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Original subtitles

(-"Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,

Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,

Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard,

Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ?")

La clé tourne dans la serrure.

Palpitations

-Putain, merde.

...

Putain, c'est pas vrai.

Électrocution

Musique sombre

...

Gémissements

J'suis où ?

Hé, mais j'ai rien fait !

-T'es sûr ?

-Vous êtes qui ?

...

J'ai rien fait. Pourquoi j'suis là ?

...

-Je te laisse réfléchir.

Respiration

Musique sombre

Hurlement

...

Sonnerie de téléphone

...

*-Feu vert.

-OK pour l'argent ? *-C'est réglé.

La moitié au début, le reste à la livraison.

-Combien de bidons ?

*-Deux. -C'est tout ?

*-Ça suffit pour faire trembler la France.

Musique sinistre

...

-"Vous devez me penser naïve. Je sais que croire est une illusion

et que l'innocence, c'est pas si simple.

Des fois, je me sens un monstre.

Je vous dois un dry martini,

si vous acceptez de discuter avec un monstre."

Quoi ?

Cris de mouette

-Je cherche le monstre.

-J'ai repensé à ce que vous m'aviez dit.

Que vous ne croyez pas en l'amour...

-C'est pas que j'y crois pas...

J'y ai cru une fois.

Avec une fille, une Anglaise. -Et ?

-J'ai eu peur.

-Vous aviez peur d'elle ou de la situation ?

-Non... Peur des monstres qui sommeillent en moi.

J'ai gardé mes secrets, et elle... est partie.

Vous, c'est quoi, votre secret ?

-En ce moment, c'est que je mens à mon mari.

-Et pourquoi vous mentez ?

-C'est dur de se dire qu'on s'est trompé de vie.

-C'est quoi, la vie que vous voudriez avoir ?

-Une vie pas en surface. J'aimerais avoir une vie profonde...

Sonnerie

Excusez-moi. Allô ?

-La vérité est dure à affronter. -Oui.

Oui, j'arrive. Pardon, j'arrive.

C'est mon patron, je dois y aller.

-Allez-y.

Par contre, on va devoir se revoir pour finir cette conversation.

-À bientôt.

-Je ne parle pas aux journalistes.

Mais comme vous venez de la part de Rafic Soughayar...

Il m'a aidé, à mon arrivée en France.

-Vous êtes syrien, c'est ça ?

-J'ai rencontré Michel Hammud

avant et après la mort de ses parents.

Quand il est devenu "hawaladar", je l'ai même conseillé.

-"Hawaladar" ?

-Une sorte d'agent de change.

Je faisais le même métier.

-Et donc, ce groupe que fréquentait Michel Hammud

ici, en France, vous pouvez nous en dire plus ?

-Il s'est perdu avec les Salafis...

Je les appelle les "talafs"...

les égarés.

Je l'ai vu pour la dernière fois dans le quartier.

Il était avec leur groupe.

Des Algériens, surtout.

Ils ont pris le contrôle de la mosquée Al Salam.

Il y a des rumeurs

sur des filières de recrutement vers des maquis, en Algérie.

Ou d'autres terres de djihad. Et j'ai compris

quand j'ai vu Hammud, ici, traîner avec Jaffar, le converti.

-Jaffar ?

-C'est un jeune type,

ils lui ont lavé le cerveau.

C'est l'esclave de Touati, le nouvel imam de la mosquée.

-Merci de nous avoir reçus.

-Vous savez, notre religion n'a pas que haine et violence.

On a beaucoup d'autres choses à donner.

Palpitations Musique mystérieuse

... ...

...

-Ça va, "khoya" ?

T'as l'air fatigué.

-J'ai commencé à l'abattoir.

Je veux remercier Jaffar, c'est grâce à lui.

Il est avec toi ?

-Je l'ai pas vu. Il devrait pas tarder.

Sauf s'il est sur une mission.

Il est pas mal occupé ces temps-ci.

-Salam aleykum.

J'ai vu deux Blancs entrer chez le vieux.

Du genre fouine.

-Merci, mon frère. -À ton service.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? -C'est Makhlouf, un vieux fou.

Il essaye de nous saboter.

On va s'en occuper s'il continue.

-Tiens, tiens. Les v'là !

C'est eux.

Musique inquiétante

...

-Fais-les partir.

...

-Vous cherchez quelque chose ?

-Bonjour, nous cherchons monsieur Jaffar.

On travaille sur un dossier religion.

On aimerait discuter.

-Vous êtes devant une mosquée, un lieu de culte,

pas la foire aux questions.

Rentrez chez vous. -Oui...

-Pardon, venez. -Faut vous le dire

en arabe ? Rentrez chez vous !

Musique sinistre

...

Clic d'appareil photo

...

-En tout cas, si Delil finançait le terrorisme,

Martine nous a mis sur un énorme coup.

Faut qu'on trouve Jaffar... par un autre biais, hors mosquée.

S'il connaissait Delil,

il doit savoir ce qu'il lui est arrivé.

Clic d'appareil photo

-Qu'est-ce qu'ils foutent là ?

-Mystère. C'est peut-être le hasard.

-J'y crois plus depuis longtemps.

-On va creuser, patron.

-Et lui ?

-Un certain Karim.

Un barbu parmi les barbus. Il prie, il zone. RAS.

-Y a quelque chose dans le regard.

-Ils se la jouent tous regard de braise.

Regardez, surtout quand une jolie fille passe.

Elle a un truc, la stagiaire.

Je le comprends, le barbu.

-Truc ou pas, on surveille discrètement.

Les laisse pas te dériver, passe un coup de fil.

OK, Meunier ?

-OK, patron.

-Merci, Meunier.

Sonnerie de téléphone

...

-Allô ?

-T'es où ?

*-Je...

J'ai eu un imprévu, je travaille.

-Tu pars comme ça, sans prévenir ? *-Tu dormais,

j'ai pas voulu te réveiller.

-J'ai l'impression que tu me fuis.

-Je suis perdue.

-Moi aussi, je suis perdu.

*-Je sais pas... où j'en suis. Je... je te rappelle, OK ?

Tonalité

Musique mélancolique

...

Elle tape à la porte.

...

Bonjour. -Bonjour.

-Je suis Amel Balimer. -Entrez.

(-Merci.)

-D'autres mères témoignent ? -Non.

A priori, vous êtes la seule.

C'est pas un article sur la radicalisation qu'on fait,

c'est un article sur l'islam en France.

-La radicalisation...

Avant, c'était un mot dans le journal.

Je n'y connaissais rien avant que mon fils tombe dedans.

-Si vous êtes d'accord,

on aimerait que vous racontiez son parcours.

Il vous a donné des nouvelles, récemment ?

(-Non.)

Il nous parle plus.

Je lui parle toujours dans ma tête.

Pour pas perdre le lien.

Musique sombre

-Laurent Cecillon, alias Jaffar.

-Au nom du miséricordieux plein de miséricorde.

Les êtres de la terre et des cieux glorifient Dieu,

car il est le puissant, le sage...

-Tu sais ce que je pense de toi ?

Tu récites des versets comme un illuminé,

et t'es incapable de servir ton nouveau Dieu.

Voilà ce que je pense.

T'es incapable. La preuve, tu t'es fait prendre.

*-C'est lui qui chassa, lors du premier rassemblement

les gens du livre qui ne... *-Hé ! Hé ! Ferme ta gueule !

-Il n'avait pas de copains, c'est pour ça qu'on a pris Ulysse.

-Ulysse ?

-C'est lui.

Le 1er est mort,

mais j'ai racheté le même, au cas où mon fils reviendrait.

Il l'adorait.

On se moquait de lui, il était un peu timide.

Pas très bon en gym...

Je lui disais de les laisser dire,

que c'était le plus beau.

Comme on dit à son enfant pour le rassurer.

En plus, il avait de bonnes notes.

Un jour, il est rentré du collège,

il était en train de prendre sa douche,

je suis rentrée dans la salle de bains,

et là, je vois son dos, ses bras...

pleins de bleus...

J'ai paniqué.

Je lui ai demandé ce qu'il avait, s'il avait mal, s'il était tombé...

Il a pas voulu me répondre.

Il s'est enfermé dans sa chambre pour parler à Ulysse.

-Ils pensaient être protégés contre Dieu,

mais Il les a atteints sans qu'ils s'en doutent.

-Ta mère doit être contente, tu quittes la maison

pour aller jouer au martyr.

-Je les bute, c'est des "kouffars".

Cris de douleur

-J'ignorais qu'il était aussi blessé par la méchanceté des autres.

Peu après, ils sont arrivés dans sa vie.

Je savais pas qu'ils étaient religieux.

C'était une association du quartier.

Ils ont été gentils avec lui.

Je le laissais y aller.

Ils faisaient de l'aide aux devoirs, un peu de sport...

Et c'est comme ça que ça a commencé.

*-Delil, il voulait quoi ? Explique-moi !

Il voulait quoi ? Il t'a respecté ?

*-Il respecte, Delil.

*-T'as fait quoi ? Le larbin, comme d'habitude ?

*-Ils m'ont choisi ! Ils ont besoin de moi !

*-Tu mens !

-C'est moi, l'intermédiaire entre eux et les autres.

-Alors, parle-moi des autres ! Parle-moi des autres.

Pour une fois, fais quelque chose dont tu puisses être fier.

Un nom, je te demande.

-Si vous le voyez à Paris, vous me donnerez des nouvelles ?

(-Oui, je...)

Je vous appellerai.

-Dites-lui... pour Ulysse...

qu'il l'attend.

(-D'accord.)

Je vous dérange pas ?

Je sors de l'entretien avec Mme Cecillon.

*Elle est dévastée. Ils ont rien vu venir.

-Oui, banal. Les liens avec Delil,

*elle t'en a parlé ? -Non.

Il leur parle plus.

-Continue de chercher dans le coin, trouve d'anciens amis,

il est peut-être en contact.

-D'accord.

Musique mélancolique

-C'était qui ?

-La stagiaire.

...

-Fais attention à toi.

Allez, viens. Hop ! Vas-y.

Aboiement

Mignonne.

Alors ?

-Mon agent a mené à bien sa mission avec Laurent Cecillon.

-J'espère qu'il a dit tout ce qu'il savait.

-On ne peut jamais savoir.

Mais Lynx est le meilleur confesseur.

-Lynx... J'ai toujours cru que vous l'aviez inventé

pour créer un mythe.

Mais il existe vraiment, il a un vrai nom ?

-C'est le meilleur.

-Vous le protégez. Vous n'avez rien à craindre.

On est du même bord.

Olga !

N'ayez pas peur, c'est ma chienne.

La liberté, ça lui tourne la tête.

J'aurais dû lui laisser sa laisse.

-Jaffar a confirmé avoir reçu quelque chose de Delil.

Il dit l'avoir remis à un Fodil, le 18 octobre.

-Très bien. On va se concentrer sur ce Fodil

et on va remonter plus haut.

-Et le produit ?

-On a perdu sa trace.

Par contre,

on a des conversations d'Afghanistan, en ce moment.

Ça discute beaucoup.

L'une d'entre elles évoque un mariage

le 14 "jumada'al awwal", comme ils disent là-bas.

-14 juillet, pour nous.

-"El Hadj", le nom du commando, nous donne la même date.

Vous savez ce que "mariage" signifie, pour eux...

Il acquiesce.

-Les Américains conviés au défilé sur les Champs-Élysées.

West Point et les pompiers de New York

sur la place de la Concorde.

Mariage rêvé pour un feu d'artifice au VX.

-Inutile de vous dire que le temps presse et que mon chef,

son chef et le chef au-dessus de lui sont très inquiets.

-Pourquoi ne pas dire la vérité

et mettre tous les moyens pour arrêter le compte à rebours ?

-Nous sommes signataires

de tous les traités sur les armes chimiques

depuis la Convention de Genève de 1970, resignée en 1993.

Alors, l'opinion publique pourrait s'alarmer

si elle apprenait qu'on n'a pas été sages.

Il faut du calme et de la discrétion.

-On prend un très gros risque, pour ne pas perdre la face.

-La face ?

C'est ce que les gens voient, le plus important, non ?

Vous me dites que votre agent est parfait.

Il a démontré la pertinence de la méthode choisie.

S'il continue avec ce talent, on aura des résultats.

Et il n'y a aucune raison que ça s'ébruite.

Tout le monde se fout du sort de 3 ou 4 fanatiques.

-Peut-être pas tout le monde.

-Vous avez une confession à me faire ?

-2 journalistes s'intéressent à moi.

-C'est normal, ça.

Vous êtes quelqu'un d'intéressant.

-Leurs informations proviennent d'une fuite,

qui peut venir de chez moi ou de chez vous.

Avec les élections, on est pas à l'abri que des cadres

qui gravitent autour de notre affaire

veuillent mettre le feu aux poudres en tirant la couverture à eux

et dénoncer les autres.

-Pas de paranoïa, Steiner.

Je sais tenir mes équipes, tenez les vôtres

et tout ira bien.

Olga ?

Sifflement

Olga ?

Aboiement

T'étais où ? Tu étais où ?

Oh là là, là, là.

Je croyais t'avoir perdue.

-J'ai envoyé un type du journal pour faire ça.

J'ai montré la photo du copain de Steiner à mes contacts : omerta.

S'ils sont silencieux, c'est que c'est du haut placé

qui peut les faire tomber.

Je vais creuser,

mais ça va pas être facile.

Et Jaffar ? -Toujours rien.

Ses voisins ne l'ont pas vu depuis quelques jours.

Il a du courrier, mais rien de compromettant.

C'est des pubs, des factures...

-Il est où, ce con ?

-Pourquoi j'irais pas voir Steiner ?

-C'est ça, pour lui dire quoi ?

Même s'il est impliqué,

sans preuve, on peut pas le faire bouger.

Et on a zéro ! Zéro ! Alors, tu...

comprends ça, oui ou non ?

Excuse-moi. On stagne, ça me rend nerveux.

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Ça va pas ?

(-Je suis fatiguée.)

Perceuse

...

-Tiens, j'ai trouvé ça dans la boîte, c'est pour toi.

-Il aurait été tabassé à mort par un groupe de SDF.

Ils étaient autour de lui.

C'est des mecs à problèmes, ils sont agressifs,

certains ont des casiers...

Et c'est à côté de chez lui.

Donc, ça se tient.

-Pourquoi tu m'as fait venir ?

-D'après ce que j'ai entendu,

Jaffar et Delil se sont croisés à Paris.

Je voulais te le signaler

et m'assurer que leurs décès simultanés étaient un hasard.

Café ?

-Café.

-Officiellement, je peux pas faire grand-chose.

Mais toi qui es un homme du clair-obscur, peut-être que...

-Pour l'instant, je nage dans le brouillard.

Quelqu'un, ou quelque chose...

-Nous enfume ?

-Les mecs que je piste se font tuer.

L'identité d'aucun des deux n'est dans la presse.

Vous continuez à me regarder, l'air innocent.

Dites-moi que vous l'êtes

et que je participe pas à des meurtres !

-Pierre De Stabrath.

Bonjour, capitaine.

-Mon général.

-Dans la précipitation, nous avons commis des erreurs envers vous.

Je vous promets que nous ferons le bilan.

Dans l'immédiat, l'urgence est que ce qui n'était pour vous et nous

qu'une opération expérimentale et prometteuse

se révèle d'une importance capitale.

Delil et Jaffar font partie du commando El Hadj,

qui a obtenu un produit

neurotoxique ultra dangereux

et projette de s'en servir dans un attentat qui aura lieu...

-Le 14 juillet. Je sais, c'est moi qui vous l'ai dit.

-Justement, moins vous en savez, mieux c'est pour vous.

Tant que vous êtes en plein coeur de la fourmilière,

on ne peut pas courir de risques.

Vous ne devez savoir que ce qu'ils vous disent,

et nous, on le compare avec ce que nous, on sait.

Vous n'avez pas besoin de savoir ce qu'on sait.

C'est dangereux pour vous.

Je sais que c'est dur mentalement,

mais dites-vous que vous êtes

notre pièce maîtresse sur l'échiquier.

Et que nous avons besoin de vous.

-Je suis pas un assassin.

-Qui vous parle d'assassinat ?

-Avec tout mon respect, ne me prenez pas pour un imbécile.

Leurs morts n'étaient pas naturelles.

-Et vous nous pensez responsables ?

-Nous ou tous les flics qui me tournent autour.

La source, là-haut, peu importe comment vous les appelez.

-La mort de Delil et Jaffar ne peut-elle pas faire partie

d'une stratégie des dirigeants d'El Hadj ?

-On est sûrs de pas être responsables ?

-Absolument sûrs.

-Ni la source qui nous aide ?

-Elle nous aide vraiment.

Et là-haut, comme vous dites, c'est moi.

Vous doutez de moi, capitaine ?

-Qu'attendez-vous de moi ?

-Trouvez des informations sur Fodil, sur le produit, sur l'organisation.

Tout ce que vous pouvez.

Et arrêtez de vous poser trop de questions.

Chaque minute compte, capitaine.

Musique de tension

...

Klaxon

...

Sonnerie

...

...

...

-Allô ?

Allô ?

Il sanglote.

...

Klaxon

Il soupire.

...

Coups Il s'exclame.

-Excusez-moi.

Musique de tension

-Gauche, droite ! Reviens en garde.

OK. C'est bien ! Encore...

C'est bien. Baisse pas.

On boxe... Ça va ?

-Ça va.

-Travaille la respiration pendant 5 minutes.

Gauche, droite, gauche, droite.

-Ça marche. -Tu l'as ?

-C'est bon !

Conversation indistincte en arabe

...

...

-Karim, mon frère ? On va stopper pour aujourd'hui.

Bien. Bien joué, en tout cas.

Karim souffle.

Musique de suspense

-"Vous vouliez me revoir,

je suis libre.

Tôt, tard, quand vous voulez."

...

Il soupire.

Des enfants jouent.

...

Je vous ai ramené des gâteaux.

C'est des lunettes, mes préférés.

-Vous savez comment on appelle ça, en Italie ?

-Non.

-Occhio di bue.

"Oeil de boeuf".

-Ça vous plaît pas ?

-Si, j'adore, mais je suis pas sûr d'avoir faim.

Merci.

Votre mari vous a laissé sortir si tôt ?

-Je dois trouver le courage de le quitter.

-Le courage, c'est pas de partir, c'est d'avancer seul.

Réfléchissez bien.

Votre enquête, ça avance ? -Oui, mais ça devient dangereux.

-Vous travaillez sur la mafia ?

-Non, mais il y a des morts.

-Vous cherchez le meurtrier ?

-Interdiction d'en parler.

-Faites attention à vous. S'il y a des morts, comme vous dites,

arrêtez. Votre patron n'est pas censé vous protéger ?

Faites attention à qui vous faites confiance.

Je vous laisse, j'ai un rendez-vous.

Sirènes d'ambulance au loin

...

-Les gâteaux, en Italie, c'était

avec une fille ?

-Seul.

Corne de brume

Elle soupire.

-Espèces en voie de disparition...

Tu t'intéresses au début, et moi, j'angoisse pour la fin.

5 minutes de retard, ça te ressemble pas.

-Léger contretemps.

-Rien de grave ? -Rien de grave.

-Le photographe ?

-Embauché par Rougeard. J'ai récupéré ses cartes mémoires.

-Montana et moi,

ça prouve rien, mais faudrait pas qu'il s'approche plus.

-J'y veille.

-La journaliste, tu contrôles ? -Toujours.

-C'est ça, le contretemps ?

J'ai pas besoin de le dire, mais fais attention.

-T'as pas besoin de me le dire.

-Montana m'a posé des questions sur toi... fais gaffe !

J'ai trouvé le converti très abîmé sur les photos.

La consigne, c'est proprement.

Je veux pas que t'aies des problèmes.

-"Proprement", c'est des consignes de ministère.

-Que s'est-il passé ?

-Avec la haine qu'ils me balancent, j'ai du mal à rien sentir.

J'ai l'impression de redevenir humain...

Tu peux me virer, si tu veux.

-J'essaie de te protéger, pas de me débarrasser de toi.

-T'as jamais protégé personne.

C'est l'idée d'un pays que tu protèges.

-Pas une idée... un idéal.

-C'est quoi, la suite ?

-Fodil...

Feu vert.

-Et le produit ?

-Toujours rien.

Musique de suspense

...

-Il a pas intérêt à être en retard. On va pas poireauter des heures.

-Y a un type, là.

-Non. C'est pas ça du tout. Non.

-Et lui qui sort, au fond ? -Je sais pas...

Pas le même style. La taille correspond, mais...

Merde, c'est lui !

-OK. J'y vais !

Musique de suspense

...

-Je sais pas de quoi vous parlez...

-Attendez !

On a besoin de garanties. Fini le cache-cache.

J'ai passé l'âge de jouer au Petit Poucet.

Vous travaillez pour qui ?

-S'ils apprennent ça, ils me tueront.

-Qui, "ils" ? Vous vous croyez dans "Le Parrain" ?

-Vous comprenez pas la gravité de la situation.

Faites votre boulot. Il faut que ça s'arrête !

Musique de tension

...

Interphone

...

-Jean-François, vous répondez plus au téléphone.

-J'ai fait comme on a dit, mais ça devient chaud pour moi.

Ils m'ont vu.

Si ça remonte... -Ils remonteront pas.

Ils ont trop de boulot avec les morts.

Mais attention, ne perdez pas le contrôle.

Vous avez été courageux jusque-là.

Soyez-le jusqu'au bout.

Vous serez fier de vous, à la fin.

Et nous aussi. On saura être reconnaissants.

Musique de suspense

...

Oui... J'en sors, là, à l'instant.

*Il manque de solidité, mais il tient encore le coup.

-Espérons qu'il lâchera pas avant l'heure.

On le laisse en place. On en a encore besoin.

...

Klaxon

-Ça fait con, les bougies...

Je voulais que tu voies que je tiens à toi.

Je voudrais que tu me fasses confiance.

J'ai réfléchi : j'ai décidé de te faire confiance.

J'attendrai que tu sois prête pour l'enfant.

Je vais respecter ton travail, me caler sur ton rythme,

mais je dois comprendre ce que tu fais.

Je veux que tu me racontes... Et je dirai rien

à personne. Parle-moi...

Musique de suspense

...

Trafic

...

Qu'est-ce qui se passe ?

J'ai rencontré une fille qui pensait qu'à s'amuser,

et là, je suis en face de Macbeth et son crâne, "to be or not to be",

mais je vois pas où est la tragédie.

...

-Je me suis trompée.

-Mais trompée sur quoi ?

-Sur tout.

Musique de tension Respiration haletante

... ...

Taser et cri

...

-Il faut que tu comprennes une chose.

...

Je sais que t'es un maillon de la chaîne. D'accord ?

T'inquiète pas, je fais aussi partie d'El Hadj.

Écoute-moi. Simplement, je suis au-dessus de toi.

Il se trouve qu'il y a eu une fuite.

Donc, ça fait partie de la procédure que de vérifier les maillons. OK ?

-J'ai fait ce qu'on m'a dit de faire.

J'ai pas parlé, moi !

Pourquoi je parlerais ? Je fais ça pour la cause

et mettre ma famille à l'abri. C'est quoi, ça ?

Je connais pas El Hadj.

Je connais que le nom.

Ils m'ont dit d'aller là ou là, c'est tout.

Je suis pas une balance !

-Allez, parle.

-Ma dernière livraison était pour les frères Harbaoui.

Ils voulaient que je leur livre du matériel.

Je leur ai ramené la puce avec l'info.

C'est tout.

Je mens pas, je te jure ! Je mens pas.

Respiration haletante

Trafic

...

Sonnerie

...

...

*-Jean-Loup Servier. Laissez un message.

Bip électronique

Sirène lointaine

...

Sonnerie de téléphone

-Allô ? *-J'ai une idée.

On retente la mosquée. Demain, t'y retournes,

*mais il faut que tu rentres. -Que j'y aille seule ?

-Si on trouve pas de lien,

*on écrira que 10 lignes

dans les faits divers sur nos 2 macchabées.

-OK.

Allô, papa ?

Je peux dormir à la maison, ce soir ?

-Tu veux te réinstaller ici ?

Je croyais que tu supportais pas la famille.

On n'a plus 10 ans. À deux dans la chambre, on tiendra pas.

-Mais où est passée ta miséricorde ?

-Ton âme est si égarée que...

je peux rien faire pour toi.

-Si.

-Moi ? -Justement. Tu peux m'aider.

-T'as déjà tout. Tu veux quoi de plus ?

(-Tu peux me trouver une abaya et un hijab ?)

-Mais non ! Sérieux ?

C'est quoi, le plan ? Tu te radicalises ?

(-Je mène une enquête.)

Musique de tension

...

-Oh, ma soeur,

tu fais quoi ? T'es nouvelle ? -Je viens prier.

-Toute seule ? Où est ton mari ?

-Tu fais quoi, là ?

Je t'ai vue traîner ici. Tu cherches quoi ?

-Je viens prier. -Tu viens prier ?

Casse-toi. Dégage.

...

-Elle avait de beaux yeux.

-C'est bien, d'être vigilant. Suis-la et tu me diras après.

...

Clics d'appareil photo

-Je sais pas ce que font ces journalistes,

mais on les retrouvera froids dans la Seine

s'ils continuent à zoner dans le coin.

-Je lui ai dit de pas insister. Il envoie la fille seule...

-Attendez, patron. Il est moderne, le journaliste.

Il est pour l'égalité des sexes. Vous êtes vieux jeu.

-J'assume.

-Moi, je suis plutôt moderne.

J'aime être protégé...

-Meunier, tu veux pas te concentrer ?

Ce type, t'es sûr qu'on a rien sur lui ?

-Non. C'est un pilier de la mosquée,

mais pas fiché. Rien sur lui.

-Et le type au casque ?

-Il vient peut-être faire ses courses. Jamais vu avant.

-Je comprends pas. Fallait mentir.

-Oui, mais je suis une fille. Pour eux, c'est suspect.

Si vous aviez vu leur agressivité...

-C'est suspect dans toutes les religions.

Je comprends pas pourquoi ils sont si agressifs.

À mon avis, ils protègent leurs arrières.

Ils ont un truc à cacher qui n'est pas lié à la religion.

-Il y avait le même type, celui avec les yeux...

-Les yeux quoi ? Sois précise !

-Les yeux doux !

C'est étrange, c'est lui, le plus brutal.

-On n'est pas là pour la psychologie !

On cherche des tueurs.

On a besoin de preuves, pas d'impressions.

-Il faudrait prévenir la police. S'ils sont dangereux,

c'est plus notre problème. C'est le leur.

On percera pas le secret de la mosquée seuls.

-On file pas chez les flics dès qu'il y a du danger !

Faut creuser.

-Si vous aviez vu son regard, vous en auriez pas envie.

-On vous offre le café.

-Vous avez 5 minutes.

La prochaine fois, je porte plainte pour harcèlement.

-Vous trompez pas.

On n'est pas des terroristes.

-Dites-nous, vu que vous savez tout.

On s'emmerde à les débusquer, mais vous savez.

-Arrêtez de généraliser, je suis pas les médias.

2 gars qui étaient vers la mosquée sont morts.

Il y a forcément un lien.

Vous avez bien des infos. On a le droit de savoir si, à Paris,

il y a une ruche de djihadistes cachée.

-Ils vont faire quoi, les gens, de cette info ?

Ils vous aideront à les attraper ?

Si on révèle qui on surveille, comment et pourquoi,

les barbus attendront qu'on aille les arrêter ?

Vous nous prenez pour des cons ?

-Si quelqu'un nous a alertés, c'est que c'est louche.

Peut-être que c'est lié à Steiner.

Il a peut-être été engagé par l'extrême droite

ou des puissances étrangères terroristes.

On sait pas. -Vous délirez.

Moi, je travaille. Voilà la différence.

Arrêtez ça. On vous a vus vers la mosquée.

Sinon, vous aurez des problèmes. Ces types sont dangereux.

-Qui t'a demandé d'intervenir ?

On a demandé ton interprétation ?

"Puissances étrangères", tu te crois

dans "James Bond" ? -Si ça se trouve, il a raison.

Si ça se trouve,

on fait n'importe quoi et c'est dangereux.

-Ils se croient tout permis avec le secret défense.

Mais il y a des ratés.

Toutes les merdes foutues sous le tapis...

Nous, on les surveille

pour qu'ils profitent pas de leur statut

pour dégommer des innocents.

Le délit de sale gueule, t'as déjà vu ça ?

Non, t'es sexy, ils te laissent passer.

Si t'étais un gars au regard paumé,

tu risquerais ta peau à chaque contrôle.

Tu le sais. Ta famille le sait.

Arrête de me dire qu'on fait n'importe quoi.

C'est nos impôts, c'est moi qui paye, bon sang !

Si tu veux arrêter, t'arrêtes.

Si t'as pas les couilles,

tu repars faire tes articles dans tes magazines de filles.

-Je suis pas une fille. Me parlez pas comme ça.

Je suis pas là que pour faire des gosses. Je peux crier.

Je comprends pas le lien entre les couilles et le courage.

J'ai vu des types avec des grosses couilles

qui étaient lâches.

Du courage, j'en ai ! -Prouve-le !

D'accord ?

Ça va aller ? -Oui, ça va aller.

-Tu me lâches pas ? -Non.

-Tu viens de rentrer ?

-Tu me trouves vieux jeu ?

-Un peu.

Mais moi, j'aime ça.

Pourquoi ?

-Meunier s'est moqué de moi.

Un crétin de journaliste empiète sur nous,

et il envoie son assistante au casse-pipe

chez des barbus potentiellement dangereux.

Je trouve ça pas très...

digne.

-Les journalistes cherchent quoi ?

-J'en sais rien. C'est pas très clair.

On stagne. Les politiques sont en roue libre.

Ils pensent qu'à leur image.

J'hésite à voir le patron pour secouer le cocotier.

-Sois prudent.

-On peut pas toujours se taire.

Musique sombre

*-Jean-Loup Servier,

laissez un message.

-Vous m'avez oubliée ?

...

-Oui, c'est moi. Il est tôt, vous devez dormir.

Mais je...

J'ai rien oublié. J'ai envie de te parler.

Ce soir ?

...

-T'as pu prendre les photos ? -Oui.

-Et les mesures ? -Oui.

On a un problème. Il manque 2 cm.

-T'inquiète pas, on va creuser. On a le temps.

T'as été à la galerie centrale ? -J'ai suivi le plan.

On a des nouvelles du produit ?

-Ça arrive, mon frère. "Salam aleykum."

Musique de tension

...

Sous-titrage : Boulevard des Productions

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