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Zulu
Nom commun : exode, déplacement de l'âme, de l'eau, d'une personne
Les filles !
Amenez-moi une bougie !
Vous êtes où ?
J'arrive !
C'est pas la fin du monde !
Zeina, réponds à ton père.
J'arrive, j'ai dit !
Je fabrique un générateur. On aura du courant nuit et jour.
T'as pas l'air convaincue ?
Si, si.
Nuit et jour.
Et pour trouver du diesel ?
Ca marche !
Hala, Zeina !
Nuit et jour ! Nuit et jour !
Jour et nuit, nuit et jour !
Bien sûr que ça marche, tu es un mécano hors pair.
Fais voir !
Hala, ça marche !
Nuit et jour ! Nuit et jour !
Zeina !
Regarde-moi dans les yeux. Combien de fois ?
Deux fois.
Je pensais que tu étais en retard.
Les filles n'ont pas de chance.
Ne me mens pas, ça fait trois fois.
Comment tu as su ?
Je les ai comptées pour m'organiser.
Tu sais combien ça coûte avec le siège ?
Ne le dis à personne.
- Personne ! - D'accord, c'est bon.
Ecoutez !
Il y a quelqu'un ?
- Vous êtes là ? - Vous entendez ?
Si vous êtes là, il faut partir.
Fuyez avant qu'ils n'arrivent !
On ne pourra tenir que 48 heures.
Hala, ma chérie.
Personne n'entrera chez nous.
Motaz, on n'a plus d'eau. Pas une goutte dans la salle de bains.
Ecoute, je peux tout endurer,
la faim, l'absence d'électricité, les bombes, la guerre,
mais je ne vivrai pas sans eau.
Je vais chercher de l'eau. Je serai pas long.
Attends.
Tu les as entendus, où tu vas aller ?
T'inquiète pas. Je trouve de l'eau et je reviens.
Fais attention à toi.
Détends-toi, ma chérie, je vais pas au front.
N'y va pas.
Zeina, ma puce...
L'eau pourrait revenir.
Arrête, tu vas effrayer ta mère.
Oublie l'eau, on n'en a pas besoin.
Cette maison ne manquera de rien tant que je serai là.
N'ouvrez à personne.
D'accord.
Fais attention à toi.
Sois prudent.
Ecoutez !
Il y a quelqu'un ?
Regarde.
Il y a du mouvement.
Tu étais obligée de regarder ? On t'a vue ?
Non.
Dites-nous juste si vous avez besoin d'aide.
S'il y a personne,
autant forcer la porte, on peut y trouver de la nourriture.
N'approchez pas !
Donc il y a bien quelqu'un.
Oui, mais on compte rester. Partez, vous, ça ira.
Ma soeur, fuyez avant qu'ils n'attaquent.
Même si on reste, on ne pourra pas vous protéger.
C'est votre dernière chance de partir saine et sauve.
Allez-y, on ne veut pas se faire repérer.
Comme vous voudrez.
On ne partira pas, je vous ai dit.
- Partir où ? - Motaz !
J'ai trouvé de l'eau.
Et ça aussi.
J'ai eu du mal à ouvrir le réservoir et remplir le jerrycan.
J'ai trouvé des cuisines pleines. J'ai ramené à manger.
Quand la réserve sera finie, j'y retournerai.
Ils ont tout laissé parce qu'ils sont partis.
Dis donc...
Je suis en sueur.
Pourquoi ?
Ca suffit, il faut rationner.
Qui sait si le courant reviendra ?
Zeina.
Aide-moi !
Zeina, tu es où ?
Les bombes sont proches, viens dans le salon.
Tu fais quoi ?
Je t'ai dit de pas dessiner sur les murs.
C'est des vieux dessins.
Tu les as déjà vus.
C'est quoi ?
Des fleurs.
Les filles dessinent des fleurs, pas des gribouillis bizarres.
D'accord ?
Eloigne-toi, une balle peut partir. Mettez-vous derrière moi.
Non, l'inverse.
Voilà.
Bouchez-vous les oreilles, je tire.
Papa ?
Ca se tient pas comme ça.
Qu'est-ce que t'en sais, t'es soldat ?
Je l'ai vu à la télé.
Zeina, ne parle pas comme ça. Ton père sait ce qu'il fait.
- Mais je l'ai vu. - Ca suffit.
Stop !
Un.
Deux.
Je l'ai pas chargé au cas où. On sait jamais.
Tu as bien fait.
Motaz, mon chéri.
Ta fille Hoda m'a dit
qu'un garage près de chez elle avait besoin d'un mécanicien.
Si on y allait ?
Avec quoi ? On a tout investi dans cette maison.
Tu veux qu'on soit des réfugiés, qu'on soit à la rue ?
Crois-moi, on est mieux ici.
Hala, ne t'inquiète pas. On est plus forts ensemble.
Zeina ! Viens dessiner des étoiles.
On va dessiner le Scorpion. Tu sais comment faire ?
Tu sais pas ? Bon, je commence et tu termines.
Comme ça.
Comme ça ?
Tu as vu, je le fais bien.
La maison va bien, elle a rien.
Quelle maison ?
La nôtre.
Il y a pas beaucoup de dégâts.
Quelques fissures sur les murs.
Je vais tout réparer.
Ce sera le plus bel appartement du quartier.
Les canapés sont en bon état, les lits aussi, le frigo...
Il y a quelques bricoles cassées, des vases que tu aimais bien.
Mais je les remplacerai. Fais-moi confiance, mon amour.
Dieu nous aime vraiment.
Il a sauvé notre maison.
On est d'honnêtes gens.
- Motaz. - Quoi ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
J'ai les yeux rouges ? C'est la poussière.
Je suis heureux, je t'assure ! La maison n'a rien.
Motaz, je t'en supplie, allons-nous-en.
Partons d'ici.
Il ne nous reste rien.
On trouvera une nouvelle maison, on redémarrera ailleurs.
Comme tous les autres réfugiés.
Réfugiés ?
C'est ça, ton idée ?
Après tous nos efforts, on va devenir réfugiés ?
On irait où ?
Dormir dans la rue, dans des parkings, dans des campements ?
Moi, Motaz, fils d'Ahmed Al Kayal, on va me traiter de réfugié ?
T'es pas croyable !
Je préfère tomber raide mort que d'être traité de réfugié.
Je suis un enfant de Damas. La guerre t'a fait oublier ça ?
Non, je n'ai pas oublié.
Mais regarde autour de toi.
Où est la maison dont tu parles ? Il y a plus une brique !
En deux jours, c'est réglé.
Je suis un mécano hors pair, t'as oublié ?
On me ramenait des épaves bonnes pour la casse
et je les rendais comme neuves.
20 ans que je vis dans cette maison et je vais pas la réparer ?
Cent fois, je la répare !
Papa ?
Oui, ma puce.
Quoi ?
C'est une allergie, pas des larmes.
Je pleure pas.
Zeina ?
Arrête ça.
S'il y a des gens en dessous, tu vas leur jeter sur la tête.
Il reste quelqu'un ?
Les filles !
Allez, on s'y met.
C'est le bazar.
Chers voisins !
Vous allez bien ?
Grâce à Dieu.
Tout le monde va bien.
On a tout perdu, mais on va bien.
Et vous, ça va ?
Dieu merci, la maison n'a rien, et nous non plus.
Dieu soit loué.
C'est gentil.
T'as dit qu'il restait personne.
Les Tabaa sont encore là. Va te couvrir.
Motaz.
Dis-leur de venir.
Mieux vaut rester ensemble que chacun dans son coin.
Tu es sérieuse ?
Les Tabaa n'ont que des fils. Tu veux qu'ils voient nos filles ?
Quelles filles ?
Elles sont toutes mariées, à part Zeina.
- Si je peux aider, n'hésitez pas. - Merci.
Amenez-moi des draps, vite. Tous les draps qu'on a.
Zeina, prends ceux de ta chambre.
Le monde entier nous voit, la maison est toute nue.
Donne-moi ça.
Il est trop petit ! Il y a pas plus grand ?
On a un million de draps.
Celui-là est bien.
Amenez-moi le marteau et des clous. Dépêchez.
Allez, je vais réparer ta chambre en un rien de temps.
Passe-moi le marteau.
Donne-moi un autre clou.
Donne-moi un clou !
Je t'ai dit de me donner un clou !
Donne.
Elle est pas mieux, la maison ?
Une tente ?
C'est vrai !
Comme celles qu'on faisait avec mes soeurs.
Tu te souviens, maman ?
On construisait des tentes avec les draps.
C'est tout ce que ça vous inspire ?
Une tente ?
C'est une maison.
Les murs, d'ici peu, ils seront comme neufs.
J'ai faim.
Motaz, lâche les draps !
C'est les seuls qu'il reste.
Tu veux qu'on voie nos filles ?
Zeina, aide-moi !
Je t'en supplie, Motaz, lâche ces draps. Tu vas t'envoler !
J'ai pas de place.
Décale-toi, fais-lui de la place.
Ca marche pas.
Arrête de me coller !
Attendez un peu, on va faire une belle photo.
Allez, venez.
Zeina.
N'aie pas peur.
C'est Amer.
Tu te souviens ?
On s'est rencontrés en allant à l'école.
A l'époque où on avait école.
Tu te souviens ?
On s'est jamais rencontrés.
C'était le dernier jour, tu allais chercher ton bulletin.
Tu es fou ?
Tu veux les réveiller ?
D'accord.
Monte, alors.
Personne nous entendra.
La vue est incroyable d'ici.
Il y a plein d'étoiles.
Pas comme hier soir.
Tu as vu la météorite ?
Je vois rien de chez moi.
Tu as vu la Petite Ourse ?
Une ourse ?
Il y a pas d'ours ici.
Mais il y a plein d'étoiles.
Les obus peuvent pas les détruire.
Je te montre le film que je sors demain ?
Vas-y.
Ca se passe sur le front, près d'ici.
Bonjour. Aujourd'hui, nous suivons Abu Mohammed sur le front.
Je vais les tuer comme des poulets !
Il est trop fort. Montrez-leur, chef !
Filme bien, je veux le montrer à ma femme.
Eteins.
Je veux pas voir ton film si quelqu'un meurt dedans.
Eteins-le.
Un film en Syrie où personne meurt, ça existe ?
Oui, bah...
Montre-le à quelqu'un d'autre.
Bon, d'accord.
Comme son Altesse voudra.
Dans ce film, personne ne mourra.
C'était en première ligne.
Ils voulaient prendre la tranchée.
Les affrontements ont duré 24 heures.
Mais personne n'est mort.
Et on a pas perdu.
On a été libérés.
La guerre a pris fin.
Et tout le monde s'est réveillé.
Comme après un cauchemar.
Non.
Laisse, on la mangera pour l'Aïd.
C'est tout ce qu'on a.
Les filles, venez m'aider !
Papa, arrête avec "les filles".
Je te l'ai déjà dit.
Hala, ne sois pas triste.
Elle est sûrement heureuse en Europe.
Tout le monde dit que l'Europe est bien.
Dieu merci, on est vivants et elles aussi.
Elles ont leur mari et leurs enfants.
Bientôt, le siège sera terminé et on les reverra.
Il va être levé, ça va pas tarder.
Mon analyse politique est toujours juste. C'est imminent.
Merci.
Il vous faut quelque chose ?
Venez, on prend un selvie.
Un selfie, on dit.
On me voit pas.
Allez, on y va.
- Prenez la pose. - C'est une vidéo !
Tu sais même pas prendre une photo.
On recommence.
Laissez la petite passer devant.
Zeina. Tu es seule ?
Monte. Je t'ai ramené tout le studio.
T'as pas peur des bombes, mais t'as le vertige ?
Si une bombe nous tombait dessus, là, tout de suite,
tu regretteras pas
de ne m'avoir pas parlé avant de mourir ?
Prends ma main.
C'est ma première fois ici.
T'es jamais montée sur le toit de ton immeuble ?
Non.
En été, la chaleur est insupportable.
Mais la vue est belle, la nuit.
Tu veux t'asseoir ?
Reste pas au soleil. Echange avec moi.
C'est mon équipement radio.
Pour dire quoi ?
Que tu fais partie des derniers habitants.
Et raconter ce que tu vis.
Je veux pas être reconnue.
Utilise un faux nom.
Test son.
Dis quelque chose.
Je m'appelle Zeina.
Non, Jasmine.
Parle un peu plus.
C'est mon premier jour d'enregistrement.
Tu peux t'éloigner un peu du micro ?
- Comme ça ? - Oui, c'est mieux.
On commence ?
N'aie pas peur. On gardera ce qui te plaît.
C'est mon premier jour d'enregistrement.
J'étais allongée sur mon lit, je dessinais.
Attends... Tu dessines ?
On enregistre pas ?
Si, tu as raison, désolé. Continue.
Je dessinais un pigeon.
Soudain,
j'ai entendu des craquements
derrière la fenêtre fermée.
C'était le pigeon que je dessinais.
Je n'en avais pas vu depuis longtemps.
Depuis le début de la guerre.
Je me suis souvenue de ce que mon père disait.
Que les pigeons nous protègent.
Comme dans la grotte.
C'est la preuve qu'on est protégés.
Même s'il n'y a plus de fenêtre,
le pigeon, lui, est toujours là.
- Il y a rien. - Comment ça ?
Où est le nid ? Je le vois pas.
Il y en a pas.
Tu nous as menti, à moi et à mes auditeurs ?
Non, c'est pas ça.
Ma vie est ennuyeuse, j'ai rien à raconter.
La vie est très ennuyeuse en temps de guerre.
Chaque jour les mêmes bombes.
Comment tu as Internet ?
J'ai un téléphone satellite au studio.
J'aimerais retrouver ma soeur.
Pas de souci. J'apporterai le téléphone ce soir.
On la cherchera ensemble.
Les filles, ouvrez-moi.
Vous êtes où ?
Cadeau.
Quoi d'autre ? Du makdous.
Mon Dieu ! Ca nous a manqué, le makdous.
Tu imagines ? J'ai trouvé tout ça dans la réserve.
Même pas un merci ?
"Tu t'es donné tant de mal, mon époux chéri" ?
Merci.
Quoi que je fasse, ça te plaît pas !
Tu sais combien de snipers j'ai évités ?
Je viens d'échapper à la mort.
Trois ou quatre snipers, d'ici à la réserve.
Tu as croisé quelqu'un ou on est les derniers ?
Comment ça, quelqu'un ?
Il y a les Tabaa.
Quelques combattants dans la rue.
D'ailleurs, ça irait mieux s'ils laissaient les civils tranquilles.
Tu crois vraiment ce que tu dis ?
Amer.
Tu y crois ?
10 000 vues !
En moins de 24 heures.
Vraiment ?
C'est quoi ?
Un projecteur.
Je t'ai dit, ils m'ont laissé leur équipement.
Ils voulaient tout détruire avant que l'armée s'en empare.
Je leur ai dit de tout me laisser.
On peut pas mettre un film, ça va les réveiller.
T'en fais pas, on regardera sans le son.
C'est quoi, ce film ?
C'est notre premier voyage sur la côte.
Mes premières vacances en famille.
Après sept heures de voiture, on est arrivés
et j'ai vu la mer.
J'avais jamais rien vu d'aussi beau.
C'est la seule chose qui manque à Damas.
Pour être la plus belle ville du monde.
T'imagines si on pouvait entendre la mer d'ici ?
Les bombes pourraient pleuvoir,
la mer serait toujours là.
Avec ses vagues.
Les cris des mouettes.
J'ai apporté le téléphone Thuraya.
Pour avoir Internet.
Comment s'appelle ta soeur ?
Sur Facebook, son profil, c'est Lina Ward.
Lina... "la rose".
Vous êtes obsédées par les fleurs.
"La route est barrée.
"Si je ne poste plus rien...
"pardonnez-moi."
Elle est peut-être passée en privé.
Et c'est pas marqué.
Elle allait où ?
Dans le Nord.
Avec son mari.
Ils ont peut-être émigré pour redémarrer ailleurs.
On a dit que personne mourrait dans ce film.
On n'est pas dans un film, Amer.
Et je doute qu'il finisse bien.
Tu veux faire quoi, après la guerre ?
On m'a jamais posé cette question.
Moi, je te la pose.
Tu veux faire quoi ?
Pêcher.
Quoi ?
Pêcher du poisson.
Oui, mais... Tu peux pas devenir pêcheur.
Pourquoi ?
Le féminin de pêcheur n'existe pas.
T'as déjà entendu parler d'une pêcheuse ou d'une femme pêcheur ?
Il y a rien de plus agréable
que d'être au bord de la mer, avec les poissons.
C'est mieux que de vivre cloîtrée.
Mais un pêcheur tue les poissons, il traîne pas avec.
Tu veux passer tes journées entourée d'hommes, à sentir le poisson ?
C'est pas un métier pour filles.
Tu veux dicter ce que je peux faire, comme mon père ?
Je veux plus rester avec toi.
T'es fâchée ?
Oui, je suis fâchée.
J'ai déjà un Motaz.
Attends.
Il est réveillé.
La corde est emmêlée.
Zeina, que fais-tu ?
Tu es folle ?
Ca va ?
Je suis tombée.
Du lit ?
Un cauchemar.
J'ai rêvé que les soldats venaient chez nous
et qu'ils nous tuaient une par une.
D'une balle dans la tête.
Toi, tu ne pouvais rien faire.
Alors, ils t'épargnaient
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je veille sur vous.
Regarde.
Je dors pas, je protège la maison.
Rendors-toi, sois tranquille.
Comment il est retombé ?
Prête-moi ton téléphone, je dois passer un appel.
Rendez-le-moi vite.
Réponds.
Manal, ma chérie.
C'est maman.
Alors vous êtes où, maintenant ?
Comment ?
Vous n'avez pas pu partir ?
Alors dis-moi, s'il te plaît. Lina ?
Tu as des nouvelles d'elle ? Parle-moi.
Hala ?
Où tu es ?
Ca va pas ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Rien, j'ai fait un cauchemar.
On se faisait attaquer et j'étais la seule à survivre.
Qu'est-ce que vous avez, toi et Zeina ?
Plutôt mourir que de les laisser vous faire du mal.
C'est qui ?
Amer Al Tabaa.
Une seconde, Amer.
Bonjour.
Salut, mon grand.
Ca va pas ?
Entre.
Viens.
Assieds-toi.
Je suis venu vous dire que ma famille part aujourd'hui.
L'armée va envahir la zone.
On nous a donné 24 heures pour fuir.
Ils ont vraiment dit 24 heures ?
Oui.
Le plus simple, c'est de partir dans les camps de réfugiés.
Pardon ?
Devenir un réfugié ? Faites-le, vous !
Hala !
T'as quelque chose à offrir au voisin avant qu'il aille au camp ?
Oui. Vas-y, Amer. Je vais te faire du thé. Assieds-toi.
- Toi aussi. - J'ai pas envie !
Je te fais du thé tout de suite.
Merci, ma tante.
Maman.
Il faut le convaincre.
Ils vont partir.
Donne-moi ça, je vais verser le thé.
Allez, va leur servir.
Et ton père ?
Ca va, merci.
Il souffre un peu avec son diabète.
Ca a été dur de trouver des médicaments.
Comment vous avez fait pour lui en trouver ?
Il y a un tunnel qui relie les deux zones.
On va passer par là.
Vraiment, un tunnel ? Et les gens passent dedans ?
Il y a pas de tunnel. Plus de tunnel.
Plein de gamins sont morts quand il s'est écroulé.
Très dangereux. Pas de tunnel.
Non, il a été reconstruit. Il est ouvert.
Bois ton thé.
Du sucre ?
Non, c'est trop. Gardez-en pour vous.
Bois, mon grand, je t'en prie.
J'ai pas goûté de sucre depuis 6 mois.
Plus de sucre. On va t'accompagner avec Zeina
pour en chercher et voir ce qu'on peut prendre d'autre.
Amer, mon grand, le tunnel est bien ouvert ?
Qu'est-ce qui te prend ?
Tu vas où ?
Tu veux me quitter ?
T'as qui d'autre, à part moi ? Où est ta famille ?
Tous à l'étranger, tous partis.
Tu vas aller où ?
Tu veux partir avec eux en canot et te noyer en mer ?
Tu peux pas le convaincre de venir ?
Tu me fais passer pour quoi, à vouloir suivre un gosse ?
T'as vu comment il est.
Au fait...
J'ai un cadeau.
Du jasmin, comme ton nom.
Tu l'as trouvé où ? Il y a encore des fleurs ici ?
Alors t'es plus fâchée ?
Non.
Tu finis pas ton thé ?
Non, merci. J'en ai bu assez.
Ca nous a fait plaisir.
Porte-toi bien.
Si vous avez besoin de quoi que ce soit, les Tabaa sont votre famille.
C'est gentil.
- Salue ton père. - Au revoir.
Dieu vous guide.
Regarde ce que papa t'a amené.
Il a cherché partout pour en trouver.
Regarde.
C'est les dernières.
Allez, ma puce.
T'es pas parti ?
Des mûres ?
Tu les as trouvées où ? J'ai pas vu de fruits depuis des mois.
Mon père les a cueillies.
Je sais pas où.
Il peut tout faire.
Sauf quitter cette maison.
Tu peux l'abaisser un peu ?
Il faut vraiment partir.
L'armée sera bientôt là.
A mon avis, on partira pas.
Jamais.
Au fait, moi aussi j'ai un cadeau pour toi.
Une canne à pêche ?
Tu as bien dit que tu voulais devenir pêcheuse à Damas.
Tu te moques de moi ?
Pas du tout. J'ai fouillé toutes les maisons.
Une par une.
Voyons quels poissons se cachent dans la mer.
Tu veux de l'aide ?
Je vais y arriver, ça ira.
Et donc...
T'as attrapé quoi, avec tout ça ?
Du blé ou de l'orge ?
Pas encore. Ca prend du temps.
T'as jamais vu de la pêche à la télé ?
J'ignorais que la pêche, c'était aussi amusant.
Très amusant.
Tout se passe sous la surface.
Qui jette des pierres ?
On souffre pas assez avec les mortiers ?
Motaz, tu es où ?
Viens voir ce qu'il veut.
Où tu es ? Pourquoi une femme répond à ta place ?
Abu Muzhar ?
Bienvenue à vous.
Montez.
Encore heureux !
On est en plein siège et je vais pas monter ?
Devine ce que je t'ai apporté ?
C'est quoi ? Du café ?
Vous l'avez eu où ?
Asseyons-nous, que je te raconte ça.
Tu descends ou je monte ?
Non, montez.
Je prépare du ciment.
Les filles nous feront du café, venez.
Tu ne sors pas de ta chambre.
Entrez, Abu Muzhar.
- Fallait pas vous déranger. - C'est rien.
Fais-nous du café.
Je ne l'aime pas.
Moins fort, il va t'entendre. Fais le café.
Tu répares quoi ?
J'ai quelques trous dans les murs.
Il est pas si gros.
On peut le boucher.
Il y a à peine assez de parpaings.
J'irai en chercher en bas.
Ramène-moi des gravats.
Mets-les en dessous.
Elle est encore jeune.
Je veux le meilleur pour toi comme pour elle.
Elle doit partir avant que l'armée n'arrive.
Réfléchis un peu.
Qu'est-ce qu'il veut ?
Pourquoi t'es toute pâle ?
C'est censé être une bonne nouvelle.
On peut lui répondre plus tard.
Motaz, laisse-moi te dire quelque chose.
C'est le meilleur guerrier du front.
Je t'assure, deux ans au combat et pas une seule égratignure.
Vous en avez un qui est pas combattant ?
Combattant ? C'est un héros !
Un héros, je te dis !
T'inquiète pas, c'est l'affaire de deux, trois batailles,
ensuite il s'installera loin de la zone de combat.
Je dois y réfléchir.
Motaz, je suis de ta famille.
Prenez des dattes, Abu Muzhar.
Zeina est trop jeune.
Trop jeune ?
Vraiment, Hala ?
On peut vivre une guerre et rester jeune ?
Je vous remercie, mais on n'a pas de fille à marier.
Ces dattes sont bonnes.
Où tu les as eues, Motaz ?
Celles-ci ?
Il vous fallait autre chose ?
Non, merci beaucoup, Hala.
Merci.
Ma présence te dérange, maintenant ?
Tu as oublié que je t'ai présenté chacun des maris de tes filles ?
Où est ma fille Lina ?
Vous disiez que la route était sûre,
qu'on pourrait avoir de ses nouvelles.
Pourquoi je ne peux pas la joindre ? Dites-moi où est ma fille !
Hala, va dans la cuisine !
Excusez-la, Abu Muzhar.
Elle dort pas, elle s'inquiète.
Je suis de ta famille, Motaz.
L'armée sera là demain.
Ils ont ratissé les environs.
Protège ta fille, sors-la d'ici.
Allez, au revoir.
Dieu vous garde. Attendez, Abu Muzhar.
Vous énervez pas.
Moi aussi, je tiens à toi, Motaz.
Allez, c'est bon. Au revoir.
Merci à vous. A bientôt.
Il a 17 ans, c'est pas un enfant.
Il va au front tous les jours.
Tu ne peux pas la marier. Zeina est petite.
Elle n'a pas atteint la puberté.
Ecoute-moi, on doit la mettre en sécurité.
Je peux te protéger. Laisse-la tracer son avenir.
Quel avenir ? Lina est partie et elle a disparu !
Je n'abandonnerai pas Zeina aussi.
Je ne la laisserai pas se marier trop jeune comme moi.
Tu regrettes notre mariage ?
Après tout ce temps ?
Tu veux qu'elle vive ce qu'on a vécu ?
On était parents trop jeunes et on a dû abandonner nos études.
Il y a plus d'écoles !
Je te le jure !
Je préfère m'enfuir avec elle que de la laisser partir.
Tu plaisantes ?
Depuis quand tu parles comme ça ?
Va préparer le déjeuner.
Laisse-moi réfléchir seul !
Fais ton sac. Vite !
Tu fais ton sac ?
Tu veux me quitter ?
Tu veux que j'attende de la voir mourir ?
Que ma fille épouse un soldat qui peut mourir à tout moment ?
Moi aussi, je m'inquiète pour elle. Et je sais la protéger mieux que toi.
Plutôt mourir que de la marier comme Lina.
Prête ?
On y va.
T'es devenue folle ?
J'ai pas encore décidé. Je réfléchis.
Arrête ta folie.
N'aie pas peur, ma puce.
C'est pour ton bien qu'on discute.
T'as compris ce que j'ai dit ?
Je t'enverrai l'adresse une fois installée.
Allez, Zeina.
Tu t'opposes à moi ?
C'est qui l'homme, ici ?
Dépêche.
Arrêtez !
Arrêtez-vous ou je tire !
C'est pour ça que tu l'as acheté ?
Pour nous protéger, c'est ça ?
Viens, Zeina.
- Viens ! - OK.
Accélère un peu.
Dépêche.
Allez, on a pas quitté le quartier.
Je ne peux pas aller plus vite.
Ca fait trois fois qu'on passe par ici.
Mais non, impossible.
C'est le magasin de Samer.
Celui-là ?
Les rues ont vraiment changé avec les bombardements.
On n'est jamais sorties sans papa.
Si t'es perdue, avoue-le.
Qui te dit que je suis perdue ?
Je ne les ai jamais portées. Je ne pouvais pas les laisser.
Elle est toujours là.
Je l'ai oubliée, le dernier jour.
C'est ta classe ?
Oui.
Quelqu'un l'a cassée. Je voulais le faire.
Je n'y crois pas. C'est la même règle !
J'en ai reçu, des coups, à l'époque.
Moi aussi.
Arrête de farfouiller, il n'y a rien.
Sortons trouver quelqu'un pour nous indiquer le chemin.
Il faut monter sur le toit.
En hauteur, on verra partout.
Zeina, pourquoi tu m'as fait monter sur le toit ?
T'as peur du vide mais pas des bombes ?
Arrête de te moquer, vilaine. Je suis ta mère.
Tu vois le chemin de la mer ?
Comment ça ?
Tu vois le chemin qui mène à la mer ?
C'est là qu'on devrait aller.
Comme tous ceux qui fuient par la mer.
On accostera dans un nouvel endroit.
Un bel endroit.
Tu pourras terminer ta scolarité.
Et je pourrai démarrer une nouvelle vie.
Baisse-toi.
Vous êtes où ?
Tu crois qu'il nous a vues ?
Les filles !
Je m'épuise à vous chercher !
Si vous m'entendez, répondez !
C'est dangereux d'être toutes seules.
Répondez-moi, laissez-moi vous protéger.
Hala...
Je m'excuse, pardonne-moi.
C'est Motaz !
Il est fou.
Ne parle pas comme ça de ton père, ça se fait pas.
Tu fumes, maman ?
Non, j'avais envie. Elle doit être vieille, elle est sèche.
Ne fume jamais. C'est très mauvais pour la santé.
Tu sais pas fumer.
Tais-toi, vilaine.
On devrait pas dormir ici ?
Non, surtout pas.
L'armée peut arriver. Elle commencera par les écoles.
Il faut quitter le quartier et trouver le tunnel.
C'est la première fois que je marche seule la nuit.
Je n'entends plus les bombardements.
Si le bruit s'éloigne, on doit être dans la bonne direction.
Arrête de lutter. Je vais te le reprendre.
Excusez-moi !
Comme tu es belle.
Vous êtes encore là aussi ?
Oui, mais on cherche à partir.
Vous savez comment les gens font ? Où se trouve le tunnel ?
Régime ou libéré ?
La mer.
La mer ?
Si la mer était là, tout le monde serait déjà parti.
Dieu merci, la mer est loin. La ville serait vide.
Allez par là.
Les gens se sont amassés là-bas pour sortir.
Et vous ?
Nous, on reste ici.
Plutôt mourir que de leur laisser nos terres.
On veut passer.
- Vous voulez notre mort ? - On veut seulement partir !
Si vous partez, on nous tue.
Vous préférez vous cacher derrière les civils ?
On vous a protégés, protégez-nous !
On doit endurer ça ensemble.
- On doit sauver nos enfants. - Vous voulez notre mort ?
Si on reste, on meurt tous !
On vous protège, nous !
Quelle protection ?
Autant nous tuer, on meurt de faim !
On a pas besoin d'un front en plus !
Pardon. Laissez-nous passer ou...
Tu me menaces ? Range ton arme !
Moi vivant, vous passerez pas.
Fais attention !
Ne regarde pas en arrière !
On peut continuer dans la rue.
Ils sont loin.
Dépêche-toi de grimper.
Je suis trop fatiguée.
Ils sont de notre côté, ça ira.
Ma chérie, ces jours-ci, personne n'est de notre côté.
Fais attention.
La voie est libre !
Moins fort, tu es folle ?
Si on t'entendait ? Tout le monde connaît Motaz.
Tu disais avoir peur de leurs armes.
En fait, tu as peur qu'ils connaissent Motaz ?
- Et s'il lui arrivait malheur ? - Ne t'inquiète pas pour lui.
Il ne lui arrivera rien, ton père sait se débrouiller.
Cours !
- Cours ! - Je cours !
- C'est quoi ? - Il nous suit !
Je n'ai jamais vu un hélicoptère aussi petit !
Plus vite.
Cachons-nous là-dedans.
- Ici ? - Oui !
Entre.
Il doit y avoir une caméra qui nous filme. Je l'ai vu à la télé.
Zeina ! Tu es où ?
Amer !
Je pensais ne plus te revoir. Vous êtes allées où ?
Eloigne-toi de l'avion !
Comment tu nous as trouvées ?
J'ai filmé toutes les rues pour vous trouver.
C'était le seul moyen.
Je suis monté sur votre toit, mais je vous voyais pas.
Attention, ta tête !
- Il me fera rien. - Il peut te percuter.
Attention, Amer !
- Fais-le partir. - J'essaie.
Fais-le descendre, Amer.
Il est cassé ?
Non, il atterrit comme ça. Tout va bien.
Où tu as eu cette caméra volante ?
C'est un drone.
Le media center me l'a donné avant de partir.
Vous savez ce que ça rapporte, un plan de ville syrienne en ruines ?
Une fortune.
Ta caméra peut nous montrer le chemin de la mer ?
Maman croit que la mer est proche.
Si on la trouve, tu pourras pêcher.
Vous vous moquez de moi ? Je veux aller à la mer.
Comme tous ceux qui partent en bateau pour refaire leur vie ailleurs.
Zeina, va voir là-bas s'il y a quelqu'un.
- Pourquoi moi ? - Parce que je te le demande.
Allez.
Tu as toujours le téléphone satellite ?
Le Thuraya ?
Il a plus de batterie. J'ai un portable, mais il capte mal.
Il y a personne.
Satisfaite ?
Reviens.
Voilà le tunnel qui mène de l'autre côté.
Je pensais ne plus te revoir.
Tous mes amis ont disparu.
Je suis resté pour toi et toi, tu m'abandonnes ?
C'est arrivé très vite.
Mais je t'ai envoyé des signaux.
C'est vrai, je les ai vus.
Je savais que c'était toi, mais je comprenais rien.
C'était du morse.
Vous venez, oui !
Ca sent mauvais.
Il y avait quoi dans ce tunnel ?
Honnêtement, mieux vaut ne pas savoir.
Un cafard !
Tu as peur des cafards ?
Les gens qui ont peur des cafards sont bizarres.
Ils sont moches, mais inoffensifs.
Je n'arrive pas à respirer. Il n'y a plus d'oxygène.
Il y en a, maman. Respire lentement.
Il y en a suffisamment.
On sera bientôt arrivés.
Où est-ce que tu nous as amenées ?
Je ne supporte pas cet endroit.
Je n'arrive pas à respirer.
Aidez-moi, je ne vois rien.
Monte.
Tout va bien.
On va mourir ensevelis !
Non, ce tunnel tient depuis le début de la guerre.
Il s'écroulera pas, c'est sûr. Ca va aller.
Une seconde. Ca va vous plaire.
Boom boom bam
Damas la nuit
Le sommeil fuit
Ca va mieux ?
C'est quoi cette musique ?
Pourquoi tu ne la mets que maintenant ?
Je voulais pas vider la batterie.
Il y aura du réseau au bout du tunnel.
Allez, venez.
Ca va mieux ?
La musique fait du bien.
C'est plus agréable que les bombes.
La voiture derrière moi est noire Elle était bleue
Je suis comme dans un four Mais j'ai froid
Ca parle autour de moi ? Je suis toujours là ?
J'étais sur mes deux pieds Mon corps tout léger
J'ai vu mes membres éparpillés J'ai quitté mon corps
Mon voisin est à côté A moitié explosé
Son corps est dispersé Dans la rue dévastée
Et ma femme ne parle pas Elle me rejoindra bientôt
Elle rend son dernier souffle Mais le combat ne cessera pas
Damas la nuit
Le sommeil fuit
Les nuits du Levant nous envahissent
Le sommeil fuit
Et maintenant ?
D'ici...
Par où ?
Par ici ?
On est arrivés.
Où exactement ?
En dehors de la zone de siège.
Elle est à quelques rues, derrière nous.
Laissez-moi voir si la voie est libre.
Qui es-tu ?
Abu El Sheeb ?
Je suis La Mouette, on est dans le même camp.
D'où tu connais mon nom ?
T'es un espion ? Réponds ou je tire.
Non, les gars m'ont dit que vous surveilliez le tunnel.
Quels gars ?
Les nôtres ou les leurs ?
Les nôtres, bien sûr.
Ca se voit pas ?
Pourquoi ? Tu penses qu'ils ressemblent à quoi, les autres ?
Montre-moi ce que tu as.
C'est la petite caméra qui vole pour espionner ?
Elle sert à montrer la réalité.
Joli.
Très joli, t'es un pro.
Montre-moi comment vole ta caméra.
Envole-toi !
Génial !
T'es un as.
C'est bon, descends-la.
C'est bon, j'ai dit. T'as pu frimer, nous fais pas repérer.
Il veut pas.
- Comment ça ? - Je sais pas, il est coincé.
Donne, je vais la faire obéir.
Descends. Descends !
Descends, saleté ! Allez, marche !
Je t'ai dit de descendre.
T'es venu avec qui ?
C'est qui ?
On ne veut pas de problème.
On cherche juste à partir. On veut aller au camp.
C'est pas vrai !
Vous avez vu ? Je l'ai eue.
Quel talent.
Bon, comment on fait pour les amener au checkpoint ?
Je vous dépose en ville, mais vous finirez seules.
Il y a une salle d'eau, vous pouvez vous changer.
Mais vous ne pourrez rien emmener.
Même pas ça.
Je te donne le bain, comme quand tu étais bébé.
- On n'asperge pas sa mère. - Mais si !
Zeina !
Un, deux...
Tu m'as trempée.
Ca fait tellement de bien.
Regarde ce que je t'ai pris.
Elle vient d'où ?
C'était une surprise pour l'Aïd.
Enfin, des nouveaux vêtements.
On est prêtes à s'exiler.
Je vais m'asseoir derrière.
Moi aussi.
Tu viens avec nous ?
Je vais pas vous laisser.
Et ta famille ?
- Elle m'a laissé à la révolution. - C'est ce qu'on est ?
La plus belle des révolutions.
Hala !
Tu vas où sans moi ?
C'est ton mari, Motaz !
Tu m'as oublié ?
Maman, laisse papa venir avec nous.
Hala !
Je t'en supplie, pardonne-moi !
Je sais pas ce qui m'a pris, j'aurais jamais dû te menacer.
J'avais perdu la tête.
Mon amour, tu es tout ce qu'il me reste.
Ne vous arrêtez pas.
- Vous êtes sûre ? - Oui.
Eloignez-nous de lui. Il n'est pas dans notre camp.
Zeina !
Regarde ce que j'ai, tu l'as oubliée dans ta chambre.
La canne à pêche !
Arrêtez-vous, Abu El Sheeb, s'il vous plaît !
Non ! Je t'ai dit qu'on n'y retournerait pas.
Pourquoi t'as pas dit que t'aimais la pêche ?
On y serait allés ensemble.
Maman !
Soit il s'arrête, soit je saute.
Tu me crois pas ?
D'accord, je descends.
Zeina, arrête !
Tu es folle ou quoi ? Assieds-toi !
S'il ne s'arrête pas, je saute retrouver papa.
Zeina, tu veux mourir ?
Tu as fini ?
Tu es aussi folle que ton père !
Arrêtez-vous.
Aide-moi.
Papa !
J'arrive !
Ma chérie, tu es revenue !
Ma chérie d'amour.
On ira pêcher, on dessinera, je t'apprendrai tout où qu'on soit.
Pourquoi tu pleures ?
Je pleure pas, c'est mes allergies.
Ma petite puce.
Zeina.
Dis au revoir à ton père. On doit gagner la mer.
Maman.
Laisse papa venir avec nous.
Zeina, j'y vais.
Si tu veux reprendre l'école, viens avec moi.
Si tu veux vivre cloîtrée, va avec ton père.
Non, Zeina.
Je vais t'apprendre à pêcher, où tu vas ?
Ma petite chérie.
Je sais pas pêcher.
Je vais t'apprendre, je te montre. Mets tes mains là.
Tu la tiens comme ça.
Je te montre comment faire le lancer.
Tu redresses la canne.
Tu ramènes l'hameçon. Et tu le lances au milieu de l'océan.
Un, deux...
Et trois ! C'est super, hein ?
Remonte le fil. Tu vois ? Tu pars de là. Comme ça.
Bravo !
Du premier coup.
- Au premier essai. - Comme ton père.
Allez, toute seule.
Tu vas réussir du premier coup.
Du premier coup Du premier coup
Hala.
J'irai où tu iras.
Je serai un réfugié.
Tant que je suis avec toi.
A tous les Syriens qui ont péri au cours de cette guerre.
A tous les réfugiés et à tous les disparus en mer.
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