All language subtitles for The.Triumph.of.Sherlock.Holmes.1935.French.DVDrip.Altaya.Edition

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Original subtitles

LE TRIOMPHE DE SHERLOCK HOLMES

Parfait.

Que cherchez-vous ?

- Tout n'est pas emballé ? - Pas encore.

- Faites aussi vite que possible. - Oui.

Ses directives sont précises.

Et son laboratoire ? Il est très maniaque pour cela.

Il doit l'avoir emballé.

Que faites-vous, Holmes ?

Ma femme et mes meubles vont arriver.

Je ne puis m'installer si vous habitez ici.

Toutes mes excuses, Watson,

j'ai lu ma correspondance.

L'annonce de ma retraite cause des réactions diverses.

Cette missive ne manque pas d'intérêt.

- Qu'est-ce ? - Un télégramme de notre ami,

- ..le faussaire. - Ah oui.

Il a été emprisonné 10 ans.

Tout à fait.

À sa sortie, je l'ai aidé.

De toutes les lettres de remerciement,

même les plus éperdues,

celle-ci est la plus gratifiante.

Toutes ne déplorent pas votre retraite, je suppose.

Certains doivent en être soulagés.

Sans aucun doute. À commencer par un vieil ami,

le professeur Moriarty.

Je crois que vous faites erreur.

Aucune erreur.

Il est inoffensif.

Que nenni, c'est le cerveau

de la plus grande conspiration criminelle d'Europe.

Mon seul regret,

c'est que la police n'a pas saisi l'occasion de l'arrêter.

J'ai échoué.

N'en parlons plus.

Je vais voir où en sont les déménageurs.

M. Holmes,

quelqu'un veut vous voir.

Décrivez-le moi.

Il est âgé.

- Et très grand. - Dites-lui de monter.

Très bien.

Encore des vœux de départ.

Entrez, cher professeur.

Il est fort dangereux,

de conserver un revolver dans la poche de son peignoir.

Simple précaution.

J'attendais votre visite.

Vous venez vous assurer que mon départ est effectif.

Votre intuition est juste, une nouvelle fois.

Pour ma part,

je me félicite de votre décision.

Je vous crois sans peine.

C'est une sage décision en ce qui vous concerne.

C'était même votre seul choix possible.

Je ne vous suis pas.

En êtes-vous sûr ?

Permettez-moi de vous rafraîchir la mémoire.

Écoutez ceci.

Le 4 janvier, vous avez croisé mon chemin.

Le 23,

vous m'avez incommodé.

Mi-février, vous m'agaciez terriblement.

Fin mars,

vous avez sérieusement nui à mon entreprise.

La situation était devenue

- ... insupportable. - Telle était mon intention.

Vous êtes intellectuellement stimulant.

Et j'aurais été sincèrement peiné

d'avoir à prendre des mesures extrêmes.

Le risque est inhérent à mon métier.

Le risque ?

Il s'agit en l'occurrence de destruction inéluctable.

Il est très sage de vous retirer.

Partez loin et restez-y.

Et si je changeais d'avis ?

Je vous aurai prévenu.

Que votre retraite soit douce et permanente.

Je veux le voir colonel Moran.

Je vais l'attendre longtemps, ce Moriarty ?

Il vous verra dès qu'il lui plaira.

J'attends depuis 45 mn.

Pour qui se prend-il ?

Un conseil, M. Balding.

Changez de ton, face au professeur.

Ah ouais ?

Il va où, lui ?

C'est quoi ce truc ?

Aucun truc !

Je souhaite m'entretenir avec vous.

De quel droit m'enfermez-vous ici ?

Telle n'est pas la question.

Vous avez une proposition à me faire ?

Et si j'avais changé d'avis en vous attendant ?

Je vois mes visiteurs quand cela me chante.

Ça marche autrement avec moi. Ouvrez-moi !

- Asseyez-vous. - Je vais l'ouvrir moi-même !

Asseyez-vous.

Vous perdez votre temps.

Votre passeport est frauduleux.

La police américaine vous cherche sans doute.

Vous ferez donc ce que je vous dis.

Très bien, M. Moriarty.

Vous représentez une société américaine,

qui souhaiterait éliminer un ancien membre,

qui vit dans notre pays.

- sous une fausse identité. - C'est exact.

Vous avez besoin de mon organisation.

Quel est votre prix ?

50 000 dollars.

C'est honnête.

Dites-moi ce que vous savez sur lui.

Quand il est arrivé

et où il a été vu en dernier.

lci le colonel Moran.

Il est avec le professeur.

Nous avons vérifié ses références.

Le professeur décidera s'il prend l'affaire.

J'accepte votre affaire à une condition.

- Ouais ? - Je veux carte blanche.

Vous suivrez mes instructions,

et obéirez à mes ordres sans sourciller.

Très bien.

Parfait. Retournez à votre hôtel.

Attendez que je vous contacte.

Ce sera quand ?

Dans une semaine. Ou dans un mois.

Mais je vous contacterai.

Vos ordres seront délivrés en main propre.

Compris ?

- Ouais. - Bien.

La porte est ouverte.

Bonne journée.

D'accord.

Je compte sur vous.

Au fait, n'oubliez pas...

Vous redescendez, très cher ?

Je n'ai pas sommeil.

Vous êtes nerveux. Quelque chose vous tracasse ?

Rien. Une légère insomnie.

Je vois.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Je descends un moment.

M. Holmes...

Désolé.

Mme Watson vient-elle avec son mari ?

Non. Elle a à faire à Baker Street.

Le docteur viendra seul.

Tout à fait.

Le voilà.

- Bonjour. - Mon cher Watson.

- Bonjour. - Bonjour, Docteur.

- Comment allez-vous ? - Mieux.

Mme Hudson vous nourrit, j'espère ?

Elle me gâte.

Elle m'a fait une poule au pot, hier.

- N'est-ce pas ? - Si.

Sauf que vous avez deviné l'âge de la poule.

Je n'ai pas pu m'en empêcher.

Entrez, buvons un verre.

- Vous l'avez mérité. - Certes.

Charmant.

- Servez-vous. - Merci.

C'est tout ce que vos avez ?

Votre humour est étrange.

C'est là-bas.

Tout va bien à Baker Street ?

Je le pense, mais ma femme n'est pas de mon avis.

Vous avez réaménagé.

Le miroir est au-dessus de la cheminée.

C'est vrai. Ma femme y tenait.

Comment le savez-vous ?

Vous soignez votre apparence.

Vous êtes bien rasé sur la joue droite,

mais moins bien sur le cou.

Et l'angle de la mâchoire est négligé.

J'en déduis donc

que le miroir est éclairé depuis la droite.

Le lit est forcément au fond,

la cheminée est donc le seul emplacement possible.

- lncroyable. - Élémentaire, mon cher.

Élémentaire.

J'ai une lettre pour vous.

Merci.

lntéressant.

Oui ?

Une lettre de Porlock.

- Qui est-il ? - Difficile à dire.

Il possède de nombreuses identités.

Il travaille pour Moriarty.

Je vois, Moriarty.

Un maillon de la chaine.

Pas très essentiel,

mais assez faible.

Je vous rappelle que vous êtes retraité.

Il veut que j'empêche un crime.

J'ignore si c'est sa conscience

ou l'argent que je lui donne qui le motive.

Qu'en pensez-vous ?

Jetez cela à la poubelle.

Je n'en ferai rien tant que je n'en aurai pas le cœur net.

Je ne me pardonnerais pas.

- Je ne peux pas. - Pourquoi ?

Il se passe quelque chose.

Jetez un œil là-dessus.

Un code, de toute évidence.

Très juste, très juste.

- Quelle perspicacité. - Un seul mot : BlRLSTONE

Les chiffres représentent des mots.

Peut-être tirés d'un livre. Mais lequel ?

Il ne donne pas la clé ?

Envoyer la clé et le code dans une même enveloppe ?

Nous recevrons la clé plus tard.

Dans une autre enveloppe.

Dans l'intervalle,

essayons nous-mêmes.

Cela commence par 534.

Page 534.

Un grand livre.

Ensuite, C2. Qu'en dites-vous ?

- Chapitre 2 ? - Bien sûr.

lmaginez la taille du livre si la page 534 est au chapitre 2 !

Colonne.

Brillant, vos neurones sont vifs aujourd'hui.

Un grand livre.

Avec une double colonne. Autre chose ?

La Bible ?

Mon cher Watson, voyons.

Cet homme est chez Moriarty.

Il est peu probable qu'il ait une Bible sous la main.

En outre, il y a plusieurs éditions.

C'est un livre standardisé,

la page 534 serait la même sur toutes les éditions.

- Une idée ? - L'indicateur Bradshaw ?

- Essayons. - Bonne idée.

Mais cela ne suffit pas.

Et l'almanach.

Venez.

Voyons ce que recèle la page 534.

Notez, je vous prie.

Danger.

Bien. Vous notez, Watson ?

Propriétaire.

Birlstone.

Château.

Que cela signifie-t-il ?

Que le propriétaire du château de Birlstone est en danger.

M. Holmes, voici l'inspecteur Lestrade.

- Messieurs. - Bonjour.

Je lui ai dit que vous étiez occupé.

Mais il a insisté.

Merci, Mme Hudson.

Vous savez que M. Holmes a pris sa retraite ?

Je venais lui demander...

Birlstone ?

De quoi s'agit-il ?

Répondez.

Un code que Watson vient de déchiffrer.

Qu'y a-t-il ?

M. Douglas, du château de Birlstone a été assassiné.

Le visage arraché par un coup de fusil.

Le message de Porlock est arrivé trop tard.

Qui est Porlock ?

Comment peut-il prédire un meurtre ?

Il y a le tampon de Camberwell.

- Ça ne nous dit pas grand chose. - Vous n'en saurez pas plus.

Je lui envoyais de l'argent au bureau de poste de Camberwell.

- Vous n'avez pas su qui il était ? - Non.

J'ai promis de ne pas chercher à savoir.

Il était comment dire,

très discret.

Ne perdons pas de temps.

Venez à Birlstone, je vous dirai ce que je sais en chemin.

La route n'est pas longue, alors.

C'est à 30 km.

Je vous interdis d'y aller.

C'est mauvais pour votre santé.

Merci pour votre sollicitude.

Mais Moriarty est dans le coup.

"Votre" professeur Moriarty ?

Lui-même.

Vous le voyez partout.

Porlock est l'un de ses hommes.

Ma nouvelle ruche contre votre vieux chapeau

que Moriarty est derrière tout ceci.

Très bien.

Nous voilà dans le parc.

- Ce sont les anciennes fortifications. - Apparemment.

Nous ferions mieux d'entrer.

Mieux vaut repérer le terrain

avant d'aller plus avant.

Quel arbre fleurit dans l'eau ?

Les douves ont été remplies il y a peu.

Ce qui entrave toute sortie par la fenêtre.

Ou toute entrée.

M. Douglas se savait menacé.

Voici M. Sherlock Holmes.

- Enchanté. - De même.

Voici mon ami, le Dr Watson.

- Bonjour. - Bonjour.

- Entrons. - Derrière vous.

Voici l'arme du crime.

Je l'ai trouvée là-haut.

Aucun signe de lutte,

mais ce fauteuil est étrangement placé.

Qui, à part M. Douglas

était présent à l'heure du crime ?

Mme Douglas et M. Cecil Barker,

un ami de la famille.

Et voilà.

- Quelle horreur. - C'est un tir à bout portant.

Le tueur était déterminé.

lmpossible de rater sa cible avec un canon scié.

Un fusil américain.

Les gâchettes sont attachées.

Pour déclencher deux coups simultanés.

Regardez cette carte V.V. 341 .

Elle était sur le corps.

- Carton. - Il n'a pas été écrit ici.

C'est écrit avec une plume.

Comment cela ?

- Le pont-levis est levé chaque soir ? - Au coucher du soleil.

- Le drame s'est produit à 23h30 ? - Voilà.

Un suicide ?

Nous y avons pensé.

Quelqu'un s'est caché ici.

Il y a des empreintes de boue.

- Quand les rideaux sont-ils tirés ? - Vers 16h.

Il est entré quand les rideaux étaient tirés mais le pont encore baissé.

Mais nous avons fait le tour du château.

La tour est accessible sans traverser les douves.

Oui, mais on y accède par cette porte.

Qui est verrouillée en permanence.

Vraiment ?

En effet, elle n'est pas verrouillée.

Je ne comprends pas...

Nous y reviendrons.

Pour l'instant, n'y pensons plus.

Examinons le corps d'un peu plus près.

J'aimerais parler à M. Cecil Barker.

Très bien, Monsieur.

Vous avez remarqué

cette curieuse marque ?

Un signe d'appartenance à une société secrète ?

Par quel moyen a-t-elle été produite ?

- Un tatouage ? - Non, une marque,

imprimée au fer rouge. C'est très douloureux.

Voici M. Holmes.

- Bonjour. - Merci d'être là.

Mon ami, le Dr Watson.

- Enchanté. - De même.

M. Barker, vous avez découvert le corps ?

Je suis descendu en entendant la détonation.

Je l'ai trouvé là où vous le voyez.

Les bougies étaient encore allumées.

- Cette bougie ? - Oui.

Vous avez donné l'alerte immédiatement ?

J'ai sonné pour appeler Ames, le maitre d'hôtel.

Il est donc arrivé 2 minutes après le meurtre.

Oui.

Qu'a-t-il fait ?

Il a posé cette lampe sur la table.

Et a soufflé la bougie.

Je suis arrivé rapidement,

pendant que le meurtrier s'échappait par la fenêtre.

Pourquoi par la fenêtre ?

C'est la seule issue possible.

Cette porte est toujours fermée.

- Enfin... - Dites-moi, M. Barker ;

Mme Douglas est-elle venue après le drame ?

Non, je l'en ai empêchée.

Depuis quand êtes-vous amis ?

Depuis un an.

Depuis quand habitent-ils ici ?

9 mois.

Connaissez-vous le passé de Douglas ?

Il vivait à Chicago.

Il n'a pas mentionné une société secrète ?

C'est intéressant.

Il ne m'en a jamais parlé,

mais je l'en ai toujours soupçonné.

Que signifie la marque, sur son bras ?

Je l'ignore.

Je l'ai remarquée, mais il ne m'en a rien dit.

C'est pourquoi j'avais des doutes, sur une société secrète.

A-t-il changé de comportement, récemment ?

Eh bien...

Il évitait toute vie sociale.

En Suisse, il sortait à peine.

Je me suis posé des questions.

Quand il est parti en Angleterre,

j'ai douté plus encore.

Entrez.

Mme Douglas voudrait voir M. Holmes,

- ...quand il en aura terminé ici. - Bien sûr.

Dites à Mme Douglas que j'arrive dans un instant.

- Ames ? - Oui ?

- Nous avons quelques questions. - Très bien.

Avez-vous entendu le coup de feu ?

Non. Ces vieux bâtiments ont des murs épais.

Ames ?

Cette bougié était allumée à votre arrivée ?

- Oui. - D'où venait-elle ?

De la chambre de M. Douglas.

Elle était toujours à son chevet.

- Vous l'y avez mise ? - Moi-même.

La précédente était consumée, je l'ai donc remplacée.

- Elle était neuve ? - Oui.

- Elle n'a pas été rallumée depuis ? - Non.

Je vous le confirme.

- Ce sont les mêmes ? - Oui, Monsieur.

Merci.

Vous avez vu des inconnus par ici ?

Non.

Attendez, un vieil homme est venu admirer les ruines.

Nous avons souvent des visiteurs.

Les ruines datent des Normands.

- Rien d'inhabituel sinon ? - Non.

Je n'y comprends rien.

Et l'alliance qui a disparu...

- L'alliance ? - M. Barker n'a rien dit ?

Rien. Dites-moi.

Monsieur portait toujours son alliance en or.

Sous celle avec la pépite.

- Vraiment ? - Il les portait toujours.

Étrange de prendre une seule bague n'est-ce pas ?

Une dernière question,

La victime faisait-elle de la gymnastique le matin ?

Tout à fait. Chaque matin.

Merci. Merci.

Ce sera tout ?

Merci.

Le plus important,

c'est l'histoire de la société secrète.

Je ne suis pas d'accord, le plus important,

c'est qu'il faisait de l'exercice tous les matins.

Vous plaisantez ?

Je vous laisse poser vos questions saugrenues.

Mais je ne vois pas en quoi elles nous aideront.

- Mme Douglas vous attend. - Merci.

- J'ai quelques questions. - À votre service.

Connaissiez-vous Mme Douglas avant son mariage ?

Non.

Vous la voyez beaucoup ?

Qu'insinuez-vous ? Je "le" voyais beaucoup.

Je m'en tiens aux faits.

Que disait M. Douglas de vous et de sa femme ?

Je ne répondrai pas.

Vous avez donc quelque chose à cacher ?

Je n'ai rien à cacher. Gardez vos remarques.

Je vous suggère de changer de ton.

Pardon, vous faites votre travail.

Autant vous le dire...

Le pauvre Douglas

avait des doutes sur la fidélité d'Etty.

Il appréciait ma présence,

mais me trouvait trop proche de sa femme.

Mais sa femme lui était fidèle,

et je lui suis resté loyal.

Pourtant, son alliance a disparu.

Comme s'il y avait un lien entre le mariage et le crime.

Je n'en sais rien.

Vous faites fausse route.

Ce sera tout.

Des questions, M. Holmes ?

Pas pour l'instant.

On prend du recul, dans une enquête,

en s'inspirant de l'histoire du lieu du crime.

Je vous recommande cet ouvrage.

Un livre ?

J'ai mieux à faire en ce moment.

Dommage, Lestrade.

On y apprend que ce château fut construit

durant le règne de James 1er.

Une époque à l'architecture particulière.

Quel rapport avec notre affaire ?

La perspective est à la base de notre métier.

Si nous allions voir Mme Douglas ?

- Allons-y. - Je vous suis.

- Vous pouvez retirer le corps. - Très bien.

Etty.

Vous connaissez l'inspecteur.

Voici M. Holmes.

- Enchantée. - Bonjour.

Je vous présente le Dr Watson.

Enchanté.

- Merci d'être venu. - Je vous en prie.

J'espère pouvoir me rendre utile.

lnstallez-vous.

Je vous laisse.

Je serai dans le jardin.

Pouvez-vous nous aider ?

Je l'espère, mais je n'ai rien vu.

Mais vous avez entendu le coup de feu ?

Combien de temps vous a-t-il fallu pour descendre ?

Quelques minutes. Le temps d'enfiler une robe de chambre.

Depuis quand votre mari était-il en bas ?

Deux-trois minutes.

Moins de 5.

Où vous êtes-vous mariés ?

À New York.

Aux États-Unis.

Craigniez-vous que votre mari fût en danger ?

- Et qu'il le sût ? - Oui.

Je le sais.

Mais il n'en parlait pas.

Nous étions très proches, pourtant.

Mais il ne voulait pas m'inquiéter.

Savez-vous d'où pouvait venir ce danger ?

Pas du tout.

Cette marque, sur son bras. Qu'est-ce ?

- Je ne sais pas. - Vous lui avez demandé ?

Une fois, mais il a refusé de répondre.

- Je n'en ai plus parlé. - Vous ignorez ce que c'est ?

Tout à fait.

Vous avez une idée ?

Mme Douglas,

dites-moi la vérité.

- M. Holmes ! - Vous savez ce qu'elle représente.

Vous avez vécu en Amérique.

C'est le signe des Écumeurs.

Les Écumeurs ?

Une société secrète qui terrorise le pays.

Elle a été dissoute il y a quelques années.

J'ignorais son existence.

Je vous crois.

Mais je doute de l'ignorance de Mme Douglas.

Son mari appartenait à cette société.

Je vais vous dire la vérité.

Voilà un choix des plus sages.

Je vais vous conter l'histoire de la Vallée de la Peur.

Il y a deux ans, je vivais avec mon père.

Nous prenions des locataires parfois.

Un soir, je suis descendue en ville.

J'ai rencontré un jeune homme qui venait d'arriver.

Il s'appelait Murdoch et cherchait un logement.

Dés que je l'ai vu, j'ai su qu'il était l'homme de ma vie.

Je lui ai proposé de louer chez nous.

Le soir-même, je débarrassais la table,

quand on a frappé à la porte.

Vous êtes venu, M. Murdoch.

Apparemment.

Je tiens toujours mes promesses.

Qui c'est ?

Quelqu'un pour la chambre.

Je m'appelle Jack.

Voici M. Murdoch, pour la chambre.

Ça me va. Mettez vous à l'aise.

Merci.

C'est 20 dollars par mois.

Je vous paie d'avance.

Très bien.

Je vous fais visiter ?

Ça me va très bien.

Asseyez-vous.

lci, je n'aurai pas le mal du pays.

On fera en sorte que vous soyez bien.

C'est la première fois que je me sens comme chez moi ici.

Vous n'êtes pas américain ?

Je suis né en Angleterre, mais je suis ici depuis longtemps.

Bonjour, Ted.

Je ne t'attendais pas si tôt.

Je vois ça.

Qui c'est, lui ?

Notre locataire, M. Murdoch.

Voici Ted Balding.

M. le locataire,

t'es bien tranquille ?

Oui, c'est vrai.

Ça vous dérange ?

Non. Viens là.

Allez, bouge-toi.

J'ai été locataire, moi aussi, je te mets au parfum.

Etty m'appartient,

elle m'aime bien. Pigé ?

Que le meilleur gagne.

Monsieur fait le malin.

Avec moi, ça marche pas.

Je t'en prie, Jack ne voulait pas...

Jack ?

Vous en êtes déjà là ?

Laissez-nous seuls, nous allons régler ça.

Je vais régler ça, moi.

Tu sais ce que c'est ?

- Non, et je m'en moque. - Tu le sauras bientôt.

Je reviens demain, et t'as intérêt à être loin.

Ne comptez pas là-dessus.

Tu vas regretter ça.

Tu t'en vas, Ted ?

Qu'est-ce qu'il a, Ted ?

Il est jaloux de M. Murdoch.

Désolé de vous effrayer dès votre arrivée.

M'effrayer ?

Il ne me fait pas peur.

Les gens le craignent.

Moi non. Pour qui se prend-il ?

- Il dirige les Écumeurs. - Quoi ?

Les Écumeurs, une loge de meurtriers

anciennement l'Ordre des Hommes libres.

Sornettes, c'est une organisation nationale,

fraternelle et solidaire.

lci, c'est une bande de tueurs.

Pourquoi ne sont-ils pas jugés ?

Personne n'ose témoigner contre eux.

Les jurés n'osent pas, et la police est corrompue.

Je n'en crois pas un mot.

Il vous faut quoi pour y croire ?

Je n'ai pas peur.

Vous ne savez pas qui je suis.

Et vous ne connaissez pas McGinty.

McGinty ?

Étrange, j'ai justement

rendez-vous avec lui.

Un rendez-vous avec McGinty ?

Je suis un Homme Libre, moi aussi.

- Quoi ? - Quoi ?

Vous êtes un des leurs ? Alors hors de chez moi.

Je vous rends votre argent.

Tu ne peux pas le mettre dehors.

Je veux pas de ça ici.

Ted, c'est déjà assez.

Partez ce soir.

Ou plutôt demain matin.

Je suis désolée.

Pas grave. Mais je veux vous revoir.

À quoi bon ? Il y a Ted.

Vous ne l'aimez pas.

Vous avez peur de lui.

Si m'aviez connu avant, aurais-je eu une chance ?

Si seulement je vous avais connu avant...

C'est tout ce que je voulais savoir.

Je suis persuadée qu'au fond, vous êtes bon.

N'en soyez pas si sûre.

Je ferais n'importe quoi pour une femme comme vous.

Bon.

Je dois aller voir McGinty.

C'est qui ?

Salut l'étranger. Je t'ai jamais vu.

Je viens d'arriver, McGinty.

M. McGinty pour toi.

Désolé, Monsieur.

Je viens de la part de la Loge 341.

On m'a dit que je pouvais compter sur vous.

Vraiment, Monsieur...

Murdoch.

Je vais y réfléchir.

J'accorde difficilement ma confiance.

- Discutons en privé. - D'accord.

Attendez-moi,

dans cette pièce.

Écoute-moi coco,

n'essaie pas de nous jouer un tour.

Quel accueil, compagnon.

- Où as-tu été initié ? - Chicago. Loge 29.

- Que veux-tu ? - Du travail.

Pourquoi avoir quitté Chicago ?

- Je ne peux pas le dire. - Pourquoi ?

Il est interdit de mentir à un compagnon.

La vérité est indicible ?

Si vous voulez.

Je ne peux pas

t'admettre si je ne te connais pas.

Vous n'êtes pas du genre balance ?

Je t'interdis de m'insulter !

Pardon, je ne voulais pas vous offenser.

Tenez.

Regardez ça.

- Ton œuvre ? - Et comment.

Pourquoi t'as tué Binto ?

Il m'a balancé. Alors je l'ai buté.

Et tu crois qu'on a besoin de tueurs, ici ?

À vous de voir.

En même temps,

tu pourrais nous être utile.

Et tu n'as pas bronché quand j'ai sorti le flingue.

Vous étiez plus en danger que moi.

Je vous avais en ligne de mire.

Et je suis une fine gâchette.

T'es un rapide.

J'ai besoin de te parler de ce type.

Parle devant moi.

Je parle quand je veux.

Je vous laisse juge, patron.

Qu'y a-t-il ?

Une jeune femme...

- Je dis que c'est à elle de choisir. - Ah ouais ?

Je suis d'accord avec lui.

- C'est ton dernier mot ? - Oui !

Une objection ?

Tu défends un nouveau plutôt que moi ?

Je te laisserai pas faire...

Tu l'as cherché.

Tu l'auras.

Je suis d'accord, c'est bon.

OK.

On est entre frères.

Allez au bar, je vous paie un verre.

On se connait pas.

Vous êtes le nouveau capitaine ?

- Je suis le capitaine Marvin. - On se passerait bien de vous.

On a assez de flics comme ça.

Tiens, un vieil ami !

Je n'ai pas d'amis dans la police.

Tu es Jack Murdoch, de Chicago.

C'est vrai, je n'en ai pas honte.

Tu devrais, pourtant.

- Comment ? - Pas de cinéma.

Je viens de Chicago. On n'a pas oublié Binto.

Je ne l'ai pas tué.

On n'a pas pu le prouver,

ni te juger pour ça.

Mais je t'ai à l'œil.

T'as compris ? Bonsoir.

Les gars, un nouveau compagnon de Chicago.

On va l'initier à la prochaine réunion.

Nous avons des rituels particuliers ici.

Ça me convient.

- Prêt. - Tu supportes la douleur ?

Comme tout le monde.

Bravo, compagnon.

Tu dois m'obéir en tout,

la trahison est punie

par la mort.

Je comprends.

Allez, les gars.

Passons à l'ordre du jour.

On doit s'occuper de quelqu'un.

Je compte sur vous.

Il s'agit du rédacteur en chef du Herald.

Il bave sur nous dans son torchon.

On va le buter.

Non, ça nous causera trop d'ennuis.

Mais vous pouvez lui faire peur.

- Tu t'en occupes, Balding ? - Avec plaisir.

Je prends Vanshift.

et Mansell.

Et...

- Gowler. - Ouais.

Et... ouais...

Viens avec nous, Murdoch.

On va voir ce que t'as dans le ventre.

Ça me va.

Allons-y.

Pose ça, tu veux.

Le patron a dit qu'on devait pas le tuer.

Il a raison, arrête, Balding.

On se tire.

Désolé, patron.

C'est exceptionnel que je me déplace.

Je suis flatté.

Comment savais-tu où j'étais ?

Je sais tout.

C'est trop facile.

T'es un drôle de type.

Canlan me l'a dit, si tu veux le savoir.

Ouais.

- Un verre ? - Oui.

Je savais bien que tu causerais des ennuis.

C'est un ami. Je réponds de lui.

On m'accuse de quoi ?

D'avoir tabassé le vieux Steiner du Herald.

Tu as failli le tuer.

J'ai 10 témoins qui affirmeront qu'il jouait au poker.

Vous ne pourrez pas le faire accuser.

On verra bien.

Emmenez-le.

S'il résiste,

tuez-le.

Veuillez prononcer votre sentence.

Non coupable.

La séance est levée.

Tu vois.

Je t'avais dit que tout irait bien.

J'étais désespérément amoureuse de lui.

Je souffrais de le voir s'égarer.

Avec moi, il était irréprochable.

Je vois.

Murdoch a-t-il réussi à infiltrer les Écumeurs ?

Oui.

En six mois, il était connu comme le loup blanc.

Il était craint, autant que McGinty.

Continuez.

Un soir, on lui demanda

d'assassiner un des personnages les plus respectés de la vallée.

J'ai eu un terrible pressentiment.

J'ignorais ce qui allait se passer.

Dis-leur de se barrer.

Allez-y, les gars.

Alors, Balding,

toi tu couvres la porte.

Il va sortir en voyant la lumière.

Et toi, tu vas où ?

Tu sais que tu peux compter sur moi.

- On y va ! - OK.

- Vas-y ! - On y va.

Désolé, je ne t'avais pas entendu.

De quoi as-tu si peur ?

J'avais la tête ailleurs.

Montre-moi la lettre que tu caches.

- Quelle lettre ? - Derrière ton dos.

Je ne peux pas.

C'est secret, c'est pour la Loge.

J'ai cru que c'était un policier qui entrait.

Arrête, je t'en supplie.

Je sais pour hier soir.

Quittons cet endroit, cette vallée de la peur.

C'est impossible.

J'en sais trop sur eux.

Dans six mois, peut-être.

Dans six mois, c'est promis ?

Ou huit mois.

Disons dans moins d'un an.

Chéri...

Telle était sa promesse.

L'a-t-il tenue ? Êtes-vous parti après 6 mois ?

Ce ne fut pas une question de mois, mais d'heures.

Le même jour, un peu plus tard,

quelqu'un a frappé à la porte.

- Qu'y-a-t-il ? - Des ennuis.

- La police ? - Oui.

Un flic infiltré.

Tu ne peux pas comprendre, mais...

Je suis trop impliqué, je dois partir. Ce soir.

- Je peux venir ? - Oui.

Je suis un drôle de numéro,

mais je ne te décevrai pas.

- On part ce soir ? - Promis.

Tu es en danger ?

Peut-être.

Prépare-toi, je viendrai te chercher.

Je serai prête.

- Patron, mauvaise nouvelle. - Quoi ?

Je peux pas en parler ici.

Allons dans le bureau.

Très bien.

Rassemble mes hommes.

Garr !

Mantle ! Dans le bureau ! Toi aussi.

D'accord.

- Je sais quelque chose. - Quoi ?

Une balance nous a infiltrés. Birdy Edwards.

Il rassemble des preuves contre nous.

T'en es sûr ?

Et comment.

- Qui le connait ? - Moi.

Si on fait vite, tout ira bien.

Il me fait pas peur. Il sait rien.

J'espère que tu as raison.

Il y a peut-être un bavard parmi nous.

On ne peut pas être sûr. À moins...

De pas le laisser quitter la vallée en vie.

Pour une fois, on est d'accord.

Je m'en occupe, patron ?

Oui, mais raconte-nous.

L'autre jour, on m'a proposé de l'argent

pour révéler des informations sur les Écumeurs.

Je n'arrivais pas à le remettre.

C'était Birdy Edwards.

Je me suis renseigné, il vit à Hobson's Patch

sous le nom de Steve Wilson. - On va le buter.

- J'ai une meilleure idée. - Laquelle ?

Je vais le voir chez lui.

Je lui propose les documents secrets de la Loge.

Mais il doit venir les chercher.

- Et on le piège. - D'accord.

Après, c'est à vous de jouer.

Il entrera par la porte,

et ressortira les pieds devants.

- Il arrive. - Bien.

Entrez les gars.

Il sait quoi, à ton avis ?

Il est là depuis 6 semaines, il en sait assez.

Il va tout nous dire.

On va lui arracher la vérité à ce Birdy Edwards.

- Il a flairé le piège ? - Je l'ai appâté.

En disant que j'aurai des documents écrits.

lls ne pourront rien prouver.

Non, si des gens le voient arriver,

personne ne le verra partir.

Voici le plan :

vous restez tous ici.

Il sera armé, nous devons le surprendre.

Il frappera trois coups.

Je lui ouvrirai.

Il m'attendra dehors, je reviendrai ici.

Je vous expliquerai.

Je lui montrerai les documents et je le désarmerai.

Et après ce sera à vous.

On saura quoi lui faire.

Il n'aura pas d'avertissement...

D'accord.

En plus, il y a pas de volets.

T'inquiète pas, personne ne nous espionne.

Et s'il vient pas ?

Il viendra.

Il va arriver d'une minute à l'autre.

Pas un bruit.

Attendez mon signal.

Alors ?

Birdy Edwards est ici ?

Et comment.

Je suis Birdy Edwards.

Tu vas payer, sale flic.

Il y a quarante policiers armés ici.

Sale traître !

J'ai une dernière chose à vous dire.

Vous allez tous finir en prison.

Enfin, je peux jouer cartes sur table.

Je suis Birdy Edwards.

C'est moi.

J'ai joué un jeu dangereux.

Seul le capitaine Marvin était au courant.

Tu te crois malin ?

La partie n'est pas terminée.

Tu n'auras jamais la paix, nulle part.

Je prends le risque.

Vous allez tous plonger.

J'ai empêché autant de crimes que possible.

Je vous ai donné des fausses informations.

De mon initiative.

Ça aussi, c'est moi.

J'ai failli être démasqué.

J'ai dû faire vite pour dénoncer

les pires criminels de ce pays.

Piégés par moi.

La trahison chez nous, se paie par la mort.

Tu ne feras pas exception.

Emmenez-les.

Le patron va être content.

Je ne revivrai pas ça pour tout l'or du monde.

Vous connaissez toute l'histoire.

McGinty a été condamné à mort.

Ted Balding, un des pires, a échappé à la peine capitale.

Vous pensez que c'est lui ?

- Bien sûr. - C'est évident.

J'en suis certaine.

Nous nous sommes installés en Suisse.

Puis un télégramme est arrivé.

Balding s'était évadé et était en Europe.

Nous sommes partis très vite.

Et maintenant...

McGinty avait dit vrai.

Oui.

Pardonnez-moi.

je dois prendre l'air, je suis bouleversée.

C'est tout naturel.

Il ne nous reste plus qu'à trouver Balding.

Il est peut-être déjà sous les verrous.

Vous allez rester un peu ?

Oui, si vous le permettez.

Faites.

Vous avez perdu votre ruche.

Mais faites quelque chose pour ce chapeau.

Voilà un mystère rapidement résolu.

Pauvre Madame Douglas.

Une véritable beauté, n'est-ce pas ?

Je n'ai pas remarqué.

Vous êtes une machine.

Mon cher Watson,

des considérations personnelles ne troublent jamais mon jugement.

La plus belle femme que j'ai connue

a été pendue pour avoir tué trois enfants.

Je vois.

Ames ?

Monsieur ?

Que puis-je pour vous ?

Douglas utilisait-il des haltères ?

- Oui. - Une ou deux ?

Deux, bien sûr.

S'en est-il servi hier ?

Oui. Je m'en souviens.

Où était-ce ? lci ?

Tout à fait.

Merci, Ames.

- Ce sera tout ? - Oui.

Voyons Holmes, tout cela est très simple.

Rentrons déjeuner.

Je m'interroge sur l'haltère manquant.

- Un haltère ? - Oui.

Notre ami Lestrade ne peut pas comprendre,

mais c'est un instrument utilisé pour renforcer les muscles.

On les utilise généralement par paire.

Mais je n'en trouve qu'un.

Cette affaire n'est pas simple.

Elle l'est d'autant moins,

que Moriarty y intervient.

Balding a tué Douglas. Lestrade le retrouvera.

Je vous rappelle que nous avons reçu

une lettre prédisant ce drame.

Bien sûr, d'un homme de Moriarty.

Qu'allez-vous faire ?

Prêtez-moi votre parapluie.

- Mon parapluie ? - Oui.

- Il ne pleut pas. - Il est vrai.

Vous avez pris celui à manche coudé ?

Oui, il est dans le hall.

- Prenez plutôt mon revolver. - Non.

Il n'y a pas de danger.

Je ne vais tuer personne.

- Je pars à la pêche. - La pêche ?

Oui, je crois que les douves ont des choses à nous dire.

Je vois... la pêche.

- Voici. - Merci.

Où est partie Mme Douglas ?

Au fond du jardin, je l'ai vue par la fenêtre.

Elle a tout prévu avec Barker.

Assurez-vous qu'ils n'entrent pas ici tout de suite.

Surveillez-les et prévenez-moi s'ils arrivent.

Je voulais la réconforter, justement.

J'avais du mal à rester sérieux.

Pas facile devant Holmes.

Et moi en veuve éplorée !

Je dois prendre l'air...

Je suis bouleversée...

Attention.

Dr Watson ?

J'allais présenter mes condoléances à Mme Douglas.

Mais cela semble superflu.

Elle avait une question à vous poser.

Oui ?

La gravité de la situation impose une explication.

Vous devez me trouver bien insouciante.

Je ne porte aucun jugement.

Mais j'avoue qu'étant donné les circonstances...

Vous aviez une question ?

Si je me confiais à M. Holmes.

lrait-il à la police ?

Je l'ignore.

M. Holmes travaille-t-il pour la police ?

Je l'ignore.

Pourrait-il éloigner la police ?

Certainement pas.

M. Holmes est un enquêteur indépendant.

Mais il ne cacherait rien aux autorités,

s'il peut les aider à arrêter des criminels.

Pour plus de détails, veuillez le consulter.

Finalement, je suis d'accord, cette affaire n'est pas simple.

Au contraire,

elle est limpide.

Je peux vous orienter.

J'en serais ravi.

- Les meurtriers... - lls sont plusieurs ?

Cessez de m'interrompre...

Excusez-moi, mon cher Watson.

Merci.

Vous avez une hypothèse ?

C'est même une certitude.

Je suis tout ouie.

Pour commencer, la version de Barker

- ...ne me convient pas. - J'avais remarqué.

Je pense qu'il mentait.

Par omission. Le pire des mensonges.

Il a admis que Douglas était jaloux. Et justement, à mon avis.

Les amants ont voulu éliminer le mari.

L'histoire des Écumeurs servait de diversion.

Quelle perspicacité, Watson.

Vous n'y aviez pas songé ?

Non, je dois l'admettre.

Je vais vous prouver que j'ai raison.

Tout à l'heure, la veuve était bien joyeuse.

Elle riait avec Barker.

Elle riait aux éclats.

- C'est une preuve, non ? - Tout à fait.

Elle voulait se confier à vous.

Non.

Je n'ai que faire de ses confidences.

Vous pensez qu'ils l'ont tué ?

Vos questions sont parfois choquantes.

Tout cela est logique.

Vous vous rappelez l'haltère manquant ?

Oui.

- Je l'ai retrouvé. - Parfait.

J'ai ainsi résolu toute l'affaire.

- Résolu ? - Tout le monde mentait.

Barker nous a menti du début à la fin.

Mme Douglas nous a menti aussi.

Barker a dit que Douglas gisait mort

et que la bougie brûlait encore.

Il a aussi prétendu

qu'Ames, entrant avec cette lampe,

avait éteint la bougie.

Le tout en moins de deux minutes.

Ames a confirmé.

Mais il a ajouté que la bougie

venait de la chambre de Douglas

et qu'elle était neuve.

De la même sorte que celles-ci.

Quelle sorte de bougie

se consumerait autant en quelques minutes ?

Parbleu Holmes, vous avez trouvé.

Si l'histoire de Barker était vraie,

comment retirer deux bagues,

et en remettre une ?

L'alliance était sous l'autre.

Accrocher la carte et s'enfuir.

C'est parfaitement impossible.

Vous êtes très aimable, Ames.

Vous souvenez-vous

quelles chaussures portait M. Barker le soir du crime ?

Oui, des chaussons.

Pourriez-vous les retrouver ?

Oui. Il a mis ses chaussures pour aller à la police.

Apportez-les.

- Les voilà. - Merci.

Vous pouvez nous laisser.

Je m'en doutais. La même taille.

Cette empreinte est celle de Barker ?

Il a délibérément maquillé les faits.

Arrêtez-le, Mme Douglas également.

Vous êtes si naif.

lls ne sont que des figurants dans ce drame.

Vous rencontrerez ce soir les rôles principaux.

Où ? lci ?

Derrière cette porte.

Dans les ruines de Birlstone.

Je vois.

Que cherchez-vous ?

Sortez, M. Douglas.

Voyons, M. Holmes.

M. Holmes, je suppose ?

Voici M. Douglas, du château de Birlstone.

Alias Birdy Edwards.

Douglas est mort !

Regardez-le,

il est tout à fait vivant.

Mais qui était le cadavre, alors ?

Je vous laisse répondre ?

Je vous laisse faire, M. Holmes.

En fait,

cette affaire est simple.

Comment en êtes-vous arrivé à cette conclusion ?

Grâce à la bougie et à l'haltère manquant.

La bougie prouvait que Barker

avait passé au moins 40 minutes avec le cadavre.

Avant de donner l'alarme.

Je me suis demandé,

ce qu'il avait fait, pendant ce temps.

Que faisait-il ?

C'est ce que j'ignore, justement.

Vous ne savez pas grand chose.

M. Douglas fuyait les Écumeurs.

Il s'est retiré dans cette forteresse.

Balding réussit à y pénétrer.

De jour.

Il attend la nuit et attaque M. Douglas,

il lâche son couteau.

Alors il utilise le fusil.

Mais c'est Balding qui est touché.

Et mutilé au point d'être méconnaissable.

Je vois.

Cela répond à votre question.

Et Barker ?

En entendant le coup de feu,

il est descendu.

lls habillent Balding avec le peignoir de Douglas.

lls portent tous deux la même marque sur le bras.

Le manteau de Balding est lesté avec l'haltère

et jeté dans les douves.

Douglas est alors parti se cacher.

Voilà ce qui est arrivé,

pendant que la bougie brûlait.

Lestrade ?

- M. Douglas, vous confirmez ? - Tout à fait.

J'ai rencontré un petit obstacle.

En plaçant la bague torse sur le doigt de Balding,

vous pensiez mettre l'alliance aussi.

Mais vous n'avez pu l'enlever ?

- N'est-ce pas ? - C'est vrai.

Certains tombent l'alliance aisément, moi non.

Comment avez-vous deviné qu'il était ici ?

Je n'ai pas deviné.

La solution était écrite.

Dans le livre sur le château, que je vous ai recommandé.

Elle fut confirmée

par le plan retrouvé dans le manteau de Balding.

lncroyable, Holmes.

C'est l'évidence même.

Puisque l'affaire est résolue,

arrêtons M. Douglas.

Vous allez vite en besogne.

Je dois vous parler du personnage principal.

Le cerveau derrière tout cela.

Pas encore le Pr Moriarty ?

Qui est Moriarty ?

Nous vous expliquerons. Ne perdons pas de temps.

Laisse tourner le moteur.

Je te ramène Balding dans 5 minutes.

Vous maintenez vos élucubrations sur Moriarty ?

Ce ne sont pas des élucubrations.

- Des déductions. - Je vous fais confiance, alors.

La capture de Moriarty serait le triomphe de Sherlock Holmes.

Enlevez votre chapeau, Lestrade.

Balding ?

Balding ?

Balding a échoué, professeur.

Encore vous, Holmes ?

Je vous avais prévenu !

Vous êtes en état d'arrestation, Moriarty.

- Pour quoi ? - Tentative de meurtre.

Nos routes se croisent pour la dernière fois.

Moriarty.

Passez-lui les menottes, Lestrade.

Soyez maudit, Holmes !

Il est mort. C'est haut.

Oui.

Une méthode pas tout à fait orthodoxe,

si je puis dire,

mais très efficace.

FlN

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