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Original subtitles

C'est terriblement addictif, une campagne pr�sidentielle :

la foule, l'effervescence, l'enthousiasme,

le flot d'espoir et d'�nergie...

Nous interrompons nos programmes pour diffuser ce reportage de NBC News.

Voici Tom Brokaw.

Bonsoir depuis Des Moines, dans l'Iowa.

Les caucus d�mocrates de l'Iowa sont en cours,

et les premiers r�sultats viennent d'�tre communiqu�s.

Les pr�visions de NBC News donnent Walter Mondale vainqueur.

Presque la moiti� des militants ayant exprim� une pr�f�rence

se sont prononc�s pour Mondale.

Tous les autres candidats sont loin derri�re.

Il semble cependant

que le s�nateur John Glenn ne finira pas deuxi�me.

Et il est fort probable que Gary Hart sorte deuxi�me

des pr�f�rences exprim�es lors des caucus de l'Iowa, ce soir.

Quelle coupe de merde. Il va quand chez le coiffeur ?

C'est fait.

La liaison est mauvaise.

Quoi ?

On est au max ?

T'avais besoin de te garer si pr�s de l'immeuble ?

� toi, Steve !

Nous venons d'apprendre

que le s�nateur Hart allait quitter l'h�tel,

et regagner le Q.G. des D�mocrates o� il reconna�tra sa d�faite,

s'inclinant face � l'ancien vice-pr�sident Walter Mondale.

Hart s'�tait lanc� dans les primaires en quasi inconnu,

dans l'ombre de John Glenn.

Et me voil� � quatre pattes � trafiquer les fils de l'acc�l�rateur.

Mes f�licitations.

Je trafiquais les fils pour d�marrer cette saloperie.

Tu sais faire �a, toi ?

C'est facile, sur une voiturette de golf.

Il remercie ses sympathisants

et leur demande de soutenir Walter Mondale.

Tim, on la refait.

H�, abruti, on tourne !

D�sol�.

Hart a tout rafl� � l'ouest du Mississippi

dans son combat pour l'investiture d�mocrate.

Mais c'est une question tir�e d'une pub pour Wendy's

qui a plomb� sa campagne frondeuse.

Envoie la bande.

Quand j'entends vos "nouvelles id�es", je repense � la pub :

"O� est la viande ?"

� toi, Steve !

Hart montera sur sc�ne, ce soir...

Steve, on a perdu le signal.

On est orient�s sud ?

Steve, ferme-la, on a encore perdu le signal.

Offre-toi une boussole, merde.

Steve, la ferme !

� ce stade, rien n'�tait jou�.

La nouvelle de ce soir redistribue les cartes.

Dans les deux �quipes, on dit que le d�fi,

� l'approche de la campagne d'automne,

sera de rassembler ce parti d�mocrate tr�s divis�.

Ce long combat entre Mondale et Hart...

On a un plan, pour apr�s ?

Le cadavre est chaud et tu veux parler de 88 ?

Je veux boire un coup.

- Le bar hawa�en. - Polyn�sien !

Alors, ton doigt ?

Je sens plus ma phalange, mais je sais quand il va pleuvoir.

Merci, Walter.

Je rentre avec toi � Denver.

Tu devrais rester ici.

S�nateur, c'est l'heure.

Je ne veux pas que tu voyages seule.

�a ira, j'aurai les enfants. Tu dois aller � Washington.

- Je dois aller nulle part. - Bien s�r que si.

S�nateur, faut y aller.

Tu vas suivre Mondale encore 6 mois ?

Je suis mal log� mais je bouffe � l'�il.

Ils aimeraient ton boulot.

C'est bien pens�. Enfin, c'�tait bien pens�.

Ils foutent le feu, non ?

Les armes sont interdites, � table.

Je veux me flinguer au whiskey.

Aux P�res de la Constitution.

- Jefferson et les esclaves. - Oublie Jefferson.

- Messieurs. - Salut, Bob.

Leurs pailles sont trop courtes pour aller au fond.

Tu veux une boisson d'homme ?

J'en ai d�j� une.

L'Am�rique est le pays

o� les r�ves peuvent devenir r�alit�

pour chacun d'entre nous !

Tu noies ton chagrin ?

Tu te rappelles notre premier voyage dans le New Hampshire ?

Et notre cort�ge � une voiture ?

Les 2 minibus, la fois o� on a gagn� les primaires ?

Mondale a ses chances ?

Non, Reagan va l'�craser.

Mais dans 4 ans, on les fera taire avec nos id�es.

Sauf George Bush, peut-�tre.

Tu crois que les jeunes vont voter George Bush ?

Si l'�conomie se maintient.

Le monde change quand les jeunes se mobilisent, Billy.

On est les seuls � se mobiliser pour eux.

On aurait d� gagner.

C'�tait pas �a, l'enjeu.

C'�tait quoi, alors ?

Maintenant, ils nous connaissent.

QUATRE ANS PLUS TARD

On a envie de rentrer.

�a fait 4 mois que je ne suis pas rentr�e,

que je n'ai pas vu mes animaux

ni nos amis qu'on aime tant.

On vous aime, vous nous manquez...

Nous esp�rons que tous ceux que nous aimons nous pardonneront.

Gary Hart entame la campagne des primaires

avec une avance consid�rable sur les autres candidats.

Il fait la course en t�te.

Beaucoup de choses peuvent arriver en trois semaines.

Accordez un peu de cr�dit au Pr�sident.

Il cherche � nous prot�ger.

Le pr�sident Reagan abandonne nos villes

alors qu'il ach�te assez d'ogives pour annihiler cette plan�te.

Imaginez chaque �cole dot�e d'un ordinateur,

chaque biblioth�que, chaque foyer...

Pourquoi pas des micro-ondes pour tous ?

Et une t�l�, tant qu'on y est.

Je veux instruire la future g�n�ration, pas la divertir.

Messieurs, �a tourne au d�bat de campagne...

M. Billy Shore. T'as un scoop ?

Pas aujourd'hui, Alan.

Mais te d�courage pas.

Vous, la jeune g�n�ration, �tes les "D�mocrates Atari".

Il para�t. Ce n'est pas de moi.

Y avez-vous d�j� jou� ?

J'ai essay� Asteroids avec mon fils.

En gros, j'ai err� en me faisant caillasser.

�a m'a rappel� mon premier mandat au S�nat.

T'as vu l'annonce de Bono ?

Il veut la mairie de Palm Springs.

Je le crois pas.

Je vois d'ici son slogan de campagne.

"He's got you, babe."

Il en jette.

Les autres candidats sont des gens bien,

ils veulent ce qu'il y a de mieux pour le pays

mais ils ne gagneront pas.

Vous le savez et ils le savent.

Mais surtout, George Bush le sait.

C'est pour �a qu'ils nous ont dans le viseur.

Si on perd cette primaire,

on peut dire adieu � la Maison-Blanche.

Et vous pouvez dire adieu � votre avenir...

Quelqu'un peut payer le livreur ?

�a fait combien ?

Si la ligne 3 sonne, r�ponds pas, c'est le fax.

- Et si la 1 et la 2 sont occup�es ? - Prends la 4.

Incroyable.

Notre base industrielle se rouille...

- Comment il fait pour �tre si beau ? - C'est les g�nes.

De qui ? Don Johnson ?

Je sais pas. Chez moi, oui.

Et si la 4 est occup�e ?

C'est quoi, ce merdier ?

Quand vous avez mal aux pieds, que vos doigts sont gel�s

apr�s 12 heures pass�es � frapper aux portes de Nashua,

que votre moiti� et vos gosses vous manquent,

que vous en avez marre du fast-food et des restes

parce qu'on vous paie que dalle,

pensez � l'occasion qui s'offre � nous, aujourd'hui.

Et pensez � ce que cela co�terait � ce grand pays

si nous la laissions filer.

Si on �limine Cranston, il reste qui ?

Faut pr�venir Cranston, s'il est pas au jus.

- Gore se t�te. - Al Gore ?

- Il est assez vieux ? - 38 ans, je crois.

Son papa pourrait lui gagner le Sud.

Vous avez vu sa femme ? Tipper. C'est �a ?

- Il y a Dukakis, peut-�tre. - Qui ?

Le gouverneur du Massachusetts.

Dukakis ? Pas terrible sur une affiche de campagne.

Ajoute un K et lui, il emporte le Sud.

Gallup donne Hart 12 points devant Bush.

12 ? Rien que �a !

Woodward, tu le connais. T'en penses quoi ?

Gary Hart ?

Il pourrait gagner. Il a l'avantage capillaire.

�a vaut combien, le capillaire ?

6 points.

4, s'il y a du vent.

Je trouve culott� de la part de M. Hart

de parler de notre grand avenir

sans saluer le pr�sident Reagan pour...

On n'a pas provoqu� la faillite sovi�tique,

le communisme s'en est charg�.

On ne salue pas celui qui enfonce une porte ouverte.

Inauguration en fin de semaine,

puis filage de l'annonce de sa candidature � 1 800 m d'altitude, � Red Rocks.

Personne n'a pu le faire d�crocher de son obsession montagnarde ?

Il est comme une moule sur son rocher.

�a semble improbable, au sommet d'une montagne.

Merci, Doug.

Il existe une longue tradition

d'annonces faites depuis une salle de bal moche

mais �quip�e d'�lectricit� et de lumi�res.

Et d'ascenseurs.

On pourra pas l�cher de ballons, l�-haut.

On pourrait louer un avion.

Il improvise tout, c'est dingue.

Il faudra de l'eau pour les journalistes.

De l'oxyg�ne, aussi.

En 15 jours, j'ai pas trouv� o� boire un coup.

Concentre-toi...

C'est pas la pr�pos�e au caf�. Parlons de Miami.

- Et sur Wynkoop ? - �a ferme pas � 17 h ?

On se concentre.

Je trouverai des chefs de parti � Fort Lauderdale.

Non, on fait pas �a.

- Pas de soutiens ? - Pas d'album photo

de gens qui vont croire qu'on leur doit quelque chose.

Autre chose qu'on fait pas ?

Pas de barbecues.

Mais j'adore �a !

La Foire de l'Iowa est incontournable !

Et la F�te du steak ?

Bon sang, oublie les barbecues, c'est non.

On en reparlera.

- On a qui, � Miami ? - Billy, tout le week-end.

- Tu vas � Miami ? - Billy Broadhurst, pas...

- Je peux aller buller � Miami ? - Y a beaucoup de Billy, non ?

Moi, c'est Bill.

Billy, c'est pour les gosses de 8 ans.

Je risque une question.

Quel est le r�le de Billy B. dans cette campagne ?

C'est un lobbyiste de Louisiane.

Ses principales contributions semblent �tre le gumbo et le bourbon.

Et les blagues salaces.

Il fait rire le s�nateur.

Je reprends : derni�re semaine d'avril, coup d'envoi.

On va serrer des louches dans le Kansas.

- Le Kansas, c'est bon ? - On dirait, oui.

- Il parlera de ses parents ? - Non, il trouve �a inutile.

En quoi ?

On a tous des parents, �a parle aux gens.

�a parle aux gens qu'il soit n� ?

En 4 ans, il a pris 12 points. Les gens vont vouloir le conna�tre.

Comment le faire parler de lui ?

On va pas le faire parler de lui.

J'ai jamais vu un type aussi dou�

pour rendre les arcanes politiciennes compr�hensibles par tous.

Il a un don.

Et il veut partager ce don.

Mais les gens ne pensent qu'� le prendre en photo.

�a, il comprendra jamais.

Est-ce que l'Am�rique, en l'an 2000,

ne sera plus qu'une puissance de second rang ?

C'est le leadership am�ricain qui est en jeu.

Et son couple ?

- Sa femme ferme les yeux. - Elle fr�le la c�cit�.

- C'est id�al. - C'est une histoire de braguette.

Que pense le candidat des braguettes ?

Il les aime ouvertes.

Bob, vous avez �t� colocs ?

Quand Lee l'a mis dehors, il a dormi sur mon canap�.

Et tout ce qui se passe sur mon canap� reste sur mon canap�.

A.J. dit que sur le terrain, on ne parle que de �a.

M. Parker, c'est vrai ?

- Il y a des rumeurs. - Quel genre ?

� Dallas, quelqu'un aurait vu Hart rentrer � son h�tel

avec une h�riti�re lors d'une collecte de fonds.

Original.

� mon �poque, nos coucheries faisaient pas la une.

- Je suis mari�. - Bon courage !

On creuse le sujet ?

Rien qu'au Congr�s...

- Faudrait virer la moiti� du S�nat. - Bonjour les restes.

Pas pire qu'aujourd'hui.

Pourquoi il leur faut 3 heures pour une photo ?

La couv de People, c'est comme �a.

Ils veulent Gary et Lee ?

Ils me harc�lent, et c'est pas les seuls. Je dis quoi ?

C'est-�-dire ?

C'est-�-dire que �a ne nous nuirait pas...

de les mettre...

tous les deux en avant.

De quoi tu parles ?

C'est comme �a, maintenant.

Les gens se passionnent pour les s�parations et les rabibochages.

�a nous ferait pas de mal...

Les gens veulent conna�tre les Hart.

Ils veulent les voir sortir le chien,

faire le plein, �tre des gens ordinaires.

Il n'a rien d'ordinaire.

C'est le prochain pr�sident des �tats-Unis, bordel de merde !

Non, le sujet est clos.

Il veut faire son annonce � Red Rocks.

C'est un d�cor puissant.

Faudra des bouteilles d'oxyg�ne pour la presse.

Moins d'oxyg�ne, moins de questions.

Billy veut qu'on pose pour People.

- Le peuple lit People. - �a se lit ?

Ne t'y trompe pas, Gary adore People.

Pure diffamation.

Fallait dire que c'�tait pour Science Hebdo.

Salut, Andrea.

Les gens veulent te conna�tre.

C'est une bonne tribune pour �a.

Aujourd'hui une s�ance photo, demain quoi ?

Concours de maillot de bain, t�l�-crochet ?

Il y aura des photographes, dans le Kansas.

Je sourirai comme un pr�sentateur t�l�.

T'imagines ? Dans un an,

tu vivras peut-�tre � la Maison-Blanche.

- T'imagines le m�nage ? - T'imagines le loyer ?

�a avance, tes inscriptions ?

C'est un pur r�gal.

C'est tr�s bien, mais...

j'enl�verais le paragraphe sur les iguanes.

�a affaiblit le reste de ce que tu dis.

�a prouve que j'ai de l'humour.

� mon avis, ils s'en fichent.

Red Rocks, alors ?

Si on recadre le d�bat, faut changer de cadre.

Je trouve �a super.

Merci.

Je n�gocie toujours ma vir�e avec Kate.

En tant que parents, c'est notre boulot de...

Restez sur les grands axes et appelez-nous tous les soirs.

C'est le p�re de Kate.

Il refuse qu'on partage une chambre. �a le met mal � l'aise.

Un lit ou deux ?

Avance l'argument �conomique.

L'h�tel, c'est pas donn�.

C'est un peu plus loin.

L'Everest �tait pas dispo ?

Parlons politique �trang�re avant les 3 E.

T'appelles �a les 3 E ?

�conomie, �ducation, environnement.

Tu oublies l'�thique.

Il y a 4 E ?

- Pardon ? - Tu vas avoir besoin d'eau.

- On en aura, Mme Hart. - Et de la bi�re !

Cette lumi�re va faire des ombres tr�s dures.

Mme Hart, �a va aller, l'ascension ?

Et vous ?

Il faut que ce soit 3 E, linguistiquement.

On enl�ve quel E, alors ?

Environnement, �ducation ou �conomie. Choisis.

Ajoute un E, on s'en fout.

On prend une fanfare de lyc�e ?

Pas de fanfare.

C'est important, �a donne le ton.

On inaugure un supermarch� ?

- O� est Bill ? - L�.

- Pas toi, Shore. - Lui, c'est Billy. Moi, c'est Bill.

S�nateur, que pensez-vous d'une tente ?

Du mal.

- On aura assez de c�ble ? - On a un bo�tier de presse.

Tu te tiendras par ici.

Avec Andrea.

Et porte plut�t du fonc�. Du bleu.

Du fonc�, en pleine nature ?

J'ai d�j� achet� quelque chose.

On peut se voir un instant ?

- T'as eu Andrea ? - Plus tard.

C'est vraiment n�cessaire ?

Le Brown Palace a une belle salle...

Ce qui m'a amen� au Colorado,

c'est le chemin de fer.

J'ai pass� un �t� � poser des traverses. T'imagines ?

� vrai dire, oui.

Dernier pr�sident d�mocrate venu de l'Ouest ?

- Y en a pas. - Exactement.

L'Ouest, c'est l'avenir. Rien n'a chang�.

Oui, rappelle-le-moi plus tard.

SEMAINE 1

La d�claration �tait pr�vue

� midi pile,

mais on nous annonce un peu de retard.

Le s�nateur Hart va sortir. Reculez.

Il passera par l�, �cartez-vous.

� ton avis ? Le rouge va p�ter � l'�cran.

- Pourquoi tu me demandes ? - Je sais pas.

Grace, va pour le ruban rouge !

Bien tendu.

Je la tourne un peu.

- On est pr�ts ? - S�nateur.

- Tenez. - Y avait pas plus grand ?

Gary Hart est s�nateur depuis 10 ans.

� 46 ans, c'est l'un des plus jeunes candidats.

Il a une sacr�e avance...

Filmez pas le bureau. Y a des documents sensibles.

Le parti d�mocrate traverse une crise de d�tresse psychologique

et est en plein d�sarroi id�ologique.

Bill Martin.

Je suis fier d'�tre ici avec vous.

Bienvenue dans l'�quipe.

Joe Trippi, presse.

Ginny Terrazo.

- Campagne de presse. - Votre nom ?

Ginny Terzano.

Bonjour, Billy. �a va ?

Tom Fiedler, Miami Herald.

Oui, je vois �a � votre cravate. Du pur Miami.

Une armada de journalistes, de photographes et de camions r�gie.

Mon intention, comme toujours, est de faire campagne sur des id�es.

Les id�es ont un vrai pouvoir.

Gouverner, c'est avoir des id�es,

et c'est tout le sujet de cette �lection.

Sur fond de Rockies enneig�es, Gary Hart a annonc� sa candidature.

Hart n'a nulle part autant d'avance

que dans sa ville natale :

Ottawa, Kansas.

L'ancien s�nateur du Colorado est arriv� il y a une heure et demie.

En ces temps de changements profonds, de d�fis et de possibilit�s...

On se fait chier � venir � Ottawa et il parle m�me pas de lui ?

Le perso, c'est pas son truc.

Si �a peut vous consoler, il aborde les 4 E.

On a ajout� un E ?

Gary Hart,

la voix d'une nouvelle g�n�ration,

inspire les �lecteurs, de tous �ges,

qui disent que le s�nateur

a la pr�sence et l'id�alisme d'un Kennedy.

Quel effet �a vous fait de revenir au pays ?

On s'enquille le Sud ?

Pourquoi claquer du pognon ?

- Carter a remport� le Sud. - Il �tait le Sud. Les d�s sont jet�s.

Irene a raison, on garde le Sud.

Mes id�es marchent � Youngstown. Pourquoi pas � Mobile ?

En route pour l'Alabama.

Gary Hart se pr�pare encore � une journ�e charg�e.

Qu'importent ce que diront les plus cyniques,

le discours de Gary Hart ne servait pas uniquement

ses ambitions politiques.

On la refait.

Gary Hart en Nouvelle-Angleterre.

Gary Hart est de retour dans le New Hampshire.

Sc�ne typique lors de la visite d'un favori.

- Encore un meeting... - � Fort Wayne.

Investissons chez eux, dans leurs industries.

Donnons un avenir aux Mexicains, au Mexique.

Gardons vos emplois, exportons vos chaises.

Elles sont pas tr�s solides.

�a, j'y peux rien.

Laissons l'emploi, parlons s�curit�.

Gary Hart caracole en t�te.

Campagne � part, l'humeur ces jours-ci...

Dans Newsweek, un portrait de Hart...

... favori des primaires d�mocrates.

Hart a parl� dans 4 �coles...

... interview� par 2 quotidiens...

Apr�s une premi�re semaine fulgurante, le s�nateur part se reposer.

Le type arrive et me dit : "M'sieur B.B., si on conclut ce march�,

"je vous laisse la bagnole et les �crevisses."

J'ai accept� le foutu march�.

C'est l� !

Je connais du monde ?

Non, les yachts, c'est pour les nouvelles t�tes.

Pas un petit bateau, Billy.

Il appartient � un certain Soffer.

Bon gars. Il poss�de la moiti� de la ville.

- Coucou, B.B. ! - Comment va, ma belle ?

VIEILLE CANAILLE

Je t'avais dit, bonne ambiance.

SEMAINE 2

3, 2, 1. Mike Ritchie depuis Austin, Texas,

o� le s�nateur Gary Hart, du Texas...

Merde, on reprend.

- Costume de cr�ateur. - C'est l'allure qui compte.

Vous parlez de quoi ?

Ralph Lauren fournit la garde-robe pour CBS News. John est sceptique.

Tu pr�f�res Hugo Boss ?

"Garde-robe." On dirait une sitcom.

- C'est pour une �mission t�l�. - Non, les infos.

Un costume laid, �a inspire confiance.

�a inspire confiance ?

�a commence par des fringues de cr�ateur, tout le monde s'extasie,

puis Vidal Sassoon coiffe Tom Brokaw.

On ajoute de la musique pop ? Et une guitare �lectrique ?

C'est �a. Mark Knopfler compose un g�n�rique

et on a des s�quences d'action

de pr�sentateurs sortant des flammes et sauvant des chatons.

�a me plairait.

- Dix, t'en penses quoi ? - Rien � foutre.

Tu devrais pas.

�a sonne le la du journalisme.

Tu veux dire le "glas" ?

C'est une faute courante.

Tu aimes les pains dans la gueule ?

Salut, c'est Gary.

Quoi ?

J'adorerais, tu le sais.

D'ici 10 jours.

Toi aussi, tu me manques.

Embarquement imm�diat, vol 435.

D�voiler sa carte ma�tresse, c'est r�v�ler son jeu.

- Passer par le lyc�e. - Peu probable.

On peut pas.

On ferait une s�ance photo en famille.

Si on le trimballe trop, il va devenir rev�che.

Rev�che...

Vous vous souvenez, l'an dernier,

quand on a crev� avec le bus ?

J'ai toujours cru qu'il �tait n� en 36

et 2 ans apr�s notre mariage, il disait 37.

Pardon.

On va commencer.

- C'est qui ? - Parker.

Du Washington Post. Il arrive.

- Parker ? - On vous l'am�ne.

On a quelques minutes, si tu es pr�t.

Fonce, mon grand.

Deuxi�me rang, � l'avant.

Kevin ? Je peux avoir un face-�-face avec le s�nateur ?

- On fera une conf de presse au sol. - Je veux un face-�-face.

On n'en fait pas, cette fois.

Et �a, c'est quoi ?

Le Washington Post.

Il y a eu des occasions de n�gocier,

mais le Pr�sident ne semble pas int�ress�.

Il ne serait pas all� assez loin ?

Incontestablement. Je connais Gorbatchev aussi.

Que faire, � part n�gocier davantage de r�ductions ?

Il n'y aura aucun dividende de la paix, sans effort de notre part.

- Je l'inviterais � mon inauguration. - Le leader sovi�tique ?

Bien s�r.

Pourquoi refuserait-il ?

Montrons-lui la d�mocratie � l'�uvre. Un peu d'audace.

�a ouvrirait la voie � de nouvelles n�gociations ?

La voie est d�j� ouverte.

C'est juste des turbulences.

Ce n'est que le vent.

Fermez les yeux.

Allez-y.

Vous roulez sur une route de campagne.

Vous la voyez ?

On a pass� quelques nids-de-poule.

La camionnette continue.

Vous avez fait �a toute votre vie.

Certains chemins ne sont pas pav�s.

Merci.

L'�conomie sovi�tique est en chute libre.

Il faut �viter un vide politique en Asie et au Moyen-Orient.

Vous savez ce qui remplit le vide ?

- La nature humaine. - Exactement.

Les guerres, les dictateurs.

Les extr�mismes religieux.

C'est �a, pour vous, la nature humaine ?

On ne vous a pas enseign� Tolsto� �...

Yale. Dipl�m� en histoire.

Tenez.

Pour mieux conna�tre les Sovi�tiques.

Je vous le rendrai.

Gardez-le, je ne suis pas une biblioth�que.

C'est ton boulot

d'emp�cher le s�nateur de faire pr�cis�ment ce genre de chose.

Que veux-tu que je te dise ?

Il va avoir l'air con ou pire, tuer quelqu'un.

Roosevelt aimait le grand air.

Il a tir� sur un grizzly, �a a donn� le terme "teddy-bear".

- Tu d�connes. - C'est vrai.

Teddy Roosevelt a presque tu� un ours, d'o� les peluches.

Gros succ�s.

10 $ qu'il rate.

Sans moi, merci.

Je r�ve... Un lancer de hache.

C'est un "timber sport", �a ?

Du jamais vu. L'homme qui jette sa campagne aux orties.

Je veux pas voir �a.

Salut.

Quoi de neuf ?

Cuomo a jet� l'�ponge.

C'est pas gagn� pour autant.

Kennedy et Bradley ont l�ch� aussi.

J'aime bien Gephardt. Il reste Al et Jesse Jackson.

- Voyons, s�nateur... - Il fait de bons scores.

Vous pensez que les Am�ricains �liraient Jesse Jackson ?

- Vice-pr�sident, peut-�tre. - C'est ce que Jesse vise, pas vrai ?

Je paie ma tourn�e.

Vous pouvez pas faire �a.

Il paie sa tourn�e, alors.

Alors vous allez �tre pr�sident ?

Secr�taire � la Marine, �a vous tente ?

Secr�taire, j'ai d�j� fait. Mais c'est gentil.

Juste avant notre espace a�rien,

ils balancent tout le bordel dans l'Atlantique.

Pas des kilos, des tonnes de coke.

Une Volkswagen de coke.

Une Volkswagen, pas une Honda ?

Oui, une Volkswagen !

Je sais de quoi je parle.

Un pote fait des sorties p�che au large d'Islamorada.

J'ai poireaut� 5 nuits sous un filet de cargo.

T'as m�rit� un si�ge douillet, Murph.

Je veux une carte de l'itin�raire

et des visuels de ces hors-bord en mouvement.

Pas n'importe quoi, je veux voir voler l'�cume.

Compris : hors-bord sexy, �cume qui vole.

C'est calme, au service Mickey ?

MGM intente un proc�s � Disney World.

- Sans d�conner ? - Violation de licence.

Trouvez-moi un titre pour la une

et des propositions de dessins de Mickey en pleurs.

D�j� fait, Mickey en pleurs.

Deux fois. Quand Universal est venu � Orlando

et quand l'alligator a becquet� un gamin pr�s d'Epcot.

Quelle id�e, un parc � th�me dans des mar�cages.

D'accord, Mickey en menottes, alors.

La politique ?

All�, la politique ?

Je reviens de la tourn�e de lancement avec Gary Hart.

Et il y a du neuf ?

C'est le lever de rideau sur le futur pr�sident.

Sois bref, Tom, on est ric-rac, aujourd'hui.

- T'es s�rieuse ? - Le sport !

Parlez-moi des Dolphins.

Tom Fiedler.

Il est de vous, l'article d'aujourd'hui sur Gary Hart ?

Oui, il est de moi.

Il a une liaison avec une amie � moi.

Comment elle s'appelle ? Et vous ?

Je peux pas vous dire �a !

�coutez, c'est pas dr�le.

On ne fait pas des all�gations comme �a.

Qui �tes-vous et...

Elle va le rejoindre.

� Washington, ce week-end.

Hart va au derby du Kentucky.

D�sol�e, ma petite dame.

Attendez.

Je voudrais savoir...

Vous payez pour des photos ?

Super. Franchement...

Bonne chance.

- Il a dit quoi ? - Il a raccroch�.

Oui, il parle pour les travailleurs. Absolument.

Je m'appelle Gary Hart. Je suis candidat � la pr�sidentielle.

Des messages de campagne, vous allez en voir.

- Qu'est-ce qu'il pr�sente bien ! - Il est super.

Tr�s bel homme.

Je pr�f�re l'autre prise, main dans la poche.

Le s�nateur s'est oppos�

aux efforts du gouvernement actuel pour r�duire les allocations ch�mage.

Oui. Et il a vot� contre tout le programme Reagan, en 1981.

C'est formidable.

Lee et moi vous sommes tr�s reconnaissants.

Hal vous fera savoir o� envoyer le ch�que et le reste.

D'accord.

� bient�t.

- Tu es libre. - Jusqu'� demain, m�me heure.

Irene, dis � Steve et Kitty que je n'irai pas au Kentucky.

Tu vas rater le derby ?

Et demande un caf� � Ellie.

PLANNING GWH

VENDREDI 1er MAI

D�PART R�SIDENCE HART VOL UNITED 1538

�vite les tacos. On aurait d� te le dire.

- Le vendredi, c'est tacos. - Tu me raconteras ton samedi.

�a gaze ?

J'ai besoin de ton aide.

Tu te sens bien ?

On dirait que t'as vu un fant�me.

C'est presque pr�t.

La voil�, la viande.

C'est pas mauvais.

Ne laissez pas refroidir votre burger que j'ai cuisin� avec amour.

Vous mentionnerez le burger dans le premier paragraphe.

�a marche.

Ce que j'ai fait de mieux de toute la campagne.

- On a fini ? - Presque.

Vous avez lu le livre ?

Presque. C'est du Tolsto�.

On peut parler de votre s�paration ?

C'est assez courant. Je pr�f�re �viter, si possible.

�a ne m'amuse pas de demander, vous savez.

Peu importe.

En quoi c'est utile ?

Les gens aimeraient mieux vous conna�tre.

Qui sont ces gens dont on me parle sans cesse ?

Certains d'entre nous, aussi.

- Des journalistes ? - Certains, oui.

Qui �taient lyc�ens quand je dirigeais la campagne de McGovern.

Question suivante.

C'est pas ma faute si vous d�butez.

� cette �poque, vous avez d�clar�

�tre pour le "mariage r�form�". �a voulait dire quoi ?

Pour l'amour du ciel...

J'�tais jeune, fatigu�, je vivais loin de ma femme,

c'�tait une blague.

Voil� pourquoi les gens �vitent la sc�ne publique.

Il y a toujours quelqu'un

pour d�terrer une boutade vieille de 15 ans,

comme si �a r�sumait votre vie.

Une derni�re et j'arr�te. On d�vie.

Vous avez pos� ces questions � Reagan ?

Et Carter ?

Il y a des rumeurs...

Pour l'amour du ciel, demandez-moi ce qui vous d�mange

ou ce qui d�mange votre r�dacteur en chef.

Vous valez mieux que �a.

Votre couple est-il traditionnel ?

�a suffit, on arr�te.

Mon temps libre vous int�resse ?

Suivez-moi. Vous allez vous ennuyer ferme.

N'importe quoi.

D�tends-toi.

- Je fais quoi ? - Le mec qui s'ennuie.

Les gens ont l'air de s'ennuyer.

- Elle est comment ? - S�duisante.

Assez bandante pour quitter ta femme.

Honn�tement, il m'en faut pas tant.

Arr�te de la fixer.

Regarde pas tes pieds non plus.

Bonsoir, mesdames et messieurs.

Nous atterrirons bient�t � l'a�roport de Washington.

- Tu sais o� ils vont ? - Je sais o� vit Hart.

L�, � gauche.

- Je me gare ? - Attendez.

Pas de s�curit�. C'est bien l� ?

C'est chez lui.

- Vous sortez ? - Un instant.

- Pas de garde du corps ? - Il est pas �lu.

Je sais pas ce que vous fabriquez...

- On t'a roul� dans la farine. - On vient d'arriver !

On est pas dans un peep-show. Qui paie ?

Trouvez-nous un h�tel.

Attends !

Putain !

Il nous faut un photographe.

Salut.

C'est ici, la planque ?

Non, on est en panne.

Tu montes, putain ?

Monte.

Vous �tes s�rs qu'ils sont l� ?

On les a vus entrer et sortir.

"Suivez-moi."

Hart a dit au Post de le suivre.

"Suivez-moi. Vous allez vous ennuyer ferme."

Il nous a demand� de le faire.

Dans les faits, vous le suiviez d�j�.

C'est une invitation.

On a une responsabilit�.

Les gens de l'Iowa ne vont pas enqu�ter

sur un politicien de Dieu sait o� !

� nous de les faire r�pondre de leurs actes.

Tu comptes te servir de ton appareil photo ?

Wilson, son conseiller.

- Il t'a rep�r� ? - Je crois pas.

- T'as vu la fille ? - Faut que je voie de plus pr�s.

Les mecs, �a schlingue, ici.

C'est qui ? L'�quipe de Bush ?

Je sais pas. Peut-�tre.

Rentre chez toi.

Il nous a vus ?

Bonsoir, messieurs.

Bonsoir, s�nateur.

Je suis journaliste au Miami Herald.

On aimerait vous parler.

Au sujet de la femme qui s�journe chez vous.

Personne ne s�journe chez moi.

On vous a vu sortir et revenir avec la m�me femme.

Une blonde.

Peut-�tre, peut-�tre pas.

On vous a vus.

J'ignore ce que vous pensez avoir vu.

Bonsoir, s�nateur.

Tom ?

Pourriez-vous nous dire si cette femme travaille pour la campagne ?

Celle avec qui on vous a vu.

Elle ne fait pas partie de ma campagne.

Comment la connaissez-vous ?

�a ne me semble pas pertinent.

Je vous assure que �a l'est.

On vous a vu aller et venir avec elle

mais on ne l'a pas vue...

Vous plaisantez. Personne ne s�journe chez moi.

Arr�tez �a.

Je ne plaisante pas, monsieur.

Vous la connaissez depuis longtemps ?

- C'est quoi, ces questions ? - C'est une amie ?

Pourquoi je vous le dirais ?

Faites-la venir pour confirmer.

Je ne ferai rien de la sorte. �a suffit.

Vous l'avez appel�e depuis le Kansas et le New Hampshire.

Je passe beaucoup d'appels. Comment me souvenir de...

Lors de l'annonce de votre candidature, vous avez dit :

"Nous devons incarner une int�grit� et une �thique exemplaires."

Alors, qu'est-ce qu'on fait l� ?

Dans une ruelle, un samedi soir ?

- Vous nous devez de coop�rer. - Je vous le dois ?

Vous niez l'�vidence.

Je nie l'id�e que vous ayez le droit de me poser ces questions.

- Vous �tes candidat � la pr�sidence. - Je suis au courant.

- Vous avez une responsabilit�. - Je connais mes responsabilit�s.

Et vous ?

S�nateur,

avez-vous couch� avec elle ?

Vous devriez avoir honte.

Vous �tes tomb� bien bas, Tom.

Nom de Dieu !

Il faut �crire tout �a.

Billy, appelle Dixon. Tout de suite.

Combien de temps pour les tirages ?

Je dirais 8 � 10 minutes.

Les foire pas.

Je vais faire de mon mieux.

Un caf�.

On doit attendre 24 heures.

Pour �tre s�rs. Faut le nom de la fille.

On perdra la moiti� des lecteurs.

On peut pas.

Non, c'est pas un sujet du lundi, c'est un sujet du dimanche.

Oui, on l'a vue.

On a des photos. La totale.

Tu passes me prendre ? On va � Washington.

Qu'est-ce qui se passe ?

Pas au t�l�phone. C'est Gary.

Plus que 42 minutes.

Mets plut�t "proche de", ici. "Li�e �" �a fait...

Professionnel.

SM, fouets et cha�nes.

Billy ?

Ils sont ici. Chez moi.

Dis � Fiedler qu'on lui propose une interview avec la fille.

Dis ce que tu veux, mais trouve une solution.

Gagne du temps.

Donna, ch�rie, dis-moi la v�rit�.

Tu l'as dit � quelqu'un ? Ta maman, le facteur ?

N'importe qui ?

Les journalistes sont de Miami. C'est toi qu'ils suivent, pas Gary.

- On est... ? - J'en sais rien.

Je peux lui parler ?

Non, je peux vous passer la fille, si vous m'accordez 24 heures.

Pourquoi pas une semaine ? Un mois ?

Donnez-moi 24 heures et on en discute.

Ils veulent gagner du temps.

On sait ce que vous faites.

On bosse pas pour la gazette de la fac. 24 heures, c'est non.

Donnez-moi 24 heures et...

On n'a pas v�rifi� le moindre mot.

Vous ne savez m�me pas son nom.

Vous voulez publier la citation d'un confr�re ?

La citation du Post ?

- On en a besoin. - Vous la voulez.

On dira que �a vient du Post.

Bon, on pourrait...

annoncer l'interview et publier dans la semaine.

C'est tout vu, ils vont trouver une pirouette.

Vous �tes dingues.

Ils sont faits comme des rats. Les laissez pas filer.

Mollo, Sonny Crockett, c'est pas des dealers.

Il l'a cherch� !

C'est �a, le sujet !

Laissez pas passer �a. Attendez.

"Lors d'une interview avec le Post,

"il a d�fi� ceux qui le questionnaient

"en disant 'Suivez-moi'."

Pour l'heure,

le Post roupille.

Gary Hart est enferm� dans une pi�ce

avec son �quipe de campagne

� la recherche d'une solution.

Il n'a pas tort.

T'as 20 min pour faire la une.

Pas de citation !

Salut, ma puce. Passe-moi ta m�re.

On est en pleine nuit. Tout va bien ?

Andrea...

C'est papa.

Il s'est pass� quelque chose.

D'accord. Quoi ?

Un article va para�tre demain

� mon sujet.

Ce qu'ils vont �crire ne devrait jamais s'�crire.

Je pourrai pas l'emp�cher.

Vas-y, Gary. Crache le morceau.

J'ai rencontr� une femme � Miami.

Ils l'ont suivie jusqu'� Washington, � la maison.

Je vois.

Je te demande pardon.

La seule chose que je t'ai demand�e, c'est de ne jamais m'humilier.

Ce que je me sens b�te.

�a me semble appropri�.

Sens-toi b�te quelque temps.

SEMAINE 3

Les autorit�s militaires de Fort Belvoir

fouillent tous les v�hicules quittant le camp

� la recherche de...

Qu'est-ce qui se passe, Donna ?

Je ne sais pas.

Je voudrais rentrer chez moi.

Je peux rentrer, maintenant ?

Bient�t.

Je sais que vous voulez rentrer.

J'ai rien � faire ici.

J'ai besoin de clarifier les faits.

Parlez � Gary.

Gary n'est pas loquace quand il s'agit...

de ce genre de chose.

Je vous ai d�j� tout dit.

Je voulais travailler pour la campagne.

B.B. a organis� un entretien.

Un entretien.

Vous avez d�j� travaill� en politique ?

Je voulais travailler pour le s�nateur Hart.

Pourquoi ?

J'aime ses positions.

Vous pensez que je suis une bimbo idiote.

Je ne pense rien du tout.

Je suis d�l�gu�e pharmaceutique.

J'�tais la meilleure vendeuse de mon secteur.

J'en doute pas.

J'�tais major de ma promotion � l'universit�.

J'ai fait tout ce qu'il faut

pour que les hommes ne me regardent pas comme vous en ce moment.

Je voudrais rentrer chez moi.

Je vais voir o� �a en est.

Le papier du Herald est sorti.

D�j� ?

Ils ont pas attendu qu'on commente.

Gary l'a vu ?

Non, il est � Georgetown, chez Steve et Kitty.

Il aurait d� aller � ce putain de derby avec eux.

En route.

� ton tour.

Elle va bient�t craquer.

Le candidat Gary Hart a ni� �tre un coureur,

intimant aux journalistes de le suivre.

Ce week-end, le Miami Herald l'a pris au mot.

- Ils utilisent ma citation. - F�licitations.

- Hors contexte. - Quel contexte ?

L'imb�cile dit "Suivez-moi" avant d'aller sauter sa ma�tresse.

Ils exploitent une phrase lanc�e comme �a pour justifier leurs saloperies.

On l'aurait mis sous surveillance, nous, si on avait su ?

- J'ose esp�rer que non. - Tu te prends pour qui ?

C'est bon, �a suffit !

Ils se couvrent.

Ce que je vais dire est v�ridique.

Le 31 d�cembre, apr�s la mort de Kennedy,

Lyndon Johnson s'assoit avec les journaleux, et nous dit :

"Les gars, vous allez voir des femmes d�filer dans mes suites d'h�tel,

"j'attends la m�me discr�tion que pour Kennedy."

Et on l'a fait.

Les temps ont chang�.

Pourquoi ? Qui en d�cide ?

Les lecteurs.

Et s'ils veulent voir les candidats � poil ?

On verrait qui a une longueur d'avance.

- Quelqu'un a vu Hart ? - Non, il se cache.

Sweeney refuse de dire o�. Il a un gros discours mardi, � New York,

devant la Newspaper Association.

Les �diteurs.

Commen�ons en douceur.

Un article � partir de d�p�ches, au sujet de la r�v�lation du Herald.

On veut choper Hart ou le Herald ?

Lorsque l'Am�rique choisit un pr�sident, la personnalit� compte.

C'est un fait.

Maman, qu'est-ce qui se passe ?

Maureen, ils �taient planqu�s dans les buissons.

Comme des charognards. C'est �a, le journalisme ?

Mme Hart, ligne 5.

Je dois raccrocher.

Mais s'il vous pla�t, rappelez � vos r�dac chefs

qu'ils bossent pour le New York Times !

Pas US Weekly.

Tr�s dr�le. Vous �tes tordante.

T'y crois, toi ?

T'as une voiture ?

Mme Hart.

- Qui �tes-vous ? - D�sol�, aucun commentaire.

- Vous travaillez pour Hart ? - Aucun commentaire.

Lee va faire une d�claration ?

J'en sais rien.

Juste une question : lui avez-vous parl� ?

Steve Dunleavy, A Current Affair.

Qui allez-vous voir ?

Un message de Gary ?

Une d�claration d'abord : votre r�le dans la campagne ?

Vous pouvez faire sortir Lee ? Une d�claration.

- Vous lui avez parl� ? - Leur fille est l�.

Quel connard.

Joe Trippi. On s'est rencontr�s au bureau de campagne.

Je viens vous aider.

Vous proposez quoi ?

C'est un jeu tr�s simple.

J'y jouais avec mon grand-p�re.

On re�oit chacun 7 cartes.

Vous n'en voulez toujours pas ?

Du th� ?

Tu peux faire un th� chaud ?

Oui, m'dame.

Pourquoi m'ont-ils interrog�e ?

Ce qu'on fait en cas de...

... c'est qu'on �tablit les faits pr�judiciables soi-m�me,

s'il y en a.

Comme �a, on n'a pas l'air de cacher quoi que soit.

Ils me laisseront en dehors de tout �a ?

Mes parents ne seront pas mis au courant ?

On sait ce qu'on fait.

B.B. a dit que vous auriez peut-�tre un poste pour moi.

En collecte de fonds.

J'ai eu mon dipl�me avec les honneurs.

Impressionnant.

Vous y croyez, � cette histoire de poste ?

Vous semblez tr�s qualifi�e.

Quand on est mannequin, les gens s'imaginent...

Qu'on ne peut pas �tre intelligente.

Je n'ai pas ce probl�me.

- C'�tait pas pour comparer. - Je plaisante.

C'est vrai, je n'ai pas ce probl�me.

Mais je comprends que vous l'ayez.

Du miel, ma douce ?

Un peu de liqueur.

Un trait de lance-flammes, alors.

Ne laissons pas les ouvriers non qualifi�s dans l'incertitude.

Quand ils entendent "technologie", ils s'inqui�tent pour leur travail.

Place-le avant.

Tu tiens le choc ?

S'agissant d'�conomie num�rique,

on doit d�velopper l'�galit� des chances.

On peut pas faire l'autruche.

Quoi ? Je travaille.

On doit faire une d�claration.

J'ai parl� � la personne qui compte.

Des articles vont sortir.

Des ragots. �a va se calmer.

Je doute fort que �a se calme.

On doit faire le point ensemble.

Tout de suite. Cette histoire de croisi�re, par exemple.

Ils ont oubli� la porte de derri�re ? C'est pas dans l'article.

S'ils l'ont pas vue partir...

Exactement.

Sans la porte, l'article est bon...

Pour la poubelle.

Ce voyage � Bimini

et ce con de Broadhurst...

Arr�tez, avec cette porte !

�a ne regarde absolument personne. Ni de pr�s ni de loin.

Ils n'avaient rien � faire l�. Avan�ons.

C'est ce qu'on essaie de faire.

Je fais �a depuis 20 ans, toi aussi.

Les gens se foutent de ces salades. Ils ne vont pas tol�rer �a.

Pas s�r. On n'est plus en 72.

Ni m�me en 82. Les choses ont chang�.

D�sol� mais c'est comme �a, et je ne comprends pas pourquoi.

Il faut pr�parer une r�ponse � cette affaire.

Il n'y a pas d'affaire !

Qu'ils �crivent leurs conneries,

je ne leur ferai pas l'honneur d'y r�pondre.

Et nous, alors ?

On m�rite une r�ponse ?

� ce sujet ?

Tu plaisantes ?

J'ai 100 jeunes qui d�ballent des cartons � Denver

parce qu'on leur a dit que tu ferais ce qu'il faut pour gagner.

C'est moi qui leur ai dit !

La cr�me de la cr�me,

ils ont quitt� leur boulot, leur famille.

- Les gens font des sacrifices pour toi. - Et pas moi ?

Je devrais sacrifier ma vie priv�e ?

Mon respect de moi-m�me ?

On va tous en p�tir.

Ces jeunes ne verront plus jamais une campagne

sans qu'un candidat ne se justifie sur qui passe dans son lit.

Et c'est que le d�but.

L�, on ne parle pas de �a.

Moi, je parle de �a !

On parle de comment tu vas g�rer cette journ�e

sans foutre en l'air tout notre boulot sur cette campagne !

Cette campagne porte

sur l'avenir, pas sur des rumeurs sordides,

et je tiens au caract�re sacr� du processus,

que �a te plaise ou non !

Revoyons la formulation, page 17.

Voil� : "Outre la menace d'une guerre commerciale,

"je redoute la perte d'influence dans le monde."

J'ai vu un bar.

Ma seule fois � Miami !

Bourr�e, paum�e

et raccompagn�e par un inconnu libidineux.

Les mecs � Miami sont...

Un de mes ex,

les huissiers lui ont pris sa bagnole pendant qu'on �tait au cin�.

Sans rire ?

Et un autre est en prison pour vente de coca�ne.

Classe.

M�me ma m�re n'est pas au courant.

Gary est tellement diff�rent.

En quoi ?

Je peux me taire, avec lui.

�tre moi-m�me.

T'as d�j� ressenti �a ?

Je suis d�sol�e que tu sois m�l�e � tout �a.

Le monde dans lequel on vit

n'a ni queue ni t�te, en ce moment.

Il faut �tre intelligent.

Tu l'es.

Merci.

Venant de quelqu'un comme toi...

Regarde o� tu en es.

Elle jure que c'�tait un entretien d'embauche.

C'est peut-�tre vrai.

Je connais Gary depuis longtemps.

En 84, on �tait � l'h�tel, je sais plus lequel.

J'�tais avec Gary et Warren Beatty.

Gary �tait d�cha�n�, il �tait � deux doigts de gagner.

Il s'est mis � cuisiner les gardes du corps.

"Si je suis pr�sident et que je vais � Boulder

"acheter des livres d'occase avec mes enfants,

"qu'en est-il de ma vie priv�e ?"

Warren dit : "Gary, faut pas r�ver.

"La vie priv�e n'existe plus.

"Les cam�ras vont partout, maintenant."

Gary avait l'air d�concert�.

Il a r�pondu :

"�a c'est � Hollywood.

"Tu parles de paparazzi, pas de politique."

Il a raison, non ?

Je sais pas. T'en penses quoi ?

NBC a annonc� qui remplacerait Shelly Long dans Cheers,

la saison prochaine :

Tammy Bakker.

On brasse de l'air ? � quel moment on sait que c'est mort ?

Pauvre Gary Hart.

Cet homme est candidat � la pr�sidence des �tats-Unis.

Avant-hier,

on lui a demand� le nom du bateau, et trou de m�moire.

Eh bien...

je con�ois qu'on ne veuille pas s'en souvenir.

Le bateau s'appelait Vieille Canaille.

Voil� ce qui me laisse perplexe.

Vous briguez la plus haute fonction de l'�tat,

vous pr�voyez un petit tour � Bimini

avec quelques... demoiselles,

et vous devez affr�ter un bateau.

De tous les noms de bateaux qu'on puisse trouver,

comme M�re

ou M�re Teresa,

vous louez Vieille Canaille.

C'est pas tr�s malin.

Personne ne sait ce qui s'est pass� sur le bateau,

mais les baleines, elles, �taient au spectacle.

Vous pourriez le laisser d�croch�.

Jesse Jackson a appel�.

Vraiment ?

Il m'a dit de tenir bon.

C'est un homme charmant.

Et �trange.

Ces gens...

Ces gens veulent s'indigner pour moi,

mais ce n'est pas leur place.

�a va pas �tre facile de franchir le portail.

Je sais. Faut trouver une astuce.

Je me sentirai bient�t pr�te � prendre l'avion.

Quoi ?

J'ai besoin de voir mon mari.

T'es s�rieuse ?

J'ai pass� 30 ann�es de ma vie avec ton p�re.

J'ai fait de nombreuses concessions.

Tu voudrais que je me sente humili�e ?

La simplicit� des sentiments est le privil�ge de la jeunesse.

Tu dois le laisser g�rer seul.

Il va g�rer.

Tissu industriel vieillissant, infrastructures sur le d�clin,

syst�me �ducatif en perte de vitesse, dettes publique et priv�e vertigineuses...

- La 49e ? - Non, ici.

- Pourquoi ? - Devant, c'est pire.

Dix est en place ? Billy.

- Vas-y. - O� �a ? Je vais tuer quelqu'un !

Ouvrez !

�a a �t�, ton week-end ?

C'est Tom ?

Brokaw est ici ?

Ils ont h�te d'entendre ton programme �conomique.

Foutu p�trin.

Foutu p�trin.

- Les derni�res r�visions. - Stylo.

- Pardon ? - Un stylo.

- Il fait des changements. - C'est bon signe.

Nous sommes pr�ts � commencer.

Dimanche, � Ellis Island, nous avons entendu le pr�sident actuel.

Demain, ici m�me,

un ancien pr�sident parlera.

Aujourd'hui...

S'il est l�, qui fouille nos poubelles ?

... deux hommes qui aimeraient devenir pr�sident.

Ce m�me est d�bile.

Ken, on perd les yeux du s�nateur.

Ils sont dans l'ombre.

Je me fiche de ses yeux, l�.

Applaudissez notre premier intervenant,

de l'�tat du Colorado, le s�nateur Gary Hart.

Bonjour, merci.

Je suis venu aujourd'hui

vous parler de l'avenir de l'Am�rique.

C'est l'objet de ma campagne

et �a devrait le rester.

Mais j'aimerais �voquer les �v�nements de ces derniers jours,

dont vous avez sans doute discut�.

Le week-end dernier, un quotidien a publi� un article trompeur

qui a fait du mal � ma famille

et donn� une mauvaise image de moi.

L'article a �t� �crit par des journalistes qui, de leur propre aveu,

ont entrepris une surveillance hasardeuse.

Putain, tous aux abris.

Vous dites ?

Ne changez rien.

Vous avez une question, ou...

Qu'est-ce qu'on fait ?

- Je peux crier "Au feu". - Il ma�trise.

Il ne s'agit pas du Miami Herald, mais du discernement de Gary Hart.

On peut donner un micro � M. Martindale ?

Ce n'est pas n�cessaire.

Au contraire, les gens aimeraient certainement entendre.

Tiens, un micro.

Oui, nous d�fendons l'exactitude globale de notre article.

Pardon, "l'exactitude globale" ?

Oui, il s'agit d'un homme mari�

qui a fr�quent� de trop pr�s une c�libataire.

Nous n'avons rien sugg�r� d'autre.

Parce que vous n'en savez rien,

malgr� le temps pass� dans mes buissons.

Nous savons que vous avez appel� Donna Rice pendant votre tourn�e.

On l'a vue quitter votre maison, � Washington.

Elle la quittait ou pas ?

Votre article dit qu'elle n'a pas quitt� mon domicile,

l� vous dites le contraire.

Lorsque nous vous avons interview�...

Vos journalistes m'ont accost� dans une ruelle.

- Sauf votre respect... - Il est un peu tard pour �a.

Vous m'avez tendu une embuscade en pleine nuit,

apr�s une surveillance scabreuse

au cours de laquelle vos journalistes,

votre �quipe de choc,

n'ont pas r�alis� que j'avais une porte de derri�re.

Une porte de derri�re ?

Une surveillance b�cl�e ne vaut pas mieux qu'aucune surveillance.

En fait, c'est pire.

Faites votre travail, et on fera le n�tre.

Ce serait un changement appr�ciable.

Maintenant, si vous le permettez,

j'aimerais parler de choses plus palpitantes :

d'�conomie.

Il est fort.

Les d�fis auxquels nous faisons face

d�passent tout ce qu'on a vu...

Un chauffeur attend pour t'emmener o� tu voudras.

Et on a un avocat, ici, � Miami.

Je te donne son num�ro.

Vous et Gary �tes amoureux ?

- Votre petit ami dealait ? - �tes-vous li�e au milieu de la drogue ?

Vous a-t-il dit qu'il ne fallait pas vous impliquer ?

Il ne vous a pas dit, Fawn ou Miss Hall,

de rentrer chez vous et de ne plus vous en faire ?

Retour dans le New Hampshire.

"Vivre libre ou mourir" !

Combien choisissent "mourir" ?

Monsieur ? Thon-mayo ?

- J'ai pas command� �a. - T'es s�r ?

Je maintiens l'exactitude globale de ma commande.

L'exactitude globale ?

Je ne peux plus r�pondre � ces questions.

Une derni�re conf de presse.

Ils posent leurs questions et on revient aux id�es de fond.

Vous reconnaissez que vous n'avez pas surveill�

l'arri�re de la maison

et donc, que la demoiselle

aurait pu �tre partie

alors que vous la croyiez encore l�.

M. Koppel... Ted...

s'il s'agit de reconna�tre que nous sommes moins bons que le FBI,

nous le reconnaissons volontiers.

Jolie pirouette, mais la question est :

a-t-elle pass� la nuit chez lui ?

Et si elle est partie au bout de 30 min, comme elle le pr�tend,

elle n'y a pas pass� la nuit.

Oui. Enfin, non...

Vous �tes pr�ts � laisser tomber ?

Avez-vous fait le tour de la question ?

Je ne suis pas s�r de comprendre.

Je vous pose

une autre question.

Vous �tiez seuls sur cette affaire, personne d'autre n'�tait sur le coup,

vous auriez pu attendre 24 heures

pour �tre s�rs de vos dires.

Pardon, mais nous sommes s�rs de nos dires.

� plusieurs reprises, M. Fiedler...

- Reprends du d�but. - �a vient d'un d�tective priv�.

Un s�nateur soup�onnait sa femme de coucher avec Hart.

- Je connais cette nana. - Chewing-gum ?

Une lobbyiste.

Non, merci.

Qui ?

On pense � Tydings.

En fait, Hart saute pas Mme Tydings, il en culbute une autre.

Sacr�e ville !

- D'o� �a vient ? - Paquet anonyme.

Je d�teste.

Si t'as un truc � dire, dis-le.

File un chewing-gum.

- Tydings l'aurait envoy� ? - Pourquoi ?

On parle pas de Bush ?

Hart se pr�sente contre l'ancien patron de la CIA.

- Pas encore. - Ni adresse ni mot. Juste une date.

Il y a six mois.

La voil�, ta confirmation.

Une enveloppe anonyme ne nous oblige � rien.

�a indique une tendance g�n�rale : coureur, menteur.

Il ne nous ment pas, � nous.

Ce que tu es na�f.

Ce paquet a d� atterrir chez au moins 3 autres journalistes audacieux.

Qu'ils les utilisent, les ragots. Nous, on est pas oblig�s.

Si, A.J.

Aujourd'hui, si.

Si on refuse de publier, un autre canard le fera.

Le Poughkeepsie Journal, le Miami Herald,

peut-�tre m�me le New York Times.

Les cha�nes de t�l� raffolent de ces conneries.

Nous, on se drape dans notre dignit� :

"Pour nous, c'est pas de l'info. Nous, on change pas d'avis."

On sera les seuls � pas couvrir le sujet dont tout le monde parle.

Et ainsi de suite.

Pourquoi tu le d�testes ?

Je ne d�teste pas Gary Hart, je ne lui fais pas confiance.

C'est un point de vue.

Pourquoi c'est pas le tien ?

Tu devrais �tre sceptique. M�me sa femme lui fait pas confiance.

T'en sais rien.

Il ne respecte pas les femmes.

Tu plaisantes ? Il adore les femmes.

Trop, d'ailleurs.

Il les utilise.

Tu pousses un peu. Il est intelligent, bel homme, courtis�...

C'est un homme

du pouvoir et des opportunit�s.

�a implique de savoir se tenir.

Venant d'un trader qui se tape des serveuses,

�a m'inspirerait juste du d�go�t.

Venant d'un futur pr�sident,

�a m'inqui�te.

En tant que journaliste, tu devrais r�agir.

Tu es en train de tout louper.

Dieu merci.

On dirait bien que...

on reprend du poil de la b�te, ici.

Je peux te r�server un vol.

Qu'est-ce qui te travaille ?

J'ai peur qu'elle n'en voie jamais le bout.

� chaque entretien d'embauche...

Elle a pas une �quipe de b�n�voles surdipl�m�s.

A priori, elle fait face seule.

Tu me dis rien ?

Haut les c�urs, ma grande.

T'as du pain sur la planche.

Bonjour, Billy.

Tu veux pr�venir Gary qu'on est l�, au cas o� il voudrait boire un verre ?

Avec de vieux amis.

Le s�nateur est indisponible.

Le s�nateur est indisponible...

"Suivez-moi", putain.

T'y crois, toi ?

Ils n'ont pas de podium.

J'en ai pas besoin.

- T'as pas eu de podium ? - L�che-moi.

"La confiance des �lecteurs survit-elle au mensonge ?"

Tout �a leur est �gal.

C'est bien.

- Cite les sondages. - Je me fiche des sondages.

Tu as tort. Gallup vient d'en faire un.

"Les m�dias ont-ils surm�diatis� la vie priv�e de G. Hart ?"

64 % disent oui.

"Les relations priv�es d'un candidat attestent-elles de ses qualifications ?"

38 % disent oui.

52 % disent non.

Prenez �a dans la gueule !

64 %, quand m�me.

Ils vont parler des coups de fil.

- J'en passe beaucoup. - �a marche.

On va mentionner Donna Rice ?

Demander le respect de sa vie priv�e ?

T'es cingl�e ?

�a pourrait �tre vu comme un beau geste.

Ils risquent d'avoir des questions...

au sujet des femmes.

Qu'ils parlent � Irene ou Ginny, ou d'autres collaboratrices.

Ce que Billy veut dire, c'est...

Quoi ?

Y en a-t-il eu d'autres ?

Femmes.

- Autres que ta femme. - Sans blague !

Je ne r�pondrai ni � eux ni � vous.

�a ne regarde personne !

C'est �a.

C'est parfait. C'est �a, ta r�ponse.

Je reviens tout � l'heure.

�a fait 2 jours que je me r�veille au son des h�licos.

Ils attendent devant le portail par dizaines.

Camions satellite, d�tritus jonchant le sol.

Comment va Andrea ?

Elle est d��ue.

Pour partir, elle a d� se planquer dans une voiture de ton �quipe.

Sous une vieille couverture. Voil� comment elle est partie.

Comme une criminelle honteuse.

C'est � eux d'avoir honte.

Les gens ne le tol�reront pas.

Si tu le dis.

Je regrette tellement...

J'imagine, oui.

As-tu pens� � moi quand tu flirtais avec cette fille ?

As-tu pens� � moi, sur ce bateau ?

Quand tu la faisais rire devant 50 personnes ?

As-tu pens� � moi quand tu l'as invit�e chez nous ?

Tu vas me quitter ?

Pas maintenant.

Pas encore.

Peut-�tre, un jour.

Et si c'est un fardeau � porter,

ce n'est que justice.

Tu m'as fait mal.

Je veux que tu le ressentes, que tu le vives.

� toi de souffrir. Porte le fardeau � ma place.

Penses-tu pouvoir me pardonner ?

Je vais r�pondre � toutes vos questions,

et demain, j'esp�re revenir aux vrais sujets de cette �lection.

Votre discernement en tant que dirigeant n'est-il pas remis en question ?

Oui, je consens avoir commis des erreurs.

Mais le discernement, comme la droiture,

sont � �valuer � l'aune d'une carri�re enti�re

et il me semble que mon travail au S�nat

et mes projets pour le pays refl�tent aussi mon discernement.

David.

Comment convaincre le parti d�mocrate

que vous ne referez pas la m�me erreur ?

En ne refaisant pas la m�me erreur.

Y avait-il 2 ou 3 personnes dans la maison ?

Sont-elles parties et revenues ?

Tout �a a d�j� �t� pr�cis�.

3 personnes sont venues chez moi, le samedi apr�s-midi,

et sur un laps de temps de 2 ou 3 heures,

nous sommes partis, revenus, puis elles ont pris cong�.

Vous avez d�clar� un jour que vous aimiez le danger.

Avez-vous provoqu� cette situation ?

Je ne l'aime pas � ce point, Jack, sinc�rement.

Qu'avez-vous � dire aux �lectrices ?

N'importe lequel de mes collaborateurs,

dans mon �quipe de campagne ou au S�nat,

ces 15 � 20 derni�res ann�es,

confirmera que j'ai une relation de travail saine avec les femmes.

�tes-vous pr�t � passer au d�tecteur de mensonge ?

Les �lecteurs d�tectent tr�s bien le mensonge.

- Ils vont vous croire ? - Je pense, oui.

Selon la plupart des �lecteurs, le Herald a d�pass� les bornes.

Plus de 60 %.

64 %.

Quand les chiffres nous sont favorables, soyons pr�cis.

M. Parker.

Bonjour.

Content de vous voir ici.

Hier, vous avez parl� de moralit�.

J'aimerais vous demander des pr�cisions.

J'ai une s�rie de questions, si vous voulez bien.

Allez-y.

Vous dites n'avoir rien fait d'immoral,

vous n'avez donc pas eu de relations sexuelles avec Donna Rice,

ni la semaine derni�re ni avant ?

J'ai ni� toute relation. C'est exact.

Selon vous, l'adult�re est-il immoral ?

Oui, en effet.

Avez-vous d�j� commis l'adult�re ?

Dis-le.

Je trouve cette question malvenue.

Encore du caf� ?

Il est t�t, je veux bien.

Oui, merci.

- Madame ? - Non, merci.

Je veux bien.

Monsieur, un caf� ?

Caf� ?

- Je dois voir le s�nateur. - Tu te fous de ma gueule ?

J'ai essay� la coke, � la fac de Berkeley,

et j'ai tromp� ma copine.

2 fois. �a t'�vitera de demander.

Mettons la r�forme militaire en avant.

Oui, le grand jeu, avec des g�n�raux.

Je vais appeler Andrea. Tu as 10 cents ?

J'ai �a.

Je suis pour retourner sur le terrain, mais je crains que le s�nateur...

Ce serait risqu� de le confronter au public.

On peut demander du renfort � Denver.

On peut pr�voir plus de t�l�s.

Combien de temps pour tourner un spot de 30 min ?

On a les fonds ?

Occupons le terrain, allons droit aux �lecteurs.

Irene, des nouvelles de Miami ?

Comment �a ?

Elle va bien ?

Je sais pas quoi r�pondre.

F�licitations.

T'es digne du National Enquirer. 50 cents au supermarch�.

Y aurait assez d'audience ?

Les m�dias en parlent.

Il nous faut un acheteur national.

O� est Dixon ?

C'est scandaleux.

Tu es en s�curit� ?

Ils n'ont pas le droit de te harceler. On va r�gler �a.

Ils n'ont pas � s'approcher de toi.

On va s'en occuper.

Lee...

on rentre � la maison.

Hart et sa femme sont de retour � Denver,

o� il mettra un terme � sa course � la pr�sidence.

Donn� favori pour 88,

Hart annoncera officiellement son retrait � midi.

Vu les circonstances, cette campagne doit prendre fin.

Je refuse de soumettre ma famille et mes amis

� davantage de rumeurs

et de ragots.

Je ne veux pas �tre le sujet central,

je ne peux pas �tre le sujet central.

Lorsqu'on doit passer tout son temps � parler de soi,

sans �tre particuli�rement dou� pour cela,

c'est au d�triment du lien avec les �lecteurs.

Dans la vie publique,

ce qui est int�ressant n'est pas pour autant important.

Les agriculteurs d'Amarillo,

les travailleurs de champs p�troliers de Louisiane,

les m�tallurgistes de Pennsylvanie,

veulent tous du travail.

Leurs enfants veulent �tre instruits et, comme nous tous,

ils ne veulent pas �tre tu�s par une arme nucl�aire.

Le temps est venu de remettre en question cette machine �lectorale,

o� les journalistes campent dans les buissons,

les photographes sous nos fen�tres,

o� notre presse prend en chasse

nos candidats devenus gibiers,

et o� de sentencieux experts font mine de se demander

pourquoi nos meilleurs �l�ments fuient les hautes fonctions.

La politique dans ce pays, croyez-en mon exp�rience,

est sur le point de devenir une comp�tition sportive.

Nous devons tout faire pour que le syst�me fonctionne.

Sinon, nous allons bient�t paraphraser Jefferson :

"Je tremble pour mon pays

"� l'id�e que nous puissions r�colter les dirigeants que nous m�ritons."

Je l'ai dit, je plie mais ne romps pas.

Croyez-moi, je suis encore debout.

Je le dis � mes enfants

et aux jeunes gens de ce pays :

je suis en col�re, moi aussi.

J'ai commis des erreurs, je l'ai reconnu. Je suis un �tre humain.

Mais je suis un id�aliste. Je veux servir mon pays.

Ces �v�nements ne doivent pas vous dissuader,

vous les jeunes id�alistes,

d'avancer, de progresser.

Le flambeau de l'id�alisme illumine vos c�urs

d'une flamme qui devrait vous inciter � rendre ce pays plus grand.

O� que vous alliez, quoi que vous fassiez,

je serai de tout c�ur avec vous.

Merci.

Gary et Lee Hart sont encore mari�s.

Adaptation : Mariette Kelley

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