All language subtitles for Lydia.1941.DVDRip.XviD-iMMORTALs

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Original subtitles

Lydia MacMillan.

Ce nom est � la une de tous les quotidiens.

Car l'�uvre de cette femme remarquable atteint son apog�e

avec l'inauguration de l'orphelinat Mac Millan

pour enfants aveugles et handicap�s.

�coutons le gouverneur de l'�tat de New York.

"En cette p�riode de destruction, nous avons tendance � oublier

"que plus haut que les drapeaux des nations en guerre,

"flotte l'�tendard de l'humanit�.

"Il flotte au sommet de ce b�timent."

Aujourd'hui, ce refuge ouvre ses portes

aux enfants aveugles et handicap�s de notre pays.

Ce b�timent ne repose pas sur des pierres,

mais sur le c�ur d'une femme

qui s'est d�vou�e au bienfait de l'humanit�.

Lydia MacMillan, ce sera toujours un honneur pour nous

de servir sous le drapeau que vous avez hiss�.

ORPHELINAT LYDIA MACMILLAN

Je regrette, mais Miss MacMillan est trop fatigu�e pour recevoir.

Vous pensez vraiment que ces vains discours me fatiguent ?

Que voulez-vous ?

Nom d'une pipe !

Quelle surprise ! Michael Fitzpatrick !

C'est pire que les discours.

Il faut que je m'assoie.

De tout mon c�ur et de la part du monde...

Mo�se sur la montagne ! Vous n'allez pas me faire un discours ?

Laissez-nous. C'est un ancien pr�tendant.

Regardez-le bien avant de partir.

Votre ami lui ressemblera dans 40 ans.

Vous n'avez pas chang�.

C'est l'avantage des vieilles filles.

Elles se d�gradent, mais ne changent pas.

Votre veste n'est pas boutonn�e.

C'est plus confortable !

Si je vous avais �pous�, vous ne seriez pas d�boutonn�

et vous n'auriez pas ce fil sur votre veste.

J'aurais d� vous �pouser.

Vous avez fait bien mieux.

Je pensais que vous alliez vous marier.

L'avez-vous fait ?

Trop lucide et pas assez charmante.

C'est faux ! Nous �tions quatre � ne pas �tre de cet avis !

Quatre ?

Bob, Frank, Richard ?

Et moi ?

Bien s�r, Michael ! Quatre !

Croyez-vous que cela d�cha�nerait les ragots

de nous voir de temps � autre

pour renouer un peu avec le pass� ?

J'aime toujours faire jaser, mais je suis prise jusqu'� mercredi.

Appelez-moi mercredi.

Et venez sans chaperon.

Rappelez-vous Grand-m�re :

"Si je monte � bord, je me fais la gueuse !"

� bord, mercredi.

Je suis content de vous voir.

Rien n'aurait pu m'en emp�cher !

Trois jours que je ne pense qu'� cela !

Suivez-moi.

J'ai une surprise pour vous.

Vous avez l'air bien malicieux.

Eh bien ! Nom d'une pipe !

- C'est l'id�e de Michael. - Je suis ravie, Bob.

Vous n'�tes pas des revenants ?

Pour ma part, je suis aussi vrai que nature !

C'est ce qui m'inqui�te !

Pourquoi portez-vous un smoking ?

Je suis directeur de bo�te de nuit et je joue les videurs.

Les videurs ?

Mon exp�rience de rugbyman me sert encore.

Vous me faites peur. Comme avant !

Le m�le dominant !

La m�me Lydia, vibrante et forte.

Cher Frank.

Je vous vois, avec chaque battement de mon c�ur.

Je n'ai jamais rat� un de vos concerts.

Vous avez toujours aim� ma musique.

J'y pensais en jouant.

Lydia aime les notes que je joue. C'est ce qu'elle aime chez moi.

Assez !

Pas de d�claration avant d'avoir pris le th� !

Pas du tout, je veux tout savoir

de vos pens�es pendant ces 40 ans !

Je n'ai pens� qu'� une chose :

pourquoi ne pas m'avoir �pous� ?

Vous me volez ma r�plique !

Je me pose la m�me question. Tu m�nes une fille

� l'�glise, et elle dispara�t !

De ma vie. De nos vies. Brusquement et d�finitivement.

Pourquoi cela ?

Pour quelle raison ?

Nous sommes assez vieux

- pour �tre honn�te. - Il ne peut s'agir que d'un homme

que vous aimiez.

Je m'�tonne de ne pas le voir.

Vous parlez de Richard ?

Je l'ai pr�venu.

- Il peut venir. - Il manque donc un revenant.

Ne jamais dire la v�rit� � un homme avant 90 ans.

Du th� ! Encore une escroquerie !

Et les grogs de Grand-m�re ?

Parfait !

J'ai bu le th� pour la premi�re fois avec vous, le 30 juin 1897.

Le 30 juin 1897, il s'est pass� un �v�nement important.

Mais quoi ? Gettysburg ? La Baie de Manille ?

Je me rappelle. C'�tait le jour de mon...

- Votre premier bal ! - Je m'en souviens parfaitement.

J'�tais tr�s jeune, une petite �cervel�e,

mais jolie !

D'une beaut� renversante !

La plus jolie de Boston !

Je ne vous contredirai pas.

Le pass� est une des rares choses qui se bonifient.

Vous souvenez-vous

de ma robe blanche ?

Blanche ? Pas du tout, elle �tait bleue !

Elle �tait rose.

Je le sais, parce que je l'ai gard�e...

ici...

Ce jour-l�, il n'y avait au monde

que votre beaut�.

Grand-m�re !

Elle est avec le m�decin.

Elle n'est pas plus malade que moi !

C'est vrai ! Tout le monde le sait !

Je vais lui montrer ma robe.

- Voil� donc Miss Lydia. - En personne.

- Elle avait des taches de son. - Ah bon ?

C'est de nouveau l'�tat de gr�ce !

Cela n'a jamais cess� !

Comme les gens peuvent changer en grandissant.

Sois patient, Michael.

Je dois d'abord te pr�senter � Mrs MacMillian.

�a m'est �gal de lui �tre pr�sent� !

Je n'ai rien de commun avec ces gens.

J'ai d'autres projets pour nous.

Je veux que tu d�missionnes.

Je ne gagne pas beaucoup au laboratoire,

mais �a nous suffira

si tu t'occupes des ventes.

Tu me proposes une autre situation ?

Je suis tr�s s�rieux.

Moi aussi.

J'ai �t� p�re une fois,

mais je sers ici depuis 40 ans.

� toi de juger ce qui marque le plus.

Je serais toujours, inconsciemment, ton valet,

et ton p�re, plus rarement.

Je devrais r�clamer mon salaire.

Vraiment, tu n'as pas besoin d'un p�re

et tu ne peux t'offrir un valet.

Dehors !

Je ne mettrai plus jamais les pieds ici !

Plus jamais !

Je veillerai � ce que ce soit vrai, boucher !

Vous iriez tr�s bien si vous arr�tiez de vous plaindre !

D�guerpissez, paysan,

ou je vous assomme !

�a se dit m�decin, et �a distingue pas le genou du coude !

Du balai, bon � rien !

Charlatan ! Cornichon !

Quel culot !

Me dire que mon foie va bien !

Je devrais le chasser de Boston !

Eh bien, jeune fille, que veux-tu ?

Cette chose est cens�e �tre une robe ?

Tu as l'air de sortir du bain.

File dans ta chambre !

Va mettre quelque chose de d�cent.

- Je suis d�cente, Grand-m�re ! - Tais-toi !

Esp�ce de Marie-Madelaine ! Regardez-moi ces �paules.

- Qu'est-ce qu'elles ont ? - Elles sont nues !

P�ronnelle ! Elles sont nues comme un ver.

O� est le mal, si elles sont jolies ?

Tu dois les trouver sublimes.

Je n'en rougis pas !

Tu oses me parler sur ce ton ?

Viens ici.

Petite effront�e !

Tu porteras une robe d�cente ou tu iras au lit.

- Je porterai ce que je veux. - Viens ici !

Je ne suis plus un b�b� !

Si je ne m'habille pas comme les autres, je n'irai pas au bal.

Je resterai au lit !

J'y mourrai, tu�e par une m�chante grand-m�re.

Idiote ! Si tu pleures, je t'assomme !

Je ne pleurerai s�rement pas.

Qui �tes-vous ?

Puis-je vous pr�senter mon fils ?

le Dr Michael Fitzpatrick.

Il arrive de New York.

Un m�decin ?

On ne s'en d�barrasse donc jamais.

Tous des charlatans !

J'ai perdu 37 ans de ma vie

et une fortune � cause de ces bouchers

pour essayer de soigner mon foie.

Je n'ai pas ferm� l'�il

depuis 30 ans

� cause de cet organe d�fectueux.

- �a me reprend. - Tirez la langue.

- Pourquoi ? - S'il vous pla�t.

J'aurai peut-�tre une id�e.

� quoi bon ?

- Vous voyez quelque chose ? - D�tendez-vous.

C'est flagrant.

- Quoi ? - Gastrite. Aigu�.

- C'est ce que j'ai ? - Sans nul doute possible.

Ce que vais vous prescrire n'est pas bon. C'est du charbon.

Prenez-en 3 fois par jour.

Prescrivez toujours.

Enfin un m�decin cens�.

- Gastrite ? - Aigu�, madame.

Aigu� !

C'est � cause de la mer.

J'ai aval� des litres d'eau sal�e.

�a m'a rong� le foie.

C'est ce qui a tu� le capitaine MacMillan, mon mari.

On a dit que c'�tait une balle. Chez nous, on ne meurt pas de �a.

C'est l'eau de mer.

Je mourrai comme lui, tu�e par la mer.

Les MacMillan meurent comme �a.

O� est Lydia ?

Viens ici.

Je te pr�sente le nouveau m�decin de famille.

Rappelez-moi votre nom.

Le fils de James.

Le meilleur p�re qu'on puisse avoir.

J'esp�re que vous avez h�rit� de son g�nie.

James ? J'ai faim.

Le th� est pr�t.

Du th� ?

Je d�teste �a.

Avec une larme de rhum.

Je pr�f�re.

Et ma robe ?

Dois-je aller au lit ?

Si quelqu'un va au lit, c'est moi.

Va au bal, dans ton habit de sir�ne.

De mon temps, on n'aurait pas os�.

Les hommes ont chang�. Leur sang s'est refroidi.

"Si je monte � bord, je me fais la gueuse !"

On n'entend plus �a.

Donnez-moi cette ordonnance.

Allez.

Je veux de ce p�t� qui m'a rendue malade, hier.

Je me sens mieux.

Cette flibusti�re m'a contrari�e.

Elle n'est qu'une flibusti�re.

Vos rem�des sont affreux, j'esp�re !

Je l'adore ! Vraiment !

Elle est mon mod�le.

10 dollars, c'est beaucoup ?

- Ma robe vous pla�t ? - Je l'ai admir�e.

Devinez combien il faut de tissu ?

- Devinez ! - Des kilom�tres !

- Vous dansez ? - Oui.

- Quel dommage. - Pardon ?

- Les m�decins dansent rarement. - Jamais, et vous ?

- Moi, quoi ? - Je ne sais pas.

J'ai failli oublier votre billet.

- Quel billet ? - Pour le bal.

Vous ne dansez pas, mais vous n'avez rien contre ?

Les m�decins d�sapprouvent tout, mais pas vous.

Vous ne ressemblez pas au Dr Whitridge.

Ce sera un grand moment !

On parlera de vous dans les journaux.

Votre billet.

- 10 dollars, s'il vous pla�t. - 10 dollars ?

Pour le billet.

Bien s�r, suis-je b�te !

Deux...

quatre...

neuf...

Vous avez beaucoup d'argent !

Plein les poches !

- Dix ! - Merci.

- Si nous allions au jardin ? - Avec plaisir.

Vous devez mourir de faim !

Restez avec nous pour le grog.

Vous allez adorer �a !

Le docteur reste pour le th� !

Pour moi, �a a �t� le coup de foudre.

Pas pour moi.

C'est mon c�t� MacMillan : avare et fourbe !

Un prix �tait offert � celle qui vendait le plus de billets.

Il m'en restait un � vendre.

Je n'oublierai jamais ce bal.

Et la salle de bal ?

On n'en fait plus de semblables.

J'ai eu le souffle coup� en entrant.

Vous avez raison, Bob.

J'ai vu beaucoup de belles salles de bal depuis,

mais jamais autant que celle-l�.

C'�tait comme dans un r�ve. Je ne touchais plus terre.

Les gens d�ambulaient �l�gamment sur ces parquets luisants.

Les milliers de glaces aux murs.

Les lustres ressemblaient � d'�normes magnolias.

Les harpes par centaines.

Cette divine r�union de musiciens. Des centaines je crois.

Que sont devenus ces violons si harmonieux

et tous ces princes charmants ?

Quand mon prince charmant, Bob,

m'a propos� une valse,

c'�tait comme de danser sur un nuage.

Vous vous rappelez, Michael ?

Oui, mais pas comme vous.

C'�tait une petite salle de bal ordinaire.

- Vous �tes fous ! - J'ai vu cette salle.

Vous l'avez r�v�e, vous et Lydia.

Moi seul l'ai vue.

En fait, c'�tait...

Les lustres ressemblaient � d'�normes

magnolias.

Les harpes par centaines.

Cette divine r�union de musiciens.

Des centaines, je crois.

Que sont devenus ces violons si harmonieux ?

Quand mon prince charmant, Bob,

m'a propos� une valse,

c'�tait comme de danser sur un nuage.

Navr�.

N'est-ce pas merveilleux, ch�ri ?

- Impec ! - J'adore danser avec vous.

Je voudrais que cela dure toujours.

Ce serait merveilleux de ne jamais rien faire d'autre.

On se fatiguerait.

Vous �tes si dr�le !

Je sens vos muscles.

Vous pourriez me soulever comme une plume.

J'en porterais 20 comme vous.

Je ne le veux pas ! Seulement moi.

Si vous pouviez m'emmener sur une �le d�serte

avec des palmiers, des coraux, des sir�nes et des harpes.

Ce serait fantastique, non ?

Vous n'aimez pas Boston ?

Quelle nuit d�licieuse.

On ne pourrait r�ver mieux.

J'ignorais qu'un tel bonheur fut possible.

Jamais, �a ne s'arr�tera. �a durera toujours.

Le clair de lune, les jardins, vous et moi.

M'aimez-vous follement ? Notre amour est unique au monde.

Vous ne sentez rien dans vos doigts ?

Regardez comme le ciel est beau !

Il y a des milliards d'�toiles !

Vous vous rappelez ?

"La nuit a mille yeux, et le jour n'a qu'un �il.

"Pourtant, la lumi�re du jour meurt avec le soleil couchant.

"L'esprit a mille yeux, et le c�ur n'a qu'un �il

"Pourtant, la lumi�re de la vie meurt avec la fin de l'amour."

Ouaip !

Vous �tiez tr�s po�tique.

�a, c'est s�r !

Vous �tiez au clair de lune.

Vous parliez comme Byron et Shelley.

Je n'ai jamais rien entendu de si beau.

On aurait dit le chant du rossignol.

Qui ? Bob ?

Moi !

Et le match de rugby Yale-Harvard ?

Le soleil brillait,

n'est-ce pas ?

Grand-m�re vous attend � 7 h. Notre vie en d�pend !

Vous m'aimez ? Je vous adore !

Ne buvez pas. Si elle vous offre une cigarette, refusez !

Ne soyez pas en retard, elle d�teste �a.

Vous m'aimez ? Dites-le !

Elle d�teste McKinley, elle voulait �lire Elliott.

Elle est persuad�e que McKinley l'a �vinc�.

7 h pr�cises ! Je file.

7 h pr�cises.

Vous d�testez McKinley !

M�me barbouill� de savon, je vous aime !

7 h pr�cises !

- � bas McKinley ! - Pla�t-il ?

� bas McKinley. Je le d�teste !

- C'est un vaurien ! - Pire !

Entrez. Asseyez-vous.

Prenez donc une cigarette.

Je ne fume pas.

Un verre, alors ?

Je ne bois jamais. C'est tra�tre.

Vous ne buvez pas ?

Je d�teste le tabac, l'alcool et McKinley.

Un jeune homme parfait.

Vous avez vu le match, aujourd'hui ?

Il para�t que vous vous �tes

- distingu�. - Voil� comment !

Un avant fait une mauvaise passe.

Notre arri�re r�cup�re le ballon. On est donc dans les 40m de Yale.

Il faut que le trois quarts aille � l'essai.

Le trois quarts, c'est moi.

Bonne passe. Je fonce sur la droite.

Un d�fenseur me barre la route.

Un de mes avants me prot�ge bien.

Je repique au centre et je rue dans les brancards

en courant comme �a.

Vous �tes ivre !

Moi ?

Pas d'alcool.

C'est du clou de girofle, c'est tout.

Sortez !

Vous �tes so�l, sortez !

D�guerpissez, esp�ce de bouc !

Hors d'ici, bouc ivrogne !

Et Lydia ? Je l'aime et nous voulons...

Ne remettez plus les pieds chez moi !

Si vous osez approcher ma petite fille,

je vous d�molis. Maintenant, sortez !

Que s'est-il pass� ?

Retourne dans ta chambre !

Si tu prononces encore son nom,

je t'assomme !

Demain, tu pars en Virginie chez ta cousine Sally.

- Retourne dans ta chambre. - Mais, Grand-m�re...

Je ne vous d�range pas ?

Bien s�r que non.

Que voulez-vous ?

Croyez-vous � l'�galit�

ou pensez-vous que les femmes sont des esclaves ?

R�pondez-moi. Le sont-elles ?

- Bien s�r que non. - Alors, vous �tes de mon c�t�.

Que s'est-il pass� ?

J'ai honte de le dire mais...

je suis amoureuse.

- Et grand-m�re le d�teste. - Pourquoi ?

Parce qu'il est jeune

et qu'il va se faire un grand nom !

Mais elle ne le croit pas.

Pourtant, il est de bonne famille.

De bonne famille ?

Je ne vous suis pas.

- De qui parlez-vous ? - De Bob !

Bob Willard !

Elle m'envoie en Virginie chez ma cousine.

Mais je ne suis pas une esclave !

Je sais que les scientifiques n'ont pas de c�ur.

Qu'est-ce que c'est ?

- Un microscope. - Mais vous �tes diff�rent.

Vous m'aimez, n'est-ce pas ?

� votre mani�re, comme un fr�re...

Vous allez m'aider ?

C'est merveilleux d'avoir un ami.

Ce sont des bulles de savon ?

Non, des globules sanguins, je compte les leucocytes.

C'est un test de diab�te.

Vous en savez des choses.

C'est pour �a que je suis venue vous voir.

Nous nous enfuyons.

- Vous vous enfuyez ? - Ce soir...

Nous avons rendez-vous avec le juge de paix de Quincy,

� 8 heures.

Vous savez ce que vous faites ?

Bien s�r. Je l'aime !

Vous avez jur� de m'aider.

Que dois-je faire ?

J'ai tout pr�vu.

Grand-m�re va � une conf�rence et elle veut m'emmener.

Venez � la maison dans une heure.

Regardez ma langue et dites que je dois garder le lit.

Grand-m�re sortira seule et d�s qu'elle est partie, je file.

- O� allez-vous ? - Lui dire la v�rit�.

Mis�rable tra�tre !

- Je me moque de ce que je suis ! - Vous n'oseriez pas !

Si, pour vous emp�cher de g�cher votre vie !

Hypocrite, je vois clair dans votre jeu !

Vous courtisez ma grand-m�re pour vous placer.

- Je vous croyais mon ami ! - Je le suis.

Du sang d'esclave, voil� ce que vous avez !

Nous nous marierons, en tout cas.

Personne ne nous en emp�chera !

Vous serez moins fier devant Bob !

J'exige une explication, jeune fille.

O� �tais-tu ? J'allais partir seule � la conf�rence.

J'ai eu un �tourdissement. J'ai d� m'asseoir sur un banc.

- Le Dr Fitzpatrick est l�. - Il tombe � pic !

- O� vas-tu ? - Je ne veux pas le voir.

Tu as dis que tu �tais malade. Reste.

Comment allez-vous ?

Nous devons parler, seule � seul.

Ne vous occupez pas de moi. Lydia ne tient plus sur ses jambes.

Je vais bien.

C'est le foie des MacMillan. Tire la langue.

Non !

Montrez.

Ne fais pas l'enfant.

- Le pouls est rapide. - C'est son foie ?

Peut-�tre.

Un peu jaun�tre.

Donc, c'est le foie.

Je crois

qu'elle doit aller se coucher.

Qu'elle garde le lit jusqu'� demain matin, mais pas plus.

Nous partons en Virginie, le matin.

J'irai seule � la conf�rence.

Ne faites pas cette t�te !

Ted MacMillan m'a eue de haute lutte !

Il s'est battu comme un requin-tigre !

"Si je monte � bord, je me fais la gueuse !"

Cette race d'hommes a disparu.

Occupez-vous des bagages de Miss Lydia.

Foie ou pas, elle partira � l'aube.

Conduisez-moi � ma voiture.

Un vrai gentleman. Je dois faire vite !

Nous devons �tre � Quincy � 8 h.

On m'a dit que j'�tais un gentleman.

Tu l'es, mon fils.

On ne dit jamais � un gentleman qu'il en est un.

11 heures. Mon Dieu ! Croyez-vous

que Mr Fairfield rentrera ?

Il r�dige le testament d'un mourant. Il rentrera

- quand il rentrera. - Nous devions le voir � 8 h !

Le Seigneur en a d�cid� autrement.

Revenez plut�t demain matin.

Mon fils rentrera d'un deuil.

Il sera afflig� et fatigu�.

Je crois que c'est pr�f�rable.

C'est pr�f�rable...

Nous reviendrons demain matin. Bonsoir, madame.

Quel g�chis, j'avais command� un d�ner au champagne.

J'ai tout pay� d'avance. La chambre et tout.

Toutes ces bonnes choses � manger.

Des hu�tres, du poisson, du poulet, de la glace et des g�teaux.

Pourquoi ne pas y aller quand m�me ? Enfin, aller d�ner !

C'est s�rieux ?

Il n'y a pas de mal � cela !

Pas du tout !

Vous �tes certaine ?

C'est chic de votre part !

Cocher, h�tel Quincy, en vitesse !

J'ai r�serv� une chambre, hier.

Puis-je me permettre de vous f�liciter, Madame Willard ?

Vous aussi, monsieur.

Chambre 22.

Suivez-moi, s'il vous pla�t.

Servez le d�ner, imm�diatement.

Je regrette, la cuisine est ferm�e.

Mais il y a votre champagne.

Je vous le servirai moi-m�me.

Je peux aussi pr�parer des canap�s.

Buvons le champagne. Quel genre de sandwiches voulez-vous ?

- Un sandwich au p�t�. - Tr�s bien, madame.

Pour moi, jambon, rosbif, fromage.

Tr�s bien, par ici.

Excusez-moi. Tenez, finissez-moi �a.

Non merci, je n'en veux plus.

- Ne buvez plus, par piti�. - Pourquoi donc ?

C'est d�j� pay�, non ?

S�r que �a l'est.

� vous !

La plus jolie fille de Boston.

�a fait du bien.

Allez, buvez ma ch�rie. Ne soyez pas rabat-joie.

Il est tr�s tard. J'aimerais rentrer.

Sans finir la bouteille ? Pas question !

Ce n'est pas si mal que nous ne soyons pas mari�s.

J'en suis extr�mement contente.

Qu'est-ce que �a veut dire ?

Je trouvais tout �a si romantique.

Mais maintenant, je vois clair.

Quand je me marierai, ce sera � l'�glise, comme dans mes r�ves,

dans la robe blanche de ma grand-m�re.

Avec de l'orgue, des demoiselles d'honneur,

des gar�ons d'honneur,

et tout Boston pour m'admirer !

Comment �a : "Quand je me marierai" ?

C'est moi que vous �pousez ! Demain !

Je veux rentrer.

Pourquoi rentrer ? Vous n'�tes pas contente ?

- Mais si, vous l'�tes ! - Je veux rentrer !

L�chez-moi ! Vous me faites mal !

Vous savez que je vous aime.

- Et vous m'aimez ! Profitons-en ! - Laissez-moi !

Qu'est-ce qui vous prend ?

O� allez-vous ?

Avenue du Commonwealth.

Vous permettez que je paie d'abord ?

Une beaut� en d�tresse ?

Si un homme n'�tait pas mort, cette nuit-l�,

je vous aurais �pous�

et je serais cabareti�re.

Je me serais peut-�tre amus�e

plus que je ne l'ai fait. Ce que la vie a de bien,

c'est qu'elle continue,

� travers les hauts et les bas, parfois m�me au fond du trou.

Comme un fleuve qui va � la mer.

Un fleuve d'ennuis !

Dieu sait que vous m'en avez fait voir !

Il a pris du temps,

le deuil du premier amour.

Dois-je allumer ?

Non, merci James.

Vous n'avez touch� � rien !

Je n'avais pas faim.

Elle ne vient pas � l'op�ra, je ne sais plus quoi faire.

Elle se morfond � cause de cet abruti.

Elle n'a rien mang� de solide depuis des mois !

- Je l'ai amen�e � New York... - Les amours de jeunesse.

�a lui passera.

Je ne supporte plus de la voir se languir.

J'ai essay� de la sortir,

de lui trouver un pr�tendant. En vain.

Elle remue parfois pour montrer qu'elle est vivante, c'est tout.

Qu'est-ce que c'est ?

Les soldats vont jusqu'au port.

Ils appareillent pour Cuba, demain.

Michael part aussi.

Je vais le voir plus tard.

Michael s'en va � la guerre !

Puis-je aller le voir avec James avant son d�part ?

Bien s�r, vas-y.

- Allez-y, James... - Tr�s bien, madame.

Miss Lydia vous accompagne.

Allons-y.

Il y a des limites que vous devriez faire respecter.

Malgr� sa loyaut�, James n'est qu'un domestique !

Savez-vous qui j'�tais avant de me marier ?

Je ne l'ai jamais cru.

Nom d'une pipe. Imb�cile !

Je vendais du poisson avec mon p�re

et j'ai rencontr� le capitaine MacMillan.

Il voulait des harengs.

Mais vous la laissez sortir avec le fils du valet dans un tripot ?

Tripot, mon �il !

J'ai envoy� 2 tickets � Michael pour Tony Pestoni.

C'est un cabaret !

Pire, mais je suis s�re qu'ils s'amuseront.

Enferm� dans ma cellule

Je pense � toi, ch�re m�re

� notre foyer si heureux et si lointain

J'ai des larmes plein les yeux

Et je n'y peux rien

J'essaie de remonter le moral des copains

Trad�rid�ra, ils sont en route

Rassurez-vous, ils viendront

Et sous la banni�re �toil�e, nous respirerons de nouveau

L'air de la libert� dans notre pays bien-aim�

Nous sommes tous dans notre prison

Dans l'attente du jour qui ouvrira les portes de fer

Et nos yeux s'allument, notre c�ur se r�jouit

� la pens�e de revoir le pays et nos amis

Trad�rid�ra...

J'ai trop mang� !

Je n'ai jamais �t� aussi heureuse !

Voyez comme les gens s'amusent ici.

Ma derni�re ordonnance avant de partir � la guerre.

Un steak tous les soirs avec des pommes de terre

et deux chopes de bi�re !

Je serai comme la grosse dame

� votre retour !

Attendez-moi.

Je vous aime depuis le 1er jour.

Si c'est vrai, vous me le direz � votre retour.

Pas maintenant.

Pendant votre absence, je grandirai.

Toute ma vie, j'ai �t� une poup�e de porcelaine souriante.

Une femme d'aujourd'hui doit avoir l'air

d'avoir le cr�ne vide !

Elle ne doit aimer que les loges d'op�ra

ou les th�s avec 20 chaperons qui montent la garde.

Vous �tes va-t-en guerre !

Les femmes doivent faire leur r�volution.

J'en ai assez d'�tre une poup�e.

J'y suis ! La beaut� en d�tresse !

H�tel Quincy, d�cembre dernier.

Je n'oublie jamais un joli visage !

Je ne voulais pas vous froisser.

Vous semblez plus joyeuse !

Je vais vous raccompagner.

- et revenir seul. - C'�tait � cause de vous ?

Je sais pourquoi les femmes pleurent.

Pour un peu, je vous casserais la figure.

Je n'en demande pas tant. Au revoir,

beaut� en d�tresse !

- Embarquement ! - Je dois y aller.

Vous ne m'embrassez pas ?

- � mon retour. - Non, maintenant.

Au revoir, Lydia.

D�sol�, Miss.

- Au revoir, Lydia. - Au revoir, Michael.

- P�re ! - Au revoir, fils.

Dieu te garde.

Faites attention !

Ne vous en faites pas !

Je ne veux toujours pas me battre !

Adieu, beaut� en d�tresse !

�tes-vous tomb�e amoureuse de lui quand il vous faisait signe ?

C'est ce qui a tout boulevers� ?

Au moment de votre d�part h�ro�que pour Cuba,

je me fichais pas mal de vous ou de Richard.

Le seul homme qui comptait, c'�tait Johnny.

�a ne me dit rien. Johnny qui ?

Johnny a chang� ma vie plus que vous tous.

Ce sont des Marines ou des matelots ?

- Des Marines. - Ils ont des fusils et tout ?

Je les entends mieux.

� quoi ressemblent-ils ? Ils sont grands ?

Tr�s grands. Ils ont un uniforme rouge et bleu.

Rouge et bleu ! Je ne sais pas ce que c'est.

Comme le son des cuivres.

Et le bleu ?

Le bleu, c'est...

Te voil� enfin !

Tu me rendras folle � partir comme �a !

Viens ici. Jamais un moment tranquille.

J'ai suivi la fanfare, c'est tout !

Il �tait sur l'embarcad�re. Il voulait voir les soldats.

�a finira mal.

Tu vas n'importe o�, � l'aveuglette.

Dieu ait piti� de nous !

- J'ai suivi la fanfare. - Tais-toi !

Pourquoi venez-vous ? Que voulez-vous ?

Vous aider.

Aider des gens comme nous ?

Vous n'�tes pas la premi�re � fourrer le nez dans nos affaires.

- Fichez le camp ! - Pas question !

Ah oui ?

Sortez, si vous tenez � votre joli cou !

Vous n'oseriez pas, vieille idiote !

Vous m'insultez ? Mis�rable garce !

Si je vous balance ce sceau,

vous puerez toute votre vie !

- Allez-y, osez un peu ! - Dehors !

Vous ne m'emp�cherez pas de faire ce que je veux.

Sortez !

Je vous aiderai, toi, et ta m�re, et tous les autres.

M�me si je dois affronter l'enfer !

INSTITUT POUR ENFANTS AVEUGLES

Le premier dit : "Qui s'est assis dans mon fauteuil ?"

Le second : "Qui a mang� dans mon assiette ?"

Le troisi�me : "Qui a vol� mon quignon ?"

Le quatri�me : "Qui a go�t� ma bouillie ?"

Le cinqui�me : "Qui s'est servi de ma petite fourchette ?"

Le sixi�me : "Qui s'est servi de mon petit couteau ?"

Le septi�me : "Qui a bu dans ma petite tasse ?"

Le premier, voyant son lit d�fait...

- Tu auras bient�t fini ton panier. - Oui, Miss Lydia.

Quelle b�n�diction !

Vous serez r�compens�e pour votre bont�. Regardez !

Merveilleux !

- Quelle heure est-il ? - Presque 11 h.

Voici le menu.

Les �ufs ont augment�.

Un jeune homme vous demande.

Frank Audry ?

Vous vouliez me voir ?

Je suis Frank Audry.

- Vous me connaissez ? - Bien s�r ! Asseyez-vous.

Je vous remercie. Je ne serai pas long.

Vous �tes occup�e. J'ai entendu parler de votre �uvre.

La musique pourrait y tenir un r�le important.

Je me demandais si vous accepteriez mon aide.

Je ne sais comment vous remercier !

C'est tr�s gentil � vous !

Pardonnez

ma maladresse.

J'ai demand� aux journaux de le taire, mais,

je suis aveugle.

Je ne distingue pas la lumi�re de l'obscurit�.

- Il y a un piano, l� ? - Oui !

Je peux les sentir. Je les entends bourdonner.

Eh bien...

j'apprendrai aux aveugles les formes et les couleurs.

Ils verront avec leurs oreilles.

Par exemple, je leur apprendrai � quoi ressemblent les �toiles.

J'ai �tudi� la question.

Elles fr�missent dans le ciel comme l'eau au printemps.

Elles sont bleues comme �a.

Ils verront ce que je vois.

Et maintenant, le rouge.

Vous reconnaissez ?

C'est le soleil couchant. C'est instructif.

Ou je peux leur apprendre

� quoi ressemble Miss MacMillan.

Puis-je vous d�crire enti�rement ?

Jeune...

sensible...

tr�s charmante...

Mais, je suis vieille !

Oh non !

C'est tout !

Je suis tr�s fatigu� !

� table, les enfants !

- O� est Miss Lydia ? - Elle se repoudre.

Elle sera la plus belle du bal.

Elle va au bal ?

Elle le m�rite ! Avec tout le mal qu'elle se donne.

Le Dr Fitzpatrick qui rentre de Cuba l'emm�ne danser.

Les enfants, vous devriez avoir d�n� !

Si vous aviez mes yeux pour la voir !

Que portez-vous ?

Je l'entends bruisser.

�a sent les fleurs !

Vous pouvez toucher. C'est de la soie.

� table, les enfants !

Il y a une surprise pour le nouvel an.

Amusez-vous bien !

Miss Lydia ?

Puis-je toucher votre robe ?

- De la moire de soie ! - Avec des fils d'or.

Ce soir, vous danserez dans l'or et la soie

dans les bras du fringant capitaine

de retour de Cuba.

Vous l'aimerez !

Enfin, vous voil� !

- �a fait une �ternit� ! - Presque !

Je suis tr�s fier de vous. C'est merveilleux !

Plus pour moi que pour eux.

Enchant�.

On ne vous pr�sente plus.

On parle de vous sans cesse.

Un peu comme...

mi saint-patron, mi juge de paix.

- Partez avec votre h�ros. - Une voiture nous attend.

- Qui est-ce ? - C'est Ruthie.

Ah c'est toi !

On m'a dit que tes yeux allaient mieux.

- Oui, Frank ! - Tu as vu Miss Lydia ?

Oh oui !

J'ai oubli� de l'embrasser.

- Tu l'aimes, n'est-ce pas ? - Oh oui !

� quoi ressemble-t-elle ?

Elle a de beaux cheveux blonds.

De quelle couleur sont ses yeux ?

- Bleus. - Bleus ?

- Comme la mer ! - Elle est plus grande que moi ?

Bien s�r que non !

Tu connais le Dr Fitzpatrick ?

- Bien s�r ! - � quoi ressemble-t-il ?

Il est grand et tr�s beau.

Bonne nuit, Frank.

Blonde et bleus...

Grand et beau...

Il vous aime aussi !

En votre absence, j'ai beaucoup grandi.

- J'ai pris une d�cision. - Contre moi ?

Contre le mariage. J'ai tant de travail !

- Une vie n'y suffirait pas. - �a ne me d�courage pas.

Les jeunes filles d'aujourd'hui passent toutes par l�.

Je suis une vieille fille

et je le resterai toute ma vie.

� moi le record du pr�tendant le plus pers�v�rant !

Il veut nous d�passer. Qu'il essaie !

Ce soir, c'est impossible ! La nuit nous appartient !

Qu'attendez-vous

pour avancer ?

Du nerf, tortues !

Hue, bourriques !

C'est �a !

Plus vite !

Magnifique !

Quoi ?

Vous �tes magnifique ! Tout est magnifique !

Un gentilhomme en d�tresse !

Une danse au perdant ?

Il y a donc des hommes pires que moi.

Il �tait bien pire ! Infiniment pire !

Il �tait aussi l�che et m�chant que merveilleux !

Vraiment ?

Vous l'avez revu ce diable � roulettes ?

Oui.

J'aimerais vous raconter.

Je suis assez vieille. Je peux confesser un p�ch� sans choquer.

Un p�ch� ? C'en est un, Michael ?

Je ne crois pas.

- Pourquoi riez-vous ? - C'est formidable !

Vous me connaissiez si bien. Vous m'aimiez,

mais vous ne me connaissiez pas du tout.

Ce n'�tait pas moi,

mais une illusion � laquelle vous vous �tes accroch�s.

Vous �tiez bien r�elle, au contraire.

Je ne fus moi-m�me qu'une fois...

au comptoir MacMillan.

Vous vous rappelez, Michael ?

Je ne suis pas celle � qui c'est arriv�.

Celle-l� est morte.

Aussi morte que les vents de janvier du comptoir MacMillan.

Je me tenais au m�t d'un bateau de p�che.

La mer �tait d�cha�n�e.

Il �tait assis comme un vieux loup de mer.

Se moquant du vent glac�, comme un gamin sur une luge.

Je me disais qu'il allait geler.

Et moi aussi...

Mais j'avais chaud � l'int�rieur,

comme un chaton pr�s du feu.

Le feu br�lait pour nous deux.

Et aucun vent n'aurait pu l'�teindre.

Au bout d'une semaine, nous sommes all�s faire des provisions.

Nous avions quitt� Boston les mains vides.

Nous vivions de poissons gel�s et de pain

dur comme de la pierre.

Nous avions des vivres.

Assez pour toute une existence.

C'�tait une maison hant�e

de fant�mes, de p�cheurs et de pirates.

On pouvait presque les voir observer notre arriv�e.

Je me rappelle la porte.

Une grosse porte en ch�ne,

grin�ante comme un spectre.

Nous pos�mes nos sacs.

Richard r�clama � manger.

Allume le fourneau.

Je veux un steak et du caf�. Une piscine de caf�.

Nous d�nerons � l'heure si mes mains ne sont pas gel�es.

Tu �tais splendide, luttant contre le vent.

Un vrai Viking !

Le Viking aimerait des chaussettes s�ches.

Tu es tremp� ! Je t'en apporte.

Si on change de v�tements, on attrape froid.

Il vaut mieux se s�cher devant un feu.

Il faudrait une hache pour le beurre !

Ned, pouvez-vous ouvrir la chambre ?

Cesse de t'agiter.

Viens l�.

Arr�te de me parler comme si j'�tais un docker.

J'ai dit : viens l� !

Tu as �t� courageuse dans le bateau.

- J'�tais terrifi�e ! - Je sais. C'est ce qui �tait dr�le.

Tu es fier de moi ?

Tu ferais face � tous les vents.

Nous ne risquons plus d'avoir faim !

J'aurais toujours faim de toi.

Cesse de jouer les loups.

Je n'aime pas ces remarques.

Approche, moussaillon.

- Ned regarde ! - Qu'il regarde !

- J'ai envie de rire. - Eh bien, ris !

Mon ch�ri, tu es tremp� jusqu'aux os.

Non.

Pas du tout.

C'est vrai.

L'oc�an est en toi, mais il est chaud.

�a t'emb�te si je suis sal�e ?

Je me souviens de la lampe, de ses cr�pitements,

et de son odeur de p�trole.

Nous ne parlions pas.

Nous mangions en �coutant la temp�te.

La petite lampe aurait pu illuminer le monde entier.

Je ne la voyais m�me pas.

Je ne me disais pas que cette lampe �tait jolie.

Je ne pensais qu'� lui

et � la chaleur de la pi�ce.

Mais plus tard,

bien plus tard...

j'ai tourn� autour comme une phal�ne.

Je m'y suis br�l�e.

Je me rappelle la chambre.

Il y avait un vieux tapis sur le plancher.

Mon grand-p�re avait des chiens

qui avaient fait d'�normes trous dedans.

La neige sur les carreaux comme un visage blafard.

Tu cherches quelque chose ?

J'ai envie de lire un po�me.

J'adore �a.

Les MacMillan n'�taient pas tr�s lyriques.

Ch�ri ?

Grand-m�re sera furieuse quand elle saura.

Tu es inqui�te ?

N'y pense pas alors.

J'aimerais qu'elle soit l�.

Boston te manque ?

Esp�ce de mufle.

Si elle pouvait voir mon bonheur !

Je suis si heureuse que je ne pense plus.

Pauvre petite dinde gloussante.

Ce doit �tre diff�rent de l'amour normal.

- Oui. - De quelle fa�on ? Dis-moi.

Parce que c'est toi et moi. Voil� la diff�rence.

Toi ou moi avec quelqu'un d'autre...

ce serait peut-�tre de l'amour,

mais ce serait triste. Rien � voir avec nous.

Pourquoi ?

Pourquoi ?

Parce que la m�me temp�te rugit dans nos veines.

Nous sommes les deux m�choires d'un loup !

Nous sommes de la m�me race.

Esp�ce de sorci�re, tu me rends fou.

Tes yeux me transpercent le c�ur.

- Arr�te �a, tu veux ? - Non.

Je veux lire un po�me.

Pourquoi ?

Je veux entendre quelqu'un d'autre que moi g�mir d'amour.

Mon amour, existe-t-il d'autres gens ?

Le monde existe-t-il ?

Je ne me souviens de rien.

Je ne sais plus o� je suis.

Je sais que tu vas m'embrasser...

Je ne vais pas t'embrasser.

Je vais lire un po�me pour changer.

Lalla Rookh de Thomas Moore, tu connais ?

Non, lis-le. Tu as assez de lumi�re ?

J'ai des yeux de lynx.

Je lisais sans lumi�re dans ma couchette.

Quelle idiote, j'�tais !

"Oh, quel d�lice, en cet instant

"Euss�-je poss�d� le monde entier,

"De t'avoir choisie, toi

"Toi, seule, de tous les tr�sors du monde,

"Pour te contempler tendrement

"Ma toute belle, ma toute pure,

"Une fois encore."

La neige me rappelle toujours le comptoir MacMillan.

Elle n'�tait pas la m�me.

Je me trompe, peut-�tre.

La neige n'est pas la m�me quand on est jeune.

Tu vas le peindre toi-m�me ?

Bien s�r. Lalla Rookh, �a te pla�t toujours ?

�videmment !

Je ne le d�teste pas.

C'est l'autre que je hais.

Cette idiote gloussante.

Ce matin-l�, je faisais des cr�pes, tr�s mauvaises.

J'aimais m'occuper de lui.

J'�tais aux anges quand il descendait l'escalier

avec l'�charpe que j'avais tricot�e.

Elle te va si bien ! C'est ta couleur.

J'y vais, je ne veux pas rater le vent.

- Allons-y, alors ! - Non.

- Tu ne viens pas. - Pourquoi ?

Parce que...

je veux que tu restes.

Ce sera trop long !

Je serai de retour dans 6 heures.

Reste...

Pourquoi ?

Je t'en prie.

Si tu ne veux pas de moi.

Je te veux toujours !

Vraiment ?

Jusqu'� ma mort.

Chaque minute.

Je suis si b�te. Je fonds quand tu dis �a.

Ned va avec toi ?

Il est d�j� � bord.

Qu'est-ce que tu regardes ?

Notre petit nid.

Il est si beau � l'aube.

Il va �tre bien vide.

Je serai toujours l�.

Si tu te sens seule, regarde autour de toi et tu me verras,

comme maintenant.

Ma ch�rie...

Je t'aime tant...

Quelle matin�e magnifique !

Puis-je t'accompagner ?

Richard ?

Certains instants vous font souffrir � jamais.

Largue les amarres.

Laisse-moi faire, s'il te pla�t !

Tu n'y arriveras pas !

- La corde est gel�e ! - Mais si, je peux le faire !

Par� � appareiller, capitaine !

Fais attention !

C'est parti !

J'aurais voulu qu'il n'y ait pas de vent.

Je me disais que si la brise tombait,

il ne partirait pas.

Mais la brise ne tomba pas.

Pas du tout.

Alors, la compagne du Viking attendit pr�s du feu.

Elle en oublia m�me de manger.

Je priais pour ce que cette midinette croyait �tre le bonheur.

Je n'ai jamais cess� depuis.

Ce fut la plus longue nuit qui exista jamais.

Pauvre Oph�lie...

Sur la jet�e, face � l'horizon vide,

une forme blanche se profila dans la crique.

C'�tait la Lalla Rookh.

Le vieux Ned �tait � la barre.

Il �tait so�l. Son visage de vieil homme �tait plein de piti�.

L'�me de la Nouvelle Angleterre

�tait toute sur le visage du vieux Ned.

Il avait une lettre !

Le vent faillit me l'arracher.

Il aurait mieux valu...

Tellement mieux. � Combien...

Je lus la lettre � la lueur de la lampe.

Pas moi... "elle".

Il �tait parti, le c�ur bris�.

Il y avait une autre femme

qu'il avait rencontr�e un an auparavant.

Il retournait la voir.

Il y avait des larmes dans sa lettre.

"Nous devons �tre patients.

"Ci-joint l'alliance de ma m�re. Je t'en enverrai une chaque mois.

"Crois-moi, aie confiance, attends-moi.

"J'ai laiss� mon c�ur � MacMillan."

"Pardonne-moi...

"Pardonne ma conduite..."

Pardonner sa conduite ?

Il n'aurait pas support� mes larmes.

C'est pour �a qu'il �tait parti.

L'attendre...

Le vent finit par emporter la lettre.

Je ne l'ai jamais retrouv�e.

Elle a d� me glisser des mains.

- Pauvre Lydia. - Le sale tra�tre !

Rentrons...

Pauvre Lydia. Vous �tiez plus aveugle que moi.

Moi, j'aimais quelqu'un qui existait.

Vous aimiez un fant�me.

- Avez-vous eu de ses nouvelles ? - Longtemps apr�s.

Je l'ai attendu comme il le demandait.

Avec plus de d�sespoir qu'il ne l'imaginait.

Votre travail fut d'une grande aide.

La musique de Frank aussi.

Je vous avais �crit un concerto. Vous �tiez chaque note.

Il venait du c�ur.

Je ne savais pas que vous �coutiez une autre musique.

Je n'ai jamais rejou� ce concerto.

Je l'avais presque oubli�.

Vous vous souvenez ?

C'�tait tr�s beau. Ils en redemandent !

Vous en avez entendu assez. Je jouais pour vous, c'est fini !

Magnifique !

- F�licitations ! - Ravi que vous ayez aim�.

- �a va ? - Faites-les patienter un moment.

Alors ?

- �a vous a plu ? - C'�tait merveilleux !

Ce n'est pas assez. C'est bien plus que �a.

C'�tait vous, Lydia.

Ce concerto n'est qu'une description de votre visage.

L'andante, c'est vos yeux bleus.

L'allegro, vos cheveux blonds.

Mais j'ai les yeux verts... et les cheveux bruns.

Quelle importance ? Nul ne voit vraiment ce qu'il aime.

Combien sont-il � v�n�rer Dieu sans jamais le voir ?

Que voient les yeux que le c�ur ne distingue pas mieux ?

Il y a une chose que je sais.

Vous �tes s�rement plus belle que je ne l'imagine.

La prochaine fois, je jouerai plus vite et plus fort !

L'andante sera vos yeux verts.

L'allegro, vos cheveux bruns.

Qu'avez vous ?

Rien, Frank.

Vous avez chang�.

- Vos mains ont chang�. - Comment cela ?

Elles sont plus chaudes, plus douces... elles r�vent.

Lydia ?

Laissez-moi vous aimer.

C'est ma lumi�re.

Qui est-ce ?

F�licitations !

J'ai ador� votre concert.

Merci.

Votre grand-m�re m'envoie.

Je ne vous d�range pas ?

J'ai une lettre pour vous.

Elle est arriv�e apr�s votre d�part. Ce doit �tre important.

Mauvaise nouvelle ?

Non, mais je dois me h�ter. Pardonnez-moi.

Merci pour la merveilleuse musique.

Merci Michael, merci.

Qu'y a-t-il ?

Je ne sais pas. La lettre, sans doute.

Une lettre ? De qui ?

Je ne sais pas et je ne veux pas le savoir.

Je croyais mes yeux aveugles, mais mon c�ur l'est aussi.

- Il commence � voir un peu. - Vous l'aimez.

Oui, mon pauvre Michael. Je l'aime aussi.

C'�tait le genre de lettre qu'on ne re�oit qu'une fois dans sa vie.

Elle contenait 3 bagues et disait qu'il m'aimait.

Je me souviens encore de ses mots.

"Je t'adore. Je te v�n�re.

"Je r�ve de toi sans cesse.

"Attends-moi, ce ne sera plus long.

"Je serai libre cet hiver.

"Je serai � Little Heart la nuit du nouvel an,

"l'�glise que tu aimes tant.

"Nous nous marierons au son des cloches.

"Si tu n'as plus de mes nouvelles, rendez-vous � minuit

"Je t'aime."

J'attendis donc que le marin rentre de son myst�rieux exil.

Le jour fatidique finit par arriver. Je m'habillais...

- Quelle heure est-il ? - 10 heures.

Encore 2 heures ? Que faire ?

- Un petit grog ? - Je n'en veux pas.

J'attends toujours que tu me racontes.

Quoi ?

Je t'en prie. � quoi ressemble-t-il ?

Tu en jugeras par toi-m�me, apr�s la messe.

Un marin, hein ?

Oui.

C'est tr�s int�ressant.

Ma petite-fille s'enfuit avec un marin inconnu.

Un matelot de bas �tage, un escroc � bonnet de laine.

Exactement !

Un menteur avec une femme dans chaque port.

- Exactement. - Je le vois d'ici.

Roulant des m�caniques avec une d�marche de p�lican.

Tu aimes ce monstre !

Dis-moi ? O� l'as-tu rencontr� ?

Dans quel port as-tu d�got� ce dandy des mers ?

Nous te raconterons ensemble. C'est un vrai conte de f�e.

Tu n'en croiras pas tes oreilles de Bostonienne.

J'y pense...

O� �tais-tu quand tu pr�tendais travailler � New York ?

O� j'�tais ?

"� bord" !

Nom d'une pipe ! On en a pendues pour moins que �a !

Tu es contente de toi ?

Tu te crois adulte, tr�s maligne, moderne ?

Tu me trouves idiote et vieux jeu.

Mais c'est toi qui a tort et tu en paieras le prix

mon enfant.

Ne g�che pas tout. Nous serons mari�s, ce soir.

C'est mon premier et plus beau cadeau de mariage !

- Quelle heure est-il ? - Toujours 10 h.

Oh, Grand-m�re !

Tout le monde est heureux.

- Tu l'aimes ? - Oh oui !

Si je m'interpose, tu m'assommes ?

Oui !

Et je te jette par-dessus bord !

- Ce monstre t'aime ? - Oui !

Oui !

- Tu l'aimeras toujours ? - Jusqu'� ma mort.

M�me s'il se r�v�le un chien ?

Peu m'importe.

Je l'aimerai toujours,

comme je l'aime ce soir.

- Lydia ? - Je suis l�, Frank.

Michael examine les nouveaux pensionnaires.

Je lui ai fait mes adieux.

Je n'arrive pas � croire que vous partiez.

Mais vous aurez du succ�s en Europe.

Vous nous manquerez � tous.

Vous me manquerez toute ma vie.

Oh, Frank !

Pas de larmes. Je ne les m�rite pas. Je m'en remettrai.

Ch�rie ? Ne g�chez pas votre vie au nom d'un souvenir malheureux.

Bonne chance... et que Dieu vous garde.

J'ai vu les deux nouveaux, �a ira...

- Mon courrier. - Il n'y a rien d'important.

Faites voir.

Il y en a une d'Espagne.

Pourquoi ne m'avez-vous pas pr�venue ?

Je suis d�sol�e.

- Vous esp�rez de ses nouvelles ? - De qui ?

L'inconnu du bout du monde qui ne vous �crit pas.

Il est temps que je vous parle.

Vous vous languissez d'un fant�me.

- Je vous en prie. - J'ai le droit de parler.

Je sais depuis longtemps que cet homme existe.

Je vous aime, Lydia. Je veux faire ma vie avec vous.

Pas en poursuivant des fant�mes,

en travaillant ensemble...

en trouvant la vie plus belle car nous serons deux.

J'ai plus � vous offrir qu'un fant�me.

Un vrai foyer, des enfants et mon amour.

- Oui, je sais... - Je vous aime.

Oui.. je sais�

Vous m'aimerez toujours ?

Vous le savez bien.

Vous ne poserez pas de questions ? Vous m'�pouserez sans en poser ?

Je ne demande que votre amour.

Je suis fatigu�e, si fatigu�e.

Serrez-moi.

Serrez-moi...

- James ! Comment va Grand-m�re ? - Beaucoup mieux, ce matin.

Je vous ai envoy� ce t�l�gramme trop vite.

- Vous avez bien fait. - Raconte-nous !

Elle �tait de tr�s bonne humeur. Elle m'a dit :

"Je sens qu'il s'est pass� quelque chose d'important.

"Ma t�che est accomplie.

"Pourtant, je n'ai rien fait pour, ces derniers temps."

Puis, elle a eu une attaque.

- Tu as appel� le m�decin ? - Le Dr Whitridge.

Qu'a-t-il dit ?

Que c'�tait un infarctus. Il lui a prescrit du repos.

Il lui a donn� un somnif�re. Elle allait mieux ce matin.

Le docteur dit qu'elle doit se reposer.

J'ai entendu, James !

Je me reposerai quand je serai morte.

Le Dr Whitridge, ce boucher !

Il a le cerveau d'une limace, l'allure aussi.

Je suis si contente de te voir !

Tu trembles comme une feuille.

Que t'as racont� James ?

Rien. Nous voulions te voir

pour t'annoncer une nouvelle.

- Tu te sens mieux ? - Je suis repartie pour 50 ans !

�a a d� vous d�plaire de voir Whitridge !

James l'a fait entrer, je l'ai chass� !

Je savais que vous viendriez. Je l'ai senti.

Et je sais pourquoi ! Finissons-en.

� quand le mariage ?

Nous n'avons pas fix� de date. Nous...

Mo�se sur la montagne. On ne tra�ne pas avec une fille comme elle !

Il faut la coincer ! Fixons une date tout de suite.

Je n'ai pas achet� de robe depuis 10 ans !

J'en veux une mauve avec de la dentelle argent�e.

Je danserai avec, morte ou vive !

Tu seras mes parents et mes demoiselles d'honneur.

Grand-m�re ?

Tu as vu comme les roses sont belles ?

Tu l'es bien plus.

Nous devrions nous asseoir et admirer les roses.

Asseyez-vous tout seul, je suis...

J'allais oublier.

- C'est pour vous, James. - Merci, Miss Lydia.

Vous en aurez besoin tr�s bient�t.

- N'est-ce pas Michael ? - C'est vrai.

- Mon premier gilet blanc ! - Pour porter au mariage !

J'ai un aveu � vous faire.

Je n'ai jamais os� vous embrasser.

Vous �tes toujours si s�rieux et digne.

Puis-je vous embrasser pour la 1�re fois, p�re ?

Ce n'est pas la 1�re fois.

J'ai eu ce privil�ge quand vous aviez 18 mois.

Cessez de les regarder comme �a et imitez votre p�re.

Allez, vieux charmeur, ces enfants doivent mourir de faim.

C'est pr�t, madame.

Je la trouve p�le. Et vous ?

J'esp�re que �a ira.

Si seulement elle se plaignait.

Si elle r�clamait des m�dicaments.

Je suis heureuse, ici.

C'est un sentiment tr�s doux.

L'oiseau dans son nid.

Un nid...

C'est insupportable, je n'ai pas le droit de...

Ch�rie...

Lydia ! Venez.

Lydia, � ta place.

Michael, ici...

James ?

Dressez un 4�me couvert.

Un 4�me couvert ?

Vous attendez du monde ?

Personne ! Je veux un 4�me couvert !

Pour vous !

Ne vous endormez pas !

Dois-je servir maintenant ?

J'ai dit : assis !

Tr�s bien, madame.

Et appelez-moi Sarah.

Ne restez pas plant�e, Maggie, mettez un couvert.

Pas de soupe pour James, il d�teste �a.

C'est gentil de vous en souvenir, madame.

Je vous ai dit de m'appeler Sarah !

Merci...

Sarah !

� moins d'avoir tr�s froid, vous devriez retirer vos gants

� table.

Tout de suite. Excusez-moi.

Nous voil� tous r�unis.

J'ai longtemps attendu ce moment.

La bateau est par�. Les voiles

sont gonfl�es, un honn�te homme tient la barre.

Pas un pirate de charme � moustache fr�missante,

mais un honn�te homme.

Pas un malotru vantard et menteur.

Un honn�te homme, nom d'une pipe !

Un homme comme il faut.

Maggie ?

Voil� le port. Apportez du grog.

Nous arrivons au port.

Buvons � la sant� et au bonheur de notre nouveau capitaine,

Michael Fitzpatrick !

Oui ! Il �tait partout, et me souriait.

Le fant�me de Richard.

Mais j'�tais plus forte que lui.

Je le regardais en face.

Vous devriez manger plus !

Vous n'aurez bient�t plus de forces.

Le brouillard durera longtemps ? Il ne fait jamais clair, ici ?

Dans quelques jours, le soleil sortira, et il fera beau.

Cette corne qui mugit.

Vous vous y ferez.

Votre grand-m�re s'en plaignait, apr�s la mort du capitaine.

Quand la balle a fini par l'achever.

La nuit, elle descendait l'escalier.

Elle regardait par la fen�tre et disait :

"C'est lui. Il m'appelle."

Puis elle s'effondrait en pleurant.

�a lui faisait du bien.

Je passais la nuit � devenir forte. J'apprenais � le ha�r !

Au lit, je me moquais de lui.

Des hommes qui croient pouvoir tourmenter les femmes � jamais...

et des menteurs qui pensent que leurs c�urs

leur appartiendront � jamais.

Oui !

J'ai appris � me rire du souvenir de Richard...

et � le voir tel qu'il �tait : b�te et m�chant.

Parfois, je m'asseyais sur le lit en riant de ma na�vet�...

de lui, de moi. Et de cette corne qui mugissait !

Merci !

Bonjour, Lydia !

- Oh ! Bonjour, Michael ! - Ma ch�rie !

Je trouvais le temps long.

Vous ne m'avez pas �crit ?

Je n'aurais su que dire.

Je comprends.

Je sais autre chose.

C'est irr�el d'aimer un fant�me.

- �a passera. - C'est pass�.

Alors rentrons et soyons heureux !

Nous pouvons vivre, travailler,

et aimer.

�coutez-moi.

Je suis ici pour d�cider de mon avenir.

Et ma d�cision est prise.

C'est difficile � dire, vous �tes si gentil...

et elle vous aimait.

"Un honn�te homme � la barre."

Mais je ne veux pas. Je ne peux pas. Je n'ai pas le droit.

Je dois payer pour ce que j'ai fait. Seule.

Ma vie durant, au prix de ma vie...

J'aimerais beaucoup, mais c'est trop tard.

- Vous ne m'aimez pas. - Si, d'une certaine fa�on.

La vie serait si douce.

Le bateau serait toujours par�.

Mais je ne veux pas.

C'est tout ou rien.

Tout Lydia ?

L'amour

enfant� par le soleil br�lant et l'oc�an.

Un festin qui vous laisse plus affam�e qu'un loup.

Je l'ai connu, Michael, et maintenant c'est fini.

Je ne le conna�trai plus jamais.

Je suis une vieille fille.

Comme si j'avais 90 ans, et je mourrai comme �a.

Je suis assoiff�e de vie, comme tous les MacMillan.

Ils n'ont jamais pu se satisfaire de peu. C'est tout ou rien.

40 ans de travail

� me souvenir de vous.

Frank...

Bob... Michael...

et d'un fant�me.

Le capitaine Richard Mason.

Le diable � roulettes ! Le fant�me du comptoir !

- Dr Fitzpatrick ? - Oui.

J'ai eu votre t�l�gramme.

Je ne vous connais pas, mais je suis venu.

Pourquoi cette r�union ?

Richard...

Voil� o� tu t'es cach� toutes ces ann�es.

Derri�re cette vieille figure.

Vous la reconnaissez ?

J'ai peur que non. Je ne la reconnais pas du tout.

- Comment s'appelle-t-elle ? - Pourquoi ?

Capitaine, c'�tait il y a longtemps.

Vous ne l'avez peut-�tre jamais vue.

C'est dr�le.

Excusez-moi.

Il ne se souvient pas.

Il �tait surpris.

Sottises. Il m'a oubli�e.

Parfait ch�timent de mes p�ch�s. Nul ne s'en souvient.

Sous-titres : Ad�le Carasso � Lise Dufaux

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