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...
Respiration saccad�e.
...
-H� !
*-Marie, tu peux venir ?
...
Elle a quelque chose sous sa burqa.
-Elle a perdu les eaux.
Elle va accoucher. Faites-la fouiller, j'appelle Nadia.
-Tu vises mal pour un tireur d'�lite.
-Elles sont incroyables.
-Revanche ?
-Nadia,
on a besoin de toi. -Le devoir m'appelle.
Pleurs de nouveau-n�.
...
Lorsque Dieu ferme une porte, il en ouvre toujours une autre.
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*-Malgr� les 140 000 soldats de la coalition, dont 3 500 fran�ais,
*la guerre s'enlise et la solution au conflit afghan
*semble d�sormais plus politique que militaire.
*A l'approche des �lections,
*les Am�ricains souhaitent rallier les talibans les moins radicaux
*au processus d�mocratique. Hier, le pr�sident Hamid Karzai...
-On les fout � la porte, ils rentrent par la fen�tre !
*-Le mollah Omar s'est dit heureux de rejoindre le processus
*de r�conciliation nationale.
...
-Contr�ler Jolayan, c'est contr�ler l'acc�s
aux 3 vall�es de l'Alasay.
Le succ�s
de cette op�ration est crucial. Les drones ne r�v�lent la pr�sence
d'aucun insurg�, mais soyez vigilants en arrivant sur zone.
S�curiser les acc�s, �tablir le dialogue avec le malek
et �valuer les besoins
de la population. Gagner la paix pour aider � reconstruire le pays.
Des questions ?
Messieurs dames, je vous souhaite � tous bon courage. Merci.
...
-Jolayan en visuel.
*Tenez-vous pr�ts.
...
Explosion.
Le moteur ralentit.
-Allah akbar ! -Allah akbar !
Echange de tirs.
...
-Nadia,
n'y va pas !
...
-Ah !
-Julien est bless� !
Il est bless� !
...
-Je m'en occupe.
Explosion.
-Attention !
...
-10 heures,
100 m�tres.
...
Explosion.
Tirs.
-Nadia, reviens ! Reviens !
...
-Demande intervention
sur ennemi 785, s�paratif 832.
*-Alpha 10, ici Vautour. Bien compris.
...
...
-Cible confirm�e.
...
-Hamid, aide-moi !
L'homme prie.
...
-Hamid !
...
Aide-moi !
...
Renforts !
...
...
*-Ici Vautour, � 56 secondes.
-Planquez-vous.
...
-Alpha 10 pour Nadia. Alpha 10 pour Nadia.
...
*-Ici Buffalo, d�part imm�diat.
...
*-Corsaire de Buffalo, on arrive.
Les hommes murmurent.
...
-Qu'est-ce qu'ils racontent ? -Ils parlent de nous ex�cuter.
*-Ici Corsaire,
*survolons zone 5. Recherches n�gatives.
L'h�licopt�re survole la grotte.
...
Conversation � voix basse.
...
La discussion s'anime. Rires.
...
Un homme prend la parole.
...
L'homme donne
un ordre.
...
-ALLAH AKBAR !
-Ah ! Hamid est �gorg�.
...
-Il s'agirait
d'Abdullah Raman,
un Saoudien bien connu de nos services,
form� par Al-Qa�da.
-C'est lui qui d�tient Nadia Meyer ?
-Oui.
-Et les recherches ? -Rien.
-On pr�vient sa famille ?
-Laissez-moi 24 heures.
-D'accord.
-Merci.
L'homme lui parle s�chement.
...
...
-Je m'appelle Nadia Meyer.
Je suis n�e le 3 janvier 1978, � Lyon.
Je suis musulmane par ma m�re.
Honte � moi de servir l'arm�e des infid�les.
Hier apr�s-midi,
les combattants talibans ont mis en d�route l'arm�e fran�aise.
Ils sont les plus forts, car Allah est avec eux.
Mainten...
Maintenant
que je suis venue ici et que j'ai vu comment les gens vivaient,
je peux dire que nous avons envahi
un pays ind�pendant
et un peuple ind�pendant.
...
-Et cette guerre...
...
-La France doit cesser d'ob�ir
au Satan am�ricain et quitter
imm�diatement l'Afghanistan.
...
-Va avertir
Saint-Sauveur.
...
-Nadia !
Et Hamid ?
Un soldat otage, �a vaut de l'or, pour eux.
Pourquoi vous ont-ils rel�ch�e ?
Reposez-vous.
-L'embuscade. Combien de morts ? -5.
Sans l'aviation, le bilan aurait �t� beaucoup plus lourd.
Il y a eu des victimes civiles.
Les talibans se sont repli�s sur Jolayan.
-Et ils ont bombard�.
-Une vingtaine de morts.
Ils se sont servis des civils comme boucliers humains.
-Si on sait �a, pourquoi on bombarde ?
-Reposez-vous.
...
-Je ne vous ai pas tout dit, hier.
Au campement taliban, apr�s qu'ils aient tu� Hamid,
un homme est apparu et s'est violemment accroch� avec Abdullah,
� cause de moi. -De vous ?
-J'ai eu
cette impression. -A quoi ressemblait cet homme ?
-A Hassan Walli.
Vous en avez entendu parler ?
-Je connais un Mohammed Walli,
ancien gouverneur d'Alasay.
-Hassan est son fils. Mon p�re
�tait officier de renseignement en Afghanistan, dans les ann�es 80.
C'est l� qu'il a connu Mohammed Walli.
Sa fille voulait faire des �tudes de m�decine en France.
Elle et son fr�re parlaient tr�s bien le fran�ais.
Mon p�re a propos� de l'h�berger.
-Et Hassan ?
-Hassan est arriv� en France en 2001.
On �tait tr�s li�s, tous les trois.
Puis le 11 septembre est arriv�, suivi de l'op�ration
Enduring Freedom, et la maison de leurs parents a �t� bombard�e
par erreur par les Am�ricains. Ils ont �t� tu�s.
Tamana et Hassan
sont rentr�s en Afghanistan. -Vous auriez vu Hassan Walli
dans le campement ?
-M�me si �a para�t fou, oui, colonel.
C'est ce que je crois.
-N'en parlez � personne.
Gardez tout �a pour vous, jusqu'� nouvel ordre.
...
Bombardement.
-Rassemblement !
Sir�ne, �clats de voix, tirs de mitraillette.
...
-C'est elle ? -Elle n'est pas form�e
pour �a.
Je ne veux pas l'exposer. -Vous avez une meilleure id�e ?
-Vous m'avez appel�e ?
-Voici le colonel Leroy de la DGSE.
-Capitaine.
-Colonel.
-Un soulagement de vous revoir parmi nous.
Bravo pour votre courage. -Merci, mon colonel.
-Asseyez-vous.
On a peu d'informations
sur Hassan Walli. C'est un homme tr�s secret.
Mais les Am�ricains affirment qu'il est toujours en activit�,
en Alasay. -Il est vivant ?
-Oui. C'est tr�s probablement lui que vous avez aper�u dans le camp.
D'apr�s les Am�ricains, il dirige le renseignement
dans la r�gion et il pilote des op�rations sur le terrain.
-Un taliban...
-Pas exactement.
-Plut�t un chef pachtoune nationaliste qui se bat
contre l'envahisseur,
mais qui reste ind�pendant
vis-�-vis des talibans et d'Al-Qa�da.
Un mod�r�, en quelque sorte.
Votre amie Tamana.
Elle a chang� de nom.
Elle s'est mari�e.
Elle vit dans la banlieue de Kaboul.
On aimerait
que vous la contactiez.
-Pourquoi ?
-Pour qu'elle nous mette en relation avec son fr�re.
Notre objectif est de chercher � retourner les talibans mod�r�s
ou les chefs
pachtounes comme Hassan. Nous voulons le convaincre
de cesser la lutte arm�e et de collaborer
avec la coalition.
Hassan appartient
� une famille
tr�s respect�e. Si on peut le convaincre
de d�poser les armes, toute la r�gion bascule avec lui.
Donc beaucoup de vies �pargn�es, et d'abord, celles de nos hommes.
-Qu'attendez-vous de moi ?
Je revois Tamana. Et apr�s ?
-Si elle est en contact avec son fr�re,
la convaincre de se mettre en relation avec nous.
Apr�s, on prend le relais.
...
-Comment l'argent
de la drogue modernise un pays.
...
Elle frappe.
-Salam aleikoum. Je cherche Tamana.
On m'a dit qu'elle habitait l�.
Il traduit. -La soeur
d'Hassan Walli. L'homme traduit.
-Nadia ?
-Tamana ?
C'est toi ?
-Que fais-tu ici ?
-Je...
Attends...
Ca fait deux mois que je te cherche.
C'est pas l'uniforme. Je suis l� en amie. Ne crains rien.
-Comment m'as-tu trouv�e ?
-C'est long � expliquer.
J'ai vu Hassan.
-Hassan est mort.
-Tamana,
Hassan est vivant.
Il combat dans la montagne, aux c�t�s des talibans.
T'es en contact avec lui ?
-Que veux-tu ? -Dis-lui que l'arm�e fran�aise
a une proposition � lui faire. Tiens. C'est mon t�l�phone.
Appelle-moi quand tu veux.
...
-Capitaine. Asseyez-vous.
Alors ?
Je vous �coute. -Elle n'a pas dit grand-chose.
-Elle est en contact avec son fr�re ?
-Oui. Je crois.
-Vous lui avez pass�
le message ?
Bon, on attend.
Vous voulez manger ? C'est le meilleur palao de Kaboul.
...
-Ils ont mis les affiches pour les �lections. Tu vas voter
pour le gouverneur ?
-Oui. Il n'y a
qu'un candidat.
-Les autres ont peur ?
-Mahfouz peut tout acheter, en Alasay, m�me les Fran�ais.
Nadia.
-Mais t'as trouv� !
Tu trouves tout.
Combien ?
-10 dollars.
Pas cher. Prix d'ami.
-Je n'ai que
des euros.
-Pas de probl�me. Euros, dollars, afghanis, je prends tout.
10 euros. -Ca ne fait pas 10 dollars.
-8 euros.
C'est une bonne affaire. -C'est une bonne affaire pour toi.
-Ce qui est rare est cher.
Sonnerie.
...
-All� ?
Oui, c'est moi.
Tamana ?
Elle veut me revoir,
demain.
-O� �a ?
-Chez elle.
-Elle a dit pourquoi ?
-Elle veut me parler
d'Hassan.
-Une escorte surveillera discr�tement la maison.
...
-Tamana.
Tu n'as pas chang�.
-Mais si, j'ai chang�.
Tout le monde change. Ma vie aussi a beaucoup chang�. Entre.
Tu vas voir Hassan.
-Ici ?
-Non.
La maison est surveill�e, n'est-ce pas ?
Viens.
Mets �a.
Il n'arrivera rien. Tu as sa parole.
Suis-moi.
...
-Si on m'avait dit qu'un jour, je prendrais un taxi en burqa...
C'est loin ?
-Une heure de route.
Une fois sortis de Kaboul, je rentrerai et tu garderas le taxi.
...
-Salam aleikoum.
...
Que s'est-il pass� ?
-Vous ne m'avez pas laiss� le choix.
Cette guerre, c'est vous qui l'avez voulue.
-Tu te souviens de la nuit du 11 septembre qu'on a pass�e
� regarder les avions percuter les tours ?
Et les attentats de Madrid et Londres ?
-Ca, c'est Al-Qa�da.
Les talibans ne s'int�ressent pas au reste du monde,
sauf quand il s'invite chez eux.
-On est l� pour quoi, selon toi ? -L'�nergie.
-L'uranium, le p�trole et le gaz qui passent ici.
Et puis, autour, il y a la Russie, l'Iran, le Pakistan, la Chine.
Les Am�ricains sont ici pour montrer leur force.
Voil� pourquoi tu te bats contre moi.
-Si �a permet d'�viter une attaque nucl�aire, c'est utile d'�tre ici.
Et je ne me bats pas contre toi. Ici, j'aide, je soigne,
je construis. Je n'occupe pas un pays. Toi, tu d�truis.
-Ouvre les yeux. Vous n'avez apport� que le chaos, ici.
Trafic de drogue, corruption, villages bombard�s.
Les civils souffrent.
-Toi et tes amis les talibans en faites des boucliers humains.
-Ce ne sont pas mes amis,
ni mes m�thodes. Je ne fais pas la guerre comme eux.
-Mais tu te bats
avec eux.
-Pourquoi tes chefs veulent me voir ?
-Ils veulent savoir si tu serais pr�t � rallier la coalition.
-C'est �a, votre strat�gie ?
Convaincre les chefs pachtounes et les talibans mod�r�s
de rejoindre le gouvernement Karzai ? Vous voulez nous acheter.
-Si c'est ce que tu crois, on n'a plus rien � se dire.
J'aurais pr�f�r� ne jamais te voir dans ce campement.
-Tu serais morte.
-Arr�te ! Hamid, lui, est mort, la gorge tranch�e.
Et mes amis, tu�s dans l'embuscade.
C'est comme �a que tu vois l'avenir ?
-Au march� o� vous allez souvent...
-Oui.
-Un attentat se pr�pare, demain.
-A quoi tu joues ?
-Je t'ai dit.
Tuer des civils innocents, ce n'est pas ma culture.
Faire exploser dans un march�, non plus.
-Vous n'auriez pas d�
y aller seule.
Vous n'aviez pas l'autorisation de le rencontrer.
Vous avez mis votre vie en danger et celle des hommes
qui vous accompagnaient. C'est grave.
-Oui, mon colonel. Je n'ai pas assez r�fl�chi aux cons�quences.
-Que vous apprend-on, � l'�cole militaire ?
Votre mission
est termin�e. On prend le relais.
-Et l'attentat ?
-On s'en occupe.
*-Appel � la pri�re.
...
...
-Cible en vue.
-Re�u.
...
-Il va d�clencher l'explosion.
-Allez !
-Allez, sors !
Dehors !
A genoux !
...
-Il est tard.
Je vous d�range ?
-Je vous en prie, mon colonel.
-Hassan n'avait pas menti,
pour le march�.
Je dois reconna�tre
que l'information �tait cruciale.
-Robin m'a racont�. Qu'allez-vous faire du gamin ?
-On va le confier � la Croix-Rouge.
On a repris contact
avec Hassan par sa soeur.
Il accepte de dialoguer.
-Vous h�sitez
� le rencontrer ? -Il refuse de rencontrer
le colonel Leroy. Il ne veut parler qu'avec vous.
Il a �t� formel.
-Pourquoi moi ?
-Je suppose qu'il a davantage confiance en vous.
-Mais pas vous.
-On a des doutes
sur votre capacit� � maitriser vos �motions.
Il s'agit de n�gocier, pas de r�gler ses comptes personnels.
-J'ai commis une erreur.
J'�tais press�e
de le revoir. Mais c'est fini.
-Vous en �tes s�re ?
-Oui.
-Une dizaine d'insurg�s a rejoint les rangs de la coalition.
Ce sont des talibans mod�r�s. Ils d�cident de participer
� la r�conciliation nationale
pour des raisons tr�s personnelles.
Une certaine id�e qu'ils se font de l'avenir
de l'Afghanistan.
-C'est-�-dire ?
-On leur propose un certain confort
et des responsabilit�s. On leur offre une somme d'argent
et un poste dans la coalition gouvernementale.
En �change de contreparties,
notamment celle de reconna�tre la constitution afghane actuelle.
-On les ach�te, c'est �a ?
-On ne peut pas emp�cher les gens de dire �a.
Moi, je vois les choses autrement, capitaine. Eux aussi, d'ailleurs.
Changer de camp,
�a a un prix pour tout le monde.
Pour nous, c'est un gain,
et �a se paie.
-Et ceux qui n'ont pas pris les armes, qu'ont-ils � y gagner ?
-Ils y gagnent la paix. La moiti� des combattants d'Abdullah
sont pachtounes. Si Hassan nous rejoint,
ses partisans le suivront. Abdullah sera affaibli
et Jolayan sera accessible.
...
...
-Merci pour l'attentat, et d'avoir accept� de nous reparler. Merci.
-Je ne voulais parler qu'� toi.
-On a perdu la liaison radio. -On ne bouge pas.
-Je ne pense pas que tu sois inutile, ici,
que mon pays est innocent et qu'on ne puisse pas aider les Afghans.
Je ne supporte plus de voir les villageois pris en tenaille
entre les talibans et la coalition.
Les Am�ricains ont attaqu� l'Iraq apr�s l'Afghanistan
et se sont empar�s du pays.
J'ai eu peur que �a n'arrive ici.
Alors j'ai pris les armes. Pour vous forcer � partir.
-Mais c'est l'inverse
qui est arriv�. La coalition a envoy� des renforts.
-Et de nouvelles m�thodes venues d'Iraq ont pourri le conflit.
Certains se servent de ce pays dans un but international.
-Al-Qa�da.
-Je le reconnais, ce conflit me d�passe, aujourd'hui.
Je suis pris au pi�ge. -On l'est tous.
Si la France pouvait se retirer de ce conflit, elle le ferait.
Mais si on part maintenant : plus de police, plus d'arm�e,
c'est la guerre civile.
Si tu rallies la coalition, tout le monde y gagne :
toi, un poste au gouvernement,
une meilleure situation, une meilleure vie, de l'argent,
et nous, la possibilit� de pacifier ta r�gion,
d'enrayer les extr�mistes qui cr�ent le chaos.
...
-Tu ne pries plus ?
Tu as perdu la foi ? -Je la vis d'une autre mani�re.
-Tu as confiance en moi ? -Oui. Tu m'as sauv� la vie
et tu nous as permis de d�jouer un attentant.
-Et moi, je peux avoir confiance ? -Oui.
On ne prend pas ton ralliement � la l�g�re.
L'Alasay est importante pour nous. -Pour moi aussi.
Et le bien de mon peuple.
Rallier la coalition a un prix.
-Ils t'offrent 500 000 dollars. -Je ne parle pas d'argent.
Si je quitte mon camp, je serai consid�r� comme un tra�tre,
ma vie sera menac�e. Celle de Tamana,
celles de mes femmes.
Elles sont au Pakistan. Si je rejoins la coalition,
je veux qu'on les fasse venir � Jolayan.
-Si tu rallies la coalition, toi et les tiens seront prot�g�s.
Et ce poste
au gouvernement ? -Karzai se moque du peuple.
Il est entour� d'assassins qui s'enrichissent avec l'opium.
Je ne travaillerai jamais pour lui.
-Que veux-tu, alors ?
-Je veux rendre
le pouvoir aux Afghans. -C'est-�-dire ?
-Je veux me pr�senter aux �lections contre le gouverneur.
Et votre argent, je l'accepte...
Pour payer ma campagne.
-Il accepte l'argent, notre protection,
mais ne veut pas de poste au gouvernement.
Il n'a qu'une exigence : pouvoir se pr�senter en Alasay
contre le gouverneur sortant.
L'argent financera sa campagne. -Il vous a dit �a ?
-Oui. Ce poste a �t� occup� par son p�re.
-C'�tait sous les talibans, c'est pas comparable.
Et puis, on parle de d�mocratie, pas de monarchie.
-Pourquoi sa demande vous laisse-t-elle si perplexe ?
-Le gouverneur
est un proche de Karzai, alors pourquoi personne
ne s'est pr�sent�
contre lui ?
-Mahfouz n'a jamais rien fait pour nous aider.
Hassan pourrait nous d�barrasser de lui.
-La d�cision finale appartient � notre �tat-major
et aux autorit�s afghanes. Pas question qu'un islamiste
radical
succ�de �...
-Un trafiquant
de drogue ?
...
Merci.
Elle est mignonne.
Comment elle s'appelle ? -Yalda.
-C'est joli. -C'est ma fille.
-T'es mari�e ? -Yalda !
...
-C'est qui ?
-Amina, la premi�re femme de mon mari.
-Et tu es ?
-La deuxi�me.
-Qui est ton mari ?
-Un cousin. Il est mort il y a 6 mois.
Il �tait vieux et malade. Je suis... On est veuves.
-Je suis d�sol�e.
-Ca te choque ?
-Non.
Je ne pensais pas te voir comme �a un jour.
-Avec une burqa ? La 2e femme d'un mari mort ?
Moi non plus, je n'imaginais pas �a.
-Mais alors,
pourquoi ?
Tu aurais pu continuer
tes �tudes de m�decine au Pakistan.
-Nos parents �taient morts. On a mendi� un d�dommagement.
On n'a rien eu. L'argent est parti dans les poches de ceux
qui devaient nous aider.
Et Hassan est parti dans l'insurrection.
Il ne voulait pas me laisser seule.
Alors il m'a mari�e. -Contre ta volont� ?
-Il est chef de tribu. C'est la tradition, c'est comme �a.
Je suis contente de te revoir, tu sais.
...
-Aucune r�ticence ?
-Aucune. Ni du c�t� des autorit�s afghanes
ni des Am�ricains. L'heure est � la transparence et � la d�mocratie.
Karzai ne peut pas refuser qu'il y ait d'autres candidats.
N'esp�rons pas de miracles.
-Avec Hassan, nous aurons un engagement.
-Celui de lui permettre d'�tre candidat.
-Quelles garanties attendez-vous de moi ?
-Si tu es �lu, � renoncer � tout contact avec Al-Qa�da,
accepter la nouvelle constitution afghane.
-Une constitution qui interdit la cr�ation de partis
qui ne se r�f�rent pas au Coran et qui autorise la peine de mort ?
-Et qui d�clare l'�galit� entre les hommes et les femmes.
Elle n'est pas parfaite, je sais. -Mais la coalition l'a approuv�e.
-Quand tu seras �lu, tu pourras la faire changer.
-Si je suis �lu. -Tu en doutes ?
-Je sais qui j'affronte.
Pour beaucoup, mes chances sont nulles.
-Tu dois laisser aux filles l'acc�s libre � l'�ducation,
garantir la libre circulation des militaires,
collaborer aux projets de d�veloppement.
...
-Colonel Saint-Sauveur, bonjour. Voici le colonel Leroy
et M. Hadji, repr�sentant du ministre de l'Int�rieur. Par ici.
Il y a la signature du ministre
de l'Int�rieur,
celle du g�n�ral Marcellin et la mienne.
Il ne manque que la v�tre, M. Walli.
Il s'exprime en pachto.
-"Il faut emp�cher la fraude."
...
-"Les �lections seront plac�es sous l'�gide de l'ONU."
...
-"Toutes les �lections
"sont plac�es sous l'�gide de l'ONU."
...
-Vous �tes pr�t � prendre la route de Kaboul ?
... -"Oui."
...
-Demain, Jolayan.
-Oui.
-Tout se passera bien, cette fois. Tu as ma parole.
Demain, je rencontre le ministre de l'Int�rieur
pour mettre en place l'�lection.
-Quelles sont tes chances ? Objectivement.
-Elles sont inversement proportionnelles � la fraude.
Le gouverneur ach�te les votes.
-Tu le connais ?
-Oui. Il a pris la place de mon p�re � sa mort,
mais il n'a pas �t� �lu, il a �t� impos� par Karzai.
Tu aurais aim� mon p�re, si tu l'avais connu.
Comme j'aimais le tien.
...
Je n'ai rien oubli�, Nadia.
Paris,
tes parents, toi.
Je connais ma dette envers vous.
Envers toi.
...
-Tu te souviens quand tu venais fumer dans ma chambre ?
-On mettait de l'eau de Cologne pour enlever l'odeur.
Ca cocotait tellement
que tu venais dormir dans ma chambre.
-Ma m�re n'aimait pas qu'on fume � la maison.
-Ce qui n'est pas normal, c'est qu'� plus de 30 ans,
je ne peux pas fumer chez moi comme je veux.
-Au moins, �a t'oblige � moins fumer.
-Paris !
Les ann�es pass�es avec toi me semblent si loin.
J'ai tout perdu, Nadia. Tout.
-T'es veuve, maintenant.
Tu dois te sentir plus libre. -Elle me cherche un nouveau mari.
-Qui ? -Amina.
Elle ne m'a jamais aim�e.
-T'es oblig�e d'accepter ?
-Mon r�ve, c'est de retourner vivre en Alasay,
� Jolayan, avec Yalda.
Tu vois, mes r�ves sont simples.
Pourtant, �a me para�t impossible.
...
Pri�re.
...
-Salam aleikoum.
...
...
-"Bienvenue au village."
...
...
-Atik, le malek
du village.
-On va venir installer
un g�n�rateur �lectrique. Traduction.
... -Le pont a �t� d�truit
par les talibans. -On le reconstruira. Autre chose ?
...
... -Un tracteur, c'est possible ?
-Oui, mais pas pour le pavot. ...
...
-Ils vont arr�ter le pavot. -Quand ?
...
...
-Ils vont arr�ter bient�t.
-O� peut-on installer le dispensaire ?
...
...
-On peut utiliser la maison de l'aveugle.
-Il est d'accord ?
...
...
-Il dit que c'est pas la peine,
qu'il sera d'accord.
-Il faudra une infirmi�re.
Il y aura du monde. On couvre les besoins de 3 vall�es.
...
Ils se demandent
si ce serait une femme.
-Ca pose un probl�me ?
...
-Un homme, c'est mieux.
-Un homme ne peut pas soigner une femme.
...
...
-Une femme,
c'est toujours des probl�mes. -Et moi,
je pose un probl�me ?
...
-Le docteur, c'est lui.
-Monsieur est sans doute
tr�s comp�tent, mais il n'est pas docteur.
Dans ce cas, on ne construit pas de dispensaire.
Il traduit.
...
...
-On va lui trouver
un autre m�tier.
-Qu'est-ce qu'il a ?
-"Sorci�re."
-Comment �a s'est pass� ? -Bien.
Mais une vingtaine de bless�s ont besoin de soins urgents.
Il faut y retourner tr�s vite. -Les gens sont hostiles ?
-Non. Ils suivent Hassan.
J'ai une proposition
� te faire.
A Jolayan, on va mettre en place un dispensaire.
On a besoin d'une infirmi�re. J'ai propos� que ce soit toi.
Tu m'entends ?
-Oui.
Mais pourquoi moi ?
-Parce que c'est �vident.
Une formation de quelques jours,
et si tout va bien, tu t'installes � Jolayan.
Avec Yalda, �videmment.
-Amina ne voudra jamais.
-Hassan peut la convaincre.
-Non.
Il ne sera jamais d'accord.
-Non. Pas question.
La tradition veut qu'Amina d�cide.
-Elle r�ve de me marier � un mollah,
alors infirmi�re...
-C'est bien,
un mollah. -Va te marier toi, avec le mollah.
-Tu vois ton influence ?
Tu cherches quoi ? A faire la loi dans la famille ?
-Jolayan a besoin d'une infirmi�re.
Et Tamana a besoin de changer de vie.
...
Elle crache.
...
-J'ai honte. Pardon.
Tamana sera infirmi�re.
...
-Je suis contente que tu sois l�. -Merci, Nadia.
-Tu t'en sors ?
-C'est bizarre d'�tre sans burqa.
-C'�tait bizarre de te voir avec.
Clara, je te pr�sente Tamana.
-Bonjour, Tamana. Bienvenue.
-On va te former sur les produits, les soins...
Rien � voir avec ce qu'on apprend � l'universit�.
-Vitriol ?
-C'est les talibans. Elle allait � l'�cole publique.
-Vous en �tes o� ? -On va pouvoir se d�ployer
dans les 3 vall�es. -Faites vite.
La candidature d'Hassan fait grincer des dents.
...
-Un sac de riz.
Tu vas voter pour qui ? -Hassan Walli.
Des types ont voulu m'acheter.
Mais moi, on n'ach�te pas
mon vote. -Quels types ?
-Les hommes de Mahfouz, le gouverneur. Ils payent bien.
Mais moi,
je pr�f�re faire du business avec vous.
Salam.
-Les autorit�s afghanes n'ont jamais voulu que je me pr�sente.
Ils m'ont propos� des privil�ges pour que je me retire.
-Quels privil�ges ?
*-Avoir ma propre milice � Jolayan
*pour lutter contre les talibans,
*prendre ma part sur le trafic de drogue...
J'ai tout refus�.
Maintenant, ils essaient d'acheter les �lecteurs,
*mais �a ne marche pas.
Et cette fois, il n'y aura pas de fraude. L'ONU y veillera.
J'ai une vraie chance, Nadia.
-La balle a travers�.
-Que s'est-il pass� ?
Traduction.
"Les talibans
"sont venus hier soir avec Abdullah le Saoudien.
"Il est furieux contre Hassan. Il a jur� sa mort.
"Les talibans voulaient leur part sur l'opium." Ils ont refus�.
-Ensuite ?
-Un homme de Hassan a tu� un taliban. Ils ont ripost�,
mais les villageois
se sont rang�s derri�re Hassan. Les talibans ont d� fuir.
-L'arm�e ne peut pas
rester ici. On va essayer d'envoyer des policiers.
Traduction.
...
-Il dit qu'ils peuvent
se d�fendre.
L'homme parle d'un ton �nerv�.
...
-Elle se drogue.
...
-Beaucoup de femmes se droguent. C'est pour supporter la vie.
Parfois, leur mari les y oblige.
Moi aussi, je me suis drogu�e.
J'ai arr�t�, le jour o� il est mort.
C'est les femmes de Hassan. Elles arrivent du Pakistan.
...
-J'esp�re
que �a va marcher. -Travail termin�, capitaine.
-Nous aussi. Le grand moment est arriv�.
Cris de joie.
...
...
-Je m'installe quand,
� Jolayan ?
-Le temps d'organiser ton d�m�nagement.
La semaine prochaine.
-J'ai h�te d'�tre � Kaboul, demain, pour retrouver Yalda
et commencer mes cartons.
Tu as un ami,
en France ? -Non.
J'ai pas le temps.
Ses femmes,
Hassan, il les a rencontr�es comment ?
-La premi�re, c'est nos parents qui l'ont choisie,
quand on �tait � Paris. -Ah bon ?
Vous ne m'avez rien dit. -Il ne voulait pas l'�pouser,
mais nos parents sont morts et c'�tait leur derni�re volont�,
alors il l'a �pous�e.
-Quand ?
-Tard, � cause de la guerre. En 2004.
-Quand il est entr� dans l'insurrection ?
-Juste avant. La 2e, c'est la femme de son meilleur ami,
mort au combat. Il avait fait promettre � Hassan de l'�pouser.
-Ils ont eu des enfants ?
-Non. Il a adopt� les 2 enfants qu'elle avait d�j�.
-Et avec la premi�re ?
-Un fils.
Sonnerie.
-Oui ?
-Saint-Sauveur, c'est Leroy.
Je viens de voir le ministre de l'Int�rieur.
Les autorit�s afghanes
sont surprises par la popularit� d'Hassan.
Karzai ne veut pas voir tomber Mahfouz.
*Il ne veut plus qu'on s'en m�le. -Nous avons un engagement
*vis-�-vis d'Hassan. -Notre mission n'�tait pas
*de faire tomber un gouverneur. -Rien n'est encore acquis.
-Je sais, je sais.
Nous n'avons pas le choix.
Messieurs, le probl�me est r�gl�. -Bravo, mon colonel.
Il traduit.
-Le d�part est � quelle heure ? -On ne part plus.
-Quoi ? -Saint-Sauveur ne t'a rien dit ?
-"Cessez tout contact
"avec Hassan" ? -Pour l'instant.
-Pourquoi ? -Les autorit�s
afghanes ont peur qu'il gagne les �lections.
Le ministre va faire lever sa protection rapproch�e.
-Vous savez ce que �a signifie ? On ne peut pas l'accepter.
-Cette situation est insupportable pour moi aussi.
-Il est au courant ? -Il est injoignable.
-On ne peut pas l'abandonner.
-Je ne peux rien faire.
Je vais vous faire une autorisation
de sortie de la base.
Allez � Kaboul.
Pr�venez Hassan.
-Je savais que vous alliez me l�cher.
Il faut partir. Tout de suite.
Tu peux nous faire sortir ? -Oui.
-Tamana, prends Yalda.
Vite !
-Elle ne veut pas partir. Je ne peux pas la laisser seule.
-C'est son choix.
...
-La petite est malade.
-Very dangerous.
-Je sais.
-OK.
-Merci.
...
...
...
-Le malek est tr�s en col�re
contre les autorit�s afghanes.
Le malek te remercie de nous avoir sauv�s.
...
-Ils vont organiser une jirga. -C'est quoi ?
-Ils vont rassembler les notables de la r�gion
pour �lire Hassan gouverneur. A l'ancienne.
...
La fillette pleure.
...
L'homme parle d'Hassan.
...
...
...
-Autant de chefs de tribus
en si peu de temps...
C'est beau.
C'est leur honneur.
Cette �lection n'a pas de valeur
pour les autorit�s afghanes. -Non, mais elle a du poids.
Ils ne pourront l'ignorer.
Je suis en s�curit�, ici. Tout est encore possible.
Je suis toujours
candidat.
Tu m'as aid� � retrouver ma voie, ma v�rit�.
Je ne l'oublierai pas. -Je dois y aller.
...
Que se passe-t-il ?
Acc�l�re !
Ne t'arr�te pas !
...
L'homme appelle.
...
En pachto.
-C'est Nadia.
...
-Abdullah.
...
Les hommes interpellent Hassan.
...
La femme prend la parole.
...
Les hommes parlent tous en m�me temps.
...
...
Coup de feu. Chute.
...
...
-Il dit qu'Hassan n'est pas mort pour rien.
L'Alasay ne pardonnera jamais � ses bourreaux.
...
Sous-titrage MFP.
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