All language subtitles for Dix Pour Cent (1-03) - Nathalie et Laura_FR

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Original subtitles

Ah Cécile...

C'est trop bien !

Bon allez...

Bon, ouais... Allez...

Tu rappelles. Salut.

Oui.

Cécile !

- Quoi ? - Le contrôle fiscal...

Tu devais envoyer le courrier recommandé à M. Jarron.

Je l'ai fait.

J'ai pris la lettre, je l'ai mise dans l'enveloppe et...

Oh, merde !

Tu le payes pour faire quoi ton assistant, à part des blagues de cul ?

Laura...

Hervé...

Café ?

Merci.

Gabriel finit une toute petite réunion, il arrive.

Non, Gabriel, tu ne peux pas toujours "rattraper le coup".

On a eu un coup de fil de Bercy, le contrôle fiscal est confirmé.

Le dossier est passé dans un autre service, c'est trop tard.

Sans Jarron, on n'a plus d'allié.

C'est peut-être l'occasion de faire un peu l'ordre dans les comptes.

Non, mais tu te fous du monde !

Pour toi, tout est léger, la vie est une grande plaisanterie,

une grosse bulle de savon ?

Mais t'es con ou quoi ?

Le café.

Je jouais bêtement, je ne savais que faire de mes mains,

comment me tenir en scène,

je ne contrôlais pas ma voix.

Vous ne connaissez pas cette situation, sentir qu'on joue abominablement ?

Vous souvenez-nous...

Pas du tout, c'est pas ça.

Je suis une mouette.

Je préviens Mathias que vous êtes arrivée.

Vous souvenez-vous d'avoir tué une mouette ?

Un homme passait là par hasard,

il l'aperçut, il la perdit par désœuvrement.

Tchékhov. La mouette, acte 4.

La réponse de Nina à Treplev.

- Une merveille. - J'adore.

C'est ma scène d'entrée au conservatoire.

Maman ?

Alors ça !

Mathias, Nathalie Baye est arrivée.

C'est normal que ça rentre pas.

C'est difficile de travailler ici dans le bruit.

Ce soir, chez vous,

concentrez-vous bien.

Vous allez voir, ce texte, vous vous en souviendrez pour la vie !

Merci.

Bonjour !

Pardon du retard, on avait une réunion de crise.

Petit contretemps...

C'est une crise ou un contretemps ?

Gabriel a de la chance,

pour lui, une catastrophe est un petit contretemps.

- On y va ? - On y va.

- Laura ! - Oui ?

Emmanuel, dites-lui de se tenir droite, moi, elle m'écoute pas.

Gabriel, maman !

Gabriel.

C'est un beau sujet ?

Mieux que ça. Des scénarios de cette qualité, on en voit pas souvent.

C'est dense, tenu d'un bout à l'autre, toujours surprenant.

Cette femme a un univers incroyable.

Lisez-le, vous comprendrez pourquoi vous ne pouvez pas refuser.

A priori, j'ai aucune envie de refuser.

Laura Smet, vous êtes pressentie

pour jouer dans le prochain film de Solveig Akerfeldt !

Non ? Mais t'es trop fort !

Écoute, elle arrive à Paris demain. Elle vient exprès pour te voir.

Personne n'est au courant, c'est une putain d'exclu.

Il y a d'autres actrices sur le rôle ?

Il n'y a que vous. Personne à Paris n'est au courant de ce projet.

Le rôle est pour vous.

C'est l'unique exemplaire disponible en France.

On dirait 120 pages de papier reliées par un bout de plastique

mais je te jure, ça tue, c'est de la bombe.

Voilà.

- J'ai hâte de savoir. - Je vais attendre Laura.

Tu me dois un petit resto.

- Hein ? - Mais oui !

- Faudrait trouver. - Oui, il faut.

- Au revoir. - À très vite.

À très vite.

Pour les dates de promo du Leconte,

dès que je les ai, je vous les fais parvenir.

D'accord.

Super ta putain d'exclu.

- Vous vous êtes pas concertés ? - Non.

- C'est pour le même rôle ? - Non.

C'est pour jouer la mère et la fille.

Ah !

Tu crois que tu vas y arriver ?

C'est peut-être l'occasion de vous voir ensemble pour la première fois à l'écran.

Ah, d'accord, OK.

- Ça fait longtemps qu'on attend ça. - C'est génial.

Mais la réalisatrice sait qu'on est vraiment mère et fille.

Non, elle est au courant de rien.

Magique !

C'est rigolo.

- Bon, je t'appelle. - À bientôt.

Au revoir.

Où t'as eu le scénario ?

J'ai des informateurs, plus discrets que les tiens.

Laura rêvait de tourner avec Akerfeldt.

Je me suis battu pour qu'elle soit sur le coup. Elle, pas toute l'agence.

Et alors ? Elle passe les essais, non ?

Nathalie passe les essais aussi pour le rôle de la mère.

Le hasard fait bien les choses. Elles sont ravies, où est le problème ?

Tout le monde va encore croire que Laura a fait le film parce que c'est la fille de.

Moi, j'ai pensé à l'agence.

J'ai peut-être réussi à réunir pour la première fois au cinéma,

Nathalie Baye et Laura Smet. C'est bon pour nous tous.

Tu voudras bien m'excuser, mais j'ai encore du travail.

Dominique, bonjour, Mathias Barneville,

comment vas-tu ?

Bien, bien.

Écoute, je t'appelle parce que j'ai un petit service à te demander.

J'ai la fille d'une amie qui voudrait travailler dans le cinéma.

Elle vient d'arriver à Paris, elle a 22 ans,

elle connaît rien sur le métier,

mais elle est vive, dégourdie et elle en veut.

J'en peux plus de lâcher le PIB de la Somalie à cette boulangerie.

- C'est quoi, ces prix ? - Bienvenue à Paris.

Ça serait formidable, ça.

Camille, Camille Valentini.

- Ah, Mathias ! - Oui ?

Euh...

Vous avez besoin de quelque chose ?

- Je peux vous aider ? - Non.

Je cherchais un scénario, mais...

J'ai dû le laisser à la maison.

- Sharon Stone a pas rappelé ? - Ah non.

Arrête, elle veut pas de toi !

Tu rigoles, dès qu'elle passe à Paris, elle m'appelle.

"J'ai besoin de te voir." Elle arrête pas de me harceler.

C'est bon, on est pas meilleurs amis.

- Merci de nous avoir attendus. - Désolée.

Je fais pas des pauses interminables. Moi, j'ai du boulot.

On est invités à la soirée des César !

- Moi, je suis pas invité. - Moi non plus.

Jamais les assistants sont invités !

- C'est quoi ce truc ? - C'est quoi cette invitation ?

Ça vient d'où ?

Ah, ça y'est, je sais, c'est parce que...

En fait la dernière fois avec Andréa...

J'ai travaillé hyper tard.

Je lui ai réparé un petit chemisier qu'elle aime vachement.

C'est sûr, sans doute, elle a voulu me remercier

avec une invitation.

Et je lui ai filé une recette de pistou. C'est pour ça.

Elle a dû vouloir...

Je te déteste.

J'ai peut-être une solution pour notre contrôle fiscal.

Un nouveau cerveau pour Gabriel ? Je suis prêt à participer financièrement.

Un de mes ex a un poste important à Bercy.

Un ex ?

Je l'ai pas vu depuis longtemps, mais je peux lui parler,

il pourra peut-être faire quelque chose.

Comme quoi, coucher avec un homme n'aura pas été totalement vain.

Vain, non, juste ennuyeux.

Appelle-le. On a pas vraiment le choix.

OK.

T'en veux ?

Tu vas pas faire une grève de la faim dès que Mathias te fait un sale coup,

sinon on est pas sortis.

Comment il a fait pour avoir ce scénario ?

J'ai passé des heures au téléphone avec l'assistante d'Akerfeldt.

Elle m'a juré que j'étais le seul à l'avoir.

Tu lui as pas filé, au moins ?

Ça va pas, tu me prends pour qui ?

T'en aurais pas parlé à Noémie, sans faire exprès ?

C'est ça : "Oups, j'ai balancé la planque du Christ à Judas, sans faire exprès."

Mais comment il a fait ce con ?

Je fais une fac de cinéma.

Moi, je viens de jouer dans un court-métrage, c'est drôle.

Je vais le chercher, j'arrive.

Tu fais une fac de cinéma ?

Les livraisons, c'est juste pour payer mes études.

Ah d'accord !

C'est le prochain film de Solveig Akerfeldt ?

- Je peux jeter un œil ? - C'est confidentiel mais bon...

Si tu me laisses ton numéro, je te tiens au courant.

OK, super.

Hugo. Moi, c'est Hervé.

Enchanté.

C'est joli, Hugo.

Quoi ?

Mais rien !

De toute façon, c'est fait ! Ça sert à rien de ressasser.

On a plus urgent, on vient de recevoir ça de Caroline Braudel,

c'est les deux actrices qu'elle a choisies.

On a un problème.

C'est qui Sofia Leprince ?

C'est ça, le problème.

- Sofia ! - Oui ?

Vous avez mis votre photo dans l'enveloppe que je vous avais confiée ?

J'ai bien fait puisqu'elle veut me voir, la meuf.

Non. Vous pouvez pas vous faire passer pour une comédienne de l'agence.

Je ne sais pas comment vous jouez, je ne vous représente pas,

c'est une question d'éthique professionnelle !

- Vous savez pas comment je joue ? - Non.

Bah venez voir mon spectacle ! Personne me propose des castings.

Pour une fois que j'en décroche un, c'est bon, vous me lâchez !

Pardon, vous l'avez pas décroché, vous l'avez volé.

- Vous avez dit "volé" là ? - Oui, je l'ai dit.

Non, je me suis rajoutée, c'est tout.

- Elle veut me voir ou pas ? - Oui, mais c'est pas la question.

C'est bien que ma gueule lui a plu.

Qu'est-ce que ça peut vous foutre que j'aille à ce truc ?

Après ! Pour m'utiliser

pour couvrir vos petits mensonges à Cécile de France,

- ça vous gêne pas. - Mes mensonges ?

Mais quand moi, je demande une mini faveur, là, y a des principes.

Vous vous calmez, d'accord ?

D'un coup, vous avez des scrupules !

C'est toujours la même histoire !

- Allô, Laura ? - Gabriel !

Oui.

- Tu l'as lu, alors ? - Gabriel, on est en train de parler.

Une fois tous les cinq ans, je vous demande de venir voir mon spectacle.

Y'a personne qui vient !

J'ai demandé à Barneville, à Andréa,

même la vieille avec son "iench". Personne ne vient.

Laura, une seconde.

C'est bon, stop ! Je viens le voir votre spectacle ! OK ?

Vous allez pas venir, c'est toujours la même chose !

Juste, vous me laisser finir ma conversation, vous êtes gentille.

- Merci. - Vous allez venir le voir, c'est ça !

Promesse d'agent.

Oui, Laura ?

- C'est bon, là ? - Je suis à toi.

C'est quoi le problème ? T'aimes pas le scénario ?

J'adore.

Mais t'imagines ? Trois mois de tournage,

soit sur un chalutier soit sur une île.

En pleine mer.

J'ai peur de pas y arriver.

T'inquiète, je connais un super acupuncteur pour le mal de mer.

Il a fait L'Odyssée de Pi.

Je te parle pas de la mer. Je te parle de ma mère.

Trois mois en circuit fermé avec ma mère. Tu connais un acupuncteur pour ça ?

Je croyais que t'étais emballée de jouer avec elle.

Je l'adore.

Mais je sais pas si je peux vivre avec elle 24 heures sur 24,

toutes les deux enfermées dans un bocal de harengs fumés.

Franchement, j'ai pas de bol là quand même.

Tu verras, quand t'auras parlé avec Akerfeldt,

tu verras les choses différemment.

Au contraire, ce sera encore plus dur

de renoncer.

Laura, tu peux pas dire non.

Clément ! Ça me fait plaisir de te voir !

Andréa...

Alors, ça fait quoi ?

- Sept ans ? - Ouais, presque. Dix.

Tant que ça ? Ça passe !

Tu m'étonnes. Qu'est-ce qui t'amène ?

Oui, tu dois pas avoir beaucoup de temps.

J'imagine que je suis pas la première ni la dernière

à te solliciter pour ce genre de trucs,

mais on a quand même échangé nos fluides corporels, on n'est plus à ça près.

- Contrôle fiscal ? - Ouais.

C'est pas moi, c'est ma boîte.

Je suis agent maintenant.

- Agent d'acteurs célèbres. - J'ai appris ça, oui.

- Ça doit être super excitant. - Ouais.

- Qui fait le contrôle ? - Une femme. Attends...

Excuse-moi.

- Colette Brancillon. - Ah, t'as de la chance, je la connais.

Mais t'as moins de chance avec le profil de la bête.

Jeune, très zélée auprès de la hiérarchie, parce qu'elle a tout à prouver,

perfectionniste, ultra-légaliste.

C'est pas très bon pour vous, même pas bon du tout.

Tu penses que tu peux faire quelque chose ?

C'est très compliqué.

- T'aimes toujours le cinéma ? - Je t'écoute.

Accréditation à Cannes pendant toute la durée du festival.

Invité aux meilleures fêtes sans faire la queue.

- Logé au Carlton. - Dans une suite ?

Clément, je sais que t'as grandi dans les Hauts-de-Seine

mais je suis pas en train de te racheter un marché public.

Je te demande juste un service, entre vieux amis.

Entre vieux amis ? Je crois pas non.

Tu m'as largué comme une merde pour coucher avec ma sœur.

Dons si tu veux bien, un, on est pas amis, du tout,

Deux : tu pars de très loin pour que je te rende un service.

Je t'ai pas largué comme une merde. Je t'ai quand même envoyé un texto.

Très bien - Tu l'as pas reçu ?

Salut, Andréa, bon courage...

pour le contrôle !

Bon, attends, Clément !

Clément, attends !

OK pour la suite au Carlton.

Et une invitation pour la soirée des César.

OK.

Je peux pas faire annuler le contrôle,

mais je peux me débrouiller pour remplacer Colette Brancillon

par quelqu'un choisi par mes soins, à qui je donnerai de bonnes consignes.

- Tu peux faire ça vite ? - Une semaine.

Et si elle débarque d'ici là ?

Vous l'accueillez gentiment et vous l'oubliez.

Dans une semaine, tu sauras plus qu'elle a existé.

Papa ?

Merci pour l'invitation.

- C'est rien. - Ben quand même.

C'est en quel honneur ?

Rien de particulier. Je me suis dit que ça te ferait plaisir

d'assister à ce genre d'événements.

Et c'est bien que tu vois autre chose, que tu rencontres des gens du métier.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je sais que tu mens. - Quoi ? De quoi ?

C'est Mathias qui t'a invitée à la soirée des César,

je l'ai vu déposer l'enveloppe sur ton bureau.

Tu vas pas recommencer avec ça.

Je couche pas avec lui, j'ai pas couché avec lui, je coucherai pas avec lui !

- Tu me saoules ! - Pourquoi il t'invite, toi ?

Ils se sont parlé avec Andréa.

Ils se sont dit que c'était bien, comme je suis nouvelle, que j'y aille.

Tu vois ? T'as cligné des yeux et t'as regardé en haut à gauche !

Quoi ?

Tu sais ce que ça veut dire en langage corporel ?

Ça veut dire que tu mens !

Je connais Mathias,

il fait jamais rien comme ça.

OK.

C'est bon.

Non, mais attends !

Attends, Sofia m'a rappelé que le jour de ton arrivée,

avant de voir Andréa, t'avais rendez-vous avec Mathias.

Donc tu le connais.

Tu le connais personnellement.

Attends ! Attention !

Je suis pas sûre qu'Andréa continuerait de te faire confiance

si elle apprenait que tu l'espionnes au profit de Mathias.

Tu comprends ?

OK.

Vas-y,

je t'écoute.

C'est parce que c'est...

C'est... C'est...

Un ami de mon père !

Mais tu mens !

Non, je te jure.

C'est complètement nul. Pourquoi tu l'aurais pas dit depuis le début ?

Parce que je ne peux pas dire qui est mon père.

Il est marié, il a une famille, il a des enfants.

Y a que Mathias qui est au courant.

C'est une star de l'agence ?

Ouais.

- Un client de Mathias ? - Ouais.

- C'est qui ? - Non... Je peux pas dire.

Non mais... Je balance tout à Andréa.

Non !

T'es la fille de Christophe Lambert ?

Voilà.

Non mais... Oh !

Oh la vache !

C'est vrai

que tu lui ressembles en fait.

Je suis vraiment...

Je suis désolée d'avoir cru...

En plus, tu sais que j'adore ton papa.

Tu le gardes pour toi.

Oui, bien sûr, c'est...

- Ce sera notre petit secret. - C'est ça.

Les acteurs sont soumis à des vies hors normes.

Nous, on est juste des agents.

Il s'appelle Jean Gabin. Vous n'avez rien contre les chiens ?

Non, pas du tout.

Andréa, je te présente la dame

de l'inspection des impôts.

Bonjour.

- Andréa Martel. - Colette Brancillon.

Je vais avoir besoin d'un bureau, le temps de ma mission.

Notre patron est décédé il y a trois semaines.

Ça et le contrôle fiscal, on est un petit peu déboussolés.

C'est fou, j'ai vraiment l'impression de vous connaître.

Je vois pas du tout.

C'était dans une autre vie alors.

Vous avez...

- Vous avez tout ce qui vous faut ? - Oui, merci.

Si vous avez besoin de quoique ce soit, mon bureau est juste là.

- D'accord, merci. - À plus tard.

Clément, salut, c'est Andréa.

Finalement, je crois qu'on va s'arranger avec Colette Brancillon.

Donc... oublie pour ce qu'on s'était dit.

Voilà. Et embrasse ta sœur pour moi. Ciao.

Il va falloir se farcir cette Colette Brancillon

- pendant des semaines ? - Ouais.

Et risquer la banqueroute ?

Ouais...

- J'ai les boules. - Eh ben...

C'est pas gai.

- Non, pas gai. - Non, c'est pas gai.

Salut.

Quel beau scénario, hein ?

- C'est fort. - C'est dément.

C'est une grande chance.

On va pas avoir chaud.

C'est sûr. Toi qui es si frileuse, ça te fait pas peur ?

Pas du tout. Ce froid, ça peut créer un truc fort.

T'as vu, y a pas une scène où on n'est pas toutes les deux.

On est quand même beaucoup ensemble.

Ça...

Je crois que plus ensemble, on trouvera pas.

Tiens-toi droite !

Bonjour !

Ça va ?

Bonjour Nathalie, Laura...

On peut y aller ?

Oui, bien sûr.

C'est possible de se voir trois minutes avant le rendez-vous ?

Oui, bien sûr.

Nous aussi, on peut se voir deux secondes ?

Oui.

Bon allez, dis-moi tout.

Tu te vois, toi, partir trois mois en croisière avec ta mère ?

Non.

Tu connais pas ma mère. Ce serait...

Mais...

Dans le contexte...

Si moi, j'étais toi,

avec ma mère,

en l'occurrence avec ta mère...

Enfin si ta mère, c'était ma mère...

Oui, laisse tomber.

Impossible.

Pourquoi vous ne m'avez pas prévenue ?

Je pensais pas que ça poserait problème. Vous allez l'air de vous entendre si bien.

Mais justement, Mathias : on s'entend bien.

Si vous laissez une mère et une fille dans un endroit isolé pendant trois mois,

elles s'entretuent.

C'est pas moi et elle. C'est valable pour tout le monde.

C'est exactement le scénario d'Akerfeldt !

Oui, c'est ça qui est beau dans le scénario.

Je veux bien le jouer, mais pas le vivre.

Vous allez pas refuser un projet pareil, Nathalie, quand même ?

C'est même pas la peine d'y penser.

Vous n'avez pas de fille, vous pouvez pas comprendre.

Quand je me suis cassé la malléole...

L'été 2011...

Une histoire de trampoline avec sa petite nièce ?

Je me souviens.

Elle a pas pu poser le pied pendant deux mois.

Du coup, je suis retourné vivre chez ma mère.

- L'enfer ! - C'était l'horreur.

L'ado est revenu au galop. On aurait cru qu'elle avait 13 ans.

- J'avais l'impression d'avoir 12 ans. - On pouvait rien lui dire.

- Elle se rendait pas compte. - Elle en avait rien à foutre de rien.

Alors forcément, j'ai pété les plombs.

- Ça a dégénéré. - On s'est dit des trucs horribles.

Jusqu'à Noël.

- Hum hum. - Hum hum.

- Plus jamais ça. - Plus jamais ça.

Croyez-bien, c'est pas de gaieté de cœur.

Je vais pas sacrifier ma relation avec ma fille

pour un film.

Même s'il est formidable.

- On dit non, alors ? - Oui.

Non.

Laura va croire que je ne veux pas jouer avec elle.

C'est pas possible, ce serait horrible.

Ta mère va comprendre que c'est à cause d'elle.

- Ça va lui briser le cœur. - T'as raison, je peux pas refuser.

Mais tu peux faire en sorte qu'elle, elle te refuse.

Qui ?

- Solveig. - T'es con ou quoi ?

Solveig a flashé sur elle.

- On va pas tout gâcher. - Il suffit que tu la bardottes.

C'est quoi ça ?

Un truc sexuel ?

Non, tu fais des caprices de star, comme Brigitte Bardot.

Tu joues la chieuse.

T'arrêtes, Hervé là ! Pardon, enfin tu...

Elle va pas faire ça, elle va se griller !

Pas du tout, c'est juste Akerfeldt qui déteste ça.

Pour les autres, si les actrices capricieuses arrêtaient de travailler,

ça se saurait.

Laura, n'écoute pas ce qu'il dit, c'est ridicule.

Non mais très mauvaise idée !

Tu vas pas la... comment...

La bardotter !

Pardon de vous déranger Mme Akerfeldt, vous voulez boire quelque chose ?

Non, je vous remercie.

Vous êtes sûre ? On a du café,

Voluto, déca, capuccino...

thé vert, thé fumé, jus de fruits.

Un verre d'eau.

Non, vous n'allez pas faire ça !

- Bien sûr que si. - Mais c'est impossible.

- Vous saurez pas faire. - Qu'est-ce que vous croyez ?

C'est un texte très poétique,

ça me bouleverse.

Bon, allez...

J'y vais.

C'est toi qui veux partir.

Personne ne t'y oblige, mais pars...

Pars !

Va-t-en, si c'est ce que tu veux.

Rassure-toi,

je ne suis pas surprise.

Depuis que tu es petite, je savais que ce jour-là allait arriver.

Tu as toujours aimé le vent,

tu partais en courant

avec ta belle robe bleue

qui flottait dans la brise.

Je préférerais

que vous restiez le plus sobre possible.

Vous pouvez réessayer

sans mettre trop de tragédie ?

Merdirekt...

Quelque chose de plus blanc.

C'est toi qui veux partir.

Personne ne t'y oblige, mais pars,

pars...

Pars. Si c'est ça ce que tu veux.

Mais rassure-toi, je ne suis pas surprise.

Depuis que tu es petite, je savais que cela allait arriver.

C'est plus blanc là ?

She was saying that she is so fucking good,

she is not good at all.

She is so fucking bad, I'm telling you !

Where is the big, the greatest,

the wonderful Nathalie Baye ?

I don't feel fine !

Vous m'en voulez ?

De quoi ?

D'être une bonne comédienne ?

- La voie est libre ? - Elle est à vous.

- Ça s'est bien passé ? - Magnifique.

Oui, je suis soulagée.

J'en étais sûre.

On y va, Gabriel ?

J'ai besoin...

de plonger mes acteurs dans le climat du film.

Là, c'est l'isolement qui m'intéresse.

Cette mère et cette fille, très ensemble, fusionnelles

sur l'île de Bergman...

C'est une bombe à retardement.

- C'est bien ce que je me disais. - C'est l'intimité.

- Le magma des "Moi". - Oui.

J'avais demandé un thé.

Un thé aux fleurs de l'Himalaya.

- T'es sûre ? - Totalement sûre.

Hervé, s'il te plaît, Laura voudrait un thé

aux fleurs de l'Himalaya... Merci !

Votre thé, mademoiselle Laura.

Avec un doigt de lait d'amande intense, comme vous aimez.

Pas trop infusé, la dernière fois il était brûlé.

Encore désolé, ça ne se reproduira plus.

OK. C'est bon là ?

Bien sûr.

Pharrell ?

Hi ! C'est Pharrell Williams...

Hey bitch !

Hello Pharrell ! How are you ?

I'm fine and you ?

I just wanted you to come to my concert tonight.

You peux ? Tu peux ?

Great, OK !

It's à New York tout à l'heure dans neuf heures.

Wait.

J'avais pas une répétition avec John Malkovitch ce soir ?

- Oui. - Tu diras que je suis malade,

je vais pas y aller.

I'll be there !

Great, Laura !

Bye !

Laura,

c'est Gabriel.

Bon, j'ai eu l'agent de Solveig Akerfeldt...

Tu vas être contente.

Elle se demande si t'es pas un peu trop belle pour le rôle.

Ouais. Elle pouvait pas dire "trop chiante" alors...

Bref, ils te veulent plus.

Donc ça y est, il t'invite à des soirées maintenant ?

C'est les César, maman ! C'est exceptionnel !

Donc ça y est, tout le monde est au courant à ton travail ?

Personne n'est au courant, ça va pas.

C'est strictement professionnel.

Tourne-toi.

Il passe te chercher ?

Non, j'y vais en métro, on se rejoint là-bas.

- La classe ! - Maman !

C'est déjà super sympa de sa part de m'inviter.

Il y a aucun assistant qui y va.

- Resserre un peu la ceinture, pour voir. - Je peux pas respirer.

Mais laisse-la, ça te fait des formes splendides !

Recule-toi un peu que je te voie.

Ça fait pas vulgaire ?

Ça existe pas vulgaire chez les Valentini !

Oui, ben tu sais...

À Paris, les filles ont le style plus subtil,

je sais pas comment elles font.

Elles mangent des graines et elles font la gueule.

Elles ont rien compris.

Ouais, OK...

- J'y vais. Bisous. - Bisous, ma beauté.

- Prends des photos de stars ! - On verra.

Camille...

N'attends rien de lui.

Mais non !

- Bois pas trop. - Non.

- Prends pas de cocaïne... - Non, rien du tout.

Si tu vois Sophie Marceau, tu la prends en photo.

Allez, bisous !

Merci.

- À tout à l'heure. - Oui.

Bonjour.

Oui, bonjour.

C'est toi qui as tous les acteurs, moi j'ai pas grand chose.

- Mathias... - Ah, Zinedine ! Salut.

- T'as des nouvelles pour le Gallienne ? - Ils cherchent un Portugais maintenant.

C'est super, j'ai fait le Portugais avec Dany Boon

pendant six mois au théâtre.

Ils cherchent un vrai Portugais.

Tu m'as vu, je possède l'accent.

Je parle, je pense "portuguesh".

On s'appelle lundi, on en parle, on essaye de voir comment on peut arranger ça.

Je fais un essai même s'ils veulent.

Camille !

Viens voir.

Je te présente, Dominique Besnehard.

- Bonsoir, enchantée, ravie. - Producteur.

Bonsoir Camille, Mathias m'a beaucoup parlé de vous.

Ah bon ?

- En bien, j'espère. - Absolument.

Alors comme ça, vous voulez découvrir les plateaux de cinéma ?

Carrément ! C'est mon rêve !

Ton rêve va se réaliser, n'est-ce pas Dominique ?

Mais oui !

- Vous m'invitez sur un tournage ? - Mieux.

Je vais vous proposer comme stagiaire

sur le prochain film de Guillaume Gallienne.

Ah bon ?

- C'est la personne qu'il te faut. - Je suis pas sûre.

- Si, tu es faite pour ça. - C'est comme si c'était fait.

Voilà ma carte, appelez-moi au bureau

et je vous verrai.

Qu'est-ce qui se passe ?

J'ai vachement réfléchi cette nuit.

Ah bon ? T'as réussi à réfléchir avec tout ce que t'as bu ?

Ouais bon, plutôt ce matin, OK.

En fait, je vais pas aller voir Dominique Besnehard.

Pourquoi ? C'est un très bon producteur !

J'en doute pas, mais je suis bien ici. J'ai pas envie de partir.

Écoute, tu me dis que tu veux faire du cinéma, aller sur le terrain...

Je veux apprendre le métier d'agent.

Je sais que j'ai pas fait d'études, mais je peux apprendre.

Si c'est trop compliqué pour toi que je sois ici, tu me le dis.

J'irais chercher du travail dans une autre agence.

Je suis super mal vis à vis de Nathalie.

Ben tiens, Gab, comment ça se passe

le casting Akerfeldt avec Laura Smet ?

Ça va.

Ouais ?

J'ai pas encore de réponse, mais ça sent bon.

Bon bah tu vois, on a peut-être encore une chance

de sauver l'honneur. Elle a dégagé Nathalie Baye.

- T'y crois ça ? - Non ?

Je te jure.

- C'était quoi déjà le problème ? - C'est pas très clair.

Elle a fait trop de propositions. Ça a pas dû plaire à Akerfeldt.

N'importe quoi ! Nathalie Baye.

Ils sont complètement dingues.

De toute façon, je l'ai toujours trouvée chelou, cette Akerfeldt.

C'est dur. C'est pas très prestigieux

pour l'agence. Enfin...

Bonjour, bonjour !

Y'a déjà eu plein d'appels.

Antoine De Caunes

qui a des problèmes de dates de tournage, c'est urgent.

Béatrice Dalle, elle, c'est un problème bancaire, aussi urgent,

et puis bon, Isabelle Adjani, elle a un problème de cheveux.

C'est urgentissime. Je t'appelle qui en premier ?

Solveig Akerfeldt.

- Ah désolé, j'ai pas ça sur ma liste. - Elle prend pas Nathalie Baye.

Ah bon ? C'est moche.

Ouais, c'est moche.

Ce qui est surtout très moche c'est que t'aies poussé Laura à la bardotter.

Pour rien.

Et que maintenant que Nathalie fait plus la mère,

Laura pourrait faire la fille.

Je suis viré ?

Oui. Je suis désolé.

Je suis vraiment viré ?

- Mais non, je te bardotte. - Oh putain !

J'y ai presque cru, c'était horrible, mon sang s'est figé dans mes veines.

Vous avez besoin d'un coup de main ?

- Pardon, je vous ai fait peur. - Non, non.

- Vous voulez quoi ? - C'est bon, je vais me débrouiller.

Vous voulez quoi ? Dites.

- Un café allongé. - Ben voilà.

Pardon. Je vais vous l'allumer.

C'est une Delta Q.

Vous connaissez ?

En fait, faut juste attendre qu'elle soit chaude et puis après...

Une fois qu'elle est bien chaude,

on lui fait une petite caresse.

Comme ça. Voilà.

C'est une marque portugaise ! "Delta quche".

Solveig, allô ?

- Allô, Solveig ? - Oui.

Bonjour, Gabriel Sarda, l'agent de Laura Smet, à l'appareil.

Vous avez dû être un peu déstabilisée par le comportement de Laura l'autre jour.

Déstabilisée, non.

Elle m'a juste donné envie d'arrêter ce métier.

Effectivement, j'aurais dû vous prévenir, je m'en veux !

- Me prévenir de quoi ? - La balle dans le pied.

Balle dans le pied ? Oh shit...

Oui, c'est une expression française.

C'est une espèce de tradition chez les acteurs.

Quand ils veulent un rôle, ils se sabordent.

C'est pour savoir si on les aime vraiment.

C'est comme une espèce de dogme, en fait.

Vous savez comment sont les Français, grands romantiques,

ils veulent créer le désir, en fait.

- Hein ? - Oui, j'entends.

C'est un mécanisme un peu particulier.

Oui, mais ils font tous ça.

Jean Dujardin, par exemple, dans The Artist,

pour les essais, il s'est mis à parler, parler,

à déblatérer comme une espèce de moulin alors qu'il s'agissait d'un rôle muet,

alors c'est cocasse, quoi. Parce que...

Et Malkovitch ?

Balle dans le pied.

- Test, test. - Elle a voulu vous tester.

C'est comme une mise à l'épreuve réciproque, en quelque sorte.

Savoir si vous la désirez vraiment. C'est la question.

Mais revoyez-la.

Juste une fois, vous serez pas déçue.

Solveig, je vous en supplie.

- OK... - Voilà.

Réfléchissez.

Tu veux dire qu'on doit encore lui laisser la salle de réunion !

On bosse où nous alors ? Dans le local à poubelles ?

Akerfeldt veut revoir Laura Smet. C'est normal de lui laisser une place.

Désolé de faire mon boulot et de trouver des contrats d'exception pour l'agence.

Mathias, Mme Akerfeldt vient de rappeler, elle veut revoir Nathalie Baye.

Non ?

Si, elle veut revoir Laura et Nathalie ensemble,

avant de prendre son avion parce qu'elle a un doute.

Elle a parlé de balle ou de ballon dans le pied...

J'ai pas bien compris.

Ah ! Les affaires reprennent.

Non mais c'est fou, mais j'ai vraiment l'impression de vous avoir déjà vue.

Je vais vous donner un indice.

Ah, ben je savais bien !

Deux points, ouvrez les guillemets :

"Moi, je ne couche pas avec les fillettes dans ton genre."

Et moi, j'aime pas les fillettes dans ton genre.

Ouais, mais alors là, c'est un malentendu...

C'est le problème de l'écrit, ça.

J'aurais dû au moins finir par un smiley.

Bon bah Colette, on a complètement raté notre première rencontre.

Laissez cette porte ouverte, s'il vous plaît.

T'es vachement plus jolie en vrai

qu'en photo.

Vous essayez de vous rattraper

parce que vous savez maintenant

que je peux nuire à votre agence. C'est assez minable.

Non, pas du tout, je le pense vraiment.

Et moi, je mélange pas le travail et la vie privée.

Voilà, c'est mon côté "fillette".

Vous voyez ?

Maintenant, laissez-moi s'il vous plaît ou je crie.

Non mais attends, je vais pas te faire de mal.

Je veux juste qu'on parle un peu, je sais pas,

c'est pas habituel comme situation, non ?

- On peut en rigoler. - J'ai envie ni de jouer ni de rigoler.

Je déteste quand les clients essaient de faire ami-ami

pour sauver leur petit intérêt.

Bon allez...

Mais qui parle de devenir amies ?

Au revoir, Mme Martel.

Au revoir, Colette.

Je voulais vous dire...

Vous êtes formidables.

La balle dans le pied,

formidable !

Je vous veux,

toutes les deux.

Enfin, pour mon film.

J'ai beaucoup de désir

pour vous.

Vous voir réunies toutes les deux, c'est très beau.

Stakt.

Et votre désir ?

Oui ?

Pour le film ? Votre désir ?

Oui, bien sûr.

Un huis clos, ce n'est pas un tournage facile.

Heureusement, je peux me servir de votre amour et aussi de votre haine.

Pardon ?

La haine

que vous avez l'une pour l'autre.

Cette... réticence

de l'autre.

Cette détestation est palpable, je la sens.

Ça m'inspire énormément.

Si, vous n'avez aucune envie de jouer l'une

avec l'autre.

C'est ça qui m'intéresse.

C'est pour ça que vous allez jouer ensemble.

- Tu veux pas jouer avec moi ? - Mais pas du tout.

- Dis la vérité. - Mais enfin, non !

Et toi, tu veux pas jouer avec moi ?

Change pas de sujet.

Je t'ai posé la question en premier.

Ça va, tu veux pas me répondre, ça veut tout dire.

Tu veux pas jouer avec moi, j'ai compris.

OK. Mais toi, t'es ma mère. C'est monstrueux.

Ah oui ?

D'être rejetée par la chair de sa chair, c'est mieux peut-être ?

C'est quoi le problème ? T'as honte de moi ?

Comme quand je t'accompagnais au collège ?

Alors, ça dure toute la vie ce truc-là ?

Il faut toujours que tu parles à ma place.

J'ai jamais dit ça.

J'aurais passé tout le tournage à me faire traiter comme une gamine de dix ans.

Tiens-toi droite !

Voilà.

Je veux ça, je veux cette vérité-là.

La mère monstrueuse et la fille insupportable.

- De quoi vous parlez ? - Ça va pas !

Je vous interdis de dire que ma fille est insupportable !

- Elle est pas du tout insupportable. - Et ma mère n'est pas monstrueuse.

Si je peux pas m'engueuler avec ma mère, avec qui je vais m'engueuler ?

Evidemment, la famille, c'est là pour ça !

C'est là pour s'engueuler, pour tout se dire !

De quoi je me mêle ? C'est incroyable, ça !

C'est ma mère, c'est normal qu'elle me saoule.

Évidemment que c'est normal que je la saoule !

C'est très bon de s'opposer à sa mère,

c'est très sain.

Je fais le cinéma, moi ! Pas la psychanalyse.

Alors ?

- Un sans-faute. - Top.

On fait pas le film.

- Allez, à bientôt. - À bientôt.

Je t'appelle.

Un beau gâchis !

Si vous vous étiez un peu parlé entre vous,

on en aurait peut-être placé une sur les deux.

Allez, salut, les gars.

Les concours de zizi, si c'est pas dans mon lit, ça m'intéresse pas.

J'espère qu'un jour on arrivera à faire un film ensemble.

Tiens-toi droite.

Je peux vous donner mes justificatifs ?

Oui.

Voilà.

Mme Martel !

Oui ?

Je vais pas avoir besoin de ça.

Ah bon ?

Des résultats médicaux. Analyse de selles et d'urine.

Ah oui.

Ça devait traîner sur mon bureau.

- Au revoir, Mme Martel. - Oui.

T'es angoissée à cause du contrôle fiscal ?

T'aimes pas quand les choses t'échappent, hein ?

T'es une femme de pouvoir, c'est ça.

Bon...

Tu veux dîner ? Un petit dîner.

Non, je vais rentrer.

Ouais...

T'as raison.

À demain !

Le jour va disparaître.

Comme il le fait chaque soir.

Elle est partie.

Ses pas se multiplient et remplissent l'espace ailleurs.

Tu es partie.

Ici, l'espace se vide.

Tu as laissé place à l'absence.

Sans elle,

je suis maintenant sans elle.

Elle reviendra, soyez-en sûr, mon prince.

- Je ne sais pas. - Il ne sait pas.

Il ne sait rien,

personne ne sait.

Laissons le doute nous prendre par la main.

♪ Nous vivons à dix ans d'écart ♪

♪ Notre amour est démesuré ♪

♪ Et j'ai le cœur au désespoir ♪

♪ Pour ces années ♪

♪ Car lorsque mes yeux seront clos ♪

♪ D'autres yeux vont te contempler ♪

♪ Aussi je lutte avec ce mot ♪

♪ De ma pensée ♪

♪ Qui, sans que tu protestes ♪

♪ Refera le geste ♪

♪ Qui ne sont qu'amour ♪

♪ Qui aura la chance ♪

♪ D'avoir ta présence ♪

♪ Souvent quand j'y pense ♪

♪ Je deviens jaloux ♪

Une prisonnière qui chante, voilà qui est original.

Et touchant.

Liée, matée, pliée.

Je ne plierai pas.

Pliée, domptée, aux pieds.

Je ne resterai pas à vos pieds.

Tu es loin.

Au fond de moi, j'entends que tu es là.

Cette présence lointaine me donne de la joie.

Le jour va apparaître,

demain et toujours.

J'arrive toujours pas à croire que vous soyez venu.

En plus, moi je vous ai vu que pendant les saluts, j'ai halluciné.

D'ailleurs, ceux de la troupe, vous les trouvez comment ?

Ils sont bien, hein ?

Ils sont bien, oui. Bien.

C'est surtout vous. Vous êtes au-dessus de la mêlée.

C'est magnifique ce que vous avez fait ce soir.

Merci beaucoup.

Merci en tout cas de m'avoir raccompagnée déjà

et surtout merci d'être venu.

- Vraiment. - C'est moi qui vous remercie.

Vous êtes une actrice.

Merci beaucoup.

Euh...

À demain. À demain.

- Oui. - D'accord.

- À demain. - Au revoir, Gabriel.

- Sofia ! - Oui ?

Je veux bien être votre agent.

Je veux bien m'occuper de vous.

Vous êtes sérieux ?

Oui.

Vous savez, je travaille pas beaucoup.

Vous allez crever de faim avec moi.

Je sais.

Justement, je vais vous aider.

On va en trouver du travail.

D'accord.

OK.

Bonsoir, François.

Mathias.

Pourquoi tu m'as demandé de venir ici ?

Je voulais être sûr qu'on soit tranquille.

J'ai été sidéré quand j'ai appris que Samuel vous avait rien laissé.

Non, mais quand même un minimum. Surtout pour toi.

T'as fait toute ta carrière chez ASK, et rien,

aucune reconnaissance.

Qu'est-ce que tu veux ?

Je voudrais que...

tu nous rejoignes chez Starmédia.

J'ai 61 ans, je ne vais pas m'éterniser.

Je voudrais que tu viennes chez nous

et que tu te prépares à reprendre la tête de l'agence.

Et tes agents ?

T'as ce qui te faut sous la main pour te succéder.

Personne comme toi.

Personne avec ta force de frappe et ton envergure.

Que je vous rejoigne ?

Avec tous mes clients bien sûr.

Évidemment.

Ça ferait de Starmédia la plus grosse agence de Paris.

Dont tu pourrais à court terme devenir le patron.

Et ce serait la mort d'ASK.

Prends ton temps pour réfléchir.

Tu sais où me trouver.

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