'on faisait avant.

On s'aidait.

C'était une communauté.

Je regrette.

Comment va Nicole ?

Elle dort. Dans sa chambre.

Donnez-lui le bonjour.

On a repris le fil, Billy.

Tu devrais peut-être en faire autant.

Tu dors ?

Nicole, demain tu dois faire une déposition au foyer municipal.

Je t'y conduirai.

D'accord.

Tu es si

je ne sais pas...

Distante, je crois. Difficile à parler avec.

Avant, on n'avait pas besoin de parler beaucoup.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Je veux dire :

Je suis dans un fauteuil roulant.

Tu ne peux plus faire comme si j'étais une belle rockeuse.

Tu te rappelles, papa ?

La belle scène que tu devais me construire ?

Tu devais l'éclairer avec seulement des bougies.

Je t'y conduirai

vers 9 heures et demie. Ça va ?

Très bien.

Et regarde, lorsqu'ils arrivèrent à la montagne

une porte s'ouvrit toute grande.

Comme si une grotte surgissait brusquement.

Le charmeur de rats marchait devant, suivi par les enfants.

Quand tout le monde fut entré

la porte de la montagne se referma.

J'ai dit tout le monde ?

Il y avait un boiteux qui n'avait pas pu danser tout le long du chemin.

On continue, Nicole.

À un moment donné, tu as quitté la maison de tes parents.

Quelle heure était-il ?

Environ huit heures et demie.

Quelqu'un attendait le car avec toi ?

J'étais seule. Ma soeur Jenny était malade ce jour-là à la maison.

Y avait-il quelque chose d'anormal dans le trajet ou chez Mme Driscoll ?

Que voulez-vous dire ?

- Je ne me souviens pas de grand-chose. - Je fais objection à cette question.

Notez cela, je vous prie.

Le car était-il à l'heure ?

Où étais-tu ce matin-là ?

À ma place habituelle.

Le premier siège à droite.

Et tu ne te souviens de rien d'anormal ce matin-là.

Jusqu'au moment de l'accident, non.

Un chien brun a traversé la route.

Dolores a ralenti et il a disparu dans le bois.

Dolores a continué à rouler vers la Marlowe Road, comme d'habitude.

Je m'en souviens.

- Je m'en souviens assez bien. - Ah oui ?

- Elle a dit assez bien. Pas bien. - Quel temps faisait-il ?

Il neigeait.

À moins que le rapport de l'Institut de météorologie du 6 décembre

ne soit dans le dossier, je fais objection à cette question.

Il sera dans le dossier.

Maintenant que ta mémoire revient

tu vas peut-être nous dire ce que tu as vu d'autre.

La ville est triste depuis que mes amis sont partis.

Je ne peux pas oublier que je suis privée

de toutes les belles choses qu'ils voient

et que m'avait promises aussi le charmeur de rats.

J'avais peur.

De quoi tu avais peur ?

C'était avant l'accident. Tu comprends ma question ?

Oui, je comprends.

Pourquoi tu avais peur ?

Dolores roulait trop vite.

Mme Driscoll roulait trop vite. Pourquoi croyais-tu ça ?

Le compteur de vitesse. L'aiguille baissait.

Tu pouvais voir le compteur de vitesse ?

J'ai regardé... Je me rappelle maintenant.

Ça allait trop vite, et j'avais peur.

À quelle vitesse roulait Mme Driscoll, si tu te souviens ?

À 115 km à l'heure.

115 km à l'heure ?

- Tu es sûre? - Sûre et certaine.

Donc, d'après toi, le car roulait à 115 km à l'heure ?

J'en suis sûre.

De ma place, je voyais le compteur de vitesse.

Tu voyais le compteur de vitesse.

Tu n'as rien dit à Mme Driscoll ?

- Pourquoi pas ? - Parce que j'avais peur.

Parce qu'on n'avait pas le temps.

Pas le temps ?

Parce que le car a quitté la route et s'est écrasé.

Tu te souviens de ça ?

Maintenant, oui.

Maintenant que j'en parle.

Des questions, M. Stevens ?

Il était le seul à savoir pourquoi je mentais.

Mais mon mensonge a provoqué ceci :

Les lèvres avec lesquelles il faisait sa musique

étaient toutes gelées.

Je n'ai pas de question.

Je n'ai pas de question.

Merci, Nicole.

Tu ferais une bonne joueuse de poker, ma fille.

Viens, papa.

Je ne sais pas ce qu'elle a fait. Elle a menti.

Ça n'a pas d'importance.

Le procès est foutu pour tout le monde.

Tu peux dire aux autres qu'ils ne comptent plus dessus.

Tu dois te demander pourquoi elle a menti.

Un enfant qui fait ça à son père, ce n'est pas normal.

Tu crois qu'on peut garder l'ordinateur ?

- Contente de vous revoir. - Content de te revoir, Ally.

Donnez le bonjour à Zoe.

Je n'y manquerai pas.

J'espère qu'elle va aller mieux.

Attention à la marche !

Bonjour. Comment allez-vous ? Attention à la marche !

Puis-je vous aider à porter votre valise ?

Attention à la marche !

Merci bien. Attention à la marche !

Puis-je vous aider à porter votre valise ?

Si tu la vois, deux ans plus tard

je me demande si tu es conscient de ça.

Comprends-tu

que tout le monde

Dolores, moi

les enfants qui ont survécu

et ceux qui n'ont pas survécu

habitent maintenant dans une autre ville ?

Un endroit qui a ses propres règles

et ses propres lois.

Une ville pleine de gens qui vivent dans le doux au-delà.

Où coulait l'eau et où poussaient les arbres fruitiers.

Où les fleurs avaient des couleurs magnifiques

et où tout était étrange et nouveau.

Tout était étranger et nouveau.

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