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Aïe aïe aïe, ça bosse dur !
Je venais juste de m'endormir.
Ça avance vraiment.
Mais je te jure que c'est vrai.
Vas-y, dis-moi un arrêt, n'importe lequel.
Ok, Nicolo.
Nicolo ?
20 octobre 1989.
Le Conseil d'État reconnaît pleinement l'insupériorité du droit international
sur le droit national et se déclare compétent pour contrôler la compatibilité
entre les traités internationaux et les lois françaises, même postérieures.
Super, mais ça on sait déjà.
Donc en quoi il est remarquable, Nicolo.
C'est toi qui est remarquable.
Ah oui ?
Nicolo, il est remarquable car 14 ans après la Cour de cassation,
le Conseil d'État rompt avec sa jurisprudence et se reconnaît la possibilité d'écarter une loi
postérieure à une convention internationale.
C'est pas sérieux, t'as rien foutu.
Ah, viens, je te présente.
Gabrielle, je te présente Madeleine.
Bonsoir.
Gabrielle, ma tante par alliance.
Bénédicte, qui est une très bonne amie de la famille.
Merci.
Madeleine.
Enchantée, maître.
Enchantée.
Bonsoir.
Bonsoir.
Mon petit cousin.
En pleine mue.
Tu veux boire quelque chose ?
Et donc je regarde les deux consultants
et je leur dis excusez-moi mais ça veut juste rien dire.
Parti uni et résistant.
D'abord c'est pas un parti que je monte mais un groupe parlementaire.
Et en plus en initiale ça fait le PUR, le pur.
Je vais pas appeler mon groupe le pur.
Je termine juste mon histoire, pardon.
Et vous voulez faire quoi après l'ENA ?
Si vous l'avez ?
Et si ça existe encore ?
On veut aller au ministère du Travail ou... à l'éducation nationale.
C'est quand même dommage de ne pas viser plus haut.
Toi, tu trouves pas ?
C'est quoi plus haut ?
Le conseil d'État ?
L'inspection des finances ?
Par exemple.
Il n'est pas interdit d'être ambitieux, même venant de Sciences Po Lyon.
C'est pas la question là.
Nous, notre ambition c'est d'aller là où on peut faire bouger les choses.
Moi les gens qui veulent faire bouger les choses
ou les lignes, ça me fait toujours un peu peur.
C'est par hasard.
Pourquoi ?
Parce que...
Je sais pas ce que c'est que les choses.
Je sais ce que c'est que le réel.
Je sais comment ça fonctionne.
Je sais que c'est complexe.
C'est avec cette complexité qu'il faut travailler.
Alors, les choses...
Gabrielle, tu sais toi ?
Non.
Mais cette complexité dont tu parles,
peut aussi dissuader de toute envie de réforme.
Je l'ai vu quand j'étais au gouvernement.
Je le vois tous les jours à l'Assemblée.
Et donc ce réel, il faut pas avoir peur non plus de lui rentrer dedans.
Je suis complètement d'accord.
Dit-il devant un risotto aux truffes et un Clos Vougeot 2012.
Grosse remarque ringarde ça papa.
Et puis tu noteras que je suis à l'eau.
Ouais.
Qu'est-ce qui va pas dans ton réel ?
C'est le dîner, la terrasse, cette maison peut-être, ton appart à Lyon.
Non mais dis-moi, ça m'intéresse.
C'est tout le reste qui va pas, papa.
Faut regarder autour de soi un peu.
Elle est contente.
Non mais ce qu'Antoine veut dire, et je suis un peu d'accord avec lui...
Je sais ce qu'Antoine veut dire.
Mais moi, ce que je veux vous dire, mes enfants du haut de ma ringardise, c'est ça.
Regardez le monde tel qu'il est.
Pas uniquement tel que vous voudriez qu'il soit.
Et vous verrez que tout ne va pas si mal.
Surtout vous concernant.
Ah même !
Et puis s'il vous plaît, mon Dieu, surtout, faites que rien ne change.
Il est toujours aussi chiant.
Il est pas chiant, il dit ce qu'il pense, c'est pas pareil ?
Je sais que c'est pas pareil.
En tout cas, madame, je voulais vous remercier,
et j'en profite parce qu'il y a des témoins.
Parce que vous rendez Antoine très heureux.
Et moi aussi, du coup.
Non, c'est vrai.
Depuis qu'il est avec vous, il a arrêté les cachets.
Et je vois vraiment la différence.
T'es sérieux là, papa, là ?
Bah quoi ?
C'est vrai, non ?
Bon, Gabrielle.
Figure-toi que Madeleine a travaillé sur un sujet que tu connais bien.
Ah bon ?
Ouais.
Lequel ?
Oui, j'ai...
J'ai fait mon mémoire de master sur l'économie sociale et solidaire.
Plus particulièrement sur la participation dans l'entreprise.
Et ?
Et non, non, mais rien d'extraordinaire.
Mais du coup, j'ai beaucoup travaillé
sur les textes préparatoires de votre projet de loi, et évidemment sur votre loi.
Et j'ai beaucoup de respect pour la secrétaire d'État que vous avez été.
Et pour le travail que vous avez fait.
Mais ?
Mais y a pas de mais.
Ah bah si, mais dites-le.
Non, mais je...
Je comprends pas pourquoi vous êtes pas allé plus loin.
Ah oui, c'est... c'ést une loi sur la participation salariale, mais fallait
sortir de la logique uniquement capitaliste.
Y avait l'autogestion, la co-décision, les coopératives.
D'ailleurs, vous en parliez dans la première version de votre texte.
Enfin, voilà, ce que je veux dire, c'est que votre loi aurait pu être une grande loi.
Hyper novatrice.
Révolutionnaire, même.
Eh ben, peut-être que j'ai pas été assez loin sur moi-même.
Après, on est dans un pays où les patrons aiment pas trop que les salariés
se prennent en main, et où on considère que
faire un compromis, c'est baisser sa culotte.
C 'est pour ça qu'il fallait pas lâcher.
Lâcher quoi ?
Qu'il fallait pas démissionner.
Il ne vous aura pas échappé que je me suis
retrouvée assez isolée dans ce gouvernement.
L 'économie sociale et solidaire, tout le monde est d'accord sur le papier,
et quand on rentre un peu dans le concret, il n'y a plus personne.
Non, mais c'est sûr qu'il y a un énorme travail pédagogique à faire.
Mais, en tout cas, je peux vous dire qu'il y a de plus en plus de gens qui aimeraient
que l'économie, elle soit un petit peu plus sociale et un petit peu plus solidaire,
et que la démocratie, elle s'arrête pas aux portes de l 'entreprise.
Moi, je suis persuadée que l'homme ou la femme politique qui articulera tout ça,
avec un vrai discours écologiste et féministe, ce sera le prochain président.
Ou la prochaine présidente.
Pardon, je m'enflamme.
Bon, c'est pas parce que je suis amoureux, mais je pense exactement la même chose.
Alors, qu'est-ce qu'il faut faire si on veut un prochain président de gauche ?
D'abord, il faut des mesures simples, qui parlent à tous.
Une mesure, Madeleine.
Une mesure ?
L'échelle des salaires de 1 à 20, obligatoire.
Obligatoire et glissante.
Si le PDG veut s'augmenter, c'est possible, mais
à condition d'augmenter tous les autres salaires.
C'est magnifique.
Vous militez quelque part ?
Non, je vais aller à des réunions, au PS, au PC.
Après, si vous voulez vraiment faire bouger les choses,
c'est peut-être pas à l'ENA qu'il faut aller, pour commencer.
Moi, je crois que si.
Si on veut détourner un avion, il faut d'abord monter dedans.
C'est quand, vos résultats ?
Demain ou après-demain.
J'ai trop parlé ?
Ça faisait pas trop.
Non, c'était très bien.
En tout cas, tu as bien plu, à Gabrielle.
Ah oui ?
Ah oui.
Pourquoi tu dis ça ?
Je sais pas, ça s'est vu.
Et puis, je la connais, elle aime bien le côté...
Toi si, tu me plais.
Oh là là, mais arrête de m'expliquer la vie, là !
Ou alors, t'y vas, toi, Laura, là ?
Mais non, mais c'est pas vrai, mais arrête, papa !
C'est pas possible !
En fait, je vais raccrocher, je te préviens.
Je vais raccrocher.
Allez, je raccroche.
Putain, qu'est-ce qu'il est chiant !
Il y a que le passé, lui, il est là.
Qu'est-ce que tu fous, toi ? Allez, avance !
Allez !
Allez.
Attention !
Ça va pas ?
Ça va pas ?
Calme-toi.
Excuse-moi, il m'a énervé.
Pourquoi tu fais ça ?
Ralentis, ralentis, s'il te plaît !
On est pas pressés, là.
Pourquoi tu speedes comme ça ?
Putain !
C'est fou.
Oh !
Fais demi-tour, c'est bizarre.
Bonjour.
Bonjour.
Y a un problème ?
Je sais pas.
Vous pensez qu'il y a un problème ?
Ben non.
Non, tout va bien.
Pourquoi vous m'avez claxonné comme ça,si tout va bien ?
Euh, oui, pardon, j'ai eu peur, en fait.
Vous avez eu peur de quoi ?
- Excusez-nous, on est un peu pressés et... - Je termine, mademoiselle, pardon.
Non, sérieusement.
Vous avez eu peur de quoi ?
Je sais pas, vous rouliez lentement.
J'ai eu peur qu'on ait un accident.
Je roulais lentement, c'est-à-dire ?
Je roulais à combien ?
Je sais pas, 70.
Et c'est limité à combien, ici, à votre avis ?
80.
Excusez-moi, vous jouez à quoi, là ?
Je joue à rien, mademoiselle.
Il m'a klaxonné, on discute, c'est tout.
Oui, c'est limité à 80.
Quand on klaxonne, en général, c'est que quelqu'un conduit mal.
Non ?
C'est moi qui conduis mal ?
On s'en va ?
Non, c'est moi qui...
C'est vous qui quoi ?
C'est moi qui conduis mal, je m'excuse.
C'est bon ?
Ok.
Je peux vous montrer un truc ?
Antoine, démarre.
Laisse, laisse, tout va bien.
Démarre ?
Tout va bien, on discute.
Il sort un fusil, là.
N'ayez pas peur, n'ayez pas peur.
Laisse-moi faire, laisse-moi faire.
Vous lisez quoi ?
A spessu conquista mai sottumessa
Vous parlez pas corse ?
Vous roulez avec une plaque corse, mais vous parlez pas corse ?
Non.
A spessu conquista mai sottumessa
Souvent conquise, jamais soumise.
Vous venez d'où ?
De Lyon.
On est en vacances, mon père loue une maison chaque année.
Et à Lyon, on fait des doigts, comme ça ?
- Écoutez, monsieur... - Mais qu'il y a un truc qui va pas, on fait des doigts ?
Parce que vous m'avez fait un doigt tout à l'heure, non ?
J'ai pas rêvé ?
Si ?
J'ai rêvé ?
Antoine, on s'en va, putain !
Ok, je m'excuse, je suis désolé, je vais pas non plus.
Lui, le type a une bagnole pourrie, moi j'ai une plaque corse.
Je peux lui faire un doigt ?
Écoutez, je m'excuse, je suis désolé, voilà, c'est ma faute.
J'étais au téléphone avec mon père, j'ai...
On s'est pris la tête, j'étais énervé.
J'aurais jamais dû faire ça.
On va pas y passer la nuit non plus, si ?
Donc si vous voulez, je peux faire un geste.
Et on n'en parle plus.
J'ai que ça, je suis désolé.
Allez, descend.
Antoine, Antoine !
Hé, hé, hé !
Tu bouges pas, toi !
Lâchez-moi, là...
Alors comme ça, tu fais des doigts.
Lâchez-moi
Tu fais des doigts, je vais te montrer ce que tu fais.
Vas-y !
Hé, hé, bouge pas.
Je vais te battre.
C'est ça que tu veux.
Frappe-moi !
Frappe-moi !
Lâche !
Qu'est ce que tu dis, là ?
ça veut dire quoi ?
Ca veut dire que tu es en Corse ?
ça veut dire que tu es chez moi ?
Tu viens chez moi et tu me fais un doigt ?
Arrêtez !
Casse-toi !
Ne la touchez pas, tu m'achuses !
Ta gueule !
Et en plus tu me proposes du pognon !
Tu m'as pris pour un clochard, ou quoi ?
Tu sais quoi, ton pognon ?
Tu vas te bouffer, ton pognon !
J'ai été le faire bouffer, ton pognon !
Arrêtez !
Ta gueule !
Lâche ça.
Ne bougez pas !
Lâche-le.
Antoine, viens !
Toi, tu bouges pas, espèce de merde.
Lâche-le, il est chargé.
Allez.
Bougez pas !
Lâche-le.
Bougez pas !
Mets-le dans la benne.
Lâche-le.
Je te jure, je vais te défoncer.
Bougez pas !
Antoine, viens !
Lâche ça.
Bougez pas.
Lâche ça !
Tu leur expliques quoi ?
Tu l'as fait exprès, putain !
Faut qu'on aille voir les flics.
Faut leur dire, je leur explique.
Arrête, c'est trop tard !
Tu lui as tiré dessus, tu vas aller en taule direct !
Antoine, s'il te plaît !
Arrête !
Tu fais n'importe quoi !
Putain !
Allô, Antoine ?
Allô ?
Allô ?
Allô, tu m'entends ?
Quoi ?
Attends, bouge pas.
Bouge pas.
Ouais, dis-moi, qu'est-ce qu'il y a ?
Ouais.
Si, si.
Oui, oui.
Je peux te rappeler plus tard ?
Ok.
On est admissibles à l'oral.
Arrête.
Arrête.
En visite au congrès national des chambres de commerce et d'industrie,
le ministre du Travail a, quant à lui, appelé au calme et au retour des négociations.
Évidemment, je condamne avec la plus grande fermeté les violences
et les débordements qui ont eu lieu hier sur le site du groupe Saubost.
Et j'appelle, je demande aux ouvriers de
saisir la main tendue par les pouvoirs publics.
Il n'y aura pas de... Vous n'arrivez pas à dormir ?
Euh, si.
Venez, on discute cinq minutes.
...refusent de s'asseoir à la table des négociations avec la direction... Pfff...
Pelletier.
Je le connais depuis qu'on est gamins, il est nul.
Bravo, au fait.
Admissibles à l'ENA, c'est bien.
Vous venez d'où ?
Vous êtes de Lyon ?
Non, de Vénitieux.
Vos parents sont de là-bas ?
Oui.
Ils font quoi ?
Mais ma mère est morte quand j'avais huit ans.
Et mon père, je sais pas trop... Je sais plus trop.
On ne se voit plus beaucoup.
Vous êtes fâchés ?
Non.
Pas du tout.
Non, c'est juste que...
Vous savez ce que mon père m'a dit quand je lui ai appris que j'étais prise à l'ENA ?
C 'est quoi ?
Vous étiez plus bavarde l'autre soir.
Je vous fais peur ?
Non.
Non, pardon, c'est juste que...
Je suis juste un peu fatiguée.
Bon, je pars tôt demain matin, je sais pas si on se recroisera.
Appelez-moi après votre grand oral, qu'on discute.
DRAME A PORTO-VECCHIO
Un estivant allemand se noie devant ses enfants
Bien dormi ?
Vous avez dû fêter ça, j'imagine.
En tout cas, moi, je l'ai fêté.
Ah oui, oui.
Qu'est-ce qui se passe, là ?
Oh, c'est un type qui s'est fait tirer dessus.
Un gars du coin.
D'après ce que j'ai compris, vous étiez pas loin de l'endroit où ça s'est passé ?
C'est un règlement de compte.
Ils savent pas.
Le type est dans le coma, apparemment.
Il est dans le coma ?
Apparemment.
Mademoiselle,
on peut vous voir 5 minutes, s'il vous plaît ?
Bonjour, je vous en prie.
Merci, Bertrand.
Avec plaisir.
Lieutenant Jean-Emmanuel Hassani, comme je disais à votre compagnon,
on rassemble des témoignages dans le cadre de l'enquête
concernant la tentative d'homicide sur Charles Lucciani.
Hier après-midi, vous étiez où, vers 15h30 ?
On se promenait au bord de la mer avec Antoine.
Vous avez passé toute l'après-midi ensemble ?
Oui.
Vous avez pris quel trajet ?
Oh là là.
Quand je...
Quand je conduis pas, je fais pas trop attention à la route, donc... C'est pas grave.
Dites-moi de quoi vous vous rappelez.
En fait...
Je... Je me suis endormie, donc...
Vous avez dormi combien de temps ?
Je m'en rappelle pas, je...
30 minutes ?
Vous avez pas été réveillée par un coup de feu ?
Non.
Vous vous rappelez être passée par le village de Favone ?
Non.
Vous êtes sûre ?
Ça me dit vraiment rien.
Juste je venais de m'endormir...
Comment vous dites qu'il s'appelle ?
Favone.
Euh...
Votre téléphone portable, vous l'aviez avec vous ?
Non.
Je l'avais laissé dans ma chambre pour le recharger.
Sur la route, est-ce que vous avez croisé un véhicule qui aurait eu l'air en fuite
ou qui roulait vite ?
Non, j'ai rien remarqué, non.
Et vous êtes sûre que vous n'avez pas entendu une détonation ?
Non.
Alors, c'est bon pour nous.
Je vous remercie.
Je vous laisse retourner à vos vacances.
Alors, ça a été ?
C'est dans le coma, Antoine.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Quoi ?
Comment ça, qu'est-ce qu'on fait ?
Qu'est-ce qu'on fait s'il sort du coma ?
J'en sais rien, moi.
Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?
Et puis, on sort pas du coma comme ça.
Y a forcément des séquelles.
Si le mec est entre la vie et la mort, il se réveille pas comme ça, sans séquelles.
Quoi comme séquelles ?
Quoi ?
Mais j'en sais rien, moi.
amnesie, perte de mémoire, je sais pas.
Je suis pas médecin.
Non, justement, t'es pas médecin.
S'il y en a pas...
S'il y a pas de séquelles... Arrête, maintenant, stop !
De toute façon, le type va mourir, il me l'a dit, le flic.
C'est toi, là, qui leur a parlé, de ce village-là, Favone ?
Non, c'est eux, c'est eux.
Mon téléphone a dû borner là-bas, donc oui, je leur ai dit qu'on y était passés.
Pourquoi tu m'as pas dit ?
Quoi ?
Pourquoi tu me l'as pas dit, maintenant ?
Ils vont voir qu'on a menti, c'est cramé, c'est obligé.
Mais c'est des détails, ça, calme-toi un peu.
C'est pas des détails.
C'est pas des détails.
On va pas y arriver.
On va y arriver.
Je te le jure.
Regarde-moi dans les yeux.
Hein ?
On en est tous les deux.
Je t'aime.
On va s'en sortir.
Je te le jure
Régime général, cinq branches.
Retraite, famille, recouvrement.
Maladie, accident du travail.
Maladie professionnelle.
Branche de retraite, 14,5%.
129.
Branche de retraite, 14,5 millions de pensions.
129,2 milliards versés, 13,6% du PIB.
Âge légal du départ à la retraite, 62 ans.
Âge de la retraite à taux plein, 67.
Retraite à taux plein, 112 trimestres, 43 annuités.
Montant moyen par personne, 1570 euros.
1806 pour les hommes, 1307 pour les femmes.
T'étais où ?
J'ai pas arrêté de t'appeler.
Qu'est-ce qui se passe ?
Ça va ?
Non.
Il est mort.
Le TGV va partir.
Veuillez monter en voiture.
Vous êtes bien sur la messagerie d'Antoine Mandeville.
Je vous rappelle dès que possible.
Attention, on part.
Mademoiselle Pastor ?
Donc, selon moi, oui.
Non seulement ils peuvent jouer un rôle, mais ils le doivent.
Si l'on en croit le dernier rapport de la Commission mondiale sur l'économie et le climat,
le monde devrait investir 93 milliards de dollars au cours des 15 prochaines années,
soit entre 1 et 4% du PIB annuel mondial
si on veut limiter l'augmentation de la température à 2 degrés.
Récemment, un membre du gouvernement a reconnu n'avoir eu aucun état d'âme à mentir à plusieurs reprises
pour protéger son patron, en l'occurrence le président de la République.
Vous en pensez quoi ?
C'est-à-dire ?
Vous auriez eu des états d'âme à sa place ?
Disons que...
l'exercice du pouvoir s'accompagne forcément... enfin...
doit s'accompagner d'un aspect confidentiel sur certains sujets.
Je ne vous parle pas de confidentialité, ni de secret défense, mais de mensonge.
Mais excusez-moi, mais je ne comprends pas votre question.
Vous ne comprenez pas la différence entre un secret et un mensonge ?
Si.
En lisant le titre de votre mémoire de fin d'étude,
on est frappé par son côté très engagé.
Oui.
Mais oui, parce que...
ce sont des idées auxquelles les sociétés modernes vont être confrontées,
notamment pour tout ce qui touche au système capitaliste,
enfin à la fin du système capitaliste.
Je n'avais pas terminé ma question.
On est donc frappé par son côté très engagé.
Et par ailleurs, vous êtes la première boursière sortie major de Sciences Po Lyon.
Est -ce qu'au fond, vous n'êtes pas la preuve que ce système-là fonctionne ?
Je...
Je pense que...
Je pense que je suis quelqu'un.
Vous êtes quelqu'un de...
Antoine, c'est moi.
Je sais que t'es là.
Ouvre.
Mais ouvre-moi, merde !
Antoine !
Ouvre !
Antoine !
Bonjour.
Tout va bien ?
Oui, oui, ça va.
Oui ?
Oui c'est qui ?
Papa, c'est Madeleine.
Je descends.
Ça fait longtemps.
Oui.
Il y a un problème ?
Non.
Je...
Je voulais juste te voir.
J'allais faire des courses.
Tu m'accompagnes ?
Qu'est-ce que tu deviens ?
Je viens de terminer les examens.
Je tente des réponses.
Quels examens ?
L'ENA.
T'es sûre qu'il n'y a pas de problème ?
Non.
Bon, tu restes dîner ?
Ouais.
La Chine ou bolognaise ?
Bolognaise.
Tu manges pas ?
Si.
Papa, je ...
J'ai tué quelqu'un
On s'est fait agresser avec mon copain cet été.
En Corse.
Sur une route au milieu de nulle part.
Par un type.
Mon copain a voulu gérer.
Mais le type avait un fusil.
Ils se sont battus.
Un moment, il a reposé le fusil et...
Je l'ai pris.
Il s'est avancé vers moi.
J'ai eu peur.
J'ai tiré.
On ne l'a dit à personne.
Pourquoi vous êtes pas allé voir les flics ?
Le fusil ?
Vous en avez fait quoi ?
T'es sûre qu'il va pas parler ton copain ?
Oui.
Tu crois que je peux rester ici quelques jours ?
Oui.
Faut juste que j'aille chercher des affaires dans mon studio.
Tu veux que je t'emmène en voiture ?
Allô ?
Oui, c'est moi.
Bonjour.
Oui, bien sûr.
Très bien.
Merci, vous aussi.
Au revoir.
Pardon.
Bonjour.
Je suis désolée, j'ai un train à 14h, on a 10 minutes.
Vous voulez un café ?
Non, merci.
Ça fait plaisir de vous voir. Vous allez bien ?
Oui.
J'ai dîné avec Bertrand avant-hier, il m'a dit pour Antoine
Pas se pointer à l'oral, il faut le faire quand même,
qu'est-ce qui s'est passé ?
Je sais pas.
- Mais vous êtes encore ensemble ? - Oui.
Ceci dit, j'étais pas étonnée qu'ils vous aient pas prise.
Ça m'a plutôt rassurée même.
Ils ont un peu de mal avec les cœurs purs, à l'ENA.
Excusez-moi, le taxi vient d'arriver.
Oh, déjà !
Pardon.
Oui ?
Oui ?
Eh ben, on va trouver une salle.
Bon, je serai là en fin d'après-midi, on verra ça ensemble.
Merci.
Bon, faut vraiment que j'y aille.
Vous m'accompagnez ?
Oui.
Je t'appelle en arrivant.
Tenez !
Merci Eva.
Au revoir.
Au revoir.
Salut les enfants.
Au revoir.
Bon, j'ai besoin de quelqu'un pour actualiser tout ce qui se dit,
tout ce qui s'écrit sur les nouvelles formes d'organisation, de la parité,
de l'autogestion, des jeunes dans les territoires, etc.
Et je veux qu'on synthétise tout ça à la fois dans un livre
livre et dans une proposition de loi pour dans un an max.
Du coup, il y a un gros boulot de structure et de rédaction.
Ça vous intéresse ?
Oui ?
Non ?
Oui ?
Pourquoi vous proposez pas Antoine ?
Bah, c'est bien vous qui avez écrit un mémoire sur le sujet, non ?
Excellent en plus.
Vous l'avez lu ?
Ben oui.
Vous réfléchissez ?
Vous êtes bien sur la messagerie d'Antoine Mandeville.
Vous pouvez laisser votre message et je vous rappelle dès que possible...
Antoine, tu réponds plus ?
On avait dit qu'on était deux, qu'on était ensemble.
Et là, tu pars à l'autre bout du monde sans rien me dire ?
Je suis quoi pour toi si tu m'abandonnes comme ça ?
T'étais où, sérieux ? C'est chaud.
Je suis là.
Excusez-moi.
Je ne sais pas ce qui est ressorti de ma discussion avec vous.
Franchement, que cette usine soit la plus vieille usine du groupe
et que ce soit là que tout a commencé il y a 100 ans, on le sait tous.
Et on n'a pas du tout envie de balayer ça
d'un revers de main comme s'il n'avait aucune importance.
Au contraire, vous savez que les valeurs de transmission,
les valeurs de patrimoine, d'éthique même, je suis attaché autant que vous.
et ma direction encore plus.
Mais ce que je vous dis, c'est que la meilleure manière de préserver le passé,
c'est aussi de faire attention au présent.
Et le présent, j'en suis désolé, il est pas bon.
Et alors moi aussi, je suis désolé, parce que j'ai derrière moi
une partie des 150 salariés qui sont prêts à reprendre l'usine
qui connaissent par cœur l'outil de travail, qui connaissent par cœur les fournisseurs,
l'état du marché, ses forces, ses faiblesses, ses opportunités
et surtout vous débarrassent de cette usine dont votre groupe ne veut plus
et vous vous refusez. Donc je comprends pas.
Mais non, mais madame, ce que vous n 'arrivez pas à comprendre...
Madame la députée.
Madame la députée, pardon.
Ce que vous n'arrivez pas à comprendre, c'est que je ne refuse pas par plaisir.
Je refuse parce que les garanties ne sont pas suffisantes pour...
Mais quelles garanties ? Arrêtez !
Vous leur cédez l'usine au prix où vous l'avez achetée il y a 5 ans.
Non seulement vous ne perdez pas d'argent,
mais en plus vous ne payez pas de plan de licenciement,
pas d'indemnité, et même vous gardez le crédit d'impôt compétitivité.
Quelles garanties ?
Arrêtez de prendre les gens pour des imbéciles !
Je ne prends pas les gens pour des imbéciles.
Le Jabi, Fralib, Acom, Scopel avec Bouillé-le-Rou,
c'est que des boîtes qui ont été reprises par leurs salariés,
et qui tournent et qui tournent bien.
Et des exemples comme ça, il y en a des dizaines.
Des petits, des gros, donc regardez un peu ce qui se passe ailleurs.
Oui, oui.
Enlevez vos œillères.
Je n'ai pas beaucoup de pouvoir en ce qui me concerne pour pouvoir décider de ce qui se passe ici.
C'est le groupe qui va décider.
Voilà.
Maintenant, je suis désolé, il faut que j'y aille.
Excusez-moi, Sybille Ramey, ça vous dit quelque chose ?
Ramey, E-Y-yak ?
Non, désolé.
Vous étiez bien DRH chez Noireau dans le Pas-de-Calais en 2013 ?
Oui, tout à fait.
Pourquoi ?
Madame Ramey travaillait au service du nettoyage,
dans les équipes du soir, aux ateliers.
Elle a été hospitalisée pour un cancer du poumon, diagnostiqué maladie professionnelle.
Elle est morte le 24 avril 2014.
J'ai sa photo, si vous voulez.
Le directeur des ateliers a proposé aux collègues
une demi-journée pour aller à l 'enterrement.
Et vous, vous avez refusé, vous vous rappelez ?
Trois collègues y sont allés quand même,
et vous les avez licenciés pour absence injustifiée.
Je suis sûre qu'il y a un ou deux journalistes
que ça exciterait pas mal, d'écrire un petit papier là-dessus.
Je ne comprends pas ce que vous voulez, madame la députée.
Bonne question, qu'est-ce que je veux ?
Eh bien, écraser mes ennemis.
Et voir mourir devant moi.
Entendre les lamentations de leurs femmes.
Je crois que c'est ça que je veux.
OK
Bon, allez, on va boire un café dans mon bureau pour commencer.
Je veux bien récupérer la photo, s'il vous plaît.
Merci à vous, c'est du bon travail.
Excuse-moi, je ne pensais pas que ça durerait aussi longtemps.
Je peux t'en prendre une ?
Merci.
Bon, j'ai eu le PDG et le préfet, on a marqué un point.
D'où tu la sors, cette histoire d'enterrement et de licenciement ?
J'ai fait mes recherches.
Comme vous pour Conan le Barbare, non ?
Comment tu sais que c'est Conan le Barbare ?
Parce que j'ai tapé « Écraser ses ennemis » sur Google.
Et les poèmes de Neruda, tu connais ?
Du fond exigu de la mine, j'ai entendu s'élever une voix.
J'ai vu remonter à la surface un être sans visage, un masque,
barbouillé de sang, de sueur et de poussière.
Et ce masque m'a dit...
« Où tu iras ?
Parle de ses souffrances.
Parle, mon frère, de ton frère qui vit en bas, dans cet enfer ».
C'est pas mal aussi, Neruda.
Mais tu connaissais pas, en fait.
Mais si.
Que vaut aujourd'hui la parole d'une responsable politique comme vous, madame,
qui a préféré démissionner du gouvernement plutôt que d'affronter la complexité
de la mise en œuvre d'une réforme qu'elle appelait pourtant de ses voeux,
et qui revient aujourd'hui sur le devant de la scène comme si de rien n'était
pour expliquer à tout le monde ce qu'il faudrait faire ?
Elle vaut tout autant que celle d'un ministre du Travail
dont la première mesure a été d'élargir les possibilités de recours au licenciement économique.
au détriment des droits et des intérêts des salariés.
Bon, c'est très réducteur ce que vous dites, comme d'habitude.
Nous sommes les premiers, par exemple,
à avoir instauré pour les salariés le droit à la déconnexion.
C'est toi qui es déconnecté, Pelletier, depuis que je te connais, t'es déconnecté.
Monsieur Pelletier, dans cette affaire, vous n'êtes ni audible, ni crédible.
L'ultralibéralisme, c'est la ruine du monde moderne, écologiquement,
socialement, humainement.
À présent, tout le monde le sait, etc., etc.
Après, c'est bien d'embrayer sur l'économie sociale et solidaire,
225 000 entreprises, 1 emploi sur 8, 10 % du PIB, taux de pérennité à 5 ans,
c'est 67 % contre 60 % en moyenne nationale,
1 200 emplois créés chaque année depuis 15 ans,
et surtout, surtout, vous placez l'échelle des salaires de 1 à 20.
De toute façon, tu m'as fait une fiche pour les chiffres ?
Oui.
Moi, je vous le dis, on ne va pas transformer
toutes les sociétés françaises en coopératives ouvrières.
Ou alors, c'est Tintin chez les soviets.
Alors, s'il vous plaît, laissez-nous travailler et restez à votre place.
Mais j'aimerais bien rester à ma place, je ne demande que ça.
Mais quand les travailleurs et les salariés sont en difficulté,
c'est moi qu'ils appellent et pas vous. Pourquoi ?
Parce qu'à force de lois de travail revisitées
de soi-disant dépoussiérage et modernisation, vous avez tout cassé.
Notre projet, c'est tout l'inverse.
C'est la réappropriation de la force de travail, de la dignité
et de la santé des salariés, des ouvriers et des citoyens.
Je serai très heureux pour les ouvriers de Rochambeau et leurs familles,
si tout ça était pérenne.
Sincèrement.
Il venait d'être nommé ministre du Travail et moi, je sortais tout juste de l'ENA.
Son téléphone n'arrêtait pas de sonner,
mais M. Morou a pris le temps et il m'a laissé parler.
À la fin du rendez-vous, il m'a demandé le métier de mes parents.
Je lui ai dit que je n'avais pas connu ma mère et que mon père était fraiseur.
J'ai eu honte en le disant ce mot de fraiseur et honte d'avoir honte.
Il l'a vu.
Il m'a souri et il m'a dit.
C 'est bien, fraiseur, c'est un beau métier.
Après, j'enchaîne sur votre expérience avec lui au cabinet et sur les lois de travail.
Qu 'est-ce que je ferais sans toi ?
Il te dit pas ça, ton fiancé ?
Non.
Ah.
Donc, t'as un fiancé.
Mais ça vous regarde pas.
Madeleine, une jeune femme brillante et belle comme toi, elle a un fiancé.
Elle en a même deux, voire trois.
Je travaille trop.
Tu sais ce qui m'a laissé de plus précieux, Mourou ?
Ça.
Il soulignait.
Bleu, c'est mieux.
Vert, à refaire.
Noir, à revoir.
Et rouge ?
Je sais pas.
Il l'utilisait jamais.
En tout cas, pas avec moi.
Ça, tu peux le mettre dans le discours, si tu veux.
Par contre, rends-le-moi, s'il te plaît, j'y tiens.
Voleuse.
Sa culture, ce fut le syndicalisme et le socialisme
dont il embrassa très tôt la cause et dont il épousa tous les rôles,
de la SFIO à l 'internationale socialiste, en passant par la Fondation Jean Jaurès.
Pour lui, réformer, c'était ne pas renoncer, c'était réussir.
Pour lui, réformer...
...c'était se défaire de l'illusion des mots pour passer à la vérité des actes.
Réformer, ce n'était pas céder à la réalité,
mais la saisir à la gorge pour la transformer.
Réformer, c'était inscrire la gauche dans la durée.
Il me disait toujours,
aimer le peuple,
ce n'est pas le flatter et encore moins l 'abuser.
Aimer le peuple, c'est le respecter et le servir.
Notre première rencontre fut le lendemain de sa nomination comme ministre du travail.
Il constituait son cabinet et moi, je sortais tout juste de l'ENA.
Il m'a demandé ce que faisaient mes parents.
Je lui ai dit que je n'avais pas connu ma mère et que mon père était fraiseur.
Je lui ai demandé où tu étais passée.
T'es rentré quand ?
Il y a dix jours.
Je voulais t'appeler et puis...
Je vais être nommé
au cabinet du ministre.
Conseiller.
Ce n'est pas encore officiel.
- C'est bien. - Ouais.
Toi, tu vas bien ?
Comment ça se passe avec Gabrielle ?
Très bien.
Bien.
Vrai ?
Il faut que j'y aille, il y a le vin d'honneur.
Tu y vas, toi ?
Oui, j'arrive tout de suite.
Eh ben, à tout à l'heure.
Oui, Gabrielle, il y a une petite urgence, là, au bureau. Je ...
Je vais prendre un taxi pour la gare.
Je me débrouille.
Je vous dis à demain.
Mais Joshua, rien.
C'est toi le chef du gouvernement.
Tu fais ce que tu veux, bien sûr.
Mais moi, je te dis, fais attention.
Écoute, avec Pelletier, on est du même bled.
On a fait l'ENA ensemble.
On a été élus députés du rôle la même année,
donc je le connais et je l'aime bien, en plus.
Mais depuis que tu l'as nommé, je suis désolée, à chaque fois qu'il ouvre la bouche,
ce n'est pas le ministre du Travail que j'entends, c'est Bercy.
Donc elle est où, toi, ta ligne, là-dedans ?
Je crois qu'on fait une fixette sur Pelletier.
Je suis désolé, mais il fait le job.
Mais regarde les sondages.
Si vous continuez comme ça, vous allez avoir la révolution,
avec la tête sur les piques ou les fachos au pouvoir,
voire même les deux.
Tu étais où, toi ?
Je suis désolée, j'étais malade cette nuit.
Je crois que j'ai pris froid dans l'église.
Moi aussi, j'ai pris froid à l'église, mais je me suis levée ce matin.
Bon, t'as écouté, t'en penses quoi ?
Si, je peux me permettre ?
Bon, personnellement, je suis pas fan des boules puantes.
Mais je sais qu'il y a des factures bizarres
qui traînent de quand il était au conseil régional.
Pas mal d'impayés aussi.
Faudrait fouiller.
Non, moi je pense qu'il faut rester sur le fond
et appliquer notre méthode jusqu'au bout avec Rochambeau.
Ah ouais ?
Ouais.
Et on communique ensuite.
Et si ça marche pas ?
Si les mecs veulent pas vendre l'usine ?
Je pense qu'il faut faire de la politique.
Il faut le pousser à la faute.
Et pour ça, il faut lui taper dessus.
T'en es où de la proposition de loi ?
Tu me l'as envoyée ?
Je vous envoie une première version en début d'après-midi avec les exemples
pour les décrets d'application et la transposition en droits communautaires.
Ouais. Là, il faut faire vite parce que ça va bouger.
Allez, au travail.
Et vous ?
Vous étiez au courant pour Antoine ?
Qu'il était rentré ou qu'il était avec Pelletier ?
Les deux.
Je t'en aurais parlé.
Mais non, j'étais pas au courant.
En plus, j'ai déjeuné avec son père il y a pas longtemps.
Mais quel faux cul celui-là !
Vous étiez pas revus.
Mais non.
Et ça va ?
Oui, oui, ça va.
J'ai deux places pour Iphigénie ce soir à l'Opéra, ça te dit ?
Je sais pas ce que ça vaut, mais au pire,
on sort à l'entracte et on va dîner quelque part.
Ah, mais je suis désolée, mais ce soir, je peux pas.
Une prochaine fois, ouais.
Merci.
Salut.
Salut.
Ça va ?
Ça va.
Qu'est-ce que tu prends ?
Euh... un panaché.
Excusez-moi.
C'est possible d'avoir un panaché, s'il vous plaît ?
Ok.
Merci.
Tu sais ce que dit une bière qui tombe à l'eau ?
Au secours, je sais panacher.
Attends une seconde.
Elle bastonne un peu, là, entre Thomas et Gabrielle.
Ça va se tasser, non ?
Merci.
Je te trouve très belle.
Bon, alors, ce voyage, raconte.
Raconte quoi ?
T'as fait quoi, là-bas ?
Du baseball.
Non, mais sérieusement.
Political theory, political marketing, political strategy...
Raconte-moi tout.
Je sais pas, comment tu vas ?
Ça va.
T'as quelqu'un ?
C'est-à-dire ?
Tu es avec quelqu'un.
Moi aussi, j'ai rencontré quelqu'un.
Docteur en tant que sociologie.
Brillantissime.
Père travaille aux Nations Unies.
Sa mère est peintre.
Un peu barrée.
Elle m'a fait découvrir les États-Unis.
L'Ohio, l'Illinois, Minnesota...
C'est un pays de dingue, en fait.
Ça va ?
Oui.
Je vais y aller.
Mad ?
Mad !
Mado.
Écoute-moi.
Mad, écoute-moi.
C'est pas vrai, en fait.
J'ai rencontré personne.
Je sais pas pourquoi je t'ai raconté ça.
J'aurais jamis dû partir.
J'aurais jamais dû te laisser.
Donc le 16, vous faites Europe 1 pour votre livre à 13h.
Le 17, c'est la matinale de France Inter.
Et le 20, vous êtes en duplex sur France 3 pour le décrochage régional Rhône-Alpes.
C'est quand la décision pour Rochambeau ?
Le jeudi 19.
Le 19 ?
C'est bête de faire de grosses radios avant la décision du tribunal.
Je suis d'accord.
Madeleine, t'es avec nous ?
Parce que si la reprise est validée,
ça veut dire que la méthode est bonne et je déroule.
Si elle n'est pas validée, c'est un scandale et je déroule quand même.
Mais là, qu'est-ce que je vais dire ?
On attend avec impatience la décision du tribunal de commerce, non ?
Madeleine ?
Et justement, là j'écris aux journalistes de France Inter.
Je peux décaler les deux émissions si vous voulez.
Et je vous ai envoyé un mémo avec les potentiels repreneurs du site.
De français en allemand.
Bon du coup, on fait quoi ?
Je pense qu'il faut faire comme on a dit.
On garde le 16 sur Europe 1 et le 17 chez France Inter.
Madeleine, t'avances quoi ?
Qu'est-ce qu'on fait ?
Oui, ce qu'on fait, c'est deux grosses radios ou pas ?
Non, je pense que Sofiane a raison.
Bon, écoutez, vous pouvez aller où vous voulez.
Allez, on passe à autre chose parce que là...
Salut.
Salut.
Ça va ?
Et toi ?
Elle sait qu'on se voit, Gabrielle ?
Non.
Pourquoi tu me demandes ça ?
Je sais pas.
Je crois que ça me fait un peu bizarre que tu travailles pour elle.
C'est un peu ma famille.
Oui, je sais.
Mais c'est elle qui m'a proposé.
Oui, oui, je sais, je sais.
Toi, pour le coup...
Thomas Pelletier, ça te fait pas bizarre ?
Les salaires de 1 à 20, l'égalité, la parité, les scopes...
Pas trop " ça calme ", non ?
Non, non, effectivement, c'est pas trop " ça calme ", non.
Après, tout le monde est un peu dur avec Thomas, mais... c'est quelqu'un de bien.
Il a été classe avec moi.
Il était pas obligé.
Tu voulais qu'on se voie pour parler de quoi ?
T'as envie qu'on réessaye, tous les deux ?
J'ai envie d'être avec toi.
C'est pas possible.
Pourquoi c'est pas possible ?
Parce qu'on peut pas jouer à ça, on va se faire du mal.
Je joue pas, moi, je suis sérieux, là.
Quand je suis comme ça, devant toi,
que je te regarde dans les yeux, que je te dis que j'ai...
Arrête, arrête.
Quoi, arrête ?
C'est toi qui est parti, du jour au lendemain.
Tu peux pas revenir comme ça, comme si s'était rien passé ?
Je t'aime.
C'est trop tard, Antoine.
Chaque fois que je te vois, je le vois. Lui.
Je vais pas y arriver.
Je vais pas supporter.
Quoi ?
Te revoir, te recroiser.
Entendre parler de toi.
Madeleine ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
Je voulais te faire une surprise.
Mais pourquoi tu m'as pas appelée ?
Parce que si je t'appelle, c'est plus une surprise.
Tu veux une bière ?
Je veux bien, oui.
Je peux fumer ?
Oui.
Ça va, le boulot ?
Ouais.
Elle a l'air pas mal, ta députée, là.
Oui, très.
Ça se passe bien avec elle ?
Oui.
Je t'ai attendue, tu sais.
Je sais, mais je travaille.
Bon, la dernière fois, je t'ai attendue.
Tu m'as dit que tu repasserais le lendemain,
que tu resterais peut-être quelques jours.
Tu te souviens ?
Je sais, je suis...
Je suis désolée.
Je m'excuse.
Je te demande pardon.
T'as honte de moi, c'est ça ?
T'as peur que je vienne à ton bureau ?
Que je dise que t'es ma fille.
Tu peux pas débarquer comme ça quand ça va mal,
puis disparaître quand ça va mieux.
Tu comprends ?
Tu peux pas me dégager comme ça.
Je suis pas un chien.
Je sais que t'es pas un chien.
Mais papa, quand maman était malade, quand on a dû quitter la maison,
quand j'ai dû payer mes études ?
T'étais où, toi ?
Alors, OK, tu m'as attendu.
J'ai pas donné de nouvelles, je m'excuse.
Mais vas-y, me fais pas la morale, s'il te plaît.
OK.
Tu te souviens ce que tu m'as raconté la dernière fois ?
Oui.
Mais c'est pas le moment, là.
C'est pas le moment, t'es sûre ?
Oui.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je rentre, puisque c'est pas le moment.
Arrête.
Arrête, reste.
Papa.
C'est bon.
C'est bon, je te dis.
Merde !
Je reviens sur un point, les investisseurs.
Si dans un an, deux ans, par coup de tête, ils disent, ben non, on veut partir.
L'entreprise, qu'est-ce qu'elle va devenir, l'entreprise ?
Mais justement, c'est pour ça que je vous dis que moi, je pense vraiment
que le statut de Scic vous conviendrait beaucoup mieux que celui de Scop.
Parce que ça permettrait d'avoir, en plus de vous,
des clients et des fournisseurs qui entrent au capital.
Et aussi des collectivités locales et des financeurs privés.
Voilà. Sachant qu'ils peuvent devenir, justement, des associés en amenant du capital.
C 'est-à-dire, en fait, de l'argent ou de l'industrie.
Je sais ce que tu vas me dire.
Mais en fait, on va rester, majoritaires au conseil d'administration.
Qu'est-ce qui leur empêche de prendre leur profit là-dedans ?
On sait bien ce qu'ils font, les financeurs privés.
Mais non, non, non.
Sois rassurée.
De toute manière qu'on soit rassurée, on sera de toute manière
toujours majoritaires au conseil d'administration.
On représente beaucoup plus de voix.
Nous, par exemple, on pourrait représenter 90% du capital.
Et eux, 10%.
On est majoritaire.
On aura toujours la dernière décision.
Et ça, c'est hyper important.
Et c'est pour ça que je pense qu'il faut envisager absolument...
Tu reviens.
Oui, oui, je reviens.
D'accord.
Et donc, du coup, en fait, c'est pour ça que je pense qu'il faut absolument
organiser une nouvelle levée de fonds, en fait, à la fin de l'année,
pour cibler les banques solidaires et mutualistes.
Et non, Anthony.
Moi, je pense que c'est pas un truc de coco.
Vous êtes bien sur la messagerie d'Antoine Mandeville.
On vous rappelle dès que possible.
Oui, c'est quoi ce message que t'as écrit à Gabrielle ?
Antoine, rappelle-moi.
Qu'est-ce que tu me fais, là ?
Antoine !
Antoine, ouvre !
Allô ?
Allô, Bertrand ?
Je suis désolée de vous appeler si tard.
C'est Madeleine.
Est-ce qu'Antoine est là ?
S'il est là, vous pouvez lui demander de descendre.
Je suis en bas de chez vous dans 5 minutes.
S'il vous plaît.
Non, non, je lui dis pas de descendre.
Tu le laisses tranquille, maintenant.
Comment ça, je le laisse tranquille, maintenant ?
C'est lui qui arrête pas de m'appeler.
Vous pouvez lui demander de descendre, s'il vous plaît ?
Bon, alors, je vais raccrocher, Madeleine.
Allô ?
C'est quoi, ces messages que t'envoies à Gabrielle ?
Je te l'ai dit.
Je vais pas supporter te revoir, te recroiser, d'entendre parler de toi.
Je vais pas y arriver.
Et donc ?
Donc, faut que tu t'en ailles.
Faut que tu disparaisses.
Tu trouveras autre chose, sans problème.
Tu peux pas me demander ça ?
Si, je te le demande, si.
C'est toi ou moi.
Sinon, quoi ?
Tu vas voir les flics ?
On était deux.
Tu perdrais tout, toi aussi.
Mais perdre quoi ?
Mon job ?
Conseiller, ma carrière, la politique, qu'est-ce que j'en ai à foutre ?
Tu sais ce que c'est, la prison ?
T'y as déjà été, toi ?
Non.
J'irai pas.
Pourquoi t'irais pas ?
Parce que c'est toi qui as tiré, Madeleine.
C'est pas moi.
Avec un bon avocat, je prends du sursis.
Tu pouvais lui tirer dans les jambes, si tu voulais.
Tu pouvais tirer en l'air.
Tu pouvais tirer n'importe où.
C'est toi qui as tout détruit.
Si tu t'étais défendu, on en serait pas là.
C'est qu'un putain de lâche, Antoine !
Qu'est-ce qui se passe avec Antoine ?
Pourquoi il m'envoie ça ?
Mais je sais pas.
Si, tu sais.
Dis-moi.
On s'est revus, je crois qu'il est encore amoureux de moi.
Il accepté pas que je travaille avec vous.
Pas du tout, même.
Ça veut dire quoi, méfie-toi de Madeleine ?
Elle te dit pas tout.
Qu'est-ce que tu me dis pas ?
Mais j'en sais rien.
J'imagine que c'est ça, qu'on se revoit.
T'as pas une cigarette ?
Tu me la fais pas à l'envers.
C'est-à-dire ?
Je sais pas, avec Pelletier.
Y a un truc que je sens pas chez toi.
Y a quelque chose que tu dis pas.
Vous voulez savoir quoi ?
Pelletier va chez Rochambeau demain,
apparemment, il va faire une annonce.
T'étais au courant ?
Mais non, je savais pas.
A mon avis, il a un repreneur et il veut nous prendre de vitesse.
C'est vraiment chiant, ce con.
Mesdames, messieurs, je suis très heureux d'être ici parmi vous à Chassieux,
à l'usine Rochambeau, pour parler de l'avenir de votre entreprise.
Aujourd'hui, je suis là pour vous annoncer que nous avons trouvé un repreneur.
Un repreneur crédible, sérieux.
Toute la politique que nous menons avec le gouvernement,
c'est l'accompagnement des entreprises et des reprises.
Et nous allons... Pardon, madame, j'ai pas terminé.
Et nous allons donc accompagner, nous n'allons pas abandonner
le site de Rochambeau.
Est -ce que vous pourriez nous expliquer votre lien avec Bertrand Mandeville ?
Bonjour, d'abord.
Vous pourriez dire bonjour.
Est-ce que vous pourriez nous expliquer...
Vous pourriez avoir l'amabilité de me dire bonjour.
Non.
Est-ce que vous pourriez nous expliquer votre lien avec Bertrand Mandeville ?
Quelle est cette question ?
Je comprends pas la question.
Est-ce que vous pourriez nous expliquer vos liens avec cet avocat d'affaires
qui conseille les fonds d'investissement,
qui rachète des entreprises qui marchent bien, comme celle-ci,
qui vire tout le monde, et puis qui les vend par petits bouts?
Solocal, Beneteau, Marisud... On a la liste !
25 000 licenciements, s'il vous plaît, M. Pelletier.
25 000 !
Non mais attendez, je vois pas ce que votre question a à voir avec ma venue ici,
les raisons de ma venue, l'avenir de l'usine et le repreneur.
Justement, Bertrand Mandeville, c'est ça le lien,
cet avocat d'affaires qui conseille en fait le repreneur que vous nous proposez.
Et en plus, c'est le premier donateur de votre microparty.
Vous mettez les gens... Non, vous mettez... Excusez-moi, mais...
120 000 euros en deux ans !
Le financement des microparties est encadré
et on peut pas donner plus de 7 500 euros.
Ce que vous dites est faux !
7 500 quand ils sont déclarés !
C'est faux.
Non, je ne suis pas venteur, madame.
Est-ce que c'est pour le remercier que vous avez engagé son fils Antoine ?
- Écoutez, j'ai... - Dans votre cabinet, monsieur Pelletier...
J'essaye de vous aider, madame.
Est-ce que c'est pour ça que vous avez embauché son fils Antoine dans votre cabinet?
Répondez !
Répondez !
Moi, je ne réponds pas à ce genre d'interpellation qui confond tout.
Je suis pas là... Non, mais...
Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles.
Ça fait 30 ans qu'on la tient, cette usine.
Cette usine, c'est notre famille.
On est connu à l'international.
On a des produits de qualité.
Mais je sais, et c'est pour ça que je suis là.
S'il vous plaît. Non, vous êtes là.
On comprend pas.
C'est quoi, votre histoire d'être sauveur ?
Sauveur de qui ?
On ne vous croit plus !
On ne vous croit plus !
Vous comprenez ?
Et pourquoi vous me croyez pas ?
- Mais parce qu'en fait... - e suis ministre !
Mais non !
On l'accompagne nous-mêmes !
Ministre de rien !
Pourquoi vous la croyez plus elle que moi ?
Elle nous protège !
Mais elle raconte des saloperies sur moi !
Non !
Non !
Elle a pas le droit de dire ça !
C'est des saloperies !
Et vous l'écoutez pourquoi ?
Parce que c'est une nana ?
Parce que c'est une femme ?
Alors, si le ministre du Travail s'est refusé à tout commentaire,
son entourage, par contre, nie tout dérapage
et regrette que l'incident ait occulté l'annonce officielle du sauvetage de l'usine.
Du côté des syndicats, en revanche, on refuse de voir
dans ce projet de reprise une bonne nouvelle.
Allô ?
Oui.
oui, bah oui, j'ai vu.
Écoute, je te l'ai déjà dit, ce serait un honneur.
Bien sûr, évidemment, mais à une seule condition.
Tu inscris la proposition de loi dont je t'ai parlé à la première session parlementaire
et personne ne touche à l'échelle des salaires de 1 à 20.
Ok, bah alors écoute, tu me dis, je suis prête.
Et tu transmets mes amitiés au président.
Je t'embrasse.
Oui, papa, c'est moi, c'est Madeleine.
Bon, mais je voulais m'excuser pour l'autre soir, j'ai pas été très cool.
Et ça me ferait plaisir
qu'on aille dîner tous les deux bientôt dans un bon restaurant, je t'invite.
Voilà, bon bah, rappelle-moi.
C'est qui ?
Bon, je savais pas que tu fumais.
Ça va ?
Oui, ça va.
Et toi ?
Elle est super, ta nana, à l'usine.
C'est toi qui l'as trouvée.
Qu'est-ce que tu veux ?
Au tout début, tu voulais pas que je vienne chez toi.
Tu te rappelles ?
Mon père, il pense que t'es une arriviste.
Que tu t'es servie de moi.
De notre famille.
C'est pas vrai.
Je sais que c'est pas vrai.
Oui ?
Bah non, c'est pas moi qui ai dit ça.
Oui monsieur.
Non mais j'ai déjà compris que vous vouliez pas d'elle, mais en tout cas,
moi je vous dis qu'elle est super et que j'ai besoin d'elle.
Et bah voilà, vous la nommez comme conseillère, et moi je prends euh,
comment il s'appelle déjà ?
Voilà, et bah je le prends comme dire cab, et ça on est bon non ?
Mais moi j'ai pas de problème avec ça.
J'ai jamais dit que j'allais avoir un problème avec ça.
Excuse-moi.
... Salut !
Je sais pas, il est pas là.
Ça ce sont des choses, je préférerais qu'on en parle de visu.
Je serai à Paris demain en fin de journée.
Donc plutôt après-demain.
C'est compliqué pour moi ça.
Parce que je le connais pas.
Ouais...
C'est avec tristesse que j'ai appris
la mise en examen d'une de nos collaboratrices.
S'il appartient évidemment à la justice de faire toute la lumière
sur cette affaire et d'oeuvrer à la découverte de la vérité,
Quant à moi, toutes les conséquences étant une démarche d'exemplarité,
j'ai bien évidemment démis cette personne de toutes ses fonctions au sein de mon cabinet.
C'est donc avec ce communiqué laconique
que la nouvelle ministre du Travail, Gabrielle Derbaz,
a réagi à la mise en examen de Madeleine Pastor.
C'est normal qu'elle réagisse comme ça.
Elle vient d'être nommée, elle a pas le choix,
faut qu'elle se protège, sinon c'est le projet de loi qui saute.
Vous avez un stylo ?
Je prends l'autre stylo.
Faut absolument que je lui dise où sont mes dossiers.
Et mes notes préparatoires, elle doit en avoir besoin pour le débat à l'Assemblée.
Là c'est son numéro, je vous mets.
Là c'est le mot de passe pour mon ordinateur.
Vous l'appelez et vous lui dites.
Faites surtout pas qu'elle s'inquiète, j'ai rien à voir dans tout ça.
D'accord.
Bon.
Maintenant il faut me parler.
Il faut me faire confiance, sinon je peux pas vous défendre.
Si vous ne parlez pas, c'est la version d'Antoine Mandeville
que la justice va retenir.
On parle d'homicide volontaire, là.
De délit de fuite, de dissimulation de preuves.
On parle de 10 ans de prison minimum.
Vous savez qu'en continuant comme ça, vous n'allez pas laisser d'autre choix à la juge
que de prolonger votre détention provisoire.
Bon.
Antoine Mandeville dit qu'il était énervé
suite à une discussion téléphonique avec son père.
Que du coup il roulait vite.
Quand il est arrivé à hauteur du pick-up qui roulait plus lentement,
il lui a fait deux appels de phare mais l'autre ne s'est pas poussé.
Au contraire.
Du coup Antoine l'a klaxonné...
Est-ce que c'est une vie ?
De vivre comme on vit ?
Pourquoi faire cette vie d'enfer ?
Pourquoi se laisser faire ?
Non, ce n'est pas une vie de vivre comme nous vivons.
Et cette vie, cette vie d'enfer...
C'est nous qui la changerons.
Monsieur le président, madame la présidente de la commission,
monsieur le rapporteur, mesdames et messieurs les députés...
Si j'ai voulu commencer mon allocution par ces quelques vers de Jacques Prévert,
ce n'est pas uniquement par provocation, mais aussi et surtout parce qu'il énonce
et résume mot pour mot l'objectif que je me suis fixée.
Changer la vie.
Changer et changer.
Changer la vie des salariés.
Des ouvriers.
Des intérimaires, des stagiaires.
Des précaires.
Bonjour, Gabrielle.
C'est moi, c'est Madeleine.
J'espère que vous allez bien.
J'ai commencé à rédiger un premier brouillon
pour votre discours de présentation à l'Assemblée.
Quelque chose qui vous ressemble et d'un peu punchy.
Et dès que c'est prêt, je vous le ferai passer par mon avocate.
Voilà.
Par ailleurs, je ne sais pas si vous l'avez eue au téléphone, mais tout va bien.
Et je pense que tout ça devrait se régler assez vite.
Tant mieux, je vous avoue, parce que c'est assez bizarre d'être là.
Je vous raconterai.
Bon, ben voilà.
J'essaierai de vous rappeler.
Passez une bonne journée.
Au revoir.
Il y a une Pastor ?
Ça va ?
D'après ce que j'ai lu dans la déposition d'Antoine,
il apparaît que Luciani n'a pas eu peur quand vous avez braqué le fusil sur lui.
Et moi, je me dis que c'est pas la réaction normale d'un homme qui sait que le fusil est chargé.
Après, je suppose qu'inconsciemment,
vous non plus n'imaginiez pas une seule seconde que l'arme était chargée.
Et par ailleurs, dès qu'on retrouvera le fusil,
on va analyser la résistance de la queue de détente
pour voir si un choc n'est pas à l'origine du coup de feu.
Vous êtes où, là ?
La juge d'instruction va organiser une confrontation avec Antoine.
Il va falloir vous décider à parler, Madeleine.
D'autant que sa version tient la route.
Les tests ADN confirment que c'est bien les fibres de son tee-shirt
qui ont été trouvés sous les ongles de Luciani.
Et c'est bien un de ses cheveux qui a été retrouvé.
Si on retrouve le fusil et qu'il y a vos empreintes dessus, ce sera terminé.
Ils ne l'ont pas retrouvé ?
Politique maintenant avec la voix de face de la ministre du Travail Gabrielle Dervaz
qui a officialisé ce matin à la sortie du Conseil des ministres
le report de l'examen de son projet de loi à l'Assemblée Nationale.
Gabrielle Dervaz, au micro de Myriam Robini.
Ça n'enlève au projet de loi ni sa pertinence ni son actualité, bien au contraire.
Je considère qu'en l'état et vu le niveau de tension à l'Assemblée nationale,
les conditions ne sont pas réunies pour qu'il soit débattu.
Est-ce que le report de votre texte a à voir avec l'enquête
qui touche les vie de votre ancienne conseillère, placée en détention provisoire ?
et mise en pour tentative d'homicide.
Disons pour être très honnête que ça n'arrange rien,
c'est sûr, mais c'est loin d'être la seule raison.
Allô, Gabrielle, c'est Madeleine, je vous dérange pas ?
Il faut plus m'appeler sur ce numéro, je te le demande.
Je peux pas t'aider, Madeleine.
Mais je vous demande pas de m'aider ni de me défendre, c'est pas...
Madeleine, je défends personne et je ne connais pas le dossier.
Mais je connais Antoine, je sais qu'il est incapable de se battre avec qui que ce soit,
il est incapable de tirer sur qui que ce soit,
il est incapable de tenir un fusil.
C 'est pas de ça dont je vais parler.
Alors tu parles de quoi, Madeleine ? Merde !
Je vous parle de mon texte.
Mais quel texte ?
Le projet de loi.
Madeleine, d'abord c'est pas ton texte, comme tu dis,
c'est un projet de loi initié par moi, relu,
corrigé, validé par moi, porté et défendu par moi.
Les conditions ne sont pas réunies pour qu'ils soit débattu.
Ça veut dire quoi ?
De quelles conditions vous parlez ?
Vous parlez de quoi ?
Tu parles sans savoir, Madeleine.
T'as pas les infos, t'as pas les éléments...
Les conditions, elles seront jamais réunies, vous le savez très bien.
C'est à vous de les créer, les conditions.
C'est vous, la ministre.
Si vous reculez là-dessus, vous reculerez sur tout.
Et vous allez faire quoi ? Vous allez encore démissionner ?
On a fait tout ça pour ça, si ?
Tu m'emmerdes, Madeleine.
Madame Pastor, vous avez un parloir.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Je suis là.
Ça va ?
Non.
Quand j'allais voir ta mère à l'hôpital,
tous les jours, elle me disait...
Tu verras, Madeleine, un jour, elle sera ministre.
Je lui disais non.
Pas ministre.
Présidente.
Il faut que tu ailles jusqu'au bout, Mad.
Sinon, ça n'a pas de sens.
Madame Pastor ?
Madame Pastor ?
Voilà.
Et elle a pris le fusil.
Prenez le fusil, Madame Pasteur.
Allez-y.
Prenez le fusil.
Allez-y.
Madame la juge, je peux vous parler, s'il vous plaît ?
Bien sûr.
Je n'y étais pas.
Pardon ?
Je n'y étais pas.
Vous n'étiez pas où ?
J'étais pas avec Antoine cet après-midi-là.
Vous étiez où, alors ?
J'étais à la plage, à Porto Vecchio.
Sur quelle plage ?
La plage de Santa Giulia.
Ce n'est pas ce que vous avez déclaré aux gendarmes
qui vous ont entendu le lendemain des faits.
C'est Antoine qui m'a demandé de dire que j'étais avec lui,
mais je n'étais pas avec lui.
C 'est pour ça que j'étais incapable de décrire le trajet.
C'est son portable qui a borné, et pas le mien.
C'est pour ça qu'on a retrouvé son ADN, et pas le mien.
C'est un cheveu d'Antoine qu'on a retrouvé sur le pantalon de Luciani.
C'est des fils de son tee-shirt qu'on a retrouvés sous ses ongles.
Est-ce que vous avez retrouvé
des traces de mon ADN sur Lucciani ou sur la scène du crime?
Non.
Pourquoi ?
Parce que j'y étais pas.
L'orage a effacé beaucoup de traces.
Pas l'ADN d'Antoine en tout cas.
Et donc vous étiez à la plage ?
Oui.
Est-ce que quelqu'un vous a vu sur cette plage ?
Oui.
J'ai échangé quelques mots avec des gens à côté parce que...
c'est le jour où un touriste allemand s'est noyé devant ses enfants.
Les pompiers ont passé presque une heure à essayer de le réanimer, c'était horrible.
Vous pouvez me décrire ces personnes à qui vous avez parlé ?
Oui, c'était des Hollandais, je crois, ou des Flamands.
Un père avec sa fille.
Des Hollandais ou des Flamands ?
Je sais pas.
Antoine devait venir me chercher vers 16h.
Il est arrivé un peu en retard, oui.
Il était... normal.
Pourquoi vous ne l'avez pas dit ça aux gendarmes pendant la garde à vue ?
Je sais pas.
Je vous pose une question Madeleine ?
Je sais pas, parce que je voulais protéger Antoine.
C'est un peu facile comme réponse.
Si c'est moi qui ai tiré, comme le dit Antoine,
alors mon ADN doit être sur le fusil.
J 'imagine que vous l'avez retrouvé.
C'est moi qui pose les questions.
Pourquoi vous ne l'avez pas dit dès le début que vous étiez sur cette plage ?
Madame la juge, ma cliente a raison.
Il faut faire parler ce fusil.
Parce qu'en l'occurrence, j'ai l'impression que tous les autres éléments matériels
penchent pour la version de ma cliente.
Excusez-moi maître, mais pour l'instant j
'ai un peu de mal à la croire cette version.
Mais on vous demande pas de la croire cette version,
mais de trouver des éléments qui la contredisent.
Oui, bonjour maître.
Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
Hein ?
Oui ?
Et donc ?
Quoi ?
Allez, bon courage pour la suite.
Merci.
Au revoir.
Je suis garé là.
Ça va ?
Attends.
Je sais pas si c'est bon pour ton cahier.
C'est quoi ?
Sous-titres Umbi
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