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Original subtitles

OMER ATAY pr�sente

Avec la contribution du Centre National de la Cin�matographie (France)

� la m�moire de Ugur Uluocak et Bijen Y�ceer

Il y a deux sortes d'humains.

Ceux qui mettent le pied de travers...

et ceux qui le mettent droit.

Les premiers ne peuvent pas �viter les probl�mes de dos.

Par cons�quent, ils n'ont pas l'esprit tranquille.

Donc ils ne peuvent jamais trouver le bon chemin dans la vie.

Il faut toujours mettre le pied droit !

Il y a deux sortes de femmes : � la taille fine et � la taille �paisse.

Celles qui ont la taille fine sont de deux sortes.

Celles qui se plaignent de leur taille et celles qui en sont contentes.

Celles qui ont la taille �paisse se divisent �galement en deux.

Celles qui se plaignent de leur taille et celles qui en sont contentes.

Quoi que tu couses pour celles qui sont m�contentes...

aucune robe ne leur va !

C'est difficile de s'occuper des humains !

Il y a deux sortes d'hommes.

Ceux qui veulent reprendre les cadeaux qu'ils ont fait...

� leur bien-aim�e et ceux qui ne le veulent pas.

Ceux qui ont fait le service militaire,

et ceux qui ne l'ont pas fait.

Ceux qui sont circoncis, et ceux qui ne le sont pas.

Ceux qui n'ont pas une m�re et ceux qui ne se rappellent pas leur p�re.

Maman, j'ai peur !

Maman, j'ai peur !

Mais il n'a pas de m�re, lui !

Maman, j'ai peur ! Maman !

Force-toi un peu. Tu te souviens jusqu'o� ?

- Ils �taient combien dans la voiture ? -Quelle voiture ?

- Quelle voiture ! - Je ne me rappelle pas Oncle Rasih.

Je ne suis pas ton oncle, je suis ton p�re, moi !

Je l'ai d�j� dit il y a cinq minutes ! Ton-p�-re !

Ton-p�-re !

Ton-p�-re !

Ton-p�-re !

Ton-p�-re !

Ne vous �nervez donc pas, Rasih. Il ne le fait pas expr�s.

Le m�decin a dit qu'il fallait l'aider, qu'il retrouverait sa m�moire.

Allez, on recommence.

Tu t'appelles Ali. Tu as 37 ans.

- Non, 39. - Oui, 39.

Ils ont cogn� ta t�te lorsque tu �tais chauffeur de taxi.

Tu as eu un choc c�r�bral.

Tu habites dans cette maison. Tu n'aimais pas beaucoup travailler.

Durez, vous �taient un conducteur de taxi, d'une mani�re al�atoire.

Tu n'�tais qu'un paresseux. Un vaurien chez toi et dehors !

Et maintenant, tu as trouv� un pr�texte.

- Je n'�tais pas chauffeur de taxi. - Tu m'�coutes ?

- Daurade ! - Oui, 300 Kg de daurade !

La boutique a fait faillite � cause de toi !

Arr�tez, sinon la m�moire ne lui reviendra jamais !

- Est-ce une s�ance de spiritisme ? - On appelle l'esprit de votre fils.

Tu t'appelles Ali Aktar, mon gar�on.

Ali Aktar. Taille : 1 .80 Poids : 92.

Ali Aktar. Taille : 1 .80. Poids : 92.

Une h�morragie de l'estomac dans le pass�. Dans son enfance...

une dipht�rie grave, et une pneumonie l�g�re. C'est tout.

Diagnostic : Amn�sie partielle. Voulez-vous signer ?

92 Kg...

La colonne vert�brale...

La cage thoracique...

Le cr�ne...

Beaucoup d'os. D'ongles.

Une bouche pleine de dents.

Beaucoup de chair, beaucoup de veines.

Des kilos d'intestins.

Voulez-vous signer ?

- Pourquoi vous avez mis ma veste ? - C'est la mienne.

C'est la mienne.

Est-ce que je pourrais mettre ta veste ? J'ai pas ton ventre, moi !

- Bonjour. - C'est la premi�re fois qu'il rit.

Vous voyez, il nous dupe. Il lui a sourit !

- Comment vas-tu Ipek ? - Bien.

- Tu te souviens de moi ! - Ne croyez pas ce gredin !

Suis-je la seule personne dont il se souvient ? Quelle chance !

- Comment on boutonnait �a ? - Mais il lui faut un infirmier !

- N'exag�rez pas ! - Juste aimez de cette fa�on.

- Il a m�me oubli� de boutonner. - Oui, mais il apprend vite.

Tu es devenu comme un b�b�, Ali.

- Comment va le b�b� ? - Bien.

Allo... �coute-moi.

Allo... �coute-moi.

Je ne vais jamais le voir, ne compte pas sur moi.

Je ne vais pas l'adopter.

Qu'il ne vienne pas un jour me dire papa. Ipek , es-tu l� ?

Je veux cette bague. Je te jure que c'�tait � ma m�re.

Je l'avais prise � son insu, elle la r�clame maintenant. C'est humiliant.

Ipek, �coute, j'ai des enfants et une famille.

Ne me ruine pas. Tu es devenue folle ou quoi ?

- Tu es devenue folle ou quoi ? - �coute-moi bien.

- �coute-moi bien. - N'accouche pas !

- N'accouche pas ! - Rends-moi ma bague !

Pas du tout !

J'ai �cout� la voix qui est en moi ! Elle m'a dit : "Deviens maman" !

- Rends-moi ma bague ! - Je ne la rendrai pas !

Mes cheveux sont durs encore. V�tre n'a pas fonctionn�.

Il faut le mettre sur les cheveux mouill�s.

Oui.

- Sans le rincer ensuite. - Comment �a ?

C'est mousseux ! Je vais sortir comme �a ?

- Oui. - C'est pas vrai !

Vos cheveux ne m'ont pas �tonn�. Vous �tes aussi t�tu comme ch�vre.

Tout le monde en est contents.

M�me notre chef et Senol. Mais toi, non !

Mais toi, non !

L'amn�sie, �a se voit fr�quemment chez les suspects !

Certains se rappellent, lorsqu'ils sont ici.

Ceux qui ont braqu� le bijoutier �taient trois.

Il y en a deux qui entrent dans le magasin.

Le chauffeur attendait dans le taxi.

Un chauffeur de taxi. Le m�me jour. Les m�mes heures.

Mais ils lui ont cass� la t�te !

M�me moi, son p�re, il ne me reconna�t pas !

Il n'y a pas de voleur qui reconna�t son p�re.

Il faut un rapport m�dical. Vous devez aller � l'h�pital.

Est-ce qu'il y a l'engourdissement ?

Parfois j'ai l'impression que je n'ai pas de bras.

Pas de sensation ? Redressez-vous.

C'est comme s'il dispara�t quand j'en pense.

Quoi d'autre ?

On me dit que j'ai oubli� certaines personnes.

Vous n'y croyez pas ?

Si, un peu.

Mais, par exemple...

On me dit que cet homme qui est dehors, c'est mon p�re.

- Vous ne vous souvenez pas de lui ? - Mais ce n'est pas mon p�re.

Alors c'est qui votre p�re ?

Vous reconnaissez tout le monde, sauf votre p�re ?

Comment pourrais-je reconna�tre tout le monde ? II y a tant de visages.

Tant d'yeux, tant d'oreilles...

oreilles d�coll�es...

tant de nez, des dents pointues...

des dents jaunies, des mains, des bras...

des rires, des pleurs, d'ongles...

de jambes, gifles, nerfs...

cous, pieds, cheveux...

sommeil, amour, boucles d'oreille...

lunettes, barbes, crottes de nez...

crachat, sueur, poumons.

Enfant, il �tait pareil.

Paresseux, il perdait tout.

- Et l�, il a perdu la m�moire ! - Bon alors.

Reprenons.

Tu te souviens de moi ?

Votre voisine du dessous, Neriman.

- La styliste. -Couturi�re !

Que c'est difficile de parler de soi-m�me.

En fait oui, je couds bien.

Ma ma�tresse Annik me disait que j'avais le talent d'un chirurgien.

Je parle fran�ais, et aussi espagnol. Je m�ritais mieux que de vivre ici.

Mais quel rapport avec votre fran�ais ?

Le m�decin nous a dit de lui raconter tout ! Et c'est ce que je fais !

Au diable ces oiseaux ! Allez-vous-en !

Je suis malade de vous !

Je vais essayer, moi aussi. Neriman est couturi�re, une bonne.

- Elle travaille, et a tant d'argent ! - Tant d'argent, j'aurais bien voulu !

C'est son fils Keten. Lui aussi, il va devenir un bon couturier.

Il lui faut encore beaucoup de temps.

C'est Ipek. Elle avoir un enfant.

- Il se souvient de moi. - Toute seule ! �a sera dur.

Neriman, j'ai trouv� une locataire.

Elle est tr�s sympa. Elle s'appelle �mit.

Mais il faut se m�fier, tu vas l'avoir chez toi.

- Il faut qu'on la voit, nous aussi. -Il gu�rit !

Il gu�rit !

Rappelle-toi de moi aussi... Ton p�re.

C'est moi qui t'ai �lev� tout seul !

Rasih Aktar. L'infirmier en retraite.

J'ai voulu faire de toi un m�decin, mais tu n'as pas voulu �tudier.

M'as-tu jamais �cout� ! Tu es un vaurien !

Mais ton p�re t'aime beaucoup. Il remplace ta m�re aussi.

- �akir a un nouveau collier ! -Il n'�coute rien !

- Mais il a reconnu �akir ! - Il a aper�u le collier aussi.

- Tu te souviens de moi ? Moi ? - Mais allez.

Ils ont encore sali les vitres. �a suffit !

Silence ! Allez-vous-en !

C'est Selvi.

La femme volante.

La f�e des vitres.

La fiert� de la f�minit�. Les hommes ne peuvent pas l'�galer en adresse.

C'est elle qui fait tout : cuisine, m�nage, garde-malade, acrobatie...

� tes souhaits.

� tes souhaits.

J'en ai marre.

Il est devenu tr�s grave.

� tes souhaits.

Essayez donc de bien respirer une fois.

� vos souhaits.

- O� se trouve l'urologie ? - J'sais pas.

Tu vas y trouver par toi-m�me !

Pas un "s'il vous pla�t", pas un sourire ! lls sont tous comme �a.

Je le dis toujours :

Urologie-neurologie-radiologie, c'est de la merde !

� vos souhaits.

- Il est coupable de quoi ? - Il n'est pas encore coupable.

- Il peut �tre m�l� � un braquage. - Pas du tout !

- Quel braquage ? - Une bijouterie.

Lui, il dit qu'on lui a frapp� � la t�te et qu'il ne se souvient de rien.

Sans doute, ils n'ont pas pu se partager le butin !

� vos souhaits.

Bonne nouvelle pour vous. Il para�t qu'il a perdu la t�te !

Mais o� donc se trouve l'urologie ? Je vais mourir !

� vos souhaits !

L'allergie.

J'ai trouv� la raison de votre allergie.

Mais c'est mon chien depuis des ans.

Et votre �ternuement date de quand ?

- Je n'y avais jamais pens�. Mais... - Mon neveux toussait tout le temps.

Puis, ils ont d�couvert qu'il avait une allergie au chat de la maison.

Et apr�s ?

lls ont foutu le chat dehors et la toux s'est arr�t�e tout d'un coup !

� vos souhaits !

Allez les enfants, � la circoncision ! � l'attention des parents !

La circoncision offerte par votre municipalit� commence bient�t.

Que fais-tu l� ? Sortez !

C'est moi. �etin ! Je me cache.

Ils attrapent les enfants pour la circoncision.

Mais tu n'es donc pas circoncis ?

Dis-leur que c'est ton p�re qui va te faire circoncire.

- Mon p�re n'est pas � la maison. - Dis que c'est ta m�re alors.

Elle n'est pas l� non plus. Sauves-moi, je t'en prie !

Mais ils ne peuvent pas te forcer. Qui es-tu d�j� ?

Tu ne m'as pas reconnu ? C'est �etin ! Le fils de Riza.

- C'�tait qui, Riza ? - Ton portier.

Tu veux que je leur dise qu'il y a un enfant qui n'est pas circoncis ici ?

C'�tait une blague ! Mais pourquoi pas ? C'est gratuit !

Le festin, les costumes, les cadeaux.

As-tu �t� circoncis, toi ?

On m'a fait circoncire � la naissance.

Je sais que c'est ton p�re qui t'a circoncis. Tu ne te souviens pas ?

Le cort�ge va partir dans un quart d'heure de la Place du March�.

Puis, se rendra au Grand Parc pour la c�r�monie.

Enregistrez vos enfants.

Monsieur, voulez-vous faire circoncire votre fils ?

Nous avons r�gl� cette affaire � la naissance !

Tous les citoyens sont invit�s � assister au festin.

Allez, les enfants ! Vive la circoncision !

Vive la municipalit� !

Allo, Ipek. Je veux cette bague.

N'accouche pas. Rends-moi ma bague.

Non. Mais je vais la vendre.

Et j'aurai un bon accouchement avec cet argent.

Nous �l�verons le b�b� tous ensemble.

Bien s�r.

Toi, tu seras comme un p�re pour lui.

Bien s�r.

- Mais n'en dis rien � ma m�re. - N'aie pas peur, je ne dirai rien.

Moi, je n'y crois pas � cette infirmit� !

La science refuse cela !

� l'int�rieur de nous tous, c'est si effrayant !

Merci Dieu, vous nous avez bien couvert le corps.

- Bonjour M. Ali. - En voil� un autre !

Lui aussi, il fait semblant ?

C'est possible. Une maladie peut durer dix ans ?

Tu n'as pas eu de bol en choisissant ton mari !

- Il ne te reste plus rien d'humain. -Mais allez Riza, ne mens pas.

Elle te tol�re, te traite bien. Tu te crois tellement humain, toi ?

Il y a deux sortes d'humains.

Ceux qui mettent le pied de travers, et ceux qui le mettent droit.

Les premiers ne peuvent pas �viter les probl�mes de dos.

Par cons�quent, ils n'ont pas l'esprit tranquille.

Donc ils ne peuvent jamais trouver le bon chemin dans la vie.

Et ils parlent � tort et � travers comme celui-l�.

Tu vois ? Personne n'est en parfaite sant�. L'�ternuement de Neriman...

Mes douleurs d'�paules, mes pieds...

- Et M. Rasih... - Ton p�re...

La tension et le coeur de ton p�re, son estomac.

Le dos de Riza. Mon. Ne parlons pas de moi.

Le sifflement d'oreilles de Keten. Les dents de Selvi.

Et moi, parfois j'ai des craquements � cette jambe gauche.

Ce n'est pas nouveau, �a !

Donne-nous un coup de main !

Cette voiture de merde !

On va rater notre train.

Merci bien. Viens, essayons avec toi.

Allez !

Tu as de la poigne !

Merci. Viens, je t'emm�ne l� o� tu vas.

D'accord.

- On se connaissait d�j� ? - Non. Je suis ravi de te conna�tre !

Tu es un homme bien.

N'oublie pas. Je t'attends ! Quoique tu aies besoin !

Bon, pas mal. Cela vaut dans les 500-600 liras.

Je ne peux pas l'acheter.

Laissez-la, si cela se vend, tant mieux.

- Combien co�te cette bague ? - 1 500.

Je vais �tre franche.

Il faut que tes l�vres soient plus �paisses.

Je sais que �a s'arrange.

En plus ton menton est trop grand. Mais �a s'arrange aussi.

La m�decine a fait beaucoup de progr�s. N'aie pas peur.

Ils vont te fendre la chair en deux...

quelques coups de lime sur l'os.

Tu ne vas rien sentir.

Puis ils la refermeront.

Ils vont prendre la chair de trop...

ou bien ils vont la rentrer et fermer tout en couture tr�s fine.

Tu vois ?

Mais �a va co�ter cher.

Tu travailles. Tu payes par acomptes.

Tes �paules sont �troites.

�a c'est un peu compliqu�. Les seins sont bons.

Mais pas bien centr�s, mes mod�les ne te vont pas bien.

Il faut les centrer.

Mais arr�te, ma jolie ! Je dis tout cela pour ta beaut� !

Il y en a qui change de sexe,

toi, ce n'est que de petites rectifications !

On peut tirer cette armoire par l�. Et pousser cette table par l�.

Tiens, �etin.

Voil� �mit, ma locataire. Nous vivrons ensemble

Salut.

Sa m�re est en Allemagne. Elle visitera de temps en temps.

C'est du 34. Les bras sont longs. Les poignets fins.

La poitrine. 85. La taille. 55.

Parfaite ! N'importe quel mod�le t'ira.

Je fais de la gymnastique.

Je me pr�pare pour le concours de l'Acad�mie.

Bien s�r, on doit entra�ner et conna�tre notre corps !

Celui qui ne conna�t pas son corps n'est pas un �tre humain !

Nous n'�tions pas assez fortes � deux.

Lui, c'est Aytekin. Mon ami.

- Salut. Et elle, c'est �mit. - Bonjour.

Bonjour.

Tirons cette armoire par ici. Et la table sera l�.

Attention ! Ne vous blessez pas.

Attention !

Mais remettez vos chaussures, l'un de vous pue des pieds !

Portons celui-ci.

�a va aller � la chambre d'�mit. Faites attention.

"Que sa main gauche me prenne par la t�te...

et que sa main droite m'enlace."

Ali ! Mon m�dicament !

Ali ! Mon m�dicament !

Cours ! Mon m�dicament !

Donne-moi mon m�dicament !

Maman, j'ai peur !

D�t�rioration � la suture du coronal droite.

On observe la m�me d�t�rioration � la suture lamdo�de.

Et une d�chirure au muscle tenseur du fascia lata gauche.

Faites la piq�re langitunale.

Maman, j'ai peur.

- Ta m�re aussi va venir, mon chou. - Mais il n'a pas de m�re, lui !

- Il a re�u un coup tr�s grave. - Le pouls est redevenu normal.

- Il a re�u un coup tr�s grave. - Le pouls est redevenu normal.

Il n'y a pas d'h�morragie interne. Le pari�tal a �t� endommag�.

- Il a des kilos en trop. - II a de l'an�mie.

L'h�morragie p�ridurale. D�t�rioration � cause du trauma.

- Il est hors de danger. - C'est-�-dire ?

Il va survivre, voil� !

Mille mercis, mon Dieu !

Maman. J'ai peur !

C'est le pique-nique qu'on avait fait avec maman.

J'avais perdu mon ballon.

L�, j'avais tr�s mal au dos.

L�, je ris.

Regarde, l� c'est moi. Et �a, c'est toi.

- Je ne suis pas l�. - Voil�, �a c'est toi.

L�, je pleure.

- L�, j'avais peur. - Tu avais tout le temps peur.

C'est ma chemise. Pourquoi l'avez-vous port�e ?

Il ne manquait que �a !

Mais tes habits sont bien trop grands pour moi !

- L�, je n'y suis pas. - L�, tu n'y es pas.

Je m'en fous ! Je l'attache ici et je prends mon th�.

Je me demande si cette douleur vient uniquement de l'hernie.

Ainsi ?

On dirait qu'il y a un probl�me aux reins.

- Si tu pisses rouge... - Comme la couleur de ce th� !

C'est �a : L'insuffisance des reins ! Tu peux toujours essayer de pisser !

Et le probl�me de la transplantation.

Essaie de trouver un rein compatible !

- Tu peux pisser avec un seul rein. - J'ai une insuffisance h�patique !

N'essayez pas de me doubler les gars.

J'ai eu deux h�morragies de l'estomac...

j'ai �t� op�r� de la v�sicule biliaire ! -Y a pas de quoi s'en vanter !

Les op�rations, c'est rien.

Moi, depuis mon service militaire je me bats contre l'ost�oporose.

L'ost�oporose !

- Rien que le nom suffit ! - Honte � vous trois !

Vous avez laiss� les pauvres animaux dehors !

Et vous vous faites payer pour les promener.

Je vous jure qu'on vient de rentrer dans le caf�.

Je vois tout. Les th�s, les caf�s, les cigarettes.

- Mais j'ai l'insuffisance h�patique ! - Laisse-le !

- Mais j'ai l'insuffisance h�patique ! - Laisse-le !

Je vais le promener.

Maman !

Maman !

Qu'est-ce que tu fais l� ?

Je t'ai appel�e, pourquoi tu n'as pas r�pondu ?

J'�tais couch�e, ne vois-tu donc pas ?

Qu'est-ce qu'il y a dans cette bo�te ?

Quelle bo�te ?

Celle que tu essayais de cacher tout � l'heure.

Keten !

Keten, que caches-tu, mon fils ?

Rien.

� ta fa�on de rentrer, j'ai compris que tu me cachais quelque chose.

Viens ici.

Tu crois peut-�tre que tu es assez intelligent pour tromper ta m�re !

- C'est quoi �a ? O� tu l'as trouv�e ? - Je ne peux pas le dire.

- Tu l'as vol�e ? - Ce n'est pas � moi.

Elle est jolie ! C'est � qui alors ?

� Ali.

Que fais-tu avec la bague d'Ali ?

Il m'a pri� de la cacher.

Il a dit que c'est la bague de sa m�re...

il craint que Rasih la lui confisque.

Pourquoi l'as-tu prise ? Cet homme a la t�te ailleurs.

Si demain il dit que tu lui as vol� !

- Qu'est-ce que tu vas en faire ? - Je vais la rendre � son propri�taire.

- Quel propri�taire ? - Ne m'as tu pas dit que c'est Ali ?

- Au moins, ne le dis pas � son p�re. -Qu'ai-je � faire de son p�re ?

La circoncision c'est l'hygi�ne. Le premier pas vers la virilit�.

- Donc vers l'humanit�. - Moi, j'ai peur de ce livre aussi !

- Mais tu as peur de tout ! - Oui.

- Tu as peur de moi aussi ? - J'ai peur que tu me circoncises.

Tu l'as fait aussi � Ali ! Et lui, il a encore peur de toi !

Il faut jamais avoir affaire aux flics !

- T'es curieux, hein ? Laisse tomber. - Moi aussi, je me m�fie des flics.

Je vais te dire un secret. J'ai pas encore fait mon service militaire.

Tu es d�serteur ?

- Personne ne me recherche mais si on m'attrape...

je peux m�me �tre mis en prison.

- Tu l'as fait toi ? - Commando.

Mais lui, c'est un voyageur !

Pourquoi tu fuis la police ?

- Moi aussi, je vais te dire un secret. - Quoi ?

- Mais garde-le pour toi. - Bien s�r.

- J'ai une histoire de braquage. - Quel braquage ?

- Une bijouterie. - Vraiment ?

- Est-ce qu'il te poursuit ? - Je ne sais pas.

- Vas-y, raconte. - Plus tard.

Il ne faut jamais juger les gens � leurs apparences.

Lorsque je t'ai vu...

C'est-�-dire, je n'aurais jamais... Eh ben, dis donc !

Certains ne savent pas respirer. Par exemple :

C'est pas bonne fa�on. Ces gens ne savent pas contr�ler leur respiration.

Si vous ne savez pas contr�ler votre respiration, vous visez mal.

Certains parlent sans bouger les l�vres...

car ils ne savent pas respirer.

Regardez, comme �a. "Comment allez-vous ? Bien ?"

On ne comprend pas ce qu'ils disent.

Peut-�tre qu'on ronfle � cause de �a ?

Bien s�r. M�me les pieds qui puent.

M�me les pellicules dans cheveux, c'est � cause de mal respirer.

- Et les dents qui carient ! - Bravo ! Tout �a � cause du souffle !

Sauf...

les allergies.

Ne vous en faites pas. Il va survivre. Je vais arranger �a.

Que personne n'entende. Quelle honte !

On dira qu'il a �t� vol�.

Mon Dieu !

C'est moi ! Vous �tiez en train de ronfler.

Que faisais-tu, pench� sur moi ? C'�tait quoi ton intention ? Dis-moi !

Je n'ai pas voulu vous r�veiller.

J'essayais de me souvenir de vous.

Inspirez ! Expirez !

Inspirez ! Expirez !

Inspirez ! Expirez !

Je voudrais te pr�senter � quelqu'un d'important pour moi.

Zambak, c'est comme �mit pour toi.

Zambak.

�mit est tr�s... Euh... Bien s�r...

Importante pour moi.

C'est-�-dire, tr�s importante.

Que sa main gauche me prenne par la t�te...

et que sa main droite m'enlace.

T'as dit quelque chose ?

Enchant� Ali ! je voudrais bien faire la connaissance d'�mit aussi.

Salut Zambak.

"Zambak, Zoumbak, c'est ton derri�re que tu mates !"

Je suis presque devenue incapable de coudre.

Il faut que tu comprennes.

Je t'ai aim� comme mon enfant.

M�me plus.

Lui et toi, vous �tiez mes deux fils.

Mais c'est vrai, ce mal a commenc� avec toi.

Tu as 8 ans, et mon �ternuement date de 8 ans.

Tout le monde sait bien que j'ai de la compassion.

Mais que puis-je faire ?

- Il m'a dit que vous m'appeliez. - Tu pars, mon fils.

- Vous pleurez Neriman ? - Non, c'est � cause du vent.

- C'est � qui �a ? - Je sais pas.

- Ce n'est pas � toi ? - Non.

Ne serait-ce pas � ta m�re, par hasard ?

�etin !

Dis � Keten de venir ici tout de suite.

Les oiseaux ne peuvent pas s'envoler � cause du vent.

Ali ne se rappelle pas de cette bague.

Mais rappelle-toi ! � l'entr�e de l'immeuble...

tu m'avais dit que c'�tait � ta m�re.

Qu'oncle Rasih allait te la confisquer.

C'est la bague de ma m�re donc ?

- Va pendre ces draps ! - J'ai des choses � faire en bas.

Mon fils, je suis fatigu�e.

Et puis, ce sont tes draps, pas les miens !

C'est la bague de ma m�re.

Tu te rappelles, mon gar�on ?

Ou est-ce qu'il manigance quelque chose ?

�coute, si tu me laisses dans le doute, je demande � ton p�re !

- Quel p�re ? - Oh l� l�... � Rasih !

C'est � ma m�re donc. Neriman, est-ce que je ressemble � ma m�re ?

Je n'ai pas connu ta m�re.

Ne la perds pas, c'est une tr�s jolie bague !

Prends le panier aussi !

Tu ne penses jamais � ta pauvre m�re.

Viens mon chou !

La bague de ma m�re !

- C'�tait � ma m�re. - Montre pour voir !

N'aie donc pas peur.

Tu avais d�j� cette phobie, avant l'accident ?

Qu'elle est jolie ! Pourrais-je la montrer � ma copine ?

Ayten ! Regarde !

Quelle jolie bague ! C'est � qui ?

� la m�re de M. Ali.

Que ferais-tu pour une telle bague ?

Je sauterais sur le toit d'en face !

La vie est difficile dans les rues de la ville. Surtout la solitude.

C'est mieux par l�.

Il y a un petit bourg l�-bas, tu y descendras et tu t'y feras aimer.

C'est Neriman qui me les a donn�s pour toi. Mange bien.

Ne te fais pas des id�es sur les �tres humains. Que pouvait-elle faire ?

Ne te fais pas des id�es sur les �tres humains. Que pouvait-elle faire ?

Elle a une allergie aux poils de chien. D'accord ?

Arr�te ! Arr�te !

Arr�te �akir, c'est moi. Du calme, joli chien.

- C'est ton p�re qui t'a circoncis ? - Je ne me souviens pas.

C'est quand les mecs t'ont cogn� la t�te que tu as oubli� ?

Je ne sais plus.

Quand les mecs t'ont cogn�, �a t'a fait mal ?

Alors pourquoi tu t'es �vanoui ? Pourquoi tu as tout oubli� ?

C'est-�-dire, j'ai oubli� la douleur.

Dis-moi la v�rit�, as-tu vraiment oubli� ?

Tu plaisantes, n'est-ce pas ?

Vous pouvez venir, le patron est parti, je vous fais monter.

Comme elle a de gros seins !

Ali, est-ce que tu aimerais que cette femme soit ta m�re ?

- Non, j'aime mieux ma m�re. - Moi aussi.

Mais j'aurais voulu que ma m�re ait des seins comme elle.

La bague est perdue.

Comment �a ?

Il para�t qu'il y a eu un vol � la bijouterie.

Et ils ont pris la bague.

Quel imposteur ! Il a dit comme �a ?

Il ne t'a pas donn� d'argent ?

Non, il a vraiment �t� vol�.

Je n'aurais pas d� la laisser l�.

Ipek !

Je te la ram�nerai, moi. La bague et l'argent. Parole d'honneur !

C'est trop tard. Oublions cela.

En voil� d'autres qui oublient !

Qu'est-ce que vous allez oublier, vous ?

Il n'a d�j� que la moiti� de sa t�te, et tu lui enl�ves �a aussi.

- Il est devenu d�bile. - Mais pas du tout !

Neriman, tu as un fils si bon ! Et tu ne lui fais pas confiance du tout.

Ipek, ne me rends pas malade !

Il dit qu'il va faire "le papa".

Ne l'entra�ne pas sur la mauvaise pente !

Ton ventre est plein, et toi, tu continues � faire les yeux doux !

"Excuse-moi ma souris, pour un �l�phant je t'ai pris !"

Allez.

Mais je ne me rappelle pas ! J'ai des affaires.

�coute, ou bien tu sors. Fous le camp ! Fils de pute !

J'ai un truc dans mon oeil !

C'est bon maintenant. Tiens, regarde �a !

Elle est tomb�e de ma poche. La bague de ma m�re. Regarde.

- C'est elle qui te l'avait donn�e ? - Il para�t que c'est elle.

Que c'est jolie. Tiens.

Pourquoi est-elle dans ta poche ? Tu pourrais la perdre.

Je l'avais prise avec moi pour qu'elle ne se perde pas � la maison.

Tu te souviens de ta m�re ?

Tr�s peu.

Mais avant aussi, je m'en souvenais peu.

Tu ne te souviens pas de ton p�re, c'est �a ?

Il est temps de gu�rir. Tu m'as aid� beaucoup.

Merci Aytekin ! Esp�rons que �a marche.

Tu dois porter ce talisman sur toi. C'est Celal Hodja qui l'a pr�par�.

Il faut que tu croies et que tu n'aies pas peur ce que tu vas te rappeler.

J'en ai demand� un pour moi aussi, mais il s'est mis en col�re !

Tu l'as demand� pourquoi ?

Pour que mon infirmit� s'aggrave, pour obtenir le rapport d'inaptitude.

Mais il m'a chass�.

Crois-moi, ils te le donneront. Essaie !

- Mais j'ai la trouille. - Je te jure, tu es invalide !

Merci Ali. Esp�rons ! Esp�rons !

C'est Ok.

Ah mon petit. Qu'est-ce qu'il a fait ?

Il �tait compl�tement indiff�rent.

Vous lui avez laiss� ses provisions ?

1 ,5 Kg de viande, 4 pi�ces de poulet.

Il les a mang� et termin� illico.

- Est-ce qu'il pourrait revenir ? - Un chemin de montagne � 350 Km !

Gr�ce � moi, vous vous �tes d�barrass�e...

de la maladie, et de ce m�chant chien !

Ne dis pas �a de mon petit !

Mon Dieu, pardonnez-nous !

Et bonne chance pour mon petit innocent.

Mais �akir �tait un chien m�chant. Pas loyal du tout !

Et puis, que faire ? La sant� passe avant tout !

Quoi ? Des abeilles !

Des abeilles ! Allez-vous-en !

Mais ne vous faites pas de bile, les chiens reviennent toujours.

Ah mon beau, ah mon pauvre !

Mais je ne comprends toujours pas ! Pourquoi il partirait comme �a ?

Imb�cile ! Je te dis que peut-�tre on l'a vol�.

Le boucher l'a vu avec quelqu'un !

- Il l'a vu o� ? - Il est donc vol�.

Vous bilez pas, il reviendra, m�me s'ils l'ont vol�.

Croisons les doigts.

- Esp�rons. - Esp�rons ! Esp�rons !

Ne me demande plus d'argent ! Tu es en bon sant�. Va bosser.

Si je retourne au boulot, la police m'attrapera puisque je suis gu�ri.

La police doit d�j� avoir compris.

Toi et faire un braquage, �a fait deux !

Tu crois peut-�tre que c'est facile de braquer une bijouterie !

Et si j'ai vraiment fait un braquage !

Alors tu vas purger ta peine, abruti !

Apporte-moi vite mon m�dicament !

Je me souviens seulement que je conduisais, c'est tout.

Moi, je n'avais pas d'ami pour faire un braquage !

Peut-�tre que tu les as oubli�s aussi. Regarde, c'est pas cette boutique ?

Il para�t que c'est l�. Mais je ne me souviens de rien.

Tu dois avoir cach� quelque chose quelque part.

- Je ne m'en rappelle pas. - Regarde bien, c'est �a la boutique.

C'est effrayant cette lune, n'est-ce pas ?

L'obscurit� derri�re la lune est plus effrayante.

C'est quoi cette obscurit� en fait ? Hein ?

Keten !

- Pourquoi tu as fait �a ? - Dis donc, vous �tes associ�s ?

Qu'est-ce que vous foutiez l�-bas ?

Qu'est-ce que vous foutiez l�-bas ?

On regardait la lune.

- Ce mec n'est qu'un voleur. - Qui �a ?

Le bijoutier. Il ment.

On ne l'a pas braqu� ?

J'avais achet� une bague, puis...

�a suffit pour ce soir !

Partons sans avoir d'autres probl�mes.

Allez, salut les copains !

Ali, tu sais la bague que ma m�re t'a donn�e.

Cette bague... est � moi en r�alit�.

- Oui, c'est �a. - �a c'est la bague de ma m�re.

C'est moi qui ai invent� cette histoire. Crois-moi, c'est � moi.

Parce que j'ai une m�moire d�faillante...

tu essaies de me rouler, petit malin !

Je t'ai roul� avant, mais maintenant je te dis la v�rit�.

C'est la bague de ma m�re, �a. Va demander � ta m�re.

Ali, rends-moi ma bague.

Mais qu'est-ce que tu fabriques donc ?

Tu aurais un rapport avec ce braquage ?

Rien que ce que tu as fait ce soir est suffisant pour te faire embarquer.

J'esp�re que tu oublieras cette nuit aussi !

Allo, Ipek. Es-tu l� ? Ma bague.

Bravo ! Si tu savais comme je t'envie !

- Tu pourrais le faire toi aussi. - Quoi, avec ce ventre ?

Je ne pourrais pas m�me si j'�tais pas enceinte...

tu es comme une acrobate !

Et toi, comment tu peux marcher sur ces hauts talons ? Je t'admire.

Ce n'est rien. Tout le monde peut le faire !

Bravo ! Je ne pourrais m�me pas rester debout sur ces talons.

Essaie pour voir.

�a t'irait � merveille !

Vous deviendrez comme une reine.

Non, je ne peux pas.

Tu fais tant de num�ros difficiles, ce n'est rien.

Chacune a ses m�rites. Non, je ne peux pas marcher.

Les femmes enceintes doivent-elles pas mettre des chaussures plates ?

Mais moi, je ne pourrais pas marcher sans talons ! Ciao.

- C'est quoi �a ? - C'est le boucher qui vous l'envoie.

- Un chat mort ! - C'est un li�vre !

Sa chair est vraiment d�licieuse.

Tout le monde ne peut pas chasser �a.

Faites-en moi un col de fourrure !

- C'est le boucher qui a tu� le li�vre ? - Oui, il l'a chass�.

- Pourquoi il l'a tu� ? - Mais pour qu'on le mange !

Je vais vous le pr�parer � ma fa�on, et vous allez vous bouffer les doigts !

On mange la viande des morts ?

On ne va pas le manger vivant quand m�me !

Moi, je ne mange pas la viande des morts.

Tu as des os si fins !

Heureusement, il n'y a pas de cassure.

�a m'a fait peur. J'esp�re que �a passera d'ici le concours !

Comment l'as-tu tordu, disais-tu ?

En faisant des mouvements pour m'�chauffer. Le sol est dur.

Quel mensonge !

Pourquoi le m�le serait-il plus d�licieux ?

Chez certains animaux c'est comme �a. Des lapins, par exemple :

Le m�le des ch�vres aussi est plus d�licieux.

�videmment, on ne peut pas go�ter � n'importe quelle femme !

Ali n'aime pas la cuisse, je la prendrai volontiers.

- Tu d�sires avoir une fille ? - Bien s�r, �a sera une fille !

Est-ce qu'on a jamais eu du bon, du c�t� des hommes ?

�a sera une fille brave !

Oui, les filles sont moins ingrates. Regardez lui.

- Rasih, c'est bon la viande ? - D�licieuse. Merci Neriman.

- Bon App�tit. - Et moi je voudrais un gar�on.

Donc on vous fera circoncire ensemble !

Tu vas attendre encore un peu, puis je vais m'en occuper.

- �a sera comment, sa circoncision ? - Je ne sais pas.

�a aurait �t� trop beau, s'il s'�tait fait faire �a par la municipalit�.

Mais nous pouvons faire cette circoncision ! On fera aussi une f�te.

Nous aurons l'amusement.

- Mais comment ? - C'est moi qui payerai !

- Il suffit d'en parler � son p�re. - Et je m'occupe du repas de festin !

- Il suffit d'en parler � son p�re. - Et je m'occupe du repas de festin !

C'est une bonne occasion de bien s'amuser !

Mais arr�te donc, mon petit ! �a fait pas mal.

Comment savoir que �a fait pas mal ?

- Enfin ! Chaque homme l'�prouve. - Ce n'est pas si facile quand m�me.

Ignorez ces deux idiots. Je vais te faire un tr�s bel habit.

- Pour nous aussi. - Bon, mais vous ach�terez le tissu.

�a sera une grande f�te.

Il est effray�, et vous, vous parlez de f�te.

�etin, je t'ai expliqu� plusieurs fois.

Ali ne se souvient plus, j'ai fait sa circoncision.

�a ne lui a pas fait mal.

Un bon chirurgien ne fait pas de mal !

C'est vrai.

- Comment �tes-vous s�r de �a ? - M�me si �a faisait mal, c'est rien.

Tu vas devenir un homme. Moi, je vais te tenir.

Attends !

Viens ici !

�etin, viens ! Tu vas devenir un homme !

O� est-elle ?

- O� est la bague ? - Quelle bague ?

- La bague de ma m�re ! - Arr�te ton jeu de fou !

- Vous l'avez cach�e ! - Tu vas enfin tuer ton p�re !

Tu commences � avoir des visions !

�a suffit ! Ne te laisse pas aller !

Regarde Ali. Tu vois ?

Allez.

Je veux gu�rir. Je le veux vraiment.

Prie Dieu !

Qu'est-ce qu'on devient apr�s l'Acad�mie des Sports ?

Prof de sport.

J'ai tr�s peur pour le concours. Si je ne r�ussis pas.

Pourquoi donc tu ne r�ussirais pas ? Et ta cheville est en train de gu�rir.

Je ne veux pas retourner en Allemagne.

Je ne veux pas du tout.

L�, avec ma soeur.

L�, au cours d'un spectacle.

L�, en dansant.

L�, j'�tais tr�s fi�re.

L�, j'�tais amoureuse.

L�, j'avais eu tr�s peur.

�mit te pla�t beaucoup, n'est-ce pas ?

Ah bon ?

Moi aussi, je l'aime bien.

Mais elle est trop jeune pour toi. Et ils ne la laisseront pas tranquille !

- Tu parles de qui ? - Elle est cultiv�e, une gymnaste.

Beaucoup de gar�ons doivent lui tourner autour.

Ne sois pas triste. Ressaisis-toi !

Trouve un boulot !

Les femmes ne font pas confiance � des hommes qui vivent avec famille !

Il faut que tu te tiennes tout droit. Que tu prennes pied solidement.

Une femme veut que tu sois fort. Tu dois avoir du pouvoir.

�coute, tu dois cacher tes faiblesses.

Mets les mains dans la poche. Non, dans la poche de ton pantalon.

Tiens ta t�te droite. Si j'�tais aussi grand que toi.

Tout droit ! C'est �a !

En te comportant comme il faut...

tu peux impressionner tout le monde.

Ce comptoir.

Pourquoi c'est si haut tu crois ?

Moi je te regarde comme �a, et toi, tu me regardes comme �a.

C'est quoi un humain ?

On est bien peu de chose.

De la chair, des os, du gras, des nerfs !

Qu'est-ce qu'on a de diff�rent des veaux ? C'est quoi un mec ?

De la chair, des os, du gras, des nerfs.

Ce qui compte c'est ce qu'il a � l'int�rieur.

Y a-t-il un vrai homme l� ?

La chasse des sangliers et des faisans est interdit cette saison.

La chasse des sangliers et des faisans est interdit cette saison.

Merde !

Les limites de la chasse par jour : 1 pour le renard et le l�vrier...

2 pour le perdrix rouge et le li�vre des �les...

Quelle merde ! Mais ce ne sera plus de la chasse !

4 pour l'oie sauvage, 12 pour la b�casse...

Et 8 pour d'autres esp�ces permises � la chasse.

Les forces de gendarmerie...

Inspire, expire !

Inspire, expire !

Prenez un souffle profond.

Inspire, expire !

Comme si tu donnais le souffle de la vie � une cr�ature dans ton corps.

Inspire, expire.

Les contractions recommencent.

Inspire par le nez, expire par la bouche.

�a y est. D�contracte-toi. �a revient.

Mais �a commence � serrer.

Inspire et expire rapidement, comme un chien.

Ali !

Ali, donne-moi ma bague ! Ne fais pas l'innocent !

Si ta m�re entend que tu attaques les boutiques...

- �a ne te sert � rien ! - Souvenir de maman !

Je l'avais achet�e pour une femme !

Tu allais la donner � une femme ?

- Pourquoi ? - Pour qu'elle soit heureuse.

- C'est ton amante ? - C'est celle que j'aime.

Donne-lui la bague de ta m�re alors. Laisse la mienne.

Je ne te crois pas ! Tu mens depuis le premier jour.

Tu n'as rien oubli�. T'es un voleur !

T'es un voleur !

Keten ! O� es-tu ?

Keten ! O� es-tu ?

Qu'est-ce que c'est que ce brouillard ?

Il y avait des rochers de ce c�t�.

- Elle est o� la c�te ? - La voix de Keten venait de par l�.

Keten !

Keten !

Non, nous allons dans la direction oppos�e.

- Qu'est-ce que t'as ? - Mon poignet a l�ch�.

- Le m�me tremblement ! Merde ! - C'est un souvenir de boxe.

Superbe ! Comment on va rentrer maintenant ?

- Rame un peu toi. - Je ne sais pas ramer.

Tu as �t� p�cheur, comment tu ne sais pas ?

Allez.

- Merde ! - C'est-�-dire que j'ai oubli� comment.

- Keten ! - Ali !

Ali.

On arrive.

Dieu merci. Nous �tions inquiets pour vous.

Heureusement que vous aviez une femme avec vous.

Sinon vous �tiez foutus.

On a m�me pens� appeler la police.

Si on avait devin� votre maladresse, on les aurait appel�s.

C'est � cause d'une infirmit�.

Ipek, est-ce que je pourrais te toucher le ventre ?

Bien s�r. Boum !

Ali, dis donc, tu as tant de poils.

Tu es maigre, fiston, mange un peu.

- Les orteils de Keten sont si longs ! - Comme son p�re.

- Et tu as de bons gros seins, hein ? - Ah ne m'en parlez pas !

Nu, on est tellement diff�rent.

On dirait qu'Ali n'est pas nu.

Mais qu'il y a quelqu'un dans son corps qui nous regarde !

Maman, j'ai peur !

Il n'y a rien maintenant. C'est quand je force que �a m'arrive.

Quand tu soul�ves une chose lourde ?

Oui.

Et aussi, vous n'allez pas me croire, mais c'est quand j'ai le cafard.

Tu aurais du mal � obtenir le rapport d'invalidit�.

M�me si tu convins un docteur, que feras-tu devant le conseil ?

Quand �a commence � trembler, on le voit m�me d'en face.

Tout est normal. Pourquoi alors tu fuis le service militaire ?

Il n'y a rien � avoir peur. M�me Ali l'a fait.

Mais il est invalide, carr�ment. Force-toi un peu !

Je vais avoir ce tremblement.

Assieds-toi.

Je vais le forcer. �a va revenir.

Asseyez-vous. �a va revenir.

Prends-moi le bras et tords-le. �a peut le faire revenir.

Encore un peu.

Arr�tez-moi ces magouilles !

Vous ne cherchez qu'� d�serter !

Tu dois faire ton service chez les commandos !

Vous ne croyez personne ! On ne ment pas !

C'est toi qui ne crois rien !

Je n'ai m�me pas pu te convaincre que je suis ton p�re !

Ce mec te ne ressemble vraiment pas !

- Peut-�tre qu'il n'est pas ton p�re ! - Je te l'ai dit !

Tu m'as fait mal.

- Pourquoi tu ne r�ponds pas ? - C'est le t�l�phone d'Ipek �a.

Tu es l� ? Ipek, r�ponds-moi !

Je veux ma bague. Je sais que tu es l� !

Ipek, rends-moi cette bague !

Rends-la !

- Que veut-il ? C'est qui �a ? - Je ne sais pas.

C'est l'affaire d'Ipek. Tu as eu peur ? Mais allez.

- Parfois j'ai peur. - De quoi ?

De certaines choses. De la circoncision, par exemple.

- Quoi d'autre ? - De l'obscurit�.

- Et encore ? - De M. Rasih.

Et de son livre des morts.

�coute. Tous, on a plein de peurs de toute fa�on.

Tu ranges toutes tes peurs dans une de tes poches.

Puis tu les reprends une par une et tu les passes dans l'autre poche.

En les passant, tu respires un bon coup...

et tu les examines une par une.

Et tu vois que certaines sont d�j� parties.

Les choses dont on a le plus peur restent toujours au fond de la poche.

- Il ne faut pas que tu les oublies l�. - Et puis ?

Et puis tu les repasses � nouveau dans la premi�re poche.

Une fois dans une poche, une fois dans l'autre. D'une � l'autre.

Et il faut respirer � fond chaque fois.

Tu rigoles, hein ? Est-ce que t'en as, toi aussi, dans tes poches ?

- Plein. - Je vais regarder.

- Regarde. - Mais il n'y a rien l�.

Il y en a, mais tu ne peux pas voir.

Tiens, je te donne une circoncision.

J'en veux pas, passe-la dans l'autre poche !

Viens, �etin ! Tu vas devenir un homme.

Attrapez-le.

- Allez, en bas. - Que fais-tu l� ?

- Tu vas tomber, mon petit ! - Vilain !

On va t'en mettre dessus, �a va tomber tout seul !

Je ne vais pas le couper !

Mais viens donc voir tes cadeaux !

- Allez. - Viens ici.

Maman, j'ai peur, maman !

Maman, j'ai peur, maman !

Mon fils !

Mais arr�te !

Prenez �a aussi.

Prenez �a aussi.

Pourquoi avez-vous mis mes chaussures ?

Mais �a suffit ! Gredin !

"Ses" chaussures !

Tenez sa jambe. Allez �etin !

Mais ne bouge pas !

N'aie pas peur. Je vais mettre de cette eau et �a va tomber tout seul.

Maman !

Maman !

Il y a deux sortes de femmes.

� la taille fine et � la taille �paisse.

Celles qui ont la taille fine sont de deux sortes.

Celles qui se plaignent de leur taille et celles qui en sont contentes.

Celles qui ont la taille �paisse se divisent �galement en deux.

Celles qui se plaignent de leur taille et celles qui en sont contentes.

Quoi que tu couses pour celles qui sont m�contentes...

aucune robe ne leur va ! Que fait une bonne couturi�re ?

Elle leur coud des robes qui font aimer leur taille.

Dites-moi les filles ! Y en a-t-il une qui n'est pas contente de sa taille ?

- Non ! - Allez, on danse !

Une bonne couturi�re, c'est rare !

C'est difficile de s'occuper des humains !

- Tu as un probl�me ? - Non.

- Tu as un probl�me ? - Non.

- Tu as un probl�me ? - Oui.

- Qu'est ce que c'est ? - Mon bras, parfois il l�che.

EN BONNE SANT�.

SE RENDRA � SON R�GIMENT

Donne-moi �a.

O� est ma bague ?

Qu'est-ce que vous faites ! Riza, vite !

Arr�tez ! Riza !

Mme Neriman ! Vite !

- Oeil pour oeil. - Genoux contre genoux.

- Face � face. - La main dans la main.

- Dos � dos. - L�vres contre l�vres.

- O-oh ! - C�te � c�te.

- Poing contre poing. - Corps � corps.

- T�te � t�te. - Pied � pied.

- Joue contre joue. - De bouche en bouche.

- Poitrine contre poitrine. - �paule contre �paule.

- O-oh ! - Bras dessus bras dessous.

- Nez � nez. - Fesses contre fesses.

- Coude � coude. - Dent pour dent.

- Gorge � gorge. - Souffle par souffle.

- Gorge � gorge. - Souffle par souffle.

- Merde ! - On m'a eu !

Donc tu deviens soldat !

Je dois me rendre dans deux jours.

Le capitaine m'a dit qu'en fait, il devait me foutre en prison.

- Tu as peur ? - Un petit peu.

- N'aie pas peur. On s'habitue. - Il y a beaucoup de bastonnade ?

Non.

TOUT POUR LA PATRIE

Allo... je suis devenu caporal.

�mit.

Je veux t'offrir cette bague. Tiens.

Ah non. C'est tr�s pr�cieux �a. En plus, elle est importante pour toi.

- Je le veux comme �a. Tiens. - Non, je ne peux pas.

Je veux vraiment te donner �a. S'il te pla�t !

Merci beaucoup, mais non, �a serait inopportun.

En plus, elle est trop grande pour moi. Je ne peux pas la mettre.

On la fera resserrer. Prends-la.

Ali.

Ali.

Ali.

Ce n'est pas bien que j'accepte maintenant quelque chose de toi.

- Pourquoi donc ? - Tu sais ?

Parce que certaines personnes pensent que tu as perdu la t�te.

Ils croiront que je t'ai grug�. C'est une bague pr�cieuse.

- Toi, tu crois que j'ai perdu la t�te ? - Bien s�r que j'y crois pas !

- Tiens alors. - C'est impossible.

�mit.

S'il te pla�t !

Merci, mais...

D'accord. Mais je ne la mettrai pas.

Que faites-vous l� ?

C'est le jour du m�nage aujourd'hui.

Il n'en fait qu'� sa t�te.

J'ai pris ma d�cision, je m'en vais dans un hospice.

Comment �a ? Mais vous ne voyez pas qu'il gu�rit de jour en jour.

Il ne peut pas vivre sans vous. Et vous ne pouvez pas vivre l�-bas.

Un type qui ne se souvient pas de son p�re. � quoi bon s'il gu�rit ?

Qu'y a-t-il de mal � �a ?

Oh, �a m'a fait mal !

- Il dit "oncle" au lieu de "papa". - C'est fini.

- Merci. - C'est tr�s vexant !

Il se souvient de tout le monde, sauf moi !

Neriman !

Neriman !

�akir est de retour !

� vos souhaits !

O� est-il alors ?

Mon pauvre enfant !

Qu'est-ce qui t'a arriv� ? On t'a donc enlev� ?

- J'avais dit, les chiens reviennent ! - Oh, mon petit !

- On va d'abord te donner � manger. - Oh, mon petit !

C'est ici, ta maison !

Neriman, cet animal ne veut pas de vous !

Mais que t'ai-je fait, mon petit chien ?

Je t'ai nourri, je t'ai aim�.

Mon seul crime, c'est une distraction d'une seconde.

On t'a vol� tout de suite.

Peut-�tre qu'il ne se souvient plus de vous. Comme M. Ali.

Peut-�tre que ce chien aussi a perdu la m�moire comme celui-l� !

Si un homme peut oublier son p�re.

Il peut rester chez nous.

- Il a de la rancoeur, bien s�r. - Ingrat !

C'�tait comment ? Bien ?

Alors tu as r�ussi ! Tu es fi�re ?

Si au moins les r�sultats de l'�crit �taient affich�s.

C'est � cause du mauvais rasage ?

Non. Ce sont les muscles du visage.

Il ne manquait plus que ce chien !

Viens, �akir.

Tous les s�niles sont r�unis ici !

Et c'est notre esprit.

C'est incroyable ! 350 Km !

S'il pouvait parler, on serait cuits ! Il sait tout.

- Est-ce que quelqu'un l'aurait aid� ? - Et il me boude.

Je le regrette. C'est tr�s humiliant.

Attrape, �akir, attrape ! Regarde, un os.

Allez �akir, prends-le.

- C'est quoi �a ? - C'est le pied d'�mit.

Je plaisante. Pour voir s'il va le manger !

Mon petit �akir.

Viens, je vais te caresser. Tu as manqu� � ta maman.

�akir, pardonne-moi, s'il te pla�t !

Pardonne-moi.

Les chiens nous mordent parce qu'il y a des os � l'int�rieur de nous ?

Non... ils mordent, parce qu'� l'int�rieur, nous n'avons pas de coeur !

- Tu veux faire une enqu�te ? - Quelle enqu�te ?

Une enqu�te sur l'humanit�.

Premi�re question : Qu'est-ce qui vous manque pour �tre heureux ?

Quelle question ! Il me manque de l'argent ! Et toi ?

Bien s�r ce serait mieux si j'avais plus de possibilit�s.

Apr�s, quel espoir avez-vous perdu dans votre vie ?

Beaucoup ! Mais je ne suis pas � cours d'espoir.

Tu es venue comme un espoir.

- Et toi ? - Je n'ai encore perdu aucun !

Ensuite : est-ce que vous savez pr�parer votre plat pr�f�r� ?

J'aime la viande, et je sais la pr�parer de toutes les mani�res.

- Comment voudriez-vous mourir ? - Sans devenir malade. Toi ?

Sans savoir que je vais mourir.

Ne me parlez pas de la mort.

- Sans accident. - Pas dans les mains d'un m�decin.

- J'aimerais mourir beau. - Mais je ne veux pas mourir !

- Sans souffrir. - Sans que mes enfants soient tristes.

- En dormant dans mon lit. - D'une bonne crise cardiaque.

C'est comme si je vais jamais mourir.

- Il faut avoir de l'argent. - Si j'avais des cheveux plats...

- La saison de chasse est tr�s courte. - Ma famille me manque.

- Il me manque un homme. - Si j'�tais plus grand...

Je r�vais de devenir m�decin.

Je deviendrais champion de boxe, puis star de cin�ma.

Mais j'ai �t� bless�.

2 culottes en laine. 2 d�bardeurs.

3 paires de chaussettes. Quoi d'autre ?

De toute fa�on, ils donnent tout l�-bas.

Je vais prendre cong� de Zambak.

Si tu m'attends deux secondes...

- T'es disponible ? - Viens, mon amour.

Ali attend. J'arrive.

Ali ! Gare-toi � l'ombre, sous cet arbre. J'arrive dans trois secondes.

Disons quatre secondes !

Disons cinq secondes !

D�shabille-toi, ma puce !

Allo ? Ipek.

Ne me force pas � utiliser ma virilit� ! Allo...

- Allo... - Allo...

- Je sais que tu es l�. - Je sais que tu es l�.

Fais-toi avorter, je r�glerai le m�decin. Je vais payer tout.

Allez... rends-moi ma bague !

Rends-la.

Je sais que tu es l�.

Il y a deux sortes d'hommes.

Ceux qui veulent reprendre les cadeaux qu'ils ont fait...

� leur bien-aim�e et ceux qui ne le veulent pas.

Deux sortes.

Ils sont tous pareils. Laisse tomber !

Moi, quand j'ai le cafard, je me retourne vers la mer...

et je respire un bon coup... Que demander d'autre !

Garde-le. C'est un cadeau pour mon soldat !

- Zambak, moi, j'ai peur. -De quoi ?

De devenir soldat.

Tu reviendras en tant qu'un homme.

- C'est quoi ce bruit ? - Quel bruit ?

Ali va et vient avec la voiture.

Tu t'ennuyais � ce point ?

- Aytekin ! Aytekin ! - Oui ?

- Je me suis souvenu. -Quoi ?

Je me suis souvenu en reculant. J'avais fait marche arri�re moi.

Je n'ai pas fait de braquage.

- Alors que s'est-il pass� ? - Moi... Ah moi !

Maman, j'ai peur !

- Le r�sultat du concours ! - Et alors ?

Est-ce qu'il y aurait une erreur ?

Tu n'a pas r�ussi ?

Je n'ai pas r�ussi.

C'�tait cet arbre ?

- J'ai vraiment honte. - Mais pourquoi ?

�a aurait �t� mieux si j'avais �t� m�l� � ce braquage.

Laisse tomber. C'est aussi dur.

- Ne le dis � personne quand m�me ! - C'est entre nous.

L'allure ou la coiffure... ce n'est pas tout dans la vie.

Le savoir-faire et le savoir-vivre ! C'est �a qui attire les femmes.

Le savoir et l'habilet� !

Celui qui n'a pas l'oeil du ma�tre, qui fait pas la diff�rence entre...

1 pouce, 2 pas, 3 brasses, 4 doigts, 5 empans...

ne peut pas chasser mesurer, comparer, estimer, voir, go�ter...

flairer, comprendre.

C'est-�-dire qu'il n'aura rien de masculin, rien d'humain.

Mon Dieu ! Ali, va chercher mon m�dicament.

Ali ! Je vais mourir ! Allez !

Ali ! Mon m�dicament !

Donne-le moi.

Tu veux tuer ton p�re ! Tu t'es arr�t� expr�s !

Tu attends pour que je meure. Assassin !

Au secours ! Parricide !

Arr�te, papa !

Qu'as-tu dit ?

Qu'as-tu dit ?

Tu as dit "arr�te, papa !"

J'ai eu peur. J'ai dit "arr�te, papa".

Arr�te, papa !

Maman, viens vite ! Ali a jet� M. Rasih par terre, et il le bat !

Et M. Rasih pleure, en disant "arr�te, papa !"

Qu'est-ce qu'il y a ?

Je vous annonce une bonne nouvelle. Mon fils est gu�ri !

Il a dit "papa" !

Il a dit "arr�te, papa !" Il s'est souvenu de moi !

Ah, f�licitations !

Ali, comment �a s'est pass� tout d'un coup ?

J'�tais l�. Mon p�re s'est approch� de moi en criant.

Il m'a pouss� et m'a fait tomber.

En tombant j'ai dit "arr�te, papa". Qu'est-ce qu'il y a l� d'�tonnant ?

Vous avez sans doute trop battu ce pauvre gar�on quand il �tait petit.

- Il a eu peur, et s'en est souvenu. - Pas du tout !

Non, mon p�re ne m'a jamais battu. Il me poussait et me faisait tomber.

- N'est-ce pas papa ? - Oui !

Peut-�tre que cela a �t� une sorte de choc. Le choc lui a fait du bien.

Je l'ai pouss� un petit peu. Et en tombant, il a dit : "arr�te, papa".

Si vous ne retenez pas votre souffle, vous ne pouvez pas toucher la cible !

Retenez votre souffle ! Pr�t ? Feu !

J'ai touch� trois sur trois, � 250 m�tres.

Mon commandant c'est un dur, mais il m'a � la bonne, je lui plais !

Mon bras ne tremble plus du tout.

Manqu� ! Imb�cile, je t'ai dis de retenir ton souffle !

� pieds joints.

Ce que tu fais...

c'est plus difficile que d'apprendre � danser � un chameau.

- Il ne peut m�me pas marcher bien. - Bien.

Encore une fois. � pieds joints. Tr�s bien.

C'est un joli balcon.

Moi aussi, j'ai un balcon.

Je pr�f�re le balcon dans une maison.

Moi, la cuisine. L'�me d'une maison est dans sa cuisine.

Moi, la salle de bain.

Parce que c'est seulement l� que je peux fermer � clef.

Moi, j'aime les endroits a�r�s. Ville ou campagne, �a m'est �gal !

Moi, j'aime la mer.

Moi, la for�t.

Moi, j'aime le b�ton, j'aime la ville.

Moi, j'aime la maison d'Ipek.

Tu sais, Ali m'a offert une bague.

Il est amoureux de toi !

J'ai pas voulu le froisser et je l'ai prise. C'est la bague de sa m�re.

C'est tr�s mauvais �a !

Cette bague n'est pas � lui ! C'est cette bague-l� !

�etin ! Va chercher Ali pour moi !

Qu'est-ce qui se passe ?

Mes battements de coeur !

Cette bague, elle �tait � moi !

Ali trafique quelque chose ! C'est incroyable !

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Entre.

Tu pars, �etin.

�etin, pourrais-tu m'appeler Neriman aussi ?

Il para�t que tu as offert cette bague � �mit, c'est vrai ?

- O� est-ce que tu l'as eue ? - C'�tait � ma m�re.

Tu mens ! Je l'avais laiss�e chez le bijoutier et le bijoutier a �t� vol� !

C'est pas moi ! Cette bague �tait � ma m�re.

Ta m�re, mon cul !

Ali, peut-�tre tu ne t'en souviens pas...

mais tu t'es m�l� � une mauvaise affaire.

- Bonjour. - Salut.

- Qu'est-ce qu'il y a, Ipek ? - Il faut qu'on parle.

Entre.

�etin, vas-y mon grand.

Neriman, cette bague... Il faut que j'appelle M. Rasih aussi.

�etin ! Appelle-moi M. Rasih. Dis-lui que c'est important !

- Entre M. Rasih. - Bonjour.

Va jouer, mon chou.

- Il l'a donn�e � Keten aussi. - Oui, il faut l'appeler lui aussi.

�etin ! Va appeler Keten !

- Il ne va pas bien. - M. Rasih !

De l'eau !

Entre, Keten.

- Et moi ? - Va jouer.

Tu nous a tous tromp�, salaud !

Et nous avons eu piti� de toi.

Salaud !

Et avons fait un effort pour te rappeler tout.

Il faisait semblant tout le temps !

Mon imb�cile de fils, et si on t'arr�tait avec cette bague ?

Dis-moi, est-ce qu'il t'a donn� autre chose � cacher ?

Rasih, vous aviez donc raison depuis le d�but !

Vous nous aviez pr�venu.

Que va-t-on faire ? Il faut informer la police.

- Non, laissez tomber la police. -Comment �a ?

Hier, vous vous bagarriez dans les escaliers.

Non Neriman, n'exag�rons rien.

Nous savons que Ali a eu un accident.

Sa m�moire ne marche pas bien.

Ta gueule toi, b�te ingrate !

Rasih, vous avez dit qu'il �tait gu�ri.

Tu as �t� m�l� � cette affaire de braquage, n'est-ce pas ?

Je ne me souviens pas. Mais je sais que cette bague est � ma m�re.

Elle est � moi, cette bague ! �a m'�nerve !

Piti� ! Elle est enceinte. Raconte ton histoire � la police. C'est fini !

Arr�tez ! Hier, il ne pouvait pas se souvenir de son propre p�re.

� la maison, il lui arrive de m�langer la fourchette avec la cuill�re.

Mon fils est dans un �tat grave. M�me parfois encore il m'oublie.

Mensonges ! Il n'y a que certaines choses dont je ne me souviens pas.

- Tremblement de terre ! - Mon Dieu !

- Sous la table ! - Mon Dieu !

- Sous la table ! - Mon Dieu !

Allez !

- Tremblement de terre ! - Mon Dieu !

- Attendez. - Mon Dieu !

- Mon Dieu, sauvez-nous. - Pas de panique ! Ne bougez pas.

- Mon Dieu, sauvez-nous. - Mon Dieu ! Ali, ne bouge pas.

Attendez !

Allez, on court, vite !

- Mon Dieu, sauvez-nous. -Ali !

Allez !

On l'a �chapp� belle !

5, 9.

Il y a beaucoup de d�g�ts, mais pas de perte de vies !

On a �chapp� !

Est-ce la peine de se faire du mal ?

Allez ! On se pardonne tous !

Mon petit enfant ! Tu m'as donc pardonn� ?

� vos souhaits !

Neriman ! Ipek va accoucher ! Vite !

J'arrive !

Il faut prendre un peu d'argent avec moi. Elle va en avoir besoin.

O� vas-tu, toi ? Arr�te.

- Expire ! - Le b�b� arrive.

Inspire.

Un, deux...

On ne va pas � l'h�pital avec une bague comme �a.

On pourrait te la voler. Donne-la moi.

Je te la rendrai quand tu sortiras.

Tes doigts sont gonfl�s.

Cette fille est en train d'accoucher.

Tout sera fini dans quelques secondes.

As-tu jamais pris de l'argent dans le vase ?

Non.

Il manque mille dollars.

Qui les a pris alors ?

C'est un gar�on !

Bon ! Nous avons inspir� et avons rempli nos poumons.

Puis on expire doucement.

Nos pieds bien fermes sur le sol. Le pied droit avance.

La poitrine tendue. On l�ve nos bras doucement.

On regarde au loin.

Nous sommes comme des arcs.

On respire et remplit nos poumons.

Tout droit. Le torse tout droit. La t�te aussi.

Voil�, on est l�. On est tr�s fiers.

Heureusement qu'on existe !

Ipek ! Viens !

J'ai un soup�on toujours.

Rasih.

Il me manque un peu d'argent � la maison, c'est-�-dire, on me l'a vol�.

- Selvi ne fait pas chose pareille ! - Bien s�r qu'elle ne le fait jamais.

Et alors ?

Je ne veux accuser personne...

mais si c'est comme cette histoire de bague ?

Qu'est-ce que vous voulez insinuer ?

Neriman, ne me faites pas �a !

- Oui ? - Tiens, j'avais oubli� depuis.

Je te rends ta bague.

Keten ! Regarde !

Je t'avais dit que je t'apporterais cette bague.

Qu'est-ce que t'as dit ?

Viens ici ! Viens !

C'est toi qui l'a prise, hein ?

R�ponds-moi !

Oui, c'est moi qui ai pris cette bague � la bijouterie. Je l'ai achet�e !

- C'est toi qui m'as vol� mon argent ! - Je ne l'ai pas vol�, je l'ai pris.

Est-ce que je n'ai pas une part dans cet argent ?

Ah, il est devenu un homme et il me d�sob�it !

- Je dirai ton secret � tout le monde ! - Tais-toi !

- Je vais dire que chaque soir... - Tais-toi !

Que chaque soir tu pisses dans ton lit ! Un homme adulte !

- Tu veux que je dise �a, salaud ? - Tais-toi !

Tu m'as humili� ! Tu m'as fait calomnier les gens !

Voleur ! Pisseur !

Keten !

Mon fils !

- Mais il est devenu fou. - Keten !

Tu vas tomber !

J'esp�re qu'il ne va pas faire une folie !

Mon enfant ! Keten !

C'�tait une plaisanterie !

Keten, mon fils !

Je vais me lib�rer de toi !

Maman ! J'ai peur, maman !

Maman ! J'ai peur, maman !

Maman !

Correction Cadiot & Co

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