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Original subtitles

L'AMOUR N'EST PAS UN JEU

Pause d�ner d'une demi-heure.

Soixante-dix bless�s et trente-quatre disparus.

D�sol�e. On n'a plus de salade poulet.

A 800 m�tres au sud de la fronti�re entre le Vi�t-Nam du Nord et du Sud.

Cette semaine, au Vi�t-Nam,

on annonce 141 morts c�t� am�ricain,

391 bless�s et 47 port�s disparus.

Autre titre. A Washington, cet apr�s-midi, le Congr�s...

H�, Birdlace ! Je veux une nana comme elle.

Ch�rie !

Novembre 1963

Par ici !

Ram�ne �a ici tout de suite !

Va au diable, Birdlace.

Non. A moi, ici.

On dirait un dessin anim�.

Tenez-vous pr�ts. Connard en vue � 11 heures.

Berzin, mesdames...

Voici Fector. Il voulait vous conna�tre.

Ouais.

�a baigne, les gars ?

Que peut-on pour toi, Fector ?

Donavin dit que vous organisez une petite f�te.

J'aimerais bien venir, si c'est possible.

J'en sais rien, Fector. On forme un clan d'�lite.

- Qu'en dis-tu, Birdlace ? - Tu connais les r�gles ?

Tu enfreins les r�gles, tu perds ton fric, jusqu'au dernier centime. Pig� ?

T'as quelqu'un en vue, pour t'accompagner, Merdor ?

Je veux, merde.

�a me para�t assez �lite, les gars. Qu'en penses-tu, Benjamin ?

T'as les 50 dollars ?

Merde. T'es un candidat hors pair.

Sacr�ment hors pair, putain.

Alors, Fector ? Okie t'aime bien.

En fait, on t'aime tous bien. T'es accept�.

La f�te commence � 19 heures pr�cises.

Sois � l'heure.

J'aurai un jean, des tennis et une protection doubl�e fourrure.

Compte l�-dessus.

Fector ? On dirait plut�t "Merdor".

Emmerdor.

Le con chie encore dans son froc d'entra�nement.

Ouais. Bien re�u.

Vingt-deux. C'est le plus grand.

On va s'�clater.

Oui, monsieur. On va se marrer.

ARRIV�ES - D�PARTS �LE AU TR�SOR

Passagers, votre attention.

Le car pour Santa Cruz est annul�.

Le car de Los Angeles aura 20 minutes de retard.

Allez, les gars, en rang.

Garde � vous !

Une question.

- On est des connards ou des marines ? - Des connards !

- Rat� ! On est des marines ! On est quoi ? - Des marines, chef !

Pas seulement des marines.

On est les Quatre B. On est quoi ?

Les Quatre B, putain, chef !

Les Quatre B ont une mission sp�ciale. Laquelle ?

On prend pas de prisonniers et on se fait pas prendre.

Super, les gars, putain.

Rassemblement � 19 heures.

Bonne chasse, messieurs.

Rompez.

- Pardon. Salut. - Salut.

Une s�ur a�n�e, peut-�tre ?

Maggie. Debbie t'en veut vraiment. Cette fois, tu vas avoir des ennuis. Pardon.

Pardon. Je suis nouveau venu.

On pourrait aller se promener.

Le Golden Gate...

Salope.

Pardon. Je t'ai entendu.

Moi aussi, je suis nouvelle. J'ai une carte.

O� tu veux aller ?

Merci, mais...

�a ne me dit rien. Enfin, j'ai pas besoin de ton aide.

Faut que j'y aille.

- O� est-il ? - C'est � moi que vous parlez ?

Oui. O� est-il maintenant ?

- Qui �a ? - Votre mari.

Je n'ai pas de mari.

- Vous n'avez pas de mari ? - Non.

O� est votre petit ami ?

Pas de petit ami. Qu'est-ce que vous voulez ?

Vous �tes lesbienne ?

Non.

Une jolie chose comme vous, sans mari, sans petit ami...

Vous devez �tre lesbienne.

Non, je suis seule, c'est tout.

Plus maintenant. Je m'appelle Buell.

Beaucoup de gens m'appellent Okie.

Tu peux m'appeler Okie.

Seulement si tu veux.

Salut, Betty !

H�, je ne te connais pas.

Comment �a, tu me connais pas ?

On s'�crit depuis sept mois.

Je t'ai dit qu'on se retrouvait ici.

Betty, c'est moi, Sam Benjamin.

Je ne suis pas Betty. Je suis Ruth Deux Ours.

Comment �a ?

Tu ressembles � Betty Jambe de Lynx.

Mon Dieu...

C'est tr�s g�nant.

D�sol�, Ruth.

J'ai besoin d'un verre.

Je t'offre un verre.

Pour me faire pardonner.

J'aurais jur� que t'�tais Betty.

Quand je dis "portrait crach�"... Tu n'es pas une Jambe de Lynx ?

All�.

Les marines ont d�barqu�.

- G�nial. - Je serai l� dans une heure.

- Ce que je disais, Gladys... - Alice.

Alice, pardon. Je disais que tu �tais gentille.

Je suis sinc�re.

Ecoute, je suis un marine am�ricain.

Je pars demain pour Okinawa.

Je voulais m'amuser un peu, c'est tout.

- Tu veux t'amuser ? - Ouais.

Trouve-toi une tapineuse.

Putain de merde !

CAFE CHEZ ROSE PETIT-DEJEUNER - SOUPE - DEJEUNER

Pardon.

Oh, il pleut des trombes. On va �tre tremp�es.

Vous d�sirez ?

Un caf�, �a ira...

Et un de ces beignets app�tissants, s'il vous pla�t.

- A quoi le voulez-vous ? - Au chocolat.

C'est fait maison ?

Non.

On dirait, �a sent bon.

On ferme bient�t.

N'arr�tez pas. Vous chantez vraiment bien.

C'est une de mes chansons pr�f�r�es.

En fait, �a me rappelle...

La musique de Jim Swaine.

Vous ne trouvez pas ?

Je ne le connais pas.

Jim Swaine ?

Eh bien, c'est un...

Vous connaissez Dylan, non ? Bob Dylan ?

Jim Swaine a beaucoup influenc� Bob Dylan.

Je croyais...

que c'�tait Woody Guthrie qui l'avait influenc�.

Ouais.

Woody et Jim Swaine.

En fait, je crois que Jim Swaine et Woody ont �crit des morceaux ensemble.

Si je fais pas erreur.

Je croyais que Woody �crivait surtout tout seul.

Parfois. La plupart du temps, c'est s�r.

Mais parfois, il collaborait avec Swaine.

Woody �crivait les paroles et Swaine, la musique.

D'autres fois, c'�tait le contraire. Vous voyez ?

Comme sa c�l�bre chanson.

Vous voyez laquelle ?

- This Land is Your Land ? - Exactement.

Ouais, c'�tait...

Morceau original de Swaine et Guthrie.

C'est bizarre.

J'ai la partition en haut. Je me rappelle pas avoir vu son nom.

C'�tait un n�gre. Parfois.

En fait, la plupart du temps.

Rose, ta pause est finie. Pr�parons les tables pour demain.

Votre caf� refroidit.

Merci.

Vous composez ?

Non.

Vous devriez. Vous avez la voix qu'il faut.

- Vraiment ? - Un peu, merde.

Toutes mes excuses.

J'ai pas l'habitude d'�tre avec des dames.

C'est pas grave. Je dois retourner au boulot.

D'accord.

Ecoutez, je suis qu'un con de bidasse.

Je m'excuse.

C'est pas grave.

A quelle heure �a ferme ici ?

Dans un petit moment.

C'est quoi, un bidasse ?

C'est comme �a qu'on s'appelle. Je suis un marine am�ricain.

Nous, on peut le dire, mais si c'est un col bleu, un marin,

alors c'est la castagne.

Si une femme le dit, �a va. Surtout si elle chante comme vous.

Merci.

Merci beaucoup...

bidasse.

- Alors, tu t'appelles comment ? - Rose Fenny.

Caf� Chez Rose. Il est � toi.

Non, � ma m�re. Elle s'appelle Rose.

Comme moi et comme ma grand-m�re.

C'est chouette.

- Tu es un marine ? - Oui.

Edward Baines Birdlace ?

Bon, c'est pas si dr�le.

D�sol�e. C'est un joli nom.

Merci.

T'as vraiment l'air en col�re.

Je suis pas en col�re, je suis pr�t.

Pr�t � quoi ?

A tout.

Date de naissance : le 26 novembre 1944.

C'est bient�t. On est le 21.

Lundi. Dix-neuf ans.

Joyeux anniversaire, caporal Birdlace.

Merci.

Faut que je d�campe. Je vais � une f�te.

Une f�te d'anniversaire ?

Non, une f�te normale.

Tu veux peut-�tre m'accompagner.

En fait, je suis encore de service.

C'est vrai. Je comprends.

Non, je dois rester jusqu'� la fermeture, ce soir.

Ecoute, Rose.

Je suis un marine et les marines sont des cons. C'est connu.

Si tu veux pas m'accompagner, t'as qu'� le dire.

C'est que... ma m�re serait seule.

Je veux pas causer d'ennui avec ta vieille, alors.

Ravi d'avoir fait ta connaissance, Rose.

Au revoir.

Rose ?

Tu chantes vraiment bien.

Vraiment bien.

Merde.

T'as bient�t fini, ch�rie ?

On est mercredi ? Je me demande ce qu'il y a � la t�l�.

On va monter regarder quelque chose de bien.

- J'ai de nouveaux timbres verts... - Excuse-moi.

J'aime les femmes fi�res de...

- Fichez le camp. - Eddie !

Je t'accompagne, d'accord ?

C'est g�nial.

G�nial.

- Et ta m�re ? - Quoi, ma m�re ?

C'est g�nial.

Je vais aller me changer.

- C'est quel genre de f�te ? - Une f�te.

- Une f�te habill�e ? - Oui, habill�e.

D'accord.

Ecoute, Rose, am�ne ta guitare.

Je ne suis pas pr�te � chanter devant un public.

Pas de probl�me. C'est d�j� g�nial que tu viennes.

- Rosie ? - Je vais � une soir�e, d'accord ?

- Il reste du travail. - Je le ferai avant qu'on ouvre.

Rose...

Promis.

Mon Dieu.

Tu es superbe.

Renversante.

Merci.

Je suis bien contente de venir.

Super, moi aussi.

�a fait du bien de quitter le restaurant,

ma m�re.

C'est pas que je la d�teste. Mais elle ne vit que pour le restaurant.

Je veux pas �tre comme elle.

C'est normal.

The Trouble with Mimi.

- Tu l'as vu ? - Je vais pas souvent au cin�.

Ce genre de trucs me rend dingue.

Il y a des gens qui se battent en ce moment pour leur vie, pour la libert�,

pendant qu'on regarde ces salet�s qui ne veulent rien dire.

- Pourquoi t'es all�e le voir, alors ? - Pour ma m�re.

Elle a ador�.

On est d'accord sur rien en ce moment. Elle est satisfaite de sa vie, tu vois.

Je n'ai pas envie de...

Je veux faire quelque chose dans ce monde.

Je veux m'impliquer.

Tu vois, j'aimerais m'engager dans les Peace Corps,

ou descendre au sud pour aller aider...

J'en sais rien.

C'est tellement frustrant.

Ouais, je vois ce que tu veux dire.

- Je suis vraiment contente d'�tre venue. - Moi aussi.

C'est vraiment chouette de parler � quelqu'un.

C'est vrai.

C'est la f�te !

Tes l�vres sont jolies, Rose.

Quoi ?

Tes l�vres sont jolies. C'est du rouge � l�vres ?

- Oui. - Ah oui ?

C'est un peu parti.

- C'est vrai ? - Oui. Il t'en reste ?

- Il faut que j'en remette ? - Oui.

Je vais essayer.

- Je peux ? - D'accord.

Eddie...

Ne bouge pas.

Eddie...

T'es aussi dou� que moi pour le rouge � l�vres.

�a se met sur les l�vres.

J'en ai partout...

Sur toute la bouche.

Attends. Je vais arranger �a.

Il y en a partout.

L�. C'est mieux, non ?

C'est pas grave. Laisse tomber.

Tu es belle.

Je suis pas trop mal ?

�a va.

Le "Nitelite".

�a a l'air chic, hein ?

Rose, c'est pas une f�te importante. On n'est pas oblig�s...

�a me pla�t.

On peut aller ailleurs si c'est juste pour danser.

�a va.

D'accord, viens.

- Tiens, l'ami. - Merci.

Un ami � toi ?

Viens.

Bonsoir, caporal Birdlace. Bonsoir, madame.

Belle femme, caporal.

Je mettrai �a dans mon rapport � l'inspecteur g�n�ral.

- Merci. - Bonne chance.

Attends un moment.

- Je veux juste... - Tu es superbe.

- C'est vrai ? - Vraiment.

- Allez. - C'est parti.

Tu veux une f�te ? T'es � la f�te.

- H�, Birdlace ! - Zaworsky !

Voici Rose.

Salut, Rose.

Bienvenue au paradis, caporal.

Merci, caporal.

- Aux Quatre B ! - Et � leurs dames.

Et � leurs filles.

Semper fi.

�a fait que trois B. Berzin, Benjamin et Birdlace.

Je m'appelle Buell. On me surnomme Okie.

Vous �tes copains depuis l'entra�nement ?

Non, � l'entra�nement, on est s�par�s d'apr�s la taille.

Au r�giment d'infanterie, c'est par ordre alphab�tique.

Alors on est toujours ensemble.

On est devenus proches.

Tout le monde nous a surnomm�s les Quatre B.

On ne s'est plus quitt�s.

Vous �tes devenus copains � cause du rang ?

Je suis bien contente de vous rencontrer. Vraiment.

O� sont nos boissons, putain ?

- Vous aimez jurer. - Non, on aime boire.

C'est rien, Rose. Juste des mots. A force, �a s'entend m�me plus.

�a veut rien dire.

- Fais de la place pour une autre tourn�e. - J'en ai d�j� pris deux.

T'en fais pas, ch�rie.

C'est du mai tai. C'est pas fort du tout.

Tu verras, tu seras pas so�le.

Vas-y. Je reprends un double.

Tout le monde sur la piste !

Merci.

Messieurs, si nous dansions.

Oui.

Voulez-vous danser, Mlle Deux Ours ?

Allez, ch�rie. C'est parti.

On va voir si on peut faire la pluie.

On va leur montrer ce qu'on a.

- T'es f�ch� contre moi ? - Non.

- On dirait. - Je suis plus ravi qu'une chouette.

C'est la putain de serveuse.

Allez, Eddie. Viens danser.

On arrive. Elle finit son verre.

Allez, ch�rie. Bouge ton cul et viens danser.

Y a de la concurrence.

- On s'amuse, caporal Birdlegs ? - Ouais. Va donc, connard.

- Birdlegs ? - C'est un surnom.

- Serveuse ! - Ne bois plus.

Parle-moi.

C'est quoi, comme oiseau ?

Un oiseau bleu. L'oiseau bleu du bonheur.

Tu vois ? Il vole. Il m'�loigne de tous les ennuis

et m'emm�ne vers le bonheur.

Conneries.

�a marche, des fois ?

Fichons le camp.

Je croyais qu'on devait danser.

Tu es une fille bien. C'est un endroit merdique.

J'aimerais danser. Viens.

Allez, Birdlegs.

Ouais. Marche ou cr�ve.

CONCOURS DE DANSE

Tu lui donnes combien ?

- Quatre. - Quatre ?

C'est m�me pas une femme, bon sang.

Mon cul.

C'est un putain de travesti.

Comment tu peux lui mettre un quatre ?

Nom de Dieu, c'est un mec.

Je lui donne sept.

- Tu t'amuses ? - Oui.

Qu'avons-nous l� ?

Mon Dieu.

Le salaud.

Elle est belle.

Messieurs, je crois que nous avons un gagnant.

Berzin gagnant. Le grand Berzin.

Gagnant !

Dix.

- Qu'y a-t-il ? - Rien.

- Combien de points pour �a ? - F�licitations du jury.

Le voici !

O� est le fric ?

Incroyable.

Incroyable. Tu l'as trouv�e o�, putain ?

C'est top secret, bordel.

F�licitations, connard. Dieu qu'elle �tait moche.

Victoire m�rit�e. La quatri�me d'affil�e.

Personne dans toute l'infanterie a jamais gagn� quatre fois de suite.

Je suis un salaud qui a du bol.

T'es un salaud qui a du bol.

- Sans rancune, Benjamin. - J'te pisse dessus.

Va te faire foutre.

- 50 dollars, c'est tout ? - L�che-moi les basques.

"Basques" ? C'est dans le dico, �a ?

Entre "babouin" et "brousse".

Le taxi m'a co�t� huit dollars.

Berzin, je suis pas l'aum�nier.

Tu me demandes de l'aide. J'aide, pour la moiti� du fric. C'est notre march�.

Ne me raconte pas de salade avec le taxi.

J'te raconte pas de salade, salope. Prends ton putain de fric.

Esp�ce de salaud !

Connards de bidasses. Tous des connards.

Qu'y a-t-il, Marcie ?

C'est un salaud. Voil� ce qu'il y a.

Il me dit : "H�, Gencives, tu veux 50 dollars,

"sans coucher avec personne ?" Je dis : "Quelle est l'embrouille ?"

"Pas d'embrouille." Et il me parle de ce concours.

Alors j'ai dit : "D'accord."

J'ai m�me propos� de venir sans dents.

D�sol�e. Je ne comprends pas.

Merde. C'est pas grave.

Non. Je veux savoir.

C'est pas aussi terrible que �a en a l'air, vu ?

Cocktail et bi�re gratuits.

Ils doivent rester polis.

C'est les r�gles. Ils doivent �tre polis.

- Quelles r�gles ? - Les r�gles du concours.

Chacun met du fric, 50, 70, 75 dollars...

Qui �a ?

Les salauds, les marines.

Avec �a, ils louent l'endroit, ach�tent la bouffe et l'alcool,

et le reste constitue la r�compense.

Ce qui m'�nerve, c'est qu'ils se croient si beaux.

T'as d�j� vu une bande de merdes pareilles ?

Il y a une r�compense ?

Oui. La femme la plus moche fait gagner cent dollars

au mec qui l'a amen�e.

Je suis la plus moche, donc je gagne.

Seulement, tu vois...

je suis pas si moche que �a. Tu devrais me voir bien habill�e.

Mon Dieu, c'est affreux.

Marcie, �a doit �tre horrible.

C'est pas si terrible.

Au moins, j'ai 50 dollars.

Toi, t'as �t� malade, c'est tout.

- Comment �a va, merdeux ? - Bien.

Tu as les f�licitations du jury.

�a fait 26 dollars de r�compense.

Heureusement qu'elle a d�gueul�, sinon Fector aurait gagn�.

C'est bien mieux qu'une ba�onnette dans le cul.

Toujours.

Ne m'appelle pas comme �a.

T'es qu'un connard cruel, sans c�ur et ignare.

Si j'�tais un homme, je te r�duirais en bouillie.

Qui te donne le droit de traiter les gens comme �a ?

C'est m�chant !

Vous �tes tous m�chants !

Je m'excuse !

Comment tu peux t'excuser ? Tu es insensible.

T'es qu'un pauvre type.

- H�, c'est mon partenaire ! - Ta gueule, connard !

Tes excuses sont sans valeur.

Ce qui sort de ta bouche n'est que sales mensonges.

Je regrette de t'avoir rencontr�.

Bien.

Quelle salope.

O� tu l'as trouv�e ?

Connard !

Bon sang.

Qu'est-ce qui se passe, bon sang ?

Tu devrais contr�ler ta femme.

Rose.

Quoi ?

Il est 20 h 30. Une f�te ne se finit pas si t�t.

J'ai d�cid� de rentrer t�t.

Tu t'es bien amus�e ?

Oui. C'�tait chouette. Je vais faire un peu de guitare.

Pas trop fort, d'accord ?

Repentez-vous !

Attention � la marche.

Repentez-vous !

Fous le camp d'ici avec ces saloperies.

Des B.D. Pour adultes !

J'adore gagner, caporal ! C'est g�ant, putain.

Tiens. Je t'ai apport� une bi�re.

Arr�te de me mater, putain.

Bon sang !

C'est chronom�tr� � la seconde pr�s.

�a s'arr�te quand elle enl�ve son soutien-gorge.

Et maintenant alors qu'elle enl�ve la culotte.

�a m'�nerve.

On met son chapeau.

Rapproche-toi de l'�tui.

T'as l'air d'une vraie cowgirl.

Qu'est-ce qui compte le plus

dans un combat du far west ?

Tuer.

On se tient pr�t. On met le salaud en vue.

- Match nul ! - Tuer !

Que faites-vous ? Pardon, il faut que je lui parle.

- Que se passe-t-il ? - Le concours est fini.

Hissez la culotte.

Saloperie de machine !

Tu sais � peine marcher ?

Okie, donne-moi une autre pi�ce.

- Mais je veux voir aussi. - D'accord.

- Je d�conne pas. - Moi non plus. Donne.

O� est pass� Birdlace ?

Il a dit qu'il nous retrouvait au Navy Bill.

Si elle me montre pas vite son cul, c'est toi que je vais sauter.

Un chien !

Rosie, qu'y a-t-il ? Qui est l� ?

C'est rien. C'est Capitaine.

L�.

Allez.

Allez. Tiens.

C'est bien. T'es un vrai con, hein ?

Ouais ? T'en veux ? Regarde ces oreilles.

Doucement.

Encul� !

DESOLE - RETROUVE-MOI DEVANT ALLONS DINER

Que veux-tu ?

C'est un peu cucul, non ?

D�sol�. Je pensais que tu aimerais.

J'ai gagn� quelque chose ?

Rien.

Tu es disqualifi�e.

- Menteur. - Je te le jure, Rose.

Et les autres filles ?

Quoi ?

Leurs sentiments ? Tu crois vraiment qu'elles ne ressentent rien ?

Elles n'en savaient rien. En plus, toi, c'est pas pareil.

J'ai particip� � six concours.

T'es la premi�re que j'ai voulu �viter d'emmener.

- C'est pas vrai. - Si. Tu ne te souviens pas ?

Devant le Nitelite ? J'ai voulu t'arr�ter.

Et avant de danser aussi. Une fois que tu danses, c'est foutu.

C'est dingue. Je ne te comprends pas.

Il y a plein de trucs que je ne pige pas.

Je ne m'excuse jamais.

Et je suis revenu jusqu'ici pour m'excuser, putain.

�a, je pige pas.

Je voulais t'emmener d�ner,

pour me rattraper, si c'est possible,

et je me retrouve l�, comme un idiot.

Alors, merde.

Si tu veux pas me voir, si je t'emmerde,

dis-le-moi, et tu me verras plus.

Je veux que tu arr�tes de jurer.

D'accord.

D'accord.

- D'accord pour quoi ? - Pour aller d�ner.

Mais si �a fait partie de ton concours, je te tue.

Non, Rose.

Promis. Juste toi et moi, dans un endroit sympa, pour un bon d�ner.

Plus un mot sur ce concours.

Compris.

C'est comme un rendez-vous normal, de deux personnes normales.

Oui.

Tel que je connais Birdlace, il doit �tre en chasse.

A propos de chasse...

Tu vois �a ?

Deux belles femmes perdues dans un d�tachement de matafs !

- J'avais bien senti la merde de col bleu. - Je la sens.

T'aimerais bouffer ma merde ?

Connard de bidasse.

Bagarre !

Market et Powell.

- On descend l� ? - Ouais.

Je connais un endroit.

Ici.

On peut trouver mieux.

- C'est un restaurant chouette. - Il y a mieux.

- Je peux vous aider ? - Oui. Une table pour deux.

- Vous avez r�serv� ? - Oui. Ma secr�taire a appel�. Gilmore.

Ce n'est pas important, il y a de la place.

Oui, monsieur. Mais sans une veste,

je ne peux pas vous accepter.

Je porte une veste.

C'est un blouson, monsieur.

Je parle d'une veste de costume, au moins une cravate et une veste de sport.

Vous pouvez pas nous placer au fond ?

C'est ma derni�re soir�e au pays

et je veux emmener mon amie d�ner.

Je suis d�sol�, mais le r�glement est strict.

Merci.

- Quel connard ! - Il fait son boulot.

Mon cul ! Comme un subalterne, tu lui donnes du pouvoir

et il s'y vautre comme un porc.

Il se prend pour un loup au lieu de rester � sa place de chien.

Je vais lui casser la gueule.

Eddie, quel est le probl�me ?

On est cens�s passer une soir�e sympa.

Il n'y a pas de probl�me. Juste un type qui a une mission.

Quel genre de mission ?

Toi et moi contre les connards.

Tu es avec moi ?

C'est une soir�e de dingue.

Le grand-p�re d'Eddie est mort, et on va � la messe de minuit.

Remets �a � sa place.

Eddie n'a pas la tenue qui convient pour un enterrement.

Je comprends. Mais il est tard. On dormait.

Je sais, je suis vraiment d�sol�e...

On voudrait juste une veste pour qu'Eddie ait belle allure.

- D�p�che-toi, ch�ri. - Oui.

Je fais aussi vite que je peux.

Eddie a du mal � se d�cider. Il est troubl�.

Que se passe-t-il, bon sang ?

Ils vont � un enterrement.

Rose, bobards exceptionnels. Je suis impressionn�.

C'�tait pas facile, avec toi qui jetais des vestes partout.

Bonsoir. Une table pour deux.

Merci.

Regarde. C'est si beau, si propre !

Rose, que penses-tu de �a ?

H�, l'ami. Par ici. �a ira, merci.

Je t'en prie.

Le plaisir est pour moi.

Merci beaucoup.

Vous avez �t� merveilleux. Pour vous. Un dollar.

- Ce n'est pas n�cessaire. - J'insiste !

Vous valez un dollar. Non ?

Vous voyez ? Vous valez un dollar.

Merci beaucoup.

Attends que j'en ai fini avec lui. Il saura plus o� se mettre.

Tu t'es amus�. Pourquoi tu continues ?

Quand on m'emmerde, je le rends au centuple.

J'en ai pas encore fini avec ce con.

Si tu passes la soir�e � l'emb�ter,

je rentre.

- Quoi ? - Je ne plaisante pas.

Qu'est-ce que tu racontes ?

On est venus pour d�ner agr�ablement. J'aimerais qu'il nous respecte.

Toi aussi, tu m�rites le respect.

On paye comme les autres.

Tu te fais respecter comme �a ?

Les gens sont tellement b�tes.

Je le sais.

Mais quel est l'int�r�t de d�penser ton �nergie � te venger ?

�a fait du bien. �a fait un bien fou, bordel, surtout...

Et quel est l'int�r�t de jurer tous les deux mots ?

Vous �tes pr�ts � commander ?

Oui, bon sang.

Je vais prendre le putain de saumon poch�,

avec le salaud de riz

et la salope de salade

avec une tonne de sauce au roquefort, putain.

Merci.

Et qui sait ce que veut ce salaud.

Une putain de bi�re.

Merci.

- Tu prends une bi�re, c'est tout ? - Ouais.

Tu dois crever de faim.

Non.

- Voil�. - Merci.

Je mets �a l� pour l'instant.

Saumon poch� et riz pilaf.

C'est beau. Non ?

Ouais, �a a l'air super bon.

Tu vois que tu as faim.

Pourquoi tu n'as rien command� ?

Je peux pas payer.

Je peux payer �a et �a, mais rien de plus jusqu'� mon jour de paie.

Pourquoi tu fais �a ?

Que fais-tu ?

Merci.

Je vais aux chiottes.

D'accord, j'attends dehors.

Je sais qu'il a �t� impoli avec vous.

Mais je ne trouve pas �a juste de juger les gens

d'apr�s leur apparence ou leur tenue.

Vous ne trouvez pas ?

Merci.

Pourquoi tu fais la grimace ?

Je me demandais de quoi tu aurais l'air avec les cheveux un peu plus long, et sans...

ce bleu sur le visage.

Pas vraiment plus beau. C'est s�r.

Il y a un proverbe qui dit :

"Vis� et rat�. Emmerd� et touch�." C'est tout moi.

Je devrais bient�t te ramener.

Il est un peu tard, non ?

J'en sais rien.

J'ai envie de marcher. Pas toi ?

Oui.

Merci pour le d�ner.

- Je t'en prie. - C'�tait tr�s chouette.

C'est s�rement le repas le plus cher que j'aie jamais mang�.

Tunnel TOP - SILENCE DANS LE TUNNEL

On a d� aller dans le Missouri.

D�s mon arriv�e, j'ai voulu m'engager dans l'aviation,

mais le recruteur �tait parti d�jeuner.

Le recruteur des marines m'a vu faire les cents pas au bureau et m'a dit :

"Eleanor Roosevelt parlait de vous."

Eleanor Roosevelt ?

Ouais. Alors j'ai dit : "C'est louche, vu qu'elle est morte."

Il a r�pondu : "C'�tait avant de mourir.

"Elle vous a trait� de tueur obs�d� sexuel surentra�n�, mal nourri et mal pay�."

Je l'ai pris pour un fou. Alors, je lui ai dit :

"De quoi vous parlez, bon sang ?"

Il a dit : "Elle parlait des marines.

"Et vous m'avez tout l'air d'un marine."

J'ai trouv� �a assez chouette.

J'ai fonc� chez moi, ramen� le vieux,

il a sign� les papiers si vite qu'il a failli se tordre le poignet.

J'�tais qu'une petite frappe, j'avais seize ans.

Pour moi, tu n'es pas une petite frappe.

Merci.

- Voil�. - C'est magnifique.

Impressionnant, putain.

Impressionnant, putain !

L�ve-toi. A moi.

D'accord, souviens-toi,

la m�me abeille, exactement au m�me endroit.

Pig�.

Souviens-toi, il en reste un. Birdlace.

Il est pas encore l�, mais pareil pour lui.

M�me endroit, m�me abeille.

Parce qu'on est quatre.

Les Quatre B.

Birdlace, Berzin.

Moi, c'est Buell.

Bon sang, Okie ! Fous-lui la paix, au type.

Il s'appelle Benjamin.

Eddie, est-ce que je vais te revoir ?

J'en sais rien. Tu veux ?

Ouais.

D'accord, alors je t'inviterai d�s mon retour.

Ton retour d'o� ?

Je pars demain � la premi�re heure.

On va � l'�tranger.

- O� �a ? - A Okinawa.

Mais je vise un autre endroit.

Un petit pays pr�s de l'Inde qui s'appelle le Vi�t-Nam.

J'ai lu des trucs.

- Il y a pas des combats l�-bas ? - Pas vraiment.

On sert de conseillers pour leur apprendre � s'occuper des Rouges.

�a peut devenir dangereux.

Non.

Quelques pieds au cul, on prend des noms.

Je serai de retour dans deux mois.

Pourquoi tu m'as pas dit plus t�t que tu partais ?

T'aurais pris �a pour des bobards.

Un truc pour coucher, tu vois.

- �a t'emb�te si je t'�cris ? - Non, ce serait super.

Tu veux aller au Still Life Cafe de North Beach ?

J'aimerais y chanter, un jour.

Quand je t'�crirai, tu comprendras.

Oui.

On n'est pas oblig�s. Ce serait chouette, mais si tu dois rentrer, c'est pas grave.

Tant que je suis � l'appel demain, �a va.

D'accord.

- Tu m'�criras aussi. - Oui.

T'as pas l'air du genre � �crire des lettres.

- �a va ? - Oui.

J'aime pas le sang, c'est tout.

D�sol�. J'y peux rien.

T'es s�r que �a va ?

Oui.

T'as bient�t fini, non ?

Tr�s bient�t. C'est chouette.

J'arrive pas � croire que �a y est.

�a fait deux mois qu'on doit faire �a.

Et voil�. Une abeille. Mon abeille.

Mon abeille sourit.

Berzin, la tienne sourit aussi ?

Elle fait une grimace. Elle me ressemble pas.

T'as vu les nichons de cette nana ?

Belle paire.

�a va faire pareil ?

Exactement la m�me abeille ? Au m�me endroit ?

T'as d�j� �t� avec une fille avec ces nichons ?

- Oui. Pas toi ? - Si.

- C'est vrai ? - Oui.

Bon.

- Comment �a va, Okie ? - �a baigne.

O� est Birdlace, putain ? C'est son tour.

Si Birdlace ne vient pas, je prendrai la sienne.

Alors, Jim Swaine n'existe pas.

Et tu ne sais pas qui sont Woody Guthrie et Pete Seeger.

Les seuls chanteurs que je connais sont Peter, Paul et Mary.

- Les voil�. - Tr�s dr�le.

Ce sont pas de vrais chanteurs de folk.

- Non ? - Non.

Les vrais chanteurs de folk composent eux-m�mes.

Ils disent ce qu'ils pensent.

- Ils provoquent des choses. - Comment �a ?

Leur musique peut changer le monde.

Si tu veux changer le monde,

tu t'engages et tu tires, non ?

Tirer, �a fait vite bouger les choses.

Je crois r�ver quand tu dis �a.

- Tu ne r�ves pas. - C'est ridicule.

Tirer n'est pas une solution.

Tu tires sur les gens et ils te tirent dessus.

Quand tu chantes pour les gens, ton message leur va droit � l'�me.

Tu ouvres une nouvelle perspective. Tu les d�sarmes.

Je sais juste que Kennedy envoie des troupes pour changer les choses,

et il leur donne pas des guitares.

Il y a des gens qui pr�f�rent la musique � l'agression.

Tu connais la chanson We Shall Overcome ?

Pourquoi c'est si dr�le ?

Quoi... Pourquoi tu ris ?

- Je ne ris pas. - Si.

Tu crois que c'est une blague ?

T'as m�me pas entendu la chanson.

Mon cul. Berzin n'arr�te pas de d�conner dessus.

C'est dr�le.

Tout ce que �a prouve, c'est que ton copain est un tricheur

et un cr�tin parfait.

Qu'est-ce que tu racontes ?

H�, Rose !

Tu viens de le rencontrer. Tu le traites de tricheur ?

C'est un tricheur. Il n'a pas trouv� Marcie. Il l'a pay�e.

- Il lui a dit de pas mettre de dents. - Arr�te.

C'est vrai. Je les ai entendus se disputer.

Il essayait de grappiller sur sa part.

C'est un tricheur et un cr�tin, mais en plus il est radin.

Le salaud.

H�, attends !

Qu'est-ce qui se passe ?

Je passerai pas mes derni�res heures au pays � me disputer avec toi.

Surtout avec toi. Je t'aime bien.

Bon sang.

Je m'excuse de...

Je m'excuse de t'avoir bless�e.

Cette chanson compte beaucoup pour moi. J'aime pas qu'on la ridiculise.

Je comprends. Je m'excuse.

Moi aussi.

Moi aussi.

Non, c'est moi qui m'excuse. Tais-toi.

Merci, mais je suis vraiment d�sol�, alors tais-toi.

Tu nous dis et on arrive.

- Vous deux, c'est tout ? - Juste nous deux.

Elle chante, je joue et...

H�, Bob.

- Je lui fais visiter, d'accord ? - Oui.

O� avez-vous jou� ?

On a jou� au Rudy's, il y a deux semaines. Ils nous ont bien aim�s.

Voil�.

Vous avez un manager ?

Non.

- C'est int�ressant. C'est chouette. - Ouais.

- Tu as d�j� chant� ici ? - Non.

J'attends que mes cheveux poussent et d'avoir �crit mes morceaux.

Alors, je serai pr�te pour l'impro.

L'impro ? Comment �a ?

L'improvisation de musique folk.

Chaque mardi soir, n'importe qui peut monter sur sc�ne et chanter

et si Bob aime bien, il te demande de revenir,

il te met � l'affiche pour un soir ou deux.

- Pourquoi tu ne chantes pas ? - Quoi ?

Tu pourrais chanter...

La chanson que tu chantais dans le caf�.

Je ne la connais pas tr�s bien.

C'est pas grave. C'est juste pour te voir sur sc�ne.

Eh bien...

Tu as la sc�ne. Et je suis ton public.

Alors chante.

S'il te pla�t ?

D'accord.

Je ne joue pas tr�s bien du piano.

C'est pas grave.

Je vais jouer tr�s simplement.

�a ira.

D'accord.

Rose, fixe ces cr�tins des yeux et cloue-les sur place !

Ouais !

Assommez-Les-Tous

Je crois que tu vas aimer �a.

10 CENTS LE MORCEAU

Les publicitaires ont d�couvert que les Am�ricaines

s'int�ressent au type de savon qu'elles utilisent.

En fait, les Am�ricains s'int�ressent �galement au produit

et � son utilisation.

Le moteur hors-bord a suscit� un regain d'int�r�t

pour les sports nautiques dans le pays.

Quelle incroyable libert�, hein ?

Incroyable, putain.

... les lacs et les ruisseaux pour...

Je devrais y aller. Tu dois te lever t�t demain matin.

Toi aussi.

Ouais.

Alors, j'y vais.

Ou tu pourrais...

entrer une minute.

Tu crois ?

Pour un petit moment, si tu veux.

Avec plaisir.

Allons-y.

D'accord.

Elle dort ?

Ouais. Elle dort toujours avec la t�l� allum�e.

Tu veux �couter de la musique ?

Oui.

Qui sont ces gens ?

Voici Malvina Reynolds.

C'est elle qui a �crit la chanson que j'ai chant�e aujourd'hui.

Et...

C'est Woody Guthrie.

Et voici Pete Seeger.

L�, c'est Joan Baez.

C'est elle que je pr�f�re.

Et voici Bob Dylan.

Tu le connais, non ?

Voici Odetta. La plus belle des voix.

D�sol�e, pas de photo de Jim Swaine.

Tu veux jouer au loto musical ?

- Oui. - D'accord.

C'est amusant.

Tu seras le maestro

avec 12 jetons.

Voil�. Tu ne comptes pas ceux-l�.

J'en prends 12 et...

C'est comme le loto ?

C'est un loto musical.

Je ne sais pas jouer au loto.

- Non ? - Non.

Bon.

On n'est pas oblig�s de jouer.

Non.

- Je peux ? - Ouais.

Tu crois que je devrais me changer ?

Je me change ?

Je vais me changer.

Ma chemise de nuit.

Je vais juste aller me changer.

Tu es belle.

- Vraiment belle. - Merci.

D�sol�e. Le lit est petit.

On pourrait pas juste...

Voici mon adresse.

Tu peux �crire si tu veux.

Prends soin de toi.

D'accord.

Au revoir, Eddie.

Au revoir.

Tu as une pi�ce pour un caf� ?

- Caporal Birdlace, au rapport. - O� �tais-tu, bon sang ?

J'en sais rien. J'ai oubli�.

J'ai l'air plus frais que toi.

Que s'est-il pass� ?

On s'est �clat�s.

On a castagn� des cols bleus.

On est all�s voir un porno et on a rencontr� une femme tr�s sensible.

Dix dollars pour tous les trois. Et avant �a, on s'est fait tatouer.

- Une abeille. - Regarde.

Une abeille pour les Quatre B. T'en dis quoi ?

J'aime bien, c'est chouette.

Berzin s'est fait faire le tien.

Montre-lui, Berz.

Va te faire foutre.

C'est joli.

Tu me dois une abeille.

Votre attention au personnel militaire.

D�part de la navette de l'Ile au Tr�sor...

Allons-y.

Alors, tu nous racontes ou quoi ?

Crache le morceau, Birdlegs.

Je lui ai promis que je ne dirai rien.

Allez, enfoir�. On te dit tout.

Restez discrets. Elle est mari�e.

Mari�e ? Le con ! Elle est mari�e.

Incroyable, caporal. Incroyable, putain.

Tu sais ce qu'on dit. Elles sont meilleures.

"Elles parlent pas, elles grossissent pas."

Belle ?

Oui. 32 ans, blonde, faite comme une...

32 ans ? Tu baises avec les m�m�s ou quoi ?

Si elle lui ressemble, un peu mon neveu.

Elle �tait vraiment belle.

Elle en voulait encore.

Son type la d�laissait. Un p�d�, s�rement.

C'est pas �tonnant pour un lieutenant commandant.

Une femme d'officier ! Incroyable, putain !

Tu sais quoi, Berzin ? Toi et moi on est des baratineurs.

Allez, Birdlace. Qu'est-ce qui te prend ?

Le sac de merde �dent� que t'as amen� � la f�te...

Au concours.

C'�tait pr�par�, hein ?

Pourquoi tu dis �a ?

J'�tais pas avec une femme d'officier hier soir.

J'�tais avec Rose. Elle m'a racont�.

Je savais qu'elle le ferait.

Je t'ai vu avec elle hier soir � Chinatown, pendant qu'on se faisait faire nos abeilles.

Tu d�connes.

- Putain. - Je leur dirai rien.

Tu leur diras pas que c'�tait un coup mont�, hein ?

Comment on a fait pour �tre aussi menteurs ?

Comment on a fait pour devenir aussi cons ?

Je pensais � �a et... Et merde.

Je sais pas comment �a a commenc�.

- Ouais. Laisse tomber. - Oui.

- Rendors-toi. - Oui.

�a vaut pas le coup.

T'as gagn� en tout bien tout honneur

et j'ai pass� la nuit avec la femme de l'officier.

- Compris, caporal. - Conneries.

Tu vois ce que je veux dire ?

Oui.

Je vais te dire un truc sur les conneries.

Tout le monde en raconte.

Tu m'en sors une, je la crois.

Je t'en sors une, tu la crois.

�a fait pas de nous des cons.

�a fait de nous des copains.

On croit au Corps, �a fait de nous des marines.

Et le Corps croit les conneries de Kennedy,

et Kennedy croit les conneries de tous les putains Etats-Unis d'Am�rique.

Et �a fait de nous des Am�ricains.

- C'est quand m�me des conneries. - Oui.

Et on est dedans jusqu'au cou, mon pote.

Tu vois ce que je veux dire ?

Berzin, tu peux toujours tout expliquer.

Je sais pas si j'explique, mais...

En tout cas, �a, c'est clair pour moi.

Et �a, c'est pas des conneries.

Bon sang.

Charmant, Okie.

C'est le parfum d'Okie que je sens ?

H�, Birdlace, alors c'�tait une poup�e ou non ?

- Quoi ? - La femme de l'officier.

Elle �tait belle comment ?

- Dis-moi. - Allez, dis-lui.

Je vais te dire �a, esp�ce de pauvre con.

Elle �tait si belle que tu traverserais un champ de mines en rampant

rien que pour sentir l'odeur du camion du pressing qui emporte sa culotte.

Arr�te !

L�che-moi !

Allez, arr�te !

Mes cheveux !

- Daley. - Pr�sent.

- Erlich. - Pr�sent.

- Bailey. - Pr�sent.

- Riker. - Pr�sent.

- Lincoln. - Pr�sent.

- Sanders. - Pr�sent.

- Sarnof. - Pr�sent.

- Tate. - Pr�sent.

Et voici Bob McNeil de N.B.C., en ligne pour son reportage. Allez-y, Bob.

Le Secr�taire de la Maison Blanche, Malcolm Kilduff,

vient d'annoncer que le pr�sident Kennedy

est d�c�d� � 13 h, heure centrale, il y a environ 35 minutes.

- Succombant aux tirs... - Succombant aux tirs...

- ... d'un agresseur inconnu... - ... d'un agresseur inconnu...

... lors d'un d�fil� en voiture dans la ville de Dallas.

... lors d'un d�fil� en voiture dans la ville de Dallas.

- Le pr�sident est d�c�d�... - Le pr�sident est d�c�d�...

- ... environ 25 minutes... - ... environ 25 minutes...

Chou Lai, Vi�t-Nam du Sud - 1966

Je te suis pour quatre

et je monte � cinq.

Vous voulez entendre une blague ?

Et voil�. J'ai gagn�.

C'est quoi, cette merde ?

- Vous voulez une blague ? - T'essaies quoi, l� ?

- Tu me prends pour un con. - Raconte la blague.

Qu'est-ce que le fant�me a dit � l'abeille ?

J'en sais rien.

"Hou, ah. Hou, ah."

C'est pas mal.

Tr�s dr�le, Okie.

Mon genou !

Je suis touch�.

- J'ai besoin d'aide ! - Mon bras, putain !

Benjamin !

Il est mort ! Le salaud est mort !

O� est Benjamin ?

Eddie, ne me l�che pas, bordel !

San Francisco.

Attention � la marche en sortant.

Merci d'�tre venus.

H�, mec, t'as tu� combien de b�b�s ?

Big Brother et The Holding Company sponsorisent

cet �v�nement pour la clinique gratuite de Haight Community.

Venez voir, avant que les prix ne flambent.

Il avait un scorpion sur le dos.

Un tatouage grand comme �a.

Il avait un T-shirt sans manches.

Comment �a va ?

Je prends un whisky.

- Oui, Karl aussi en veut un. - Oui.

- J'ai pas les moyens. Augmente-moi. - Ouais.

Joueur sur la premi�re.

�a fait un dollar dix.

Voici deux dollars. Gardez la monnaie.

Merci.

- C'est chouette. Alors, �a a march� ? - Quoi ?

L'oiseau bleu.

Il m'a pas amen� o� il devait, mais il vole encore.

On parlait de tatouages.

Belles abeilles.

Vous venez de les faire faire ?

Ouais.

J'en ai une qui danse.

Il veut pas voir ton ventre.

Je dis que j'en ai une qui danse, c'est tout.

C'est pas grand-chose.

Je peux voir ?

Bon sang !

T'as compris ? Une danseuse du ventre ?

H�, je l'ai fait faire � Tijuana.

T'es d�j� all� � Tijuana ?

Ouais.

Je l'ai eu � Dego en sortant du camp d'entra�nement.

T'es un marine ?

Oui.

- Vi�t-Nam ? - Ouais.

Ouais, c'est moche.

Gratuit pour celui-l�, Karl.

- Merci. - Merci � toi.

Caf� CHEZ ROSE

Les choses ont vraiment chang� par ici.

On peut le dire.

Sans rire.

Rose s'occupe toujours du caf� en face ?

Il y en a eu plusieurs, des Rose.

La petite-fille reprend le truc, je crois.

Je crois l'avoir d�j� vue. Un peu ronde, non ?

Ronde ? C'est pas un cadeau.

Et toi, t'es un play-boy, Karl ?

Je suis un amant.

Un amant ?

Rose ?

Salut.

Salut.

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