All language subtitles for Septembers.of.Shiraz.2015.720p.BluRay.x264.[YTS.AG]

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Original subtitles

Par-delà les idées du bien et du mal,

il y a un champ.

Je t'y retrouverai.

Poète mystique persan du XIIIe siècle

TÉHÉRAN, IRAN 12 AOÛT 1979

INSPIRÉ DE FAITS RÉELS

Allez ! Venez dehors !

Non, khanum, c'est bien trop lourd, voyons.

Habibeh, tu travailles depuis 5 h ce matin.

- Je peux porter un gâteau. - Farnaz.

Navid, continue de sourire. Avec un peu de chance,

ça finira par me donner des neveux.

Khanum, je t'en prie, laisse-moi faire.

Votre attention, s'il vous plaît !

Votre attention. S'il vous plaît !

Approchez.

Ne vous inquiétez pas, je ne chanterai pas.

C'est promis.

Merci. Merci à tous

d'avoir fait le déplacement.

Je dirais qu'on a passé une année...

ombrageuse.

C'est le moins qu'on puisse dire.

Nous avons tous été mis à l'épreuve.

Sans exception.

Mais nous revoilà en train de faire la fête.

Et...

C'est à toi qu'on doit tout ça, mon fils.

À toi et à ton satané entêtement.

Je repense à ton grand-père, s'il avait été encore là.

Il aurait eu les mêmes mots pour moi.

Tu t'apprêtes à intégrer une université aux États-Unis.

- Félicitations ! - Bravo !

Il me semble avoir dit qu'il fallait qu'on y réfléchisse.

Et moi : N'y pense même pas en rêve.

Et pendant ce temps, il a fait

ce que tout jeune homme avec une...

Vous savez.

Tu as fait comme moi à ton âge.

Tu as pris les choses à bras-le-corps.

Et je ne pourrais vraiment pas être plus fier.

Donc nous y voilà.

Avec notre Parviz qui rejoint

la Deerfield Academy,

dans le Massachusetts.

Bon voyage. Et travaille bien.

Et ne t'avise pas de revenir avec un chapeau de cow-boy.

L'chaim.

En territoire ennemi

Huit mois à peine après la fuite du shah d'Iran,

l'ayatollah Khomeini et ses révolutionnaires islamiques

se sont solidement installés au pouvoir

et ont transformé le pays.

La charia est appliquée à la lettre.

Et une vague de violence vise désormais plusieurs des groupes

qui avaient pourtant œuvré à l'avènement de la révolution.

Cela concerne les étudiants, les socialistes,

les intellectuels et à peu près tous ceux

qui ne se reconnaissent pas du fondamentalisme islamique.

Le corps des Gardiens de la révolution islamiques...

Je t'en prie, chéri, allons nous coucher.

Il suffirait d'une petite étincelle, et boum.

Oy,

tu ne te rends vraiment pas compte ?

Ou tu ne veux pas ?

Nous sommes assis sur une bombe.

Tu vois dans quel état ça te met ?

Ce n'est pas bon pour toi, tu es complètement remonté.

Remonté. Mais tu ne vois pas

que notre pays est au bord du séisme ?

Je t'en prie, Isaac, ne recommence pas.

Ouvre les yeux, Farnaz !

Et regarde bien.

Parce qu'un jour viendra, bientôt,

où il nous faudra tout abandonner.

Maman ? Papa ?

Est-ce que tout va bien ?

Tout va bien, mon chéri.

Qu'est-ce qu'il y a eu ?

Il a dû y avoir... un mauvais contact.

Oui.

Je... Il faut...

- que je finisse mes valises. - D'accord.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Dans un revirement sur sa précédente déclaration,

selon laquelle le gouvernement ne devrait pas être dirigé

par un chef spirituel suprême,

l'ayatollah a affirmé que la souveraineté...

Habibeh, tu peux éteindre, s'il te plaît ?

Oui, khanum.

Il faut qu'on parle.

Je rentrerai pour déjeuner.

D'accord. Vers quelle heure ?

- À 1 h. - Parfait.

Tu ne m'embrasses pas ?

- Au revoir, papa. - Au revoir.

Verrouille ta portière.

Vas-y maintenant, tu vas être en retard.

Shirin, mets ton foulard.

Comme tu es belle.

C'est magnifique, Harad.

Merci, patron.

Excellent.

Nous sommes en avance sur le calendrier.

Oui, les commandes seront expédiées demain.

Merci.

C'est un plaisir. Comme toujours. Au revoir.

Frère, Amin. On vient sur ordre des Gardiens

de la révolution.

Tu es en état d'arrestation.

Puis-je voir vos papiers ?

Tu ne devrais pas te préoccuper de la paperasse.

T'es bien le frère Amin, pas vrai ?

- Oui. - Alors suis-nous.

Je suis le frère Mohsen. Viens, suis-moi.

Assieds-toi.

Pas là. De l'autre côté.

Alors... frère Amin...

explique-moi ce que tu fais.

Je suis gemmologue.

Et joaillier.

Nos archives indiquent que tu vas en Israël,

disons... assez fréquemment. C'est exact ?

- Oui. - Pour quoi faire ?

Eh bien, monsieur, j'ai...

Je t'en prie, appelle-moi frère.

J'ai de la famille en Israël.

Mon frère.

Aucune loi n'interdit de voyager, il me semble.

Mon frère, es-tu proche du Mossad ?

Je n'ai rien à voir avec les affaires du gouvernement.

Ni ici ni dans aucun autre pays.

Je suis un homme d'affaires qui se trouve être juif.

C'est tout.

C'est pas si simple.

Parle-moi de ta femme. Farnaz Amin, c'est ça ?

- Qu'est-ce qu'elle fait ? - C'est une femme au foyer.

Ah bon. Alors...

Qu'est-ce qui est écrit là ?

Je crois bien lire Farnaz Amin.

Est-ce que je me trompe ?

Ça lui arrivait d'écrire de temps en temps, oui.

Tu te rends compte que cette patinoire

était l'antre du péché et que cet article est un élément

de Propagande ?

Non, ce n'est pas ce que vous croyez.

Elle n'écrivait tout ça que pour raconter ce qui l'entourait.

Mon frère...

Je vous en prie, dites-moi qu'elle va bien.

Il y a trop d'éléments en ta défaveur pour le moment.

- Allô ? - Farnaz.

Navid.

Merci de me rappeler.

J'ai pas arrêté d'essayer de te joindre. Où es-tu ?

Il serait préférable de pas en parler.

Quoi ? Comment ça ?

Je n'ai aucune nouvelle d'Isaac.

Isaac... il a été arrêté.

- Comment tu sais ça ? - Par un ami

qui avait rejoint les Gardiens à leurs débuts.

Mais pourquoi ?

Tu crois qu'il leur faut une raison ?

- Tu sais où ils l'ont emmené ? - Pas encore.

Dès que je le sais, je t'appelle.

Il faut que tu m'aides à retrouver ton frère.

Ils feront tout pour le faire craquer.

Après ça, on sera tous en danger.

Faut que je te laisse.

Je sais.

Ça sent mauvais.

C'est horrible.

Je suis désolé.

Je me présente. Je suis Mehdi.

- Isaac. - Raconte.

Comme c'est dehors ?

Dehors ? Comment ça ?

Depuis quand vous êtes là ?

Ça va faire presque huit mois.

Huit mois ?

Surtout, s'ils te demandent quoi que ce soit,

contente-toi du strict minimum.

Ne t'en fais pas. Amin-agha est un homme bon.

Et il sera relâché. Prie Allah.

Chaque pèlerin rejoint la Mecque à sa manière.

Ma sœur ?

Je suis à la recherche de mon mari.

J'aimerais savoir s'il est ici.

On ne donne pas ce genre d'information.

Mon frère, je t'en prie.

J'aimerais savoir s'il est toujours en vie.

Il n'est pas rentré à la maison, hier après le travail.

Il avait peut-être mieux à faire.

Je connais beaucoup d'hommes de cet acabit.

Mais Isaac Amin n'en fait pas du tout partie.

- C'est qui, elle ? - Je suis une amie.

D'accord. Restez là.

Tu vois, khanum, tu as bien fait de l'emmener.

Il a apprécié l'idée que quelqu'un comme toi

puisse avoir une amie comme moi.

- Entrez. - Ça va bien se passer.

Ton nom.

Vartan Sofoyan.

Tu connais cet homme ?

Je crois bien que non.

T'as sursauté pourtant.

C'est la capuche.

Ça m'a surprise.

Emmène-le.

Tu mens.

Tu connais cet homme, Vartan Sofoyan.

Je t'ai dit que je ne le connaissais pas.

Mon frère, je suis ici dans l'espoir de retrouver mon mari.

Isaac Amin.

Sofoyan comptait parmi les proches de la famille royale.

Il a d'ailleurs très souvent joué pour eux.

J'aimerais vraiment qu'on me dise où se trouve mon mari.

Tu as été journaliste.

Est-ce que je me trompe ?

Je ne me qualifierais pas de journaliste.

J'écrivais de temps à autre.

- Comme un passe-temps ? - On peut dire ça.

Uniquement ceux qui peuvent se payer ce luxe

ont des passe-temps.

Les autres doivent travailler. Point.

Je pouvais me le permettre uniquement grâce à mon mari,

qui a beaucoup travaillé.

Oui, il a beaucoup travaillé à amasser sa fortune.

Il a gagné sa vie honnêtement.

Parle-moi un peu des articles que tu écrivais.

C'était superficiel.

Mais je suis d'humeur superficielle. Fais-moi plaisir.

J'écrivais sur d'autres pays.

Tu vantais les plaisirs de l'alcool

et la noblesse des cathédrales.

Tes articles étaient de la propagande

pou l'indécence totale.

Pourquoi un tel interrogatoire ?

Je ne pense pas être accusée de quoi que ce soit.

Je t'en prie, mon frère.

Dis-moi où se trouve mon mari.

Il est grand temps que tu comprennes, sœur Amin,

que l'époque où les gens comme toi

exigeaient et obtenaient est révolue.

Maintenant, c'est notre tour.

Sors d'ici.

Est-ce qu'ils t'ont dit quelque chose ?

Ils m'ont demandé si j'appréciais

le fait d'être une servante.

Qu'est-ce que ça a à voir avec ce qui nous intéresse ?

Tu ne laisses pas ces gens te parler avec leurs idioties.

- Pas vrai, Habibeh ? - Non.

Non, khanum. Bien sûr que non.

- Bien. - Mais je ne sais plus trop.

Mon fils me dit qu'il y a beaucoup de choses

- qu'il va falloir rectifier. - Quoi ?

Morteza est devenu révolutionnaire ?

Il a rejoint les Gardiens.

Je ne te l'ai pas dit plus tôt

parce que je me disais que tu allais te fâcher contre moi.

Mais quand je réfléchis à tout ce qu'il me dit,

je dois avoir que ça a du sens.

Qu'est-ce qu'il peut bien dire qui soit aussi sensé ?

Il dit : Pourquoi certaines personnes

vivent comme des rois et tous les autres comme des rats ?

Et pourquoi est-ce que les gens riches

si influencés par l'Occident et L'Europe devraient dicter

comment tout le pays doit s'habiller, parler, vivre ?

Et si nous, nous voulions être dirigés par nos mollahs

et non par ce saint ?

Morteza m'a dit qu'on le vénérait, en Europe.

Je crois que c'est le saint Laurent

ou quelque chose dans le genre.

- Yves Saint-Laurent ? - Oui, c'est lui.

Ce n'est pas un saint, c'est un styliste.

Saint-Laurent, c'est son nom de famille.

Tu vois, khanum... tu me rabaisses

chaque fois que tu en as l'occasion.

Non, Habibeh, je te rabaisse pas.

Mais tu ne sais pas de quoi tu parles.

Tu ne fais que répéter les bêtises qu'on te dit.

Khanum, tu recommences.

Désolée.

Habibeh, tu as le droit d'avoir ton ressenti.

Mais je te demande de ne pas oublier l'amitié

qui nous unit depuis toutes ces années.

Non, khanum, je ne l'oublie pas.

Mais parle-t-on de la même amitié

que celle que vous partagez avec M. Sofoyan ?

Vous dînez avec lui, vous allez au théâtre...

Moi, en 20 ans d'amitié,

je n'ai jamais été invitée à m'asseoir à votre table.

Faut que tu t'y fasses.

S'ils t'appellent pas, remercie Dieu.

S'ils le font, fais ta prière.

Demande à Allah.

Lui sait quand la fin est proche.

Comment il le sait ?

Il le sait.

On développe un sixième sens pour ce genre de choses.

On peut même le sentir à l'haleine

de celui qui nous interroge.

On sait quand il en a assez de nous parler.

Ton père me l'a offerte à la naissance de Parviz.

Il a taillé la pierre lui-même.

C'était quand, la dernière fois que tu l'as portée ?

Pour Parviz. À sa fête de départ.

Tu vas être en retard

- pour emmener Shirin à l'école. - Habibeh.

Tu n'aurais pas vu ma bague en saphir ?

Celle avec les petits diamants tout autour de la pierre.

J'ai bien peur que non, khanum.

Elle était pourtant là. Elle a pas pu s'envoler toute seule.

Je vais jeter un œil si tu veux.

Merci beaucoup.

Parle-moi de ton frère Navid.

On n'est pas vraiment si proches que ça.

Tu seras peut-être curieux d'apprendre

qu'il a un nouveau travail.

Il s'est lancé dans la contrebande de vodka.

Mais si... Si en effet, mon frère est impliqué

dans la contrebande de vodka,

je n'ai rien à voir dans cette histoire.

Je vais te dire.

Je sais pas pourquoi, mais je t'aime bien.

Et je voudrais t'aider. Mais ça peut pas se faire comme ça,

il faut que tu m'aides.

Tu crois vraiment qu'il va s'en sortir ?

Toi et ta famille de débauchés,

tu crois que vous êtes intouchables ?

Il y a peut-être eu une erreur quelque part.

L'erreur, mon frère, elle vient de toi.

On dirait que tu crois que tout ça n'est qu'un jeu.

- Non, non, non. - Alors vas-y !

Dis-moi où je peux trouver ton frère.

Bon. Mon frère, je suis un homme simple.

Je... Je m'intéresse uniquement à mon travail.

À ma femme. À ma fille.

Simple ?

J'imagine que déchiffrer tous tes comptes bancaires,

c'est très simple.

En ce qui me concerne, j'ai eu du mal à suivre.

Je dirais qu'il faut avoir un esprit plutôt perspicace

pour effectuer toutes ces opérations.

Il faut être perspicace en affaires, oui, mais...

Laisse-moi parler. Laisse-moi parler !

On connaît absolument tous tes petits secrets.

Ce que tu ranges dans tes placards...

Et même la marque de cognac que ta femme préfère boire.

C'est dommage d'en arriver là.

Tiens.

Prends-en une.

On va rester là un bout de temps.

C'est quoi le problème ?

Il me faut du feu.

Eh bien alors, mon frère, demande !

J'aimerais bien que tu me rendes la pareille.

Quand je te demande quelque chose,

j'aimerais que tu me le donnes sans poser de problème.

Approche.

Tu peux y mettre fin.

Tu peux y mettre fin !

Je vous en prie. Je vous en prie !

Allô.

Maman ? C'est moi.

Parviz.

Je voulais seulement prendre des nouvelles.

C'est si bon d'entendre ta voix.

- Comment va Shirin ? - Elle va bien.

- Et papa ? - Il...

Il est encore au travail.

Il va finir tard.

Écoute, chéri, tu veux bien

que je te rappelle un peu plus tard ?

J'attends un appel urgent.

Ouais, bien sûr.

On t'aime fort.

Je vous aime aussi.

Bonjour khanum.

Bonjour.

Est-ce que ça va ?

Oui...

Oui, je vais me lever.

Cette manie, khanum, il va falloir y renoncer.

Je n'ai bu qu'un verre.

Un verre ou dix,

ça ne fait aucune différence.

C'est illégal maintenant.

C'est une menace ?

Ce n'est qu'un fait, khanum.

Le fait est que je suis ici dans ma maison.

Et aujourd'hui, c'est mercredi.

Alors n'oublie pas de nettoyer les vitres.

Oui, khanum.

Isaac ?

Vartan.

Vartan Sofoyan.

Mon Dieu.

Il y a trois semaines encore,

tu donnais à Shirin sa leçon de violon.

Oui, c'est fou.

Tous les prisonniers retournent dans leur cellule.

Farnaz, je t'en prie, surtout ne t'énerve pas, d'accord ?

Je suis désolée, mais personne ne décroche le téléphone.

- Je veux qu'on m'explique. - Je t'en prie, reste calme.

Je ne comprends pas.

Talia, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que vous faites ?

Tout va bien. Vous en faites pas.

Morteza, dis-nous ce qui se passe.

Pas d'inquiétude. On déplace l'équipement et les pierres

- vers un endroit plus sûr. - Les pierres ?

Oui. Pour les sauver des révolutionnaires.

On pense qu'ils veulent les saisir. D'accord ?

- Tu en es sûr. - Oui.

Et comment tu le sais ?

Je vous en prie, faites-moi confiance, OK ?

Je ne cherche qu'à vous aider.

- Attendez, s'il vous plaît. - On voudrait jeter un œil.

Je ne peux pas vous laisser passer. N'insistez pas. Partez.

Où comptez-vous amener tout ça ?

Je vous l'ai dit : dans un endroit sûr !

Rentrez chez vous. Vous devez avoir mieux à faire.

- Je vais aller voir. - Non, vous n'y allez pas !

Je vous le demande gentiment. N'envenimons pas la situation.

Je vous préviens, si vous...

Farnaz, qu'est-ce que tu fais ?

- Eh, merde ! - S'il vous plaît,

laissez-moi passer. Farnaz, fais attention !

Qu'est-ce qui se passe ici ?

Farhanika.

Tu peux m'expliquer ?

Je suis désolé, khanum. Tout ça nous a échappé.

J'ai pourtant essayé de leur faire entendre raison,

mais rien n'y a fait. Ils ont dit...

Ils ont dit que j'étais aveuglé par des années d'exploitation

- et qu'il fallait m'en libérer. - D'exploitation ?!

C'est ce qu'ils ont dit.

Toutes ces personnes n'étaient que des gitans sans emploi

quand mon mari les a embauchés.

Il les a formés et a payé

pour leur éducation. Tu appelles ça de l'exploitation ?

On n'était pas tout à fait des gitans, khanum.

On manquait peut-être d'éducation.

- Mais pas à ce point. - Je suis désolée.

C'est pas ce que je voulais dire.

Surtout pas en ce qui te concerne.

C'est que je ne comprends pas.

Pourquoi est-ce qu'ils font tout ça ?

Comment peuvent-ils oublier tout ce qu'il a fait

- pour les aider ? - C'est comme ça maintenant.

- Vous avez perdu la tête ?! - Je suis désolé, khanum.

C'est injuste ! Son procès n'a pas encore eu lieu !

- Farnaz, est-ce que tu vas bien ? - Un procès...

Si vous croyez qu'il va y avoir un procès,

vous vous mettez le doigt dans l'œil.

Morteza...

Pourquoi est-ce que tu nous fais ça ?

As-tu le moindre reproche à faire à mon mari ?

Est-ce qu'il t'a jamais refusé quoi que ce soit ?

Khanum...

Vous ne comprenez vraiment pas ?

Je le pense sincèrement.

Vous voyez, il ne s'agit pas que de votre mari.

Il s'agit de tout un groupe d'hommes.

Ces hommes ont ignoré l'injustice.

Ces hommes ont profité pendant longtemps

d'un régime corrompu.

Ces hommes ont construit leurs villas

et ont voyagé partout

où bon leur semblait.

Dans des endroits que les gens comme nous

osaient à peine imaginer en rêve.

Vous vous êtes déjà demandé comment on vivait ? Hein ?

Ou pourquoi un pays qui possède tant donne si peu aux pauvres ?

Vous vous en fichez.

Mais ce n'est pas grave. Et vous savez pourquoi ?

Parce que Dieu a répondu à la prière des faibles.

Dieu s'est mis du côté des fidèles.

Et pas des pécheurs. Dieu sera constamment...

Depuis quand es-tu devenu aussi croyant ?

Il y a à peine quelques années de ça,

tu venais encore avec tes jeans moulants

nous demander notre voiture

pour aller chercher l'une de tes cinq copines.

Tu crois vraiment

que cette barbe va faire de toi un homme de Dieu ?

Farnaz, allez, viens, on y va. Ça suffit.

Et depuis quand

voler les biens d'autrui répond à la parole de Dieu ?

Vous êtes tous des hypocrites

qui ont soudain accédé au pouvoir

et qui savent pas comment le gérer.

Est-ce que quelqu'un...

se rappelle de quand...

ce pays se contentait

d'être humain ?

Sous Cyrus le Grand,

on était tous égaux.

Musulmans...

chrétiens...

juifs.

Ça ne comptait pas.

C'était un grand empire.

Vous voulez bien arrêter ?

C'est ça, le problème de ce pays.

On se croit en quelque sorte spéciaux,

parce qu'il fut un temps où ce pays était grand.

Darius, Cyrus,

Persépolis...

C'était y a 2500 ans.

Et maintenant, hein ?

Tous des barbares.

Non.

Pas nous tous.

Tu vas le rejeter ou tu prends la photo ?

- Attends. - Vas-y, prends la photo.

Bip !

- Désolé, désolé. - Il ne fient plus.

Maman.

Qu'est-ce que t'as ?

J'ai tout retourné pour trouver cette bague.

Mais elle n'est pas là.

Je ne sais plus.

Regarde la tête de papa.

Regarde-toi. T'es tellement belle.

C'est toi qui es belle.

Allez, c'est parti. Attention. Attention.

Qu'est-ce qu'il est en train de faire ?

Il casse le verre.

Oui, mais pourquoi ?

C'est pour se rappeler que...

même dans les moments les plus heureux,

y a de la tristesse.

Que l'amour est fragile.

Et qu'il peut se rompre si on n'y fait pas attention.

Shirin, écoute.

Un jour viendra où les Gardiens vont venir fouiller la maison.

Il va falloir qu'on se débarrasse de toutes les choses

qui pourraient incriminer ton père.

C'est comme quand tu as dû retirer

toutes les photos du shah de tes livres scolaires.

Tout ça doit disparaître.

Ça, c'est ton oncle Navid quand il était tout petit.

Maman.

Je me souviens très bien.

C'était en septembre 1958.

Quand j'ai rencontré ton père à Shiraz.

Seul à l'aube, souris-moi et je donnerai ma vie.

Tu es le deuil de mon cœur pour les boucles de la tête.

Donne-moi ça.

- C'est papa qui a écrit ça ? - C'est son écriture, oui.

Mais les mots sont de Hafiz.

- C'est sur l'amour ? - Oui.

Je peux le lire ?

Seul à l'aube, souris-moi et je donnerai ma vie.

Tu es le deuil de mon cœur pour les boucles de la tête.

Merci. Que Dieu te protège aux cohortes de douleurs.

Car lorsque je serai seul,

tu resteras dans mon cœur.

Alors ?

C'est magnifique !

Regarde cette cuisine !

- Ça te plaît ? - On peut se le permettre ?

Oui.

C'est magnifique.

Vraiment magnifique.

- Prête à découvrir le meilleur ? - Oui.

La chambre.

Je plaisante. Non, elle est pas mal, mais viens voir.

D'accord. Ferme les yeux.

- Garde-les fermés. Non ! - C'est pas vrai !

Un vrai miroir d'eau.

Il faudra y mettre de l'eau.

Tu m'as toujours parlé de celui de ton enfance.

Qu'est-ce que tu disais toujours ?

Que tu pouvais toujours compter dessus.

La beauté à l'état pur.

Ouvrez-nous la porte !

- Allez, vite ! - Shirin, reste là.

Ouvrez-nous la porte !

Plus vite !

On vient fouiller la maison.

Allez, on se dépêche !

Toi, occupe-toi de la salle à manger.

Shirin... Shirin ?

Shirin ?

Fouillez tout !

Shirin ?

Il faut que j'aille voir ma fille.

- Tu restes là, je suis sûr... - Je reviens tout de suite.

Tu t'assois !

La bague.

Donne-la-moi ou je te coupe le doigt.

Je t'ai dit de me la donner !

Maman ?

Où t'étais ?

J'avais faim, j'étais dans la cuisine.

Bon.

Maintenant que t'es là,

montre-moi donc où ta mère range ses bijoux.

Au revoir, ma sœur.

T'en fais pas.

Je te promets que tout va bien se passer, mon ange.

Ramin, mange. Allez.

- J'ai pas faim. - Mange.

Ils ont déjà tué ma mère.

Ils l'ont tuée pour de vrai.

Je sais.

Bijan Yadgar.

Behrooz Ghodsi.

Jahanshah Soheil.

Isaac Amin.

Vartan Sofoyan.

Ram/n Amen'.

Ça va aller. Il a dit que ça irait. Tu verras.

Soixante-douze vierges seront là pour chacun d'entre nous.

Isaac !

Isaac, Isaac !

Isaac, je t'en supplie ! Je t'en supplie, Isaac !

J'espère que ta mère se sent mieux.

- Bien mieux, khanum. - Tant mieux alors.

C'est gentil.

Son anniversaire était très animé, tu sais.

Tu devrais voir à quel point mon neveu

est devenu un beau jeune homme.

Dans quelques années, il fera un bon mari pour Shirin.

Et Moneza ? Il était là ?

Non, khanum.

Il ne vient jamais à ces rassemblements familiaux.

Il pense qu'il a bien mieux à faire.

Comme piller.

Pardon ?

Il ne t'a rien dit ?

Ils ont pillé le bureau d'Isaac.

- Lui et les autres employés. - Mon Morteza ?

J'y étais, je l'ai vu.

Tu as dû te tromper.

Il a dit qu'il déplaçait les biens dans un endroit sûr.

Et qu'il ne fallait s'inquiéter de rien.

Mais je sais que c'est faux.

Tu sais que c'est faux.

Tu veux dire par là que toi, tu ne te trompes jamais.

Tu n'aurais pas plutôt vu ce que tu avais envie de voir ?

- Je sais ce que j'ai vu. - Tu sais ce que tu as vu.

Tu es une femme bienveillante, Farnaz Amin,

mais tu es aussi pleine de mépris.

Quand je te dis que peut-être un jour,

mon petit neveu passera la bague au doigt de ta petite Shirin,

tu penses que je suis sérieuse ?

Je dis ça en plaisantant.

Je sais bien que tu as trop bon cœur

pour me dire ce que tu penses vraiment.

Tu te contentes de te taire et de me sourire.

Je te raconte ce que j'ai vu.

J'ai vu ton fils et les autres employés

prendre les bijoux, les tableaux,

les bureaux, les chaises !

Et quand je lui ai demandé de s'expliquer,

il a osé me dire qu'Isaac allait devoir payer

pour l'ensemble des péchés de toute une frange d'hommes.

- Il t'a dit ça ? - Oui.

Eh bien, peut-être qu'Amin-agha devrait payer.

Il est peut-être grand temps que quelqu'un paye.

Isaac n'a jamais fait de mal à personne !

Et encore moins à toi et à ton fils.

Il ne doit rien payer du tout !

Pourquoi est-ce que certaines personnes sont destinées

à ce qu'on assouvisse le moindre de leurs caprices,

tandis que les autres ne peuvent espérer

rien d'autre que laver les toilettes ?

Tu crois qu'Isaac est né parmi les princes ?

Non, Habibeh.

L'argent ne lui est pas tombé du ciel.

Pour l'avoir, il a travaillé dur.

Je travaille dur, mon fils travaille dur.

Et on peut dire que tu as parcouru

un sacré bout de chemin.

Est-ce que je dois te rappeler la misère

dans laquelle tu vivais quand on t'a rencontrée,

toi et ton morveux de fils ?

Vous étiez en train de vendre des fleurs au coin de la rue !

Tu étais si mince et décharnée, tu ne tenais plus debout !

On est descendu de voiture. Et là, Isaac m'a dit :

N'y a-t-il vraiment rien que l'on puisse faire

pour aider ces pauvres gens ?

Et on vous a recueillis.

Alors vas-y, dis-moi.

Mon mari doit payer pour quoi exactement ?

Apparemment, tu voulais devenir poète.

Explique-moi ça.

Comment fait un poète

pour devenir aussi riche ?

Peut-être parce que...

le joaillier et le poète

partagent la même faiblesse.

On vise la perfection.

Ici, il n'est fait mention d'aucun ami,

ni même de connaissances.

Je suis introverti par nature, mon frère.

Je... J'aime passer du temps avec ma famille...

ou rester seul.

Alors on t'a amené au bon endroit.

T'entends ?

Maintenant parle.

De quoi ?

De quoi voulez-vous que je vous parle ?

Je ne sais pas ce que vous attendez.

Je ne sais pas quoi dire.

Parle-moi de toutes tes activités pour le shah !

Et parle-moi aussi de ton frère !

- Où se cache-t-il ?! - J'en ai aucune idée.

Je vous jure.

Mon frère, je le jure.

- Mon frère... - Frère Mustafa.

Le prisonnier suivant est prêt.

Je vous en prie...

Je vous jure, mon frère,

je vous le jure... J'en sais rien.

Mon frère, pitié.

Navid, tu m'as fait peur.

Tu as trouvé où il est ?

J'aimerais avoir plus d'informations.

L'ami qui m'a prévenu de l'arrestation d'Isaac

m'a dit que les Gardiens me cherchaient, moi aussi.

Ils finiront par nous avoir tous.

Le mois prochain,

je vais recevoir beaucoup d'argent d'une transaction.

Je m'en servirai pour payer les passeurs.

Ils me feront passer les montagnes.

Quel genre de transaction ?

J'importe de la vodka depuis la Russie.

S'ils t'attrapent,

tu finiras pendu.

Je ne peux pas t'en parler, Farnaz.

Moins tu en sais, mieux c'est.

La seule chose, c'est que... il me faut un peu d'argent

pour tenir jusqu'à ce que la cargaison arrive.

Il te faut combien ?

Environ 10000.

- Dollars ? - Bien sûr.

C'est une sacrée somme.

Je t'en prie.

Si je ne sors par de Téhéran, ils vont finir par m'attraper.

À une seule condition.

S'il nous arrive quoi que ce soit, Isaac et moi,

promets-moi que tu veilleras à ce que Shirin et Parviz

soient ensemble et en lieu sûr.

- Promets-le-moi. - C'est promis.

Tu rempliras le reste.

Encore une chose.

Mon Dieu.

Ma bague.

Il me fallait une garantie sur l'argent que je devais.

Je t'en ai pas parlé avant

parce que je savais que je la rendrais.

Au revoir, Farnaz.

Embrasse Shirin pour moi et si Dieu le permet,

je la reverrai un jour sur un autre continent.

Je t'en prie, ne restez pas dans ce pays.

De l'eau.

Des bandages propres.

Merci.

T'as pleuré ?

Je n'en ai plus la force.

On se sent mieux après avoir pleuré.

C'est le fils de Mohsen.

Mais...

pourquoi est-ce qu'il...

emmènerait son enfant dans un endroit pareil ?

Mohsen est très fier de son fils.

Tu le savais ?

Il a passé plusieurs années ici, dans cette prison,

à se faire torturer par la Savak.

Vous savez pourquoi ?

Ils n'avaient pas besoin de raison.

Alors le doigt qui lui manque...

C'est pas la seule torture qu'il ait subie.

Disons qu'il aurait jamais pensé avoir un enfant un jour.

Ce petit garçon, c'est un miracle,

l'insigne même de sa foi.

C'est pas quelqu'un de mauvais.

Je peux comprendre que t'aies du mal à le croire,

mais c'est vrai.

Le Coran ?

Tu l'as déjà lu ?

Ça pourrait t'être utile.

Il faut que tu croies que tu vas t'en sortir.

Aie la foi.

Allô ?

Maman ?

Mon chéri, comment tu vas ?

Très bien.

En fait, je suis censé jouer au base-ball avec des amis, mais...

je voulais...

Je me demandais si je pouvais parler à papa.

Je voudrais lui souhaiter un joyeux anniversaire.

Je suis navrée, il est pas là.

Comment ça ? Il est près de minuit chez vous, non ?

Maman ?

Maman, qu'est-ce qui se passe ?

Maman... où est papa ?

Il a été arrêté.

Quoi ?

Je suis allée à la prison, mais...

ils n'ont rien voulu me dire du tout.

Il est vivant ?

Je sais pas.

Je suis désolée.

On aurait dû partir en même temps que toi.

Ça va aller.

Non, je crois pas.

Allez, s'il te plaît, maman.

Chut, ça va aller.

Je suis tellement désolée.

J'aimais vraiment notre vie ici.

D'accord, je rentre à la maison.

- Non, non, non. - Maman, s'il te plaît.

Tu vas rester à l'école.

Là, tu es en sécurité.

Y a rien que tu puisses faire ici.

Y a rien que moi, je puisse faire.

Ils le relâcheront quand ils se rendront compte

qu'il n'a rien fait de mal.

Et on partira d'ici.

Je t'en prie, promets-moi que tu vas rien faire pour revenir.

Promets... que tu vas rester là-bas.

D'accord. D'accord, je... je le promets.

Il va falloir que je libère la ligne,

si jamais ton oncle appelle.

- D'accord ? - Et comment va Shirin ?

Elle est à l'étage, endormie.

On va bien.

On va tous se revoir bientôt.

On t'aime très fort, Parviz.

Je vous aime aussi.

Qu'est-ce que tu as à dire pour ta défense ?

Ce que j'arrête pas de vous dire.

Que je suis innocent.

J'ajouterai une chose.

Je...

J'ai suivi le mauvais chemin dans la vie.

J'ai recherché la richesse matérielle.

Ce qui en fin de compte m'a rien apporté.

Rien ?

Attends, et ta maison ?

Les voyages que t'as faits ?

Les voitures que t'as conduites ?

Moi, je peux dire que j'ai rien.

Pendant deux ans, mon fils a porté les mêmes chaussures

parce que je pouvais pas lui en acheter des neuves.

Au final, j'ai dû couper les bouts

pour que ses pieds puissent grandir.

Oui, mais...

regardez-moi.

Et regardez-vous.

Je suis assis face à vous.

Ma vie est entre vos mains.

Ma petite fille,

avec son placard rempli de chaussures,

ignore totalement où se trouve son père.

Que les deux mains d'Abu Lahab périssent

et que lui-même périsse.

Ses richesses et tout ce qu'il a acquis ne lui serviront à rien.

Bien dit, mon frère.

Je vois que t'as employé ton temps à bon escient.

Je faisais la même chose

quand j'étais en prison...

Je lisais.

C'étaient des années difficiles, mais...

le Coran.

C'est le Coran qui m'a redonné de l'espoir.

Tu sais que j'amène mon fils ici tous les jours ?

C'est lui que j'entends courir partout au-dessus de ma cellule ?

Avant, j'étais assis sur une chaise

très semblable à la tienne.

Maintenant que les rôles sont inversés...

pourquoi aurais-je pitié de toi ?

Parce que je n'ai rien à voir avec les gens

qui vous ont fait du mal.

Mais si.

Tu as détourné le regard.

Oui. Vous avez raison là-dessus.

J'ai été aveugle.

Ça, je m'en rends compte maintenant.

Mais par pitié, mon frère...

quand vous dites ça...

que vous étiez assis là, à ma place,

alors vous devez comprendre ma peur.

Et au-delà de ça,

le... désespoir de...

de ne plus jamais revoir ma famille.

Non seulement je connais ta peur,

mais je peux la sentir.

Et je crois bien que j'y suis devenu accro.

Alors vous êtes...

tout aussi prisonnier aujourd'hui que je le suis.

Votre pitié pourrait me libérer des murs de cette prison.

Mais plus que ça...

elle pourrait vous sauver de vous-même.

Je peux changer mes habitudes.

Je peux prouver ma sincérité.

Et peut-être je pourrais même...

soutenir la cause révolutionnaire

avec une généreuse donation.

Généreuse comment ?

Aussi généreuse que nécessaire.

On m'a déjà fait des offres similaires, mon frère.

Aucune n'était satisfaisante.

Il me faut une réponse plus explicite.

Tout ce que j'ai.

Les économies de toute ma vie.

Tout ce que j'ai.

Chaque pèlerin rejoint La Mecque à sa manière.

Il faut passer chez moi.

Pour fournir à la banque une pièce d'identité.

Et ton permis de conduire ?

On m'a jamais rendu mon portefeuille, mon frère.

Isaac.

On n'a pas beaucoup de temps, ma sœur.

Mon passeport. Où est-ce qu'il est ?

Nos passeports ont été confisqués.

Ils sont venus ici, ils ont tout volé.

Ils nous ont tout pris.

Il me faut une pièce d'identité pour la banque.

Tu ne peux pas entretenir la maison en mon absence ?

Isaac, j'ai ton certificat de naissance.

Il faut qu'il y ait une photo pour m'identifier !

On n'a plus rien.

Mon frère, je suis désolé du contretemps, je suis désolé.

Il doit y avoir quelque chose ici.

Allez. On retourne à la prison.

- Mais... - Non.

Non.

Mon frère... Mon frère, pitié.

Allez.

Ils ont pris tous mes papiers avec photo.

Mon passeport, ce sont vos gardiens qui l'ont pris

quand ils sont venus.

Pitié, mon frère.

Allons à la banque.

Arrête, te fous pas de moi !

Attendez ! Attendez, s'il vous plaît !

Pitié ! Pitié. Ils vont...

Ils vont me reconnaître, je pense.

C'est sûr !

Je suis leur client depuis 20 ans.

C'est sûr qu'ils vont me reconnaître.

Fariborz Jamshidi. C'est le gestionnaire.

Il était au guichet quand j'ai ouvert le compte.

Pitié.

- Je peux vous accompagner. - Reste avec Shirin, chérie.

On dirait qu'il est pas là aujourd'hui.

Non. Non, je suis sûr qu'il est là quelque part.

Puis-je vous aider ?

Fariborz.

C'est moi, Isaac.

Isaac ?

J'aimerais vider tous mes comptes aujourd'hui.

Tout en liquide.

Tu l'as entendu, mon frère. Allez, on y va.

Oui.

Tout de suite.

Suivez-moi.

Et maintenant ?

T'es libre, mon frère.

Et je pourrai rien faire si on revient t'arrêter.

Ils le feront bientôt.

Amin-agha !

Vous êtes libre ?

Tes amis ne te l'ont pas dit ?

Ça fait un moment que je les ai pas vus.

Mais j'étais sûr qu'ils vous relâcheraient.

C'est ce que j'arrêtais pas de leur dire,

mais vous savez comment ça se passe...

Alors dis-moi ce que tu fais là.

Là ? Je viens répertorier ce qui vous a été pris.

Je... Je voulais faire une liste pour vous.

Je ne suis pas un abruti. Morteza.

Je sais ce qui s'est passé.

T'es qu'un voleur.

Moi ? Un voleur ?

Montre-moi cette soi-disant liste. Allez.

Je venais tout juste de m'y mettre.

Commençons par le rez-de-chaussée.

Je... Je suis fatigué.

Je n'ai ni la force...

ni l'envie de jouer.

Sache que tout ce que tu as volé est à toi,

que ce soit bien clair.

Il n'y a aucun recours pour moi maintenant.

Mais au moins, aie la décence de me regarder en face

et de me dire ce que tu es.

Y a rien de pire qu'un criminel qui est aussi hypocrite.

Je parlerais pas comme ça à votre place.

Vous voyez...

J'ai un document dans ma poche

qui pourrait vous faire beaucoup de tort.

De quel document tu parles ?

C'est drôle comme le passé revient toujours nous hanter.

Quel document ?

Vous vous souvenez de ça ?

Ça vous revient ? Non ?

C'est pas grave, je peux vous le lire.

Vente d'un pendentif en rubis et diamant

à l'impératrice et...

Vous voulez que je vous lise le petit mot de Sa Majesté ?

Merci, monsieur Amin,

pour ce travail de toute beauté.

L'Iran est fier de pouvoir compter sur un artisan...

Oui, mais ça date d'il y a très longtemps, ça.

Ça ne veut rien dire du tout.

C'est ça qui a bâti votre réputation !

Ensuite, toutes les femmes fortunées

sont venues vous voir en courant, pas vrai ? Hein ?

En se disant : s'il est assez bien pour l'impératrice,

alors pourquoi pas pour moi ?

- Cette lettre vous relie au shah. - Donne-la-moi.

Donne-la-moi.

Ce bout de papier,

c'est votre arrêt de mort.

Pourquoi je devrais laisser tomber ?

Heureusement que je l'ai pas trouvé avant.

Tu as déjà pris tous les bijoux.

Tu as tout pris. Qu'est-ce que tu peux vouloir de plus ?

Je veux le diamant.

- Quoi ? - Vous savez très bien.

Celui que vous avez ramené d'Anvers,

qui est parfait.

Et si je te disais que j'en avais fait don ?

Aux Gardiens de la révolution islamique.

Je n'en crois pas un mot.

As-tu vraiment le choix ?

Vous allez me donner ce diamant.

Comment peux-tu faire ça ?

Ou ce bout de papier va se retrouver

sur le bureau de l'imam Khomeini !

Tu vas m'écouter, sale petite merde !

Sale fouine !

Je suis maintenant en meilleurs termes

avec le bureau de l'imam Khomeini

que tu ne le seras jamais !

C'est vrai, je fais partie de leurs plus importants donateurs !

En plus de ce diamant parfait,

je leur ai donné toutes mes économies.

Ce que je pourrais faire pour t'attirer de très gros ennuis,

ce serait de prendre mon téléphone

pour leur faire la liste de tous les joyaux

que j'aurais tellement aimé avoir donnés à la cause

s'ils n'avaient pas été volés par un truand de merde

du nom de Morteza !

Est-ce que tu m'as bien compris ?

Est-ce que tu m'as bien compris ?!

Oui.

- Oui ?! - Oui.

C'est moi, leur ami maintenant !

D'accord.

Fais bien attention.

Fais attention et va-t'en !

Je t'ai élevé, bordel !

Je sais où te trouver.

Papa est là !

Papa est revenu !

Shirin... Chérie...

Papa...

- Tu m'as tellement manqué. - Toi aussi, ma chérie.

Maman, il va bien.

Salam, maman.

Salam.

- Le repas est prêt ? - Bientôt.

Tu devrais pas regarder de telles idioties.

T'as tes opinions, et je veux bien les respecter.

Mais ne t'avise pas de venir ici

et de dire à ta mère comment vivre.

Ah non ?

Non. C'est tout.

Je peux si je le veux.

Dis-moi de quel droit tu viens ici me menacer

comme un sale criminel.

Tu veux me dénoncer ?

Alors fais-le.

Qu'est-ce que c'est ?

Une lettre.

Écrite par le shah à...

M. Amin.

Tu ne crois pas qu'il a déjà assez souffert ?

Tu ne crois pas que nous, on a assez souffert ?

Donne-moi cette lettre !

Tout ce pétrole donné à tout le monde, sauf aux Iraniens !

Morteza.

Maman...

Je fais ça pour toi.

Alors je te demande de ne plus le faire.

C'est parce que tu as toujours été lâche, en fait.

Tu n'as jamais voulu te battre pour ce qui était à toi.

Mais qui es-tu ?

Je n'arrive plus à te reconnaître.

Tu es un étranger dans ma maison.

Je veux que tu quittes cet endroit.

Maintenant, Morteza.

Je veux que tu partes maintenant.

Avant que je te tue !

- Avant que je te tue ! - Maman !

Avant que je te tue ! Avant que je te tue !

Arrête !

D'accord ! D'accord !

Va-t'en !

D'accord !

Patron. Dans notre secteur,

rien ne peut être prévu à l'avance.

Ni le temps qu'il fera,

ni les Gardiens qui patrouilleront à la frontière,

ni les guerres ou les serpents qui peuvent surgir.

Il faudra que Dieu soit à vos côtés

tout au long de cette aventure.

J'ai dû... faire plusieurs fois appel à Dieu, cette année.

Je l'amènerais moi-même si ça pouvait vous rassurer, mais... il y a un prix à payer.

Tu peux les faire authentifier.

Tous ensemble, ils valent environ 150 000 $.

- Quand peut-on partir ? - Demain à l'aube.

Mangez bien. Reposez-vous.

Il va vous falloir beaucoup d'énergie.

Arrête de manger. Sois un peu patient.

Qu'est-ce que tu cherches ?

Il reste du vin ?

Il reste une bouteille de Pessah.

Je la prends.

- J'y vais. - Non.

J'aurais dû attendre.

Il se serait peut-être endormi

et j'aurais pu prendre cette lettre.

Je suis tellement désolée.

Habibeh, ce n'est pas ta faute.

Est-ce qu'il t'a dit où il allait ?

Non.

Ça n'a plus d'importance.

Nous partons demain.

On allait justement se mettre à table.

Pourquoi tu ne te joindrais pas à nous ?

Allez.

Du vin ?

Je t'en prie.

Ils ne sont pas aussi bons que les tiens.

Tout le temps que j'ai passé là-bas, je pensais à toi.

Et à Parviz.

Et à ta mère.

Je vous parlais.

Je vous serrais dans mes bras.

J'étais avec vous.

Je pars sur une île déserte

et je ne peux en emmener qu'un seul.

Parvez.

Je lisais ça quand on s'est rencontrés.

Je le sais.

J'ai vu Vartan Sofoyan.

En prison.

Moi aussi.

Quand je suis allée te chercher là-bas.

On était là.

On s'est retrouvés dans le même bloc.

Je l'ai mieux connu.

Ils l'ont tué.

Ça me rend si triste.

Moi aussi.

C'était ça qu'on cherchait.

- Il a été relâché hier à peine. - Oui, monsieur.

J'étais dans ses anciens bureaux quand il est revenu.

Il prenait des diamants dans un coffre.

À mon avis, il va tout faire pour quitter le pays.

Je vais transmettre ça aux autorités compétentes.

Mais dis-moi, où se trouve le reste des bijoux ?

Tu es en état d'arrestation, mon frère.

C'est pour porter chance.

Voilà la clé du tiroir du bureau d'Isaac.

C'est là que se trouve le titre de propriété de la maison.

Elle est à toi.

Ferme les yeux.

Oui ?

Oui, oui...

Quoi ?

Attention où tu vas.

Ça va.

Ça vient d'arriver.

Farnaz.

Ils nous ont vus.

Merde.

Allez.

Ils nous poursuivent.

Shirin, baisse-toi. Baisse-toi !

Allez.

Je retournerai pas en prison.

Attention.

Shirin ?

Bouge pas. Bouge pas.

Allez, descendez.

- Allez au coin de la route. - Papa.

Ah non.

Ah non...

Pourquoi il s'est arrêté ?

Il nous a juste demandé son chemin.

Il n'était pas d'ici.

Il a été envoyé de Téhéran pour le maintien de l'ordre.

Allez.

Il faut qu'on se dépêche.

Montez. Allez, allez, montez. Allez, allez, allez.

Montez.

C'est bon. Allez.

C'est bon, vous pouvez y aller. Allez.

On vous conduira à 8 km des montagnes.

Ensuite, on vous emmènera à cheval et à pied

jusqu'à la frontière turque.

Le suspect s'appelle Amin !

Tout le monde descend.

Dehors.

Allez, venez.

À terre ! À terre !

À terre ! À terre !

- Viens. Viens là. - On ne bouge plus !

- Frère Kerabi ! - Du calme.

Monsoor-agha ?

Oui !

Va-t'en.

Ils ont ordre de vous arrêter.

Quoi ?

Passez-moi le frère Mohsen.

Allô ?

On a le suspect.

C'est bon.

Vous pouvez passer.

Voilà la frontière.

Vous êtes libres.

Ce film est dédié à tous ceux qui ont été persécutés.

EN TERRITOIRE ENNEMI

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