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Original subtitles

4 AOÛT 2019 18 H

Mesdames, messieurs, cette finale

se jouera au meilleur des trois manches

avec jeux décisifs.

À droite de la chaise, Patrick Zweig.

À gauche de la chaise, Art Donaldson.

Donaldson a gagné le tirage au sort et a choisi de servir.

SIMPLE MESSIEURS 2019

Première manche.

CHALLENGER DE PHIL'S TIRE TOWN

FINALE

Art, on t'aime !

Au service, Art Donaldson.

PREMIÈRE MANCHE

Prêts ?

Jouez.

Faute !

15-0.

Bravo ! Vas-y !

15-A.

C'est ça !

15-30.

DEUX SEMAINES PLUS TÔT

C'est l'heure.

T'as la cheville bloquée.

Je vais la travailler.

Bien,

reste détendu.

Je vais appuyer.

Inspire profondément.

Regardons le programme du premier tour.

Encore.

Donaldson est favori face au jeune Du Marier.

En théorie, mais son opération, l'an dernier...

On a le court d'entraînement pour 8 h, faut partir dans 15 minutes.

Il sera prêt.

Art, détends-toi.

S'il joue bien, c'est l'occasion

d'inverser la vapeur avant l'US Open.

Il lui faut cette victoire pour atteindre son objectif.

Il a six titres du Grand Chelem :

deux Wimbledon, deux Open d'Australie,

deux Roland-Garros.

Mais il brigue en vain depuis des années

le titre de l'US Open

pour compléter son palmarès.

Vous pensez qu'il a ses chances ?

Ça se présente mal. Vu ses résultats cette saison,

ça promet d'être difficile.

Mais on ne peut pas l'écarter d'office.

Il est de nouveau en pleine forme

et il est très bien entouré.

Sa coach, Tashi Donaldson,

qui est également sa femme, a agrandi l'équipe :

nouveau kiné, nouveau partenaire d'entraînement.

Les conditions sont réunies,

à lui de remettre son jeu sur les rails.

Je vais voir si la voiture est là.

T'as droit aux pancakes ?

Qu'est-ce que t'en penses ?

- Une bouchée. - Non, t'es trop vieille.

Qui a dit ça ?

Toi.

Mamie a droit aux pancakes.

Tout va dépendre de son mental.

Il a beaucoup d'atouts.

Il connaît et apprécie ce tournoi, il a déjà gagné ici

et il joue bien sur dur.

S'il trouve le moyen...

Décroisé.

Diagonale.

Décroisé.

Long de ligne.

On a le kit de massage ?

- Tu l'as pas pris ? - Pas celui-là.

Oblige-le à jouer dans la diagonale revers.

Il va vouloir utiliser son seul atout, faut l'en priver.

Le BB&T Open d'Atlanta est non-fumeur...

M. Donaldson ?

Merci.

T'as vu son regard ? Il va m'atomiser.

N'y pense pas, Leo.

Art, par ici !

C'est à vous.

Prêt ?

Pulvérise ce minus.

Ce match est sans surprises de la part de Donaldson.

Il peine à trouver ses marques.

Ça donne à Du Marier la confiance dont il a besoin.

- Ça se corse. - On ne manque pas un coup pareil !

Et il jette sa raquette.

Il a vraiment bien joué.

Je te retire de Cincinnati.

Chérie !

Et de l'US Open. Si c'est pas ton année, à quoi bon ?

Ma confiance est rouillée.

Retrouve-la.

Je peux pas le faire pour toi.

Qui te le demande ?

Ta façon de jouer.

J'aurais tué pour une guérison comme la tienne.

Même un môme ou une vieille dame.

Comment on va te redonner la niaque ?

Qu'est-ce que je dois faire ?

Ma puce.

- Maman ? - Dis-moi.

On peut regarder Spider-Verse ?

Bien sûr, voyons. Viens là.

On parle juste de tennis.

Vous parlez toujours de tennis.

Je sais.

C'est vrai.

Et si tu commençais avec mamie ?

Je vous rejoins, et on mange en regardant ensemble.

- Ça te dit ? - Y a quoi au room service ?

Je sais pas.

Elle aime cet hôtel.

On pourrait rester.

C'est vrai.

On peut rester et vivre...

comme des riches.

Si tu ne supportes plus la pression.

On peut voyager,

gérer la fondation.

Ou tu peux jouer au tennis.

C'est ça, ton job.

Pour le moment.

Tu veux quoi ?

Qu'est-ce que tu veux ?

Je vais jouer au tennis.

Tant mieux.

Il te faut plus de matchs, alors.

- Je peux faire Cincinnati. - Non, pas comme ça.

Pourquoi pas...

New Rochelle ?

- C'est un Challenger. - Je sais.

C'est dans deux jours. Demandons une wild card.

Art ?

Tu dois te mettre à gagner.

Tu te fais écraser par des types comme Du Marier.

On va aller quelque part

où il n'y a personne,

de l'autre côté du filet, qui peut flinguer ton assurance.

Donc on va au...

Challenger de Phil "le roi du pneu".

- Perds pas au 1er tour. - Vipère.

Tom te fera entrer dans le tableau.

Je t'aime.

Je sais.

QUELQUES JOURS PLUS TARD

PAIEMENT REFUSÉ

Je pourrais payer demain ?

J'ai roulé toute la journée. Je suis épuisé.

Si on offrait un lit à tous ceux qui le demandent,

ce serait un foyer pour sans-abri ici,

pas un commerce.

Écoutez,

je suis joueur de tennis.

Vous savez, le tournoi là-bas ?

Oui, le truc...

au country club ?

Le gagnant part avec 7 000 $

et on palpe dès le premier tour.

J'ai besoin de me reposer avant mon match.

Je suis désolée,

il me faut une carte de crédit.

Et une raquette dédicacée ?

Monsieur...

Je ne vous connais pas.

Tu l'as vu ?

C'est un déchet !

Je le trouve plutôt mignon.

Carl, il sent mauvais.

La raquette seule vaut dans les...

300 $.

Il nous faut une carte

qui passe.

Votre nom ?

Barry Gardner.

Le motel ne ressemble pas du tout aux photos du site.

On est en rénovation.

Vous pourriez mettre à jour vos photos...

La campagne d'Hillary Clinton a versé un million de dollars

à Fusion GPS afin de financer...

Vous ne pouvez pas dormir ici !

Je joue...

C'est un club privé.

Je vous demande de partir.

Je joue dans le tournoi.

Il est tôt pour s'enregistrer.

On ouvre à l'instant.

C'est par là.

Je peux vous aider ?

Je suis joueur de tennis.

Je participe au Challenger.

Votre nom ?

Patrick Zweig.

Mais oui !

C'est bien vous.

Vous avez dû oublier.

J'étais juge de ligne à l'US Open junior en 2006.

Vous avez faim ?

Merci.

Ravie de vous compter parmi nous.

Votre premier match sera contre...

Grosu, cet après-midi.

On prévoit un joli tournoi.

Le vent va souffler, mais ça devrait aller pour la finale.

Espérons.

Je peux avoir une avance sur mon prize money ?

Je suis censé

gagner 400 $ minimum, même si je perds aujourd'hui.

En général, on paie pas les joueurs

avant qu'ils soient éliminés.

Mais j'ai eu un souci avec ma carte, à l'hôtel.

Vous n'avez qu'à perdre aujourd'hui.

On vous fera un chèque dans la foulée.

Je vois.

Au fait,

il paraît qu'on a un invité de dernière minute.

Devinez de qui il s'agit.

Qui ?

Avantage Donaldson.

Défonce-le !

Tu gères !

Faute !

Putain !

Violation du code de conduite, grossièreté audible.

Avertissement, M. Donaldson.

Égalité.

Avantage Zweig.

Reprends-toi, Art ! Allez !

TREIZE ANS PLUS TÔT

BALLE DE MATCH

Relève-toi. Allez.

Les gars ! Bien joué.

- Beau match. - Bravo.

Félicitations.

Le Feu et la Glace !

La grande classe !

Rends-moi service.

- Me démolis pas demain. - T'es con !

- Je me suis fait à l'idée que tu gagnes. - T'en sais rien.

Mais laisse-moi quelques jeux, voire un set.

Si tu y tiens, je te laisse gagner.

Sérieux ?

Merci.

Parfois, le gagnant des juniors devient un grand joueur,

mais souvent, il finit dans le top 300.

C'est une malédiction.

T'avais l'air content de gagner le double.

C'est différent, c'était toi et moi.

C'était trop sympa.

D'accord.

Mais je veux que tu joues.

Tu déclares pas forfait. Faut qu'on y croie.

T'as parié ou quoi ?

Non, ma grand-mère va regarder.

Elle me dit sans arrêt qu'elle est super fière.

Me fais pas le coup de la mamie mourante !

Mark t'a parlé de la fête à Long Island ?

Le truc Adidas ?

Ouais, j'y vais pas.

Pourquoi ?

On a une finale, demain.

Que je vais te laisser gagner.

On pourra rencontrer Tashi Duncan.

Si tu l'avais déjà vue en vrai... Elle est incroyable.

- Tu parles de son jeu ? - Non, elle est ultra canon.

... la gagnante de l'Open d'Australie junior,

Tashi Duncan !

Vas-y, ma grande !

Cette finale se jouera au meilleur des trois manches

avec jeux décisifs.

À gauche de la chaise, la Suissesse Anna Mueller.

À droite de la chaise, l'Américaine Tashi Duncan.

Duncan a gagné le tirage au sort et a choisi de servir.

Bordel.

Première manche. Au service, Tashi Duncan.

Prêtes ?

Jouez.

Mate-moi un peu ce revers.

15-0.

40-0.

Allez !

40-30.

ADIDAS ACCOMPAGNE LES CHAMPIONS DE TENNIS DE DEMAIN

Elle va faire la fortune de sa famille.

Elle aura sa ligne de vêtements,

sa gamme de compléments alimentaires,

sa fondation...

"Ramenons les brebis égarées sur le droit chemin du court de tennis."

Te moque pas. Elle est exceptionnelle.

Je sais.

C'est un pilier de la communauté.

Je la laisserais me baiser avec une raquette.

C'est pas vrai. Regarde, Anna Mueller.

Incroyable.

Je vais chercher mon verre.

- Patrick Zweig. - Art Donaldson.

Je sais qui vous êtes.

Le Feu et la Glace ?

Bingo.

Qui est qui ?

À ton avis ?

- T'as été hallucinante. - Merci.

Je t'assure.

C'était plus du tennis, c'était un autre sport.

Anna m'a fait pitié.

À tort. Elle est mauvaise perdante et raciste.

Elle s'en remettra.

Tu vas à Stanford, non ?

Comment tu sais ?

J'ai accepté leur offre, et ils m'ont parlé de toi.

Ah ouais ?

Tu vas pas passer pro ?

Pas encore.

Pourquoi perdre ton temps à jouer à la fac ?

Ma grande.

J'ai besoin de toi avec ton trophée.

Séance photo.

C'était sympa de vous rencontrer.

Et maintenant ?

Ben rien.

- Tu veux lui reparler ? - Ce serait lourd.

Reprenons la navette de l'hôtel.

Oui, d'accord.

- On se bouge. - Oui, on y va.

Au revoir, Mlle Stanford !

Encore là ?

Super fête !

Merci.

Vous avez pas une finale à préparer ?

- C'est les juniors. - On connaît l'issue.

C'est sympa d'être restés.

Je voulais te parler de ce point...

Tu fumes ?

Des cigarettes ?

Et toi ?

On va sur la plage ?

D'accord.

Cet endroit, c'est abusé.

Comment ça ? C'est chouette.

On se croirait dans un château.

Au temps des seigneurs féodaux.

Et c'est comment chez tes parents ?

Dis-moi.

- Pas comme ça. - C'est plus grand.

Non. Enfin, si...

Sur le papier.

Cette histoire de Stanford m'intrigue.

C'est quoi, l'idée ?

Pourquoi humilier des filles qui ont connu leur apogée au lycée ?

Tu sais qu'on a aussi cours, à la fac ?

Je veux faire plus que taper dans une balle.

Je comprends.

Tu te fais désirer.

La surdouée du tennis qui tient à faire des études.

T'es venu pour me dire ça ?

C'est du génie, sans déconner.

Je vois déjà la campagne Adidas.

Tu passes pro quand ?

Le plus tôt possible.

Taper dans une balle, rien de mieux pour éviter de taffer.

C'est ça, ton problème.

Tu utilises le tennis pour affirmer ton individualité.

- D'où ta façon de servir. - Ça fonctionne.

Mais t'es pas un vrai joueur.

Tu sais pas ce qu'est le tennis.

Éclaire-moi.

C'est une relation.

Comme Anna Mueller et toi, aujourd'hui ?

Précisément.

Pendant 15 secondes, on a vraiment joué au tennis.

On était en alchimie parfaite.

Avec le public aussi.

Comme si on était amoureuses.

Ou qu'on n'existait plus.

On a rejoint...

un endroit magnifique.

Ton cri...

Sur la balle de match.

J'avais jamais entendu ça.

Je dois y aller.

Avant que mon père se pointe.

- On se voit à la fac, Art. - Attends.

- T'es sur Facebook ? - Quoi ?

Il veut ton numéro.

Moi aussi.

- Vous le voulez tous les deux ? - Carrément.

Je brise pas les ménages.

On vit pas ensemble.

On a une relation libre.

Et Patrick a une copine.

Faux. Passe nous voir après.

T'es à l'hôtel à Flushing, non ?

- Viens chambre 206. - Pour vous border ?

Pour continuer à parler.

De tennis.

Bonne nuit.

On a de la bière !

Il est HS !

Elle viendra pas.

Peut-être que si.

T'as laissé entendre qu'on voulait la sauter.

On veut la sauter.

Peut-être, mais c'était quoi, ton plan ?

Admettons qu'elle vienne, et après ?

On la baratine

jusqu'à ce qu'elle emballe l'un de nous,

et l'autre va squatter la salle de bain ?

Oui, si ça devait en arriver là.

- C'est indigne de toi ? - D'elle.

Et si elle te choisit ?

- T'oseras pas me virer ? - Elle viendra pas !

La cendre, putain !

Sérieux...

Attends !

Merde !

Vous étiez à la crèche ensemble ?

On dirait des frères.

La faute à l'académie de tennis Rebellato.

Vous étiez internes ensemble.

Dès l'âge de 12 ans.

C'est chou.

Tu l'as jamais envisagé ?

L'internat ? Non, pas les moyens.

Même avec une bourse,

mes parents auraient refusé que je devienne ado dans un tel cadre.

Par peur de quoi ?

Je vois.

Ta copine était là-bas ?

C'est pas ma...

Oui.

Et toi, tu fais semblant d'être libre ?

Il est entre deux filles.

Non, tu me fais passer pour un...

Don Juan ?

Il se défend bien.

Regarde sa belle gueule.

Et...

ça vous arrive souvent ?

- De draguer la même fille ? - Pas trop.

Vraiment ?

D'habitude, on a pas les mêmes goûts.

Je devrais être flattée ?

T'es du goût de tout le monde, non ?

Et vous deux ?

Comment ça ?

Pourquoi ? Ça t'étonne ?

Quoi ?

Je veux dire...

Désolé.

T'en dis trop ou pas assez.

L'histoire est mignonne.

- Raconte ! - OK, vas-y.

Je lui ai appris à se branler.

Patrick était précoce.

Moi, j'étais pile à l'heure.

Et une fois,

on avait 12 ans,

il croyait que je dormais et il se...

Branlait.

J'ai demandé ce qu'il faisait, il m'a dit.

Il se branlait.

Il m'a demandé si je l'avais déjà fait. Non.

Donc...

il m'a montré comment faire.

Comment ça, il t'a montré ?

Non, en fait,

il l'a fait sur son lit

et moi, sur le mien.

On l'a fait ensemble, mais chacun à un bout de la pièce.

En silence ?

- On parlait pas de Kat ? - Kat Zimmerman.

Patrick disait que c'était mieux de penser à quelqu'un.

J'ai demandé à qui il pensait.

Il m'a parlé de cette fille, Kat Zimmerman.

Alors, j'ai pensé à elle, moi aussi.

Qui a fini le premier ?

- Je sais pas. - Toi, je crois.

Et c'était comment après ?

Art a été pris de court.

Il était assis là, il en avait partout.

Un môme qui a renversé son lait.

Arrête !

J'avais prévu une chaussette à portée de main,

mais j'avais oublié de le briefer.

Et Mlle Zimmerman ?

Est-ce que vous avez...

Ni l'un ni l'autre.

Elle s'est blessée et a dû partir.

- Pas une grosse perte. - Non, elle était nulle.

C'est effectivement mignon.

Merci.

On n'a plus de bière.

J'attends.

Lequel ?

Je vais me coucher.

Et ton numéro ?

- Je brise pas les ménages. - S'il te plaît.

Je vais regarder votre match demain,

le gagnant aura mon numéro.

Bon.

Tu peux le battre, tu sais.

Tu devrais le battre, même.

- Tu veux que je le batte ? - Si tu veux mon numéro.

Toi, tu veux quoi ?

Je veux

voir un pur match de tennis.

Bonne nuit.

Tu me laisses toujours gagner ?

C'était dans une autre vie.

- Et ma grand-mère ? - Qu'elle crève !

30-40.

30-0.

40-0.

- C'est pas fini ! - Accroche-toi, Art !

Faute !

Jeu et première manche, Zweig.

Zweig mène une manche à zéro.

PAUSE

PLUS TÔT DANS LA SEMAINE

RÉSULTAT DU PREMIER TOUR :

PATRICK ZWEIG BAT VICTOR GROSU

SOLDE 70,52 $

Beau match, Zweig.

Bien défendu, Grosu.

Pas de bol.

Du calme, Victor.

VOUS AVEZ UN NOUVEAU MATCH !

HELEN 38 ANS À 6 KM

Alors, tu joues à Wimbledon,

à l'US Open ? Où ?

Ça m'arrive.

Quand je me qualifie.

Vraiment ?

Ça veut dire quoi ?

Les gros tournois ont typiquement 128 places.

Si t'es dans le top 100, ta place est assurée.

Les autres doivent jouer

un tournoi avant le tournoi.

Parfois je me qualifie, parfois non.

Si je gagne ici,

je pourrai aller à l'US Open.

T'auras une place ?

J'aurai une place aux qualifications.

Eh oui, le tennis, c'est chiant.

Au contraire, c'est intéressant.

Parle-moi

de droit immobilier.

Je sais pas trop...

Ma boîte...

Enfin, celle pour laquelle je travaille,

fait de la gestion de patrimoine...

Je m'occupe de fiducies...

Des fiducies ?

De procurations...

Renseigne-toi pour les lits.

On remet le FaceTime avec papa ?

Tu veux bien monter ça ?

On arrive.

Ça va ?

Ça va ?

Tu veux bien m'excuser, je...

Qu'est-ce que tu fous ici ?

Je participe au Challenger.

Ça, je sais.

Mais tu n'es pas à cet hôtel ?

Et vous ? Vous louez pas une villa ?

Lily aime les hôtels.

Notre fille.

Art doit pas nous voir. Il pense déjà que j'essaie de l'humilier.

C'est pas le cas ?

J'avais pas prévu ta présence.

T'as un rencard ?

Enfin, si, mais c'est pas...

Il me faut un endroit où dormir.

Quoi ?

On peut pas tous dormir au Ritz.

Tu veux bien conclure et partir ?

Vu le tableau, vous pouvez vous croiser qu'en finale.

Alors, pas d'inquiétude.

C'est sûr, généralement, tu t'écroules au 2e tour.

Ta mère est en forme.

Je sais, Patrick.

Fais-moi plaisir,

t'approche pas de nous.

Désolé, c'était...

TREIZE ANS PLUS TÔT

Tu vas pas me dire ?

- Je suis un gentleman. - Toi ?

Elle me plaquera, si j'en parle à quelqu'un.

Elle sait que moi, c'est différent.

- Elle a pas parlé d'exceptions. - D'accord.

Alors, fais-moi un signe.

Tu tiens vraiment à savoir ? Tu préfères pas l'ignorer ?

Je suis content pour toi.

Mais je veux pas être à l'écart.

Si vous avez couché ensemble, sers normalement.

Art.

Me dis rien, mais si vous avez baisé,

sers comme moi.

Comme toi ?

Tu sais que t'as un tic ?

Tu mets la balle devant le coeur de la raquette.

OK, t'as qu'à faire ça.

Si vous avez baisé.

Je dirai rien.

Je te demande pas de parler.

DEUXIÈME MANCHE

- Tout va bien ? - Oui, merci.

Reprise.

Deuxième manche. Au service, Art Donaldson.

DOUZE ANS PLUS TÔT

Quand est-ce que tu passes pro ?

Si on gagne le championnat, je quitte la fac.

En mai, donc.

Si on gagne.

En mai, donc.

Patrick vient au match contre Pepperdine.

Il m'a dit, oui.

Dînons tous les trois.

Oui, si tu veux.

Y a un souci ?

Non.

Art.

- Ton petit jeu, là... - Je joue pas.

Ça m'étonne que vous soyez toujours ensemble.

Pardon.

Pourquoi tu m'as invitée à déjeuner ?

Mes crédits repas allaient expirer.

Fais pas ta mauviette.

Il voit des filles sur le circuit ? C'est ça ?

J'ai pas voulu dire ça.

Tu voulais dire quoi, alors ?

Il ne t'aime pas.

Qui te dit que je veux qu'on m'aime ?

- J'ai dit que je l'aimais ? - Non.

- Donc je m'en tape qu'il m'aime. - Compris.

- Mais tu le mérites, non ? - Putain !

Comment ne pas t'aimer ?

T'es un ami de merde.

Possible.

C'est sûr.

Merci

pour le déjeuner.

Vas-y, mon pote !

C'est qui, ce type ?

Allez, envoie du lourd !

Yes, ma poule ! Montre-leur qui est le boss.

Va au bout, Donaldson.

Viens là.

Allez !

Art !

Poussez-vous !

Et ce circuit ?

Tu t'éclates ?

C'est-à-dire ?

Je sais pas, tu vois quelqu'un ?

T'es sérieux ? Je suis pris. Pourquoi je serais ici ?

T'es pas là pour moi ?

Quoi ?

C'est du sérieux, alors ?

Avec Tashi ?

Enfin...

On y va tranquillement, mais bon...

elle me plaît.

Je pourrais me poser avec elle.

- T'y crois pas ? - C'est pas ça.

Je me demande si elle pense pareil.

Je veux pas que tu souffres.

Tu veux pas que moi, je souffre ?

- Elle t'a dit un truc ? - Non.

J'ai l'impression qu'elle ne prend pas tout ça

très au sérieux.

C'est ton impression ?

On a discuté tous les deux.

Espèce de crevard !

Sérieux, je suis fier de toi.

- Je ferais pareil. - Je fais rien du tout.

T'inquiète ! J'aime cette facette.

- Ça manque à ton tennis. - Quoi ?

Ça fait plaisir te voir t'enflammer.

- Même si c'est pour ma copine. - C'est officiel ?

Tu sais que ça m'excite,

de te voir tout frétillant.

- Jamais j'essaierais de m'interposer. - Je sais.

T'es pas comme ça.

Ton truc, c'est le tennis pourcentage.

T'attends que je merde.

Allez, accompagne-moi.

Tu m'as manqué.

Je me sens seul sur le circuit.

C'est pour ça que tu gagnes rien ?

Tu me manques, je te dis.

Je t'ai vu contre Shinoda sur Internet.

T'aurais gagné si t'avais pas flanché dans le 3e set.

- Tashi, sérieux... - Quoi ?

Regarde-moi.

Tu comptais me parler d'Art ?

T'étais pas au courant ?

J'aime pas le voir morfler, mais...

Oui ?

Mais ?

Tu te sens pas intimidé ?

- Vraiment ? - Non.

Tu devrais.

Pourquoi ?

Il est intelligent.

Il est beau.

Et il joue super bien.

Il a toujours très bien joué.

Il a fait un max de progrès, ici.

On est toujours en concurrence ?

Je croyais avoir gagné.

C'est ça, ton problème.

Tu cries victoire avant la fin du match.

On parle de tennis, là ?

Comme toujours.

On peut éviter ?

Si tu veux.

Tu fais quoi ?

Je me prépare pour mon match.

Je vais faire ma routine.

À tout à l'heure.

- Tashi... - Quoi ?

Tu veux pas de mes conseils, soit.

C'est pas grave.

Qu'est-ce que t'en as à faire ?

On est ensemble, je veux pas que tu me fasses honte.

- Je te fais honte ? - Eh ben...

Le circuit pro, c'est autre chose.

On peut pas tous se faire appeler "Duncanator".

Pardon, je...

T'inquiète.

T'assures, mais arrête de vouloir me coacher.

Ça te ferait pas de mal.

On pourrait...

T'attends quoi de moi ?

Tu veux que je sois quoi ?

Ta pom-pom girl, ta copine, ton plan cul ?

Un tas de filles adoreraient être avec toi.

T'as du charme,

du talent, une grosse bite. Fais ton choix.

C'est une stratégie pour ton match ?

Tu provoques une dispute pour te motiver ?

J'ai pas besoin de ça.

Mais d'une heure de méditation, oui.

Et tu trouves ça nul ?

Inutile, vu que t'affrontes une joueuse de seconde zone.

Et toi, tu te reposes sur tes lauriers.

J'en peux plus que tu m'appelles chaque semaine

pour te plaindre des injustices du circuit.

Tu me fais perdre mon temps.

- Navré si je te dérange. - C'est le cas.

J'ai besoin d'être seule. On se voit au match.

- Comment ça ? - J'irai pas.

Pas si t'es comme ça.

Je suis pas un petit toutou que tu peux dresser à ta guise.

Je suis pas Art.

C'est ce que tu veux ?

Quelqu'un qui rêve d'être M. Tashi Duncan ?

C'est ce que tu crois ?

Tu veux qu'on t'adule.

Et c'est pas ton cas ?

Je suis ton égal.

Pas une groupie, et encore moins ton élève.

Compris.

Bonne chance, championne.

Veuillez accueillir celle qui en 2002,

2005 et 2006,

a remporté le championnat universitaire :

l'équipe de tennis féminin de Stanford.

T'ES OÙ ? ÇA VA COMMENCER ?

On t'aime, Tashi !

ON S'EST ENGUEULÉS. JE VIENS PAS.

Sur le court n° 1, Maria Foster de Pepperdine

et de Stanford, Tashi Duncan.

On t'adore, Tashi !

Tashi, ça va aller.

- Tourne-toi. - Dégagez !

Respire calmement.

C'est bon, ça va aller.

Regarde-moi, Tashi. Je suis là.

Respire, vas-y.

- Je suis désolé. - Va-t'en.

Dehors ! Dégage !

Écoute-moi, je t'en prie !

- Dehors ! - Tire-toi d'ici !

Faute !

30-0.

Elle est faute.

Elle était dehors !

Elle a été annoncée bonne.

Vous êtes miro ?

Vous êtes une pro

ou une fan d'Art Donaldson ?

Arrêtez ou c'est un point de pénalité.

Art !

Elle veut ton autographe.

Violation du code de conduite, comportement antisportif.

Point de pénalité, M. Zweig.

Tu veux gagner comme ça ?

Je suis prêt, moi.

Tu m'étonnes.

40-0.

Arrête de me ménager.

Je te ménage pas.

Frappe la balle !

Frappe, putain !

Arrête.

T'as peur de me faire mal ?

Mauviette.

Attends.

Et essaie de me battre.

S'il te plaît.

Ça va.

T'es sûre ?

C'est bon, ça va.

Ça va.

Je vais bien.

C'est bon.

Je t'assure.

TROIS ANS PLUS TARD

Plus agressif.

Un peu plus haut.

Plus agressif.

Lance un peu plus haut.

Tu peux dormir, demain. Katerina joue qu'en soirée.

Tu rigoles ? Je la fais bosser, le matin.

Elle a de la chance de t'avoir.

- Tu lances trop haut au service. - Ah oui ?

Pour vous.

Ton service est précis, mais tu plafonnes à...

208, 209 km/h.

Tu pourrais facilement atteindre 215 km/h.

Mais écoute Karl. C'est lui, ton coach.

Je suis que la sparring de Katerina.

Et si tu quittais le navire, pour venir seconder Karl ?

Je comprends.

Tu veux bosser avec quelqu'un qui a plus de potentiel.

Mais non ! Du potentiel, t'en manques pas.

Ce serait une bonne idée, tu crois ?

Pourquoi pas ?

- Ça remonte. - Pas tant que ça.

Ça me paraît une éternité.

Donc tu n'es plus amoureux de moi ?

Je suis très fier de toi.

Je plaisante pas.

Tu t'en sors super bien.

Tu me voyais me suicider après ma blessure ?

T'as bien fait de pas lâcher le tennis.

Hélas, je sais faire qu'une chose : taper dans une balle.

Ça va te sembler idiot, mais...

après ta blessure,

j'ai pas pu m'empêcher...

de me demander ce qui se serait passé

si j'avais battu Patrick.

Tu veux m'engager par culpabilité ?

Je veux t'engager pour gagner.

Aujourd'hui, tu le battrais.

Tu crois pas ?

Va savoir.

On...

s'est pas affrontés sur le circuit pro

et on se parle plus.

Quoi ?

Donc...

j'ai brisé un ménage.

Pour de vrai.

Alors, t'es encore amoureux de moi ou pas ?

Comment ne pas t'aimer ?

Quoi ?

J'ai très envie de t'embrasser.

Mais j'ai peur que tu me prennes pour un ami de merde.

Envers qui ?

Jeu et 2e manche, Donaldson.

Six jeux à deux.

Une manche partout.

Violation du code de conduite, jet de raquette.

Point de pénalité, M. Zweig.

S'il vous plaît.

PAUSE

Balles neuves, s'il vous plaît.

PLUS TÔT DANS LA SEMAINE

Il est pas mauvais, je l'ai joué plusieurs fois.

Tu ne racoles plus en échange d'un toit ?

Je dors...

chez l'autre fille.

C'est le grand amour.

Viens fumer, faut qu'on parle.

Je fume pas.

Et je te parle pas.

J'ai une proposition.

- Ta fumée... - Pardon.

Ça va t'énerver.

Ça va te rendre furax.

Deviens ma coach.

Pardon ?

Même s'il gagne l'US Open

et complète le Grand Chelem,

ce qu'on retiendra d'Art, c'est qu'il était juste très doué.

Voilà ce que vous aurez accompli.

Mais imagine

que tu me fasses gagner un tournoi du Grand Chelem.

Il me reste une saison.

Une dernière bonne saison.

J'ai besoin de toi pour y arriver.

Alors,

t'en dis quoi ?

T'es gonflé !

Ça va pas bien ?

Tu veux un conseil de coach ?

Abandonne.

Abandonne, maintenant.

Sur-le-champ.

Je peux être le meilleur.

- T'es 271e mondial. - J'ai mes chances.

À 31 ans, autant qu'à la roulette russe.

Pourquoi tu rentres pas chez toi ?

Rentre, va bosser avec papa maman...

Ou mieux, demande-leur de l'argent.

Fais comme les enfants gâtés qui ratent tout

et arrête de jouer au tennisman malchanceux.

T'as passé l'âge

d'enchaîner les tournois pourris et de dormir dans ta caisse.

Et j'ai la rage

que tu oses quémander ne serait-ce qu'une seconde de mon temps

pour réaliser ton rêve.

Depuis quand t'as des rêves ?

T'en as jamais eu.

- Avec Art, vous vivez votre rêve ? - Exactement.

Et pourtant, tu le détestes.

Dis pas le contraire.

C'est flagrant.

Il a déjà renoncé,

mais il prendra pas sa retraite sans ton accord.

Il est grand, je lui impose rien.

Il se l'impose.

Il fait ce que tu veux.

Sauf qu'il fait plus semblant d'aimer ça.

Il...

rêve de remanger des burgers,

de voir votre fille...

Lily, grandir.

De devenir commentateur de tennis à la télé ?

Il attend la mort.

Et tu te vois pas vraiment enterrée avec lui,

parce qu'il te sert à quoi, s'il ne joue plus ?

Il serait que ça pour moi ?

Une raquette et une bite ?

Art sait pour Atlanta ?

Tu serais venue pour qu'Art puisse jouer,

mais je crois que tu mens.

Je serais ici pour toi ?

Je serais venue ici, foutre ma vie en l'air,

pour toi ?

Ou juste pour me voir.

Je t'ai vu.

T'as une sale gueule.

Je vais le battre.

Si on va tous les deux en finale,

je vais le battre.

Même si tu pouvais le battre,

ça ne changerait rien.

Ce sera la fin pour lui.

Mais pas le début pour toi. T'as raté le coche.

Si jamais tu changes d'avis...

Ça n'arrivera pas.

TROISIÈME MANCHE

Reprise.

Dernière manche. Au service, Patrick Zweig.

Donaldson mène un jeu à zéro.

HUIT ANS PLUS TÔT OPEN D'ATLANTA

LA VEILLE

Rends-moi service.

Me démolis pas demain.

Bravo pour ta place en finale du Challenger.

Toi aussi.

Si le vent se calme, on aura un combat loyal.

Art, s'il te plaît.

On peut parler ?

Tu veux bien ranger ta bite ?

On est dans un sauna.

Ça fait une semaine, et on s'est pas encore parlé.

Sincèrement,

c'est ridicule, disproportionné.

Vraiment.

Pourquoi tu m'en veux autant ?

Je doute que ce soit pour Tashi ou ce qui lui est arrivé.

Je pense que peut-être,

ça te dérange qu'elle ait été attirée par un gars comme moi.

Quand on était ados.

Quand on était ados.

ATLANTA 3 H

Il est en grande forme cette année, pas vrai ?

Oui, son jeu a évolué de façon remarquable.

C'est le grand favori pour le prochain US Open.

Je suis bien d'accord.

Et puis chez les dames,

on a Anna Mueller qui a gagné Wimbledon.

Elle fait une super saison.

Incroyable.

Personne chez les dames

ne peut la mettre en difficulté.

C'est à sa grand-mère.

Comment elle va ?

Elle est morte.

Un AVC.

Tu me manques.

J'avoue.

Ça me dérange.

Y a pas de raison.

Plein de filles me kiffaient, aucune voulait m'épouser.

Je servais pas à ça.

Tu servais à quoi ?

SUR LA ROUTE DE L'US OPEN 2011

Son premier service, l'an dernier,

frôlait les 210 km/h, ce qui est excellent.

Maintenant, on le voit atteindre

215, parfois même 225 km/h.

Ça lui permet de remporter beaucoup de points.

Art ?

M. Donaldson ?

Quelle chance

de vous croiser si tard !

Vous voulez bien...

Bien sûr.

- Tenez. - Merci.

C'est la différence entre un bon joueur et un grand joueur.

Donaldson commence à jouer comme un grand.

C'est certain...

Franchement,

je pensais que tu serais content.

T'as toujours voulu me battre en tournoi.

Juste avant l'US Open, ça boosterait ta confiance.

Je sais ce que tu fais.

Je fais rien du tout.

C'est un Challenger, je cherche pas à te déstabiliser.

Exact, tu t'en fous.

J'ai pas dit ça.

On sait tous les deux que t'as plus à perdre que moi.

Tu crois ?

Putain, comment tu fais pour avoir autant d'aplomb ?

Tu débarques, la bite en roue libre, comme si je devais la craindre.

Tu te rends compte à quel point c'est gênant

que tu sois ici ?

Tu peux parler.

Je fais que passer.

Toi, c'est ta vie.

Tu sais,

j'ai longtemps voulu comprendre

ce qui t'était arrivé.

Mais à force d'y penser, j'ai compris.

L'important, c'est ce qui t'est pas arrivé.

T'as jamais grandi.

Tu crois encore pouvoir me parler comme un égal

parce qu'on vient du même endroit.

Là d'où on vient n'a pas d'importance sur le court.

L'important, c'est de gagner.

Et c'est ce que je fais,

souvent.

- Tu m'as jamais battu. - Et alors ?

J'ai pas eu à battre la plupart des mecs ici.

Il faut gagner les points qui comptent.

Je compte pas ?

Même pas pour le plus fanatique des fans de tennis.

On parle pas de tennis.

Je parlerais de quoi d'autre avec toi ?

J'étais venu te dire bonne chance.

J'y crois pas.

Te dire que j'étais content de t'affronter,

que nos matchs me manquent.

Eh bien,

nos matchs me manquent pas, à moi.

J'ai passé l'âge.

Un bisou.

Merci !

Et mamie.

Merci, ma puce.

Bonne nuit.

Je vous borde.

Voilà.

Dodo, mon coeur.

Bonne nuit !

Merci.

Je viens à quelle heure demain ?

Un peu quand tu veux.

Elle sera avec Andrew pendant l'échauffement.

- Tu parleras à Ralph ? - Oui, absolument.

Merci, maman.

Dors bien. Je t'aime, ma puce.

Ma clé...

- Tu l'as ? - Je l'ai.

- Bisou. - Bonne nuit !

Dis-moi que c'est sans importance.

Dis-moi que c'est sans importance que je gagne demain.

À toi de me le dire.

C'est toi, le joueur professionnel.

Mon jugement n'est pas le sujet.

Je suis ni sainte ni ta mère.

Aime-moi quoi qu'il arrive.

Comme Jésus ?

Tu peux le battre.

Et sinon ?

Comment tu me regarderas si je bats toujours pas Patrick Zweig ?

Comme ça.

Je vais dire quelque chose

qui va t'énerver.

Écoute-moi jusqu'au bout.

Je veux prendre ma retraite, qu'on gagne l'US Open ou pas.

Je vais faire mon max.

Je vais essayer, mais...

je suis fatigué.

Je veux pas être

un mec qui sait pas quand raccrocher.

C'est gênant de faire ces conneries à 40 ans.

Si tu veux arrêter le tennis, tu n'as pas besoin de ma permission.

On fait ça

ensemble

depuis toujours.

Je suis ta coach. Je travaille pour toi.

- Coache-moi, alors. - C'est ce que je fais.

Je joue pour nous deux, Tashi.

Je le sais.

Si tu perds demain, je te quitte.

Je plaisante pas. Ça t'aide, ça ?

Tu veux bien m'enlacer jusqu'à ce que je m'endorme ?

S'il te plaît.

MINUIT

Avantage Donaldson.

Jeu Donaldson.

Donaldson mène six jeux à cinq.

Tu fais quoi ?

J'ai dit que t'étais un Uber. Roule.

Faisons vite, je veux pas être accusée de tapiner.

- Allons à mon hôtel, j'ai reçu les sous. - Je suis pas venue baiser.

Ah bon ?

Alors ?

Je veux que tu perdes demain.

Je m'en doute.

Je te demande de perdre demain.

Va chier.

Il est au top, là.

Il est prêt pour l'US Open. Gagner demain enfoncera le clou.

Il en a besoin.

- Lui, il en a besoin ? - Oui.

Et moi, alors ?

C'est fou que tu lui fasses ça.

Franchement...

me baiser, c'est une chose,

mais ça, c'est impardonnable.

C'est un acte de bonté envers vous deux.

Je prends bien soin de mes petits Blancs.

Non. Hors de question.

Ramène-moi à mon hôtel.

Démarre !

Tu sais le plus frustrant ?

Ce qui me rend fou ? C'est que t'es venue baiser.

Mais t'es trop dans le déni pour te l'avouer.

Pour que t'acceptes de perdre, je le ferais.

Va te faire foutre.

Espèce de loseuse.

Moi, une loseuse ?

Exactement, regarde-toi.

Ton Uber te ramène à ta famille.

30-0.

Jouez !

Et merde, j'accepte.

- Pourquoi ? - Comment ça ?

Tu dois comprendre pourquoi.

On est pas mariés. Réjouis-toi que j'accepte et ferme-la.

T'es un vrai gamin !

Ça t'étonne ?

Je passe ma vie à taper dans une balle.

Qu'est-ce que je fous là, putain ?

- T'es conne. - Toi, t'es con.

Je sais, mais je le vis mieux que toi.

Je me prends pas pour le nombril du monde.

Tu es la personne la plus égocentrique que je connaisse.

Mais je sais parfaitement que je suis une merde.

- Et ça te plaît. - Rien me plaît chez toi.

Une chose, si.

Comme je suis une merde, je te vois telle que tu es.

C'est-à-dire ?

En vérité ?

Un...

super canon.

Va chier.

Une MILF, maintenant.

- Gare-toi. - T'énerve pas.

- Gare cette caisse ! - D'accord.

D'accord !

Ton hôtel est par là.

Tu vas encore me frapper ?

Ça me manque de te regarder jouer.

Tu étais tellement belle.

Faut qu'il pense qu'il a gagné à la loyale.

N'abandonne pas en milieu de match.

C'est ce que tu veux, t'es sûre ?

Quoi d'autre ?

Comment savoir si tu le feras vraiment ?

Tu le sauras pas.

30-40.

BALLE DE MATCH

Ça va le faire !

Allez, Patrick !

Faute !

Allez, Patrick, joue !

Dépassement de temps.

Avertissement, M. Zweig.

Égalité.

Va chier !

Violation du code de conduite, grossièreté audible.

Point de pénalité, M. Donaldson.

Avantage Zweig.

Art ?

Il peut servir.

Mettez-vous en position.

Vas-y, Art !

Sers.

JEU DÉCISIF

Jeu Zweig.

Dernière manche, jeu décisif.

Allez !

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