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Vent violent
- C'était le jour de la Saint-Sébastien.
J'ai Ă©tĂ© surpris par la tempĂȘte.
Je me suis mis Ă marcher vers le refuge du Grand Baou pour m'abriter.
Et c'est lĂ que je l'ai vue.
L'homme ouvre la porte.
Musique triste Vent
Elle parle italien.
- Pour moi aussi.
La femme halĂšte.
La femme gémit.
- Poussez.
La femme gémit.
Un nouveau-né pousse des cris.
Musique triste
Crépitement du feu
- Comment on va t'appeler, toi ?
Il gémit doucement.
Pas sur le plancher
- ArrĂȘte. Rires
- Sébastien ?
Sébastien !
Aboiement - ArrĂȘte !
- On avait dit pas dans la chambre. - Oui.
- Oui...
- Mais arrĂȘte...
- Alors ?
- J'ignore comment ils sont arrivés ici.
- Ben, voyons... - Belle.
On avait dit pas dans la chambre.
Belle gémit.
- Allez, viens. Tu vas m'aider.
Les chiots aboient.
Sébastien rit.
Musique douce
- ArrĂȘte de bouffer le miel de CĂ©sar.
Aboiements
Les chiots gémissent.
Il dĂ©chiquette le coussin. LĂąche. ArrĂȘte !
LĂąche, je te dis.
Non ! Toi, reste lĂ .
C'est pas vrai !
Il est oĂč, l'autre ?
- Sébastien ?
Ăa Va?
- Oui, oui...
Un chiot aboie.
Il grogne.
Rire
Les moutons bĂȘlent.
- C'est gentil. C'est bien.
Belle, va préparer les rouleaux de sel.
- ArrĂȘte, je te dis !
Non,non!
- Au contraire, laisse-les.
Le chiot gémit.
Il faut qu'ils s'apprivoisent.
VoilĂ comment en faire de bons chiens de berger.
- Tu vas ĂȘtre en retard Ă l'Ă©cole.
- Papa, pas aujourd'hui ! - Tu y vas.
Aujourd'hui, demain, tous les jours. Allez !
- Tu peux lui dire, toi ?
- Non, il a raison. File. - DĂ©pĂȘche-toi.
Allez, dĂ©pĂȘche-toi.
La cloche sonne. - Un paysan récolte 8 pommes
et 7 poires par jour.
Il vend tous les mois sa récolte au marché.
Sachant qu'une pomme coûte 3 francs...
(-Ils sont grands comment ?) (-Ils sont grands comme ça.)
(-Et ils ont toujours pas de noms ?)
Le cours se poursuit.
(Moi, j'ai des idées : Mistouflette...)
('-HĂ© !)
(-Quoi ?) (-Tu vas les donner Ă qui ?)
(-à personne !) - Sébastien ?
Tu me copieras 100 lignes.
-100 lignes ?
Pourquoi pas 200 ?
- Bonne idée : 200 lignes.
Elle rit. Bien...
Maintenant, prenez chacun un exemplaire.
Martine, tu fais passer Ă tes camarades.
Essayez d'en lire cinq pages tous les jours.
N'est-ce pas, Sébastien ?
-" Les Trois
"Moustiquaires ?"
- Non. Mousquetaires.
Rires Non, s'il vous plaĂźt !
- Ă demain. - Oui.
Y a un problĂšme ? - Non. Pourquoi ?
- J'ai 12 ans.
Inutile de venir me chercher.
- Il fait beau : on pourrait monterjusqu'au Grand Baou.
_Si, si ! Mans SI tu as pas envie.
- Tu as pas de devoirs ? - Non.
Premier arrivé !
- Séba... Belle aboie.
Elle gémit.
- Pardon !
Musique rythmée
- Oh non...
J'en peux plus.
Elle soupire.
C'est pas vrai !
Tu as une idée, toi ?
Belle gémit.
Musique mélancolique
Angelina soupire.
- Perdu.
Elle rit.
- Ăa va. Ne crĂąne pas.
Y a pas si longtemps, c'était moi qui gagnais.
- Ăa, c'Ă©tait avant.
Petit grognement
Je t'écoute.
- On est bien, lĂ . - Oui.
- Quand tu franchis les nuages en avion,
le ciel est d'un bleu incroyable. - Oui.
- Tu sais qu'avec Pierre, on s'aime ?
- Oui, quand mĂȘme !
- Je voulais te dire que Pierre et moi, on a décidé de se marier.
Je voudrais
ĂȘtre sĂ»re que... C'est ton pĂšre, je suis ta tante.
- Tu es pas vraiment ma tante.
- Oui, en plus... - Donc,
tout va bien.
Juste... - Oui ?
- Je serai pas obligé de t'appeler maman ?
- Bah non !
- Ăa ferait bizarre.
- Carrément.
Elle rit.
Musique douce
- Quand mĂȘme !
- Embrassez-vous.
Musique jazzy Brouhaha festif
- Sébastien !
-Oui ?
- Tiens.
Pour défendre
la maison en notre absence.
- Ouah ! - Ăa change rien entre nous.
- Quoi, le couteau ?
- Non, pas le couteau.
- Tiens !
C'est la tradition.
Sinon, ça coupe l'amitié.
- Elle est belle.
- Tu as déjà dormi
avec elle ? - Ben oui...
- Alors tu sais qu'elle ronfle.
Il rit.
- On garde ça pour nous ? - Oui.
Brouhaha festif
Chiche ou pas ?
Tu es pas chiche.
C'est bon ?
- C'est pas bon.
- Beurk!
- J'entends bien, oui. Rire
Tout de mĂȘme. Et SĂ©bastien ?
- Quoi, Sébastien ?
- Il dit quoi, Sébastien ?
- On lui a pas annoncé, encore.
Pour l'instant, on part 15 jours.
Je vais négocier mon contrat. Angelina va s'inscrire
à l'université. - On déménagera en mai.
- Vous avez dit quoi au petit ?
- Qu'on partait en lune de miel.
- Et toi, tu laisses
partir ton petit sauvage au Canada ?
- Oui. Sa place est avec son pĂšre.
- Quand mĂȘme ! MontrĂ©al, c'est grand.
Ăa va le changer de Saint-Martin.
- Il va pas rester lĂ
toute sa vie.
C'est une chance pour lui. Il va voir le monde.
- Bon,ben...
Ă votre bonheur
à tous les deux ! - Santé !
- Si les petits de Belle sont comme leur mÚre, ça promet.
- Ăa va faire de sacrĂ©s bestiaux.
- Tu m'en mettras un de cÎté ?
Ils rient.
- Tu rĂȘves ?
- Tu auras jamais les moyens, mon pauvre vieux.
MĂȘme si tu gagnes. Ce qui est pas prĂšs d'arriver...
- Ils sont pas Ă vendre.
Et puis, ils sont pas Ă lui.
Tu voulais pas de cette chienne.
Et tu vendrais ses petits ?
Leur place,
c'est avec leur mĂšre. Non ?
- Tu veux bien m'écouter ?
Quand ils seront sevrés...
Allez, joue !
- Sébastien !
Sébastien !
- HĂ© ! Ne t'inquiĂšte pas.
On part quinze jours. On lui parlera quand on sera sûrs.
Fais-lui confiance. Il comprendra : il a douze ans.
- On aurait dû lui dire la vérité.
- S'il te voit heureux, il le sera aussi.
Tu es heureux ? - Oui.
Fais voir...
- Ah ? - C'est mieux.
En route, Pierrot.
Musique triste
Les portiĂšres claquent.
Le démarreur s'enraye.
Belle grogne. - ArrĂȘte.
J'irai pas.
Ils nous mentent. Tu comprends ?
La voiture démarre.
Belle gémit. La voiture s'éloigne.
Musique triste
Petits gémissements
César soupire. - Je sais que tu dors pas.
J'ai que trente moutons. Quatre chiens, c'est trop pour les garder.
C'est pas une question d'argent. Je m'en fiche.
MĂȘme Belle sait que ses petits partiront un jour.
Pas demain, mais...
Un jour. C'est comme ça.
C'est dans l'ordre des choses. Toi aussi, un jour, tu partiras.
- Ăa te ferait bien plaisir. Tu serais dĂ©barrassĂ©.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu ferais quoi ici ? Tu vas pas ĂȘtre berger comme moi ?
- Pourquoi pas ?
- Tu vaux mieux que ça.
- Toi, tu vaux pas mieux que ça ?
- J'ai pas eu le choix. J'ai pas été à l'école.
- Tu as pas vu le monde ?
Il soupire.
- Dors bien.
César s'éloigne.
La porte se referme.
Belle gémit.
Musique mélancolique
Véhicule à l'approche
Le moteur s'arrĂȘte.
Frein Ă main
La portiĂšre grince.
Musique de suspense
- Le chalet de César, tu connais ?
- Je peux VOUS y emmener.
- C'est pas de refus.
- C'est un camion américain ?
Il était à un colonel allemand.
- Mon pÚre leur a volé un avion.
- Je l'ai pas volé, moi. Je l'ai gagné.
'Gagné ?
- Avec ça.
Tu sais y jouer ?
Prends-les, ils mordent pas.
Je te propose un pari. Tu jettes un dé :
si tu fais 1, 2 ou 3, je dois deviner ton prénom.
Si tu fais 4, 5 ou 6,
Ă toi de deviner le mien.
Vas-y, que risques-tu ?
La chance du débutant.
Moi, c'est Joseph. Toi, laisse-moi deviner...
Tu t'appelles...
J'y arrive pas.
Je donne ma langue au chat,
Sébastien.
L'homme rit.
La portiĂšre claque.
J'ai été saisi en voyant la photo dans le journal.
Ăa fait plus de 4 ans que je la cherche partout,
ma chienne. - Qu'est-ce qu'il raconte ?
- C'est long. Je l'ai cru morte.
- Vous avez des preuves ?
Belle aboie.
- Elle me reconnaĂźt.
- Oui, mais...
elle vous fait pas la fĂȘte.
Vous arrivez comme ça,
en la réclamant et vous voudriez qu'on vous croie ?
- Les patous se ressemblent.
- Tous n'ont pas une cicatrice dans l'oreille.
Une cicatrice en forme de "V".
Elle se l'est faite
en sautant une barriĂšre. - N'importe quoi !
Vous l'avez sûrement blessée.
André m'a dit que vous l'attachiez,
que vous la battiez.
'Moi ?
Je pourrais jamais faire ça.
Faudrait ĂȘtre un monstre.
- Je l'ai récupérée squelettique.
- Récupérée ? Elle est donc pas à toi.
- Mais... - Tu t'en es
bien occupé.
Merci infiniment.
Désolée qu'il s'y soit
attaché... - Va me chercher mon fusil.
Belle grogne.
Vous devriez partir.
- Vous avez tort de faire ça.
Réfléchissez un jour ou deux.
Il aura le temps de faire ses adieux...
Belle aboie.
...Ă la chienne.
Belle gémit.
Joseph s'éloigne.
- On va trouver une solution.
Ne t'inquiĂšte pas. Elle va rester avec nous.
Fais-moi confiance.
Les chiots gémissent.
Joseph siffle.
Aboiements
Joseph retient les raquettes.
Sébastien !
- Elle est pas
Ă vous, Belle.
Elle le sera jamais.
- On parie ?
Le véhicule démarre.
- Sébastien, qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- Rien.
Aboiements Rentrez.
Pourquoi il la veut ? Il l'aime pas.
- Belle vaut cher. - C'est dégueulasse.
- Oui, c'est dégueulasse.
- César, on a un gros problÚme.
- Ăcoutez...
Je veux pas causer de problĂšme.
Rendez-moi ma chienne et on en reste lĂ .
- Monsieur est venu
avec des témoignages écrits des gens de chez lui.
Pour eux, Belle est à lui. Ils évoquent sa cicatrice à l'oreille.
- Ăa veut rien dire.
- Si. Ăa veut dire qu'elle est Ă moi.
- Les chiens, ils suivent
ceux qu'ils aiment.
- Faudrait qu'on parle des chiots, aussi.
- Les chiots ?
On va pas lui donner les chiots !
André disait qu'il la battait. Il l'attachait et Paffamait.
Il aurait pu témoigner aussi.
- André boit un peu trop. - Alors, tu vas
rien faire ?
- C'est la loi. J'y peux rien.
- La chienne reste ici.
- Je reviendrai avec les gendarmes. - Faites donc !
- Moi, j'écris pas les lois.
- C'est dommage.
- Attends lĂ . - Mais...
- Tu m'attends, je te dis.
Je vous l'achĂšte.
10000 francs.
- C'est beaucoup d'argent.
- Vous ĂȘtes lĂ pour ça, non ?
- Vous devrez vendre votre maison.
- Ăa me regarde.
-30000.
-20.
-20000.
Et combien
pour les chiots ?
- EspĂšce d'ordure.
Sébastien !
Sébastien !
Ăcoute-moi.
César est essoufflé.
Je vais trouver une solution.
- Ah bon ?
- Ton pÚre laissera jamais faire ça.
- Mon pĂšre revient dans dix jours.
- On va gagner du temps. Les gendarmes me connaissent.
Je leur expliquerai.
Il soupire.
Musique triste
Belle gémit.
- On a pas le choix.
Claquement
César grogne doucement.
(Reste lĂ , toi. Reste lĂ .)
(Belle, on s'arrĂȘte prendre les lĂ©gumes.)
Belle aboie.
(Chut, Belle ! Tu vas réveiller César.)
Musique inquiétante
- Tu pars en vacances, Sébastien ?
Belle grogne.
Il fait tomber les légumes.
Elle aboie.
César gémit dans son sommeil.
Ne fais pas cette tĂȘte-lĂ .
Un jour, tu gagnes. Un jour, tu perds.
Un jour, tu es vivant.
Un jour, tu es mort.
Belle gémit.
Au final,
tu décides jamais.
Belle grogne.
Jamais.
Il hurle. - Bien joué.
Claquement
Allez, Belle.
- Sébastien !
Sébastien, c'est l'heure !
- Tu m'as dit qu'un jour, faudrait partir. C'est maintenant.
- Sébastien ?
Sébastien !
C'est pas vrai...
Sébastien !
Sébastien !
Tambourinement
Qu'est-ce que vous foutez lĂ ?
- Ils sont partis se cacher oĂč ?
Ton gosse a pris ma chienne. Ils sont oĂč ?
- Vous ĂȘtes chez moi, ici.
Foutez le camp.
- La chienne finira dans mon half-track. Crois-moi.
Il soupire.
Musique majestueuse
- On va se cacher aux Molines. Ils penseront pas Ă nous y chercher.
Regarde. C'est juste
derriĂšre cette montagne.
Belle gémit.
Belle aboie.
Le ciel gronde.
Ăa arrive sur nous.
Belle gémit.
On doit y aller.
Elle grogne.
Elle gémit.
Vent violent
Continue !
Belle grogne.
Allez !
Belle aboie.
Allez, Belle !
Belle halĂšte.
Belle gémit. Sébastien est essoufflé.
Allez, encore un effort !
Effort
Belle halĂšte.
C'est bien, Belle. Continue !
- Sébastien !
- Sébastien !
- Sébastien !
Trompe
- Sébastien !
Belle grogne. Sébastien halÚte.
Petit cri
Musique dramatique
Sébastien gémit.
- Belle !
Belle !
Belle !
Belle !
Belle !
- Sébastien ! Trompe
- Belle est avec lui. Il va s'en sortir.
- C'est pas grĂące Ă tes lois pourries.
- César...
- Sébastien !
Sébastien !
La tempĂȘte se calme.
En italien
Musique douce et mystérieuse
- Maman ?
La tempĂȘte reprend.
Belle lui lĂšche le visage.
Musique majestueuse
Belle halĂšte.
Belle aboie.
Gémissements
Il soupire.
Musique sombre
Les chiens chahutent entre eux.
- Viens, Belle !
Belle aboie.
Merci, Belle.
Musique majestueuse
Tu nous as sauvés. Belle grogne.
Regarde.
Belle gémit.
On y est. On a réussi.
Belle aboie.
Belle gémit.
ChqueĂŒs
Belle aboie.
Elle gémit.
C'est parfait. Tu as vu ? C'est chouette.
Musique rythmée
Les chiots aboient.
J'ai un plan, tu sais.
On reste ici jusqu'au printemps.
AprĂšs, on passera en Italie.
Je nous trouverai un troupeau et on fera
la transhumance. On gagnera de quoi vivre.
L'hiver, je ferai des petits boulots.
Y a toujours besoin d'un commis. Et au printemps
d'aprĂšs...
Belle grogne. Euh...
Elle gémit.
Eh bien, on recommencera.
Les chiots grognent.
Mais arrĂȘte ! SĂ©bastien rit.
Les chiots gémissent.
Je peux pas travailler.
Allez, poussez-vous.
Ouste, ouste !
LĂąche-moi.
Un chiot pÚte. Sébastien rit.
Mais non...
Ăa se mange pas, Ăa-
Des noix, du fromage, de la confiture...
Des chĂątaignes.
Et du saucisson.
Belle gémit.
Une tranche pour toi.
Belle mange le saucisson.
Bon... Demain, on ira chasser.
Musique douce Légers grognements
Papa et Angelina,
tu crois qu'ils vont faire des bébés ?
Belle gémit.
"'C'est avec monsieur que je me bats', dit Athos
"en montrant de la main d'Artagnan et en le saluant du mĂȘme geste.
"'Je me bats aussi avec lui', dit Portos."
Le chiot aboie.
"'Mais à une heure seulement', répondit d'Artagnan.
"'Moi aussi, je me bats avec lui',
"dit Aramis, en arrivant sur le terrain."
- Oui, M. le maire : un patou, des chiots, un gamin.
Comme vous dites, c'est pas banal. Si vous les voyez, rappelez-moi.
Tout de suite, d'accord ? Ne leur dites rien.
Compris ? Je vous remercie.
On continue. - Ăa fait plus de deux jours.
- Préviens son pÚre. - J'arrive pas à les joindre.
- Bon ! Alors, suivant.
Saint-Vincent-sur-Jabron. Allez, c'est parti.
Musique douce
Belle grogne.
Clac
Belle gémit.
- Tu as pas compris le plan ?
- Des moutons...
...étaient...
...en sûreté...
...dans un parc.
Des "moutons-sss"...
..."étaient-ttt" ...
...en sûr-e-té...
...dans un parc.
Ce qui permettait
...au berger...
...d'ĂȘtre rassurĂ©.
Belle halĂšte.
Sébastien gémit. Belle grogne.
- Belle, qu'est-ce qu'il y a ?
Belle gémit.
Elle aboie. Gémissements
Qu'est-ce que tu as ?
Gémissements
Elle grogne.
Grognements satisfaits
J'aurais jamais dĂ» te dire chacun son tour pour le lit.
Brou ha ha
- Ăa fait 4 jours qu'il a disparu.
- Mon pĂšre dit qu'il est mort.
- Allez, les enfants, on rentre !
- D'accord, d'accord...
Merci, Hubert.
Tu me rappelles si tu as du nouveau. Merci.
Urbain raccroche.
C'était le dernier.
On a appelé tous les villages à 40 km à la ronde.
- Dis-moi qu'on peut encore y arriver.
Tu imagines lĂ -haut ?
Il fait -30 degrés la nuit. Avec la neige, on peut pas faire du feu.
Si y a une avalanche...
ou s'il croise un loup...
La porte grince.
Tu sais oĂč il est ?
- Oui.
- Le refuge des Molines. - Plus tard !
J'aurais dĂ» y penser avant.
On y était cet été à la transhumance.
Il a adoré cet endroit. - Comment on va faire ?
- C'est le moment de sortir ta 4 CV.
Musique sombre
Véhicule à l'approche
Le moteur toussote. Musique enjouée
Rassure-moi : à un moment, tu vas accélérer ?
La pédale de frein, ça sert pas à accélérer.
Avec un ùne, ça aurait été plus vite.
- Ah... tais-toi !
- Quoi, "tais-toi" ? - Je dois me concentrer.
- Mais tu es Ă deux Ă l'heure, lĂ !
Coup de feu
Urbain crie.
La voiture s'emballe.
Braque, braque !
Braque ! - Je contrĂŽle plus.
- C'est pas vrai... C'est pas vrai !
- C'est de ta faute ! à me faire conduire comme un dératé !
- Tu sais oĂč on est ? Tu sais oĂč on est, lĂ ?
- Je dirais...
Entre l'Arcueil et Rougemont.
- Nulle part ! VoilĂ oĂč on est.
- Ne descends pas !
Grincements métalliques
Viens que je t'aide. - Laisse-moi. Fous-moi la paix !
- Mais je t'aide ! - Fous-moi la paix !
Tu m'emmerdes ! - TĂȘte de cochon !
Musique sombre
Il crache.
Effort
- Les revendeurs t'ont dit comment faire ?
- Faire quoi ?
César ouvre le capot.
Raclements métalliques
- Rassure-moi : tu sais changer une roue ?
Urbain gémit.
Belle gratte la glace.
- Chut, Belle...
Elle grogne. ArrĂȘte. Tu vas
leur faire peur.
J'en ai une !
Belle aboie.
On devait faire des réserves.
Le cadenas cĂšde.
Les chiots grognent.
Il aboie.
Le chiot gémit.
Belle gémit. - Qu'est-ce qu'il y a ?
Belle !
Belle !
Belle !
Oh non...
Belle aboie. Un moteur gronde.
Les chiots aboient.
Elle gémit.
Musique triste
Oh non...
Elle gémit.
Les chiots gémissent.
Grincement
Belle aboie.
Belle !
César halÚte.
Un véhicule approche.
Clac
Le half-track démarre en trombe.
César crie.
César gémit.
Il halĂšte.
La porte s'ouvre.
César halÚte.
- Ha, Sébastien !
- César!
Musique mélancolique
J'avais promis de les protéger.
- C'est moi.
C'est de ma faute.
Sébastien pleure.
- Il va la tuer.
Il va la tuer pour lui faire payer.
- Chut...
Il m'a suivi.
Il a toujours eu un coup d'avance.
Je suis trop vieux.
- Non. Je suis trop petit.
- Un petit qui a fait du bon boulot.
- Tu vois, je peux ĂȘtre utile.
Pourquoi tu le laisses m'emmener au Canada ?
J'étais sous la table, au mariage. J'ai tout entendu.
Pourquoi tu le laisses m'emmener ?
- C'est aux parents de décider.
- Tu es plus que mon grand-pĂšre. - Mais je suis pas ton pĂšre.
Tu vas voyager. J'aurais aimé faire ça à ton ùge.
- Moi, je suis pas toi.
- Y a des bergers au Canada.
- Moi, ce que je veux, c'est ĂȘtre berger ici.
Avec toi.
Et avec Belle. Si je pars,
ce sera plus comme avant.
- Et si c'est mieux ?
On va aller les chercher. Chez lui.
- Chez lui ?
- On va pas se laisser faire.
- Ăa non ! Grincement
Clac
- J'ai fait aussi vite que j'ai pu.
Il halĂšte. - Allez, en route !
Allez !
Allez, on y va ! On y va.
Allez ! - Alors, on se repose pas ?
Bon... Il est essoufflé.
Coup violent
Belle gémit doucement.
Elle aboie.
- Tu es pas contente d'ĂȘtre revenue Ă la maison ?
Elle aboie tristement.
Les chiots aboient.
Gémissements plaintifs
Il imite ses plaintes.
Profite bien de tes petits.
Belle gémit.
Ăa va pas durer.
Musique épique
- Tu avais raison.
C'est un bijou, cette voiture. - Une fois Ă OrmiĂšres, on fait quoi ?
- Comme les mousquetaires, on fonce dans le tas.
- C'est hors la loi.
Ăa te pose un problĂšme ? - Pas du tout.
AccélÚre.
- On va demander la maison de Joseph.
- Allons-y.
- Non, pas comme ça ! C'est pourtant pas difficile.
- C'était pas comme ça ?
- Ne mets pas ça
dans le banneton ! Il fallait bouler serré. Tu le sais.
- J'avais pas compris.
- Y a que la moitiĂ© qui est prĂȘte Ă ĂȘtre livrĂ©e.
- Je suis désolé. - Fallait faire attention.
La discussion continue.
Un Ăąne brait.
- Belle ?
Musique intrigante
Belle, attends. Qu'est-ce que tu as ?
Grognement doux
- Oui, Mathieu. Exactement. Van Gogh s'est coupé l'oreille.
Citez d'autres peintres exposés au Louvre.
Oui, Jean ? - La "Jopombe".
La classe rit. - On ne se moque pas !
C'est déjà bien. Jean a essayé.
Ce n'est pas la "Jopombe", mais la "Joconde".
Et la "Joconde" n'est pas un peintre, mais un tableau.
Maintenant, prenez tous votre cahier.
Vous allez m'écrire les noms des peintres que vous connaissez.
La chienne grogne.
- Que fait-on ici ?
- Que fais-tu lĂ ?
- C'est votre chien qui m'a amené ici.
Elle gémit.
- Mon chien ?
Qu'as-tu encore fait, Alba ?
Que lui as-tu fait ?
Elle est toute chose.
- Je lui ai rien fait.
- Ăa suffit. J'appelle les gendarmes.
- Non, attendez !
Je cherche Joseph. Il m'a volé ma chienne.
- Je comprends rien. Quelle chienne ? - Ma chienne.
Elle lui ressemble, mais elle a pas l'Ćil noir.
Elle est pas Ă lui.
-Joseph ?
Ta chienne, tu l'aurais pas trouvée pendant l'été 43 ?
- Comment vous savez ?
Elle soupire.
- C'est sa mĂšre.
VoilĂ pourquoi elle te renifle.
La chienne gémit.
- La mĂšre de Belle ?
- Tu l'as appelée Belle ?
J'aime bien.
- Sébastien !
- C'est mon grand-pĂšre.
- SĂ©bastien ! - Ăa, c'est le maire de St-Martin.
- Je suis là ! - Sébastien !
OĂč tu Ă©tais ? On t'a cherchĂ© partout.
- Bonjour.
- Madame... Pardon, j'étais inquiet.
- Urbain.
- César.
- Il est pas petit. Il a 11 ans.
- Douze. - Et je m'appelle Madeleine.
- C'est pas Belle ?
- C'est sa mĂšre.
- La mĂšre de Belle ? - Oui,
pas la mienne.
- On cherche... - Je sais.
- Vous savez oĂč... - Suivez-moi.
- Ăa fait longtemps
que vous connaissez Joseph ? - Il est arrivé vers 39.
Grognement Chut!
(C'est lĂ qu'il habite.)
- Fossoyeur.
- Chut ! Tout un programme.
Les chiens aboient.
Un.
- Elle t'a sentie.
Un.
Ne t'inquiĂšte pas. On va la sortir de lĂ .
Claquement
Belle gémit.
Un.
La porte se referme.
(-Ăa suffit maintenant.)
-Qu'espérez-vous,
(hein ? Avec votre bras, vous allez ĂȘtre efficace...)
- Elle a pas tort.
(-Joseph est pas comme nous.) (-On va pas rester sans rien faire.)
(-Il nous faut un plan.) (-Foncer dans le tas.)
(-Un vrai plan.)
(-Faut pas se faire prendre.)
(Je vous rappelle que légalement, c'est sa chienne.)
(-Ah non ! Elle est pas Ă lui.)
(Venez.)
Belle gémit doucement.
Coup
Le verrou tombe.
- Vous faites quoi déjà ?
- Institutrice, pourquoi ?
- Euh non...
- C'était le maßtre de Belle.
Jeluiaidonné quand sa vue a baissé.
Elle était petite,
mais elle a compris que René n'y voyait plus.
Tout un été, elle a tout fait. Elle menait le troupeau,
elle sortait les moutons... Madeleine rit.
César rit.
Et puis, René est mort.
Y avait pas d'héritier : les bergers du coin se sont partagé les moutons.
Et Joseph a pris Belle.
- Personne l'a empĂȘchĂ© ?
-Moi ?
J'aurais voulu vous y voir.
Vous l'avez déjà regardé dans les yeux ?
Dans son regard, y a que le vide et la mort.
C'était durant la guerre.
Il copinait avec les boches. J'ai eu peur.
- Tout le monde a peur de lui.
- Et Ă la fin de la guerre ?
- Là il était ami avec les résistants.
- Oui...
- Les miracles de l'armistice.
- C'est un malin.
- Comment Belle a pu s'enfuir ?
- Elle s'est pas enfuie. Je l'ai libérée.
La pauvre aboyait tellement.
Si je l'avais gardée, Joseph l'aurait
reprise. Je lui ai dit de filer.
Elle était différente, cette chienne.
J'étais sûre qu'un jour, elle rencontrerait quelqu'un...
comme toi.
- Il sort.
- On se met en position ?
- Tu vas y arriver ?
Va falloir que tu le retiennes longtemps.
- Tu sais ce que c'est, ton problĂšme ? Tu me sous-estimes.
La porte claque.
Des enfants jouent.
Les enfants se taisent.
Cri féroce
-Han!
Les enfants s'enfuient.
Musique guinguette Brouhaha festif
- Y a du saucisson.
- Il paraĂźt que vous ĂȘtes le roi du rami.
- Le petit sauvage est pas lĂ ?
- Au fond de son lit.
Le froid et le chagrin, ça abßme.
Surtout Ă douze ans.
- Oui. C'est fragile, Ă cet Ăąge-lĂ .
- C'est pas son grand-pÚre estropié qui le soignera.
- Vous devriez rentrer aussi.
Un malheur est si vite arrivé.
- Renault 4 CV.
Je vous la joue en 5 manches.
Si vous gagnez, la voiture est Ă vous.
Et si je gagne, je récupÚre la chienne et ses petits.
- Pourquoi je ferais ça ?
C'est mes chiens et j'ai déjà une voiture.
- En fait, vous avez peur.
- Peur de quoi ?
- Peur de perdre...
Joseph s'assied Ă la table.
Joseph brasse les cartes.
Il crache.
- C'est parti ?
- Sébastien ! - Ne criez pas.
La chaĂźne tinte.
- Je le laisse pas seul.
- Mais on est lĂ .
César gémit.
Ah, je vois...
TĂȘtu, hein ? Bien, bien tĂȘtu.
La chaĂźne tombe.
La chaĂźne tinte.
Aboiements
- Belle, c'est fini, je suis lĂ .
C'est fini.
- Oh, tu nous as reconnus.
Tu te souviens de nous ?
Oh, saloperie...
Belle gémit.
- Laissez-moi faire.
- On y est presque.
Et si Urbain arrive pas
Ă le retenir ?
- Il est imbattable.
Musique guinguette
Musique sombre
- Et voilĂ .
Deux manches à zéro. - Eh ben...
Tu auras pas perdu de temps.
- Allez, allez...
Aboiements
- Cette pince est nulle. - Pas ma faute
si vous ĂȘtes manchot...
- Voilà pourquoi je me suis jamais marié.
- C'est pas vrai... Cette pince est nulle !
- Donnez-moi ça.
Musique pesante
Il se racle la gorge.
- Qu'est-ce que vous regardez ?
Claquements du balancier
Vous avez rendez-vous ?
- Euh... non.
- Si ma chienne a disparu,
toi et ta 4 CV, vous allez finir dans le ravin.
Il halÚte. Joseph s'éloigne.
- Il faut y aller. On reviendra.
C'est promis.
- S'il nous surprend, on perdra sa trace pour de bon.
Que fais-tu ? Viens. Allez !
- Je pars pas sans elle.
On se quitte plus.
La cloche sonne.
- TĂȘtu... Comme son grand-pĂšre.
- OĂč as-tu appris Ăa ?
- Avec le cadenas de l'école.
- Tu triches ? - C'est pas grave !
Aboiements au loin Musique sombre
Le cadenas cĂšde.
- Oh ! ChaĂźne
Aboiements
Va par lĂ , vite ! Va te cacher
avec les chiens.
- Ils sont oĂč ? - Tu vas faire quoi ?
Tu vas nous tuer ?
- C'est fini, Joseph.
- Elle est pas à toi, cette chienne. Elle a jamais été à toi.
- Si on appelle les gendarmes, ils t'aideront Ă les retrouver.
Il les enferme.
Fais pas de conneries !
Joseph quitte la piĂšce.
- Sébastien ?
- Si tu touches Ă un seul de ses cheveux, je te tue !
Joseph claque la porte.
Il arme son fusil.
César craque une allumette.
Qu'est-ce qu'on fait ?
- On prie...
pour que Sébastien se soit trouvé une cachette.
Le portail grince.
Il renifle.
- Sébastien ?
Tu veux jouer Ă cache-cache ?
Les chiots gémissent. - Chut!
- C'est dangereux, un cimetiĂšre.
Tu pourrais tomber sur un mort.
Tu as déjà vu un mort ?
Joseph ricane. - Faites pas de bruit.
- Tu sais comment c'est, un mort ?
Au début, c'est terrifiant.
Mais trÚs vite, ça devient fascinant.
Ce vide,
ce rien,
ce silence...
Joseph renifle.
Joseph crie.
Trouvé !
Je sais que tu es lĂ . Hein ?
Je suis sûr que tu es là .
Tu es lĂ , hein ?
Montre-toi, Sébastien...
Tu es bien caché, hein ?
Il gémit doucement.
Il renifle.
(-Chut, chut !)
Joseph renifle.
Joseph respire fort.
Aboiements
Coup de feu
Il recharge.
Clic
Les chiots gémissent.
- Ne bougez pas. Vous restez lĂ . Je reviens vous chercher.
Musique de suspense
La chienne gémit.
Alba grogne.
Il renifle.
- Vous m'échapperez pas.
- DĂ©pĂȘche-toi, Belle.
Allez, Belle.
Belle, file. Vas-y !
Joseph respire fort.
- Ne lui faites pas de mal.
- Vas-Y-
Qu'est-ce que tu attends ? Allez.
Il lĂąche le couteau.
Belle aboie.
Il fait claquer sa langue.
Belle aboie. La glace se craquelle.
Viens, ma Belle.
Belle grogne.
Sébastien gémit.
Belle aboie.
Gémissement plaintif
- Non...
Non !
Belle grogne.
La glace craque.
Belle !
Non !
Belle !
Non !
Musique triste
Musique épique Remous
Belle, ma Belle ! Elle gémit.
Belle.
Belle !
Sébastien rit.
- On va pas y passer trois heures !
- Ăa prend du temps. Je vais pas... - Allez !
- Voilà . C'est pas trÚs joli. - C'est quoi, ça ?
- Du dĂ©sinfectant. - Ăa pue.
- Oui, mais il faut s'en servir.
Regardez la plaie. - Je vous ai rien demandé.
- Vous préférez que ça s'infecte ?
César soupire. - Aïe !
- Ne bougez pas. - Allez-y mollo aussi !
- Vous ĂȘtes douillet.
C'est pas possible. César soupire.
- AĂŻe, aĂŻe ! - Doumen
tĂȘtu, de mauvaise foi...
Rassurez-moi,
vous avez des qualités ?
Urbain ricane.
- Quand vous l'avez donnée au berger aveugle,
ça vous a pas rendue triste ?
- Un jour ou l'autre, il faut se séparer.
- César le dit aussi.
- Pour mieux se retrouver.
- Il ne dit pas que des bĂȘtises.
MĂȘme s'il en dit beaucoup.
Ils rient.
- César...!
- Tu as de la chance d'aller au Canada.
- Tu leur as donné un nom ?
- Athos, Portos...
Il est pour qui?
- Qu'est-ce que je vais en faire ?
Ăa va grandir et me mettre le foutoir.
- Madeleine va t'aider.
Elle connaĂźt les chiens.
- Oui...
César soupire.
- Quand j'Ă©tais dans la tempĂȘte, j'ai vu ma mĂšre.
- Ta mĂšre ?
- Je sais... Mais je l'ai vue.
Elle m'a sauvé.
- Je te crois.
Je suis lĂ . Je bouge pas.
- Monsieur, on doit y aller.
- Fonce maintenant. Et pas de larmes, d'accord ?
On va se revoir.
Fais attention Ă lui.
Tu le protĂšges, je te fais confiance.
N'oublie pas le sirop d'érable. Il paraßt que c'est délicieux.
Ăa a peut-ĂȘtre le goĂ»t d'arbre ?
- César!
César!
Je t'aime !
Je t'aime !
Musique mélancolique
Belle gémit.
Musique douce
Sous-titrage : ECLAIR
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