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Original subtitles

(-"Ange plein de gaieté,

connaissez-vous l'angoisse, la honte, les remords,

les sanglots, les ennuis

et les vagues terreurs de ces affreuses nuits ?")

Musique sombre

...

-Salam aleykum.

-Je m'attendais pas à un palace, mais... 15 jours ici ?

Il y a un lit, au moins ? -Bien sûr, à côté.

On a privilégié la sécurité.

C'est la fille de Salah, le patron d'El Djazaïr.

Elle travaille dans l'immobilier, elle a trouvé l'appart.

Vous serez tranquille.

-À la guerre comme à la guerre...

J'ai de quoi survivre ?

-Oui, je vous ai fait quelques courses.

Bon, c'est pas du 5 étoiles, mais y a un peu de tout.

-On fera avec.

Pas d'appels, pas de visites...

Si ça dure plus de 6 jours, reviens pour les provisions.

Essaye de me prendre des choses moins...

Prends des soupes, du light.

À ce régime-là, je rentrerai plus dans mes costumes.

-Je savais pas, désolé... -Ah oui ?

Si tu sais pas, imagine.

Dès qu'ils établissent le contact avec toi, tu reviens.

Je te donne les consignes et je disparais.

-J'ai compris, vous inquiétez pas. -Je m'inquiète pas.

Nous allons gagner.

En attendant, prudence, les chiens sont partout.

Musique de tension

...

-Surveiller, attendre...

On n'en peut plus d'attendre.

On planque pendant des mois, on connaît tous les paumés

qui maudissent la France,

ils sont dangereux,

mais on s'approche pas... On n'a qu'à aller vérifier, non ?

-Si ça vous rassure, c'est pareil à la Défense.

Depuis les tours, on est pris dans les rumeurs,

on a des terroristes potentiels, mais on peut rien faire tant que...

on nous dit pas de le faire.

Je sais que nos services ne sont pas vraiment dans l'entraide, mais...

à mon niveau, si je peux vous aider...

-Merci pour la proposition.

Mais tant que j'ai pas accès aux ordis,

je suis aveugle sur là où ils en sont.

-En tout cas, si ça bouge de votre côté,

hésitez pas à me contacter.

-J'hésiterai pas.

Musique de tension

...

-Vous vouliez du calme, vous allez être content !

*Musique orientale

...

-Ça avance ?

-Ça recule.

Mohamed m'a demandé de trouver du boulot.

Dès que je trouve, y a 10 mecs sur le coup.

Toujours Jean-Claude qui est pris. Karim, ça leur plaît pas ?

-T'inquiète...

Ils vont finir par respecter les Karim.

La lutte avance.

-J'ai croisé Nasser Delil à la mosquée.

Ça a l'air d'être un type important.

-Un grand homme.

-Tu l'as revu ?

-Grand voyageur, tu sais, ça bouge.

Mais moi, je le connais pas bien.

Jaffar est son chauffeur lorsqu'il est à Paris.

Ça fait longtemps ! Je croyais que t'avais disparu.

-Ça va ? -Oui.

-C'est vrai ? -Assieds-toi. Je t'apporte à boire.

-Vous connaissez l'histoire du terrorisme islamique ?

-Un petit peu. Pas...

-Bon. Et l'antiterrorisme ?

-Pas beaucoup, on n'a pas vu ça à l'école.

-Ces écoles de journalisme qui vous apprennent à sentir le cul

des politiques pour un scoop, mais pas les bases...

Bon, je vous brosse le tableau.

De toute façon, faut qu'on commence par là pour les lecteurs.

Alors, vous notez ?

Pour lutter contre le terrorisme,

l'exécutif et la justice ont deux familles,

l'Intérieur et la Défense,

avec tous les vices inhérents

à la famille...

À l'Intérieur, place Beauvau,

vous avez trois sections : la DST, Direction de la surveillance

du territoire, c'est les espions

qui travaillent à l'Intérieur.

Pas facile d'avoir des infos.

Ensuite, les Renseignements généraux, ou RG,

et là, on m'a parlé d'un commandant Ponsot,

un type de terrain qu'on pourrait

contacter si besoin.

Je vous laisse trouver son 06.

C'est pas facile, les mecs se planquent.

On laisse un message, zéro retour.

Et alors, pour finir,

la DNA, Direction nationale antiterroriste.

J'ai pas d'entrées, on cherchera si besoin.

Alors, de l'autre côté, vous avez la Défense :

les militaires, la gendarmerie nationale...

Ça, vous connaissez. Ensuite,

la DGSE, les services secrets qui bossent à l'étranger,

et "last but not least", dit-on,

la DRM, Direction du renseignement militaire.

Là, l'éminence grise, c'est un certain général,

euh... Stabrath.

Mais il est intouchable, on l'approche pas.

La DRM est censée n'intervenir qu'en cas de conflit et en uniforme,

comme la DGSE n'est pas censée travailler en France.

C'est la théorie. En réalité, c'est un peu plus flou.

-C'est pas censé être réglementé, les trucs militaires ?

-Si, sur le papier. En théorie, quoi. Mais...

Sur le terrain, quand il y a danger, les règles...

Elles s'adaptent.

Maintenant, on passe au terrorisme. Et ça,

c'est un autre merdier, car il n'y a pas de règles du tout.

Le téléphone sonne.

Oui ? *-Comment va votre stagiaire ?

(-C'est Martine.)

Bip sonore

Vous m'espionnez ?

*-Je vérifie si je peux avoir confiance.

-Et moi, je devrais avoir

confiance en quelqu'un qui reste anonyme ?

*-Je peux vous donner un nom.

Charles Steiner. C'est pas le mien.

Mais ça peut vous intéresser.

Musique de tension

...

-Steiner... Vous connaissez ?

-Jamais entendu parler. À mon avis, c'est bidon.

Une femme trompée qui déteste les journalistes,

une connerie du genre...

La Martine, je la sens pas.

De toute façon, 90 % des appels anonymes qu'on a, c'est bidon.

-Si vous voulez,

je peux chercher.

-Discrètement, hein.

La priorité, c'est de retrouver Ponsot, le gars des RG,

et d'avoir un rendez-vous.

Dernier conseil d'un vieux renard :

surtout, vous ne parlez à personne de notre sujet. Personne.

Collègue, ami, amant, mari...

On est dans un monde de vautours.

Les gens parlent, les infos s'envolent, et nous...

on perd tous nos scoops. Compris ?

-Compris.

Musique de tension

...

On toque.

...

-Entrez.

-Message de l'agent Fennec, dans la boîte de Stalingrad.

Tonalité

*-Mon général, Fennec a une piste de localisation pour Delil.

Rien de sûr, mais je voulais vous prévenir.

*-Merci, Louis.

Beau boulot.

-C'est Fennec, mon général. Je vous l'avais dit, il est bon.

Tonalité

-Colonel, une piste pour Delil, l'homme

*de la frontière.

-OK, j'attends de voir si c'est un gros client

et pas juste un... figurant, comme on dit dans le cinéma.

Ensuite, je lance l'action.

Ponsot, vous l'avez bien accroché ?

-Plus qu'à tirer la ligne. -Notre contact à Dubaï

a dit qu'il y a peut-être des infos pour nous dans le groupe de Ponsot.

Faut absolument que je jette un oeil.

Faites courir discrètement le bruit dans la presse

qu'on soupçonne un groupe de préparer un coup.

Ça excitera les barbus, les RG devront bouger,

Ponsot aura l'ordre d'entrer chez les suspects.

Payez-lui un verre pour avoir la date de l'intervention.

Envoyez un technicien récupérer les ordis dans le bureau des RG,

copier ce qu'il y a à copier et les remettre.

Et enfin...

débarrassez-vous de cette pipe horrible.

-C'est la seule chose que je puisse pas faire.

Pour le reste, je m'en occupe.

-Putain, les gars, faut arrêter avec la drogue.

Vous allez avoir le cerveau en purée avec ce que vous fumez.

Toujours "la France, pays de merde"...

(Ouais, allez.

J'en ai marre de vos conneries.)

-Meunier, ça bouge, la presse a fuité sur notre surveillance.

Je sais pas quel con a bavé, mais...

le patron envoie des renforts.

Sur le canal 5, balance les infos sur nos clients à l'équipe.

Un barbu bouge, tu les appelles.

Je vais contrôler l'opération, OK ?

-À vos ordres, patron. -Merci, Meunier.

Sirènes

...

"TÉLÉCHARGEMENT EN COURS"

Musique sombre

...

-Ah, enfin ! Merci, Paul.

...

Vous aviez raison.

On a trouvé le nom de Delil chez les clients

de Ponsot.

Il apparaît dans des organisations islamistes prosélytes.

Certaines ont des ramifications occultes vers des djihadistes

qui envoient des types dans des camps d'entraînement.

-Autre chose ? -Les clients de Ponsot, c'est rien.

Pas mal dans la drogue,

un maximum dans la haine, mais rien de concret.

Aucun plan d'attaque.

Aucune info, nulle part, sur le produit.

-On se concentre sur Delil et on lance l'opération.

-Qu'est-ce qu'on dit à Ponsot ? -"Merci". Rien d'autre.

-Aucune idée, monsieur.

Vous savez ce que je pense de la presse.

Ouais, OK.

Le patron est furieux contre la presse.

Le labo a rien trouvé dans les ordis.

On passe pour des cons.

-Tant mieux si les mecs préparaient pas un attentat.

OK, on s'est fait chier pour rien, mais bon.

Ça fait partie du job, non ?

Le téléphone sonne.

... -Allô ?

-Ponsot ? Oui, c'est Arnaud.

Désolé, de notre côté, on a rien trouvé.

Y a pas de ramifications vers l'extérieur.

Vos clients étaient de vrais traîne-savates.

*-Même chose de notre côté.

-En tout cas, merci de nous avoir prévenus.

On est plus forts à plusieurs pour lutter.

*À charge de revanche.

Je vous tiens au courant si ça bouge de notre côté.

-OK. *-Allez, haut les coeurs.

-Merci quand même.

C'est fini, on remballe.

-Je vous paye une bière ?

-Nan, je vais rentrer tôt, je vais prendre le RER.

-Si j'avais votre femme, je ferais pareil.

Saluez-la de ma part. Elle a une petite soeur ?

-Fille unique. -Fille unique ? OK.

Bon...

J'ai plus qu'à oublier dans l'alcool.

-Oublie pas trop, Meunier.

On a perdu la bataille, mais on a du boulot.

Tu ramènes le soum au bercail ?

-À vos ordres, chef. -Merci, Meunier.

-Salade de fruits ?

-Parfait.

Elle rit.

Qu'est-ce que je ferais sans toi ?

-Mauvaise journée ? -Journée de rat.

Pris au piège.

(On va se coucher et on mange après ?)

Le téléphone sonne.

Bip sonore

Le téléphone sonne.

...

(Je décroche...) Allô ?

-Je vous ai laissé 2 messages, excusez-moi.

Seriez-vous disponible pour rencontrer Bastien Rougeard ?

*Le journaliste avec qui je travaille.

-Sûrement pas, je me suis fait baiser par vos collègues.

Arrêtez de me harceler et dites-lui que je parle pas à la presse.

Il soupire.

-Ça y est, la Bourse repart !

Les taux remontent, j'ai vendu un lot de fou.

Qu'est-ce qu'on mange ?

-Pardon, j'ai pas vu l'heure.

J'ai rien préparé.

Brouhaha de la ville

...

-Tu fais quoi, là ? Ça gèle.

...

Composition des numéros

Le téléphone sonne.

-Colis certifié.

Tonalité

Bip sonore

Musique de tension

...

(-"'Parmi les chacals, les panthères, les lices,

Les singes, les scorpions,

les vautours, les serpents,

Les monstres glapissants, hurlants,

grognants, rampants,

Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !

C'est l'Ennui !'

Mais c'est fini, on peut commencer.

Ton grand-père qui t'aime.")

Musique mélancolique

...

Musique de tension

...

Sirènes

...

-Tout le monde dehors !

-C'est les pompiers, il faut évacuer ! Dehors !

Coups frénétiques à la porte

-Dehors ! -Quittez vos domiciles !

...

Sirènes

Brouhaha paniqué

...

*Radio des pompiers

-S'il vous plaît, on ne rentre pas !

Sirènes

...

Brouhaha confus

...

Musique de suspense

...

-7h07.

Audition de l'agent Fennec à sa demande par l'officier Louis.

-Les pompiers l'ont emmené à l'hôpital.

À mon avis, il avait rien.

Faut poster un mec en bas de chez lui.

Je peux pas y passer la journée.

Touati se demanderait où je suis, il surveille tout.

-Pour l'instant, reste près de la mosquée.

Delil, on verra bien.

-Quoi ? Je croyais que c'était la cible.

-Tu me fais confiance ?

Ou pas ?

-Je laisse tomber Delil ? -Affirmatif.

Tu continues comme avant.

T'écoutes, tu notes, tu les tiens à l'oeil.

Tu peux partir.

La porte claque.

...

*Son lancinant

...

-Qu'est-ce que vous voulez ?

-L'histoire de ta vie.

-J'ai de l'argent.

J'ai des amis.

Dites-moi ce que vous voulez.

-De l'argent ! Des amis !

T'as de la chance !

Moi, j'ai rien ni personne.

-Je peux vous aider.

-Tu vas m'aider !

Je veux 3 choses.

Les noms de tous tes amis,

que tu me parles de l'argent

et de tout ce que tu sais.

Sinon, c'est ta famille qui va y passer.

Tous, un par un.

Je commencerai par Yasmine.

Ensuite, Lila...

Et Raissa.

Ils y passeront tous.

T'as compris ?

On parle la même langue ?

Alors, maintenant, vas-y.

Je t'écoute.

Musique de tension

...

Tout est là.

-Tu me résumes ?

-Delil a confirmé avoir acheté les 2 barils, c'est du VX.

Donc, français.

-Donc, tu sais pourquoi ils ont besoin de secret, de nous.

-Malheureusement,

tes amis haut placés nous prennent pour leur femme de ménage.

Et leurs poubelles sont dégueulasses.

-Pense pas aux coupables, mais aux innocents.

-Comment ils ont su que le produit bougeait ?

-Grâce à notre opération au Kosovo.

Al Nahr, le père du fleuve, a donné ses réseaux.

La DGSE a mis son alerte à un point stratégique

et ils sont tombés sur les barils à la frontière syrienne.

On n'est pas des héros, mais on sert pas à rien.

-Selon Delil, le VX a quitté la Syrie,

mais il connaissait pas les détails.

Ils ont tout cloisonné.

-Il a dit ce qu'il faisait à Paris ?

-Une transaction pour financer un attentat.

-J'imagine qu'il t'a pas dit où et quand.

-Il savait juste qu'il devait transmettre des infos codées.

-Nom du contact ? -Jaffar.

-Je vais faire remonter l'info.

Comment ils trouvent autant de types

pour des chaînes si complexes ?

-Ben, la haine ! C'est ça, la motivation.

Les parents de Delil sont morts à ses 14 ans

sous les bombes d'un raid israélien au Liban.

Mauvais endroit, mauvais moment.

Erreur de cible...

Ça a détruit Delil.

Il s'appelait Hammud Michel, il était chrétien, t'imagines...

Les types ont vite repéré sa vulnérabilité

et l'ont réconforté.

Ils lui ont parlé de vengeance et...

il a rejoint l'opération El Hadj.

-Il t'a raconté tout ça ?

Il t'a pris pour son psy !

-C'est par l'intime que je tire le fil.

-Tu l'as tiré jusqu'au bout ? -Selon les ordres.

-Tiens-toi prêt pour la suite.

Musique de tension

...

Bip sonore

-Tu dors pas ? C'était qui ?

-C'est... C'est pour le travail.

-À 2h du matin ?

-Bonjour. -Bonjour.

-Le Royal ? Je m'attendais à une brasserie de luxe !

-Meilleur turc de Paris.

Les RG pensent que ces lieux les rendent invisibles.

(-Il m'a écrit, il veut pas qu'on enregistre.)

-Putain, quel chieur !

Bon, on m'a dit qu'il était pas marrant.

Tu sais noter en sténo ?

-J'ai un peu séché les cours...

-T'as intérêt à rien louper.

Tu me laisses parler, puis je...

Je le brancherai sur Steiner, on sait jamais.

-J'ai qu'un quart d'heure.

Vous êtes le protégé de quelqu'un que je respecte.

-Comme elle l'a dit, j'enquête sur le fonctionnement

de la lutte antiterroriste en France post 11 septembre.

Votre témoignage est crucial. Enfin, si vous êtes sincère.

Comment travaillez-vous entre services

pour vous coordonner ?

-Entente parfaite, but commun.

-Content d'apprendre que la grande famille du renseignement

fait front commun devant l'ennemi.

Que pensez-vous d'Al Qaïda, vous, les professionnels ?

Dans l'opinion publique, ça devient un fourre-tout

qui finira par cacher les réalités du terrorisme.

-Les journalistes simplifient à outrance.

Comme les Américains, d'ailleurs, par facilité.

Ça complique tout. -C'est-à-dire ?

-Il y a plusieurs sources de terrorisme.

Plusieurs racines, ramifications.

On l'arrête pas juste en claquant des doigts

ou en ciblant un coupable.

-Plus précisément, le wahhabisme, vous en pensez quoi ?

-Précisément, dans mon service, en France,

le problème, ce sont les Algériens.

Avant, c'était le GIA.

À cause du wahhabisme, c'est le Salafiya.

Ils se regroupent sous le générique GSPC,

mais ça reste les mêmes : des enragés.

-Y a des risques majeurs, ici ?

-On est en guerre.

Une nouvelle forme, mais une vraie guerre.

Plus tôt on s'en rendra compte...

Je vous parle des musulmans ?

Sur 100 individus, y en a 20 irrattrapables, radicaux.

20 qui sont intégrés, qui feront jamais de vagues.

Les 60 qui restent,

pour des raisons liées à leur histoire, suivront le vent.

Ça fait 80 % de danger.

Mon métier, c'est pas la politique, c'est de prévenir le danger.

Je vous laisse.

-Charles Steiner, ça vous parle ?

-Pourquoi ?

-Une source m'en a parlé. C'est quel genre ?

-Le genre bien. Je l'ai rencontré une fois.

-Dans quel cadre ?

-Professionnel. Il était militaire, j'étais pas encore aux RG.

Il y a 15 ans. -Sur quelle opération ?

-C'est un type droit, patriote. Comme moi.

Je vous laisse.

Il soupire.

-Les mecs, ils défendent une France idéale, imaginaire.

Et les gouvernements les utilisent pour ça.

Même quand la réalité des pays est loin d'être idéale.

Tu te sens française ?

-Un prof nous disait que le journalisme,

c'était se mêler de tout sans s'enrôler.

Comprendre sans s'éprendre. -Ah...

-Je sais pas, je me sens de nulle part.

Mes parents, ça les a détruits, cette question.

Je rentre complètement dans les stats de Ponsot.

Le père de ma mère était wahhabite,

elle a passé son enfance à croire qu'être musulman,

c'était vivre comme au 1er siècle de l'islam.

Elle déteste la France, elle déteste mon père d'être ici.

-On croit que les problèmes sont géopolitiques,

mais quand on creuse...

Les problèmes, c'est les histoires familiales.

C'est pour ça que j'ai pas d'enfants.

Bip sonore

C'est Martine.

On a rendez-vous demain matin à la Géode.

-Personne sait qui c'est, tout le monde s'en fout.

On me dit de classer l'affaire.

Mais toi, j'ai pensé que ça t'intéresserait.

-Tu l'as trouvé où ?

-Coincé à la station d'épuration.

Vu sa couleur, il est resté longtemps dans la Seine.

Sirènes au loin

Tu le connais ?

-J'ai vu sa trace dans l'ordinateur d'un groupe.

J'ai pas donné suite, le dossier était classé.

-Donc, je fais quoi ?

-Essaye d'aller au-delà des ordres.

Je vais voir ce que je trouve.

À ton avis, il est tombé ? On l'a poussé ?

-Difficile à dire. Apparemment, il a fait un arrêt cardiaque.

Il se promenait peut-être sur les quais et il est tombé.

Maintenant, s'il frayait avec des méchants,

il y a des produits intraçables qui peuvent provoquer un arrêt du coeur.

N'importe qui peut pas s'en procurer,

mais si c'est des pros...

-Tu m'appelles si t'as du nouveau.

Un type qui apparaît dans les réseaux,

qu'on nous demande d'ignorer et qui réapparaît mort...

-On a déjà vu ce genre de hasard.

-C'est un hasard troublant.

-C'est quoi, cette histoire de suicide ?

-Calme-toi. Tu veux un café ?

-Non, mais que vous arrêtiez de me prendre pour un con !

Vous me faites décrocher de Delil et le voilà noyé ?

-Je crois que tu as besoin d'un café...

et de te souvenir de me parler sur un autre ton.

-Putain, mais je passe mes journées avec des fanatiques ! Hein ?

Ça me lave le cerveau, ça me donne envie de vomir.

J'ai pas vu mes parents depuis 18 mois

ni baisé depuis 100 ans !

Je veux défendre mon pays, mais vous me prenez pour un con !

-Nous savons de source sûre qu'un attentat se prépare.

-Quel rapport avec Delil ?

-Des sources pensent que...

-Lesquelles ? -Des sources... Assieds-toi !

Il tire la chaise.

Des sources pensent que Delil

aurait supervisé les achats d'équipements militaires.

De plus, il avait des liens avec les terroristes algériens.

Mais tu le sais déjà.

-Pourquoi m'ordonner de le lâcher ?

-Car il n'était qu'un maillon.

-Vous aviez prévu qu'il plongerait dans la Seine ?

-On l'a su ce matin, juste avant toi.

C'est pas le moment de se poser des questions.

Il faut empêcher les terroristes d'agir.

Ils pensent que Jaffar est impliqué. Le lâche pas.

-Non, mais, c'est qui, cette source ?

-C'est pas ton problème ! Concentre-toi sur ton boulot.

-On est meilleur quand on comprend. Et je suis pas votre pantin.

-Il y a une menace, un compte à rebours,

un temps pour agir, un temps pour comprendre.

-Je suis mauvais en grammaire, mais vous mélangez les temps.

La chaise racle le sol.

La porte claque.

Musique de manège

...

-J'ai ça pour vous.

...

-C'est pas une femme, mais un homme.

-Tu l'as eu ? -Non, il était trop loin.

Je l'ai juste vu payer un gamin. C'est qui ?

-J'en sais rien. C'est un document de la Crim'...

...

-Carbonara avec lardons, ça te va ?

-Je sais pas...

-C'est quoi, le sujet qui te rend sourde ?

-C'est compliqué...

On dirait une toile d'araignée.

-Le thème, c'est les élections ?

-Je peux en parler à personne. -Personne ?

Mais je suis pas personne. Tu me fais pas confiance ?

-Si, mais c'est un sujet sensible.

-Et je le suis pas assez pour comprendre ?

-Non, c'est sensible, au sens de brûlant...

-Brûlant...

Elle clique.

...

Aboiements

-J'aurais dû vous écrire avant. Ils veulent pas...

C'est pour vous dire que je vais bien.

Ne parlez de cette lettre à personne,

même pas à la famille.

C'est interdit. Je voulais vous rendre fiers de moi.

Ça fait lourd, mais c'est vrai...

Je voulais faire quelque chose de bien, de grand.

Un jour, je vous raconterai...

quand ce sera fini.

Si ça finit.

Des fois, j'ai peur de devenir fou.

Aboiements

Musique sombre

...

Sonnette

...

Sonnette

...

-C'est Louis qui m'envoie.

...

Je travaille pour le Service.

Ne vous inquiétez pas.

On a tout sécurisé, personne ne m'a suivie.

...

-Je comprends pas. Que voulez-vous ?

-Vous avez besoin de vous distraire.

-Non, c'est dangereux. Vous pouvez pas rester ici.

-Détendez-vous. Faut faire vite.

-Attendez, stop ! Merci, mais j'ai pas besoin de ça.

Prenez votre manteau et partez.

-C'est pas ce que je sens, là...

Il soupire.

Trafic

...

...

Piaillements d'oiseaux

Amel s'exclame.

-Désolé.

Je ne vous ai pas fait mal ?

Sonnerie

...

-Allô ?

J'avais trouvé Steiner, mais je l'ai perdu.

*-Calme-toi.

Apparemment, c'est pas son style de pousser

les gens dans la Seine.

Tout le monde dit qu'il est incorruptible.

Un ex de la Défense qui a monté sa boîte.

Il aide le gouvernement sur des conflits

à l'étranger. C'est du secret, mais c'est légal.

Pour l'instant, laisse tomber Steiner.

On va se concentrer sur le mort.

-D'accord.

Bonsoir.

-Ah, je vous attendais !

J'ai retrouvé ça. -Vous l'avez retrouvé !

-C'est moi qui vous ai percutée, tout à l'heure.

-Ah ! Excusez-moi, je suis un peu perturbée.

-Pas de souci. -Merci.

-J'ai vu votre carte d'identité, je voulais le ramener.

-Merci beaucoup.

Je vous aurais proposé un café, mais j'ai des invités, désolée.

-Eh bien, regardez... Je vais vous laisser ma carte.

Si jamais vous avez le temps, c'est moi qui vous offre le café.

-Je vous appelle.

-Avec plaisir. Quand vous voulez.

-Merci, vraiment. -De rien.

-Bonne soirée !

-Je vous en prie. -Merci.

-Au revoir.

Musique sombre

Encore désolé. J'espère ne pas vous avoir fait mal.

-Pas du tout.

...

-Merci.

...

(T'as tout ce qu'il te faut ?) (-Oui.)

...

Il souffle.

Putain, casse-toi ! Pas dans la gueule !

-T'es mon boxeur préféré et tu m'accueilles comme ça ?

Coups

...

C'est un concept de trou du cul.

S'agiter comme un con, tout ça pour des muscles !

Tout est dans le cerveau, mon frère !

Quand tu vas comprendre ça ?

-Arrête de fumer. Je vais me faire virer.

...

-Je comprends ! T'as quelques kilos à perdre.

Ma p'tite boulette !

Nezza rit. -C'est fini, tes blagues ?

Ciao.

-Vas-y, ciao, Rocky !

Musique de tension

...

-Salam aleykum. -Aleykum salam.

-La livraison, c'est allé ? Les gars ont pas posé de questions ?

-Non. Ils étaient fâchés de s'être levés.

C'est tout. -OK.

Les découpes finies,

il faudra nettoyer et lubrifier les tubes.

-Ils tiendront le coup ? -Bien sûr.

Une fois enterrés, avec la pression extérieure,

ça devrait supporter la charge initiale.

-T'as prévu

combien de cylindres ? -12.

Avec ça, d'après mes calculs,

la zone entière sera noyée de produit.

-J'ai vu les mines bondissantes à l'armée.

-Où ? -Dans le génie. Bourg-en-Bresse.

-Tu te sens prêt, frère ?

-Oui, depuis longtemps. Marre d'être leur chien !

Le produit arrive quand ?

-Bientôt ! Inchallah. T'inquiète pas pour ça.

On sera les premiers au courant.

C'est toi qui vas le récupérer.

Écoute-moi bien,

sois prudent. Compris ?

Un avion décolle.

...

Musique de tension

...

-Un café, quand vous voulez.

La fille au portefeuille doré.

-Y avait quelqu'un en bas de chez Jaffar.

C'est ça, votre source ?

Une opération est en cours et vous me dites rien ?

-Assieds-toi.

On n'a pas le choix.

Il nous faut du renfort.

-Vous avez le choix de me prévenir ! C'est des flics ?

Moi, je suis qui, pour eux ? -Personne.

Ils savent pas que tu travailles pour nous.

-Donc, je suis un barbu comme les autres,

et si ça chauffe, j'y passe ?

-Une fois pour toutes, c'est pas moi qui décide.

J'en sais à peine plus. Ça vient d'en haut.

-D'en haut ? Je suis au ras du sol tous les jours.

Je prends les risques !

-Je sais juste que le commando

qui prépare l'attentat est bien financé et organisé.

Je sais aussi son nom,

mais pas la date. -Quel nom ?

-El Hadj. Mets tout ça dans un coin de ta tête et oublie.

Je suis pas censé te parler de ça.

Jaffar... du nouveau ?

-Je suis passé chez lui, comme prévu.

Y a tout là-dessus.

La porte claque.

Musique au piano

-Bonjour.

...

Excusez-moi, j'ai été retenue par mon patron.

-Pas de problème. Vous travaillez dans quoi ?

-Je suis journaliste politique.

-Ah ! -Enfin, j'essaye...

-Vous connaissez le nom du prochain président ?

-Non. Je suis journaliste, pas Mme Irma.

Et vous ? Vous faites quoi ? Vous êtes poète ?

-Non, c'est pas aussi romanesque. J'aide des start-up à émerger.

Ça gagne pas mal, mais c'est pas non plus passionnant,

donc, je lis beaucoup pour me nourrir.

Et je vais de bar en bar, pour oublier ma vie banale.

-Moi, je déteste la poésie.

-Moi, je découvre. Et c'est vrai que... ça aide.

-Ça aide ? Il acquiesce.

À quoi ?

-À tenir.

-C'est-à-dire ?

-À tenir face à la vie, quoi.

-Je préfère le réel. -Ah ! J'ai une théorie là-dessus,

qui est qu'il y a des apparences.

Vous et moi, ici, maintenant...

et il y a surtout ce qui ne se voit pas.

Le secret...

Ça, c'est la vérité.

-Buvons un café à la vérité.

-Ou quelque chose de plus fort. Elle mérite mieux,

la vérité. -À la traversée des apparences !

Et vous, votre vérité ?

-Ma vérité...

J'ai jamais considéré que journaliste, c'était un métier.

Il faut que vous m'expliquiez en quoi ça consiste.

-Confidentiel. Mais je ferai tout pour prouver que vous avez tort.

Vous faites quoi de vrai ?

-Je voyage.

-D'hôtel en hôtel, de bar en bar, de call-girl en call-girl...

-C'est sûr que je vaux pas mieux qu'un autre.

Je suis peut-être même pire.

-C'est-à-dire ?

-Je vois que vous avez une alliance.

Vous devez encore y croire...

-Croire à quoi ?

-Aux sentiments, à l'amour...

-Pas vous ? -Je me méfie

de toute forme de croyances.

Ça mène des types à jeter des avions dans des tours pour tuer

des mécréants. -On peut croire sans devenir tueur.

-Vous croyez à l'innocence.

-Oui.

-Vous avez le sentiment d'être innocente ?

-Je crois...

-Rien que vous ne puissiez avouer à votre mari, par exemple ?

Musique douce au piano

-Je vais y aller. Il m'attend, d'ailleurs. C'est mieux.

Je... Je vous invite.

-Non, vous êtes pressée.

C'est pour moi. La prochaine sera pour vous.

...

La musique se déforme.

Musique dissonante

...

Notification

...

-"Ô vierges..." -"'Ô vierges,

ô démons, ô monstres, ô martyres,

De la réalité grands esprits contempteurs,

Chercheuses d'infini,

dévotes et satyres,

Tantôt pleines de cris, tantôt pleines de pleurs...

Vrombissement de réacteur

Vous que dans votre enfer mon âme a poursuivies...

Etc., etc...'

Comment va ta nouvelle amie ?

Hâte que tu me racontes.

Ton grand-père qui t'aime."

Battement sourd

Tu nous fais remonter le temps.

-Je cherche l'origine.

-Tu veux dire le commencement de tout, Big Bang et compagnie ?

Ou un truc précis ?

-C'est avec la journaliste. Je me sens vieux, lourd.

Je me sens primitif.

-Elle est si maligne que ça ?

-Pas maligne, mais innocente.

-Ça n'existe pas, l'innocence.

Elle peut nous mettre en danger, si elle s'approche un peu trop.

Surtout si elle est si innocente que tu le dis.

À ses yeux, on sera des brutes immondes.

Elle ne comprendra pas qu'il n'y a ni commencement ni fin,

qu'on tourne en rond...

Qu'on est toujours obligé de se...

défendre pour survivre.

-Je vais essayer de la maîtriser sans la détruire

avec ce que je connais.

On va lui laisser encore un peu d'espoir.

-Sur l'évolution de l'espèce ?

-Non. Sur le monde, sur l'amour, sur elle-même.

Elle est intéressante, hein.

-Sur l'amour ? Intéressant, en effet.

Fais attention, quand même.

Et Rougeard, ça donne quoi ?

-Lui, c'est vraiment le révolutionnaire fatigué.

Ça commente, ça analyse, bien au chaud dans le 6e arrondissement.

-Méfie-toi. À force d'analyser, il peut trouver la lumière.

Nous, à force d'être dans l'action, ça peut réduire notre perspective.

Ton intéressante est arrivée jusqu'à moi. Trouve pourquoi.

-Je le saurai.

-Ça m'inquiète.

-Je contrôle. -Mmh...

De la lecture pour toi.

C'est pas de la grande littérature, mais le personnage est intéressant.

-Délai ? -Urgent.

Ses pas résonnent.

...

-Messali Hadj...

Au début, j'y ai cru.

C'était un indépendantiste de la première heure.

Son discours était plutôt pacifiste.

Il défendait un modèle politique bâti

sur des valeurs arabo-musulmanes,

une forme allégée d'islamisme.

Je l'ai pas mal suivi... accompagné.

Je voyais même en lui un genre de Gandhi algérien,

mais je l'ai vu changer.

Des mouvements plus laïques luttaient contre lui

et son discours était un peu raide.

Je me suis éloigné.

En voyant ces deux camps lutter pour le pouvoir,

je me suis dit que, quels que soient les vainqueurs,

le peuple algérien serait perdant.

Il y a eu ce moment terrible en 1953. C'était le 14 juillet.

Des ouvriers algériens partisans d'El Hadj ont manifesté à Paris.

Leurs banderoles proclamaient l'indépendance.

À leur arrivée, place de la Nation...

La police a chargé...

Ça s'est terminé dans un bain de sang.

Musique de suspense

...

-El Hadj. Le commando,

l'attentat, c'est pour le 14 juillet.

Sous-titrage : Boulevard des Productions

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