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---
Musique intrigante
---
- Et maintenant...
---
Même si c'est pas la bonne, c'est déjà très fort.
- C'est la bonne. - Et en plus, c'est la bonne !
Et en plus, c'est la bonne.
Merci, messieurs, dames. Merci beaucoup.
Brouhaha de la salle
Bonjour à tous.
Mademoiselle.
Choisissez une carte.
Montrez-la.
Je vais la prendre.
On va déchirer son coin pour lui créer une empreinte digitale.
On le laisse dans le verre de monsieur.
- J'ai déjà vu sur YouTube.
- Monsieur a déjà vu ce tour, on va poursuivre quand même.
Nous allons plier cette carte, comme ceci, puis une seconde fois,
en quatre. - Quatre.
- Elle est parfaitement pliée.
De là, nous allons... - Coup du feu.
- ... la faire disparaître.
- Et en fait, la carte est déjà dans sa poche.
Après, il fait genre... Disparition et réapparition.
J'ai déjà vu Fred Razon.
Quoi ?
- Apparemment, la carte serait déjà dans ma poche.
Vous auriez pu me fouiller,
mais on se connaît à peine.
En revanche, donnez-moi un bout de pain.
- Non, celui-là, l'autre.
Celui-là, ouais.
- Très bien, celui-là vous va ?
Sûr ? - Sûr.
- Donc nous prenons ce morceau de pain.
Je ne vais pas le démultiplier, ça, c'est le tour du Christ.
- Très drôle.
- On va ouvrir ce pain en deux.
Et à l'intérieur, nous allons trouver une carte.
Au nom de Jérôme Almeras.
Rires
- Je l'ai ici.
- À la place de votre carte bleue,
vous avez la carte que mademoiselle avait choisie
avec le morceau manquant
de la carte qui correspond à l'empreinte
que nous avons enlevée.
Celui-là, vous l'aurez pas vu sur YouTube.
- Victor, faut que t'abrèges.
Margot va accoucher. - Elle devait venir pour le déjeuner !
- Elle accouche et elle nous rejoindra au dessert.
Elle a perdu les eaux.
- Quoi ? Maintenant ?
- Tu vas être papa.
- Je vais être papa ?
- Oui.
- Je vais être papa.
Je vais être papa.
Je vais être papa ! Je vais être papa !
Musique douce
Excusez-moi, j'allais oublier. Votre porte-clés.
Votre montre, monsieur. Le briquet de madame.
Et le stylo de mademoiselle.
Et évidemment, votre portefeuille. Ça peut servir.
Belle journée. Je vais être papa !
Elle répond pas !
- Un premier sort pas en deux minutes.
- T'en sais quoi ? Il devait pas arriver avant le 15.
Sonnerie Ma chérie !
Ma femme !
Pourquoi vous faites ça ?
- Salut, Jacques ! *- Bonjour, Nina !
- Pourquoi vous appelez ? *- Non, c'est vous.
- Mais c'est le téléphone de Margot.
- Elle vient de partir en salle d'accouchement.
- Je croyais que... Dites-lui que j'arrive.
- On arrive !
- Quand tu m'auras déposé,
tu pourras aller acheter un doudou ?
- Mais je voulais couper le cordon.
- Tu comptes pas assister à l'accouchement ?
- Ben si. - Non. Je dois déjà virer Jacques.
- Pourquoi tu veux le virer ?
- Le mec se déguise en clown flippant le jour où sa fille accouche.
- On est mercredi.
- Et ? - Le mercredi,
il anime des anniversaires.
- Si des parents imposent ça à leurs enfants, c'est leur problème.
Je veux pas traumatiser ma fille.
- On va voir avec Lison.
- Arrêtez avec ça. Ma fille ne s'appellera pas Lison.
- C'est mignon !
- C'est très mignon... pour une dame de 83 ans !
Appelons-la Georgette, tant que vous y êtes.
- Margot a l'air d'y tenir. Et plus, t'es pas là.
- Accélère ! - Je suis à fond !
Coups de klaxon
- C'est pas vrai, mais c'est un complot !
Coups de klaxon
- Ah bah super !
Musique douce mélancolique
---
- Va falloir lui trouver un prénom.
- Lison.
- C'est très joli, Lison.
- Ouais.
---
- Tu veux un café ?
Je le pose là, si tu veux.
- Elle est magnifique.
- Je l'ai fabriquée pour Margot, mais...
Là, je l'ai juste...
- Tu veux bien la prendre ?
Je reviens dans trois heures.
- Victor ?
T'es pas obligé.
- Je sais.
Applaudissements
Vous savez, dans la vie, il ne faut jamais se fier
aux apparences.
Petit, je rêvais de transformer cette boule
en colombe.
Mais certaines choses prennent du temps.
À force de travail et de patience...
on y arrive.
Applaudissements
Merci, messieurs, dames.
Merci.
Musique douce
---
- Oh, ça y est !
Félicitations !
Apparemment, tout s'est bien passé.
Bon retour chez vous.
- Bonne journée, Mme Choisel.
- Ouah, c'est nickel.
T'as vu ?
Température idéale de la maison, entre 19 et 22 degrés.
Aérer 10 min matin et soir.
Il en a mis partout.
C'est attentionné. - Ouais.
Margot faisait ça aussi.
- Ça peut rendre service.
- Bonjour, Jacques. - Bonjour, Jacques.
- Tu peux les balancer.
- Non, je vais les garder.
- J'ai installé les étagères que Margot m'avait commandées.
Gémissements du bébé
Bonjour, toi.
Ben oui.
- Je lui change sa couche ? - Ah oui.
- Nina. - Oui ?
- Désolé, je préfère être seul.
- Ah bon ?
Tu as demandé l'avis de Lison ?
Tu veux pas que tata s'en aille ?
Hein ? - Nina.
S'il te plaît.
- D'accord.
Prends soin de ton papa.
Appelle-moi si t'as besoin d'aide. - Bien sûr.
- Vraiment. - Oui, vraiment.
Pleurs
---
- Si tu veux, je peux rester ici.
Pour m'occuper de la petite, le temps...
- C'est gentil, mais je préfère être seul.
- Je comprends, mais...
- Excusez-moi, j'ai vraiment envie de voir personne.
Je viens de perdre la mère de ma fille, vous voyez...
- Oui.
Je vois très bien.
Musique mélancolique
---
Pleurs de Lison
---
- C'est quoi, ça ?
Oui, oui.
Voilà, papa est là.
Qu'est-ce qui se passe ? T'as faim ? T'as soif ?
Je sais pas...
T'as faim, c'est ça ?
OK, t'as faim, on va manger.
Je sais. Moi aussi, j'ai faim. On va manger.
Allez, on y va.
On va manger, regarde.
Clac, clac. Papa va faire à manger.
Alors...
Fait chier avec ses post-it, lui.
J'ai compris. Bientôt prêt,
ma chérie !
Mais oui, on peut tous crier dans cette maison !
Il renifle. Oh là là...
Alors, mon amour. Qu'est-ce qui se passe ?
On a fait un gros caca, ça sent pas bon.
La vache.
Papa pleure à l'intérieur.
Un bébé qui fait son poids en caca, c'est pas une urgence ?
Évidemment que c'est une urgence !
Une petite urgence ? Alors, passez-moi ce service.
J'arrive, j'arrive ! Ça vient ! Ça vient !
"Pour chauffer le biberon, préférer le bain-marie."
Le bain-marie ?
Madame, c'est moi qui étais en ligne pour la question de préparation. Voilà.
- Faites chauffer l'eau dans une casserole.
- C'est ça, un bain-marie ?
Des petites fesses rouges.
"Indiqué pour les dermato...
Il essaie de lire.
Ils peuvent pas écrire "crème pour fesses rouges" ?
Elle a les fesses d'un babouin.
Vous l'entendez pas crier ? Tout l'immeuble l'entend.
Passez-moi les urgences dermato.
On dort, on dort.
J'arrive, ça vient !
Pleurs
Sonnette
- J'ai entendu du bruit, tout va bien ?
- Au top ! Ça va super, Mme Choisel. Bisous.
Oui, oui, oui !
Ça vient !
Ouah !
Ça vient, regarde. Ça vient.
Ouah, c'est quoi, ça ?
Non !
Cinq...
C'était quatre ou cinq ?
Je comprends rien...
OK, c'était cinq.
On va faire avec cinq. Le bouchon...
Pleurs de Lison
---
Il soupire.
Lison continue de pleurer.
---
Musique douce
---
Voilà, tu vois. Tu vois.
Papa est là, ma chérie.
L'important, c'est de pas paniquer.
---
- Tu sais, quand il pleure, un nourrisson
exprime un besoin.
Il a faim,
il a besoin d'être changé, il a mal aux dents.
---
T'es tellement pas prêt, mon amour.
---
On va être bien, tous les trois.
---
- Dors bien, ma chérie.
Papa t'aime. Maman aussi.
---
Pleurs lointains de Lison
---
- Oh là là. Papa a fait un gros dodo.
Un bon gros dodo.
- Pourquoi vous êtes là ?
- On a une super bonne nouvelle à t'annoncer.
- Vous comprenez pas la phrase "J'ai besoin d'être seul" ?
- Si, j'étais juste venu apporter sa chaise haute.
- Elle est belle.
- Oui, mais c'est pour un enfant de 6 mois.
- Élever, c'est prévoir.
- Oh là là...
- Arrête de râler, prends ton café et lis ça.
Alors, t'en penses quoi ?
- Que je comprends rien. C'est quoi ? - Un contrat.
Enfin, une proposition.
En allant récupérer ton matériel, j'ai croisé Sylvie, qui gère la salle.
Six soirs par semaine, pas dans l'annexe,
dans la grande salle !
On commence dans trois mois.
- "On" ?
- Ouais.
- Tu sais qu'elle cherche un duo ? - Ouais.
- Mais on n'est pas un duo.
- On va le devenir.
- Je comprends pas.
- Bon, j'ai peut-être dit à Sylvie que je pouvais remplacer Margot.
- Remplacer Margot ?
C'est une blague ?
Personne remplace personne.
Et certainement pas Margot.
- Quatre ans que je vous suis,
je connais la mécanique.
- Ça fait pas un mois que Margot est partie !
- Je voudrais pas m'immiscer,
mais réfléchis, c'est pas une mauvaise idée.
- C'est pas une mauvaise idée.
Ne serait-ce que d'y penser, c'est indigne.
Margot et moi, c'était d'abord de l'amour.
Pas juste du business.
- Justement, vous avez grandi ensemble.
Vous êtes comme frère et sœur.
Y a rien de business.
- Tu me fais tes tours depuis mes 5 ans.
En arrivant au foyer, j'étais perdue.
Il s'est approché
et a fait apparaître une pièce derrière mon oreille. T'as pas oublié ?
Ce contrat, c'est ton avenir. Et aussi celui de Lison.
Sylvie veut une réponse rapide pour la programmation.
Je lui ai dit OK pour demain matin.
- Donc t'as tout prévu quoi. Sauf Lison.
Je fais comment ?
- Je suis là, moi.
- Il est là, lui.
- Il répond pas, demi-tour.
- Il s'occupe plus de ta fille que de son téléphone.
- Ça sert à rien.
- Jacques a lu le contrat et il a dit que c'était super.
- Jacques est avocat ?
- Avec ce contrat, fini les séminaires et mariages à la con.
- Si on arrête, qui va se taper le témoin ?
Ouais, je l'ai dit. - C'est arrivé une fois.
Deux, max.
- En deux mariages. Sacrées stats.
Et Lison alors ?
- Tu feras comme tous les parents seuls.
- Ils font comment ?
- Ils ont une nounou, putain !
- Ça existe, les nounous putains ?
Je dois trouver un vrai travail.
- C'est quoi ? - Tu sais très bien ce que c'est.
- Non. - Un travail stable,
avec des horaires fixes... Un travail chiant.
- No offense... Mais tu sais faire quoi ?
- Je suis pas prêt à laisser Lison.
Je suis pas prêt pour tout ça.
- Demande à Jacques, il sera ravi de t'aider.
- Je préfère la nounou putain.
Une porte s'ouvre.
Comment va Lison ? - Très bien.
Ça s'est bien passé avec la productrice ?
- Vous pourriez répondre au téléphone.
- Pourquoi ? Tu m'as appelé ? - Plusieurs fois.
- Sur mon portable ?
Je l'allume jamais. Personne m'appelle.
- Comment vous pouvez le savoir ? - Personne a mon numéro.
- Moi, je l'ai. Je me suis inquiété. - Pourquoi ?
- Vous êtes pas joignable !
- Je devais appeler en cas de problème.
- Et alors ?
- Y a pas eu de problème.
- Vous pouvez pas être joignable ?
- Je vais l'allumer.
- Maintenant, ça sert à rien.
Je suis là !
Vous êtes parti ? - J'ai fait des courses.
- Vous êtes allé dehors avec Lison ? Avec la pollution ?
- Y a moins de pollution dehors qu'ici.
- Vous savez tout mieux que tout le monde.
- Que tout le monde, je sais pas. Mais que toi...
Quand Margot était petite, ma belle-mère me gonflait
avec ses conseils. Je m'étais promis de pas le reproduire.
- Et pourtant...
- Sauf que ma belle-mère disait plein de conneries.
- Alors que vous...
- Moins, quand même.
- Dites-moi, Jacques...
Vous seriez disponible demain ?
- Demain ?
- Demain après-midi.
- Euh... Demain, demain...
Je crois que je peux me libérer.
- C'est tellement grand !
- C'est vrai, c'est pas si petit.
- T'as vu toutes ces lumières ?
- Oui, c'est pas si sombre.
Sonnerie - C'est magnifique.
Y a un problème ?
- Ses selles sont molles. - Quoi ?
- Son caca. Elle fait caca mou depuis deux jours.
- C'est pas fréquent chez les bébés ?
- Je crois pas. - Changez son lait.
- Quoi ? - Excusez-moi...
J'écoutais pas aux portes.
C'est peut-être le lait.
- Ça peut venir du lait ?
- Les selles sont molles ? - Ouais.
- Un peu jaunes ? - Ouais.
C'est pas bon, ça ?
- Vous allez lui donner ça, Tiorfan ou Smecta. Pendant trois jours.
De préférence avant le biberon.
- Avant le biberon ?
- Ouais, avant.
Si vous préférez l'homéopathie,
je vous conseille de l'ultra durale. C'est des gélules.
À dissoudre.
S'il y a pas d'amélioration,
revenez me voir ou appelez-moi.
Voilà.
- Merci, doc.
- Aldo, ça suffira.
- Merci, Aldo. Comment vous savez tout ça ?
- Trois enfants.
- Non, tout va pas bien. Aldo m'a fait une ordonnance.
Faut passer à la pharmacie.
- Excuse-moi, on sonne.
- Comment ça ?
J'attends personne, n'ouvrez pas.
- C'est une gamine.
- J'en connais pas.
N'ouvrez pas.
- Je te laisse.
- Bonjour. - Bonjour...
- Il me raccroche au nez.
- Pardon, mais Margot n'est pas là.
- Elle revient quand ?
- Elle revient plus.
- Et pour mon cours alors ?
- Y aura plus de cours.
Je suis désolé.
Elle n'est plus là, Margot.
- C'est dommage. Je l'aimais bien, Margot.
- Moi aussi.
- Non, putain. C'est trop bas ! Tu le vois bien !
Ça fait trois fois que je le dis !
C'était une mauvaise idée.
- Pourquoi tu t'énerves ? - T'es pas Margot !
Tu seras jamais Margot !
Te former, monter un spectacle entier,
c'est de la folie ! La magie, c'est pas de l'impro !
Je vais dire à Sylvie que c'est foutu.
- Tu vas rien dire du tout !
Je sais, je suis pas Margot.
Alors on va faire différemment, d'accord ?
On reprend.
Aldo.
On reprend.
Musique douce
---
Soupir
- Nous allons rencontrer un koala,
et découvrir sa curiosité.
Mais avant cela,
je vous propose un petit moment de détente.
Afin de profiter pleinement
de notre voyage...
Babillages de Lison
(- Salut, toi.)
(Papy pionce et toi, tu chantes ?)
Musique douce
---
(Allez, ma chérie. Il faut faire dodo.)
---
Elle a fait sa nuit ?
- Euh, oui.
En trois fois.
- Désolé, j'ai rien entendu.
- J'ai vu. Je sais de qui elle tient ce ronflement.
- Elle est un peu prise. Je vais l'emmener chez le médecin.
Ou appeler Aldo.
Il est de bon conseil.
- Voilà.
Tu manges ses petits pots ? - Ouais.
Ça me permet de manger équilibré.
Carottes, fenouil, brocolis. J'aime aucun des trois,
mais ensemble, c'est délicieux.
De toute façon, elle peut pas les manger.
C'est à partir de 4 mois.
- Je dois faire un saut à la maison,
je peux peut-être l'emmener ? - Non.
Enfin, c'est pas la peine.
Aujourd'hui, le théâtre est fermé.
Je vais pouvoir m'occuper d'elle.
Va falloir trouver une nounou.
Et une crèche.
Les deux.
Ça va pas être simple.
- Je suis là, moi.
- C'est gentil, mais vous habitez pas à côté.
Vous allez pas faire les trajets tous les jours.
- Je peux m'installer ici.
- J'apprécie ce que vous faites,
mais je peux pas vivre avec vous.
Et vous non plus, d'ailleurs.
- Ouais, t'as peut-être raison.
Mais tu vas pas y arriver tout seul.
Je sais ce qu'on va faire.
Je vais t'aider à chercher une nounou et une crèche,
et après, je partirai.
- Et Jacques, ça va ?
- J'ai l'impression qu'il cherche à s'installer ici.
- Bonne idée. Et puis, c'est chez lui.
- Sous prétexte qu'il est proprio et que je paie pas de loyer ?
- T'as raison, c'est bon, ces trucs.
- Oh non, pas le saumon-patates douces, c'est mon préféré !
Je galère avec ce truc. J'y arrive pas.
- Aldo m'a dit que c'était hyper simple. Alors...
Y a écrit : "Tenir hors de la vue des enfants."
- Quoi ? Mais elle l'a vu.
- Tu lui fais peur !
- Ça, ça va où ? - Dans le nez.
- Et ça ?
- Dans la bouche.
- Pas la sienne, la tienne ! Elle peut pas aspirer !
- Ma bouche ?
OK, j'y vais à trois.
Un... - DEUX...
Crachat
- Ah !
Fallait mettre un filtre.
- Ça a l'air bien. Victor acquiesce.
- Il faut que j'aille aux toilettes. Ça vous ennuie...
- Pas du tout. - Merci beaucoup !
Légers pleurs
- C'est bien ici ? Y a personne.
- Normal, c'est le jour des inscriptions.
S'ils choisissent sur le physique, on a nos chances.
Il est pas joli, celui-là.
C'était occupé ? - Oui.
- Je plaisantais.
Il est mignon, avec sa moustache.
- C'est une fille.
- On s'y perd...
- Les parents de Lison.
- C'EST NOUS.
- On s'y est pris tard, mais c'est positif.
On a une place pour la rentrée prochaine.
- On n'a pas de place, et vous êtes content.
- On va trouver une nounou.
J'ai fait une présélection, ça va aller vite.
- Tout va pour le mieux...
- J'ai mon CAP petite enfance.
J'ai de l'expérience avec les enfants.
Cri Enculé. Pédé.
Et notamment à l'étranger, récemment.
- Bien, non ?
Elle a été jeune fille au pair pendant deux ans à Reykjavik.
- Rien ne vous choque ?
- Elle souffre du syndrome de Gilles de la Tourette.
À l'étranger, c'est pas dérangeant, ils comprennent pas.
- Eh oui, mais là...
- T'es mignonne, ma petite...
Pute !
- Celle qui en souffre, c'est elle. On se doit de l'aider.
- J'aimerais que le premier mot de ma fille soit "papa".
- Pédé.
- C'est mieux de pas mettre ses œufs dans la même sacoche.
Si tu te fais péta, après t'es dans la merde.
Si je garde ton gosse, y a moyen que je fasse des snaps ?
Les daronnes, elles kiffent les mecs avec des bébés.
D'ailleurs, tu dois serrer de malade !
Petits babillages
- Elle est mignonne.
---
- Un peu de thé ?
- Vous auriez de la chicorée ?
- Désolé, non. - Alors rien.
Bouh !
J'ai un vrai savoir-faire avec les enfants.
Musique relaxante
- Le bébé, c'est l'avenir.
L'avenir, c'est la vie.
La vie, c'est l'espoir.
Et l'espoir,
c'est le bébé.
- On est revenus au début.
- Oui, c'est un cycle.
- Comme votre grand-père m'a demandé,
je vous ai apporté mes références.
Jamais eu d'enfants, mais quatre chats.
Par contre, les crottes, je fais pas.
- C'est tout à votre honneur.
- En attendant qu'elle soit propre, on peut mettre une litière.
Comment elle s'appelle ?
- Lison.
- Ça alors, comme moi.
- C'est vrai ?
- Je crois bien. Louison.
Louison, je m'appelle Louison.
- L'important, c'est de répondre quand on vous appelle.
- Dans mon quartier, on me surnomme Abdoulaye la cisaille,
au niveau du débitage... Ça fait... Ouais...
(en rappant) Meunier, tu dors
Ton moulin va trop vite
Meunier, tu dors...
- Le bébé, c'est l'avenir. L'avenir, c'est la vie. La vie...
- Sérieux ?
- On aurait pu lui laisser une chance.
Quoi ?
- Reconnaissez que votre casting, c'est la Cour des Miracles.
- Je comprends que tu veuilles le meilleur.
Si tu dis non à tout, on va pas s'en sortir.
Essaie de ton côté, c'est pas...
- Vous croyez pas si bien dire.
Sylvie m'a conseillé une nounou.
Elle va passer nous voir. Paraît qu'elle est top.
- Ah bon ?
- Je suis pas un spécialiste, mais tout m'a l'air parfait.
- Merci.
- Sans vouloir vous manquer de respect, ces références favorables
sont rédigées par des inconnus.
- Jacques.
- Je m'interroge au sujet d'inconnus
qui nous recommandent des inconnus pour notre enfant.
- Pour ma fille.
- Oui.
- Des questions ?
- Oui. Pardon, mais l'un de vous est le père biologique de Lison ?
- Oui, moi.
- Je suis tout comme.
Ça pose un problème ?
- Non, ça m'aide à comprendre la psychologie de l'enfant.
Son rapport au papa. - Bien sûr.
C'est très important, le rapport au père.
Très important.
- Vous vivez ensemble ?
- Provisoirement.
- C'était plus simple.
- Si vous acceptez le job, ce sera chacun chez soi.
- Chacun chez moi.
- Donc vous avez fait appel à une mère porteuse ?
- Ma mère, c'est sa fille.
Ma fille, c'est sa mère. - C'est ça.
- Votre fille ? - Oui.
- Sa fille, c'est la mère de la fille.
- Ah oui.
Fécondation in vitro avec la fille de votre...
- Non, on l'a fait naturellement.
- Naturellement.
- Très bien... Je crois que...
- Je crois aussi.
- Mmh. On va en rester là.
- Ah bon ?
Mme Innocenti ?
Il s'est passé quoi ?
- On vient d'échapper à une tentative d'escroquerie.
J'ai vite senti que ses certificats étaient bidons.
- Ah bon ?
- T'as entendu ses questions ? Du blabla pour enfumer les gogos.
Une perverse narcissique ! Et mythomane !
Cette femme n'a jamais gardé un enfant de sa vie.
- Vous galérez depuis un mois. Accepte la proposition de Jacques.
En plus, vous êtes complémentaires.
Lui est ordonné, toi, t'es bordélique.
Il est organisé,
toi, t'es franchement bordélique.
Il cuisine, toi non.
Il est bricoleur, toi non.
- Ça fait du bien d'avoir des amis pour remonter le moral.
- Les amis servent à dire la vérité aussi.
Soupir
- C'est toi qui as raison.
On va être bien, tous les trois.
C'était la phrase de Margot.
"On va être bien, tous les trois."
- J'ai téléphoné hier par erreur.
- À Jacques ? - Non, à Margot.
Quand j'ai entendu sa voix, ça m'a tordu le ventre.
Je lui ai laissé un message.
Elle a encore une messagerie.
- Ouais.
J'ai toujours pas résilié.
Parfois, je l'appelle.
Pour entendre sa voix.
Lui parler de sa fille.
Musique douce
Je l'appelle tous les jours, en fait.
---
- Oh non !
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Sa couche a encore débordé. Viens m'aider.
Ces couches sont nulles.
- Elles sont très bien. Faut savoir les mettre.
Attention !
C'est quoi ?
- Ah oui. Oui, c'en est.
T'aimes pas le chocolat ?
Jacques rit.
- Ah, putain... très drôle.
Très marrant. - On l'a bien eu, ton papa.
T'as vu sa tête ?
Aucun humour.
- Vous m'avez foutu le...
- C'était pour te souhaiter un gros M pour la première de ton spectacle.
Un gros merde.
- C'est gentil.
Il est fou, papy.
- T'as pas peur qu'en devenant célèbre, tes parents te recontactent ?
- Tu penses à de ces trucs...
- Eh, une minute !
- Merci, Aldo.
- C'est arrivé à plein de stars.
Des parents qui les avaient abandonnées et ils réapparaissent.
- Tu penses vraiment qu'ils vont débarquer et dire :
"Tiens, ce serait pas ma fille ?"
- Quand des vieux me ressemblent, je me dis que c'est eux.
- Ils ont pas voulu me reconnaître, je ne veux pas les connaître.
Allez.
- SHOWTIME ! - En scène !
Musique féérique
- Avec la téléportation, parfois,
on s'en doute pas, et pourtant...
c'est déjà là.
---
- Jérôme, voilà ce qui va se passer.
Le jeu de cartes va exploser depuis ce socle.
Notre arbalétrier va tenter de retrouver
le 3 de trèfle que vous avez signé en le transperçant.
Jusque dans cette cible.
Cris surpris
J'ai oublié de préciser que Victor est aussi mon patron
et que j'ai osé lui demander une augmentation.
Rires
Je crois que ça l'a tendu.
On lui laisse une seconde chance ?
Approbations
Applaudissements
Maître, c'est à vous.
Musique de tension
---
Applaudissements nourris
C'était bien votre carte ?
- Oui, c'est ça.
- Bravo, Jérôme.
Bravo à Jérôme !
Musique épique
---
- J'ai failli te tuer.
- C'était génial !
- J'ai adoré ! A-do-ré le coup du numéro raté.
C'était énorme.
J'ai eu peur.
Vous avez trouvé ça aujourd'hui ?
- À la dernière répète, ouais. - Ouais.
- On trouvait ça moins attendu.
- En tout cas, c'est un triomphe.
Je vous attends au bar pour fêter ça. Allez !
- Va falloir l'intégrer tous les soirs.
Bienvenue parmi les magiciens...
petite sœur.
Alors, Lison ?
- Elle dort depuis un moment.
Oh, j'ai perdu ma maille.
- Vous tricotez ?
- Un bonnet pour la petite. Fallait que je m'occupe.
Avec le stress... C'était votre première, je m'inquiétais.
Comment ça s'est passé ?
- Plutôt pas mal.
On est là pour un moment.
- Et Nina ?
- Très à l'aise.
- T'as faim ? - Ouais.
- Je nous ai préparé un dîner.
Tout simple.
- Alors là...
- Cabernet sauvignon et merlot majoritaires,
avec des notes de prune et de cacao.
Tu vas voir, une tuerie.
(éméché) - Je vais rien voir du tout.
Merci.
- Non, toi merci.
Merci, Jacques, pour ce que tu fais pour moi et Lison.
Je te l'ai pas dit assez,
mais je suis content de t'avoir.
Et tu peux arrêter avec les nounous,
j'ai compris que je trouverai pas mieux que toi.
- J'aime bien quand tu me tutoies.
Bon...
Tout ça...
J'ai dépassé ma zone de confort.
"Il est gentil, ce petit... Grosse pute !"
(- Chut.)
(Lison dort.)
Petits gémissements
- "J'ai un savoir-faire avec les enfants."
"T'as capté, la petite, je te la garde. Tu connais, on m'appelle Abdelaye."
- Meunier, tu dors Ton moulin, ton moulin va trop vite
(- Chut.)
- Meunier, tu dors Ton moulin, ton moulin va trop fort
- Lison dort, je vous ramène.
Allez, on y va.
- Meunier, tu dors
- TON MOULIN, TON MOULIN VA TROP VITE
- Attends, attends, ça tourne.
- Attention ! Cri de Jacques
Ils rient.
Musique douce
---
Musique douce
- Je peux le faire aussi, regarde.
- Allez, on s'y remet.
Ouais, bravo.
- Une autre ? Oh là !
Tu vas être grosse comme papy !
- Bonne nuit, papy. - Bonne nuit.
- Bonne nuit, papy.
On va se coucher, salut, papy ! On va se coucher...
---
Applaudissements
---
Pensez à une carte.
- C'est fait.
- C'est celle-là.
- Non.
- Je suis crevé.
- T'as une sale gueule.
- Sympa.
- C'est pas pour te faire de la peine, je le pense.
- Vous faites comment ?
- Je fais pas.
Moi aussi, j'ai une sale gueule.
Mais ça fait longtemps, alors on fait plus attention.
Je me disais,
je pourrais peut-être emmener Lison chez moi à la campagne.
Puis vous nous rejoignez lundi, tu pourras te reposer.
T'en as besoin.
- C'est celle-là.
- Toujours pas. Victor peste.
- Vous partez quand ? - À son réveil.
- Appelez-moi à votre arrivée. - Tu seras sur scène.
- Alors un message. - D'accord.
Après la scène, tu seras où ?
- Dans mon lit. J'ai du sommeil à rattraper.
- Vous venez pour réparer l'ascenseur ?
- OUI. - Ah bah, c'est pas trop tôt.
- Bonne journée, Mme Choisel. - Bonne journée.
- Bonne journée.
- Quand même, depuis le temps...
- Elle ignore vraiment qu'il y a jamais eu d'ascenseur ?
- On se raccroche à ce qu'on peut.
L'ascenseur imaginaire l'aide à monter.
Et surtout à pas descendre trop bas.
- OK, Jean-Paul Sartre. Bonne journée.
- Bonne route.
- Vous êtes plutôt une femme heureuse ?
Ou une femme mariée ?
Votre collier, lui,
je peux le faire réapparaître.
Applaudissements
"Il a pas choisi la plus moche."
Qui a dit ça ? Non, qui a dit ça ?
Rires
---
- Attends.
---
On peut en discuter, si ça peut t'aider.
- Pas sûr que ça m'aide, ça.
- Bon, faut que je boie de l'eau.
- Que je boive.
- Mais toi aussi, t'as soif, mon doudou ?
Le magicien a un problème avec sa petite baguette.
Une pipe avec des glaçons, ça te dirait ?
- Ça plaît.
En général.
Bonjour.
- Oui, bonjour, monsieur.
Dans ton salon,
y a un vieux avec un bébé dans les bras.
- Quoi ?
- Oui.
- Qu'est-ce que vous faites là, bordel ?
- Lison dormait, j'ai pas voulu la réveiller.
- Vous auriez pu me prévenir !
- Tu m'as dit de t'appeler à notre arrivée.
- Et ? - Et on n'est pas partis.
Café ? - Non, merci.
Désolée pour tout à l'heure. Muriel.
- Jacques.
- Vous êtes son père ? - Non, non.
- C'est compliqué.
Il a pas connu son père, il se cherche et le cherche aussi.
- Quoi ?
- Comme les relations avec Œdipe ?
- En quelque sorte.
- Myriam, désolé pour tout. - Muriel.
- Muriel, exactement. Désolé.
- C'est pas la peine, te fatigue pas.
- Je te raccompagne.
J'ai passé une soirée super.
On se rappelle. - C'est ça !
La porte claque.
- Vous m'avez fait quoi ?
- J'ai fait quoi ?
Soupir
- Je suis désolé pour ce qui s'est passé.
Vous deviez pas être là.
- T'avais pas que du sommeil à rattraper.
Je t'ai mis un glaçon. En général, ça plaît.
- Très drôle.
(Super.)
Musique joyeuse
---
- Et voilà.
On est bien, là.
On est bien !
---
- Coucou ! *- Ça va ?
- J'espère qu'il fait beau.
- Entre deux averses, oui.
- On doit apporter quelque chose ?
- Non, y a tout. On attend que vous.
- Tu t'es pas emballé ?
- Non, j'ai fait sobre.
- Jacques ?
Regarde derrière toi !
Elle marche !
Lison marche ! *- Je t'ai pas dit ?
Ça fait plusieurs jours déjà.
Ne le dis pas à Victor.
Il faut qu'il le découvre lui-même. C'est important, les premiers pas.
Musique douce
---
- Jacques ?
Il la laisse sans surveillance !
- Lève-toi, Lison. Lève-toi pour papa.
Allez.
- J'espère qu'il lui est rien arrivé.
- Jacques !
Il est irresponsable.
Jacques ?
- Surprise !
Langue de belle-mère
Joyeux anniversaire !
- On avait dit "sobre".
- On avait dit ensemble que tu faisais ça.
On était d'accord. Pourquoi tu t'es pas levée ?
Tu devais marcher vers ton papa. Ben oui.
Tu sais faire, regarde. Marcher, comme ça.
- Tu viens pas avec nous ?
- Si, j'arrive.
Le mec se déguise en clown, sérieux ?
Juste aujourd'hui ?
C'est un hommage ?
- Il voulait faire plaisir à Lison.
- Il est complètement con.
- C'est maladroit, mais lui, au moins, il essaie.
Regarde. Regarde comme elle s'éclate.
- Toujours tu le défends.
Et Jacques, il est super. Et Jacques...
Elle marche.
Elle marche.
Elle marche !
Elle marche, Nina ! Elle marche !
Elle marche !
Tu marches, ma chérie !
Incroyable !
- C'est génial ! Juste le jour où tu es là.
- Bravo, madame ! Bravo, madame ! Bravo !
Musique douce
---
Et c'est parti, on repêche là-bas.
Regarde.
Regarde. T'as vu comme il est bien ?
Eh ouais.
---
- "Tout se passa dans une forêt..."
- Papa.
- "Dans cette forêt magique,
"il y avait beaucoup de gens.
"Ces gens ne savaient pas s'ils pouvaient rester dans cette forêt.
"Alors ils se demandaient :
"Pouvons-nous rester dans la forêt ? Ou ne pouvons-nous pas y rester ?"
Papa t'aime, ma chérie.
Maman aussi.
Discussion lointaine
---
- On se sent bien dans cette maison.
J'aurais adoré grandir ici.
- Quand j'en ai hérité, c'était une ruine.
Avec la maman de Margot, on a passé des années à tout retaper.
- Margot parlait peu de sa mère.
- Je lui en ai peu parlé.
Dur de parler de la mort à un enfant.
- On a des options dans un théâtre parisien.
- C'est pas vrai ? À Paris ? Trop bien !
- Sauf qu'il faut qu'on fasse du rodage avant.
Sylvie propose une tournée
en province, Belgique, Suisse...
- C'est une bonne nouvelle.
- Ouais.
C'est quoi l'idée pour Lison ?
- Qu'elle reste ici avec son grand-père.
- Et combien de temps ?
- Cinq mois peut-être. Maximum six.
- Tu vas la laisser ici ?
- Tu disais que t'aurais adoré grandir ici.
- Oui, avec des parents.
- Quelques mois, c'est vite passé.
- Je ferai des allers-retours.
- Voilà. - Voilà ?
Ça vous convient ?
- Des grands-parents
qui s'occupent de leurs petits-enfants, c'est courant.
- Les deux font la paire.
Le lâche et l'opportuniste.
- Je veux le meilleur pour ma fille.
- Y a deux heures, tu disais que c'était un gros con.
- J'ai pas dit "gros".
C'est sûr que sorti de son contexte,
ça paraît violent, mais c'était tendre.
- C'était très bienveillant.
Vous vous entendez là ? Arrêtez de vous servir de Lison.
"Elle sera mieux ici, apaisée,
"ça va passer vite..."
Vous êtes deux abrutis égoïstes ! Voilà ce que vous êtes !
Moi, j'ai été Lison !
Une porte claque.
- Et voilà, elle me déteste.
Margot m'aurait détesté.
Lison va me détester.
Et vous ?
- Moi, je suis comme tout le monde.
- Évidemment.
- Tu devrais y aller.
- Ouais.
Ouais.
Musique triste Craquement de l'orage
---
Comité d'information des origines familiales et personnelles.
- Ma mère.
Enfin, la femme qui m'a mise au monde.
Elle accepte de donner son identité.
- C'est super. Enfin, je veux dire...
C'est ce que tu voulais ?
- Y a 10 ans, quand j'ai fait ma demande.
Qui met 10 ans à savoir s'il veut connaître sa fille ?
Soupir - Une personne qui accouche sous X.
- Petite, je voulais croire que ma mère avait pas eu le choix,
qu'elle avait été forcée,
qu'elle aussi était malheureuse d'être loin de moi.
À chaque anniversaire, je me disais :
"Forcément, elle pense à moi, là."
---
Je m'excuse pour tout à l'heure.
---
Tu vas pas abandonner Lison, hein ?
---
Musique douce
---
Rires
- Ça sent la petite fille.
Ça sent la chair fraîche !
Oh là là ! Je vais t'attraper !
Oh, je crois que je vais la manger.
Je vais te rattraper ! Je vais te manger !
Peut-être la main. Je commence par la main.
C'est bon !
Allez, maintenant, à moi de me cacher.
Ferme tes yeux.
Tu comptes jusqu'à 10 et je vais me cacher.
Et tu triches pas.
Tu ne triches pas. - Un...
deux, trois...
quatre, cinq...
six...
sept, huit...
neuf, dix.
Papy !
T'es où, papy ? - Je t'avais dit qu'il allait arriver.
Regarde.
Oh, un beau cadeau. C'est pour qui ? - C'est pour qui ?
- Ce sera pour moi.
Allez, on va rentrer.
Il va pleuvoir bientôt.
La fillette parle à Jacques.
- C'est quoi, là ?
- Ça, c'est un rhinocéros. - Bravo.
- Ça, c'est un éléphant. - Ouais.
Et ça ? - Un zèbre.
- Un zèbre, bravo.
Et Nina ? - Nina, elle arrive demain.
- Papy ! - Oui.
- Elle a pas l'air emballé.
- C'est 6-8 ans. Elle est très en avance, mais...
Tu sais quoi, Lison ?
Si on allait à la boulangerie
montrer à papa où on achète les chouquettes ?
- Des chouquettes ! - Elle est très corruptible.
Ça marche à chaque fois.
On y va, on lui montre ?
On va prendre la voiture. - Des chouquettes !
- Pense à prendre du pain.
Du complet.
- Commandant Lison, parée au décollage ?
- Non.
- Et si on s'enfuyait tous les deux ?
Disparaître, comme ça.
Comme par magie.
Sanglots - Papy...
- C'est une blague. - Il est où, papy ?
- On va juste à la boulangerie
chercher du pain.
Pleurs
On va chercher du pain et des chouquettes.
- Lui en veux pas, elle a pas fait sa sieste.
Elle est crevée.
Allez, ne pleure pas.
On ira tout à l'heure.
Musique triste
---
(- Bonne nuit, ma chérie.)
(Papa t'aime.)
Cris d'amusement
---
Coup de klaxon
Rires
- Ouvre la sucette. - Je vais te l'ouvrir.
- Mais pour de vrai. On a dit "promis".
- Ben oui !
Je vais te l'ouvrir.
Faut pas qu'on oublie les chouquettes et le pain.
Allez, on va réveiller papa, ce gros paresseux.
- Moi, je veux venir.
- Victor.
- Ils mangent les chouquettes, les animaux
- On mange les chouquettes
Miam, miam, miam
- Ils mangent les chouquettes, les animaux ?
Il est peut-être pas parti. - Non.
- Allez.
On va dire au revoir à papa. Sinon, il va être triste, il va pleurer.
Cris de joie de Lison
On se dépêche.
Ça va ?
Musique triste
Victor ! - Victor !
- Victor !
- Au revoir, papa !
- Victor ! - Victor !
- Victor !
Au revoir ! - Au revoir !
---
Au revoir.
---
- Attends. Non, non.
On ne regarde pas, c'est une surprise.
- Je me cache les yeux. - Voilà.
Si je te dis ce que c'est,
c'est plus une surprise.
Hein ? - Jacques ?
- Ah beh tiens. Une autre surprise.
- Vous êtes là ?
- Regarde qui est là !
- Nina, je vais t'emmener à l'endroit magique !
- Attends, j'arrive.
- Bonjour. Excusez-moi de vous déranger.
Mon fils vous a reconnu, il vous adore.
C'est son anniversaire aujourd'hui. C'est possible de lui faire un tour ?
(- Tu vois, on l'embête, là.)
- Non, vous m'embêtez pas.
C'est important, les anniversaires.
Comment tu t'appelles ? - Timothée.
- Regarde le chewing-gum, Tim.
T'aimes bien ça ?
Regarde.
On va prendre ce chewing-gum.
Et on va carrément...
l'étirer.
Et attention...
Souffle, Tim.
- T'as vu ça ?
- Mais y en a qu'un.
Alors on va mettre la main ici.
- Bravo.
- Tiens, mon pote.
- C'était bien.
- Tu veux bien tenir ça, Tim ?
Je peux prendre le journal ?
- Oui.
- On va essayer de faire mieux.
- T'as vu ?
Cris surpris
- Tiens, mon pote.
Donne-la à ta maman.
C'est important, une maman. Faut en prendre soin.
Et pour finir...
Excusez-moi.
- UN, DEUX...
TROIS !
BRAVO !
- Et ça ! - Cadeau !
- C'est quoi, ça ? - Un tigre.
- Un tigre ? Ben oui, c'est un cadeau.
Y en a d'autres, tu sais.
C'est lui ? - Non, c'est Sylvie.
Je dois la rappeler.
- Est-ce que... Oui.
Tu veux un petit bonbon ?
- Oui. - T'en as eu beaucoup, des bonbons ?
- Pas trop, je vais avoir mal au ventre. - T'as raison.
* Cris dégoûtés
Merde.
C'est vrai qu'il a pas l'air...
- Voyons le côté positif.
Il a battu son record de vues.
- Joyeux anniversaire, Tim.
J'avais aussi un anniversaire aujourd'hui.
Deux, même.
Ah, c'est marrant.
C'est rigolo, de filmer les gens.
Cassez-vous, génération de merde !
Cassez-vous. Cassez-vous.
Le train est parti sans moi.
- Il répond pas.
Il est fort.
C'est lui, le connard. Et on culpabilise.
Sirènes
Dix jours ici, et on affiche complet. T'y crois ?
- Il faut un final à la hauteur.
Qui tiendrait du mentalisme et de la grande illusion.
"L'homme transporté." Elle répète.
Londres, 1900. Deux magiciens se disputent un tour exceptionnel.
The transported man. L'homme transporté.
J'ai inventé une nouvelle version.
Tu lances une balle.
La balle arrive sur un spectateur.
Il monte sur scène et choisit quatre chiffres.
Ces chiffres forment un code.
- Une fois validé,
ce code verrouillera le caisson
et Victor aura deux minutes,
deux minutes pour le deviner.
- J'ai deux minutes pour le deviner.
Ou...
- Tu finiras en avatar de Jeanne d'Arc.
- Exactement.
- Je vous invite à composer vos chiffres
sur le clavier.
Le caisson est verrouillé.
Maître,
c'est à vous.
- Mademoiselle, je vous demande
d'être entièrement avec moi.
Vous allez penser qu'au premier chiffre que vous avez choisi.
Et ça fait : 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, 0.
On l'a déjà passé, non ?
Alors on remonte. Ça fait : 3, 4, 5, 6, 7...
7,
6, 5...
Je pense que vous avez choisi le numéro 6.
- C'est ça.
Applaudissements
- Je devine les trois premiers chiffres facilement.
Pour le dernier, ça se complique.
Je galère, je patauge.
J'hésite entre le 3 et le 5.
Ou peut-être entre les deux, le 4.
Ou alors vous tentez de me perturber...
Bien sûr, je dirais... le 3.
Étonnement
Non ? - Non.
- Et là...
Il imite le tic-tac.
Trop tard.
C'est pas 3 ?
C'est pas 3 ?
La fumée envahit la cabine,
j'ouvre la trappe secrète.
Seule toi pourras me voir. Et à la mise à feu...
je m'échappe par le souterrain.
- Adieu, maître. Heureuse de vous avoir connu.
- Ouah ! C'était chaud.
J'étais à deux doigts.
Le 8. C'était le 8, n'est-ce pas ?
Toujours eu du mal avec le 8.
À la vôtre.
C'est génial, non ?
- Génial ?
C'est génial, comment c'est débile !
Si t'arrives pas à rentrer dans la trappe ?
- Le numéro comporte des risques, c'est sûr.
C'est pour ça qu'ils vont adorer.
Sans filet, pas le droit à l'erreur.
J'ai besoin de cette adrénaline.
- Si pour ce besoin, t'es prêt à faire de Lison une orpheline,
ce sera sans moi.
- Nina ! - Ta gueule !
J'étais décidée à me barrer.
- Mais t'es revenue.
Il s'est pointé avec un bouquet de fleurs et son air triste
et tu t'es fait avoir.
- Au contraire, je lui ai fait du chantage.
Je continue pas sans système de sécurité que je contrôlerais.
S'il est pas dans la trappe, je coupe le gaz.
Plus de gaz, plus de feu.
Comme ce final fait un carton chaque soir,
ça lui permet de justifier les risques pris.
Ce numéro, c'est qu'un prétexte pour se mettre en danger,
flirter avec la mort.
Jacques soupire.
- Alors on passe au plan B.
- L'électrochoc ?
- S'il m'avait pas eu dans les pattes, il aurait pu être un bon papa.
Je savais ce qu'il traversait :
il se noyait, Lison était sa bouée.
Il était en train de couler, moi aussi. J'avais déjà vécu ça.
Sauf que là, j'avais pas de bouée, j'ai pris la sienne.
- T'es pas le seul responsable.
- Il serait temps qu'il apprenne à nager sans bouée.
- T'as un truc avec les bouées.
- Oui, t'as remarqué.
- Jacques ? - Oui.
- Tu peux l'ouvrir ?
- Ah, c'est...
Tu veux que...
Déchirement de papier
"Demande d'accès à ses origines...
"a répondu favorablement à votre demande...
"Ascendant : mère de naissance."
- Louise Berger.
Ma mère s'appelle Louise Berger.
- C'est joli.
Berger.
Nina Berger.
Rire sanglotant
- Y avait quoi de si urgent ?
- C'est quoi ce délire avec Jacques ?
- C'est très clair.
Une procédure de renoncement à tes droits parentaux.
Pour faciliter la démarche d'adoption de Lison.
- Je dois renoncer à ma fille ?
- Non, tu l'as déjà fait.
On voudrait juste que tu le rendes officiel.
Quoi ? Tu risques ta vie tous les soirs. Et s'il t'arrive un truc ?
Mets-toi à la place de Jacques.
Quand t'as pas les droits sur un enfant, c'est compliqué.
Tu veux que Lison finisse comme nous ? Dans un foyer ?
J'y vais, sois pas en retard.
Musique mélancolique
---
Tu voulais me voir ?
- Oui.
Donne ça à Jacques.
- Tu l'as signé ?
- C'est ce que tu voulais, non ?
- Oui.
- Je suis pas à la hauteur.
Difficile de se mettre à la hauteur d'une petite fille.
---
Acclamations
---
- Une fois validé, le code verrouillera le caisson
et Victor n'aura que deux minutes,
deux minutes pour le deviner
ou finir en avatar prétentieux de Jeanne d'Arc.
Rires
- Juste avant,
je tenais à vous remercier
pour ces deux ans merveilleux,
vous le public,
et Nina, ma partenaire...
Applaudissements
qui m'a supporté et soutenu
et qui aujourd'hui me quitte.
Ou l'inverse.
Peu importe.
Nina, mesdames, messieurs.
Applaudissements
La magie est un spectacle où on crée de l'illusion,
mais pas un moyen de garder les siennes.
J'ai compris
que je ne ramènerai pas mes parents ni celle que j'aimais.
Aujourd'hui,
je dis adieu au monde de l'illusion.
Je pars. - Qu'est-ce qu'il fait ?
- Les gens qu'on aime ne nous quittent
jamais vraiment.
Applaudissements
(- C'est quoi, ces conneries ?)
- Petit cadeau d'adieu.
Musique dramatique
---
- Monsieur.
Je vous invite à taper vos chiffres sur ce clavier.
Bips
Le caisson est maintenant verrouillé.
Maître, c'est à vous.
---
- Habituellement, je pose trois questions.
Mais ce soir est une soirée exceptionnelle.
Je ne poserai pas trois questions.
Mais aucune.
Ce soir, nous arrêtons de tricher.
Et nous remettons les compteurs à zéro.
Zéro, comme mes parents.
Zéro, comme la vie
qui vous prend la femme que vous aimez.
Bip d'erreur
Zéro, comme le père que je suis.
Je pense même avoir deviné le dernier chiffre.
Je le sais, parce que c'est le mien.
Et ce chiffre,
c'est zéro.
Comme repartir à zéro.
(- Victor, arrête.)
---
Victor ! Victor !
Victor !
...
- Tu me disais qu'il fallait
soigner ses sorties de scène. Alors j'en ai inventé une.
- Tu vas regretter de pas avoir explosé dans ce caisson.
- OK, c'était pas de très bon goût.
Vouloir me voler ma fille, c'était pas sympa.
- En parlant de ça, je vais peut-être utiliser ce contrat.
C'est criminel de la laisser avec un père taré.
- Regarde le contrat.
- Enfoiré.
Comment t'as fait ça ?
J'ai pas lâché l'enveloppe des yeux.
- C'est un métier.
- T'es chez Jacques ?
- Ouais, sur le ponton.
Je t'attends.
On t'attend. Lison serait triste de pas voir sa marraine.
- Je vous rejoins dès que possible.
Jacques rit. - Tu dis plus rien ?
Tu m'en veux toujours ? - Un peu.
De pas l'avoir fait plus tôt.
Musique douce
- Certaines choses prennent du temps.
Je te laisse, une autre tortionnaire m'attend.
Je t'embrasse.
Et aussi... merci.
---
- Je vais faire un tour de magie. - Je veux voir ça.
---
(- Allez, papa. Fais dodo.)
(- Tu es prêt ?)
(- Vas-y, papa. T'es prêt ?)
- Ouais.
Musique douce
---
Musique paisible
---
Sous-titrage TITRAFILM
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