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Musique calme Respiration forte
Musique rythmée
Sifflement d'une corde à sauter
- Attention.
Allez, changement de rythme.
Allez, allez, allez, allez, allez, allez !
Préparation d'attaque.
Gémissements d'effort
C'est bien, Souley. C'est bien.
Lève les mains. Garde la posture.
On est bien.
Attitude, hein.
Bouge. Reste pas dans les cordes.
Oui, Jérôme ! - Oui.
- Enchaînement trois coups. À toi, Souley.
-Time. On respire !
- Wouh !
- Nous avons suivi une équipe de France surmotivée
en pleine préparation, menée par...
le quadruple champion de France, Souleyman Kante.
Tous les espoirs de médaille d'or
sont sur lui et son crochet gauche fulgurant
qui lui a permis de remporter de multiples victoires.
C'est là.
Applaudissements
Voilà.
- C'est triste. Tu nous lis un article de 5 lignes,
dans un journal inconnu, à un public qui s'en bat les couilles.
- T'es jaloux.
- OUH !
- Je serai champion olympique.
- OH ! Applaudissements
- Ouais, mais avant, tu vas aller t'asseoir.
T'es con.
Merci.
Merci, maître Souleyman.
Quelqu'un rit. Plus sérieusement,
j'ai vu un bon début de prépa.
C'est bien, c'est propre, ça boxe bien.
N'oubliez pas, une bonne hygiène de vie, du travail.
On est attendus sur ces Jeux olympiques.
Je veux du sérieux. Tondeuse
Il rit. - Qu'est-ce que tu fais, bâtard ?
- De l'humilité.
- Souleyman ! Souleyman ! Souleyman !
- J'attends de vous un comportement irréprochable.
- Hop hop hop, t'es frais !
Allez, on y va. Arrête de flipper, on y va.
Non, toi, tu viens pas. Tu restes là.
Tu viens pas. Rires
Musique electro
- Hé, on va faire du bordel.
- Bonsoir !
Bonsoir. C'est là-bas, la fête.
- Vous partez déjà ?
Brouhaha animé
-Ça va, les gars ?
- Ouais !
Il rit.
- Allez, vas-y, casse-toi.
Brouhaha animé
Cris énervés
- Hé, lâche-moi.
C'est bon ! - Tu te calmes.
- Oh, Jérôme !
Gémissements d'effort
Oh !
- T'as voulu jouer.
- Qu'est-ce que vous faites ?
- Dégage ! Dégage !
- C'est bon, calme-toi.
Dis-lui de se lever.
- Casse-toi. - Les gars, oh !
Vas-y, arrête de me pousser.
Oh, les gars. Vas-y, venez, on y va.
Cri
Coups
Respiration forte
Coups
Respirations fortes
On ouvre la porte.
T'as vu le médecin ?
Mmh ?
- Avec tes conneries, on aurait pu perdre l'équipe.
-Écoute, José... - Tais-toi !
Assieds-toi.
Je me suis fait défoncer par la fédé.
À mon âge, putain !
- T'aurais jamais dû faire ça.
- Il me casse une bouteille sur la main.
- Non mais t'es con ou quoi ?
T'es con.
Tes poings sont considérés comme armes blanches.
Tu le sais, ça.
Il a porté plainte. On fait quoi maintenant ?
- C'était juste un petit crochet.
- Arrête, pas un petit. Regarde ! - Je te jure, Karim.
- T'avais pas à sortir ! Ni toi ni les autres !
Tu t'es pété la main en frappant ce mec !
Il soupire.
Le doc a dit qu'il y avait une fissure dans l'os.
Rire jaune - Non.
Mais non.
C'est rien, ça. Ça va se remettre.
Dans un mois, je m'entraîne.
- Souleyman. -Ça va se remettre.
- Arrête.
J'ai fait les radios, d'accord !
Le mec qui m'a mis le plâtre a dit qu'elle se remettrait.
- Elle va se remettre.
Mais la blessure va rester.
Toujours. - Quelle blessure ?
Appelle le docteur.
- Il va nous dire qu'elle est fissurée.
- Mais non. Elle a rien, ma main ! -Écoute-moi, Souley.
On peut pas te laisser boxer.
C'est dangereux pour toi.
Y a plus de qualifs.
Y a plus de JO.
C'est terminé.
José soupire.
Musique triste
- Désolé, mon frère.
Il pleure.
Il sonne.
-Oui ?
- Bonjour. J'ai rendez-vous avec monsieur Gomez.
-Oui, j'écoute.
- Vous m'entendez ? -Oui ?
- J'ai rendez-vous avec monsieur Gomez.
-Oui, j'écoute. - Elle se fout de ma gueule ?
Vous m'entendez ou pas ?
J'ai rendez-vous avec monsieur Gomez. -Oui ?
- Madame ! J'ai rendez-vous avec monsieur Gomez.
- Souleyman ? -Je sais pas...
- Non, c'est bon...
Chantal, c'est bon.
C'est bon... C'est bon. -Oui ?
- Non, Chantal, c'est Fabrice. Je suis avec le rendez-vous.
-C'est la livraison ?
- Non, c'est pas... C'est monsieur Gomez.
C'est bon, je suis avec le rendez-vous. On y va.
-Oui, j'écoute. - Laissez tomber.
"Et tu danses avec lui" (C. Jérôme)
Mmh.
Ah, ça fait du bien.
- T'as fini ? - Regarde.
Il reste quelque chose ?
Je peux avoir un café, s'il te plaît ?
- Un double petit noir, comme d'habitude. - C'est ça, un double petit noir.
- Un café, s'il vous plaît. - Non.
Pas de café pour lui. On a pas le temps.
Kante Souleyman.
Rien à voir avec le sportif ?
N'Golo ? - N'Golo ? Bah non.
- Ah, dommage. Je l'aime bien, moi.
Ouais.
Après, il doit y en avoir plein, des Kante.
- Oui, c'est comme Dupont. - Oui.
Bon, alors...
Une absence égale prison.
Un retard égale prison.
Si vous vous approchez de la boxe de près, de loin, même de très loin...
- La prison. - C'est la prison.
Absolument. Les règles sont simples, au final.
Mais il faut les prendre au sérieux.
La juge a été très clémente.
Vous avez une peine alternative.
C'est 3 mois, mais les TIG, c'est pas les vacances.
Même si elle a validé le fait
que c'était de la légitime défense,
ça reste néanmoins une condamnation pour violence réciproque.
- Moi, j'ai rien fait dans l'histoire.
- Les "c'est pas moi, c'est mon pote. C'est lui qui avait le fusil.
"Moi, j'ai rien braqué.
"C'est lui. La gosse, je l'ai pas touchée"...
- Comment ça, "la gosse" ? De quoi vous me parlez ?
Mais moi, c'est bagarre.
- Y a une gosse. - Y a pas de gosse.
Je me suis battu, moi. - Pas de gosse ?
Ouais, c'est bagarre. - Bah oui, c'est bagarre.
- Non, c'est bagarre.
Donc est-ce que vous avez fait des études ?
Des diplômes ? Un domaine de compétence ?
- J'ai arrêté l'école à 15 ans. Après, que de la boxe.
- Boxe, boxe, boxe, hein ? Bon, moi, j'ai décidé
de vous placer dans un endroit un peu spécial,
où vous allez vous occuper des espaces verts, jardinage...
- Jardinage. Jamais de la vie. - Vous voulez pas faire de jardinage ?
C'est bien que vous me le disiez maintenant.
Mais y a d'autres choses, vous inquiétez pas.
J'ai d'autres choses pour vous. J'ai quoi qui pourrait vous plaire ?
J'ai nettoyage
des toilettes dans les trains.
J'ai dératisation des poubelles.
Ça, c'est pas mal. - Jardinage.
Jardinage. - Jardinage ?
Oui.
On est d'accord.
Donc demain, vous avez rendez-vous à 8 h pétantes.
Pas de retard, Souleyman.
C'est très important, pas de retard. Vous avez l'adresse ici, les horaires.
Et vous avez aussi le nom et le prénom de votre référent
qui s'appelle Jean-Louis Coton.
Pas de jeux de mots sur son nom. J'en ai fait les frais.
Il souffle.
- Je sais pas comment y aller là-bas. - Vous savez pas ?
C'est pas le bout du monde non plus.
- Deux heures pour y aller.
- Au revoir, Souleyman.
Bon, bon courage.
Je suis sûr que tout va bien se passer. Croyez-moi.
Si vous avez un problème, n'hésitez pas à m'appeler.
Instrumental de rap
Sonnerie de réveil
Il soupire.
- Hé, Souleyman ?
- Papa ? Je t'ai réveillé ?
- Non, je me suis endormi ici, comme ça.
Tu fais quoi là ?
- Là ? - Oui.
- Là, je dois y aller.
- Tu dois y aller ?
Aller où ?
Il soupire.
- Papa...
Assieds-toi, faut que je te parle.
- Euh, oui.
C'est le doc ?
Il a dit quoi ?
- Ouais, c'est le doc, c'est le doc.
- Souleyman ?
- Papa, j'ai...
J'ai pris du poids.
Je peux rejoindre l'équipe en stage.
Tout va bien.
Il est confiant, mais j'ai pris du poids.
- Mais tu pars quand ? - Là, là.
- Là, maintenant ? - Ouais.
- Oh ! Rire content
Oh, mon fils ! Oh mais c'est le bonheur.
Quel soulagement !
Gémissements contents
Attends, y a un truc... Tu vas pas me croire.
Voilà, c'est ça. Ça m'a rendu malade, ce truc.
Ils t'ont pas mis sur la photo, ces voyous.
- Ils l'ont fait quand j'étais pas là.
- Il faut leur dire de te remettre.
- Ouais, dès que je les rejoins, je vais leur dire.
- Je suis très heureux mon fils.
Très heureux.
Il soupire.
Mais...
t'as pas de sac ?
- Hein ?
- T'as pas de sac ?
- Ouah, ah ouais, j'ai pas de sac !
J'allais partir sans sac. C'est l'excitation, ça.
J'allais partir, j'ai... - Bon, allez, assieds-toi là.
Je vais t'aider à faire la valise.
T'as pas à t'en faire pour ton poids. Tu vas vite retrouver ton niveau.
Musique triste
Musique rythmée
- Après forcément, construire un château sur des marécages,
c'était une galère.
Là, on est sur 18 800 mètres carrés de pelouse,
800 arbres,
600 arbustes,
200 rosiers...
Tu m'écoutes ?
15 250 plantes.
Je te cache pas que c'est ce qu'on appelle un jardin à la française.
C'est un métier, quoi.
Bah tiens, regarde.
Bah regarde.
On restaure les 6 lanternons, là.
80 tonnes d'échafaudages,
14 000 heures de boulot.
J'espère que t'es bien accroché car je te cache pas
que c'est un chantier à 3,5 millions.
C'est pas des sommes que tu vois tous les jours, toi.
Allez, dépêche-toi.
Vérifie si y a ta taille.
- Je mets pas ça, moi.
- Je te cache pas que c'est la tenue réglementaire.
- Je m'en fous. - Tu t'en fous ? Tant pis pour toi.
Tu vas te saloper les pieds.
Bon, s'il vous plaît, tout le monde !
Kevin, Benoît, ramenez-vous.
Dépêchez-vous ! Je vous cache pas qu'il pleut, j'ai pas que ça à faire !
Je vous présente Souleyman.
Il va être avec nous
pendant quelques mois, au jardin.
Mais c'est pas comme vous, il est pas en formation.
D'accord ? Il est là parce qu'il est condamné,
parce qu'il est obligé, d'accord ?
C'est ou ça ou la prison pour lui. - Attends, qu'est-ce que tu fais ?
- Je dis ça pour vous, les jeunes.
Restez loin des conneries,
ou vous gâcherez votre vie à vous retrouver dans la même situation.
Parce que lui, il a joué au con et il a perdu. Voilà.
- On a rien fait et on est là, gros.
- Tu vas me jeter ton chewing-gum, déjà.
Et je t'ai dit de pas m'appeler "gros". Rires
Ça vous fait marrer, vous ?
Montez dans le camtar. Fabrice, tu me prends
la tondeuse. Lunettes, Christian, la soufflante.
Vous faites ce coin. Vous faites ça nickel.
Je vous laisse 30 minutes.
Souleyman, dans le camtar, dépêche-toi.
- T'as braqué une banque ?
Jean-Louis démarre le camion.
- On fait quoi, là ? On déblaie pas ?
Est-ce qu'on déblaie pas ? Regarde ça.
- Souleyman,
descends, va les aider.
- Laisse tomber, y a de la boue partout.
Je préfère les fleurs ou conduire la tondeuse.
- Non mais faut l'écouter, le jardinier de Bamako.
- T'as dit quoi ? -Ça va, je rigole.
Oh, qu'est-ce que tu fais ?
- S'il a le droit de rien faire, moi aussi.
T'as braqué une boulange ?
- Non, tu vas retourner travailler,
sinon je vais prévenir à qui de droit au foyer.
Ce que tu risques, c'est pas mon problème. Compris ?
Et toi aussi, vas-y,
tu vas les aider. - Ouais, mais...
Téléphone - Allô ?
Ouais, dis-moi.
Ouais.
-Vas-y, balance, balance.
- Vous faites quoi,
bande de fils de putes ? Ils rient.
Ça va pas ou quoi ? - Je m'en bats les couilles.
- WESH ! - Tu fais quoi, toi ?
Tu lances des trucs ? - Y a quoi ?
-Ça va pas ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
-Ça va pas, tu lances des trucs !
- Dégage ! - Elle pousse normal !
Tu vas rien dire, là ? - Tu fais quoi ?
- Quoi ? - D'où tu lances ça ?
- Oui, mon gars !
Coup Cri
- Relève-toi ! Tu te fais niquer par une meuf.
- Toi, ta gueule !
Gémissements d'effort
- Kevin, t'es sérieux ?
T'es sérieuse, toi ?
- Dégage !
- Oh !
Respiration forte
Gémissements d'effort
Musique de tension
Ta jambe gauche devant pour plus de stabilité.
Sinon ils te déséquilibrent, et tu tombes.
OK ? Allez.
Respiration forte
Gémissements - Ah, la pute !
- C'est quoi, ce bordel ? Vous foutez quoi ?
Du calme. - C'est ce bâtard !
Je t'encule ! - Ouais.
- Je l'encule ! - Oui, tu l'enculeras plus tard.
Tu te calmes.
- Tiens, bâtard ! Dégage !
Bande de connards !
- On taffait ! - Je veux pas savoir.
- Ce soir, tu vas voir. - Connasse, va !
- Allez là-bas.
Monte là-dedans. Tu vas rester avec moi.
Allez.
T'es le seul adulte et tu bouges pas ?
- J'ai bougé. De quoi tu parles ?
- Je me serais bien passé d'un parasite.
- C'est moi, le parasite ? - Ouais.
T'es un bon à rien.
Et reste pas là.
Va déblayer le chemin, maintenant.
Jean-Louis démarre le camion.
- J'en ai rien à foutre, de ton chemin.
Gémissement Putain !
Il souffle.
- Non, non, ce coup-ci, je reste pas.
Je reste pour dire un mot, je remercie les partenaires et j'y vais.
Ouais, ouais.
- Hop hop hop, là, oh !
Musique au clavecin Léger brouhaha
- Oui.
Non, bah non.
Voilà.
Oui, exactement.
Bien sûr.
Ouais, ouais.
Ouais. Attends.
Monsieur ? La brosse est pas faite pour ça.
Bonjour. Ça va ?
J'ai reçu ni CV ni lettre
de motivation.
Ah, il est malade ? Il se fout de ma gueule.
Il se fout de ma gueule !
Attends, je te rappelle. Non, pas ton fils.
Excusez-moi, monsieur.
Cette brosse est pas faite pour nettoyer vos baskets.
Ce matériel
est pas pour les visiteurs. - Je suis jardinier.
- C'est pas la question.
C'est dégueulasse. C'est l'eau pour les chevaux.
Euh bon, vous bougez, ou j'appelle la sécurité.
-"Vous bougez ou j'appelle la sécurité."
Tiens, la sécurité ! Oups...
- Ah ouais, d'accord.
Complètement con, le mec.
On passe pas au milieu de la pelouse avec les chevaux !
- Appelle la sécurité !
- Oui, bah je vais le faire.
Musique rythmée
- Oh !
Le déblayeur !
Alors, où t'étais ?
- Là ? - Ouais.
- Bah, j'étais là. - T'étais là ?
Regarde-moi bien, j'ai une tête de con ?
Elle rit.
Tu files chez la directrice.
Je te cache pas qu'elle t'attend.
- Hé, gros ! T'as braqué un magasin ?
- Poussez-vous, là. Klaxon
Et rangez-moi cette merde. Y en a partout, fait chier !
- Chambord a toujours été un château à l'occupation temporaire.
Vous êtes comme ses anciens habitants.
De passage.
François 1er y a séjourné 72 jours sur 42 ans de règne.
Vous le saviez ?
- Non.
- Maintenant, vous le savez.
Monsieur Kante,
à votre avis,
combien y a-t-il d'employés ici, sur le domaine ?
Dites-moi un chiffre, au hasard.
- Au hasard, je dirais 23.
- Vous multipliez par 6 et vous ajoutez 7.
- 23, hein ?
- 145.
- 145, je l'avais.
- 145 personnes
travaillent ici, et ils sont presque tous passionnés.
Et vous, vous avez une passion ?
C'est triste.
Mais ça ne vous autorise pas à perturber le bon fonctionnement du site.
Musique au clavecin Pas à l'approche
Je vous présente Eddy, notre responsable événementiel,
mais je crois que vous vous êtes déjà croisés.
- Oui.
- Jean-Louis ne veut plus de lui dans son équipe.
C'est définitif, malheureusement.
- Ah bon ?
- Oui.
- Bien.
Moins d'une journée. Bravo, monsieur Kante.
Record battu. - Je peux vous dire un petit mot ?
Qu'est-ce qu'on va faire de lui ?
- Là, je vais appeler son agent de probation.
Il va venir le chercher et à mon avis, c'est une incarcération immédiate.
C'est ce qui arrive lors d'une expulsion des travaux d'intérêt général.
- Comme ce pauvre Jordan, qui a fini à la rue, d'ailleurs.
Terrible... - Mmh mmh.
- Aïe aïe aïe...
Peut-être qu'on peut lui éviter ça ? Je sais pas, je réfléchis.
- On peut peut-être faire quelque chose ?
- Je peux le prendre dans mon équipe. Il pointe tous les matins.
On essaye de lui éviter la prison.
- Si on peut lui éviter la prison, éventuellement.
- Essayons ça. - Vous venez avec moi ?
Madame Ledoux. - Merci.
- Madame... - On peut y aller.
Donc tu vas dans les écuries, les arènes.
Tu nettoies tout le crottin.
Tu fais ça bien, nickel, et puis... Bah voilà, c'est tout.
- Sérieux...
- Regardez là-bas, vous voyez ?
Ce monsieur, c'est le palefrenier.
- Tiens, viens voir. - Hein ?
- Viens.
Bon, dis-moi, t'as pas peur des chevaux, toi ?
- Non. - Génial. Tu l'emmènes aux écuries ?
- OK. - Tiens.
Ça va bien se passer alors. - Bah oui.
Hennissement et cri
- Arrête le cheval !
Musique orientale - Plus haut ! Plus haut !
Plus haut ! Plus haut !
Plus haut ! Vibreur
Ah !
Ah, c'est pas vrai, ça. C'est qui ?
Pff.
Allô ? Baisse le son, s'il te plaît, René.
Allô ? -Allô, Gomez ?
- Ah, Souleyman.
Ça va ? - Non, ça va pas du tout !
-Dites-moi tout.
Je vous écoute. On va voir ce qu'on peut faire.
- Je veux changer de TIG.
- Je peux rien faire. -Ils sont contre moi !
Ils font n'importe quoi ! - Je peux rien faire.
- Y a un raciste.
- Il vous a dit quoi de raciste ?
- Il m'a dit : "T'es un jardinier de Bamako."
-Alors...
y a des jardiniers à Bamako, c'est pas raciste.
C'est vous qui l'êtes.
Mais bon, la seule alternative,
si vous aimez pas le château, c'est d'aller en prison.
Libre à vous de passer demain.
Je vous y emmène avec grand plaisir.
Vous verrez que le château, c'est pas si mal, tout compte fait.
-Non mais Gomez, attends ! - Bonne soirée.
- Allô ? Mais putain !
Putain de la putain de ta mère la pute !
Fils de pute ! Putain !
Rires Sa grand-mère ! Casse les couilles.
- Bon, allez hop, on y va. - Sa grand-mère.
Musique triste
Il renifle.
Gémissement
Ils rient.
- Wesh, t'es qui, toi ?
Musique intrigante
Rires
Il frappe. Propos indistincts
- Oui, entrez.
Alors, la feuille de présence.
Elle soupire.
- Je regardais l'escalier.
- Oui, l'escalier à double vis.
On peut
descendre et monter sans jamais se croiser.
Enfin, en tout cas, si tu veux garder le livre, tu peux.
- Non, je lisais ça comme ça, moi.
- Mais garde-le, je te dis.
Au pire, y a des belles images. Tu veux signer ta feuille ?
- 72 jours en 42 ans...
Pourquoi le construire pour pas y habiter ?
- C'était un symbole de puissance.
Pour montrer le pouvoir royal.
Chaque château a son histoire. C'est fascinant.
Tu connais le duc de Cheverny ?
- Cheverny ? - Ouais.
- Le duc qui habitait dans le nord ?
- Il habitait à Cheverny.
- Voilà, c'est ça que je voulais dire.
- Bon....
Un jour, le roi annonce au duc que sa femme le trompe.
Il est catastrophé. Il rentre au château pour vérifier l'information.
Et quand il arrive, il trouve sa femme avec son amant, dans son lit.
Et à ton avis, qu'est-ce qu'il fait ?
- Je sais pas.
- Il tue l'amant, il tue sa femme,
il rase le château et il reconstruit un autre château dessus. Le même.
C'est fou, non ? - C'est fou. Une dinguerie.
- C'est fou.
- C'est comme l'histoire d'Aziz Elbana.
Il travaillait chez Peugeot de nuit.
Un soir, il rentre du travail plus tôt.
Il trouve sa femme avec un autre gars.
Qu'est-ce qu'il fait ?
Il tue le gars, il jette sa femme du huitième étage.
C'est la même histoire.
On change pas, finalement.
- Oui.
- Hé, Mélissa !
Ça va ?
Il imite un crissement. Accident.
La brouette.
Wow wow wow, c'est quoi, ça, encore ?
Tu t'es fait quoi ? Tu t'es battue ?
- Ces connards du foyer ont débarqué dans ma chambre
en disant que j'avais volé et vendu leurs affaires.
- Ah, les bâtards.
Alors que t'avais rien fait.
- C'est pas ça, la question.
Ils m'accusent sans preuve.
Je vais me barrer du foyer. Y a que des sauvages.
- Pour aller où ? - Je te montre.
Aux Fidji, chez ma mère. Tu connais ?
- Non.
C'est beau, hein.
J'ai une idée pour te faire de l'argent.
- Rends-moi ça. C'est mort. - C'est mort ?
Je t'ai pas dit. - T'es pas le 1er
à me dire de faire la pute.
- Wow ! Cri indigné
Je t'ai pas demandé ça, moi !
T'as entendu ça de ma bouche ? Ça va pas !
Attends, mais viens là.
C'est pas ça du tout que je t'ai demandé.
Je repensais à comment tu t'étais battue, c'est tout !
Tu boxes bien.
T'as appris où ?
- C'était à mon ancien foyer,
avec Moussa.
Le concierge. Il nous faisait les entraînements.
- C'est vrai ? T'aimais ça ?
- Ouais, grave.
Les garçons voulaient pas trop que je m'entraîne avec eux.
Mais Moussa, c'est un bon. Il disait toujours...
(Accent africain) "C'est tout le monde ou personne !"
- Pourquoi tu fais l'accent ?
- Bah parce qu'il parlait comme ça.
- Fais pas l'accent.
- OK.
- Je te propose : je t'entraîne à la boxe,
et tu passes devant les recruteurs de l'équipe de France.
Voilà. Et là bim, tu deviens une grande championne.
Hein ? Qu'est-ce t'en dis ? Ça va changer ta vie.
T'as du talent, faut pas gâcher ça.
On va faire de l'argent, tu feras des voyages.
Tu pourras aller aux Fidji.
- Pourquoi tu ferais ça pour moi ?
- Parce que tu peux devenir une grande championne.
- OK. Je viens pas gratuit à ton test. - Pas de souci.
Je peux débloquer un billet.
- Je veux 10 000 euros.
- Wow, euh...
Je pensais plus à 15 euros, moi.
- OK.
- Demain, 16 h au foyer.
Musique douce
Il bâille.
- Allez, tout le monde.
On se prépare, on se met en place.
- Merci à tous d'être venus ce soir si nombreux.
Merci pour votre présence, votre soutien.
Les travaux de Chambord arrivent bientôt à leur fin.
Nous avons hâte. Notre patience sera récompensée.
Les prochains travaux ne se feront pas avant 200 ans.
J'en profite pour remercier tous les artisans
au savoir-faire extraordinaire qui travaillent chaque jour
et qui rétablissent Chambord au plus proche du dessin originel.
Merci du fond du cœur de nous accompagner...
- Je voudrais une coupe de champagne, s'il vous plaît.
- J'arrive tout de suite.
- Je vous remercie de tout mon cœur. Merci beaucoup.
Applaudissements
Comme vous le savez,
Chambord a un lien particulier
avec le théâtre. C'est ici, au 1er étage,
que s'est joué pour la 1re fois Le Bourgeois Gentilhomme de Molière,
pièce qui a été jouée pour Louis XIV et qu'il n'a pas aimée du tout.
Ce soir, nous avons la chance de pouvoir profiter
de ce monument magique avec notre troupe.
Le discours continue au loin.
Applaudissements au loin
- Je suis le roi.
Musique au clavecin Petit rire
Tintement de cloche
Gémissements
Il bâille.
Il renifle.
Il soupire.
Gémissements
- Mmh, Éléonore ?
Françoise ?
Anne ?
Claude ?
Souleyman crie. - Putain, j'ai un groupe ce matin !
- Qu'est-ce que tu fous là ? - Je suis à la bourre !
Oh, putain !
Il souffle. J'ai pris une cuite hier.
J'étais trop bourré pour prendre ma bagnole.
Je suis venu discrétos ici car c'est la chambre la plus reculée.
C'est la chambre de François 1er.
C'est ici qu'il aurait eu une aventure
avec la femme du duc de...
Tu bosses ici ?
- Non. Euh, oui.
- D'accord. Bertrand.
Je suis le conteur du roi.
- Le quoi ? - Le conteur du roi, enfin du château.
Je suis guide. Enfin, je suis l'historien du château.
Docteur en histoire. Enfin, j'ai passé le doctorat.
Je l'ai pas eu mais je l'ai passé.
Je fais des visites pour les petits, pour les grands.
Ça fait 14 ans que je travaille ici.
Il soupire. Et je suis en CDD.
Pouah !
On dort bien, ici.
Bon allez, je file.
Musique intrigante
Léger brouhaha
- Ouais, Karim. Bah écoute, j'espère que ça va.
Je t'appelle pour prendre des nouvelles.
Ah et j'ai une idée aussi.
Faudrait qu'on se voie pour que je t'en parle. Rappelle-moi.
Propos indistincts
Il souffle.
Musique rap
- Hé, les gars, y a Souleyman ! - Venez !
- Oh, vous faites quoi ? C'est pas fini !
- Souleyman, ça fait longtemps !
-Ça va, mon gars ?
Ça va, toi ?
- Retournez vous échauffer !
- Va avec eux, va avec eux, allez.
- C'est elle, la pépite ? - Ma pépite.
C'est lequel, ton meilleur ?
- Chris. Regarde-le, un vrai petit génie.
Il a que 16 piges.
Je te garantis que dans deux ans. Il va faire mal.
T'es sûr de ton plan ?
Deux mois, c'est court. - Elle sera prête.
Je l'entraîne comme une guerrière. Elle intègre l'équipe de France.
Et qu'est-ce qui va se passer quand je vais finir mes TIG ?
Ils me nomment entraîneur. Je retrouve le haut niveau.
- En fait, tu te sers de la petite.
- Si je suis gagnant, elle est gagnante.
Mais j'ai besoin de toi dans son coin.
Hein ?
Je te demanderais pas ça si j'avais pas ces putains de TIG.
Elle soupire.
- Laisse tomber, tu perds ton temps.
Musique latine
- Appelle Chris.
- OLÉ !
Brouhaha
- Stop ! Viens. Mélissa, viens. Viens ici, s'il te plaît.
Tu fais quoi ? Arrête de balancer tes bras.
- Ma carte.
- Quoi, ta carte ? - Ma carte, dans ma poche.
Elle embrasse la carte. Rires
C'est mon porte-bonheur.
- Bon écoute-moi, tu le battras jamais.
Je te demande de le toucher à la tête.
Juste ça. Une bonne pêche, en pleine tête, boum !
Pourquoi tu rigoles, là ?
C'est pas la récré. Il fait la même technique.
Il t'attend. Et il double son bras avant, son jab.
Il le double. Un, deux, un, deux.
Anticipe et trouve l'ouverture.
D'accord ? Tu défends bien, les mains levées,
et tu contre-attaques ! OK ? - OK.
- Et surtout, calme, prends le temps. - Mmh mmh.
- Allez, boxe.
Vas-y.
Musique de tension - OUH !
Brouhaha
- Voilà, prends ton temps. Prends ton temps.
Ta garde ! Ta garde ! Ta garde !
Bouge, garde la distance.
- Bon, Souleyman,
on arrête. - Non, tu bouges pas ! Tu bouges pas.
- Je l'ai touché !
- Voilà !
- Je l'ai touché !
Gémissements
- Voilà !
Lève-toi, reste pas par terre.
C'est super, Mélissa. C'est super !
- Lève-toi, respire.
- Je l'ai touché. - C'est bien.
- Je l'ai touché. - Respire.
- Karim, c'est Souleyman. J'ai un combat en amateur dans le 92,
dans un mois à peu près.
J'ai quelqu'un à te présenter. Rappelle-moi, qu'on discute.
Papa, t'es là ?
Tu m'attends là, j'arrive.
Tiens, fais voir ton œil, là ?
Ah ouais, il t'a bien touchée. Ah ouais.
T'inquiète, avec ça, ça va plus faire mal.
Voilà.
Fais voir. C'est bon.
Je vais voir ce qu'il me reste comme affaires.
Je vais faire de toi une championne.
On va faire le tournoi d'Île-de-France.
Et dans un mois, tu commences ton premier combat.
Ça va être la compétition.
Tous les week-ends, combat, combat, combat !
Ça va être mortel !
Ce sera Lamia qui sera dans ton coin.
J'ai pas encore la licence pour être entraîneur.
Mais t'inquiète pas,
je serai tout le temps là.
Tiens, ça. Hop.
Bah y a tout.
Voilà. Ah !
Faut que tu fasses signer ça par tes éducateurs.
C'est l'autorisation pour les compétitions, tout ça.
Bah voilà.
- T'as des coupes, t'as tout gagné. Si tu m'entraînes,
je pourrais devenir comme toi ? Je te fais confiance ?
- Si tu fais exactement ce que je dis, ouais.
- Trop bien.
-"Commandement de payer", putain...
Il soupire.
Il renifle.
- C'est bon ?
Y avait pas de poubelle.
Musique intrigante Pas
- T'as fait le premier étage ?
- Bah ouais, je suis déjà en bas. Qu'est-ce que tu fous ?
Respiration forte
-Chut ! Du calme.
Respire doucement.
Pas
Un, deux, trois.
Ils ferment la porte.
Et voilà, ils sont partis.
On est tranquilles.
- Mais t'as pas de maison, toi ?
- C'est compliqué avec Véro en ce moment.
Elle m'a demandé de partir, quoi. - Oui.
- Tu me fais un truc pareil ?
- Il me gâche ma joie ! - Mais enfin...
Ça va ? Oh, putain.
Il peut même pas se relever.
J'essaie de le faire marcher. Il fait deux pas.
Non.
Et ben y a Pierre !
Ah putain, il est avec les chevaux ! C'est pas vrai !
Et t'as personne d'autre ?
Je gère, j'essaie de le rappeler. C'est bon.
Non mais c'est maintenant, c'est tout de suite.
Je te laisse, je te laisse.
Ah putain... -Ça va pas ?
- Euh non, ça va pas, non.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Un comédien s'est blessé. Je peux pas faire le duel final.
- Je m'y connais un petit peu en duel.
Je vais le remplacer.
Applaudissements
Tu veux les rembourser ?
- Tu joues la scène de la bataille de Marignan.
1515. C'est ça qui va faire triompher François 1er.
- Ouais, OK, 1515, François 1er, Marignan...
- Je vais te montrer, ça va être plus simple.
Tu rentres en courant et tu t'arrêtes au bouclier.
Tu prends ton bouclier, tu le tiens fort et tu bouges plus.
Olivier va arriver.
Il va te mettre des coups. Et toi, au quatrième, tu tombes.
OK, c'est bon pour toi ? - C'est tout ?
- Tu rentres, tu cours, bouclier et tu tombes.
- Je rentre, je cours, bouclier et je tombe. Facile.
- Viens.
Tu te recules et tu pars à mon top départ
- C'est dans combien de temps ? - Top départ !
Musique épique Il crie.
Acclamations
Merde... Oh, putain.
Il respire fort.
Il crie.
Acclamations
Tourne-toi. Tourne-toi là.
Coup métallique
Il crie.
Acclamations
Il applaudit. Coups métalliques
Souleyman respire fort.
Grognements
- Tape doucement ! T'es sérieux ?
- Je suis foutue.
- Tu dois taper quatre fois.
Il crie. Acclamations
Gémissements d'effort
Petit rire
- Mais c'est qui, ce mec ?
- Oh putain. - C'est bon, là ! T'es à fond, toi !
Acclamations
- Super.
C'est bien, hein ?
Il crie.
- C'est des vraies épées.
Coup
C'est pas possible ! - T'es pas Raphaël !
- Non, je suis ta mère, connard !
Olivier gémit.
- Faut que tu tombes.
- Quoi ?
- C'est moi qui dois gagner.
-Tombe.
- C'est moi qui dois gagner.
Il crie.
Souleyman gémit.
Il soupire.
Souleyman gémit.
Musique épique Acclamations
- Souleyman, merci, merci. Mais bravo !
- Il a failli me tuer. - T'as eu peur ?
- Non, ça va. - C'était fantastique. T'as assuré.
Incroyable, j'étais impressionnée.
(Accent italien) - Il est où ?
Dis donc toi... Pedro, pour vous servir.
L'esquive avec la roulade... Mmh, j'adore !
Et le costume, c'est magnifique.
Je te le dis, avec un peu de ripetizione,
je peux faire de toi un grand cavaliere.
Un grand chevalier.
- T'as l'accent italien ? - Eh !
- Mais "Pedro", c'est espagnol. - Eh...
Je m'appelle Erwan, je suis breton. C'est pour le...
Bon, je te veux dans mon spectacle. - Vite blessé, vite remplacé.
Si on peut appeler les secours... Je veux pas faire chier.
- Mais personne ne te remplace.
Tu t'es blessé, c'est normal que quelqu'un prenne ton rôle.
Ça va, les chevilles ! Ça va, la cheville ?
- Non ! Me touche pas.
- Il t'a trouvé génial.
- Je sais pas.
- Tu préfères continuer à ramasser le crottin ?
- C'est pas ça, c'est juste que...
Si je fais ça, j'arrête le crottin ?
-Évidemment. Si tu veux, c'est toi qui décides.
- OK.
- OK ? -Ça me va.
- Merci. À plus. - Pareil pour toi.
Bien, ça. Nickel.
Voilà.
Mélissa ! Il rit.
Viens ! Regarde ce que je t'ai fait.
Petit sac d'esquive.
Hop, boum ! On va travailler les esquives.
Après, on va aller travailler dans le coin.
Tu vois, quand t'es comme ça...
Ta ta ta ta !
Les esquives, hop ! On est sorti.
Ça, sac de frappe. Bam ! Bam !
Jab, crochet ! - Ils veulent pas.
- Hein ?
- Ils veulent pas. - Quoi ?
- Mes éducateurs. Ils veulent pas signer le papier.
Ce serait trop dangereux. Ils préfèrent que je fasse
du volley ou du tennis.
-Écoute, on s'en fout.
On s'en fout du tennis, du volley, de tout.
Je vais signer ton autorisation.
Ça nous empêchera pas d'aller au bout.
Tu dois devenir une élève modèle au foyer et au château.
Tu seras pas privée de sortie pour les combats.
Donc plus de vols, plus de bagarres.
- OK. Je vais bien pouvoir défoncer ces fils de putes du foyer.
Elle soupire. C'est une blague, Souleyman.
Je rigolais, je suis pas teubé.
"Let's get it started" (The Black Eyed Peas)
Respiration forte
À cause d'une bagarre, t'as arrêté la boxe ?
- Non, c'est parce que j'ai la main brisée.
- Ah !
Je croyais que t'avais fait un braquage.
- Non. Continue.
Trop tard.
C'est trop tard.
- Bon, n'oubliez pas ce qui se passe.
François 1er est face à face avec les mercenaires espagnols
qui lui disent : "Rends-toi !"
- Et la garde. La garde, un, deux, un, deux... Hé !
Eddy !
Ça va ou quoi ?
Bien ? Petit rire
- Attends... - Allez, vas-y !
Gémissement Trop tard.
Boum, trouve une ouverture. Trouve une ouverture.
- C'est un massacre !
C'est un massacre !
- Trouve l'ouverture. Lève-toi ! Regarde-moi !
- François 1er est arrêté. Les Espagnols le jettent en prison.
-Il était grand.
C'était le plus grand roi de France.
- Voilà.
- Oh ! - Presque.
-Certains disent 1 mètre 98.
Il paraît qu'il chaussait du 47.
- Mais sinon, il avait des passions ?
- Les femmes. - Ah !
Acclamations
- La chasse aussi, mais les femmes.
Les arts, c'est vrai, mais les femmes.
- Voilà. Lève, voilà.
Mais non, mais non ! Remets-toi en place.
- Et Chambord a été construit
par des architectes italiens.
- Ce château, par exemple,
a été construit par des architectes italiens,
parce qu'il était fan de l'Italie.
- Tu fais pas semblant de lire, toi.
- Tu la kiffes vraiment, Eddy ?
Bah tu l'invites à manger. - T'y connais quoi ?
Tu me donnes des conseils ?
Tu veux qu'on aille manger un truc ?
Un gars fait des sandwichs au thon...
œuf... - Crudités ?
- Voilà, avec de la mayo.
Direct, crochet, OK ? - Oui.
- Retrait, direct, crochet.
OK. Retrait, direct, crochet, boum !
Gémissements d'effort
- Maintenant. Voilà !
Ouais !
Sors !
Voilà, c'est bien ! C'est ça !
Respiration forte
Ça fait combien de temps que tu bosses ici ?
- Six ans.
- Mmh. Tu faisais quoi avant ?
- J'ai arrêté l'école à 16 ans.
J'ai fait un tour du monde avec mon mec.
On s'est mariés quand j'avais 18 ans.
- Ah, t'es mariée ? - Non, divorcée.
- Ah, t'es divorcée ? - Oui.
Et toi ? - Moi ?
Je suis célibataire.
- Super, mais c'était pas ma question.
- Ah ! - Oui.
Rire gêné
- Non bah... Bruissement
J'ai toujours fait de la boxe. - T'as entendu ?
Là-bas.
Entre les deux arbres.
Je suis sûre que c'était un cerf. Oh, c'est trop bête.
Tu sais ce qu'on dit ?
Que le cerf est le symbole de la régénération.
Si t'en vois un ou qu'il s'approche un peu de toi,
ça va bouleverser ta vie.
- Allez, les petits cerfs !
Il tape dans ses mains. Allez !
- Je sais pas, j'ai dû rêver.
Bon, on y va ? - Ouais.
Allez.
Eddy, c'est ton vrai prénom ?
- Non, mais on est pas assez intimes.
- Ah ouais, OK. Ouais, je vois.
On doit être sur un truc claqué,
genre Geneviève. - Pff !
- Non, Mauricette. Eddy rit.
Marie-Françoise ? - C'est bon, lâche-moi.
Vibreur
- Allô ? -M. Kante, c'est monsieur Tissier.
- Ne quittez pas. Tu peux me laisser là ?
- Oui.
Ça va ? - Je dois gérer un truc pour mon père.
Mais rien de grave, c'est cool. Je te rejoins.
- OK. OK, ça marche. - Oui, allô ?
-J'ai reçu aucun loyer de la part de votre père.
Ça commence à faire long.
- C'est moi qui gère ces trucs-là.
Ce sera réglé dans les prochains jours.
-Dans les prochains jours ?
Y a un mois, vous m'avez déjà dit ça.
Je suis obligé de prendre des mesures.
- J'ai trouvé un travail. Y a aucune raison de s'inquiéter.
Le chèque part tout de suite et on oublie tout.
-Vaudrait mieux.
- On fait ça. -C'est ça, au revoir.
Musique dramatique
- Souleyman,
est-ce que tu veux que je te raconte une dernière histoire ?
- Je vais dormir.
- Jean Ferron était avocat. Il était un grand avocat.
Il était fou amoureux de sa femme, la Ferronnière.
Il lui offrait des fleurs, des bijoux, des fourrures.
Mais elle, ça ne lui suffisait pas.
Non, elle, ce qu'elle voulait, c'était le roi.
Et elle l'a eu. Oh, oui, elle l'a eu.
La saleté, pourriture !
Jean Ferron est entré
dans une colère noire. Il était prêt à tuer le roi.
Comment s'en prendre physiquement à lui, à cause de ses gardes ?
C'est là qu'il a eu une idée de génie.
Il a fait le tour des maisons de passe les plus glauques.
Il s'est tapé les prostituées les plus sales qui soient,
dans le but d'attraper la syphilis.
Jean Ferron transmet l'infection à sa femme,
qui forcément la transmet au roi.
15 jours plus tard, François 1er sent la cafetière qui chauffe.
Douleur, fièvre, pustules, agonie, mort.
En 15 jours.
Dans un lit,
comme celui-là.
Bonne nuit.
- Bonne nuit.
Musique rythmée -On accueille les boxeuses.
C'est le premier combat de la journée.
- Karim, c'est encore moi. Tu me dis quand t'es là.
J'espère que tu vas venir, c'est important.
Applaudissements
- Allez !
- Garde la distance et sers-toi de ton bras avant.
Allez, go, go !
-Début du premier round.
Brouhaha - Distance. Bien ! C'est bien.
Allez, Mélissa. - Bouge, bouge, esquive.
Voilà. Ton jab, voilà, très bien.
Très bien. - C'est bien.
- Bouge, bouge, bouge. Sonnerie
Putain, il fait chier, lui !
- Esquive. Voilà, garde le gauche devant.
- Allô ? -Souleyman ?
- Oui, M. Gomez ? -Ça va ?
C'est quoi, le bruit que j'entends ? -Là ?
Euh, là, je suis... Je suis au château.
Coups
Y a une course de barques, juste en face de moi. Très sympa.
- Vas-y, tourne, tourne, tourne. Très bien.
-Ça, c'est super. C'est des bonnes nouvelles.
Vous vous intégrez bien au château.
Je vous avais dit quoi ? Vous allez en tirer profit.
Dites-moi... -C'est à nous ça !
C'est pour nous !
- Y a une sacrée ambiance chez vous. C'est bien.
Dites-moi, Souleyman, deux-trois petites questions.
- On est obligés de faire ça maintenant ? -Oui.
C'est un questionnaire pour la juge.
Vous vous intégrez bien dans l'équipe ? Dans le lieu ?
Racontez-moi vos sensations de l'intérieur.
- Tu l'as démonté, c'est bien.
-Allô, Souleyman ?
Allô ?
Vous m'entendez ?
- Désolé, je suis dans la forêt. Je passe sous un train.
Avec le vent...
-Petit rappel aux entraîneurs :
venez récupérer les gains à l'accueil.
Merci. Il applaudit.
On va enchaîner.
- C'est pas possible.
C'est moi qui capte pas, là ?
- Wouhou ! - Hey !
La petite championne ! Petit rire
Tiens, c'est pour toi.
- Pour moi ? - Ouais.
- Oh ! Trop frais !
Je peux gagner plus ?
-Ça dépend des compétitions. Y en a une la semaine prochaine.
- On partage.
- Tu plaisantes ? C'est toi qui es montée sur le ring, pas moi.
Tu gardes tout !
- C'est trop sympa, Souleyman.
C'est la première fois que quelqu'un s'occupe de moi.
- Désolé.
T'as fait ton footing ? - Ben non. T'étais où ?
Y a que des bruits chelous ici.
- C'est pour faire peur aux sangliers ? - Non.
C'est si y a des pédophiles. Dans les couilles et après, dans le cul.
- D'accord.
Donne-moi ça.
Attends, c'est quoi, ça ? - C'est rien.
- C'est quoi, ça ? - C'est à cause de ces connards du foyer.
Ils me laissent pas. J'ai frappé dans la porte.
- Tu te fous de ma gueule ou quoi ?
Tu vas te briser la main !
- C'est à cause de ces connards.
Musique rythmée
- Allez, on va s'entraîner.
Qu'est-ce que tu fais, là ? Cours. - Ah !
- Hé !
Allez, allez, allez !
- Karim, t'as vu la vidéo de la petite ?
Des comme ça, y en a une par génération. Rappelle-moi.
- Tu l'as niqué ? - Bien sûr, je l'ai marave.
- Wesh, bien ou quoi ?
- Tranquille. - Réponds pas, trou du cul.
Cris des supporters
Gémissements d'effort
Vous voyez le château, là ? Regarde-le.
J'ai visité, y a des cachots au sous-sol.
Si vous parlez avec Mélissa ou continuez à faire les fous avec elle,
on va aller visiter les cachots.
Toi, je vais te percer les genoux.
Je vais te couper tes gros doigts.
Je vais te couper les cheveux.
C'est compris ?
Mmh ? - MMH.
- François 1er contacte Soliman le Magnifique
pour l'aider à combattre Charles Quint.
Quand tu veux.
- Toi qui es François 1er... - Plus fort.
- Roi du pays de France...
- Voilà.
- L'ennemi s'est emparé de votre pays et vous êtes actuellement en prison.
Cris de supporters
- J'ai une pépite.
Rappelle-moi, on en discute.
Comme ça, tout le monde sera content. Rappelle !
- T'as vu que je l'ai dominée ? T'as vu ?
- J'ai vu. - Le gauche...
- DROITE, GAUCHE, GAUCHE.
- C'est ça ! Cette coupe, on dirait de l'or.
- Tiens. - C'est pour moi ?
-Ça, c'est pour moi. Monte. -Écoute !
J'ai assez, je t'invite au resto.
Pas le droit de refuser. T'as vu ce que j'ai gagné ?
- Vous avez
demandé aide et secours pour votre délivrance.
- C'est quel moment, ça ?
- Sans les musulmans, la France aurait perdu la guerre.
Ce château aurait jamais existé. - Il n'est pas étonnant
de voir des empereurs défaits et devenir prisonniers.
Ne vous laissez pas abattre.
- L'esclavage.
- Ouais.
- Les colonies.
- Ouais.
- Hitler.
- Ouais...
- Voilà.
- Tu viens de me résumer
l'histoire de France ? - Ouais.
- Tu crois que ça commence avec la colonisation ?
- J'ignorais que la France avait des alliances
avec les musulmans au XVIe siècle.
- Bah si. La France a même été une des 1res
puissances européennes à faire une alliance avec le monde musulman.
Si tu comprends pas ce qui s'est passé dans le passé,
comment comprendre notre monde ?
T'es pas d'accord avec moi ?
- Si, mais je me sentais pas concerné par l'histoire de France.
- C'est paradoxal pour un mec qui porte le maillot bleu.
- Portait.
- Mmh.
- Je peux te poser une question ?
- Ouh là. - Quoi, "ouh là" ?
-Ça annonce toujours un truc un peu gênant.
- Pas du tout ! - Ah bon ?
- Je te pose une question normale. - T'as raison, vas-y.
- Je t'ai même pas posé la question. - Vas-y, pose-moi la question.
- Le premier jour, j'aurais pu me faire virer.
Pourquoi tu me voulais dans ton équipe ? Enfin...
- Quoi ?
- Qu'est-ce qui fait que t'as insisté pour me garder ?
- Mais moi, au début, je voulais te virer.
Mais bon... - Ah.
- Le château aime bien aider les jeunes en difficulté,
avec des emplois, des formations...
Madame Ledoux y tenait.
- OK. - Voilà.
Et je me suis souvenue qu'il manquait quelqu'un au crottin.
Mais quand je t'ai rencontré, je me suis dit :
"Mais comment je vais le supporter ?" - Oui, je vois.
-"C'est qui, cet abruti fini ?" - OK.
-"C'est qui, ce connard ? C'est qui, ce con, cet idiot ?"
-Ça va, j'ai compris. Je l'ai, j'ai compris.
- OK.
- Tu me le dis une fois, ça va.
- J'ai proposé à Gomez de venir au spectacle.
- Pourquoi t'as fait ça ? - Parce que.
Comme ça, il verra comment t'assures.
Non ?
Qu'est-ce que tu fais ? - Quoi ?
Non, je regardais si t'avais pas un truc sur l'épaule.
C'est la saison des noisettes.
- Des noisettes ? - Oui.
- Dis donc ! - Et ça s'accroche. Un verre ?
- Ouais, je veux bien.
- Mmh !
Il a choisi la salamandre
car elle vit sur la terre, et dans l'eau, elle résiste au feu.
- Je m'en fous.
C'est pour dire qu'il était invincible.
Comme toi.
Tiens. Tu le mettras avant de monter sur le ring.
- Un cadeau ?
- C'est moi qui l'ai dessiné. Bon c'est pas...
J'ai fait ça vite fait, quoi.
- Mmh.
- Ah, t'aimes pas ?
- Ah non, si, si, si. C'est...
Non, c'est nul.
Wesh, c'est moche.
C'est éclaté.
C'est toi qui as dessiné ça ?
Qui met ça ? - Allez, c'est bon.
- Attends, laisse-moi le re-regarder ! - C'est bon.
- T'es vexé ? - Mais rame !
- T'es sérieux ?
- Souleyman !
- Qu'est-ce que... Papa, qu'est-ce que tu fais là ?
- Qu'est-ce que tu fais là, toi ?
- Je vais t'expliquer. - José m'a tout raconté !
Tu peux plus boxer ?
- Papa, je vais...
Je vais devenir entraîneur et ça va s'arranger.
Reste là, j'arrive !
- Et on est virés de la maison. - Virés ?
- Tu m'as menti ! - Comment ça, "virés" ?
-Ça fait quatre mois que le loyer n'est pas payé !
C'est la honte !
- J'arrive, papa ! J'arrive !
Papa, attends, laisse-moi te parler !
- Me parler de quoi ?
Je te faisais confiance et tu me dis rien.
Je vais me retrouver à la rue, à mon âge.
- Mais j'ai fait ça pour te protéger.
Je vais régler ça, je vais avoir de l'argent.
- De l'argent ?
Tu crois que je veux te demander de l'argent ?
J'ai travaillé 35 ans dans ce pays.
Parfois, je faisais deux métiers en même temps.
J'ai fait les nuits, le matin, le froid, sans jamais me plaindre.
J'ai dormi sur les chantiers. Je t'ai pas attendu
pour me faire la charité.
J'ai préféré rester ici, dans ce pays,
pour que tu puisses avoir un avenir possible !
Mais tu prends tout à la rigolade.
"T'inquiète", "c'est pas grave", "je gère"...
Tu imagines même pas la honte que j'ai ressentie
quand José m'a parlé du tribunal, de ta condamnation.
Tout le monde était au courant, sauf moi.
Tout le monde s'est moqué de moi.
Musique triste
-Ça va ?
- Faut que tu gagnes ton combat demain.
Acclamations au loin
-Mesdames et messieurs, bienvenue à tous
et ravi de vous retrouver pour cette journée de gala.
Avant de démarrer, je voulais
vous présenter un invité de marque,
un parrain de marque, quelqu'un que vous connaissez bien.
Il a été
3 fois vice-champion de France.
Il a été 2 fois champion de France.
Il s'est qualifié pour les derniers Jeux olympiques.
On espère qu'il sera
présent aux prochains JO, pour qu'il nous ramène
une médaille d'or !
Musique rythmée
Faites un triomphe à l'enfant du pays,
Jérôme "El Tornado" Germain !
Tout d'abord, dans le coin bleu,
elle représente le CT Face.
Veuillez accueillir Lina Chaker !
Son adversaire, dans le coin rouge, représente
le BAM, l'héritage, Les Mureaux.
Elle s'appelle Mélissa Chatelain !
Ding
-Début du premier round.
Cris des supporters
Gémissements d'effort
- Le jab, voilà !
- Rentre dedans !
Cris des supporters
Respirations fortes
Casse la distance !
Gémissements d'effort
- Rentre dedans, Mélissa !
Cris des supporters
Ding
Acclamations
-Fin du premier round.
- Tu fais un super combat.
Respire, tout va bien.
Tu la tiens Elle fatigue beaucoup plus vite.
- Tu me fais quoi ? On a perdu.
Y a rien du tout en face, elle a qu'un jab.
Débarrasse-moi de ce jab. Casse la distance.
Tu rentres dur comme à l'entraînement.
- Prends pas de risque. Elle s'essouffle.
- Hé, championne.
- Bouge, putain !
- Fonce sur elle, dégomme-la, fais-lui mal.
- Elle est bien. Elle la joue en technique
et en distance.
Change pas de tactique, continue. - Hé !
C'est ma boxeuse, OK ?
Écoute-moi. Y a des gens importants.
Tu la bloques, tu la fracasses. Je veux un K.O. rapide !
- Elle va s'essouffler dans 5 secondes.
- Vas-y ! Allez !
Boxe !
- Comme à la salle.
- Je veux qu'elle tombe vite.
Vas-y ! -Début du second round.
- Oh, qu'est-ce qui t'arrive ? T'es con ou quoi ?
Musique dramatique Cris des supporters
Gémissements d'effort
Cris des supporters
Gémissements d'effort
- Boum boum boum boum ! Vas-y, encore !
- Voilà ! C'est ça qu'on veut !
Voilà !
Cris des supporters
- Non, non. - Combien de messages j'ai envoyés ?
- Souleyman, me dis pas ça à moi, d'accord ?
J'ai parlé à la fédé, au coach. J'ai montré les vidéos.
Ils veulent rien savoir. - Mais...
- T'auras jamais de place comme technicien dans l'équipe. Jamais.
Pour avoir une licence, ils vont te faire galérer des années.
Il soupire.
Ils digèrent mal la mauvaise image dans la presse.
Tu leur as fait perdre une tonne d'oseille.
J'ignorais comment te le dire.
- Tu peux m'écouter deux secondes ? - Toi, écoute-moi.
On peut plus bosser avec toi.
Je peux plus rien faire.
- Avec tout ce que j'ai fait gagner, vous me jetez comme une merde ?
- C'est toi qui as fait de la merde.
Toi, tout seul.
- Je m'excuse d'avoir perdu.
- Je peux plus continuer les entraînements.
- Je vais m'entraîner toute seule ?
S'il le faut, je m'entraîne deux fois plus. Ça n'arrivera plus.
- Laisse tomber, c'était une erreur.
- Et le match devant les recruteurs de l'équipe de France ?
Comment je vais faire ?
- T'es pas encore au niveau.
Et c'est mort pour moi.
- Pour toi ?
C'est mort pour toi ?
J'ai fait tout ce que tu m'as demandé.
- Tu vas trouver un nouvel entraîneur...
- J'ai tout respecté !
J'ai tout respecté, Souleyman !
Tu me parles des combats qui vont changer ma vie.
Et là, tu me lâches ?
T'es comme tous les autres, en fait.
Les profs, les éducateurs, les psys...
Tous des menteurs.
Tout le monde promet des choses.
Et toi, tu m'abandonnes comme eux.
Vas-y, arrête-toi là.
- Comment ça ? Je vais te déposer.
- Arrête-toi là, je t'ai dit.
- Je vais te déposer. - J'ai pas envie !
Arrête-toi ! Je vais faire la route seule.
C'est bon, j'ai plus besoin de toi !
Elle ouvre la portière. Putain !
Musique triste
Il soupire.
Grondement du tonnerre
Acclamations Gémissements d'effort
- Fouille, fouille, fouille ! Fouille.
- Y a rien là-dedans.
- Oh, téma, y a une boîte.
- Mais non ? T'es un tueur !
T'es un tueur ! - Mélissa, la thune.
- T'es un tueur. - Ramasse la thune.
- Oh, les billets ! - Ramasse la thune.
Tout pour la famille.
Gros, vas-y, frappe avec ça. Frappe, défoule-toi.
OK, OK.
OK, vas-y. Il rit.
Comme avec Mélissa.
Vas-y.
Continue.
- Vas-y, frère.
- Qu'est-ce tu fais avec mon t-shirt ? Bâtard !
Mais t'es malade ou quoi ?
- Lâche-le !
Gémissements Coups
- Oh oh oh oh !
Là, calmez-vous ! Arrête ! - Lâche-moi !
Mais de quoi, calme-moi ? Mais de quoi ?
T'as vu ce qu'ils ont fait ? Me calmer ?
T'as vu ce qu'ils ont jeté par la fenêtre ?
Mon t-shirt ! Ils ont pris mon argent !
Propos couverts par la musique
Coups et gémissements
- Voilà, elle lui a cassé le nez et il va vouloir se venger.
Elle va changer de foyer parce qu'elle est plus en sécurité ici.
Elle repart à zéro.
- Qu'est-ce qu'on peut faire ? - Rien.
C'est une jeune fille fragile.
Elle est suivie depuis qu'elle a 7 ans.
C'est notre boulot de savoir ce qui est bon pour eux.
Pas le vôtre.
Bravo.
Il renifle.
- Il est quelle heure, là ?
- Il est 7 h.
J'ai payé ce qu'il fallait avec tout ce que j'avais.
Et comme si ce n'était pas assez,
ils ont pris des affaires.
- J'ai pas voulu tout ça, papa.
Je te jure, j'ai voulu bien faire.
Je serai jamais champion olympique.
Je serai jamais champion du monde.
Je voulais que tu sois fier de moi.
- Hé, je suis fier de toi.
Quoi que tu fasses. Tu entends ?
Mais ne fais pas les choses pour moi.
Tu peux être heureux de plein de façons, Souleyman !
J'ai fait sept métiers différents.
Oui, c'est difficile. Ça ne m'a pas rendu riche non plus.
Mais j'étais heureux car je t'avais.
Tu pourras faire plein d'autres choses dans la vie, Souleyman.
- Merci.
Choc
La 1re fois que je t'ai vue te battre,
j'ai su que t'étais une championne.
Et je me suis servi de toi,
de ta naïveté...
Mais t'as un vrai talent.
Laisse personne te faire croire que tu peux pas devenir qui tu veux.
Même pas moi.
C'est à cause de moi si t'as perdu.
C'était pas ta faute.
Mais t'as une chance là, maintenant. C'est là, c'est maintenant.
Faut que tu la prennes, Mélissa.
C'est la 1re fois de ma vie que je suis aussi sûr.
Musique dramatique
- Elle habite même pas aux Fidji, ma mère.
- Viens là.
-Bonjour. je suis Fabrice Gomez, l'agent de probation de Souleyman.
Je vous remercie pour votre invitation.
Je serai bien là tout à l'heure pour voir Souleyman au spectacle,
même si c'est un peu loin.
En tout cas, je suis en route. Merci. - Putain.
- T'es seule sur le ring, mais t'es prête.
Vous m'appelez quand vous arrivez ?
- Allez, allez, va dans ton château, toi.
- Tu fais tout comme à l'entraînement. Pense à ta garde.
Voilà.
Musique de tension
- Je sais pas ce que tu fous mais j'espère que t'es en route.
Y a Gomez qui vient te voir aujourd'hui.
OK ? Donc je sais pas... Rappelle-moi, s'il te plaît.
Merci.
Acclamations
- Eddy ? Je crois qu'il y a quelqu'un pour toi.
- Ah, super ! - Merci beaucoup. Merci.
Bonjour. Je suis désolé pour le retard. - Bonjour.
- Fabrice Gomez, l'agent de probation de Souleyman Kante.
- Mais bien sûr, bienvenue.
- Je suis confus, j'ai loupé le 252 et après, j'ai loupé la navette.
Le chemin est si long pour arriver au château. J'avais oublié.
J'espère ne pas avoir loupé Souleyman.
Il est là ? - Alors il est pas là, là.
Mais en fait, il est en train de...
Il est sur... sur la scène
du spectacle.
- Il est sur scène ? - Oui.
- C'est formidable. - Oui.
- Je peux le voir ? - Bah bien sûr.
- Il est où ? Non, c'est pas...
un des deux ? - Si, c'est celui qui est en rouge.
- Mais non ? - Si, si.
- Ouah !
Il sait faire ça, lui ? - Eh oui, il est vraiment...
- Il est quand même plein de ressources.
C'est incroyable de savoir faire ça.
- Je vous laisse admirer le spectacle.
- Allez-y. Faites ce que vous avez à faire.
Respiration forte
-Il vient d'arriver ! Qu'est-ce que tu fous ?
Acclamations
- Allez, Souleyman !
Allez, Souleyman !
Elle soupire. - Réponds-moi, réponds-moi.
Respiration forte
-Dans le coin bleu, Mélissa Chatelain !
- Putain...
Acclamations
Tonalité d'appel
- Putain !
- C'est incroyable. Je me disais, c'est incroyable.
Moins de trois mois, il sait faire ça avec un... Oh là !
Oh là, il a dû se faire très mal.
Il a dû...
Acclamations
- Euh... - Attendez, c'est quoi, cette histoire ?
Il est où, Souleyman ? - Alors, écoutez,
il est pas là, c'est vrai.
Il a une très bonne raison de pas être là.
Gémissements d'effort Cris des supporters
- Mélissa, sors des cordes !
Mélissa, sors des cordes. Sors des cordes !
Ressors de là !
Respiration forte
Musique dramatique
Gémissement d'effort
- Stop ! Un,
deux,
trois... Dans le coin.
Quatre,
cinq,
six,
sept,
huit...
Out.
Acclamations - C'est bien ! C'est bien !
C'est bien.
C'est bon ? C'est bien.
C'est bien.
-Ça a été un déchirement
quand j'ai appris que je pourrai plus jamais boxer.
J'avais que ça, moi, la boxe.
Mais j'ai fait mes choix dans la vie.
Et cette petite, à 14 ans,
elle avait déjà plus foi en rien.
Peut-être que ce que j'étais,
ce que j'ai appris,
ça devait servir qu'à être transmis à Mélissa, en fait.
Voilà.
- Monsieur Kante, je vais statuer sur votre situation
suite à vos manquements dans le cadre de votre condamnation
à des travaux d'intérêt général au château de Chambord.
J'ai le rapport de votre agent de probation,
monsieur Gomez, ainsi que ceux des responsables du château de Chambord.
-"Indispensable et irréprochable" ?
Merci d'avoir témoigné.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Mmh ?
Je pensais que t'avais un truc sur la joue.
Je crois que c'est la lumière. Ça tape.
- Ah ouais ? - Ouais.
Non mais attends, excuse-moi...
Je pensais qu'il y avait un truc entre nous.
- Bah non.
- Ouah, OK.
Je me suis trompé sur toute la ligne. -Évidemment.
Il souffle.
Qu'est-ce que t'attends ? Un autre jugement ?
Je suis garée juste en bas.
- J'arrive, Yvonne.
- Comment tu le sais ?
- C'est la juge, elle cite tous les témoins.
- J'aurais jamais dû témoigner. - Je savais que c'était claqué.
- Pff !
- Attends, Yvonne ! - Arrête de m'appeler comme ça !
- En 1930,
c'était un prénom stylé de ouf.
Yvonne de Chambord ! - Arrête.
- J'aime beaucoup. - Arrête.
- C'est ma meuf !
Elle s'appelle Yvonne.
Musique rythmée Applaudissements
- SOULEYMAN ! SOULEYMAN ! SOULEYMAN !
SOULEYMAN ! SOULEYMAN ! SOULEYMAN !
SOULEYMAN !
- Souleyman... Souleyman.
Ainsi était acclamé l'ancien prince de la boxe,
celui qui désormais était devenu le roi de France
le temps d'un spectacle.
Il soupire.
Les combats de chevalier, les épées, les boucliers et les chevaux
n'avaient plus aucun secret pour lui.
- Je monte avant ? - N'hésite pas, monte.
- OK.
- Attends, attends.
Allez, là. Voilà.
Voilà, nickel.
- Prends ma main.
Voilà.
C'est bon, t'es bien ?
- Comme un grand, tout seul.
- On peut apercevoir la belle Yvonne et Souleyman sur leur cheval,
le soir à Chambord. Outils
On imagine qu'ils vécurent heureux et qu'ils eurent plein d'enfants
qu'ils surnommèrent François, Aziz, Adélaïde, Moussa...
Attendez, excusez-moi.
Arrêtez, c'est insupportable !
Comment raconter dans ce bruit ?
- C'est un chantier ! - C'est en travaux.
Mais moi aussi, je travaille !
Alors posez vos outils cinq minutes !
Vous n'êtes pas sensibles à l'amour ?
J'essaye d'éloigner les gens de cette réalité triste...
Adaptation SME : Émilie Nicolas
Sous-titrage : TRANSPERFECT MEDIA
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