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LIGHTS IN THE DUSK
Un fiIm d'Aki Kaurismäki
La vie du grand narrateur russe Maxime Gorki était dure.
Et Piotr Tchaïkovski. Il s'est jeté dans un fleuve.
Il s'en est sorti.
Mais il n'était plus le même. C'est toi qui le juges ? Mufle.
Tolstoï ? Il était comte, mais incompris. Papa Tchekhov nous a compris,
mais il est mort aussitôt. Pouchkine était un vrai luron.
A peine né, il est mort. Gogol, c'était autre chose.
Son nez projetait une telle ombre, qu'iI voyait à peine Ie soIeiI.
Ou la fenêtre de sa bien-aimée. Il y a encore de la vodka ?
Oui et non. Qui sait.
- Votre nom. - Koistinen.
Jusqu'à présent.
Il est ici depuis trois ans. Laisse-le.
Il apprendra.
Salut.
On va boire une bière.
Koistinen !
On a encore été voir des femmes ?
Une vodka.
Salut.
Disparais.
Salut. Deux saucisses.
Putain, je ne vais pas moisir là-bas.
Je monte ma boîte et je les coule.
Tu me crois ?
Je te crois. Tu as encore bu ?
''Gardiennage Koskinen. Un équipement à la pointe.''
- Ça sonne comment ? - Tu t'appelles Koistinen.
Il ne faut pas monter une boîte à ton nom. Si tu fais faillite tu n'as plus rien.
J'ai discuté avec des gars qui s'y connaissent bien.
Mes collègues me rejoindront, si je leur demande.
Au moins quelques-uns...
Par temps ensoleillé, le scorpion se trouve souvent
sur les pentes rocailleuses
ou dans les interstices des murs.
Par temps de pluie ou par temps froid, le scorpion peut entrer dans les maisons.
La queue du scorpion, ou plutôt l'abdomen, est comme un collier de perles.
Au bout de l'anneau articulé se trouve le crochet à venin.
Les pattes du scorpion font partie de sa bouche,
comme les pinces d'une écrevisse.
Il les utilise pour combattre et pour examiner des objets inconnus.
De l'entomologiste français J.H. Fabre.
L'immatriculation de la société anonyme
doit être faite dans les six mois suivant la signature du dépôt,
comme il est prévu par la loi.
Pour le capital, on enregistre les actions souscrites,
leur valeur nominale additionnée, en déduisant cette valeur
selon l'article 12.
Merci.
- Un café. - Deux euros.
Cette place est libre ?
Tu dois être vigile ?
Tu as deviné aux vêtements ?
Il fait froid pour un printemps. C'est vrai.
Pourquoi tu t'es assise ici ? Comment ça ?
Il y a de la place ailleurs. Tu semblais si seul.
- Moi ? - Oui, ça se voit.
Ah bon, ça se voit ?
C'est le métier. Les gens ne me parlent pas.
Vous avez l'air assez rudes. Ce n'est qu'en surface.
On est des êtres humains aussi.
Et maintenant ? On va se marier ?
Peut-être, mais on fait connaissance d'abord.
Ça se passe comment ?
L'homme peut inviter, par exemple, au cinéma.
On t'a sûrement souvent invitée. Parfois.
Alors on va au ciné ?
Quand ?
Demain. Aujourd'hui j'ai du travail.
Oui, d'accord.
C'est ton chien ?
Non. Il est à des types.
Ils sont plutôt costauds.
A qui est ce chien ?
Un whisky.
Il est à vous ce chien ? Oui, tu veux l'acheter ?
Il est là depuis une semaine... sans eau.
C'est ça. On va discuter dehors.
C'est plus calme.
Tenez. Bon appétit.
Tu as les moyens pour tout ça ?
Comment ça ?
Je te coûte sans doute cher.
J'ai de l'argent, qu'est-ce que tu crois... Je vais pas rester vigile. C'est provisoire.
Tu t'es vexé. Excuse-moi.
On peut aller en boîte après.
Je peux t'apprendre.
Quoi ? A danser. C'est très facile.
Je sais danser le rock, mais j'avais pas envie.
Ça se voit que tu as le rock dans le sang.
Ça oui, tu verras.
- On va se revoir ? - Tu veux bien ?
Appelle-moi.
- Tu viens tard. - Comme d'habitude.
Donne-moi une limonade.
Je suis allé au ciné avec ma nana.
Ah bon...
C'était comment ?
Pas mal. Beaucoup d'action.
C'est bien.
Je dois fermer. Il faut que tu partes.
- Alors ? Raconte. - Tout va bien.
Vous vous revoyez quand ? N'importe quand.
Bien.
Tu veux quoi de lui ? C'est un minable. Te fatigue pas pour ça.
Pourquoi je fais tout ça ?
Sinon tu devrais travailler.
Fixe un rendez-vous avec les Russes.
Dis que c'est bientôt la journée portes ouvertes.
Suivant.
Dites, Koistinen, êtes-vous une sorte de comique ?
- Comment ça ? - Vous êtes venu ici
pour égayer notre quotidien ?
C'est quoi ces papiers ? Le certificat du lycée professionnel ?
Avec ça vous pensez obtenir un prêt de deux cent mille euros,
sans garantie immobilière, sans caution ? Je me porte garant moi-même,
quand la société démarre. La caution d'un mendiant comme vous
ne vaut rien.
Mais j'ai un compte ici.
Je n'approuve pas votre demande,
c'est refusé.
Vous gaspillez mon temps et le vôtre.
Allez-vous-en.
Passez par la porte de derrière.
- Salut. - Salut.
Tu me manquais. Emmène-moi avec toi. Pour ma tournée ?
Oui. Je peux regarder les vitrines.
Je ne peux pas. C'est interdit. Je serais renvoyé.
Tu peux dire que tu m'as arrêtée.
Un excellent système. L'alarme sonne si on ouvre la porte sans code
ou si on attend trop pour faire le code. L'ordinateur devine alors
que le gars boit une bière, ou autre...
Tu ne peux pas aller plus loin, il y a des caméras qui enregistrent.
Je ne veux pas être mêlée à ça.
Je ne veux rien savoir.
Mais tu ne sais rien.
Ton modeste rôle est presque terminé. Après tu pourras tout oublier.
Un jour tu seras pris.
Ce sont les risques du métier. Ça, ce n'est qu'une bagatelle,
une faveur que je rends.
Et je dois sortir avec cette nouille.
Pas pour longtemps.
En fait tu peux déjà commencer à freiner. T'as eu le code ?
Si on partait ce week-end, à Paris ou à Rome, tu veux ?
Décide, toutes les villes sont pareilles.
Viens ici.
Prends-en, c'est frais.
Le rôti est au four.
C'est sympa ton appart.
C'est du provisoire.
Koistinen...
Tu veux qu'on arrête ?
Ma mère est tombée malade. Je dois partir.
Quand ?
Tout de suite.
Je t'appellerai.
Tu ne verras ni larmes
Pourtant mon coeur sanglote
Ni nostalgie
Même si tu es partie
Mes mains ont déjà
Essuyé ces larmes
Et seul demain pourra peut-être
m'apporter l'oubli
Je t'ai donné mon coeur
Je t'ai tout donné
Et tu n'as offert que de la peine à mon âme...
Attends, je ferme et je te ramène chez toi.
Koistinen, tu as été voir des femmes ?
Lâche-moi.
Attends, il faut qu'on parle.
De quoi ? Pas ici. Tu as une voiture ?
Koistinen a terminé.
Va me chercher un verre d'eau.
Il y a trop de monde. On va discuter dans la voiture.
Pourquoi les écrans sont noirs ?
Bijouterie.
Ils ne sont pas noirs, c'est de la peinture.
- C'est l'itinéraire de qui ? - De Koistinen.
Il a fini, mais il n'a pas rapporté les clés. J'y vais.
Appelle d'autres vigiles.
Pourquoi étiez-vous à la station-service,
au lieu d'être au travail ? Pour faire le plein.
Vous n'avez pas pris d'essence,
mais vous étiez accompagné. J'étais seul.
Et Ies clés ? Je sais pas, je me suis endormi, j'avais bu.
Il n'y avait pas d'alcool dans votre sang.
J'étais fatigué.
Qui protégez-vous ? L'infraction a été faite avec votre code
et vos clés. Je ne sais rien du vol.
Vous serez condamné. Seul, si vous ne coopérez pas.
J'étais seul. Je me suis endormi, j'ai perdu Ies clés.
Nommez vos complices. Ils vous ont abandonné.
On a profité de vous.
Je ne connais personne.
Amenez-le dans sa cellule.
Vous êtes libéré par manque de preuves.
Inutile de vous réjouir.
On vous arrêtera et on vous condamnera.
Va-t'en.
Salut.
''Butin du braquage de la bijouterie : 200.000 euros en or.
Le gardien suspecté de complicité''
4,90.
- Vas-y. - Pourquoi encore ça ?
Tu me connais. Je mène à bien tout ce que j'entreprends.
T'es déjà complice. Trop tard pour regretter.
Je veux m'expliquer.
Pour m'excuser.
Ah bon.
Tu ne veux pas m'écouter ? Non.
Tu dois certainement y aller.
Il va parler. Parler de moi.
Koistinen ne te dénoncera jamais. Il est fidèIe comme un chien.
Un idiot romantique.
Cette connaissance des autres fait mon génie.
Va téléphoner.
Emmenez-le.
Que l'accusé Seppo Ilmari Koistinen se lève pour entendre son verdict.
Le verdict du tribunal de grande instance est le suivant :
Seppo Ilmari Koistinen est condamné selon I'article 1
pour complicité de vol qualifié
le 16 mai 2005, commis à Helsinki,
à une peine de prison ferme de deux ans.
En tant que délinquant primaire,
il pourra bénéficier d'une liberté conditionnelle dans douze mois.
Koistinen est en état d'arrestation et envoyé à la prison centrale d'Helsinki
pour purger sa peine.
Un petit café.
Les baies des sorbiers sont rouges
Rouges comme le sang
Des grues ont pris leur envol
Au-dessus de ma tête
Elles ne m'ont pas emmené
Dans des pays lointains
Sans ailes on ne peut
Que rester prisonnier de ce pays froid
Le vent nocturne m'accompagne
Comme un frère et chante sa chanson
Et la pluie avec ses larmes froides
Bat contre la sombre fenêtre
Je vois de nombreux vagabonds miséreux
Qui me dépassent
Autrefois j'attendais quelque chose
Qui n'arriverait jamais
Suivez-moi.
On ferme les portes à minuit. Pas d'invitées.
- Le directeur est là ? - Dans son bureau.
Vous ferez la plonge à titre d'essai.
Bienvenue.
Je vous montre Ie travail.
Koistinen. Tu es libre.
Tu n'as pas répondu à ma lettre. Je serais venue te voir.
Je ne voulais pas.
- Tu habites où ? - Au foyer.
J'ai trouvé du travail.
Je dois y aller.
Koistinen.
Chambre cinq.
On va fumer une cigarette.
C'était comment ?
On ne pouvait pas sortir.
Toutes les portes étaient fermées.
Et alors ?
- Tu vas faire quoi ? - Rien.
Tout est fini.
Je plaisantais.
Quand je serai remis sur pieds, je monterai un garage.
Le pote de cellule avait des idées.
C'est bien que tu n'aies pas perdu espoir.
Pas moi.
Tu dois y aller.
On ne peut pas avoir d'invités la nuit.
Tu viendras, si tu as le temps ?
S'il vous pIaît.
Vous pouvez demander au maître d'hôtel de venir.
Désolée, mais tu n'avais pas parlé de ta condamnation pour vol.
Prends ça.
Emmenez-le et tabassez-le bien. Il peut même disparaître si tu veux,
mais c'est cher. Je suis un homme d'affaires, pas un assassin.
Il ne s'en sort pas beaucoup mieux, là.
- Tu es la camarade du vigile ? - Peut-être.
Il est en assez mauvais état.
- Où ? - Je peux te montrer.
Je vais chercher de l'aide.
Reste ici.
Ne meurs pas.
Non, je mourrai ailleurs.
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