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Original subtitles

"Just Got Paid" (Johnny Kemp)

Des enfants rient.

- Tu vas pas me toucher.

- À droite, c'est moi: Lila. 1,20 m, 25 kilos,

dont 2 kilos que de cheveux.

Celle qui se prend pour Janet Jackson: ma sœur, Malika.

Notre kiff à nous, c'était la danse.

Voilà mon père, Omar. Tu vois le prince de Bel-Air?

C'est l'oncle Phil, avec la moustache de Saddam Hussein.

“Just Got Paid" (Johnny Kemp)

Les fillettes rient.

- Qu'est-ce que j'ai dit?

Pas de clip à votre âge.

- Mon père n'était pas méchant. - Vous n'avez pas honte?

- Il avait d'autres projets pour nous. - Musclez votre jeu!

C'est ça, le foot.

Hein, Lila? - OK, papa.

Je chope et je lance à mon partenaire.

- Très bien! Collectif.

Bon, y a des compotes au frigo. Si vous avez faim, y a de la soupe.

- Merci, papa. - Malika?

1 mn au micro-onde, d'accord?

Et après, dodo. - Dodo et on se brosse les dents.

- Et oui, Lila. Je finis vers 5h.

Fermez la porte et pas de bêtises.

Yek? - Yek.

- Un petit bisou, d'abord.

Aïe aïe aïe, beauté, beauté...

Il faut que j'aille travailler.

Aïe aïe, aïe...

(Soyez sages.)

Elle crache. Elle rit.

"Hip Hop Hooray" (Naughty By Nature)

- Je peux avoir des frites?

S'il te plaît!

Défilé de mode. C'est le défilé de mode!

Lila rit.

Elle rit.

J'ai tout de suite pensé: Papa va me tuer.

Soupir apeuré

Mes voisines m'ont sauvée.

Elles ont bien réagi, comme on fait chez nous.

Pleurs désespérés

- Va chercher la voiture.

Youyous

Elles claquent la porte.

- On l'a oubliée, la gamine.

Elles crient.

- Je m'étais brûlée au 3e degré.

La moitié du cuir chevelu

était touché et la seule phrase que j'ai pu dire, c'est...

On a fait des frites, papa.

- Je sais, ma fille.

C'est pas grave.

- Le médecin rassurait mon père.

- L'œdème se résorbera. Pas de dommage aux yeux.

- Pour mes voisines, c'était la catastrophe.

- Un chirurgien noir, ils ont pas de chance.

- On a vu toutes les couleurs. (-Oui.)

- Ses cheveux repousseront?

- Ce n'est pas sûr. - Avec du dentifrice

sur la brûlure, ça marche bien.

- Avec de l'ail aussi.

Elle parle en arabe.

Ils repoussent.

- CÇa va repousser, papa?

Après cinq semaines d'hôpital, j'étais devenue la chouchoute.

"Ain't Nobody" (Rufus & Chaka Khan)

J'avais enfin mon BMX avec les franges.

Mon vélo avait plus de cheveux que moi.

Elle rit.

Mais pour sortir avec, il aurait fallu que je perde un bras.

3 mois plus tard, j'aurais jamais cru ça,

mais j'étais contente de retourner à l'école.

Je peux jouer avec vous?

- Pourquoi t'as une casquette?

- C'est pas tes affaires. - SI!

- T'as quoi derrière?

- Je veux pas te le dire. - Faut nous dire.

Ils hurlent.

- Dans sa famille, ils sont gros sur 4 générations.

Et avant moi, c'était lui, le bouc-émissaire.

- On est une équipe.

- On est une équipe.

Ma sœur, ce héros. Elle déchirait. Tellement courageuse!

Enfin. presque.

- Maman disait quoi? - "Arrête de fumer".

- Non, pas ça. - "La meilleure défense, c'est l'attaque."

- Et alors? Hep hep hep!

Hep, yepa! Hop! Donc.

Si on te dit que tes cheveux, c'est un gratin dauphinois?

- C'est ta mère, le gratin.

- Bravo! Allez, vas-y. Hep hep hepa!

Hep hep hepa!

Parfait, ma fille.

C'est un brushing au chalumeau?

- Ta grand-mère a fait un brushing à sa chatte.

- Quoi?

"Din Daa Daa" (George Kranz)

- Lila, Lila, viens!

- 6 ans plus tard, j'avais toujours pas de cheveux.

Malika se prenait toujours pour Janet

et on avait découvert.

ça!

*"Din Daa Daa" (George Kranz)

Le virus du hip hop avait contaminé la planète.

Comme des millions de jeunes, on a été piquées.

*"Din Daa Daa" (George Kranz)

Ça sentait la transpiration et le safran.

Je m'en foutais. Ici, on me posait

pas de question sur ma casquette.

On passait notre temps à danser

et les petites voulaient nous imiter.

On a vu Jessy nous rejoindre.

On a monté notre crew.

On l'a appelé les Black Barbies.

On avait besoin d'une Black.

Tous avaient oublié ma cicatrice, j'étais la boss.

C'est qui, les Black Barbies? - NOUS!

- C'est qui, les Black Barbies? - NOUS!

Hurlements aigus

Il fait du beatbox.

Encouragements

Beatbox

- Ça fait...

Trop de Paris P'tit séjour à Bruxelles

Pour voir la famille Et faire des p'tites scènes

J'ai plus trop d'amis J'ai plus de scène

J'ai le flow qui varie Je fais pas crari

J'arrive en balle Je suis juste en bas

Je suis pas de ceux qui gambadent

Enfile tes sandales Va danser la samba

On s'en tape de ce que tu fais Remballe

Tu peux rien faire Si t'as pas le mental

Applaudissements

- T'es prêt. Tu prépares une mixtape, là?

- Ouais, ça avance.

- Il faut pas lâcher. - Excuse-moi?

Où est-ce que t'as appris à rapper comme ça?

- À Châtelet.

- C'est où?

- À Paris.

- Paris?

On frappe à la porte.

- Plus fort.

- SALAM ALIKOUM. - Salam.

(-Parle.) - Quoi?

- Omar... c'est les filles.

- Les filles? Quoi, les filles?

- Elles dansent au gymnase.

En arabe

- Elles dansent pas. - Je te le dis, Omar!

T'as vu ce qu'il se passe? - On parle d'enfants.

- Non, Omar.

Y a que des Noirs, là-bas.

- Et des Arabes, aussi. - Ça va.

- Elles ont entrainé ma fille.

- Qui te dit que c'est pas la tienne?

- Hein? Hein? En tout cas... Laisse-moi.

Toi, tu dis rien, maintenant. Nadia y mettra plus les pieds.

- Bon, c'est... - Tu me lâches!

- Calmos. Calmos.

- Je vais te dire, ne te vexe pas.

Je ne veux plus qu'elles se fréquentent.

- C'est moi qui veux plus qu'elles se fréquentent. Dégagez.

- Tu comprends rien. - C'est ça.

Encouragements

“Musique hip hop

Omar parle en arabe.

- 15 ans que j'habite ici, pas une histoire.

- II disait qu'on l'avait déshonoré.

Nous on trouvait qu'on avait tout défoncé.

- Vous n'êtes pas mes filles.

- II savait mettre la pression et insérer des punchlines.

En arabe

- Je vais déchirer vos passeports et vous envoyer au bled.

Vous allez faire du moonwalk sur les cactus.

- À partir de ce moment-là, c'était fini, la danse.

Elles rient. Un homme crie à leur passage.

On a continué en cachette.

- C'est ta grand-mère à quatre pattes qu'est bonne!

Ta grand-mère! À quatre pattes!

Elle est encore plus bonne!

- Quoi? Mais vas-y!

- Et lui se saignait

pour m'offrir le plus beau cadeau.

Des veuchs.

"Poison" (Bell Biv DeVoe)

- Imagine, tu frottes une canette de Coca et bam.

Y a un génie qui sort. Tu demandes quoi?

- Le numéro d'Usher.

- Je parle pas aux génies, c'est haram.

- Toi et tes haram. - Oui.

- Je prends un billet pour Paname.

- Arrête avec ta fixette sur Paname. T'as cru qu'il y avait quoi?

- C'est quoi son problème?

- Ÿ a des auditions, des castings.

Là-bas, je peux devenir danseuse.

Faire des tournées, des comédies musicales, des clips.

Grave.

Tu crois que j'ai envie de finir ici? Prof de danse?

- T'as cru qu'ils t'attendaient?

- C'est ça qui t'attend.

- L'ESSEC à Paris? L'école est pas bien, ici?

- Ça n'a rien à voir. C'est une grande école de commerce.

J'ai été retenue parmi 3 000 candidats.

J'ai obtenu une bourse.

Je pourrai me concentrer sur mes études.

- T'en en famille, ici. Pas de loyer à payer.

- Je serai logée sur le campus. - Non, non.

Tu restes avec nous.

- "Nous"?

Je te parle de mes études. II crie en arabe.

- Laisse-la partir, papa.

Elle se débrouille. Fais-lui confiance.

*Musique calme On frappe à la porte.

- Tiens. Prends ça.

- Pourquoi? - C'est Ayat el koursi, une prière.

Ça protège quand on part.

- Merci. - Mais c'est rien.

- Tu déchires.

Je t'aime.

plus que la Terre, plus que l'univers.

Plus que mes baskets.

- T'en veux?

- Non. Merci.

- T'as pas faim? - Non, j'ai pas faim.

- Tu vas faire la gueule 10 ans?

- Tu m'as menti et t'as menti à papa.

- Sinon, tu m'aurais cramée.

- C'est pas une raison, tu déconnes.

- Je devais dire que je partais pour Cats, la comédie musicale?

- T'as même pas d'appart.

- C'est rien. Je tente ma chance, je vais me débrouiller.

Si j'ai ce casting, je nous mets bien. Finis la galère et les taxis.

- Tu crois que tu vas le mettre bien avec la danse?

Mais elle est folle, elle.

- Tiens.

- Non, merci.

J'en.

Non!

- On est une équipe, tu dis rien. Hum?

- AIlô?

Bonjour, madame. Je suis bien à l'ESSEC?

Ma fille doit étudier chez vous.

Comme elle part loin, je voudrais des informations.

- Ça y est?

- On attend que mon père rentre et elle prend la route.

- Lâcheuse.

- Quoi? Vous voulez pas venir. Y a de la place.

- Avec quel argent?

On n'a pas tous 4 000 balles de côté.

- T'aimes trop la sape.

- Regarde l'autre!

- Ouais, c'est ça!

- Paris...

- Qui est-ce qui part à Paris?

- Je suis dégoûtée!

- Dès que je peux, je viens. Tiens. - Pour moi?

- Ouais.

- On l'a préparé pour toi.

Y a même l'anticernes de J-Lo.

Vous avez les mêmes cernes. - PAS LE MÊME BOULE!

- Dégage, n'importe quoi. Je vais

me renseigner sur les soirées et tout.

Et vous me rejoindrez. - T'as intérêt, ouais.

- Vas-y.

Cris aigus

- Ouh là.

Il a l'air tendu. - Qu'est-ce qu'il a?

- Y a un problème, là, non?

- Tu m'as menti, t'as pas honte? - Calmez-vous.

- C'est à cause de vous. Rentre.

Rentre!

Tant que t'es sous mon toit, je dicte les règles!

Si t'es pas contente, dégage!

Musique triste

- Lila...

Lila...

Brouhaha

- Bonjour. Nom, prénom? - Mickaël.

Mickaël, C.K.É.L. Palmieri. P.A.L.M.LE.R.1.

- D'accord. - Merci beaucoup.

- Bonjour. Nom, prénom? - Bonjour. Lila Benamar.

- Bien! Merci d'être venus.

Vous êtes plus de 150, aujourd'hui.

Pour Cats, on va en garder 20.

OK? On se place.

Et cinq,

six, sept, et...

Un et deux, marche, trois, quatre,

cinq, six, là, place, tourne!

- Soignez vos lignes! - Lâche, lâche, tourne.

Gauche, droite, stop.

Main et tête. Boum.

- Stop, stop, on recommence.

On vous a donné des détails, respectez-les.

- Quatre, cinq, six. Place, tourne. - Voilà, ça vient.

- Et deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit!

- Restez concentrés!

- Et, buste, et, et, tourne, gauche, droite.

- C'est mieux!

OK! Vous êtes prêts. On passe aux sélections.

*"Freakum Dress" (Beyoncé)

C'est la dernière ligne droite!

- Stop! - OUH!

Applaudissements

- OK. Les présélectionnés sont...

59, 49, 57, 141,

63, 21, 148, 113...

*-Bonjour, c'est Malika. Laissez un message. Merci.

- Ah oui! Et la 123!

- AIlô, Malika? Voilà, je voulais te parler.

J'ai été présélectionnée. Un truc de ouf.

Je voulais partager ça avec toi.

Je vais me coucher, j'ai pris une nuit à l'hôtel.

De ma fenêtre, on voit la tour Eiffel.

C'est trop beau.

Mais demain, je change d'hôtel.

Voilà. Bisous, ma sœur.

Gémissements dans la chambre adjacente

- Une Golf noir? - Ouais!

- Vous reprenez une nuit?

- Vous avez vu ma voiture?

- Enlevée. Ils passent tout le temps.

- J'ai une audition dans 30 mn!

Merde!

"What Is It Going To Be" (Lee Smith & Rosie Doonan)

- Aïe!

Ah putain...

- Je vous jure, j'ai vraiment fait au plus vite.

Soyez sympa.

Elle est aussi sélectionnée! - Oh oh!

- Je suis en retard, désolée.

- C'est l'heure. - Dites-lui, je suis la 123.

J'ai été présélectionnée hier! - Hé, oh!

- Je viens de Belgique! - T'es en retard.

- Je rattrape la chorégraphie! - Y a d'autres castings.

- Allez, soyez sympa, monsieur. - Ÿ en a d'autres.

Désolé. - Mais faites un effort.

Les paroles deviennent inaudibles.

Musique triste

- Voilà, ça fait 180 euros.

Y a un problème?

- C'est quoi, ce truc? - Mademoiselle?

Elle pleure. - On m'a volé mon argent.

- Mademoiselle, relevez-vous.

S'il vous plaît.

"La nuit” (S. Pri Noir)

- Je peux aller chercher un truc dans ma voiture?

S'il vous plaît.

Bip

- Petit, je pense

Qu'à mes soces À faire du cash en été

À traîner tard dans des halls On voulait tous faire du blé

En vrai, je me faisais duper La rue me faisait du pied

À l'école, je suis dissipé Même si ma mère

M'a bien éduqué Moi, je rêve de foot et de cross

Je réponds mal à mes profs Mes appréciations sont bof

Du coup je me mangeais des baffes Maman me disait:

"Tu sais, fils si t'es absent en classe Tu finiras dans la rue

"À compter les gens

"Qui passent J'veux pas que la police toque ici

"Sinon, je t'arrache la peau"

Mais je me crois vif j'anticipe Je suis en pleine crise d'ado

Finis les claques et les cris Maman me prendra mes clés

Brouhaha

- C'est ici, le clip?

- Ah ouais!

- Au bout du couloir, dépêchez-vous.

Figu? Danse?

- C'est payé combien? - La figu gratuit, la danse, 200.

- Danseuse.

- Toi, t'es danseuse?

- Bah ouais.

- OK. Bon, tu vas au HMC,

ils vont te maquiller et te coiffer.

Rires et conversations

- T'es danseuse? - Ouais.

Ton costume est là. - Merci.

Conversations

- D'accord...

- II s'est passé, quoi, alors?

- Elles se sont embrouillées, un truc de fou!

Sabrina a... - C'est quoi, l'histoire?

- En fait, Maélis était bourrée.

- Oh non.

Rires

- Sabrina l'a embrouillée. Elle lui a mal répondu.

Et elle a fait à Maélis...

Il rit.

- Il a dit: "Je vais te doubler."

Elle est pas revenue?

Elle va peut-être devenir

une danseuse étoile. Hein?

“Du sale” (Sofiane)

- Allez, on y va, on y va, on y va!

- On bouge les fesses, les filles!

On donne tout, là!

- C'est qui, ça?

Hé, coupez!

Tu fais quoi? - Moi?

- Mais oui, toi.

- Je me mets où?

- À côté du gars à lunettes.

Et bouge, fais comme les autres.

Bouge!

C'est reparti, musique.

- Les filles, on y va!

On donne tout!

- Ça s'est bien passé? - Oui.

- Merci. À bientôt.

Merci, au revoir.

- Et ma paye?

- Non, je te paye pas pour ça. - Je suis là depuis 11h.

- C'est bien. C'est pas de la danse, je te paye pas.

- C'est ça, de la danse? - Ouais. Apprends à danser.

- Apprends-moi à danser. Tu vas me payer!

- Je vais t'apprendre à danser. - Ah ouais?

Tu vas faire quoi? - Hé! Oh! Oh!

Hé hé hé! - Elle va me payer, cette pute!

- Calme. C'est quoi, le problème?

- Elle veut être payée mais elle danse comme ma mère.

- Paie-la et la prochaine fois, tu mettras ta mère dans le clip.

C'est ça? - Ouais.

- Tu te rabaisses pour 200 euros?

- Non.

Taxi.

Taxi! Oh! Taxi! Eh!

Il est sérieux, lui? Bâtard, putain...

- Monte, je te raccompagne.

Viens.

Je te dépose où?

- Saint-Ouen.

- T'es de Saint-Ouen? - Non, de Bruxelles.

- Je connais bien. - Comme tous les mecs.

Tu connais la rue des vitrines, la rue d'Aerschot.

- J'ai jamais touché une pute. J'ai pas besoin de payer.

- Tu dois payer le double.

- T'inquiète pas pour moi.

Les femmes cherchent un mec qui taffe, qui fait du sport

et qui les écoute.

- CÇa cache un défaut de fabrication.

- Comment ça?

- Soit t'as des pieds éclatés,

soit t'as le cul tout plat ou une petite teub.

Ou bien les trois.

Tu faisais quoi à Bruxelles?

- De l'immobilier, location de voitures

import-export. Elles sont pas chères chez vous.

- Location de voitures import-export?

Ça sent le shit et la cocaïne, ça.

- Avec les Arabes,

quand quelqu'un réussit, c'est louche.

- Les Noirs, avec un costume, ils se prennent

pour des diplomates.

Bip de portable

- Ça se voit, c'est un mec.

- Rien à voir.

J'ai un vrai plan danse. Je commence demain.

- Psahtek.

- Merci. - Hé, attends!

Attends, attends, attends.

- Quoi? - Viens.

- Quoi?

- Mais viens!

- Quoi? - Viens.

Tiens. - Hum...

- Si t'as besoin, n'hésite pas.

Hé...

Bonne chance pour ton plan danse.

*"Dieu m'a donné la foi” (Ophélie Winter)

- Et tac! Tac!

Deux, trois, quatre, cinq, six,

sept....

Madame, petite saucisse?

J'étais la seule Arabe de l'équipe.

Et ces enfoirés m'avaient donné le personnage de Porcinet.

T'es un mouton déguisé en chèvre.

Rires

- Vous avez des desserts? - Nous avons

des mangues pastèques. Elle parle en lingala.

- Vous parlez lingala?

- Ma meilleure amie est congolaise. Prudence.

- Prudence. Comme ma tante.

- Vous vous appelez comment? - Éloquence.

- Tu parles lingala? - Je connais qu'une phrase.

- Alors? Ton petit boulot?

- Rien d'extraordinaire.

C'est dur, Paris, pour trouver

un taff, des amis, un appart.

- Je t'ai pas déposée chez toi?

- Non, c'était chez un pote.

Laisse tomber, il faut gagner 3 fois le loyer.

- Tu sais, je peux t'en avoir, des fiches de paie.

Même un appartement. Faut juste un RIB.

- Faudrait une adresse pour avoir une banque.

- T'as une pièce d'identité?

- Ouais, n'abuse pas.

- Je veux bien t'aider.

Mais pas de plan galère, tu te fais pas remarquer

et tu paies ton loyer.

OK?

- Pourquoi tu fais ça?

- T'aurais fait pareil.

- À un Noir?

Vous serez vite 12 dans l'appart.

"Ailleurs" (Anahy)

- Je m'envole, je m'envole Sur les flots

Je veux rattraper le soleil

Toucher le ciel

- Ça tue. Ça, c'est Paris.

- Et voir ailleurs

- À deux rues, t'as des putes, des dealers et des junkies.

Ça aussi, c'est Paname.

- Un souffle d'espoir Qui me tourne autour

- Tu kiffes vraiment Paris?

- Bah ici, je me sens libre, je peux rêver.

Même si j'ai pas un balle.

Tu fais quoi? - Calme-toi.

T'as du chocolat.

- Du chocolat? Tu veux m'embrasser.

- T'as du chocolat, regarde.

- J'ai du chocolat, du chocolat.

Je kifferais habiter ici.

- Je suis posé juste là.

- T'es posé juste là, "t'as du chocolat".

T'as une vue sur Paris?

- Ouais, mais c'est pas chez moi.

- C'est chez qui? - Un pote qui bosse à Dubaï.

Il a plusieurs apparts et c'est moi qui les gère.

- Il est dans l'import-export, la location de voitures?

- Non, il est trafiquant de drogue.

Narcotraficante.

J'apprends vite ou pas? - Ouais.

Je peux visiter?

- Fais-toi plaisir.

- C'est magnifique.

- Mets-toi à l'aise.

Tiens. - Merci.

Tu joues à Fifa?

- Bah oui. et toi?

- Pam! 3-0!

Prends l'équipe que tu veux, le Real, je te fume.

Comment je t'ai fait mal!

- Tu joues à Fifa, tu blagues, tu mets des droites.

Le meilleur ami de l'homme.

- Exactement.

- Vas-y, joue! - Mais je joue, je joue, attends.

(-Putain...)

- T'arrêtes une partie comme ça?

C'est sûr que c'est une meuf.

- Rien à voir.

Bon.

Je dois y aller, j'ai du taff.

- Tu me rapproches?

- Ah, mais tu peux rester. - Hein?

- Mon pote est en voyage.

- Non, t'abuses.

- T'es en galère ou pas?

Fais-moi confiance. Y a tout ce qu'il faut.

T'as un ordi avec le wifi.

Dans la chambre d'ami, y a des serviettes.

Je te demande juste que tu me le laisses propre.

Et pas de bruit pour les voisins, OK?

Bon.

- Attends...

Viens.

- Quoi? (-Viens.)

(Viens. Viens.)

Tiens.

- Pour les fiches de paie.

J'ai pas mal de taff,

je repasserai dans 2-3 jours, OK?

Ta carte d'identité,

je te la ramène dès que possible. - Merci.

Il ferme la porte.

Merci...

Une femme rit.

- Vas-y, raconte tout! *-Ca va plutôt pas mal.

- Oh ouah! *-Comme tu vois, je suis à l'étroit.

- C'est quoi, cet appart?

- Ça fait 15 jours que je suis là.

*-Je t'avais dit qu'il fallait y aller.

- Racontez-moi le quartier.

*-Laisse tomber, t'es bien à Paris.

*Ca parle sur toi depuis que t'es partie.

*-Même quand elle est là.

- Tu leur diras que j'ai trouvé du taff.

*-Mortel.... tu fais quoi? - Je créé des chorégraphies

pour Eurodisney. Je m'occupe du personnage de Porcinet!

*-Ouais!

*T'es sérieuse, là?

*C'est qui, ce beau gosse? - Doum.

Mes amies, Prudence et Jessy.

*T'es sérieuse?

- Les filles! *-Tu fais quoi?

- On s'en fout, venez. *-Sale traître.

- Allez, on s'en fout.

“Allez, revenez!

*Doum, Prudence, Jessy.

*-Ça va, les filles? - Salut.

*À bientôt. Enchanté.

- À plus tard. - Ciao.

*T'es sérieuse? *-Je viens demain.

Elles rient. - Hé, arrêtez.

*-Je prends une chambre à côté. - Hé, il vous entend.

*-Il s'appelle Doum,

“parce que quand tu le vois, ton cœur fait Doum Doum.

- Hé, arrêtez, mais putain, il entend!

Bisous, les filles. *-J'ai jamais connu ça.

*SOS, mayday, mayday. - Oh là là... salut.

Et amusez-vous bien à Bruxelles City.

- DOUM DOUM!

Elles rient.

- Hé, c'est quoi, ce gars?

- J'arrange ta perruque.

- Elles sont sympas, tes copines. - Grave.

- Je suis dans le speed, je suis passé prendre quelques trucs.

Tout se passe bien? - Ouais, ça va.

- T'as besoin de rien? - Non, j'ai besoin de rien.

- Je te fais signe dès que je rentre.

- D'accord. - Pour tes papiers, c'est bientôt prêt.

- Cool. Quand tu rentres, on mange ensemble.

- Si tu veux, ouais. - T'es un mec bien.

- T'as encore rien vu.

"Ain't Nobody" (Rufus & Chaka Khan)

Doum rit.

J'ai oublié mon portable.

(-Putain...) - Tu t'entraînes?

- Je fais du sport.

(Mais quelle conne!)

Une petite saucisse?

Une achetée, une offerte.

- Oh, Porcinet!

Porcinet! - Porcinet!

Comment tu vas? - Une saucisse?

- On peut manger ça? - Fais-toi plaisir.

- Ah OK. - C'est une meuf, gros.

C'est toi que j'ai envie de manger. - Tiens mange du porc.

- Tu me fais manger du porc? En plus, t'es une rebeu? Traître!

- Rendez-vous à 18h, je suis au taff!

Sur la vie de ma mère, 18h.

Hé, pas 18h15, hein. 18h, je vous attends ici!

Vous faites pas les malins!

Y a plus personne! - Vous êtes Lila Benamar?

- Oui. - Vous allez nous suivre.

- Pourquoi?

- 130 000 euros de préjudice pour escroquerie.

Sofinco, Cetelem, Carrefour et j'en passe.

Le juge vous a mis en détention provisoire.

Écoutez, y a deux solutions. Ils ont votre carte d'identité.

Soit c'est vous, soit y a usurpation d'identité.

- Évidemment qu'il y a usurpation d'identité.

Je pensais avoir trouvé l'homme idéal,

et je m'étais juste fait arnaquer.

Musique inquiétante Brouhaha des détenues

- Malika?

- Ça fait deux jours que j'essaie de t'appeler.

- Malika? - Quoi?

- Quoi, Lila? Parle!

- Faut que je te dise un truc. J'ai peu de temps, ne dis rien à papa.

- Ah, la nouvelle.

Désolée, je te reçois pas

avec un gâteau.

T'es pas sur mon lit?

Elle tire la chasse.

- Le Crépu, il envoie, il court, il transpire,

j'ai la visière qui vibre.

Rires

Je suis pas une casquette

de pédé avec le scratch derrière, je me porte à l'envers.

Et quand il m'envoie sur le lit, je suis en mode.

casquette canapé.

- C'est bon, merci.

Merci, Jeanne. Bravo.

Allez, bouge.

- Elle est là, ta place. - Non, c'est là.

Rumeur de protestation

- C'était ta chaise.

- Bouge. Qu'est-ce que tu comprends pas?

La langue?

Merci.

- Ça va? Tout le monde est assis?

Bon, euh. oh oh! Ce que j'avais demandé, c'était...

d'interpréter la vie d'un objet

comme si c'était un personnage. Alors le texte, ça allait,

mais physiquement, désolé, tu faisais pas casquette.

Rires

Pense à.

Pense à une contrainte physique.

- Comme Catherine?

- Oh putain...

- Je trouve qu'elle a fait des progrès.

- Ouais, elle s'est bien démerdée.

- C'est vrai.

La nouvelle, tu t'appelles comment?

- Lila.

- Lila, t'en penses quoi, de tout ça?

- J'y ai pas cru.

- T'y connais quoi? T'es actrice?

T'y connais quoi? - On m'a posé la question.

- Ferme ta gueule.

- Hein? - Calmez-vous.

- Parle bien. Je te dis, parle bien.

- Oh oh oh! - Qu'elle ferme sa gueule.

- Parle bien. - Ferme ta gueule.

- C'est qu'un retour, on va pas polémiquer.

- OK, OK. - D'accord?

Tout le monde est passé? - Non, elle.

Elle est pas passée. - Ouais.

- Oublie-moi, d'accord? - T'as ouvert ta gueule, vas-y.

- Lève-toi, vas-y.

- Faut assumer.

- T'as voulu faire ta grande, tu te lèves.

- C'est mon 1er jour, je suis en observation.

- Tu te crois en stage?

T'es en taule, ici, ma grande. Faut y aller.

T'as ouvert ta gueule, t'y vas.

- Bon... Oh! Oh! Oh! Du calme.

Jeanne, avec ta grande gueule...

Elles rient.

- C'est moi. - Oui.

Raconte-nous une anecdote de toi, petite.

- Moi, j'ai été grande direct.

- OH!

Les filles rient.

- Allez, c'est fini, j'en ai marre.

- Oh, mais allez, Fabrice, ça va.

Protestations

- Bon, qu'est-ce qu'on fait?

- Catherine Deneuve... vas-y! Fais-nous rêver, Jeanne Moreau.

- Il est temps que tu sortes. Y a d'autres actrices.

Les autres la charrient.

- Comment elle t'a jetée! Bam!

- Tu fais la gueule. Vas-y, fais mieux qu'elle.

Donne-lui des leçons, vas-y.

- T'es là, bla bla bla.

- Vas-y, lève-toi! Vas-y.

Allez. - C'est bon, j'y vais.

Elles l'encouragent.

- Te sens pas obligée.

- Non, elles ont raison, je suis pas passée.

Je dois faire une anecdote?

- Oui, de quand tu étais petite.

- D'accord... hum.

Bah moi.

Comme Jeanne, je suis née dans une forêt.

- Ah! Comment elle t'a taillée!

Wesh, défends-toi, là!

Tu te laisses faire?

Tu fais la maligne?

Tu fais la maligne!

- Comme Tic et Tac, je mangeais des noisettes.

- Tu te moques de mes dents? Ah ouais?

- Ouais, ouais, ouais.

Elle zozote. - Je te jure que je te vanne pas.

Rires

Je te jure.

Excuse-moi. Excuse-moi.

- Hé, sérieux, arrête-toi. Tu viens

d'arriver, tu te prends pour une be-bom.

- Mais non, Penelope Croûte.

- Ah ouais? Penelope, OK. Mais comment je vais te croûter!

Avec le sourire.

- Je suis heureuse d'être avec Chuck Norris.

- OOO0H!

- Moi? Chuck Norris?

Hé oh, t'aimes pas le karaté ou quoi, là, oh!

- Ou MacGyver,

tout dépend la veste. - MacGyver, je serais sortie de prison!

- T'as assuré...

Ils sont mortels, ces cours.

J'ai vu que t'as kiffé. Hein?

- Normal.

Qu'est-ce que t'es belle...

- Je t'ai ramené des vêtements.

- Merci.

Ça va, toi?

- Moi ça va. Toujours pareil. Le boulot, la maison...

- Et papa?

- Papa, ça va. Il a presque terminé de payer sa plaque.

Il travaille de plus en plus.

- Je suis dégoûtée.

- T'inquiète pas.

Ça va s'arranger.

- Mon avocat dit que ça va être long.

Même l'appartement

était une douille. - Il te fait des papiers,

il te file un appart, c'était trop beau.

- Salut, Monique.

- Ça va, Lila?

On se voit au sport? - Ouais.

- Elles sont sympas. - On dirait pas Chuck Norris?

- Un peu.

- Elle a découpé

sa mère, elle l'a mis dans une valise et elle a fait les soldes.

- Arrête. - Attends!

Elle l'a abandonnée dans un métro. Ils lui ont explosé sa mère.

"Comment elle va, ta mère?" "Elle a tout pété.”

Putain.

- Je voulais te dire...

J'ai rencontré quelqu'un.

- C'est qui?

- C'est l'heure, Lila.

- Si tout va bien, on se marie bientôt, inch'Allah.

- T'as déconné.

- Tu verras, il est super. - Je croyais que t'aurais

un plan de la prison tatoué sur ton boule.

- T'es con. - Putain...

T'as un mec?

En arabe

- Prends soin de toi.

- Bon, alors... vous allez me mimer...

un état...

une saveur.

quelque chose qui vous manque ici.

- Quoi? J'ai rien compris.

- Bon, moi, par exemple...

Si j'étais enfermé comme vous, ce qui me manquerait,

c'est les Snickers.

Elles rient.

Vous savez ce que c'est?

- Perso, c'est pas ça qui me manque.

- Oui, bah moi, ce qui me manquerait, ce serait ça.

Alors c'est une barre chocolatée... Voilà.

- Ça a l'air sexuel, tout ça.

- Non, non, c'est pas un sexe. Non, c'est une barre onctueuse...

- OOO0H!

- Avec sa crème, tout ça, ses cacahuètes.

- Cacahuètes!

- Les cacahuètes.

Les cacahuètes.

Voilà. Avec du caramel fondant. Hein?

Vous voyez le caramel? Hum.

- C'est sadique.

- À vous, allez. Je vous attends.

Allez.

"Stepping Stone" (Duffy)

- Ouais.

Bravo.

- Voilà.

- AI Pacino.

- Euh...

- C'est mon père.

- AH....

- Qu'est-ce qu'il fait?

- Il est chauffeur de taxi.

- AH....

- II sait pas que je suis ici.

Applaudissements

- Vous me backez. - D'accord, vas-y.

On est prêts.

- Débarquée de Belgique Où je graillais des grec-frites

Avec un accent de merde Imagine le lexique

Un vrai garçon manqué Air Max à la rentrée

2-3 chicots cassés Impossible de me draguer

Mon premier mec Je lui ai plu dans un survet'

Touche pas mes fesses Ou je pars en sucette

Et ça tu sais Lila c'est qui

Si tu me touches Tu finis ta vie ici

Elles rient.

Putain, je peux même pas checker.

- Bah si. Tu le fais comme ça.

- On la tient.

“Elle croyait plus à l'ésotérique depuis longtemps.

*Moi, le soir, je laisse toujours une lumière.

*L'angoisse, en touchant l'interrupteur, c'est de trouver une main.

*Qu'est-ce que c'est?

*Tu cherches à qui elle appartient,

*mais y a que la main!

Applaudissements

- Bravo! Super!

- Génial!

- Merci. - Ça tue.

- Merci beaucoup. - Votre artiste est mortel.

On voit que vous kiffez, c'était excellent.

Bravo. - Merci, je dois vous dire

que j'ai adoré travailler avec vous. C'est sincère.

Je vous promets. - MERCI.

- Bon bah le stage

touche à sa fin.

J'espère que vous aurez du plaisir avec le prochain.

- Retour cellule!

- Oh non.

- Bon bah.

Au revoir. - Merci.

- Au revoir.

Salut, Lila.

- Je savais pas, vous êtes connu?

- Oh..... un peu. - Mais genre super connu?

- T'es bête ou quoi? Le gars a fait des trucs mortels en France.

- Je viens de Belgique. - Ça se voit.

- Vous n'allez pas recommencer. - Ça fait combien de temps?

- Ici ou metteur en scène?

- Ça, c'est pour vous rincer l'œil. Il rit.

- Je sais pas... Ma 1re pièce, c'était dans un restaurant y a 35 ans.

Ça fait longtemps.

Tu veux te lancer?

- Je sais pas.

- Je vais te dire une chose.

Il faut vivre ses rêves et les partager. T'en as?

- J'ai que ça.

- À ta sortie, fais tout pour les accomplir.

- Merci.

Cris de joie

- Reviens-nous vite. - Dis pas n'importe quoi. Casse-toi.

Reviens plus.

- Je vous écrirai. - Elles disent toutes ça.

- Moi, c'est pas pareil.

- Elle disent toutes ça aussi.

- Allez, ma sœur m'attend.

(-Allez, file. Sois pas en retard.)

- Tes pets vont me manquer. - T'es con.

- Allez, Chuck. - Yes.

- Bye, niger!

"365 Jours" (Oxmo Puccino)

Fais attention à toi.

- Ceux qui disent "Le temps c'est de l'argent” sont dans l'erreur

Si on met les euros de côté Pas les heures

Je commande un café

Avant le texte pondu Je demande mon dû

Car j'ai posé Avant que le sucre ait fondu

Souvent on avance Le temps m'importe mon pote

Si tu ne peux être à l'heure Faut que tu te téléportes

Quand on se rate Y a pas de prochainement

La vie est courte Et la mort a tout le temps

Né le matin, majeur à midi Vieux dès vingt heures

L'histoire oublie les héros Pas les vainqueurs

365 jours puis 700

Le temps commence à manquer Tu l'espionnes

365 jours puis 700

Le temps commence à compter Tu te questionnes

- C'est ici que j'emmenais ta mère.

C'est le meilleur Italien tenu par des Juifs tunisiens.

- Je savais pas que tu connaissais Paris.

- Paris?

On en parle une fois, et après, plus jamais.

On fait tous des erreurs, ma fille.

Faut juste en tirer des leçons.

On va laisser ça derrière nous, d'accord?

On va rentrer à la maison, trouver un travail...

- Tu sais, papa.

- Quoi?

- Rien.

- On va y aller, on a de la route, Malika nous attend.

(-Ouais...)

- T'as oublié quelque chose?

- Je peux pas.

- Tu peux pas quoi?

- Je peux pas rentrer en Belgique.

- Tu parles de quoi?

- J'ai rencontré des gens bien.

- Des gens bien?

En prison, des gens bien?

C'est la meilleure, celle-là.

- Tu me comprends pas. Tu comprends rien.

Tu sais quoi, tu me connais pas.

Tu sais pas qui je suis.

Je veux plus mentir.

- Qui t'en empêche? Allez, monte.

Y a ta sœur qui t'attend, on t'a préparé ta chambre.

Tes copines t'attendent.

Donc je viens jusqu'ici, je suis un con?

C'est ça?

Je suis un con?

Monte, Lila, monte! S'il te plaît...

- Maman m'aurait comprise.

- Maman?

Oublie-moi.

Oublie-nous.

Musique triste

- J'avais décidé de prendre mon destin en main.

Pour ça, j'avais brisé son cœur et le mien.

Je me suis jurée de pas rentrer avant d'avoir réussi.

Mais cette fois-ci, j'avais un plan.

J'ai vendu ma voiture, j'ai pris un appart-hôtel,

j'ai trouvé un taff et j'allais enfin

découvrir le Stand up Show.

- C'est Wary, ce soir.

- Merci.

"Droppin' Bombs" (John Roses & Meredith Hope)

Applaudissements

- Cette semaine, j'ai pris le métro.

J'étais vers les plateformes, j'ai entendu sonner,

je me suis arrêté.

Derrière moi, y avait un type qui n'avait pas le même projet.

Il me pousse, les portes se ferment, il rate le métro

et il se retourne vers moi avec une haine indescriptible.

Genre...

Soupir énervé

J'avais envie de lui dire: "On est mardi, il est 11h du matin,

"t'as deux sacs LidI dans les mains.

"T'es pas un homme d'affaires. Le prochain arrive dans 2 mn.”

Il dit: "Le temps, c'est de l'argent.”

Ça, c'est une grosse connerie. Je viens d'Afrique.

Le temps, c'est pas ce qui manque.

Je peux te dire que là-bas, le temps, c'est du temps.

C'est pas de l'argent du tout.

On aimerait savoir comment vous transformez le temps en argent.

Arrêtez d'envoyer du riz, envoyez la formule.

- Il avait retourné la salle. Et comme beaucoup,

il avait commencé au Café Oscar.

Le rendez-vous était pris.

Maintenant, il me fallait UN sketch.

Conversations

Inaudible

- Ma chérie,

tu parles toute seule. - Ah. Désolée.

- En cuisine, on s'en tape, mais tu fais flipper les clients.

- Je répétais un sketch.

- Tu répétais un sketch? Oh? T'es humoriste, toi?

- J'essaye. - Cool.

- Avec ton physique?

- Quoi, faut avoir un nez dans le dos?

- Regarde les humoristes, ils sont... - Justement.

Y a un créneau à prendre. Elle est jeune, jolie, drôle.

Elle peut cartonner.

Fais un truc pour voir? - Quoi? Ici?

- On est entre nous. - Non, jamais.

- Si, si, elle a raison.

Tiens, t'es prête? Je t'annonce.

Ladies and gentlemen,

please welcome. Lila!

- Ouh! - À poil,

à poil!

- OK.

Alors un truc que je viens d'écrire. OK.

Dans les films américains,

quand un mec pète, il met un briquet devant son cul.

J'ai voulu faire pareil avec une culotte en nylon et ben.

- BEN..?

- C'est fini?

- Alors, c'est drôle?

- Ouais. - Non.

- Si, c'est drôle. - Bah non.

- T'as pas rigolé.

- Si, j'ai rigolé, mais.

à l'intérieur.

Et comme je porte pas de culotte, ça me touche moins.

- Tu portes pas de culotte? Jamais?

Mouais...

- Rajheet, t'as kiffé, toi?

- Fais pas ça. On sait pas si tu dis oui ou non.

Vous comprenez, ça?

Bande de bâtards.

- Rajheet, limitation de Sarko, nickel.

Comme ça, on met pas de culotte?

- Pourquoi j'ai dit ça? - Pas de culotte...

- Oh, arrête. - On met pas de culotte.

- Mais arrête! - Ça va.

- Je suis sûre que j'ai le truc et...

Je suis persuadée que vous pouvez m'aider.

On peut faire un truc ensemble.

- Alors? Ça va? - Félicitations.

- Merci. - C'était très bien.

- En prison, ça fait le mec qui veut aider les gens,

mais en fait, y a que du vent quand on sort. C'est ça?

- Mais euh... Lila... - Quoi?

- Tu veux boire un verre?

Un verre? - Non, on va rentrer.

- Bon. Allez.

- C'est le temple du stand-up.

Les plus forts y sont. Les meilleurs passent à la télé.

- Ce sont pas les meilleurs. - C'est ceux qui ont réussi.

- Pour toi, c'est ça, réussir?

Le plus important, c'est ce que tu racontes sur scène.

Sinon, toi, ça va?

- J'ai besoin de ce tremplin.

- Écoute-moi, Lila.

Si tu travailles bien, la télé viendra à toi. Prends

ton temps.

- J'ai pas le temps ni le choix. Faut que je cartonne rapidement.

Je veux lui prouver que je suis capable. - À qui?

- À mon père.

- On parle pas de ton père, on parle de toi.

Qu'est-ce que tu veux?

- Monter sur scène.

Avec le stand-up, je sais que je peux tout niquer.

- Oui, mais il faut faire les choses dans l'ordre.

Bon, sinon, toi... ça va? - Ça va pas.

Je dois jouer au Café Oscar. Je sais pas comment faire.

Tu peux m'aider?

- T'es pas pressée, toi.

J'ai un emploi du temps chargé.

Le stand-up, c'est compliqué. Il faut faire des vannes.

Je sais pas comment t'aider.

- Viens juste me voir.

Ça te coûte quoi, 5 mn?

- Tu as 5 minutes de sketch?

- OK. C'est bon. J'ai compris, merci.

- Quoi?

Oh, Lila. quoi?

Mais... Lila!

Sinon, toi, ça va? - Ça va.

Applaudissements

- CÇa va?

Timidement - OUAIS...

- Je vous entends pas. Ça va?

- Ouais...

- Euh... je voulais vous parler...

Les mecs, par exemple.

Quand vous faites un strip-tease, on aime que vous soyez déguisés.

Vous savez pourquoi? Enfin, en médecin, en flic ou.

Ou en ouvrier.

Vous savez pourquoi? - Non?

- On aime bien que vous ayez un job.

- Ah ouais?

- Et euh. la question que je me suis posée...

Tous les gens qui ont les cheveux bouclés

et qui savent qu'en France, il pleut,

ils sont étonnés que leurs cheveux montent.

Pourquoi tu fais un brushing?

Ce qui m'énerve, c'est quand les gens collent leur chewing-gum sous la table.

Je me demande s'ils font ça chez eux.

*Larsen du micro

Le micro est mort.

- C'est toi qui es morte.

Rires

Sketch et rires au loin

- Je savais pas que t'étais là.

- Si, j'étais là.

Euh.

- J'ai...

- Comment dire... Il soupire.

- J'étais nulle?

- Non, nul, c'est bien. T'étais à chier.

Demain, 14h, au Progrès. Le café où s'est vus la dernière fois.

- Tu me coaches?

Bonjour. - Bonjour, assieds-toi.

Tu bois quelque chose? - Non, ça va.

- Voilà. Tu notes les artistes qui te touchent,

les thèmes qui te parlent et puis voilà.

- Pierre "Dessprogesse".

- Non, euh. Pierre Desproges.

- Raymond Devos, Guy Bedos.

Que des vieux. Je parie qu'ils sont morts.

- Pas plus que toi, hier soir, sur scène.

Tu t'es regardée, non?

Là, tu as des personnages.

De l'humour noir, du clown.

Alors, tu étudies ça et on se voit la semaine prochaine.

- C'est fini, c'est tout?

On bosse quand?

- Bah euh... je t'appelle.

Et puis t'as un peu de boulot.

Allez, je te retiens pas.

Ça, c'est ce qu'on appelle un théâtre à l'italienne.

- Je connaissais que "à l'algérienne". - C'est quoi?

- Y a pas de siège. Il rit.

- Et oui.

- C'est impressionnant. Comment tu joues avec ça?

- Tu vas t'habituer. Regarde à l'horizon.

Tu as lu ce que je t'ai donné? - J'ai kiffé.

- C'est pas si mal, les vieux. On va faire une entrée.

Mets-toi à Cour.

Voilà.

Jardin. Cour. Mets-toi à Cour.

OK. Bon. Reste au milieu.

Le stand-up se développe avec le public.

Tu écris ton passage et le soir, tu testes.

Ça rigole, tu gardes. Ça rigole pas, tu jettes.

Sois à l'écoute. Sans le public, tu n'es rien.

T'as compris? - Hum.

- T'as des idées, des pistes?

- J'ai une idée sur les voitures.

- Développe.

- Quand on est dans une voiture, on a l'impression d'être seul.

J'étais au feu rouge, un mec se curait le nez.

Ils "croivent” qu'ils sont seuls.

- Ils "croivent”? - Ouais, qu'ils sont seuls.

- On reprend les bases.

- C'est-à-dire?

- Le français.

Je crois, tu crois, il croit, nous croyons, vous croyez, ils croient.

- J'ai vu des mecs à la télé qui disent "croivent”.

- Pas à la télé française.

T'as l'ossature, il faut gagner en efficacité.

Une vanne toutes les 15 secondes. - D'accord.

- C'est de l'abattage, mais la performance est jubilatoire.

Tu sais ce que ça veut dire? - Bah ouais.

- Demain, rendez-vous au Félix, 18h. J'ai des salles où tu peux te rôder.

On filme et on débriefe. - D'accord.

Mais j'ai pas de texte. - T'as jusqu'à demain soir.

- Moi, je fais l'amour.

- Pas devant les gens. Au feu rouge.

- C'est ça qui est excitant.

- Ah merde!

Putain! Les filles, passez-moi une éponge.

Allez, un truc pour éponger.

- Tu sais quoi? Tiens.

- Une serviette hygiénique?

- Elle est balèze, elle absorbe tout.

Elle est multifonctions.

T'as un problème: "AIlô Houston?" Tu veux te reposer?

Dans l'avion, elle est là!

Quand tu ris, on comprend, Rajheet.

Roland Garros, elle est là. Y a trop de soleil, elle est là.

Tiens.

- Vous mettez vraiment ça?

- Elle se met là. Elle fait aussi couverture chauffante.

- Tu vois? Regarde.

Bam, bim, trois rires.

Mets ça dans tes sketchs. - Dans tes sketchs.

- Je suis serveuse dans un restaurant.

Je confirme, vous êtes des vrais crevards.

Et euh.

Dans la cuisine, on a eu une grosse fuite d'eau, une inondation.

Comme par hasard, j'avais mes menstruations.

Comme tous les 1ers jeudis du mois. Je sais pas pourquoi.

C'est le jour off. Dans ma poche,

j'avais une serviette de chez Lidl. Pourquoi Lidl?

Elle est épaisse.

T'as déjà vu ou pas? Un gilet pare-balles. Un millefeuille.

Y en a qu'une seule, elle fait tout le cycle.

- C'est bien, mais faut impliquer les hommes.

Là. y a plus d'hommes.

C'est un peu trop vulgaire.

Et parle pas en arabe, c'est communautaire et épouvantable.

- Je sais pas si vous avez ça.

Les mecs vous ont déjà envoyé leur teub en photo?

Tu sais genre... Leur teub au cinéma.

Ma teub sous la douche...

Ma teub au ski. Leur teub, c'est devenu Martine.

Je jouais tous les soirs. Mes sketchs tenaient la route.

Comme un rituel, je finissais toujours au Café Oscar.

T'as vu une serviette Lidi?

Elle est balèze, on dirait une planche de surf.

Le public rit.

Tu la mets avec un legging, ça fait une teub.

Applaudissements

T'as l'impression d'être un super-héros.

T'as le pouvoir de faire rire les gens.

Chaque applause est de l'adrénaline.

Comme un toxico, t'as qu'une seule envie: recommencer.

Applaudissements

C'est tout pour moi, c'était Lila, merci beaucoup!

C'était une bonne soirée? - OUAIS!

- Madame avec le voile? Je me demande

si vous êtes musulmane ou si vous avez un cancer.

Mais comme vous avez une bière...

On applaudit son dernier spectacle.

On garde l'ambiance et on fait du bruit...

- C'est très très lég'. Ça va faire même pas 20 euros chacun.

Y a un fils de pute qui a mis des roubles.

Ils rient.

- Salut. - Salut, Lila.

- Lila? Bonsoir.

Je suis Pierre Durand, le directeur du Stand up Show.

- Enchantée. - Enchanté.

C'est bien, ce que vous faites.

- Ça vous a plu? - Ça fait longtemps que j'ai pas vu ça.

Ça vous dirait de faire un essai dans la troupe?

- Oui, avec plaisir. Oui. - On se voit

la semaine prochaine et puis si ça marche...

vous intégrez le Stand up Show.

Je vous laisse ma carte. Je vous laisse réfléchir.

Et encore bravo.

- Merci.

C'est le mec du Stand up Show!

Il m'invite! - T'es pas prête.

La dame avec son cancer, tu m'as fait quoi?

- Ouais, mais c'est le jeu.

On se moque des Noirs, des Juifs, des handicapés.

Toujours au détriment de quelqu'un.

"On peut rire de tout.” Dessprogesse.

- Non. Pas quand tu blesses quelqu'un.

Tu canalises pas ton énergie. Tu parles pas, tu aboies.

- Faut toujours que tu me casses.

- Je te casse pas.

Tu as encore des choses à apprendre.

- Je comprends pas. J'ai soulevé la salle.

Le mec me veut dans sa troupe.

Je peux montrer ça à mon père et tu me niques mon délire?

Le stand-up, il faut vanner.

Si ça fait mal, il faut pas venir au spectacle.

- Tu vas vite. T'as rien compris. - C'est toi qui as rien compris.

Je ferai le Stand up Show.

T'es à l'ancienne.

Musique triste

- Ah, Lila. - CÇa va?

- Je suis content de te voir. - Moi aussi.

- Je vais te présenter l'équipe.

Bon, les gars... oh oh oh!

Lila est nouvelle dans la bande. - Salut.

- Salut.

- Voilà. Alors ce soir, c'est Lila qui ouvre le bal,

Fab qui enchaîne.

Fab! Tu m'entends ou pas? - Oui.

- Tu enchaînes, Rayan, tu clôtures. Comme hier.

OK? Hé.

II faut les éclater.

- On va leur défoncer la rondelle.

- On va foutre le feu, ça va leur brûler les poils du uc!

Jingle de bide

- Vous sentez, là?

Ça sent le bide, là.

Ils rient.

Ouvrez les fenêtres.

- Une chorale, c'est mignon. Mais pas un pet de foufounette!

C'est comme les témoins de Jéhovah, c'est toujours par deux!

Merci, c'était Lila. C'est tout pour moi! Merci!

On garde cette énergie, un maximum de bruit pour Fab!

Ovation du public

- Hé... Lila, mesdames, messieurs!

(-C'est bien! C'est bien, putain.)

Allez, va chercher ton contrat.

- Sérieux? - Ouais.

Bon, y a encore un peu de taff niveau mise en scène.

- D'accord. Je vais bosser.

- Tu as mis un pied dans la cour des grands.

Je vais faire de toi une machine de guerre.

Une vanne, une applause, une vanne, une applause.

Attention, t'es un peu vulgaire, parfois. C'est bien.

- Ta mère suce des bites en enfer!

- Mais quel connard, celui-là.

- Oh, mother fuckers, faites un maximum de bruit

pour la killeuse Lila Benamar!

Oooooh...

Est-ce que vous êtes là? Je vous entends pas!

Est-ce que vous êtes là?

Un homme tape au mur. - On est là, ta gueule!

(-Merci, c'est tout pour moi.)

- Lila.

Fab.

- On préparait l'émission la plus importante de ce milieu.

Elle avait lieu une fois par an.

Les humoristes se rôdaient toute l'année. Moi, j'avais deux mois.

- C'est la dernière ligne droite.

C'est dans huit semaines. Ça représente des millions

de téléspectateurs. Les mauvais dégageront.

C'est clair?

- Le pire, c'est le 1er.

Tu chauffes le public pour les autres.

Toujours super bien maquillée...

- J'ai voulu faire un régime.

Mais pour ça, il faut de la volonté.

La dernière fois que j'ai utilisé ce mot, c'était pour:

"Héééé! Y a un buffet à volonté! Viens, on y va!

"Viens, on y va!"

- On vendait du rire,

mais chacun pour sa gueule. On déterminait

ton niveau aux applauses. C'était la course à la vanne.

- Vas-y, rends-moi ça. T'es un gamin.

- Le dernier est la cerise sur le gâteau.

Tout le monde se tapait pour l'être. Le succès dévoile les personnalités.

- À tout à l'heure.

"Droppin' Bombs" (John Ross & Meredith Hope Raney)

- Les producteurs venaient faire leur shopping.

Alors on donnait le max.

- Bien, bien, bien.

- Je faisais pareil, hier soir.

Sauf que moi, y avait une meuf en-dessous.

- Mais t'as payé 40 euros.

- 30. Ta sœur me fait des bons prix.

- C'est le public qui choisit. Il est sans pitié.

Tu peux repasser en 1er. Rien de pire pour ta confiance.

Le mec le plus sûr de lui irait pleurer chez sa mère.

- Et puis si elle a 16 ans...

un mot des parents.

- On a toujours un mec bien qui nous aime énormément.

Je l'appelle "le meilleur ami”.

Pour monter un meuble lkéa, il est là.

Il se dit quoi?

"Je vais l'avoir à l'usure.”

Il attend la brèche.

- J'étais la seule meuf. Je devais me battre.

Je suis là, moi!

Je me voyais progresser, alors je me donnais trois fois plus.

- La prochaine, mesdames, messieurs, elle a un regard de chatte,

mais un vrai cul de chienne.

Avec elle, c'est 30 millions d'amis, je vous demande

un tonnerre d'aboiements pour Lila!

Ouh ouh ouh ouh!

- On savait qu'après l'émission,

il en resterait qu'un.

Merci, merci pour cette présentation.

Celui ou celle qui deviendrait la future star de l'humour.

Tonalité

*-AIIÔ?

Allô?

*-Papa?

Papa.

C'est moi.

- C'est qui?

- C'est une erreur.

Des hommes rient.

- Oh, le bâtard!

Bon allez...

- I! faut être efficace, tout le métier est dans la salle.

Vous oubliez les caméras et vous dépassez pas les 6 mn.

D'accord? L'ordre de passage.

David, John, Bram's, Fab, Rayan et Lila.

- Ils sont pas sérieux? - Attendez. D'habitude, je termine.

- C'est pas Pierre qui décide. C'est mon émission.

À tout à l'heure.

- Ils la font passer en dernier?

- Elle est toute pétée. Genre la cerise sur le gâteau.

- C'est de moi que tu parles?

C'est de moi que tu parles?

Tu me présentes comme une merde. C'est quoi ton problème?

- T'as pas d'humour. - T'en as qu'avec moi.

Tu vannes pas les autres.

T'as le même sketch depuis 10 ans et toi, tu pompes les Américains.

- Oh, ferme ta gueule. - Quoi?

Baltringue. - Tu vas la fermer

ta gueule ou pas?

- Arrête! Arrête!

- Stop! - Arrête.

- Je veux pas me salir les mains. - Ah ouais?

- Arrêtez, là, oh!

- Lâche mon bonnet, putain!

T'as de la chance, je tape plus les filles!

- Et vous?

- Alors, poussin? On a chié un œuf dur?

Un des humoristes rit.

- CÇa va?

- Ça va et toi? Je me fous de l'ordre. On peut switcher.

- Mais non, t'inquiète. - C'est pas important.

- Mais non. Ça va? Pas trop le trac?

- Je suis pas bien. J'ai des nouvelles vannes.

- Ah ouais? Envoie-les-moi.

- Je vais pas t'embêter avec ça. - Tu rigoles ou quoi?

On s'aide, c'est un jour important.

Vas-y, envoie.

- C'est vrai? - Ouais.

- Tu sais, quand t'arrive à Gare du Nord, y a une voix...

Propos incompréhensibles trop près du micro

On dirait qu'elle vit dans le cul de quelqu'un.

Et puis... - Vas-y, enchaîne.

- Je viens

de Belgique, mais je suis devenue une vraie Parisienne.

Je suis devenue une connasse.

Dans le wagon, y avait une nana qui pleurait au téléphone, désespérée.

"Je suis pas bien, il m'a larguée.

"Je suis enceinte et il a changé la serrure.”

Je me suis juste dit: Elle capte dans cette station?

C'est vrai? - C'est pas mal.

Me regarde pas comme ça, je te jure. - Rayan?

- Ouais? - Tu viens?

- II faut que j'y aille. Merde pour tout à l'heure.

- Merci. - Allez.

- Déchire tout. - Ouais, merci.

- Gardez cette énergie pour le prochain, il s'appelle Rayan, mesdames, messieurs.

Ovation du public

- Bonsoir! Bonsoir à tous!

Salut, moi, c'est Rayan.

J'ai une grande nouvelle, je viens de me fiancer.

Applaudissements

Mais bon. voilà. c'est une femme plus âgée.

Ça a vraiment déplu à mon entourage.

Elle a 47 ans...

de plus. Rires

(-Putain...)

- T'as pris un bide? - Jamais.

C'est l'autre, elle fait la maligne. Elle me fout la rage.

- Je me rappelle

quand je suis arrivé Gare Montparnasse. Y a eu cette voix qui dit...

Propos incompréhensibles trop près du micro

On dirait qu'elle vit dans le cul de quelqu'un.

Applaudissements

Ça fait 10 ans que je suis là.

Je me suis rendu compte que j'étais devenu.

un vrai Parisien.

Un vrai connard.

J'étais dans le wagon en face d'une fille

qui était dans un total désespoir et qui parlait à sa copine

et lui racontait ses horreurs: "Tu te rends compte?

"Il m'a frappée, je suis enceinte,

"comment je vais faire?" Je me suis dit:

"Elle capte à cette station?"

Ovation du public

C'est Rayan, c'est tout pour moi!

Hé... bienvenue dans le game.

Musique triste

- Se faire voler des vannes,

c'est comme un tirage de maillot en foot, ça fait partie du sport.

J'allais pas vivre ça 2 ans.

Je me suis cassée. Il a menacé de m'envoyer son avocat.

- T'as signé un contrat. Le spectacle m'appartient pour 2 ans.

- Qu'est-ce que tu racontes?

- Je lui ai envoyé autre chose. - Putain!

- Passe-moi le jus.

- Tiens.

Ils cherchent

une aide-soignante.

- Malika...

- Quoi? Tu vas pas rester comme ça. On va de l'avant, là.

- On verra bien.

- Malika a raison. Reprends-toi.

Je peux t'emmener.

- Merci papa, je me reprends.

- T'as vu papa

ce qu'elle me fait? - Je fais quoi?

Il parle en arabe.

- T'as aucun respect.

Malika rit.

Ils prient en arabe.

- C'est pas comme ça. Regarde.

- Chez moi, c'est comme ça.

- Djamila, je suis traiteur. - T'es traiteur? Tu traites qui?

Traite tes cheveux, d'abord.

- Chut! Y a Omar!

- CÇa va, Ghislaine? - Hum hum.

- Allez, ma fille, c'est le moment.

Youyous

Musique orientale douce

- Sache que je suis le premier à t'avoir aimée.

*Musique orientale rythmée Youyous

- Bonjour Mme Arabian.

(Je te la présente, elle a Alzheimer.)

- D'accord. - M. Grinda.

Alzheimer aussi.

Mme Savinelle.

Alzheimer.

C'est Mme Sesberès.

- Elle a Alzheimer? - Non, elle est Bretonne.

Bonjour, madame. Vous allez bien?

- Oui.

*-Mon père s'appelle Omar.

*Ouais. Omar, comme Omar Sharif. Il a la stache-mou comme lui.

*Tu sais, on dirait une moquette.

*Tu vois? C'est cool, t'as de la moustache aussi.

*Toi, c'est du duvet.

*Rires dans la salle

*On dirait de la mousse.

“Je vous disais... voilà. je.

“J'ai toujours voulu être danseuse.

*Et je suis montée sur Paris pour devenir danseuse.

“Je me souviens quand je l'ai annoncé à mon père.

“J'étais dans le salon, j'ai dit: "Papa, je veux être danseuse."

*Il m'a dit: "Ah, tu devenir une pute?"

*Rires

*"Je veux créer des œuvres, des chorégraphies.

*"Je veux faire voyager les gens.”

*Il a dit: "Ah, désolé, tu veux devenir une grande pute."

*Rires

“"Ta grand-mère a fait un brushing à sa chatte."

“Je l'ai cogné, je lui ai mis un K.O.

*C'est lui qui m'a initiée à la vanne.

“Et il le sait pas.

*C'est lui. Mon père.

*"Ta grand-mère a fait un brushing à sa chatte." Paf!

“Et toi? “Et moi quoi?

*-Bah euh... tu l'aimes?

*-Tu peux pas imaginer.

*C'est tout, pour moi.

*Je l'aime comme un fou, un Re-noi, une star de cinéma.

*-Tu l'as dit à ton père? *-II connaît pas Lara Fabian.

*-Putain, Lila... *Elle rit.

*-Allez, on reprend.

*Ouais. Allez...

- Bonne journée, papa.

Ils se saluent en arabe.

On aplatit bien.

On fait quelque chose de régulier.

On met la pâte d'amande, je la mets à côté de vous.

Voilà.

Doucement, c'est pas bon pour les dents.

- J'ai plus de dents!

- On va attendre qu'elles repoussent. - Inch'Allah.

- AIlô Fabrice?

*-Oui?

- Omar, le papa de Lila.

Pourquoi Lila ne remonte plus sur scène?

Y a un problème?

Un contrat?

Et ça consiste en quoi?

C'est combien?

- Au revoir, Beyoncé.

- Ça va ma fille? - Ouais.

C'est gentil d'être venu me chercher. - C'est normal.

- C'est quoi, cette voiture? - Monte.

Quand ta mère est morte, elle m'a fait jurer de vous rendre heureuses.

Là, je te vois. et je manque à Ma promesse.

Ta sœur

est mariée avec quelqu'un de bien.

Elle a un travail, elle est heureuse.

Je veux que tu le sois aussi.

Dieu t'a donné un don.

C'est de faire rire les gens. Les gens ont besoin de rire.

Bon, quand c'est vulgaire. j'aime pas ça.

Mais quand tu dis des choses pour leur bien...

c'est une bonne action

et ça te rend heureuse.

Alors tu vas continuer.

Il parle en arabe.

Arrête de dire des saloperies.

Et tu les enchaînes.

- Papa, c'est rien, ça.

C'est des mots, je fais comme eux.

- Eux qui?

- Les hommes.

- Les hommes? Mais ma fille, tu vaux 10 hommes.

T'as pas besoin

de ça pour les faire rire.

- C'est impossible, y a une histoire de contrat.

Si je... - Écoute-moi.

Va à Paris.

Fais ce que tu aimes.

C'est dur, mais je dois l'accepter.

Mais ne me demande pas de venir t'applaudir.

Je peux pas.

Vis ta vie, ma fille.

- C'est impossible.

- Benti, tout est possible.

Allez, vas-y.

- Y a rien à expliquer, t'es libérée de ton contrat.

- C'est quoi ce délire?

- Y a pas de délire, ça n'a pas été simple.

Maintenant, on a la main.

On a un mois pour boucler ton spectacle, faut pas se louper.

À la dernière, je convoque éditeurs, presse, tourneurs et on voit.

- Et si ça prend pas?

- Ouh là.

Je peux te dire

qu'on est tous dans la merde.

Je t'ai vue en prison te faire ta place.

Je t'ai vue au café Oscar.

T'es montée sur scène, t'as rien lâché.

C'est pour ça que je suis là, que je t'accompagne.

- C'était fini pour moi, le stand-up.

J'allais plus courir après les vannes. Je m'attaquais au seule en scène.

On allait bosser à l'ancienne, rôder le spectacle

avant le Casino de Paris.

Musique grandiose

Pardon. - J'ai failli attendre. T'es prête?

- Je suis née prête.

- Quand te dépetitpotdebeurreriseras-tu? Je me dépetitpotdebeurreriserai

quand tous les petits pots de beurre se dépetitpotdebeurri...

- Non... reprends.

- Je vous ai eu pour les invitations. C'est noté.

Vous inquiétez pas, elles sont là.

C'est super, OK. Merci. Je vous rappelle, hein.

Au revoir.

- Petit pot de beurre... Quand te... potdebeurriserai...

Allez, je mange pas de beurre.

- Reviens, tu reprends. - Non!

À 25 ans, je quittais Bruxelles pour Paris

pour devenir danseuse.

- Théâtre du Petit Saint-Martin?

Accent belge - C'est le prince de Belgique.

Je vous appelle... - T'es relou.

- Tu m'as entendu. trop près.

- J'échange ces sketchs et je finis avec cette vanne.

On s'est dit ça.

- OK. Ça commence à prendre forme.

- Je t'ai pas dit... Psahtek, tes Air Max.

- Seimek.

"We're Almost There" (Michael Jackson)

Accent africain - Bonjour, je vous appelle...

Pareil. Trop près.

- Pour mon spectacle. - Non, merci.

- Des personnages caricaturaux, mais attachants.

C'est le parcours initiatique d'une femme...

(-Reste toi-même.)

- Je vais tout niquer, d'accord?

Y a personne comme moi. On va attraper le public en levrette.

- Ouais, en levrette. - C'est comme ça.

- Oh, t'es lourd, sérieux. Tu sais pas faire l'accent rebeu.

Laisse-moi bosser.

Euh.

salam alikoum.

*-Ouais! Continue comme ça!

*-Malika, Prudence, Jessy, regardez!

*Cris de joie

*-J'ai été entraînée par mes nièces, je regrette pas.

- Désolée, on est complet. Oui, bah voilà.

Je vous rappellerai.

(On est complet, complet.)

Oui, voilà, c'est super. Bah écoutez.

Comment? Je capte mal, je suis en voiture.

- Voilà, allez au revoir.

C'était ton père.

- Vous êtes devenus potes?

- On est passionnés de westerns.

Il est inquiet et il veut pas te le montrer.

- Tu lui as dit quoi? - Que c'est complet.

Que toute la presse sera à la dernière. - Sauf lui.

- T'en fais pas.

Il viendra un jour. - Non, il viendra pas.

Il me laisse faire, c'est déjà ça.

- Bon... écoute.

Il a fait bien plus.

Il a vendu sa plaque de taxi

pour racheter ton contrat. Ta liberté, c'est lui.

Bon, ça reste entre nous.

J'ai juré...

Walaladime... de rien dire.

Walaladime, je dis rien.

Allez, viens.

"Wahrane Wahrane" (Khaled)

- Bah non, s'ils ont pas de place carré or,

tu les mets pas dans le carré or, c'est logique.

Quoi, Drucker? Prénom?

Michel? Non, je connais pas. Il est pas sur la liste?

S'il est pas sur la liste, il rentre pas.

- T'as sorti la raja?

- T'es bête. - Le couple est de sortie.

- T'as payé ta place? - VIP.

- C'est blindé. La meuf a blindé le truc.

- Depuis quand t'as un costume? - Le concierge Armand.

J'ai tout récupéré le costume là-bas.

- Omar va venir? - Je crois pas.

- Non? - Non, je crois pas.

(-Merci.)

Rajheet, tu vois quelque chose?

- Allez, amuse-toi, hein? - Ouais.

- Amuse-les, surtout.

Il est là.

Allez.

(Nique tout!)

Le public scande "Lila".

Ovation du public

"Highlander" (S.Pri Noir)

"La vie de rêve" (FR)

Sous-titrage: HIVENTY

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