All language subtitles for 2023.Une ann+®e difficile (fr)

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Original subtitles

*-L'année 2013 a été intense et difficile.

*-L'année qui s'achève a été difficile pour tous.

*-1996 a été une année difficile.

*-L'année qui s'achève a été difficile.

*-Nous venons de vivre une année difficile.

*-L'année 1981 sera encore une année difficile.

L'année 1976 a été plus difficile que nous ne l'imaginions.

*-L'année 1974 risque d'être difficile.

Musique entraînante

-Bonjour à toutes et à tous,

on va vous expliquer pourquoi on est là.

On est là pour réveiller les consciences

et vous dire d'arrêter cette surconsommation !

C'est une mascarade qui détruit la planète,

qui détruit les écosystèmes dont l'espèce humaine,

qui nous met tous en danger

et c'est exactement ce que représente ce Black Friday !

-ON EST PLUS CHAUD, PLUS CHAUD, PLUS CHAUD QUE LE CLIMAT !

ON EST PLUS CHAUD, PLUS CHAUD, PLUS CHAUD QUE LE CLIMAT !

ON EST PLUS CHAUD, PLUS CHAUD, PLUS CHAUD QUE LE CLIMAT !

ON EST PLUS CHAUD, PLUS CHAUD, PLUS CHAUD QUE LE CLIMAT !

ON EST PLUS CHAUD, PLUS CHAUD, PLUS CHAUD QUE LE CLIMAT !

-Il se passe quoi là ?

-Ils nous bloquent !

-Ils bloquent ? -Oui, ils bloquent !

-C'est une opération de sensibilisation.

-Laisse-moi passer !

-Du calme… Tu ne passeras pas. -Laisse-moi passer !

-Est-ce que on peut se parler ?

-Je n'ai pas le temps de parler.

-Tu connais la conséquence écologique d'une journée comme le Black Friday ?

-Hé, mon gars, pose-toi 2 minutes et réfléchis, prends du recul.

-C'est bon j'ai réfléchi. J'y vais quand même.

-Oh ! -Laisse-moi, laisse-moi passer !

-Mais arrête ! -Laisse-moi passer, je te dis !

-Arrête, arrête ! N'en fais pas un défi personnel.

On n'est pas contre toi. -Arrête de filmer ! Arrête de filmer.

-Pense à tes enfants, aux générations futures !

-Qu'est-ce que j'en sais ? Je les connais, moi ?

Elles ont fait quoi pour moi ?

-Comment tu peux dire ça ?

Surconsommer ne te rendra pas plus heureux.

-Comment tu sais ce qui me rend heureux ?

Finis ta puberté et après, vous me ferez la morale.

-Très drôle, très drôle, allez, allez.

*-Laisse-moi passer ! Arrête de filmer ! Arrête de filmer !

Laisse-moi, laisse-moi.

Je rejoins quelqu'un… Deux secondes ! Ça va !

-Hé ! Tu fais quoi toi ? Tu fais quoi ?

-Je veux être devant… -Tu passes pas !

Aujourd'hui, on ne passe pas ! Personne ne passe !

-Tu veux faire quoi ? Tu veux danser avec moi, c'est ça ?

C'est quoi, le truc ?

Ah, c'est une valse, non ? Ce n'est pas une valse ?

-Con, con, con… -LA CONSOMMATION !

CON, CON, CON, LA CONSOMMATION !

CON, CON, CON, LA CONSOMMATION !

ET 1 ET 2 ET 3 DEGRÉS !

C'EST UN CRIME

CONTRE L'HUMANITÉ !

ET 1 ET 2 ET 3 DEGRÉS !

C'EST UN CRIME CONTRE L'HUMANITÉ !

"La Valse à mille temps", de Jacques Brel

-S'il vous plaît, reculez.

Reculez. Reculez !

-Bonjour. -C'est là.

-Au revoir.

-Au revoir.

-Bonjour. -Bonjour.

-Je viens pour la vente.

-Oui, j'imagine. Par contre, allez-y, il vous reste plus beaucoup de temps.

Et pas de photos, ni de vidéos, s'il vous plaît.

-D'accord.

-Dépêchez-vous, faites un tour, parce qu'il reste à peine 5 minutes.

-Excusez-moi. Vous, vous êtes ?

-Maitre Tissot, huissier de justice.

-Attendez… Moi je suis venu pour vendre une télé.

J'ai cette adresse, j'ai Nobru94.

-D'accord. Je pense que Nobru94, c'est plus ce monsieur, là-bas…

Messieurs dames, les visites sont terminées. Je vais vous demander

de vous diriger vers la sortie, s'il vous plaît.

-Au revoir. -Au revoir.

Je vous laisse, du coup…

-Nobru94 ?

Albert59, pour l'annonce sur le Bon Coin.

Pour la vente de l'écran plat 50 pouces, 127 cm de diagonale

que vous avez commandé. Je vous l'ai mis là.

Il est encore dans le carton.

Comme on était tombé d'accord, y a plus qu'à procéder au paiement.

300 euros, ça vous va toujours, c'est bon ?

Oh, oh, Bruno !

Il y a quelqu'un là ? Tu…

Ça va ?

Tu vas où ?

-Mourir tranquille.

-Perte de temps. Qu'est-ce que je fous ici.

-Oh !

-Merde !

Ça va ?

Hé oh ?

Allô ?

-Bruno ? *-Non, c'est pas Bruno.

-Vous êtes à côté de lui ?

*-Euh, pas loin, ouais.

-Alors passez-le-moi, c'est urgent.

Il a essayé d'appeler plusieurs fois, j'étais en atelier. Passez-le-moi.

-Euh… Non, alors là, euh…

Je peux pas parce que je crois qu'il s'est endormi.

“Enfin, j'ai l'impression, quoi…

-Comment ça, endormi ?

-Bah, il est allongé par terre sur le ventre.

*-Par terre ? -Sur le ventre, oui.

-Euh… Comment vous vous appelez ?

-Albert. *-Écoutez, moi, c'est Henri.

Albert, est-ce qu'il a dit quelque chose de particulier

avant de s'endormir, par terre sur le ventre ?

-Non… Ah si ! Qu'il allait mourir tranquille.

-Non ! C'est pas vrai ! Bon, il faut appeler le 18 !

-Attendez, on est le 15, je vais pas rester ici trois jours !

-Bon.… Restez près de lui. Ne bougez surtout pas, j'arrive.

-De quoi ? Pardon ? Excusez-moi ?

*-Je ne sais pas, vous le stimulez !

Vous essayez de lui parler !

*-Lui parler de quoi ? Je le connais pas, ce mec !

-De la pluie, du beau temps, tout ! Vous le secouez !

*C'est bien compris ? J'arrive, je compte sur vous, Albert.

-Tu m'entends ?

Regarde-moi, regarde-moi. Tu m'entends ?

Écoute, je suis désolé pour toi, mon pote,

mais ce qu'on va faire, c'est que tu vas me donner ton code,

je vais valider la transaction

et je te laisse mourir tranquille, OK ?

Tu me regardes ? On le débloque. Regarde-moi !

Voilà, regarde ton téléphone. Tu regardes ? Souris un peu.

Souris un petit peu, pas trop, souris moins, souris moins.

OK, on passe au code. C'est quoi, le code ?

Vas-y, vas-y, le code. Le code ! Vas-y !

-Vas-y, vas-y ! 3 ?

4 ? C'est un 4 ? OK, vas-y.

Ah pu.… !

Ah ! Ah!

Ah ! Ah!

-Parcours classique, un premier crédit,

un deuxième,

puis un troisième plus gros pour ce petit pavillon…

Trop de charges, pas assez de revenus, c'est la spirale.

Une dizaine de crédits à la consommation

qui s'additionnent pour boucher les trous.

Et puis les lettres de relance arrivent,

s'accumulent…

Alors on demande à la famille, aux amis…

-Aux collègues.

-Aux collègues.

La spirale.

-Il y a des fois aussi, les crédits, c'est facile.

On ne vous pose pas beaucoup de questions…

Une case à cocher, vous lisez pas bien ce qui est écrit en petit…

Hop, vous avez l'argent dans la poche.

-Mmh.

-Il y a des gens qui font ce genre de chose… C'est dingue !

-Vous savez, Albert, je suis bénévole

dans une association spécialisée dans le surendettement.

Donc j'ai une certaine expérience

dans le contact avec les personnes en difficulté financière.

J'ai le sentiment que les dettes, les crédits, tout ça…

Ça vous est… Comment dire, familier.

Je vous dis ça parce qu'on peut s'enfoncer là-dedans

sans que personne ne le sache.

Etil y a un moyen de se défendre.

-On peut se défendre comment ?

-On peut par exemple demander

un effacement de ses dettes auprès de la Banque de France.

Ce serait dommage de ne pas se mettre à l'abri du vent,

quand il y a un abri.

-Ah oui, non, mais attendez…

Moi, ça va, hein !

-Ah !

-Oui, moi ça va. J'ai dit que je connaissais des gens

à qui c'est arrivé, mais c'est pas… C'est pas moi.

Je veux dire oui… Alors, comme je parle au nom de mes amis,

de mes connaissances… Non, mais moi, ça va très bien.

-Voilà mes coordonnées…

pour vos amis.

"Hopopono”", de GoGo Penguin

-OK reçu, j'arrive.

-Bonjour, madame. -Bonjour.

-Je peux contrôler votre sac ?

-Oui, allez-y.

-100 millilitres, je suis désolé, ça dépasse.

-Non, mais on fait quoi ? C'est un Guerlain, quand même.

-Ça dépend pas de la marque, madame. Je suis désolé.

Allez, madame, bonne journée !

-Ouais, c'est ça, bonne journée !

-Au revoir. -Incroyable !

-T'as combien ? -300.

-300 ?

Putain, Albert…

-Désolé, je fais lle maximum.

-Tu me fatigues. Je te jure, tu me fatigues.

-Tiens.

-Vas-y, signe. -Merci.

-Ton courrier est là. -Merci, Sofiane.

-Je dois y aller. La jaune en bas dans 10 minutes.

-Merci beaucoup.

-Arrête de me dire merci, s'il te plaît, Albert.

Juste rembourse-moi ce que tu me dois et essaye de passer la seconde, OK ?

-Je peux y aller ?

-Ouais, vas-y.

-Salut, Moussa !

Roger, comment tu vas ?

Moyen ? Bouge pas, j'ai ce qu'il te faut !

Qu'est-ce que tu veux ? -Bain de bouche.

C'est bon ? -Partait.

20 balles. -Tu vas te régaler.

J'ai de la laque, regarde la qualité. Regarde comment elle part.

Eau de Cologne !

Ça part ? Bim bim !

Démêlant ! Comme d'hab ? -Merci.

-Valeur neuve 300 euros, je te le fais à 70 euros.

Hop. Pardon, hop hop, merci.

-La dernière petite astuce,

la plus simple et vous allez voir, la plus efficace,

j'en suis très fier…

-Bonjour. Excusez-moi, je suis en retard.

-Installez-vous, prenez ma place.

-Bonjour. -Bonjour.

-J'en étais où ?

-Les petites astuces pour les courses.

-Oui ! Pour les courses. Oui, très important,

ne jamais faire ses courses

au supermarché avant le déjeuner,

parce que quand on a faim, on achète toujours trop.

Si vous devez faire vos courses, allez-y après manger.

Vous verrez immédiatement les effets sur le ticket de caisse.

Voilà… On va se quitter, c'est une tradition à l'atelier,

en se rappelant les 3 questions préalables

que vous devez désormais vous poser, avant chaque achat.

Écoutez, Albert, ça devrait vous servir.

Quelqu'un nous aide ? Bon, un ancien, Bruno.

-Oui. Bonjour tout le monde, je m'appelle Bruno, j'ai un souci…

-Ça, on le sait. Concentrez-vous sur le mantra.

-Ah le mantra, d'accord… OK.

Le mantra, très simple, alors quand je m'apprête à faire un achat,

je respire et je cite à haute voix cette phrase :

"Est-ce que j'en ai besoin ?"

-BESOIN ? -Voilà, ensuite.

-Est-ce que j'en ai… -VRAIMENT BESOIN ?

-Oui.

-Et est-ce que j'en ai… -VRAIMENT BESOIN MAINTENANT ?

-Et sachez que j'en ai fait moi-même l'expérience cette semaine.

Laissez-moi vous raconter une petite anecdote,

si vous êtes d'accord.

-Je voulais m'acheter

un nouveau vélo d'appartement parce que j'essaye de m'entretenir.

Je me suis posé les bonnes questions :

besoin, vraiment besoin…

-VRAIMENT BESOIN MAINTENANT.

-Quand je suis allé au magasin…

Voilà !

Merci à tous

et à la semaine prochaine. -l nous enverra la suite par texto.

-Albert, restez avec moi.

-Au revoir.

-Amortissement…

-Vous pensez que ce sera bon, pour l'effacement ?

-Chut… Laissez-moi me concentrer.

Ah oui !

Vous avez quand même un sacré record de crédits conso.

Il y a des prêts personnels aussi ? -Il faut les mettre ?

-Albert, il faut tout me dire là…

Plus j'en saurai, plus je serai en mesure de vous aider.

Il me faut une vision globale.

Il y a aucune honte à avoir ici…

Allez-y, je vous écoute.

-Bah, j'ai emprunté à la famille…

-Mmh.

-J'ai aussi emprunté à des amis. -Oui.

-Un peu à des collègues. -D'accord.

À des voisins ?

-Oui alors ça, c'est remboursé.

Après, l'idée, c'est que, si déjà pour les prêts conso,

on pouvait avoir cette histoire d'effacement…

-Euh… Oui,

je peux rien vous garantir.

On va remplir un dossier,

étudier la situation à la loupe et…

Déjà si on peut obtenir la recevabilité…

-Excusez-moi.

-Oui ?

-Pour bien comprendre,

la recevabilité, c'est l'effacement, c'est ça ?

-Pas tout à fait. Disons que ça ouvre des perspectives.

-Pour l'effacement ?

-Voilà.

Vous habitez bien chez M. Sofiane Slimani, à Bondy ?

-Ça, c'est un collègue. J'ai fait un report de courrier

parce que je dors un peu à droite, à gauche…

Parce que c'est un peu…

C'est compliqué, donc j'ai…

Il me dépanne, quoi…

Il me dépanne.

En tout cas, voilà, le courrier,

je le reçois chez lui.

-Ça va ?

-C'est à toi qu'il faut demander ça.

-Bah, moi, ça va.

J'ai juste eu un petit coup de mou, mais ça va mieux.

J'ai buggé, quoi…

Et merci, d'ailleurs.

-De rien.

-T'as réussi à rattraper la chemise ?

Ouais… -Propre.

-J'ai envoyé la gouache, quoi…

-Excusez-moi, c'est pour vous dire

que si vous voulez boire des coups et parler justice sociale,

on est à la Ruche, au bout de la cour.

-Je vois très bien.

-Je compte sur vous ? -Ouais, ça marche.

-Tous les deux ? -Ça marche.

-Allez, à tout de suite. -J'y vais.

-Attends, je comprends pas,

tu veux pas boire un coup et parler justice sociale ?

-Pas vraiment, non…

-Mais je t'invite !

Vraiment ! Pour te remercier, c'est normal…

Puis la Ruche, c'est très sympa, c'est gratuit en plus.

-Tu m'invites, mais c'est gratuit ? -Ouais.

C'est exactement ça.

Mais viens, vraiment, ça me fait plaisir.

-Super, les gars, vous venez alors ? C'est juste là.

L'entrée est par là.

-On a vu, il y a écrit La Ruche, pas de problème.

-Évidemment, l'autre évolution, plus importante encore,

ça devrait être de réduire la place de la marchandisation

dans toutes les activités humaines,

pour vivre avec moins d'artifice, plus de vrai, plus de concret.

Parce qu'aujourd'hui, rien n'échappe à la marchandisation.

C'est devenu notre seul mode de représentation du monde.

-C'est vrai.

-Enfin, vous êtes nouveau, je vous tiens la jambe,

peut-être que vous êtes simplement venu boire une bière gratuite.

-Je suis à deux doigts de le prendre mal, désolé.

On est vraiment venu pour parler justice sociale avec mon copain là.

-On est venu pour ça aussi. -Bah oui…

-Toi, je t'ai déjà vu.

C'est pas la première fois que tu viens ici ?

-Non, je suis jamais venu. -Ah bon ?

-Moi, je suis déjà venu,

et la dernière fois il y avait les pistaches,

il y avait des petits trucs à manger là, du chaud.…

-Des olives, tout ça…

-Ouais, il y a plus là, pourquoi ?

-Ça dépend de ce qu'on récupère.

On s'adapte, ça change toutes les semaines.

-Ah d'accord. En tout cas, le concept est génial.

-Merci. Tu sais quoi, tout ce que tu as sur le buffet,

c'est que de la récup solidaire.

-Ah ouais ? -Ouais.

Regarde, les chips que tu manges, c'est des chips de navet.

-Des chips de navet ? -Ouais.

-Mais qui achète ça ? -Personne, justement.

C'est pour ça qu'on les récupère.

C'est pas parce que c'est périmé

que c'est pas bon ! Y a plein d'études là-dessus.

-C'est périmé ? -Ouais !

-Quinoa ? C'est bon, elle est arrivée.

-Super ! Merci, Pomme-Pomme !

Les gars, je vous laisse, il y a une intervention

dans le cadre des rencontres inter-orga, je vais l'accueillir.

-Si c'est inter-orga, vas-y. T'occupe pas de nous, ciao.

C'est quoi, cette merde ?

-Je me disais que ça avait un goût bizarre…

-Attends, c'est pas périmé depuis deux mois, c'est de mars 2017.

-Vous avez des trucs pas périmés ?

-Non, c'est le principe, en fait. -Je la connais !

-Quoi ?

-C'est des fous, je vais me tirer. -Non attends, pars pas.

Viens, on va au patronage laïque : vin blanc et fromages à pâte molle.

-Ouais si tu veux mais rapide. -On y va, et rapide.

-Si vous êtes pas venus que pour les bières, faut rester, là.

-Non mais je te jure qu'on doit y aller…

-Cactus va parler, ça va être important. Les gars, s'il vous plaît.

Je vous invite à vous rapprocher pour ceux qui sont au fond,

à vous assoir pour ceux qui peuvent

et puis on va commencer, dès qu'elle est prête…

Merci à tous !

-Salut à toutes et à tous. Bienvenue chez les Amish !

Ouais, "Les Amish”, c'est comme ça

que les destructeurs nous appellent,

ceux qui continuent à faire semblant de ne pas voir

que la 6e extinction de masse de l'histoire a déjà commencé !

L'homme est le seul être vivant…

-Désolé, c'est un traquenard.

-En Arctique, ça fond, en Afrique, les forêts sont dévastées,

les inondations sont de plus en plus violentes,

les canicules, de plus en plus chaudes,

de plus en plus fréquentes, certains prévoient

des températures qui vont atteindre les 45 degrés en 2050.

-On sait déjà pas quel temps il fera demain,

comment il peuvent prédire la météo de 2050 ?

S

-Au pire, on mettra la clim comme à Dubaï.

-Parle-lui de Dubaï, ça va l'intéresser.

-On va vivre la fin du monde de notre vivant et nous, on fait quoi ?

On fonce !

On fonce droit dans le mur, on se met des œillères,

on n'écoute pas ce que disent les scientifiques,

on ne se pose surtout pas de questions !

On avance tête baissée, on accumule encore et encore, toujours plus !

On consomme, on consomme, mais dans un égoïsme général,

on ne pense qu'à nous, putain…

Moi, moi, moi, mon petit bonheur personnel !

On avance les uns derrière les autres

bien tranquilles, comme des petits moutons !

Il est temps d'ouvrir les yeux !

C'est aujourd'hui qu'on peut changer les choses !

-Tu vas aux pâtes molles ?

-Non. T'inquiète, je reviens.

-J'ai aussi une bonne nouvelle.

-Excuse-moi.

Tu peux me mettre deux bières ? -Ouais.

-On n'est peut-être pas obligé d'aller vivre sur Mars.

-Du coup, c'est prix libre. -D'accord.

-Tu mets ce que tu peux, tu choisis entre O et 5 euros.

-Eh bien, je vais te donner 0.

Merci. -D'accord.

-Et ce soir, on est venu chercher des cœurs, des bras.

-Pour t'aider à patienter.

-Antilope et Pomme-Pomme, je vous laisse la parole.

Vous allez voir, elles ont pas mal d'idées.

-Bon, moi, c'est Antilope.

Voilà, concrètement, pour lutter contre cette accumulation d'objets

et contre la surconsommation, on a eu une idée avec Pomme-Pomme,

de lancer une opération de "désencombrement'.

-Pomme-Pomme.

-Donc on propose de donner

ou de jeter, selon l'état,

tous les livres qu'on ne lit pas, les vêtements qu'on ne porte pas,

les meubles, les objets…

-Ils sont déjà passés chez toi, non ?

Quand il y avait l'huissier là. -Ouais…

-Je trouve ça super, la sensibilisation, sur l'idée

qu'il faut se débarrasser du superflu et se concentrer sur l'essentiel.

-Ouais, moi aussi, je trouve ça super.

-On s'est rendu compte que, quand on explique bien,

quand on fait un peu de pédagogie, les gens,

ils donnent tout un tas de choses, des choses même de valeur.

-Allez, viens, on y va…

-Attends, j'écoute, ça m'intéresse.

-Ça t'intéresse ? -Ouais, ouais.

-Est-ce que j'en ai besoin ?

Oui.

Est-ce que j'en ai vraiment besoin ?

Oui.

Est-ce que j'en ai vraiment besoin, maintenant ?

Musique lounge

Oui.

-Bonne soirée.

-Merci.

-Bonsoir, bienvenue. -Bonsoir.

-Pièce d'identité, merci.

-Véronica n'est pas là ?

-Elle n'est pas là, elle est en salle.

-Ah bon ?

-La pièce d'identité. -Ah oui.

-Merci.

M. Tomasi, c'est impossible…

-Oui, merci.

-Làä, on a les adresses de tous ceux

qui ont donné leur accord de principe.

L'idée, c'est de pousser, il faut bien talonner,

faut insister, faut convaincre les gens

de donner plus que ce qu'ils ont prévu. C'est bon ?

-Ouais.

Pomme-Pomme ? -Ouais ?

-Tu distribues les feuillets,

Cactus, Quinoa, vous faites le dispatch ! C'est bon ?

-Ça marche ! -OK.

-C'est foireux, ton truc, je te le signe.

En plus, maintenant, faut trouver un pseudo ?

Ça fait trois fois qu'on me demande, je sais pas quoi répondre.

-On s'en fout ! -C'est bon ? On va y aller.

Vous avez réfléchi ? On vous appelle comment ?

-Ah, euh… -Tu m'avais dit un…

-Oui, attends… -Et je t'avais dit : c'est top, ça.

-Euh… Albert.

-Voilà. -Non !

Attends, si tu prends un pseudo,

prends pas un truc trop daté qui te vieillit.

"Albert” ? Tu vas loin là, non ?

-Ouais, tu vas un peu loin, Albert.

-Mais si c'est ton choix, je respecte.

-C'est ton choix.

-Appelle-moi Poussin.

-Super !

-Poussin… -T'es sérieux ? Lui, c'est Lexo.

-Non.

-C'est provisoire. -Tu l'as dit.

-Non. Je l'ai dit, mais j'ai très vite oublié.

Mais ça peut changer. -Cactus ?

Bah c'est bon, on est prêt, là, on va pouvoir y aller.

Qu'est-ce que tu fais ? Tu viens avec moi ?

-Non, je vais avec Poussin et Lexo, comme ils sont nouveaux.

-Alors, Lexo, c'est provisoire,

ça peut changer.

-D'accord… OK... Ça change un peu l'orga mais…

-Comme ils viennent d'arriver. Tu peux y aller

avec Sirène, non ?

-Lexo ? T'es sérieux, là, Lexo ?

C'est comme ça que tu me vois ? Je suis un Lexo pour toi ?

Je représente un Lexo ? -Ça m'est venu comme ça !

-Ouais, j'ai vu, ouais ! Super.…

-Il y a Xanax qui m'est venu aussi. Tu préfères Xanax ?

-Tu veux savoir ce qui m'est venu quand je t'ai vu ?

-Cactus ? -Ouais ?

-On a fini au 4e, qu'est-ce qu'on fait ?

-On se retrouve en bas près des camions avec Quinoa ?

-J'étais sûr qu'ils allaient nous refiler toute leur merde.

On va juste se péter le dos, là ! Qu'est-ce qui est tombé ?

-Ah ! -Il y a un truc qui est tombé, non ?

C'est quoi ? -C'est bon.

-Tout se passe bien ?

-Super, on est à fond. -Je vous attends là-haut ?

Il reste l'armoire et le plan de travail à descendre.

-OK.

-Vas-y, lâche, lâche, lâche ! Je peux plus !

Vas-y, attends, attends, attends, mes doigts ! Putain !

-Putain, ça sent bon, hein ?

Bon appétit ! -MERCI.

-Hé ! Ils ont de la tarte au citron.

-T'en veux ? -Ouais, grave ! J'ai la dalle !

-Laisse-moi faire.

Bon appétit, hein !

-Merci ! -Wahou, wahou, wahou !

Les petits fromages ont l'air délicieux !

-Vous êtes sur ? Vous voulez pas un petit quelque chose ?

-Jamais pendant le travail.

Merci beaucoup de proposer, vous êtes adorables.

Merci. -Vous êtes sûrs ? Je n'insiste pas.

-Ça fait deux fois, hein ?

-Bon d'accord, d'accord, allez, parce que vous êtes vraiment sympas.

-Je vais chercher Cactus. -Merci.

-Je crois qu'il reste de la quiche dans le frigo.

-OK, merci. C'est adorable.

Ça y est, j'en ai ras le cul, là…

Je vais te laisser avec Boulgour,

Palmito, Pomme-Banane et Bibi-Phoque. C'est pas possible.

-Comme tu veux. -Sérieusement,

je vais pas faire le déménageur basque toute la journée et pas payé !

-T'as besoin de thunes ? -Oui.

-T'as un autre plan ?

-Non. -Ben, j'ai une info pour toi.

Tu sais combien elle coûte, cette lampe muguet ? Vas-y.

-Je ne sais pas. -Regarde. Regarde ! Regarde !

350 balles.

Et le bureau en haut, combien ?

560 ! Je te le dis, je le sentais, je le sentais, c'était un bon plan !

Achat !

-T'as tapé dans la quiche.

-Non. -Si, t'as tapé dans la quiche.

Y a un mélange citron, oignons très bizarre…

-Pff ! Arrête ! -Non ! Ne mens pas, c'est impossible.

Là, je l'ai pris pleine poire.

-Non, mais bouge pas, bouge pas.

-Oh gars, c'est insupportable, non !

Ne me parle pas en face. Mets la main devant la bouche…

-Waouh ! -Ça schlingue, c'est pas possible !

-Ça va ?

-Ouais.

-Qu'est-ce que t'as ?

-Rien, rien, rien.

-Tu bugges encore comme l'autre fois ?

-Non, non, je bugge pas, non.

Je pense à mon gamin.

Ça fait un bout de temps que je l'ai pas vu.

-Il a quel âge ?

-Il a 8 ans.

On dirait vraiment exactement sa chambre.

Comme ça fait pas très longtemps que je l'ai vidée,

ça remue un peu, quoi.

-Allez, viens avec moi, reste pas là à t'angoisser.

-Ça va ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Ça lui arrive de temps en temps. Il a des petits coups de mou.

-Je te comprends tellement, Lexo…..

Moi aussi, ça me déprime de voir des chambres bourrées à craquer.

C'est insupportable.

On fabrique des générations de surconsommateurs compulsifs.

-Hum.

C'est exactement ça qui le déprime.

-Non mais laisse tomber. Moi aussi, ça me rend dingue.

Voir des mômes gâtés comme ça… Il a même plus la place de respirer.

Tu sais ce que je leur ai offert à mes neveux au Noël dernier ?

-Non.

-Je leur ai offert plus que ces conneries

qui vont les amuser trois minutes.

Au moment des cadeaux, je les ai fixés dans les yeux,

et je leur ai dit : "Mes chéris, cette année pour Noël,

"je vous offre toute mon estime,

"toute ma considération et tous mes encouragements.”

-Pfff.

C'est… Hein ?

Ouais, c'est…

-C'est fort.

-J'ai même pas les mots. -Fort.

-Voilà, c'est ça que je cherchais, c'est fort.

Ils ont dû être tellement contents.

-Tu peux pas savoir à quel point ils étaient heureux.

Ils m'ont serrée fort avec leurs petits bras.

C'était tellement mignon… J'oublierai jamais.

J'étais tellement fière.

-Merci pour cette superbe anecdote.

Ça doit être tellement génial de passer un Noël avec toi.

Hein ? On a envie de…

-Oui, on a envie… Et c'est pas cher.

-Et c'est pas cher.

-Lexo ?

-C'est provisoire.

-Pour te redonner un peu d'énergie, je peux te proposer un câlin ?

-Un câlin ? -Ouais.

-Ouais, avec plaisir.

Ça fait tellement de bien.

-Je me sens mal.

Je me sens pas très bien.

-Je me sens vraiment pas très bien, je te jure.

-Tu te sens pas bien ? -Non, il va voir un médecin.

-Qu'est-ce que t'as ?

-Ici y a pas de médecin. -Viens là, viens.

-C'est une blague, là ? -C'est pas du tout une blague.

-Non, moi, je me sens. Euh, Cactus ?

Je prends des antidépresseurs. -Tu nous laisses !

-Cactus, je devrais pas te le dire, mais il a tapé dans la quiche.

-J'ai pas tapé dans la quiche. -Si, t'as tapé dans la quiche.

D'ailleurs c'est très étonnant que tu survives à ça.

-Allez, viens.

-Haleine de merde, là.

-Oh, allez viens, et colle-toi.

-Attends, mais pas face à toi.

-Vous faites une séance de câlinou ?

Super, c'est une bonne idée !

-NON, NON, ATTENDS.

-Non, attends, on a du travail ! Faut pas se relâcher, là !

-C'est parce qu'il a eu un coup de mou, mais on fait ça plus tard.

-Je suis désolé.

C'est ma faute,

je suis maladroit, j'ai lâché l'armoire.

Ça va ?

-J'espère que j'ai rien de cassé. -Tu me dis si j'appuie trop fort.

-Alors, ça va mieux ?

-Ouais, c'est géré. -Tu veux que je te remplace ?

-Non, vas-y, commence avec la dame.

-T'es sûr, hein ? Parce que moi aussi,

je me suis un peu pété le dos. Si quelqu'un veut me mettre du baume.

-Avec plaisir, mais après, après, j'arrive, on arrive.

-OK, OK, je vous laisse.

Euh, vous parlez de moi, là ?

-NON.

-Il est un peu fragile, il a une histoire…

-Ah bon.… On est tous fragiles.

-Je le gère.

-C'est dingo !

Il s'arrête pas.

-Voilà, jeune homme. -Oui.

-J'ai bien réfléchi, et j'ai trouvé ça pour vous. Voilà.

Tenez. -C'est quoi, ça ? Pardon….

Alors… C'est adorable, merci, madame, mais vous savez,

l'intérêt de tout ça, c'est pas de nous refiler vos vieilles…

Enfin… Vous voyez ce que je veux dire ?

-C'est un basset bleu de Gascogne.

Mon mari l'aimait beaucoup. Vous savez, je me fais violence.

C'est tellement, tellement de souvenirs.

Pour moi, il a une grande valeur, mais je préfère m'en séparer.

Voilà, tenez.

J'avais proposé aux enfants, mais ils n'en veulent pas…

-Tu m'étonnes…

-J'étais étudiante en grande école de commerce, payée par papa-maman.

Le genre de vie bien rangée, toute tracée,

un boulot, un crédit immobilier, une machine à laver,

le centre commercial lle dimanche.

-L'angoisse…

-Ouais, l'angoisse.

Et puis, en troisième année,

je suis tombée sur les premiers rapports du GIEC.

Et là, ça m'a foutu une gifle.

-Évidemment. -Tu les as lus ?

-Pas tous, le premier, mais j'ai…

Après t'as vite compris le principe, ça se répète beaucoup.

-Oui, malheureusement.

-Pardon.

Vas-y, continue.

-Après, j'ai commencé à regarder plein de vidéos

sur le dérèglement climatique, les conflits partout dans le monde,

et ça m'a fait un choc,

qui s'est transformé en une vraie peur, tu vois ?

En espèce de… De grosse angoisse.

J'avais plus aucun repère

et je suis tombée… Comme une sorte de dépression, quoi.

-Je vois.

On passe tous à un moment donné par la dépression.

-Mmh.

Ouais, c'était une année difficile.

J'étais jeune, j'étais dans la grande banlieue d'Avignon.

Je parlais plus à mes parents,

qui comprenaient rien de ce qui se passait.

Puis, j'ai une amie en psycho

qui m'a conseillé d'aller voir un groupe de parole qui s'appelle

"Émotion et Collapsologie". Je sais pas si tu connais ?

-Non. Par contre, Avignon, je connais un peu, enfin y a…

Il y a un pont là-bas avec des mecs qui dansent…

C'est pas ça ?

Il me faudrait une petite épingle.

-Prends celui que tu veux.

-Je, je… prends…

Il faut que je… Je vais passer de l'autre côté.

-Ouais, vas-y.

-Hop, voilà !

"Time 4 Change".

-C'est pour ça que nous, on est contre

la marchandisation des rapports marchands, vous voyez,

mais même dans les rapports humains,

dans les rapports entre les gens…

Aujourd'hui, les gens ne se parlent plus, ils sont là :

"Qu'est-ce que t'as à me vendre ? À acheter ?" Tout ça…

Nous, on veut pas, on est contre, de toute façon, on est contre tout.

Je vous le dis, on est contre ce système.

-Est-ce que vous voulez vous sentir riche, Bruno ?

-Oui. Ben, c'est une idée qui peut me plaire, oui…

Ben, dis donc, je pensais que c'était du sucre, pas du tout.

-Il est là, le sucre. -Ah d'accord.

-Qu'est-ce que vous voyez, là ?

-Ben, 10 balles… Enfin, 10 euros.

-Au-delà de la valeur, qu'est-ce que vous voyez ?

Prenez-le.

-Un pont ?

-Sur celui-ci, qu'est-ce que vous voyez ?

(Prenez-le.)

Ben, un pont aussi. C'est marrant, c'est un pont aussi.

-Oui.

Alors, c'est pas le même, par contre.

-Oui, parce qu'il est d'une architecture gothique.

-Madeleine,

j'adore ce jeu, je pourrais y jouer toute la journée.

Je suis très curieux de voir l'architecture du pont

du billet de 50.

-Je peux ? -Oui.

(-Allez, c'est parti.)

-Ettoi, au fait, tu m'as pas dit, comment tu te sens face au climat ?

-Je suis un peu comme tout le monde, j'aime bien quand il fait beau,

soleil, plage, transat, tout ça.

-Tu rigoles, mais il y en a beaucoup qui pensent comme ça, en vrai.

Poussin,

je peux te poser une question un peu perso ?

-Ouais…

-Tu veux t'engager ?

-M'engager, c'est-à-dire ?

-Ben… Tu veux aller plus loin ?

-Quand tu m'as dit :

"Est-ce que tu veux t'engager, tu veux aller plus loin ?"

Moi j'ai… J'ai mal compris, non ? J'ai mal compris…

-Ah ben, encore un pont !

C'est fou !

Madeleine, vous savez que j'avais jamais remarqué ça.

-C'est bien là le problème, personne ne remarque plus rien.

-Eh ouais, on en est là, hein ?

-Mais maintenant la bonne nouvelle,

c'est que vous faites partie des rares personnes qui savent !

Je suis contente.

-Ah ben, moi aussi, je suis content.

Tous ? -Oui.

Mais c'est vous qui êtes dans le vrai, la richesse n'a pas de prix.

C'est la valeur qu'on donne aux choses qui compte.

Vous savez, Bruno, quand je vois votre démarche,

vous me faites penser à ce que dit l'historien Jean-Pierre Vernant.

Il dit que passer un pont, franchir un fleuve, traverser une frontière,

c'est quitter l'espace intime et familier où l'on est à sa place,

pour pénétrer dans un espace inconnu.

Pour être soi, il faut se projeter dans ce qui est étranger.

C'est ce que vous avez fait en venant me voir.

L'homme est un pont…

Bruno, vous êtes un pont.

-Je savais pas.

-Allez, prenez-le.

Croyez-moi, il a beaucoup de valeur pour moi.

"Hopopono”", de GoGo Penguin

- -

-Bon, j'en peux plus, là. Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?

-Laisse-moi faire.

-J'ai mal au dos, j'ai la dalle, là !

On n'irait pas se bouffer un truc ? -Non !

-Normal, avec tout ce que tu as bouffé, là !

-Merci, Albert.

-Merci à toi.

-Albert ? Je t'ai pris la chaise en velours.

-C'est pour ma mère. -Elle va adorer !

-Albert ! Albert !

-J'arrive !

-C'est bon, j'ai fait le tour, là. -Dis-moi.

-Alors, mets-moi les 2 lits gigognes, la table, la méridienne, les vases,

la lampe muguet et les deux chaises en faux rotin, pour mon cousin.

-Très bon choix. -600 ?

-Tu sais combien coûte la lampe ? Y en a pour 1000 balles !

-Eh ouais… 600, tu m'enlèves les vases ?

-Vendu.

-Vas-y, magnifique.

-Ça marche super bien.

J'y retourne. -Super.

-J'ai fini les comptes. -Alors ?

-Ah bah, c'était pas si foireux que ça, notre affaire, hein ?

C'est pour toi.

-Tout ça, c'est pour moi ? -Ouais.

-C'est pas mal !

Bah merci ! Tiens, d'ailleurs,

tu vois quoi, là, sur le billet ?

-Un pont ?

-Tu l'avais déjà vu avant ?

-Oui, de l'autre côté il y a des portes ou des fenêtres.

-Ah ouais, j'avais jamais remarqué, moi.

-Tu vas en faire quoi, du chien ?

-Je sais pas… Madeleine m'a ému avec son histoire,

maintenant, j'ai du mal à me dire que je vais le balancer.

En plus, regarde…

Regarde, ses yeux, là, on dirait pas qu'il est vivant ?

-Tu sais quoi ? Laisse-le-moi, je vais m'en occuper.

-Non, c'est vrai ? Eh ben, merci.

Tu m'enlèves un poids. Par contre, tu t'occupes bien de lui ?

Tu retournes sur Paris ?

-Non, je vais rester là, j'ai des trucs à faire.

-Tu dors pas ici, quand même ?

-Ah, attends !

T'imagines le mec !

Allez !

Ça m'a fait plaisir.

-Ouais, moi aussi, moi aussi.

Bon bah, salut, Poussin. Ça te va pas mal au final, Poussin.

-Salut, Lexo. Je sais, c'est provisoire.

-Très provisoire. Ciao. -Ciao.

-Ça va ?

-J'ai pas beaucoup de temps. Tiens.

-Voilà ce que j'ai trouvé dans tes cartons. C'est ça ?

-C'est ça. Après, j'aurai pu…

venir les chercher moi-même, comme ça j'aurai pu voir Jules.

-On s'est mis d'accord,

je t'amène tes affaires, on parle de rien d'autre.

-C'est vrai, on s'est mis d'accord…

Euh, attends…

C'est pour ton père. Je voulais pas l'envoyer par la poste donc…

Petite avance.

-T'as encore de la marge, non ?

-Bien sûr. Je remonte la pente tout doucement.

Voilà, c'était pour enclencher un peu mais le reste arrive

très vite.

Et…

ça, c'est…

Ça, c'est pour toi.

Jules m'a dit que t'en avais plus.

-Ça vient d'où, ça, encore ?

-Rien, c'est juste un petit cadeau, voilà….

Je pensais à toi,

c'est juste un petit cadeau…

-Tu t'es dit que c'était mieux sans l'emballage et un peu entamé ?

-Tu sais pourquoi il est entamé ?

C'est moi qui l'ai ouvert, voilà…

Ça fait trois jours que j'ai acheté la bouteille,

mais tu me manques tellement que voilà j'avais besoin de…

J'avais besoin de te sentir, j'avais besoin de te humer.

Donc je m'en mets tous les jours, sur le poignet, je te sens.

Parce que j'ai l'impression que t'es encore avec moi

et il y a que ça qui me fait du bien. -On ne va pas recommencer !

Je veux plus de tes fleurs, de tes "je t'aime*".

-J'ai pas dit "je t'aime", Claire.

J'ai pas dit "je t'aime", j'ai dit "je te hume"…

Ça n'a rien à voir…

Ça se ressemble un peu, mais ça n'a rien à voir, je te jure.

C'est vrai. Je te hume, Claire.

Tu le sais que je te hume.

Je te hume de… Je te hume comme un fou…

Je t'ai toujours humée…

Et j't'humerai toujours…

-Arrête !

Je dois y aller.

-Pourquoi t'as acheté ça ? T'as payé cher ?

-Bah, enfin c'est pas… -Combien ?

-Ça se dit pas, Marco. Enfin, c'est un cadeau !

-Bah non, c'est pas un cadeau, parce que tu vas le reprendre.

-Ah bon ? -Ouais. Et tu sais quoi ?

À l'avenir, je préfère qu'au lieu de nous acheter des merdes comme ça,

tu me donnes directement l'argent que tu nous dois.

Et nous, on choisit tranquillement ce qu'on va en faire, d'accord ?

Comme ça, tout le monde est content,

toi, tu réduis ta dette, nous, on se fait plaisir.

Ça, c'est une idée que j'aime bien. Et que je te suggère…

-Bon, vous venez, là ? Vous faites quoi ?

-Coco, faut que tu parles à ton frère.

Je vais pas y laisser ma chemise, dans cette histoire !

-Bon, on fait ça après, là, on va faire les bougies !

Affaire suivante, M. Ambrosie, Bruno.

-Bonjour, Monsieur le juge.

Avant toute chose, je voulais dire que j'avais changé…

-S'il vous plaît, reculez derrière la barre, merci.

-Bien sûr, bien sûr, pardon.

Bonjour, monsieur le juge.

Avant toute chose, je voulais dire que j'avais complètement changé.

Voilà, je ne suis plus du tout le même homme.

J'ai largement pris conscience de mes erreurs passées.

Si vous voulez, et euh… -Je vous arrête tout de suite.

Vous savez, moi, je ne veux rien. On a peu de temps.

Ce n'est ni l'endroit ni le moment de s'étendre,

donc on va essayer de se concentrer sur l'essentiel.

-Voilà, très bien, alors. -Hein ? Oui ?

-Excusez-moi, M. le juge, c'est moi qui devrais vous arrêter,

parce qu'en fait, faut m'écouter…

Voilà, c'est important de s'écouter, de prendre le temps justement.

Vous me donnez 3 minutes pour vous résumer toute ma vie.

Vous allez prendre 2 minutes pour prendre une décision

qui va chambouler la mienne.

S'il vous plaît, je vous le demande,

prenez le temps…

-Monsieur, je vous prie de croire que j'y consacrerai plus de 2 minutes.

Je vous écoute.

-Ma femme et moi, en fait, on vient pas du tout du même milieu.

Et moi, j'ai tout fait pour qu'elle s'en rende pas trop compte.

On perd la raison, par amour.

C'est pour ça que j'ai commencé à emprunter de l'argent.

Alors j'ai emprunté à mon beau-père, ça,

ça a été une très mauvaise idée, mais c'est lui qui m'a proposé.

Et croyez-moi, vraiment, pour lui, 50000 balles, c'est rien du tout.

Il a un niveau social qui est… Voilà, il est… Il est blindé.

Il fait beaucoup de cash, je veux pas le balancer,

mais il gagne très, très bien sa vie.

-Oui, enfin, non, c'est plutôt 64000.

-Ouais, croyez-moi, c'est pareil…

Il est blindé, très blindé…

mais moi, justement, je… -M. Ambrosi…

Je comprends que vous ayez besoin de vous exprimer,

mais je ne veux pas de méprise. Je suis ici pour examiner les faits

en relation avec votre situation de surendettement

et pour appliquer la loi, vous saisissez ?

-Je saisis très, très bien,

mais je veux que vous saisissiez que j'étais amoureux, voilà c'est tout.

J'étais amoureux.

-Déjà l'an dernier, c'était pas fou, le coupe-ongles et le couteau suisse.

-Arrête !

-Avec Marco, on se demandait où t'allais les chercher tes cadeaux.

Mais là, un chien empaillé…

-Corinne, je vais y aller…

-Attends, attends. Je vois que tu fais des efforts,

que t'es plein de bonne volonté… Tu sais, nous aussi,

on a de l'estime et on t'encourage.

-Mmh…. On t'encourage surtout à nous rembourser !

Quoi ?

C'est pas avec ses 2 billets qu'on va arriver quelque part.

-On s'en rapproche un peu quand même. Non ?

-Oui, nous, ce qu'on veut, c'est du concret !

-Salut, Marco.

-Du concret.

-C'est juste une mauvaise tête, tu le sais.

-Ça va venir, le concret.

Je suis dans une bonne période, je le sens bien, regarde,

c'est un courrier de la Banque de France.

J'ai fait une demande d'effacement. lls ont enregistré ma demande.

Ils vont bientôt dire si je suis "recevable" ou pas.

Ça veut dire qu'ils vont peut-être effacer toutes mes dettes.

En plus, il y a un mec qui m'aide dans une association.

C'est une 2e chance pour moi.

-C'est bien s'ils t'effacent, vraiment, c'est très bien.

Par contre, nous, on va pas pouvoir t'effacer.

-Oui, je sais. -Marco, surtout, il veut du…

-Du concret. -Ouais, voilà.

Poussin, moi, je sais que tu fais au mieux, je sais ça.

Je le sais… Si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas.

-Et tout ça, bien sûr, c'est sans vous parler de…

de ma vague de dépression, j'en ai eu plusieurs, il y a une…

La première a commencé en 2007,

où j'ai commencé à faire des anxiétés, des crises d'angoisse

que j'arrivais pas à arrêter, après, j'étais forcément sous anxiolytiques,

et puis après, il y a eu celle de 2008,

où carrément, j'ai cru que j'avais une tumeur au cerveau.

On a fait un Doppler et en fait, pas du tout.

Légers maux de tête et… Voilà, j'ai pris des…

Des Dolipranes, hum… Et puis il y a eu…

Aussi cette vague, mais ça, c'est vraiment 2015

-Bien, écoutez, M. Ambrosi, bon, soyons francs,

vous avez eu une procédure de rétablissement personnelle

il ya5ans

qui a conduit à un effacement total de vos dettes.

-Oui.

-On n'appuie pas sur un bouton et on efface tout comme par magie ici.

Ce que nous constatons, c'est que vous n'avez tiré aucune leçon

de votre précédente expérience.

Alors, je vois même des crédits conso au nom de Bruno Ambrosa.

Vous avez changé la dernière lettre de votre nom.

C'est une technique connue chez les récidivistes.

Vous comprenez qu'on s'interroge sur votre bonne foi, quand même ?

Bon, madame la greffière, avez-vous une date

pour le délibéré ?

-Le 21 octobre prochain, Monsieur le juge.

-Très bien.

-Dans 15 jours, j'ai plus de maison, M. le Juge, je suis à la rue,

mais vous avez raison, c'est pas grave, on s'en fiche…

-Ouais, j'y vais !

Je ne veux pas t'embêter, mais euh…

Comme tout à l'heure tu m'as dit si j'ai besoin de quelque chose…

-Dis-Mmoi ?

-Tu pourrais prendre une chemise à Marco discrètement, s'il te plaît ?

Parce que j'ai rendez-vous pour cette histoire d'effacement.

C'est du concret, là.

-Vous faites même pas la même taille.

-C'est pas grave on s'en fout, c'est pour avoir l'air de quelque chose…

Tu peux me mettre un coup de peigne, rapidement ?

-Non ! -Un petit coup ! Rapide !

-Albert, tu sais que j'aime pas quand je suis pas au salon.

-C'est juste pour avoir l'air

présentable Coco, un truc bien, un peu branché, là… Propre quoi…

S'il te plaît.

Regarde là, regarde.

-D'accord, tu m'attends là ? -Yes, je t'attends.

-Salut, Poussin. T'es en avance.

-Ah bon ?

-C'est pas grave, entre.

Musique d'ambiance

Café ?

-Oui, je veux bien.

-C'est original ta nouvelle coupe. -Ah oui ?

Merci.

Dis donc, c'est…

C'est vachement désencombré, chez toi.

-Ouais, ça s'est fait petit à petit.

J'essaie d'être cohérente avec moi-même.

-C'est cohérent, là.

-On s'assoit ?

-Euh oui, mais alors… Où ?

Ah oui, donc… Par terre.

Oh putain…

-Ouais, c'est un peu râpeux, mais on s'y habitue.

-Cactus, je voulais m'excuser pour l'autre jour.

J'ai été maladroit, je suis confus…

-C'est oublié.

-Pour me faire pardonner, voilà.

-Merci, fallait pas, mais je… Je peux pas accepter.

-Je t'assure, c'est pas grand-chose. -Je peux pas accepter, en fait,

je prends pas d'objets neufs.

-Ah non, mais, moi aussi, t'inquiète, j'ai rien de neuf,

que de la récup.

Tu veux pas l'ouvrir quand même ?

Pour voir si ça te va ?

-Oh. C'est… C'est original…

C'est la première fois qu'on m'offre un compas.

-J'ai lu quelque part que les marins s'en servaient

pour se repérer en mer.

-Je vois, tu fais clairement allusion à ma période "perte de repères" ?

-Ouais, clairement.

-Merci.

Je m'y attendais pas…

Ça m'embête du coup, parce que j'ai un autre principe…

Je peux pas faire rentrer un nouvel objet,

si j'en fais pas sortir un autre.

C'est la règle. Il faut que je cadre un peu.

-Ah ben, si c'est la règle,

ça va être compliqué de faire sortir quelque chose.

-Hum ? -Tu sais quoi ?

-Je vais le prendre ton cadeau, Poussin.

-Bah oui, mais la règle ?

Je fais quoi ? Je garde la tasse ?

J'arrache une lame de parquet ?

-Donne-moi ta main.

Donne-moi ta main.

Ça te plaît ?

-Beaucoup.

-Ah !

-T'attends quelqu'un ?

Oh putain ! J'ai des fourmis dans les jambes.

Oh ! J'ai plus l'habitude… Oh putain.

Ah putain…

-Salut, Poussin ! -Salut, Poussin !

-T'es là, toi ? Sympa, la nouvelle coiffure,

on dirait ma tante Yvonne !

C'est bien, ça va mettre un peu d'ambiance pour la réunion.

-Quelle réunion ?

-Je déconne pour les cheveux.

-Ça va ?

-Allez, Poussin, viens t'asseoir.

-Salut !

-Tiens, au fait, je voulais te dire…

Je t'ai appelé, tu ne m'as pas répondu.

Si on appelle les militants et qu'ils répondent pas,

qu'est-ce qu'on fait ?

Tu peux me dire ? -Poussin, tu peux aller ouvrir ?

-Ouais, j'y vais.

-Non, mais c'est important, ce que je te dis.

-Qu'est-ce que tu fais là ?

-Bah toi. Qu'est-ce que tu fous là ?

-Je suis venu à la réunion.

-La vache, c'est quoi ces cheveux ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Vraiment, il y a eu un travail dessus, on dirait Angela Merkel,

t'as cru que c'était le G20 ? -Le ?

-Non, attends, on dirait Jacquouille. Bon, il y a à bouffer ou pas ?

-Non. Il y a que des crudités et pas de chaises.

-Allez viens !

J'ai faim.

Musique lounge

-Bonne soirée. Bonsoir, monsieur. -Bonsoir.

Véronica n'est pas là ?

-Elle ne travaille pas aujourd'hui.

-Est-ce que je peux avoir votre carte d'identité ?

-Juste 10 minutes, je rentre et je sors.

-Ça va pas être possible, monsieur… -5 minutes.

Merci. -Djib !

-M. Tomasi, M. Tomasi !

Je vous ai reconnu, M. Tomasi ! -Ça va, ça va.

Ça va.

-On est tous au courant, de cette nouvelle et on est pas surpris.

Le plan climat, qui a été adopté, du gouvernement,

c'est de l'enfumage, ça va rien changer.

On se fout vraiment de notre gueule.

-Ce qu'il faut comprendre en plus…

-Oh c'est long… C'est long, non ?

-… qui fait quelque chose et ça donne l'impression

qu'on avance, on lutte contre le réchauffement climatique.

En fait, il se passe rien, et on fait rien.

-Ca pose des questions. On est en train d'être baladé en fait.

-Le gouvernement nous rend invisibles, on est inaudibles.

-Justement, on est là, on est réunis, on a les capacités d'agir.

C'est aussi pour ça qu'on est réunis.

-Ouais ? Cactus ?

-Déjà, je voulais vous dire merci d'être là,

d'avoir répondu aussi rapidement à mon texto.

C'est exactement le mode que j'aimerais instaurer entre nous,

un texto, un lieu, un horaire et on se retrouve comme ça,

comme une sorte de faux rancard amoureux,

on brouille les pistes.

Bref, vous êtes pas sans savoir

qu'il y a de grosses actions nationales qui se préparent.

Et j'aimerais créer un groupe, une coordo d'actions avec vous.

-Il est pas mal, son appart.

-Il est magnifique, il est magnifique.

-Et comme moi, vous en avez marre,

de toutes ces pétitions,

ces marches pour le climat, de tout ce cirque qui sert à rien

puisque rien ne bouge !

Alors que l'objectif, il est simple,

c'est pousser un cri d'alarme,

c'est réveiller lles consciences et arrêter d'être dans le déni.

Donc j'aimerais créer une équipe forte,

soudée pour une série d'actions beaucoup plus musclées.

S'il y en a qui partent en garde à vue, On va faire un roulement,

pour qu'il y ait toujours des gens qui attendent

avec des gâteaux, avec des câlins, avec euh…

avec du réconfort. (-C'est pas vrai.)

(On y va, j'en peux plus, je sens plus mes jambes.)

(-Non.) (-Si, allez, je décolle.)

(-Attends, c'est bon. Tais-toi.) -Ah !

-Voilà… Qui est avec moi ?

(-Qu'est-ce que tu fais ?) (-Lève la main.)

(-Pourquoi ?) -Lève la main.

-Génial ! Merci !

Musique rock

*-Mesdames, messieurs, vous devez vous demander, pourquoi on est là

et pourquoi on bloque la circulation.

Eh bien, on est là aujourd'hui pour vous sensibiliser.

On est la première génération

à réellement ressentir les effets du changement climatique.

Et les derniers à pouvoir agir !

Écoutez-nous, prenez le temps !

-Bonjour, monsieur, tous ensemble pour le climat.

-Ouais, on bosse, nous ! -Ouais, je sais, monsieur,

mais bon, c'est important le climat quand même.

*-… la terre a ses limites !

Ne nous regardez pas, rejoignez-nous !

Ne nous regardez pas,

rejoignez-nous !

-NE NOUS REGARDEZ PAS, REJOIGNEZ-NOUS !

ET 1 ET 2 ET 3 DEGRÉS,

C'EST UN CRIME CONTRE L'HUMANITÉ !

ET 1 ET 2 ET 3 DEGRÉS,

C'EST UN CRIME CONTRE L'HUMANITÉ !

ET 1 ET 2 ET 3 DEGRÉS,

C'EST UN CRIME CONTRE L'HUMANITÉ !

ON EST PLUS CHAUD, PLUS CHAUD,

PLUS CHAUD QUE LE CLIMAT ! ON EST PLUS CHAUD, PLUS CHAUD...

(-OK, on y va, c'est parti.)

-Attends, Poussin, pourquoi t'as remis ton T-shirt ?

Faut l'enlever là, on l'a tous enlevé.

Allez, sinon, ça a moins d'impact. -Non, mais je le sens pas,

j'ai pas envie, je suis pudique.

-Allez, on va démarrer, là !

-Bah oui mais, Poussin, il veut pas enlever son T-shirt.

-Enfin… De toute façon, toi aussi, tu… Tu le gardes non ?

-Voilà. Tu sens l'impact, là ?

-Ah oui, je sens l'impact, oui. -Bon.…

-Oui… Voilà.

-Allez, on y va !

-Go, go, go, go, go ! -Attends ! Attends !

-Quoi ? -Lexo, attends.

-Il est fou, lui ? -Remets le bas, remets le bas.

Là, ça fait un peu atteinte à la pudeur.

Ça va fausser le message du mouvement.

-Au contraire, c'est mille fois mieux si on est tous à poil,

le message passe mieux. Après, faites comme vous voulez,

je veux pas interférer. Si vous voulez qu'on soit torse nu,

moi, j'aime bien aussi. -Ouais.

-Je remets mon slip, pas de problème.

Putain, je l'ai mis où ?

-Ne restez pas là ! Non, je ne suis pas d'accord !

Je ne suis pas d'accord ! Non.

*-C'est un mensonge tout ça, c'est du greenwashing !

Blablabla, arrêtez ces mensonges !

Réveillez-vous,

la fast-fashion vous tue ! Tout ça, c'est du greenwashing !

-Arrêtez ! -Il faut vous réveiller, monsieur !

*-Vous pensez à nos enfants là ?

Vous pensez à nos enfants ?

-Arrêtez !

*-Salauds ! Salauds !

-On est victimes de la mode ! On est tous victimes de la mode !

(-Go. On y va, on y va. On y va.)

(-À gauche. À gauche.)

-C'est une action de citoyens engagés non violente

qui vise à dénoncer l'inaction des pouvoirs publics

face à l'extinction de millions d'espèces d'animaux

et l'extinction de l'espèce humaine, tout court.

-Concrètement, ça sert à quoi ?

*-Ca sert à proposer un nouveau projet de vie et de société,

parce que notre mode de vie actuel pose un gros problème, en fait.

On est là pour sensibiliser, essayer d'éveiller lles consciences

à une manière nouvelle de vivre.

*-Et d'encourager tout le monde à désobéir…

À désobéir… *-Et puis euh…

*-… aux objectifs de croissance qui sont effrénés,

qui sont stupides et qui ne vont nulle part.

*-C'est stupide, ça ne va nulle part, c'est euh…

*-Ouais. *-C'est stupide…

*-C'est ça… *-Ouais.

-Tu regrettes pas ?

-Pas du tout.

Pas une seconde.

-C'est hyper fort, non ?

-C'est hyper fort.

-C'est fou ce qu'on fait.

-Ouais. -Objectif !

-TERRE ! OBJECTIF !

TERRE ! OBJECTIF ! TERRE !

OBJECTIF ! TERRE ! OBJECTIF ! TERRE !

-Bien, nous allons passer maintenant au cas numéro 17.

Monsieur Albert Laprade.

-Ah.… -Il s'agit d'un premier dépôt

auprès de la Banque de France.

Monsieur travaille au sein de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

Il a un revenu de 1670 euros par mois,

mais sa capacité de remboursement est négative.

Alors, là, je vois plus de 44 crédits conso.

On a un champion.

Son endettement global s'élève à plus de 86000 euros.

Évidemment, il demande un effacement de ses dettes ou un gel.

-Et plus un effacement que le gel.

-Bien sûr.

M. Galois, pour les créanciers ?

-Alors oui, je confirme, c'est un cador.

Je précise que ce monsieur a présenté des fausses fiches de paie,

vulgairement trafiquées sur Photoshop,

avec la mention affichée de copilote de ligne.

-Oui. Alors, effectivement, il travaille à Roissy.

Et euh…

Plus autour des avions, je crois, que dedans.

Mais c'est pas.….

-Il n'est pas pilote ?

-Non, il n'est pas pilote.

-Bon alors, soyons sérieux,

il a 20 mois de retard sur son loyer à 2200 euros, soit 44000 euros.

-Et d'ailleurs, il a quitté cet appartement il y a quelques mois.

-Et tout ça, c'est sans compter les prêts conso

et les prêts personnels.

-Mais je veux juste me permettre de vous alerter

sur le fait qu'il a un reste à vivre négatif,

mais à peine de quoi subvenir à ses besoins.

-Oui enfin, alors moi aussi je vais me permettre de vous alerter.

J'ai un témoignage du bailleur qui explique que le monsieur en question

serait venu faire sa première visite en uniforme.

En tenue de pilote donc…

Ou de copilote, j'imagine.

-Oui…

-Bien, je propose l'irrecevabilité, bien entendu.

-BIEN ENTENDU.

-Bien entendu.

-Mes amis…

Il faut taper encore plus fort.

Il faut taper encore plus fort et, surtout, là où ça fait mal,

contre les banques qui investissent dans les énergies fossiles,

dans le pétrole…

-DANS LE GAZ, DANS LE CHARBON.

-Ce sont elles les responsables du réchauffement climatique.

-OUAIS, BIEN SÛR. -Vous savez combien

nos banques ont investi dans ces énergies, juste l'an dernier ?

Donnez-moi un chiffre.

Donnez-moi un chiffre, allez-y !

-200 milliards ?

-C'est plus.

-250 milliards ?

-C'est plus !

-300 milliards ?

-Non, moins, moins…

-Bon bah vas-y, dis-nous !

-295 milliards.

Vous vous rendez compte ? 295 milliards !

-C'est énorme.

-C'est énorme. Et l y avait en France un seul organe

capable de faire opposition à ces investissements.

Je vous laisse deviner.

-La Banque de France ?

-Bingo, Poussin,

la Banque de France. Qu'est-ce qu'elle a fait ?

Rien ! Elle n'a rien fait !

Au contraire, elle les a encouragés !

Alors moi, ce que je vous propose,

c'est de s'attaquer à la source.

Ce que je vous propose vraiment, moi, c'est de s'attaquer à la source.

(-Financier.)

-Financier. (-Financier.)

-La source de ce système financier

moribond. (-Mortifère…)

-De ce système financier

mortifère !

Ce mortifère-là qui nous mène tout droit à la catastrophe.

Voilà notre prochaine cible.

La Banque de France !

-Très bonne idée ! -Merci.

-Je trouve.

-Merci beaucoup.

Alors, qui est avec moi ?

-Moi.

-Qui d'autre ?

-Moi.

-Moi ! -Qui d'autre ?

-Ouais ! Ouais ! Ouais ! Ouais ! Ouais !

Merci, merci pour la planète.

Merci. -Bravo !

-Non, non, non. -Viens par ici, viens.

*"Le Freak", de Chic

-Bonjour, madame.

-AH, FREAK OUT LE FREAK, C'EST CHIC

-Plus chaud ! Plus chaud que le climat !

-ON EST PLUS CHAUD ! PLUS CHAUD !

PLUS CHAUD QUE LE CLIMAT ! ON EST PLUS CHAUD !

TOXIQUE ! ARGENT ! TOXIQUE ! INVESTISSEMENTS TOXIQUES !

ARGENT ! TOXIQUE ! INVESTISSEMENTS TOXIQUES !

ARGENT ! TOXIQUE ! INVESTISSEMENTS TOXIQUES !

ARGENT ! TOXIQUE ! INVESTISSEMENTS TOXIQUES !

-S'il vous plaît, ouvrez-nous !

-On respire pas bien ! Ouvrez !

-On ne respire pas bien !

On est gazé, monsieur, ouvrez-nous, s'il vous plaît !

Mon Dieu, c'est des malades ! -Il faut nous mettre à l'abri.

-Oui, s'il vous plaît. Inspecteur aux comptes Didier Bartouche.

S'il vous plaît, on est de la maison, messieurs. On est de la maison.

-Suivez-moi, si vous voulez vous mettre à l'abri. Allez, allez, vite !

Allez.

-Bonjour.

-Allez-y, Allez-y, mettez-vous à l'abri, ici !

-Oh mon Dieu…

Bonjour, tout le monde.

Vous avez vu ce qu'il se passe ? -Oui, on a vu,

on attend que ça se calme.

-Excusez-moi, je ne me suis pas présenté,

Maître Dalliday, commissaire à la Cour aux comptes, région PACA.

-Clément.

Ah!

-Oui ? -Votre téléphone.

-C'est pas vrai, qui m'appelle, là, dans ces conditions ?

Oui, Jeanine ? Oui, je suis dans le bâtiment.

Jeanine, reprenez votre souffle là.

Calmez-vous, qu'est-ce qui se passe ? Vous êtes où, là ?

Vous êtes où, Jeanine ?

Dans la salle de la commission de surendettement ?

-La salle de lla commission ? -C'est…

Bon euh… Jeanine se sent pas bien du tout, là !

Je sais pas ce qu'elle a, là… -C'est pas vrai ! Mais elle est où ?

-À la salle de commission de surendettement.

A priori, c'est là où il y a les dossiers en cours ?

-Oui, c'est ça.

-Vous me confirmez ? -Je crois savoir où elle est.

-C'est vrai ? -Oui.

Je vais venir avec vous.

Formidable ! Monsieur, vous venez ?

-Non. Bah non, je vais rester là.

-Pour… Ah bon ? D'accord.

Mais alors euh…

Par hasard, vous avez pas un brevet de secouriste ?

Monsieur, réfléchissez vraiment !

Ce serait super que vous veniez avec moi

dans la salle de commission, véritablement, pour aider Jeanine.

-Je vais venir avec vous.

-Super ! Donc vous venez avec moi. Madame et Clément,

vous venez avec moi, maintenant.

Restez tranquilles !

Et pas près des fenêtres !

Oh, mon Dieu ! Elle respire pas bien !

Tenez le coup, Jeanine, on arrive !

Plus vite, madame ! -Je fais ce que je peux.

-C'est pas assez !

-Je ne peux pas ! -Accélérez, madame !

-Écoutez, je fais ce que je peux !

-C'est encore loin là ? -C'est la porte au fond à gauche !

-D'accord, très bien ! Attention !

Attention, madame, madame. Madame, c'est quoi, votre prénom ?

-Sidonie. -Sidonie, merci déjà,

un grand merci pour votre courage.

Vous avez combattu les barrières sociales

et aidé une femme que vous ne connaissez pas.

Si je pouvais, je vous emmènerais Place du Tertre.

On irait manger une glace. -C'est vrai ?

-Une glace à la vanille.

-Vous avez pas le temps ? -Non, je n'ai pas le temps.

On peut rester en contact… -Ah !

-Qu'est-ce qu'il se passe ? -Les voilà ! Ils arrivent !

-Mon Dieu, Sidonie, rentrez avec les autres.

-Vous pouvez pas rester avec moi ? -Non, je ne peux pas.

-Oui ? Sidonie !

-Retournez au bureau avec les autres ! Sidonie ?

-Oui ? -Allez vous mettre à l'abri !

-Ah ! Allez-y ! -Ils sont là !

Arrêtez de nous attaquer ! Allez-y, Sidonie !

(C'est là ! Salle des commissions.)

(Oh putain de merde, ils sont là !)

(Ils sont là ! Viens, suis-moi.)

(C'est pas ça ! Putain !)

(-Qu'est-ce qu'on fait ?)

(-Putain, suis-moi !)

(-Oh !)

(-Vas-y commence par là ! Commence par là !)

(C'est quoi ici ?)

T'as vu

que c'était classé par année ? -Par ordre alphabétique !

-Par année et par ordre alphabétique.

-NE NOUS REGARDEZ PAS ! REJOIGNEZ-NOUS !

NE NOUS REGARDEZ PAS ! REJOIGNEZ-NOUS !

NE NOUS REGARDEZ PAS ! REJOIGNEZ-NOUS !

ET 1 ! ET2! ET 3 DEGRÉS !

-Ils sont où ?

Lexo et Poussin, ils sont où ? -Ils étaient là,

je sais pas moi !

-Il y a marqué 29 milliards, c'est pas ça ! Il faut une image,

les flics vont charger, il faut une image pour la presse !

-J'ai ! -T'as trouvé ?

-Ouais…

-C'est pas vrai moi, je fais quoi…

C'est bon, j'ai trouvé, j'ai trouvé aussi !

Quoi ? J'ai deux dossiers, moi ? C'est fou.

-Putain, il est énorme ton dossier. -Oui, bah, j'ai travaillé.

Oh merde ! -Oh putain !

-Merde. -Frotte !

-J'ai enlevé les deux R, ça fait "Ecevable".

-Enlève ! Enlève ! -C'est bon j'ai gratté, j'ai gratté !

Oh non… -C'est bon, c'est bon, on voit pas.

On voit rien, vas-y. -On voit pas, c'est bon. Putain !

-Souffle, souffle.

-Souffle le mien aussi !

-Voilà.

-Je crois qu'on est recevable.

-Recevable, de même. -Bah, enchanté, recevable.

Allez, on remballe, on remballe !

Oh non ! Qu'est-ce que tu fais ? -Merde !

-Je sais pas, je les trouve pas, ils sont pas là.

-Putain ! Mais c'est pas possible !

On leur a demandé d'être là, -Qu'est-ce qu'ils foutent ?

-On peut pas compter sur eux. lls étaient là.

Ah ils sont là !

C'est pas possible, vous étiez où ?

-On était là !

-Bah on est là. -On est là.

-Montez à vos positions ! On va faire la photo !

*-Obéissance à la loi, dispersez-vous !

-ARGENT MAGIQUE !

INVESTISSEMENTS TOXIQUES ! ARGENT !

MAGIQUE ! -Ouh !

-ARGENT MAGIQUE !

-295 milliards !

-C'est bon, vous avez tout ?

-C'est bon, c'est bon…

Vous avez bien le message ? OK.

-On a tout ce qu'il faut, là ? -Ouais. C'est bon.

C'est bon, descendez ! -OK, super !

-Descendez ! C'est bon !

-File-moi les clefs !

-Attends deux secondes…

Putain, je trouve pas les clefs !

*-Obéissance à la loi ! -Tu déconnes ?

-Non, je ne déconne pas.

-Cherche-les !

-Je fais quoi, là ? Je cherche !

-Les gars, ça va charger, descendez !

-Oui, deux secondes. -Cherche-les mieux !

-Merde ! Je te dis que je les trouve pas !

-Oh, putain ! -On les laisse, on y va…

-Je sais pas où elles sont… Fait chier ces clefs, là !

Je les avais mises, là !

Musique rock

C'est pas vrai ça… Putain de clefs de merde !

-NON VIOLENT ! NON VIOLENT !

NON VIOLENT ! NON VIOLENT !

*-Dernière sommation ! On va faire usage de la force !

-Vous savez quoi ? On descendra pas !

Venez nous chercher ! On descendra pas !

On descendra pas !

Venez nous chercher ! On descendra pas !

Venez nous chercher !

-ON DESCENDRA PAS ! VENEZ NOUS CHERCHER !

ON DESCENDRA PAS ! VENEZ NOUS CHERCHER !

ON DESCENDRA PAS ! VENEZ NOUS CHERCHER !

ON DESCENDRA PAS ! VENEZ NOUS CHERCHER !

ON DESCENDRA PAS !

-On les laisse là, qu'est-ce tu veux que je te dise ? On rentre.

-Non, on y va !

-Qu'est-ce que tu fais ?

Cactus !

-ON DESCENDRA PAS !

VENEZ NOUS CHERCHER ! ON DESCENDRA PAS !

VENEZ NOUS CHERCHER ! ON DESCENDRA PAS !

VENEZ NOUS CHERCHER !

-Désolé, j'ai pas les clefs. -ON DESCENDRA PAS !

VENEZ NOUS CHERCHER !

-J'ai pas les clefs !

-ON DESCENDRA PAS ! VENEZ NOUS CHERCHER !

-Ça sert à rien, ce que vous faites ! J'ai pas les clefs !

-Je m'enlèverai pas ! Non ! Laisse-moi !

Putain, lâche ça !

-Portez-moi, portez-moi.

Voilà juste, portez-moi. Les jambes, les jambes,

les jambes, elles tombent !

Qu'est-ce que vous faites ? Vous êtes sérieux ou quoi ?

J'ai dit que j'avais pas les clefs.

-Police, partout ! Justice, nulle part !

Police, partout !

-Police, nulle part ! Justice, nulle part !

Police, partout !

Non ! Je monterai pas !

Je monterai pas ! C'est de la violence policière,

ce que vous êtes en train de faire !

Laissez-moi ! Franchement, c'est pas cool.

-LIBÉREZ NOS CAMARADES ! LIBÉREZ NOS CAMARADES !

LIBÉREZ NOS CAMARADES !

-Il arrive…

-Bon, bon, bon.

Bruno, Jean, Patrick Ambrosi.

Albert, Pierre, Marcel, Célestin Laprade.

Valentine, Ségolène, Jeanne de Cresquère.

-C'est bon, on peut rentrer chez nous ?

-Encore un peu de paperasse pour vous. Vous avez un bon dossier.

Ça va être un peu plus long. Je reviens.

-Désolée, je savais pas qu'Albert, c'était ton vrai prénom.

C'est juste que…

-T'imagines que les pseudos, c'était une aubaine pour lui.

-Bah, enchantée.

Albert… Pierre, Marcel.

-Célestin surtout… Celui-là, il pique.

Oh, la vache.

-Enchantée Valentine… Euh, Ségolène ?

-De Cresquère. Faut dire, il est pas mal non plus, celui-là.

"Little Wing", de Jimi Hendrix

-Moi, j'aime bien Albert.

-Moi, j'aime pas, je préfère Célestin.

-Moi, je crois que j'aime bien Valentine.

-Vous vous rendez compte quand même,

qu'on a tous des prénoms de merde.

On en a vraiment bavé. Ils ont été durs, très durs.

Ils nous ont bien chiffonnés. Cactus, elle a été incroyable !

-C'est vraiment impressionnant, chez toi.

-Ouais, j'ai décidé de plus m'encombrer.

-Là, t'es à l'essentiel, à l'épure, j'adore.

J'en ai vu plein des minimalistes… Mais des comme toi… T'es au top !

-Après, c'est pas si difficile quand t'as identifié le superflu.

De toute façon, je dois partir d'ici dans une semaine.

-Ah bon, pourquoi ?

-Parce que ça me correspond plus. Faut juste que je trouve autre chose.

-Si tu veux, une chambre se libère dans ma coloc.

-Une coloc à mon âge, franchement, c'est compliqué.

Après, ça dépend des conditions.

-Loyer libre, tu donnes ce que tu veux.

-Ouais, ça peut me correspondre, ça.

-Tu vois, Valentine,

là, je suis pris d'une grosse envie de m'engager.

Te braque pas.

Fort de mon expérience passée, je ne tenterai rien,

parce que je pourrais continuer à me rapprocher de toi, doucement,

je pourrai t'effleurer encore, te sentir encore,

mais je vais attendre que ça vienne de toi, c'est plus prudent, non ?

-Albert, tu sais, je ne suis pas idiote.

Je vois bien qu'il y a un truc entre toi et moi.

-Mais ?

-Il se passera rien entre nous.

-Pourquoi ?

Je te plais pas ?

-Si, enfin je veux dire… Enfin…

C'est pas ça, le problème.

S

-C'est quoi le problème alors ?

-C'est difficile à expliquer, je sais pas comment…

C'est comme une perte de désir.

Comme si j'avais plus accès à mes sentiments, tu vois ?

-Non, je.. Non, je vois pas.

-J'ai fait un lien entre mes sentiments et lle monde actuel,

le réchauffement, les risques d'effondrement…

J'en ai parlé à ma psy, elle m'a dit

que je faisais de l'éco-anxiété,

je me sens à la fois victime et coupable.

-Mais ça, ça fait longtemps ?

-Depuis 2016, mon premier Black Friday.

Quand j'ai vu les gens courir comme des animaux,

pour un pauvre micro-ondes, un écran plat,

et se battre…

-Lexo ? Un câlin ou des madeleines ? Je les ai faites moi-même.

-Madeleine.

Un câlin, mais…

Vraiment rapide, cadré.

-D'accord. -On fait ça ?

-Oui ! -Allez, c'est parti.

(-Merci.)

(-De rien.)

Qu'est-ce qu'elle fait la main ? Non ! On ne touche pas les fesses !

-Bien sûr ! Mais bien sûr !

-Il n'y a pas de bien sûr. D'accord ? On ne touche pas les fesses !

-Après, Valentine, tu sais, je suis pas pressé,

je peux t'attendre, je peux patienter.

Bon après, si t'avais peut-être une date,

même approximative, quoi… Pour que je me fasse une idée de…

Je ne sais pas,

je suis positif là… J'essaye… Je me raccroche à des trucs…

Je me tiens à une paroi, mais j'ai l'impression que ça s'effrite.

Donc il faut quand que tu me donnes quelques points d'accroche.

Même si c'est…

T'en a une ? T'en as pas ?

-Je sais pas, quand le monde ira mieux.

Quand l'air sera plus respirable,

quand on arrivera à bloquer des villes entières,

quand on pourra fermer les rideaux des magasins,

quand on ouvrira les yeux.

-On a le temps… C'est pas tout de suite, tout de suite.

C'est pas.… Là, il y a pas de date…

La perspective est pas dingue pour moi, je veux dire.

-Non.

L

Musique douce

- -

-Ça me paraît être intéressant, tu crois pas ?

-Merci. -Je suis d'accord avec vous.

-Hé ! Non !

Non ! -Oui, d'accord.

-D'accord ? -C'est bon.

-C'est pas la 1re fois que je le dis,

faut arrêter de déborder, pas d'embrassade, c'est des câlins.

-Tu me plais beaucoup, tu sais ?

-Moi, c'est mitigé pour l'instant.

-Ah bon ? -Oui, je te le dis.

-C'est quand même un peu ? -Oui, non…

-Mitigé, ça veut dire…

-Oui, d'accord, il y a quand même.… Mais il y a beaucoup de moins.

-Ah ! -Il y a un peu de plus.

Non ! Non, Sirène, je te jure… -D'accord.

-C'est vraiment border agression, on est border agression !

-S'il vous plaît, tout le monde ! La projection va bientôt commencer.

Rentrez à l'intérieur.

Ceux qui sont à l'intérieur, installez-vous, on va commencer !

-AH !

-On est impatients ! On y va ! -C'est bon ?

Et c'est parti.

Musique mélancolique

PN

-Wesh, Croco !

*-OBJECTIF ! OBJECTIF ! OBJECTIF TERRE !

OBJECTIF ! OBJECTIF !

-OBJECTIF TERRE ! OBJECTIF !

OBJECTIF ! OBJECTIF TERRE !

*-Il faut se réveiller, monsieur !

*-Vous pensez à nos enfants, là ?

Vous pensez à nos enfants ?

Vous croyez que c'est bien ?

Et bah non !

Trop fort !

-WOW !

*-…. de sonner la…

-OUAIS ! QUINO !

QUINOA ! QUINOA ! QUINOA !

QUINOA ! QUINOA ! QUINOA ! QUINOA ! QUINOA !

-ALLEZ !

-Waouh !

*-Ouais gars, t'es foutu ! Objectif Terre te met à la rue.

-CACTUS ! CACTUS ! CACTUS ! CACTUS !

*-Salauds ! Salauds !

-POUSSIN ! POUSSIN ! POUSSIN !

POUSSIN ! POUSSIN ! POUSSIN !

BRAVO ! ALLEZ ! OH !

-Attendez, ça n'est pas fini ! J'ai gardé le meilleur pour la fin.

-AH ! -Regardez bien ce qui va suivre.

Musique mélancolique

*-Attendez, madame, attendez, madame, attendez, madame !

Calmez-vous ! Je m'en occupe. *-Pourquoi le monsieur est passé ?

*-Pour passer, c'est 20 balles. *-Hein ?

*-20 balles. Est-ce que tu as 20 balles ?

*-Mais, t'es sérieux ? *-Oui. Vous voulez avancer ?

*-J'aimerais bien. *-Bah, c'est 20 balles.

Si vous êtes d'accord avec nous, pour soutenir le mouvement, quoi.

Laisse-le passer, il y a sa femme qui va accoucher.

*-OUVREZ ! OUVREZ ! OUVREZ !

OUVREZ ! OUVREZ ! OUVREZ ! OUVREZ !

*-Allez ! Allez !

Tu crois qu'en m'empêchant de rentrer, ça va changer la planète ?

Hé, mais vous rêvez, les mecs ! Arrête de me filmer.

Arrête, arrête !

-On en "Poussin".

-Avec du Tipp-Ex ?

J'ai été convoqué à la Banque de France, d'autant qu'après expertise,

aucun autre dossier, à part les deux vôtres n'a été touché.

Fallait pas être Columbo pour comprendre que c'était louche.

-J'en étais sûr qu'on aurait dû faire les autres.

Du coup ça y est… On y est vraiment, au fond du tunnel.

-Non parce que je vais vous apprendre un truc :

au bout du tunnel, il y a toujours une petite lueur qui pointe,

mais là, rien ne va plus… C'est terminé.

Alors, je suis désolé,

pardon de pas prendre de gants, mais moi, là, y a un moment.…

Je sais pas.

(-Du Tipp-Ex...)

"Murmuration”, de GoGo Penguin

Bon, et tu vas faire quoi, toi ?

-Je sais pas…

-Excusez-moi, monsieur. Est-ce que vous pouvez libérer la place ?

Merci beaucoup.

(-Baissez-vous !)

(-Je comprends pas, on fait quoi ?)

(-On se calme et on attend.)

(-Je le sens pas, c'est trop risqué.)

(-On attend et on la ferme surtout.)

(Baissez-vous ! Baissez-vous !)

(Putain.….)

(Allez, on y va !)

(Allez ! Go ! Go ! Go ! Go !)

(-Putain !)

(-Allez, montez ! Montez !)

-Mais qu'est-ce qu'il fait, là, lui ?

Tu crois qu'on a le temps pour ces questions ?

On s'en fout qu'il soit là !

Vous voulez la faire, cette action ?

Je comprends pas, vous vous dégonflez, là ?

Allez-y, montez. Allez-y, montez, montez !

-Enfile ça.

-C'est pour quoi ? -J'amène un stagiaire

pour lui montrer le nouveau terminal. -Salut !

-Je suis pas au courant. -Ah bon ?

Bah, je fais juste un aller-retour au T2.

Musique rythmée

Rocky pour Poussin.

Rocky pour Poussin, tu me reçois ?

-Poussin, ici Rocky, je t'entends très bien.

*-Le colis est chargé.

T'as les infos ?

-*Piste 2, dans 5 minutes. Je répète,

piste 2 dans 5 minutes. *-OK, on arrive.

Merci, Rocky. On y va, c'est parti.

-Accrochez-vous !

-Ouh ! Ouh ! Ouh !

-C'est celui-là ? -C'est celui-là.

-OK. On arrive les gars, là !

Stop, stop, stop, vas-y, arrête.

-Vas-y, c'est bon. Allez, allez, allez !

-Arrête-toi ! Arrête-toi !

Stop !

Stop !

Tu t'arrêtes ! Stop !

C'est nous qui décidons !

C'est nous qui décidons !

"The End”", de The Doors

À terre !

Allez, on s'assoit !

Allez, derrière moi !

Allez, on se serre ! Allez ! Non !

On est non violents, messieurs !

On est non violents ! -Les mains droites !

-On est non violents !

On est non violents ! On est non violents !

Messieurs ! On est non violents !

-Lâchez-moi !

Lâchez.

-C'est bon, Albert, j'ai fini, tu peux y aller.

-Merci.

On se voit à la réunion ? -Oui. À tout à l'heure.

-Je suis là. Je bouge pas.

(Je te regarde.)

-Alors, je vais vous dire la même chose qu'à Marina,

il faut que vous ajustiez vos dépenses sur vos revenus.

Je vous le redis, c'est valable absolument pour tout le monde,

le plus important, ce qu'il faut que vous ayez en tête :

vos ressources moins vos charges,

ça vous donne votre capacité de remboursement.

OK ? -OUI.

-Voilà.

D'ailleurs, un petit truc,

à l'avenir, lorsque vous vous apprêtez à faire un achat,

posez-vous toujours la question : est-ce que j'en ai besoin ?

Est-ce que j'en… -AI VRAIMENT BESOIN ?

EST-CE QUE J'EN AI VRAIMENT BESOIN MAINTENANT ?

-Je leur avais déjà un peu parlé.

-C'est super.

C'est super.

Je vais vous laisser,

j'ai atelier simulation budgétaire avec les anesthésistes.

-Ouais, ils vous attendent.

Je vous ai mis salle 403, à côté du bloc.

-Très bien.

J'ai été ravi, Valentine.

Au revoir, Albert.

-Je pense à un truc fou, là.

Imagine, elle se réveille, elle te voit…

et genre elle veut pas de toi du tout.

-C'est toujours un plaisir de discuter avec toi.

-C'est vrai.

Ça va aller, mon Poussin, t'inquiète.

-Tu vis où ? T'es encore dans la coloc ?

-Non, non. En fait, les filles ont changé les règles.

C'est-à-dire que tu peux plus donner 0 euro, quatre mois d'affilée,

j'ai pas tout compris.

Du coup… J'étais un peu à droite, à gauche…

Tu vois, quoi ?

-Je vois, ouais.

-Mais, heureusement,

à l'asso, il y a une personne qui m'a tendu la main.

-C'est qui ? Je le connais ? -Ouais, tu connais, ouais.

Tu la connais même bien.

-Bonjour, Albert ! -Bah voilà !

C'est Solange. Enfin, Sirène s'appelle Solange.

-Salut, Solange.

-Tiens, je t'ai fait des madeleines.

-Ouh le chanceux ! Il va se régaler, hein.

-On pense fort à Cactus.

-Merci, Solange.

-Bon, allez, vas-y. -On est tous avec toi, Albert.

-Merci.

-Bon, j'arrive, j'arrive.

-Je vous laisse discuter entre copains.

-Oui. J'arrive dans 5 minutes. -Je t'attends en bas, chéri.

-J'arrive.

Quoi ? Qu'est ce qui se passe ?

-Rien. -Non ?

Je vis chez elle. (-Non, attends.)

-Quoi ?

-J'ai entendu "chéri", non ?

-Alors.

Non. -Je n'ai pas entendu "chéri" ?

-Ah pas du tout. -Tu l'as pas entendue dire…

-Ah, je te… -"À tout de suite, chéri" ?

-Écoute, on est dans deux mondes parallèles mais…

-Elle a dit "chéri”. Elle a dit "chéri”.

-Mademoiselle, vous m'entendez ?

Mademoiselle ?

On est à l'hôpital, on s'occupe de vous, d'accord ?

Vous savez comment vous vous appelez ?

Sadia ? -Hum ?

-Il est où, Albert ?

-Je sais pas. -Va le chercher.

Respirez tranquillement.

Serrez mes mains si vous m'entendez.

Serrez-moi la main.

Très bien.

Respirez tranquillement.

Voilà. Très bien.

Tranquillement.

Tout doucement.

(Ça y est, elle est réveillée.)

(Pas trop d'informations d'un coup.)

(Je te laisse, je vais chercher le médecin.)

(Tu y vas tout doucement.)

-Cactus…

-Poussin…

Musique douce

-Ça y est…

-Ça y est quoi ?

-Ça y est,

les villes sont bloquées, les magasins sont fermés,

plus de voitures,

plus de motos,

même les avions sont cloués au sol.

Et c'est comme ça dans le monde entier.

-Qu'est-ce que tu racontes ?

Bah, comme tu m'avais dit qu'il fallait qu'on respire mieux,

qu'on ferme les magasins.

C'est un mouvement général.

Toute la population est avec nous,

les gens sortent même plus de chez eux.

Ça y est, c'est arrivé.

C'est maintenant.

On est même plus obligés d'aller sur Mars.

S

Peut-être que du coup, pour nous, c'est…

C'est possible…

Alors on l'a fait, cette valse ?

"La Valse à mille temps", de Jacques Brel

"Ne Me Quitte Pas", de Yuri Buenaventura

-Bonsoir. -Bonsoir, M. Tomasi.

-Je vais quand même faire un petit tour.

-M. Tomasi ! Non, non, non ! Ça suffit !

-Ça va !

-Maman !

-OUAIS !

*-Mes chers compatriotes de métropole, d'outre-mer

et de l'étranger,

les semaines à venir seront difficiles, nous le savons tous.

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