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LA NUIT DES FORAINS
Demain tu reverras ta femme.
Tu as le trac ?
�a fait 3 ans...
Tu sais ce qui est arriv� ici au clown et � sa femme ?
Ils �taient alors chez Weger...
Ici, tu dis ?
Oui. J'y �tais. C'�tait plut�t p�nible.
Raconte.
Ce pauvre Frost...
�a s'est pass� il y a sept ans.
La garnison s'exer�ait au canon.
Les officiers avaient trop chaud.
Ils buvaient du schnaps sur l'herbe.
Les gars bossaient sur la gr�ve.
�a jurait ferme l�-dedans !
Puis, ils ont vu passer Alma.
Elle avait encore l'allure d'une reine...
bien que d�j� un peu fan�e.
Le chef vous salue...
Que lui vaut cet honneur, � ton chef ?
Votre �pouse...
Mon �pouse... et alors ?
Elle se baigne nue avec les soldats !
Sois un homme !
Faut la tuer !
On t'aidera � lui taper sur les fesses !
Armez les canons !
Elle a cri� que nous avions tu� son mari.
Mais on lui a bien expliqu� de qui c'�tait la faute.
On a d� le porter dans la tente.
C'est dr�le, une femme...
On n'est plus pay�s, et il n'y a rien � manger.
Il ne reste que la moiti� des costumes.
Il y en a qui n'ont rien � se mettre.
On comprend tes difficult�s.
La pluie, tu n'y peux rien.
�a, c'est s�r !
Tous les gosses ont des vers.
Ma roulotte est pleine de puces.
Je me ferai directeur de m�nagerie !
Il y a l'ours... �a se mange.
Si on le tuait avant qu'il meure tout seul ?
Plut�t te tuer, toi !
Ou moi... ce serait mieux.
Alors, Albert ! Qu'est-ce que tu en penses ?
On croit bien faire...
Apr�s, on se sent ridicule.
- En Am�rique... - Ah ! C'est pas comme en Scanie !
L�-bas, on parcourt la ville en cort�ge !
Musique et �l�phants en t�te,
tous avec le sourire...
� travers les acclamations de la foule,
une voix forte crie le programme.
Si on prenait une roulotte et nos plus beaux costumes ?
Ceux qu'on a laiss�s ?
Puis, on fera des affiches.
La m�re Ekberg jouera, et Anton fera le crieur.
L'id�e n'est pas mauvaise !
Je mets ma robe verte !
Le nain, je n'en veux pas !
Je serai en t�te pour vous annoncer.
Une autre id�e ! Les com�diens du th��tre Sjuberg sont ici en tourn�e.
Je leur demanderai quelques costumes
et ce soir : Grand GaIa !
Suivi d'un souper avec du schnaps,
du bifteck, du ch�teaubriant...
et du caviar !
Sur la colline fleurie, Hialmar chanta
les faits de guerre d'antan...
Mets vite ta robe jaune !
Frise tes cheveux et soigne ton maquillage !
Nous allons en visite.
- Chez le pr�fet ? - Non, chez Sjuberg.
Celui du th��tre ? Tu es fou ?
Vise-moi �a !
Tu as les oreilles saIes.
Tu ne me quitteras pas ?
Que veux-tu dire ?
Si le cirque est foutu...
Alors on avisera.
Tu promets de ne pas me quitter ?
Ne t'inqui�te pas.
Tu verras ta femme.
Et mes gosses... �a fait 3 ans...
J'ai peur que tu n'y retournes.
Calme-toi, ch�rie.
Je peux me raser ?
On r�ussira bien un jour.
Tu crois ?
Des directeurs de cirque riches, �a existe !
Ils ont une maison, des diamants,
des automobiles...
Seulement voil�...
ils sont en Am�rique.
Il y en a encore, des costumes !
Et des parapluies, donc !
Qu'y a-t-il ?
Rien... pourquoi ?
Tu parais inquiet.
Moi ? Pas du tout !
C'est � moi de lui parIer.
Toi, tu fais ton plus charmant sourire.
Des jolies filles, �a l'int�resse.
Respire fort, qu'il voie tes seins.
S'il veut voir tes jambes, faut pas refuser.
Je veillerai sur toi.
Au besoin, je lui casserai la figure.
Une �me innocente fait la richesse d'une femme
et lui fera vaincre toute tentation.
Vos paroles, mon p�re,
porteront leurs fruits dans mon c�ur.
Madame votre m�re... pour Monsieur votre p�re...
Monsieur mon �poux !
- Qui voulez-vous ? - Le directeur.
Il r�p�te.
Nous attendrons.
C'est qu'il est tr�s occup�.
Qui ose parler pendant la r�p�tition ?
Il y a un monsieur et une dame...
Qu'ils aillent au diable !
Je me ravise. Qu'ils approchent !
Restez ! Il veut vous parIer.
On pourra revenir un autre jour.
Bonjour, M. Sjuberg.
Quel beau temps !
Je suis Albert Johansson,
propri�taire du cirque Alberti.
Voici Anne, ma femme.
Fais la r�v�rence !
Que puis-je pour vous ?
Nous... C'est que...
Une chaise pour Madame !
Vous permettez ?
Je vous �coute, M. Alberti.
Le malheur a voulu que la moiti�...
de nos costumes...
aient �t� d�truits.
Je me suis dit que vous pourriez nous aider
en nous pr�tant quelques capes et chapeaux...
entre confr�res...
Et si on attrapait votre vermine !
Des poux, des maladies honteuses...
Que sais-je encore ? J'ignore le cirque.
Le risque est grave !
Je vous certifie...
Combien me payez-vous ?
Eh bien... j'avais pens�...
- Combien voulez-vous ? - Trop, j'en suis s�r.
Vous m'insultez.
Oui.
Parce que vous �tes des clochards, comme nous,
et parce que vous supportez mes insultes.
Vos roulottes ne valent pas nos h�tels miteux.
Votre art n'est pas l'Art.
Le plus nul ici peut m�priser le meilleur d'entre vous.
Vous ne risquez que vos vies.
Nous, notre orgueil.
Je trouve votre accoutrement ridicule,
et Madame serait sans doute mieux sans le sien.
Vous n'osez pas rire de notre fausse �l�gance,
de nos fards, de nos accents �tudi�s.
Pourquoi ne pas vous insulter ?
Je ne vous comprends pas.
C'est votre force.
Et les costumes ?
Vous les aurez.
Mais... � quel prix ?
Invitez-nous ce soir !
- Quel honneur ! - En effet.
M. Blom vous montrera le grenier.
On reprend la sc�ne !
Du courage, mon enfant ! Une �me innocente...
Tu m'as rendu fou !
Je n'ai plus ma t�te !
Veux-tu m'�pouser ?
Ce vieil �ne ne t'aura plus !
Tu partages son lit ?
Tu lui souffles des mots doux � l'oreille ?
Viens ! Ne me fais plus souffrir !
Je t'aime !
Je te veux ! Tout de suite !
Je pourrais te violer sur place,
devant ton directeur � la gomme.
L�che-moi !
Non, je ne te l�cherai pas !
Je ferai ce que je voudrai.
Pas �a !
Tu ne parleras pas comme �a de mon mari !
Seul avec toi, je te battrais.
Je d�chirerais ta faible r�sistance
comme du papier sale !
De qui est cette tirade ?
Ne fais pas le taureau. Je ne suis pas ta vache.
En bas, tu en as de plus plates qui feront mieux ton affaire.
Quel est votre tarif ?
Il me reste quelques �conomies.
J'aurais d� commencer par l�.
Tu es trop beau. Tu as l'air d'une fille.
Veux-tu mon avis ?
Tu n'as combl� aucune femme !
Prends garde � ce que tu dis !
Quand tu rougis, tu es moins beau.
Si tu me touches, je mords.
Ta bouche sera d�chir�e.
Si je ne suis pas beau, toi, tu es belle !
Oublie tout ce que j'ai dit !
Pardonne-moi ! Il faut que tu m'aimes...
Je t'en supplie !
� genoux !
Ton front par terre !
Encore ! Et plus fort !
Je t'embrasserai une fois.
Une seule fois.
Va-t'en ! Tu m'as fait trop de mal !
Ces costumes sont formidables !
Ce soir, le cirque Alberti donne un de ces galas !
M. Blom est un ami ! Il nous a offert du schnaps !
Vous en voulez ?
�coutez, braves gens, et admirez !
Au prix d'�normes sacrifices de toutes sortes,
Ie cirque Alberti est venu chez vous !
Ce soir, un Grand GaIa de Famille hors pair !
La beaut�, mais aussi le frisson !
Sans oublier le rire !
Un cadre magnifique,
des costumes �blouissants !
Des artistes de renomm�e mondiale !
Arr�tez-moi ce vacarme !
Ne savez-vous pas que c'est ill�gal ?
Un peu de r�clame...
Vous avez demand� l'autorisation ?
Mais je croyais...
Monsieur est croyant !
Descendez tous ! Retour au terrain !
L�, on vous tol�re.
Tu vas voir, esp�ce de singe !
Tu veux que je t'apprenne � respecter la loi ?
Allez ! Tout le monde descend !
Mort aux vaches !
D�telez les chevaux !
Ils passeront la nuit chez nous.
�a vous apprendra � discuter.
En route !
Tas de farceurs !
Toi, tu fais �a ?
Elle n'aura rien � dire !
Et puis je m'en fiche !
Tu as bu ?
- Tu rentreras t�t ? - �a me regarde.
Tu y passerais la nuit !
Depuis 3 ans, je n'ai pas vu mes gosses !
C'est devenu urgent !
Tu ne comprends pas.
Je sais qu'elle t'attend...
qu'elle attend ton retour.
Tu seras commis dans sa boutique.
La ferme !
Tu ne me contredis pas.
Tu penses � ta retraite.
Tu te fais vieux, et tu as peur.
Je rentrerai pour le gaIa.
Reste !
N'y va pas !
Je t'en supplie !
- Tu pleures ? - Pas du tout.
- Tu es jalouse ? - �a t'�tonne ?
Et si tu partais pour de bon ?
Tu en as marre du cirque et de moi.
Que vais-je faire sans toi ?
Mais je t'aime !
Si c'�tait vrai, tu n'irais pas chez elle.
Je t'aime, pourtant.
- Tu mens ! - Bon, bon, mettons !
Tu ne me trouveras pas ici en rentrant !
O� pourrais-tu bien aller ?
Ailleurs... tu verras.
Tant pis pour toi.
Que d�sirez-vous ?
Tu ne me reconnais pas ?
Non.
Tiens...
Vous d�sirez ?
- Ta m�re est l� ? - Oui.
- Je peux la voir ? - Elle d�jeune.
Je peux l'attendre ?
Il fait beau.
Tu es mon papa ?
Oui.
Tu vas bien ?
Et ton fr�re ?
Il a perdu une dent.
Et toi, tu aides ta maman.
C'est bien, �a.
Quel �ge as-tu ?
9 ans.
Je t'embauche bient�t au cirque ?
Non.
Voil� maman.
Bonjour, Agda.
Je suis venu vous voir en passant.
As-tu faim ?
J'en ai l'air ?
Tu traduis maI.
Bon, j'accepte !
Garde la boutique.
Je n'ai que des cr�pes. �a te va ?
Tr�s bien.
�a marche, la boutique ?
M. Forsell m'a c�d� la sienne.
J'ai les deux tabacs de la ville.
Tu gardes l'autre ?
�videmment !
Ote ta veste.
Je suis bien comme �a.
Il y manque un bouton.
O� sont donc tes chemises ? Tu n'en as pas de plus neuve ?
�a me regarde.
Ach�tes-en !
Je ne peux rien acheter.
- Ne crie pas ! - Tu m'agaces !
Alors, va-t'en !
Je peux te pr�ter de l'argent.
C'est honteux !
Sois poli !
Ne t'occupe pas de mes affaires !
Ta g�n�rosit�, je n'en veux pas.
Tu es trop susceptible ! La chose est si simple.
Pourquoi refuser ?
Tu te sens forte ! Tu te venges !
De quoi ?
Pas de com�die !
De m'avoir quitt�e ?
Mais je t'en suis reconnaissante !
Quoi ?
Depuis, j'ai la paix.
Toi parti, ma vie m'appartient.
Plus de cirque...
Ce cirque d�go�tant qui me faisait si peur !
Les cris, les jurons, l'�ternelle bougeotte,
La vermine, les maladies !
Ici, je suis heureuse... et reconnaissante.
Passons au salon.
Tu es une femme �patante.
Merci.
- Nous, on �tait bien. - Comment ?
Nous deux, avant que tu aies la boutique.
Je plaignais les gosses.
Tu voulais les former.
Non, sinc�rement, c'�tait dur.
- Tu m'as suivi. - Je t'aimais.
Puis �a a pass� ?
Est-ce utile de parler de tout �a ?
Non. Peut-�tre pas.
Mon amour n'avait fait que grandir.
Mais au lendemain de ton d�part, Il �tait d�j� mort.
Bizarre.
Je ne t'ai pas quitt�e.
Tu es rest�e ici, moi sur la route.
N'en parlons plus.
Tu vois tout si clairement !
Pour moi, tout est embrouill�.
Tu as des difficult�s... financi�res ?
Quelle question !
� ta sant�.
� la tienne, et merci.
Rien ne change, ici.
En �t� comme en hiver, tout est calme.
C'est une rue tranquille.
Les ann�es se suivent, et rien ne bouge.
C'est un m�rissement.
Non, c'est le vide.
Je ne suis qu'un pitre
dans ce monde d'illusions.
La perfidie d'une femme, sa faiblesse,
son indiff�rence m�me, changent mon existence
de jour en jour, d'heure en heure.
Suis-je le comte Badrincourt de Chamball ?
Ou suis-je le plus mis�rable des hommes ?
Sors, � poignard, de ta cachette.
Cherche l'endroit o� ta soif sera assouvie !
Tu es ma ma�tresse
que je serre sur mon c�ur.
La nuit verra notre union dans ce jardin
o� jadis, ma cruelle d�esse
m'accorda ses faveurs.
Adieu, � monde !
Adieu, ma souveraine !
Puisses-tu de tes larmes arroser ma s�pulture.
Je me meurs.
Levez le rideau !
Tout le monde en sc�ne !
La r�p�tition est termin�e.
Un bien triste spectacle.
M. Blom est un idiot.
Merci, il le sait.
Je veux quitter le cirque.
Tu te moques de moi ?
Je te souris parce que tu es belle.
Tu n'as pas besoin de m'�pouser, tu sais.
Tu sens l'�curie, Ie mauvais parfum et la sueur...
Je te l�cherai comme un chien !
Je t'apprendrai � te maquiller.
Ta bouche...
- Je sens la sueur ? - J'ai dit �a pour rire.
Mon parfum n'est pas cher.
Je t'en donnerai. Tiens...
Tes mains sont belles.
�a doit co�ter cher !
Il est � toi.
Rien � faire pour l'�curie.
Tout chez nous sent pareil.
Tu me mets du fard ?
Inutile !
- Un cadeau ? - Doucement !
Une femme !
� son retour : plus d'Anne !
Plus d'�cuy�re pour ses criquets !
Plus de dame sci�e en deux par un magicien ivre !
Partie, disparue !
Et si tu te lasses de moi ?
Alors, je te tuerai.
Si je ne te tue pas avant !
Oh, je suis forte. T�te un peu !
Terrible !
Les noix, je les croque !
Tu me fais peur !
Je fais galoper le grand hongre, sans selle,
en serrant les cuisses.
Tu sais faire �a ?
Je ne pense pas.
Tu n'es pas costaud.
Tu es bien fait, mais un peu gras.
Quel affront !
Je parie que c'est moi la plus forte !
Tu manges trop.
Laisse-moi partir ! Je ne veux pas !
Te l�cher maintenant ?
Je n'ai pas le courage ! Je ne veux plus.
Donne-moi la cl� !
Comment apprend-on � danser aux ours ?
Faut-il des fers rouges ?
Donne-moi la cl� !
Tu me hais ?
La cl� ! La cl� !
Oui, tu me hais... et tu me plais encore plus ainsi.
La cl� !
Tu l'auras... apr�s.
La cl� !
On n'a pas fini de jouer.
Cette amulette est une chose pr�cieuse.
Je l'ai re�ue d'une dame reconnaissante.
Si tu es gentille, tu l'auras.
En la vendant, tu pourras vivre un an.
Tu pourras quitter le cirque.
Elle te portera bonheur.
Tu la vendras au bijoutier d'en face.
�a me rapportera combien ?
Assez pour vivre un an. Ce sont de vraies perles.
Tu jures de me donner la cl� ?
Je le jure.
Personne ne saura ?
Je ne dirai rien.
Voil�, c'est tout ce que je peux faire.
Tu es gentille.
Bonjour.
Que veux-tu ?
Un type joue de l'orgue de Barbarie dans la rue.
Son singe fait des tours pour 5 sous.
5 sous, c'est beaucoup d'argent.
S'il te pla�t, maman !
Je vais te les donner.
Tu dis merci ?
Et maintenant, file !
Fatigu� ?
Ce repas... et le cognac...
Dis, Agda...
Je ne sais trop quoi dire...
C'est dur � exprimer...
Alors, ne dis rien !
Ne te f�che pas...
Ce n'est pas s�r !
Si, je te le promets.
Je veux rester avec toi !
Je suis trop vieux pour le cirque.
Je veux partager ce calme,
voir grandir mes gosses.
Je t'aiderai dans les boutiques.
Je sais �tre agr�able quand il le faut.
Tu ne le regretteras pas.
Je ne te quitterai plus !
Ne fais pas le mendiant !
J'en suis un !
Oh, pas � cause de ton argent !
Je vendrai la tente, les costumes
et les chevaux qui sont � moi.
L'argent ira � tes affaires.
Tu parles trop.
Toi, tu ne dis rien.
Que puis-je te dire ?
De rester.
Non, tu ne resteras pas ici.
- Il y a quelqu'un d'autre ? - Quelle importance ?
Je ne vivrai pas toujours seule.
Mais personne ne me prendra ma vie
et ma tranquillit�.
Personne, tu m'entends ?
- O� �tais-tu ? - Pourquoi ?
La question te g�ne ?
Tu as une dr�le de voix.
J'ai �t� me promener.
- Seule ? - Et quoi encore ?
Rien.
Et toi ?
Tu le sais parfaitement.
J'ignore les d�tails.
Parlons de toi.
- Tu n'as rien � cacher ? - Moins que toi !
Que veux-tu dire ?
Les vitrines, c'est d�fendu ?
Celle du bijoutier, non ?
Tu m'as �pi�e ?
Non, mais je t'ai vue sortir du th��tre
et entrer en face.
Et alors ?
Pourquoi le th��tre ?
Pour voir la r�p�tition ! Est-ce un crime ?
Qui �tait l� ?
Je ne les connais pas.
- Frans y �tait ? - Peut-�tre bien.
- Tu lui as parl� ? - Non.
- Tu en es s�re ? - Pas un mot !
Pourquoi es-tu sortie tout �bouriff�e ?
Une chute dans l'escalier.
Tu as fini, oui ?
M'as-tu tromp� ?
Tu es fou ! Tu n'as pas le droit !
- Tu as peur ? - D'�tre battue, oui.
Tu n'as qu'� dire la v�rit�.
Frans m'a dit deux mots.
Dans sa loge ?
- Il t'a prise ? - Non ! Je te jure !
La v�rit� !
Ou je te casse la gueule !
Tu me forces � inventer !
Je veux la v�rit� que je vois dans tes yeux !
Il m'a donn� un bijou soi-disant pr�cieux.
Je l'ai montr� en face.
- Fais voir ! - Il �tait sans valeur.
- Et pour �a, il t'a eue ! - Non.
Tu mens maI.
Ne crie pas. Personne ne t'aidera.
Je ne t'ai pas tromp� !
Je pourrais te tuer, mais �a ne me dit rien.
Si tu veux mentir, mens !
J'ai couch� avec Frans !
Il m'a forc�e.
Il m'a enferm�e � cl�.
J'avais peur d'arriver en retard.
Il m'a promis la cl� si je c�dais.
J'avais trop peur pour lui dire non.
Dis quelque chose !
Tu mens encore !
Je vous ai entendus parler, ce matin.
Tu veux mon avis ?
Tu es all�e le voir
parce que tu es lasse...
comme je le suis moi-m�me.
Arr�te !
Nous voil� bien coinc�s !
Cette soir�e sera sensationnelle !
Fanfares de cornets pour les cornus !
Trompettarades pour les p�teurs !
� ta sant�, mon fr�re !
Tout bien r�fl�chi,
je n'ai de la haine pour personne.
M�me pas pour le flic de ce matin.
M�me pas pour Anne, qui m'a tromp�.
Toi, tu me m�prises.
Tu m�prises tout le monde, toi le premier.
Moi, j'aime les gens.
J'aime les caresser. Ils ne me font pas peur.
Je ne ferai plus l'idiot avec ce cirque pouilleux.
Je serai un brave bourgeois
avec un compte en banque
et une �pouse honn�te.
Anne, tu ne seras jamais une �pouse honn�te.
Aussi ne t'�pouserai-je jamais
car tu m'as tromp�...
pauvrette !
Un peu de sentiment, �a fait du bien !
Pauvre Anne, pauvre Agda...
pauvres petits gar�ons !
Et toi, pauvre diable, et ta pauvre femme !
Dommage que les gens soient oblig�s de vivre.
C'est une honte !
C'est une honte d'�tre Albert.
C'est vraiment une honte.
Mais je ferai enfin quelque chose
qui soit digne d'un homme.
Mourir de ta main ?
Ai-je dit cela ?
Je l'ai eu de Timba, le dompteur.
Tu devrais tuer l'ours.
Il n'en a pas pour longtemps.
C'est une tr�s bonne id�e.
N'oublie pas de tuer ma femme aussi.
Ce serait pure charit�.
On doit tuer tous ceux qui souffrent.
Cinq ou six, au moins.
Toi, par exemple.
J'ai mon pauvre p�re � ma charge !
Je t'ai fait peur ?
Non... Si...
Tu as peur de la mort ?
Oui.
Moi, je n'ai pas peur.
Tu te tues, alors !
Il fait chaud ici ! Dehors !
Ouvre la porte !
Regarde cette vie qui nous entoure !
Je l'aime, cette vie !
Pourquoi ai-je exig� la v�rit� ?
�tre cocu sans le savoir n'est rien !
Tu es un nouvel Othello !
Je l'�tranglerai,
je lui demanderai pardon.
Je lui dirai de tout raconter.
Tout ce qu'ils ont fait. Je dois �tre fou !
Me comprends-tu ?
Non, et je m'en fous !
Anne ! Si faible ! Si femme ! Mon enfant !
Qu'a-t-elle � me tromper, la garce !
Je ferai pareil !
Tu as fini de vomir ?
Toi, tu es comme un gla�on.
On se rel�ve ?
Pr�parez le spectacle !
On commence dans une heure !
Toi, l'avorton, je te chasse...
si je ne te tue pas avant !
Essaie d'�tre rigolo, va !
Seulement, sois d�cent ! C'est une ville bien !
Je crois que je vais les quitter.
Bon anniversaire !
Ce num�ro a assez dur� !
Voici, pour clore cette soir�e,
une ardente Espagnole sur un pur-sang andalou.
Un spectacle inoubliable !
Toujours fra�che et dispose ?
On se remet en selle ?
L'affaire est claire !
Insultes r�ciproques !
Nous serons t�moins et juges.
Le directeur posera son fouet.
Tabati�res et couteaux interdits !
Allez-y !
Tue-le, Albert !
Je l'aurai !
O� est-il ?
Je l'aurai !
Le spectacle est termin�.
Merci d'�tre venus.
Ouvre !
Laisse-moi entrer !
Es-tu mort ?
Non !
Tu ne veux pas ouvrir ?
Allez tous au diable !
Non, Albert !
On d�monte ?
�a vous regarde.
Bonne recette !
Partagez-la entre vous.
Mets un fer au Prince avant le d�part.
- Donc, on part ? - �videmment !
Cet apr�s-midi, j'ai fait un r�ve.
J'ai vu Alma, qui me disait :
"Mon pauvre, tu as l'air triste et las.
Ne veux-tu pas te reposer ?"
Moi, j'ai dit oui.
"Tu seras petit comme un foetus, qu'elle a dit.
Tu dormiras longtemps dans mon ventre."
Je me suis couch� dans son ventre
et l�, j'ai dormi comme dans un berceau.
Je suis devenu toujours plus petit...
petit comme une graine, et puis j'ai disparu.
Grouille-toi ! Viens dormir !
Elle ne peut pas s'endormir sans moi.
Bonne nuit.
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