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LE GO�T DU RIZ AU TH� VERT
Sc�nario : Kogo NODA Yasujiro OZU
Production : Takeshi YAMAMOTO Cam�ra : Yuharu ATSUTA
D�cors : Tatsuo HAMADA Son : Yoshisaburo SENOO
Lumi�re : Itsuo TAKASHITA �talonnage : Ryuji HAYASHI
Montage : Yoshiyasu HAMAMURA Musique : Ichiro SAITO
Avec
Le mari : Chin SABURI
Sa femme, Taeko : Michiyo KOGURE
Nonchan, le prot�g� du mari : Koji TSURUTA
Le patron du pachinko : Chishu RYU
Aya, l'amie de Taeko : Chikage AWAJIMA
Setsuko, la ni�ce : Keiko TSUJIMA
Sa m�re, s�ur de Taeko : Kuniko MIYAKE
Son grand-p�re, p�re de Taeko : Eijiro YANAGI
Nishinomiya : Hisao TOAKE
Patronne du pachinko : Yuko MOCHIZUKI
Fumi, la domestique : Yoko KOSONO
L'h�tesse de Ginza : Matsuko SHIGA
R�alisation : Yasujiro OZU
Qui donc joue dans ce film ?
Jean Marais. Il para�t qu'il est excellent.
Tante Taeko, tu viens ?
- Pas aujourd'hui. - Viens donc ! Pourquoi pas ?
Non, vas-y toute seule.
Tiens, Nonchan !
O� peut-il bien aller ? De ce pas tranquille...
Tu connais la comptine.
"Nonchan est dans les nuages."
� Nishi Ginza. Au P.X., vous tournerez � droite.
Tu viens avec moi voir Aya ?
Juste un peu.
On a re�u cette facture...
R�glez-la.
Et puis... Mme Satake est l�.
Avec sa ni�ce Setsuko.
Je prends �a, s'il vous pla�t.
- �a va, Setsuko ? - Merci.
- Qu'as-tu fait apr�s ? - Quand �a ?
Apr�s le d�jeuner au Club Shimbashi.
Ce jour-l� ?
Je suis all�e me promener avec Setsuko
et nous sommes entr�es au Th��tre Kabuki.
Ah ? �a t'a plu ?
Ce fut une d�couverte car nous �tions tout en haut.
Comme si on regardait au fond d'un puits.
Les acteurs �taient minuscules, mais c'�tait bien.
Tant mieux.
Au fait, tu y es all�e ?
O� �a ?
Tu sais bien ! Clic-clac ! Badaboum.
- Au pachinko ? - T'as jou� ?
- Non. - Tu devrais ! C'est tr�s amusant !
- Tu n'y penses pas ! - �a a l'air excitant !
Emmenez-moi !
Pas question ! Je t'interdis d'y jouer !
Tante rabat-joie !
� cet �ge, tout devient excitant !
S�r ! C'est le meilleur �ge de la vie !
Comment �a ?
Une fois mari�e, c'est dur la vie !
Pourquoi ?
Un mari, c'est terrifiant. �a r�le tout le temps.
Plus possible de s'amuser tranquillement.
C'est vrai ?
Bien s�r, c'est tr�s exigeant.
Je me trompe ? Setsuko, du caf� ?
Non merci.
Tante Taeko, je dois y aller.
Amuse-toi bien !
- Tu vas quelque part ? - Oui...
O� �a ?
- Au Picadilly. - Ah, Jean Marais ?
Tu aimes ce type d'homme ? Qu'aimes-tu chez lui ?
Que pr�f�res-tu dans son visage, le haut ou le bas ?
J'y vais ! Au revoir !
Passe me voir en sortant. Je t'attends.
Sans faute !
Quel beau temps !
- Un temps � escapade ! - O� �a ?
Une source thermale ?
En y passant la nuit ?
Au printemps, c'est tellement agr�able...
On y va ?
- Tout de suite ? - Tu ne peux pas ?
- C'est pas �a, mais... - Ton mari ?
- T'as pas une id�e ? - Une id�e ?
- Une excuse. - Un d�ner pour notre prof.
J'ai d�j� dit �a la derni�re fois.
Alors... Setsuko est tomb�e malade !
Comment �a ?
Setsuko est all�e � une r�union de camarades de classe,
et l�-bas, elle est tomb�e malade.
Impossible, �a ne marchera pas !
Mais si ! Setsuko doit passer ici au retour.
Je lui expliquerai.
Alors, tu la bloques ici ?
Oui, comme si elle �tait all�e dans une station thermale.
Vraiment ? Tu es dr�lement fut�e, toi !
Merci, mais n'exag�rons rien !
Je vais pr�venir mon mari.
Quelle source thermale ? Hakone ?
Shuzenji, plut�t.
Bonne id�e, Shuzenji !
All�, la Soci�t� commerciale Toa ?
M. Satake du Service des Machines est-il l� ?
Merci.
Quel train prend-on ?
En taxi, m�me en passant chez toi, on peut prendre celui de 16h15.
Oui, all�... oui...
c'est cela... ah vraiment ? Comment ?
Non, �a ne fait rien... je vous remercie.
- Qu'y a-t-il ? - Il n'est pas l�.
Il vient de sortir avec un visiteur.
O� peut-il �tre all� ?
Bienvenue !
Tu as attendu ?
Seulement 30 min. Votre journ�e est finie ?
Pour moi aussi, une bi�re.
Alors, l'examen ?
La th�orie financi�re de Dulles.
C'�tait pr�visible.
�a a march� ?
Comme ci, comme �a.
C.P.S. �a vous dit quelque chose ?
Consumer Price Survey,
l'Enqu�te sur les Prix � la Consommation, non ?
C'est �a, chapeau !
T'as laiss� en blanc ?
�a va aller ?
Je crois que oui.
Alors, trinquons !
J'esp�re que �a va aller...
Je ne peux pas t'aider.
�a va aller ! Hein, �a va aller ?
Qui sait ? Ce n'est pas l'examen pour entrer chez nous.
Quel enthousiasme !
Si tu r�ussis, pr�viens bien ta m�re aussit�t !
Quel �ge a-t-elle maintenant ?
63 ans.
D�j� ! Comme le temps passe !
Quand j'�tais au coll�ge avec ton fr�re a�n�,
j'allais souvent chez vous.
Depuis qu'il est mort � la guerre, maman a beaucoup vieilli.
Tu as un beau costume.
Achet� d'occasion.
- Pas de punaises dedans ? - Vous plaisantez !
Sais-tu comment on dit "punaises" en anglais ?
Voyons... "Peanuts", non ?
Non, �a c'est "cacahu�tes".
Ah oui ? Ah, c'est vrai !
Bon, je ne serai peut-�tre plus ton garant bient�t ?
C'est vrai.
Je suis s�r de r�ussir !
Ce sera formidable !
- Le plus beau moment de ta vie ! - C'est vrai !
C'est le mois de mai et je suis jeune.
Monsieur est rentr�.
Ah bon ?
Bonsoir.
Bonsoir.
Il est bien tard. Tu �tais avec un client ?
Je t'ai t�l�phon�.
Que voulais-tu me dire ?
Tu as faim ?
J'ai d�n� dehors.
Tu aurais eu une daurade au sel d�licieuse.
Qu'as-tu mang� ?
Bah... j'allais sortir avec un client quand Nonchan est venu me voir.
Ah ? Tu veux prendre un bain ?
Tu veux bien y aller maintenant ? En fait, j'attendais...
Tu pouvais y aller avant moi !
Dis...
tu sais...
Aujourd'hui...
Oui ?
Aujourd'hui, je suis all�e voir Aya.
Et alors... le savais-tu ?
Quoi ?
Il para�t que Setsuko est � Shuzenji...
Non, je ne savais pas.
Tu vois ! Moi, non plus !
Personne n'a t�l�phon� ?
Non, personne.
Et alors, elle est donc all�e � une r�union d'anciennes �l�ves.
Et soudain, elle a eu mal au ventre.
- Qui �a ? - Setsuko !
Setsuko ?
Elle souffre beaucoup. Il para�t que �a fait tr�s mal.
- O� �a ? - Au ventre !
Une appendicite, peut-�tre ?
Une appendicite ! Mais c'est terrible ! Va-t-elle s'en sortir ?
Mais oui, si c'est pris � temps !
Quand m�me, je suis inqui�te !
Peut-on la laisser comme �a ?
Elle doit se sentir bien seule !
Elle m'aime beaucoup,
et elle a envie de me voir, la pauvre !
Tu devrais y aller !
Tu crois ?
Je peux te laisser seul ?
Mais oui. Pars sans tarder.
Non, non ! Demain, �a suffira !
Bon, j'irai demain. Qu'est-ce qu'elle sera contente !
Mlle Setsuko vient d'arriver.
Bonsoir !
Mais Setsuko, que se passe-t-il ?
J'ai rat� mon train. Tu m'h�berges ?
- Bonsoir ! - Bonsoir !
Comment as-tu fait ? Quelle chance !
J'�tais tr�s inqui�te.
- Tu n'�tais pas � Shuzenji ? - Qui �a ?
Toi ! �a va mieux, ton ventre ?
Mon ventre ?
Tu es gu�rie ? Tu n'as plus mal ?
Tu as d� avoir tr�s mal. J'�tais dr�lement inqui�te.
Quelle histoire !
De qui parles-tu, ma tante ?
De toi ! De toi, voyons !
C'est bizarre ! De qui d'autre s'agissait-il donc ?
Que dis-tu ? On s'est vues tout � l'heure, non ?
- Esp�ce d'imb�cile ! - Quoi ?
Quelle id�e de venir maintenant !
Pourquoi ?
Tu n'es donc pas pass�e chez Aya ?
Tu avais pourtant promis !
Imb�cile !
Aya ? Setsuko vient d'arriver chez moi !
Oui, bien s�r.
Je ne savais o� me mettre !
Oui.
Alors qui sera la malade ?
Qui est-ce qui est malade ?
Va-t'en � c�t� ! Ne m'emb�te pas !
Non, ce n'est pas � toi que je parlais.
Quoi ? Qui ?
Takako ? Quelle bonne id�e ! Takako !
Avec elle, pas de probl�me !
Quoi ?
La ligne est occup�e !
Quel beau temps !
Qu'est-ce qu'on est bien !
Toi, tiens-toi tranquille ! Tu as une appendicite !
C'est vrai ! J'avais oubli� !
Tu ne dois pas manger !
Tiens, Setsuko !
- C'est d�licieux. - C'est vrai !
Tu en veux ?
Tu ne dois pas trop boire ! Ton appendicite !
Arr�te de dire �a ! Je commence � avoir mal par l�.
C'est vrai ?
C'est vrai, �a me tiraille.
Excellent ! C'est ce que nous voulions, non ?
Exactement ! Tout marche comme pr�vu !
Je suis rassur�e !
Un peu plus mal ?
A�e, j'ai mal !
Et ton mari, il n'a rien soup�onn� ?
C'�tait limite cette fois.
J'aimerais mieux qu'il soit un peu plus vif...
mais c'est pratique parfois.
Il est bien commode !
Je le trouve un peu endormi.
C'est vrai, il est engourdi. C'est Monsieur l'Engourdi.
- M. L'Engourdi ? - Bien dit !
Une coupe, Setsuko ? Ne le r�p�te pas � ton oncle !
Attention !
Bien s�r !
Mais j'ai eu de la chance d'avoir �vit� l'appendicite !
C'est s�r ! Mais la prochaine fois, c'est ton tour !
Oui. Ah bon ? Attendez un instant !
Tokyo � l'appareil.
Qui est � l'appareil ? C'est toi, Fumi ?
Monsieur est rentr� ? Tu peux l'appeler ?
Il est l�, M. L'Engourdi.
C'est toi ? C'est moi.
Je suis arriv�e � 5h � Shuzenji.
Takako a bien une appendicite.
Oui.
Elle a beaucoup souffert mais maintenant elle dort paisiblement.
Comment ?
Non, il semble qu'on va pouvoir �viter l'op�ration.
Oui. Je pense pouvoir rentrer demain.
Peut-�tre un peu tard...
Entendu. Bonne nuit. Au revoir.
- On reprend du sak� ! - Bien chaud !
All� ?
Du sak�, s'il vous pla�t !
Quoi, c'est toi ! Tu �tais encore en ligne ?
Bonne nuit ! Dors bien !
La communication est termin�e.
Apportez-nous du sak�. Bien chaud !
Tu t'es bien d�brouill�e !
On sent que tu as l'habitude !
Setsuko, tu ne dis rien ! Tu te tais !
�a te dit ? On va en avoir du bien chaud.
Et si on chantait ?
Quoi ?
C'�tait le temps
des violettes...
Dire qu'on s�chait les cours pour aller voir ce spectacle !
Qu'est-ce qu'on l'aimait !
Nous nous sommes vus
pour la premi�re fois.
La nuit comme le jour
je ne pensais qu'� toi,
le c�ur plein d'amour
et de tourments...
C'�tait le temps
des violettes...
Qu'as-tu donc, Setsuko ?
�a ne va pas, Setsuko ?
Je me sens toute barbouill�e.
�a va aller ?
Qu'as-tu donc ?
Monsieur, je pr�pare votre lit ?
Tu peux aller dormir. Madame ne rentre que demain.
Fumi, comment s'est pass� l'examen pour ton fr�re ?
Il para�t qu'il a r�ussi...
Ah bon ? Tant mieux !
O� va-t-il aller ?
� Sendai, para�t-il.
Tes parents doivent �tre ennuy�s de le voir partir.
Mais il y a encore l'a�n� de mes fr�res.
Que fait-il ?
Il est instituteur.
�a, c'est bien pour tes parents.
L'important, c'est que vous soyez tous en bonne sant�.
Je vous remercie.
Je vous pr�pare un th� l�ger ?
Non merci. Va vite te coucher.
Bonne nuit, Monsieur.
Bonne nuit.
J'aurais bien voulu voir ce match ! 4 tours complets !
J'adore ces tours qui chamboulent tout.
Comment �a va, Setsuko ?
J'ai encore un peu mal � la t�te.
Normal ! Tu n'aurais pas d� boire avec tant d'entrain !
Il ne fallait pas l'inciter � boire comme �a !
Tu ne dois plus boire d'alcool d�sormais !
�a te va bien de dire �a ! Tante indigne !
Oh l� l� ! Il y en a beaucoup !
Venez ! Venez ! Venez voir !
- Quoi ? - Regardez ! Regardez !
Quoi ?
- Qu'y a-t-il ? - Ce carassin-l� !
Quoi ?
Celui-l� ! Le noir ! Il lui ressemble, non ?
Tu ne trouves pas ? Grandet et nonchalant...
Tu n'as pas honte ?
- Quand m�me, il a quelque chose ! - Pas du tout, hein ?
N'essaie pas de te rattraper !
Celui-l� ? C'est bien �a ? C'est lui tout crach� !
Qui �a ? Oncle Mokichi ?
Pas de nom propre !
M. L'Engourdi, bonjour !
M. L'Engourdi, avale-moi �a !
Un autre l'a attrap� !
Mange ! Mange !
Encore doubl� !
Quel engourdi ! Il m'�nerve !
Mon oncle n'a rien pu avaler, le pauvre !
�coute ! M�me si tu meurs de faim, ce n'est pas de ma faute !
Mon ch�ri, tu as oubli� ta sacoche ! Tu ne la prends pas ?
Setsuko, apporte la sacoche de Monsieur.
Fumi, la sacoche de mon oncle !
�a ne va pas ! Ta cravate est de travers !
Passe donc chez le coiffeur ce soir !
�a suffit !
Je ne risque rien... il n'y a pas de carassin chauve.
�a y est ! Mon oncle a enfin mang� !
Oh, celui-l� ! Le bleut�... long et maigre.
C'est lui, mon mari, non ?
Ma foi oui, en effet.
Bonjour, mon cher petit.
Tu vas attraper froid � nager comme tu le fais !
O� est-il ton mari, en ce moment ?
Il est retourn� � Paris, apr�s son s�jour � Lyon.
Ce serait bien si mon mari partait...
tr�s loin.
Tr�s loin, o� ?
Peu importe.
Pourvu qu'il soit hors de vue.
C'est reparti, Taeko et son hyst�rie ! Quelle girouette !
Quel beau temps !
Si on restait ce soir ?
Moi, �a va. Jusqu'� mardi.
- Qu'y a-t-il mardi ? - Du base-ball, au Korakuen.
Taeko, �a te dit ? Dis !
D�fense gauche, Miyake, dossard n� 27,
D�fense centre, Betto, dossard n� 25
Regarde ! Ton mari est l�.
Tiens ! C'est vrai !
Il ne m'avait pas dit qu'il irait voir le match aujourd'hui.
Il est seul ?
Il semblerait... mais c'est bizarre.
Quoi ?
Il n'aime pas particuli�rement le base-ball.
Il a sorti une cigarette.
Il cherche des allumettes.
La voil� !
- Qui ? - Je ne sais pas.
Une geisha ?
- De Shimbashi ? - Elle n'en a pas l'air.
D'Akasaka ?
- Non, plut�t de Nishi-Ginza. - Une h�tesse de bar ?
Oui, mon mari fr�quente r�guli�rement un certain bar.
Elle est jolie, non ?
Tu es bien p�le, tout � coup !
- Menteuse ! - La jalousie te monte au nez !
Tu parles !
Ils ont l'air de bien s'entendre !
- Tu n'es pas f�ch�e ? - Pas du tout.
Quel h�ro�sme !
Il est pi�g� ! Il devra me faire un cadeau !
Fais-toi acheter le kimono de l'autre jour.
Il est l�, tranquillement,
mais �a va lui revenir cher !
Tant pis pour lui !
On ne se cache jamais assez ! Le pauvre !
Un message � l'attention de Mme SATAKE Taeko.
Mme SATAKE Taeko est pri�e de rentrer d'urgence chez elle.
- Que peut-il y avoir ? - Oui, quoi ?
Je me demande bien...
Mme SATAKE Taeko doit rentrer d'urgence chez elle.
Bonsoir Madame.
C'est quoi, cette urgence ?
Mlle Setsuko est venue vous voir.
Vous m'appelez pour �a ?
C'est elle qui vous a fait appeler.
Bonsoir, ma tante.
- Que se passe-t-il ? - Eh bien...
Explique-toi ! Je suis en sueur ! L'annonce �tait tonitruante.
Fumi, apporte-nous une boisson fra�che.
- Merci pour l'autre jour. - Quand ?
� Shuzenji.
C'est quoi, cette urgence ?
- Tu es au courant ? - De quoi ?
Maman veut me faire rencontrer un fianc�.
Pour un mariage arrang� ? Rencontre-le donc !
Non, je ne veux pas ! Je ne veux pas d'un mariage arrang�.
Une simple rencontre ! Vas-y ! Ne te d�robes pas !
Tu approuves la chose ?
Bien s�r !
Non ! C'est me prendre pour une idiote !
Je n'en veux pas !
Mais tu ne peux continuer � t'amuser �ternellement !
Tu sais quel �ge tu as ?
21 ans r�volus.
Je ne me marierai pas avant longtemps.
Et pas de mariage arrang� !
Tu d�lires !
J'ai raison, non ? Toi-m�me, d'ailleurs...
Quoi ?
Tu es heureuse ?
Oui, je le suis.
Mensonge ! Tu n'es pas heureuse !
�a se voit !
J'ai pos� la question � maman.
Ton mariage �tait arrang�.
Et alors ?
Mon oncle et toi ne vous entendez pas.
- Comment �a ? - Sur rien.
On s'entend bien !
Pas du tout !
Pourquoi es-tu all�e � Shuzenji en lui mentant ?
Parce que j'en avais envie ! Tu es venue, non ?
Alors, pourquoi ne pas lui dire la v�rit� ?
Tu ne peux pas comprendre, tu n'es qu'une enfant !
Alors, je d�teste les adultes !
Donner � ce carassin tout noir et nonchalant
le nom de mon oncle ! Pauvre oncle, je le plains !
Ne t'occupe pas de �a ! Je ne t'emm�nerai plus !
�a m'est �gal ! En tout cas, si je me marie,
jamais je ne dirai du mal de mon mari.
J'�pouserai un homme que je respecte.
Je chercherai toute seule ! Je d�teste ces rencontres arrang�es !
Tu n'es vraiment pas facile !
Tu finiras bien par comprendre !
Aucune envie de comprendre.
Je n'appellerai jamais mon mari M. L'Engourdi.
Le pr�sident vous demande.
Moi ?
Bonjour, P�re. Heureux de vous voir.
Que puis-je ?
Votre beau-p�re est dans nos murs. Asseyez-vous !
J'avais � parler � ton pr�sident.
Tu as l'air tr�s occup�.
Mais non.
Comment vont les affaires ?
Je pense que, jusqu'� l'automne,
la conjoncture actuelle va se poursuivre.
Vraiment ?
- M. Satake, on vous demande. - Moi ?
Bon, veuillez m'excuser.
�coute.
Dis � Taeko de venir nous voir � Oiso.
Entendu. Excusez-moi.
J'ai l'intention d'envoyer Satake en poste � l'�tranger.
Qu'y a-t-il ?
Je suis re�u.
Vraiment ? F�licitations ! C'est chic !
Vous restez mon garant ?
Si tu veux.
- Vous �tes libre ce soir ? - Pourquoi ?
- Pour f�ter mon 1er boulot. - Ma tourn�e ?
- Non, c'est moi qui invite. - Oh l� l� !
Laissez-moi faire !
Qu'as-tu en t�te ?
Un bistrot o� le porc pan� est d�licieux,
avec des portions grosses comme �a, et pas cher !
Tu peux revenir vers 5h ?
Entendu. J'attendrai dehors.
La Maison des Calories
Il �tait plut�t bon ce porc pan�, non ?
Tr�s bon... et copieux !
Le porc en omelette aussi est fameux.
- Ah oui ? - Vous en voulez ?
Non, je suis gav�.
Alors, on va chez moi ?
Tu gagnes dr�lement !
Faut appuyer sans trop de force.
Vous ne voulez pas venir chez moi ?
Pas aujourd'hui.
Vous craignez votre femme ?
Non, ce n'est pas �a...
J'ai r�ussi.
Ah bon ?
�a ne sort pas.
Rien du tout ?
Hol� ! Le 18 est bloqu� !
Ne tapez pas comme �a !
Il est bloqu�.
�a ne sert � rien de taper dessus.
Quel trou ?
Celui-ci.
C'est vous, mon caporal ?
C'est toi !
C'est donc bien vous ! Bonjour !
�a fait un bout de temps.
Je vous en prie, entrez.
Qui est-ce ?
Un pote de guerre, de ma section.
Ah bon ?
Je vous en prie, entrez.
Vous aussi.
Entrez, je vous en prie.
Viens ! On a des invit�s !
�a fait vraiment un bout de temps !
Vous l'avez dit !
Vous n'avez pas du tout chang� !
Toi non plus ! Rien ne vaut la sant� !
Merci mais j'ai quand m�me vieilli.
Ma femme.
C'�tait mon chef.
- Enchant�e. - De m�me.
L'autre jour, j'ai rencontr� Takahashi par hasard.
Ah ? Moi-m�me j'ai rencontr� Fujita � Ginza.
Fujita est donc � Tokyo, lui aussi ?
Il r�pare des autos du c�t� de Mikawajima.
Vraiment ?
Allez, buvons !
Quelle surprise de te revoir !
Bien vrai !
J'ai pris ce pachinko il y a un an et demi.
Si vous n'aviez pas secou� la machine, on ne se serait pas retrouv�s.
Excusez-moi.
Mais non, au contraire.
Je suis ravi ! Vraiment ravi !
Comment vont les affaires ? Plut�t bien, non ?
Pas trop mal.
Mais je pense que �a ne saurait durer.
Ce commerce n'est pas moral.
Mais c'est une bonne distraction.
Vraiment ? Vous y jouez quelquefois ?
Non, c'est la premi�re fois aujourd'hui.
Et vous ?
De temps en temps.
En effet, je vous ai d�j� vu.
Effectivement.
Ce n'est pas bien, vraiment pas bien.
Malsain que le pachinko soit � la mode.
Je le regrette.
Allez !
Mais �a va continuer, c'est distrayant.
Vraiment ? C'est malsain qu'un tel jeu soit distrayant.
Ce n'est pas �a qui va rendre le monde meilleur.
Tu crois ?
C'est mauvais.
En tous cas, c'�tait le bon temps, � Singapour.
Mais on ne veut plus de guerre. �a suffit !
C'est s�r ! Plus de guerre ! Ras le bol !
Je me demande ce que c'est devenu, North Bridge.
Oui, je me demande...
C'�tait si beau, ces palmeraies.
Le ciel �tait si pur,
les �toiles si brillantes, la nuit.
C'est vrai !
Ma pr�f�r�e, la Croix du Sud...
qu'elle �tait belle !
C'�tait le bon temps !
Il avait voulu
charger en premi�re ligne...
il en est mort,
mon compagnon d'armes.
Je tiens l'urne fun�raire
serr�e sur ma poitrine...
Singapour au petit matin...
Ami, regarde donc
l'oc�an apais�,
le d�troit de Malacca,
et sa Croix du Sud...
Jour apr�s jour,
tout en combattant l'ennemi...
nous l'avons contempl�
ensemble, cette �toile...
Grand-p�re, Tante Taeko vient d'arriver.
Ah oui ?
Viens ! Viens vite !
J'arrive !
Vite ! Vite !
- Je lui ai dit. - Merci.
Qui est le candidat-fianc� ?
Son p�re a �t� secr�taire d'ambassade en Su�de.
Et lui, tu l'as rencontr� ?
Pas encore,
mais mon mari le conna�t. Ils sont de la m�me universit�, Keio.
Bonjour papa.
Bienvenue !
Je viens de lui demander, pour Setsuko.
Vas-y avec elles... au Togeki, non ?
Non, au Th��tre Kabuki.
Au fait,
je t'ai post� ton mandat, comme d'habitude.
Merci.
Ne gaspille pas l'argent.
C'est dur pour Mokichi.
Je ne suis pas une gaspilleuse.
Dans ce cas, rien � dire.
Dis, Taeko... dimanche prochain, �a irait ?
Moi, �a va,
mais Setsuko est-elle d'accord, pour cette rencontre ?
Hier soir... Enfin !
Ton mari est intervenu ?
Au d�but, elle ne voulait rien entendre,
mais il s'est f�ch�.
�tonnant qu'elle ait accept�.
En ren�clant.
Comme moi autrefois.
Mais c'est papa qui m'avait forc�e.
M�me que tu as pleur� !
Ah oui ? Setsuko aussi a pleur� ?
Elle a disparu dans sa chambre.
Et ce matin, elle est partie je ne sais o�. Quel num�ro !
Les temps ont bien chang� !
Tu l'as dit ! Elle lit des tas de traductions.
J'en ai lu une, l'autre jour. J'ai �t� stup�faite.
C'est terrible, les livres aujourd'hui !
S�ur a�n�e, as-tu trouv� Setsuko ?
Introuvable.
Aux toilettes ?
Non plus. J'ai cherch� partout.
O� peut-elle �tre ?
� la buvette ?
Peut-�tre.
Allons voir.
Je ne vous causerai pas de soucis.
- N'h�site pas... - Certainement pas.
Vous ne voulez pas sortir ?
Il fait beau, on se sent bien. Allons-y.
Tu y vas souvent ?
Oui, c'est passionnant.
On croit qu'on a perdu
et soudain, notre champion remonte son handicap. Quel pied !
Quand on parie, c'est vraiment palpitant. Venez !
Je me laisse faire ?
Allons-y !
C'est super, passionnant, incomparable.
Le pachinko, c'est rien � c�t� !
Mais le pachinko peut aussi devenir un vice.
Vraiment ?
Eh bien oui... on est dans une foule,
on entre dans l'oubli de soi,
on s'isole tr�s facilement
pour se retrouver seul avec la bille.
On oublie tous les probl�mes du monde.
La bille c'est moi, je suis la bille.
La solitude � l'�tat pur.
C'est �a, le charme du pachinko,
un sentiment de solitude heureuse.
Vraiment ? Les courses de bicyclettes, c'est encore mieux !
La bille du pachinko est sur la bicyclette.
Et les spectateurs, c'est passionnant.
L'humanit� en miniature.
Fumi !
Quand es-tu arriv�e ?
� l'instant.
- Oui, Monsieur ? - Je sors.
Setsuko, c'est aujourd'hui, non ? La rencontre arrang�e.
Je me suis �chapp�e, disant que j'allais aux toilettes.
Tu t'es �chapp�e ?
Ta m�re et ta tante doivent te chercher.
�a ne fait rien.
Tu as tort, ce n'est pas bien.
Je hais ces rencontres arrang�es. C'est barbare.
Barbare ou pas, tu dois y aller. Retournes-y !
Non !
Elles te cherchent.
Viens !
Tu dois y retourner !
Allez, viens !
Il le faut !
Bonjour.
On sort ?
Viens, on te d�pose.
- O� va-t-elle ? - Au Th��tre Kabuki.
Formidable !
Allons-y ! Viens ! On y va !
Que fait le pr�tendant de votre ni�ce ?
Je ne sais pas.
Je ne l'ai pas rencontr�.
Elle doit �tre g�n�e.
Les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas timides.
Et vous ?
J'�tais un peu intimid�.
Moi aussi, je le serais s�rement.
Oncle Mokichi !
Vous voil� enfin !
Que fais-tu l� ?
Et voil� !
Tu n'aurais pas d� ! Je ne sais rien !
Bien s�r !
- Il ne fallait pas ! - T'inqui�te pas !
Le d�part !
C'est chouette ! Vous avez mis� sur qui ?
Le rouge et le noir.
Le rouge est nul...
Il remonte ! Super !
Setsuko, rentre chez toi.
Pas encore.
Tu as vu ?
�a suffit. Rentre !
Pas encore !
J'arrive enfin � me d�brouiller !
�a marche ?
Couci-cou�a...
Prenez le n� 4.
Essayez le n� 4, il marche bien.
Setsuko, tu dois vraiment rentrer !
Encore un peu !
Je ne sais rien. Je rentre.
Je t'en prie !
Tu es terrible ! Je rentre pour de vrai. OK ?
Tu as vu ?
Je vais rentrer.
Vraiment ?
Pourras-tu l'accompagner � la gare ?
Entendu.
Au revoir.
Vous partez ?
Je me l�ve t�t demain. Au revoir.
Ne reste pas trop tard.
Oui, au revoir.
Tu es venue de ton propre chef.
Ne dis pas que j'�tais avec toi.
Entendu.
S�r ?
Le n� 16 est bloqu� !
C'est chaud !
C'est comme �a que c'est bon.
Pourquoi avez-vous fui cette rencontre ?
Je d�teste �a. C'est f�odal.
Mais �a n'engage � rien. C'est juste pour voir.
C'est d�j� trop.
Vraiment ?
Mais il �tait peut-�tre bien ?
Peu importe !
Vraiment ?
Un mariage arrang� n'est pas forc�ment mauvais.
Comment �a ?
�a d�pend du partenaire.
Mais il n'y a pas d'amour...
L'amour vient plus tard.
Moi, j'irais voir
puis, �ventuellement, je tomberais amoureux.
Trop simple !
Et alors ? Je suis pour le simplisme.
Pas d'accord ! On n'est pas des animaux !
Vous compliquez les choses � loisir !
Vu de haut, tous se ressemblent.
C'est bon, non ?
Tr�s bon.
Le plus important, c'est le bouillon.
Bon et bon march�, c'est �a le d�fi.
Il y a plein d'endroits bons et bon march�.
Je vous emm�nerai ailleurs la prochaine fois.
D'accord.
Votre tante ne sera pas f�ch�e ?
Peu importe.
- Vous en voulez plus ? - Non merci.
Un autre ! Et plein de bouillon !
Setsuko est venue, para�t-il ?
Vers quelle heure ?
Une heure environ apr�s ton d�part.
Je l'ai d�pos�e au Th��tre Kabuki.
Elle a disparu. On l'a cherch�e partout.
Je me demande pour qui elle se prend.
C'�tait quand m�me organis�.
C'est tout � fait impoli... grossier !
Par trop d�sinvolte !
Tu es d'accord, non ? C'est insens� !
C'est mal.
Ses parents ne lui refusent rien.
Elle n'en fait qu'� sa guise.
Il faut la gronder, ne pas la g�ter !
Dis, gendarme-toi
une bonne fois !
Entendu.
C'est vrai, f�che-toi vraiment.
D'accord.
Je n'ai jamais �t� aussi embarrass�e qu'aujourd'hui.
Elle est impossible.
Tu l'as dit ! Vraiment !
Oncle Mokichi.
Quoi, c'est toi ? Que fais-tu ici ?
Tu n'es pas rentr�e ?
Maman m'aurait pass� un savon !
Ta tante n'est pas de reste !
C'est moins grave.
Maman est bien plus casse-pieds.
Ma tante est all�e se coucher ?
Elle ne dort pas encore.
Ne lui dis pas que je suis venue.
Tante Taeko ! Bonsoir.
Qu'as-tu fait aujourd'hui ?
Excuse-moi.
Je ne te parle plus !
Gronde-la, toi, comme il faut !
F�che-toi !
Setsuko, assieds-toi.
Assieds-toi donc !
Tu t'es mal comport�e.
M�me pour une simple rencontre, tu devais y �tre.
C'�tait tr�s impoli,
insens�, trop d�sinvolte.
Vraiment !
Tu dois �tre plus attentive aux autres.
Penses-y, c'est le moment ou jamais.
Tu n'es plus une enfant.
�coute bien ce qu'il te dit !
�coute, on se fait tous du souci pour toi.
Et toi, tu n'en fais qu'� ta guise !
Oncle Mokichi, tu n'as pas honte ?
Je t'avais pr�venue.
Tu veux avoir une m�daille ?
Ne t'inqui�te pas.
Regarde tout ce que j'ai gagn�.
Nonchan en a eu l'autre moiti�.
Il me reste encore des billes.
J'y retournerai.
Il ne faut surtout pas appuyer trop fort.
On fait comme �a...
et on lance doucement la bille.
Dis donc !
Tu �tais donc avec Setsuko aujourd'hui !
Pourquoi as-tu menti ? Pourquoi ?
Ben, je n'ai pas...
Pas quoi ?
Je n'ai pas menti.
Alors, c'est quoi ?
Simplement... je n'ai rien dit.
C'est pareil, non ?
Tu savais bien qu'il y avait cette rencontre !
Je l'ai m�me d�pos�e au th��tre.
Elle n'y est pas venue !
C'est vrai, ma tante, il m'y a d�pos�e.
Pourquoi n'es-tu pas entr�e ?
O� es-tu all�e ?
Inutile d'insister.
J'insiste ! Pourquoi pas ?
On n'y peut rien si elle ne veut pas.
Pourquoi on n'y peut rien ?
C'est comme �a.
Comment �a ? On ne peut rien � quoi ?
Si on la force � se marier malgr� elle,
�a ne donnera rien d'autre qu'un couple comme le n�tre.
Ah bon ? J'ai compris.
Tr�s bien compris.
�a va, mon oncle ?
C'est tant pis !
On n'y peut rien.
C'�tait quand ?
Il y a 10 jours.
Tu ne lui parles plus depuis ?
Et lui, que fait-il ?
On dirait qu'il voudrait parler.
Avant-hier soir, j'�tais couch�e quand il est rentr� �m�ch�.
Il a frapp� � ma porte mais j'ai fait la morte.
Il a pourtant insist�.
Tu es dr�lement sto�que ! Moi, je ne tiens pas 2 jours !
Mais non, je n'ai aucune envie de lui parler.
Tu exag�res ! Tu lui mens bien, toi aussi !
Un couple peut-il exister sans mensonges ?
On se ment tous un peu.
Tu crois ? Mais pas comme lui.
Certains couples ne se mentent pas.
Inimaginable ! Ou alors, c'est qu'ils sont blas�s !
C'est compliqu� de mentir !
Tu es plut�t vernie !
Tu parles ! On est loin du compte !
Tu as toujours �t� g�t�e... tu exiges trop !
Comment �a ?
D�j�, � l'�cole...
tu s�chais les cours pour un rien,
une coiffure mal faite ou une jupe trop courte.
C'�tait autrefois.
Tu n'as pas chang�.
Tout doit �tre conforme � tes d�sirs.
Jupe ou mari, c'est pareil. �a doit �tre conforme !
�a va ? Votre mari va bien ?
Quoi ?
Besoin d'argent.
Combien ?
Cinq mille.
�a vous va bien d'�tre heureuse.
Attends !
Un instant !
Ces billets...
Quoi, �a ?
Rentre � la maison... sagement !
Il est bien, ton mari.
Pas tant que �a !
Vraiment ?
Le tien aussi est bien. Mais tu es trop g�t�e.
S�rement pas !
Mais si ! Tu as beau te plaindre,
en fait, tu l'aimes, ton mari !
Je ne l'aime pas !
Tu l'aimes !
Sinon, tu aurais divorc� depuis longtemps !
Tu ne comprends pas.
Quoi ?
Ce que je ressens.
Je te connais !
Pas du tout ! Je m'en vais !
Reste encore un peu, dis !
Qu'y a-t-il ?
Monsieur vous attend pour d�ner.
J'arrive.
Madame arrive.
Apporte le riz, j'ai faim.
Bonsoir. Je me suis servi.
Tu ne manges pas ?
Dis donc !
Quoi ?
Cesse de manger ton riz comme �a !
J'avais oubli� !
Tu manges toujours comme �a ?
Fumi, dis-moi...
Monsieur lape-t-il toujours son riz comme un chien ?
Dis-lui que oui.
Quand tu n'es pas l�, �a m'arrive.
Je t'ai dit que �a me d�plaisait.
Je sais.
J'avais oubli�.
Ne recommence pas !
Entendu.
J'avais compl�tement oubli�.
Madame ne m'a pas rat� !
Chez toi, on ne mange pas le riz avec la soupe ?
Mais si.
Si pr�s de Tokyo ?
� Nagano, aussi. � Tokyo, �a ne se fait donc pas ?
C'est pourtant fameux...
Tu ne le fais pas ici ?
Non, je ne m�lange pas.
Pourquoi ?
Parce que Madame d�teste.
Ah bon ?
Qui est-ce ?
C'est moi.
Tu ne manges pas ?
Non merci.
O� est Madame ?
Elle prend un bain.
Quand elle aura fini, dis-lui que je l'attends en haut.
Fumi !
Qu'y a-t-il ?
Assieds-toi.
Non merci. Explique.
Tu as l'air de mauvaise humeur.
Non, pas du tout.
- Assieds-toi donc ! - Non, je te remercie.
Excuse-moi pour tout � l'heure.
Je ne pensais pas que tu d�testais �a � ce point.
Je ne le ferai plus.
Mais non, mange comme il te pla�t.
Non, je ne le ferai plus.
Mais j'ai �t� �lev� � la campagne,
et je ne savais pas.
J'ignorais que c'�tait mal.
Je n'ai pas dit �a.
En tout cas, j'arr�te.
Mais je me demande pourquoi c'est toujours comme �a.
Quoi donc ?
Eh bien...
les cigarettes, par exemple...
tu n'aimes pas que je fume des Asahi.
Mais moi, j'aime cette marque,
non seulement bon march� mais � mon go�t.
Pareil pour le train.
Tu n'aimes pas me voir en 3e classe,
mais moi j'aime la 3e.
On peut s'y d�tendre � loisir.
C'est comme ces Asahi que je fume depuis toujours,
j'ai de l'affection pour le paquet.
Tout �a, c'est affaire d'�ducation.
D�sol�e, je n'ai pas �t� �lev�e de cette fa�on.
Je parle de moi. Je ne te demande pas de changer.
Je ne te vois pas fumer des Asahi !
Chacun son style.
Moi, j'aime... Comment dire...
Ce qui est intime, presque primitif,
la simplicit� rustique et sans fa�on.
Vraiment ?
Cependant, je peux prendre l'avion, s'il le faut,
et la 1re classe si elle arrive plus vite.
�a suffit.
Bon, j'arr�te.
Mais au risque de te f�cher, je r�p�te
que j'aime la simplicit�.
Moi aussi et je m'y tiendrai donc.
Je voyagerai en 1re comme avant.
Pour moi, c'est le plus simple.
- �coute, je dois te parler. - �a suffit !
� vrai dire...
Nous allons arriver
� Hamamatsu, Hamamatsu, notre prochain arr�t.
Dans cinq minutes, � 12h20.
Le quai sera sur la gauche du train.
L'arr�t sera de cinq minutes.
La main s'arr�tera ensuite � Nagoya,
et apr�s un arr�t � Kyoto,
nous arriverons � Osaka � 17h.
Le pr�sident vous demande.
Que puis-je ?
Ce d�part pour l'Uruguay... on a un billet pour apr�s-demain.
Ah bon ?
�a va ? C'est tr�s soudain.
�a ne fait rien.
Vrai ? Dans ce cas, c'est entendu.
Le secr�tariat s'est occup� des papiers.
Bien.
Je sais que c'est au pied lev�...
Peu importe. J'irai.
Au fait...
prenez la journ�e pour les pr�paratifs.
Et demain, on pourrait d�jeuner ensemble.
Bon, on se voit demain.
Bien. Veuillez m'excuser.
O� est Madame ?
Ce matin, imm�diatement apr�s Monsieur...
Elle est sortie ?
Elle m'a demand� de vous remettre ceci
d�s votre retour.
"...tout le temps qu'il me faudra pour me sentir apais�e."
Quand doit-elle revenir ?
Eh bien... dans 4 ou 5 jours.
Le service t�l�graphique ? C'est pour un t�l�gramme.
Ici, Ochiai 1025.
C'est cela. C'est adress� �...
Ville de Kobe, arrondissement de Suma, S.U.M.A.
Chemin de Rikyu, 32,
Mme Murayama pour Mme SATAKE Taeko.
C'est cela.
Voici le texte : Affaire � discuter.
Oui, � discuter.
Affaire � discuter. Rentre imm�diatement. Mokichi.
C'est tout. En urgent, s'il vous pla�t.
Oui, c'est cela.
Je pars � l'�tranger. On a bien un sac-valise ?
Oui. Mais... Madame ?
Je viens de lui t�l�graphier.
Aide-moi.
Que fait-elle donc ?
Je me demande... il est grand temps !
Trop tard !
Ainsi, mon caporal est donc parti !
Il fait si beau aujourd'hui, c'est formidable !
On attend encore un peu ?
Oui...
mais je peux attendre seule.
Elle va arriver. Vous aussi l'avez pr�venue.
- T�l�graphi� ? - Hier.
Elle avait largement le temps.
Quelle nonchalance ! Que fait-elle donc ?
La voil� !
Bon retour !
Mais tu es bien tard !
Me voici.
Que faisais-tu donc, ma tante ?
Tu es en retard !
Mon oncle est parti.
Que faisais-tu ?
Oncle Mokichi avait l'air tr�s triste.
Tu as vu le t�l�gramme hier, non ?
Pourquoi es-tu partie � Suma ?
C'est comme �a. J'en avais envie.
Tu aurais pu rentrer plus t�t.
J'�tais partie me promener en ville.
On �tait tous tr�s inquiets.
Absurde...
je ne savais rien.
Tu dis n'avoir rien su, mais ton mari t'a t�l�graphi� avant-hier.
Tu n'as pas re�u son t�l�gramme ?
- Si, je l'ai re�u. - Et tu n'es pas rentr�e ?
Il ne disait pas de quoi il voulait discuter.
Il aurait d� �tre plus clair !
Mais c'�tait un t�l�gramme ! On n'envoie pas �a pour rien !
T'avais le temps de rentrer !
�a suffit ! C'est trop tard.
Ah bon ! �a t'est �gal, tout �a ?
�a suffit.
�a te suffit ?
Setsuko, je m'en vais.
Moi aussi.
Monsieur n'a-t-il rien dit ?
Rien de sp�cial.
Qui est-ce ?
Monsieur est de retour.
Merci. Va dormir.
Bonsoir.
Des probl�mes avec l'avion.
Ah ? Il para�t que tu pars en Uruguay ?
Oui, � Montevideo.
Que s'est-il pass� avec l'avion ?
On a fait demi-tour car le moteur s'est mis � cafouiller.
On part demain matin.
Je suis �puis�.
Demain matin, � quelle heure ?
Neuf heures.
Quand es-tu rentr�e ?
Deux heures apr�s ton d�part.
Ah ? Suma, c'�tait comment ? Tu t'es bien amus�e ?
Je ne le ferai plus, plus jamais.
Quoi ?
Partir loin, sans te pr�venir.
Tu peux. �a te ressemble.
Je ne le ferai plus.
J'ai bien re�u ton t�l�gramme...
mais tu ne disais pas de quoi tu voulais discuter.
Ah oui ? J'ai eu tort.
C'est tellement subit ! Tu n'�tais pas au courant ?
Si, il en �tait question et je voulais te le dire.
Mais tu �tais de si mauvaise humeur.
Tu aurais quand m�me d� me le dire.
�a s'est fait plus vite que pr�vu.
Tu t'es lev� t�t ?
Tu as sommeil ?
Non.
J'ai faim.
Tu veux manger ?
Je t'accompagnerai.
Allons en bas.
Tu n'as pas froid ?
�a va, merci.
On laisse Fumi dormir, hein ?
Vas-tu savoir o� sont les choses ?
Quoi ?
Bols et baguettes.
En cherchant, on trouvera bien !
Du pain ?
- Non, du riz au th� vert. - Du riz au th� vert ?
Tiens, du radis noir.
C'est � Fumi, non ?
Du jambon ?
Non, du riz au th� vert.
Ah, voil� du riz... �a suffira ?
�a ira. Et des l�gumes ferment�s.
Un cauchemar, sans doute !
�a, c'est Yon� !
O� est le seau � fermentation ?
J'ai trouv� !
J'y plonge ?
Merci.
J'en ai un !
Quel l�gume ?
Qu'est-ce que c'est ?
Ne te coupe pas !
Ne t'inqui�te pas.
Passe-moi un bol.
Merci.
On n'a rien oubli� ?
Petites assiettes,
sauce de soja...
Merci.
Le riz !
Merci.
C'est fameux.
Ah oui ? Je vais en prendre.
�a pue la p�te de fermentation.
Montre.
Ta main doit �tre surprise.
C'est d�licieux.
Fameux.
Qu'y a-t-il ?
Qu'as-tu donc ?
Je suis d�sol�e.
De quoi ?
J'ai �t� sotte...
Pourquoi ?
Je n'ai pas compris.
Pardonne-moi... mais tu l'avais dit.
"Intime, primitif,
"une simplicit� famili�re et d�tendue..."
je viens juste de comprendre, enfin !
Ce n'est pas grave. C'est du pass�.
Non, c'est important.
J'ai �t� sotte.
Laisse, c'est fini.
Merci d'avoir compris.
Mange.
C'est du riz au th� vert.
Le go�t du riz au th� vert.
Un couple, �a a le go�t du riz au th� vert.
C'est vrai.
Je l'ignorais jusqu'� maintenant.
Ce n'est pas grave...
mais je suis heureux d'avoir pu rentrer ce soir.
Moi aussi, je suis heureuse
que tu sois rentr�.
C'est bien, tout est bien...
c'est formidable que tu aies compris.
Et il est parti au matin ?
- Setsuko, tu l'as accompagn� ? - Non.
J'y suis all�e seule.
- Comment c'�tait ? - Assez d�tendu.
Vrai ? Bravo ! Moi, j'aurais pleur�.
Mais la veille au soir
nous avons mang� du riz au th� vert.
Toi et lui ?
Apr�s avoir mang�, j'ai pleur�.
�a, c'est un �v�nement !
En sanglotant ? Ou en sniffant ?
Au d�but, j'ai sniff�, puis les sanglots.
Je lui ai demand� pardon,
il m'a dit que c'�tait assez.
Mais moi, je voulais parler.
Alors, il m'a clos la bouche d'un baiser.
Il avait les yeux pleins de larmes.
Quand j'ai dit qu'un homme ne devait pas pleurer,
il m'a dit qu'il pleurait de joie,
qu'il n'avait jamais �t� heureux,
jamais si heureux depuis notre mariage.
Je lui ai demand� pardon
de n'avoir pas compris,
et j'ai �clat� en sanglots.
Puis, je me suis sentie soulag�e et toute l�g�re.
Setsuko, �a va ?
Pourquoi ?
- Il est temps de partir, non ? - Oui, en effet.
Restez donc !
C'est compliqu�, les hommes !
Les femmes ne les connaissent qu'� la maison
quand ils sortent de leur carapace pour se d�tendre.
Dehors, ils doivent faire des prouesses
et se comporter en h�ros.
Les femmes ne connaissent
de leur mari qu'une parcelle.
C'est vrai.
Quand il se d�tend, c'est "M. L'Engourdi".
Il savait m�me �a...
j'�tais confondue ! Y compris pour Shuzenji !
Il l'a dit ?
"Tant qu'� mentir, sois plus habile !
"Mais la v�rit� maladroite
"vaut mieux que le mensonge le plus habile."
�a sent le roussi ! Je rentre.
Qu'y a-t-il ?
J'ai menti pour venir ici.
Au revoir !
Moi aussi, je rentre.
- Setsuko ? - Elle reste encore un peu.
Non, je pars aussi. Nonchan m'attend.
Assieds-toi. Fais-le attendre.
Tu as compris ?
Quoi ?
R�fl�chis bien quand tu choisiras ton mari.
Tu engages ta vie.
Il choisit bien ses cravates, il porte bien le complet...
il ne s'agit pas de �a !
Ce qui compte, c'est la solidit�,
l'int�grit�.
Je n'avais pas compris.
Mais maintenant, j'aime en lui tout ce que je d�testais auparavant.
Un aussi bon mari, c'est rare !
Pourquoi tu ris ?
Insolente ! �coute sagement !
Que fait-il donc en ce moment, en Uruguay ?
C'est fini !
Tu exag�res, Tante Taeko ! Je m'en vais !
Reste un peu !
J'ai ma dose !
Vraiment ? C'est dr�le !
Elle est si amoureuse que �a !
Plus encore !
Formidable ! Mais, c'est vrai...
il ne s'agit pas du choix des cravates ou du complet.
Cette veste est d'occasion,
ce chapeau aussi.
Et alors ?
Peu importe l'habit,
un homme doit �tre solide.
Vous l'�tes ?
Vraiment ?
Sans aucun doute ! Absolument !
Vous ne me connaissez que sans carapace.
Vous ne connaissez de moi qu'une parcelle.
Je d�teste les fanfarons !
Vous avez tort !
Vous le regretterez !
Je vous connais !
Setsuko !
Sous-titres : Catherine CADOU
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