All language subtitles for [ Torrent911.pe ] Je.ne.suis.pas.un.Heros.2023.FRENCH.1080p.WEB-DL.H264-Slay3R

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Original subtitles

Conversations disparates, brouhaha -Oui, bonjour, cabinet R&M associ�s.

- Je cherche � joindre la greffi�re...

- Pour le dossier Barnobri, on demande le renvoi ?

- Antoine ? C'est Camille.

Des t�l�phones sonnent.

-�a te dit quelque chose l'affaire Evelyne Fontaine ?

- Non. -�a date de 95.

- J'�tais pas n�e en 95.

- Il a sign� la convention d'honoraires ?

- Au pire, on te renvoie une version.

C'est pas dans leur int�r�t.

Un portable vibre.

- J'esp�re que l'administration va pas faire appel.

- Quelle connasse, cette Elsa.

Je pose le vendredi et jeudi soir,

elle me donne une tonne de boulot.

- Salut, Corinne.

- Pardon ?

- Si tu as trop de travail, je peux t'aider, enfin, vous aider.

J'ai rien � faire.

- Merci, on g�re tr�s bien.

Conversations disparates

Un t�l�phone sonne.

Il claque des doigts.

- Ah, pardon.

Clapotis

L'homme urine � gros bouillon.

T'as besoin d'aide ?

Je veux dire, je suis junior, je cherche de nouveaux dossiers.

- Ah.

Non, c'est bon, t'inqui�te.

L'homme remonte sa braguette.

Ton pr�nom ?

- Louis. - Oui, viens avec moi.

- Oui, enfin...

OK.

Pardon.

Voil�.

Presque.

- Au fait,

j'assiste Elsa Laudet.

Rentre. - Merci.

- Dans l'affaire des pesticides et des cancers... Non, touche pas.

C'est pas grave. On va le mettre l�.

C'est fragile, �a casse.

Je dois pr�parer un m�mo, mais j'ai pas le temps.

Yannick Noah.

J'ai lu tes m�mos.

C'est carr�, c'est bien.

- Merci. - Tu saurais faire �a ?

- Ouais, grave. Trop bien, merci beaucoup.

Super, oui. - T'es s�r que �a ira ?

- A priori, je suis hyper s�r.

- Si c'est bien, tu assisteras � la r�union.

Tu en as d�j� fait

avec Elsa ?

- Oui... Non.

J'ai pas assum� de mentir, l�.

Je sais qu'il faut faire gaffe avec elle.

Les gens disent des horreurs. - C'est ma meuf.

- Mais j'y crois pas.

Elle bosse super bien et... - Je rigole, c'est pas ma meuf.

Enfin, pas encore. Qui sait ? L'homme rit.

Allez, bim.

- Bim.

- Tu me fais �a "asap" ? -"Asap". Franchement, merci.

�a va �tre carr�, nickel. - OK, merci. Ferme la porte.

- Oui.

- Tu veux pas sortir avant ? - Ah oui.

Th�me enjou� au piano

*-Environnement...

- Je t'aide, maman ?

- Reste assis.

*-Ces personnes auraient d�velopp�

*un cancer suite � une exposition

*� des pesticides. Marine, vous confirmez ?

- Ah, regardez.

*-Nous avons rencontr� ces malades. Ils auraient d�velopp� un cancer

*apr�s avoir �t� mis en contact avec ces produits.

*Aucune preuve, mais ils ont port� plainte.

- Formidable affaire.

*-Je suis

*avec les porte-paroles de l'association.

*Dans quel �tat d'esprit �tes-vous ? *-Ben...

*-Y en a marre de ces connards avec leur thune de merde !

*-Beaucoup de col�re, donc.

- Je m'occupe

de l'affaire. - Ah ?

- Enfin, le cabinet.

- Dommage.

- Je peux passer

2-3 coups de fil. - Il va se d�brouiller.

Il faut que tu t'en occupes.

Le fils de Mathilde, lui... - Laisse-le.

- Ben non.

� son �ge, on plaidait d�j�.

Surtout moi. - Oh, oh...

- Ricane pas b�tement.

J'aurais d� finir associ�e, mais je suis tomb�e malade... enceinte.

Quoi ?

Ah, on peut rien dire.

Il prend tout mal.

Ne le prends pas personnellement. - Non.

- Mange, que je serve � quelque chose.

- J'ai pas faim, j'ai mal au ventre.

- Encore ? Tu as vu quelqu'un ?

- Non.

- Je passe 2-3 coups de fil ?

- Arr�te avec �a.

Th�me l�ger

- Salut.

Un livreur a d�pos� ce colis en bas pour toi.

- Merci, c'est gentil. - Je l'ai engueul�.

- Ah, c'est pas gentil, �a.

M�me si c'est p�nible.

Ils veulent jamais monter, alors qu'on paye pour ce service.

Mais ils sont surexploit�s, je comprends.

Enfin, je comprends � moiti�. Mais bon, c'est pratique.

- Tu parles au t�l�phone ?

- Non, � vous.

- Tu veux boire

un verre ?

- Oui, avec plaisir. Mais l�, j'ai trop de travail.

- Tu dis rien, hein ? - Oui.

- Je te parraine, si elle te vire, je pourrai plus rien pour toi.

H�... - Ah, quand m�me, tu arrives.

- Ton m�mo. - Merci.

- Vous parliez de quoi ? - De notre empreinte carbone.

Les �crans � la caf�t', �a m'a ouvert les yeux. Merci, Elsa.

L'autre jour, dans le m�tro,

une meuf avait une bouteille en plastique

et des morceaux de pomme

vendus sous cellophane.

Franchement, on est o�, l� ?

- Si tu veux r�duire ton empreinte carbone,

parle moins.

�clats de rire Je rigole.

- Ha, ha... Il choque un verre.

Excusez-moi, j'arrive.

- On commandera plus tard.

- Non. Bonjour, "Salsa".

Elsa. Pardon "salsa", c'est une sauce.

Une danse. - Il est avec moi.

- Tu es venu avec un serveur ? - Non, il travaille au cabinet.

- Tu es venu avec un stagiaire ? - Un junior.

- Tu es l� depuis quand ? - Une minute.

- Non, au cabinet.

- Ah. Eh bien, l�, au cabinet, lundi en 15, �a fera un an.

- Je t'ai jamais vu.

- Tu devrais aller

chez l'ophtalmo.

�clats de rire

- Il est hyper dr�le ce mec ! - Il est dr�le.

- Assieds-toi.

Non, pas l�. - Non, pardon.

- Donc l'association veut porter plainte contre nous.

Il faut qu'ils acceptent un arrangement � l'amiable.

- Je comprends pas.

Le parquet a abandonn� l'affaire. Pourquoi ces gens portent plainte ?

- Parce que les experts

n'ont rien pu prouver.

Les malades demandent une autre expertise.

Bastien, c'est dans ton m�mo.

Mollo sur le rouge.

- Je sais.

On s'est pas compris.

Les experts mandat�s par le parquet n'ont pas vu de lien,

donc, le reste, on s'en fout.

Un autre expert n'aura aucun poids face au juge.

Moi, ce proc�s, je vous le gagne les yeux ferm�s.

- Oui, mais non.

M�me si vous �tes innocent,

l'opinion publique prendra parti pour les malades.

�a va ruiner votre image.

- Le serveur est plus malin que toi. Quelles sont vos consignes

pour la transaction ?

- 1,5 M par plaignant, pas plus.

Mais discret, ou les gens vont dire qu'on ach�te leur silence.

- C'est le cas, non ?

- Tu organises une r�union

avec les gens de cette association, je te repasse le m�mo.

Toi, rien.

- OK.

- Et toi, tu me pr�pares un m�mo

sur chaque plaignant.

Cherche des failles.

- Oui.

- 1,5 M, vous pensez y arriver ?

- Oui, on trouvera un moyen pour qu'ils acceptent.

Th�me l�ger

M�lange de voix chuchot�es

-C'�tait pas anodin.

-Puis je m'en suis pas pr�occup�.

-J'avais des courbatures...

-�a fait combien de temps que vous avez �a ?

- Je sais pas, quelques mois.

- Pourquoi vous n'�tes pas venu plus t�t ?

- J'avais peur que ce soit grave.

- Eh oui.

Je suis fatigu�.

Bon.

Rhabillez-vous.

C'est s�r qu'on fait pas un m�tier facile, nous.

-�a veut dire

que �a va ?

- Elle est grosse cette tumeur,

tr�s grosse.

En plus, elle est mal plac�e.

Vous �tes la g�n�ration plastique, ils vous en ont foutu partout.

Qu'est-ce qu'ils imaginaient ?

- Je... - Et voil�, voil�.

Bon.

Il y a une chance sur deux

pour que ce soit b�nin.

Qu'est-ce qu'on fait ?

On va pas perdre de temps avec une IRM, non ?

On fait directement la biopsie.

Je vous fais passer en urgence.

Th�me grave

- 8 euros pour une course comme �a, vous vous rendez compte ?

Vous savez combien il me reste au bout du compte ? Rien.

Presque, je dois payer pour travailler.

- Pardon, d�sol�, je suis en retard.

- R�union "Chemcell", oui, c'est �a.

- Tu nous as fait le m�mo ?

- Oui.

Non.

D�sol�, j'ai oubli�.

Mais j'ai tout dans la t�te, donc je peux faire...

- Ah, c'est pas une blague ?

OK, je pensais que c'en �tait une.

Ricanements

Du coup, c'est quoi ton excuse ?

Pourquoi t'as pas fini le m�mo ?

Allez.

On a du travail, Louis.

Attends-moi dans ton bureau.

- Je suis all� chez le m�decin, il m'a diagnostiqu� un cancer.

- T'as vu ? J'�tais pas contente.

J'ai rousp�t�, je... Rires g�n�s

Euh...

Tu fais quoi ? On va prendre un caf� ?

Tu viens ?

- Passe, passe devant.

- Au proc�s, les malades vont tout perdre.

Du temps, de l'�nergie, de l'argent.

Il faut qu'ils pensent � eux.

C'est dans leur int�r�t de prendre l'argent.

Moi, je leur dirais �a.

C'est ce que je ferais � leur place.

- Louis, on peut parler d'autre chose.

- Non, �a va.

Le travail, �a m'occupe l'esprit.

- Je te trouve courageux.

J'appr�cie �norm�ment.

Tu vas avoir un bureau � toi.

Tu pourras �tre tranquille. Tu t'occupes de �a, Bastien ?

- Oui.

Ah, maintenant.

Quelqu'un frappe et entre.

- Merci, Corinne.

- Garde le moral, hein ?

C'est important.

Ma grand-tante a eu un cancer et elle a gard� son sens de l'humour.

- Et elle va bien ?

- Alors, non, elle est morte,

mais jusqu'au bout,

elle a rigol�.

Enfin, pas jusqu'au bout.

� la fin, elle ne rigolait plus, mais avant, elle rigolait grave.

Th�me cristallin

-�a va piquer tr�s l�g�rement, c'est normal.

- Salut.

Encore un fain�ant qui voulait pas monter.

- Vous voulez boire un verre ?

- Si �a te fait plaisir.

On va tous au m�me endroit, donc, si tu meurs avant, on te rejoint.

Les dinosaures sont morts il y a 65 millions d'ann�es,

alors, m�me si tu meurs

15 ans ou 20 ans avant nous,

qu'est-ce que c'est que 15 ou 20 ans ?

- Excuse-moi.

- Je t'ai pas

remont� le moral, si ?

- Bof.

- Tiens, regarde.

Vas-y.

-"Ce carnet appartient � Bruno Lipsy.

"J'ai fait un AVC il y a huit ans et je ne ressens plus aucune �motion.

"Si mon comportement vous a bless�, veuillez accepter mes excuses."

C'est possible, �a ?

- Ben oui, la preuve, ton cancer, je m'en fous.

- D�sol�, je te gonfle

avec mes probl�mes, alors que tu as les tiens.

- C'est pas grave,

je suis un bout de bois.

Viens, mis � part �a, on passait un bon moment.

- Je suis d�sol�.

- T'es gentil, toi.

- Merci. - C'�tait pas un compliment.

Th�me l�ger au piano

- J'ai l'avis de l'Agence nationale de s�curit� sanitaire

de l'alimentation et de l'environnement.

- C'est la porte-parole de l'association.

- H�l�ne Smill.

- No, absolutely. Tuesday's great.

Thank you.

Thank you. Bye.

- Vous venez avec moi

au pot de d�part de Mathieu ?

- J'ai pas �t� invit�.

- Il doit pas se souvenir qui il a invit� ou pas.

Elsa ?

- Je l'ai vir�, il doit s'en souvenir.

Vas-y, Bastien. On a fini.

-� plus.

- Ciao. - Vous me rejoignez ?

- J'ai pas de vie priv�e, moi, donc...

- Moi non plus.

On va prendre un verre ?

Je vais pas passer ma vie dans ce cabinet.

J'aimerais m'impliquer plus dans la vie politique, il reste tant

� faire pour les femmes.

- Je te voyais pas comme �a. - Tu pensais que j'�tais une connasse.

- Oui... Non.

Non, non, pardon, je plaisante.

Non, non, non, je plaisante.

- Bon, bon, bon.

Les r�sultats montrent...

T�l�phone

All� ? Je suis occup�.

Non.

Jusqu'� 21h30, oui.

Apr�s, je dors.

Oui... C'est �a.

Au revoir.

Je n'en peux plus.

Bon, eh bien, tr�s bien !

- Ben non.

Non, le...

- Les r�sultats, pardon.

Mais bien s�r.

Voyons, pardon.

Oui, c'est �a.

C'est bien �a.

Tout va bien.

- Comment �a ? - Tout va bien.

- Tout va bien ?

- Oui.

- Tout va bien, vous �tes s�r ?

- Je suis d�sol�

de vous avoir inqui�t� pour rien, mais j'ai pr�f�r� �tre prudent.

- Vous �tes s�r, s�r ?

- Vous ne seriez pas

hypocondriaque ?

C'est �crit.

Attendez, j'avais pas vu. - Quoi ?

- Que vous n'avez rien du tout !

Ah, l�, l�...

- Dommage, �a t'avait valu une promo. - Non, �a, c'est gr�ce � mon travail.

Ou alors, je dis que j'ai gu�ri.

Je laisse passer un peu de temps et je dis que j'ai gu�ri.

- Ou tu dis que ton cancer n'a pas besoin de chimio.

Non, parce que s'il n'y a pas de chimio, les gens s'en foutent.

- N'importe quoi. - Si. Madame ?

Mon ami a un cancer, mais il n'a pas besoin de faire de chimio.

L�, elle s'en fout.

Ou tu dis que tu as des chimios qui font pas perdre les cheveux.

�a, il faudrait demander � quelqu'un qui sait.

- Bon, on va boire un coup pour f�ter �a.

Bruno, tu fais quoi ?

Marche pas sur la route.

- Bonjour. - Bonjour.

- Bruno, arr�te.

- Je peux vous aider ? - Oui.

- Non, on regarde.

- En fait, il ose pas demander.

- Je vous �coute. - Explique ton probl�me.

- Non, en fait, j'ai regard� sur Internet.

- Oh, il faut se m�fier d'Internet.

Le moindre bouton, c'est un cancer. Vous avez quoi ?

- Il a un cancer. - D'accord.

- Il a lu que certaines chimios

ne faisaient pas perdre les cheveux.

Vous savez lesquelles ?

- C'est compliqu� de r�pondre � cette question comme �a.

- Mais en gros ?

- Tout d�pend du cancer.

- Quel cancer il faut qu'il ait ?

- Que dit votre m�decin ?

- Il faudrait qu'il lui dise quoi ? - Non, mais pff...

C'est pas tr�s d�fini.

- D'accord.

Alors, il me semble que pour certains types de cancers digestifs,

il existe un protocole qui ne s'attaque pas aux cheveux.

- Ah, cool !

- Super, �a. - Ah ben, c'est super !

- Apr�s, ce sont des cancers tr�s agressifs.

-�a, c'est pas grave. - On s'en remettra.

- D'accord.

- Super, on a tout.

Au revoir. - On reviendra.

- Bonne journ�e. - Au revoir.

Au revoir.

- Oui ?

Ah, Louis.

Tu tombes bien.

Tu m'accompagnerais � la rencontre avec les plaignants ?

Les malades, euh... les pesticides. Tu connais le sujet.

Parce que tu as... bien boss� dessus.

Tu sauras cr�er un lien avec eux. Tu en penses quoi ?

- Tr�s bien, oui. Oui.

- Bien, le d�but d'une belle collaboration.

Un t�l�phone sonne.

On se rejoint ?

Ah, yes.

Th�me m�lodique et anxiog�ne

- Oh...

- D'apr�s les experts, il n'y a aucun lien

entre l'utilisation des pesticides... - C'est ta m�re, l'expert ?

C'est plus facile, du coup. Ils sont truqu�s, tes rapports.

- Vous pouvez tenir

votre cliente, cher confr�re ?

- Oui, essayez de vous calmer.

- Oublions le complotisme

et soyons plus pragmatiques.

Soit vous acceptez

cet accord,

c'est une jolie somme,

soit on va au proc�s,

mais vous n'avez

aucune chance.

- OK, tu parles bien,

mais t'as pas forc�ment raison.

Ah, bien s�r.

C'est le moment de manger.

L'argent, je m'en fous.

On s'en fout tous, hein ?

Y en a marre.

On se laissera pas faire, on se fait empoisonner et on dit rien ?

Rien � foutre, vous �tes contents.

Le soir, tu te dis : "Je suis contente."

- Je suis d'accord avec vous,

mais notre client

n'est pas responsable.

- Alors, pourquoi il veut nous acheter ?

- Pour l'opinion publique,

il est coupable.

Il propose un accord b�n�fique

aux deux parties.

-"B�n�fique".

Elle se fout vraiment de notre gueule, en fait.

Vas-y, Julien. - On ne part pas sur de bonnes bases.

-"B�n�fique". R�agis.

On y va, c'est bon.

- Mais...

- On va y aller.

- Excusez-moi.

Vous �tes

H�l�ne Smill, c'est �a ?

- Je sais pas.

- C'est elle, oui.

Il semblerait que le cancer que vous avez contract�

soit le m�me que... - Que ?

- Votre maman. Elle est bien morte d'un cancer ?

Vous �tes en r�mission, j'en suis heureux,

mais d'apr�s mes recherches,

ce serait plut�t g�n�tique.

Sans lien avec les pr�tendues activit�s nuisibles de notre client.

Donc...

Donc, voil�.

-� quel moment tu parles de ma vie ?

Tu connais rien de ma vie, alors ferme ta gueule.

Il y a des gens qui sont malades, tu comprends ce mot : "malades" ?

- Oui, parce qu'il vient de d�buter une chimioth�rapie. N'est-ce pas ?

- Hm.

- Et il a tenu � venir

pour essayer de vous faire comprendre

qu'il faut accepter cet accord.

- T'as lou� un canc�reux pour nous attendrir.

Kiloutou, la meuf. Il pouffe.

Pourquoi tu rigoles, �a te fait rire

avec ta t�te de gobelin ?

Redescends de tes immeubles friqu�s

avec tes putes qui t'am�nent ton caf�.

- Corinne n'a rien d'une pute.

- Regarde Julien.

Regarde-le. Julien, il est malade.

Il est malade

� cause de l'entreprise que vous d�fendez.

- Non. - Dis pas non !

C'est pas une ligne dans ton dossier de merde, il est devant toi.

Il est sous chimio, il est �puis�. Il a arr�t� ses �tudes et il bosse

dans le bar de sa fac. - Par choix, j'aimerais ouvrir un bar.

- Non, mais �a... Arr�te.

C'est pas �a.

- Vous en pensez quoi ?

- Non, mais...

- Laissez-le parler.

- Merci.

On nous donne jamais la parole, alors, pour une fois.

Je pense

qu'il faut interroger tous les malades pour...

- On va pas parler 15 piges !

Ils sont responsables, qu'ils assument !

Toi, toi et toi ! Vous �tes responsables.

Toi, t'es responsable.

On va pas payer

pour �touffer un scandale, stop ! On bouge, point final.

- On peut trouver un arrangement.

- Allez, j'entends pas. - Au revoir.

- Au revoir.

-�a va, oh...

- Bon...

Tout cela fut fructueux.

- Vous trouvez ?

- Merci.

Heureusement que tu �tais l�.

Je savais plus quoi dire. J'�tais en boucle.

- Oui, c'est une chance pour nous, ce cancer.

- Peut-�tre qu'il faudrait aller sur place, non ?

Rencontrer les autres. Avec elle, le dialogue est ferm�.

Peut-�tre qu'avec les autres... - S�r, mais c'est pas une bonne id�e.

Enfin, je peux essayer.

- Louis est plus qualifi� pour y aller, non ?

- Louis ? - Hm.

- Je crois pas, non.

C'est quand m�me moi qui suis en charge du dossier.

Ah, OK, d'accord.

Oh, ma grand-m�re est morte du sida. Je suis assez qualifi� maintenant ?

- C'est tr�s joli ce que tu dis.

- Tr�s joli. - Oui.

Bastien claque la porte.

- Oh...

Ils urinent.

- Tu veux m'accompagner ? - T'es un malin, toi.

- H� ! Ben, t'es toute seule ?

Bon anniversaire.

- Tu te rends compte ?

Ton p�re m'a souhait� mon anniversaire sur Facebook.

40 ans qu'on vit ensemble, et il me le f�te sur Facebook.

- Vous n'avez pas pass� la journ�e ensemble ?

- Non, lui, il est � Vienne, je crois.

� un colloque o� il est l'invit� d'honneur.

Pour je-sais-pas-quoi.

Voil� ma vie, qu'est-ce que tu veux ?

- Tiens.

Bon anniversaire, maman. - Tu es trop gentil.

Je vais me coucher, je suis fatigu�e. Tu m'en veux pas ?

�a va, toi ?

- Tu veux passer

au bureau demain

ou un de ces jours ? -�a changera rien.

- J'aimais bien quand on d�jeunait ensemble, �a fait longtemps.

- Mouais, pff.

�a n'a aucun int�r�t.

- Si tu veux, je te pr�sente la nouvelle associ�e.

On travaille sur l'affaire des pesticides.

Et...

elle me parle souvent de toi.

Elle te conna�t. - Elle me conna�t ?

- Oui. - D'o� ?

- De r�putation.

Elle dit qu'elle est associ�e gr�ce � des femmes comme toi,

qui ont fait avancer les choses.

Elle en a cit� 2-3. - Qui ?

- Qui, qui... - Halimi, tout �a ?

- Halimi, Simone Veil, euh...

Tu as fait avancer les choses.

- Je passerai.

Allez, viens.

Th�me m�lancolique au piano

Tu m'as remont� le moral.

- Qu'est-ce que tu fous l� ? - Salut.

Vous allez bien ? Tu vas bien ?

On sait jamais. "Tu allez bien" ?

"Vous va bien ?" On se "voutoie" ?

Ah, pardon.

- Juju ?

On est pr�ts...

Enfin, on va commander, mais t'as le temps si tu...

- J'arrive. - OK. � toute.

- Je vais bosser. - Comment il te parle ?

Cette bienveillance surjou�e, c'est insupportable.

Ils me font pareil.

-�a part d'un bon sentiment.

- Je sais pas si la piti� est un bon sentiment.

Tu sais quoi ? Ne le sers pas si t'as pas envie.

Un vrai serveur sert qui il veut quand il veut. C'est � son rythme.

C'est lui le roi, c'est pas le client.

- Ouais, qu'il aille se faire enculer.

Tu veux fumer ?

- Peut-�tre pas se faire enculer. - Comme il veut.

- On dirait une grosse cl� USB.

Je t�l�charge mes donn�es.

Non, pardon, c'est d�gueulasse ce que j'ai fait.

Faut appuyer l� ? - Oui, et tu tires.

- C'est bon, je sais.

- T'es con, toi.

Le point positif, c'est que c'est ma m�re qui m'ach�te ma weed.

Il tousse.

Tu fumes pas trop, toi.

- Moi ? Ah si, je fume tout le temps.

J'adore, bien s�r.

Mais...

Pourquoi t'ouvres pas ton bar ? C'est ce que tu voudrais, non ?

- Oui, je veux, mais bon. L�, niveau timing, c'est pas top.

Apr�s chaque chimio,

pendant quatre jours, je peux pas bosser.

- Ah bon ? - Ouais.

- Ah ben oui, moi aussi.

- Toi, �a se voit pas trop que tu es malade.

- Mouais, je...

- De toute fa�on,

j'ai pas d'argent.

�a r�gle le probl�me. - Tu peux faire un pr�t.

- Non, quand tu as le cancer, tu peux pas faire un pr�t.

Ou c'est compliqu�.

- Ah bon ? C'est horrible.

Quel scandale.

- T'es malade, t'es avocat et t'es pas au courant de �a ?

- De �a ? Ah si, de �a, oui.

- Comment je t'ai grill�.

Attends.

T'es d�fonc�, l� !

- Ah oui. - Tu es def'.

- Oui, def'.

- Je t'ai grill� direct. - Ouais.

Je sais pas pourquoi, d'un coup, �a m'a cartonn�.

- Donne, c'est confisqu�.

- Avec l'argent de la transaction, tu pourrais l'ouvrir, ton bar.

- H�l�ne nous a dit de ne pas accepter.

Puis m�me, j'aiderais mes parents au lieu de penser qu'� ma gueule.

Mais, toi, tu es malade

et tu veux qu'on se fasse acheter ?

- C'est la meilleure solution, Julien. C'est la seule, en fait.

Le proc�s va durer des ann�es, pour un r�sultat incertain.

H�l�ne vous pr�sente les choses sous son angle � elle,

qui est l�gitime,

mais c'est � toi et � toi seul de d�cider.

C'est pas � elle ou � tes parents ou � moi, c'est � toi.

- Juju, pardon, mais tu crois qu'il y en a encore pour longtemps ?

- D�sol�, j'ai zapp�, j'arrive. - OK. Mais 25 minutes, un peu soif.

- 25 minutes, il a un peu soif. Ben, avalez votre salive.

Mais l�, on est au milieu d'un truc. - OK, pardon.

- J'arrive.

T'es ouf, toi.

- Tu vois ? C'est � toi de d�cider.

- Merde, H�l�ne, j'avais oubli�. Tu vas te faire d�chirer.

�a va ? - Bonjour.

- Bonjour, ton cul.

Faut pas lui parler. T'as honte de rien, toi.

- Vous �tes dans la caricature, l�. - C'est ta m�re, la caricature.

- On discute. - Non.

Fais-moi confiance.

Jure-moi que tes rapports d'experts de fils de putes sont pas truqu�s.

- Je vous le jure.

- Et alors, on devrait te croire ? Il nous prend pour des d�biles.

On bouge.

Juju, vas-y, viens.

Ces blaireaux veulent t'acheter. - On discute, on fait rien de mal.

- Quoi, je me d�fonce et toi, tu discutes ?

- Non, tu d�cides pour nous.

- Je fais �a pour toi, moi. Je passe des heures au t�l�phone...

- Ouais, � nous faire la morale. Hier pareil, c'est toujours pareil.

- J'ai appel� Nadia... - Non, en fait, tu sers � rien.

- Tu te trompes. - Tu cherches les embrouilles.

- C'est lui qui t'embrouille. - Tu dis que l'argent sert � rien,

�videmment, toi, t'es en r�mission. - Mais qu'est-ce que tu racontes ?

Il te manipule. C'est lui, le cancer.

- C'est moi, le malade, c'est moi qui d�cide.

- Le cancer du cerveau, il t'a mis.

- All�, �a va ? *-Ouais.

*C'est important ? Je suis occup�e.

- Je fais vite : les plaignants acceptent l'arrangement � l'amiable.

*-C'est pas vrai ! -Si.

*-Tu rigoles ? -Non.

*-C'est all� vite. Tu es une machine de guerre, toi.

- Merci. Toi aussi. *-Quoi ?

- Je passe pas loin du bureau, on se f�te �a ?

*-J'aurais ador�, mais je peux pas. Attends, Bastien.

*-Salut, Louis. *-Bastien te dit bonjour.

- Super. Vous "faisez" quoi ?

Vous faites quoi ? *-On collationne avec un client.

- Ah, g�nial, et tu manges quoi ?

*-On ne doit pas d�passer 1,5 million par plaignant.

*-T'avais bien vu, finalement. *-S'il te pla�t, Bastien.

*Louis, faut que j'y aille. -T'inqui�te, � plus. Mange bien.

Salut, papa, je te d�range pas ? *-Je t'�coute.

- J'ai une bonne nouvelle.

J'ai fait gagner le cabinet dans l'affaire sur les pesticides.

*-Bravo, mon grand. Il a fait gagner son cabinet !

Sa m�re : *-Il plaide quand ?

-�a vous dit de venir � la maison pour f�ter �a ?

*-Non, il y a du monde sur la route. -Sinon, je peux venir, moi.

*-Non, il y a du monde sur la route, on fera �a une autre fois.

- Bonne soir�e. *-Je t'embrasse, ta m�re aussi.

*Musique �lectro au loin

- On s'emmerde, non ?

- Excuse-moi, c'est ma faute.

Je suis sur mes trucs.

Je suis �go�ste, je te pose aucune question.

Tu bosses dans quoi ?

- Ben, je bosse pas.

� chaque fois, on me vire pendant la p�riode d'essai.

Ils ont de la chance, ils ont l'air de s'amuser, les gens.

- Je peux peut-�tre t'aider. -� quoi ?

-�a va te para�tre bizarre, mais � ressentir des choses.

Je peux te stimuler. - Oui, c'est vrai.

- M�me si tu ressens rien, envoie des signaux positifs.

Souris, par exemple.

Houl�, non.

Non.

- Je sais pas si je veux ressentir des choses, je suis bien comme �a.

- Ah bon ?

Bruno, �a te pla�t d'�tre un bout de bois comme �a ?

- Au moins, je suis pas un bout de bois malheureux.

Toi, t'es pas un bout de bois, mais t'es malheureux.

- Ah non.

La plupart du temps, je suis heureux.

Je suis pas, bien s�r, je suis pas...

- Alors ?

Cette premi�re chimio, mon chaton ? - Ah, super.

Enfin, �a va, quoi. - Oui.

Hm...

� ta chimio.

*Signal d'arr�t *-Quatri�me �tage.

-� tout de suite. -� tout de suite.

- Vous avez bien fait d'accepter cette transaction.

On n'avait aucune chance de gagner.

�a va pas �tre coton, mais je vais y aller au bluff.

Je leur dirai que c'est un million par plaignant ou rien.

Je suis un fin strat�ge.

- En fait, je suis un des avocats de la partie adverse.

Vous vous souvenez ? On s'est vus � la premi�re r�union.

- Bien s�r.

- Bienvenue � tous. Merci d'�tre l�.

Je sais que ce fut difficile,

mais je suis heureuse que nous soyons parvenus � un accord.

Je d�bute par la proposition de notre client.

Ce sera difficile d'aller au-dessus.

Notre client propose... - 800 000 euros

par plaignant.

- 1,2 million.

- 900 000.

- 1 million. C'est mon dernier mot.

- Entendu.

Nos juristes vont r�diger les contrats.

Nous signerons d'ici deux mois.

C'est ma premi�re n�gociation o� on ne se cherche pas des poux.

O� on avance.

Allez.

- Non, merci. - Non, merci.

- Ah oui, ma grand-tante a eu un cancer

et elle aussi avait arr�t� l'alcool. - Mais elle va mieux.

- Hm, hm.

- Alors, je vous avais pas dit que j'�tais un fin n�gociateur ?

- T'es Corinne ? - Oui.

- Ben oui.

- Je suis riche, putain, je savais pas que c'�taient les prix.

Fallait me le dire. - On y va ?

- Sans rancune. - Je t'attends en bas.

- H�l�ne...

- Ce zef que tu t'es pris, mon gars. T'inqui�te, �a arrive.

- Viens.

- J'arrive. Merci pour tout.

Franchement, t'as assur�. - Merci.

- Maintenant, j'ai les moyens d'ouvrir le bar.

Je t'inviterai � boire des coups. - T'as int�r�t.

- Salut.

- Et voil�, extraterrestre.

- La n�go, j'adore �a.

Brouhaha -Ton crabe � l'estomac,

c'est une chose que t'as pas dig�r�e petit.

J'ai vu une conf�rence T.E.D.

- TED. - Oui, dans la vie,

on somatise tout, tout se passe entre 0 et 6 ans.

Apr�s, c'est de la chantilly, c'est que du beurre.

La vie, c'est du beurre T'as qu'� plonger dedans

Et puis... Ouh !

D'ailleurs, si tu veux, je connais

un tr�s bon kin�-�nerg�ticien. - Oui, super.

Je reviens. -� toute, alors.

- Je t'aime bien.

Je te comprends parce que ma m�re a �t� malade.

Le dernier No�l qu'on a pass� ensemble...

- Je reviens, d'accord ? - Oui.

*Musique �lectro-pop

- Wouh !

J'aime pas trop danser. - Ah, zut.

Tu rentres chez toi ? - Non, �a va.

Je me mets dans un coin et...

- Je t'accompagne. - OK.

�a, c'est pour le transit.

�a, c'est des carottes.

Et les "chip".

- Louis... - Ah, ma cravate.

- Assieds-toi.

- Oui.

- Tu me stresses.

Je suis pas venue

pour manger.

- Ah bon ? - Non.

- T'es venue pourquoi, alors ?

Ah, voil�.

On frappe � la porte.

- T'attends quelqu'un ?

C'est......

Excuse-moi.

-�a va ?

- Je suis occup�. - T'as une bi�re ?

- Non, je suis occup�. - Tu fais quoi ?

- C'est quoi, cette veste ? - Rien. Ah, je d�range.

Bonjour, madame. - Je vais te chercher une bi�re.

Elsa, Bruno.

- Ah. C'est toi la grosse conne du cabinet ?

Elle rit. -Non, non.

J'ai jamais dit �a.

- Ben si, la connasse.

- Non, tu confonds avec Corinne.

- Il a dit "connasse".

- Louis ?

- T'es amoureuse ?

Ah, j'ai fait une gaffe. T'es pas amoureuse ?

Lui, oui, il bande.

Je peux vous regarder faire l'amour ?

- Non !

-�a m'aiderait � ressentir des choses.

Bon, tu me raconteras ? - Non.

- C'est quoi, ce d�lire ? - C'est mon voisin, il...

C'�tait pas... - J'aurais jamais d� venir.

Dis, j'ai pas confiance en H�l�ne Smill.

Tu peux aller en province assurer le suivi avec les plaignants ?

Ils te font confiance.

V�rifie qu'ils changent pas d'avis avant la signature.

�a risque de durer, le temps de finaliser les derniers points.

C'est tr�s important.

- OK.

- Je vais y aller.

Th�me m�lancolique au piano

Oui ?

- Et "kikou" !

Tu... Tu bosses sur quoi ?

- Un laboratoire pharmaceutique a achet� � bas prix des brevets

et veut revendre le vaccin � un prix exorbitant.

- Les encul�s.

- On d�fend le labo.

- OK, �a va, alors, ils ont le droit.

Ben, si tu veux,

tu me mets dessus.

Non, laisse, pardon.

- Je t'ai confi� une autre mission.

Louis, impose-toi un peu. Arr�te de demander la permission.

- OK, alors, je t'impose d'aller boire un verre avec moi, ce soir.

Je plaisante.

Et, tu sais, je voulais te dire...

Je repensais � hier soir.

Mon m�decin, en fait, m'avait dit qu'� cause des...

Que �a pouvait ne pas marcher.

- Tu veux que je te mette

en arr�t maladie ?

- Non, c'est pas �a. C'est � cause des chimios.

- Ah, t'es l�, toi ?

- Oui, ta maman faisait un petit scandale � l'accueil.

Du coup, je l'ai fait monter. -�a fait 1/2 heure que je poireaute.

Tu me r�ponds pas. T'as oubli� notre d�jeuner ?

- Non. - C'est une t�te de linotte, lui.

- Oui, voil�.

- Vous �tes l'associ�e ? - Oui.

- Je suis la maman.

L'avocate, celle qui a chang� les choses.

C'est pas moi qui le dis, hein ?

- Enchant�e. - C'est �mouvant

de revenir ici, �a a chang�, dis donc.

Je ne reconnais rien.

Mais attention, je ne critique pas. - Bon, on y va.

Elle a du travail.

- C'est bien.

C'est bien. - Ravie de vous rencontrer.

Vous avez fait

un travail magnifique. - Ah oui ?

- Oui : Louis. - Ah.

Au fait, il nous a parl�

de son truc de canc�reux.

C'est super, �a nous a fait plaisir. - Bon, elle raconte n'importe quoi.

- Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Rien, mais on va d�jeuner. - Ici, on aime tous votre fils.

On est avec vous dans cette �preuve.

Il va s'en sortir. - Bon, on y va ?

Viens, on va d�jeuner.

- Ma m�re a �t� malade.

Je sais ce que c'est que de vivre avec quelqu'un qui a... une maladie.

La m�re sanglote. -Si, c'est de ma faute. Mais si.

Je t'ai mal �lev�. Je savais pas faire.

Le Nutella � tous les go�ters, le ketchup partout.

Les plats pr�par�s � mettre au micro-ondes.

C'est de la merde.

Je te demande pardon

de tout mon c�ur.

Ce que tu es dans la merde, maintenant !

Il te reste combien de temps ? -�a va aller.

Allez, rentre � la maison.

Au revoir, maman.

Elle pleure. Tout droit. �a va.

Je suis d�sol�, d�sol�.

Je sais pas, j'�tais s�r de lui avoir dit.

*Morceau d'op�ra

Ah, papa.

- Ah, il est l�, il est l� ! - Papa, je vais bien.

Je vais bien, papa. -�a va bien se passer.

- Je suis pas malade.

- Tu n'as pas � nous rassurer.

C'est nous qui devons prendre soin de toi.

- Il y a un malentendu. - On a parl�.

D�sormais, place aux bonnes ondes !

- Y a pas besoin. - C'est qui ton m�decin ?

Je peux passer 2-3 coups de fil.

- T'es pas possible avec tes "2-3 coups de fil".

Je vous aime. - Oui.

- On s'aime. -�a va aller.

Tous les trois ensemble.

Bon, on fait � manger ?

Tu es mon tout petit, toi.

- Que des bonnes ondes.

- J'ai achet� plein d'antioxydants.

Des tomates.

Je leur enl�ve la peau, sinon, c'est quand m�me acide.

- Tu regardes quoi ?

- Je regarde comment �a tourne.

- Ben, �a tourne.

Mais �coute

comment �a chante.

- OK.

- C'est beau, non ? - Oui.

- L�, y a rien de plus triste.

Qu'est-ce que �a te fait ? - Oui, �a me fait quelque chose.

J'ai plein de pens�es. - Du genre ?

-�a me fait penser que...

tes parents, ils s'aiment parce que tu as un cancer.

Et t'as p�cho une meuf

parce que tu as un cancer. -�coute mieux.

- T'as du boulot, aussi.

En fait, il faudrait que tu aies un cancer.

- Bon, on va faire une pause.

C'est bien, non ?

Il faut se projeter, mais l�, on peut mettre un comptoir.

Une t�l� pour les soirs de match.

Faut se projeter. - Carr�ment, faut se projeter.

Franchement, je suis pas fan. Je trouve pas �a ouf.

D�sol�.

- Je suis d'accord, le rapport qualit�/prix du bien n'est pas id�al.

Un bon ravalement, des travaux d'isolation thermique

et un bon d�samiantage.

- Je m'en fous, j'ai d�j� le cancer.

- Pourquoi tu vends

une merde comme �a ?

- Il y a des acheteurs pour �a. - Et du coup, des vendeurs comme toi.

Le soir, dans ton lit, tu te dis : "Super, j'ai vendu une merde" ?

- Je fais que mon m�tier. - J'ai d�j� entendu cette phrase.

Vichy, non ?

- D�sol�. Au revoir.

� bient�t.

- Au revoir.

- Dis pas "au revoir". - Ben si.

- Non, non...

Alors ? - Je vais attendre un peu.

Le temps d'aller mieux. - Non, il faut faire des projets.

Je te jure, fais-moi confiance.

- Il a raison.

Ben, oui, faut faire des projets, moi aussi, je dis �a.

Je dis pareil.

Y a rien de dr�le.

On va trouver.

Excuse-moi, tu as deux minutes ? Attends.

Excuse, je connais bien Fatou, je sais pas si tu vois.

- On va boire un coup ?

Je vais pas tarder, j'ai chimio demain.

- Maintenant que tu es riche, ach�te-toi

des v�tements.

- T'es un b�tard, toi.

- Le monsieur, l�, trop chic, 70-80 piges.

Hyper �l�gant, avec son chapeau.

Et elle, elle �tait...

Elle �tait trop mignonne.

Tu te souviens ? Elle a enlev� sa perruque : "Monsieur, bonjour."

Cr�ne chauve, comme �a.

- C'�tait des bons moments. - Ouais.

- H�, Juju ! - Salut.

J'y vais. - Oui.

- J'ai fait du shopping.

- Il leur montre... - Si tu lui fais de la peine,

je te tue.

Je le connais depuis qu'il est petit, c'est comme mon fr�re, d'accord ?

- Ils disent quoi les m�decins pour lui ?

Et vous ?

- C'est qui, vous ? On est 12 ?

-� qui tu parles ? - Toi.

- On s'en fout de moi, c'est pas la question.

Il pouffe de rire.

- Tu as des poils ?

- Tu vois deux poils, tu p�tes un c�ble, vraiment ?

�a te d�go�te ? - Non, �a me surprend.

- Ils repoussent enfin et je devrais me les raser ?

Rase-toi la bite.

- Je refais ma garde-robe.

- Tu leur montres

la perruque ? - Non.

- Si, la perruque. - Vas-y.

- LA PERRUQUE ! LA PERRUQUE !

- Wesh ! �a va ou quoi ?

- Franchement, pour le rendez-vous professionnel de demain, nickel.

-�a va marcher ? - Lady Di.

Apr�s l'accident.

Rires

- Marine Le Pen, je dirais.

- Mets la casquette.

- Bon courage pour demain.

C'est rien, tu y vas.

Tu m'appelles ? - Ouais.

- Dis : "Je t'appelle." - Oui, je t'appelle.

- Je t'appelle, ma belle H�l�ne.

Allez.

Tu sais o� tu vas, hein ?

Bonjour, monsieur. - Attention.

- C'est moi qui ai command� la course. Ryan, Peugeot grise.

Ceinture !

Je te raccompagne ?

- Non, c'est gentil. - C'est pas gentil, j'habite � c�t�.

C'est plus court par l�.

-�a fait du bien de prendre l'air.

- De bosser avec des connards pareils, je me l'explique pas.

- Non, il y a des gens tr�s bien dans le cabinet.

- Qui ?

- Apr�s, je compte pas rester toute ma vie l�-bas.

L�, je bosse un peu pour me faire de l'argent et quand j'aurai pris...

plus d'importance, je ferai quelque chose qui a un peu plus de sens.

- Si tu cr�ves demain, c'est quoi ton plan de carri�re ?

Tu te dis pas que dans vingt ans ce sera trop le bordel ?

Tu es l�, tu sais pas jusqu'� quand.

T'es malade, sous chimio,

et tu penses comme les gars qui pensaient d�j� comme avant.

- J'ai envie d'aider les gens,

mais �a veut dire quoi concr�tement, c'est hyper abstrait.

- Abstrait ? Ils gal�rent tous avec leurs papelards juridiques,

tu viens les aider, c'est concret.

-�a, je peux pas le faire. - Toujours une bonne excuse.

- Je suis avocat de la partie adverse. - Oui, t'es en sucre.

- OK, je vais le faire.

C'est bon.

- File ton num�ro.

- C'est o� et c'est quand, vos r�unions ?

- Dans le local de la piscine, chez la m�re de Nadia, �a d�pend.

- Il n'y a pas de lieu ?

Pourquoi tu cr�es pas un bar avec Julien ?

Un lieu un peu transversal pour faire des �v�nements

et gagner un peu d'argent ?

- C'est �tonnant de ta part, mais c'est pas con.

�a te la coupe de ne pas penser qu'� ta petite gueule de con.

- Ce qui me la coupe, c'est ta fa�on de parler.

Fais un petit effort. - Oh, �a va.

Faut se raser, faire attention comment on parle.

Quand c'est pas joli, t'�coutes pas ? - Si, la preuve, je t'�coute.

-�a, c'est m�chant.

Y avait pas besoin, tu vois ?

Portable -Ah, "Hitler" t'appelle.

- Je le rappellerai.

- Tu es dans une asso de vieux nazis ?

- Non, c'est mon p�re.

- Ton p�re, c'est "Hitler" ?

- Un jour, il m'a saoul�e et j'ai mis "Hitler". Voil�.

- Moi, ma m�re, un jour, elle m'avait gonfl�e,

et j'avais mis : "Ne pas r�pondre".

-� "Hitler" ? - Arr�te avec Hitler.

"Ne pas r�pondre".

Du coup, quand elle appelait...

"Oui, c'est qui ?" "C'est 'Ne pas r�pondre'."

"Ben, je te laisse parce que..."

- C'est nul. - Oui, c'est nul.

Faut que j'y aille.

Tu m'appelles ? - Ben oui.

- Bon, ben...

- Tu l'as rentr� � quoi, ton num�ro ?

- Louis.

Th�me l�ger

Coups de klaxon

Je d�range ?

Je t'ai vue lui dire de fermer le rideau.

Bonjour.

Vous allez bien et vous ?

- Qu'est-ce qui te prend ? - Je suis d�sol�.

Je crois que les chimios, �a...

- Comment �a avance

avec les plaignants ? -�a avance bien.

Je pousse le petit jeune � investir pour s�curiser

la signature. - C'est malin, �a.

- Merci, c'est gentil. Portable

On se boit un verre ?

- Euh...

Non.

Continue, tant qu'on n'a pas sign�, c'est pas gagn�.

- C'est d�gueulasse, elle se sert de ma maladie pour ses affaires.

- Ah ben, comme toi.

Tu t'en fous, t'es pas malade.

- Mais elle pense que je le suis.

Elle prend jamais de mes nouvelles, c'est pas normal.

- Mais t'es pas malade.

- Pas une fois elle m'a demand� comment se passait la chimio.

- Oui, mais t'es... - Je suis pas malade.

Ah, bonjour.

- Bonjour, monsieur.

- C'est �a, Loubard ?

- Oui, c'est Loubard.

- C'est lui qui l'adopte.

- Tu vas voir, tu vas l'aimer, ce petit toutou.

- Il est pas en forme. - Il est aveugle

et a une patte paralys�e.

- C'est pour que je ressente des choses.

- Attention, �a glisse un peu. - Ah oui.

- C'est "Le Lapin vert" ici. - On pourra faire une terrasse.

C'est trop bien, j'adore.

- Ah oui, d'accord.

- C'est dangereux, �a.

- On mettra des barri�res. -�a se s�curise.

On va � l'int�rieur ?

- Tu gardes les petites guirlandes. - Allez-y en premier.

- Ah ouais, �a d�chire.

- C'est grand ! - Ah ouais...

- C'est haut sous plafond.

- L'eau, �a fait bizarre.

- Il y a une latte qui bouge, l�.

- Il y a une petite fen�tre sympa.

-�a va ?

- Ce soir, dans mon lit, je serai content.

On fait comme s'il y avait des clients, je mets de la musique.

�a, par exemple.

*"Get up" par Diva Faune

Une tourn�e de shots, on va danser !

J'ai des employ�s, je ne sers plus, attends...

*-There's nothing stronger than us if we can be as one

*It's gonna be a new day, my dear

*We'll leave these walls tonight to run, we've only just begun

*No matter what they all say in fear

*We'll throw these chains off to fly up to the sky

*We'll keep the outside looking in

*I will be here when they're gone

*so forget their ways

*We'll leave them all so far away...

- Bon, qu'est-ce qu'on fait ?

- Ben moi, j'aime bien.

- Allez.

- C'est de la bombe. Il reste plus qu'� signer ces putains de papiers.

Tu gu�ris de ton faux cancer et c'est bon.

- Hein ?

- Mec, je suis malade, je vois bien que tu l'es pas.

- N'importe quoi.

- Arr�te.

- Je suis une merde.

- T'es un malade de faire �a. T'es encore plus malade que moi.

Ta morale, elle est en phase terminale.

- Tu es au courant depuis longtemps ? Pourquoi tu m'as rien dit ?

- Avoir un pote malade pas vraiment malade,

�a m'aidait � oublier que j'�tais malade.

Moi aussi, je suis chelou, parfois.

- Je me sens hyper bien avec vous. - Ferme ta gueule.

Me raconte pas ta vie.

J'ai le droit de faire piti�, pas toi.

- Arr�te !

- C'est rien, c'est H�l�ne qui s'embrouille avec une branche.

- Oui, ou avec son ombre.

- Ou un pigeon qui passe.

- Oui, ou un...

Elle est au courant ?

-�a t'arrangerait, hein ? Non.

Mais il va falloir lui dire, et �a va pas �tre la m�me.

Un portable vibre. Elle va te d�foncer.

J'y vais, j'ai rencontr� une meuf. On fait nos chimios ensemble.

Courage.

- C'est hyper romantique.

- Rentre chez ta m�re, tu peux plus faire ce genre de blagues.

All� ?

Ouais, �a va ?

- Bon, je...

- Je...

- Bon... - Ben...

- Ah... Attends.

- Quoi ?

- Regarde.

- Oh, putain...

T'as fait les deux ? - Ah ben, oui.

- H�, je le fais pas par contre, moi. Je le fais pas.

- C'est pas grave.

Un portable sonne.

- Ah, �a y est.

- Excuse-moi.

-"Ne pas r�pondre". C'est ta m�re ? R�ponds-lui.

On va pas rester la vie, l�.

- Je r�ponds, mais... - Vas-y, vas-y.

- Oui ?

Bonjour. - Bonsoir.

- Je t'ai appel� 50 fois.

Il a failli mourir.

- Tout va bien, c'�tait juste un petit malaise.

- C'est pas facile pour nous ce que tu traverses.

Il ose pas te le dire, c'est une bonne pomme, mais il souffre.

D'o� cet infarctus.

- C'est pas un infarctus.

- Ben, je vais en faire un, moi, comme �a, le probl�me sera r�gl� !

Je suis � �a de le faire.

Vous commencez � me courir, tous !

Quelque chose ?

- Oui, je prends votre place pour la temp�rature.

- C'est un obs�d�. Tu sais combien de fois il est d�j� venu ?

Obs�d� du thermom�tre.

Ce cauchemar.

J'en peux plus. - T'en fais pas.

Elle est fatigu�e.

Comment tu vas, toi ?

- Pardon, vous pouvez

nous laisser deux minutes ?

Merci.

Papa, je vais tr�s bien en fait.

- Tant mieux.

- Non, je veux dire, j'ai jamais �t� malade.

J'ai cru, au d�but, que j'�tais malade, mais j'ai menti.

Et je savais pas comment vous dire la v�rit�.

(J'ai menti. Je n'ai pas de cancer.

- Mais �a va pas ?

Mais tu te rends compte de ce que tu nous as fait vivre ?

Comme on a souffert � cause de toi ?

T'es malade !

Regarde notre situation, ton p�re

a fait un infarctus !

- J'ai pas fait un infarctus !

- Ne me contredis pas !

- Mais c'est de votre faute aussi !

Vous �tiez d�prim�s avant et d'un coup super amoureux.

- On faisait semblant pour te prot�ger !

Les bonnes ondes de merde...

Tout �a pour rien, en plus. �a me d�go�te.

- Mais regardez-vous, �a vous a fait du bien.

- Il plane compl�tement, lui.

On n'est plus ensemble. - Qui ?

- Ton p�re et moi.

- Quoi ?

- Oui.

On attendait que tu ailles mieux pour te le dire.

L�, c'est bon.

- C'est bon, bon.

- Ton histoire nous a fait r�fl�chir.

- Non, ne vous s�parez pas.

-�a fait 32 ans que je suis ta m�re,

je redeviens une femme.

C'est bon pour toi aussi. La barbe !

Oh !

- Vous ne vous aimez plus ?

- Mais �a fait longtemps !

Enfin, je crois.

- Non, on ne s'aime plus.

Laisse-moi tranquille, je t'en prie.

- C'est horrible.

- Tu t'en remettras.

Comme ton cancer, �a va passer.

- Pardon.

Je suis d�sol�, les visites sont finies.

Il faut le laisser se reposer. - Et on fait quoi l�, une chenille ?

Th�me l�ger rappelant le tic-tac d'une pendule

Son portable sonne.

Quelqu'un frappe et entre.

- Coucou !

- Ah.

- Comment tu te sens ?

Tes chimios ? D�sol�e, j'ai pas pris de tes nouvelles.

-�a va.

- Un pot s'improvise ce soir � la caf�t'.

Son portable sonne. Tu passes ?

- Non.

Excuse-moi.

Oui ?

Il rit.

Oui.

Oui, ben, envoie-le-moi.

Ah, vous �tes � Paris ?

Oui.

Ben, venez � la maison.

- En fait, il est aveugle et il a une patte paralys�e,

alors, il reste comme �a.

Y a que la queue qui bouge.

- Tiens, �a.

- Merci.

- Et... - Qu'est-ce que c'est ?

- Cadeau. - Pourquoi ?

- Le vendeur me faisait de la peine.

- Mais toi, t'es...

- Au fait, avec Julien, on avance bien pour le bar.

- Ouais ?

- Et si un mec t'insulte dans la rue, tu t'en fous ?

- Globalement, oui.

- Connard.

Encul�. B�tard.

Fils de pute.

J'adore.

- J'ai un truc � te dire.

- Moi aussi, j'ai un truc � te dire.

- Moi d'abord. - Non, c'est bon.

Je crois qu'on a compris.

Comme �a, t'es pas mal � l'aise. Je sens que tu es hyper... Non ?

D'ailleurs, merci pour Julien, puis merci pour...

- Pour ? - Nous. Toi, moi...

Bon, enfin, on le sent bien, tu as vu comme on est...

complices.

Quand je te vois, j'ai envie de...

De te sentir, de t'embrasser, de pomper.

- Quoi ? - H�, �a va !

On va pas... C'est bon !

- Un peu plus... Quelqu'un frappe.

Aboiement -J'ouvre et on essaye.

Ah, la grosse conne !

�a va ? - Oui.

C'est pas grave, je... - Tu veux voir Louis ?

- Je t'aime. Je t'aime bien.

Bon, ben...

Quoi ?

- Attends.

Pardon.

Attends, H�l�ne. Elsa, attends.

- H� !

- Non, mais...

H�l�ne ?

- Demain matin, passe me voir directement.

- H�l�ne, �a va ?

- H�l�ne, attends.

La porte claque.

Je suis d�sol�.

Th�me dramatique

C'est ma lettre de d�mission.

- Bastien m'a d�pos� ton dossier m�dical.

Il affirme que t'es pas malade.

- Je suis d�sol�.

J'ai fouill� par hasard ton bureau.

C'est grave, on va devoir saisir le Conseil de...

- Arr�tez de faire

du bruit, Bastien.

Ils sont au courant les plaignants que tu n'es pas malade ?

Oh, je te parle, l�.

S'ils l'apprennent, ils risquent d'annuler l'accord.

Ce que tu as fait peut nuire au cabinet.

Donc, je te repose la question, ils sont au courant ?

- Non.

- OK.

Je t'interdis de les revoir avant la signature.

Sinon, je devrai te d�noncer au Conseil de l'Ordre.

Tu as menti pour t'occuper de l'affaire.

Je refuse

ta d�mission.

- Pardon ? Attends.

- La prochaine fois,

tu me pr�viens, l�, c'est un peu limite

niveau d�ontologie. - Tu fais rien ?

Tu gardes �a pour toi ?

�a va, les Serpentards ? - Tu sors ?

- Incroyable.

D�sol�, je travaille pas comme �a.

Si on me cherche, je vais vomir.

Th�me m�lancolique

Julien : *-Louis, tu fais la gueule ou quoi ?

*Non, je rigole, rappelle-moi.

*-C'est fou de se foutre de notre gueule � ce point.

*Je savais qu'on pouvait pas

*te faire confiance.

Quelqu'un entre.

- Un malade est mort.

Ils annulent l'accord et veulent aller au proc�s, r�union d'urgence.

Brouhaha

- Tu sais qui est mort ?

Tu sais qui est mort ?

Corinne, tu sais qui est mort ? - Ah, plein de gens.

Mais les �nergies chinoises... - Ta gueule avec tes �nergies.

- Chers amis,

nous voil� donc tous r�unis

pour c�l�brer la m�moire de Julien.

Je sais que parmi vous,

des amis voudraient prendre la parole.

Je les invite donc � venir me rejoindre.

- Juju...

Merci d'avoir �t� l� avec nous.

- Je vais garder de toi ton sourire, ton courage.

En arabe

- Bonjour, je vois que vous �tes tristes.

J'ai �crit avant parce que j'avais pr�vu que vous seriez tristes.

"Bonjour, faut pas �tre tristes car vous allez

"tous y passer.

"Cher Julien.

"Tu es mort, tu n'existes plus, c'est dommage.

"Je te connaissais pas beaucoup, mais tu avais l'air gentil.

"La soir�e qu'on a pass� ensemble, tu as trait� ma m�re de pute.

"C'�tait un bon moment.

"J'en ai pas pass� souvent des bons moments.

"Parce que je suis un bout de bois

"et je passe pas souvent des bons moments.

"Des fois, je regarde mon chien et je pense � toi parce que..."

Pardon, je rigole et je pleure en m�me temps.

�a m'�tait pas arriv� depuis tr�s longtemps.

"Je regarde mon chien et je pense � toi parce que lui aussi est gentil.

"Il m�rite pas de mourir,

"mais il va bient�t mourir comme toi."

- Il parlait de toi � la fin.

- Il disait quoi ?

- Qu'il t'aimait et qu'il comprenait pas pourquoi tu r�pondais jamais.

Il voulait te dire au revoir avant de partir.

- N'allez pas au proc�s.

Vous allez tout perdre.

Vous n'aurez plus rien.

- Pauvre mec.

*Nous voulons nous battre pour la m�moire de Julien El-Kabetz.

*Et pour la m�moire des autres.

*Les anonymes, ceux qui subissent en silence.

*Pour qui chaque jour est un jour de survie.

*Parce que face � eux, � nous, il n'y a que du m�pris.

- Je veux que tu plaides le dossier.

Dis oui, tu n'auras pas d'autre occasion comme �a.

Th�me enjou� au piano

- Le r�f�r� du 2 avril 2015...

- La cour appelle

Mme H�l�ne Smill.

- Bonjour, H�l�ne...

Smill.

Vous �tes la porte-parole de l'association

qui a d�cid� de porter plainte, c'est bien �a ?

- C'est exact, ma�tre.

- Or, si on regarde votre dossier m�dical, que Mme la juge

a sous les yeux,

on constate que votre cancer n'a aucun lien

avec d'�ventuelles utilisations ill�gales de pesticides.

- Tout � fait.

- C'�tait pour �claircir ce point.

- Je veux bien

�claircir un point, moi aussi. - Allez-y.

- J'ai le droit de conseiller des victimes

ou c'est une faute de parler � des gens qui ont un autre cancer ?

Jacqueline a un cancer de l'ut�rus,

j'ai le droit de lui parler

avec mon cancer du poumon ?

- Non, s'il vous pla�t, silence. - Je posais la question

pour �claircir le point.

- Ma�tre ? - Vous aviez d'abord accept�

la transaction financi�re.

Pourquoi changer d'avis ?

- T'es s�rieux ?

- Pas de tutoiement.

- Parce que Julien est mort. Parce que Julien El-Kabetz est mort.

- Ce n'�tait pas une surprise pour vous.

Vous n'avez pas d�couvert � la mort de Julien Elkabetz

que le cancer pouvait tuer.

Je comprends la rage, le d�sespoir, qu'on ressent � la perte d'un proche

et le besoin de trouver un coupable, mais quelles sont les preuves

de votre accusation ? - T'as pas honte ?

- Attention au langage. - On s'en fout de mon langage.

Lui, il a un mauvais langage. On juge un truc important.

On n'en a rien � branler de comment je parle.

- Nous ne sommes pas l�

pour vous �duquer.

Je vais vous le r�p�ter

en d'autres termes.

Surveillez votre langage. Sinon, je vous expulse pour outrage.

- En fait, pour avoir raison, faut avoir un dipl�me bac +12 ?

Moi aussi, je suis venue

avec mon dipl�me, il est o� ?

Tiens, il est l�, mon dipl�me.

Il est l�. Applaudissements

Il est l�.

- Bon, �a suffit.

- Je vous laisse

entre vous.

- Greffi�re ?

Suspension d'audience demand�e.

Brouhaha

Quelqu'un frappe. -Hm ?

- Je te d�range deux secondes.

�a, c'est les m�mos que tu m'as demand�s.

Et voil� des annexes

que j'ai retrouv�es. - OK. Merci.

- Bonne chance

pour la plaidoirie, tu vas �tre tr�s bien.

- Les rapports des experts �taient falsifi�s,

tu le savais ?

- Va te reposer, tu dois �tre en forme demain.

- Mais pourquoi tu m'as rien dit ?

Je sais pas,

t'as aucune morale, en fait.

- Toi, tu en as quand tu te fais passer pour un canc�reux ?

-�a a rien � voir.

J'ai pas fait �a volontairement.

- Tu savais que tu mentais, non ?

Je comprends pas trop ta ligne de d�fense, sois meilleur demain.

Louis, attends.

Essaye de me comprendre.

Quand j'ai vu ce qu'ils avaient fait,

j'ai r�agi comme toi.

Mais j'�tais cens�e faire quoi ?

Hein ?

Je sais pas, dis-moi.

J'ai boss� comme une folle toute ma vie, pourquoi je me sacrifierais ?

Eux, il leur arrivera rien du tout.

Le proc�s va durer des ann�es.

Ils seront jamais inqui�t�s,

l'opinion publique va oublier, les malades seront morts,

et on sera foutus.

C'est ce que tu veux ?

Tu veux la liste des gens qui ont balanc� des affaires � la presse

et qui ont g�ch� leur vie pour rien parce que tout le monde s'en fout ?

Louis.

Je veux pas finir comme �a.

Je veux pas g�cher ma vie.

G�che pas la tienne, tu es boulevers�, mais pense � toi.

(Merci.

Th�me dramatique

-Madame la pr�sidente,

messieurs les assesseurs.

La justice a-t-elle un c�ur ?

C'est la question que tentent de vous poser les plaignants.

Mais la r�ponse, nous la connaissons.

Nous l'apprenons les premi�res ann�es � l'universit�.

La justice ne conna�t que les textes.

Elle ne fait qu'appliquer le droit.

Et ce droit, il est, dans le cas qui nous occupe,

contre les plaignants.

Ils se pr�valent d'un dommage,

ils tentent de le connecter � une action de notre client.

Mais en vain.

En vain, puisque depuis le d�but de ce proc�s,

rien ne sera venu appuyer, ne serait-ce qu'une seconde,

la th�se de la culpabilit� de notre client.

Pas un t�moignage d'expert.

Pas un document. Rien.

La justice...

n'a pas besoin d'avoir du c�ur, elle a besoin d'avoir des preuves.

Je pourrais presque m'arr�ter l�

tant l'issue de cette affaire semble d�j� �crite.

Alors que non.

C'est un peu la honte.

Rumeur dans l'assistance

Non, en fait, �a me rappelle...

Tout �a, l�,

d'un seul coup, �a me rappelle l'histoire de David contre Goliath.

Vous connaissez cette histoire ?

On est pour David. Comme dans "Aladdin"

o� personne n'est pour Jafar.

On est tous pour David

parce qu'il est plus petit, qu'il est plus fragile,

et parce que Goliath est invincible et que �a nous �nerve.

Comme Jafar... et son toucan.

Bon, l'exemple est mal choisi.

Bon, qu'est-ce que

je voulais dire ?

- Je souhaiterais parler avec mon confr�re.

- Pas moi.

- C'est important, je ne me...

- J'aimerais finir.

Merci.

Je m'embrouille,

mais voil�, je suis pas un t�nor du barreau.

J'ai jamais �t� �loquent.

J'avais aucune responsabilit� dans ce cabinet,

et quand j'ai dit que j'avais un cancer,

l�, on m'en a donn�.

Sauf que moi,

j'ai jamais �t� malade.

- Attendez, ma�tre.

C'est tr�s confusant.

- Tout � fait.

Ce d�ballage de vie priv�e n'a rien � faire ici.

- Vous ne travaillez pas ensemble ?

- Si.

- Tr�s confusant, quand m�me.

Poursuivez, ma�tre.

- J'en ai pas pour longtemps.

Je serai juste plus long que mon coll�gue

qui a �t� un peu short.

Le matin, on se r�veille

et on se demande quoi faire

pour am�liorer les choses et le soir, au lit,

on est content, mais on n'a rien am�lior�.

On pense qu'on ne peut pas changer ceci ou ce�a... ou cela.

Mais si, on peut changer ceci ou ce�a... ou cela. Putain, merde !

- Ma�tre, langage ! - Pardon.

Mais �a fait du bien. M�me vous, parfois, vous vous dites :

"Bonne journ�e de chiasse."

- Bon, ma�tre Ifergan.

Ressaisissez-vous.

- Fait trop chaud.

Faut pas plaider avec...

Ce que je veux dire, c'est qu'on pourrait envisager

que le courage soit comme un virus

qui se transmette.

Une personne, appelons-la Julien...

Julien...

peut, d'un seul coup, d�cider de dire non

� toutes les injustices, les m�chancet�s

et � toutes les horreurs.

Il dit non, Julien. Et ce Julien peut donner envie

� un autre Julien de dire non,

qui va donner envie � un autre Julien de dire non.

- Madame la...

- Ma�tre. - Tous ces Julien

diront un grand "non".

C'est Julien contre Goliath.

Julien plus Julien plus Julien plus Julien peut battre Goliath.

Vous trouverez ici les preuves...

- Mme la pr�sidente !

Je dois parler � mon confr�re.

- Je finis.

S'il vous pla�t !

S'il vous pla�t.

- Tais-toi !

- Mme la pr�sidente, il faut arr�ter. - Non, toi, rassieds-toi

et mange de l'ananas.

- Me Ifergan, reprenez ou je consid�re

que vous avez termin�.

- C'est le cas, nous avons termin�.

- Non, c'est pas termin� ! - Oh, ma�tre !

J'aimerais l'entendre jusqu'au bout,

histoire de savoir s'il va quelque part ou s'il a l�ch� la rampe.

- Vous pensez qu'il va quelque part ?

- Je suis � �a

de la rampe. - J'en peux plus.

- Dans ce dossier,

il y a les preuves...

Que les rapports

des experts de notre client

ont �t� falsifi�s.

Rumeurs dans l'assistance

Les victimes...

ont bien �t� victimes des pesticides.

Th�me cristallin

- Merci.

Applaudissements

- Bravo ! - Bravo !

Th�me pop-rock

*-L'audience a �t� lev�e dans la cacophonie.

*� la sortie, les r�actions sont diverses.

*Du soulagement chez certains,

*mais aussi de l'incompr�hension chez d'autres.

*Des aveux � prendre avec beaucoup de pr�cautions.

*On ne conna�t pas les motivations de cet avocat.

*Alors, nous avons rencontr� certains de ses coll�gues.

*-Il a un ego d�mesur�, il se compare au roi David.

*Le roi David ne lui a pas fait croire qu'il avait un cancer.

Quelqu'un marche.

- Allez, l� !

Allez, arr�te !

"Get up" par Diva Faune

Tu crois que parce que tu as �t� g�nial, j'oublie tout ?

Tu es un mytho, mon pauvre.

C'est pas parce que tu es g�nial que �a annule tout.

On est g�nial et quoi, le soir, on se couche et on est content ?

Tu te dis que tu es g�nial ? Non, tu es g�nial et mytho.

Et �a te donne pas le droit de me mentir.

-There's nothing stronger than us if we can be as one

It's gonna be a new day, my dear

We'll leave these walls tonight to run, we've only just begun

No matter what they all say in fear

We'll throw these chains off to fly up to the sky

We'll keep the outside looking in

I will be here when they're gone

so forget their ways

We'll leave them all so far away

With futures caught in disarray

And clouds that never blow away

Get up, jump, love Drum up the big strong beat

Set up one hand on another

But don't go slow, you better

Get up, jump, love Drum up the big strong beat

There's nothing stronger than us if we can be as one

It's gonna be a new day, my dear

We'll throw these chains off to fly up to the sky

Get up, jump, love...

"La vie, c'est du beurre" par Vincent Dedienne et Anna Cervinka

-LA VIE, C'EST DU BEURRE

T'AS QU'� PLONGER DEDANS

ET PUIS C'EST TOUT

-On somatise tout d�s l'enfance Le reste, c'est que de la chantilly

-Les �mulsions de l'adolescence

C'est le bordel comme dans un clafoutis

-� l'�ge adulte, ce n'est pas mieux

On se console au bain-marie

-MAIS TOUT FOUT LE CAMP QUAND ON EST VIEUX

ON NE MANGE PLUS QUE DE LA BOUILLIE

LA VIE, C'EST DU BEURRE T'AS QU'� PLONGER DEDANS

-Et c'est tout

-LA VIE, C'EST DU BEURRE T'AS QU'� PLONGER DEDANS

-Et puis, c'est tout

J'ai vu une conf�rence T.E.D. - On dit TED.

- Ils disent que la vie, c'est du beurre.

Alors, vas-y, souris

Car la vie... -C'est du beurre, j'ai compris.

Du beurre doux ou demi-sel ? - Sal�. Je suis bretonne.

-LA VIE, C'EST DU BEURRE T'AS QU'� PLONGER DEDANS

ET PUIS C'EST TOUT

-LA VIE, C'EST DU BEURRE T'AS QU'� PLONGER DEDANS

ET PUIS C'EST TOUT

Sous-titrage : Denis Poudou pour Tri Track

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