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LE SALAIRE DE LA VIOLENCE

Quelle chance que Lee se soit décidé à rassembler les chevaux.

On Se serait tourné les pouces

en attendant Tyler et les gars.

Content de partir un peu?

T'es pas fou?

C'était pour te faire parler. On dirait que je n'existe pas

Ne t'avise pas de recommencer!

Ça va, frérot... Continue.

On est censés se hurler dessus comme ça?

Allons, vas-y... Je t'écoute.

Si c'est tout ce que tu as à me dire,

c'était pas la peine

Je pense souvent à la jument qu'on a vue en automne.

Elle court toujours.

Vraiment dommage que j'aie raté mon coup !

Pas le premier que tu aies raté.

Je suis moins fort que Lee, ou même que toi.

Comment ça, "même que moi"?

Je suis aussi fort que Lee.

Sinon plus !

C'est ça, vas-y, casse-toi le cou.

RESERVE INDIENNE

Vous parlez leur charabia?

Ma mère était sioux.

Sans blague?

Il faut que je me fasse admettre dans votre tribu.

Parlez-en à mon frère. Il est dans le corral.

Je ne suis pas si pressé.

Faudrait que ça vaille le coup.

Qu'est-ce qui vous amène, les amis?

Si j'avais su que vous étiez si bien achalandé...

Clee n'est ici que depuis peu.

Qu'y a-t-il pour votre service?

Dis-le lui. J'ai à faire.

Nous sommes à court de main d’œuvre.

Vous, les Hackett?

Père a expédié 5000 têtes. On manquait de wagons.

Les hommes ne pourront rentrer à temps.

On pensait que vous pourriez nous dépanner.

- Bien sûr. - Des chevaux sauvages,

et un tas d'égarés, venus d'on ne sait où.

Et toi? Es-tu une sauvage ou une égarée?

3 semaines pour les rassembler, une pour les vendre en ville.

Vendre, c'est bon pour toi.

Moi, je compte m'amuser en ville.

Clee...

C'est vraiment un joli nom.

C'est un nom sioux, ma chérie?

Non ! Et je ne suis pas votre chérie !

Ne lui parle pas comme...

C'est une métisse, non?

L'école ne lui a pas fait changer de peau.

Ferme-la.

Ne faites pas attention, Il veut vous mettre en colère.

Parfois, j'ai envie de le battre.

N'hésitez pas.

Malheureusement, Il est plus fort que moi.

Je préfère ça.

Je m'appelle Davy Hackett.

Oui, je le sais par M. Avery.

Pourtant, qui l'aurait cru? Un Hackett qui ne porte pas de pistolet.

Cécile Chouard...

Je croyais que c'était "Clee"?

Ma mère m'appelait Clee. Mon père était français.

Quoi qu'il en soit, les deux noms me plaisent.

Je les préfère à "chérie".

Paul,

les Hackett ont besoin de main d’œuvre.

David Hackett, mon frère Paul.

"Cheval Noir", "Aigle Bleu".

Ils demandent combien vous payez.

Ne dépense pas tout en chemises hors de prix.

Va, squaw. Laisse-nous discuter.

On part quand?

M. Hackett?

En ce qui concerne les salaires...

Dis à Lee qu'on est prêts.

Parfait, à demain.

T'as jusqu'à la fin du mois.

Il faut que les taureaux soient expédiés à temps.

Johnson est au courant.

Il peut compter sur Tyler.

J'y veillerai.

Lee,

je peux m'en occuper, si vous voulez.

Oh, non.

T'es pas encore assez décrépi.

On ne va pas rater ça, non?

On a droit à un peu de bon temps.

Ces chevauchées ne sont plus de mon âge.

Moi, oui mais toi...

Tu n'as pas une paire de fils comme celle-là.

Ça ne vous suffit pas. Vous voulez toujours les dépasser.

Ça a marché?

J'ai engagé trois hommes.

Deux et demi en fait. On a un métis.

Paul Chouard?

- Tu le connais? - Très bien.

Et comment! C'est le meilleur homme.

- Du coin. - Vraiment?

Tu es sûr?

Si vous doutez, voyez par vous-même l

- Donnez. - Non, merci.

Il est chef d'équipe, pas palefrenier.

- Je ne lui ai rien demandé. - Tu as accepté.

Tu sais que je déteste qu'on nous fasse des faveurs.

On doit toujours rendre au centuple.

Que dois-je faire?

Que ça ne Se reproduise plus.

Oui, monsieur.

Et t'en va pas quand je te parle.

Si tu laisses les autres faire les choses à ta place,

ils croiront qu'ils valent mieux que toi.

Oui, monsieur.

Cesse de m'appeler monsieur.

Allons, va te débarbouiller.

Si Chouard est le meilleur cavalier de la région,

Lee et Ed seront jaloux.

Ils le sont l'un de l'autre.

Chouard en verra de durs.

Regarde ce que j'ai trouvé.

Je l'avais oublié.

Oublié?

Non, je l'ai laissé exprès.

Alors, porte-le.

Ça va, je le mets.

Est-ce que les Sioux ont pris le sentier de la guerre?

Des voleurs de chevaux ont fait un raid?

Tu mérites des coups de ceinturon.

Désolé.

Je ne voulais pas être insolent, mais je ne tire pas bien.

En ville, seul le shérif porte un pistolet.

De quoi on a l'air?

Pourquoi? Parce qu'on nous regarde?

Qu'ils nous regardent si ça leur chante.

Pourquoi?

Je vais te le dire.

Je veux qu'ils sachent que s'ils ont pu s'établir ici,

c'est grâce à nous.

Avec ceci.

Heureusement que j'ai su me servir d'un pistolet.

Fais voir ce que tu sais faire.

A toi.

Un peu rouillé, hein?

Grattons un peu cette rouille.

J'ai trop négligé ton entraînement.

Tu prends les deux?

Non, l'une après l'autre.

Encore un coup.

Tu en étais loin.

Surveille ton poignet. Tiens-le bien souple.

Tiens, prends ça.

J'irai doucement. Observe-moi bien.

Regarde mon pistolet, pas les bouteilles.

- Compris? - Oui.

Maintenant, celle-là, là-bas.

Pas encore. Vise seulement.

Tu tirais mieux quand tu avais 15ans.

Et puis après? C'est suffisant.

J'en sais assez pour abattre un cheval malade.

Oui, de près, à la rigueur.

Tu peux parler.

Je t'ai vu, t'exercer à dégainer devant ta glace.

Tu veux que je te botte les...?

Ne lui reproche pas de s'entraîner.

Fais voir si tu es rapide.

D'accord.

Je vais les jeter l'une après l'autre.

Attends que j'aie jeté les deux.

Mais tire d'abord sur la première.

Très bien.

Très bien !

Tu tirerais mieux?

Non, je ne crois pas.

Pas sur des bouteilles. Mais un homme,

- Qui sait? - Bien sûr...

Attends un peu.

J'ai vu des tireurs rapides perdre leurs moyens.

Il y a un moyen de vérifier.

Par exemple, et si...

Si on prenait chacun une de ces boîtes,

en la tenant comme ceci.

On recule, et au signal de Davy, on dégaine.

Pour tirer ?

Oui, sur les boîtes.

Jamais de la vie ! Même pas sur des bidons de 5 litres.

J'aime pas me promener avec deux doigts en moins.

Regarde.

Je vais la poser ici, et...

Tirer sur une boîte dans la main d'un homme...

Tu ne m'en crois pas capable?

N'importe qui d'autre,

je l'aurais descendu aussi sec.

La force de l'habitude.

Sache respecter un pistolet.

Ne tirer qu'à bon escient.

Viens, allons manger un morceau.

Le dernier repas avant le rassemblement. Viens, Davy.

Ce métis se défend bien, quand même.

Ça sent la pluie.

Penses-tu.

Feriez mieux de m'écouter et de sortir vos ponchos.

Le ciel est clair.

Faut pas discuter avec les femmes, les mules et les cuistots.

Hé, Chouard !

Tu crois qu'il va pleuvoir?

Je sais pas.

Tu ne sais pas?

Avec ton sang moitié indien?

Les Sioux ne prédisent pas le temps comme un almanach?

C'est ton sang blanc, qui gâte tout?

Vous aviez besoin de moi, non?

Si ma couleur de peau ne vous revient pas,

payez-moi.

Allez, enterrez la hache de guerre.

Ed, ton tour de garde.

- Mais... - Ne recommence pas!

N'oubliez pas le poncho.

Venez pas vous plaindre quand vous serez trempé jusqu'aux os.

Change de disque, Il pleuvra pas

Trois ponchos.

Ah !

Qu'y a-t-il ?

Je ne peux pas laisser Ed sans poncho.

Il en veut un, maintenant?

Quoi?

Tant pis !

J'y vais. Sans m'attendre à des remerciements.

De ta part non plus.

Après tout, c'est ton frère.

Jess, fais-les sortir de ce ravin !

Deux jeunes taureaux les cornes emmêlées.

Aucun ne cédera.

Ils pourraient se contenter d'un match nul.

Pas Ed... C'est pas comme ça que je l'ai élevé.

Regarde.

Très bien !

Est-ce une façon de traiter un cheval?

Il a de la chance d'être en vie.

Tu sais, la jument blanche...

Oui.

Je l'ai revue ce matin. Le métis l'a vue aussi.

Je l'aurais eue,

si ce sale canasson ne m'avait pas éjecté.

Fais panser ton bras.

D'abord, la jument.

Chouard ne l'a pas eue?

Elle s'est payé sa tête.

Elle a fait un de ces bonds !

Il en est resté baba.

Laisse-moi te panser.

Tu sais quoi, Davy?

Si j'attrape la jument, elle est à toi.

- Écarte-toi ! - Je ne peux pas.

Laisse-moi t'aider.

- Pas moyen d'y accéder? - Je ne vois pas comment.

J'en suis navré.

Métis ou pas, c'était un bon ouvrier, voire le meilleur.

Il a de la famille?

Une sœur.

Il faut la prévenir.

Ben, quoi?

Tu es responsable.

Comment ça?

Il n'y a pas de responsable. Ce sont les risques du métier.

Est-ce que ton frère reproche sa chute à un autre?

En tout cas, Il faut que quelqu'un lui dise.

J'aimerais lui donner son argent, et...

voir si elle n'a besoin de rien.

Davy, tu devrais y aller. Ça ferait meilleure impression.

Tiens, voilà 100 dollars.

Dis-lui que je suis désolé.

Ensuite, pousse jusqu'à Jackson City.

Tu nous y trouveras.

Elle n'est pas splendide?

Je vais la dresser pour toi.

Non, je n'en veux pas.

Puisque c'était convenu !

Je regrette que tu l'aies croisée.

Mauvaises nouvelles.

Je sais.

Les deux Indiens sont venus.

Elle est là?

Non.

- Où puis-je la trouver? - Pourquoi?

Je dois lui remettre de l'argent.

A combien l'estime votre père?

Pas si vite.

Mon père est navré, peut-être plus que vous.

Clee est partie.

Les Indiens l'ont emmenée chercher le corps de son frère.

Et la raison de sa mort.

Elle ne sait pas que c'est un accident?

Non.

Ils parlaient d'un meurtre.

Beau travail.

Combien peut-il y en avoir?

300, 400 peut-être.

Pas mal.

Dans le temps, on en ramassait facilement le double.

"Dans le temps"... Vous vous faites vieux.

Vieux? Eh bien, petit roquet...

Essaie d'arriver avant moi au Cattleman's bar !

Oui ? On verra ça !

Ed Hackett !

- Ed Hackett ! - C'est bien une idée à lui !

Un pistolet !

C'est illégal !

Oui, mais les Hackett sont arrivés avant la loi.

Enfin ! Je commençais déjà à m'inquiéter !

On te sert une limonade ?

Ou peut-être un verre de lait ?

Certainement pas de la bière, hein, mon garçon?

Quand je l'ai vu dans la rue,

avec ces barriques qui s'écroulaient !

et ce gosse, qui essayait dé s'en dépêtrer !

Et qui cavalait !

Qui c'est, le nommé Lee?

Vous, vous n'êtes pas d'ici.

C'est Lee Hackett.

Le plus gros propriétaire du pays. Vous en avez entendu parler.

Lee, tu te rappelles quand ils ont accroché le tableau ?

Tu disais quoi ?

Qu'on aurait mieux fait de pendre l'artiste que le tableau ?

Et aussi sec,

il tire dedans !

Je le vois encore.

Bien sûr.

Après ça, ce pauvre taureau

était plutôt moche à voir.

Et puis après?

- J'y mets la marque des Hackett, Lee? - Pose ça.

- Je vais le marquer ! - J'ai dit : pose ça.

Oui, monsieur.

Je m'excuse. N'essayez jamais

de dépasser Lee Hackett.

Je payerai les dégâts

Permettez-moi de me retirer.

Monte te laver.

J'ai peut-être négligé un peu son éducation.

Je croyais qu'il tenait mieux le coup.

Mike, quel que soit le prix de ce miroir,

remplace-le pour son prochain passage.

Vous ne lui faites pas rembourser les dégâts?

Faut jamais rien réclamer à Lee Hackett.

C'est alors qu'il se montre le plus généreux.

Minute, Ed !

Je voudrais te voir.

Du calme, shérif. Je suis blanc, libre,

majeur et sobre comme un verre de lait.

Et si je t'arrêtais

pour port d'armes et tapage?

Ôte cette bouteille de ta bouche

et écoute-moi.

Shérif, je n'écoute pas avec ma bouche,

mais avec mes oreilles.

Alors, écoute-moi bien, je ne le répéterai pas.

Tu vas bien te tenir.

Ne bois pas dans la rue, laisse ton pistolet tranquille.

Reste à l'intérieur de nos frontières.

- Quant aux femmes... - Les femmes?

Les femmes? Où ai-je déjà entendu ce mot?

Traite-les convenablement, ou je te chasse d'ici.

Pas de "fils Hackett" qui tienne.

Fini, le sermon?

Fini. D'ailleurs, mon adjoint te tiendra à l'œil.

Will Motely vient d'arriver depuis la côte est.

- C'est un ancien boxeur. - Ça explique tout.

Je croyais qu'il avait été piétiné.

Sans rancune, M. Motely.

Allez-y, prenez une gorgée.

Ah, non, j'oubliais...

Faut pas boire dans la rue.

Merci de votre beau discours, shérif.

Je ne l'oublierai pas.

Vous m'accompagnez, M. Motely?

Je l'enferme?

Non, surveillez-le.

Où le trouver ?

A votre avis ? A la messe de minuit ?

Ce sont de belles bêtes.

Si ça vous intéresse, le patron est par là.

Merci, je regarde seulement.

Pas celui-là !

Il vient d'un autre corral.

Celui-ci ne porte aucune marque.

Combien pourrons-nous en marquer?

95, environ.

Où étais-tu, hier soir?

Un peu partout.

Dommage qu'on ne se soit pas croisé.

Ça aurait été marrant.

Grand temps de lui flanquer une volée.

Ça lui apprendrait à respecter son père.

Voilà ce que c'est

d'être copain avec son fils,

et de se faire appeler par son prénom.

Ça va mal.

M. Avery accuse votre fils de meurtre.

Le meurtre de Paul Chouard.

C'est une plaisanterie, ou quoi?

Il y a erreur d'aiguillage.

Un meurtre... quand son cheval a trébuché?

Le cheval n'a pas trébuché.

Votre fils a poussé Chouard délibérément.

Vous étiez là? Vous m'avez vu?

Les deux Indiens le prétendent.

Et pourquoi ne l'ont-ils pas dit tout de suite?

Ils avaient peur. Ils sont venus me voir.

La parole de deux Indiens vaut plus

que celle de mon fils?

Je suis leur agent.

Il est de mon devoir

- de leur rendre justice. - Oh, non.

Deux Sioux feraient traiter mon fils de menteur?

Du calme, Lee.

Ce n'est pas un tribunal, ici. Qu'il Se défende à l'instruction.

Allons mon garçon, je t'emmène.

Oh, non.

Je ne crois pas, Harry.

On n'arrête pas mon fils comme ça.

Mets-toi ça dans le crâne.

Bob.

Tous au tribunal, et armés.

Attends, Bob.

Ne fais pas ça, Lee.

Arriver armé n'aidera pas Ed,

ça te ferait plutôt du tort.

Écoute-moi.

Tu es un homme respecté. Tu fais partie de notre histoire.

Quand on traîne un de mes fils en prison

- parce qu'un métis tombe de cheval... - Écoute, Lee...

Il est grand temps qu'on leur rappelle leur histoire.

Les raids sauvages,

les enfants, les femmes qu'ils ont massacrés.

Vous demandez justice, M. Avery.

Dommage que vous n'étiez pas là il y a 25 ans.

Bon, on y va, Harry.

Ed.

Viens avec moi.

Davy !

Viens.

Vous pensez donc qu'il l'a fait exprès?

Oui, monsieur.

A quoi bon écouter ces mensonges d'lndien?

Je vous rappelle à l'ordre, Lee Hackett. Cessez de nous interrompre.

Asseyez-vous.

Asseyez-vous!

Ed pouvait-il ignorer

que Chouard était si près du bord de la falaise?

N'importe qui l'aurait vu.

Encore une question.

Aigle Bleu a déclaré que Chouard a poussé un cri, en tombant.

- L'avez-vous entendu ? - Oui. Le cri de mort des Sioux.

Et alors ? Je l'ai souvent entendu,

et j'en étais bougrement content !

Pour la dernière fois, si vous interrompez à nouveau la séance,

je vous jette dehors.

Ce "cri de mort",

était-il assez fort pour être perçu distinctement?

Oui, monsieur.

Pourtant, vous dites que l'accusé ne s'est même pas retourné.

- Il a continué à poursuivre la jument? - Oui.

- Seulement après. - Ensuite ?

II a attaché le cheval, et est revenu à l'endroit de la chute.

Il a regardé, et il a appelé.

Aucun doute,

Paul était mort.

Merci, vous pouvez vous retirer.

M. Avery, vous avez un autre témoin?

Oui, Clee, la sœur de Chouard.

Elle l'a vu aussi?

Non, mais son témoignage complétera les autres.

Très bien, mademoiselle.

Venez à la barre.

Vous jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité?

- Je le jure. - Asseyez-vous.

Je vous écoute.

Je suis retournée là où mon frère a trouvé la mort.

Les traces étaient nettes,

là où mon frère chevauchait contre vous.

Vous avez examiné les traces laissées par les chevaux?

Oui.

Même si ces traces sont visibles,

elles ne prouvent pas qu'il ne s'agit pas d'un accident.

Ils l'ont vu ! Ils disent la vérité.

M. Hackett.

Je ne demande pas la vie de votre fils en échange.

Je veux qu'il admette l'horreur de son acte.

Qu'il en ait honte.

Et que la vie d'un homme,

même celle d'un "Sioux puant", comme moi,

vaut plus qu'une jument, ou que 100 dollars.

Mademoiselle, calmez-vous.

Ramassez ces pièces.

Ed Hackett, levez-vous.

Les déclarations de ces deux témoins oculaires

s'opposant à votre seule parole,

J'ordonne

que vous soyez jugé pour meurtre.

Le procès aura lieu le...

M. Le président...

Je voudrais témoigner.

J'ai tout vu.

Je ne voudrais pas les traiter de menteurs,

mais je ne peux admettre de voir un Blanc

piégé par une bande d'lndiens.

- Venez à la barre, M.? - Sieverts.

Jensen Sieverts. Marchand de bétail.

- M. Sieverts, votre main. - Bien, monsieur.

Jurez de dire la vérité, toute la vérité.

Je le jure.

Asseyez-vous.

On vous écoute.

Comme je l'ai dit, je suis marchand.

J'étais dans le coin, à pister un troupeau.

Venez en au fait.

Avez-vous vu Ed Hackett pousser Chouard ?

Du haut de la falaise ?

Non, monsieur.

J'ai vu un homme tomber,

mais M. Hackett ne l'a pas poussé.

Impossible, il n'était pas assez près.

On aurait plutôt dit que le bord de la falaise cédait.

Mais il n'a pas été poussé.

Non, monsieur.

Qui est cet homme? D'où vient-il? Comment

- le croire? - Et vos amis Sioux?

Peut-on les croire?

Désolé, Fred.

Je n'aime pas qu'on me traite de menteur.

Je ne connais même pas les Hackett.

Je n'ai parlé à personne, ici.

J'ignorais donc qu'il s'agissait de Ed Hackett.

Quel intérêt aurais-je à mentir?

Ceci change considérablement les choses.

Il me semble que le témoignage spontané de cet homme,

inconnu de l'accusé,

aura plus de poids auprès du jury que celui de deux Indiens,

amis et frère de sang du défunt.

Au vue des circonstances, par conséquent,

je déclare qu'il y a insuffisance de preuves,

et j'ordonne que l'accusé soit relaxé.

La séance est levée.

Je tiens à vous remercier. Je vous offre un verre.

Cela vaut pour tout le monde.

Tous au Cattleman's Bar.

Sortez plutôt par la porte de derrière.

- Pourquoi ? - Pour ne pas incommoder votre père ?

J'ai cru un instant qu'il allait exprimer des regrets.

Il ne peut regretter qu'Ed ait été libéré.

Il était navré pour votre frère.

Combien a-t-il payé cet homme?

Je vois que vous ne connaissez pas mon père.

Je sais ce que vous ressentez. J'aimerais faire quelque chose.

Qui va l’accueillir ?

Le révérend Sotheby.

- Peut-être pourrais-je... - Davy.

Laissez-la. C'est ce que vous avez de mieux à faire.

Pourquoi ?

Vous êtes le frère d'Ed. Elle ne l'oubliera pas.

Il y a autre chose.

Clee est une jeune fille attirante, mais c'est une métisse.

Et alors?

Je ne doute pas de vos intentions,

mais vous êtes le fils de Lee Hackett.

Alors...

Alors, personne n'a soif?

Lee, viens par ici, faut que tu l'entendes, celle-là !

J'arrive tout de suite !

Merci encore. J'ai une dette envers vous.

Je le pense bien, d'autant que je n'ai rien vu.

Santé.

Puis-je demander pourquoi ?

Bien sûr.

Il paraît que votre père n'aime rien devoir à personne.

Du chantage ?

Nullement, petit. Tu te trompes.

Je ne demande rien.

Je compte sur sa générosité.

Vous l'estimez à quel prix ?

Je ne sais compter que jusqu'à 10.

10 de vos meilleurs chevaux feraient mon affaire.

Est-ce raisonnable ?

Comment se passent les présentations ?

Très bien, je touchais justement 2 mots à votre fils

des chevaux que j'ai perdus dans la région, il y a peu.

Nous les avons peut-être ramassés?

Peut-être bien, je ne les avais pas tous marqués.

Venez voir à notre corral demain matin.

S'ils y sont, vous n'avez qu'à les prendre.

Bien aimable à vous, M. Hackett.

Appelez-le Lee, comme tout le monde.

Santé, Lee !

Santé !

Où vas-tu ?

Dehors. Je suis persuadé que vous retrouverez vos chevaux.

Chic garçon !

- As-tu vu Ed ? - Non.

Que fais-tu là, dans le noir?

Je réfléchissais.

Je voudrais que tu ailles chercher ton frère.

Qu'a-t-il fait, encore ?

Qui parle de ça ?

Je veux que tu lui tiennes compagnie.

Il n'y tient pas beaucoup, et moi non plus.

Pour une fois, pourrais-tu obéir sans me répondre?

Je veux l'empêcher de faire du grabuge en ville.

En ville ou ailleurs, Il s'en moque pas mal.

Tu l'en sors toujours.

Ça ne règle pas les problèmes. Il a beau en être sorti,

les ennuis demeurent.

Tu y vas, oui ou non?

J'y vais.

J'irai le chercher. J'ai besoin d'argent.

Bien sûr, amuse-toi, je n'attends que ça. Ça te fera du bien.

Surtout toi.

C'est à ça que ça sert, l'argent.

A ton âge, je ne passais pas mon temps à broyer du noir.

Tu sais, j'ai essayé, mais...

Je n'ai jamais pu te comprendre.

Parfois, je te jure, j'aimerais que tu ressembles plus

à ton frère.

Non, ce n'est pas ce que je voulais dire.

Je vous aime de la même façon.

Oui, je sais.

Je regrette de te décevoir.

Oui, il est là.

J'ai traîné...

J'ai traîné...

J'ai traîné dans tous les bistrots

Y avait du whisky à gogo

Ça ne me faisait Ni froid ni chaud

Je trouvais ça rigolo

Personne ne retrouvera ma trace

Je suis une tête brûlée

Je suis de la mauvaise graine Partout, je traîne

Du calme, professeur!

Oui, monsieur.

Si je ne suis pas généreux !

Merci, monsieur !

Un, deux, trois...

Qui paye la prochaine strophe?

- Moi, mon petit. - Parfait.

Hé, mon chéri.

Tu as encore beaucoup de chansons comme celle-là?

Plus de 100, mais c'est au-dessus de mes forces.

Je tiens à peine mon verre.

Mais il est vide.

Il t'en faut un autre.

Les belles gosses que j'ai eues

Tout le whisky que j'ai bu

Je suis une tête brûlée

Toute ma vie j'ai dû lutter

Et croyez-moi, j'ai buté

Une flopée de petits futés

Je suis une tête brûlée

Continue sans moi.

Il en change, de partenaires.

Voici la nouvelle équipe.

Leslois qu'ils ont inventées

Moi, je m'en suis balancée

En taule, ils m'ont emmené

Je suis une tête brûlée

Davy !

Salut, petit frère !

Tu tombes bien.

Je ne sais pas quoi faire de toutes ces femmes.

Vous pouvez vous tirer.

Pas besoin de chaperon.

Un peu de tenue, voyons.

Allez gentiment présenter votre frère à vos amies.

J'ai une meilleure idée.

Allez-y, gentiment vous-même.

Tu pars déjà?

Frérot a sommeil. Je dois le border.

Reviens vite.

Viens avec Lee, la prochaine fois.

Lee est le plus marrant du lot, hein?

- Où va-t-on? - Ça dépend. Tu as de l'argent?

Qui t'a donné tout ça?

Lee, hein? Pour qu'on s'amuse.

Tu t'amuses follement, hein?

Toi et ce... comment déjà ?

Motely !

Excusez-moi, Motely. Mon chaperon personnel.

Rends-lui son sale argent.

Je ne dois pas te quitter.

Je sais, figure-toi.

Faut que je te dise, mon petit Davy.

Non, pas quand il nous écoute.

J'ai trouvé un filon. Faut que je l'exploite.

Pour ça, mieux vaut être seul.

Alors, rentre à l'hôtel.

Non, viens avec moi.

Tu me cours

Rentre à l'hôtel et dis à Lee que je suis assez grand

pour prendre soin de moi.

Pas besoin de hurler.

Je m'en vais, avec plaisir.

Vous êtes dur avec lui.

C'est après votre père, que vous en avez.

Un jour, j'ai connu un type qui voulait être champion.

Champion du monde.

Il n'avait qu'un seul problème.

Il était juste un peu lent.

Il était toujours en retard d'un dixième de seconde.

Et alors?

Peut-être votre père est-il dans ce cas-là.

C'est là que le bât blesse.

Vous n'y arriverez pas.

Je sais tout.

La porte est ouverte. Entrez.

Venez que je vous regarde, Davy.

J'ai grandi, depuis le temps.

En effet, mais vous ressemblez toujours à votre mère.

Oui, il paraît. Vous saviez que j'allais venir?

Pas précisément. Nous l'espérions.

Cécile?

On n'entend parler que de vous et de votre frère.

C'est la faute de votre père.

Martha, ce n'est pas à nous d'en juger.

Cécile, venez ici, ou je renvoie ce jeune homme.

Je ne juge personne. Je constate seulement.

Qu'en dites-vous? Davy voudrait se promener avec vous.

Vous avez tout votre temps. Bonne soirée, à tout à l'heure.

Croyez seulement une chose.

Sinon, rien de ce que je dirai n'aura de sens.

Vous dire que je suis navré ne pèsera pas lourd,

mais je donnerais tout pour être quelqu'un d'autre.

Pour être un inconnu à vos yeux.

Ne pourriez-vous oublier un instant que je suis un Hackett?

Non, cela m'est impossible.

Pas plus qu'à vous.

M. Avery avait raison. Je n'aurais pas dû venir.

Si, j'en suis contente.

Depuis toujours, nous économisions dans un seul but.

Acheter un ranch, et élever des chevaux.

Paul s'y connaissait si bien.

Je sais.

Qu'allez-vous faire?

Je l'ignore.

M. Avery pourrait m'avoir une place comme institutrice.

Ce n'est pas une vie pour vous.

J'aime les enfants.

Peut-être bien, mais

je ne vous vois pas dans ce rôle.

Je pourrais ainsi aider mon peuple.

D'autres aussi ont besoin d'aide.

Et moi?

Et nous?

Non, Davy, je vous en prie.

A cause de mon frère?

Non, vous êtes le fils de Lee Hackett.

Ma mère était une Sioux.

Sioux ou pas Sioux, ça m'est égal.

Je les préfère à la plupart des gens d'ici.

Pas votre père.

Peu m'importe.

Il ne m'a pas demandé mon avis quand il s'est marié.

Il ne faut pas pleurer.

Cela vous va à ravir.

Davy n'y était pas ?

II n'y avait que le shérif. Motely, Ed,

le mari de la dame et 3 gars mal en point.

- Et pas Davy ? - Non.

Il lui est peut-être arrivé quelque chose.

Ed sait se défendre, mais lui...

Tâche de le trouver.

On s'en charge, Lee.

Harry, où est Ed?

Voici la liste de ses méfaits.

"Ivresse, tapage nocturne,

"Bris de clôture,

sévices, et violences sur un agent public."

Un palmarès haut en couleur, Il faut le reconnaître !

Je ne dirai qu'une chose, M. Hackett.

Il a une droite formidable.

Relax, Harry !

Tu te rappelles ce 4 juillet que nous avons fêté jusqu'au 7?

C'était il y a 20 ans. Les temps ont changé.

Ça ne nous empêche pas de comprendre les jeunes.

Laissez-moi sortir,

ou je démolis la baraque !

Vous feriez bien de le calmer un peu.

Lee, Ed devrait s'adapter à son époque.

Les temps ont changé.

Tu me tapes sur les nerfs.

C'est là ton tort.

Toi et ton fils, vous vivez dans le passé.

Dans ce pays, les hommes n'ont plus rien dans le ventre.

Un gars qui ne rue pas dans les brancards,

ça ne vaut pas cher, tu le sais bien.

Très bien, Lee. C'est ton fils. Je ne suis que le shérif.

Ramène-le à l'hôtel, mais ne le laisse plus sortir.

Et tâche de partir le plus tôt possible.

Me voici donc indésirable dans ma propre ville.

Il s'agit de ton fils.

C'est pareil.

Celui qui le vise me vise aussi.

Ne compte pas sur mes excuses.

Faites-le sortir.

Au moins, vous savez encaisser.

Fallait bien me relâcher...

Va te laver.

Et Davy?

Où est ton frère?

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Pas besoin qu'on s'occupe de moi.

Oui, ça se voit à l'œil nu.

Bonne nuit, Ed.

Ne te lève pas trop tôt, tu n'iras nulle part.

Pas encore couché?

J'attendais de recevoir mon savon.

Je ne te reproche rien.

Tu permets?

Pas la peine.

Est-ce mal de vouloir aider son père?

Je sais encore me débrouiller.

Passe-moi la bouteille, veux-tu?

Où étais-tu?

- Avec Cécile. - Qui ça?

Cécile, on s'est promené.

Quoi ?

En ville,

avec cette métisse? - Ne dis pas de mal d'elle.

Je vais me gêner. Mon fils ne me ridiculisera pas au bras de...

Lee, qui es-tu pour parler?

Sans tes bottes, t'es même pas aussi grand que moi !

Bonne nuit !

Vous les avez récupérés ?

J'en ai déjà neuf.

Tous excellents

Vous n'aviez aucun canasson?

Aucun. Merci de les avoir rattrapés pour moi.

La jument blanche, là-bas...

Elle est également à moi.

Cette jument? Vous êtes sûr?

Sûr et certain.

Je l'ai prise au lasso à Flint Canyon.

Je crois même l'avoir marquée.

Elle est lisse comme une ardoise.

Jamais été marquée. Jamais de corde au cou.

Qu'est-ce que vous racontez là?

Vous savez bien que je ne dirais rien au hasard, non?

Vous n'allez pas me traiter de voleur?

C'est vous qui l'avez dit.

Puisqu'il la réclame, elle est à lui.

Mets une longe à la jument.

Ils sont au complet.

Je suppose que plus rien ne vous retient ici.

En effet, Lee.

Je vais me mettre en route.

Je ferais la même chose.

Sans tarder.

Enfin réveillé?

Non, je dors encore...

Où est Lee?

Dehors, à trier les chevaux.

Ce Sieverts est avec lui.

Bizarre qu'on n'ait pas croisé ce type, ce jour-là.

Les Indiens non plus.

J'aimerais que tu me dises la vérité.

Je sais que tu as poussé Paul.

Mais l'as-tu fait exprès?

C'est que je voudrais épouser Cécile.

L'épouser?

Toi, épouser une sale métisse?

Faire de moi l'oncle d'une sale nichée de Sioux?

Debout, tu mérites une volée !

Tu ne me battras plus jamais.

Je suis sevré, Ed.

Debout !

Un tour d'enfant... Tu as dépassé les bornes.

Un homme ne joue pas à ces jeux d'enfant.

Si ça vous amuse Lee et toi, pas moi !

Je vais te rosser.

Je ne crois pas.

Il faudra me tuer.

Peut-être que je me trompe,

mais je crois pouvoir en faire autant.

Eh bien.

Qu'est-ce qu'elle t'a fait, cette Clee?

T'es devenu enragé.

Lève-toi, tu as l'air

d'avoir avalé de travers.

Allons voir Lee.

Il a dit que tu ne sortirais pas.

Une petite promenade ne me ferait pas de mal.

Fais pas ça.

Allons, Davy, du moment que tu...

Viens voir.

Quel sale voleur !

Il a demandé ta jument !

Ed, attends.

Sieverts ! Attendez voir.

Bonjour, Ed.

Vous avez récupéré vos chevaux.

Oui, tous les dix. Rudement chics, vos gars.

Il doit y avoir une erreur. Cette jument...

Embarquez les autres, mais pas cette jument.

Pourquoi?

Parce que.

Je l'ai promise à mon petit frère.

Je vais la détacher.

Bas les pattes, fiston. Elle est à moi.

Je peux le prouver.

Merci de dégager.

D'ailleurs, votre père était d'accord.

C'est pas la peine de discuter.

Fallait pas dégainer.

Venez, je paye à boire.

Prépare les verres.

Allez, ils ne vont pas tarder!

Oui, M. Ed.

Tu ne m'as jamais vu?

Alors, tu ne m'as jamais vu?

Qu'est-ce qu'il Se passe, ils n'ont pas entendu mon offre?

C'est sans doute ça. Ils n'ont pas dû entendre.

Je vais les inviter officiellement de votre part.

C'est ça. Officiellement.

Comme pour un mariage, ou un enterrement.

Allez chercher une civière.

Il perd son sang.

Emmenez ces chevaux.

Il est là, shérif, à dire qu'il paye sa tournée.

Il n'arrêtait pas de demander "Tu ne m'as jamais vu?".

Vous...

Ton pistolet, Ed.

Je vous ai débarrassé d'un voleur.

Il n'est pas mort.

Mais vous n'y êtes pour rien.

Terrible, hein?

Ton but, c'est de devenir une terreur?

Tu te feras descendre, tôt ou tard.

Il avait volé nos chevaux et il me menaçait.

Et il se défile en public avec les chevaux volés?

J'en sais rien.

Il nous le dira s'il s'en sort.

Ton pistolet. Et une petite promenade, vers la prison.

Pas question. C'était de la légitime défense.

Tous l'ont vu.

Cette fois, leur témoignage pèsera plus que celui

de 2 Sioux. - Attendez une minute, shérif.

Faut pas embrouiller les cartes.

Tu as très bien saisi.

Ton pistolet.

Non.

Je m'en vais, mais je reviendrai accompagné.

Et armé d'un fusil.

Tire-moi dessus.

Il m'avait menacé ! Demandez-leur!

Vieux fou.

Dégagez la rue, tout le monde !

Vous avez entendu ? Dégagez !

Allons-y, les gars.

Dégageons le passage.

Que se passe-t-il? Qu'as-tu fait à mon fils?

Encore rien, il est au bar.

Je vous ai dit de dégager.

C'est aussi valable pour toi.

Tu vas le chercher avec un fusil ?

C'est la loi.

M'est avis que tu l'appliques un peu trop sur Ed.

Il en a marre.

Moi aussi, Lee.

Jusque là, je l'ai ménagé, parce que c'est ton fils.

Mais il a failli tuer un homme, et refusé de donner son arme.

Tu l'approuves?

J'aurai son pistolet, Harry.

C'est sa dernière chance, Lee.

Te mêle pas de ça.

Tu as entendu ?

Un verre ?

Oui, j'en ai grand besoin.

Pourquoi ? Tu savais que je lui avais donné ces chevaux.

Bien sûr.

Pourquoi l'as-tu laissé prendre la jument ?

Tu savais bien qu'il mentait.

Quand ?

Tu as rampé.

Tu t'es aplati comme une punaise.

Toi ! Devant un escroc à la petite semaine !

Pas beau, ça !

Je l'ai fait pour toi, pour qu'il se taise.

Vraiment ?

Qui te l'a demandé ?

Pas moi, en tout cas.

"Un Hackett ne demande rien à personne."

Tu as peut-être raison.

Peut-être avons-nous tort tous les deux.

N'empêche qu'il faut se serrer les coudes.

Aie confiance en moi.

Bon... Et alors?

Donne-moi ton pistolet.

Je l'ai promis au shérif.

Je m'en balance.

Ed, donne-le.

Ni à toi, ni à personne.

Je te l'ordonne.

Va au diable.

Essaye encore de me parler comme ça !

Lee, que se passe-t-il ?

Tout va bien, entre.

Cette fois, ça va, Lee. Mais n'y reviens pas.

C'est pas vous qui m'avez eu, shérif.

C'est lui.

Hier, ils étaient encore copains.

Il avait témoigné en sa faveur.

Cette histoire ne me dit rien qui vaille.

Restons sur nos gardes.

Si le shérif ne les laissait pas porter d'arme en ville...

La faute à Lee Hackett.

Un pistolet, c'est pas un joujou.

La preuve.

Les gens pensent que c'est cette histoire de témoignage.

Et si Sieverts parlait ?

Eh bien quoi ?

Je sais qu'il a menti pour avoir les chevaux.

Et après?

S'il meurt?

II avait dégainé.

Ed n'avait pas besoin de l'exécuter.

Dis donc, tu te prends pour un témoin à charge?

Je dois jurer que c'était un accident, comme le frère de Cécile ?

Il compte plus pour toi que ton propre frère ?

- Je ne dis pas ça. - Tu sembles le penser.

Un fils en prison, l'autre rêve à une métisse...

Lequel me déshonore le plus ?

Entre. Donne ton ceinturon.

Quoi d'autre?

Mes éperons, peut-être. Je pourrais creuser.

On peut pas prendre assez de précautions avec toi.

Je voudrais voir Sieverts.

Il n'est pas ici.

Je sais. Le docteur refuse de me laisser entrer.

Il m'a dit de voir ça avec vous.

Il faut l'interroger avant qu'il ne meure.

En effet, ça vaudrait mieux.

Ne plaisantez pas.

En général, un homme ne ment pas sur son lit de mort.

Je ne compterais pas trop là-dessus.

Venez, j'y allais justement.

On se retrouve plus tard.

Vous comprenez?

Je ne sais pas ce qu'il vaudrait mieux.

Que Sieverts parle ou qu'il meure, Ed devra répondre d'un meurtre.

L'accusation est la même.

Vous n'y êtes pour rien.

Et lui, est-il responsable

de ce qui lui est arrivé?

Je suis sûr qu'il ne voulait pas tuer votre frère.

C'était comme aux courses ! forcer l'autre à céder.

Il voulait prouver qu'il valait Lee.

Il déteste être surpassé.

Paul aussi.

Mais il n'avait pas Lee Hackett pour père.

Il va mieux ?

C'est un miracle qu'il soit encore vivant.

Il va s'en tirer?

Difficile à dire.

Peut-on le voir?

Je n'ai qu'une seule question.

Il n'est pas en état.

A-t-il dit quelque chose?

Que diriez-vous avec une balle dans le poumon?

Allez, ouste !

Pas envie de partager mon whisky avec vous.

Tenez-moi au courant.

Bien sûr. Je mettrai des bougies aux fenêtres.

Je repasserai.

Partez, et laissez-moi boire en paix.

Merci, Tom.

N'oubliez pas que j'ai aidé à mettre Ed au monde.

Allez-y, mais encore une fois, allez-y, doucement.

Le docteur sait que je suis là.

Paraît que vous vous en tirerez.

Ne vous réjouissez pas trop vite.

Mon fils est en prison.

Les gens commencent à se douter de quelque chose.

Tout ça pourrait le mener à la potence.

J'aime autant vous prévenir

que vous n'assisterez pas au spectacle.

Il n'y a qu'un seul moyen de s'en tirer.

Que vous déclariez qu'il s'agit d'un malentendu.

Et pour votre peine, vous aurez...

5000 dollars, les chevaux

pour répéter ce que vous avez dit au tribunal.

Êtes-vous assez fort pour dire "oui",

ou assez fou pour dire "non"?

Parfait. Marché conclu.

Vous aurez l'argent quand vous quitterez la ville.

Je crois que j'aurais fait un bon docteur.

Je viens de vous sauver la vie.

C'est arrangé?

Vous avez fait de moi un complice.

Tant pis.

Tâchons de vivre avec notre conscience.

Vous les reconnaissez?

Ces balles?

Oui, Lee.

Elles ont une histoire.

Chacune d'elle représente une de vos victimes.

Vous les collectionnez?

Elles seront d'un intérêt historique.

Pas pour moi.

Ce n'est pas pour les plaindre.

Il n'y avait aucune loi.

C'est pourquoi je ne vous reproche rien.

Mais celle-ci...

Je l'ai extraite de cet homme. Prenez-la.

Je ne collectionnerai pas celles d'Ed.

Où est Franck?

Sorti. Comment va Sieverts?

S'il s'en tire, ce serait...

Faites pas ça.

Il va s'en tirer.

Vous n'irez pas loin.

Bouge pas !

Fais pas ça, petit l

Ne fais pas ça l

Le coup venait de la prison.

Il est mort.

Il n'était pas armé.

S'il vous plaît.

S'il vous plaît l

Je demande des volontaires pour une battue.

Des hommes célibataires, à cheval et armés.

Faites passer le message.

Envoyez-moi les Indiens comme pisteurs.

Nous irons tous, shérif.

Davy, selle nos chevaux.

- Que vas-tu faire? - Les devancer.

- Et ensuite? - Je l'ignore.

Il y aura encore des morts.

Nous aviserons après.

Non, maintenant. Les faits sont là.

Personne ne peut plus rien pour Ed.

Tu viens avec moi, oui ou non?

Non.

Alors reste avec ta squaw.

Vous pouvez le garder.

Mais si jamais tu mets un pied chez moi, je te cravache.

Arrête-toi, Lee.

Descends et viens ici.

Range cette arme, je suis là pour t'aider.

Pas besoin de ton aide. Mets-toi ça dans le crâne.

Non merci.

Sals- tu que j'avais tout arrangé?

Mais tu étais trop pressé.

Tu as tué l'adjoint du shérif.

Il n'était pas armé.

Je l'avais prévenu.

Et toi aussi, je te préviens.

Je suis mon chemin, moi, Ed Hackett.

Mon nom sera plus connu que le tien.

Comme quoi? Comme tueur?

C'est ce que signifie mon nom à tes yeux?

Un pistolet... Tu crois que c'est tout?

Alors pourquoi le porter?

Tu n'as parlé que de ça, à m'en rendre malade.

Combien de victimes, combien d'lndiens...

- Je te donne la liste entière? - Non, non.

Si c'est ça, tu t'es fait des illusions sur ton père.

"Mon non père" !

Je n'ai jamais eu de père.

Oui, peut-être.

Je ne sais plus que dire.

Avais-je tort de désirer que mon fils me ressemble?

Qu'il vive comme moi, chevauche comme moi...

- Et tire comme toi? - Non !

Pas pour tuer de sang froid

un homme non armé.

Si tu ne vois pas la différence, j'ai échoué.

Tu n'y es pour rien.

Dieu sait que j'ai fait de mon mieux.

Je t'ai élevé de mon mieux.

Tant que je restais dans ton ombre, tout allait bien.

Tu n'avais qu'une peur, que j'en sorte l

Dispersez-vous!

Ils ont suivi ta trace, pas la mienne.

Je devrais te descendre.

Oui, peut-être.

Mais c'est trop tard, Ed,

depuis que tu as poussé ce garçon de la falaise.

Tu crois ? Attends un peu !

Ed Hackett...

Je te somme de te rendre.

C'est moi que vous attendez, shérif?

Ton pistolet, Lee.

J'aimerais mieux être mort que te voir pendu.

Mais je te préfère mort qu'achevant d'autres hommes.

Lee, je veux ce pistolet.

Maintenant.

Il n'y a qu'un seul moyen.

Sans blague?

Toute ma vie, je me suis demandé...

Enfin, je vais savoir

Je ramène le corps de ton frère.

Si tu veux m'accompagner, avec ton amie,

je t'en saurai gré.

Adaptation Alain Delorme

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