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Original subtitles

Premi�re partie : Les cheveux de Clara

Alors... J'ai apport� un morceau.

�a va beaucoup vous plaire.

C'est quoi ?

Attends un peu, je vous le mets...

Voyons si le son est bon, dans cette voiture.

Je vais mettre � fond. Je mets � fond, d'accord ?

Martin et Isabel, pr�parez-vous.

C'est bon3 intelligent, dr�le, c'est un bonpla�t.

�a se passe bien, avec mon fr�re ?

Il est beau,

intelligent, dr�le, c'est un bon amant...

Que demander de plus ?

Tant mieux...

Vous formez un joli couple.

Tout va pour le mieux.

On s'en va ?

Antonio ! On y va !

Adalberto se ronge les sangs.

Allons-y.

�a s'est bien pass� ?

Super, on est all�s faire un tour � la plage.

D'accord, mais �coute...

Vous avez tard�, certains invit�s veulent partir.

D'accord... Je vais appeler les petits

et apporter � manger � monsieur Z�.

D'accord, vas-y.

Pardon...

Vous pouvez continuer.

Monsieur Z� ?

- Des bonnes choses, de la f�te. - Merci.

Passez nous voir.

Fernando, Fernando, Luis-Fernando et Julia, venez !

On va chanter bon anniversaire !

- On s'amusait bien... - Vous reprendrez plus tard.

Allez.

"Tante Lucia...

Ce n'est pas tous les jours, qu'on f�te ses 70 ans.

Je ne sais pas si vous vous sentez �g�e,

ou si vous �tes telle qu'on vous conna�t :

une jeune fille de 70 ans.

J'ai 12 ans,

et je me rappelle les promenades avec notre grand-tante,

qu'on faisait aux man�ges du parc da Jaqueira,

au glacier Fri-Sabor de Salesiano ou au cin�ma S�o Luiz.

Vous avez �t�, et vous restez, la meilleure tante du monde."

"Tante Lucia a �t� une battante.

Elle est toujours une battante !

Elle a �t� championne de ping-pong et de volley, au Club Portugais,

elle a appris la guitare, le piano et le violon

et elle a donn� plusieurs concerts

au th��tre Santa Izabel.

Elle est entr�e � l'universit� � 18 ans,

o� elle a �t� re�ue deuxi�me

� la facult� f�d�rale de droit du Pernambouc,

en 1931,

d�butant ainsi une prestigieuse carri�re

o� son nom est devenu synonyme

d'un engagement sans faille dans son travail,

dans notre r�gion,

et � une �poque

o� rares �taient les femmes qui entraient � l'universit�,

et plus rares encore celles travaillant dans le droit et la litt�rature."

C'est pas fini !

"Apr�s avoir v�cu et �tudi� � S�o Paulo, dans les ann�es 40,

tante Lucia est revenue dans le Pernambouc.

Elle a travaill� � la campagne pendant les ann�es 60,

un moment difficile pour elle, pour la famille et pour le pays.

Elle a �t� poursuivie et envoy�e en prison.

Nous sommes tr�s fiers de ton parcours, tante Lucia.

La vie de tante Lucia m�riterait un livre, un film et une chanson,

et aujourd'hui,

nous vous souhaitons sant� et bonheur. � la v�tre !

� notre ch�re tante Lucia !"

Allez, tante Lucia !

Vous avez oubli�, ou saut�, la r�volution sexuelle.

Je plaisante... Je suis tr�s touch�e.

Sinc�rement.

Profond�ment.

Mais...

je voudrais rajouter une chose qui a �t� oubli�e...

vous n'en avez pas parl�, mais je vais le faire.

Vous avez �voqu� nombre de mes accomplissements,

ils ont tous fait partie de ma vie.

Mais vous avez oubli� de parler d'Augusto.

Augusto a �t� mon compagnon.

Je l'aimais profond�ment. D'un amour v�ritable.

Augusto est d�c�d�

depuis d�j� six ans.

Il a �t� mon compagnon pendant plus de 30 ans.

C'�tait un homme admirable.

On ne s'est jamais mari�s, car,

comme le savent certains d'entre vous,

il �tait d�j� mari�.

Que voulez-vous ? Personne n'est parfait.

Et puisqu'aujourd'hui, c'est mon anniversaire,

je voudrais trinquer � Augusto.

Merci � vous.

C'est difficile d'encha�ner

apr�s tante Lucia et ses paroles sensationnelles.

Je veux dire une chose, rapidement, j'y tiens.

Je n'ai jamais �t� croyant,

mais je voudrais exprimer toute ma reconnaissance.

Vous savez tous que 1979 a �t� une ann�e difficile pour nous.

Il a fallu affronter la maladie de Clara,

cette femme que j'aime tant.

Ces derniers mois auront �t� les plus durs de ma vie.

Accompagner ma femme dans les h�pitaux,

la regarder se battre contre ce traitement harassant,

r�unir Martin, Ana et Rodrigo,

leur dire la v�rit�, tout en les �pargnant,

essayer de continuer � vivre,

aller travailler,

prendre soin de la maison, trouver un semblant de paix.

Et aujourd'hui, Clara est parmi nous.

Avec sa coupe de cheveux � la Elis Regina,

que je trouve tr�s sexy, sinc�rement.

� nouveau sur pied, en bonne sant�.

Clara va bien,

nous sommes toujours ensemble.

Nous reprenons notre vie.

Je comprends ceux qui n'ont pas �t� pr�sents, dans ces moments-l�.

La vie n'offre pas de mode d'emploi pour affronter ces situations.

J'ai �t� tr�s touch� de voir

ceux qui sont rest�s � nos c�t�s.

J'exprime ici toute ma gratitude

d'avoir mon amour aupr�s de moi.

Longue vie � Clara !

Longue vie � tante Lucia !

C�l�brons ce grand jour

O� nous f�tons ensemble

Dans cette maison que tu habites

Le foyer de la joie

Le refuge contre les tracas

Joyeux anniversaire !

Ladjane !

- Ladjane ! - Oui ?

Dis-moi...

Qu'y a-t-il pour d�jeuner ?

Je pr�pare...

Quelle plaie, cette porte ! Je pr�pare un poulet.

- Bien. Et des l�gumes verts ? - Je vais en pr�parer.

Je descends � la plage.

Allez, tout le monde : "Ha-ha"... je veux entendre vos ha-ha !

Gardez bien le rythme !

On acc�l�re !

On acc�l�re un peu, allez !

Laisse aller, Paulo.

Laisse aller, Paulo !

On �clate de rire !

Voil� !

Laisse sortir ce rire, Paulo !

Le rire, c'est une chose s�rieuse.

Allez, Thiago, laisse sortir.

Voil� !

On baisse un peu... On arr�te !

On �clate de rire !

Voil� !

Du nerf, tout le monde !

Allez, Clara, on rigole !

On reste bien concentr�s.

Installez-vous. Il y a de la place...

Du respect ! Allez, on ne s'arr�te pas !

Du respect, du s�rieux !

All�, Bezerra ?

Je te re�ois.

Approche-toi en canot � hauteur de l'Aquarius.

Madame Clara va entrer dans l'eau ?

Affirmatif.

Bien re�u. Je suis en route.

Affirmatif.

Dis donc, Roberval ! C'est un peu exag�r�, non ?

Pas du tout, madame Clara. Regardez-moi cette mer !

Allez-y tranquillement. Allez faire votre baignade,

et ne restez pas trop longtemps. Allons !

On en a d�j� parl�...

Vous �tes quelqu'un d'important. C'est comme �a.

Tu veux bien me garder �a ?

Madame Clara !

Pas au-dessus de la taille !

Il a 41 ans. Le son est toujours parfait.

Bon, je voudrais...

pour commencer, vous demander...

Pardon : "te" demander...

Tu es en train d'�crire un nouveau livre,

et je vois que tu as chez toi beaucoup de supports physiques.

Des vinyles, des disques, des cassettes...

� l'heure de la supr�matie des supports num�riques,

tu �coutes toujours la musique � l'ancienne ?

Non, j'�coute la musique � l'ancienne, et...

On va plut�t faire autrement, d'accord ?

Essayons de faire plus court,

afin que personne ne perde son temps.

Je vais vous expliquer ma vision g�n�rale des choses.

Tout me pla�t, voyez-vous ?

Les mp3,

le streaming, tout type de musique, c'est bien, c'est important.

Toute cette nouvelle technologie, en g�n�ral...

Mais... je peux vous raconter une histoire ?

Bien s�r.

Voil�.

C'est fait ?

Eh bien...

Ce disque, je l'ai achet� d'occasion chez un disquaire de Porto Alegre.

J'ai pr�t� un jour le mien, et je ne l'ai jamais revu.

Un beau jour,

tranquillement, c'�tait un dimanche,

j'ouvre la pochette, pour voir...

Regardez ce que j'y ai trouv� : un article du Los Angeles Times.

C'est super.

Cet article,

il date de novembre 1980, pas vrai ?

Cet album, Double Fantasy,

il est sorti en d�cembre 1980.

Donc, cet article

est sorti quelques semaines avant l'assassinat de Lennon,

le 8 d�cembre 1980.

Je suis n�e le 21 d�cembre 1980.

Incroyable. Regardez.

Cet article, qui a �t� publi�

quelques semaines avant l'assassinat de Lennon

et juste avant ta naissance, il s'intitule :

"Les projets d'avenir de John Lennon".

Ce disque,

que je tiens entre mes mains,

il devient ainsi un objet particulier...

Vous comprenez ?

Et tu ne connaissais pas son propri�taire ?

Mais non, je l'ai achet� d'occasion chez un disquaire de Porto Alegre !

Je ne connaissais pas son propri�taire.

Je sais que, de Los Angeles, il s'est retrouv� � Porto Alegre.

Je ne sais m�me pas s'il a �t� achet� � Los Angeles,

mais il a fini ici.

Super. Alors, les supports num�riques,

�a te convient ?

�a, c'est comme un message trouv� dans une bouteille.

Bonjour.

- Bonjour, monsieur Geraldo. - Comment allez-vous ?

Bonjour.

Seriez-vous pr�te � nous recevoir ?

�a d�pend, M. Geraldo.

Si vous venez me parler de mon offre

pour le rachat de l'appartement du dessus...

Je vous ai envoy� mon offre, sans r�ponse.

Vous devez �tre tr�s occup�...

C'est bien l'objet de votre visite ?

Nous venons vous voir pour discuter,

afin d'avoir une vraie conversation face � face, comme il faut.

Nous venons vous apporter une contre-proposition.

Merveilleux ! � propos de l'appartement du dessus ?

Non, c'est � propos de notre pr�c�dente conversation...

Il s'agit du rachat de votre appartement.

- Le rachat de mon appartement ? - Exactement.

Je ne vendrai pas, M. Geraldo, je vous l'ai dit.

- Madame Carla, cette proposition... - "Clara".

Madame Clara.

O� �tais-tu pass�e ?

Je passais le balai, en bas.

Madame Clara ?

C'est une offre tr�s g�n�reuse.

Un prix sur�valu�, pour un bien de ce type et de cette surface,

mais nous avons �tabli cette offre sp�cialement pour vous.

R�glons cette question sans tarder.

R�glons cette question sans tarder, M. Geraldo.

Mon appartement n'est pas � vendre. Je ne vendrai pas. D'accord ?

Merci pour votre visite, mais je dois vous laisser.

Madame Clara,

je voulais d'abord vous f�liciter,

je vois d'ici que vous avez fait des travaux.

- C'est tr�s r�ussi. - Tr�s int�ressant.

Du meilleur go�t.

Je m'appelle Diego, je suis le responsable de ce projet,

c'est mon premier projet immobilier, j'en suis tr�s fier.

Je suis content de vous dire que nous avons de bonnes nouvelles.

Ah oui ?

Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

D'abord, sachez que le projet s'appelle d�sormais "Aquarius".

C'est votre fils ? Votre gendre ?

Non, non. C'est mon petit-fils, Diego.

Il fait du tr�s bon travail pour la compagnie immobili�re.

Merci, papy.

- Vous avez dit "Aquarius" ? - Le "nouvel Aquarius".

On va garder le nom du b�timent qui existait � l'origine.

"Qui existait" ?

Afin de pr�server la m�moire des anciens b�timents.

Nous avons rajout� cet �l�ment,

mais la bonne nouvelle, c'est l'offre que nous vous proposons.

Le b�timent existe.

D'ailleurs, vous �tes appuy� contre ses murs.

Je me suis mal exprim�.

En effet...

Mais, avant de vous quitter et de refermer ma porte,

j'aimerais savoir une chose.

Quel �tait le nom du projet, avant ce "nouvel Aquarius" ?

Le projet devait s'appeler "Atlantic Plaza Residence".

Oui, c'�tait bien, ce nom. �a sonnait tr�s bien.

Mais nous avons pr�f�r� "Aquarius".

Bien, merci pour votre visite...

Sachez bien que nous restons toujours ouverts au dialogue.

- D'accord, merci. Veuillez m'excuser. - � bient�t.

Si vous souhaitez consulter le projet tranquillement...

Merci, Clara.

Je vous apporte de l'eau, vous me semblez bien �nerv�e.

Deuxi�me partie : L'amour de Clara

�a va ?

O� est ma musique ?

Tout est l�, sur la cl� USB.

Sur la cl� USB ?

Tu me les transf�res sur mon t�l�phone, apr�s ?

Bien s�r, oui. On fera �a plus tard.

D'accord. Tu as pu tout mettre ?

Oui, toute la liste que tu m'avais pass�e.

Et j'ai ajout� des nouveaux trucs qui vont te plaire.

Ah oui ? Super.

C'est comme �a, maintenant ?

Je te fais d�couvrir des choses.

Je l'ai mis, ici,

attends...

Voil�...

�coute �a.

C'est marrant...

Quoi donc ?

Je suis sur un petit nuage, aujourd'hui.

Ah oui ?

Pourquoi �a ?

J'ai une copine de Rio qui arrive jeudi.

Une super fille.

Ah oui ? Elle vient ici ? Comment �a ?

On s'est rencontr�s sur Facebook.

C'est une amie de Marcelo. Tu te souviens de lui ?

Oui, je m'en souviens.

C'est par lui qu'on s'est rencontr�s,

on s'est �crit pendant un moment,

on s'est bien aim�s, et l�, elle vient me voir.

Super !

O� va-t-elle habiter ?

Chez moi.

Tes parents sont au courant ?

Oui, ils le savent.

Genre livraison � domicile, c'est bien �a ?

"Livraison", tatie ?

Je n'en sais rien, on va voir.

Je la trouve super. On verra comment �a se passe.

�a me fait plaisir.

Elle a un nom, cette beaut� ?

Oui. Elle s'appelle Julia.

Un joli nom. �a me pla�t.

�coute,

voici un conseil :

joue-lui du Maria Beth�nia.

Montre-lui que tu es un gar�on intense.

D'accord.

Je vais le faire.

Bonsoir.

�a va ?

Tr�s bien. Magnifique, comme toujours !

Merci, ma ch�rie.

- Tu m'as manqu�. - Comment �a va, fils ?

C'est quoi, leur proposition ?

Je ne sais pas. J'ai d�chir� l'enveloppe.

Tu l'as d�chir�e ?

Tu n'as m�me pas eu la curiosit� de voir leur offre ?

Non.

C'est ma soeur tout crach�.

Tu as parfaitement raison.

Est-ce qu'il n'y a pas des d�marches l�gales

pour que ces gens me laissent enfin tranquille ?

Ils sont venus jusqu'� ta porte pour parler avec toi,

il n'y a rien d'ill�gal.

Les autres appartements, ils sont vides, ou il y a des locataires ?

Ils sont tous vides.

Ils ont tout rachet�.

C'est eux qui peuvent d�cider de les revendre

ou de les mettre en location.

Clara,

je ne veux pas m'en m�ler, mais je dois te dire une chose.

Je pense avant tout � ta qualit� de vie.

C'est tout ce qui m'importe.

Le reste, c'est le reste.

Eh bien,

tu sais ce que je veux, cette semaine ?

- Je veux sortir danser ! - Super id�e !

- Viens avec moi, Fatima. - Je viens !

On y va ?

Si Antonio m'y autorise ?

Ah, je vois, c'est sans moi...

J'ai bien entendu : "Si Antonio m'y autorise" ?

Il me faut sa permission !

Je croyais venir aussi !

Comment �a ?

Les cavaliers disponibles, �a ne manquera pas.

D'o� tires-tu tous ces ragots ?

Tu pr�sentes tout �a comme des v�rit�s, c'est incroyable.

Les filles, la centrale des ragots de Recife ?

C'est la piscine du Club Allemand.

Je comprends enfin d'o� vient votre bronzage.

Langues de vip�res, maintenant, attention au venin !

En m'installant � Recife, il y a 10 ans,

j'ai pratiquement �pous� toute la communaut� juive.

Non, tu as couch� avec toute la communaut� juive !

Moi ?

Elle est si g�n�reuse !

Je suis une femme bien !

- Je veux le bien de tous... - Oui, justement !

Jetez un coup d'oeil. Regardez Leandro, l�, devant.

- Qui ? - L'avocat retrait� de chez CHESF.

Il �tait mari� avec Ana Lucia,

qui est morte il y a bient�t 10 ans. Une horreur,

le grand C, � l'ut�rus.

C'est fini, oui, cette conversation m�dicale ?

On est venues faire la f�te. Parlons de choses plus gaies.

Elle s'est tout fait retirer...

Bento et Silvia dansent comme si de rien n'�tait.

Ne regardez pas.

Je les ai � l'oeil.

Silvia, c'est celle qui est venue � la librairie

pour acheter trois m�tres de livres,

sur les conseils de son d�corateur !

Trois m�tres ? Mon Dieu !

Tu aurais d� lui demander : "Des livres ouverts ou ferm�s ?"

Elle est sordide, cette f�te. Quelle arnaque !

Vous promettiez des apollons. Je n'en ai pas vu un seul !

� part le serveur...

Si, il y a des beaux gosses.

C'est toi qui as besoin de lunettes.

- Oui, il y en a. - O� �a, Clara ?

Il y en a.

Qui �a, Clara ?

Je ne sais pas. Ce n'est pas � moi de vous le dire.

Tu as rep�r� le provincial, l�-bas ?

- Qui �a ? - Lequel ?

Ne regardez pas, enfin !

Il te fait de l'oeil, je l'ai grill� !

On m'a dit qu'il est veuf...

Il a, quoi ? 60, 65 ans...

Ce n'est pas mon genre.

Ce n'est pas ton genre...

Enfin, c'est un vieux beau...

Mais, dites-moi...

N'oubliez pas pour quoi on est venues ce soir.

Souvenez-vous.

Je suis venue pour boire.

Non, cette question, qu'on devait aborder ensemble.

Leticia, il faut qu'on parle.

Allons bon !

On avait toutes envie de savoir, tr�s sinc�rement, si tu vas bien,

et comment �a se passe, cette aide professionnelle.

J'en ai profit� avec mod�ration.

Vous voulez son t�l�phone ?

J'ai d�j� le mien.

Mais non... Celui du jeune homme.

Moi, je n'aurais pas le courage.

Je ne dirais pas "fontaine..."

Lucrecia, �coute.

J'ai toujours pens� que c'est toi qui aurais le courage.

- Moi ? - Oui, avec tes airs de madone.

Quoi ? C'est juste un homme pay� pour s'amuser avec toi.

Jeune,

professionnel,

beau gosse...

Professionnel, c'est bien. Beau gosse, c'est bien.

- Je vais te donner son num�ro, alors. - Non, merci bien.

Plus fort, on rate vos blagues !

Ne remets pas � plus tard ce que tu peux faire aujourd'hui.

C'est quoi, un slogan de pub pour gigolo ?

Comme ces aimants, pour le frigo.

Comme ces trucs, qu'on colle...

Fais-le tant que tu as encore la sant�.

Voulez-vous danser ?

Salut !

Vous pouvez me garder mon t�l�phone ?

On va garder ton t�l�phone.

Je vis � Fortaleza depuis quelque temps.

Tu parles tr�s bas, dis-moi.

Tu es en visite � Recife ?

Je suis venu passer quelques mois avec ma fille.

Elle habite ici. Je suis venu la rejoindre.

Et ta femme ?

Je suis veuf. Depuis bient�t 5 ans.

Moi aussi, je suis veuve.

Depuis combien de temps ?

Depuis 17 ans.

Tu �tais d�j� venu dans ce club ?

C'est bien, ici. C'est tr�s bien.

Que de bons souvenirs...

Je vais trop vite ?

Non...

J'ai �t� op�r�e.

Du sein ?

Oui, du sein.

Tu es super.

Mais il faut que je te ram�ne chez toi.

Je prendrai un taxi.

Non, j'insiste.

Je te ram�ne.

Merci bien, monsieur.

Bonsoir.

Vous pouvez y aller.

Je suis ici tous les jours, je sais de quoi je parle.

Tu cherches � me faire peur.

C'est plut�t bien, d'avoir un peu peur, non ?

Tous ces trucs autour de la peur, �a ne me pla�t pas.

Je trouve qu'il y a d�j� bien assez de peur partout.

Et puis, �a fait partie de notre boulot.

Si souvent, avec mes coll�gues, on a d� sauver des gens sans peur.

Des gens qui oublient d'avoir peur.

Madame Clara...

Regardez discr�tement � ma droite.

Un petit jeune, qui arrive sur son v�lo.

Dis-moi ce qu'il porte.

T-shirt gris, short noir.

C'est un dealer.

Il vend de l'herbe ?

On dit que c'est de la bonne.

Il ne vend qu'aux petits bourges.

V�lo de marque... Un jeune blanc.

Il est ici tous les lundis et mercredis, le matin.

Le vendredi, il vient l'apr�s-midi.

Vous collaborez aussi avec la police ?

Non. On est trop expos�s, ici.

On voit de tout, sur cette plage.

Il fait ses affaires derri�re les kiosques.

Madame Clara.

- Bonjour. - Daniel...

Le fils de Jorge, vos anciens voisins.

Daniel, comment vas-tu ? Et ton p�re ?

Papa est mort, il y a deux ans.

Je l'ignorais. Toutes mes condol�ances.

Merci.

Je vous ai vue, en passant, et je suis venu vous parler,

pour r�soudre cette histoire d'appartement.

�a fait du tort � tellement de gens.

Papa a sign� l'accord il y a 6 ans, il est mort, et toujours rien.

- Je ne comprends pas. - Oh, si.

Vous avez toute votre t�te, non ?

Tout le monde a quitt� l'immeuble, sauf vous.

Rendez-vous compte que vous �tes tr�s �go�ste.

Daniel, je te connais depuis ton enfance.

Tu venais sur cette plage surfer et jouer avec mes enfants.

Vous m'avez connu enfant,

mais, adulte, vous ne me connaissez pas.

Bonne journ�e, madame Clara.

C'est pour quoi faire, tous ces matelas ?

Aucune id�e.

Eh bien !

Viens ici, je veux te montrer quelque chose.

J'arrive.

C�l�brons ce grand jour

O� nous f�tons ensemble

Dans cette maison que tu habites...

Ladjane...

- Elle n'a pas oubli� ! - C'est ton anniversaire !

- Bon anniversaire. - Merci.

Tu peux compter sur moi, tu sais ?

Je sais, je sais.

Bonjour, Clara.

Vous allez bien ?

- Rappelez-moi votre nom. - Josimar.

Bonjour, Josimar. Et vous, votre nom ?

Rivanildo... Rivanildo.

Bonjour, Rivanildo.

Et vous, c'est... Diogo, non ?

Diego.

Diego, vous avez fait entrer des matelas dans l'immeuble.

Pourriez-vous m'expliquer dans quel but ?

Les appartements sont vides mais ils appartiennent � la soci�t�.

Nous y entreposons tout ce qui est n�cessaire aux travaux.

Entendu.

C'est logique.

Merci de d�placer votre voiture. Je vais sortir.

Maintenant ?

Maintenant.

Bonne journ�e.

Bonne journ�e, Clara.

J'ai �crit quelques notes...

pour toi...

C'est plus facile.

Celle-ci, c'est pour Jo�o et Bruninho :

Je n'ai pas de couleur,

Je n'ai pas de forme...

Je n'ai pas d'odeur,

Et je ne p�se rien.

Quand je souffle fort, On m'appelle vent.

Quand je sens fort, On m'appelle prout !

Regardez-moi �a, il �tait r�veill�.

Ce n'est pas moi qui l'ai r�veill�.

Je suis contente de vous voir tous ici.

Vous m'avez manqu�, vous savez ?

Organisons une visite chez nous, avec tout le monde.

Et Marcio, alors ?

Il est � Brasilia.

Marcio,

c'est celui que tu ne m'as jamais pr�sent� ?

Raconte, Rodrigo.

C'est toujours la course. Je n'ai pas eu le temps.

Tu n'as pas une photo de lui, dans ton portefeuille ?

Un truc dans le genre ?

Que je puisse le voir.

J'en ai une ici.

Maman veut te donner son consentement.

Maman doit te donner son consentement.

Dites-moi, pendant que votre fr�re cherche une photo montrable :

Comment il est, ce Marcio ?

C'est un type bien, il vient du Minas Gerais.

�a se passe bien, non ?

Oui.

- Montre-moi. - Attends, je cherche.

Celle-l�, il ne fallait pas que je la voie !

Voil� Marcio. Il vient de Belo Horizonte.

Il est mignon.

Il me pla�t. Il a l'air sympathique.

- Tu le connais, toi ? - J'ai vu des photos.

Et moi, pas m�me une photo.

Les pr�sentations sont faites ?

Oui, merci.

Mon fils, sois gentil,

viens me voir plus souvent.

Et, plut�t que de m'envoyer des messages,

appelle-moi. Je veux entendre ta voix.

Viens ici avec Marcio. Je veux rencontrer Marcio.

Je suis en vie, tu sais ?

Maman, comment �a se passe, toute cette histoire ?

Je suis en col�re, quoi.

Tu ne crains pas que tout �a ne te stresse trop ?

J'ai dit que j'�tais en col�re. C'est vous, qui �tes stress�s.

Tu nous racontes, et nous, on s'inqui�te, c'est tout.

Et ces �tiquettes, sur les portes ?

Quelles �tiquettes ?

Coll�es sur les portes.

Quelles portes ?

Les �tiquettes de la soci�t� de construction.

Sur les portes des appartements.

Avec le logo de la soci�t�... Sur toutes les portes, maman.

Sauf sur la tienne.

On pensait que tu les avais d�j� vues.

Non.

Il y a des �tiquettes, mais je ne les avais pas vues.

� chaque jour sa nouveaut�.

Cette fois, c'est les �tiquettes...

Ils ont d� coller �a aujourd'hui.

- Vous �tes mont�s par ici ? - Par la porte principale.

- Il y en a aussi ? - Oui.

Porte principale et porte de service.

Je me r�p�te, mais je dis ce que personne n'ose te dire.

Tu devrais vendre l'appartement, �a r�glerait le probl�me.

Quel probl�me ?

Maman, c'est simplement que...

On s'inqui�te, tous les trois, de te voir seule dans cet immeuble-fant�me.

Comment �a, Ana Paula ?

Un "immeuble-fant�me" ?

Tu ne t'arr�tes devant rien.

Quelle sensibilit�...

- Maman... - C'est impressionnant.

Quelle vision du monde, tu as.

Maman, je m'inqui�te pour toi.

Tu vis dans un immeuble v�tuste,

d�peupl�, sans confort ni s�curit�.

Quand �a te pla�t, c'est "vintage",

sinon, c'est "v�tuste", c'est �a ?

�coutez, passons au salon. J'ai une chose � vous dire.

Avant de partir, vous allez faire la vaisselle.

Ladjane ne vient pas aujourd'hui.

Allons-y.

Changer de pi�ce, �a ne va pas r�gler le probl�me.

Celui qui cuisine ne fait pas la vaisselle, d'accord ?

Puisque j'ai le r�le de la m�g�re, laisse-moi te demander :

As-tu seulement consid�r� leur offre ?

Elle est largement au-dessus des prix du march�.

D'habitude, ils proposent un relogement neuf.

L�, ils t'offrent des sous.

�a ne se refuse pas.

Comment sais-tu tout �a ?

- Ils vous ont contact�s ? - Pas moi, non.

Moi, oui, j'ai parl� aux g�rants, ils sont venus me trouver.

Ils sont venus ou c'est toi qui es all�e les trouver ?

C'est moi, maman. J'ai le droit de comprendre ce qui se passe.

J'ai cherch� � comprendre,

le jeune homme m'a paru tr�s bien.

Qu'est-ce qu'ils proposent, Ana ?

Ils offrent pr�s de 2 millions de reais.

Pour cet appartement.

- Ana Paula... - Je trouve que c'est trop peu.

Martin, ce n'est pas une question d'argent.

�a signifie quoi : "cet" appartement ?

Maman, je veux dire que c'est beaucoup d'argent

pour cet appartement. C'est tout ce que je dis.

"Cet" appartement, figure-toi,

c'est l� que vous avez tous grandi.

"Cet" appartement

est situ� sur la plage de Boa Viagem.

Tu ne vois pas qu'en allant leur parler, derri�re mon dos,

tu me manques de respect,

et je passe pour la "folle de l'Aquarius".

Voil� le r�sultat : tu leur parles,

et moi, je passe pour la vieille folle.

�tes-vous d�j� pass�s pour fous quand vous ne l'�tiez pas ?

On en devient dingue. Tu sais ce que c'est, mon fils.

Tu sais ce qu'on ressent quand on n'est pas fou,

et que la folie est ailleurs, n'est-ce pas ?

Vous n'avez pas oubli�.

Une autre chose, compl�tement folle,

c'est de se retrouver l� � parler d'argent.

Je peux vous aider d�s que vous en aurez besoin.

- On n'a pas besoin d'aide, maman. - Peut-�tre qu'Ana en a besoin.

- Je te r�p�te que... - Tu as besoin d'argent, Ana Paula ?

Maman, tu es certainement, ici, celle qui conna�t le mieux

les difficult�s que j'ai travers�es apr�s ma s�paration.

Ce n'est pas seulement une question d'argent.

Je peux aider chacun d'entre vous � tout moment.

J'ai ma retraite,

je poss�de cinq appartements,

et il y a tout cet h�ritage, pour vous,

pr�par� par votre p�re et moi.

Ce n'est pas � ta carri�re de journaliste ou d'�crivain qu'on le doit.

Ne dis pas des choses pareilles !

Qu'est-ce que papa vient faire l�-dedans ?

- Il n'est plus l�, papa. - Laissez papa tranquille.

Paulinho da Viola...

Il y a des gens aux nerfs d'acier

Priv�s de sang dans les veines

Et priv�s de coeur

Mais parfois, s'ils vivaient tout ce que je vis...

Chant� par Lupicinio...

C'est pour moi, que tu chantes �a ?

Ana,

ma fille,

la veuve de ton p�re, ici, c'est moi, et pas toi.

C'est difficile, je sais.

C'est super difficile...

Mais c'est la vie.

Il faut que tu l'acceptes.

Et � propos de ce que tu disais de mon travail,

il va falloir que tu apprennes � faire avec.

C'est ton probl�me, �a ne me regarde pas.

Je suis comme je suis.

C'est comme �a qu'on vous a �lev�s.

Moi et votre p�re. Ensemble.

Mais tout ce que tu me dis,

et la fa�on que tu as de le dire,

on croirait entendre...

une v�ritable idiote.

Allons, maman...

Ce n'est pas la peine.

Une imb�cile, une folle...

Tout le monde a oubli� ces deux ans, o� tu es partie ?

O� papa nous a �lev�s seul.

Tu d�lires.

Tu envoyais des cartes postales...

pour avoir de nos nouvelles.

Tu parles trop.

Quand elle me traite d'imb�cile, tu ne dis rien ?

Parfois, tu agis comme une idiote.

LES MUSIQUES INVISIBLES Sur l'oeuvre de Villa-Lobos

"� Martin, Ana Paula et Rodrigo. Pour le temps libre qui leur a �t� vol�."

Pardonne-moi, maman.

Pardonne-moi.

Viens ici.

Tu es si t�tue. On dirait une vieille dame et un enfant.

C'est que je suis une vieille dame et un enfant.

Tout � la fois.

All�, Paulo ?

Oui, c'est moi.

Paulo, on ne se conna�t pas. Je m'appelle Clara.

Je suis une amie de Leticia, qui m'a donn� ton num�ro.

Oui, comment allez-vous ? Elle m'a parl� de vous.

Tu serais disponible...

Maintenant ?

Oui, maintenant.

Sacr�e f�te, l�-haut !

Quelle belle maison !

Merci.

Une collection de vinyles...

Tu bois quelque chose ? J'essaie de vider cette bouteille de vin.

Non, merci, je suis � moto.

Assieds-toi. Mets-toi � l'aise.

Leticia m'a parl� de vous.

Vous �tes vraiment tr�s belle.

Je veux que tu t'en ailles.

Comment �a ?

Vous voulez que je parte ?

Je veux que tu me baises.

D�shabille-toi...

Pas besoin...

Non, pas celui-ci.

Celui-l� ?

Allons !

Sortez, sortez !

Jusque-l� !

Elle sort.

Roberval, je voulais te demander, si �a ne te d�range pas,

me donnerais-tu un num�ro o� te joindre en cas d'urgence ?

Oui, bien s�r.

Avez-vous besoin d'aide ? Vous avez des ennuis ?

Non, non, c'est juste au cas o�.

Tr�s bien.

Mais...

il vous faut un garde du corps ?

Un sauveteur ?

Non, Roberval,

ce n'est rien de tout �a.

N'�coute pas les b�tises

que je raconte aujourd'hui.

Si tu savais. J'ai une de ces gueules de bois...

qui me fait mal,

exactement ici, tu vois ?

Il y avait une grosse f�te, hier, dans mon immeuble...

Oui, la gueule de bois, c'est dur.

Une f�te ?

C'�tait une belle f�te ?

Une tr�s belle f�te.

Clara, ne le prenez pas mal, mais...

�tes-vous en train de me draguer ?

Roberval...

tu es un tr�s bel homme.

Mais, tu sais,

j'ai tellement de choses en t�te, ces derniers jours...

Mais non,

je ne suis pas en train de te draguer.

Pas de probl�me, madame Clara. C'est toujours mieux de demander, non ?

O� habites-tu, � Rio ?

J'habite au Largo dos Le�es, � Humait�, vous voyez ?

Je connais tr�s bien le Largo dos Le�es !

J'adore cet endroit.

J'ai une amie, enfin, j'avais une amie, elle est morte,

mais c'est l� qu'elle habitait.

J'adore ce quartier de Rio de Janeiro.

Moi aussi. J'habite rue Pederneiras dans une petite r�sidence.

Je connais.

Malgr� les habitants de Rio,

mon amour pour cette ville reste intact.

Vous n'aimez pas les habitants de Rio ?

- Elle se moque de toi, Julia. - Je plaisante.

Je comprends.

Tu sais ce que c'est, Julia ?

J'y tiens beaucoup, � ce petit gars. Il m'est tr�s pr�cieux.

Je crois qu'il tient beaucoup � vous, lui aussi.

Il m'a beaucoup parl� de vous.

Parfois, j'ai l'impression d'avoir moi-m�me port� Tomas dans mon ventre.

Et puis, je regarde ces photos

de sa m�re, � la maternit�, avec ce b�b� dans les bras,

et tous mes r�ves s'effondrent.

Tatie, fais-nous la visite touristique, s'il te pla�t.

- Explique-lui, un peu. - D'accord.

Tu lui as d�j� fait �couter Maria Beth�nia ?

Non. Maria Beth�nia ?

- Tu devais me la faire �couter ? - Je t'avais bien dit.

Non, c'�tait son id�e.

Tomas, montre-lui que tu es un gar�on intense.

Dis-moi, tatie.

Explique-lui o� nous allons.

D'accord. Ici,

c'est la limite des plages. L�, on est � Pina.

C'est un peu la fronti�re.

Comme � Rio, il y a les plages de Leme et de Copacabana.

Ici, c'est un peu pareil.

O� est la fronti�re ?

Juste ici.

Cette conduite d'�gouts, le tuyau �missaire,

c'est ce tuyau qui marque la fronti�re.

De ce c�t�-ci du tuyau, on dit que c'est la partie riche,

et, de l'autre, la partie pauvre.

Autrement dit : de ce c�t�-ci, c'est Pina,

et par l�, c'est Brasilia Teimosa.

- J'ai compris. - Compris ?

Et Brasilia Teimosa, c'est l� que nous allons.

On va saluer Ladjane.

�a fait 19 ans qu'elle travaille chez moi.

L'an dernier,

elle a perdu son fils, renvers� par une voiture.

Il rentrait du travail � moto

et il s'est fait renverser par un chauffeur en �tat d'ivresse,

qui n'a m�me pas �t� poursuivi !

C'est moche. Un ivrogne le renverse, et personne ne le poursuit ?

C'est rageant...

Bon anniversaire !

J'ai deux mots � te dire.

Tu es superbe !

- La petite amie de Tomas ? - Oui.

- Elle vient de Rio ? - Oui.

Elle est mignonne !

Ces filles de Rio, elles savent y faire !

Lala, on te reconna�t bien l�. Tu as raison !

Lala est la soeur de Ladjane.

Lala travaille pour Leticia, une amie � moi,

et Ladjane travaille pour moi.

Dis-moi tout.

Paulo t'a racont�, pour hier soir ?

Non, pour hier soir ? Non.

Tu l'as appel� ?

Il est venu � la maison.

C'est dr�le...

J'aurais tellement aim� que cet homme reste avec toi.

Figure-toi que je suis jalouse...

C'est trop tard, maintenant. C'est fait.

C'�tait bien ?

Oui, c'�tait bien, mais...

je continue � y r�fl�chir.

C'�tait trop bon ?

C'�tait bien, Clara,

ou c'�tait pas bien ?

Dis-moi comment c'�tait.

C'�tait bien.

Donc, � part la f�te,

tu as pass� une bonne soir�e ?

Oui...

Allons chanter.

Tu �tais magnifique.

Merci, mais,

avec ce vent sur la terrasse,

il a fallu me faire un vrai casque de laque !

Vous avez remarqu�, non ?

Pas un cheveu de travers !

- Mais tu �tais magnifique. - Mon caf�...

Bonjour, madame Clara.

Je viens prendre un peu d'eau. On attaque la fa�ade.

Tr�s bien.

J'ai achet� toute la peinture que vous vouliez, c'est dans la voiture.

- Bien. - C'�tait cher, hein ?

C'est de la bonne peinture.

Bonne, mais ch�re !

On va faire du bon boulot.

- Revenez plus tard pour un caf�. - D'accord.

Les gens de la soci�t� de construction sont en train de laver les escaliers.

Bonjour, Josimar. Bonjour, Rivanildo.

Bonjour, madame Clara.

Il y avait de la merde plein les escaliers.

Vous avez nettoy� ?

Oui.

Vous avez nettoy� toute cette merde, l�-haut ?

Oui, madame Clara. Ne vous inqui�tez pas.

Fais gaffe...

Tomas et Julia continuent � dormir.

Laissons-les dormir.

Il m'a manqu�, mon fils.

Filipe,

regarde toutes ces photos de quand tu �tais petit.

Des photos d'anniversaire, des photos de nu.

Quand tu �tais b�b� !

Nu comme un ver...

C'est �a, non ?

Il y a si longtemps...

Monsieur Herculano.

- Qui �a ? - Herculano.

Oh, Antonio...

- Comme elle est belle, enceinte ! - Super.

Magnifique, regarde ce ventre !

Celle-l� est super, aussi.

On dirait ces photos, qu'on met dans les vieux cadres.

Antonio,

tu te souviens de cette femme-l� ?

Comment s'appelait-elle ? Elle �tait excellente cuisini�re.

Tout le monde l'adorait, souviens-toi.

En fait, c'�tait une garce qui nous a vol� nos bijoux,

les bijoux de maman,

souviens-toi. Ceux de grand-m�re...

Elle s'est enfuie vers le Ceara, personne ne l'a plus jamais revue.

Mais c'est in�vitable, n'est-ce pas ?

On les exploite,

elles nous volent de temps en temps.

C'est comme �a que �a marche, non ?

Tu as raison.

Antonio, c'�tait quoi, son nom ?

- Comment ? - Darlene.

Comment �a, Darlene ?

Darlene Gloria !

D'o� tu tires "Darlene" ?

Et alors, ce week-end ?

- �a va ? - Tout va bien ?

Les disques sont l�. Hier, vous disiez

que vous vouliez les voir.

Vous pouvez y aller.

- On peut les regarder maintenant ? - Allons-y.

Vous voulez boire... Comment ?

- Mon futur h�ritage... - Va falloir �tre patient !

Bonjour, Ladjane.

Salut, ma petite !

Il y a tellement de choses...

J'aime beaucoup ces photos.

Elles me plaisent toutes,

mais cette s�rie sur la plage � Maria Farinha...

Papa ?

C'�tait quoi, cette manie,

de poser avec sa voiture ?

Tellement de gens posaient avec leur voiture.

La voiture ne fait plus r�ver.

Ce n'est plus qu'une voiture.

J'ai vu des photos de voitures sur Facebook.

Mais comme � l'�poque ?

Quand les gens l'exhibaient comme un membre de la famille ?

Je ne crois pas.

Juvenita...

C'�tait Juvenita, qu'elle s'appelait, cette employ�e.

Elle s'appelait Juvenita. Juvenita !

Bravo, tu l'as retrouv�.

Antonio, depuis quand tu me connais ?

Depuis 61 ans.

Si je ne l'avais pas retrouv�, j'aurais pass� la journ�e � ressasser.

Juvenita. Heureusement, �a m'est revenu.

Je crois qu'on a assez de photos pour la vid�o du mariage.

C'est tout ce que vous prenez ?

Il y a aussi mes photos, chez ma m�re.

Je comprends.

C'est Arnaldo ? Le cousin d'Adalberto ?

Oui, c'est Arnaldo. L'homme le plus dr�le du monde.

Montre-moi.

- Tu as connu Arnaldo ? - Celui-ci ?

Il a l'air tellement s�rieux.

Oui, mais l�, c'�tait le jour o� il recevait son dipl�me de droit.

Les avocats, tu sais...

�a, c'�tait pour toi, Filipe.

- Quoi, les avocats ? - C'est des b�tises.

- Je n'ai pas compris. - Laisse tomber.

Tu dois apprendre comment �a marche, ici.

On peut perdre un neveu,

mais on ne perd pas le sens de l'humour !

Moi aussi, je t'aime, tatie.

Moi aussi, je t'aime.

Regarde.

- Sacr�e tante Lucia ! - On n'en fait plus, des comme �a.

- Quelqu'un reprendra du vin ? - Oui, moi.

- Encore du vin ? - Juste un peu.

- Non, merci. - Pas pour moi.

J'aimerais vous montrer la photo de mon fils.

Je l'ai toujours dans mon portefeuille.

Il est tr�s beau, Ladjane.

Tatie, nous aimerions mettre une chanson

que Julia a choisie.

On peut ?

Vous avez tellement de choses, j'aimerais tout �couter.

Enfin, ce disque, il compte beaucoup pour moi.

Ce n'est pas sa chanson la plus connue,

mais je la trouve tr�s belle.

Vous la connaissez s�rement.

Mettez-la, on va bien voir.

Vas-y, Tomas.

Il m'a fallu bien du temps

Pour apprendre � embrasser

D'autres hommes

Comme j'embrasse mon p�re

Il m'a fallu bien du temps

Pour savoir que la femme que j'ai aim�e

Que j'aime et que j'aimerai

Sera toujours la femme

Semblable � ma m�re

Comment vas-tu, ma m�re ?

Comment vont tes angoisses ?

Et mon p�re,

comment va-t-il ?

Troisi�me partie : Le cancer de Clara

Salut, monsieur Pedro !

Salut, monsieur Pedro !

Comment �a va ?

Comme il fait chaud, ici !

Ladjane !

Regarde qui est l� ! Maman va revenir.

Qu'est-ce qui se passe ?

Il y a eu un probl�me, j'ai d� renvoyer Cidinha.

Tu as renvoy� Cidinha ?

Je sais, elle �tait bien...

Tu as renvoy� la super nounou, qui adore Pedro,

et tu te retrouves sans nounou ?

J'en ai une autre en vue, �a vaudra mieux pour tous.

Maman, je dois filer.

Ma fille, tu en as parl� � Armando ?

Il ne sait rien du quotidien de Pedro.

Il ne verra m�me pas qu'on a chang� de nounou.

Voici les couches, son petit livre, sa pur�e, tout ce qu'il faut.

Tu donneras tout �a � Ladjane.

Tu me rends bien service. Appelle-moi, si besoin.

Bien s�r, je t'appellerai, mais � quoi �a sert ? Salut.

Elle est o�, la mer, Pedro ?

- Bonjour. - Bonjour.

Quelle gal�re, on n'a m�me pas de gants.

C'est lourd.

Bonjour.

"Qui a peur du grand m�chant loup ? C'est pas nous..."

Les Trois Petits Cochons...

Non, pas celui-l�. Ces maisons qui s'�croulent...

Regarde celui-ci. Le Petit Chaperon rouge !

Le Petit Chaperon rouge...

Pedro, dans cette histoire, le loup mange la grand-m�re !

Edilene est sortie au march�. Elle me soignera en rentrant.

- Je ne peux pas le faire tout seul. - Je sais.

Elle me le fera � son retour.

D'accord, mais tu...

Excusez-moi, madame.

Comment pouvez-vous me faire une peur pareille ?

Laissez passer la poussette.

- Bonjour. - Bonjour.

Dieu est beau ! Il est la merveille de nos vies.

C'est quoi, �a ?

Je reste sans voix.

Vous avez vu l'�tat du parking ?

Venez voir !

Madame Clara ?

Madame Clara ?

Il y a une chose dont je voulais vous parler.

C'est peut-�tre des b�tises, mais je ne crois pas.

Hier, vous �tiez sortie en promenade avec Pedro...

Hier ?

Si �a s'est pass� hier,

pourquoi n'en parler que maintenant ?

Mais qu'est-ce que vous fabriquez, ici ?

- �a va pas ? - Ne vous en m�lez pas !

Vous �tes fous de faire �a, au milieu du quartier de Boa Viagem ?

Bonjour, Clara.

Comment allez-vous ?

�a va, Diego.

Mais �a pourrait aller mieux.

Qu'y a-t-il ?

Diego,

vous avez fait br�ler des matelas dans la cour ?

Au milieu du quartier de Boa Viagem ?

Non. Pourquoi ? C'est �a, l�-bas ?

Ils les ont br�l�s, je les ai vus.

- Je ne suis pas au courant. - Et les cendres, l� ?

Je vais me renseigner et punir les responsables.

Vous avez raison. �a ne se fait pas.

Vous savez qu'il y a eu une f�te, dans l'immeuble ?

Apr�s �a, les matelas devaient �tre vraiment sales.

Je suis au courant, pour la f�te, mais les matelas sales, non.

Pourtant, ils �taient bien sales.

Il y a eu de la merde d�goulinant dans les escaliers.

�a vous amuse ? Vous avez fait nettoyer, non ?

Non, pour la merde, je ne savais pas.

Mais, tr�s bien, je ne porte pas de jugement.

Ce dont je voulais vous parler, c'est plut�t ceci :

il y a tellement d'appartements � vous, dans cet immeuble.

Vous pouviez faire une f�te dans n'importe lequel d'entre eux.

Mais non, vous avez fait une f�te dans l'appartement n� 8,

juste au-dessus de chez moi, sans m�me m'avertir.

Pardonnez-moi, c'�tait une erreur.

�a m'est sorti de l'esprit.

Je vous promets que la prochaine fois que j'organise une f�te,

je vous pr�viendrai � l'avance. Je suis d�sol�.

Mais je vois, Clara, que vous repeignez la fa�ade

sans avoir consult� la soci�t� de construction.

Nous sommes aussi copropri�taires.

Nous devrions essayer de mieux nous entendre.

Diego, vous jouez le r�le du passif-agressif.

Le r�le de quoi ?

Du passif-agressif.

Non, Clara, je joue le r�le d'un homme concentr� et d�termin�.

Vous ne me connaissez pas. Je rentre des �tats-Unis,

o� j'ai fait 3 ans d'�tudes de business.

Me voici de retour, et je suis ici pour gagner.

C'est le premier projet sous ma responsabilit�,

je me battrai pour le mener � bout.

Cette visite qu'on vous a rendue, c'�tait tr�s cordial, non ?

On pensait se rapprocher, �tablir le contact avec madame Clara.

Rien du tout.

Vous nous avez laiss�s dehors, on est rest�s devant la porte.

Personne ne nous a offert le caf�, un verre d'eau, un th�.

J'aurais aim� vous donner un aper�u plus r�aliste de la situation.

Cet immeuble est vide, Clara.

Non.

L'immeuble n'est pas vide. Moi, j'habite ici.

Le reste de l'immeuble est vide.

Il est vide, et tout le monde s'inqui�te � cause d'une seule personne,

quelqu'un de votre �ge.

Je ne laisserais pas ma grand-m�re ou ma m�re, seule ici, au Br�sil.

O� vit-elle, votre m�re ?

Dans le genre d'endroit o� vous devriez vivre.

- Un lieu propre, surveill�. - Je ne dis rien, mais...

je commence � comprendre o� elle vit, votre m�re.

Veuillez m'excuser.

Je suis bien �lev�e, mais vous me poussez � bout.

Je crois qu'ici, ce n'est plus vivable,

quelqu'un d'�duqu�, comme vous, m�rite un logement plus s�r.

Surveillance vid�o 24 h sur 24, grand standing et gardiennage.

Ici, ce n'est plus possible.

Quand j'entre ici, je ne vois m�me plus le b�timent.

J'imagine le nombre d'ouvriers, de ma�ons, toutes ces familles,

qui s'inqui�tent chaque jour de savoir si madame Clara s'est enfin d�cid�e,

et si leur sort va s'am�liorer � la fin du mois.

Avez-vous d�j� pens� une seconde que,

votre fameux projet, le "nouvel Aquarius",

le jour o� il sera enfin sur pied,

vous aurez d�j� 50, 60 ans.

Peut-�tre bien.

C'est possible.

Mais certains voient les choses autrement.

Comme vos enfants...

Ne parlez pas de mes enfants ! Laissez-les tranquilles !

Fermez-la !

Je vous interdis de parler de mes enfants !

Laissez-moi vous dire quelque chose.

Je perds mon temps � discuter avec vous,

mais je pense � une chose, vous savez ?

C'est incroyable de voir qu'on parle du manque d'�ducation

en stigmatisant toujours les pauvres.

Mais le manque d'�ducation, il n'est pas chez les pauvres.

On le trouve chez les gens riches, bien nourris, comme vous.

L'�lite, ceux qui se prennent pour l'�lite, les privil�gi�s,

ceux qui coupent les files d'attente.

Les gens comme vous,

qui avez suivi des cours de "business",

mais sans la moindre humanit�.

Vous n'avez aucun caract�re. Aucun caract�re, vous comprenez ?

Votre seul caract�re, c'est l'argent.

Autant dire que vous n'avez aucun caract�re.

Tout ce que vous avez, c'est ce sourire de l�che-cul.

Je vais vous dire une chose,

je vous l'ai d�j� dit, mais je vais me r�p�ter.

Je ne plaisante pas.

Je ne sortirai d'ici que les pieds devant !

Vous ne me connaissez pas, Clara.

Mais oui, je pr�f�re vous �couter et vous respecter.

D'ailleurs, je vois bien

que vous venez d'une famille qui a d� batailler pour en arriver l�.

N'est-ce pas, Clara ?

Une famille � la peau plus fonc�e,

qui a gagn� ce qu'elle poss�de � la sueur de son front.

Je vous respecte.

Excusez-moi, monsieur,

mais vous n'avez pas le droit de lui parler comme �a.

- Je suis contente de te voir. - Moi aussi.

- �a a chang�, ici. - C'�tait un super cin�ma.

�coute, je ne sais pas si tu as d�j� vu �a,

mais, en fin de compte...

Clara, ma ch�re amie, regarde �a.

"J'aime les mp3".

C'est toi qui as d�clar� �a.

Mauvais titre. Horrible photo.

�a fait longtemps qu'on n'a pas mang� chez Leite.

Qu'est-ce que tu sais, � propos de ces gens ?

Ce que je sais, Clara...

c'est leur budget publicitaire dans notre journal.

Ils repr�sentent nos plus gros financeurs, apr�s l'�tat,

la municipalit�,

et leur concurrent, Pinto Construction. Ils sont tr�s puissants.

�a, on le savait d�j�, non ?

Diego, le petit-fils,

que sais-tu, � son sujet ?

Sur lui, j'en sais un peu plus,

parce qu'il est tr�s vaniteux,

il adore appara�tre dans les journaux,

il a un attach� de presse.

Il fait sans cesse parler de lui. Tu ne lis pas les journaux ?

Non, je ne lis plus les journaux.

Tu plaisantes. M�me notre journal ?

Non, je ne lis pas les journaux.

Alors, pour ta gouverne, sache que ce gamin...

a des liens avec une �glise...

Une �glise ?

Mais Diego est le filleul de mon fr�re. Ricardo, tu sais ? L'architecte.

Diego fait partie de la famille...

Ce n'est pas la peine

d'�tre sarcastique.

Il y a autre chose. Ricardo...

Ricardo a con�u plusieurs projets pour le compte de leur soci�t�.

Il est architecte, c'est normal, Clara.

C'est normal, et c'est tr�s logique.

L'extension des liens familiaux aux cercles d'amiti�...

N'est-ce pas, Ronaldo ? C'est typique du Pernambouc.

Typiquement br�silien.

N'est-ce pas, M. Ronaldo Cavalcanti ?

"L� o� cavalent les Cavalcanti..."

Je voulais te demander une chose.

La journaliste qui m'a interview�e est de la famille, aussi ?

Ana Paula ?

C'est ma ni�ce. Elle travaille au journal.

Ne m�lons pas la famille � tout �a...

D'ailleurs, tu sais que ton petit fr�re

est impliqu� dans des affaires douteuses, en politique.

Tu vois ?

Oui, Ronaldo, si les accusations devaient se justifier,

il aurait de gros ennuis, en effet.

Excuse-moi.

D�sol�, je n'aurais pas d� mettre �a sur le tapis.

Tu as un sacr� culot, hein ?

Je crois que si je suis rest� dans la presse

toutes ces ann�es, c'est parce que...

on sait que je suis au courant de trop de choses.

J'ai vu trop de choses.

J'ai filtr� trop de choses.

Moi, je crois que tu vas m'aider.

En toute discr�tion,

il existe des papiers, qui,

s'ils devenaient publics, pas dans mon journal, bien s�r,

mais, s'ils devaient �tre r�v�l�s,

�a les mettrait dans de sacr�es difficult�s.

�a y est, �a, enfin, �a t'a plu !

Tr�s bien.

Bonjour. Ma�tre Cleide ?

Je suis ma�tre Cleide, voici ma cliente, Clara.

Enchant�. Benedito.

Merci de nous recevoir, Benedito.

D'apr�s mes sources,

on devrait trouver �a dans la section 307-D.

J'ai l'air un peu perdu, mais...

c'est �a, je suis vraiment perdu.

Voici les �gouts des papiers officiels !

Malheureusement, il est l�, au milieu de ce chaos.

�a me semblait un peu trop facile...

Vous saignez, madame.

- Salut ! Qui est l� ? - Il est o�, Pedro ?

Pedro !

O� es-tu, mon Pedro ?

Il est o�, le ballon ?

La balle de Pedro...

Et ta maman, alors, comment elle va ?

Je vais bien, maman.

Bonjour, Ladjane.

�a va de mieux en mieux, gr�ce � ton aide.

On m'a remis ce courrier, en bas. J'ai sign� l'accus� de r�ception.

- Qu'est-ce que �a dit ? - "Mise en demeure"...

..."strictement interdit

de peindre la fa�ade du b�timent"...

Tu as repeint la fa�ade ?

Elle n'a pas remarqu� que j'ai repeint la fa�ade.

Je suis sortie de voiture en vitesse, avec Pedro et tous les sacs, et...

Je vais jeter un ?il en sortant.

..."sera l'objet d'une proc�dure".

Cleide est ton avocate, non ?

Oui, c'est mon avocate.

Passe-lui un coup de fil.

Tout cela n'ira certainement pas loin, mais appelle-la quand m�me.

Je dois filer.

Encore une semaine, et tout reviendra � la normale.

Aucun probl�me.

Merci beaucoup.

- Tout va s'arranger. - Ne t'en fais pas.

Madame Clara !

Vous vous souvenez de nous ?

Oui. Vous �tes Josimar, de la soci�t� de construction.

Je m'appelle Josimar, mais je ne travaille plus pour eux.

Nous avons d�missionn�.

Il fallait que je vienne vous parler.

Allez-y, je vous �coute.

Il fallait que je vous dise...

Je vous admire beaucoup.

Vous avez toujours �t� tr�s correcte.

Et vous �tes une tr�s belle femme.

Josimar,

vous avez bu.

J'ai bu un petit peu. Juste un petit peu.

Moi, je n'ai pas bu, et si nous venons vous voir,

c'est pour vous aider.

Je sais que vous avez peur, mais nous voulons votre bien.

Il y a trois ou quatre mois,

vous �tiez partie en voyage.

Vous �tiez partie en voyage,

et on nous a envoy�s faire un boulot dans votre immeuble.

Les responsables, c'est la soci�t� de construction,

et tous les employ�s qui ont particip�.

On nous a oblig�s � apporter du mat�riel.

C'�tait quoi, ce mat�riel, Josimar ?

Il faut ouvrir les appartements du dessus.

B�timent B, o� l'�lectricit� est coup�e.

- C'est au 10. - Il n'y a plus de lumi�re.

L'appartement 10,

et le 12.

Mais que s'est-il pass� ?

On vous a dit tout ce qu'on pouvait dire.

Allez dans ces appartements et vous verrez.

Ouvrez-les.

Vous verrez bien.

- On s'en va, maintenant. - Non.

On vous a fait faire quoi ? Vous avez amen� quoi ? O� ?

Dites-le-moi imm�diatement.

Dis-lui...

Ladjane ?

Frappe la balle vers grand-m�re !

Pedro !

Madame Clara.

Bonjour, Roberval.

Merci beaucoup d'�tre venu.

Je vous en prie. Ravi de vous aider.

Je pense qu'il vaut mieux commencer par ici,

mais il n'y a pas d'�lectricit�.

Madame Clara, vous avez un mandat ?

Ou une autorisation ?

Je suis avocate. J'assume toute responsabilit�.

Eh bien, allons-y.

Moi, je n'y vais pas. Pas question de monter.

C'est celui-ci ?

C'est celui-ci, madame Clara ?

Oui, c'est ici.

Merci de reculer un peu.

�a va �tre vite fait.

Madame Clara, je vous d�conseille d'entrer ici.

Je veux entrer.

Vous venez avec moi ?

Roberval ! Tout est bouff� par les termites.

Quelqu'un les a apport�s ici.

Regardez-moi �a.

Quelle saloperie...

Putain...

Ici, il y en a encore plus.

C'est vrai.

Madame Clara, ici, c'est encore pire.

Ils sont venus d�poser toute une colonie de termites.

Tu veux que je parle, ou tu pr�f�res parler ?

C'est moi qui parle.

Installez-vous, ils arrivent tout de suite.

Bonjour, bonjour !

Bonjour, Clara. Vous partez en voyage ?

� quoi doit-on cette visite ?

Je vous pr�sente mon fr�re, Antonio,

mon neveu, Tomas,

et voici Cleide, mon amie et mon avocate.

- Dites-nous. - Asseyons-nous.

Ce sera bref.

Il s'agit de ces documents

que Cleide et moi avons retrouv�s,

et qui devraient vous int�resser.

- Fais voir. - D'o� sortez-vous cela ?

Ch�re madame...

Laissez-moi, madame, vous dire une chose.

Je voulais vous dire une chose.

Veuillez m'expliquer...

Expliquez-moi ce que signifie cela ?

Je suis bien �lev�, vous savez,

mais je pourrais tr�s bien vous jeter dehors.

- � cause de ceci ? - Parfaitement.

Gardez-les.

J'ai conserv� les originaux.

Fais voir.

Au moment des faits, je n'�tais m�me pas n�.

Ceci ne vous m�nera nulle part.

Certaines choses ne m�nent nulle part, mais...

si je peux vous emb�ter un instant, en publiant ces documents,

alors je serai d�j� ravie.

Je vous d�conseille, � vous et � votre avocate,

de vous confronter � notre d�partement juridique.

Vu la taille de votre bureau, votre d�partement juridique,

il doit �tre gigantesque.

Vous �tes de vrais salopards.

Comment �a, gamin ? Tu perds la t�te, ou quoi ?

O� te crois-tu ? Tu n'es pas chez toi, ici.

Montre-moi du respect, ou vous perdrez le mien.

- Calmez-vous. - Pas question !

Respectez-moi, vous �tes chez moi.

Je vous �coute !

La deuxi�me chose, c'est que...

j'ai surv�cu � un cancer.

Il y a plus de 30 ans, vous savez ?

Ces derniers temps,

j'ai r�fl�chi � certaines choses.

Je pr�f�re donner un cancer

plut�t que d'avoir un cancer.

Antonio, tu veux bien m'aider ?

Qu'est-ce que c'est que �a ?

- �teins cette cam�ra ! - Calmez-vous.

Il a le droit de filmer.

�teins cette cam�ra !

- Continue � filmer, Tomas. - Qu'est-ce que c'est ?

Traduction : Simon Berjeaut

Sous-titrage TITRAFILM

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