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Original subtitles

On reste ici !

On reste ici !

Le voilà.

Marta ?

Donne-moi ça.

Descendez et retournez au travail.

Pour vous payer de nouvelles machines ?

Elles coûtent moins cher et ne font pas vos folies.

Nos folies ?

Les machines nous remplacent, mais bientôt,

elles vous remplaceront.

Bravo !

Ne me ressors pas tes vieux refrains.

Descends, on va discuter.

Descends pas !

Marta, non !

Vous voulez acheter ces machines ?

Alors, on reste ici !

- Oui ! - On reste ici !

Attrape-la.

Je ne sais pas par où commencer.

Par les faux souvenirs.

Parce qu'ils sont faux ?

Analyse-les. Ils contiennent des éléments vrais.

Ton souvenir de Diana à l'hôtel.

On n'a pas eu d'histoire.

Mais tu as été dans cet hôtel.

Si ton inconscient a utilisé ce souvenir,

peut-être que cet hôtel...

est lié à ce que tu cherches.

C'est Marabini.

Oui, madame ?

Je suis dans l'ascenseur.

D'accord.

Je dois y aller.

Merci pour le conseil.

Je commence par le souvenir de l'hôtel.

Quoi que tu trouves dans ton passé,

grave ou pas, compte sur moi.

Quoi que ce soit,

ce sera pas pire qu'une réunion avec Marabini.

- Je suis en retard. - Je m'y attendais.

Andrea Fanti, médecin-chef.

- Bonjour. Giorgia Villa. - Enchanté.

Elle va collaborer avec vous.

Vous êtes médecin ?

Non. Informaticienne.

Comment pourrions-nous collaborer ?

Son entreprise développe un logiciel diagnostic.

Un diagnostic différentiel par ordinateur ?

Basé sur l'intelligence artificielle.

On gagne du temps et de l'argent.

Je sens du reproche.

Pour voir l'étendue du logiciel, elle propose un test.

Une compétition.

L'intelligence artificielle contre votre service.

J'ai accepté.

Alors ?

Vous avez peur de perdre ?

Je relève le défi.

Mais à une condition.

Si on gagne,

je veux des parasols sur la terrasse.

Nous, les humains, on a besoin de détente.

OK ? Merci.

- Bonjour. - Salut.

Alors, la compète de Laura, hier ?

Super, on a gagné.

Et votre soirée au Café Milano ?

Oui, super.

Parfait. C'est...

C'est important de souder l'équipe.

Oui, c'est vrai.

Bonne journée.

Toi aussi !

Vous voilà enfin.

Allez, on y va.

Donc, je disais...

Nous allons faire une sorte de compétition

contre l'intelligence artificielle.

C'est une blague ?

Non, c'est pas une blague.

Quelqu'un pense qu'on peut se passer du contact

et de l'écoute du patient

pour poser un diagnostic.

Parfois, on l'oublie aussi.

Ce sera difficile.

On doit montrer à Marabini qu'on a besoin de vrais médecins.

Et si on perd ?

Vaut mieux pas.

Alors,

Giulia et moi, avec Federico et Lin,

on se concentre sur la compétition.

Damiano, Riccardo et Martina,

vous vous occupez des autres patients.

Les autres, retournez au travail.

Quel est le dernier patient hospitalisé ?

Il s'agit de Marta Paderni.

Bien, transmettez une fiche complète

aux informaticiens.

- D'accord. - On commence.

En me levant, j'ai eu un vertige.

J'ai vu flou et je me souviens de rien.

Une hypotension orthostatique.

Ca vous est

- déjà arrivé ? - Jamais.

Vous suivez un traitement ?

Des trucs contre la douleur et de la cortisone

- pour le canal carpien. - D'autres cas dans la famille ?

Mes parents sont morts.

Autre chose,

j'ai les pieds comme engourdis.

Là, tu sens quelque chose ?

- Pas trop. - L'autre ?

Rien ?

Hypoesthésie aux deux pieds.

C'est grave ?

Je dois retourner à l'usine.

Quel genre d'usine ?

Textile.

Vous manipulez des produits chimiques

sans protection ?

Des acides, récemment, mais j'ai fait attention.

Marta !

- Ca va ? - Mieux.

Et vous ?

On est sur la citerne.

- On fait quoi, on descend ? - Non.

On n'arrête pas la lutte en mon absence.

De quelle lutte s'agit-il ?

Le patron veut installer des machines pour la production.

Pour remplacer les ouvriers.

Il s'appelle Marabini ?

- Bompressi. Pourquoi ? - Pour rien.

Une blague entre nous.

Essayons déjà d'identifier le problème.

Puis, on démontrera

qu'on ne nous remplace pas par des machines.

- Les symptômes ? - Faiblesse excessive.

Hypotension orthostatique

et vertiges.

Et une hypoesthésie aux pieds.

Son coeur a pu provoquer l'évanouissement.

Et les autres symptômes ?

Une carence en vitamines ?

- Une hypothyroïdie ? - Possible.

Mais il y aurait eu une bradycardie,

un ralentissement idéomoteur.

On a l'engourdissement des pieds.

Tu penses à quoi ?

PIDC.

Polyneuropathie Inflammatoire Démyélinisante Chronique.

Ca colle au tableau clinique.

On doit envisager toutes les hypothèses.

Le syndrome de Guillain-Barré.

On a les mêmes symptômes.

Une piqûre de tique, la maladie de Lyme ?

Commençons comme d'habitude par le plus simple.

Tout ça me paraît trop improbable.

On doit aller plus vite qu'un ordinateur.

On doit avoir plus d'hypothèses.

Toi, ici ? C'est pas le jour de ton traitement.

Non, en effet. Je suis venue ici pour Pietro.

Un problème ?

Non, tout va bien. Ne t'en fais pas.

C'est seulement

qu'il n'arrête pas de parler de toi.

Il voudrait te revoir.

Oui, moi aussi, ça me ferait plaisir.

Tu viens dîner ce soir ?

C'est une idée de Pietro.

"Réinvitons-le à notre soirée burger-frites."

Ce soir, d'accord.

- Ca me va. - Oui ?

- Super. D'accord. - Super.

Tu vas le rendre très heureux.

- Oui. - Très bien.

Je te laisse travailler.

- A ce soir. - A ce soir. Merci.

Cesconi, s'il n'y a personne d'autre

à rendre heureux,

tu as un nouveau patient.

Très bien, je m'en charge, si ça te rend heureuse.

Ric, Martina, venez.

Tout de suite.

M. Galizzi.

Bonjour.

Professeur ?

Vous devez pas vous rappeler. Je suis...

Martina Carelli. Première B.

Dissertation sur Simone Weil.

Apparemment, tu as réalisé ton rêve.

Oui, apparemment.

C'était mon prof de philosophie au lycée.

Ne m'interrogez pas. Je ne me souviens

de rien du tout.

Ne t'en fais pas.

J'ai arrêté les interrogations.

Je suis retraité.

Que vous arrive-t-il ?

Malaise dans un café, il a été amené par ambulance.

On a trouvé

une asthénie, une hypotension modérée.

Mais le coeur et les poumons vont bien.

Désolé, je crains d'être un cas banal pour vous.

Espérons-le.

"Rien qui existe n'est banal.

"Seul notre regard dessus peut l'être."

Je sais !

- Platon. - Non.

Giuliano Galizzi.

Tu es l'étudiante que tout enseignant voudrait avoir.

- Puis-je vous examiner ? - Bien sûr.

Voilà.

Je t'en prie.

C'est gelé !

Hypersensibilité au froid.

Vous suivez un traitement

à base d'hormones thyroïdiennes ?

Oui.

Il y a 20 ans, on m'a retiré la thyroïde.

J'avais un locataire de stade deux.

Les Dr Bonvegna et Carelli vont analyser

votre sang et faire un scanner.

Si j'ai quelque chose, Martina le découvrira.

- A plus tard. - Au revoir.

On réessaie ?

Oui, d'accord.

Analyse du sang, de la thyroïde, ponction lombaire

et électromyogramme pour vérifier nos premières hypothèses.

Premières ?

Il y en a d'autres moins probables qui nécessitent

des examens plus spécifiques.

Un examen complet à la recherche d'une tique

et une recherche d'anticorps anti-AChr.

- Et vous ? - Une ponction lombaire.

C'est tout ?

D'après l'IA, la seule hypothèse raisonnable est la PIDC,

Polyneuropathie Inflammatoire Démyélinisante Chronique.

L'intelligence artificielle manque d'imagination.

Mais elle ne coûte pas cher, s'il lui faut un seul examen.

Mauvaise nouvelle.

Si la PIDC est confirmée, l'IA gagne.

Si c'est confirmé, on pourra commencer le traitement.

C'est bon pour la patiente.

Oui et pour Marabini.

Même résultat, moins de frais.

L'ordinateur peut gagner la compétition.

Mais il ne comprendra jamais

qu'on parle d'une personne. D'accord ?

Suivez les examens et tenez-nous au courant.

Tu voulais me parler ?

Tu es prise, ce soir ?

On enquête ?

C'est vraiment si tu veux bien.

Je ne veux pas t'obliger.

Enrico m'a suggéré de commencer par ce qui est vrai

dans mes faux souvenirs.

Mon séjour à l'hôtel, par exemple.

Très bonne idée.

Je demande à Barbara de nous commander à dîner.

Entrez.

Ravi que tu sois là. Je voulais te parler.

- Tu penses à moi, c'est bien. - Voilà, justement.

On peut penser à quelqu'un

de bien des manières.

Oui, moi aussi, je pense à toi.

De bien des manières.

Oui, mais tu vois...

entre ce qu'on pense et la réalité,

il y a parfois une distance.

- Oui, une grande distance. - Voilà.

Trop grande.

Tu as raison, ça suffit.

- On doit briser cette... - Non !

C'est pas ce que je voulais dire.

On a un problème plus gros.

Je m'y attendais.

- Ah ? - C'est Teresa, le problème.

Non, Teresa n'a rien à voir là-dedans.

Allô, Teresa ?

Je suis à la cantine. Tu me rejoins ?

Non, je travaille.

- Tu veux quelque chose ? - Non.

Pourquoi ?

Parce que je suis

avec un patient. Filippo.

Je te laisse

le plateau devant ton bureau.

Je ne suis pas...

Je ne suis pas au bureau, je suis... en visite à domicile.

J'y vais, désolé, chérie. Je te rappelle.

Tu as menti pour moi ?

Si romantique.

La situation est plus compliquée.

Quand tout le monde sera au courant,

ce sera plus simple.

Filippo. Ce cher Filippo.

Merci, Dr Sandri.

Oui, on en reparlera.

Une personne voudrait te voir. Il peut entrer ?

Désolée, je suis encore en vie.

Remercie-moi.

C'est moi qui ai installé ta ligne de vie.

La loi l'a rendue obligatoire.

Je vous remercie de respecter mes droits ?

Tu as une idée exagérée de tes droits.

Ah oui ?

J'exagère de demander à ne pas être remplacée

par une machine ?

Sans cette automatisation, je ferme l'usine.

Question de coûts.

Excuse-moi, Doc.

Les résultats sont là.

L'analyse du LCR

a révélé une dissociation albumino-cytologique

et une hausse du taux de protéines.

- Et les autres examens ? - Tous négatifs.

On écarte la carence en vitamines, l'hypothyroïdie

et les hypothèses improbables comme Lyme

et Guillain-Barré.

Alors la PIDC est confirmée.

Montre-moi quand même les résultats.

Inutile d'aller plus loin.

L'intelligence artificielle a gagné.

Un seul examen

et le bon diagnostic.

Je suis ravi du bon diagnostic.

Mais l'électromyogramme demandé

relève des signes de dégénérescence axonale.

Je n'ai rien compris.

Les lésions neuronales ne cadrent pas avec la PIDC.

D'après le logiciel, ça ne contredit pas le diagnostic.

Remerciez le logiciel.

Mais un médecin ne se contente pas de ça.

Cette donnée soulève des questions. Je dois approfondir.

Les questions ont un prix. Si les réponses sont inutiles,

mieux vaut éviter. Question de coûts.

Pourquoi as-tu choisi

la médecine interne ?

Ca a été un hasard.

Pendant le covid, on m'a envoyée en médecine interne.

J'ai choisi cette spécialité.

Un hasard ?

Oui.

Pour moi aussi, c'est un hasard.

Plus jeune, j'ai eu une embolie.

Le médecin de ce service m'a sauvé.

Et me voici.

Pas d'embolie, pas de médecine interne. Le hasard.

Alors c'est aussi un hasard, notre rencontre, ici.

C'est bien ça ?

Oui, je pense.

Si c'est le cas, vous n'avez aucune responsabilité.

Responsabilité pour quoi ?

Si tout est dû au hasard,

nous ne sommes que trois passants

qui se sont croisés

sans le vouloir.

Il m'a donné mal à la tête.

En cours aussi, il était comme ça.

A la fin,

tu avais plus de questions que de réponses.

Alors, ce scanner ?

Pas de masses suspectes.

Mais le bilan sanguin a relevé une hypercholestérolémie.

D'après les taux de TSH

et des hormones, il a une hypothyroïdie sévère.

Malgré le traitement qu'il prend.

Augmentons les doses d'hormones thyroïdiennes.

On fera un bilan hépatique complet.

C'est peut-être une pathologie hépatique.

C'est toi qui le dis au prof.

Je ne suis pas encore prêt à écouter un de ses cours.

Je peux entrer ?

Que disent les analyses ?

Qu'une des hypothèses qu'on avait faites

a été confirmée.

- Laquelle ? - La PIDC.

Qui veut dire :

Polyneuropathie Inflammatoire Démyélinisante Chronique.

Ce nom fait peur.

Un syndrome dû à une réaction auto-immune

qui endommage la gaine des nerfs.

- Mais ça se soigne ? - Oui.

Avec de l'immunoglobuline et des corticoïdes.

Mais c'est un traitement assez long.

- Ca prend des années. - Des années ?

La fatigue, les douleurs restent longtemps.

Bompressi a raison, autant nous remplacer par des machines.

Elles tombent pas malades.

Ca va m'arriver aussi.

Les machines vont arriver ici.

Ton cas a été analysé en même temps par mon équipe

et par une IA.

- Qui a compris ce que j'ai ? - Les deux.

Mais l'IA a coûté moins cher.

Tout est une question de coûts, c'est ça ?

Il semblerait.

Tu as dépassé les bornes !

T'as pas de conscience ?

Du calme. Que se passe-t-il ?

Demandez-lui.

Mes machines ont été endommagées par une substance corrosive.

Marta n'a pas bougé d'ici.

Les ouvriers font ce qu'elle dit.

Tu as organisé tout ça.

- Je le sais. - Vous avez déclaré la guerre.

Je veux sauver l'usine.

On est aussi votre usine !

Nous, vos ouvriers !

Et vous...

Vous...

Vous...

Ne t'agite pas, respire.

Respire, doucement.

On va s'asseoir. Appelez-moi quelqu'un.

Elle a fait une syncope. Elle est en soins intensifs.

Elle présente une arythmie par fibrillation auriculaire.

Ca ne colle pas aux symptômes de la PIDC.

Non, ça doit être autre chose.

Une maladie infectieuse ?

Ou auto-immune ?

Réduisons le champ des hypothèses. Demain, on fait un ECG et un EEG.

Donc, tu avais raison.

La compétition n'est pas perdue.

Mais on n'a plus beaucoup de temps pour la gagner.

On augmente la dose des hormones thyroïdiennes.

Prenez cette quantité chaque jour.

Oui, professeure.

Non, ce sera toujours vous, le professeur.

Alors, je peux te poser une question ?

Bien sûr.

Tu as vraiment choisi cette spécialité par hasard ?

Oui.

Pourquoi ?

La Martina dont je me souviens

cherchait une raison à tout.

Un motif, un sens.

Le hasard ne lui suffisait pas.

Je ne suis plus cette Martina.

Tu as vu Giovanni ?

Plus de saignements. Tu es une légende.

Une légende, carrément.

C'était le hasard. Un autre médecin aurait dit pareil.

- Non. - Si, crois-moi.

- C'était simple. - C'était pas le hasard.

Tu es des nôtres.

Arrête la médecine interne

et occupe-toi d'athlètes comme nous.

Tu serais le meilleur.

Réfléchis-y.

- Tu les manges pas ? - Pourquoi ?

Tu les veux ?

Les frites, c'est mauvais pour la santé.

Un médecin devrait savoir ça.

C'est vrai. Fini, les frites.

- C'est mauvais pour les vieux. - Pietro !

Non, c'est vrai. Je suis beaucoup plus vieux

et sage que lui.

Et une part de tiramisu, c'est autorisé ?

D'accord.

- Merci. - Merci beaucoup.

Attention, elle ne fait jamais de desserts.

Ca pourrait être dangereux.

C'est vrai.

Merci de me prévenir.

Et pour l'invitation.

Je t'en prie. Mais l'invitation vient d'elle.

- Pas de moi. - Quoi ?

Vous parlez de quoi ?

De tes super desserts.

Je fais des grosses parts ?

Très bien.

On dîne chez moi, la prochaine fois. Je cuisine.

Le check-in de l'hôtel date de quand ?

Le check-in de l'hôtel...

Du 23 mars.

Le 23 ?

Oui, mercredi 23 mars. Pourquoi ?

Deux jours avant, j'étais à New York.

Oui. Pour le traitement expérimental d'Agnese.

Je dois vérifier un truc.

Oui, deux semaines plus tard,

je devais repartir.

Mais à peine atterri à New York,

je suis rentré à Milan.

Bizarre, non ?

Une urgence à l'hôpital ?

Tu t'en souviendrais.

Il a dû arriver quelque chose là-bas

qui m'a fait rentrer tout de suite et dès mon retour,

direction l'hôtel.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Je ne sais pas, mais...

à ton retour de New York, tu étais différent.

Tu étais froid, distant.

Je dois en parler à Agnese. Elle seule peut s'en souvenir.

Bonjour.

Pardon, ton assistante m'a fait entrer.

Elle a bien fait.

De quoi voulais-tu parler ?

J'essaie de comprendre

ce que j'ai bien pu faire d'horrible

par le passé.

Je croyais que tu avais laissé tomber.

Oui, mais ça me taraude, j'arrive pas à...

- Mais tu es peut-être occupée. - Pas du tout. Je t'en prie.

Toi,

de quoi te souviens-tu de mon séjour à New York avec toi

entre le 21 et le 23 mars 2011 ?

C'était il y a très longtemps.

Il a dû se passer quelque chose de bizarre.

Je devais rester deux semaines avec toi.

On n'était plus ensemble ?

Non, mais pendant cette période, tu m'aidais.

Mais je suis rentré au bout de deux jours.

Et je me suis installé à l'hôtel. J'habitais où, avant ?

Je me rappelle mal, mais tu étais souvent à la maison.

Pour faire ça en douceur, pour Carolina.

Bien sûr. Et à New York, on vivait ensemble ?

J'étais à la clinique, tu louais un appartement.

J'ai dû faire quelque chose seul.

Mais quoi ?

On a quoi ?

Une hypertrophie du ventricule gauche.

- La cavité est pas dilatée. - Et l'EEG ?

Quelques altérations non spécifiques.

"C'est dû à une seconde pathologie indépendante de la PIDC.

"Précisément,

"une cardiomyopathie hypertrophique."

Le sabotage des machines.

Le sabotage ?

Hier, le patron de Marta l'a accusée

d'avoir abîmé les machines avec des substances corrosives.

Marta était ici.

Elle a pu les manipuler pendant la préparation.

Hier, elle a parlé d'acides.

C'est peut-être une intoxication

qui a causé une polyneuropathie, pas une PIDC.

Ca explique les problèmes cardiaques.

C'est une intoxication.

On demande un test toxicologique.

Pour l'IA, c'est une cardiomyopathie.

Il faut faire une IRM du coeur.

Une patiente, deux hypothèses bien différentes.

Dépêchez-vous.

Les soins intensifs coûtent 2 000 euros par jour.

Faisons sortir la patiente.

Vivante, de préférence.

Merci à toi. J'ai passé une super soirée.

Oui, à refaire.

Tu l'as rendue heureuse, hier ?

Tu savais que ça venait pas du petit ?

Personne ne dupe Teresa.

Les examens pour Marta. C'est urgent.

- Alors, la compète ? On gagne ? - C'est très serré.

C'est la patiente qui doit gagner.

Et ton voyage à Rome ? Tu y vas ?

A Rome ?

Tu devais consulter les archives centrales.

Pour ton sujet d'étude.

- Tu as annulé ? - Non, c'est confirmé.

Pourquoi j'annulerais ?

Tu as l'air absorbée par le défi du Doc.

C'est pour tout le service.

- Que tu vas quitter. - C'est vrai.

Mais c'est encore mon service et le Doc est mon chef.

Que faites-vous là ?

Je ne pensais pas que ça me manquerait

de me disputer avec elle.

- Elle va s'en sortir ? - Impossible à dire.

On fait des analyses.

Mais Marta a l'air solide.

Oui, c'est vrai.

Comme sa mère.

Vous l'avez connue ?

Elle travaillait du temps de mon père.

Une sacrée casse-pieds.

Excusez-moi.

Le résultat toxicologique. C'est négatif.

Je pensais pas dire ça,

mais j'espère que l'IA a fait mieux que nous.

Vous voulez un livre ?

Un livre ?

Oui, un livre.

Je sais pas, comme...

"Critique de la raison pure",

ou "La Phénoménologie de l'esprit", du léger.

Tu te rappelles les livres importants.

Je vous ai jamais vu sans livre.

J'attends celui que tu écriras.

Quel était ton sujet de thèse ?

La thèse pour ton diplôme.

Quel était le sujet ?

Tout va bien ?

Je n'ai pas fait de thèse.

Les médecins n'en font pas ?

Si, bien sûr.

C'est juste que...

Je n'ai pas mon diplôme. Je ne suis pas médecin.

Comment est-ce possible ?

C'est cet examen appelé Pathologie systémique 3.

Je l'ai loupé, la première fois.

J'ai réussi tous mes autres examens, mais...

quand je retentais la Pathologie, j'angoissais.

Et j'échouais.

J'arrivais même plus à ouvrir le livre.

J'ai pensé tout abandonner.

A cause de ça.

Comment as-tu atterri ici ?

C'est grâce au covid.

Je ne sais pas si vous vous rappelez.

Ils ont fait appel aux médecins sans diplômes.

Mon nom a fini sur ces listes.

On m'a envoyée dans un hôpital de Brescia.

J'y suis restée par devoir

jusqu'à la fermeture du service covid.

Là, j'ai pu faire une demande d'internat.

Et me voici.

Vous voyez, c'est un hasard si je suis ici.

- Je suis désolé. - Ne le soyez pas.

J'ai tout fait moi-même.

C'est pas ça, le problème.

Le problème, c'est que tu es seule.

Parles-en à quelqu'un.

Un ami.

Un collègue.

Essaie...

Professeur ?

Ca va ? Professeur !

Vous m'entendez ? Professeur...

Urgence, vite !

Professeur !

Poussée d'insuffisance cardiaque.

Il est stable, mais faible.

Il a dit quelque chose ?

Rien, on parlait de sujets banals.

Il s'est évanoui.

L'examen du foie ?

Rien de probant.

Si on trouve pas ce qu'il a, il va mourir.

A son réveil, faites un ECG.

Et tenez-moi au courant.

Je vais voir s'il se réveille.

Ca va ?

Tu es pâle. Allonge-toi, je vais finir

ce que tu faisais.

Non, ne t'en fais pas.

Tout va bien.

Laisse tomber.

Quoi ?

Tu es dans sa friend zone. N'insiste pas.

Merci, mais je n'écoute pas les conseils de coeur

d'un mec qui passe ses soirées avec l'assistante vocale.

L'autre hypothèse est bonne ?

On attend les examens.

Ca prend du temps, une IRM cardiaque ?

Marta n'est pas toute seule.

Il nous faudrait une machine dans le service.

Ca coûte cher.

On dirait Marabini.

T'es nerveux ?

Non, désolé.

Je pensais avoir avancé sur ce cas et sur mon passé.

Agnese t'a pas aidé ?

C'est trop vieux, elle se rappelle pas.

Partons d'un autre faux souvenir.

Le seul, c'est celui

où Agnese et Bramante s'embrassent.

Agnese m'a juré que c'était faux.

Dans le souvenir, Bramante était là.

Tu le voyais souvent.

Il travaillait déjà pour la santé de la Région.

Je lui parlerai.

- T'as pas l'air convaincu. - Tu trouves ?

J'ai hâte de savoir ce que j'ai fait d'horrible.

Désolé.

Et merci de m'aider.

Je le fais par curiosité.

Préviens-moi quand on aura l'IRM cardiaque.

Vos médicaments, vous les avez cachés.

Vous avez arrêté quand ?

Je suis désolé que tu l'aies découvert.

Je pensais

vous ôter d'un poids

sans faire de bruit.

Un poids ?

Professeur, qu'est-ce que vous dites ?

Je suis fatigué, Martina.

Fatigué.

Et seul.

Plus aucun étudiant,

plus de collègue...

Même les philosophes

ne me disent plus rien.

Plus rien ne m'étonne.

Je ne me pose plus de questions.

Professeur...

Ne t'en fais pas.

C'est très bien comme ça. Crois-moi.

Toi, en revanche,

ne finis pas comme moi.

Parle à quelqu'un. Parle.

Tu as du temps,

tu es jeune.

Parle, parle, parle.

- Professeur... - Maintenant,

je veux me reposer.

Je suis fatigué.

Obligeons-le à prendre les hormones.

C'est faisable.

Mais il trouvera un autre moyen pour mourir.

On fait quoi ?

Demandons une consultation psychiatrique.

Ou psychologique.

Non, il faut le surprendre.

Il doit se poser des questions.

A quoi tu penses ?

Ca coûte rien d'essayer.

Bonsoir, prof.

Dans mon souvenir, vous étiez plus élégant.

- Columbo, Biasi. - Oui.

Que faites-vous ici ?

Martina nous a prévenus.

On a organisé des retrouvailles.

Vous êtes tous là.

Quelle jolie surprise.

Comment allez-vous ?

Très bien. Je fais un master de journalisme.

C'est bien.

J'ai eu mon diplôme de philosophie.

Je suis tenté par le doctorat. Vous auriez des conseils ?

Bien sûr.

Venez me voir quand vous voulez.

J'offre les bières.

J'ai passé qu'un examen pour être barman.

"Dans chaque chose humaine,

"rien n'est aimable...

"sans une personne amie."

Saint Augustin.

Oui, bravo.

Très bon travail, Dr Carelli.

20/20.

Merci, Bonvegna.

Ca te dit d'aller manger un morceau ?

Laura m'attend.

Une prochaine fois ?

Merci beaucoup.

Entre le travail et les élections, tu es occupé.

Pas autant que toi.

Qu'y a-t-il de si urgent ?

Dernièrement, j'ai eu des souvenirs incomplets.

Dans ton souvenir,

après la mort de mon fils, en mars 2011,

on a eu un différend, toi et moi ?

Un différend ?

Comment ça ?

J'ai pu te faire du mal ou à un de tes proches.

Absolument pas.

Ecoute.

Si à l'époque, j'avais commis...

un délit, un crime, j'en assumerai la responsabilité.

Ecoute, j'étais présent à l'enterrement de ton fils.

On a eu des réunions de travail, on a suivi les mêmes congrès.

Mais de ce que je sache, tu n'as rien fait de honteux.

Quel soulagement.

Je vais devoir continuer à chercher.

- Bonne chance pour les élections. - Merci.

J'ai vu Andrea.

Que voulait-il ?

Il se rapproche

de la vérité. Agis.

Que veux-tu que je fasse ?

Je t'ai donné les mots de passe pour accéder à la base de données.

J'ai menti à Andrea. Je continue.

Tu dois l'arrêter.

S'il découvre ce qu'il a fait, c'est lui

qui sera détruit.

Bien plus que toi et moi.

Tu es ma soeur. A qui d'autre me confier ?

OK, tu as raison. Laisse tomber.

J'espère que ça lui passera.

- Tu veux quelque chose ? - Désolée.

J'attendais la salle de bain.

C'est libre.

Qui est-elle ?

C'est ma copine.

Mon ex. Mon ex-copine.

On est restés ensemble deux ans.

Ca s'est fini comment ?

Elle m'a largué.

Je sais.

Je devrais enlever cette photo.

Je suis désolée.

De t'être trompée de porte ?

D'avoir dit que tu ne savais rien des sentiments.

Je pensais que les Chinois se ressemblaient tous.

Clichés, deux partout.

- J'y vais. - Oui, vas-y.

Filippo, salut !

Bonjour.

Pas de visite à domicile, aujourd'hui ?

On n'a jamais eu de visite à domicile.

- Même avec le Dr Sandri ? - Non, pourquoi ?

Pour rien, j'ai dû confondre.

- Bonne journée. - Bonne journée.

Rien de nouveau ?

L'IRM n'a pas confirmé notre dernière hypothèse.

On va continuer à chercher.

Je ne pensais pas dire ça un jour,

mais si elle meurt, ses folies me manqueront.

Ses folies ?

La lutte syndicale, la contestation.

On se disputait tout le temps.

Mais c'est la seule

qui tient autant à l'usine que moi.

Et pour ça,

aucune machine ne peut nous remplacer.

Excusez-moi.

Vous avez été opéré pour un canal carpien bilatéral ?

Oui, c'est courant dans notre famille.

Je dois demander.

Avec la mère de Marta, vous avez eu une aventure ?

Une relation ?

Oui.

Ca n'a pas duré, mon père...

a tout découvert et a contrecarré nos projets.

Pourquoi ?

Mme la directrice, s'il vous plaît.

Je crois savoir ce qu'a Marta.

Une amylose héréditaire

à transthyrétine de phénotype mixte.

Pourquoi autant de mots ?

C'est une maladie génétique rare qui se développe à l'âge adulte.

On doit faire une biopsie cardiaque qui réagira au rouge Congo.

Pourquoi vous pensez à ça ?

Parce que Marta et son père ont le syndrome du canal carpien.

Une manifestation typique, mais pas spécifique de l'amylose.

Son père ? Ses parents ne sont pas morts ?

Les résultats ADN sont arrivés.

On a prélevé ça sur le coeur de Marta.

- C'est le rouge Congo ? - Oui, un colorant azoïque.

La lumière polarisante...

Ca vire au vert.

Vert biréfringent.

C'est une amylose.

On peut sauver Marta.

- Merci. - J'ai pas fait grand-chose.

Si, tu m'as surpris.

La surprise est le début de la philosophie.

Ce n'est pas un hasard...

si tu es médecin.

- Vous croyez ? - Oui.

Fais ce qui est juste.

Trouve une solution à ta situation.

Et fais ce pour quoi tu es née.

Ca se soigne ?

Il existe des médicaments pour contrôler les effets.

Tu mèneras une vie normale.

Si c'est héréditaire, quelqu'un l'a eu dans ma famille.

Oui.

A ce propos, quelqu'un voudrait te parler.

Je peux ?

Je vous en prie.

- Bonjour. - Que faites-vous encore là ?

On vous laisse régler votre affaire familiale.

Affaire familiale ?

Même si on a mené des vies très différentes,

ta mère et moi,

je l'ai vraiment aimée.

Le service a démontré sans aucun doute

sa supériorité face à l'intelligence artificielle.

On reparlera une autre fois

du logiciel diagnostic.

Je peux ?

Que faites-vous ?

Je tape l'indice qu'il lui faut.

Syndrome du canal...

carpien.

Et voilà.

"Le diagnostic le plus probable est l'amylose héréditaire."

L'IA est un instrument très utile.

Elle trouve les réponses si vite.

Mais seul un médecin, un être humain

peut poser les bonnes questions.

Bien. Merci.

Au revoir.

Crème.

Pour les parasols.

Dans les tons clairs, en tout cas.

Agnese, je t'écoute.

Je sais comment arrêter Andrea. Mais après, c'est fini.

Je changerai les codes

pour la base de données.

Tu en as assez abusé.

Et tu nous laisseras tranquilles. Compris ?

Très bien. Tu as ma parole.

Salut, Andrea.

Ca va ?

T'as vu ce que j'ai obtenu de Marabini ?

C'est super.

Tout va bien ?

Que s'est-il passé ?

- Je dois te parler. - Dis-moi.

A New York...

c'est pas vrai qu'on était déjà séparés.

Quand j'ai commencé le traitement.

Tu es reparti plus tôt que prévu.

Oui.

Car tu avais découvert...

ma relation avec Bramante.

- C'est pas vrai. - Je suis désolée.

Agnese, ce n'est pas drôle.

J'aurais dû te le dire avant.

Je n'ai pas réussi.

Alors, c'est pour ça ?

C'est pour ça que notre mariage n'a pas tenu ?

C'est pas la mort de Mattia.

Pardonne-moi.

Tu m'as menti pendant tout ce temps.

Depuis mon amnésie, tout est faux ?

Tu te fous de moi ?

Tu m'as fait souffrir

en me laissant croire que c'était ma faute.

- Alors qu'en fait... - Désolée.

J'espère que ça valait le coup.

...

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