All language subtitles for Quantum Love - Une Rencontre - 2014

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Original subtitles

…

– Eisa, n'oublie pas le journaliste de Ouest France.

– Eisa?

– Bravo, pour ton livre.

– Ça va, mon cœur? À tout à l'heure.

– Viens, je t'emmène.

– J'adore vos livres.

– Pour moi, c'est Lacan meets Coluche.

– J'ai bien envie de te croire.

Tu publies ça, j'espère.

– C'est un carton. – Hein?

– Il est là. Pierre?

– Bravo, Eisa. – Merci.

– Eisa, je te présente Pierre.

– Bonsoir. Enchantée. Eisa.

– Je sais. Enchanté aussi.

– Entre fumeurs de joints, vous allez vous entendre.

– J'espère que j'ai d'autres

qualités. – Celle-là me convient.

– Ah ouais? – Ouais.

– Et alors…

peut-être que vous auriez du papier à rouler?

– Sérieux? Ah, ben oui.

C'est cool.

Si vous avez un truc à fumer…

Il y en a plus.

– Soit on vide une dope et on a l'air

de deux ados attardés ou… on lâche l'affaire.

– C'est un peu trop tôt pour lâcher l'affaire.

– D'accord.

– Je vais aller en chercher. C'est pas gagné, mais…

– Qui ne tente rien… – Ne tente rien.

– À tout de suite. – À tout de suite.

…

– Alors?

– On est les seuls à fumer des «oinj», ici?

– À «bédave», ils disent, les jeunes.

– T'as des enfants? – Oui.

– Je parie que j'en ai plus. – Pas sûr.

Chifoumi? – Chifoumi.

– Prête?Chi, fou…

mi.

Merde, le mélange.

Attends. – Elle est où, la boulette?

– Ça, c'est le tabac.

Là, il y a un bout de shit. Un tout petit bout.

– Vous faites quoi?

– Euh… Rien, chef.

– Vous avez

beaucoup fumé? – Ah non.

Même pas.

– On n'a pas trouvé de feuilles.

– Pourtant, vous faites des têtes…

– Quoi?

– Je sais que vous me mentez, tous les deux, là.

– Il est complètement parano.

– Tu as du tabac dans les cheveux. Voilà.

C'est touchant, t'as un peu de tristesse dans les yeux,

quand tu te marres. C'est beau.

– T'as du feu?

On frappe.

Qu'est-ce que tu fais là?

– Eisa, on s'est à peine vus, ce soir.

– Qu'est-ce qu'on s'est dit, Hugo?

– S'il te plaît, une minute. Je suis mignon.

Je te jure, j'arrive pas, moi, à trouver une autre fille.

– Mais non.

Tu veux passer pour plus intelligent en te tapant une vieille.

– En quoi ça dérange? On fait bien l'amour, on rigole,

on est tous les deux écrivains. On est le couple parfait.

– Bel oxymore.

– Oh, t'es chiante, quand t'es déprimée.

– Non. Je suis lucide.

– Il fait super beau.

Ah, génial.

Non. C'était bien.

J'étais content. J'avais fait une bonne plaidoirie.

Et puis ensuite, je suis allé à la soirée…

de Julien. Ouais, il m'a invité.

C'était pour la sortie du livre d'Eisa Santorini.

Non, c'était pas chiant. Je me suis bien marré.

Elle est super, cette nénette. Super.

Elle est drôle, elle est cool, détendue…

Je te jure, elle te plairait.

Elle pourrait être ta grande copine.

Hein?

Je te la passe.

Elle dit que je suis un super bon coup.

C'est vrai que c'est un peu grâce à toi, quoi.

Oh! Allez, ça va. On déconne.

*-Je trouve pas ça drôle. Franchement, c'est pas très drôle.

– T'es la seule à qui je peux parler

au téléphone tout en tirant la chasse.

Ben si, c'est flatteur.

Ben si.

– Mon pote Pierre, il t'a adorée.

– Ah oui?

Il est vraiment…

sympathique.

– C'est pas mon ami pour rien. – Il faisait quoi, à Rennes?

– Il défendait un mec dans un truc horrible,

un triple meurtre : sa femme,

ses deux enfants… – Avocat?

– Grand pénaliste.

– Il est marié?

– Depuis 15 ans.

– Dommage.

– Et il est très heureux. – Tant mieux.

– Sa femme est une amie.

– Mais flippe pas. Ça va. Tu me connais, non?

– Ben justement.

– Qu'est-ce que je dis sur les hommes mariés?

– Homme marié n'a pas de bite.

– C'est pas mon truc, les hommes mariés.

– Eh ben, tant mieux. – Et puis j'ai trop de respect

pour les femmes pour coucher avec leurs maris.

– C'est pour moi que tu t'es fait belle?

– Fais pas genre. – Quoi?

– Tu dis ça pour noyer le poisson. – Quel poisson?

«J'ai rencontré une super écrivaine»,

tout ça…

– C'est parce que tu aimes ses bouquins, pour te faire plaisir.

– Ça me fait trop plaisir.

– Tu crois vraiment que s'il s'était passé quelque chose,

je t'en parlerais comme ça? Sans déconner?

– Pourquoi j'ai pas le droit d'être jalouse?

– Parce que tu es mariée avec moi. – Tu t'en sors bien.

– Ça va, beauté? – Oui. Toi?

– Elles sont là.

– Le train a eu du retard. Un mouton s'est jeté sous les rails.

– Il s'est suicidé? – Les animaux se suicident pas.

– Si. Imagine, t'es un mouton

et t'as un gars qui t'engueule toute la journée.

– Comme une mère de famille.

– Elle est au bout de la roulotte. «On ne connaît aucune espèce

«qui se suicide autre que l'homme, mais il arrive que certains animaux

«se laissent mourir de faim.»

– Une mère de famille au régime.

– Mais arrête de te laisser parler

comme à une chèvre. Divorce, change de mec.

– Si je divorçais, ce serait pas pour changer de mec.

Je lui filerais même les gosses. – Mais ça va pas, non?

– Et je boufferais des Raider devant Danse avec les…

– TWIX! ÇA EXISTE PLUS, RAIDER.

– J'aurais plus personne pour me faire chier,

et je serais bien tranquille.

– Tu tiens pas sans homme.

– Pas une semaine.

– Franchement, ils vont pas me manquer.

Je te jure. Ah ouais, vraiment.

Ils pensent qu'à trois trucs : le cul, le fric…

Que deux trucs, en fait.

– Parfois, j'ai envie

de me blottir dans les bras d'un homme qui sent l'orange amère.

– Dis donc, t'as rencontré quelqu'un, toi.

– Mais bien sûr. C'est quand même très précis, l'orange amère.

– «Mon sombre amour d'orange amère Ma chanson d'écluse et de vent… »

C'est Aragon, pour sa femme, Eisa.

– Ah ouais. Excuse-nous.

– Je me suis battue, pour avoir une belle vie.

Et franchement, je l'ai. Mes amis, mes enfants,

mon travail.

Mais c'est triste, de pas pouvoir le partager

avec un homme qu'on aime, quoi. Et qui vous aime.

…

*-0n se presse pour être embrassé parAmma, la mère.

*-L'étreinte exprime l'amour.

– Éric, tu m'as déjà vu en retard? Non.

Si je te dis 10 minutes en bas, c'est que j'y serai.

Allez.

Oui, mon amour. Je pars dans 4 minutes. Donc…

J'espère que t'es dans l'ascenseur, au minimum.

– T'es beau, papa. – C'est vrai?

Tu sais pourquoi? – Non.

– Parce que je suis le papa du plus beau petit garçon au monde.

Allez.

Mange. – Tu sors?

– Oui. On va fêter un procès qu'on a gagné.

– Je suis là. Désolée.

– Ah, quand même. Est-ce que t'es au courant

qu'il existe des applications pour se faire livrer?

– J'aime toucher ce que j'achète.

Mais si tu veux t'occuper des courses…

– Où sont mes boutons de manchette? – Aucune idée.

– Il faut que je change de chemise.

– T'es beau comme ça.

Est-ce qu'on va laisser

papa sortir beau comme ça, nous?

– Hola, Miguel. iQué tal? – Muy bien, i Y usted?

– Ça rentre un peu, l'espagnol?

– T'as de l'argent?

– Demande à ta mère. J'ai pas le temps.

– T'as jamais le temps.

– Non. Pas sur ce terrain.

– C'est bon. J'avais prévu. Va manger.

– Je t'ai dit 10 minutes il y a 5 minutes. Arrête.

Je suis là dans 5 minutes. 5 minutes, je te dis.

– Tu sors?

– Oui. C'est l'anniv de Caro.

Le sèche-linge est en panne. Tu peux sortir le linge?

– Je suis pas ton mec.

– Un mec, faire ça?

– Je sais pas. T'es misogyne contre les hommes?

– C'est ça.

Avant de donner des leçons, apprends à parler français.

– On dit comment?

– On dit «misandre». Mais on utilise jamais ce mot.

Tu veux quoi?

– Que tu te débarrasses pas de tes tannées sur moi.

Je ne suis pas ton chien.

– Non, mais tu es une enfant mineure…

– Donc je suis ton esclave.

– Tu pourrais rendre service à ta mère,

qui fait tout pour que vous manquiez de rien.

– Tu ramènes tout à l'argent.

– T'es pas cool. – T'es relou.

– Happy birthday!

Elles chantent.

…

*Musique rythmée

…

– Je suis content de te voir. – Moi aussi.

– Qu'est-ce que tu fais là? – L'anniversaire d'une amie. Et toi?

– Moi, c'est mon associé. On a gagné un dossier.

– C'est super, de te voir comme ça. – Qu'est-ce que tu veux?

– Pardon?

– À boire.

– Euh… De l'eau.

– Non. Non!

– C'est mieux pour nous deux que je boive de l'eau.

– Je suis habillé exactement pareil

que la dernière fois qu'on s'est vus.

C'est à cause des boutons de manchette.

Bon. On se dit tout, on s'en fout?

Tu t'es pas dit : «Le pauvre mec a qu'un seul costume pour sortir»?

– J'y ai pensé,

mais je me suis dit : «Il est classe.»

– Carrément?

– Si on se dit tout…

– Je te drague pas, hein.

– Moi, non plus.

Mon seul tabou, c'est l'homme marié, alors…

– Bon. Alors, raconte. T'as un mec?

T'as des enfants, je sais. Mais je veux tout savoir.

– Alors je n'ai plus d'homme. Je viens de rompre. À Rennes.

Avec un homme… Un jeune homme.

– Quel âge?

– 25.

– Ah, quand même! Madame!

– Je me fais draguer que par les jeunes.

– Parce que tu leur fais peur, aux autres.

C'est fou ce que tu me plais.

C'est dingue. – Heureusement que tu me dragues pas.

– J'ai pas envie qu'il se passe quoi que ce soit.

J'aime ma femme, je suis fidèle. Mais bon, toi…

Toi…

– Elle a de la chance, ta femme. Elle le sait?

– Je sais pas.

– Putain, t'es là!

Tu sais quoi? J'ai roulé une pelle au copain de mon fils.

N'empêche, ça envoie du bois, à cet âge-là.

– Je te présente Pierre.

– Ah, le gars de Rennes.

– Exactement, le gars de Rennes. – Viens, on va souffler les bougies.

– Je leur ai dit que j'avais rencontré un homme extraordinaire, mais…

– Mais? Mais?

– C'est la lose! J'ai 40 ans!

– Merci.

– Ça va? C'est qui?

– C'est une rencontre.

– Très, très belle.

Non, mais vraiment.

Ça, c'est moche.

*Musique rythmée

…

…

– On aurait pu partager le même taxi.

– Crois-moi, on a intérêt à pas partager le même taxi.

– Tu sais ce que c'est, le pire?

– Non.

– C'est que tu sens l'orange amère.

– Tu connais ça, toi?

Moi, je sais pas ce qui me fait le plus peur.

Si c'est de te revoir

ou jamais te revoir.

– Moi, c'est les deux.

– On se prend pas les numéros?

– Pardon? – De téléphone.

Ça sert à rien, non?

…

– Dossier Solal contre Solal.

– On se prend pas les numéros.

C'est plus simple.

Hein?

C'est plus chiant, mais c'est plus simple.

…

Tu me plais.

…

Allez. Viens, mon bébé. Viens.

T'inquiète.

– Ça va, papa?

– Oui, ça va.

– T'es là?

– Ouais. Et toi? – Ouais. Tu fais quoi?

– Rien de spécial.

– Pourquoi tu veux casser?

– Je voulais me faire une meuf et t'étais là.

– En gros, je suis ton bouche-trou?

– Prends pas le «seum». – Bolosse.

– Ça va pas, non?

*Sonnerie Skype.

Hé, mon bébé! *-Maman!

*Tu te couches tard. Quelle heure il est, chez vous?

– 3 h. Je lisais le Facebook de ta sœur.

*-T'as pas honte?

– Elle a qu'à pas l'ouvrir sur mon ordi.

Ça va?

*-T'es bourrée? – Mais non.

Pourquoi? *-Je sais pas, Vas l'air…

– J'ai l'air de quoi? *-T'as l'air toute chamboulée.

– Tu peux éviter de fumer?

*-La fumée te dérange? – J'aime pas te voir fumer.

*-Je fume que sur Skype.

– Bon. Ça se passe bien, à Boston? T'as besoin de quelque chose?

*-Non. Moi, ça va très bien. Toi, tu devrais aller te coucher.

– Ouais.

Mais je te jure que tout va bien, mon amour.

*- Je t'embrasse, maman. Tu me manques.

– Ciao, ma puce. *-Je t'embrasse.

– Tout va très bien.

…

– Fais-moi Hector.

– Pas ce matin, chouchou.

– Sinon, je mange pas.

– C'est toi qui auras faim à l'école.

– Hector! Hector!

– Oui?

Que veux-tu, mon petit Benounet? Alors tout va bien?

– Bien. Et toi, Hector? – Hector, il a un petit peu bu, hier.

– Hector, il a bu un peu du jus de raisin.

– Beaucoup de jus de raisin.

Tu veux ça? – Oui.

Mais avant, Hector, il veut un petit bisou.

Mieux que ça.

– T'es rentré tard. Il y avait qui?

– Ben, comme d'habitude, hein.

Rien… Il y avait Éric, il y avait Fred. Rien de spécial.

Non. Vraiment rien

de spécial, madame. – C'est ma maman!

– C'est ma femme.

– C'est ma maman! – Tout le monde se bat pour moi.

– C'est pour moi, la tartine? – Non. Papa va te faire la tienne.

– Je préfère

quand c'est toi. – Sympa.

– Maman, elle met plus de Nutella que toi.

– Maman est parfaite, c'est tout.

– Maman est parfaite.

Jade, je vais y aller.

– Oh, ça va!

– Jure-moi

que tu fumeras jamais.

– Tous les matins, on va parler de ça?

– Tous les matins. C'est lequel, Quentin?

– Pourquoi? – Non. Pour rien.

– Le brun en kaki, là-bas.

– Ah ouais? Mais il est ridicule. On dirait un nain.

Il a pas l'air très mûr. – Ben, il a 13 ans, écoute.

– Oui, mais…

Les filles, au même âge, vous avez l'air

plus mûres. Vous faites le double.

Il est tout petit. Il a l'air de rien.

– Tu l'as vu toute l'année. Aujourd'hui, ça te choque?

– J'avais envie de te le dire.

– OK.

Tu sors, ce soir?

– Non. Et toi?

Blague.

– Non drôle.

– Allez, ma puce.

Petit con, va.

*»Sarbacane» (Francis Cabrel)

…

– Les hommes poursuivent Ce temps qui court depuis toujours

Voilà que t'arrives Et que tout s'éclaire

Sur mon parcours

Pendu à mon cou

Comme une liane

Comme le roseau de la sarbacane

Le ciel s'est ouvert par endroits

Depuis toi

Pas besoin de phrases Ni de longs discours

Ça change tout dedans

Ça change tout autour

– Eh oui, madame!

– Finis les matins paupières en panne

Lourdes comme Des bouteilles de butane

J'ai presque plus ma tête à moi Depuis toi

– Oh oui!

– Salut.

…

– J'ai retrouvé

une jurisprudence. Ça dit : «L'infraction peut être constatée,

«même dans un lieu privé.» On peut utiliser le même jugement.

– Vérifiez l'alinéa. On va pas se jeter là-dedans

à corps perdu, hein?

– «À corps perdu»?

– Oui. Ça se dit, non?

– Alors? – Quoi?

– Tu te l'es tapé?

– Mais non. Ça va pas.

– À vous voir comme ça,

c'est pas évident.

J'étais persuadée que t'allais te faire dézinguer.

– Il est marié.

– Et alors? – Val,

il est marié!

– Il a l'air super.

– Dans ses bras,

je me suis sentie comme Casper.

– Invisible?

– Non. Écroulée.

Comme si le drap que j'avais sur moi s'était affaissé.

Comme un fantôme. – Oh! Trop bien.

– C'est moche.

– Eh ouais. C'est moche, mais c'est comme ça.

– Si ça t'arrive maintenant, cette histoire,

c'est pas un hasard. – Oh si. Oh si, c'est un hasard.

Je suis très heureux. – Oui.

– Ben oui.

– C'est pour ça que tu voulais fuir au Brésil?

«Pour changer ta petite vie de bourge étriqué»?

– J'ai eu une vie, avant d'être marié, moi.

J'en ai baisé, des kilomètres.

J'ai plus envie de ça.

– Tu dis ça pour te rassurer.

Simplement, si tu la rencontres maintenant, ta…

– Eisa. – Eisa.

C'est pas un hasard.

Cette fille t'a bouleversé.

Je t'ai jamais vu comme ça. T'étais tellement… vivant.

– Et donc?

– «Et donc» merde!

– Il faut que je fasse quoi?

Il faut que j'aille la sauter en cachette.

Après, j'annonce à la famille que je les quitte.

Papa est amoureux. Ben alors!

Il a à nouveau le frisson quand il fait l'amour.

Non, mais…

Tu crois vraiment que je suis et salaud et con à ce point-là?

– Fais gaffe, quand même. – Quoi?

– Parce celui qui veut partir au Brésil,

il va plus te lâcher.

Et rien ne prouve qu'il a tort.

– Tu sais, le héros, aujourd'hui, contrairement à ce qu'on peut croire,

c'est pas celui qui quitte sa femme,

c'est celui qui reste avec.

– Qu'est-ce que t'en as à foutre, d'être un héros?

Sur ce, café. Café? – Café.

– Envoie-lui un texto.

– Genre? – Attends deux secondes.

– Trouve-la, la phrase qui ne fait pas publicité mensongère.

«Ta vie sera mieux

«avec moi.» – Pourquoi t'es si négative?

Pourquoi ce serait

une publicité mensongère? – Mais non, mais…

Être la maîtresse de quelqu'un,

je trouve ça dégradant.

Et puis j'ai pas son numéro.

– C'est con.

– Ben oui.

– Mais… t'as son numéro?

– Ben non.

– Ça te fait pas chier?

– Ben si.

– T'es comment?

– En scoot.

– Non. Mais… t'es comment? Tu te sens comment?

– Mais t'es une mère feuj, ou quoi?

– C'est parce que je t'ai jamais vu comme ça.

C'est avec qui, ton audience? – Richet.

Tu viens avec moi ou tu vas à pied? – T'as deux casques?

– Tu penses. Avec tout ce que je nique en extraconjugal.

– Fais le malin.

– Le juge va t'accorder

la fin de la garde alternée.

De toute façon, c'est une merde, la garde alternée.

– Mais? – Mais rien.

– T'avais un ton de phrase où on attend le «mais».

– Pour le montant de la pension, je peux pas te promettre…

– Je m'en fous, je veux juste qu'il assume ses responsabilités.

– Il faut que tu retombes amoureuse.

– T'es contente?

Il y a que le fric qui t'intéresse.

– Si c'était le cas, je t'aurais pas épousé.

– T'es pas une pute, non?

– Encore une phrase diffamatoire, et vous allez finir à poil.

– Les gens devraient venir faire un stage ici, avant de se marier.

– Tiens, ça va te faire du bien.

Détends-toi.

Là, t'es échaudée, tu sors d'une affaire…

Mais je te jure qu'il y a des mariages heureux.

– T'en connais, toi?

Qui s'aiment après 15 ans, qui font l'amour,

qui rient ensemble?

– Bien sûr. Il y en a plein. – Qui? Dis-moi.

– Il faut que je cherche… – Arrête.

Tu connais un avocat, Pierre Solal?

– Oui. Ben oui, oui. C'est le…

Je le connais de nom. C'est un pénaliste. Pourquoi?

– Comme ça. Il me rappelle un peu toi.

…

– Eisa?

Qu'est-ce que tu fais là? – Pierre!

Mais toi, qu'est-ce…

– Je pense à toi toute la journée. – Moi aussi.

– T'es un mirage? T'apparais quand je pense le plus à toi.

– Oh, Pierre…

Pierre…

– Pierre?

Pierre? – Oui?

– Ça va? – Oui, oui.

– T'es sûr?

– Oui.

– T'as peut-être besoin d'une petite cure de magnésium.

– Oui. Oui, peut-être.

Oui, c'est pas bête. Oui.

– Loulou! Mon bébé!

– Maman! – Quoi, «maman»?

J'ai le droit de t'embrasser.

– T'es relou, maman. – Je sais.

Dis donc, t'as des cernes, mon chéri.

– Un pote a le nouveau Fifa, à la pension.

– Vous avez le droit d'y jouer?

– Même en zonzon, ils ont droit.

– Mais comment tu parles, toi?

– À table.

– Je te dribble comme je veux. Je suis trop fort.

– Qu'est-ce qu'il fait, l'arbitre? Il y a carton.

– À table. – Il y a pas carton.

Oui, 2 minutes.

Oh là là…

– Tu te fous de moi, là? – Je te rappelle

que c'est important de jouer avec ses enfants, d'après Marcel Rufo.

– Arrivée de Marcel Rufo dans mon salon.

N'importe quoi.

– On peut jouer 5 minutes avant de mettre

les gants Mapa, oui? – Tu les as vachement mis, toi, déjà.

Bon, Jade!

Jade!

– Et si on peut arrêter de gueuler pour s'appeler!

– Sans la télé à fond, on pourrait s'entendre.

– Allez, d'accord. On a joué 10 minutes.

Dix pauvres minutes de détente dans une journée de dingue.

J'ai attendu 20 minutes chez le traiteur

pour que Madame ne se fasse pas chier à cuisiner.

– Madame travaille autant que toi. Et en plus,

elle a ses règles. – Très élégant. Bon appétit.

– La grande classe, maman.

– Vous savez quoi?

Je vais vous laisser dîner avec Marcel Rufo.

Bon appétit.

– Bon. Moi, je bouffe, j'ai faim.

– Moi, j'attends maman. – Non. Tu manges. Ben, à table.

Tout de suite. À table.

Bon. Allez, viens. Oh!

– Quoi?

– Je suis désolé. Allez, viens, on passe à autre chose.

– Ça passe pas comme ça, moi.

– On peut la faire light, un peu, ce soir?

On va pas divorcer? Pourquoi se faire la gueule?

C'est débile.

– T'en sais quoi, qu'on va pas divorcer?

– Je sais, c'est tout. Je t'aime, tu m'aimes, allez.

On la fait courte.

– Non. C'est trop facile.

– Mais non, c'est pas facile.

– Fais pas ton chien.

– Vous êtes pas obligés de vous parler comme ça.

– Elle fait sa crevarde.

– La pension te donne pas tous les droits.

– Toi, tu fais ta chef.

– T'as déjà deux tranches. Fais pas chier.

– Mais chut, ma petite. T'as 13 ans. Va te coucher.

– Rappelle-moi pourquoi t'es en pension, déjà?

– Pourquoi? Pour plus voir ta face de rat pourri.

– Maman, pourquoi tu dis rien?

Il m'insulte, et toi, tu dis rien.

– Lily, t'as vu comment tu lui parles?

– Mais il m'arrache

le fromage des mains! – Bon. Tiens.

– Mais donne.

– Oh, stop!

– Oh, c'est nul.

On va pas se faire l'auberge des culs tournés, non?

– Je suis fatiguée. Tu veux quoi?

– Ben déjà, que tu me regardes.

– À quoi tu penses?

– Pardon?

– Tu me regardes mais tu penses à autre chose.

– Non. Je te regarde.

– Et?

– Viens.

– Putain! Buffering.

Fais chier.

– Je vous ai déjà dit de pas télécharger illégalement.

– Maman, on est en streaming. C'est pas du téléchargement.

– C'est quoi, la différence?

– Je t'ai déjà expliqué mille fois.

– Oh, ça va.

C'est quoi? – Tu vois le brun, là?

Il est amoureux de la blonde.

Mais c'est une humaine normale.

Et lui, c'est un vampire.

Ils se voient que la nuit.

– C'est quoi, «une humaine normale»?

– Ben… je sais pas. Comme toi.

– Je suis normale, moi?

– Sauf quand tu pètes un câble.

– Ouais. Pas très sexy, tout ça.

– De toute façon, ça existe pas, les filles normales.

– Oh, le macho! – Mais quel macho!

– Ben alors? – Quoi?

– T'as rencontré quelqu'un? – Non. Pourquoi?

– Tu m'appelles plus. – On s'est quittés, Hugo.

– Normalement, tu me rappelles au bout de 5 jours.

– 5 jours? T'as compté? – Maximum.

– Et le cadeau de Julien? – Une édition du Rouge et le Noir

signée par Stendhal. – Pas mal!

– J'ai droit à un bisou?

– Pas mal.

T'es chiant. – Non, mais c'est toi. Fourbe.

Viens.

– Arrête.

– Elle est où, ma chemise blanche, avec les boutons de manchette?

– Je sais pas.

Pourquoi tu mets pas la bleue? – Non. Je l'ai mise la dernière fois.

– Quelle dernière fois?

– J'ai dit ça comme ça. J'ai pas envie de mettre

la même chemise sous prétexte… – «Sous prétexte»?

– Attends, c'est pas la guerre.

J'ai juste envie de mettre une chemise autre que la bleue.

C'est pas un crime.

– Non, mais on va juste chez Julien.

– Oui. T'as raison.

– Ben oui.

Tiens. Elle est là, ta chemise, en plus.

– Regarde. Je te dis : boutons.

– Eh ben alors, c'est celle-là, là.

Tu sais pas chercher, hein?

– Il est où, le cadeau de Julien? Je rigole plus.

Il est où? – Gueule pas. J'en sais rien.

– Il était là. – Mais c'est quoi?

– C'est une édition dédicacée du Rouge et le Noir. C'est pour ça

qu'il s'appelle Julien. – Quel rapport?

– Lis le livre, tu comprendras.

– Mais comment t'es vénère. – Tu parles

comme ça à ta mère, Julie? – Euh… ça dépend.

– C'est quoi, cette mode caillera? «Vénère», ça vient de vénérer,

qui veut dire admirer. Genre : maman, je te vénère.

Allô?

Ouais, Hugo.

J'ai commandé un taxi. On se retrouve là-bas.

J'ai pas envie de mettre un casque.

– Putain, elle me fatigue. – Je retrouve pas le cadeau de Julien.

Ça y est, je l'ai retrouvé.

Oui. Super.

Hugo, tu fais pas le relou, hein?

On n'est plus ensemble, d'accord?

Bon. On se parle tout à l'heure?

– Ça va gueuler pour les clés. Tu paries?

– OK. Vas-y. – OK.

10, 9,

8,7,6,

5…

– Les clés ont disparu! – Je te l'avais dit.

– J'en ai marre, qu'on me pique

mes clés. – On a rien piqué.

Les filles, dans 10 minutes, vous éteignez l'ordi.

Si vous êtes en retard demain à l'école, Julie, je t'invite plus.

– Promis, madame. – Ouais…

Trop polie pour être honnête.

Ciao, pupuce. – Bisous.

– Soyez sages.

– Ça va. Arrête.

T'es sérieuse? Allez, sors.

Je suis sûre qu'elle a un nouveau mec.

– Tu le prends? – Non. Je déteste ça.

– Ça fait pas Louis XIV, les cheveux? – Mais non.

– Non, mais sérieux? Ça va?

– T'es belle.

T'es belle, mon amour.

– Soudain,

l'homme parfait. – Soudain, tu t'en rends compte.

– Non.

À l'intérieur, tu m'embrasses pas sur la bouche.

– À l'intérieur, on verra bien.

Arrête de vouloir tout prévoir comme ça.

– Ça sert à me rassurer. – De quoi t'as peur?

– Ah! Ils sont venus!

Le meilleur. – Quand même.

– Les meilleurs. – Bon anniversaire.

– Merci. Ça me fait du bien d'avoir tout le monde.

Oh, Eisa.

Ma chérie.

– Bon anniversaire.

Tiens. – Merci. Oh!

Merci.

Tu te rappelles Pierre?

– Oui. Bonsoir. – Ma femme, Anne.

– Ça va?

– Bonsoir. Enchantée.

– Ah non! Mais t'es dingue.

Cette folle m'a offert une œuvre originale

signée par l'auteur. – Par Stendhal?

– Jean-Claude, son cousin.

C'était moins cher.

– C'est drôle. – Il y a vraiment que toi

pour me dénicher ça.

– Bon. Qui veut boire qui? Qui veut boire quoi?

Pourquoi j'ai dit ça? – Moi, je travaille demain donc…

– Un samedi? – Oui. Je suis antiquaire.

– Ça va?

– Mon chéri, ton cadeau a plu.

– Ça te plaît?

– J'adore. Par contre, il me faudrait un update, là…

Vous êtes ensemble, pas ensemble?

– Mais bien sûr, qu'on est ensemble. Pourquoi?

– Je te présente une milliardaire qui refait son appart.

Elle veut te rencontrer.

– Une milliardaire, ça se refuse pas.

– Hugo, il faut qu'on parle de ton script.

– Ils nous ont tous laissés. Ils se rendent pas compte.

C'est lui, le 25 ans? – Oui.

– Eh ben!

J'ai pas le droit d'être jaloux. – Ah si.

Ça me fait très plaisir.

– J'ai toujours mon Louis XIII.

J'aimerais quelque chose de plus neuf.

– T'as réussi.

– Quoi? – À changer de chemise.

– Je suis content que tu le voies.

– Si on arrivait à mettre ça au…

– Ça va?

– Pardon. Ouais.

– Je vous sens un peu nerveuse. – Non. Ça va.

Non. Ça va, ça va.

…

– Vous avez besoin d'un renseignement?

…

– Ça va aller, maman? – Pourquoi ça irait pas?

– Tu as l'air triste.

– Comme tous les dimanches, quand tu repars.

– Là, t'es plus triste que d'habitude.

– Non. Ça va. – Je suis là, maman.

Je t'aime. – Moi aussi.

– Je t'aime.

– Papa!

– Ouais! – Ouh!

Tu veux?

– Oh, l'autre! – Chéri!

Coucou.

– C'est bien.

T'es fort, mon fils.

– Je vais chercher de l'eau. J'ai soif.

…

– Tu veux un thé? De l'eau? – Non, non. Merci. C'est bon.

– Bon. Ton bouquin sort le mois prochain en Angleterre.

Ce serait vraiment bien que tu y ailles.

Vraiment.

– Avec les enfants, c'est pas facile.

– Deux jours.

Ça va passer comme une lettre à la poste.

– J'ai pas envie.

On frappe.

– Oui. J'arrive.

Une seconde. Réfléchis.

– Pierre Solal.

06 53 14 49 30.

06 53…

06 53 14 49 30.

06 53 14 49 30. 06 53 14…

Quoi? – L'Angleterre, t'as réfléchi?

– C'est bon. – C'est bon?

– 06 53 14…

– Donc 22, 23. Tu bloques? – 06 53…

– 22, 23. – Tu me l'envoies par mail?

… 14 49 30…

– Note «22, 23». C'est facile. – OK.

06 53 14… – Ou le 25, 26.

– Non.

– 06 53 40… – Sinon, le 30.

– Non. 06 53 14 49 30.

– … l'exercice dans les conditions du droit de préemption suivant :

les opérations de donations, apports…

– Si on se voyait en plein jour, comme deux humains normaux?

Avec un peu de chance, on se trouvera nuls. Eisa.

– Qui est l'inconscient qui t'a donné mon numéro?

– Je l'ai volé dans le BlackBerry de Julien. C'est mal.

– J'ai pas envie qu'on se trouve nuls,

et encore moins qu'on se trouve pas nuls.

Je peux m'en remettre qu'au hasard, pour nous.

– Le hasard, c'est quand Dieu veut rester anonyme.

– J'efface ton numéro.

C'est impossible. Il est gravé dans ma mémoire.

– «La mujer vamos a la… » – Non.

– Quoi? – Non.

– La «mujer», elle «vamos» pas.

«Vamos», c'est du pluriel, mon chou.

Ils parlent portugais, au Brésil. C'est là-bas que tu veux aller?

– Non. Pas maintenant.

– T'en es où, avec le Roméo et Juliette?

– Il écrit un peu trop chelou pour moi, Shakespeare.

Je peux l'acheter

sur iTunes?

Il est tellement beau, Dicaprio, dedans.

– Bon. Papa? – Oui?

T'as plus l'air d'être avec tes textos qu'avec moi.

– Je suis là. – À peine.

– On y retourne.

– La mujer va…

– Lily, je peux pas tout le temps rattraper tes coups.

– T'as vu la tonne de devoirs qu'ils me donnent?

Fais voir?

Mais t'as dépassé. – C'est joli.

– Mais non.

Là, c'est la Chine, là, la Russie.

N'importe quoi.

C'est qui?

– La banque, si tu veux tout savoir.

– Ils disent quoi?

– Que je suis plus riche que prévu.

– On va faire du shopping, samedi? – OK. On va faire du shopping.

Et s'il vient pas?

– On passera la soirée ensemble.

– Je le harcèle, hein? – Grave.

– Arrête. – Je déconne.

– Si sa femme est là? – Non. Pas à ces soirées.

– Alors je devrais pas être là.

– Si tu veux, on y va pas. – Non.

– Tu te calmes? – Mon sac!

– Tiens. – Merci.

– On dirait que tu sors d'HP. – C'est affreux.

– Il y a pas cHaffreux». T'es sublime.

Ce soir, le mec, tu le mets parterre.

– Je vais rrïévanouir.

– Tiens, serre le bras. Serre le muscle.

– Merci, hein, Marc. – T'es folle ou quoi?

Ça va? Qu'est-ce qu'il y a?

– Qu'est-ce que tu fais là?

– Je suis venue avec mon ami Marc. Il est avocat aussi.

– C'est moi qui l'emmène dans les soirées un peu chiantes.

S'afficher avec une star,

c'est bon pour l'image.

– C'est bon, ça. Ça m'intéresse.

– Je vais aller au vestiaire.

Faire la queue. À plus tard.

– Je m'attendais à tout, mais pas à ça.

– Oui. C'est un peu…

– Dangereux.

C'est un hôtel, ici.

– Particulier. – Et en plus,

comme t'es pas, mais pas du tout sublime dans ta robe moulante…

– Pierre?

Ça, alors.

Ça fait un bout de temps.

Tout va bien? – Oui. Tout va bien.

– Vous êtes sa femme? Enchanté.

J'étais un ami de Pierre, à la fac.

– Je ne suis pas sa femme.

– Alors t'as divorcé?

– Non. Pas du tout.

– Si t'as besoin d'un avocat…

– Je te remercie, j'ai pas besoin.

Ça se passe très bien.

– J'ai déposé mon mari. Je vais y aller.

Marc, chéri, j'y vais.

OK? Bonsoir. – Bonsoir.

– Au revoir.

– Ça me fait vachement plaisir de te voir.

…

– Jade?

Jade, tu dors pas?

– C'est horrible. Ils s'aiment et ils se sont ratés.

– Qui donc?

– Roméo et Juliette.

– Tu l'as acheté, finalement? – Tu m'avais dit oui.

C'était bien, ta soirée?

– T'inquiète pas. Ils vont s'aimer pour l'éternité.

– C'est pour les bolosses, l'éternité.

– Ben, j'espère pas.

Parce qu'a priori, c'est là où on va.

Allez, dors, mon bébé.

Dors, ma petite merveille.

*-Dans l'univers quantique,

*les choses n'ont pas besoin de rester au même endroit

*ou de suivre une seule direction.

*Vous pouvez être à plusieurs endroits en même temps.

*Ce que vous faites ici

*a des répercussions ailleurs, comme le battement d'ailes du papillon.

– On va pas aller vivre au Brésil?

– Quel rapport? – Je sais que t'en as parlé

avec Jade.

– On finit notre truc.

On en parle après?

– C'est pas affreux

qu'on regarde chacun notre programme?

– Non. Pourquoi?

– C'est flippant, je trouve. – C'est la liberté, ça.

La liberté de ceux qui s'aiment.

…

– Monsieur Solal?

…

– Ça rime avec Casper.

– De quoi? – L'orange amère.

…

– OUI.

– Tenez.

– Thank you.

– Je connais pas ton…

– Dis donc!

– À quelle heure tu finis?

Je suppose que t'es là aussi pour travailler.

– Non. Je suis là que pour ça.

– Plus maintenant. Tu vois? Plus maintenant.

Donc moi, je finis à 18 h. Je passe te prendre.

Et… – Et…?

– Je t'emmène dans mon carrosse.

– Oui.

– Oui? – Oui.

Réunion juridique en anglais.

…

– OK, OK.

– Bonjour. – Ah, bonjour.

Vous êtes française, je vois. Excusez-moi.

Allô?

Oui, Lily. Ça va?

Oui. Je vais te la trouver, ta robe. Là, je travaille.

Je suis pas venue faire du shopping.

Je t'ai dit que je le ferais. J'en ai encore pour…

…

…

– Très belle.

– Très beau.

…

On frappe à la porte.

…

– Très belle.

– Très beau.

Entre.

– Alerte à toutes les unités,

Pierre Solal est rentré dans ma chambre.

Pierre Solal est dans ma chambre.

– Pierre Solal entra dans la chambre d'Eisa Santorini…

Il la prit dans ses bras…

parce qu'il en meurt d'envie.

– J'ai l'impression d'être dans les bras d'Amma.

– Qui c'est, Amma?

– Amma, c'est…

C'est cette Indienne qui fait des gros câlins.

Des gens viennent du monde entier pour être dans ses bras.

Comme ça… – T'as commandé du Champagne?

– Cadeau de l'hôtel.

– On l'ouvre? Trop cliché?

J'adore les clichés.

– Ça fait peur.

– De trinquer?

– Oui.

– Très.

Il chante «For once in my life» de Stevie Wonder.

…

– T'es dingue.

…

C'est très intime, de marcher pieds nus

à côté d'un homme qu'on connaît très peu.

– On a passé la soirée à dire qu'on était mariés depuis 18 ans.

– Même pas on hésite? – Non.

…

Sonnerie du portable.

…

Sonnerie du téléphone.

– Ça doit être ma fille. Il faut que je réponde.

…

Allô?

Allô?

Lily?

Qu'est-ce qui se passe?

Non, mais…

Tu as vu l'heure qu'il est? Ça va pas?

…

Pierre?

…

– Pour qu'une histoire ne s'arrête jamais,

il ne faut pas qu'elle commence.

– Eisa, le journaliste de Ouest France…

– Eisa?

– Bravo, pour ton livre.

– C'est quoi, ton numéro de chambre?

– C'est votre œuvre

la plus personnelle.

– Pour moi, c'est Lacan meets Coluche.

– J'ai envie de te croire.

Tu publies ça, j'espère.

– C'est un carton. – Hein?

– Il est là. Pierre?

– Bravo, Eisa.

– Eisa, je te présente Pierre. – Enchantée. Eisa.

– Oui, je sais. Enchanté aussi.

– Entre fumeurs de joints,

vous allez vous entendre. – J'espère que j'ai d'autres qualités.

– Celle-là me convient très bien.

Le mec de Ouest France est là. – Ah oui.

Sous-titrage : C.M.C.

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