All language subtitles for Strawberry.and.Chocolate.1993.SPANISH.1080p.BluRay.H264.AAC-VXT.fre

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Original subtitles

La Havane, 1979

On aurait pas pu aller ailleurs ?

L'endroit n'est pas important, Vivian.

J'ai l'impression qu'on est venu ici pour faire quelque chose de mal.

On a déja parlé de ça.

Oui, mais...

M'amener dans un hôtel à deux balles avec des trous dans le mur !

Il n'y a pas de trous, mon amour.

Qu'est ce qu'il fait chaud ! J'enlève ma chemise.

Enlève ton haut.

Eteinds la lumière.

Il faut que j'aille aux toilettes.

Tu m'invites au cinéma mais en fait c'était que pour ça !

Je t'aime, Vivian.

Et tu me montres ton amour en m'amenant dans cet endroit ?

Tout ce que tu veux c'est le sexe, comme tous les hommes.

C'est toi que je veux, pas le sexe.

Je vais te le prouver.

Je ne te toucherai pas tant qu'on ne sera pas mariés.

Et dans un hôtel cinq étoiles.

Habille toi, on s'en va.

Quoi ?

FRAISE ET CHOCOLAT

Vivian ! Vivian arrive ! Mon Dieu, qu'est ce qu'elle est belle.

En vertue des articles 24-28...

Voulez-vous la prendre pour épouse ?

Oui.

Je peux ?

Je n'ai pas pu résister à la tentation.

J'adore la fraise !

C'est la seule bonne chose produite à Cuba.

Bientôt ils l'exporteront, et nous on aura du sucre, de l'eau.

Aujourd'hui c'est mon jour de chance !

Je ne trouve que des choses formidables.

Vole sur les ailes de l'imagination.

C'est le seul moyen possible.

J'ai le Cahier du Cinéma.

Tu t'intéresses à Vargas Llosa ?

Il m'a dédicacé ça mais j'en ai une autre copie chez moi.

J'ai aussi les oeuvres de Severo Sarduy et Gaytisolo.

Tu veux qu'on aille les chercher ?

Je ne vais pas chez les étrangers.

Ne rate pas l'occasion, chéri. Où trouverais tu ces livres sinon ?

D'accord !

Tu ne lis que des livres autorisés par la Ligue de la Jeunesse !

Couvre-les, mon ami...

Sois imaginatif !

Je n'en ai pas besoin. Je lis ce que je veux...

et je n'ai pas envie de parler.

Je te connais.

Je t'ai vu plusieurs fois sortir de l'université.

Ce n'était pas moi.

Bien sûr que c'était toi !

Ce n'était pas moi !

Désolé !

Camarade Torvaldo.

Tout ce que je voulais c'était te prêter des livres...

et te donner une photo de toi dans "La Maison des Poupées."

Des photos de moi ?

Nora et Torvaldo... Vous étiez superbes.

- Et ces photos ? - De la pièce.

Je suis photographe ; j'en ai plein.

Elles rendent fous tous ceux qui les voient.

Alors donne les moi !

Si tu les veux, elles sont à toi.

Elles sont où ?

Chez moi.

J'habite par ici.

Avec mes parents, mes neveux et tantes, qui ne sortent jamais.

D'accord, allons-y, mais je les veux toutes !

Laisse moi finir ma glace.

Prêt !

Tiens-moi les.

- Vous payez pour tous les deux ? - Oui. Gardez la monnaie.

Viens, chéri, tu ne peux pas partir sans tes photos.

Sors, chéri ! On est écrasées comme des sardines, derrière.

Quoi, maintenant ?

Juste une chose... Ne te fais pas de fausses idées.

Qu'est ce que tu veux dire, petit ?

Il parait que tu me veux morte

Pour avoir ruiné ta réputation

Qui est-elle ?

La Surveillante de Voisinage.

- Et alors ? - Je ne l'aime pas.

Bienvenue dans mon repère.

Tout le monde n'est pas le bienvenue ici.

Rentre donc.

N'aies pas peur.

Ces sculptures...

sont fantastiques.

Faites par un jeune artiste, Germán. Il est très talentueux.

On va faire une exposition... qui sera un succès...

bien qu'on ait encore besoin de régler quelques choses...

ça je l'ai eu par un ami d'une ambassade.

Où est tout le monde ?

Maman !

Papa ! Tata Chucha !

Les jumeaux !

Ils ont du sortir faire la queue pour manger.

Comme tu veux.

Ca sera plus facile pour les voisins.

Je vais faire du thé pour nous détendre.

Non ! Je ne bois pas de thé. Donne-moi les photos.

Les photos ?

Oui, mais il faut que je les trouve...

La dernière fois que je les ai vues...

Je crois qu'elles sont dans cette boite !

Cherche pendant que je fais le thé.

Je ne peux pas manquer à mes devoirs pour un tel invité de marque.

Fais comme chez toi. Assieds-toi dans ce fauteuil.

Il est spécial.

Rocco, tu coules encore !

Imbécile !

Rocco, j'en ai marre de ca !

Tu ne les as pas trouvées ?

Ne t'inquiètes pas, on va les chercher dans cette autre boite.

Tu veux du citron ?

Je t'ai dit pas de thé. Je n'ai pas mal au ventre.

Laisse tomber et trouve mes photos. Il faut que je sois quelque part à 5:00.

Alors je te fais un café !

Les gens civilisés boivent du thé, mais pas nous.

Nous on préfère le café.

Nous les noirs on boit du café

Fais comme chez toi, mon ami. Assieds-toi dans ce fauteuil ; il est spécial.

Quand je lis John Donne ou Cavafis, c'est là que je m'assieds.

De magnifiques poètes. Tu as entendu parler d'eux ?

Comment un pays peut-il avancer...

si sa jeunesse ne connait pas John Donne ou Cavafis ! Là...

Je les fais toujours découvrir aux jeunes.

Tu seras le prochain.

Je vais mettre de la musique pour que les voisins ne nous entendent pas.

Je l'ai appris par la Surveillante qui l'a appris par la Sécurité.

Ecoute les.

Qu'est-ce que tu préfère ? Maria Callas, Teresa Stratas, Renata Tebaldi ?

Ou tu préfères Goldfinch de Cienfuegos ?

Mon Dieu, quelle voix !

Pourquoi ne trouve t'on pas de voix pareil sur cette île ?

On a tellement besoin d'une nouvelle voix !

On en a marre de Maria Remolá !

Sortez, voisins !

Les oignons sont enfin arrivés au marché

Les oignons sont arrivés ?

Non.

Désolé ! Je pensais que Dieguito était tout seul...

puisque la porte était ouverte.

Qui était-ce ?

La Surveillante.

Qu'est ce que je te disais...

Celles-ci ne sont pas les tiennes.

Alors, donne-moi les miennes.

D'abord, le café.

Assieds-toi, petit. N'aies pas peur, je ne mords pas.

Excuse moi ! Mon Dieu ! Je t'ai brûlé ?

Je suis confu ! Comment cela a-t-il pu arriver ?

Fais moi voir.

Vite, enlève ta chemise. Ca va partir.

- Donne-moi un torchon mouillé. - Non, enlève ta chemise !

Je suis gêné ! C'est allé si vite...

- Donne moi quelque chose à mettre. - Bien sûr.

Prends ca.

Pourquoi ca m'arrive à moi ?

Ma chemise neuve !

Regarde, pas de trace de tâche.

Je suis désolé.

Je sais... Je vais me faire pardonner.

Goute ce thé.

Il vient d'Inde.

Les personnages de Dostoyevski buvaient du thé...

et les Anglais, bien sûr.

A 5:00, toute l'Angleterre...

s'assied pour le thé. Quelle heure est-il ?

5:00. Tu vois, je t'avais dit qu'il fallait que j'aille quelque part.

Il est magique !

Goute-le et dis-moi.

Alors ?

Il manque de sucre.

Ca serait un crime. Re-goute le.

C'est pas grave. Je vais le boire.

Mais s'il te plait, donne-moi les photos.

Les photos...

Je ne trouve rien ici.

Je les chercherai, et te les donnerai un autre jour.

Un autre jour ? Pas question.

Une promesse est une promesse.

Ce n'est pas magnifique ?

Dehors les gens s'entassent dans les bus...

tout le monde crie, et toi et moi on est là...

à écouter Maria Callas...

et à boire du thé indien dans de la porcelaine française...

qui appartenait à la famille Laynaz del Castillos.

Tu es raciste ?

Moi un raciste ? Je sais ce que vaut un noir.

Malheureusement, ils ne prennent pas le thé avec nous.

En un clin d'oeil, et hop, il est parti et la porcelaine de Sèvre avec.

Ecoutes, les noirs sont des humains comme les autres.

Et dans ce pays, c'est une bonne chose que le racisme ait disparu. On vient tous d'Afrique, tu sais.

Eux ils viennent d'Afrique, nous, non.

Toi et moi venons d'Espagne. Ces yeux gitans ne viennent pas du Nigeria ou du Sénégal.

Ils ont été ammenés ici d'Andalousie par ton grand-père, mon cher.

Et bien écoute, je n'ai pas le temps de rester à parler de conneries.

Oublie les photos, donne-moi ma chemise. Je m'en vais.

Tu as raison.

Parlons de choses plus sérieuses.

Tu connais Oscar Wilde ? Gide ? Lorca ?

Oui.

Ils avaient tous un point commun avec moi.

Mais pas qu'eux. La liste est infinie, mon grand.

Même les plus braves et les plus connus des héros...

Alexandre le Grand, Hercules.

Achille était le petit-ami de Patrocle !

Certains disent même...

qu'Hemingway...

oui, le type aux fusils, à la chasse au lion.

D'ailleurs...

Un livre Marxiste sur la sexualité...

déclare... c'est très intéressant...

que 60 pour cent des hommes...

ont eu une relation homosexuelle...

sans changement de personnalité.

A. Raskolnikov.

S'ils le disent, c'est que ca doit être vrai, non ?

Moi je suis les autres 40 pour cent.

Le mieux est de n'être choqué de rien...

et de boire à chaque tasse.

Voilà comment je suis devenu pédé.

Attend ! Je n'ai pas besoin d'écouter celà !

Attends, mon amour, tu ne m'as pas compris du tout !

Pourquoi tu réagis comme ça ?

Hé, gamin. C'est quoi, ça ?

Tu te fais de fausses idées !

Et les photos ?

David, ton livre de Vargas Llosa !

David, le livre !

Putain !

Tu me laisses ouvrir la bouche et parler comme un perroquet !

Ramène le, ou tu n'auras que du pain sec et de l'eau !

Et toi, j'espère que le garde-cote t'attrapera !

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Ecoute ça.

Je mangeais une glace...

et ce mec vient et s'assied à ma table.

Un mec bizarre.

Bizarre ?

Un pédé, mec.

Comment tu le sais ?

Je l'ai vu tout de suite...

Il y avait chocolat, il a choisi fraise.

Ca, c'en est une bonne.

Il a ausi commencé à parler de manière très ironique sur la Révolution.

Et tu l'as laissé faire ?

Et ben, j'avais des doutes.

Alors je l'ai laissé s'asseoir et parler autant qu'il voulait.

Et après ?

Il m'a invité chez lui.

Chez lui ?

David, il cherchait autre chose !

Merde, mec, je suis sérieux !

Il m'a montré des livres étrangers...

que tu ne peux trouver nulle part.

Il les a utilisés comme appat...

Et tu y es allé ?

Pour voir s'il préparait quelque chose.

Chez lui il y a plein de trucs bizarres...

des sculptures étranges...

Je sais pas, il y a quelque chose de louche à propos d'elles.

Elles avaient l'air religieuses.

Religieuses ?

Un ami à lui les a faites...

et ils comptent tenir une exposition avec l'aide...

- d'une ambassade. - D'une ambassade ?

Merde, c'est vraiment grave.

Tu as son adresse ?

Tu pourrais retrouver l'endroit ?

Bien sûr.

Miguel a raison.

A quoi ils pensent ces pédés ?

Le truc de l'ambassade c'est sérieux.

Ce type a mal choisi sa cible.

David Alvarez

Le super agent secret.

Ne pense pas traîner avec cette pédale sur le Malecón pour oublier tes propres problèmes.

Oui, ne me regardes pas comme ça.

Vivian.

C'est ton problème.

Elle est mariée à un autre.

Elle couche avec lui en ce moment-même.

Reconnais-le David ! C'est ton problème.

Reconnais-le ! Oyé, oyé !

Le sexe !

Tout le monde... pense tout le temps au sexe...

comme si c'était la seule chose importante.

Le sexe !

Vivian aussi.

Elle se disait romantique...

très spirituelle...

mais au fond, c'est tout ce dont elle avait envie.

Je ne vais plus penser à elle.

Voilà, c'est fini.

Je ne suis plus un homme si je la cherche encore.

Je lui crache à la gueule. Et merde.

Hé, Vivian !

Quelle coïncidence !

Coïncidence ?

Tu me suivais.

Allez... allez !

David, je veux bien vivre, avoir une famille, bien m'habiller.

Et je le veux maintenant...

pas quand je serai trop vieille !

Tu ne m'as jamais aimé.

Tu ne faisais que jouer avec moi.

Tu ne peux pas aimer cet homme.

Ne te fais pas de mal.

Tu trouveras quelqu'un de mieux que moi.

Je n'en veux pas !

Tu vois ?

Tu vois ce que je veux dire ?

Il n'y a pas que toi qui souffre.

Tu crois que c'est facile pour moi sachant que tu es si proche ?

Mon mari est envoyé en Italie.

Pour au moins deux ans...

peut-être trois.

Nous partons bientôt.

Je pensais...

Qu'avant que je parte...

- Peut-être qu'on... - Je ne veux pas être ton amant !

Et ne me prends pas en pitié !

Et je ne te suivrai plus ni n'irai chez toi !

David !

Quoi de neuf ?

J'ai vérifié ton histoire.

Quelle histoire ?

Quoi ? A propos du pédé.

Laisse tomber. C'est pas grave.

T'es fou ? C'est vrai ce que tu disais.

- Trouves-en plus. - Comme quoi ?

Tout ! L'ambassade, l'exposition.

Trouve une excuse pour aller lui rendre visite.

- Chez lui ? Mais c'est un pédé ! - Exactement.

C'est très important. C'est une mission !

Le type est infidèle même à son propre sexe !

David !

Entre donc.

Je suis venu parce que... J'ai oublié un livre l'autre jour.

Oui, mais rentre donc.

Les sculptures sont toujours là ?

Oui.

Elle est quand, l'exposition ?

Bientôt. On s'en occupe déja.

Et bien, fais comme chez toi.

Assieds-toi. Je vais faire du thé.

D'accord ? Je reviens tout de suite.

Je vais m'assoir dans le fauteuil... comment il s'appelle ce poète ?

John Donne.

T'oublies pas, je suis le prochain pour le lire.

Il vient d'où ?

D'Angleterre.

C'est ton ami ?

Mon ami ?

Vous vous écrivez ?

Il est mort en 1630.

Ne te sens pas bête.

Tu ne peux pas tout savoir.

Je te dois des excuses.

Tu ne me dois rien.

C'est moi qui devrais te présenter mes excuses. J'avais passé une sale journée !

J'ai été bête.

Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête.

J'étais nerveux. Je ne sais pas.

Je ne...

Je ne suis pas vraiment comme ca.

Je crois en l'amitié. Je crois qu'on peut être amis.

Moi aussi. L'amitié !

Rien d'autre.

Alors, il faut plus que du thé.

Est-ce que tu accepterais de trinquer avec la boisson de l'ennemi ?

Pourquoi pas ?

Je vais chercher des glaçons.

Rocco, où est l'eau ? Qu'est ce que tu es bête !

J'en ai marre de toi !

Je devrais te jeter par dessus le balcon.

Comment tu as eu ce whisky ?

D'abord, les "orishas."

Ca ne risque pas de t'affecter idéologiquement ?

- Quand on a de fortes convictions... - Bien dit.

Chin-Chin, à cette rencontre.

Je vais mettre de la musique.

C'est ton père ?

Qui ?

Celui avec le cigare.

Petit, qu'est ce que tu es drôle !

C'est Lezama, le maestro.

Un des plus grands écrivains de ce siècle.

Un cubain universel.

Qu'est ce qu'il joue bien du piano, cet homme !

Il vient d'où ?

Tu es obsédé par les nationalités !

Un cubain, Lecuona.

Ecoute, David...

jouons cartes sur tables.

Et bien, tu sais...

ce que je suis... Je suis aussi religieux.

Je suis un matérialiste dialectique, alors pourquoi en parler ?

Tu as l'air different aujourd'hui.

Non, c'est comme ca que je suis. L'autre jour je n'étais pas moi-même.

Mais il y a plus.

J'ai eu des problèmes avec le système.

Comme quoi ?

Tu imagines, toute sortes.

Les voisins m'observent, je ne fais pas de volontariat.

Ils sont sur mon dos au boulot.

Et bien je pense...

que nous avons tous le droit de faire ce que nous voulons de notre vie.

La Révolution a besoin de plus de militants comme toi.

Je te montrerai que les Communistes ne sont pas des sauvages.

Ca m'a l'air d'une idée formidable.

J'ai un service à te demander. Pas pour moi...

mais tu sais comment sont les gens.

Je peux continuer à venir ici...

mais...

Je comprends.

Si je te vois dans la rue, je ne te connais pas.

Et...

je préfèrerais que tu m'appelle David...

pas "mon amour", "bébé" ou quoi, juste...

David !

Ca mérite qu'on re-trinque, David.

Nous donnons une leçon à l'humanité avec le whisky de l'ennemi.

Vive le communisme démocratique !

Tu vas voir, tu vas te sentir mieux.

La prochaine fois, prends du soda avec.

S'il a du whisky, il a aussi du soda.

Hé, tu prends du cul ! Tu m'étonnes !

L'indice du whiky est bon.

Ca lui vient des étrangers. C'est sûr.

- Et ca, c'est du poison pur. - Il est religieux.

Il ne fait pas de volontariat.

Je crois qu'il a même eu des problèmes avec la police.

Ce n'est pas une question de police.

C'est politique et moral.

Tu vois comme j'avais raison ?

Et à propos de l'exposition ?

Rien. Je lui demande mais il ne me dit rien.

Il faut que tu le fasses parler !

C'est pas facile.

Il est malin.

- Il sait même que j'écris. - Super !

Utilise ça.

Je ne vais pas lui montrer ce que j'écris

Putain, David, ce qui est important c'est de le choper !

Putain.

Je deviens pédé ?

Attention à ses mains ! Attention !

Viens avec moi !

Attendez, pas trop de monde !

S'il vous plait, c'est son frère et je suis son mari.

Montez !

Si je me suicidais à chaque fois que j'avais un problème...

Désolé, je ne peux plus donner de sang ; elle m'a déja vidé.

Quand on aura fini on ira chez moi et je te ferai un steak.

Elle ira chez le psychiatre même si je dois la porter.

Tu l'aimes quand même bien ?

Non, mais je ne peux pas lui pardonner toutes ces choses.

Un jour je ferai une crise cardiaque.

Elle est charmante, mais quand elle déprime...

- Elle a de la famille ? - A la campagne.

Ca doit être la cinquième fois. Je ne les compte même plus.

David, je te suis tellement reconnaissant !

C'était mon devoir.

C'est une camarade... et une Surveillante.

J'ai donné mon sang pour le Tashkent.

Ca suffit.

Elle ne mérite pas qu'on en parle autant.

Je ne peux pas manger tout ca.

Je vais te faire un paquet. Tu pourras le ramener à ton internat.

Si tu trouves que ça c'est beaucoup, attends de voir le repas à la Lezama.

Comment ça ?

Tu vas adorer, petit animal.

Je veux dire... David.

Le thé ça constipe.

Oui, c'est pour ça que personne ne chie en Angleterre.

Regarde moi ça ! Rocco, tu coules encore ?

J'en peux plus de toi !

Il marche quand il en a envie.

Dis-moi.

Pourquoi étudier les Sciences Politiques si tu aimes la Littérature ?

Je pense qu'il faut étudier ce dont la société a le plus besoin.

Et si je suis à l'université... c'est grace à la Révolution.

Camarade, la vocation ça se respecte.

David, c'est pour toi que tu te bats !

J'ai un ami qui était doué pour le piano...

mais son père était contre, disant que l'art c'est pour les homos.

Aujour'hui il a 60 ans, c'est une pédale et il ne sait pas jouer au piano.

Un sourire par ce jour de malchance !

Désolé, David...

Mais tu as un si joli sourire !

Ne t'inquiètes pas. Je sais tenir mes promesses.

Tu es de quel signe ?

- Vierge. - Vierge ?

Magnifique pour un écrivain !

Moi je suis scorpion. Mais on n'est pas aussi mauvais que ce qui se dit.

Et Rocco est un lion. Ecoute le.

Diego, Dieguito !

C'est moi.

Je suis rentrée de l'hopital.

Allons à la plage.

- Oublie ça, je suis énervé ! - Pourquoi ?

J'en ai marre de ces imbéciles de bureaucrates. On n'a pas notre mot à dire.

Mais qu'est ce qu'il s'est passé ?

Ils ont interdit l'exposition de Germán...

et on ne peut pas contredire puisqu'ils contrôlent tout !

Apporte-moi de l'eau s'il te plait.

Ils n'acceptent que les peintres naïfs ou les officiels...

ou ceux qui se prétendent modernes, mais sont purement décoratifs.

Regarde, ca te plait ?

Apporte moi de l'eau, juste.

Ne me fais pas payer pour tout ça...

je suis sous traitement.

Ne sois pas comme ça.

Comment veux-tu que je sois ?

Tu veux que je rie ?

Je ne me la suis pas fermé.

- Qu'est ce que tu as dit ? - Ce que j'avais envie de dire.

Qu'il n'y a pas de liberté dans le socialisme, les bureaucracies...

Ne dis pas ça sans musique, Diego !

Et tout ça pour ces sculptures...

Quoi ?

Ces sculptures sont bizarres, déprimantes.

Elles ne transmettent pas de bonnes impressions.

Toi aussi maintenant.

Quelle révolution !

Même les putes sont critiques d'art !

Ne m'appelle pas comme ça sinon je saute par la fenêtre.

Je ne suis pas une pute !

Vas-y, saute !

Tu as besoin d'un coup de main ?

Regarde, chérie...

L'art fait sentir et penser.

L'art ne transmet pas.

C'est la radio nationale qui fait ça.

Tu fais trop confiance.

Germán ne le mérite pas. C'est un fils de pute !

Penser comme ça conduit à un cauchemard.

Le danger sera partout.

Bientôt ils interdiront les contines d'enfants.

Les contines d'enfants ?

Tu as entendu celle-ci ? Les choses sont effrayantes Vraiment horribles

Oh, mon Dieu. Je vais faire du thé.

Sainte Barbara.

Le temps est horrible aujourd'hui.

Le temps est mauvais mais l'éducation et la santé sont gratuites

Ah non non, pas de ça aujourd'hui.

Je ne vais pas encore me couper les veines aujourd'hui. Ciao mon amour.

Hé, le poète !

T'es pas facile à trouver, toi.

J'étais occupé à réviser.

Hé, j'ai trouvé pour le pédé.

L'exposition pourrait être considérée comme propagande idéologique...

surtout avec l'aide des étrangers.

Au moins 10-15 ans de prison.

Ils sont fous !

Ils ne la font même pas l'exposition...

et moi je ne retourne pas là-bas !

T'as été recruté par ce pédé ?

Personne ne me recrute à part moi !

- Comme il est beau ! - Du calme, allons-y.

Tu me controlles tout le temps !

Ne fais pas la grande folle.

Il s'y connait en art, le propriétaire de cette gallerie ?

Et bien, il aime ce que je fais...

mais il avait des commentaires.

Il pense que ce n'est pas le bon moment...

pour certaines des pièces.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Qu'il faut en retirer ?

Il faut être réalistes.

Comme il dit, mieux vaut peu que pas du tout.

S'il te plait, essaie de comprendre.

Germán, je ne vais pas encore me facher.

On s'est battus durs pour cette exposition !

On ne peut pas laisser tomber pour un voyage au Mexique.

Toutes les pièces doivent y aller ! Tu m'entends ?

Sinon, on la montera dans la rue.

Maintenant laisse-moi, j'attend de la compagnie.

J'espère que ton nouveau camarade...

t'aidera à mettre les pieds par terre.

Tu m'entends ?

D'accord.

- Teinture et déodorant. - Quarante.

La semaine prochaine, culottes et chaussures d'enfants.

Je passerai.

Ne me regarde pas comme ça.

Je n'abuse de personne.

Regarde, c'est tout de la qualité.

C'est moi qui prend un risque avec la police.

Et puis c'est mon boulot.

Je ne peux pas vivre de cierges comme toi.

S'ils veulent de la qualité, il faudra qu'ils la paie !

Et puis ça suffit, laisse moi tranquille.

Qu'est ce que tu crois ?

Je voulais te remercier.

Viens prendre du café ou du dessert à la noix de coco.

Putain de Vivian.

J'aime vraiment la vie.

Il n'y a pas de raison de me tuer.

C'était un accident, en fait.

Avec un couteau, en pelant des patates.

Les deux poignets ?

C'était une lame double.

Je suis content que tu ailles bien maintenant.

Bien sûr que je vais bien. J'ai ton sang.

- Diego dit que tu as essayé... - Ne le crois pas.

C'est un menteur.

Mais il était tellement concerné et attristé.

Il a besoin de moi en vie.

Vous êtes des amis proches ?

Je suis de la Ligue...

mais il me procure certains livres.

La Ligue Communiste ? Il faudrait que je mette de la musique.

Puisque tu es Surveillante ici...

je voulais te demander...

Comment est Diego, Tu sais, politiquement parlant ?

- Tu ne devrais pas lui rendre visite. - Pourquoi ?

Ce n'est pas bon pour toi.

C'est une personne très bien, un type fantastique.

Je l'aime comme un frère.

Nancy, est-ce que tu as mes ciseaux ?

Diego ! On parlait justement de toi !

Ah bon ? Hé...

Je ne savais pas que tu étais ici. Je t'attendais.

Et bien, merci pour le café.

Merci de t'inquiéter pour moi, David.

Laisse le tranquille, salope !

Quelle musique triste.

Bien sûr qu'elle est triste. Elle a été composée par...

Ignacio Cervantes quand il devait quitter Cuba...

ou plutôt, quand les Espagnols l'ont viré.

C'est pour ça qu'elle s'appelle...

"Adieu Cuba."

Celle-ci s'appelle...

"Los Illusions."

Putain. Pourquoi t'es comme ça ?

Comme quoi ?

Tu as de la famille ?

Je viens bien de quelque part.

A tout les coups ils t'ont renié.

Non, je suis le fils préféré de ma mère.

Mais ton père ne s'est pas occupé de toi et t'a abandonné ?

Mon père est un saint.

On m'a appris à ne pas parler la bouche pleine.

J'ai ses yeux. Dieu merci, parce que...

Ma mère est une sainte, mais elle ressemble à un crapeau.

Qu'est ce qui s'est passé, alors ?

- Pourquoi es-tu...? - Pédé ? Parce que.

Et ma famille le sait.

C'est leur faute.

C'est toi qui le dit.

Pourquoi ne pas aller chez le docteur ? C'est dans les glandes.

Je t'en prie, David !

Quelle théorie...

Venant d'un étudiant à l'université.

Tu aimes les femmes...

et j'aime les hommes.

C'est parfaitement normal.

Depuis la nuit des temps.

Je suis toujours décent...

et patriote autant que toi.

Mais pas révolutionnaire.

Qui dit que je ne le suis pas ?

J'ai moi aussi eu des illusions, David.

Quand j'avais 14 ans, je me suis engagé pour la Campagne Littéraire.

J'ai cueilli du café dans les montagnes.

Je voulais devenir professeur...

Et qu'est ce qu'il s'est passé ?

Cette tête réfléchit mais si on ne dit pas tout le temps oui...

ou si on pense différemment, on est ostracisé.

De quelles idées est-ce que tu parles ?

De monter des expositions avec ces oeuvres horribles ?

- En quoi est-ce que tu crois ? - en Cuba.

Moi aussi.

Pour que les gens sachent ce qu'il y a de bon.

Je ne veux pas que les américains ou qui que ce soit... viennent ici nous dire quoi faire !

Très bien. Mais avec tes mimiques...

personne ne peut te prendre au sérieux.

Oui, tu as lu tous ces livres...

mais tu ne penses qu'aux hommes.

Je pense aux hommes quand j'en ai besoin...

comme toi avec les femmes !

Et je n'ai pas de mimiques et je ne suis pas un clown.

Bien sûr pour toi, tous ceux qui qui sortent du lot le sont.

Parce qu'un type qui dit à un coin de rue "Hé, mec, quoi de neuf ?"...

ça, c'est normal pour toi.

Mais moi je ne le suis pas.

Pour m'accepter, ils doivent dire que je suis malade.

Bordel, je ne le suis pas !

Vas-y...

moque toi de moi...

je me moque de toi aussi.

Je fais partie de ce pays, que ca te plaise ou non !

Et j'ai le droit de travailler pour son avenir.

Je ne quitterai pas Cuba même si on me brûle le cul !

Sans moi, il te manque un élément crétin !

- Dieguito ! - Garde les putains de ciseaux !

Maintenant va-t'en s'il te plait.

Si tu ne veux pas que je te brûle...

fais le revenir !

Sois raisonnable ou je n'irai pas au Mexique...

et tu sais que j'en ai envie !

Tu es un artiste, ou un touriste ?

Tu sais très bien que je suis plus artiste que toi !

En plus, c'est moi qui ai fait tout ça.

Je ne rigole pas ! Laisse ça.

C'est les miens !

Donne moi ça ! L'expo doit rester complète !

Je ne te supporte pas !

Tu es fou, putain !

C'est définitivement fini !

Bien sûr que c'est fini !

Les sculptures sont à moi !

Toujours...

Bonjour.

Merde ! Qu'est-ce qu'il s'est passé, ici ?

Il ne vaut mieux pas que tu saches.

C'est toi qui as écrit ça ?

Ecoute, ce sont les premières choses que j'ai écrites.

Ce sont juste des brouillons.

J'en ai des mieux, mais je n'arrive pas à les trouver.

- Donne les moi. - Ne les montre à personne.

Je promets.

C'est un ami qui les a tapées, alors s'il y a des fautes...

Donne les moi, gamin.

Ce qui est important, c'est le contenu.

Le reste n'importe pas.

Je les lirai ce soir. On en parlera demain.

On verra si tu mérites le repas à la Lezama.

- Est-ce que tu as aimé le Zenea ? - Oui, je l'ai ici.

C'est incroyable que les cubains aient écrit comme ça au 19ème.

Je le pose ici.

Qu'est ce que tu fais, gamin ?

Ne sois pas impoli.

Attends que je te le montre.

C'est pour qui ?

Un directeur de gallerie, avec des copies pour tout le monde.

Pour quoi ?

Pour lui dire quelques choses...

qui doivent être dites.

Ils ont encore refusé l'exposition ?

Pire que ça. Ils l'ont acheté.

Et bien, tant mieux.

Ca aurait voulu dire trop de problèmes pour toi.

Merci.

Mais il seront surpris quand ils recevront ma lettre.

Quand comprendront-il que l'art est une chose...

et que la propagande en est une autre ?

S'ils ne veulent pas penser...

il y a la TV, les journaux, la radio et le reste.

Quelqu'un se doit de leur dire.

- Mais pourquoi toi ? - Pourquoi pas ?

Il a pris un mauvais chemin...

l'exposition, le gamin communiste.

Tu sais que je ressens les choses.

Aide le. Tu ne le regretteras pas.

Les faibles abandonnent... alors que les forts avancent. Ceci est une tache pour les forts. José Marti.

Et bien...

Comment vont les choses à la commune ?

Pourquoi est-ce que tu dis ça ?

A cause de ça.

Ce n'est pas bon ?

Ce n'est simplement pas de la littérature. Il n'y a pas de vie dedans.

Que des slogans.

Tu as juste oublié que le terme exact pour "fermier" est "muzhik."

Tu n'en as pas aimé un seul.

Même pas celui à propos des grêvistes ?

C'est le pire.

Où as-tu entendu dire que les subventions pour le sucre étaient du temps de Machado ?

Les fautes d'orthographe et les erreurs de frappe...

que ton ami a faites sont marquées en rouge.

Ca ressemble à une rougeole.

Mais ne t'en veux pas, gamin.

Du talent, tu en as.

Au milieu de cette poubelle brillent des pépites d'or.

Tu crois ?

Bien sûr.

Et je t'ai trouvé Le bon professeur.

Je veux dire...

Si tu m'acceptes comme tuteur.

Très bien.

Mais à une condition :

Oublie l'exposition, n'envoie pas la lettre.

Ciao-ciao, l'exposition.

Nous habitons dans une des plus belles villes du monde.

On peut encore en profiter...

avant qu'elle ne se transforme en merde.

Ne sois pas dur, il y a trop de choses...

Ils la laissent se transformer, et tu le sais !

Nous on est petit et on se bat.

Mais ils ne souffrent pas de voir la ville comme ça.

Certains s'en occupent. Toi et moi on s'en occupe.

Ils font bien partie de Cuba ?

Ectoute, Diego...

tu ne peux pas juger la Révolution... à travers ton expérience.

Regarde moi, je fais mes études à l'université, et qui suis-je ? Un fils de paysan.

Comme Staline.

Sérieusement...

tout ce qu'on veut c'est être indépendants...

pour faire ce que l'on veut.

Ils ne peuvent pas faire ça eux même, pas plus que toi...

mais en tant que nation.

Compris.

C'est tout une campagne.

Hongrie en 1956, Tchécoslovaquie en 68, Staline.

En quoi ça nous concerne ?

La seconde guerre mondiale était en 1945. Staline est mort en 1953.

Je n'étais même pas encore né. On devrait rappeler aux américains...

que c'est Truman Capote qui a lancé la bombe A.

Harry Truman, plutôt.

Truman Capote jamais ; il était homo.

Ne défends pas Staline par Truman.

C'est triste, on fait des erreurs comme d'emvoyer Pablo Milanés...

dans les camps UMAP.

Il y en a eu beaucoup d'autres. C'est fini maintenant !

Seuls les plus connus ont été libérés. Est-ce que c'est une manière de nous éduquer ?

Ca fait partie de la révolution...

mais pas de la Révolution ! Tu comprends ?

Oui, mais qui va payer pour toutes ces erreurs ?

Qui va en répondre ?

Un jour, tout le monde comprendra mieux.

C'est pourquoi c'est une révolution.

Alors...

Le communisme nous rendra plus heureux, nous les pédés ?

Oui, les homosexuels et les non-homosexuels.

Alors un jour j'aurai le droit de monter n'importe quelle exposition ?

Et je pourrai te saluer dans la rue ?

Autrefois j'avais ces espoirs, David.

Mais ca ne tombera pas du ciel.

Il va falloir se battre...

surtout entre nous.

Mais en attendant...

au moins entre ces quatre murs...

tu me prends dans tes bras ?

Pourquoi est-ce qu'on en revient toujours à la même chose ?

Tu veux que je te respecte pour ce que tu es, mais tu ne le fais pas, toi...

fais la même chose pour moi.

Ce n'est pas une question d'homme, d'homosexuels ou de...

C'est juste que j'en ai tellement besoin !

J'ai peur.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Dis moi...

Je suis ton ami.

Militairement et politiquement...

défait par les Sandinistes, Somoza s'enfuit aux U.S.A.

La dynastie de Somoza était l'une des plus brutales des tyrannies en Amérique.

T'étais où ?

Qu'est-ce que ca peut te faire ?

Alors tu n'as pas voulu t'occuper du pédé ?

Le pédé s'appelle Diego.

Diego ?

Ce n'est plus le pédé, maintenant c'est Diego.

Il a plus de couilles et de principes que tu ne le crois.

Tu m'en diras tant !

Donc, ce n'est plus un contre-révolutionnaire.

Tu l'as fait changer ?

Je pense que oui.

Miguel, essaie de comprendre !

Il faut lui laisser une chance.

Ah oui ? C'est quoi, ça ?

Communisme français, le printemps de Prague ?

Regarde, David, juste là...

à 150km, c'est l'ennemi !

Et les faibles et les critiques sont de ce côté.

Mais nous on est là, Alors pourquoi il pourrait pas être révolutionnaire ?

Parce que la Révolution ne passe pas par le cul !

Quelqu'un t'appelle en bas.

Tu m'écriras ?

Qu'est-ce qu'il a ?

Ca fait des heures.

Il a même demandé à boire en rentrant.

Oh, Diego, il est trop mignon !

On dirait un homme des années 40!

Qu'est-ce qu'il y a, on a plus le droit de faire de compliments ?

- Je voulais te demander un service. - Vas-y.

Trouve moi une bouteille de whisky.

J'ai fini par vendre ta montre.

Je n'en ai pas eu pour beaucoup...

C'est mieux que rien.

Ca fait 300 dollars en tout. Reconte, je t'en prie.

Laisse tomber, chérie, c'était déja un sacré service.

Je ne peux plus rien vendre pour toi maintenant. Ca craint dans la rue.

- Comment s'est passé l'entretien ? - Et bien, ils ont eu ma lettre...

Ils ne m'ont même pas laissé parler. Ils m'on viré.

Je ne peux travailler dans aucune agence culturelle.

Qu'est ce que tu vas faire maintenant ?

Je ne les laisserai pas me briser.

J'ai une surprise pour eux.

Diego !

J'ai eu l'entretien à l'ambassade !

C'est super !

Mais, Diego...

Garde ça des fois qu'ils viennent me chercher ici.

C'est si sérieux que ça ?

Tu n'aurais pas dû envoyer ces lettres.

Ca c'est un cadeau pour David.

Quoi ? Tu vas avoir besoin d'un paquet d'argent, chéri.

Il a besoin d'habits pour le repas à la Lezama.

Ca fait au moins 100 dollars ! Tu es fou !

Il le mérite.

Il a du talent et travaille dur.

Bien sûr. Germán aussi et regarde ce qu'il a fait !

Mais il l'a !

Pour être un artiste, il faut plus que du talent !

Au fait.

Ne lui dis rien, pas un seul mot.

Je lui dirai que j'ai fait une demande de congé.

Il ne devrait pas venir aussi souvent...

étant donné que c'est un communiste, et tout.

Un jour il s'en rendra compte.

Ca t'intéresserait que je le vire.

Moi ? Pourquoi ?

Pour le récupérer.

Je t'ai vu le regarder.

D'accord, je m'en vais.

L'eau qu'il ne faut pas boire

Si tu vas en prison, c'est ton problème.

Le service est en rapport avec lui.

Il n'a jamais couché avec une femme.

Et ?

Pourquoi tu ne l'inities pas ?

Comment oses-tu !

Qui est-ce que tu crois que je suis ?

- Excuse moi, tu te trompes. - Je ne suis pas une pute !

Tu m'as mal compris !

Je comprends parfaitement ! Qu'il couche avec un poisson !

Et toi, ne comptes plus jamais sur moi !

S'il te plait, laisse moi t'expliquer !

N'explique rien du tout.

Tu as une meilleure idée ?

D'accord je l'aime bien. Et alors ?

Âme triste et solitaire...

rentre dans le coeur de David Alvarez...

Ne laisse aucune femme, noire, blanche, chinoise ou métisse...

être avec lui. Lie le à moi.

Je boirai le sang de son coeur et lui volerai le coeur.

Fais-le ramper à mes pieds...

comme notre Seigneur Jésus a rampé aux pieds de Ponce Pilate.

Oh, Sainte Vierge !

Laisse moi me contrôler !

Et ne raconte rien à ta copine dans mon appartement.

- Qu'est-ce que je fais ici ? - Tu n'es pas ici.

C'est un rêve.

Tu rêves de moi.

Et Diego ?

Pourquoi inclure Diego dans ce rêve ?

Il est parti.

Il m'a demandé de te donner à manger et de te sortir.

- Me sortir ? - Oui, te sortir.

Alors, vas y.

- Elle ne sont pas belles ? - Très.

Je m'offre toujours des fleurs.

Quand je suis heureuse et quand je suis triste.

Hier tu étais mort.

Et vivant aujourd'hui.

C'est de la dialectique.

Qu'est-ce que tu veux savoir sur moi ?

Ta famille, n'importe quoi.

Ils habitent à Cabaiguán, je suis née là-bas.

Regarde comme la mer est jolie.

C'est quand, ton anniversaire ?

Je suis poisson, et toi ? Non, ne me le dis pas.

Tu es vierge.

- Comment le sais-tu ? - Je le vois.

Les hommes vierges et les femmes poissons s'entendent très bien.

- Où est-ce que tu travailles ? - Montre moi ta main !

- La gauche ou la droite ? - La droite.

La gauche, c'est ce avec quoi tu es né.

La droite, c'est ce que tu fais de ta vie.

Qu'est-ce que tu vois ?

Ta ligne d'intelligence.

Regarde comme elle est profonde.

Ca c'est ta ligne d'amour.

Je vois un amour qui finit ici...

un autre qui arrive soudainement et qui te rend fou.

- Le ferry ! Allons-y. - Allez.

Et bien...

Voila.

On a passé une superbe journée...

bien que tu n'aies que très peu parlé.

J'ai passé un bon moment.

Je me sentais mal mais aujourd'hui je me sens mieux.

Je peux rentrer ?

Il est trop tard.

Allez !

Non, non, et non.

A demain.

Bonne nuit.

Sainte Barbara, me fais pas foirer !

Nancy...

Nancy, je sais que tu es là.

Je ne voulais pas te vexer.

Ouvre.

Je me suis suicidée et j'ai laissé un mot t'accusant.

Ne fais rien de débile !

Nancy, écoute, je ne me sens pas bien et je ne veux pas rester seul.

Demande à ton petit ami, alors.

Je t'ai apporté du riz au lait.

- Je vais le faire. - Quoi ?

Coucher avec David.

Oublie que je t'ai demandé de faire ça. J'ai vraiment envie que tu changes.

Je ne le fais pas parce que tu me l'as demandé.

Je veux qu'il apprenne l'amour grace à moi.

Tu es amoureuse de lui ?

Mon beau, nous avons recréé...

le banquet que Dona Augusta donne...

dans les pages du Paradis.

Le roman le plus glorieux jamais écrit sur cette île.

Chapitre 7, édition Cubaine.

Désormais, tu appartiendras...

à la fraternité des disciples de Lezama.

Quand tu l'auras lu, toi aussi tu comprendras.

C'est un présent.

Une 1ère édition, signée par l'auteur.

Trinquons.

A la "crevette flemmarde et au baroque flambant !"

Non, sérieusement. A l'amitié.

- Et à l'amour. - Oui, l'amour !

- Je m'en vais. Il est tard. - Qu'est-ce que tu veux dire ?

Diego, ne pars pas, je t'en prie.

J'ai un rendez-vous, je suis désolé.

Je vous laisse ça. Amusez-vous bien.

Tu as ton passeport ?

Quel passeport ?

Non, sa carte d'identité. C'est comme ça qu'il l'appelle.

Ecoute ça. Je le gardais pour toi.

Tu m'offres à boire ?

Tenez-vous bien ! Si vous voulez mal vous tenir, attendez-moi.

Ecoute ça !

Dansons...

Allez.

J'ai envie de t'embrasser.

Ils vont où ces escaliers ?

Qu'est-ce qu'ils disent, parrain ?

Ma vie ?

Mon âge ?

L'âge n'importe pas pour l'amour.

Mon passé ?

Je vais expliquer...

et il comprendra.

Il saura...

qu'il y a quelque chose de propre à l'intérieur de moi...

que personne ne peut salir.

C'est ce que je lui offre...

tu le sais.

Ne me l'enlève pas.

Ne la laisse pas me l'enlever.

Ne les laisse pas me l'enlever.

Même pour un an, Sainte Barbara.

Dieu, Tu dois l'aider.

Mon Dieu, aide-moi.

Dieu, aidez-nous.

Diego, c'est ça ?

Je suis un ami de David.

Je peux rentrer ?

Entre.

Elles sont pour Diego.

Elles ne sont pas belles ?

Et regarde, pour toi.

Le virer de la fac ?

Tu te rends compte de ce que tu me demandes ?

Du calme.

Ne t'énerves pas. Ca ne te concerne pas.

Il vaut mieux que tu signes ça.

Je t'ai dit que je ne signerais rien !

Et s'il te plaît, va-t'en !

Hé, reste poli.

- Je sais ce que tu fais. - Je fais ce dont j'ai envie !

Et je t'ai dit de partir !

Un scandale te ruinerait.

Tu crois que j'ai peur des scandales ?

Tu veux du scandale ?

David vaut quarante fois mieux que toi !

Regardez moi comme il défent son homme !

Mon cul, espèce de pédé !

Ca suffit !

Du calme, gonzesse.

Qu'est-ce qu'il se passe, ici ?

Lache moi, David !

Ca ne se finira pas comme ça !

Je voulais te surprendre à apporter des fleurs à ta femme.

- C'est pas fini, tu m'entends ? - Qu'est-ce qui n'est pas fini ?

Vous êtes des pédés tous les deux.

Tu vas le payer, David.

Je croyais que les choses devaient être claires entre nous.

Qu'est ce que tu faisais dans une voiture diplomatique ?

Je quitte le pays.

Ah oui ?

Qu'est-ce que tu fais ?

Pas parce que je le veux ; parce qu'ils me virent.

Qui ça ?

L'exposition... la lettre que j'ai envoyée... Tout ça est allé trop loin.

Personne ne se fait virer pour ça.

Ah non ? Regarde.

Tu crois qu'avec ces rapports dans mon casier...

quelqu'un me donnera du travail ?

Uniquement dans l'agriculture ou dans le bâtiment.

Et qu'est-ce que je fais avec une brique dans la main, hein ?

Je croyais pouvoir dire les choses...

mais non.

C'est vous-autres décidez de ce qui est "révolutionnaire".

Tu ne peux pas partir !

Tu auras les mêmes problèmes là-bas.

Tu crois que je pars par choix ?

Tu ne vois pas que je n'ai pas d'autre option ? Pas d'autre option !

Je n'ai qu'une seule vie, David.

Et je veux réaliser des choses...

avoir des projets comme tout le monde.

Etre ce que je suis, putain !

Pourquoi je n'en aurais pas le droit ?

Laissez moi essayer... au moins.

Ce n'est pas magnifique ?

Laisse moi bien voir.

C'est ma dernière fois.

Pourquoi la dernière ?

Tu sais comment mes ennemis m'appellent ?

La folle rouge...

parce que j'ai passé autant de temps avec toi.

D'autres pensent que tu m'as recruté...

et que je suis en fait une Mata Hari qui part pour l'Europe.

Alors, comment es-tu devenu pédé ?

Tu es fou ?

Si je te le racontais tu débloquerais.

Dis moi, toi...

c'était comment ta première fois ?

A moi tu ne peux pas le cacher.

Un visage d'ange, mais un diable au pieu, je parie !

- Si seulement tu savais. - Allez, dis moi.

Tu ne le croiras pas.

Ma première fois, c'était avec Nancy.

Non ! Impossible.

Un garçon si attirant !

- Devine où ? - Chez Nancy, non ?

Au repère, dans ton lit !

Quelle honte vous deux !

- Et maintenant tu vas faire quoi ? - A propos de quoi ?

De Nancy.

Je l'apprécie beaucoup.

Nancy est un petit moineau.

Elle a l'air forte et intelligente.

Mais c'est un moineau...

que n'importe qui peut blesser.

Personne ne le fera.

Elle est avec moi.

Si tu savais comme une femme peut être délicieuse.

C'est répugnant !

C'est la seule bonne chose qu'on fasse dans ce pays !

Une fraise !

C'est mon jour de chance aujourd'hui !

Quelqu'un en veut ?

Tu es tellement beau.

Le seul problème est que ne ne sois pas pédé.

Personne n'est parfait.

Je ne suis pas aussi noble que tu ne le crois.

Quand on s'est rencontré à Coppelia, J'étais avec Germán.

Et je lui ai parié que je t'amènerais au lit.

Te renverser le café faisait partie du plan.

Ta chemise au balcon signalait la victoire.

Et puis Germán a répandu la nouvelle.

Et je n'ai rien dit...

parce que j'aimais être associé à toi.

Je ne me suis pas rendu compte que je pouvais te faire du mal.

C'est pour ça que...

C'est pour ça que je te demandais de me prendre dans les bras si souvent.

Je croyais que te prendre dans les bras...

me rendrait plus propre.

Je t'aime beaucoup, David.

Qu'est-ce que je peux y faire ?

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