All language subtitles for To.Be.Or.Not.To.Be.1942.1080p.Criterion.Bluray.DTS.x264-GCJM.fre

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Original subtitles

"JEUX DANGEREUX"

Varsovie, capitale de la Pologne.

Ao�t 1939. L'Europe est encore en paix.

Pour le moment, tout est normal.

Mais quelque chose s'est pass� !

Ont-ils vu un fant�me ?

Cette voiture s'arr�te.

Tout le monde regarde du m�me c�t�.

Ils sont effray�s, terrifi�s,

�poustoufl�s. Est-ce possible ?

Ce doit l'�tre ! Aucun doute !

L'homme � la petite moustache... Adolf Hitler!

Adolf Hitler � Varsovie en temps de paix ?

Et tout seul ?

Il semble indiff�rent � l'agitation dont il est cause.

S'int�resserait-il � la charcuterie de M. Maslowski ?

Impossible ! Il est v�g�tarien.

Pourtant, il fait des �carts de r�gime.

Parfois, il avale des pays entiers.

Veut-il aussi d�vorer la Pologne ?

Mais comment est-il venu ?

Tout avait commenc� au si�ge de la Gestapo, � Berlin...

Wilhelm Kunze est l�. Voici son dossier...

- Pourvu qu'il parle... - Il a int�r�t !

Amenez-le !

Wilhelm, il para�t que tu veux un petit tank ?

Mon p�re m'en a promis un pour mes bonnes notes.

Notre F�hrer a �t� mis au courant

et a d�cid� de te donner ce que tu veux.

Tu diras � ton p�re qui te l'a donn� ?

Bien s�r, notre F�hrer.

Et peut-�tre aimera-t-il le F�hrer un peu plus.

- Il ne l'aime pas, n'est-ce pas ? - Non.

Et il dit m�me de dr�les de choses sur lui ?

Il a dit qu'il y a le brandy Napol�on,

le hareng � la Bismarck,

et qu'Hitler finira...

En fromage !

Vous le saviez ?

Cela m'est venu naturellement.

Naturellement ?

Ne vous m�prenez pas... je veux dire... vous voyez...

Mon colonel, ne doutez pas de mes...

Heil moi-m�me !

Ce n'est pas dans le texte.

M. Dobosh, s'il vous pla�t !

- Ce n'y est pas, M. Bronski ! - Mais �a fera rire.

Je ne veux pas qu'on rit ici.

Je vous ai dit de ne rien ajouter !

Voulez-vous mon opinion ?

Non, M. Greenberg, je n'en veux pas.

Alors, ma r�action. Un rire, ce n'est pas rien.

Je vous ai engag� comme acteur, pas comme auteur !

- Que dit le texte ? - J'entre en sc�ne.

- Et que dites-vous ? - Rien.

Alors, ne dites rien !

Je suis l�, je pense � ma sc�ne,

j'attends et je perds tous mes moyens

parce que deux petits acteurs veulent renforcer leurs r�les.

M. Rawitch ! Vous n'�tes qu'un cabot.

Comment osez-vous !

Messieurs, comprenez bien

que c'est une pi�ce s�rieuse, un drame r�aliste !

- Ma robe vous pla�t ? - Beaucoup.

Il t�moigne de l'Allemagne nazie...

Pour le camp de concentration ?

- Elle n'est pas jolie ? - Justement.

Pourquoi pas ? C'est un contraste fantastique.

On me flagelle dans le noir, je crie, la lumi�re s'allume

et j'apparais dans cette robe sublime.

C'est tr�s dr�le.

Ne vous en m�lez pas.

Une si grande vedette, si peu artistique. C'est aberrant.

Comment osez-vous parler ainsi � ma femme ?

Pardon. Je me suis �nerv�.

Ch�rie, la robe, c'est z�ro.

Tu as peur que je t'�clipse.

Moi... Peur ? Pourquoi ?

Tu es le plus grand acteur au monde. Tu ne le sais que trop.

Tu fais ta prima donna.

Tout pour te mettre en avant, �a devient ridicule.

Je raconte une histoire, tu la finis, je fais un r�gime, tu maigris,

et si nous avions un b�b�, est-ce que j'en serais la m�re ?

Il me suffit d'�tre le p�re.

M. Dobosh, si vous me laissiez seulement...

Qui vous a maquill� ?

Moi, M. Dobosh.

Qu'est-ce qui ne va pas ?

Ce n'est pas convaincant.

Un homme avec une petite moustache...

Hitler aussi.

Il n'y a pas que la moustache. Je ne sens pas Hitler en lui.

Moi, si.

Cette photo,

c'est comme �a qu'il doit �tre.

Mais c'est une photo de moi !

Alors, la photo ne va pas non plus.

�coutez-moi, M. Dobosh.

Je ne suis personne, je dois tout accepter.

Mais je ressemble � Hitler et je vais le prouver.

Je vais sortir dans la rue et on verra !

Et c'est ainsi qu'Adolf Hitler vint � Varsovie en ao�t 1939.

Votre autographe, M. Bronski.

Je savais que �a ferait rire.

Quand Dobosh m'a dit : ''Vous allez jouer Hitler'',

j'ai cru que ma carri�re d�marrait.

Ne t'en fais pas. Le vrai talent s'affirme toujours.

Et un jour, tu joueras Shylock.

La sc�ne du Rialto !

Shakespeare a d� penser � moi en l'�crivant.

''N'ai-je pas des yeux ?

''N'ai-je pas des mains, des organes, des sens,

''des sentiments, des passions ?

''Nourri des m�mes aliments,

''bless� par les m�mes armes, sujet aux m�mes maladies.

''Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ?

''Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ?

''Si vous nous empoisonnez, ne mourons-nous pas ?''

Ils seraient en larmes.

Et je porte une hallebarde.

On ne fait que porter des hallebardes.

Une hallebarde au premier acte, au deuxi�me acte...

Et on emporte le corps de Rawitch au dernier acte.

Si je le laissais tomber au milieu de la sc�ne !

Ce serait tr�s dr�le.

Ici M. Tura.

Je voudrais un salami-fromage et une bi�re.

- Le public est froid. - Pas pour moi.

Je joue mal, comme toujours quand on se dispute.

Dis quelque chose de gentil.

J'ai vu tes sc�nes avec Polonius. Tu n'as jamais �t� meilleur.

Je t'embrasserais si je n'�tais pas maquill�e.

Ch�rie, tu avais raison ce matin.

Apr�s la r�p�tition, j'ai dit � Dobosh

de te mettre en t�te d'affiche.

Vraiment, ch�ri ? C'est gentil, mais �a m'est �gal.

C'est ce qu'a dit Dobosh. Alors, on n'a rien chang�.

Tu sais ce que je ressens pour toi...

Des fleurs ?

- Belles, n'est-ce pas ? - Qui les a envoy�es ?

Il n'y avait pas de carte.

Encore ? Trois soirs de suite ! Qui est-ce ?

Je suis s�re que je n'y suis pour rien.

Sans doute un amateur fanatique, un habitu� du poulailler...

Trop pauvre pour se payer une place,

il a h�rit� des fleurs et s'en d�barrasse !

Trois soirs. M�me Shakespeare ne supportait pas Hamlet

trois soirs de suite !

Mais toi, tu joues Hamlet.

Oh, c'est vrai !

M. Tura, c'est � vous.

Maria ch�rie, ma grande sc�ne.

Jozef mon c�ur, je te jure que je ne sais pas qui c'est.

Merci, ch�rie.

Je ne sais pas qui c'est, mais j'ai mon id�e.

- Le jeune aviateur ? - Oui, il est tr�s jeune.

Encore au deuxi�me rang, et plus beau chaque soir.

Comprends-moi, Anna, j'aime mon mari. Et pourquoi pas ?

Il est merveilleux. Mais il se tourmente pour des riens.

Comme le petit rien du deuxi�me rang ?

J'attends une r�ponse.

Lieutenant Stanislav Sobinski.

J'avais raison. C'est le jeune aviateur.

- Il souffre beaucoup ? - Il n'a pu garder le silence.

- Il ne le supportait plus. - Impossible.

- Pauvre petit. - Oui, un petit gar�on.

Vous allez l'adopter ?

Il meurt de me voir, m�me une minute. Il n'en est pas question.

Mais je ne veux pas �tre impolie.

Les admirateurs ach�tent les billets. Pour une vedette...

�pargnez-vous les excuses.

Voyez-le tant qu'il est jeune.

Oui, je dois cela � mon public.

''Cher lieutenant...''

Attends de le voir, Anna.

''Je n'ai h�las aucun temps libre,

''mais si vous y tenez, venez me voir dans ma loge

''au d�but du soliloque d'Hamlet, �tre ou ne pas �tre.''

- Comment tu trouves �a ? - Prudent.

L'accablant fardeau !

Je l'entends qui vient. Retirons-nous, monseigneur.

�tre ou ne pas �tre.

C'est la question.

Est-il plus noble pour une �me de soutenir les coups et les fl�ches

d'un sort atroce,

ou de prendre les armes...

Merci de me recevoir.

J'ai tant attendu ce moment.

Et vous devez �tre d��u.

Asseyez-vous, je vous prie.

C'est donc vous qui m'avez envoy� ces belles fleurs.

Je vous voyais autrement... Un vieux monsieur tr�s digne...

Maintenant, je me demande si j'ai eu raison de vous inviter.

Je ne re�ois jamais d'�tranger dans ma loge.

Vous ne m'�tes pas �trang�re.

Je vous ai vue dans tous vos r�les.

J'ai bien ri quand vous �tiez Kiki.

Oui, certains m'ont trouv�e dr�le.

Mais pas dans Lady Macbeth.

Vous m'avez fait peur.

Moi ? Je ne ferais pas de mal � une mouche.

Ni � un poisson rouge. Au fait, comment va-t-il ?

Le poisson rouge.

Quel poisson rouge ?

Celui que vous aimez tant. Je lis toutes vos interviews.

Oh oui, bien s�r...

Et en vous voyant derri�re la charrue...

- Au fait, ou �tait-ce ? - Dans la Chronique.

Je veux dire, o� est la ferme ?

Nous avons trop parl� de moi. Parlez-moi de vous.

Eh bien... je pilote un bombardier.

C'est passionnant !

Je ne sais pas, mais c'est un sacr� bombardier.

Je l�che trois tonnes de dynamite en deux minutes.

Vraiment ?

- Cela vous int�resse ? - Certainement !

Si j'osais,

me permettrez-vous de vous montrer mon avion ?

- Peut-�tre. - Quand dois-je venir ?

Demain, � 2 h chez moi.

Non, plut�t � l'a�roport.

Excusez mon embarras,

mais je n'ai jamais rencontr� d'actrice.

Lieutenant, je n'ai jamais rencontr� un homme

qui l�che trois tonnes de dynamite en deux minutes.

Demain � 2 h, je survolerai Varsovie.

Il m'emm�nera � 10.000 pieds en l'air.

Aucun mal � �a, n'est-ce pas ?

Aucun, tant que Tura n'est pas au courant.

Ce qu'ignore un mari ne fait pas de mal � sa femme.

C'est arriv�. La hantise de tous les acteurs !

Quoi donc, ch�ri ?

Un spectateur est sorti !

Dis-moi, Maria, est-ce que je faiblis ?

Bien s�r que non, ch�ri. Je suis d�sol�e.

Il est sorti !

Il aura eu un malaise. Il a d� sortir.

Ou bien une crise cardiaque.

J'esp�re bien.

S'il �tait rest�, il aurait pu mourir.

Il est peut-�tre d�j� mort. Ch�rie, tu me r�confortes.

Que se passe-t-il ?

Hitler parle au Reichstag.

Bonjour, M. Dobosh.

M. Boyarski, des Affaires �trang�res.

J'ai une mauvaise nouvelle.

Le gouvernement a interdit la pi�ce.

Pas de premi�re ce soir ?

Je crains que ce soit le cas.

Mais pourquoi ?

On a le droit de savoir.

- La pi�ce a valeur artistique... - Bien plus que �a.

C'est ce que craint le gouvernement. Qu'elle offense Hitler.

Quel dommage !

Vous l'avez entendu parler de nous ?

D�sol�, messieurs, mais c'est un ordre.

�tre ou ne pas �tre.

C'est la question.

Est-il plus noble pour une �me de soutenir les coups et les fl�ches

d'un sort atroce...

Anna, j'aimerais �tre seul avec Mme Tura.

Stanislav, c'est � moi de donner des ordres � ma bonne.

J'ai tant � te dire.

En avion, on ne parle pas.

Au salon de th�, on ne peut que parler.

Et dans la loge, il faut faire attention � mon maquillage.

Maria, l'autre jour dans l'avion,

je t'observais et...

j'ai vu que tu me regardais.

Avec beaucoup de sympathie, je crois.

Comme si je te plaisais. J'ai tort ?

Pas du tout, Stanislav.

Sois franche. Je te plais encore ?

Mais bien s�r.

Je te plais ? Je te plairai toujours ?

Eh bien, pourquoi pas...

Merveilleux. Que ferons-nous de ton mari ?

- Nous devons lui dire. - Lui dire quoi ?

Que nous nous aimons. � la folie.

Il ne peut pas s'y opposer.

Il comprendra la situation. Et M. Dobosh aussi !

Dobosh ? Qu'a-t-il � y voir ?

Tu quitteras les planches.

Je ne veux plus de �a. D'ailleurs, tu en as assez.

Tu veux le calme. Tu l'as dit � la Chronique.

Ch�rie, tu profiteras de la ferme.

Et plus de charrue. Je t'ach�terai un tracteur.

Et une piscine pour ton poisson rouge.

Stanislav, tu es adorable, mais je suis une femme mari�e.

Je parlerai � ton mari.

J'aime mon mari.

Mais non ! Tu es seulement honn�te, gentille et...

et tu as piti� de lui.

Ne t'en fais pas, �a se passe entre hommes.

Je l'attends ici.

Stanislav, �coute-moi.

C'est sans doute ma faute, mais comprends que...

La guerre a �clat�.

''Sans d�claration de guerre,

''les troupes allemandes ont franchi notre fronti�re.''

Sans pr�venir.

Ils le paieront. Nous nous battrons.

La guerre ! C'est vraiment la guerre !

Les hommes vont s'entretuer.

Stanislav, reviens.

Il le faut. Il faut que je te revoie.

- Tu es au courant ? - Oui, c'est la guerre !

Impossible ! Incroyable !

- Le public le sait ? - Je dois faire une annonce.

C'est un complot, un sale complot !

Pire, c'est un crime !

Tout � fait ! Il est sorti une deuxi�me fois !

- Qu'est-ce que vous dites ? - C'est la guerre !

Plus besoin de penser � la pi�ce nazie.

Les nazis la jouent... en beaucoup plus grand.

Et aucune censure ne les arr�te.

Malheureuse Pologne,

attaqu�e sournoisement

par un conqu�rant impitoyable.

Varsovie d�truite

pour le plaisir de d�truire.

Le rideau �tait tomb� sur le drame polonais.

Une trag�die dont on ne verrait pas la fin.

Un tank nazi contre chaque espoir polonais.

Le peuple �tait abasourdi et impuissant.

Aucune censure pour les arr�ter.

''Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ?

''Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ?

Si vous nous empoisonnez, ne mourons-nous pas ?''

Quel Shylock tu aurais fait !

Et je n'�tais que hallebardier.

Porterons-nous encore des hallebardes ?

Esp�rons-le.

Un nouvel esprit avait gagn� les Polonais... la haine !

Et la haine r�pondait � la terreur nazie.

R�bellion contre r�pression.

R�solution de lutter partout,

n'importe o�...

La bataille �tait engag�e.

V pour Victoire !

� bas les nazis, � bas Hitler.

R�sistance � Varsovie.

Sabotage ! Destruction !

Mais le combat pour la lib�ration �tait men� en Angleterre.

De jeunes Polonais vengeaient leur pays.

L'escadre polonaise de la R.A.F.

Un bombardier part pour Berlin

Charg� des cadeaux de nos gars

Il y en a un pour Hitler

Et un autre pour Hermann

Buvons aux bombes, petites et grandes

Applaudissons-les bien fort

Pas question de s'asseoir Tant qu'Hitler n'est pas mort

Bravo les gar�ons, bravo pour ce soir

F�licitations, messieurs. Vous gardez votre sens de l'humour.

On est encore plus dr�les dans le ciel de Berlin.

H�las, je ne suis plus assez jeune.

Un seul de vos discours vaut dix mille bombes.

� quand votre prochaine �mission ?

Il faudra attendre quelque temps.

Et pourquoi ?

Rien. Je vais faire un petit voyage,

et l'aller-retour est r�serv� aux optimistes.

Une mission secr�te ?

� quoi bon ? Vous �tes trop malins.

Il va � Berlin saluer Hitler.

Pas vraiment, et j'esp�re qu'il ne me saluera pas !

Merci pour cet excellent d�ner.

Iriez-vous � Varsovie ?

Un sacr� risque !

Mais vous risquez votre vie tous les jours.

Vous allez � Varsovie !

Je ne peux rien vous dire de plus.

J'ai d�j� trop parl�.

- Mais non. - On vous l'a arrach�.

Mais � qui faire confiance, sinon � vous ?

Vous garderez le secret.

Varsovie !

Je donnerais mon �me pour passer une heure avec ma m�re...

si elle est en vie.

Si je pouvais me renseigner...

Je vous comprends,

mais je ne peux pas compromettre ma mission.

Dites-moi o� joindre les v�tres,

je ferai de mon mieux.

Les miens ont quitt� la Pologne,

mais... il y a une personne...

Une dame ?

Oui. C'est tout � fait confidentiel.

Si vous pouviez lui dire...

Mais pas � son mari...

Je sais exactement quoi lui dire.

Dites ''�tre ou ne pas �tre''. Elle saura.

Un message cod� !

Et le nom de la dame ?

Maria Tura.

Attendez, je l'�cris.

Quel nom disiez-vous ?

Vous n'avez jamais entendu parler de Maria Tura ?

Je devrais la conna�tre ?

Vous avez v�cu � Varsovie...

Le nom est familier. Elle est connue.

Connue ! Elle est c�l�bre.

Oui, tout � fait !

Voil� le nom de mon fr�re.

Vous avez demand� � me voir ?

J'y pense depuis deux ou trois jours...

Peut-�tre suis-je injuste envers un homme important.

Qui donc ?

L'autre soir, le professeur Siletsky nous a rendu visite.

J'ai cit� le nom de Maria Tura, il ne lui disait rien.

� moi non plus.

Mais � Varsovie, elle est l'actrice la plus c�l�bre.

Jeune homme, bien des gens ne s'int�ressent pas au th��tre.

Moi, je n'ai connu qu'une seule actrice,

et j'esp�re ne plus jamais la voir.

Mais Maria Tura est une gloire nationale.

Elle est dans tous les journaux.

Sa photo est dans les paquets de cigarettes.

Un savon porte son nom.

� Varsovie, elle est � tous les coins de rue.

Je devais vous pr�venir avant le d�part du professeur.

Il doit �tre en Su�de.

Comment saviez-vous qu'il partait ?

Il nous l'a dit.

- Qu'il allait � Varsovie. - C'est incroyable.

Entre Polonais, �a nous a sembl� normal.

On lui a donn� les adresses.

De nos parents � Varsovie.

Il les a not�es ?

Comment a-t-il pu ?

Si la Gestapo s'en saisit,

il y aura des repr�sailles.

Quand sera-t-il � Varsovie ?

Il prend le bateau pour la Lituanie.

Ensuite, on ne sait pas.

Je dirais : trois ou quatre jours.

Combien d'heures de vol pour Varsovie ?

Six ou sept heures.

Attendez dehors une minute.

C'est incroyable.

Nous ne pouvons prendre aucun risque.

Il avait les plus hautes recommandations.

Et on a tout v�rifi�.

Il a les instructions pour la R�sistance.

S'il les donne � la Gestapo,

des centaines de personnes vont mourir,

et notre organisation en Europe de l'Est est finie.

Le condamner sur des preuves aussi vagues...

On ne le condamne pas.

En parlant aux aviateurs, il s'est condamn� lui-m�me.

Ce n'est peut-�tre qu'un imb�cile.

Il n'en serait pas moins dangereux.

Je connais Siletsky, ce n'est pas un imb�cile.

Quels sont vos ordres ?

Appelez le jeune homme.

�coutez, lieutenant,

d�s votre arriv�e � Varsovie,

allez � la librairie Sztaluga et donnez-lui nos instructions.

Sztaluga pr�viendra la R�sistance.

Mais s'il n'est pas seul dans la boutique, ne dites rien.

Demandez un exemplaire d'Anna Kar�nine

et mettez la photo de Siletsky � la page 105.

C'est bien clair ?

Dix minutes.

On l'a rat�.

Auriez-vous Anna Kar�nine ?

Je crois que oui.

Combien ?

20 zlotys.

C'est bien trop cher. D�sol�e.

On en prend dix. Combien ?

8 zlotys 75.

Au revoir, messieurs, � bient�t.

Siletsky arrive dans deux jours.

Surveiller la gare.

Catastrophe s'il contacte la Gestapo.

Qui cherchez-vous ?

Mme Maria Tura.

C'est moi.

Vous devez nous suivre.

Je n'ai rien fait. Que me veut-on ?

Suivez-nous. Allons-y !

Mme Tura est l�.

Qu'elle attende � la 206.

Bonsoir, Mme Tura.

Je suis le professeur Siletsky.

C'est un plaisir de vous rencontrer.

Asseyez-vous donc.

Excusez cette fa�on de vous amener.

Quand un homme accompagne son invitation de ba�onnettes,

c'est plut�t flatteur.

Tr�s bien dit.

Mais en fait, je n'y suis pour rien.

Un charmant jeune homme...

m'a confi� un message pour vous.

Un message assez �trange.

''�tre ou ne pas �tre''.

Vous devez conna�tre le sens cach�.

J'en ai une vague id�e.

Pardonnez-moi.

Bonjour, colonel Ehrhardt.

Oui, un peu secou�, mais merci d'avoir envoy� l'avion en Su�de.

Mais quand vous voudrez !

10 h demain � la Gestapo, si vous n'appelez pas ce soir.

Ravi de faire votre connaissance.

Pardon.

Je ne vous retarde pas. Merci pour le message.

Mme Tura, vous �tes actrice, n'est-ce pas ?

Au th��tre, il est important de choisir le bon r�le.

Tr�s.

Dans la vie, il faut choisir le bon c�t�.

Le bon c�t� ? Quel est le bon c�t� ?

Celui qui gagne.

Je ne comprends pas.

Il y a des gens que nous connaissons bien,

et d'autres que nous aimerions conna�tre bien mieux.

L�, vous pourriez nous aider.

Une espionne !

Allons, le mot est un peu dur.

J'ai d�j� jou� une espionne.

Grand succ�s. Excellentes critiques. Un r�le formidable.

Ce ne serait pas formidable, en vrai ?

On me fusillait � la fin. C'est le sort des espionnes ?

Ch�re madame, nous ne mettrions pas votre vie en danger.

Vous n'auriez qu'� recevoir,

inviter certaines personnes...

Donner un banquet dans mon studio ?

On m'a pris mon appartement.

Je vous assure qu'on y rem�diera.

Vous pourriez retrouver une vie confortable, Mme Tura.

Qu'en dites-vous ?

Naturellement, c'est tr�s tentant,

mais que dirait ma conscience ?

Nous n'avons qu'� vous convaincre de la justesse de la cause.

Savez-vous ce que repr�sente le nazisme ?

J'en ai une petite id�e.

En derni�re analyse, nous voulons un monde heureux.

Et ceux qui refusent le bonheur n'y ont pas leur place.

Nous ne sommes ni des brutes, ni des monstres.

Dites-moi : ai-je l'air d'un monstre ?

Bien s�r que non, professeur.

Vous semblez tr�s sinc�re.

Nous sommes comme les autres.

Nous aimons chanter et danser.

Nous admirons les jolies femmes.

Nous sommes humains, et parfois tr�s humains.

J'en suis convaincue.

Si vous restiez d�ner ?

Rien ne me charmerait plus,

et bient�t, je suis s�r que vous direz ''Heil Hitler''.

J'aimerais accepter votre invitation,

mais vous voulez faire honneur au nazisme

comme moi � la Pologne, en portant une robe plus appropri�e.

Je le comprends, mais ne me faites pas languir.

- Je m'en r�jouis � l'avance. - Moi aussi.

Cette dame peut sortir.

Il est difficile d'entrer ici mais plus encore d'en sortir.

Je suis terriblement effray�e et terriblement �mue.

Je me sens mieux.

J'en suis ravi. Qui �tes-vous ? Comment �tes-vous arriv� ?

J'ai saut� en parachute.

Dans mon lit ? Comment �tes-vous entr� chez moi ?

Mais votre femme... Elle n'est pas l�. Je m'inqui�te.

Et moi donc !

Pas si fort ! Vous nous mettez en danger.

On est dans le m�me bateau.

Alors, dites-moi, d'un marin � un autre,

quel mauvais vent vous am�ne dans mes pantoufles ?

Siletsky est ici.

H�tel Europe. Apr�s la librairie, on m'a conduit � lui.

- La librairie ? - Pour les avertir.

Siletsky ! Tout est perdu.

Il reste une chance. Il ne voit la Gestapo que demain.

Faisons sauter l'h�tel.

Impossible, il y a des soldats partout.

Sait-il que je suis ici ?

Il veut faire de moi une espionne nazie.

- Qui �a ? - Siletsky.

- Qui est Siletsky ? - Un espion.

- Et lui ? - Lieutenant Sobinski.

Que faites-vous ici ?

Quelle importance ? Siletsky est ici !

Incroyable, incroyable !

Un homme est dans mon bateau, et ma femme dit ''Quelle importance ?''

M. Tura, l'heure est grave !

Je n'ai pas le temps de tout t'expliquer.

Mais un mari a le droit d'�tre inform�.

Siletsky veut que je d�ne avec lui,

et s'il le faut absolument,

je le tuerai moi-m�me parce que moi seule le puis.

C'est parce que le lieutenant est arriv� avant Siletsky,

mais ils ont envoy� un avion � Siletsky.

C'est clair ?

Tu d�nes avec lui ? Il le faut.

C'est moi qui d�cide avec qui d�ne ma femme, et qui elle tue.

La Pologne est en jeu !

Vous n'�tes pas patriote ?

Vous g�chez mon soliloque, vous chaussez mes pantoufles,

et vous doutez de mon patriotisme !

J'aime mon pays et mes pantoufles !

J'esp�re que ton pays vient d'abord.

C'est urgent. C'est la guerre !

Ce Siletsky met-il vraiment la Pologne en danger ?

- C'est une catastrophe ! - Il faut s'occuper de lui.

Et on s'occupera de lui !

- Mais qui s'en chargera ? - Moi.

- Comment ? - O� ?

Je verrai Herr Siletsky au Q.G. de la Gestapo.

Et quand je l'aurai tu�, vous m'expliquerez !

J'ai mis longtemps. Cela en valait-il la peine ?

Je suis pr�t � mourir pour notre F�hrer...

sauf ce soir.

Je portais cette robe il y a des si�cles, on dirait...

Et ce caviar... �a existe encore !

Oui, du c�t� des gagnants.

Vous avez de solides arguments sur cette table.

Je suis ravie d'�tre ici, professeur.

J'ai command� un repas froid. On ne nous d�rangera pas.

Naturellement. Apr�s tout, c'est une affaire d'�tat.

Commencez votre apprentissage avec du champagne.

Boirons-nous � un ''Blitzkrieg'' ?

Je pr�f�re un lent encerclement.

Vous me faites un peu peur.

Mais pourquoi ? Il ne faut pas.

Peut-�tre y a-t-il de la douceur sous votre barbe.

Oui, un c�t� petit gar�on...

Mais je ne sais pas...

Voyez vous-m�me.

Je verrai.

�crivez votre nom et je vous dirai tout.

Je n'ai vu l'�criture de mon mari que sur le registre des mariages.

Je prends un tr�s gros risque.

Mais pour qu'une voyante ait du succ�s,

elle ne doit dire � son client que ce qu'il d�sire.

Si j'avais vu vos S, je ne serais pas venue.

Vous �tes un homme tr�s d�cid�.

Oui, tr�s !

Mais vous avez beaucoup de charme !

J'esp�re que vous �tes � la hauteur de cet Y.

Vous verrez.

Capitaine Mumm, �tat-major du colonel Ehrhardt.

Veuillez entrer.

D�sol�, mais le colonel voudrait vous voir imm�diatement.

Je suis � vous dans une minute.

Je suis navr�.

Vous n'allez pas me laisser !

Je me d�p�cherai.

C'est terrible.

J'avais des doutes en venant,

et vous partez quand j'allais rejoindre la cause.

Je ne serai pas long.

La Gestapo a beaucoup � faire, ils ne me retiendront pas.

- D�sol�. - On n'y peut rien !

Mes nerfs ont l�ch�.

Ma vie ne peut plus servir au F�hrer.

Je vais en finir.

Attendez ! Votre nom ?

Mme Tura.

Chez qui �tiez-vous ?

Le professeur Siletsky.

Il n'a laiss� aucune instruction. Vous devez attendre son retour.

C'est impossible !

D�sol�, je n'y peux rien. 206.

Je vais vous annoncer au colonel Ehrhardt.

Monsieur vient d'Angleterre, capitaine ?

C'est un plaisir, professeur.

Un tr�s grand plaisir.

Les Anglais, vous les avez bien eus !

''Le lion britannique boira son th� dans de la porcelaine allemande.''

Lui, un g�n�ral ?

C'est le beau-fr�re de Goering.

Je vous annonce au colonel.

Il a les papiers.

D'abord, ses complices en Angleterre.

Ensuite, je me charge de lui.

Attention, nos vies sont en jeu.

Je sais. Je ferai l'impossible : je me surpasserai.

Non, Tura. Soyez calme et n'en faites pas trop.

Laisser le pays aux mains d'un cabot !

Professeur, je suis heureux de vous voir.

Heureux de vous voir aussi.

Nous sommes ravis de vous avoir ici.

Quelle joie de respirer l'air de la Gestapo.

Vous �tes c�l�bre � Londres, mon colonel.

On vous appelle ''Camp de concentration Ehrhardt''.

Nous concentrons et les Polonais campent !

Voici mon rapport.

La R�sistance est finie.

Excellent, excellent !

Ils sont cuits.

Pas de documents suppl�mentaires � l'h�tel ?

Non, tout est l�.

J'envoie le double � Berlin d�s demain matin.

Le double ? Bien s�r, le double...

C'est beaucoup de paperasserie, mais s'ils y tiennent...

Vous savez, Varsovie est dangereuse de nos jours.

Les papiers sont au coffre de l'h�tel ?

Ils sont dans ma malle. L'h�tel entier est un coffre-fort.

Je vais mettre la machine en marche.

Je reviens dans un moment.

Je vais l'abattre !

Non. Il a gard� des papiers dans sa malle.

Je tuerai ce chien.

Comment entrer dans l'h�tel ?

Occupez-le. On va r�fl�chir.

Aviez-vous d'autres questions ?

Plein. Asseyez-vous, professeur.

J'ai beaucoup, beaucoup de questions.

Beaucoup.

Demandez-moi tout ce que vous voulez.

Alors, on m'appelle ''Camp de concentration Ehrhardt'' ?

Professeur, j'avais une question � vous poser.

C'est comme �a !

Mille questions en t�te, et on perd le fil.

Mais �a se cristallisera, �a se cristallisera.

Avez-vous une question ?

Non, aucune, mon colonel.

''Camp de concentration Ehrhardt'' !

Excusez-moi, je reviens.

Panne de dialogue.

Prenez ce revolver.

Ramenez-le � l'h�tel.

Dans sa chambre, un coup de crosse sur la t�te.

Prenez ses cl�s, ouvrez sa malle, br�lez les papiers,

et tuez-le.

Une minute. Et moi ? Ils vont me tuer.

Nous croiserons les doigts.

Allez � l'h�tel, je croiserai les doigts.

Trouvez autre chose.

Vraiment, on m'appelle ''Camp de concentration Ehrhardt'' ?

S'il n'y a rien d'urgent, je voudrais me d�tendre.

Vous d�tendre ?

Comment va Mme Tura ?

Asseyez-vous.

Mes hommes sont tr�s, tr�s efficaces.

J'ai pens� qu'elle pourrait nous �tre utile,

et de plus... elle est de tr�s bonne compagnie.

Si vous voulez la rencontrer, je vous pr�senterai.

Et si la dame vous pla�t...

Vous me recommanderiez ?

J'en serais enchant�.

Elle n'a pas de mari ?

Si, mais quelle importance ?

N'est-ce pas ?

Je crois que son mari est l'immense acteur Jozef Tura.

- Vous connaissez ? - Non, je ne connais pas.

Je n'avais pas non plus entendu parler d'elle.

Vraiment ? Pourquoi l'avez-vous contact�e ?

C'est une histoire d�licate.

Un jeune aviateur polonais en Angleterre...

je crois qu'il s'appelle Sobinski...

m'a confi� un message pour elle.

Tr�s int�ressant. Quel �tait ce message ?

J'ai jur� au jeune Rom�o de ne rien dire au mari.

Vous avez � peu pr�s l'id�e du message.

Oui, � peu pr�s.

Ils avaient un code d'amour.

Je vous ennuie ?

Non ! C'est tr�s int�ressant. Tr�s !

L'aviateur m'a donn� ce message.

Je ne le comprendrai pas plus que vous,

mais Mme Tura l'a parfaitement compris.

Quel �tait ce message ?

Rien d'inqui�tant. Du Shakespeare.

C'est ce que vous pensez !

Professeur, vous m'�tonnez.

Vous, de la Gestapo, apportez un message de l'ennemi.

Et quand je dis ''ennemi'', c'est l'ennemi !

Ont-ils eu une aventure ?

Je n'en jurerais pas, mais c'est certain. Non ?

Je le saurai, si je dois mobiliser toute la Gestapo !

Mon colonel, je ne comprends pas.

S'ils ont eu une aventure, �a ne doit pas vous inqui�ter.

Celui qui doit s'inqui�ter, c'est le mari.

Suffit ! Je vais arr�ter cette Maria Tura.

Vous avez raison.

Apr�s tout ce temps � la Gestapo, je soup�onne tout le monde.

Moi aussi.

Alors on m'appelle ''Camp de concentration Ehrhardt'' ?

Revenons � Mme Tura...

Oublions-la.

Elle n'a aucun myst�re, ce n'est qu'une...

Je vous ai compris.

Alors, je n'ai pas � le dire.

Cela vous ennuie que je me r�p�te ?

Mais non, pas du tout.

Comme je l'ai dit, colonel Ehrhardt,

celui qui doit s'inqui�ter, c'est le mari de la dame,

l'immense acteur polonais, Jozef Tura.

Cela ne me concerne pas.

Mais si, M. Tura.

Haut les mains, et vite.

Avez-vous d�j� jou� un mort ?

Alors, faites exactement ce que je dis.

Allez dire � vos amis de d�gager.

Je refuse.

Tournez-vous.

Mettez-vous face au mur.

Restez l�.

Vous n'allez pas changer d'avis ?

Je vous donne encore une chance.

Tr�s bien, M. Tura.

Vive la Pologne !

Le voici !

Les coulisses. Levez le rideau.

Il n'est pas ici.

Va-t-il revenir ?

Puis-je l'attendre ?

Bonne nuit, professeur Siletsky.

Capitaine Schultz, �tat-major du colonel Ehrhardt.

Heureux de vous conna�tre, capitaine.

Je vous croyais partie, madame.

Vous aviez oubli� de lever la consigne.

Mais je ne regrette rien.

Comment va le professeur Siletsky ?

Mort, absolument mort.

J'ai eu beaucoup � faire.

Champagne ?

Merci, je ne bois pas.

- Cigarette ? - Merci, je ne fume pas.

Comme notre F�hrer.

Navr� de vous avoir fait attendre.

J'ai tent� de distraire le capitaine, mais il semble soup�onneux.

J'avoue que j'ai �t� un peu surpris...

C'est bien normal.

Toute la Gestapo s'efforce depuis longtemps, jour et nuit,

de se renseigner sur tout le monde.

Et en quelques heures, je d�couvre la plus belle femme de la ville.

Vous ne connaissiez pas madame ?

Pas exactement.

Mais l'explication est simple.

J'ai re�u Mme Tura pour lui remettre un message.

Un jeune aviateur, tr�s bon ami des Tura,

surtout de Mme Tura, n'est-ce pas ?

Oui, mais il n'est pas tellement mon ami.

Un ami tout de m�me. C'�tait un message cod�.

Mme Tura n'a rien � cacher � la Gestapo,

mais elle a un tout petit secret.

Son mari, s'il le savait, la tuerait.

Au fait, c'est cet immense acteur, Jozef Tura.

Vous connaissez ?

Non, je ne connais pas.

Professeur, le colonel Ehrhardt veut...

Oui. Je le vois demain � 10 h pr�cises.

Il y a un fait nouveau.

Vous l'emmenez ?

Le colonel attend le professeur. Ce sont mes ordres.

Je dois y aller. Excusez-moi.

Mon c�ur !

Br�le les papiers.

- Qu'as-tu fait de Siletsky ? - Et toi, avec Sobinski ?

Peu importe. Tu vas droit dans les mains de la Gestapo.

Oui, la sc�ne est bourr�e de dynamite.

Une petite erreur, je suis un homme mort.

J'ai besoin de ma tranquillit� d'esprit.

Sois honn�te, sois franche. Il faut que je sache.

Lui as-tu dit de g�cher mon soliloque ?

Mon c�ur, ch�ri, je t'aime. Tu ne le sais pas ?

S'il t'arrivait quelque chose...

R�ussirai-je ?

Tu es le seul � pouvoir jouer ce r�le.

Tu y arriveras.

Au revoir, ch�ri.

Si je ne revenais pas...

je te pardonne, pour Sobinski.

Mais pas si je reviens !

Vous ne m'avez pas compris ?

L'avez-vous arr�t� ? Pourquoi pas ? Vous n'avez pas de preuve...

Belle excuse ! Arr�tez-le aussi.

Dans le doute, arr�tez-les. Combien de fois dois-je le r�p�ter ?

Enfin, nous nous rencontrons.

Mettez-vous � l'aise. Votre manteau.

Quelle joie de respirer l'air de la Gestapo !

Merci beaucoup. Cigarette ? Cigare ? Brandy ?

Il y a un fait nouveau.

En confidence, une grande nouvelle.

Un vieil ami � vous vient � Varsovie.

Vous serez ravi de revoir le F�hrer.

Et comment !

Depuis quand l'avez-vous vu ?

Bien trop longtemps.

Berchtesgaden est-il aussi beau qu'on le dit ?

Oui, je peux le dire sans prendre aucun risque.

Mais ce n'est pas l'architecture,

c'est la pr�sence du F�hrer qui lui donne sa beaut�.

Quelles nouvelles de Londres ?

Vous �tes c�l�bre � Londres.

On vous appelle ''Camp de concentration Ehrhardt''.

Ah bon ? Vraiment ?

Alors on m'appelle ''Camp de concentration Ehrhardt'' !

Je savais que vous r�agiriez ainsi !

Voyons ce rapport.

Je prendrai un brandy, apr�s tout.

Cela me fait penser � une histoire tr�s dr�le.

Une histoire sur notre F�hrer.

Il y a le brandy Napol�on,

le hareng � la Bismarck,

et le F�hrer finira en fromage.

Vous ne riez pas.

Le F�hrer ne rirait pas non plus.

Adolf Hitler ne sera pas c�l�bre dans les delicatessen.

Je ne faisais que plaisanter. Je r�p�tais une blague.

Jamais je... ne vous m�prenez pas sur moi...

Je suis fid�le, je...

Allez-vous raconter �a au F�hrer ?

- Pourquoi vous ferais-je du tort ? - Bien s�r. C'est gentil.

Je vous promets de ne rien lui dire. Parole d'honneur.

Maintenant, dites-moi...

Et la R�sistance ? Quels sont vos plans ?

Vous voulez le savoir ?

J'ai la cl� en main.

Je dois trouver la serrure. C'est mieux que l'inverse.

Prometteur, tr�s prometteur !

Mais que voulez-vous faire exactement ?

Voyons �a dans le d�tail.

Pas de d�tails.

Enfin, pas encore. L'important,

c'est que j'ai le nom du chef de la R�sistance.

Et si nous jouons bien nos cartes...

Je comprends. En suivant le berger, on trouve le troupeau.

Quel est le nom du berger ?

Bogaslov Ravanski.

Le capitaine Schultz.

Alors, on m'appelle ''Camp de concentration Ehrhardt'' !

Capitaine, il y a un homme... quel est le nom ?

Bogaslov Ravanski ?

Aucun souci.

On l'a fusill� avant-hier.

Ravanski fusill� ! Je refuse de croire �a !

Savez-vous qui vous avez fusill� ?

Je risque ma vie pour le trouver,

et quand on est pr�ts... C'est du sabotage !

Je proteste, professeur.

Pourquoi l'avez-vous fusill� ?

Il racontait des histoires soi-disant dr�les sur le F�hrer.

- Ce n'est pas une raison. - Je suis d'accord.

Enfin, pas de le fusiller si vite.

Alors, vous avez fusill� Ravanski ?

Vous n'auriez pas pu le surveiller ?

Oui, pourquoi ne pas le surveiller ?

Vous avez sign� l'ordre d'ex�cution vous-m�me.

J'en signe tellement... Je ne peux compter sur personne...

Nous pouvons encore nous en sortir.

Il y a une autre possibilit�.

Maximilian Pietrovski.

Ne me dites pas que...

On ne peut pas ''avoir le beurre...'' et le fusiller.

C'est exclu.

Les Anglais vous d�coreront de la Victoria Cross.

Je proteste, professeur.

Ce sera tout, Schultz.

Je n'ai pas aim� que le capitaine vous fasse endosser cela.

Quand on ne boit pas, qu'on ne fume pas, qu'on ne mange pas de viande...

Notre F�hrer ?

J'esp�re que vous ne...

Pourquoi vous d�truire ?

Vous voulez rentrer � Londres d�s que possible ?

Londres ? Mais certainement !

Vous partez quand ?

J'aimerais y aller d�s que possible.

Cela vaut mieux.

Nous avons un vol jeudi pour la Su�de.

Je vous r�serve une place.

Bien. Mais r�servez-m'en deux.

Mon voyage aura servi � une chose.

J'ai fait une d�couverte... une certaine Mme Tura.

Elle me sera tr�s pr�cieuse � Londres.

Moi, je me m�fie des femmes.

Elle vous ferait changer d'avis.

Faites-vous une opinion. Si vous dites non, c'est non.

Je vous appelle � l'h�tel. Quel est son nom ?

Mme Tura. Son mari est l'immense acteur, Jozef Tura.

Vous connaissez ?

En fait, je l'ai vu sur sc�ne � Varsovie, avant la guerre.

Vraiment ?

Il faisait � Shakespeare ce que nous faisons � la Pologne.

Je suis le colonel Ehrhardt. Veuillez vous asseoir.

Je vous ai appel�e.

Je vous en remercie. Je n'arrive pas � me d�cider.

Tout cela est fascinant...

Mme Tura, j'ai une mauvaise nouvelle.

Si je ne conviens pas, je serai d��ue,

mais la cause avant tout.

Il ne s'agit pas de �a.

Pr�parez-vous � un choc. Le professeur Siletsky est mort.

Assassin�.

Je ne peux pas le croire. Non...

Quand est-ce arriv� ?

On ne sait pas. Je re�ois le rapport � l'instant.

�tait-ce � l'h�tel ?

Non, il est tomb� dans un pi�ge.

Le F�hrer vient d'arriver � Varsovie,

et il y a une grande r�ception,

une repr�sentation donn�e par les soldats.

Ils ont ouvert le th��tre Polski. Un �l�ment du d�cor a �t� bris�,

et il en est tomb� le corps du professeur.

Mais qui ? Avez-vous une id�e ?

Une certitude.

La balle provient d'un revolver britannique,

et hier, les Anglais ont parachut� un homme.

Le seul myst�re est : o� est-il ?

Croyez-moi, nous l'aurons !

Je l'esp�re.

Le pauvre professeur !

Nous avions rendez-vous. Il aurait d� �tre ici.

Merci, colonel. Je vous laisse.

Sachez que nos liens ne sont pas rompus.

Apr�s tout, vous nous serez pr�cieuse.

Si ce n'est pas � Londres, ce pourrait �tre ici � Varsovie.

Vous d�ciderez. Si vous voulez de moi...

Je devrai vous conna�tre mieux.

C'est mon devoir et, oserais-je dire... mon plaisir.

Tr�s gentil � vous, mais pour le moment...

Aujourd'hui, non...

mais quand vous irez mieux, nous pourrions d�ner ensemble.

Appelez-moi.

Ne soyez pas trop affect�e, ma petite dame.

- J'essaierai. - Bravo.

Mme Tura semble boulevers�e.

C'est un malheur, ce qui est arriv� � Siletsky,

mais il est mort pour le F�hrer.

Bonjour, professeur Siletsky.

Vous aurez un peu de retard ?

Oui, je comprends.

Annoncez-moi au professeur Siletsky.

Il est parti il y a quelque temps.

Tura est venu ?

Qu'a-t-il dit ?

Rien. Il est entr�, il m'a frapp�, et il a fil�.

Vous �tes au courant ?

Jozef vient de partir.

Un ennui. Il avait perdu sa barbe.

J'ai arrang� �a, et je lui en ai donn� une de rechange.

Il est perdu. Ils ont trouv� le corps. Ils savent tout.

- Qui a ouvert le th��tre ? - Les nazis.

- Qui leur a donn� les cl�s ? - Taisez-vous, imb�cile !

Ils le tueront, ils le tueront !

Il faut faire quelque chose. Rawitch, s'il vous pla�t !

Le professeur.

Avec grand plaisir.

Comment va le professeur ?

Bien, merci. Et le colonel ?

Excellemment. Puis-je ?

Comment avez-vous trouv� Mme Tura ?

Merveilleuse.

Content de l'entendre.

MM. Muller et Brandt de notre section sp�ciale d'enqu�te,

''le service rapide''.

Nous devons parler avant votre d�part,

mais j'ai plusieurs choses � r�gler.

Voulez-vous passer au salon ?

Ses nerfs ont d� l�cher.

Laissez-lui le temps d'avoir la chair de poule.

Pr�f�rez-vous cette proc�dure � nos m�thodes habituelles ?

Avec les intellectuels, le mental est plus efficace et plus rapide.

Et si ce n'�tait pas un intellectuel ?

Alors, nous tenterons la culture physique.

Colonel, sans vouloir vous presser... ce sera long ?

Vous vous ennuyez ?

J'ai voulu bavarder avec votre ami,

mais on dirait qu'il est mort.

Non ? Vraiment ?

Allons voir.

On dirait un meurtre.

Si je me trompe, dites-le-moi,

mais il y a une ressemblance entre moi et votre ami d�funt.

Vous avez remarqu� ?

Absolument, absolument,

et je me dis que l'un de nous est un imposteur.

Je n'y avais pas pens�, mais vous devez avoir raison.

Rien que pour plaisanter,

lequel est l'imposteur ?

Sans vouloir �tre impoli,

nous pensons tous que c'est vous. Pardonnez-moi.

Mais oui ! Puis-je faire le d�tective ?

Allez-y, professeur Siletsky.

''Edmundson, Londres''.

Le vrai Siletsky venait bien de Londres.

- Mauvais point pour moi ? - Tr�s mauvais.

Sa montre marche.

Il a �t� tu� depuis que le vrai professeur est � Varsovie.

Je risque d'�tre fusill�.

C'est fort possible.

Aucun doute, tout a �t� pr�vu pour qu'il me ressemble.

Ou l'inverse.

Nos cheveux et nos barbes ont la m�me coupe.

Ils sont identiques !

Vous le connaissiez ?

Je le rencontre !

Vous mentez.

Il faut des mois pour obtenir une telle barbe.

Tr�s bien, Schultz !

Excellent. Mais vous oubliez que j'ai peut-�tre une fausse barbe.

Tr�s dr�le.

Je vous dirai mieux :

c'est lui qui a la fausse barbe.

J'ai peine � le croire.

Assurez-vous-en, tirez dessus.

Je ne peux pas.

Vous ne pouvez pas ? Vous �tes trop sensible ?

Vous assassinez, de sang-froid,

mais vous ne pouvez pas tirer sur sa barbe.

Je ne peux pas croire �a.

Dans quelle position me mettez-vous ?

Je ne peux compter sur personne.

Mais c'est vous qui...

Vous voulez encore tout me faire endosser !

Au revoir, messieurs !

Professeur, je suis confus.

C'�tait votre devoir,

et si vous avez encore un doute, tirez sur ma barbe !

S'il vous pla�t. N'insistez pas.

Je n'ai jamais cru... mais c'est ce Schultz...

Si vous voyez le F�hrer...

Je ne lui dirai rien. Parole d'honneur.

Le plus important est votre d�part pour Londres.

- Avec Mme Tura. - Bien s�r.

Tout ce que vous voudrez.

Passez-moi l'a�roport.

Le bureau du colonel Ehrhardt.

G�n�ral von Seidelmann, S�curit� du F�hrer.

Une heure apr�s mon arriv�e, je d�couvre un complot.

Ne puis-je compter sur personne ? Arr�tez-le !

- C'est un imposteur. - Vous �tes fou ?

Qu'avez-vous � dire pour votre d�fense ?

Vous n'avez m�me pas tir� sur sa barbe.

Je n'ai jamais vu pareille n�gligence !

Je n'ai plus confiance en vous.

Je prends l'affaire en mains.

Nous allons tout r�organiser. Vous ne serez pas �pargn�...

Le F�hrer vous attend.

Vous aurez de mes nouvelles.

Emmenez-le.

Un morceau de fromage !

J'avais obtenu un avion, tout...

Mais M. Rawitch avait un r�le � jouer,

et tant pis pour les autres !

Pardonnez-moi, M. Tura, si je vous ai sauv� la vie.

Qui a tout compliqu� ? Vous !

Votre stupidit�, votre jalousie...

- Justifi�e. - Mais non !

On en reparlera.

S'il vous pla�t, mes amis.

''Romains, compatriotes...'' On sait que tu veux jouer Marc-Antoine !

D'ici 24 heures, ils sauront tout.

On est faits comme des rats.

Hitler sera ce soir dans la loge royale.

Vous vous rappelez ''Meurtre � l'Op�ra'' ?

C'�tait un four.

�a en sera peut-�tre encore un, mais c'est notre seule chance.

La situation est la m�me.

Des soldats vont garder la loge de Hitler.

Si on peut les �loigner une seconde,

en provoquant un trouble parmi la Gestapo.

Je les ai d�j� tous troubl�s.

Pas vous. Pas de femme... Greenberg !

Si Greenberg appara�t soudain au milieu des nazis...

Ce sera tr�s dr�le.

Vous avez toujours voulu jouer un r�le important.

Que dois-je faire, M. Dobosh ?

Si vous le jouez mal, nous sommes perdus.

Et si vous le jouez bien,

je ne garantis quand m�me rien.

Que dois-je faire ?

R�p�tition.

- Alors ? - Excellent.

Sobinski, on y va.

Je suis pr�t.

Voyons...

- Il est bien. - Magnifique.

Je viens te chercher � 9 h.

Si tu devais ne pas revenir...

Sobinski ne reviendrait pas non plus.

Vous voulez dire au revoir. Allez-y.

C'est peut-�tre la derni�re fois.

Je suis heureux de vous avoir connue, Maria.

- Au revoir, Mme Tura. - Au revoir, M. Sobinski.

Que faites-vous ici ?

J'y suis n�.

Et pourquoi voulez-vous y mourir ?

� cause de lui.

Qu'attendez-vous du F�hrer ?

Qu'attend-il de nous ?

Et de la Pologne ?

Ne sommes-nous pas des hommes ? N'avons-nous pas des yeux,

des mains, des organes, des sens, des sentiments, des passions ?

Nourris des m�mes aliments, bless�s par les m�mes armes,

sujets aux m�mes maladies, gu�ris pas les m�mes rem�des,

souffrant du froid en hiver et de la chaleur en �t�.

Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ?

Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ?

Si vous nous empoisonnez, ne mourons-nous pas ?

Et si vous nous faites du tort, ne nous vengerons-nous pas ?

Conduisez-le � mon quartier g�n�ral. Je veux l'interroger.

Messieurs, pas un mot sur cet incroyable incident.

Qui commande ici ?

Comment cela a-t-il pu arriver ?

Je ne sais pas.

Vous ne savez pas ? C'est ainsi que vous prot�gez notre F�hrer ?

Mon F�hrer, je vous conseille de partir imm�diatement.

� l'a�roport !

Nous nous arr�terons en route.

Greenberg avait toujours voulu jouer Shylock.

Il a enfin eu sa chance.

Et il le jouera encore,

sur la sc�ne du th��tre Polski.

La gare centrale !

La R�sistance continue.

Nous l'avons sauv�e.

Bronski, nous entrons dans l'histoire.

Ils nous �l�veront un monument.

Je me vois bien � cheval pendant un si�cle...

Oui, et un jour...

- Qu'y a-t-il ? - Rien.

Je suis si �nerv� que je me fais des id�es.

J'ai cru que vous aviez une moustache.

Mais oui !

Mais non.

Vous �tes fou ?

O� est ma moustache ? C'est une catastrophe !

Je ne peux pas aller chercher Maria.

Qu'en avons-nous fait ?

Il faut la trouver.

Vous �tes surprise de nous voir ?

J'en suis ravie, mais j'ai un rendez-vous...

Nous avons quelques questions.

Demain � votre bureau ?

D�sol�,

mais c'est tr�s urgent.

Le colonel et moi avons eu une conversation.

Vous �tes extr�mement s�duisante.

Merci, mais est-ce si urgent ?

Je me suis demand� comment le professeur a pu... vous attirer.

Capitaine, c'est inexplicable.

Par exemple, vous me plaisez beaucoup.

Mes go�ts sont ainsi.

Mais je n'ai pas sa barbe si distingu�e.

Elle vous fascinait ?

J'avais envie de tirer dessus. Dieu merci, je m'en suis gard�e.

Elle �tait fausse, vous le savez.

Il s'est moqu� de moi, comme de vous.

Comment le savez-vous ?

Le g�n�ral von Seidelmann...

Que savez-vous de lui ?

Cet apr�s-midi,

il m'a pos� un tas de questions et m'a remerci�e pour mes r�ponses.

Me soup�onneriez-vous ?

Le g�n�ral �tait satisfait.

Si le g�n�ral est satisfait, c'est satisfaisant.

Schultz, o� voulez-vous m'entra�ner ?

Mais c'�tait votre id�e.

Vous voulez encore me faire endosser la responsabilit� ?

Mme Tura, excusez-moi.

Colonel, j'ai un rendez-vous.

Je vous y conduis.

Merci, mais on vient me chercher.

Ah, on vient ici ?

Et s'il vous trouve...

Je suis en mission officielle. Ne vous inqui�tez pas.

Vous �tes dans les bras de la Gestapo.

Je suis une femme mari�e !

Vous attendez quelqu'un ? Je dois rester.

Je dois prot�ger votre mari.

Non, colonel, il ne faut pas.

Je vous donnerai un bracelet.

J'en ai confisqu� un beau.

Je n'en veux pas.

Je peux beaucoup pour vous.

Vous donner du beurre, trois �ufs par semaine.

Je ne veux pas d'�ufs. Colonel, allez-vous-en.

Vous ne m'avez rien dit !

Comment pouvais-je ? Vous n'avez donc aucun tact ?

Mon F�hrer ! Mon F�hrer !

Le F�hrer veut vous parler en personne.

Le lieutenant pilotera.

Sautez.

Bien ob�issants !

En Angleterre !

�COSSE

D'abord, Rudolf Hess. Maintenant, lui.

Un beau sourire.

M. Tura,

vous �tes le h�ros de ce drame.

J'ai fait de mon mieux, et mes camarades m'ont bien second�.

Merci, mes amis, pour tout ce que vous avez fait.

M�me si ce n'est pas grand-chose.

L'Angleterre va vouloir vous r�compenser.

Que d�sirez-vous ?

Il veut jouer Hamlet.

Apr�s tout, on est au pays de Shakespeare !

Il veut jouer Hamlet !

...que ne sont mes forfaits sous le fard de mes phrases.

L'accablant fardeau !

Je l'entends qui vient.

Retirons-nous, monseigneur.

"�tre ou ne pas �tre"

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